YVES MONTAND - INTEGRALE Vol.4

MON MANÈGE À MOI (1954-1958)

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Artiste YVES MONTAND
Direction artistique : DANIEL NEVERS
Livret : 36 PAGES ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5497

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Entre un mirifique contrat américain loupé et une tournée au Paradis triomphale et amère; quelques rôles encore mal maîtrisés au cinéma et un militantisme sincère qui n’en était pas vraiment un, Montand, au cours de cette période pas facile des années 1950, parvint tout simplement, lui qui n’écrivait ni paroles ni musique, à devenir le Prince incontesté de la chanson française.
Daniel NEVERS

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La marque Frémeaux & Associés a obtenu plus de 800 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore.

DIRECTION ARTISTIQUE : DANIEL NEVERS


CD 1 - YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES (Sessions Odéon, 21/07 – 12/10 – 7/12/1954) : LA BALLADE DE PARIS • LE PUITS • JE, SOUSSIGNÉ • LA VILLE MORTE. YVES MONTAND – ÉMISSION « LA JOIE DE VIVRE » • (extrait/excerpt – 1954) : AH ! SI VOUS CONNAISSIEZ MA POULE. YVES MONTAND & FRANÇOIS PÉRIER – ÉMISSIONS « STRICTEMENT CONFIDENTIEL » (extraits/excerpts – Nov. 1954) : JE VENDS DES HOT DOGS À MADISON • DANS LES PLAINES DU FAR-WEST. CLÉMENT DUHOUR, ARMAND MESTRAL, YVES MONTAND, avec Orchestre (session Philips, fin fév./late Feb. 1955) • LA CHANSON DES MARÉCHAUX. « Chansons Populaires de France » par YVES MONTAND – Arr. & Orch. Bob CASTELLA (sessions Odéon, du 24/02 à fin mars / to late March 1955) : LE ROI RENAUD DE GUERRE REVIENT • LA COMPLAINTE DE MANDRIN • J’AVIONS REÇU COMMANDEMENT • AUX MARCHES DU PALAIS • LE ROI A FAIT BATTRE TAMBOUR • CHANSON DU CAPITAINE. • LE SOLDAT MÉCONTENT • LES CANUTS • LE TEMPS DES CERISES • LA BUTTE ROUGE • GIROFLÉ GIROFLA • LE CHANT DES PARTISANS (Chant de la Libération). CLÉMENT DUHOUR, ARMAND MESTRAL, YVES MONTAND, avec Orchestre (session Odéon, ca. 22-23/02/1955) : LA CHANSON DES MARÉCHAUX.YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES (sessions Odéon, 29/06 & 6/07/1956) : LE PETIT MÔME • LA MARIE-VISON • MOISSON (La Terre est basse).

CD 2 - YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES (session Odéon, 11/12/1956) : LA GRANDE CITÉ (nouvelle version) • MA GOSSE, MA P’TITE MÔME (nouvelle version) • LUNA-PARK (nouvelle version) • DANS LES PLAINES DU FAR-WEST (nouvelle version) • BATTLING JOE (nouvelle version) • MATHILDA (nouvelle version) • ELLE A… (nouvelle version). YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES (Bande-son film / Original film soundtrack, Moscou, Leningrad…, 1956-1957) : GRANDS BOULEVARDS • SALTIMBANQUES • FLAMENCO DE PARIS • LA MARIE-VISON • LES ROUTIERS • C’EST À L’AUBE. YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES (sessions Odéon, 4-8-14-28/04/ 1958) : RENDEZ-VOUS DE PANAME • L’ASSASSIN DU DIMANCHE • TU REPASSERAS • MON MANÈGE À MOI • LA FILLE DU BOULANGER • CALCUTTI CALCUTTA • MONSIEUR PETIT LOUIS • QUAND ON S’BALADE • PLANTER CAFÉ • POUR PIERRETTE ET PIERROT • PLANTER CAFÉ.

Yves Montand vol.4 FA5497



INTÉGRALE YVES MONTAND
1954-1958

Volume 4

MON MANÈGE À MOI






La cité phocéenne bien connue, dans l’idée de la gens Livi originaire de Monsummano (Toscane, Italie) lorsque, fuyant la bête immonde, elle y débarqua au printemps de 1924 avec armes, bagages et moutards (pas d’armes, guère plus de bagages, mais trois lardons dont une et le benjamin, destiné à devenir Yves Montand une quinzaine d’ans plus tard), Marseille donc, ne devait être qu’une halte, prélude à la grande traversée. «?America?! America?!?» criait-on de toutes parts. La Terre promise, le Pays de Cocagne, l’Âge d’Or, la félicité éternelle, ou presque… Oui, mais… C’est qu’il est déjà sérieusement, soigneusement cadenassé, the Land of Dreams?! Surtout à l’endroit des pouilleux des Pouilles?! On en était même sur place à rôtir de temps en temps sur la chaise quelques Ritals un poil nerveux et vaguement anars sur les bords… Alors les quotas, évidemment. Faut bien : y sont toujours trop, les pauvres, à viser le Paradis?! Mais promis, foi de WASP, serez de la prochaine fournée. Rompez.
Et de report en report, de fournée en fournée, coincée dans les quartiers prolétariens, la famille Livi finit même par y glaner sa naturalisation. A huit ans, le petit Ivo devint français. Il padre Giovanni, la mamma Giuseppina, la sorella Lidia Fedora et il fratello Giuliano aussi, par la même occasion…
Faute de grives… on va au cinéma, au «?Pathé?», à l’«?Idéal?», voir les films en provenance de l’autre rive de l’Atlantique. Ivo/Yves s’identifie à Gary Cooper, à Bogart pas encore vedette, à Clark Gable et, plus encore, à ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de comédies musicales, Fred Astaire, Ginger Rogers, Eleanor Powell en tête… Il fréquente même le «?Star?», petite salle du port qui passe les films en VO, juste pour entendre parler américain?! À défaut de forcer les grilles du pays interdit, tout cela lui donne l’envie de rentrer par effraction, en se glissant dans l’écran tel un Buster Keaton dans Sherlock Junior, par exemple. Pas facile. Mieux vaut prendre les chemins de traverse, les petits chemins de Mireille et Jean Nohain plutôt que les rectilignes Nationales, même si c’est Trenet qui chante la numéro 7… Bref, les voies de la chanson et du music-hall. Un monde qui lui convient et qui, en marge du boulot «?officiel?», lui permet de gagner dans ces crochets très en vogue à l’époque quelque menue monnaie pour s’offrir les cigarettes de la semaine… Il sait que les meilleurs deviennent vedettes et sont mandés par le cinéma – parfois même par le cinéma yankee. Tiens, Maurice Chevalier par exemple, venu d’un milieu aussi modeste que lui, accomplissant entre New York et Hollywood une superbe carrière, qu’il inclut dans ses imitations devant son public populaire (oyez ici un échantillon de son savoir-faire avec un tout petit bout de Ah?! Si vous connaissiez ma Poule). Autres imités : Fernandel, Marseillais incontournable, et surtout Charles Trenet, nouveau venu cassant la baraque et fort influencé lui aussi par l’Amérique, ses pompes et son swing. Pas impossible qu’il soit très rapidement convié à aller juger sur place…
Sans la guerre puis l’Occupation, Montand aurait-il pu aussi aisément franchir les étapes et se retrouver parmi les happy fews adulés des foules du nouveau monde ? Rien n’est moins sûr : Jean Gabin, grand acteur confirmé en son pays, pourtant demandé là-bas depuis longtemps, n’eut guère l’occasion d’y briller. Il en alla de même pour Michèle Morgan et, avant eux, Danielle Darrieux…Tout le monde ne peut pas être Chevalier, Marlène, Garbo ou Charles Boyer…
Pourtant, dès le début de 1947, Montand – qui n’a alors à son palmarès que deux films, dont un seul vraiment important (Les Portes de la Nuit) – est approché dans sa loge de l’ABC par Jack Warner en personne, Grand Manitou de la firme portant son nom et celui de ses frères, qui lui signe un contrat mirobolant de sept ans lui octroyant des tas de libertés. Le chanteur se doit toutefois de tourner, avant que de s’embarquer en première classe sur un beau transatlantique tout neuf, sa troisième pellicule, L’Idole, sous la direction d’Alexandre Esway, son ultime film qui ne sera pas un chef-d’œuvre. Mais le délai lui permet de faire traduire, sur le conseil de son réalisateur qui flaire l’arnaque, le contrat mirifique. Lequel se révèle parfaitement léonin, encore que correspondant à ceux signés par les artistes étrangers à leur premier engagement. Darrieux avait déjà à peu près eu le même dix ans avant?!… Ajoutons qu’au même moment, Simone Signoret, prometteur espoir féminin du cinéma français, titulaire de quelques bons rôles de méchante et angliciste confirmée, s’est bien gardée de tomber dans le panneau. Elle et Montand finiront bien par y aller, au pays des cow-boys, mais pas comme ça, à la sauvette, par l’entrée de service. Par la grande porte. Evidemment cela prendra un peu plus de temps… En attendant, Yves doit se sortir de ce mauvais pas, puisqu’il a signé. La guerre froide le tire de là. Déjà connu pour ses sympathies envers les Rouges et les Partageux – encore que n’ayant jamais adhéré à quelque parti que ce soit – il se verra refuser son visa, comme pas mal d’autres. Dont Momo de Ménilmuche, qui, n’ayant guère remis les pieds là-bas depuis 1935, s’y trouvait réclamé à cor et à cris. Accusé de pétainisme, de collaborationnisme et tutti quanti à la Libération, il avait dû son salut à l’intervention (assez inattendue) de l’affreux bolchéviste Aragon (Louis), couteau soigneusement dissimulé entre les dents?! Bien plus que le monde libre n’en pouvait supporter… Que l’on se rassure : Maurice retournera bien à Hollywood… dix ans après. De toute façon, les petits jeunots prometteurs, ce n’est pas que le divertissement d’ilotes de nos bons Maîtres en ait réellement besoin. L’opération consiste surtout à déstabiliser les différents cinémas européens – français, italien, anglais, voire allemand – alors en pleine convalescence, en les privant au maximum de nouveaux visages. Cela marche plus ou moins selon les pays – les Anglais sont évidemment particulièrement chouchoutés, parce que là-bas, il devient urgent de dénicher des gens capables de prononcer correctement la langue?! Tout cela est bien fini. La guerre froide n’y fut donc pas pour rien… De nos jours, on ne comprend plus un traitre mot d’un film (ou d’une série) amerloque. Le bonheur quoi. Exactement ce dépaysement que cherchait Montand dans la salle obscure phocéenne de l’«?Idéal?», vers 1937-38…
La dizaine d’années qui s’écoulera ne sera pas perdue pour la future incarnation à l’écran d’Artur London : progrès certains dans de nouvelles aventures cinématographiques, expérience théâtrale importante, récitals à l’Étoile en solitaire depuis 51 toujours plus courus (voir volume 3), séries et Joies de vivre radiophoniques, débuts à la télévision, disques, encore chez Odéon jusqu’à l’été 58, où la jeune, légère et incassable (théoriquement?!) «?résine de vinylite?» relègue définitivement la vieille, pesante et fragile gomme-laque… Une carrière bien remplie. Mais cela, c’est le métier. À côté, il y a tout le reste. Le reste, c’est en vrac un mariage d’amour (on en a parlé) et, partant, un autre mode de vie (que l’on qualifierait sans doute de «?bobo?» aujourd’hui?!), l’achat d’un appartement – «?la roulotte?» - place Dauphine (haut lieu d’enchantement parisien), puis d’une demeure à Autheuil-Authouillet (Eure), avec vaches et cocottes. En ce lieu communautaire, copains et copines du métier se retrouveront régulièrement au fil des ans tous les samedanches (week-end, si l’on préfère), comme dans le film à venir (1974) de Sautet, Vincent, François, Paul et les Autres… Il leur arrive même de s’y fiancer et de s’y marier. Montand fait aussi l’acquisition de quelques «?belles américaines?» – il ne s’agit encore-là que d’automobiles, dont une Packard puis une très british Bentley rachetée en 1953 au Prince Rainier de Monaco?! Un délice pour ceux qui, dans les gazettes, se plaisent à ironiser sur ce «?compagnon de route?» du Parti des Fusillés, qui ne vient pas toujours à pied comme il le chante parfois?!…
Car – et c’est à ce tournant-là surtout qu’on l’attend – il s’engage, ce garçon, là où d’ordinaire les gens du spectacle préfèrent demeurer plutôt circonspects. Il est vrai qu’avec les prises de position malheureuses de certains imprudents sous l’Occupation, les choses ont évolué. Ainsi Montand et Simone, leur famille, mais aussi nombre d’intellectuels, d’écrivains, d’artistes, de comédiens (Gérard Philipe, Pierre Brasseur, Danièle Delorme, Yves Robert, Reggiani…) n’hésitent pas, sinon à adhérer, du moins à afficher leur sympathie. Mais signer des pétitions et l’Appel de Stockholm, participer au Mouvement de la Paix, manifester contre l’assassinat du couple Rosenberg, s’interroger sur l’Amérique comme nid d’un nouveau fascisme est une chose (voire plusieurs?!). Approuver les yeux fermés (comme le PCF) la répression à Berlin-Est, les procès bidons de Prague, l’invasion de Budapest par les troupes soviétiques fin 1956, c’est une tout autre paire de manches. Il y a là une sorte de grand écart que certains se refuseront à accomplir. Surtout si, peu après la mort de Staline qu’un Éluard n’a point hésité à canoniser, celui-là même qui en dénonce les crimes lors du XXème congrès du PC soviétique, se rend responsable de la répression sanglante de l’insurrection magyare : «?les Hongrois, on les a remis au pas, on a rétabli l’ordre et on leur enverra autant de conseillers que nécessaire?», affirmait, paternel, cet humaniste (cité dans Hervé Hamon & Patrick Rotman, Tu vois, Je n’ai pas oublié, Seuil/Fayard, 1990)…
Affirmation assénée à Montand et Simone à l’occasion d’un souper avec les «?camarades du Politburo?» après le spectacle «?salle Tchaïkovski?», à Moscou, le soir du 22 décembre 1956. Car c’est là que les choses se compliquent encore : avant les évènements, le chanteur a signé – encore?! – pour, ce coup-ci, une tournée en URSS et dans les pays de l’Est… Arrivé sur place avec épouse et musiciens le 16 décembre, il en est à son quatrième récital à l’ombre du Kremlin. Une série d’échan-ges culturels organisée sous la houlette du stal pur sucre Soria a déjà permis au public russe d’apprécier entre autres les comédiens français et ceux du TNP, Sylvia Montfort, Gérard Philipe en tête. Le tour d’un homme de music-hall extrêmement populaire, «?camarade d’honneur?», dont les disques – mais oui, ils en ont?! Parole?! – sont connus et goûtés là-bas, est donc venu. Ce n’est pas si simple, de retards dus à un tournage difficile à moult tergiversations en relation avec les «?évènements?» (comme on disait déjà, bien avant mai-juin 68?!). Le départ, prévu initialement le 12 novembre, n’aura lieu que plus d’un mois après, le 16 décembre. Pour faire bonne mesure et ne pas être en reste, le 1er novembre, les Franco-Britanniques ont lancé l’opération de Suez?!…
Contrairement à sa femme et à ses amis qui appréhendent les choses de manière plus intellectuelle, Montand, de par ses origines prolétariennes, incapable de prendre de la distance, de se réfugier sous l’ironie, les ressent lui dans sa chair-même. Ses hésitations, ses interrogations, ne sont pas feintes (ce qui ne veut pas dire que celles des autres le soient) et il faudra en somme différentes pressions contradictoires (dont les menaces d’un producteur de cinéma) pour qu’à la fin, encore que toujours tiraillé entre deux devoirs impératifs, il parte… Séjour hautement instructif mais pas vraiment gai…
Montand déchaîne l’enthousiasme d’un public immense et chante dans plusieurs villes du pays, notamment Leningrad et Kiev. Il ne coupe évidemment pas aux figures imposées comme la visite quasi systématique de kolkhozes ultra modernes. Le 30 décembre 56, il donne un récital vraiment très spécial, reflet de celui fameux et parisien de 1953-54, dans l’énorme usine d’automobiles Likatchov, chantant devant quelque huit mille ouvriers passionnés, fascinés. Il existe un film de la partie soviétique de la tournée, produit par la cinématographie officielle, distribué par Sovexport, commenté pour la version diffusée dans les pays francophones par Montand et Simone eux-mêmes, présentant d’impressionnantes images de ce monstrueux concert.
Fin 1958, la maison Odéon sortira sous le numéro OSX 142 un trente-trois tours de trente centimètres titré : «?Succès du récital 1958, au Théâtre de l’Étoile?». Bizarre, bizarre (pour reprendre le mot, une vingtaine d’années plus tôt, d’un vieux copain de Montand)… Parce qu’à ce moment-là, justement, Yves vient de signer avec une autre firme, laquelle livre elle aussi un trente-trois tours d’extraits du dit récital?! Se sont-ils partagé les dépouilles, les bougres?? Que nenni?! Le nouvel employeur
édite bien, lui, une partie du cru Montand 58 interprétée face au public de l’Étoile, mais ne s’intéresse guère aux chansons d’avant, ultra connues, ressassées sur tous les microsillons d’alors. Il laisse donc son prédécesseur se livrer à son tripatouillage, mélanger péniblement des sources différentes, reprenant même un titre de l’ère du 78 tours?! Il n’en est pas moins vrai que toutes ces chansons-là figurent également au programme de l’Étoile et que, du coup, Odéon ne ment pas tout-à-fait en titrant qu’il s’agit de succès du récital en question?! Et puis, après tout, cinq des treize morceaux composant ce recueil (Le Chef d’Orchestre est amoureux, Battling Joe, Grands Boulevards, A Paris, Il fait des…) sont de vrais inédits phonographiques, tout bonnement piqués dans le film ci-dessus mentionné ! Les autres titres proviennent en général des ultimes séances Odéon du chanteur (avril 58). On y trouve même une version rare de Planter Café?! Ici, de cet ensemble enregistré de l’autre côté du fort réputé rideau de fer et dans lequel les chansons ne figurent pas toujours en entier, nous avons retenu Grands Boulevards, Saltimbanques, Flamenco de Paris, La Marie-Vison et deux des airs qui, comme il fallait s’y attendre, remportèrent là-bas le plus grand succès, Les Routiers et C’est à l’Aube (CD 2, plages 8 à 13). Evidemment l’une de ces aubes innombrables où les nazis pendant la guerre massacrèrent au bas mot plus de vingt millions de Russes. À moins qu’il ne s’agisse de celle, prémonitoire, du 18 février 1958, quand on pendit Imre Nagy et ses compagnons, prétendument responsables de la révolte hongroise…
La Hongrie est le dernier pays dans lequel se produira Montand mi-mars 1957, après quelques crochets par la Pologne (janvier), la RDA, la Tchécoslovaquie, la Roumanie, la Bulgarie et la Yougoslavie (début mars). Dans ce fief du «?traitre Tito?» qui avait eu le front de s’opposer au guide suprême, Simone et Yves sont reçus par celui-ci avec honneur et humour… Puis c’est le retour à Paris, au début du printemps. De toute façon c’est vrai : ils en sont bel et bien revenus…
 
Non que Montand ne se soit jamais posé de questions avant ce voyage au bout du paradis prolétarien. Mais alors, il avait (presque) toutes les réponses – du moins le croyait-il. Désormais ce sera différent… A la fin du volume 3 (FA 5178), nous en étions, à la suite de l’intégrale du récital donné à l’Étoile entre octobre 1953 et avril 54, aux enregistrements de studio réalisés au cours de la période – séances difficiles, comme d’habitude pour le perfectionniste Montand, avec un nombre considérable de titres «?refaits?» (La Tête à l’Ombre des 4 et 24 mars, puis enfin du 1er avril 1954), voire purement et simplement éliminés (Étrange Étranger, La Plus Drôle, du 1er avril 1954)… Les choses, après un printemps de repos bien mérité, ne reprennent qu’en juillet, pour une unique chanson d’ailleurs, La Ballade de Paris, qui ouvrait déjà le concert 53-54 (voir vol. 3, CD 1, plage 8), écrite par Francis Lemarque pour le film de Carné L’Air de Paris. C’est dire si Montand le connaissait cet air?! Nul besoin de le refaire… Ce n’est pas le cas du Puits, dont on a choisi, sur le tard (édition seulement en 45 tours), la seconde prise, enregistrée comme la première le 12 octobre 1954, le même jour que Je soussigné (une seule prise)… Ce Puits, de vilaine mine, agaçait assez le chanteur, point trop satisfait de cette mouture initiale, pour qu’il tienne à y redescendre au moins par deux fois en l’an 56 : le 28 juin (ODN 60), puis le 6 juillet (ODN 70). Versions non retrouvées… La Ville morte, belle atmosphère avec piano seul, quatrième aria du lot, couplée en 78 tours avec Je, soussigné, voit enfin le jour le 7 décem-bre. Certains de ces disques de 1953/54 n’ont peut-être pas eu le même retentissement que des airs plus anciens, encore que Donne-Moi des Sous, La Goualante du Pauvre Jean, La Tête à l’Ombre et surtout Mon Pot’ le Gitan, comptent parmi les succès de toujours de l’intransigeant Montand. La série suivante, conçue comme un ensemble livré en un seul microsillon, sera mise en chantier début 1955.
Entretemps, le chanteur ne chôme pas qui, à l’instar d’à peu près toutes les célébrités du spectacle du moment – nul alors n’aurait eu l’idée aussi sotte que grenue d’inviter des représentants de la soi-disant «?classe?» politique?! –, participe souvent aux Joie de vivre (plus tard : Les Joies de la Vie) radiophoniques et télévisées d’Henri Spade et Jacqueline Joubert. C’est à l’occasion d’une de ces émissions qu’il évoque sa préhistoire marseillaise, quand il imitait tour à tour Fernandel, Trénet et Chevalier. Dommage qu’il n’ose pas s’attaquer au Fou chantant. Au moins il nous reste Maurice… À la même époque, se concocte un véritable radio-feuilleton du nom de Strictement confidentiel : vingt-cinq épisodes d’une douzaine de minutes diffusés vers onze heures sur la Chaîne parisienne, entre le 26 novembre 54 et le 7 janvier 55 : une suite d’entretiens entre Montand et François Perrier portant sur l’évocation vaguement chronologique de la vie et la carrière du premier. «?Interrogatoire?» (à la chansonnette, cela va de soi?!) conviendrait d’ailleurs mieux qu’«?entretien?», puisque les deux compères s’amusent à jouer au flic dur (Perrier) et au suspect humble (Yves)?; le tout entrecoupé de chansons du répertoire habituel (Battling Joe, Du Soleil plein la Tête, Tournesol, Luna Park, Il a fallu, Premiers Pas, Moi J’m’en fous, C’est à l’Aube, Il chantait, Car Je T’aime, Les Cireurs de Souliers, À Paris, Métro, Tu ne ressembles à personne, etc…), interprétées en versions parfois raccourcies avec les accompagnateurs réguliers. Il arrive souvent que le disque du commerce soit directement mis à contribution (Mon Pot’ le Gitan, Le Dormeur du Val, Sanguine, Les Routiers, Ninon ma Ninette, Actualités, J’ai de la Veine, Jolie comme une Rose, Saltimbanques, Clémentine…). Le rêve consistait à éditer un coffret à part groupant la totalité de ces émissions, avec tout le tra-la-la, chansons et textes rigolos : autour de cinq heures, rien moins?! C’était prévu. Mais c’est devenu paraît-il impossible, unmöglich… Circulez, y rien à voir?! À défaut, on se contentera de deux gentils extraits, Je vends des Hot-Dogs à Madison (diffusion le 15 décembre 54), que Montand envoyait dès les jours de l’occupation au nez et à la barbe du gang vert-de-gris, mais qu’il n’avait jamais enregistré, et une nouvelle version (diffusion le 1er décembre) assez différente de celle de 1945 de Dans les Plaines du Far-West (voir vol.1 – FA-199), créé durant les mêmes jours sombres… Au fait, est-il vraiment vrai que tout cela aurait été enregistré en la seule journée, le 1er novembre 1954, comme l’affirment certains documents d’époque?? Quelque peu exagéré non ?
En ce temps-là, Yves Montand rêve toujours de cinéma. Mais, sans l’oublier complétement, le cinéma, lui, ne semble pas pressé de lui confier les rôles de sa vie?! Depuis Le Salaire de la Peur (Grand Prix du Festival de Cannes 1953), deux films, l’italien Tempi nostri (1954) avec Danièle Delorme, réalisé à Rome par le vieux routier Alessandro Blasetti, et le français Les Héros sont fatigués (1955) d’Yves Ciampi, sont aujourd’hui bien oubliés. Montand fait aussi une brève apparition – comme à peu près tous les nombreux participants – dans le Napoléon de Sacha Guitry. Dans la foulée (1955), il participe à deux versions assez différentes de La Chanson des Maréchaux en compagnie de Clément Duhour, ex-acteur/chanteur devenu fidèle collaborateur de Maître Guitry au cinéma, et d’Armand Mestral. Par deux fois, puisque ce dernier enregistre chez un autre éditeur. Donc pas de jaloux : une longue pour Odéon, l’autre plus courte chez Philips?!…
A l’été de 1955, Montand tient un rôle méphistophélique (non chantant) auprès de Michèle Morgan dans une relecture art-déco de la légende de Faust par Claude Autant-Lara, Marguerite de la Nuit, qui ne plaît guère aux Jeunes Turcs d’une critique très parisienne. Yves, lui, s’en sort plutôt bien, que certains vont jusqu’à comparer à Jouvet?! Un film qui de toute façon mériterait d’être revu… C’est peut-être aussi le cas de Uomini e Lupi, nouvelle œuvre italienne réalisée début 56 par Giuseppe De Santis, l’un des fondateurs du néo-réalisme. Ce n’est en revanche pas l’opinion la plus répandue à l’endroit des Sorcières de Salem, que tourne la même année Raymond Rouleau. Les retards successifs de la réalisation serviront d’alibi aux tergiversations du chanteur à l’heure de s’embarquer pour l’autre côté du rideau?! Un an avant que de passer à l’étape cinéma, Rouleau avait mis en scène la pièce d’Arthur Miller (The Crucible), dans une traduction de Marcel Aymé, au théâtre Sarah Bernhardt. L’histoire se réfère aux procès en sorcellerie de 1692 à Salem (Massachussetts), qui débouchèrent sur la condamnation et la pendaison de gens accusés d’avoir pactisé avec le diable – dont le nommé John Proctor, probablement proche parent, par delà les siècles, de Julius Rosenberg. Car la référence plus immédiate de cette sinistre chasse aux sorcières demeure évidemment le maccarthysme, pollueur de la vie américaine (et pas seulement), et la fascisante Commission des activités anti-américaines – bien que Miller s’en soit défendu, qui figure pourtant (en compagnie de Sartre, Freud, Maupassant, Hammett, Gorki, Zola, Steinbeck, Hemingway, Thomas Mann, Einstein, Aragon, Brecht et pas mal d’autres) sur la nouvelle «?liste Otto?» made in USA des gens promis au bûcher. Le film (avec Yves, Simone et Mylène Demongeot) n’obtiendra point le même succès que la pièce et ne passe plus guère de nos jours. Et de toute façon, une barricade de plus pour Dame Signoret et son mari sur la route du Land of Dreams?!…
En février et mars 1955, Montand s’attelle donc à un projet phonographique important : un recueil 33 tours 30 centimètres de chansons françaises, allant du moyen-âge au vingtième siècle. Déjà son répertoire comptait quelques belles arias populaires anciennes signées Bruant (Rose blanche) ou Emile Spencer (Fleur de Seine). Mais cette fois, la machine à remonter le temps l’entraine bien plus loin, jusqu’au XVème, avec La Complainte du Roi Renaud. Tendance forte alors dans l’univers de la chanson française, que ce mélange de l’ancien et du nouveau, dans lequel excellait alors la merveilleuse Cora Vaucaire qui croisa elle aussi le Roi Renaud et la fille du Roi Loÿs…
Les plus anciennes de ces œuvres ayant traversé le temps (souvent après moult transformations dans des successions de versions orales) sont naturellement anonymes : Le Roi Renaud, Chanson du Capitaine, J’avions reçu Commandement… Elles disent la misère noire des pauvres gens, les horreurs de la guerre (Giroflé Girofla), des soldats abîmés, en colère, voire anti-militaristes (Le Soldat mécontent), les rêves de paix… On y trouve cependant aussi la Complainte de Mandrin (membre de la belle confrérie qui aimait à voler aux riches pour donner aux pauvres et finissait, en général, sur la roue), timide apologie déjà, avant l’heure, de l’anarchisme. Et il y a aussi les chansons de l’amour blessé, humilié, comme Le Roi a fait battre Tambour, ou de l’amour heureux (n’en déplaise à Aragon?!), tel l’admirable Aux Marches du Palais (début XVIIIème, recueilli un siècle plus tard par Gérard de Nerval). Les Canuts paraissent presque anachronique : cette chanson célébrant les ouvriers soyeux lyonnais qui font les riches vêtements mais sont tout nu, porte en effet la signature d’Aristide Bruant – lequel cependant a pu en trouver le thème dans des choses plus anciennes…
Et quand arrive la Commune, à L’Internationale, La Canaille («?c’est la canaille, eh bien j’en suis?!?») ou La Semaine sanglante, Montand préfère cette autre poignante romance d’amour écrite quatre ans plus tôt, Le Temps des Cerises. Jean-Baptiste Clément (1837-1903), son auteur-chansonnier, en signa des tas d’autres sous l’Empire et après, de ces textes mis en musique. Pourtant, celui-ci est sans doute le seul de lui qu’on se rappelle aujourd’hui. Il était certes engagé, Clément, républicain, révolutionnaire dans l’âme. Communard jusqu’au bout. Et ce souvenir d’une ancienne mais toujours vive peine de cœur, c’est finalement à l’ambulancière de la barricade de la dernière heure, rue de la Fontaine-au-Roi, qu’il la dédia – personne ne la revit, ajoute Louise Michel. La Commune – 72 jours en 71, du 18 mars au 28 mai (germinal-floréal…), où Paris fut libre – c’était le printemps. Le si court temps des cerises. Et aussi le temps de la mort : le jour où l’ambulancière partit à jamais, sonna le glas de la gauche française, au Mur des Fédérés et partout. Bientôt cent quarante-cinq ans…
«?J’aimerais toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur,
Une plaie ouverte.
Et Dame Fortune en m’étant offerte,
Ne saura jamais calmer ma douleur.?»…
On a souvent aussi raccroché La Butte rouge à la Commune. Montéhus, son auteur, le «?chansonnier humanitaire?» né l’année d’après (1872), ne cachait pas ses sympathies pour la lutte finale selon Eugène Pottier. Il s’agit en réalité d’un épisode sanglant de la guerre franco-prussienne de 70, «?où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin?». Avec Montéhus, Montand (de ceux qui montaient??) pouvait tout autant pu choisir Gloire au 17ème ou Le Chant des Jeunes Gardes… S’il évoque 39-45 avec un bizarre Chant des Partisans, il laisse choir l’autre guerre, la prétendue «?Grande?», celle que Brassens, sarcastique, affirmait préférer. Mais au milieu des années 1950, la terrible Chanson de Craonne, anonyme parfois attribuée à Vaillant-Couturier, restait peut-être encore interdite, alors que la guerre d’Algérie n’en est qu’à son lever de rideau?? Et puis, peut-être que, par prémonition, La Butte rouge évoque déjà la grande boucherie??
Ajoutons que notre chanteur a également enregistré deux versions de Dans les Prisons de Nantes (où dit-on la fille du geôlier est avenante), le 6 avril 55 puis le 29 juin 56 (ODN 65). Leur place était toute trouvée dans le recueil des chansons populaires. Et pourtant, aucune n’y figure… Pour réaliser cet album ambitieux, il va de soi que l’instrumentation change souvent d’une chanson à l’autre. On peut ainsi entendre des cuivres et des flûtes, une épinette, des percussions et un Henri Crolla à la fois discret et audacieux. Bob Castella, auteurs des arrangements, reste le Maître d’œuvre.
L’été de 1956, offre quelques nouveautés : Le Petit Môme, Moisson (alias La Terre est basse – on hésite entre kolkhoze et kibboutz?!) qui ont pu laisser quelques souvenirs, et La Marie-Vison, fort joli succès en revanche, longtemps demeuré au répertoire (une version figure parmi les concerts au pays des Soviets). Comme d’habitude, plusieurs séances sont nécessaires pour confier tout cela à la bande magnétique : outre les deux nouvelles versions du Puits (refusées), Le Petit Môme et La Marie-Vison ont fait l’objet de quelques prises les 28, 29 juin et 6 juillet 56… Le 29, en plus des Prisons de Nantes, Montand s’attaque également au Retour du Marin (ODN 63) et à Voici l’Hiver passé (ODN 64). Le premier n’est manifestement pas arrivé à bon port et le second, malgré son titre qui louche vers le retour des beaux jours, n’a probablement guère passé l’hiver. Toujours est-il qu’on ne les a jamais retrouvés, pas même au fin-fond d’une vieille boîte de bande (76 centimètres par seconde en ce temps-là?!)…
Après l’été 56, arrive l’hiver justement, peu avant l’embarquement pour s’y taire (à moins que ce soit «?pour l’ouvrir?», susurre volontiers Pierre Dac). Si Montand était parti comme prévu en novembre, on aurait dû attendre le printemps 57 pour récupérer des nouveautés qui n’en sont pas – et pour cause. Bien davantage que la plupart de ses confrères, le chanteur déteste voir rééditer sur 45 et 33 tours ses succès de l’ère précédente, estimant qu’ils appartiennent au passé (en fait, guère plus d’une douzaine d’années pour ce qui le concerne – soit bien moins qu’un Tino Rossi, une Edith Piaf ou un Charles Trenet?!) et qu’il convient de les refaire régulièrement avec, bien sûr, un accompagnement renouvelé. Lui qui changera de maison de disques fin 1958, trouvera certes de quoi s’occuper. Ici, encore chez Odéon ce 11 décembre 56, il inaugure, à toute vitesse pour une fois, la série avec les nouvelles versions de La Grande Cité tentaculaire, terrifiante, de Ma Gosse ma p’tite Môme, Luna-Park, Dans les Plaine du Far-West, Battling Joe, Mathilda et Elle a… L’indication «?sub 2?» portée sur certains registres, laisse supposer qu’il s’agit de secondes prises. Un huitième titre, Il fait des…, emprunté aux concerts soviétiques, complète le 45 tours MOE 2113… Concerts dont nous donnons, ainsi que signalé ci-dessus, six extraits sur le CD 2.
Avant que de filer chez Philips, Yves Montand, retour de Sibérie (enfin… presque?!), fournit encore au printemps de 1958 matière à constituer un ultime trente centimètres Odéon (OSX 136) intitulé «?10 Chansons pour l’Été?» : Rendez-Vous de Paname, L’Assassin du Dimanche, Tu repasseras, Mon Manège à Moi, La Fille du Boulanger, Calcutti-Calcutta, Monsieur Petit Louis, Quand on s’balade, Pour Pierrette et Pierrot et les deux prises de Planter Café – seule la version la plus lente et sans doute la meilleure est incluse dans cette galette. Ce n’est certes pas le disque de référence du chanteur, mais il est de plutôt bonne constitution, grâce évidemment à Planter Café, mais aussi à L’Assassin.., Calcutti-Calcutta, Quand on s’balade (musique de Mireille), Tu repasseras (musique de Maurice Jarre) et même Mon Manège à Moi, qui a pourtant
eu maille à partir (comme auraient dit les
chansons médiévales?!) avec la version Piaf…
Renouveau du Montand ? Et pourquoi pas ?

Daniel NEVERS
© 2015 Frémeaux & Associés



Marseille, city of the Phocaeans, was an idea firmly implanted in the genes of the Livi family from Monsummano in Tuscany when they landed there in the spring of 1924, complete with weapons, baggage and brats — well, no weapons, and even fewer bags, but they had three kids, including a girl and their youngest, destined to become Yves Montand around fifteen years later. Even Marseille was supposed to be merely a stopover, a prelude to the Great Crossing. “America! America!” they were singing everywhere. The Promised Land, the Golden Age, the Land of Milk and Honey, of eternal felicity and what have you. Well, almost. Yes, but… the problem was, this Land of Dreams had already been carefully shut, locked and bolted with a serious chain on its door! Especially to keep out these vermin from Puglia! In the Land of Dreams they still roasted Eyeties on the Chair now and again, especially nervy ones with vaguely anarchist leanings… So, immigration quotas, obviously… They had to have them, didn’t they? Because the poor who set their sights on Paradise are always too many in number… but the WASPs promised, cross their hearts, that they would get in next time. Dismissed!
From one postponement to the next, one quota to another, stuck in proletarian neighbourhoods, even the Livi family finally gleaned its naturalization. Little Ivo, aged eight, became a Frenchman. His padre Giovanni, mamma Giuseppina, sorella Lidia Fedora and fratello Giuliano also became French, all at the same time…
Beggars can’t be choosers… so they went to the pictures, to the Pathé Cinema or the “Idéal” to see films coming in from the other side of the Atlantic. Ivo/Yves could identify with Gary Cooper, and with Bogart before he was a star, and Clark Gable. And even more with those wonderful flying clowns in the musicals, with Fred Astaire, Ginger Rogers and Eleanor Powell at the top of the list… Yves was a regular visitor to the Star, the little cinema down at the harbour showing films that weren’t dubbed, just to hear people speaking American! He couldn’t break down the fences that protected the forbidden country, but he still wanted to break in, to slip into the screen like Buster Keaton in Sherlock Junior, for example. Not easy. Better take the byroads, the little paths of Mireille and Jean Nohain, rather than the straight, main highways (even if it was Trenet, not Yves, who would sing about a certain “Nationale 7”…) Byroads, then, the roads to song and music halls. A world that suited him and which, in the margins of an “official” job, allowed him to earn a little money in talent-contests (they were very popular at the time); at least it paid for his cigarettes that week… He knew that the best became stars, sought-after by films; even Yankee films, sometimes. Take Maurice Chevalier for example, who’d come from a milieu that was just as modest, and was enjoying a superb career between New York and Hollywood, and whom Yves would include in the imitations he did for a popular audience (listen to a sample of his skill in this snippet of Ah! Si vous connaissiez ma Poule). Others he imitated: Fernandel, the Marseille stereotype, and Charles Trenet especially, a newcomer always in the headlines, and strongly influenced by America too, with his snappy shoes and his swing. It was not impossible that he would be very rapidly summoned to go and see for himself…

Without the war, and then the Occupation, would Montand have been able to climb each step so easily before he found himself among the happy few, worshipped by the crowds of the New World? Nothing is less certain: Jean Gabin, a great, established actor in his own country, even though much in demand over there for a long time, had scarcely any opportunity to shine. It was the same for Michèle Morgan, and Danielle Darrieux before them… Not everybody can be Chevalier, Marlene, Garbo or Charles Boyer…
Yet Montand, right from the beginning of 1947 — he only had two titles in his filmography then, and only one of them (Les Portes de la Nuit) was really important — was approached in his dressing-room at the ABC theatre by Jack Warner in person, the Big Wheel of the firm carrying the same name and that of his Brothers, and the man who gave him a fabulous seven-year contract together with the right to enjoy all kinds of freedoms. Even so, the singer thought it necessary — before embarking First Class on a beautiful, brand-new transatlantic liner — to make his third film, L’Idole, directed by Alexandre Esway, the last film this director made that wouldn’t be a masterpiece. The delay before he left enabled him to have the above-said fabulous contract translated on the advice of his director, who thought it might be a scam. It wasn’t. But it did turn out to be perfectly one-sided, although it matched the contracts that foreign artists signed the first time. Darrieux had already signed the same one, more or less, some ten years earlier! It might be useful to note here that, at the same moment, Simone Signoret — a promising female hope in French films, an actress who’d already had a few good nasty-woman roles to her credit, and a confirmed English-speaker — took very good care not to fall into the same trap. She and Montand would go to the land of the cowboys one day or another, but not that way, i.e. not through the tradesman’s entrance. They would go through the front door. Obviously, that was going to take a little more time… Until then, Yves had to do something, because he’d signed. The Cold War extricated him. Already known for his affinities with Reds and people of the Commune — although he’d never been a member of any party at all — he saw his application for a visa refused, as did many others. There was “Momo from Ménilmuche”, for one [Maurice Chevalier, from Ménilmontant, naturally], who, although having barely set foot over there since 1935, found himself much in (loud) demand. Accused of being a pro-Pétain quisling and tutti quanti when the Liberation came, Maurice had owed his salvation to the (rather unexpected) intervention of that frightful Bolshie called Aragon (Louis), his knife carefully concealed between his teeth! It was a lot more than the Free World could stand…. But take heart: Maurice would still go back to Hollywood… ten years later. Anyway, our good Masters had little real need of such promising youngsters to entertain the Helots. What was really going on was an attempt to destabilize various European film productions — French, Italian, English, even German — then right in the middle of their convalescence, by depriving them of as many new faces as possible. And, depending on the country, it more or less worked. The English were particularly well taken care of, because over there what was urgent was to find enough people able to pronounce the words correctly! That’s all over, now. So the Cold War did have something to do with it… Nowadays, most of us don’t understand a damned word in a film (or series) made by the Yanks. Pure bliss. Exactly the kind of exoticism that Montand was looking for in the darkened Phocaean cinema called the “Idéal” in around 1937-38…
Those ten years of waiting wouldn’t be wasted by the future screen incarnation of Artur London: he made some progress in acting with new film-adventures; he had major experiences in theatre; he did solo shows at the Étoile from ‘51 onwards, each time with bigger audiences; he appeared in series and shows like “La Joie de Vivre” on radio; he made his television debuts; and he made some recordings (for the Odéon label until the summer of ‘58) on those recent, lightweight and unbreakable (at least in theory!) “Vinylite resin” discs that sent the old, heavy and fragile lacquered versions to the attic for good… A well-filled career, in fact. But that was business. Alongside that, there was all the rest. “The rest” meaning, in no particular order, a marriage of love (already mentioned) and, when he moved, another way of life (the sort which would today be known as “upwardly mobile”!) after purchasing an apartment — his “caravan” on Place Dauphine (the fulcrum of Parisian enchantments) — and then a “country home” in Autheuil-Authouillet, complete with cows and chickens. In this community place, pals in the business, male and female, would congregate at weekends over the years, as they did in Sautet’s future film Vincent, François, Paul et les Autres (1974)… It even happened that some people would get engaged or married there. Montand also acquired a few belles américaines, although these “beautiful American girls” were merely automobiles, among them a Packard, followed by a very British Bentley purchased in 1953 from Prince Rainier of Monaco! It delighted the gazettes, and they were filled with ironic comments about this “fellow traveller” who didn’t walk to work… although he did sing about it. They were lying in wait for him now, because the boy had turned a corner and become a militant, whereas it was more usual for people in showbiz to remain somewhat circumspect… It’s true that, after the political stances adopted by some imprudent people during the Occupation, things had evolved. And so it was that Montand and Simone, their family, but also a good number of intellectuals, writers, artists and actors (Gérard Philipe, Pierre Brasseur, Danièle Delorme, Yves Robert, Serge Reggiani…) showed no hesitation in, if not joining the movement, then at least displaying their sympathy with it. But signing petitions is one thing — or several things, because there was the Stockholm Appeal, participation in the Peace Movement, a demonstration against the assassination of the Rosenbergs, not to mention asking themselves whether America might not be a nest of New Fascism… It was quite another thing to close one’s eyes (like the French Communist Party did) and approve repression in East Berlin, mock trials in Prague and the invasion of Budapest by Soviet troops at the end of ‘56. Combining the two would akin to doing the splits, and some refused to attempt it. Especially when, shortly after the death of Stalin (whom Éluard was quick to canonize), the same person who denounced his crimes at the 20th Congress of the Soviet Communist Party would be responsible for the bloody repression of the Magyar insurrection: “The Hungarians, we’ve got them marching in step again; we’ve re-established order and we’ll send them as many advisors as necessary”, was the paternal statement proffered by this Humanist (quoted in You see, I haven’t forgotten, Yves Montand with Hervé Hamon & Patrick Rotman, Chatto & Windus, 1992).
Montand and Simone would give vent their feelings at a supper with “Politburo comrades” after the show given at the “Tchaikovsky Room” in Moscow on December 22nd 1956. Because that was when things got complicated again: before the Events, the singer had signed — yet again! — to do a tour in the USSR and other eastern Bloc territories… After arriving there with his spouse and musicians on December 16th, this would be his fourth recital in the shadows of the Kremlin, part of a series of cultural exchanges which had already allowed Russian audiences to appreciate members of the Comédie Française and the TNP, among others, notably Sylvia Montfort and Gérard Philipe. And now it was the turn of an extremely popular man of the music-hall, a “comrade of honour” whose records — yes, Russians had them too, I swear! — were known and liked over there also. It wasn’t that simple though, what with delays due to difficulties in filming, and much dithering in relation to what were called “The Events” (as they said already, well before May 1968!) Their departure, initially planned for November 12th, would only take place more than a month later on December 16th. Not to be left behind, the Franco-British launched the Suez Crisis on November 1st…
Unlike his wife and friends — they took a more intellectual view of life — Montand, due to his proletarian origins, was incapable of appre-hending things from a more distant perspective; he was also incapable of irony, and so took no refuge there either: everything touched him personally, physically. His hesitations and questionings weren’t feigned — which is not to say that the doubts of others were — and it would take different, contradictory pressures (including threats from one film producer) for him to finally leave, even though he still considered himself bound by two impe-ratives… His stay would be highly instructive although not really cheerful.

Montand unleashed the enthusiasm of a vast audience and sang in several of the country’s cities, notably Leningrad and Kiev. Obviously he didn’t escape compulsory exercises like the quasi-systematic visits to ultramodern kolkhozes. On December 30th 1956 he gave a really special concert that reflected his famous Parisian recital of 1953-54, when he sang in the giant automobile plant named after Likhachev for some eight thousand thrilled, fascinated workers. There’s a film of the Soviet part of his tour (produced by official cinematographers and distributed by Sovexport) which has a running commentary for French-speaking spectators provided by Montand and Simone themselves, with impressive footage of that monster concert.

At the end of 1958, the Odéon company would release a 12” 33rpm record (reference N° OSX 142) entitled “Succès du récital 1958, au Théâtre de l’Étoile.” As an old friend of Montand once said (on another occasion twenty years earlier), it was “Bizarre, bizarre.” It was weird because, at that very moment, Yves had just signed with another firm, and this other firm also deli-vered a 33rpm disc of excerpts from that same recital… Did they share the spoils, the devils? Goodness, no! Montand’s new employer indeed published a part of the ’58 vintage performed for the audience at the Étoile Theatre, but took scarcely any interest in the earlier songs, which were all incredibly well-known and played to death on all the LPs then available. So this company let its predecessor get on with messing around, and generally being a pain, with its compilations from different sources, even to the point of including a title from the age of the 78! It’s still true that all those songs also appeared in the programme at the Étoile, so Odéon couldn’t actually be accused of lying if the title mentioned “songs” that were “hits” in that “recital”! After all, five of the thirteen tunes on the record — Le Chef d’Orchestre est amoureux, Battling Joe, Grands Boulevards, A Paris, Il fait des… — were genuine previously-unreleased recordings simply dubbed from the Soviet tour film! The other titles generally came from the singer’s final sessions for Odéon (in April ‘58). Among them you can even find a rare version of Planter Café! Concerning our present set, of all the songs recorded on the other side of that renowned Iron Curtain. We have kept Grands Boulevards, Saltimbanques, Flamenco de Paris, La Marie-Vison, and two songs which, as you might expect, met with the greatest success over there: Les Routiers and C’est à l’Aube (CD2, tracks 8-13). The latter title obviously refers to one of the countless dawns when, during the war, the Nazis massacred some twenty million Russians (a conservative estimate). Unless, that is, it was a premonitory reference to the dawn of February 18th 1958 when Imre Nagy and his companions were hanged for having led the Hungarian Uprising…
Hungary was the last country where Montand appeared in mid-March 1957, after sidesteps into Poland (in January), the GDR, Czechoslo-vakia, Rumania, Bulgaria and, early in March, Yugoslavia. There, in the stronghold of “Tito the traitor” (the man who’d had the nerve to stand up to the Supreme Guide), Simone and Yves were received with all the honours (and some good humour)… And then they returned to Paris in the early spring. It’s true, too: they really were back…

Not that Montand didn’t ever question his trip to the far end of the proletarians’ paradise. But in those days he had (almost) all the answers anyway. Or at least he thought so. From then on, things would be different… At the end of Volume 3 (FA5178), after the complete recordings of the recital he gave at the Étoile between October ’53 and April ’54, we’d reached the studio recordings made during that period – difficult sessions, an old habit of Montand the perfectionist, with a considerable number of titles that were “rerecorded” (La Tête à l’Ombre dated March 4 and 24, and then finally April 1, in 1954), if not purely and simply eliminated (Étrange Étranger, La Plus Drôle, from April 1st, 1954 again)… After a well-deserved rest in spring, things only picked up again in July, and then only for one song, too: La Ballade de Paris, which had already been the opener for the 53-54 concert (cf. Vol. 3, CD1, track 8), a song written by Francis Lemarque for Carné’s film L’Air de Paris. You can bet Montand knew that tune! There was no need to do it again… This wasn’t the case for Le Puits, where the second take was chosen belatedly (it was released only on a 45rpm); it was recorded on the same day as the first, October 12, 1954, the day that Je soussigné was done (in only one take). This Puits really was the pits… or enough, anyway, to annoy the singer (not overjoyed at all with this initial rendering) to the point where he would go back down into the pit at least twice in 1956: on June 28th (ODN 60), and then on July 6th (ODN 70). Neither version has been found… La Ville morte, a piece with a beautiful atmosphere and a piano alone, the fourth aria of the bunch, finally saw the light on December 7th, paired on a 78rpm disc with Je, soussigné. Maybe some of his 1953/54 records didn’t have the same repercussions as less recent airs, although Donne-Moi des Sous, La Goualante du Pauvre Jean, La Tête à l’Ombre and especially Mon Pot’ le Gitan, belong to the evergreen hits of the uncompromising Yves Montand. Work on the new series, conceived as an ensemble for delivery on a single LP, would begin early in 1955.
In the meantime, the singer stayed busy. Following the example of almost every showbiz celebrity of the day — it would have been abso-ludi-crous to imagine politicians being invited — he often guested on the Joie de vivre radio and TV shows (later, Les Joies de la Vie) of Henri Spade and Jacqueline Joubert. It was during one such show that Yves mentioned his prehistoric Marseille period, when he used to do imitations of Fernandel, Trenet and Chevalier. What a pity he didn’t dare try Trenet (“the singing clown”) again… At least we have Maurice… At around this time they concocted a veritable radio-serial by the name of Strictement confidentiel. It had twenty-five, twelve-minute episodes and it aired at around 11 o’clock on the “Chaîne parisienne” between November 26, 1954 and January 7, 1955. It was a series of interviews between Montand and François Perrier, and they dealt with the life and career of Montand in vaguely chronological fashion. “Interrogation” (in a nice, singsong way, of course) might be a more suitable noun than “interview”, because the two comrades in question derived no little enjoyment from playing the old game of “hard cop” (Perrier) and “humble suspect” (Montand); the game was interrupted by the usual songs from Yves’ repertoire (Battling Joe, Du Soleil plein la Tête, Tournesol, Luna Park, Il a fallu, Premiers Pas, Moi J’m’en fous, C’est à l’Aube, Il chantait, Car Je T’aime, Les Cireurs de Souliers, À Paris, Métro, Tu ne ressembles à personne, etc.), sung in sometimes-shortened versions with Montand’s regular accompanists. It often happened that records that were on sale to the public were directly solicited (Mon Pot’ le Gitan, Le Dormeur du Val, Sanguine, Les Routiers, Ninon ma Ninette, Actua-lités, J’ai de la Veine, Jolie comme une Rose, Saltimbanques, Clémentine…). We dreamed of being able to publish a separate set containing the entire collection of those shows, complete with bells, whistles, all the songs and funny dialogue: five hours total, no less! We actually planned to do it. It has since become impossible, apparently. Unmöglich… Move along please, there’s nothing for you to do here. With no chance to hear the whole lot, you’ll have to be content with these two excerpts: Je vends des Hot-Dogs à Madison, from a broadcast dated December 15th 1954 (whose dogs were served by Montand as early as the Occupation, right under the noses of the gang in olive-grey, but never recorded by him); and a new version (broadcast on December 1st) that is rather different from the 1945 vintage in Dans les Plaines du Far-West (cf. Vol. 1 – FA199), created in those same dark days… By the way, is it really true that all those were recorded in a single day, November 1st 1954, as indicated in the paperwork for that period? That’s something of an exaggeration, wouldn’t you say?

In those days, Yves Montand still had dreams of being in films. But, while they didn’t completely forget him, films seemed in no hurry to give him the roles of his life. After The Wages of Fear [“Le Salaire de la Peur”, winner of the Grand Prix at the 1953 Cannes Film Festival], he made two films that have fallen into oblivion today: the Italian production Tempi nostri (1954) with Danièle Delorme, shot in Rome by an old hand, Alessandro Blasetti, and the French-produced Les Héros sont fatigués (1955) directed by Yves Ciampi. Montand also made a brief appearance, as did almost all the large cast, in Sacha Guitry’s film Napoléon. On the heels of those (1955), Montand took part in two rather different versions of La Chanson des Maréchaux in the company of Clément Duhour, an ex-actor/singer-turned-faithful-film-co-worker of Maestro Guitry, and the singer Armand Mestral. I say two versions because Mestral recorded for another record-company… so nobody was jealous: there was a long one for Odéon plus another, shorter, version for Philips!

In summer 1955 Montand played a Mephistophelian role (non-singing) alongside Michèle Morgan in an Art-Deco rereading of the Faust legend directed by Claude Autant-Lara, Marguerite de la Nuit, which hardly left the leonine young Parisian critics in raptures. Yves came out of it rather well, as some people compared him with Jouvet! It’s a film worth seeing again, anyway… The same, perhaps, goes for Uomini e Lupi, a new Italian production directed early in 1956 by Giuseppe De Santis, one of the founders of Neo-realism. It’s not the most widespread opinion people hold of Les Sorcières de Salem, however, which Raymond Rouleau filmed the same year. Successive production-delays would serve as an alibi for the singer’s dithering as the hour approached for his trip to the other side of the Curtain!
A year before moving on (and into films), Rouleau staged Arthur Miller’s play The Crucible at the Sarah Bernhardt Theatre in a Marcel Aymé adaptation. The play’s theme dealt with the witches’ trials in Salem, Massachusetts, back in 1692, which ended when those accused of making a pact with the devil were sentenced to death and hanged, among them a certain John Proctor, who was probably related to Julius Rosenberg (if one goes back a few centuries.) I say all this because the most immediate references for that sinister witch-hunt were obviously the McCarthyism polluting the lives of Americans (and not only the Americans), and the Fascist leanings of the Un-American Activities Committee. Although Miller denied it, he appeared (along with Sartre, Freud, Maupassant, Hammett, Gorki, Zola, Steinbeck, Hemingway, Thomas Mann, Einstein, Aragon, Brecht and a good few others) on the new, made-in-USA “Otto List” of people destined for burning at the stake. The film (with Yves and Simone, and Mylène Demongeot) would be nowhere near as successful as the play; nowadays hardly any copies reach the cinemas. Even so, it still represented yet another barricade on the road leading Dame Signoret and her husband to their Land of Dreams.
So in February and March 1955 Montand got down to a major record-project: a 12” LP collection of French songs from the Middle Ages to the 20th century. He already had a few handsome popular arias in his repertoire, written by Bruant (Rose blanche) or Emile Spencer (Fleur de Seine), but for this project a time-machine would take him much further into the past, all the way back to the 15th century and La Complainte du Roi Renaud. His project had come at a time when the universe of French Chanson had a strong tendency to mix the old with the new; it was something at which the marvellous Cora Vaucaire excelled, and she, too, crossed paths with the Roi Renaud and the daughter of Roi Loÿs…
The most ancient of these works that came down through time (often after undergoing transformation a hundredfold in successive oral versions) were naturally signed “anonymous”: Le Roi Renaud, Chanson du Capitaine, J’avions reçu Commandement… They sang of dark misery among poor folk, horrors of war (Giroflé Girofla), soldiers who were damaged, angry, even anti-military (Le Soldat mécontent), dreams of peace… Yet among them you can also find the Complainte de Mandrin, an apology (before its time) for anarchists… [Louis Mandrin was an 18th century highwayman, the French Robin Hood; he belonged to that noble brotherhood with a taste for “robbing the rich to feed the poor”, the same caste who were generally broken on the wheel.] Alongside it there are also love-songs: injured, humiliated love in Le Roi a fait battre Tambour, or happy-ending love (too bad for Aragon!) as in the admirable Aux Marches du Palais (an early 18th century song collected a century later by Gérard de Nerval). Les Canuts seems almost an anachronism: this song celebrating the silk-workers of Lyon (who made rich clothes but wore nothing at all) actually bears Aristide Bruant’s signature – but he could have found the subject in more ancient things… And when the Commune comes along, with L’Internationale, La Canaille (“C’est la canaille, eh bien j’en suis!”) or La Semaine sanglante, Montand prefers another poignant romance d’amour written four years earlier, Le Temps des Cerises. Under the Empire and later, Jean-Baptiste Clément (1837-1903), its author-singer, was responsible for any number of these texts put to music, and yet this is probably the only work of his that people remember today. He definitely showed commitment, Clément, because he was a Republican with the soul of a revolutionary, a “Communard” to the (bitter) end: he dedicated this souvenir of an ancient but still vivid trouble of the heart to the ambulance-woman on the last-ditch barricades in the rue de la Fontaine-au-Roi, and nobody ever saw her again, added Louise Michel. The Commune – it lasted seventy-two days in ‘71, from March 18 to May 28 (from Germinal to Floréal in the Revolutionary Calendar, or thereabouts) – was when Paris was free. It was spring. That so short “cherry-time”, Le temps des cerises. And also death-time: the day the ambulance-woman died was the day the knell tolled for the French Left, against Communards’ Wall and everywhere. It’ll soon be a hundred and forty-five years ago…

“I will always love cherry-time,
It’s a time from which my heart has kept
an open wound.
And even offering Lady Luck to me
Can never calm the hurt.”

La Butte rouge has often been tagged onto the Commune as well. Montéhus, the writer (born in 1872), was known as “the humanitarian cabaret-singer” and made no secret of his sympathies for the final struggle, according to Eugène Pottier. The song actually deals with a bloody 1870 episode in the Franco-Prussian War, when “Everyone who climbed up rolled into the ravine.” Montand (one of those “climbing up”?) could just as well have chosen Gloire au 17ème or Le Chant des Jeunes Gardes from Montéhus’ works… While he evokes the ‘39-‘45 war with a bizarre Chant des Partisans, he drops the other, so-called “Great” war, the one that Brassens sarcastically said he preferred. But in the mid-Fifties, was the terrifying Chanson de Craonne (by an anonymous author, or sometimes attributed to Vaillant-Couturier) still banned perhaps, as the curtain was being raised in the war in Algeria? Then again, perhaps La Butte rouge, in some premonitory way, was already referring to all the butchery to come?
Here we might add that our singing subject also recorded two versions of Dans les prisons de Nantes (Nantes being where the jailer’s daughter can enchant, they say), on April 6th 1955 and then on June 29th 1956 (ODN 65). The right place for them was obviously in the popular-song anthology, yet neither of them appears there… For the making of that ambitious album, it goes without saying that the instrumentation often changes from one song to the next, which allows us to hear brass, flutes, a spinet, percussion, and Henri Crolla, a man of both discretion and daring. The arrangements are by Bob Castella, who also managed this whole project.
Summer 1956 saw a few new items: Le Petit Môme and Moisson (alias La Terre est basse – which seems to hesitate between kolkhoz and kibbutz and may have left a few souvenirs with listeners), and La Marie-Vison, definitely a very nice hit and a song that stayed in Montand’s repertoire for a long time (a version turned up in the concerts he gave for the Soviets). As usual, several sessions were necessary in order to put all of those on tape: apart from the two new versions of Le Puits (rejected), Le Petit Môme and La Marie-Vison were subjected to a few takes on June 28th & 29th, and also on July 6th (’56). On the 29th, in addition to the Prisons de Nantes, Montand also tackled Le Retour du Marin (ODN 63) and Voici l’Hiver passé (ODN 64). The first (“The seaman’s return”…) manifestly failed to find port, and the second, despite the chill in its title, was keeping an eye on the weather (hoping for sunnier days ahead), but must have frozen to death… because neither title has ever been found, not even in the depths of an old tape-box. You may care to know that the contents would have been played at 30 inches per second in those days!
In a timely manner, after summer 1956 came winter, shortly after Montand went off to keep silence (or “shoot his mouth off”, as Pierre Dac murmured, not without malice.) Had Montand left in November as planned, we would have had to wait until spring 1957 to recover these new things which weren’t so new, and for good reason. With a great deal more vehemence than his peers, Montand hated seeing his hits of a previous era recycled onto 45s, EPs and LPs. He believed they belonged in the past (which, after all, was only a dozen years or so where he was concerned, in other words, much shorter than the “past” of a Tino Rossi, Piaf or Trenet!) He also believed it appropriate for him to redo them regularly with, of course, renewed accompaniment. Montand would change his record-company at the end of 1958, and so he was sure of finding something to do. Here, while still at Odéon on this December 11th 1956, he inaugurated the series (for once, at high speed) with the new versions of La Grande Cité (sprawling tentacles, terrifying), Ma Gosse ma p’tite Môme, Luna-Park, Dans les Plaines du Far-West, Battling Joe, Mathilda and Elle a… The mention “sub 2” which appears on certain indexes leads one to assume that these are second takes. An eighth title, Il fait des…, borrowed from the Soviet concerts, completed the 45rpm disc numbered MOE 2113… Six titles from those concerts, as mentioned above, are included in CD2.
In the spring of 1958, before making a beeline for Philips, Yves Montand, now back from Siberia (well… almost!) provided enough material for a final Odéon 12” LP (OSX 136) entitled “10 Chansons pour l’Été”. These were: Rendez-Vous de Paname, L’Assassin du Dimanche, Tu repasseras, Mon Manège à Moi, La Fille du Boulanger, Calcutti-Calcutta, Monsieur Petit Louis, Quand on s’balade, Pour Pierrette et Pierrot, and the two takes of Planter Café; only the slower, no doubt better, version was included in the original disc. This Odéon LP definitely wasn’t a benchmark record by the singer, but it does have a sturdy constitution thanks to Planter Café, for one, and also L’Assassin.., Calcutti-Calcutta, Quand on s’balade (for which Mireille did the music), Tu repasseras (music by Maurice Jarre) and even Mon Manège à Moi, even though that one was delayed in the mail (as knights of old might have said!) in its Piaf version… A renewed Montand? And why not?

Adapted by Martin Davies

from the French text of Daniel NEVERS


Remerciements/Thanks to : Henri Chenut, Jean-Pierre Daubresse, Annie Dalahaye, Alain Délot, Yvonne Derudder, Marcelle Hervé, Gérard Roig.

 
© 2015 Frémeaux & Associés



DISCOGRAPHIE / DISCOGRAPHY

Tous titres enregistrés à Paris, sauf indications contraires /All titles recorded in Paris, except when otherwise stated
Les accompagnateurs (n’intervenant pas nécessairement tous sur chaque titre) d’Yves Montand entre 1954 et 1958 sont les suivants :
Musicians listed below (although not necessarily all present on each number) are the most frequently featured as Yves Montand’s accompanists between 1954 and 1958 : Robert “Bob” CASTELLA (p, arr, dir)?; Benny VASSEUR (tb)?; Hubert ROSTAING (cl, as, fl, arr)?; Freddy BALTA (accordéon)?; Marcel AZZOLA (accordéon pour la tournée à l’Est/for the Eastern tour)?; Henri CROLLA (g)?; Emmanuel SOUDIEUX (b)?; Roger PARABOSCHI (batterie/drums).
Pour le recueil «?Chansons Populaires de France?» (1955), l’orchestre varie d’un air à l’autre, incluant souvent d’autres instruments : cuivres, anches, cordes, clavecin, percussion… / For the album «?Chansons Populaires de France?» (1955), different types and sizes of instrumental combinations were used, including brass, reeds, harpsichord, strings, percussion…

DISQUE / DISC 1
?1. LA BALLADE DE PARIS (R.Castella-F.Lemarque)    (Odéon 282864 / mx. Ki 12916-21)    2’45
?2. LE PUITS (C.Chevallier-Vline & Buggy)    (Odéon MOE-2070 / mx. Ki 12754-22)    3’16
?3. JE, SOUSSIGNÉ (A.Oulman-C.Valentin)    (Odéon 283074 / mx. Ki 12955-21)    2’52
?4. LA VILLE MORTE (R.Viger-R.P.Dil)    (Odéon 283074 / mx. Ki 13046-21)    3’33
YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES 1 : 21/07 - 2, 3 : 12/10 - 4 : 7/12/1954
?5. AH ! SI VOUS CONNAISSIEZ MA POULE (C.Borel Clerc-A.Willemetz-R.Toché)
    (Radio/Broadcast - Paris Inter)    3’14
YVES MONTAND avec/with Jacqueline JOUBERT & Henri SPADE - «?La Joie de vivre?», 1954
?6. JE VENDS DES HOT DOGS À MADISON (F.de Joannis-H.Le Pointe-M.Meslier)
    (Radio/Broadcast - Chaîne Parisienne)    2’12
?7. DANS LES PLAINES DU FAR-WEST (M.Vandair-C.Humel)
    (Radio/Broadcast - Chaîne Parisienne)    3’12
YVES MONTAND, FRANÇOIS PÉRIER & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES - série «?Strictement
Confidentiel?», Nov. 1954
?8. LA CHANSON DES MARÉCHAUX (J.Françaix-S.Guitry) (version Philips)    (Philips N 72267 H)    3’05
CLÉMENT DUHOUR, ARMAND MESTRAL & YVES MONTAND av. acc. d’orchestre, dir. M. Lenjean Fin/late fév. 1955
?9. LE ROI RENAUD DE GUERRE REVIENT (Trad.)     (Odéon OSX 110 /mx.AR 160)    4’34
10. LA COMPLAINTE DE MANDRIN (Trad.)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 160)    4’00
11. J’AVIONS REÇU COMMANDEMENT (Trad.)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 160)    1’56
12. AUX MARCHES DU PALAIS (Trad.)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 160)    3’50
13. LE ROI A FAIT BATTRE TAMBOUR (Trad.)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 160)    3’18
14. CHANSON DU CAPITAINE (Trad.)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 160)    3’37
15. LE SOLDAT MÉCONTENT (Trad.)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 161)    3’03
16. LES CANUTS (A.Bruand)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 161)    2’18
17. LE TEMPS DES CERISES (A.Renard-J.B.Clément)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 161)    4’33
18. LA BUTTE ROUGE (G.Krier-Montéhus)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 161)    3’42
19. GIROFLÉ GIROFLA (Trad.)    (Odéon OSX 110 /mx.AR 161)    1’59
20. LE CHANT DES PARTISANS (Chant de la Libération) (A.Marly-J.Kessel-M.Druon)
    (Odéon OSX 110 /mx.AR 161)    3’48
«?CHANSONS POPULAIRES DE France?» - YVES MONTAND avec Accompagnement d’Orchestre,
dir. BOB CASTELLA 22/02 à fin mars/to late March 1955
21. LA CHANSON DES MARÉCHAUX (J.Françaix-S.Guitry)(version Odéon)
    (Odéon 283173/mx.Ki 13171-)    3’39
CLÉMENT DUHOUR, ARMAND MESTRAL & YVES MONTAND av. acc. d’Orchestre, dir. M. Lenjean ca. 22-23/02/1955
22. LE PETIT MÔME (F.Lemarque)    (Odéon 238329 /mx.ODN 62)    3’01
23. LA MARIE-VISON (M.Heyral-R.Varnay)    (Odéon 238329 /mx.ODN 73)    2’23
24. MOISSON (La Terre est basse) (L.Ferrari-R.Rouzaud)    (Odéon MOE-2070 /mx.ODN 71)    2’48
YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYHTHMES 29/06 & 6/07/1956

DISQUE / DISC 2
?1. LA GRANDE CITÉ (M.Monnot-E.Piaf) (nouvelle version)
    (Odéon MOE-2112 & OS1152/mx.AR 400)    3’06
?2. MA GOSSE, MA P’TITE MÔME (M.Monnot-H.Contet) (nouvelle version)
    (Odéon MOE-2112 & OS1152/mx.AR 400)    3’01
?3. LUNA-PARK (L.Gasté-J.Guigo) (nouvelle version)    (Odéon MOE-2112 & OS1152/mx.AR 400)    1’55
?4. DANS LES PLAINES DU FAR-WEST (M.Vandair-C.Humel) (nouvelle version)
    (Odéon MOE-2112 & OS1152/mx.AR 400)    2’12
?5. BATTLING JOE (L.Gasté-J.Guigo) (nouvelle version)    (Odéon MOE-2113 & OS1152/mx.AR401)    3’20
?6. MATHILDA (M.Cowan-F.Lemarque) (nouvelle version)
    (Odéon MOE-2113 & OS1152/mx.AR401)    2’39
?7. ELLE A… (M.Monnot-E.Piaf) (nouvelle version)    (Odéon MOE-2113 & OS1152/mx.AR401)    2’29
YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES 11/12/1956
?8. GRANDS BOULEVARDS (N.Glanzberg-J.Plante)    (Bande-Son Film / Original Film Soundtrack)    2’47
?9. SALTIMBANQUES (L.Bessières-G.Apollinaire)    (Bande-Son Film / Original Film Soundtrack)    2’33
10. FLAMENCO DE PARIS (L.Ferré)    (Bande-Son Film / Original Film Soundtrack)    2’34
11. LA MARIE-VISON (M.Heyral-R.Varnay)    (Bande-Son Film / Original Film Soundtrack)    2’12
12. LES ROUTIERS (F.Lemarque)    (Bande-Son Film / Original Film Soundtrack)    2’25
13. C’EST À L’AUBE (M.Philippe-F.Monod)    (Bande-Son Film / Original Film Soundtrack)    2’53
YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES Moscou & Léningrad (URSS/USSR), Déc.1956-Jan.1957
14. RENDEZ-VOUS DE PANAME (F.Lemarque)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN429-)    2’34
15. L’ASSASSIN DU DIMANCHE (F.Lemarque)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN430-)    2’44
16. TU REPASSERAS (M.Jarre-R.Rouzaud)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN435-)    2’45
17. MON MANÈGE À MOI (N.Glanzberg-J.Constantin)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN436-)    3’47
18. LA FILLE DU BOULANGER (H.Crolla-M.Trevières)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN437-)    2’36
19. CALCUTTI-CALCUTTA (H.Crolla-F.Loris)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN438-)    3’12
20. MONSIEUR PETIT LOUIS (H.Crolla-A.Simonin)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN439-)    3’38
21. QUAND ON S’BALADE (Mireille-H.Contet)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN440-)    2’49
22. PLANTER CAFÉ (E.Stern-E.Marnay) (prise/tk.1)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN441-21)    3’35
23. POUR PIERRETTE ET PIERROT (H.Crolla-M.Trevières)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN442-)    2’51
24. PLANTER CAFÉ (E.Stern-E.Marnay) (prise/tk.2)    (Odéon OSX 136 / mx.ODN441-22)    4’21
YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES 8/04 & 14/04/1958 ODN441-22 : 28/04/1958



Entre un mirifique contrat américain loupé et une tournée au Paradis triomphale et amère?; quelques rôles encore mal maîtrisés au cinéma et un militantisme sincère qui n’en était pas vraiment un, Montand, au cours de cette période pas facile des années 1950, parvint tout simplement, lui qui n’écrivait ni paroles ni musique, à devenir le Prince incontesté de la chanson française.    Daniel Nevers

During this Fifties period when times weren’t easy — an extremely lucrative bungled American contract, the bitter triumph of a tour in Paradise, a few roles in films (not yet the master-actor), and sincere, if not militant, politics —, Yves Montand, even though he was no writer or composer, succeeded quite simply in becoming the undisputed Prince of French Chanson.    Daniel Nevers


CD 1
YVES MONTAND & BOB CASTELLA ET SES RYTHMES
(Sessions Odéon, 21/07 – 12/10 – 7/12/1954)
?1. LA BALLADE DE PARIS    2’45
?2. LE PUITS    3’16
?3. JE, SOUSSIGNÉ    2’52
?4. LA VILLE MORTE    3’33
YVES MONTAND – ÉMISSION «?LA JOIE DE VIVRE?»
(extrait/excerpt – 1954)
?5. AH ! SI VOUS CONNAISSIEZ MA POULE    3’14
YVES MONTAND & FRANÇOIS PÉRIER –
ÉMISSIONS «?STRICTEMENT CONFIDENTIEL?»

(extraits/excerpts – Nov. 1954)
?6. JE VENDS DES HOT DOGS À MADISON    2’12
?7. DANS LES PLAINES DU FAR-WEST    3’12
CLÉMENT DUHOUR, ARMAND MESTRAL,
YVES MONTAND, avec Orchestre

(session Philips, fin fév./late Feb. 1955)
?8. LA CHANSON DES MARÉCHAUX    3’05
«?Chansons Populaires de France?»    
par YVES MONTAND – Arr. & Orch. Bob CASTELLA

(sessions Odéon, du 24/02 à fin mars /
to late March 1955)
?9. LE ROI RENAUD DE GUERRE REVIENT    4’34
10. LA COMPLAINTE DE MANDRIN    4’00
11. J’AVIONS REÇU COMMANDEMENT    1’56
12. AUX MARCHES DU PALAIS    3’50
13. LE ROI A FAIT BATTRE TAMBOUR    3’18
14. CHANSON DU CAPITAINE    3’37
15. LE SOLDAT MÉCONTENT    3’03
16. LES CANUTS    2’18
17. LE TEMPS DES CERISES    4’33
18. LA BUTTE ROUGE    3’42
19. GIROFLÉ GIROFLA    1’59
20. LE CHANT DES PARTISANS
(Chant de la Libération)    3’48
CLÉMENT DUHOUR, ARMAND MESTRAL,
YVES MONTAND, avec Orchestre

(session Odéon, ca. 22-23/02/1955)
20. LA CHANSON DES MARÉCHAUX    3’39
YVES MONTAND
& BOB CASTELLA ET SES RYTHMES
(sessions Odéon, 29/06 & 6/07/1956)
21. LE PETIT MÔME    3’01
22. LA MARIE-VISON    2’23
23. MOISSON (La Terre est basse)     2’48

CD 2
YVES MONTAND
& BOB CASTELLA ET SES RYTHMES

(session Odéon, 11/12/1956)
?1. LA GRANDE CITÉ (nouvelle version)    3’06
?2. MA GOSSE, MA P’TITE MÔME
(nouvelle version)    3’01
?3. LUNA-PARK (nouvelle version)    1’55
?4. DANS LES PLAINES DU FAR-WEST
(nouvelle version)    2’12
?5. BATTLING JOE (nouvelle version)    3’20
?6. MATHILDA (nouvelle version)    2’39
?7. ELLE A… (nouvelle version)    2’29
YVES MONTAND
& BOB CASTELLA ET SES RYTHMES

(Bande-son film / Original film soundtrack, Moscou, Leningrad…, 1956-1957)
?8. GRANDS BOULEVARDS    2’47
?9. SALTIMBANQUES    2’33
10. FLAMENCO DE PARIS    2’34
11. LA MARIE-VISON    2’12
12. LES ROUTIERS    2’25
13. C’EST À L’AUBE    2’53
YVES MONTAND
& BOB CASTELLA ET SES RYTHMES

(sessions Odéon, 4-8-14-28/04/ 1958)
14. RENDEZ-VOUS DE PANAME    2’34
15. L’ASSASSIN DU DIMANCHE    2’44
16. TU REPASSERAS    2’45
17. MON MANÈGE À MOI    3’47
18. LA FILLE DU BOULANGER    2’36
19. CALCUTTI-CALCUTTA    3’12
20. MONSIEUR PETIT LOUIS    3’38
21. QUAND ON S’BALADE    2’49
22. PLANTER CAFÉ    3’35
23. POUR PIERRETTE ET PIERROT    2’51
24. PLANTER CAFÉ    4’21




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 La ballade de Paris02'46
02 Le puits03'17
03 Je soussigné02'54
04 La ville morte03'36
05 Ah! si vous connaissiez ma poule02'18
06 Je vends des hot dogs à Madison02'13
07 Dans les plaines du Far-West03'13
08 La chanson des maréchaux03'06
09 Le roi Renaud de guerre revient04'36
10 La complainte de Mandrin04'00
11 J'avions reçu un commandement01'59
12 Aux marches du palais03'53
13 Le roi a fait battre tambour03'21
14 Chanson du capitaine03'39
15 Le soldat mécontent03'06
16 Girofle girofla02'20
17 Les canuts04'40
18 Le temps des cerises03'48
19 La butte rouge02'02
20 Le chant des partisans (chant de la Libération)03'51
21 La chanson des maréchaux03'42
22 Le petit môme03'04
23 La Marie-Vison02'27
24 Moisson (la terre est basse)02'49
CD 2
01 La grande cité03'09
02 Ma gosse, ma p'tite môme03'03
03 Luna-park01'57
04 Dans les plaines du Far-West02'13
05 Battling Joe03'22
06 Mathilda02'41
07 Elle a...02'31
08 Grands boulevards02'53
09 Saltimbanques02'41
10 Flamenco de Paris02'32
11 La Marie-Vison02'13
12 Les routiers02'33
13 C'est à l'aube02'57
14 Rendez-vous de Paname02'37
15 L'assassin du dimanche02'46
16 Tu repasseras02'47
17 Mon manège à moi03'49
18 La fille du boulanger02'39
19 Calcutti-Calcutta03'14
20 Monsieur Petit Louis03'40
21 Quand on s'balade02'53
22 Planter café03'38
23 Pour Pierrette et Pierrot02'55
24 Planter café04'27
"Yves Montand : les années d’or" par Chants Songs

Avec le volume 4 de L’Intégrale Yves Montand (1954-1958), on retrouve ce grand interprète au sommet de son art. Il y a, en prime, quelques documents qui valent leur pesant d’or.
Durant cette décennie, Yves Montand n’a pas encore démarré son immense carrière d’acteur même s’il a déjà joué dans un film important comme Les Portes de la Nuit et Le Salaire de la peur, de Georges Clouzot (1953) qui a obtenu le Grand prix du Festival de Cannes, l’ancêtre de la Palme d’or.  En revanche, le chanteur et citoyen – qui ne fait déjà pas mystère de ses engagements – est déjà au sommet de son art, comme le montre ces enregistrements.
Dans ce coffret à la très belle qualité sonore, on retrouve l’artiste à la voix parfaite et qui signe des versions splendides, sans pousser la voix ni forcer son vibrato, de La Ballade de Paris, très beau texte de Francis Lemarque ou des traditionnels comme La Complainte de Mandrin, Les Canuts et Giroflé Girofla. Au piano, son fidèle compagnon de scène, Bob Castella signe des accompagnements aussi légers que subtils dans des mélodies comme Le Puits. Ce coffret porte aussi trace de la tournée que Montand fit, en compagnie de Simone Signoret, derrière le Rideau de fer en 1956 et 1957 où il déchaîne l’enthousiasme d’un public immense en se produisant notamment à Leningrad et Kiev. Il donne même un récital spécial dans l’usine automobile Likatchov devant quelques 8 000 ouvriers fascinés. Et on peut découvrir des chansons extraites du film tourné à l’époque et devenues des classiques comme Le Flamenco de Paris, de Léo Ferré ou Saltimbanques, dont le texte est d’Apollinaire.
Autre rareté à découvrir sur un disque Odéon, la version de Planter Café. Montand prouve aussi qu’il n’a pas oublié ses débuts et d’où il vient quand il passe dans l’émission radiophonique La Joie de vivre, en 1954, pour rendre hommage de façon très drôle à un artiste qui a compté pour lui, Maurice Chevalier, en signant une version tonique de Ah ! Si vous connaissiez la poule.
C’est dire tout l’intérêt de cette nouvelle contribution au patrimoine de la chanson française.
François CARDINALI - par CHANTS SONGS




« Avec Frémeaux nous avons tous les enregistrements d’une époque » par Juke Box

Voici le quatrième double volet de l’intégrale d’Yves Montand, saison 1954-58. Comme d’habitude avec Frémeaux il ne s’agit pas de la simple juxtaposition des disques édités, mais de tous les enregistrements disponibles d’une époque. Ce qui nous vaut des extraits d’émission (« Ah ! Si Vous Connaissiez Ma Poule » en radio, imitant Maurice Chevalier comme à ses débuts) et même, tiré d’un reportage, six passages de ses concerts soviétiques en 1956-57, avec la voix de Simone Signoret. Comme certains de ses confrères, au moment de la ressortie d’anciennes chansons (pas tant que ça pour lui), Yves Montand préfère les réenregistrer, ce qui occasionne de nouvelles versions. Deux albums se glissent ici. D’abord « Chansons Populaires De France » en 1955 où, dans un délicieux vieux « françois » (avec des liaisons incongrues pour aujourd’hui), il reprend des airs pour la plupart immémoriaux. Bien avant la chanson autoproclamée « de protestation » des années 60, un peu comme si c’était une nouveauté (!), ont  existé des pamphlets, aussi remuants que ceux de Boris Vian, Maxime Le Forestier ou Renaud : anti-guerre (« Le Soldat Mécontent », « Giroflé Girofla »), de désertion (« Chanson  du Capitaine »), de misère (« Les Canuts », « La Butte Rouge »), d’injustice arbitraire (« Le Roi A Fait Battre  Tambour ») avec en plus récents « Le Temps Des Cerises » et « Le Chant Des Partisans ». Plus dans le même esprit, d’un film de Sacha Guitry, « La Chanson Des Maréchaux » (2 versions), aussi contre la guerre et … Les Parisiens ! Ensuite « 10 Chansons Pour L’Eté », de 1958, dernier album pour Odèon, avant de passer chez Philips, Ce qui va pousser Odéon à littéralement inonder le marché.
Par JUKE BOX