CONFUCIUS, VIEUX SAGE OU MAÎTRE ACTUEL?

PRÉSENTÉ ET EXPLIQUÉ PAR CYRILLE J-D JAVARY

Plus de détails

Artiste CYRILLE J-D JAVARY
Livret : 8 PAGES
Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA5483

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

Ajouter à ma liste

+3 pts fidélité


Qui était Confucius ? Quel enseignement nous a-t-il transmis ? Comprendre l’homme c’est aussi se pencher sur le contexte social, économique et politique de la Chine tout en s’attardant sur son interaction avec ce milieu et son impact sur son temps.

À travers un propos vivant et imagé, se rapprochant davantage du récit que de l’exposé, Cyrille J-D Javary nous invite à cheminer dans la pensée confucéenne qui place en son coeur le culte ancestral, le devoir d’humanité et l’art de vivre.

Nous peignant Confucius en penseur plutôt qu’en philosophe, il met l’accent sur le juste regard que ce « roi sans couronne » posait sur le monde et sur la portée universelle d’une pensée modeste (ou profondément orientaliste) éclairante pour notre modernité.

Claude COLOMBINI FRÉMEAUX
 
«Cyrille J-D Javary est écrivain, conférencier, consultant en culture chinoise ancienne et moderne.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment une traduction du Yi Jing, le « Livre des Changements », le livre fondateur du mode de penser Yin-Yang.

Ses derniers titres : Cent mots pour comprendre les Chinois - Les trois Sagesses chinoises (Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme) - La souplesse du dragon (les fondamentaux de la culture chinoise) chez Albin Michel, ainsi que La symbolique des nombres en chinois (Ed. Signatura).»

 

PRODUCTION : CLAUDE COLOMBINI FRÉMEAUX SUR UNE IDÉE DE FRANÇOIS LAPÉROU

CD1 - CONFUCIUS : UNE VIE AU SERVICE D’UN HUMANISME POLITIQUE • CD2 - LE CONFUCIANISME : TRADITION ET TRAHISONS DE LA CHINE D’HIER À CELLE D’AUJOURD’HUI • CD3 - ÊTRE CONFUCÉEN EN OCCIDENT : L’ACTUALITÉ DE L’ENSEIGNEMENT DE CONFUCIUS.


Confucius, vieux sage ou maître actuel ?


présenté et expliqué par Cyrille J-D Javary


CD 1 - Confucius : une vie au service d’un humanisme politique
1. Introduction    6’25
2. Qui est Confucius ?    6’22
3. Les ancêtres de Confucius, I    6’23
4. Les ancêtres de Confucius, II    4’49
5. Une éducation philosophique    6’02
6. L’âge d’homme    4’49
7. Le Grand Deuil : un tournant dans la vie de Confucius    4’55
8. De l’importance de la musique    4’13
9. Création d’une école privée    5’20
10. L’être humain est perfectible : le noble et le plébéien    4’20
11. La consécration    6’26
12. De pérénigration en pérégrination    6’28
13. Passer le relai, l’après Confucius    7’36


CD 2 - Le Confucianisme : tradition et trahisons de la Chine d’hier à celle d’aujourd’hui
1. Péréniser l’enseignement confucéen : Les Entretiens    6’38
2. Sage plutôt que philosophe ?    4’27
3. Apprendre    4’21
4. «?Étudier c’est avancer, ce n’est pas atteindre?»    5’32
5. Les grands continuateurs    6’09
6. La création de l’empire : «?Brûler les livres, enterrer les lettrés?»    6’59
7. Le confucianisme de la dynastie des Han    6’22
8. Détournement du confucianisme    3’47
9. Néo-confucianisme et chrétiens    5’39
10. L’époque moderne, contre le conformisme    4’59
11. De la révolution culturelle au développement économique    7’32
12. Émergence des valeurs asiatiques    5’25
13. Le double retour institutionnel et médiatique du confucianisme    4’17


CD 3 - Être confucéen en Occident : l’actualité de l’enseignement de Confucius
1. Le confucianisme : un regard sur notre temps    5’36
2. L’amitié, l’enrichissement et l’art de gouverner    7’20
3. Confucius : passéiste ? utopiste ? misogyne ?    8’17
4. La responsabilité morale    5’20
5. Exigence et indulgence : «?Ne pas faire aux autres, ce qu’on n’aimerait pas qu’ils nous fassent?»    6’37
6. De la justice    4’29
7. Contre les dogmes, l’obstination et le moi    5’26
8. Le rituel    8’22
9. Le devoir d’humanité    4’43
10. Confucius et le domaine religieux    4’39
11. Conclusion, I    4’21
12. Conclusion, II    4’31


Confucius (551-479) est certainement le personnage historique qui a le plus marqué la civilisation chinoise, où il est toujours considéré comme le «?premier des professeurs?». Il a en effet ouvert à 27 ans la première école privée du monde, sapant ainsi les bases du système féodal, créant l’idée d’humanisme 2?000 ans avant qu’elle n’apparaisse en Europe, et inventant une nouvelle classe sociale, les «?lettrés?» qui allaient gouverner l’empire chinois jusqu’à sa disparition en 1912.

Son enseignement, contenu dans un mince cahier, les «?Entretiens?», devenu doctrine politique et morale sociale à partir de la dynastie des Han (2e siècle avant l’ère commune) a donné à la Chine une identité idéologique et une prospérité économique inégalée ailleurs dans le monde jusqu’à la Renaissance européenne.

Au XXe siècle honni par les progressistes, embrigadé par Tchangkai-Shek, vilipendé par les Gardes Rouges, célébré par les successeurs de Deng Xiaoping, il reste au cœur de la modernisation chinoise.

Mais ce qui fait de ce vieux sage un maître actuel, utile et efficace bien au-delà de sa terre d’origine, ce qui fait que sa parole sonne toujours si juste pour nous qui vivons dans un monde si différent de la Chine d’hier comme de celle d’aujourd’hui, c’est que Confucius lui aussi vivait à une époque où des mutations technologiques emportaient toutes les certitudes acquises et que donc il s’est attaché à enseigner à tout un chacun à s’améliorer sans cesse et à chercher sans désespérer à augmenter le niveau d’humanité autour de lui.


Bibliographie

Traductions des Entretiens
• Pierre Ryckmans, Connaissance de l’Orient, Gallimard, 1987
• Anne Cheng, Seuil, 1981 (2e éd révisée 1985)
• Rémi Mathieu & Charles Leblanc, in Philosophes confucianistes, Gallimard, coll. «?La Pléiade?», 2009
• Eulalie Steens, Le Livre de la Sagesse de Confucius, Éditions du Rocher, 2003



Ouvrages sur Confucius
• Danielle Elisseeff, Confucius les mots en action, Découvertes Gallimard, 2003
• Yasushi Inoué, Confucius, Stock 1992
• Jean Lévi, Confucius, Pygmalion, Gérard Watelet, 2002
• Gore Vidal, Création, Éditions Galaade, 1983
• Étiemble, Confucius de – 551 à …, Gallimard, 1966. Éd augmentée, 1985 (Folio-Essais)
• Régine Pietra, La Chine et le Confucianisme aujourd’hui, Le Félin poche, 2008
• Rémi Mathieu, Confucius l’invention de l’humanisme chinois, Médicis Entrelacs, 2006
• Annping Chin, Confucius, Un sage en politique, Seuil, 2010
• Yu Dan, Le bonheur selon Confucius, Éditions Belfond, 2009



Repères historiques dans la chronologie chinoise
préhistoire    Dynastie XIA, semi-légendaire mais déjà installée sur les rives du Fleuve Jaune.
de - 17e s. à - 11e s.    Dynastie SHANG, vases rituels en bronze, invention de l’écriture idéographique.
de - 1050 à - 221 Dynastie ZHOU, divisée en deux périodes : «?Printemps & Automnes?» (- 722 - 484) du nom d’une chronique révisée par Confucius, et «?Royaumes Combattants?» (- 480 - 221).
de - 551 à - 479    KONG Fuzi (Confucius).     
LAO Zi, auteur légendaire du Dao De Jing (livre de la Voie et de la Vertu) aurait été son contemporain.
de - 380 à - 301     MENG Zi (Mencius) premier grand continuateur de Confucius.
de - 300 à - 215    XUN Zi second grand continuateur de Confucius.
de - 221 à - 207    Unification de la Chine par Qin Shi Huangdi, édification de son tombeau gardé par 10.000 guerriers en terre cuite à Xi’An?; création de l’empire chinois.
de - 206 à + 220    Dynastie HAN, première apogée chinoise?; établissement du confucianisme comme idéologie d’état?; construction de la Grande Muraille?; invention du pinceau et du papier par CAI Lun, de la boussole, du sismographe par ZHANG Heng?; avancée vers l’Asie centrale?; première Routes de la Soie.
de 220 à 265    Première division de l’empire. Guerre des «?Trois Royaumes?», les protagonistes : CAO Cao, ZHUGE Liang et LIU Bei, immortalisés dans de nombreuses pièces de théâtres, films, série TV sont connus de tous les Chinois?; naissance du Taoïsme religieux.
de 265 à 316    Dynastie JIN de l’Ouest, seconde réunification, expansion du Bouddhisme.
de 316 à 581    Seconde division. Les dynasties du Nord et du Sud?; guerres civiles incessantes?; «?Moyen-Âge?» chinois.
de 581 à 618    Dynastie SUI, troisième réunification. Construction du Grand Canal reliant les riches terres agricoles du Sud aux plaines du Nord.
de 618 à 907     Dynastie TANG, seconde apogée. La Chine est alors plus grande qu’aujourd’hui. Littérature et poésie atteignent des sommets. Invention de la poudre à canon. Commerce avec les pays musulmans. En 763, les guerriers tibétains envahissent la Chine et brûlent Chang’An la capitale des Tang, à l’époque la plus grande ville du monde avec deux millions d’habitants.
de 907 à 960  Troisième division, connue sous le nom de : période des «?cinq dynasties?» et des «dix royaumes» ce qui montre bien l’état d’anarchie du pays.
de 960 à 1279 Dynastie des SONG, troisième apogée, qui se divise en deux parties : de 960 à 1127 : les Song du Nord gouvernent l’ensemble du pays. De 1127 à 1279 (Song du Sud), la pression des peuples d’Asie centrale les obligent à se replier à Hangzhou. Invention de l’imprimerie et du papier-monnaie. Naissance du néo-confucianisme qui avec ZHU Xi, va régenter la pensée jusqu’à la fin de l’empire.
de 1276 à 1368 Dynastie YUAN, conquête et occupation de la Chine par les Mongols. Marco Polo, fonctionnaire impérial de 1277 à 1296. Le retrait des lettrés refusant de servir l’occupant, entraînent une grande expansion de la peinture et de la littérature.
de 1368 à 1644 Dynastie MING, Pékin devient capitale?; construction de la Citée Interdite et du Temple du Ciel, voyages de l’amiral ZHENG He jusqu’en Afrique, arrivée des Jésuites, découverte des richesses chinoises (porcelaine «?bleue?», etc.).
de 1644 à 1911 Dynastie QING, conquête et occupation de la Chine par les Mandchous. Échanges culturels réciproques grâce aux Jésuites qui traduisent les textes classiques chinois (1ère traduction des Entretiens de Confucius, en latin, en 1687).
18e siècle Vague de sinophilie en Europe, les céladons, Voltaire a un portrait de Confucius dans son bureau de Ferney.
1715 Édition impériale des 13 Classiques avec les commentaires néo-confucéens de ZHU Xi commandée par l’empereur mandchou KANG Xi, qui servira de base à toutes les traductions ultérieures en langues européennes.
17 51 Intégration du Tibet et du Turkestan (Xin Jiang) comme provinces chinoises par les Mandchous.
1793 Ambassade de Lord Mc Cartney auprès de l’empereur QIAN Long pour demander un assouplissement des conditions commerciales qui lui seront refusées. La Chine est au sommet de sa puissance (elle produit 1/3 du PIB mondial) et au maximum de son expansion territoriale (11, 5 millions de km2, 9,7 aujourd’hui).
1840 Première «?guerre de l’opium?», vaincue la Chine signe les «?traités inégaux?» instituant l’abandon complet de souveraineté à Hong-Kong ainsi que les «?concessions?» (Shanghai, Xiamen, Fuzhou & Ningbo).
1851-1867  Révolte des Taiping contre les Mandchous, finalement violemment réprimée (30 millions de morts); la riche vallée du Yangzi est ravagée.
1858-1860 Seconde «?guerre de l’opium?», les troupes franco-britanniques réduisent en cendre le Palais d’été, chef d’œuvre interculturel construit, entre autres, par des architectes Jésuites.
1895 Guerre sino-japonaise, vaincue la Chine doit céder au Japon la Mandchourie et Taiwan.
1898  L’Allemagne occupe la province du Shandong?; la Russie s’installe à Dalien et à Port-Arthur?; le Yunnan à la suite d’une guerre sino-française est reconnu zone d’influence française?; la Grande-Bretagne signe le bail de location pour 99 ans des «?Nouveaux Territoires?» autours de Hong-Kong.
1908  PU Yi, le dernier empereur monte sur le trône à l’âge de 4 ans.
1912 À la suite d’une mutinerie l’empire mandchou est aboli et la République de Chine (4e république des temps modernes) est fondée par SUN Yat-Sen.
1914 Poussés en sous-main par les Anglais et profitant de l’anarchie qui règne en Chine, le Tibet se déclare indépendant et se dote d’un drapeau?; La Mongolie se détache aussi. En septembre le Japon déclare la guerre à l’Allemagne et attaque ses colonies au Shandong, notamment le port de Qingdao (où est fabriqué la bière «?tsingtao?»).
1919 4 mai : «?à bas la boutique de Confucius?», manifestations populaires place Tiananmen contre la sclérose du confucianisme et l’humiliation subie par la Chine lors de la conclusion du Traité de Versailles laissant aux Japonais les colonies allemandes en Chine, au lieu de les rendre aux Chinois.
1921 Fondation à Shanghai du Parti Communiste Chinois qui s’allie avec le parti nationaliste (KMT) dirigé par SUN Yat-Sen et à partir de 1925 par TCHANG Kai-Shek.
1927  TCHANG Kai-Shek rompt l’alliance avec les Communistes et les fait massacrer à Shanghai (Cf. Malraux, «?la condition humaine?»)?; sous la direction de MAO Zedong, les Communistes se réfugient dans les montagnes.
1930 Lancement par TCHANG Kai-Shek du mouvement «?Vie Nouvelle?» d’inspiration soi-disant confucéenne, mainmise sur mr. KONG Decheng (10 ans à l’époque) 77e descendant en ligne directe de Confucius.
1931 Le Japon annexe la Mandchourie et y installe PU Yi comme souverain fantoche.
1934 Invasion de la Chine par l’armée tibétaine pour s’assurer la mainmise des étapes de la Route de la Soie et du commerce de l’Asie centrale.
1934-1935 La «?Longue Marche?», l’Armée Rouge, harcelée par TCHANG Kai-Shek, fuit vers le Nord où finalement (après 80?% de pertes) elle arrive à Yan’An au Nord de Xi’An.
1937 Invasion japonaise de toute la Chine, viol de Nankin (300?000 morts).
1942  Grande famine en Chine (plus de 30 millions de personnes meurent de faim).
1945  Reprise de la guerre civile entre Nationalistes et Communistes.
1949 Proclamation de la République Populaire de Chine par MAO le 1er octobre?; TCHANG Kai-Shek s’enfuit à Taiwan avec son armée, son administration (quatre millions de personnes) et mr. KONG Decheng, 77e descendant de Confucius.
1957 Mouvement des «?Cent Fleurs?» entraînant une répression anti-droitière, plusieures dizaines de millions de gens sont envoyés en camps de rééducation.
1958-1961 Lancement du «?Grand Bond en avant?» collectivisation à outrance, propagande et incurie (entre 30 et 40 millions de personnes mortes de faim).
1959 Cruelle répression des mouvements tibétains à Lhassa?; le Dalaï-Lama s’enfuit en Inde.
1963 Guerre frontalière avec l’Inde.
1964  Établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine.
1966-1969  Début de la première partie de la Révolution Culturelle lancée par MAO pour revenir au
pouvoir après avoir été mis en minorité au Comité central en 1962 suite à l’échec du «?Grand Bond en avant?».
1969  Graves incident frontaliers avec l’URSS.
1971 Admission de la République Populaire de Chine à l’ONU à la place de Taiwan.
1973 Seconde partie de la Révolution Culturelle avec le lancement de la campagne «?anti LIN Biao, anti Confucius?» par la «Bande des Quatre» dirigée par la veuve MAO.
1976 Janvier, mort de ZHOU Enlai, la foule se rassemble place Tiananmen avec des slogans hostiles à la «Bande des Quatre» qui fait tirer sur la foule.
1976  mort de MAO Zedong?; chute de la Bande des Quatre, fin de la Révolution Culturelle.
1980  Lancement de la politique d’ouverture et de réformes par DENG Xiaoping?; ouverture des quatre premières Zones Économiques Spéciales (Shenzen, Zhuhai, Shantou & Xiamen)?; début du renouveau des études confucéennes.
1894 Suppression des Communes populaires?; les ZES sont portées à 14 villes & ports.
1989  Printemps : occupation de la place Tiananmen par les étudiants, jusqu’à l’arrivée de l’armée le 4 juin.
1989 28 septembre : le Premier Ministre LI Peng vient assister au 2540e anniversaire de la naissance de Confucius à Qufu.
1992 DENG Xiaoping lance le «?socialisme de marché?» avec le mot d’ordre : enrichissez-vous.
1997 Mort de DENG Xiaoping?; restitution de Hong-Kong à la Chine.
2001 Entrée de la Chine à l’OMC.
2004 Lancement des «?Instituts Confucius?» (2014 il y en a plus de 500 dans le monde).
2008 Jeux Olympiques à Pékin.
2009 KONG Decheng 77e descendant en ligne directe de Confucius meurt à Taibei. Son fils étant mort, son petit-fils lui succède.
2011 Échec du film «?Confucius?»?; aller & retour de sa statue place Tiananmen.


Cyrille J-D Javary

Sinologue, écrivain, conférencier et consultant en culture chinoise ancienne et moderne, Cyrille J-D Javary (né en 1947), s’est rendu 66 fois en Chine (premier voyage en 1984) après un séjour de deux ans à Taiwan (1980-1982).

Il a publié une quinzaine d’ouvrages sur différents aspects de la culture chinoise, notamment une traduction du livre fondateur du mode de penser chinois Yi Jing, le Livre des Changements (Albin Michel, 2002) qui a considérablement renouvelé le regard sur cet ancien Classique.

Pour mieux faire connaître ce grand livre du Yin & du Yang, il a fondé en 1985 le Centre DJOHI?: «?association pour l’étude et l’usage du Yi Jing?» qu’il dirige toujours et qui va organiser en juin 2014, à Paris, le premier colloque international consacré au Yi Jing.


Derniers ouvrages publiés
• Cent mots pour comprendre les Chinois (Albin Michel, 2008)
• L’esprit des nombres écrits en chinois. Symbolique & emblématique (Signatura, 2009)
• Dans la Cité Pourpre Interdite, promenade Yin-Yang (Picquier Poche, 2009)
• Les Rouages du Yi Jing, introduction au Livre des Changements (Picquier Poche, 2010)
• Les trois Sagesses chinoises : Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme (Albin Michel, 2011)
• La Chine nouvelle Être riche est glorieux avec A. Wang(Larousse Petites encyclopédies, 2012)
• La souplesse du dragon. Fondamentaux de la culture chinoise (Albin Michel, janvier 2014)
• Il collabore régulièrement aux magazines : Chine Plus (pour lequel il a interviewé deux fois J-P Raffarin), le Monde des Religions, Génération Tao, Historia, Sciences Humaines, Philosophie magazine, etc.



Confucius, vieux sage ou maître actuel ?
Qui était Confucius ? Quel enseignement nous a-t-il transmis ? Comprendre l’homme c’est aussi se pencher sur le contexte social, économique et politique de la Chine tout en s’attardant sur son interaction avec ce milieu et son impact sur son temps. À travers un propos vivant et imagé, se rapprochant davantage du récit que de l’exposé, Cyrille J-D Javary nous invite à cheminer dans la pensée confucéenne qui place en son cœur le culte ancestral, le devoir d’humanité et l’art de vivre. Nous peignant Confucius en penseur plutôt qu’en philosophe, il met l’accent sur le juste regard que ce «?roi sans couronne?» posait sur le monde et sur la portée universelle d’une pensée modeste (ou profondément orientaliste) éclairante pour notre modernité.
Claude Colombini Frémeaux



Cyrille J-D Javary est écrivain, conférencier, consultant en culture chinoise ancienne et moderne. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment une traduction du Yi Jing, le «?Livre des Changements?», le livre fondateur du mode de penser Yin-Yang. Ses derniers titres : Cent mots pour comprendre les Chinois - Les trois Sagesses chinoises (Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme) - La souplesse du dragon (les fondamentaux de la culture chinoise) chez Albin Michel, ainsi que La symbolique des nombres en chinois (Ed. Signatura).


Ecouter Confucius, vieux sage ou maître actuel ?  par Cyrille J-D Javary (livre audio) © Frémeaux & Associés 2015



Confucius de Cyrille Javary FA5483


Confucius, vieux sage ou maître actuel ?


présenté et expliqué par Cyrille J-D Javary


CD 1 - Confucius : une vie au service d’un humanisme politique
1. Introduction    6’25
2. Qui est Confucius ?    6’22
3. Les ancêtres de Confucius, I    6’23
4. Les ancêtres de Confucius, II    4’49
5. Une éducation philosophique    6’02
6. L’âge d’homme    4’49
7. Le Grand Deuil : un tournant dans la vie de Confucius    4’55
8. De l’importance de la musique    4’13
9. Création d’une école privée    5’20
10. L’être humain est perfectible : le noble et le plébéien    4’20
11. La consécration    6’26
12. De pérénigration en pérégrination    6’28
13. Passer le relai, l’après Confucius    7’36


CD 2 - Le Confucianisme : tradition et trahisons de la Chine d’hier à celle d’aujourd’hui
1. Péréniser l’enseignement confucéen : Les Entretiens    6’38
2. Sage plutôt que philosophe ?    4’27
3. Apprendre    4’21
4. «?Étudier c’est avancer, ce n’est pas atteindre?»    5’32
5. Les grands continuateurs    6’09
6. La création de l’empire : «?Brûler les livres, enterrer les lettrés?»    6’59
7. Le confucianisme de la dynastie des Han    6’22
8. Détournement du confucianisme    3’47
9. Néo-confucianisme et chrétiens    5’39
10. L’époque moderne, contre le conformisme    4’59
11. De la révolution culturelle au développement économique    7’32
12. Émergence des valeurs asiatiques    5’25
13. Le double retour institutionnel et médiatique du confucianisme    4’17


CD 3 - Être confucéen en Occident : l’actualité de l’enseignement de Confucius
1. Le confucianisme : un regard sur notre temps    5’36
2. L’amitié, l’enrichissement et l’art de gouverner    7’20
3. Confucius : passéiste ? utopiste ? misogyne ?    8’17
4. La responsabilité morale    5’20
5. Exigence et indulgence : «?Ne pas faire aux autres, ce qu’on n’aimerait pas qu’ils nous fassent?»    6’37
6. De la justice    4’29
7. Contre les dogmes, l’obstination et le moi    5’26
8. Le rituel    8’22
9. Le devoir d’humanité    4’43
10. Confucius et le domaine religieux    4’39
11. Conclusion, I    4’21
12. Conclusion, II    4’31


Confucius (551-479) est certainement le personnage historique qui a le plus marqué la civilisation chinoise, où il est toujours considéré comme le «?premier des professeurs?». Il a en effet ouvert à 27 ans la première école privée du monde, sapant ainsi les bases du système féodal, créant l’idée d’humanisme 2?000 ans avant qu’elle n’apparaisse en Europe, et inventant une nouvelle classe sociale, les «?lettrés?» qui allaient gouverner l’empire chinois jusqu’à sa disparition en 1912.

Son enseignement, contenu dans un mince cahier, les «?Entretiens?», devenu doctrine politique et morale sociale à partir de la dynastie des Han (2e siècle avant l’ère commune) a donné à la Chine une identité idéologique et une prospérité économique inégalée ailleurs dans le monde jusqu’à la Renaissance européenne.

Au XXe siècle honni par les progressistes, embrigadé par Tchangkai-Shek, vilipendé par les Gardes Rouges, célébré par les successeurs de Deng Xiaoping, il reste au cœur de la modernisation chinoise.

Mais ce qui fait de ce vieux sage un maître actuel, utile et efficace bien au-delà de sa terre d’origine, ce qui fait que sa parole sonne toujours si juste pour nous qui vivons dans un monde si différent de la Chine d’hier comme de celle d’aujourd’hui, c’est que Confucius lui aussi vivait à une époque où des mutations technologiques emportaient toutes les certitudes acquises et que donc il s’est attaché à enseigner à tout un chacun à s’améliorer sans cesse et à chercher sans désespérer à augmenter le niveau d’humanité autour de lui.


Bibliographie

Traductions des Entretiens
• Pierre Ryckmans, Connaissance de l’Orient, Gallimard, 1987
• Anne Cheng, Seuil, 1981 (2e éd révisée 1985)
• Rémi Mathieu & Charles Leblanc, in Philosophes confucianistes, Gallimard, coll. «?La Pléiade?», 2009
• Eulalie Steens, Le Livre de la Sagesse de Confucius, Éditions du Rocher, 2003



Ouvrages sur Confucius
• Danielle Elisseeff, Confucius les mots en action, Découvertes Gallimard, 2003
• Yasushi Inoué, Confucius, Stock 1992
• Jean Lévi, Confucius, Pygmalion, Gérard Watelet, 2002
• Gore Vidal, Création, Éditions Galaade, 1983
• Étiemble, Confucius de – 551 à …, Gallimard, 1966. Éd augmentée, 1985 (Folio-Essais)
• Régine Pietra, La Chine et le Confucianisme aujourd’hui, Le Félin poche, 2008
• Rémi Mathieu, Confucius l’invention de l’humanisme chinois, Médicis Entrelacs, 2006
• Annping Chin, Confucius, Un sage en politique, Seuil, 2010
• Yu Dan, Le bonheur selon Confucius, Éditions Belfond, 2009



Repères historiques dans la chronologie chinoise
préhistoire    Dynastie XIA, semi-légendaire mais déjà installée sur les rives du Fleuve Jaune.
de - 17e s. à - 11e s.    Dynastie SHANG, vases rituels en bronze, invention de l’écriture idéographique.
de - 1050 à - 221 Dynastie ZHOU, divisée en deux périodes : «?Printemps & Automnes?» (- 722 - 484) du nom d’une chronique révisée par Confucius, et «?Royaumes Combattants?» (- 480 - 221).
de - 551 à - 479    KONG Fuzi (Confucius).     
LAO Zi, auteur légendaire du Dao De Jing (livre de la Voie et de la Vertu) aurait été son contemporain.
de - 380 à - 301     MENG Zi (Mencius) premier grand continuateur de Confucius.
de - 300 à - 215    XUN Zi second grand continuateur de Confucius.
de - 221 à - 207    Unification de la Chine par Qin Shi Huangdi, édification de son tombeau gardé par 10.000 guerriers en terre cuite à Xi’An?; création de l’empire chinois.
de - 206 à + 220    Dynastie HAN, première apogée chinoise?; établissement du confucianisme comme idéologie d’état?; construction de la Grande Muraille?; invention du pinceau et du papier par CAI Lun, de la boussole, du sismographe par ZHANG Heng?; avancée vers l’Asie centrale?; première Routes de la Soie.
de 220 à 265    Première division de l’empire. Guerre des «?Trois Royaumes?», les protagonistes : CAO Cao, ZHUGE Liang et LIU Bei, immortalisés dans de nombreuses pièces de théâtres, films, série TV sont connus de tous les Chinois?; naissance du Taoïsme religieux.
de 265 à 316    Dynastie JIN de l’Ouest, seconde réunification, expansion du Bouddhisme.
de 316 à 581    Seconde division. Les dynasties du Nord et du Sud?; guerres civiles incessantes?; «?Moyen-Âge?» chinois.
de 581 à 618    Dynastie SUI, troisième réunification. Construction du Grand Canal reliant les riches terres agricoles du Sud aux plaines du Nord.
de 618 à 907     Dynastie TANG, seconde apogée. La Chine est alors plus grande qu’aujourd’hui. Littérature et poésie atteignent des sommets. Invention de la poudre à canon. Commerce avec les pays musulmans. En 763, les guerriers tibétains envahissent la Chine et brûlent Chang’An la capitale des Tang, à l’époque la plus grande ville du monde avec deux millions d’habitants.
de 907 à 960  Troisième division, connue sous le nom de : période des «?cinq dynasties?» et des «dix royaumes» ce qui montre bien l’état d’anarchie du pays.
de 960 à 1279 Dynastie des SONG, troisième apogée, qui se divise en deux parties : de 960 à 1127 : les Song du Nord gouvernent l’ensemble du pays. De 1127 à 1279 (Song du Sud), la pression des peuples d’Asie centrale les obligent à se replier à Hangzhou. Invention de l’imprimerie et du papier-monnaie. Naissance du néo-confucianisme qui avec ZHU Xi, va régenter la pensée jusqu’à la fin de l’empire.
de 1276 à 1368 Dynastie YUAN, conquête et occupation de la Chine par les Mongols. Marco Polo, fonctionnaire impérial de 1277 à 1296. Le retrait des lettrés refusant de servir l’occupant, entraînent une grande expansion de la peinture et de la littérature.
de 1368 à 1644 Dynastie MING, Pékin devient capitale?; construction de la Citée Interdite et du Temple du Ciel, voyages de l’amiral ZHENG He jusqu’en Afrique, arrivée des Jésuites, découverte des richesses chinoises (porcelaine «?bleue?», etc.).
de 1644 à 1911 Dynastie QING, conquête et occupation de la Chine par les Mandchous. Échanges culturels réciproques grâce aux Jésuites qui traduisent les textes classiques chinois (1ère traduction des Entretiens de Confucius, en latin, en 1687).
18e siècle Vague de sinophilie en Europe, les céladons, Voltaire a un portrait de Confucius dans son bureau de Ferney.
1715 Édition impériale des 13 Classiques avec les commentaires néo-confucéens de ZHU Xi commandée par l’empereur mandchou KANG Xi, qui servira de base à toutes les traductions ultérieures en langues européennes.
17 51 Intégration du Tibet et du Turkestan (Xin Jiang) comme provinces chinoises par les Mandchous.
1793 Ambassade de Lord Mc Cartney auprès de l’empereur QIAN Long pour demander un assouplissement des conditions commerciales qui lui seront refusées. La Chine est au sommet de sa puissance (elle produit 1/3 du PIB mondial) et au maximum de son expansion territoriale (11, 5 millions de km2, 9,7 aujourd’hui).
1840 Première «?guerre de l’opium?», vaincue la Chine signe les «?traités inégaux?» instituant l’abandon complet de souveraineté à Hong-Kong ainsi que les «?concessions?» (Shanghai, Xiamen, Fuzhou & Ningbo).
1851-1867  Révolte des Taiping contre les Mandchous, finalement violemment réprimée (30 millions de morts); la riche vallée du Yangzi est ravagée.
1858-1860 Seconde «?guerre de l’opium?», les troupes franco-britanniques réduisent en cendre le Palais d’été, chef d’œuvre interculturel construit, entre autres, par des architectes Jésuites.
1895 Guerre sino-japonaise, vaincue la Chine doit céder au Japon la Mandchourie et Taiwan.
1898  L’Allemagne occupe la province du Shandong?; la Russie s’installe à Dalien et à Port-Arthur?; le Yunnan à la suite d’une guerre sino-française est reconnu zone d’influence française?; la Grande-Bretagne signe le bail de location pour 99 ans des «?Nouveaux Territoires?» autours de Hong-Kong.
1908  PU Yi, le dernier empereur monte sur le trône à l’âge de 4 ans.
1912 À la suite d’une mutinerie l’empire mandchou est aboli et la République de Chine (4e république des temps modernes) est fondée par SUN Yat-Sen.
1914 Poussés en sous-main par les Anglais et profitant de l’anarchie qui règne en Chine, le Tibet se déclare indépendant et se dote d’un drapeau?; La Mongolie se détache aussi. En septembre le Japon déclare la guerre à l’Allemagne et attaque ses colonies au Shandong, notamment le port de Qingdao (où est fabriqué la bière «?tsingtao?»).
1919 4 mai : «?à bas la boutique de Confucius?», manifestations populaires place Tiananmen contre la sclérose du confucianisme et l’humiliation subie par la Chine lors de la conclusion du Traité de Versailles laissant aux Japonais les colonies allemandes en Chine, au lieu de les rendre aux Chinois.
1921 Fondation à Shanghai du Parti Communiste Chinois qui s’allie avec le parti nationaliste (KMT) dirigé par SUN Yat-Sen et à partir de 1925 par TCHANG Kai-Shek.
1927  TCHANG Kai-Shek rompt l’alliance avec les Communistes et les fait massacrer à Shanghai (Cf. Malraux, «?la condition humaine?»)?; sous la direction de MAO Zedong, les Communistes se réfugient dans les montagnes.
1930 Lancement par TCHANG Kai-Shek du mouvement «?Vie Nouvelle?» d’inspiration soi-disant confucéenne, mainmise sur mr. KONG Decheng (10 ans à l’époque) 77e descendant en ligne directe de Confucius.
1931 Le Japon annexe la Mandchourie et y installe PU Yi comme souverain fantoche.
1934 Invasion de la Chine par l’armée tibétaine pour s’assurer la mainmise des étapes de la Route de la Soie et du commerce de l’Asie centrale.
1934-1935 La «?Longue Marche?», l’Armée Rouge, harcelée par TCHANG Kai-Shek, fuit vers le Nord où finalement (après 80?% de pertes) elle arrive à Yan’An au Nord de Xi’An.
1937 Invasion japonaise de toute la Chine, viol de Nankin (300?000 morts).
1942  Grande famine en Chine (plus de 30 millions de personnes meurent de faim).
1945  Reprise de la guerre civile entre Nationalistes et Communistes.
1949 Proclamation de la République Populaire de Chine par MAO le 1er octobre?; TCHANG Kai-Shek s’enfuit à Taiwan avec son armée, son administration (quatre millions de personnes) et mr. KONG Decheng, 77e descendant de Confucius.
1957 Mouvement des «?Cent Fleurs?» entraînant une répression anti-droitière, plusieures dizaines de millions de gens sont envoyés en camps de rééducation.
1958-1961 Lancement du «?Grand Bond en avant?» collectivisation à outrance, propagande et incurie (entre 30 et 40 millions de personnes mortes de faim).
1959 Cruelle répression des mouvements tibétains à Lhassa?; le Dalaï-Lama s’enfuit en Inde.
1963 Guerre frontalière avec l’Inde.
1964  Établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine.
1966-1969  Début de la première partie de la Révolution Culturelle lancée par MAO pour revenir au
pouvoir après avoir été mis en minorité au Comité central en 1962 suite à l’échec du «?Grand Bond en avant?».
1969  Graves incident frontaliers avec l’URSS.
1971 Admission de la République Populaire de Chine à l’ONU à la place de Taiwan.
1973 Seconde partie de la Révolution Culturelle avec le lancement de la campagne «?anti LIN Biao, anti Confucius?» par la «Bande des Quatre» dirigée par la veuve MAO.
1976 Janvier, mort de ZHOU Enlai, la foule se rassemble place Tiananmen avec des slogans hostiles à la «Bande des Quatre» qui fait tirer sur la foule.
1976  mort de MAO Zedong?; chute de la Bande des Quatre, fin de la Révolution Culturelle.
1980  Lancement de la politique d’ouverture et de réformes par DENG Xiaoping?; ouverture des quatre premières Zones Économiques Spéciales (Shenzen, Zhuhai, Shantou & Xiamen)?; début du renouveau des études confucéennes.
1894 Suppression des Communes populaires?; les ZES sont portées à 14 villes & ports.
1989  Printemps : occupation de la place Tiananmen par les étudiants, jusqu’à l’arrivée de l’armée le 4 juin.
1989 28 septembre : le Premier Ministre LI Peng vient assister au 2540e anniversaire de la naissance de Confucius à Qufu.
1992 DENG Xiaoping lance le «?socialisme de marché?» avec le mot d’ordre : enrichissez-vous.
1997 Mort de DENG Xiaoping?; restitution de Hong-Kong à la Chine.
2001 Entrée de la Chine à l’OMC.
2004 Lancement des «?Instituts Confucius?» (2014 il y en a plus de 500 dans le monde).
2008 Jeux Olympiques à Pékin.
2009 KONG Decheng 77e descendant en ligne directe de Confucius meurt à Taibei. Son fils étant mort, son petit-fils lui succède.
2011 Échec du film «?Confucius?»?; aller & retour de sa statue place Tiananmen.


Cyrille J-D Javary

Sinologue, écrivain, conférencier et consultant en culture chinoise ancienne et moderne, Cyrille J-D Javary (né en 1947), s’est rendu 66 fois en Chine (premier voyage en 1984) après un séjour de deux ans à Taiwan (1980-1982).

Il a publié une quinzaine d’ouvrages sur différents aspects de la culture chinoise, notamment une traduction du livre fondateur du mode de penser chinois Yi Jing, le Livre des Changements (Albin Michel, 2002) qui a considérablement renouvelé le regard sur cet ancien Classique.

Pour mieux faire connaître ce grand livre du Yin & du Yang, il a fondé en 1985 le Centre DJOHI?: «?association pour l’étude et l’usage du Yi Jing?» qu’il dirige toujours et qui va organiser en juin 2014, à Paris, le premier colloque international consacré au Yi Jing.


Derniers ouvrages publiés
• Cent mots pour comprendre les Chinois (Albin Michel, 2008)
• L’esprit des nombres écrits en chinois. Symbolique & emblématique (Signatura, 2009)
• Dans la Cité Pourpre Interdite, promenade Yin-Yang (Picquier Poche, 2009)
• Les Rouages du Yi Jing, introduction au Livre des Changements (Picquier Poche, 2010)
• Les trois Sagesses chinoises : Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme (Albin Michel, 2011)
• La Chine nouvelle Être riche est glorieux avec A. Wang(Larousse Petites encyclopédies, 2012)
• La souplesse du dragon. Fondamentaux de la culture chinoise (Albin Michel, janvier 2014)
• Il collabore régulièrement aux magazines : Chine Plus (pour lequel il a interviewé deux fois J-P Raffarin), le Monde des Religions, Génération Tao, Historia, Sciences Humaines, Philosophie magazine, etc.



Confucius, vieux sage ou maître actuel ?
Qui était Confucius ? Quel enseignement nous a-t-il transmis ? Comprendre l’homme c’est aussi se pencher sur le contexte social, économique et politique de la Chine tout en s’attardant sur son interaction avec ce milieu et son impact sur son temps. À travers un propos vivant et imagé, se rapprochant davantage du récit que de l’exposé, Cyrille J-D Javary nous invite à cheminer dans la pensée confucéenne qui place en son cœur le culte ancestral, le devoir d’humanité et l’art de vivre. Nous peignant Confucius en penseur plutôt qu’en philosophe, il met l’accent sur le juste regard que ce «?roi sans couronne?» posait sur le monde et sur la portée universelle d’une pensée modeste (ou profondément orientaliste) éclairante pour notre modernité.
Claude Colombini Frémeaux



Cyrille J-D Javary est écrivain, conférencier, consultant en culture chinoise ancienne et moderne. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment une traduction du Yi Jing, le «?Livre des Changements?», le livre fondateur du mode de penser Yin-Yang. Ses derniers titres : Cent mots pour comprendre les Chinois - Les trois Sagesses chinoises (Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme) - La souplesse du dragon (les fondamentaux de la culture chinoise) chez Albin Michel, ainsi que La symbolique des nombres en chinois (Ed. Signatura).


Ecouter Confucius, vieux sage ou maître actuel ?  par Cyrille J-D Javary (livre audio) © Frémeaux & Associés 2015





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Introduction06'25
02 Qui est Confucius?06'21
03 Les ancêtres de Confucius06'24
04 Les ancêtres de Confucius II04'48
05 Une éducation philosophique06'02
06 L'âge d'homme04'48
07 Le grand deuil : un tournant dans la vie de Confucius04'56
08 De l'importance de la musique04'11
09 Création d'une école privée05'20
10 L'être humain est perfectible : le noble et le plébéien04'20
11 La consécration06'26
12 De pérénigration en pérégrination06'27
13 Passer le relai, l'après Confucius07'34
CD 2
01 Péréniser l'enseignement confucéen : Les Entretiens06'38
02 Sage plutôt que philosophe04'28
03 Apprendre04'22
04 « Etudier c'est avancer, ce n'est pas atteindre »05'31
05 Les grands continuateurs06'10
06 La création de l'empire : Brûler les livres, enterrer les lettrés06'56
07 Le confucianisme de la dynastie des Han06'22
08 Détournement du Confucianisme03'46
09 Néo-confucianisme et chrétiens05'37
10 L'époque moderne, contre le conformisme04'59
11 De la révolution culturelle au développement économique07'33
12 Emergence des valeurs asiatiques05'24
13 Le double retour institutionnel et médiatique du confucianisme04'15
CD 3
01 Le confucianisme : un regard sur notre temps05'36
02 L'amitié, l'enrichissement et l'art de gouverner07'21
03 Confucius : passéiste, utopiste, misogyne08'15
04 La responsabilité morale05'21
05 Exigence et indulgence : « Ne pas faire aux autres ce qu'on n'aimerait pas qu'ils nous fassent.06'37
06 De la justice04'28
07 Contre les dogmes, l'obstination et le moi05'25
08 Le rituel08'23
09 Le devoir d'humanité04'42
10 Confucius et le domaine religieux04'27
11 Conclusion I04'20
12 Conclusion II04'29
« Professeur de vie plutôt que d’idées » par Blog Ministre de la culture

Confucius… Dont le nom même porte la trace de cette latinisation que les jésuites avaient briguée, cherchant dans ses pensées le calque de leurs idées pour pouvoir plus facilement convertir les chinois à leur religion. Confucius auquel Voltaire s’intéressa tant, croyant retrouver dans ses paroles l’idée de l’impératif catégorique kantien. Il y avait bien certes du Socrate en lui, et du Montaigne. De fait, il fut le quasi contemporain de Socrate et tout comme lui, il n’écrivit pas mais enseigna oralement sa pensée sans chercher à la rigidifier dans un texte canonique. Tout comme lui, Confucius préféra se livrer à une maïeutique plutôt que d’être lige d’une théorétique, méditant tout haut auprès de ses disciples sur la conduite de l’expérience morale dans la vie de tous les jours.
Cyrille Javary nous en conte, littéralement, dans un ton qui surprend au début, rebute même dès l’abord par sa manière puérile de professer, avant de trouver son rythme et de finir plus enjoué. Javary nous en conte donc l’histoire, la vie, l’œuvre, nous éclairant sur le contexte historique de sa genèse autant que de sa réception, dans un effort précieux de compréhension intellectuelle. Il raconte l’homme, le groupe qu’il forma autour de lui, tel Socrate et ses disciples, dissertant longuement sur l’art de gouverner, soi-même et le monde. «Professeur de vie plutôt que d’idées». L’étude est passionnante, cultivée, profonde. Il évoque les sources, les critiques, replace le tout dans le temps, parlant à son tour puissamment de ce qui seul comptait aux yeux de Confucius : la perfectibilité de l’homme. Mais à l’entendre, le plus passionnant semble au fond ce qui a fait surface : l’histoire de son legs. Trois ans après sa mort, ses disciples les plus proches entreprirent une vaste enquête qui dura vingt ans, de recollection des propos du Sage. De quoi se souvenaient ceux qui l’avaient approché ? Et qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire à leur sens ? Ils en compilèrent un très mince recueil d’entretiens, qui est l’ouvrage qui fonde aujourd’hui encore notre connaissance de la pensée de Confucius. Des Entretiens qui allaient exercer une influence deux fois millénaire et fonder le socle moral de la civilisation chinoise !
En fait un recueil de 516 paragraphes, composés comme un cut up. Des notes. Désordonnées. Un fouillis d’idées comme jetées en vrac, plein de son désordre, d’incertitudes, de lacunes, de répétitions… Un ouvrage dans lequel rien ne nous est épargné de ce qui fonde un mauvais livre, car tout y a été jugé pédagogiquement important ! Et c’est sans doute l’essentiel de ce qu’il faut retenir de cet héritage : cet entrelacs de contradictions et de vérités, la seule sagesse à portée de l’humain. Aucune architecture intellectuelle rigoureuse. Un ouvrage composé à la va comme je te pousse, loin de notre tradition cartésienne, qui fit qu’un Hegel par exemple le lut avec mépris, considérant l’homme comme une sorte de sous-Cicéron qu’il valait mieux ne pas traduire eut égard à la philosophie chinoise. De fait, on y trouve de tout. Des interrogations qui ne sont pas menées jusqu’au bout, des conseils presque insipides, quelques réponses oiseuses. Aucune méthode.
Sage alors Confucius, plutôt que philosophe ? Ou Saint ? Mais alors, un Saint qui se serait laissé volontiers emporter par la colère, la déception, l’égarement. Un Sage qui n’enseigna guère qu’une manière de vivre et encore, se posant constamment la question de savoir ce que peut bien revêtir le terme d’apprendre. Apprendre… Le premier mot du premier paragraphe du premier chapitre des Entretiens. C’est dire son importance. Apprendre… C’est quoi ? «C’est avancer nous dit Confucius, ce n’est pas atteindre»… Apprendre, comme une expérience quotidienne, nécessairement partagée c’est-à-dire non conduite dans la solitude cartésienne d’un moi fouillant son ego pour y découvrir des principes universels. Non pas bûcher non plus, ainsi que nous l’enseignons à nos enfants, ni même acquérir une connaissance livresque. Apprendre : s’incarner dans une connaissance lacunaire de soi et du monde. Lacunaire, nécessairement, modeste si l’on veut : apte à s’ouvrir à ce qui demain la réformera. Et de fait, lire Confucius c’est d’abord se confronter à une désillusion : rien de plus fade, de plus banal, voire de plus insipide. Ses propos sont incitatifs, ses réponses, décalées. Il y a des évangiles là-dedans : la même douceur, la même étrangeté. Tout s’y décale toujours, une parole contredisant l’autre pour mieux enclencher une réflexion personnelle. Car le but de cette initiation, c’est d’arriver à trouver l’attitude appropriée, celle qui ouvrira un chemin de vie, dans une parole qui laissera à désirer, à l’image de celle de Confucius, qui laisse d’autant plus à penser qu’elle ne fait bien souvent que surgir pour s’évanouir aussitôt loin de toute conclusion assénée. Une parole de la perplexité, construite sur l’amitié de l’homme pour l’homme. L’Amitié, le second mot du second paragraphe de l’ouvrage. C’est dire le poids qu’il lui accorde : celui d’une vertu de connaissance. Apprendre l’amitié. Les deux jambes sur lesquelles marcher. Dans ce devoir d’humanité qui fonde toute parole. Car pour Confucius, la réalité première n’est pas la personne, mais la relation entre deux personnes, qui va engendrer chacun dans son poids de chair. Et qui seul nous justifie les uns auprès des autres.
Joël JEGOUZO - BLOG MINISTRE DE LA CULTURE




30 autres ouvrages proposés:

Les clients qui ont acheté ce produit ont également acheté...