CHANSONS D’AVANT L’OULIPO

RAYMOND QUENEAU ET PAUL BRAFFORT

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Direction artistique : OLIVIER JULIEN
Format : CD Musical
Livret : 32 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA5491

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Ce coffret regroupe les chansons signées entre 1950 et 1962 par deux des plus éminentes figures du mouvement Oulipo.
Tout d’abord, Raymond Queneau qui compte parmi les plus grands poètes et dramaturges français du XXe siècle. L’auteur d’Exercices de style ou de Zazie dans le métro, cofondateur de l’Oulipo en 1960, a écrit de nombreuses chansons pour Juliette Gréco, les Frères Jacques, Roland Petit et Zizi Jeanmaire.
Paul Braffort, membre de l’Oulipo depuis 1961 (auteur, compositeur, ingénieur, mathématicien, chercheur), a quant à lui écrit et composé pour Barbara, Les Quatre barbus, Catherine Sauvage ou encore Mouloudji.
Réalisée par Olivier Julien, cette anthologie contient une quarantaine d’enregistrements inédits pour la première fois édités en CD.
Usant de malice, d’astuce et d’humour, et souvent, de grande tendresse, ces titres écrits en grande partie avant la naissance du mouvement, annoncent la façon toute oulipienne de jouer avec la langue française.
Patrick FRÉMEAUX

DIRECTION ARTISTIQUE : OLIVIER JULIEN

CD 1 - CHANSONS DE RAYMOND QUENEAU (1950-1962) -
JULIETTE GRÉCO : SI TU T’IMAGINES (PREMIÈRE VERSION) • RENÉE JEANMAIRE (ZIZI) : LA CROQUEUSE DE DIAMANTS • ROLAND PETIT : LA RUE MONTORGUEIL • LES FRÈRES JACQUES : LA PENDULE • DENISE BENOÎT : L’ART POÉTIQUE • LES GARÇONS DE LA RUE : SAINT OUEN’S BLUES • MARIA SCHELL : CHANSON DE GERVAISE • JULIETTE GRÉCO : COMPLAINTE • JACQUES FABBRI : MAIGRIR - LA PENDULE - PAUVRE TYPE - LE REPAS RIDICULE • ZIZI JEANMAIRE : MOI SI JE LE VOULAIS JE LE POURRAIS • JULIETTE GRÉCO : SI TU T’IMAGINES (SECONDE VERSION) - CHANSON DE GERVAISE • GERMAINE MONTERO : TUILERIE DE MES PEINES (INÉDIT) • JULIETTE GRÉCO : ON ENTERRE LES CHIENS • HÉLÈNE MARTIN : TANT DE SUEUR HUMAINE - SAINT-OUEN’S BLUES • ZIZI JEANMAIRE : JE TE TUERAI D’AMOUR • SUZY DELAIR : CHANSON DE GERVAISE. TITRES BONUS : LES FRÈRES JACQUES : SI TU T’IMAGINES • MOULOUDJI : SI TU T’IMAGINES.

CD 2 - EXERCICES DE STYLE PAR YVES ROBERT ET SA COMPAGNIE AVEC LES FRÈRES JACQUES (1954) ET JACQUES FABBRI DIT RAYMOND QUENEAU (1962) -
 YVES ROBERT ET SA COMPAGNIE AVEC LES FRÈRES JACQUES : EXERCICES DE STYLE - YVES ROBERT, RÉCIT - JACQUES HILLING, GUY PIERRAULD ET EDMOND TAMIZ, INTERROGATOIRE - JACQUES HILLING, RÊVE - YVES ROBERT ET GUY PIERRAULD, IGNORANCE - LES FRÈRES JACQUES, TACTILE - JACQUES HILLING, RÉACTIONNAIRE - GUY PIERRAULD, BOTANIQUE - JEANMARIE AMATO, MÉDICA - EDMOND TAMIZ, ITALIANISMES - YVES ROBERT, PAYSAN - YVES ROBERT, INJURIEUX - JEAN-MARIE AMATO, TÉLÉGRAPHIQUE - LES FRÈRES JACQUES, ODE - JACQUES HILLING, NOMS PROPRES - YVES ROBERT, CONTRE-PETTERIES - EDMOND TAMIZ, HELLÉNISMES - JEAN-MARIE AMATO, MATHÉMATIQUE - LES FRÈRES JACQUES, ONOMATOPÉES - GUY PIERRAULD, JAVANAIS - EDMOND TAMIZ, HOMÉOPTOTES - JACQUES HILLING, ANGLICISMES - LES FRÈRES JACQUES, LATIN DE CUISINE. TITRES BONUS : JACQUES FABBRI DIT RAYMOND QUENEAU : L’HERBE - CHÊNE ET CHIEN - AVERSE - TOUS LES DROITS - LE BON USAGE - MAIGRIR - VIEILLIR - LES JOUEURS DE MANILLE - ST-OUEN’S BLUES - JE CRAINS PAS ÇA TELLEMENT - BON DIEU D’BON DIEU.

CD 3 - CHANSONS DE PAUL BRAFFORT (1953-1959) -
PAUL BRAFFORT, DES ATOMES ET DES HOMMES : LE PETIT ATOME - LE BLUES DE LA BANLIEUE SUD - LA JAVA DE L’ADULTÈRE - POURQUOI FAUT-IL ? - RIEN NE REMPLACERA L’AMOUR - MENUET POUR LA JOCONDE - L’HOMME À L’OEILLET BLANC - JE PEUX M’IMAGINER - LE STRIP-TEASE DU PETIT MONSIEUR - LA GRANDE CHANSON - LE BLUES DE LA BANLIEUE SUD (VERSION 45 TOURS) - LA POLKA DES TORTUES (ENREGISTREMENT PUBLIC À L’ALHAMBRA DE PARIS, INÉDIT) • LES QUATRE BARBUS : SIRÈNE ET SCAPHANDRIER - LA POLKA DES TORTUES • CAROLINE CLER : LA COMPLAINTE DU GRAMOPHONE • FRANÇOIS DEGUELT : RUE DES MORILLONS • LES QUATRE BARBUS : LE PETIT ATOM • FRANCINE ADAM ET SES G’MEN : JE NE PEUX M’IMAGINER • BARBARA : LA JOCONDE (ENREGISTREMENT PUBLIC AU CABARET L’ÉCLUSE). TITRES BONUS : CATHERINE SAUVAGE : LA POLKA DES TORTUES (INÉDIT) • MOULOUDJI : LA POLKA DES TORTUES (INÉDIT) • LES QUATRE BARBUS : LE PETIT ATOME (À LA MOUFF). 40 enregistrements originaux inédits en CD.

L'Oulipo FA5491



Raymond Queneau et Paul Braffort :

Chansons d’avant l’Oulipo


PAR OLIVIER JULIEN




Raymond Queneau :

J’habitai le Havre avec mes parents, un port c’est toujours merveilleux, en temps de guerre c’est un spectacle. C’est là que Raymond Queneau reçoit une formation musicale qui ne lui plaît guère : des gammes au piano pendant dix ans, inutiles d’ailleurs, je n’aimai pas cela du tout et mon professeur aussi probablement puisqu’il s’est suicidé ce qui mit un terme à sa vie et à mes études musicales. Cela m’arrangeai bien, je n’étais pas très doué et j’ai laissé tomber la musique.
Si le premier contact de Raymond Queneau avec la musique se solde par un échec, ce sont ses qualités d’auteur qui la ramèneront à lui, tout d’abord par la mise en musique de ses poèmes, puis par des commandes pour les ballets de Roland Petit ou encore pour le film Gervaise. Là ou les chansons et les poèmes ont une structure avec une histoire comportant généralement un début et une fin heureuse ou malheureuse, Raymond Queneau détourne cette forme à travers une narration décalée. Il remet en cause les académismes et la bienséance tout comme il le fait dans le monde de la littérature.
Raymond Queneau est né le 21 Février 1903 au Havre, d’un père, comptable colonial qui a quitté l’armée pour tenir avec sa femme un commerce de mercerie et modes. Fils unique et bon élève, il écrit très jeune de nombreux poèmes. Après un bac latin, grec, philo qu’il obtient en 1920, sa famille s’installe à Paris et Raymond Queneau poursuit ses études à la Sorbonne, d’abord en philosophie, puis en lettres et en sciences. En 1924, il rejoint le groupe des surréalistes. Après deux ans passés en Algérie et au Maroc pour y effectuer son service militaire, il rentre à Paris et se marie avec Janine Kahn, belle-sœur d’André Breton mais quitte les surréalistes en 1930 suite à une brouille. Alors employé de banque, il commence une psychanalyse et se lance dans l’écriture de son premier roman, Le Chiendent (Gallimard 1933) qui sera couronné du prix des Deux Magots. En 1936, il s’installe à Neuilly et multiplie les publications : romans, poésies et essais et débute une activité de traducteur d’anglais. Son premier recueil de poèmes, Chêne et chien, paraît en 1937. Il entre l’année suivante au comité de lecture des Éditions Gallimard, comme lecteur d’anglais avant d’en devenir secrétaire général en 1941, il se verra confier à partir de 1954 la direction de publication de l’Encyclopédie de la Pléiade. En 1943, il publie un second recueil de poèmes, Les Ziaux et fréquente Camus, Picasso, Jean Lescure, Tardieu, Desnos, il rencontre alors François Le Lionnais, passionné tout comme lui de littérature et de mathématiques, avec lequel il fondera par la suite l’Oulipo. Raymond Queneau est pendant la guerre membre du Comité national des écrivains, issu de la Résistance. C’est grâce à son ami Boris Vian, qu’à la libération, il fréquente assidûment Saint-Germain-des-Prés et se prend de passion pour le jazz ; il peint aussi des gouaches et expose ses toiles. En 1947, Raymond Queneau publie Exercices de style, dans lequel il raconte quatre-vingt-dix-neuf-fois la même histoire, chaque fois dans un style différent. Ces exercices, précurseurs de l’Oulipo, sont aujourd’hui traduits dans plus de trente langues. On voit qu’à l’opposé du surréalisme, qui privilégie le hasard, Queneau préfère se choisir des contraintes qu’il s’agit de maîtriser. L’année suivante, avec L’Instant fatal, il donne la pleine mesure de sa liberté d’invention, construisant une prosodie par laquelle il dérègle l’écriture poétique traditionnelle, où il introduit la langue parlée, la gouaille, l’humour et la familiarité. Nombre de ces poèmes seront mis en musique.
Il y a souvent chez Queneau plusieurs niveaux de lecture. À côté d’une lecture naïve, plutôt drôle, il y a place pour une lecture plus savante, qui donne sens à un texte qui semble en être dépourvu. Sans oublier une lecture symbolique, où se manifestent les grandes figures de son imaginaire.

Juliette Gréco devient chanteuse et Raymond Queneau devient ainsi parolier
Juliette Gréco est après-guerre une des figures de Saint-Germain-des-Prés où, accompagnée de sa sœur, elle fréquente le philosophe Merleau-Ponty (qui lui apprend à danser) ainsi que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir et tous les grands noms du quartier tels que Raymond Queneau et Boris Vian. Au printemps 1947, elle participe à l’aventure du club de jazz Le Tabou avec la journaliste Anne Marie Cazalis et le comédien Marc Doelnitz. La cave de la rue Dauphine devient vite un endroit incontournable des nuits germanopratines où l’on y danse jusqu’aux premières heures du matin; l’endroit se transforme bientôt en repère pour les Zazous et les existentialistes. Juliette Gréco est une créature de la nuit et se rêve en comédienne. Elle multiplie bientôt les expériences artistiques et devient une des voix de l’émission Le club d’essai de la radiodiffusion française dirigé par le poète Jean Tardieu. Pendant deux ans, elle enregistre des poèmes pour l’émission Le ton poétique et commence à vivre de son art notamment grâce à l’adaptation des Thibault de Roger Martin du Gard ou encore en enregistrant la porte étroite d’après André Gide ce qui permet à Juliette de côtoyer Jean Vilar. Les propriétaires du célèbre cabaret Le bœuf sur le toit en confient la direction à Marc Doelniz qui lui propose pour l’occasion de devenir chanteuse mais il essuie un refus. Après un dîner, Jean Paul Sartre s’exprime ainsi : Si elle veut chanter, Qu’elle chante… Ce à quoi Juliette répond : Je ne sais pas chanter et je n’aime pas les chansons qu’on entend à la radio. Le lendemain, Sartre la convoque pour choisir avec elle son tour de chant et a préparé des recueils de de Paul Claudel, Tristan Corbière, Raymond Queneau et Jules Laforgue. Rendez-vous est à nouveau pris pour le lendemain et Juliette Gréco a choisi deux poèmes : Notre petite compagne de Jules Laforgue qui deviendra L’éternel féminin et C’est bien connu extrait de L’instant fatal de Raymond Queneau qui devient Si tu t’imagines ; le texte s’inspire du célèbre Mignonne allons voir si la rose… de Ronsard, lui-même inspiré du Carpe Diem d’Horace. Du haut de ses vingt-deux ans ans, elle porte ainsi son dévolu sur deux leçons de morale féroces, ironiques et drôles. Jean-Paul Sartre lui offre la Rue des blancs manteaux extrait de sa pièce Huis clos. Juliette Gréco adore le titre Les feuilles mortes écrit par Jacques Prévert et en contacte alors le compositeur Joseph Kosma qui accepte d’ecrire les musiques. Pétrifiée par le trac, elle crée les trois chansons le 22 Juin 1949 au Bœuf sur le toit. Cela sera désormais par sa qualité de chanteuse qu’elle justifiera d’avoir son portrait dans les journaux. Après avoir fait ses armes à La Rose Rouge, elle enregistre son premier 78 tours (qui comporte trois titres ce qui est rare à l’époque !) poussée auprès de la maison de disques Pathé-Marconi par les éditions Enoch qui représentent les chansons de Joseph Kosma. L’enregistrement se déroule le 30 juin 1950 sous la direction du chef d’orchestre Pierre Alimi ; le titre de Raymond Queneau fera l’objet de la première face tandis que la seconde rassemble la Rue des blancs manteaux de Jean-Paul Sartre et un poème de Robert Desnos : La fourmi (78 tours Columbia DF3367). Le disque rencontre un bon succès critique mais les ventes restent confidentielles; le décalage entre l’image de dame noire et l’humour pince sans rire des chansons déroute le public. Si tu t’imagines séduit néanmoins d’autres artistes et Les Frères Jacques s’empressent de l’ajouter cette même année à leur répertoire (78 tours Polydor 560 263) tout comme Mouloudji qui l’enregistre l’année suivante (78 tours Le chant du monde 1593). Raymond Queneau publie Petite cosmogonie portative qui raconte la genèse de notre planète et la même année, Bâtons, chiffres et lettres et entre au Collège de ‘Pataphysique, comme satrape. Il devient membre de l’Académie Goncourt, en 1951. Juliette Gréco n’accédera au succès populaire que l’année suivante avec Je hais les dimanches mais gardera le titre Si tu t’imagines à son tour de chant. Ce premier enregistrement où l’on perçoit déjà tout le potentiel de Juliette Gréco révèle néanmoins un certain manque d’assurance et elle choisira alors de le réenregistrer en 1959 sous la direction de Michel Legrand (33 tours 25 cm Philips B76479R) ce qui lui vaut de devenir un classique de la chanson française.
À partir de 1955, Raymond Queneau travaille également pour le cinéma, il écrit les dialogues de La Mort en ce jardin (Luis Buñuel, 1955), d’Un couple (Jean-Pierre Mocky, 1960), réalise les doublages français de La Strada (Federico Fellini, 1955), de Sourires d’une nuit d’été (Ingmar Bergman) d’Amère victoire (Nicholas Ray, 1957), écrit le commentaire du Chant du Styrène (Alain Resnais, 1957-1958), ou encore adapte les dialogues français de Certains l’aiment chaud de Billy Wilder en 1959.
En 1956, René Clément réalise le film Gervaise, une adaptation d’un des romans de la série Les Rougon-Macquarts d’Emile Zola intitulé L’Assommoir avec Maria Schell, François Périer, Armand Mestral et Suzy Delair. Raymond Queneau en signe La chanson de Gervaise interprétée dans le film par Maria Schell accompagnée par l’orchestre de Ray Ventura pendant la scène du banquet (45 tours EP Versailles 90M133) et simultanément enregistrée par l’autre comédienne du film Suzy Delair (45 tours EP Vega V45P1748) accompagnée par Jo Moutet puis par Juliette Gréco (45 tours EP Fontana 460.520) accompagnée par Michel Legrand; Marjane et André Claveau en enregistreront également leur propres versions. En 1957, Juliette Gréco enregistre un nouveau titre de Raymond Queneau : Complainte, toujours extrait de L’instant fatal sur une musique de Guy Béart dont le texte corrosif est une véritable ode aux cons. La carrière de Juliette est lancée et elle se produit à Bobino en 1961 devant une grande partie de ses auteurs Brel, Brassens, Kosma, Béart et monde de la littérature : Queneau, Mauriac, Nabokov… A cette époque Le TNP présente Loin de Rueil, une comédie musicale de Maurice Jarre et Roger Pillaudin montée par Jean Vilar d’après le roman de Raymond Queneau. Juliette Gréco enregistre la chanson On enterre les chiens qui est diffusée pendant la représentation et Dirk Sanders en signe la chorégraphie. Juliette Gréco reconnaît encore aujourd’hui : Je n’aurais jamais rêvé d’être chanteuse. Ce n’était pas une chose à laquelle j’avais pensé, que j’avais travaillée, du tout. Moi je pensais être tragédienne. J’ai d’abord pensé être danseuse classique, ensuite comédienne, la chanson est venue, par le plus grand des hasards.

Renée (Zizi) Jeanmaire et Roland Petit
En 1950, le chorégraphe Roland Petit, fort du succès mondial de son adaptation de Carmen, fait appel à Raymond Queneau pour son nouveau projet La croqueuse de diamants qui sera créé le 21 Septembre 1950 au théâtre Marigny. C’est l’occasion pour Queneau d’effectuer son premier voyage aux États-Unis qui le marquera profondément aussi bien pour sa fréquentation des théâtres new-yorkais que des spectacles de strip-tease que lui fait découvrir Roland Petit. Les journées sont également studieuses et Raymond Queneau écrit pour l’occasion une quinzaine de titres dont seuls quatre seront retenus : La croqueuse de diamants, La rue Montorgueil, La banquette et Faut choisir la marchandise. Renée Jeanmaire (qui ne s’appelle pas encore Zizi) fait partie des Ballets de Paris Roland Petit et apprend à chanter pour passer les auditions. Elle décroche le rôle ce qui lui vaut d’interpréter la chanson phare La croqueuse de diamants qu’elle enregistre pour son tout premier disque (78 tours 25cm Odéon 282 289 Medium) où figure sur la face B une très rare interprétation de Roland Petit : La Rue Montorgueil. Renée Jeanmaire obtient grâce à cet enregistrement le Grand Prix du disque ce qui la confortera pour aborder le monde de la chanson pour lequel elle devient Zizi Jeanmaire.
En 1956, Roland Petit fera à nouveau appel à Raymond Queneau qui écrit trois chansons pour la féerie Le vélo magique créé le 26 Septembre 1956 au Théâtre de Paris. Seul le titre Moi si je le voulais je le pourrais sera gravé sur disque (45 tours EP Philips 432207BE) en 1961 par Zizi Jeanmaire sur une musique de Roland Petit et des arrangements de Michel Legrand. L’année suivante, elle enregistre un des titres écartés de La croqueuse de diamants : Je te tuerai d’amour (45 tours EP Philips 432.734 NE) accompagnée par Jean-Michel Defaye et dans une étonnante association pour la musique qui est signée par Johnny Hallyday !

Les Frères Jacques

En 1948, Les Frères Jacques commencent à jouir d’une belle réputation et font partie des premiers artistes à se produire dans le nouveau cabaret de la rue de Rennes La Rose Rouge où ils s’installent pour sept ans. Le 21 Octobre 1950 avec la compagnie d’Yves Robert, ils y créent sur scène une adaptation des Exercices de style de Raymond Queneau pour laquelle ils interprètent quatre chansons : Tactile, Ode, Onomatopées et Latin de cuisine sur des musiques de Pierre Philippe. Un document exceptionnel et inédit enregistré à La Rose Rouge a été sauvegardé grâce aux familles des Frères Jacques et édité chez Frémeaux et associés dans le coffret Les Frères Jacques – Les premiers récitals (FA 5289). Jacques Canetti produit en 1954, sous la réalisation d’Yves Robert, le disque Exercices de style de Raymond Queneau (33 tours 25 cm Philips 76.033) sur une musique, des arrangements et une direction d’orchestre de Pierre Philippe. Outre Les Frères Jacques, on y retrouve les comédiens Jacques Hilling, Edmond Tamiz, Jean-Marie Amato et Guy Pierrauld. Boris Vian signe le texte manuscrit au dos du disque :
Il a fallu que Raymond Queneau se mette à faire des gammes pour que le public arrive à comprendre sa musique. C’est comme ça, les grands compositeurs. Leurs œuvres définitives, on ne les apprécie pas tout de suite et ça prouve justement qu’ils sont un peu trop loin devant. Ainsi, le livre le plus populaire de Queneau, c’est son livre de gammes. Ça ne lui a pas déplu ; mais ça l’a surpris surtout lorsqu’il a vu Yves Robert s’emparer de la chose et la mettre en scène. Et de quoi s’agit-il ? D’un fait pas même divers ; moins encore ; des plus absurdes, repéré dans la rue qui sert de prétexte à…heu… à des exercices de style, en somme. C’est un choix des jeux queneautique, les plus succulents que présente ici Yves Robert ; et l’animation réalisée avec le concours de ses compagnons habituels, des Frères Jacques et du compositeur Pierre Philippe, lui-même styliste incisif, révèle à l’auditeur un monde grouillant de protées au long de col et de boutons corozoaires, pris dans la masse pour les 99 facettes oculaires d’une abeille binoclarde nommée Queneau, du temps qu’elle butinait dans l’autobusson - non l’autobus S. Parfaite réussite du cabaret d’avant-garde ou d’après-guerre (c’est l’avant-garde de la suivante), que l’on est heureux de voir ressuscité par ses créateurs - merci Monsieur Canetti. -
Boris Vian

Raymond Queneau a sans doute participé au décloisonnement des disciplines, artistiques ou non, mêlant la poésie aux arts plastiques et aux mathématiques par exemple ; Son approche des mots est une façon de dédramatiser la connaissance et la culture en y apportant des aspects aussi bien ludiques que scientifiques. A travers ses textes, Raymond Queneau adresse un pied de nez au monde de la littérature et de la poésie en se moquant de l’académisme qui y est instauré par la notion d’art poétique. Cette notion développée depuis le moyen-age, au delà d’imposer des règles d’écriture, impose également à la poésie des règles sociales, des règles de bienséance. Raymond Queneau se moque de ces doctrines dans le poème Pour un art poétique en énumérant la recette d’écriture parfaite : faites chauffer à petit feu, au petit feu de la technique, versez la sauce énigmatique, saupoudrez de quelques étoiles, poivrez et mettez les voiles, Où voulez vous donc en venir ? A écrire Vraiment ? A écrire ? Denise Benoit est avant tout comédienne de théâtre mais évolue également dans le monde de la chanson où elle est perçue comme fantaisiste. Elle a déjà enregistré un 78 tours des compositions de Joseph Kosma sur des textes de Jacques Prévert et se produit régulièrement dans les cabarets l’Écluse ainsi que Chez Gilles. Le texte de L’art poétique (45 tours EP Ducretet-Thomson 460V050) enregistré par Denise Benoît en 1955 se moque tout autant de la posture du poète avec comme manifeste : A la postérité j’y dis merde et re-merde… Son interprétation théâtrale et décalée sied parfaitement à l’ironie de l’écriture de Raymond Queneau.
Un autre groupe masculin tente à l’époque de se démarquer des Frères Jacques, ce sont Les Garçons de la rue, qui outre le fait d’être frères, dégageaient un esprit plus libre et plus gouailleur. Longtemps habitués des premières parties de Duke Ellington, Juliette Gréco et Jacques Trenet., ils ont a leur répertoire des chansons de Boris Vian et Jacques Prévert et enregistrent Saint Ouen’s blues extrait de L’instant fatal pour leur premier disque (45 tours EP RCA 75.016), mis en musique par leur arrangeur Pierre Arimi
Le comédien Jacques Fabbri, fervent admirateur de jazz, décide en 1957 d’enregistrer un disque comme chanteur Jacques Fabbri chante Raymond Queneau (45 tours EP Vogue EPL7340) et fait appel pour les musiques à Gérard Calvi sur Maigrir, Pauvre type et Le repas ridicule et à André Popp pour La pendule.
Texte de Raymond Queneau au dos du disque 45 tours Jacques Fabbri chante Raymond Queneau : C’est chez André Breton que j’appris à aimer Dranem. Breton régalait ses visiteurs d’un festival de disques de cet illustre représentant du caf’ conc’, à cette époque d’ailleurs (celle de Monte là-dessus) considéré comme un peu démonétisé. Mais nous n’avons plus de préjugés en ce moment que contre les années 1925. Aussi est-ce un bien grand compliment que je fais à Jacques Fabbri de retrouver et de rénover un style, celui-même que j’ai essayé d’imiter dans La pendule et Maigrir, aidé en cela par les musiques d’André Popp et Gérard Calvi (respectivement). Quant au Repas ridicule, c’est de Boileau évidemment que je me suis inspiré – Boileau, gai compagnon bien méconnu des poètes contemporains. Mais Jacques Fabbri, qui s’y connaît en classiques interprète la version de Gérard Calvi d’une façon tout-à-fait – classique. - Raymond Queneau
Jacques Fabbri, véritable amoureux des mots, enregistrera en 1962 un second disque, cette fois-ci de diction, consacré à Raymond Queneau : Jacques Fabbri dit Raymond Queneau (45 tours EP Vogue EPL7340) avec les textes de : L’herbe, Chêne et chien, Averse, Tous les droits, Le bon usage, Maigrir, Vieillir, Les joueurs de Manille, St-Ouen’s blues, Je crains pas ça tellement et Bon dieu d’bon dieu.
En Janvier 1959, les éditions Gallimard publient Zazie dans le métro : le livre est un succès — que l’écrivain définit ainsi dans son journal : Un choc qu’il m’a été difficile de supporter. […] et voilà que la foule s’écrie j’ai compris, même si c’est faux c’est impressionnant. Et puis l’argent que ça implique, difficile à digérer… Louis Malle s’attaque immédiatement à l’adaptation cinématographique qui devient également un énorme succès.
Queneau publie en 1961 Cent mille milliards de poèmes, premier essai de poésie libre-service. À l’aide de dix sonnets de 14 vers, découpés en bandes horizontales, chaque lecteur peut composer autant de sonnets différents qu’il le désire, sans aucune chance de rencontrer le même. Ce livre-objet fascinant, s’inspirant du calcul combinatoire, permet d’associer les vers à l’infini devient un des manifestes de l’Oulipo ; C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre). En 1962, La poète féministe habituée des grands auteurs Hélène Martin, signe sa propre musique pour sa version de Saint Ouen’s blues et enregistre Tant de sueur humaine sur une musique de Guy Béart (33 tours 25cm BAM LD391).
Avec dix-sept romans, treize recueils de poésie et nombre d’écrits inclassable, Raymond Queneau († 25.10.76) laisse une empreinte plus que singulière dans le monde de la littérature et permit de libérer la langue française en affranchissant l’écriture de ses pro-pres dogmes. Bien que Si tu t’imagines soit incontestablement la chanson la plus connue de Raymond Queneau, ce coffret nous permet aussi de comprendre son l’influence sur le monde de la chanson qui s’est approprié ses textes dans des interprétations quasi-théâtrales et dont il prenait un véritable plaisir à découvrir les créations.

Paul Braffort
Né le 5 décembre 1923 à Paris (XIV), Paul Braffort a été élève au Lycée Buffon de 1933 à 1941. Le 11 novembre 1940, il participe avec ses camarades de Mathématique Spéciale Préparatoire à la manifestation des étudiants et lycéens, place de l’Etoile. Avec Jacques Baudry, élève de Spéciale, et d’autres jeunes communistes et gaullistes, il participe ensuite à la diffusion de L’étudiant patriote pour le Front National des Lycéens. Mais il entre en Mathématique Spéciale au Lycée Saint-Louis, perdant alors le contact avec le groupe Baudry. Ayant échoué aux concours, il s’inscrit à la Sorbonne et obtient une licence ès Sciences (Mathématique) et une licence ès Lettres (Philosophie).
A la libération il adhère à l’Union de la Jeunesse Républicaine de France et devient responsable du groupe des étudiants en Science (Cercle Jacques Solomon), puis de l’ensemble des cercles étudiants de Paris et est élu membre du Comité national de l’UJRF. Après avoir projeté de soutenir une thèse sur le fondement des Mathématiques (sous la direction de Gaston Bachelard), mais n’ayant pu obtenir une Bourse du CNRS, il entre en mars 1949 au Commissariat à l’Energie Atomique comme bibliothécaire, pour concevoir une nouvelle Classification matières à l’usage du Service de la Documentation. Il est alors un militant très engagé, ce qui lui vaudra, en 1979, plusieurs convocations de la DST et même une (brève) garde à-vue.
En 1954, Maurice Surdin, chef du Département d’Electronique, le charge de créer et de diriger un Laboratoire de Calcul Analogique. Il est détaché à EURATOM, de 1959 à 1963, puis à l’ESTEC (European Space Technology Centre), de 1964 à 1971, dont il dirige les centres de calcul et la recherche en Intelligence Artificielle, alors à ses débuts. Avec Christophe Tzara et Maurice Spighel, en 1954, puis avec Maurice Surdin et Adolfo Taroni, en 1958, il a développé une théorie physique originale : l’électrodynamique stochastique, dans l’esprit de Paul Langevin et Max von Laue, théorie qui permettrait, si elle était poursuivie jusqu’à son terme, de résoudre certains problèmes fondamentaux de la Mécanique Quantique. Nommé professeur d’Informatique à l’Université de Paris XI (Orsay), de 1971 à 1976, il oriente ses recherches vers la Logique et la Linguistique. Il dirige ensuite une société de services informatiques (G.A.I), de 1977 à 1982 avant d’être nommé « Visiting Scholar » à l’Université de Chicago de 1988 à 1991, puis d’intervenir comme expert au Centre d’Informatique et Méthodologie en Architecture (CIMA) avec Jean Zeitoun. De 1992 à 1998, directeur de programme au Collège International de Philosophie, il anime de nombreux séminaires sous le titre général : Science, Art, Littérature : nœuds et faisceaux culturels et leurs déploiements, avec le concours de Daniel Arasse, François Bayle, Marie Farge, Josiane Joncquel, Isabelle Krzywkowski, Laurent Nottale, Louis Roquin, etc.
Ami de longue date de Raymond Queneau et de François Le Lionnais, il avait été élu membre de l’Oulipo le 13 mars 1961. Sa première contribution, présentée le 5 juin suivant, avait trait aux possibilités offertes par les machines à calculer électroniques et il met ses compétences informatiques au service des oulipiens, notamment Marcel Benabou, Italo Calvino et Jacques Roubaud. Avec ce dernier, en 1981, il fonde l’ALAMO (Atelier de Littérature Assistée par la Mathématique et les Ordinateurs) qui a organisé de nombreuses manifestations, au Centre Pompidou, à la Cité des Sciences de la Villette et à Toulouse où le Faust d’or pour le langage lui a été décerné.
Admirateur de Charles Trenet, il a composé près de deux cent chansons sur des poèmes de Raymond Queneau, Jacques Bens, Paul Eluard, Guillaume Apollinaire, etc., ainsi que la musique du film d’Henri Gruel La Joconde. En 1958, Pathé Marconi a produit un vinyle 25 cm : Des atomes et des hommes, après ses tours de chant aux Trois Baudets, à la Fontaine des Quatre Saisons, à la Comédie Caumartin et à l’Olympia. A la même époque, Agathe Mella, directrice de Paris Inter (ancêtre de France Inter) lui confie une émission quotidienne : Le pari de Paul Braffort, produite par Jacques Floran, qui sera diffusée pendant le mois de mars 1958 et accueillera de nombreux interprètes (Le Quatre Barbus, Caroline Cler, François Deguelt, Denise Benoit, etc.). Récemment, Françoise Maviel a retrouvé plusieurs de ces émissions dans les archives de l’INA Après un récital donné à Saint-Quentin en 1957, il retrouve en 2005 le pianiste et arrangeur Serge Dutfoy pour produire un coffret de 3 CD avec 82 chansons composées sur des poèmes de Raymond Queneau, d’Oulipiens et d’autres poètes. De 1978 à 2003, il a participé régulièrement au Panorama de France Culture animé par Jacques Duchateau, où il présentait les nouvelles parutions dans les domaines de vulgarisation scientifique et de philosophie, les romans policiers et de Science Fiction.
Il a également publié de nombreux articles scientifiques, techniques et littéraires, et plusieurs ouvrages : L’intelligence artificielle (Presses Universitaires de France, 1968), premier ouvrage publié (dans le monde) sur ce sujet, puis, dans la Bibliothèque oulipienne, les fascicules : n° 9 Mes hypertropes (1979), n° 18 Le désir (les désirs) dans l’ordre des amours (1982), n° 48 Les bibliothèques invisibles (1990), n° 54 Trente-quatre brazzles (1992), n° 86 Chu dans mer sale (1997), n° 119 Cinq lettres de créance (2002), n° 130 Les univers bibliothèques (2004), n° 214 Le voyage d’Yvert(2013) ainsi que Science et Littérature : les deux cultures, dialogues et controverses pour l’an 2000 (Diderot, 1998) et J & I les deux combinateurs et la totalité : soixante treize afables, trente-sept dessins (Plein chant, 2002).
Certains de ses textes ont été traduits en anglais, d’autres en italien. Il est le père de deux enfants tous deux musiciens. Sa fille, Annelies, Directeur de recherches au CNRS (au LIMSI à Orsay) est aussi percussionniste (batucada et steel drum) et son fils Tien est accordeur de pianos.


Des atomes et des hommes de Paul Braffort :
Texte de François Billetdoux au dos du 33 tours 25cm Des atomes et des hommes de Paul Braffort :
On a beaucoup parlé, ces temps-ci, de Paul Braffort, ingénieur atomiste et compositeur de chansons. On s’est étonné de cette rencontre de deux activités en apparence contradictoires. Ce disque apportera, je crois, un argument à ceux qui, comme moi, n’y voient au lieu de contradiction que logique et harmonie (c’est le cas de le dire).
Bien sûr, Le petit atome pourrait être un chapitre de la physique des solides, mais n’est-ce pas plutôt, sous un masque moléculaire, une mélancolique histoire d’amour dans notre monde troublé ?
Le blues de la banlieue sud est un voyage sentimental, lui aussi… mais c’est dans la banlieue sud – ne l’oublions pas – que s’étendent les grands laboratoires atomiques de notre pays.
La java de l’adultère, sous des dehors allègres – et même grivois – est une longue plainte qui qui appellerait de nombreux commentaires, et le cri final : Moi seul je pratique les mathématiques est-il un appel… ou une mise en garde ?
A Pourquoi faut-il ?, valse attendrissante, avec le contre-chant d’un accordéon nostalgique, succède enfin, sur la première face, cet aveu : Rien ne remplacera l’amour, où fusées, machines et progrès sont justement remis à leur place, à l’ombre du cœur.
Et Léonard de Vinci ? Me direz-vous, lui qui fut à la fois musicien, peintre et mathématicien, qu’en aurait-il pensé ? Nul ne sait ; mais Paul Braffort, lui, se fait pour vous l’interprète, ô combien inattendu, de La Joconde !
L’homme à l’œillet blanc est une chanson tragique, Je ne peux m’imaginer n’est que mélancolique, mais toutes deux reflètent bien les angoisses de notre temps.
Le strip-tease du petit Monsieur est typiquement jazz, et nous révèle chez Paul Braffort un nouvel aspect : un sens étonnant du rythme et des savantes harmonies.
Enfin La grande chanson, calme et grave, complète cet ensemble et divers et pourtant bien homogène. Pour ma part, Le blues de la banlieue sud est ma chanson préférée et vous ?
François Billetdoux

Petite glose pour Des atomes et des hommes par Paul Braffort :
Prélude
Ce 33 tours fut édité par Pathé-Marconi en 1958. Serge Beucler était mon directeur artistique. Il était aussi celui de la débutante Barbara (et d’un professeur de Yoga) et, très vite, il me négligea… A cette époque, je passais en première partie du tour de chant des Frères Jacques à la Fontaine des quatre saisons (avec Lucette Raillat et les débutants Jean Yanne et Pierre Perret). Les musiciens qui m’accompagnaient appartenaient à l’orchestre de ce cabaret, nominalement dirigé par le batteur Roger Paraboschi (en fait par le pianiste Paul Motta qui réécrivit mes arrangements). Marcel Azzola à l’accordéon et Michel Hausser au vibraphone se joignirent à eux. Il y eut deux séances d’enregistrement dans un studio, aujourd’hui disparu, de la rue Jeanne d’Arc. Dans le studio voisin Danielle Darrieux enregistrait au même moment Mais moi je m’ennuie, Ça me regarde, Ma petite chanson, Toi, moi, Le soleil et l’amour, L’étang et Le temps d’aimer. Je n’eus pas la chance de la rencontrer.
Des atomes et des hommes - 33 tours 25cm Columbia FS 1076 - 1958
Le petit atome :
J’ai composé cette chanson alors que j’étais ingénieur au Commissariat à l’Énergie Atomique. La crainte d’une guerre nucléaire était encore très vive à l’époque. Un de mes amis, spécialiste de la Physique des cristaux, m’apporta l’adjectif interstitiel. Ici Paul Motta a abandonné le piano pour le célesta (qui apparait aussi, d’ailleurs, dans la très belle version enregistrée par Les Quatre Barbus (33 tours 25 cm Philips B76432 R) dans une orchestration de Jacques Tritsch).
Blues de la Banlieue Sud :
Celle que j’aime habitait alors à Fontenay-aux-Roses, chemin des Paradis (aujourd’hui disparu, on s’en doute), et il n’y a plus de fête à Denfert (nostalgie…). Curieusement, cette chanson, quand je l’interprétais à la Comédie Caumartin, remportait un vrai succès comique car l’évocation de noms de stations de Métro, qui serait banale aujourd’hui, semblait à l’époque saugrenue. Dans l’orchestre, Benny Vasseur et Jean-Claude Verstraete font ici merveille au trombone et à la trompette.
La java de l’adultère :
Comme c’est le cas pour de nombreuses chansons de Francis Blanche, cette java a été écrite pour la “chute” qu’elle amène. Plus que l’adultère, c’est la Mathématique qui y est dénoncée comme le vice suprême. La chanson est donc dédiée à mes amis mathé-maticiens (qui n’étaient d’ailleurs pas spécialement portés sur l’adultère) : Marcel-Paul Schützenberger, Jean-Pierre Kahane et Michel Demazure. Ici, Marcel Azzola et Jean-Claude Verstraete se déchaînent.
Pourquoi faut-il ? :
Le refrain de cette chanson reprend, presque mot pour mot, la septième phrase du sixième paragraphe de la neuvième strophe du premier des Chants de Maldoror de Lautréamont, l’un de mes livres de chevet, phrase que voici :
Qui comprendra pourquoi deux amants qui s’idolâtraient la veille, pour un mot mal interprété, s’écartent, l’un vers l’orient, l’autre vers l’occident, avec les aiguillons de la haine, de la vengeance, de l’amour et du remords, et ne se revoient plus, chacun drapé dans sa fierté solitaire?
Le contre-chant de Marcel Azzola, qui m’accompagne, totalement improvisé, est superbe.
Rien ne remplacera l’amour :
Cette chanson témoigne de mon goût pour la Science-Fiction qui commença avec Ray Bradbury et Richard Matheson, pour atteindre son acmé avec Kurt Vonnegut. Mais la Science, aujourd’hui, n’a-t-elle pas souvent l’allure d’une fiction (trous noirs, matière noire, etc.) ? Mais ici, le vibraphone de Michel Hausser « swingue » terriblement comme tout l’orchestre de Paul Motta, d’ailleurs.
Menuet pour la Joconde :
Mon ami Jean Margat, hydrogéologue réputé, est encore plus célèbre pour son impressionnante collection de Jocondes trafiquées, évidemment inspirées par Marcel Duchamp. Il a récemment fait don de cette collection au Louvre. Le Menuet que j’ai composé pour lui, au début des années cinquante, est de loin la plus connue de mes chansons. Elle a été interprétée aussi par Cora Vaucaire, Barbara, Philippe Meyer, Juliette et Annelies Braffort.
L’homme à l’œillet blanc :
Ce n’est que tout récemment que j’ai réalisé ma curieuse confusion chromatique. Car cette chanson a été écrite à la mémoire de Nikos Beloyannis, militant communiste grec, héros de la résistance pendant l’occupation allemande, fusillé, en 1952, avec d’autres patriotes accusés d’être des espions soviétiques. Pendant son procès, il portait un œillet…rouge, comme le montre le portrait que dessina Picasso à l’époque et que L’Humanité publia.
Je ne peux pas m’imaginer :
C’est la chanson de la jalousie, maladie mentale sexuellement transmissible dont je fus douloureusement atteint et jamais complètement guéri. Je n’accomplis pas, cependant, le projet d’assassinat que les paroles mentionnent. Comme le demandait Jacques Brel : Comment tuer l’amant de sa femme…, etc.
Le strip-tease du petit monsieur :
C’est un fait : je ne suis pas très grand (1m, 66). Mais la petite taille ne nuit pas toujours au grand amour, m’a-t-on dit, sans compter la grandeur de l’âme… et celle des illusions. Comme dans la précédente chanson, Michel Hausser improvise ici un très bel accompagnement.
Apostille à la petite glose :
Comme il n’était pas satisfait du Blues de la Banlieue sud, Serge Beucler voulut qu’on en refasse une prise. Et lorsque Pathé-Marconi édita un 45 tours quatre chansons (45 tours EP Columbia ERSF 1158M – 1958) du 33 tours dont Le Blues…, c’est cette deuxième version qui fut choisie. Je conviens que le duo Jean-Claude Verstraete-Benny Vasseur y est encore meilleur que dans la première version.
La pochette du 33 tours comportait une brève présentation signée François Billetdoux. François était un poète et un romancier de talent (il faut lire son Royal Garden Blues), mais aussi un auteur dramatique à succès (Va donc chez Thorpe) et un homme de radio. Je l’avais connu au Club d’Essai de la Radiodiffusion Nationale, dirigé par le poète Jean Tardieu. Il y animait une émission à laquelle je participai avec Jean Suyeux… et les Quatre Barbus.
Glose complémentaire :
La polka des tortues* :
Cette polka est l’une des chansons illustrant un “petit opéra” écrit par le juge Jean Suyeux (qui signait Ozéus Pottar) et le mathématicien Marcel-Paul Schützenberger, Les petites vacances. Elle fut enregistrée au Club d’Essai avec Boris et Michelle Vian et France Olivia, la pianiste de l’Écluse. Sa diffusion souleva les véhémentes protestations de nombreux auditeurs.
Sirène et scaphandrier :
Les belles paroles de cette chanson sont de Jean Suyeux, l’orchestration de Jacques Tritsch. (Les quatre barbus (45 tours EP Philips 432.034 NE))
La complainte du gramophone :
Cette complainte, interprétée par Caroline Cler (45 tours EP Véga V45P1861) qui est accompagnée par le merveilleux Philippe-Gérard, est caractéristique du genre morbide que j’avais adopté alors.
Rue des Morillons :
J’ai si souvent retrouvé là un portefeuille que je ne cessais de perdre qu’une chanson s’imposait. Son interprétation par François Deguelt figure sur son premier album (33 tours 25cm Columbia FS 1052) qui obtint, en 1956 , le prix de l’Académie Charles Cros. L’arrangement est de France Olivia.





*La Polka des tortues aura finalement connu presque autant d’enregistrements que le Menuet pour la Joconde et que Le petit atome car après l’avoir interprété sur la scène de l’Alhambra en première partie de Mouloudji en 1953, ce dernier l’interprète à son tour l’année suivante ainsi que Catherine Sauvage mais leurs enregistrements resterons inédits sur disques à ce jour. C’est finalement Les Quatre barbus qui graverons le titre sur disque (45 tours EP Philips 432.086) en 1956.
L’Oulipo

L’Oulipo est un groupe international de langue française, anglaise, allemande et italienne composé de 37 membres en 50 ans d’existence. Un groupe de ce que l’on pourrait appeler des poètes scientifiques qui se sont donné pour tache d’explorer les potentialités du langage ; c’est à dire de fournir à la littérature des structures, des règles, des formes, des contraintes… bref des modes d’emploi. Les exemples les plus significatifs en sont notamment La disparition de Georges Perec qui s’est donné pour contrainte d’écrire un roman sans employer la lettre e, ou encore Les exercices de style de Raymond Queneau en réécrivant la même histoire de 99 manières différentes ou bien encore comme Marcel Benabou : expliquer pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres.
Au commencement, il y a Raymond Queneau, poète curieux de mathématiques qui fréquente d’abord un temps les surréalistes avant de s’en éloigner. C’est en écrivant Zazie dans le métro qu’il devient un écrivain populaire notamment grâce à l’adaptation cinématographique qu’en fait Louis Malle en 1960. Son poème le plus connu est Si tu t’imagines chanté par Juliette Gréco qui mêle un parlé populaire et un forme sophistiquée. En 1960, Raymond Queneau demande à François Le Lionnais de postfacer ses Cent mille milliards de poèmes. C’est à cette époque qu’il propose à Raymond Queneau de créer un atelier ou un séminaire de littérature expérimentale abordant de manière scientifique ce que n’avaient fait que pressentir les troubadours, les rhétoriqueurs, Raymond Roussel, les formalistes russes et quelques autres. En Septembre 1960, à la décade du foyer culturel international de Cerisy-la-salle dans la Manche, un colloque consacré à Raymond Queneau est organisé pour une nouvelle défense et illustration de la langue française. On y parle non seulement de littérature mais également de mathématiques. Un petit noyau d’enthousiastes réuni autour de Queneau décide de ne pas s’en tenir là et développe l’idée de revigorer la littérature. Ce petit groupe se réunit une nouvelle fois en Novembre 1960 dans le cadre d’un séminaire de littérature expérimentale. Pour cette première rencontre, le groupe qui porte le nom de selitex est composé de : Jean Queval, Raymond Queneau, Albert-Marie Schmidt, Jean Lescure, François Le Lionnais, Jacques Duchateau, Claude Berge et Jacques Bens. Sur la proposition d’Albert-Marie Schmidt, ils adoptent dès la deuxième rencontre le nom d’Ouvroir de la littérature potentielle : Oulipo.
Le mot Ouvroir vient des grands rhétoriqueurs, poètes de la fin du 15éme siècle qui s’intéressaient aux jeux du langage et qui se réunissaient dans des lieux clos. L’Oulipo est également une société secrète et ses membres élus ont le devoir de garder sous silence les délibérations.
François Le Lionnais en est l’autre grand initiateur ; ingénieur chimiste de formation, il partage avec son ami Raymond Queneau un goût des mathématiques et des arts et une volonté de transmission des savoirs ce qui ne les empêche de cultiver l’absurde et le loufoque au sein du nébuleux Collège de ‘Pataphysique ; On trouve alors des exercices de littérature potentielle dans Les cahiers du Collège de ‘Pataphysique. François Le Lionnais, président fondateur, mathématicien et grand spécialiste du jeu d’échecs a également été résistant sous l’occupation et déporté en 1944. Il entretient le disparate, des sciences exactes à la prestidigitation ou encore la para littérature.
L’Oulipo, de par son approche du potentiel implique une notion du virtuel, d’où l’idée de rapprochement avec la science. Cette idée de potentialité comporte une notion positive d’espoir parce qu’infinie. Le fait que certains membres écrivent également des romans est secondaire, ce n’est pas un groupe qui recherche de grands écrivains mais des manières de faire et combat l’académisme dans son sens péjoratif du terme. Les Oulipiens s’imposent des contraintes et des modes d’emploi pour mieux en sortir après les avoir surpassés. L’Oulipo reste longtemps un groupe relativement confidentiel qui n’a d’écho qu’auprès des initiés Ce n’est qu’à partir d’Octobre 1965 que l’on parle de l’Oulipo à la télévision dans le cadre d’une interview de Georges Perec au sujet de son roman Les choses et ce n’est qu’en 2010 que la chaîne franco-allemande ARTE consacrera un reportage d’une heure au sujet : Oulipo mode d’emploi réalisé par Jean-Claude Guidicelli (disponible en DVD et VOD).
L’oulipo compte à ce jour 35 membres dont 13 sont excusés pour cause de décès. Les plus actifs sont des participants réguliers aux « Jeudis de l’Oulipo » qui réunissaient à l’amphithéâtre de Jussieu, neuf fois par an un public enthousiaste. Les lectures se sont ensuite faites au Forum des images des Halles et depuis le mois d’octobre 2005, à la Très Grande Bibliothèque François Mitterand. Une exposition s’est tenue à la BNF du 18 novembre 2014 au 15 février 2015 à la Bibliothèque de l’Arsenal.
D’autres ouvroirs ont vu le jour, dans le sillage de l’Oulipo : Oupeinpo, Ou vroir de pein ture po tentielle ; Oulipopo, Ou vroir de li ttérature po licière po tentielle ; Outrapo, Ou vroir de tra gi-comédie po tentielle…
Les méthodes informatiques et de renseignements ont permis de démultiplier ce concept et l’on pourrait aujourd’hui faire un parallèle avec les technologies modernes de communication, le journalisme, les échanges physiques ou virtuels ou bien encore la politique…
Olivier Julien
Sources : BNF, Paul Braffort, INA, Wikipedia



© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2015

Ce coffret n’aurait pu être réalisé sans la passion et la contribution de Dominique de Ribbentrop, merci à lui pour tout.
Pour sa disponibilité et sa complicité, merci à Paul Braffort.
Pour leur aide, Paul Braffort remercie Camille Bloomfield (BNF), Annelies Braffort, Francois Ferrer (INA), Claire Lesage (BNF), Francoise Manviel (INA).
Merci à Robin Rigault (revue Vinyl).
Pour leur soutien et leur complicité, merci à Laurent Balandras, Sarah Cluzel, Cedric Fievez, Stéphane Giraud, Cedric Mavon, Annabelle Mouloudji, Martin Pénet et Annick de Ribbentrop.
Pour sa patience et son professionnalisme, merci à Christophe Hénault du studio Art et Son.
Pour Guillaume Pommereau, whoever you are.
A la mémoire de gérard Calvi.
Direction artistique : Olivier Julien, texte livret : Olivier Julien avec la participation de Paul Braffort. Collections : Paul Braffort, Dominique de Ribbentrop et Olivier Julien.



Raymond Queneau et Paul Braffort, Chansons d’avant l’Oulipo
BY OLIVIER JULIEN



Raymond Queneau

“I lived in Le Havre with my parents. A harbour is always a wonderful place; in wartime it’s a spectacular.” Raymond Queneau received his musical education there, but scarcely enjoyed it: “Playing scales on the piano for ten years, I didn’t like that at all; nor did my teacher probably, because he committed suicide, ending his life and my music studies at the same time. That suited me fine; I wasn’t particularly talented and I dropped music.”
His first encounter with music was a failure but his gifts as a writer would bring him back to it, first when his poems were set to music, and then through commissions for the ballets of Roland Petit or the film Gervaise. Where songs and poems have a structure, and generally a story with a beginning and end, happy or unhappy, Raymond Queneau gave a twist to that form in using a narrative sidestep. He challenged academic habits and propriety in the same way as he did in the world of literature.

Raymond Queneau was born on February 21st 1903 in Le Havre. His father had been an accountant in the colonies before leaving the army, opening a haberdashery & fashion shop with his wife. An only child and a good pupil, Raymond wrote many poems at an early age; he passed his Baccalaureate exam (Latin, Greek, Philosophy) in 1920, and when the family moved to Paris he continued his studies at the Sorbonne, first reading philosophy and later literature and science. He joined the Surrealists in 1924. He carried out his two years of military service in Algeria and Morocco, and on returning to Paris he married Janine Kahn, who was André Breton’s sister-in-law. Queneau would leave the Surrealists in 1930 after falling out with them. He took a job in a bank, started seeing a psychoanalyst, and launched himself into a literary career with the writing of his first novel, Le Chiendent (Gallimard 1933). It was awarded the Deux Magots prize. In 1936 he settled in Neuilly and began publishing one book after another, writing novels, poetry and essays while starting to work as a translator of English-language works. His first poetry collection, Chêne et chien, appeared in 1937. The following year he joined the reading committee of Éditions Gallimard, reading works in English for that publisher, and became the firm’s general secretary in 1941; Gallimard would later make him the publishing manager responsible for the Encyclopédie de la Pléiade (1954). Quenaud published a second collection of poems in 1943, Les Ziaux, and regularly met with such figures as Camus, Picasso, Jean Lescure, Tardieu and Desnos. François Le Lionnais shared Raymond’s passion for literature and mathematics, and together they later founded the Oulipo movement. During wartime Raymond was a member of the National Writers’ Committee, an offshoot of the Resistance, and when the Liberation came he became a frequent sight in Saint-Germain-des-Prés: thanks to his friend Boris Vian, Queneau developed a passion for jazz. He also began painting gouaches and exhibited his canvases. In 1947 he published Exercices de style, which told the same story 99 times, but each time in a different style. Those Exercices, precursors of the Oulipo, are available today as translations in more than thirty languages. One can observe that, contrary to Surrealism, which favoured chance, Queneau preferred to choose constraints that were to be overcome. The following year, with L’Instant fatal, Raymond Queneau revealed his freedom of invention to the full in constructing prosody where he upset the traditional rules for writing poetry: he introduced the vocabulary of spoken language, cheeky humour and familiarity. A number of these poems were set to music.
Queneau’s writing can often be read at several levels. Alongside a naïve, rather funny interpretation there is room for a more educated understanding of the text, which gives it meaning even if it seems that the text has none. His writing can be read symbolically also, through its manifestations of great imaginary figures.

Juliette Greco becomes a singer, and so Raymond Queneau becomes a lyricist
Post-war, Juliette Greco was one of the great personalities of Saint-Germain-des-Prés where, accompanied by her sister, she was part of a circle which included philosopher Merleau-Ponty (who taught her how to dance), writers Jean-Paul Sartre and Simone de Beauvoir, and all the great names whose haunts were in that quartier of Paris, among them Queneau and Vian. Juliette Greco was a nocturnal creature with dreams of becoming an actress. She was soon involved in all kinds of artistic activity and her voice became a familiar one in the radio show called Le club d’essai de la radiodiffusion française produced by poet Jean Tardieu. For two years she recorded poems for the programme Le ton poétique and began to earn her living from her new vocation, notably thanks to the adaptation of the “Thibault” works by Roger Martin du Gard, or her recording of “La porte étroite” after André Gide. When the owners of the famous nightclub Le bœuf sur le toit hired Marc Doelniz to run the club, the latter offered Greco the chance to become a singer there, but she refused. After dinner one night, Jean Paul Sartre said, “If she wants to sing, let her sing,” and Juliette replied, “I can’t sing and I don’t like the songs you hear on the radio.” The next day, Sartre summoned her to choose some songs, putting together a selection of pieces by Paul Claudel, Tristan Corbière, Raymond Queneau and Jules Laforgue. They made another appointment for the day after, and Greco chose two poems, Notre petite compagne by Jules Laforgue (which became L’éternel féminin) and C’est bien connu, which was taken from Queneau’s L’instant fatal and became Si tu t’imagines. Aged only twenty-two, Greco had decided on two ferocious moral lessons expressed with irony and humour. When she fell for Jacques Prévert’s Les feuilles mortes, she contacted composer Joseph Kosma, who agreed to write music for it. She would record her first 78rpm disc (with three titles, a rarity for the time) for Pathé Marconi, who gave in to pressure from Enoch, the publishers who represented Joseph Kosma’s songs. The recording took place on June 30th 1950 with an orchestra led by Pierre Alimi; the record was a success with the critics only (sales were discreet): for the public, there was quite an uncomfortable gap between her image (“the lady in black”) and the dry humour of the songs… but Si tu t’imagines seduced other artists and Les Frères Jacques quickly added it to their repertoire that same year (and their discography as a Polydor 78rpm disc with the number 560 263), as did Mouloudji, who recorded it the following year (Le chant du monde, N° 1593). Raymond Queneau published his Petite cosmogonie portative which told of the genesis of our planet, and the same year saw Bâtons, chiffres et lettres. He then entered the “Collège de ‘Pataphysique” as a “satrape”. In 1951 he became a member of the Goncourt Academy. As for Greco, she would only reach popularity the following year with Je hais les dimanches, but she still sang Si tu t’imagines onstage. It was the first recording that gave a glimpse of her full potential, but it still revealed a certain lack of assurance and she chose to record another version of it in 1959, this time with the orchestra of Michel Legrand (10” LP Philips, B76479R). And that record became a French song classic.
Beginning in 1955, Raymond Queneau also began working regularly in films. He wrote the dialogues for La Mort en ce jardin (Luis Buñuel, 1955) and Un couple (Jean-Pierre Mocky, 1960), the French adaptations of La Strada (Federico Fellini, 1955), Sourires d’une nuit d’été (Ingmar Bergman) and Amère victoire (Nicholas Ray, 1957), also writing the commentary for Le Chant du Styrène (Alain Resnais, 1957-1958) and adapting into French the dialogue for Certains l’aiment chaud [Some like it hot] directed by Billy Wilder in 1959.
In 1956, René Clément filmed Gervaise, adapted from Emile Zola’s L’Assommoir novel in his “Rougon-
Macquart” cycle, and it starred Maria Schell, François Périer, Armand Mestral and Suzy Delair. Raymond Queneau wrote La chanson de Gervaise which Maria Schell sings in the banquet-scene of the film, accompanied by Ray Ventura and his orchestra (45rpm EP Versailles 90M133), and it was simultaneously recorded by the film’s other actress Suzy Delair (45rpm EP Vega V45P1748) accompanied by Jo Moutet, and then by Greco (45rpm EP Fontana 460.520) with Michel Legrand; singers Marjane and André Claveau would also record their own versions. In 1957 Juliette Greco recorded a new title by Queneau, Complainte, another song from his L’instant fatal anthology, but this time set to music by Guy Béart. The song, a veritable ode to cretins from Queneau’s pen, has a corrosive text and Greco’s career was launched: she appeared at the Bobino theatre in 1961 and her audience included most of her writers (Brel, Brassens, Kosma, Béart…) and others from the literary world, among them Queneau, Mauriac and Nabokov… At around this time the TNP theatre was presenting Loin de Rueil, a musical written by Maurice Jarre and Roger Pillaudin, and staged by Jean Vilar. It was based on the eponymous novel by Queneau, and Juliette Greco recorded the song On enterre les chiens which could be heard the musical’s performances over a choreography by Dirk Sanders. Today Greco still recognizes, “I’d never have dreamed of being a singer. It wasn’t something I’d thought about or worked at, not at all. I did think of acting, in tragedies. First I thought of becoming a classical dancer, and then an actress; songs came along by the greatest of coincidences.”

Renée (Zizi) Jeanmaire and Roland Petit
In 1950, the choreographer Roland Petit, comforted by the worldwide success of his Carmen adaptation, was working on a new project entitled La croqueuse de diamants and contacted Raymond Queneau (it was premiered at the Marigny theatre on September 21st that year). For Queneau the project was an opportunity for him to visit the USA for the first time, and America left a great impression on him, not only for its theatres and the plays he saw in New York, but also because it was his first visit to a strip-club, thanks to Roland Petit. In the daytime, however, he worked, and he wrote some fifteen songs, only four of which were retained: La croqueuse de diamants, La rue Montorgueil, La banquette and lastly Faut choisir la marchandise. Renée Jeanmaire (not yet known as “Zizi”) was a member of the Ballets de Paris Roland Petit at the time and she was learning to sing so that she could audition for the musical; she passed, and so Renée Jeanmaire sang the main song La croqueuse de diamants, and also recorded it for her very first disc (78rpm 10” Odéon 282 289 Medium) with a very rare song sung by Roland Petit on the B-side, La Rue Montorgueil. Thanks to this record, Renée was awarded a “Grand Prix du Disque” which made it somewhat easier for her to enter the world of French song under the name Zizi Jeanmaire.
In 1956, Roland Petit asked Raymond Queneau to write songs for him again, this time three songs for the extravaganza Le vélo magique premiered at the Théâtre de Paris on September 26th. The only one recorded was Moi si je le voulais je le pourrais (45rpm EP Philips 432207BE), a disc by Zizi Jeanmaire with music by Roland Petit and arrangements by Michel Legrand. The next year she recorded one of the songs discarded from La croqueuse de diamants: Je te tuerai d’amour (45rpm EP Philips 432.734 NE) accompanied by Jean-Michel Defaye; as for the music, the association was astonishing, as it was composed by Johnny Hallyday!

Les Frères Jacques

By 1948 the Frères Jacques had a solid reputation and they were among the first artists to appear in the new cabaret La Rose Rouge on the rue de Rennes, where they remained on the bill for seven years. On October 21st 1950, they and Yves Robert’s troupe premiered a stage-adaptation of Queneau’s Exercices de style in which they sang Tactile, Ode, Onomatopées and Latin de cuisine set to music by Pierre Philippe. An exceptional and previously unreleased recording made at La Rose Rouge has been preserved thanks to the artists’ families of the Frères Jacques, and it appears in the Frémeaux boxed set Les Frères Jacques – Les premiers récitals (FA 5289). In 1954, together with Yves Robert, Jacques Canetti produced the Philips record Exercices de style de Raymond Queneau (33rom 10” Philips 76.033) with music, arrangements and conducting by Pierre Philippe; appearing on the record in addition to the Frères Jacques were actors Jacques Hilling, Edmond Tamiz, Jean-Marie Amato and Guy Pierrauld. The rear sleeve of the record carried a handwritten text from Boris Vian who wrote: “Raymond Queneau had to start playing scales before audiences could understand his music. That’s the way it is with the great composers. Their definitive works can’t be appreciated straight away, and it only goes to prove that they’re a little too far ahead of us. So Queneau’s most popular book is his book of scales. It didn’t displease him; but it did surprise him, especially when he saw Yves Robert take hold of the thing and stage it. And what is it all about? A triviality that’s not even trivial; even less than that; one of the most absurd things, spotted in the street and serving as a pretext for, hmm, well, exercises in style, in a word. It’s a Queuneautic choice of word-games, the most succulent in fact, which Yves Robert has given us here; and the way they’re animated with the help of his usual companions, the Frères Jacques and the composer Pierre Philippe, something of an incisive stylist himself, reveals to listeners a world with newts crawling up your neck and corozoary buttons, taken en masse for the 99 ocular facets of a four-eyed bee called Queneau in the days when he was buzzy foraging in the bushes, no, the bus S. This is the perfect success of avant-garde or post-war cabaret (which is the avant-garde of the next one anyway) that we are so happy to see resuscitated by its creators. Thank you, Mr Canetti.”
Raymond Queneau no doubt played his part in decompartmentalizing the various disciplines, whe-ther artistic or not, because he mixed poetry with the plastic arts and mathematics, for example; his approach to words was a way of removing the drama from knowledge and culture by introducing aspects that were as playful as they were scientific. In his texts, Raymond Queneau thumbed his nose at the worlds of literature and poetry by poking fun at the academicism created in the latter by the notion poetic art. Beyond imposing rules on writing, that notion (developed since the Middle Ages) also imposed social rules and rules of propriety on poetry. Queneau mocked those doctrines in the poem Pour un art poétique when he gave the recipe for perfect writing: warm gently on a low heat of technique, pour enigmatic sauce over it, sprinkle with a few stars, add pepper and set the sails, What are you getting at? Writing ‘really’? Writing?” Denise Benoit was most of all a theatre-actress but she also made incursions into the world of song, where she was seen as a “variety artist”. She had already made a 78rpm record of compositions by Joseph Kosma around texts by Prévert, and was appearing regularly in cabarets like the Écluse or Chez Gilles. The text of L’art poétique (45rpm EP Ducretet-Thomson 460V050) recorded by Denise Benoît in 1955 pokes just as much fun at the position of the poet, and her manifesto was, “To posterity, I say shit and re-shit…” Her offbeat, theatrical performances perfectly suited the irony in Queneau.
Another male singing-group trying to avoid being in the shadows of the Frères Jacques at the time was Les Garçons de la rue who, apart from being brothers, showed they were freer in spirit, and their humour was cheekier. They’d long been used to opening for Duke Ellington or Juliette Greco, and they had songs by Vian and Prévert in their repertoire; their first record was Saint Ouen’s blues, taken from L’instant fatal (45rpm EP RCA 75.016), with music by their arranger Pierre Arimi.
Actor Jacques Fabbri, a fervent jazz fan, decided in 1957 to make a record as a singer ¾ Jacques Fabbri chante Raymond Queneau (45rpm EP Vogue EPL7340) ¾ and asked Gérard Calvi to write the music for Maigrir, Pauvre type and Le repas ridicule while André Popp did the music for La pendule. This is what Queneau had to say on the rear sleeve of that record: “It was at André Breton’s home that I learned to love Dranem. Breton used to treat his visitors to a festival of records by this illustrious caf’ conc’ artist who, by the way, was considered a little bit devalued. (Monte was another one). But the only prejudices we have now are against the mid-Twenties. And so it’s really a great compliment to Jacques Fabbri to go back and renovate a style, the very same style I’ve tried to copy in La pendule and Maigrir, helped by the music of André Popp and Gérard Calvi (respectively). As for the Repas ridicule, obviously it was Boileau who inspired me – Boileau, the cheerful and little-known companion of our contemporary poets. But Jacques Fabbri, who knows all there is to know about classics, performs the Gérard Calvi version in a way that’s completely – classic.”
Jacques Fabbri, who had a genuine love for words, would make a second record in 1962, this time a spoken-word disc devoted to Queneau: Jacques Fabbri dit Raymond Queneau (45rpm EP Vogue EPL7340). The texts were: L’herbe, Chêne et chien, Averse, Tous les droits, Le bon usage, Maigrir, Vieillir, Les joueurs de Manille, St-Ouen’s blues, Je crains pas ça tellement and Bon dieu d’bon dieu.
Gallimard published Zazie dans le métro in January 1959, and it was an immediate success ¾ in his diary, Queneau said of the reception his book was given, “The shock was difficult to bear […] and the crowd was shouting, ‘I understand!’ and even if it isn’t true it’s still impressive. And then there’s all the money that it implies, which is hard to take in…” Louis Malle at once got down to the task of adapting it into a film, which was also an enormous hit.
In 1961 Queneau published Cent mille milliards de poèmes, the first attempt at “self-service poetry.” With the help of ten sonnets of fourteen lines, cut into horizontal strips, readers could each compose as many different sonnets as they wanted without any chance of coming across the same one. This fascinating book-object inspired by combinatorics allowed associations of verses to infinity, and became one of the Oulipo manifestos: “In fact, it’s a sort of machine that manufactures poems, but limited in number; it’s true that this number, although limited, provides a source of enough reading to last nearly two hundred million years (reading twenty-four hours a day.)” In 1962, feminist poet Hélène Martin, who was familiar with great writers, wrote her own music for her version of Saint Ouen’s blues and recorded Tant de sueur humaine with music by Guy Béart (33rpm 10” BAM LD391).
With seventeen novels, thirteen collections of poetry and an incalculable number of other writings to his credit, Raymond Queneau (he died on October 25th 1976) left a quite extraordinary imprint on the world of literature and emancipated the French language by freeing writing from its own dogma. Although Si tu t’imagines is unarguably Raymond Queneau’s best-known musical piece, this set also helps us understand his influence on the world of song. And finally, you might note that when others appropriated his texts in quasi-theatrical performances, their creations gave Queneau enormous pleasure…


Paul Braffort
Born in the 14th arrondissement of Paris on December 5th 1923, Paul Braffort was a pupil at the Lycée Buffon between 1933 and 1941. On November 11th 1940 he and his comrades in the Special Mathematics Preparatory Class took part in high school and college students’ demonstrations at the Arc de Triomphe and later (with Jacques Baudry, also a Special Maths pupil, and other young Communists and Gaullists), he helped to distribute L’étudiant patriote for the Front National des Lycéens. When he went to study Special Mathematics at the Lycée Saint-Louis, however, he lost contact with Baudry and his group.
Having failed the entrance-exam, Braffort went to university at La Sorbonne, from which he graduated with twin degrees in science (Mathematics) and the arts (Philosophy).
After the Liberation he joined the Union de la Jeunesse Républicaine de France (UJRF), first taking charge of the science-students’ group known as the Cercle Jacques Solomon, and then all the students’ circles in Paris; he was elected a member of the UJRF National Committee. He planned to defend a thesis on the principles of mathematics (supervised by Gaston Bachelard) but, unable to secure a scholarship from the CNRS, in March 1949 he joined the French Atomic Energy Commissariat as a librarian to work on the conception of a new Classification des matières for the institution’s Documentation Service. He was by then a very active militant, which in 1979 resulted in several interviews with the DST, at one point being (briefly) detained for questioning.
In 1954, Maurice Surdin, head of the Electronics Department, entrusted him with creating and leading a Laboratoire de Calcul Analogique. He was seconded to EURATOM from 1959 to 1963 and then to ESTEC (the European Space Technology Centre) from 1964 to 1971, where he directed the Calculus and Artificial Intelligence Research Centres, then at their beginnings. In 1954, with Christophe Tzara and Maurice Spighel, and then from 1958 with Maurice Surdin and Adolfo Taroni, he developed the original Stochastic Electrodynamics theory of physics according to Paul Langevin and Max von Laue, which, if pursued to its conclusion, would allow the resolution of certain fundamental issues in Quantum Mechanics. Appointed to the Chair of Information Technology at Paris XI University (Orsay) from 1971 to 1976, he oriented his Department’s research towards Logic and Linguistics. He then managed an I.T. services-company (G.A.I) from 1977 à 1982 before being named Visiting Scholar at the University of Chicago (1988-1991), later contributing as an expert to the CIMA (Centre d’Informatique et Méthodologie en Architecture) with Jean Zeitoun. As Programme Director (1992-1998) at the Collège International de Philosophie, he conducted numerous seminars under the general title, Science, Art, Littérature: nœuds et faisceaux culturels et leurs déploiements, with the assistance of Daniel Arasse, François Bayle, Marie Farge, Josiane Joncquel, Isabelle Krzywkowski, Laurent Nottale, Louis Roquin, etc.

As a long-standing friend of Raymond Queneau and François Le Lionnais, Braffort had been elected member of the Oulipo on March 13th 1961. His first contribution presented on the 5th of the following June dealt with the possibilities which electronic calculators presented, and gave Oulipo the benefit of his knowledge of computers, assisting Marcel Benabou, Italo Calvino or Jacques Roubaud. With the latter, in 1981 Braffort founded the ALAMO (Atelier de Littérature Assistée par la Mathématique et les Ordinateurs), organising several demonstrations which took place in Paris, at the Centre Pompidou and the Cité des Sciences de la Villette, and in Toulouse where he was awarded the Faust d’or for language.

A great admirer of Charles Trenet, Braffort composed some two hundred songs based on poems by Queneau, Jacques Bens, Paul Eluard, Guillaume Apollinaire, etc., in addition to the music he composed for the Henri Gruel film La Joconde. In 1958, Pathé Marconi produced a 10” vinyl LP: Des atomes et des hommes, after his appearances at the Trois Baudets, the Fontaine des Quatre Saisons, the Comédie Caumartin and the Olympia. In that same period, Agathe Mella, the director of Paris Inter radio (today France Inter) entrusted him with a daily radio programme called Le pari de Paul Braffort, produced by Jacques Floran; during March 1958 it would welcome numerous artists — Les Quatre Barbus, Caroline Cler, François Deguelt, Denise Benoit, etc. — and several of these programmes were recently unearthed by Françoise Maviel in the INA archive. After a 1957 concert in Saint-Quentin, in 2005 he met up with pianist and arranger Serge Dutfoy again to produce a 3CD boxed-set with 82 songs composed around poems by Raymond Queneau, other poets and members of Oulipo. Between 1978 and 2003, Braffort appeared regularly on the Panorama programme presented by Jacques Duchateau on radio France Culture, presenting new publications aimed at the general public in the fields of science and philosophy, detective novels and science fiction.
Braffort has also published numerous articles on science, technology and literature, and several works including L’intelligence artificielle (Presses Universitaires de France, 1968), the first-ever publication (in the world) on that subject, and also: in the Bibliothèque oulipienne, the fascicules N° 9 Mes hypertropes (1979), N° 18 Le désir (les désirs) dans l’ordre des amours (1982), N° 48 Les bibliothèques invisibles (1990), N° 54 Trente-quatre brazzles (1992), N° 86 Chu dans mer sale (1997), N° 119 Cinq lettres de créance (2002), N° 130 Les univers bibliothèques (2004) and N° 214 Le voyage d’Yvert (2013); in Science et Littérature, “Les deux cultures, dialogues et controverses pour l’an 2000 (Diderot, 1998); and “J & I, les deux combinateurs et la totalité: soixante treize afables, trente-sept dessins” (Plein chant, 2002). Certain texts by Braffort have been translated into English, others into Italian.
Paul Braffort has two children, both of them musicians. His daughter Annelies, Research Director at CNRS (LIMSI, Orsay) is also a percussionist (batucada and steel drums), and his son Tien is a piano tuner.


Oulipo
The Oulipo is an international group (French-speaking, but also English, German & Italian) comprised of 37 members in its 50 years’ existence. It is a group composed of what one might call “scientific poets”, writers who set themselves the task of exploring the potential of language: in other words, of giving literature the structures, rules, forms, constraints… i.e. its manuals. The most meaningful examples of these are notably La disparition by Georges Perec, who gave himself the constraint of writing a whole novel without the use of the letter E; Raymond Queneau’s Les exercices de style, in which rewrote the same story in 99 different ways; or again, Marcel Benabou’s Explaining why I haven’t written any of my books.
In the beginning, there was Raymond Queneau, a poet with a curiosity for mathematics who first kept company with the Surrealists before moving away from them. It was when he was writing Zazie dans le métro that he became a popular writer, notably thanks to Louis Malle’s film-adaptation of the book in 1960. His best-known poem is Si tu t’imagines sung by Juliette Greco, a mixture of the popular vernacular and sophisticated form. Also in 1960, Raymond Queneau asked François Le Lionnais to write a post-face for his Cent mille milliards de poèmes, and it was in this period that the latter suggested to Queneau, ”the creation of an atelier or seminar on experimental literature to scientifically tackle what had been only a premonition among troubadours, rhetoricians, Raymond Roussel, the Russian formalists and a few others.” In September 1960, during a ten-day international culture event held in Cerisy-la-Salle in northern France, a symposium devoted to Queneau was organized “for a new defence and illustration of the French language.” Literature was not the only topic in the symposium; there was also mathematics. A small nucleus of enthusiasts gathered around Queneau decided to take things a step further and came up with the idea of invigorating literature. That small group met again in November in the context of a SEminar on LITerature that was EXperimental. So Selitex was the name given to the group for that new meeting, which involved Jean Queval, Raymond Queneau, Albert-Marie Schmidt, Jean Lescure, François Le Lionnais, Jacques Duchateau, Claude Berge and Jacques Bens. After a motion by Albert-Marie Schmidt, they adopted (at a second meeting) the name Oulipo, corresponding to “Ouvroir de la littérature potentielle” [literally, “convent workroom for potential literature.”] The word “ouvroir” came from the great rhétoriqueurs, rhetorician-poets at the end of the 15th century who were interested in wordplay and gathered behind closed doors. The Oulipo was also a secret society whose elected members had the duty to keep silence as to their deliberations.
François Le Lionnais was the other great initiator of the group. He had trained as a chemical engineer and shared Queneau’s taste for mathematics and the arts and his desire for the transmission of learning. That didn’t stop either of them from cultivating the absurd and the ridiculous in the bosom of the obscure Collège de ‘Pataphysique. Those were the days when exercises in potential literature were to be found in Les cahiers du Collège de ‘Pataphysique. François Le Lionnais, Founder-President, mathematician and great chess-specialist was also in the Resistance during the Occupation, and deported in 1944. He maintained the disparate, from exact sciences to prestidigitation or again “para-literature.”
The Oulipo, through its approach to potentiality, implied a notion of the virtual, hence the idea of coming closer to science. This idea of potentiality comprises a notion of hope that is positive because it is infinite. The fact that some of its members were novelists is secondary: it wasn’t a group seeking great writers; what they were looking for were ways to do things, and to fight academicism in the pejorative sense. The “Oulipians” set themselves constraints and methods, the better to pull through it all once they’d overcome them. For a long time, the Oulipo remained a relatively discreet group with only initiates in on the secret. They weren’t mentioned on television until October 1965, when Georges Perec was being interviewed for his novel Les choses, and it wasn’t until 2010 that television (actually the Franco-German channel ARTE) would devote an hour to the subject in a documentary by Jean-Claude Guidicelli entitled, Oulipo mode d’emploi (available on DVD and through VOD).
Today the Oulipo counts 35 members, of whom 13 are excused, “absent” due to decease. The most active members are regular participants in meetings known as “Oulipo Thursdays” which take place in the Jussieu Amphitheatre in Paris, nine times a year, with an audience of enthusiasts. Readings take place afterwards (formerly at the Forum des Images at Les Halles, and since October 2005 at the “Très Grande Bibliothèque François Mitterrand.”
Other “ouvroirs” have since seen the light in the wake of the Oulipo group: Oupeinpo, Ou vroir de pein ture po tentielle ; Oulipopo, Ou vroir de li ttérature po licière po tentielle; Outrapo, Ou vroir de tra gi-comédie po tentielle…

Adapted from the French text
of Olivier JULIEN by Martin DAVIES

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2015



CD 1 : Chansons de Raymond Queneau

Juliette Gréco
01 - Si tu t’imagines (première version)
(Raymond Queneau/Joseph Kosma)
Direction d’orchestre : Pierre Arimi.
78 tours Columbia DF3367 - 1950

Renée Jeanmaire (Zizi)
02 - La croqueuse de diamants
(Raymond Queneau/Jean-Michel
Damaze-Roland Petit)
Accompagnement d’orchestre direction Paul Bonneau.
78 tours 25cm Odeon 282 289 Medium - 1950

Roland Petit
03 - La rue Montorgueil
(Raymond Queneau/Jean-Michel
Damaze-Roland Petit)
Accompagnement d’orchestre direction Paul Bonneau.
78 tours 25cm Odeon 282 289  Medium - 1950

Les Frères Jacques
04 - La pendule
(Raymond Queneau/André Popp)
Avec Pierre Philippe au piano.
45 tours EP Philips 432.063 - 1955
Denise Benoît
05 - L’art poétique
(Raymond Queneau/Joseph Kosma)
Direction d’orchestre : Robert Valentino.
45 tours EP Ducretet-Thomson 460V050 - 1955

Les Garçons de la rue
06 - Saint Ouen’s blues
(Raymond Queneau/Pierre Arimi)
avec Pierre Arimi et son orchestre.
45 tours EP RCA 75.016 - 1955

Maria Schell
07 - Chanson de Gervaise
(Raymond Queneau/Georges Auric)
Direction d’orchestre : Ray Ventura.
45 tours EP Versailles 90M133 - 1956

Juliette Gréco

08 - Complainte
(Raymond Queneau/Guy Béart)
Accompagnée par Freddy Balta
et Henri Patterson.
45 tours EP  Fontana 60.514 ME  - 1957

Jacques Fabbri
09 - Maigrir
(Raymond Queneau/Gérard Calvi)
10 - La pendule
(Raymond Queneau/André Popp)
11 - Pauvre type
(Raymond Queneau/Gérard Calvi)
12 - Le repas ridicule
(Raymond Queneau/Gérard Calvi)
Accompagné par Gérard Calvi
et son orchestre.
45 tours EP Vogue EPL7340 - 1957

Zizi Jeanmaire
13 - Moi si je le voulais je le pourrais
(Raymond Queneau/Roland Petit)
Avec Michel Legrand et son orchestre
et les Fontana.
45 tours EP Philips 432207BE - 1957

Juliette Gréco

14 - Si tu t’imagines (seconde version)
(Raymond Queneau/Joseph Kosma)
Accompagnée par Alain Goraguer
et son orchestre.
45 tours EP Philips B76479R - 1959
15 - Chanson de Gervaise
(Raymond Queneau/Georges Auric)
Avec Michel Legrand et son orchestre.
45 tours EP Fontana 460.520 - 1956

Germaine Montero
16 - Tuilerie de mes peines (inédit)
(Raymond Queneau/Gérard Calvi)
Avec accompagnement au piano.
Acétate - 1960
Juliette Gréco
17 - On enterre les chiens
(Raymond Queneau/Maurice Jarre)
Accompagnée par Maurice Jarre.
Collection TNP - 1961

Hélène Martin

18 - Tant de sueur humaine
(Raymond Queneau/Guy Béart)
19 - Saint Ouen’s blues
(Raymond Queneau/Hélène Martin)
avec Jacques Lasry et son ensemble instrumental.
33 tours 25cm BAM LD391 - 1962

Zizi Jeanmaire
20 - Je te tuerai d’amour
(Raymond Queneau/Johnny Hallyday)
Avec Jean-Michel Defaye et son orchestre.
45 tours EP Philips 432.734 NE - 1962

Suzy Delair
21 - Chanson de Gervaise
(Raymond Queneau/Georges Auric)
Direction d’orchestre : Jo Moutet.
45 tours EP Vega V45P1748 - 1956
TITRES BONUS :

Les Frères Jacques
22 - Si tu t’imagines
(Raymond Queneau/Joseph Kosma)
Au piano : Pierre Philippe.
78 tours Polydor 560 263 - 1950

Mouloudji
23 - Si tu t’imagines
(Raymond Queneau/Joseph Kosma)
Avec Philippe-Gérard et son ensemble.
78 tours Le chant du monde 1593 - 1951



CD 2 : Exercices de style par Yves Robert et sa compagnie avec les Frères Jacques et Jacques Fabbri dit Raymond Queneau


Yves Robert et sa compagnie avec les Frères Jacques : Exercices de style

01 - Yves Robert - Récit
02 - Jacques Hilling, Guy Pierrauld et Edmond Tamiz - Interrogatoire
03 - Jacques Hilling - Rêve
04 - Yves Robert et Guy Pierrauld- Ignorance
05 - Les Frères Jacques - Tactile
06 - Jacques Hilling - Réactionnaire
07 - Guy Pierrauld - Botanique
08 - Jean-Marie Amato - Médical
09 - Edmond Tamiz - Italianismes
10 - Yves Robert - Paysan
11 - Yves Robert - Injurieux
12 - Jean-Marie Amato - Télégraphique
13 - Les Frères Jacques - Ode
14 - Jacques Hilling - Noms Propres
15 - Yves Robert - Contre-petteries
16 - Edmond Tamiz - Hellénismes
17 - Jean-Marie Amato - Mathématique
18 - Les Frères Jacques - Onomatopées
19 - Guy Pierrauld - Javanais
20 - Edmond Tamiz - Homéoptotes
21 - Jacques Hilling - Anglicismes
22 - Les Frères Jacques - Latin De Cuisine
Extraits d’Exercices de style de Raymond Queneau - Éditions Gallimard Musique, arrangements et orchestre de Pierre Philippe
33 tours 25cm 33 tours 25 cm Philips 76.033 - 1954

TITRES BONUS :

Jacques Fabbri dit Raymond Queneau
23 - L’herbe
24 - Chêne et chien
25 - Averse
26 - Tous les droits
27 - Le bon usage
28 - Maigrir
29 - Vieillir
30 - Les joueurs de Manille
31 - St-Ouen’s blues
32 - Je crains pas ça tellement
33 - Bon dieu d’bon dieu
45 tours EP  Vega P4503 - 1962

CD 3 : Chansons de Paul Braffort

Paul Braffort - Des atomes et des hommes
01 - Le petit atome
(Paul Braffort)
02 - Le blues de la banlieue sud
(Paul Braffort)
03 - La java de l’adultère
(Paul Braffort)
04 - Pourquoi faut-il ?
(Paul Braffort)
05 - Rien ne remplacera l’amour
(Paul Braffort)
06 - Menuet pour la Joconde
(Paul Braffort)
07 - L’homme à l’œillet blanc
(Paul Braffort)
08 - Je peux m’imaginer
(Paul Braffort)
09 - Le strip-tease du petit monsieur
(Paul Braffort)
10 - La grande chanson
(Paul Braffort)
33 tours 25cm Columbia FS 1076 - 1958
11 - Le blues de la banlieue sud (version 45 tours)
(Paul Braffort)
45 tours EP Columbia ERSF 1158M – 1958

Piano et arrangements - Armand Motta
Accordéon - Marcel Azzola
Trombone - Benny Vasseur
Trompette - Charles Verstraete
Saxo ténor, flûte et basse - inconnu
Saxo baryton - Michel Devillers
Vibraphone - Michel HAUSSER
Batterie - Roger PARABOSCHI
Saxo ténor, flûte et basse - inconnu

12 - La polka des tortues (enregistrement public à l’Alhambra de Paris - inédit)
(Paul Braffort/Ozeus Pottar)
Accompagnement par l’auteur au piano.
Collection privée - 1953

Les Quatre Barbus
13 - Sirène et scaphandrier
(Paul Braffort/Ozeus Pottar)
Avec André Grassi et son orchestre.
Arrangements Tritsch.
45 tours EP Philips 432.034 NE - 1956
14 - La polka des tortues
(Paul Braffort/Ozeus Pottar)
Avec André Grassi et son orchestre.
Arrangements Tritsch.
45 tours EP Philips 432.086 NE - 1956

Caroline Cler -

15 - La complainte du gramophone
(Paul Braffort)
Accompagnée par l’ensemble Philippe-Gerard.
45 tours EP Véga V45P1861 - 1957

François Deguelt
16 - Rue des Morillons
(Paul Braffort)
Accompagné au piano par France Olivia.
33 tours 25cm Columbia FS 1052 - 1957

Les quatre Barbus
17 - Le petit atome
(Paul Braffort)
Avec André Grassi et son orchestre.
Arrangements Tritsch.
33 tours 25 cm Philips B76432 R - 1958
Francine Adam et ses g’men
18 - Je ne peux m’imaginer
(Paul Braffort)
Direction d’orchestre Francine Adam.
33 tours 25cm Columbia FS 1105 - 1958

Barbara
19 - La Joconde (enregistrement public
au cabaret l’Écluse)
(Paul Braffort)
Avec Armand Motta et son ensemble.
45 tours EP La voix de son maître 7EGF339M - 1958


TITRE BONUS :

Catherine Sauvage
20 - La polka des tortues (inédit)
(Paul Braffort/Ozeus Pottar)
Avec André Popp et son orchestre.
(inédit - 1954)

Mouloudji

21 - La polka des tortues (inédit)
(Paul Braffort/Ozeus Pottar)
Avec Accompagnement d’orchestre.
(inédit - 1954)

Les Quatre Barbus
22 - Le petit atome (à la mouff)
(Paul Braffort)
Avec André Grassi et son orchestre.
Arrangements Tritsch.
33 tours 25 cm Philips B76495 R - 19560




Ce coffret regroupe les chansons signées entre 1950 et 1962 par deux des plus éminentes figures du mouvement Oulipo. Tout d’abord, Raymond Queneau qui compte parmi les plus grands poètes et dramaturges français du XXe siècle. L’auteur d’Exercices de style ou de Zazie dans le métro, cofondateur de l’Oulipo en 1960, a écrit de nombreuses chansons pour Juliette Gréco, les Frères Jacques, Roland Petit et Zizi Jeanmaire. Paul Braffort, membre de l’Oulipo depuis 1961 (auteur, compositeur, ingénieur, mathématicien, chercheur), a quant à lui écrit et composé pour Barbara, Les Quatre barbus, Catherine Sauvage ou encore Mouloudji. Réalisée par Olivier Julien, cette anthologie contient une quarantaine d’enregistrements inédits pour la première fois édités en CD. Usant de malice, d’astuce et d’humour, et souvent, de grande tendresse, ces titres écrits en grande partie avant la naissance du mouvement, annoncent la façon toute oulipienne de jouer avec la langue française.    Patrick FRÉMEAUX

This set presents songs written between 1950 and 1962 by two of the most eminent figures in the Oulipo movement, Raymond Queneau and Paul Braffort. Queneau was one of the greatest poets and playwrights in 20th century France, the author of Exercices de style and Zazie dans le métro; he cofounded the movement called Oulipo in 1960, writing numerous songs for Juliette Greco, the Frères Jacques, Roland Petit and Zizi Jeanmaire. Paul Braffort, an author, composer, engineer, mathematician and researcher, joined the Oulipo in 1961, writing and composing for Barbara, Les Quatre Barbus, Catherine Sauvage and Mouloudji. This anthology was compiled by Olivier Julien, and contains some 40 unpublished songs which appear here for the first time on CD. Filled with an impish wry humour and often great tenderness, these titles, written mainly before the birth of the movement, are the precursors of the “Oulipian” wordplay in the French language.    Patrick FRÉMEAUX


CD 1 - Chansons de Raymond Queneau (1950-1962) - Juliette Gréco : 1. Si tu t’imagines (première version) 3’12 • Renée Jeanmaire (Zizi) : 2. La croqueuse de diamants 2’33 • Roland Petit : 3. La rue Montorgueil 3’03 • Les Frères Jacques : 4. La pendule 3’13 • Denise Benoît : 5. L’art poétique 1’31 • Les Garçons de la rue : 6. Saint Ouen’s blues 2’40 • Maria Schell : 7. Chanson de Gervaise 2’56 • Juliette Gréco : 8. Complainte 3’01 • Jacques Fabbri : 9. Maigrir 1‘40 • 10. La pendule 3’03 • 11. Pauvre type 0’41 • 12. Le repas ridicule 3’54 • Zizi Jeanmaire : 13. Moi si je le voulais je le pourrais 2’39 • Juliette Gréco : 14. Si tu t’imagines (seconde version) 2’41 • 15. Chanson de Gervaise 3’30 • Germaine Montero : 16. Tuilerie de mes peines (inédit) 2’31 • Juliette Gréco : 17. On enterre les chiens 2’40 • Hélène Martin : 18. Tant de sueur humaine 1’20 • 19. Saint-Ouen’s blues 2’59 • Zizi Jeanmaire : 20. Je te tuerai d’amour 2’40 • Suzy Delair : 21. Chanson de Gervaise 2’26. TITRES BONUS : Les Frères Jacques : 22. Si tu t’imagines 2’58 • Mouloudji : 23. Si tu t’imagines 3’12.

CD 2 - Exercices de style par Yves Robert et sa compagnie avec les Frères Jacques (1954) et Jacques Fabbri dit Raymond Queneau (1962) -
Yves Robert et sa compagnie avec les Frères Jacques - Exercices de style : 1. Yves Robert, Récit 1’33 • 2. Jacques Hilling, Guy Pierrauld et Edmond Tamiz, Interrogatoire 1’10 • 3. Jacques Hilling, Rêve 1’32 • 4. Yves Robert et Guy Pierrauld, Ignorance 1’01 • 5. Les Frères Jacques, Tactile 2’33 • 6. Jacques Hilling, Réactionnaire 2’08 • 7. Guy Pierrauld, Botanique 0’53 • 8. Jean-Marie Amato, Médical 0’52 • 9. Edmond Tamiz, Italianismes 0’45 • 10. Yves Robert, Paysan 1’33 • 11. Yves Robert, Injurieux 1’08 • 12. Jean-Marie Amato, Télégraphique 0’29 • 13. Les Frères Jacques, Ode 1’59 • 14. Jacques Hilling, Noms Propres 0’46 • 15. Yves Robert, Contre-petteries 0’36 • 16. Edmond Tamiz, Hellénismes 0’50 • 17. Jean-Marie Amato, Mathématique 1’13 • 18. Les Frères Jacques, Onomatopées 1’09 • 19. Guy Pierrauld, Javanais 0’56 • 20. Edmond Tamiz, Homéoptotes 0‘30 • 21. Jacques Hilling, Anglicismes 0’48 • 22. Les Frères Jacques, Latin de Cuisine 2’22. TITRES BONUS - Jacques Fabbri dit Raymond Queneau : 23. L’herbe 1’42 • 24. Chêne et chien 2’39 • 25. Averse 1’13 • 26. Tous les droits 1’04 • 27. Le bon usage 1’02 • 28. Maigrir 1’03 • 29. Vieillir 2’19 • 30. Les joueurs de Manille 1’42 • 31. St-Ouen’s blues 1‘14 • 32. Je crains pas ça tellement 1’53 • 33. Bon dieu d’bon dieu 0’28.

CD 3 - Chansons de Paul Braffort (1953-1959) - Paul Braffort, Des atomes et des hommes : 1. Le petit atome 2’03 • 2. Le blues de la banlieue sud 2’29 • 3. La java de l’adultère 2’29 • 4. Pourquoi faut-il ? 3’05 • 5. Rien ne remplacera l’amour 2’45 • 6. Menuet pour la Joconde 2’47 • 7. L’homme à l’œillet blanc 2’59 • 8. Je peux m’imaginer 2’10 • 9. Le strip-tease du petit monsieur 1’41 • 10. La grande chanson 3’03 • 11. Le blues de la banlieue sud (version 45 tours) 2’39 • 12. La polka des tortues (enregistrement public à l’Alhambra de Paris, inédit) 1’44 • Les Quatre Barbus : 13. Sirène et scaphandrier 3’24 • 14. La polka des tortues 2’18 • Caroline Cler : 15. La complainte du gramophone 2’52 • François Deguelt : 16. Rue des morillons 2’02 • Les quatre Barbus : 17. Le petit atome 2’20 • Francine Adam et ses g’men : 18. Je ne peux m’imaginer 2’13 • Barbara : 19. La Joconde (enregistrement public au cabaret l’Écluse) 1’42. TITRES BONUS : Catherine Sauvage : 20. La polka des tortues (inédit) 1’39 • Mouloudji : 21. La polka des tortues (inédit) 1’34 • Les quatre Barbus : 22. Le petit atome (à la mouff) 2’37.
   
40 enregistrements originaux inédits en CD





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Si tu t'imagines (première version)03'14
02 La croqueuse de diamants02'34
03 La rue Montorgueil03'04
04 La pendule03'15
05 L'art poétique01'33
06 Saint-Ouen's blues02'41
07 Chanson de Gervaise02'57
08 Complainte03'03
09 Maigrir01'42
10 La pendule03'05
11 Pauvre type00'42
12 Le repas ridicule03'55
13 Moi si je le voulais je le pourrais02'41
14 Si tu t'imagines (seconde version)02'43
15 Chanson de Gervaise03'32
16 Tuilerie de mes peines02'33
17 On enterre les chiens02'42
18 Tant de sueur humaine01'22
19 Saint ouen's blues03'01
20 Je te tuerai d'amour02'42
21 Chanson de Gervaise02'28
22 Si tu t'imagines02'59
23 Si tu t'imagines03'12
CD 2
01 Récit01'33
02 Interrogatoire01'10
03 Rêve01'31
04 Ignorance01'01
05 Tactile02'33
06 Réactionnaire02'08
07 Botanique00'53
08 Médical00'51
09 Italianismes00'45
10 Paysan01'33
11 Injurieux01'08
12 Télégraphique00'29
13 Ode01'59
14 Noms propres00'46
15 Contre-petteries00'36
16 Hellénismes00'50
17 Mathematique01'13
18 Onomatopées01'09
19 Javanais00'56
20 Homéoptotes00'29
21 Anglicismes00'47
22 Latin de cuisine02'26
23 L'herbe01'42
24 Chêne et chien02'39
25 Averse01'13
26 Tous les droits01'04
27 Le bon usage01'02
28 Maigrir01'02
29 Vieillir02'19
30 Les joueurs de Manille01'41
31 St-Ouen's blues01'14
32 Je crains pas ça tellement01'52
33 Bon dieu d'bon dieu00'27
CD 3
01 Le petit atome02'05
02 Le blues de la banlieue sud02'31
03 La java de l'adultère02'30
04 Pourquoi faut-il ?03'06
05 Rien ne remplacera l'amour02'47
06 Menuet pour la Joconde02'49
07 L'homme à l'oeillet blanc03'01
08 L'homme à l'oeillet blanc02'11
09 Le strip-tease du petit monsieur01'42
10 La grande chanson03'05
11 Le blues de la banlieue sud (version 45 tours)02'41
12 La polka des tortues (enregistrement public à l'Alhambra)01'46
13 Sirène et scaphandrier03'26
14 La polka des tortues02'19
15 La complainte du gramophone02'54
16 Rue des Morillons02'03
17 Le petit atome02'22
18 Je ne peux m'imaginer02'14
19 La joconde (enregistrement public au cabaret l'écluse)01'44
20 La polka des tortues (inédit)01'41
21 La polka des tortues (inédit)01'36
22 Le petit atome (à la mouff')02'37
"Chante-moi l'Oulipo" par Enseignement Actualités

L’esprit de l’Oulipo (« Ouvroir de littérature potentielle ») est toujours bien vivant, incarné aujourd'hui par Hervé Le Tellier, Jacques Jouet ou Benoît Casas. Le coffret trois CD Chansons d’avant l’Oulipo regroupe les textes de Raymond Queneau et de Paul Braffort. Il nous ramène à la naissance de ce groupe littéraire auquel ont participé également Italo Calvino et Georges Perec. C’est l’occasion de redécouvrir les extraits d’Exercices de style (qui raconte 99 fois la même histoire de 99 façons différentes) et de nous rappeler combien les fondateurs de ce mouvement ont aimé la chanson, confiant à Juliette Gréco ou à Barbara de très beaux textes.


MB - Par ENSEIGNEMENT ACTUALITES





« Une époque où l’humour était aussi une philosophie de vie » par Chants Songs

« Quand Queneau croquait la chanson. Passionnant pour tout amateur de chansons,  le coffret Raymond Queneau et Paul Braffort : chansons d’avant l’Oulipo (*). C’est un retour sur une époque riche des années 50 où le célèbre romancier et co-fondateur du mouvement Oulipo a signé bien des textes passés à la postérité. L’Oulipo, c’est l’acronyme passée à la postérité pour l’Ouvroir de littérature potentielle, dont Raymond Queneau fut le cofondateur en 1948  et Paul Braffort (mathématicien, chercheur, auteur, compositeur) un membre actif depuis 1961. Réunissant littéraires (tel Italo Calvino et Georges Pérec) et mathématiciens, le groupe international comptait de nombreux membres qui se définissaient eux-mêmes comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. » Si la vocation musicale de Raymond Queneau, cet  enfant du Havre, a tourné court – les gammes le lassaient et il a vite abandonné le piano – l’auteur de Zazie dans le métro est venu à la musique par des chemins de traverse : d’abord la mise en musique de ses poèmes, et ensuite des commandes pour des ballets de Roland Petit ou pour le film Gervaise. Si la plupart des chansons souvent oubliées et regroupées dans le coffret ont été conçues avant la naissance du mouvement, elles témoignent d’un certain état d’esprit à la Queneau où les histoires racontées sur des mélodies ciselées témoignent d’un humour certain et du sens d’une narration décalée. C’est ainsi Queneau qui signe le premier tube de Juliette Gréco, Si tu t’imagines, que l’on retrouve ici dans sa version originale, avant de découvrir sa belle version de La Complainte. Quant à Zizi Jeanmaire, elle offrait sa voix pleine de gouaille à une réjouissante Croqueuse de diamants. Ou qu’Hélène Martin interprète avec tact un Saint-Ouen blues. Outre un  deuxième CD qui permet d’entendre Yves Robert, sa compagnie et les Frères Jacques dirent Les Exercices de style ou encore Jacques Fabbri donner ses versions de Queneau, un troisième et  dernier CD fait découvrir les opus signés Paul Braffort. Un univers tout à fait original où le scientifique livre un voyage sentimental dans Le Blues de la banlieue (déjà), fait une explication non dénuée d’humour des lois physiques dans Des atomes et des hommes. Sans oublier quand il se fait l’interprète du plus célèbre tableau de Vinci dans le réjouissant et désuet Menuet pour la Joconde. Et l’on sent bien des similitudes avec le ton de l’artiste amateur de swing  et celui d’un Boris Vian. En prime, il y a les interprètes de marque de cet auteur : Barbara, Mouloudji ou encore Catherine Sauvage dans La Polka des tortues. En sortant la plupart de ces pièces de l’oubli, ce coffret fait revivre tout un état d’esprit et une époque où l’humour était aussi une philosophie de vie à côté d’artistes plus ouvertement engagés. »


Par François CARDINALI - CHANTS SONGS





« Un joli cadeau » par Daily Books

« Attendez un peu avant de regretter le fait que je vous parle de chanson et vous présente un triple CD. Regardez la photo qui illustre la jaquette. En accord avec l’information qui ajoute Raymond Queneau et Paul Braffort vous pouvez y reconnaitre en costume et cravate un monsieur à lunettes et les Frères Jacques sur la plate-forme d’un autobus parisien. L’individu en costume c’est Raymond Queneau.  Vous retrouverez dans le CD n°2 un extrait des célèbres « Exercices de Style » de Raymond Queneau. Dans le CD n°1 outre la célèbre « Si tu t’imagines » en plusieurs versions dont deux de Juliette Greco on découvrira que Guy Béart a composé au moins deux musiques sur des poèmes de Queneau, que le chorégraphe Roland Petit a chanté et composé une musique et peut-être plus surprenant que Johnny Hallyday a écrit la musique de « Je te tuerai d’amour », poème de Raymond Queneau que chantait Zizi Jeanmaire en 1962. Si vous vous souvenez de « Si tu t’imagines », vous savez que le sens de ce texte n’a pas pris une ride… même si son épicurisme réjouissant nous renvoie à Ronsard.  Dans le CD n°2, 22 textes extraits des Exercices de Style. Il s’agit vous le savez sans doute d’une situation initiale (intitulée Récit et présentée ici par Yves Robert) reprise dans des modes de présentation différents. L’exercice est littéraire et ici théâtral. On retiendra particulièrement les versions : Réactionnaire, Italianismes, Paysan, Mathématiques et Javanais mais toutes relèvent du petit bijou. Enfin et c’est présenté comme des Bonus : Jacques Fabbri dit Raymond Queneau. Une remarquable suite de jonglage avec les mots que nos modernes slameurs et rappeurs pourraient écouter avec profit (j’ai retenu « Averse » et « Bon dieu d’bon dieu »).  Le troisième et dernier CD propose les chansons écrites et enregistrées par Paul Braffort dont je suppose qu’il est inconnu et méconnu de beaucoup d’entre nous. Il était en 1958, au moment des enregistrements, ingénieur atomiste et passait en cabaret (le livret qui accompagne les CDs et explique ce qui est à expliquer montre une affiche des « 3 baudets » – le lieu de Jacques Canetti – où il est en compagnie de Mouloudji, Jacques Brel, Catherine Sauvage et Darry Cowl)… On notera qu’une de ses chansons a été interprétée par François Deguelt…  Pour ce qui est de l’OULIPO, sachez que c’est une des créations de Raymond Queneau et que cela se traduit par Ouvroir de Littérature Potentielle et que l’on pourrait résumer par « l’écriture contrainte ». En effet, ceux qui en participent se fixent des contraintes à respecter pour écrire. Un exemple célèbre est « La disparition », le roman de Georges Pérec (consacré à l’affaire Ben Barka), et qui est écrit sans utiliser la lettre E….  Bonnes écoute et lecture. Un joli cadeau pour ceux qui étaient jeunes aux alentours des années 50. »
Par Noé GAILLARD – DAILY BOOKS




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