DON BYAS

NEW YORK - PARIS 1938-1955

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Artiste DON BYAS
Direction artistique : ALAIN THOMAS
Livret : 28 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5622

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Don Byas privilégiait à toute chose le “son” : il soufflait une seule note, il la tenait, il la gonflait ample et magnifique : chaque note était belle comme une cathédrale.
Pierre VORAN

DIRECTION ARTISTIQUE : ALAIN TOMAS

CD 1 - A WEE BIT OF SWING (L. MATHIESEN, T. ROSENKRANTZ) • WHAM RE BOP BOOM BAM (E. DURHAM, J. TAPS MILLER) • LAFAYETTE (C. BASIE, E. DURHAM) • HARVARD BLUES (G. FRAZIER, T. SMITH, C. BASIE) • ROYAL GARDEN BLUES (C. WILLIAMS, S. WILLIAMS) • SUGAR BLUES (C. WILLIAMS, L. FLETCHER) • THREE LITTLE WORDS (H. RUBY, B. KALMER) • DANCE OF THE TAMBOURINE (O. PAGE) • RIFFIN’AND JIVIN’ (DON BYAS) • WORRIED ‘N BLUE (DON BYAS) • THESE FOOLISH THINGS (REMIND ME OF YOU) (H. MARVELL, J. STRACHEY, H. LINK) • YOU NEED COACHIN’ (O. PAGE) • COMES THE DON (W. THOMAS, C. COLE, DON BYAS) • BE BOP (DIZZY’S FINGERS) (D. GILLESPIE) • SOMETHING FOR YOU (O. PETTIFORD) • PENNIES FROM HEAVEN (J. BURKE, A. JOHNSON) • SHOULD I? (N. H. BROWN, A. FREED) • S.K. BLUES PT 2 (S. KING) • INDIANA (J. HANLEY, B. MACDONALD) • OUT OF NOWHERE (J. GREY, E. HEYMAN) • SLAMMIN’AROUND (DON BYAS).

CD 2 : LAURA (D. RASKIN, J. MERCER) • MELODY IN SWING (S. CATLETT, T. GRIMES) • BLUE AND SENTIMENTAL (M. DAVID, C. BASIE, J. LIVINGSTONE) • WRAP YOUR TROUBLES IN DREAMS (T. KOEHLER, B. MOLL, H. BARRIS) • DONBY (DON BYAS) • CANDY (M. DAVID, A. CRAMER, J. WHITNEY) • BYAS-A-DRINK (DON BYAS) • GONE WITH THE WIND (AUTANT EN EMPORTE LE VENT)(A. WRUBEL, H. MAGIDSON) • CHEROKEE (R. NOBLE) • SEPTEMBER SONG (K. WEILL, ANDERSON) • I’VE FOUND A NEW BABY (J. PALMER, C. WILLIAMS) • YOU GOT TO MY HEAD (H. GILLESPIE, F. COOTS) • GLORIA (DON BYAS, C. NOUGARO) • BODY AND SOUL (J. GREEN, F. EYTON, E. HEYMAN) • TENDERLY (W. GROSS, J. LAWRENCE) • SOMEBODY LOVES ME (B. MCDONALD, B. DESYLVA, G. GERSHWIN) • THEM THERE EYES (M. PINKARD, D. TAUBER, W. TRACEY) • REMEMBER MY FORGOTTEN MAN (J. KERN) • LOVER MAN (J. DAVIS, R. RAMIREZ, J. SHERMAN) • LOVER COME BACK TO ME (S. ROMBERG, O. HAMMERSTEIN II) • JUST ONE THOSE THINGS (C. PORTER).


Don Byas FA5622



Don Byas

New York - Paris

1938-1955






L’importance de Don Byas dans l’histoire du jazz dépasse de loin celle d’un habile disciple de Coleman Hawkins, son influence première. Nombre de ses collègues le considèrent comme une référence incontournable en matière de saxophone ténor et son jeu virtuose a inspiré, à des degrés divers, Lucky Thompson, Johnny Griffin, Benny Golson, Paul Gonsalves, Eddie Davis, Frank Foster, Eric Dixon et Bobby Jaspar, tous à la recherche d’une technique accomplie et d’un beau son. Cependant, si sa carrière fut globalement féconde et ses débuts professionnels précoces, la gloire tarda à venir. Comme l’établit cette anthologie, constituée pour l’essentiel d’exemples significatifs de sa production discographique des années quarante et cinquante, il lui faudra attendre l’âge de vingt-six ans pour franchir la porte d’un studio d’enregistrement. Après s’être imposé comme l’une des vedettes de l’orchestre de Count Basie, il devra encore patienter jusqu’en 1944 pour graver des faces sous son nom malgré l’estime de ses pairs et une présence constante dans les clubs de jazz new-yorkais. Et ce n’est qu’en Europe, devenue sa terre d’adoption en 1946, qu’il obtiendra une juste reconnaissance de son talent.

La Côte Ouest
Carlos Wesley Byas est né à Muskogee (Oklahoma), le 21 octobre 1912. Sous l’in-fluence de son père d’ascendance espagnole qui pratique la clarinette, et de sa mère d’origine cherokee, pianiste à ses heures, il commence des études classiques de violon et de clarinette qu’il abandonne pour le saxophone alto, plus adapté au jazz vers lequel le portent naturellement ses goûts (1). Son apprentissage s’effectue dans des conditions favorables puisque la vie musicale de l’Oklahoma est caractérisée par la symbiose vivifiante des traditions indienne, afro-améri-caine et européenne, la ségrégation y étant aussi moins présente que dans d’autres régions des États-Unis. Il est difficile de dater avec précision ses débuts professionnels. Le critique Kurt Mohr déclare que Byas, décidemment très précoce, jouait, à l’âge de douze ans, du saxophone alto dans le groupe de Benny Moten (2). Un peu plus tard, il part en tournée avec le Territory Band de Terence Holder dont Andy Kirk prendra ensuite la succession. Vers 1929, il joue avec les Blue Devils de Walter Page, une formation locale appelée à un bel avenir. Deux ans plus tard, il fonde et dirige l’orchestre du Langston College, le Don Carlos and His Collegiate Ramblers, constitué de membres de son lycée (1). En 1933, il quitte l’Oklahoma pour la Côte Ouest avec les Sharp and Flats du tromboniste Bert Johnson et opte définitivement pour le saxophone ténor après avoir entendu le solo de Coleman Hawkins, alors chez Fletcher Henderson, dans It’s The Talk of The Town. Décidé à rester en Californie, il rejoint, en 1935, Eddie Barefield et travaille au Paradise Club de Los Angeles dans l’ensemble de Lionel Hampton où il rencontre le saxophoniste Herschel Evans qui ne tardera pas à rejoindre la formation de Count Basie. Suivent ensuite des engagements avec les 14 Gentlemen of Swing de Buck Clayton, de retour de Chine, et les ensembles de Lorenzo Flennoy et Charlie Echols (1936).

New York
En 1937, Don Byas s’installe à New York pour travailler avec la formation d’Eddie Mallory qui accompagne son épouse, la chanteuse et actrice Ethel Waters. Un soir, après un concert au Savoy, il est présenté au baron Timme Rosenkrantz que nous croiserons plusieurs fois dans ce récit car il sera amené à jouer un rôle de premier plan dans la suite de sa carrière. Né à Copenhague, le 6 juillet 1911, Rosenkrantz est un représen-tant authentique de la noblesse danoise. Cet aristocrate du jazz collectionne, dès sa prime jeunesse, les disques de Louis Armstrong, Bix Beiderbecke, Joe Venuti, King Oliver et Duke Ellington et fonde, à l’âge de vingt-deux ans, JazzRevy (Jazz Review), l’une des premières revues européennes de jazz qui connaîtra deux ans d’existence. Dès 1934, il vit la moitié du temps à New York et s’installe à Harlem malgré les mises en garde de Milton Gabler, le propriétaire d’une boutique de disques, la Commodore Shop, qui trouve le quartier dangereux pour un Blanc. Sympathisant avec le critique John Hammond qui l’introduit dans les milieux du jazz, il fréquente le Savoy et devient l’ami de nombreux musiciens. Journaliste de talent, il signera de nombreux articles dans Down Beat, Metronome, Esquire et Melody Maker. Comme il l’a déclaré dans ses mémoires, Rosenkrantz perçoit immédiatement le talent de Don Byas et du tromboniste Tyree Glenn, les deux stars du groupe d’Eddie Mallory et convainc Eli Oberstein, le producteur de la compagnie Victor, de les intégrer à l’orchestre qu’il est en train de constituer sous le nom du « Timme Rosenkrantz And His Barrelhouse Barons » (3,4). Y figurent en particulier Rex Stewart (cnt), Russell Procope, Rudy Williams (as), Billy Kyle (p), Walter Page (b), Jo Jones (dms) et la chanteuse et journaliste Inez Cavanaugh qui sera la compagne de sa vie. Sur les quatre titres publiés, deux font entendre Don Byas qui signe dans A Wee Bit Of Swing un solo l’imposant comme l’étoile montante du saxophone ténor. Les magazines Metronome et Down Beat rendront hommage au talent de producteur du baron en faisant figurer cette séance parmi les meilleures de l’année 1938. La même année, on le voit intervenir avec une belle assurance dans Ride, Red, Ride provenant du film « Readin’ Ridin’ and Rhythm » auquel il participe avec le big band de Lucky Millinder. Cette impression est confirmée par ses disques produits chez Andy Kirk où il côtoie Dick Wilson, un autre grand saxophoniste ténor. Un titre comme Wham (1940) révèle un soliste à l’aisance souveraine en train d’élaborer un style personnel même si l’on perçoit encore çà et là l’influence d’Herschel Evans. Travaillant dans les formations d’Edgar Hayes et de Benny Carter, l’idole de ses débuts, Don Carlos est très sollicité : il accompagne Billie Holiday en studio et produit, le 11 novembre 1940, aux côtés d’Hot Lips Page, un solo dans Lafayette, annonciateur de fort belles choses.
En janvier 1941, Don Byas entre dans l’orchestre de Count Basie pour assurer, abstraction faite du bref intérim de Paul Bascomb, le remplacement de Lester Young. Les trois années passées chez Basie vont lui assurer une grande notoriété. L’orchestre connaissait l’une de ses périodes fastes avec le blues shouter Jimmy Rushing et des solistes de la classe de Buck Clayton, Harry Edison et Dicky Wells. Bénéficiant de cet environnement de rêve, Byas partage équitablement les soli de ténors avec Buddy Tate, son voisin de pupitre, et intervient avec bonheur dans les faces produites officiellement pour Okeh ou provenant d’émissions de radio du Cafe Society Uptown et du Trianon Ball Room. Ainsi, le 17 novembre 1941, il grave la lumineuse introduction d’Harvard Blues qui précède le vocal de Jimmy Rushing. Découpées avec un goût parfait, ces vingt-quatre mesures résument l’art de Don Byas : on y entend une sonorité de velours, ample et vibrante ; on y décèle la rigueur élégante du phrasé ; on y perçoit les voluptueux contours d’une ligne mélodique inspirée. Et, il faut vraiment un vocaliste de la stature de Jimmy Rushing pour que la tension ne retombe pas. Considéré comme l’un des meilleurs enregistrements de Basie, ce moment de grâce deviendra un morceau de bravoure du saxophone ténor à l’égal des solos de Ben Webster dans Cotton Tail et d’Illinois Jacquet dans Flyin’ Home. Le 24 juillet 1942, il est avec Buck Clayton, le soliste du sextette rassemblé autour de la formidable section rythmique du groupe. Sûr de lui, Byas ne se laisse pas impressionner par ses prestigieux collègues comme le montrent le déboulé autoritaire qui ouvre son premier solo dans Royal Garden Blues et son intervention dans Sugar Blues.
Ses activités ne se limitent pas seulement à l’orchestre de Basie. Cet infatigable amateur de jam sessions est invité par Coleman Hawkins au Yacht Club et fréquente assidûment l’Onyx Club où Dizzy Gillespie, Oscar Pettiford, Max Roach et George Wallington par-ticipent à l’élaboration du bop. Les enregistrements pris sur le vif avec des moyens de fortune par Jerry Newman au Minton’s Playhouse et à l’Uptown House rendent bien compte de l’ambiance qui régnait dans ces établissements où s’effectuait, selon l’écrivain Ralph Ellinson, un symposium permanent de tous les styles de jazz. Le jeune Sonny Stitt, un autre témoin des joutes légendaires qui opposaient, au début des années 1940, les saxophonistes célèbres de l’époque se souvient : « Est-ce que vous imaginez une jam session avec Lester Young, Coleman Haw-kins, Chu Berry, Don Byas et Ben Webster sur la même scène ? C’était au Minton’s Playhouse à New-York. C’est terminé maintenant. Il n’y en a plus des comme ça. Et devinez qui remportait ces batailles ? Don Byas à chaque fois. »
Lorsqu’il quitte Basie en décembre 1943, Don Byas, alors âgé de 31 ans, est un musicien accompli apprécié par ses pairs. Ainsi, le 24 mai 1944, Coleman Hawkins le convie, avec Tab Smith et Harry Carney, à rejoindre son Sax Ensemble, le temps de graver quatre titres pour le compte du label Keynote. Une opportunité de se mesurer au maître et même de se hisser à son niveau dans Three Little Words. Particulièrement sollicité, il enregistre, dans les contextes les plus variés avec les Rhythm Kings d’Albert Ammons, le pianiste Eddie Heywood, Mary Lou Williams et Benny Goodman. L’association avec le grand trompettiste et vocaliste de blues Hot Lips Page et le pianiste Clyde Hart, avec qui il court les jam sessions, est particulièrement féconde comme en témoigne son solo de Dance Of The Tambourine produit lors de la séance Savoy du 14 juin 1944. Toujours avec Hot Lips Page et Clyde Hart, mais cette fois pour Commodore, Byas se montre à son meilleur dans You Need Coachin’ et These Foolish Things (29-09-1944). Le batteur Cozy Cole l’invite aussi dans les studios en novembre 1944 avec ses All Stars pour participer à l’enregistrement de Comes The Don. Le 2 février 1945, il accompagne brillamment Big Joe Turner dans S. K. Blues Pt2. À cette époque, Don Byas connaît donc une période d’intense activité. Familier des studios d’enregistrements dans la journée, on le voit le soir dans les clubs où il prouve sa valeur devant les meilleurs. On peut donc s’étonner qu’il ait du attendre l’âge de trente-deux ans pour que, le 28 juillet 1944, Teddy Reig, un producteur de la compagnie Savoy, lui propose d’enregistrer sous son nom. Pour l’occasion, le saxophoniste est entouré de son ami Charlie Shavers, du fidèle Clyde Hart, du contrebassiste Slam Stewart, un autre de ses accompagnateurs favoris, et du batteur Jack Parker rencontré chez Hot Lips Page. Dans Riffin’ and Jivin’, bâti sur les accords de I Got Rhythm, Byas distille un discours limpide sans jamais paraître gêné par la rapidité du tempo. La délicate sensualité et le goût musical irréprochable dont il pare la mélodie de Worried ‘N Blue en fait un maître de la ballade. Plus tard, il portera le genre à sa quintessence avec des versions sublimées de September Song, Blue and Sentimental, You Got To My Head et de Laura qui deviendra sa signature. Évoluant à la tête d’une section rythmique souvent avec un trompettiste : Charlie Shavers (Riffin’ and Jivin’, Worried ‘N Blue), Joe Thomas (Pennies From Heaven, Should I ?), Buck Clayton (Out Of Nowhere), Benny Harris (Donby (alias Perdido), Candy), Don Byas multiplie les réussites. Sa version de Byas-A-Drink (alias Stompin’ At The Savoy) sera reprise par Wardell Gray et Dexter Gordon lors d’un de leurs fameux duels. Ces enregistrements, réalisés parfois dans des conditions précaires pour des labels indépendants (Savoy, Jamboree, Hub, Super Disc, American, Continental, Arista, Gotham) cristallisent toutes les qualités d’un artiste au langage original. En effet, si sa sonorité volumineuse et l’emploi de phrases gonflées de notes bâties sur la trame harmonique du morceau, en font un héritier de Coleman Hawkins, Don Byas possède des atouts qui lui sont propres. Son remarquable savoir harmonique lui permet par un traitement subtil des accords de passage de découper savamment ses phrases par rapport au thème de base et d’enchaîner avec vigueur et aisance de vibrantes improvisations. À ce sujet, il avait confié au pianiste Henri Renaud, en 1947, lors d’un concert à Toulouse, que la première de ses sources d’inspiration fut Benny Carter et que son idéal était de jouer comme Art Tatum qui l’appréciait beaucoup. Il n’est donc pas étonnant que les faces Manor, enregistrées en 1945 au sein du All Stars de Dizzy Gillespie (Be Bop) et de l’orchestre d’Oscar Pettiford (Something For You, alias Max Is Making Max), le montrent à l’aise dans un environnement musical annonciateur du bop. Cependant, Don Byas n’est pas fondamentalement un bopper car son phrasé reste fortement ancré dans la tradition du swing même si sa technique de virtuose lui permet de surpasser les difficultés du tempo rapide de Cherokee. Comme le signalait fort justement Pierre Voran, Don Byas privilégiait à toute chose le « son » : « Carlos soufflait une seule note, il la tenait, il la gonflait ample et magnifique : chaque note tenue était belle comme une cathédrale… Le son était chez Don la base de la musique et le but final de toute musique. » (5). Son talent est enfin reconnu officiellement quand les lecteurs et les critiques de la revue mensuelle américaine Esquire l’élisent meilleur saxophoniste de l’année 1945. Une occasion de côtoyer en studio Johnny Hodges et de signer une belle version de Gone With The Wind.

À la conquête de l’Europe : la tournée de Don Redman

En 1946, la carrière de Don Byas prend un tour inattendu grâce à l’initiative de l’un de ses fans de la première heure, le fidèle Baron Timme Rosenkrantz. Résidant pendant la deuxième guerre mondiale aux États-Unis, ce personnage haut en couleur a ouvert à New York un magasin de disques, le Mel-O-Dee Music Shop, dont l’arrière-boutique se transforme en studio de répétition fréquenté par Stuff Smith, Bill Coleman et John Kirby. C’est aussi une fine oreille à qui l’on doit la découverte d’Erroll Garner. Pendant le mois du juin 1945, il a organisé les fameux concerts du Town Hall où se produisent Gene Krupa, Red Norvo, Teddy Wilson, Billy Taylor, Stuff Smith et Flip Phillips. Invités pour l’occasion, Don Byas et Slam Stewart livrent une vibrante version d’Indiana. De retour au pays à la fin de la guerre, Rosenkrantz, souhaitant dynamiser le jazz danois, demande à Don Redman de mettre sur pied un orchestre en vue d’une tournée européenne. Outre Don Byas et la chanteuse Inez Cavanaugh, seront du voyage Peanuts Holland (tp, voc), Bob Williams, Alan Jeffreys (tp), Tyree Glenn (tb, vib, voc), Quentin Jackson, Jackie Carman (tb), Chancey Haughton (cl, as), Pete Clark (as), Ray Abrams (ts), Billy Taylor (p), Ted Surgis (b), Buford Oliver (dr) et Don Redman (as, voc, ldr, arr). Le périple européen de l’orchestre de Don Redman est décrit en détail dans l’excellent site d’Armin Büttner et al. (6). Accueilli chaleureusement, le 7 septembre 1946, à l’aéroport de Copenhague par une escouade de musiciens danois, le groupe se produit le 15 dans une salle de spectacle de la ville, le K.B. Hallen, puis visite Oslo, Stockholm, Namur, Bruxelles, Genève, Lausanne, Bâle, Zürich et l’Allemagne où il joue devant l’armée américaine. Après une dernière représentation au Munich Club, le 30 novembre 1946, l’orchestre sera dissous, les possibilités de travail se révélant incertaines. Il était initialement prévu que le groupe tout entier se produise pendant trois semaines à Paris. Mais c’était compter sans l’opposition ferme du Syndicat des Musiciens français, et seuls Peanuts Holland, Tyree Glenn, Don Redman, Don Byas, Billly Taylor, Buford Oliver et Jean Bouchety, le contrebassiste d’Alix Combelle, apparaîtront à Pleyel, le 22 décembre 1946. Le même ensemble, renforcé par le guitariste Jean-Jacques Tilché, le tromboniste Nat Peck et Inez Cavanaugh, passera trois semaines au Beaulieu, un cabaret situé rue du Faubourg Saint-Honoré. Les autres protagonistes de la tournée connaîtront des destinées diverses : Jack Carman et Alan Jeffreys iront en Allemagne ; Ray Abrams, Pete Clark, Quentin Jackson et Ted Sturgis embarqueront le 7 décembre à Southampton sur le Queen Elizabeth à destination des États-Unis et Inez Cavanaugh rejoindra en Espagne Don Byas, alors dans l’orchestre de Bernard Hilda. À la fin des années quarante, elle ouvrira à Paris un club de jazz, « Chez Inez », situé rue Champollion, qui deviendra le lieu de rendez-vous de la communauté américaine de la Capitale. En février 1962, elle se produisait encore au Blue Note, le club parisien de la rue d’Artois, avec Jean-Marie-Ingrand (p) et Larry Rithchie (dms) (7). De retour à New York en 1947, le Baron organisera des jam sessions au Cafe Bohemia et produira des séances pour Baronet et Embassy. Revenu au Danemark, il animera une émission de jazz à la radio danoise et ouvrira un club à Copenhague, le « Timme’s Club », où travailleront Ben Webster, Count Basie, Mary-Lou Williams et Inez Cavanaugh qui participera à un album publié sous le nom de Teddy Wilson et intitulé « An Evening At Timme’s Club (1968). À la suite d’ennuis de santé, il décèdera, le 11 août 1969. Assisteront à la cérémonie funéraire, Duke Ellington, John Hammond, Stanley Dance et Tyree Glenn. Les photos prises par le baron au cours de sa vie jazzistique constituent un document unique. Elles ont été éditées par Frank Buchman-Moller dans Is This To Be My Souvenirs ? Jazz Photo From The Timme Rosenkrantz Collection (8).
Quelques témoignages discographiques de la tournée de Don Redman, le plus souvent d’une qualité sonore rustique, subsistent : le recueil Steeplechase « Don Redman And His Orchestra For European Only » (CD 36029) propose des titres en provenance du K.B. Hallen et le concert du 27 octobre au Victoria Hall de Genève est disponible sur l’album « Don Redman Orchestra, Geneva 1946 - Swiss Radio Days Jazz Series Vol.11 (TCB-CD 02112). Il existe aussi des acetates du concert du 31 octobre au Kuchlin Theater. La solographie de Yan Evensmo et les discographies de Cornelis J. Hazevoet et d’Eric Raben signalent l’existence d’enregistrements de concerts ou de jam sessions provenant du restaurant München préservés par la radio danoise (9). On y entend Don Byas interpréter Laura avec le talent qu’on lui connaît.
Dans l’ensemble les prestations de l’orchestre furent perçues positivement par la presse spécialisée, même si quelques critiques, à l’image de Carlos de Radzitzky, le rédacteur en chef du Hot Club Magazine, ne se montrèrent pas impressionnés par les arrangements de Don Redman, le caractère anonyme de la section rythmique et le manque de cohérence et d’originalité du groupe. D’une manière générale les prestations individuelles des musiciens, et celle de Don Byas en particulier, furent appréciées. Les seules réserves sérieuses concernèrent le jeu d’Alan Jeffreys et de Jack Carman, les deux musiciens blancs du groupe. En France, l’événement fut salué par un compte rendu mitigé d’André Hodeir paru dans Jazz Hot (10). Le maître reconnaît à Don Byas d’excellents moments dans Honeysuckle Rose mais, visiblement peu sensible au charme de Laura, lui reproche de faire étalage de sa technique et de sacrifier à des mélodies « faciles ». Relatant le concert au Beaulieu, Guy Montassut se livre à une plus juste analyse et prédit à Don Byas un grand avenir (10). C’est aussi l’avis d’ Hugues Panassié qui considère comme une chance inouïe d’avoir à Paris des musiciens de la trempe de Don Byas, Billy Taylor et Buford Oliver après sept années de sevrage (11). Quoiqu’il en soit, la venue de l’orchestre de Don Redman constitua une occasion unique pour le public européen resté coupé de l’Amérique pendant la guerre d’apprécier le talent du saxophoniste connu seulement d’une poignée d’amateurs.

Paris et Barcelone

Ne s’estimant pas apprécié à sa juste valeur aux U.S.A. et séduit par l’accueil qui lui a été réservé en Europe, Don Byas choisit d’y rester. Les maisons de disques lui ont déjà ouvert grandes leurs portes. Parmi elles, la marque Swing de Charles Delaunay (Gloria, Body and Soul) et la firme Blue Star, récemment créée par Eddie Barclay et son épouse Nicole, l’enregistrent sous son nom aux côtés de rescapés de l’orchestre de Don Redman avec parfois le renfort de Jean Bouchety. Lors d’un court séjour en Hollande, quatre faces seront produites, le 7 avril 1947, pour Decca par le Tyree Glenn, Don Byas and Their Orchestra. Le jeudi 6 mars de la même année, Don Byas débarque à Bruxelles où il participe à des jam sessions particulièrement animées avec le saxophoniste Raoul Faisant. À Liège, il est hébergé par le jeune saxophoniste Bobby Jaspar, l’un de ses grands admirateurs, et joue avec les Bob Shots (12). Les bonnes choses ayant une fin, Don Byas ouvre la saison d’été à Barcelone où l’attend la formation de Bernard Hilda qui passe au Copacabana. Dans la salle, un adolescent de quatorze ans l’écoute, fasciné : c’est le pianiste Tete Montoliu qui l’accompagnera par la suite à plusieurs reprises. Il participe avec Inez Cavanaugh et le couple de danseurs Pops and Louie au spectacle « Blanco y Negro » qui se produit au Boléro avant de rejoindre à Madrid, le grand orchestre de Luis Rovira qu’il quittera au début de l’été 1948 pour une tournée au Portugal. Le critique espagnol Alfredo Papo se souvient de l’ambiance des jam sessions barcelonaises dont il fut le témoin privilégié : « Il y en eut quelques-unes de réussies, d’autres assez mouvementées, soit par l’irruption de la police vers quatre heures du matin, soit par les libations de Don un peu trop excessives. Il faut dire que Don avait remarqué un excellent cognac espagnol dont la marque est Gonzalez Byass et demandait partout : « du cognac de mon cousin, j’aime mon cousin » (13). Ses enregistrements espagnols réédités par la compagnie Fresh Sound le montrent pas toujours bien accompagné et généralement fort discret au grand dam de ses supporters. Fin 1948, Don Byas revient à Paris et devient une figure de la vie nocturne de Saint-Germain-des-Prés où il se sent vite comme chez lui. Le barman Henri Leduc l’initie à l’argot parisien et Boris Vian lui consacre un chapitre plein d’humour dans son manuel de Saint-Germain-des-Prés où l’on lit : « …coureur impénitent, est facilement la proie du sexe faible pour lequel il a trop de faiblesse… » (14). L’été, il refuse de jouer ailleurs qu’à Saint-Tropez où il pratique la pêche à la ligne et la chasse sous-marine. Un document destiné à la télévision française et datant probablement de 1955, montre son arrivée au Club Tropicana de Saint-Tropez, avec dans une main un fusil harpon et dans l’autre son saxophone, un maillot de bain lui tenant lieu de costume de scène. On s’amusait bien en ce temps-là sur la Riviera et l’on comprend donc qu’il ait définitivement coupé les ponts avec son pays natal. Très sollicité, Don Byas se produit régulièrement au club Saint-Germain et au Vieux Colombier avec Bill Coleman. L’année 1949 se révèle particulièrement faste. Le 14 janvier, le Palais des Fêtes de Strasbourg l’accueille avec l’Edward’s Jazz Band, une formation dont le nom évoque une boîte à musique située dans les dépendances du théâtre Edward VII. Y figurent Michel de Villers (as), Bernard Pfeiffer (p), Géo Daly (vib), Jean Bouchety (b) et Roger Paraboschi (dms). Les enregistrements de cette manifestation ont fait l’objet du recueil « Bill Coleman and Don Byas « Edward’s Jazz Band », Clifford CJRCD 1002). Le mois suivant, il triomphe au Théâtre Bel-Air de Lausanne avec la même formation augmentée du chanteur Pops Whitman. Retransmis par la radio suisse, ce concert a été réédité dans la série Swiss Radio Days Jazz Series. Il paraît avec le trompettiste Hot Lips Page sur la scène de Pleyel à l’occasion du Festival de Paris du 15 mai 1949 et participe, aux côtés d’une pléiade de vedettes dont Charlie Parker, à la jam session finale. Pendant les années cinquante, il se produit un peu partout en France et à l’étranger : à Casablanca, au Kongresshauss de Zürich avec le big band de Duke Ellington (1950), au Palais des Beaux Arts de Bruxelles avec le Saragota Jazz Hounds (1951), au Sully à Limoges, au Théâtre des Champs-Élysées avec Dizzy Gillespie et au Salon International du Jazz (1952).
De fin 1946 au milieu des années cinquante, Don Byas enregistre abondamment pour le compte des compagnies Swing, Blue Star, Jazz Sélection, Vogue et Barclay, des faces d’une qualité constante mais pas toujours appréciées à leur juste valeur. Un répertoire privilégiant la ballade, genre dont il était l’un des maîtres, lui a attiré les foudres des puristes lui reprochant son goût pour les mélodies attractives et la discrétion de ses accompagnateurs à qui n’était demandé d’ailleurs qu’un simple soutien. Il suffit d’entendre les versions publiées sous son nom de Gloria, Body and Soul, Tenderly, Sommebody Loves Me et Them There Eyes pour constater que ces reproches ne tiennent pas. On y décèle, au-delà du succès commercial qu’elles peuvent susciter et dans un contexte différent, les qualités déjà présentes dans ses enregistrements américains d’avant-guerre : une technique vertigineuse, une sonorité pleine et chaleureuse, une invention harmonique d’une grande subtilité, un phrasé impérial et un talent pour habiller les contours d’une mélodie de belles volutes sonores. Pour preuve ses versions de Just One Of Those Things et Lover Come Back To Me avec le pianiste Maurice Vander. Que ce soit avec son quartette ou en compagnie des big band de Tony Proteau et d’Eddie Barclay, le saxophoniste se montre capable de transcender n’importe quel thème, fût-il médiocre. Il n’hésite pas aussi à prêter main forte à ses compatriotes de passage à Paris : Buck Clayton, Johnny Hodges, Harold Baker, Roy Eldridge, Nelson Williams, Dizzy Gillespie auront ainsi recours à ses services. Don Byas a joué un incontestable rôle de catalyseur auprès des jazzmen français. Présent à la séance du 24 novembre 1953 qui donnera deux belles interprétations de Remember My Forgotten Man et Lover Man, le pianiste algérois Martial Solal se souvient : « … Partir pour Paris était peut-être une folie… le vrai mobile était ma passion pour la musique. Entendre Laura par Don Byas, qui m’avait encouragé à venir à Paris, m’avait procuré des sensations inconnues. » (15).

Amsterdam

En 1955, Don Byas s’installe à Amsterdam avec son épouse, Johanna « Jopie » Eksteen, rencontrée quatre ans plus tôt dans un club de la ville, le Sherazade. Cela ne l’empêche pas de se produire encore en France. Ainsi, il partage, le 13 juillet 1958, avec Stan Getz, Coleman Hawkins, Guy Lafitte, Barney Wilen (ts), Martial Solal (p), Arvell Shaw (b) et J. C. Heard (dms), la scène du Festival Européen du Jazz de Cannes et se produit la même année à Toulouse.
Durant les années soixante, ses activités se limitent essentiellement à l’Europe. Il est de la tournée Jazz at The Philharmonic de 1960 qui fait salle comble à Pleyel et se produit à Oslo avec le Kjell Karlsen Big Band (1960), à l’Olympia de Paris et Aux Trois Mailletz en compagnie de Dominique Chanson (1962), au Stadthalle (1963) de Coblence et à la Mutualité (Paris) avec le Earl Hines All Stars (1965). Ses prestations en club, disponibles sur les albums : « At Nalen with Jan Johansson – Live In Swedish Harlem » (1962), « Walkin’ » et « Night in Tunisia » au Jazzhus Montmartre de Copenhague (1963), « Don Byas Autumn Leaves » au Ronnie’s Scott de Londres (1965) et « Don Byas Featuring Sir Charles Thompson » (1967), soulignent sa capacité à évoluer dans n’importe quel environnement. Parallèlement, il enregistre au studio Charlot le recueil « Bud Powell/Don Byas – A Tribute To Cannonball » (1961) et « Ben Webster Meets Don Byas » (1968) qui paraît sur MPS. Occupant une place anecdotique dans sa production, son disque avec la chanteuse de fado Amália Rodrigues n’est pas dépourvu de charme, et le montre, dans un contexte musical peu familier, prêt à relever n’importe quel défi (« Amália Rodrigues with Don Byas », 1968). Un an plus tard, il effectue une tournée triomphale au Japon avec les Jazz Messengers d’Art Blakey. La suite sera moins joyeuse. En 1970, son retour dans son pays natal à l’occasion du Festival de Newport se révèle décevant. Si l’on excepte le documentaire « Don Byas Come Back » produit pour la télévision allemande et un engagement de deux semaines au Village Vanguard, il ne se passe pas grand-chose. Les projets d’enregistrements avortent les uns après les autres : la compagnie Blue Note semble peu intéressée et Prestige propose la somme dérisoire de 300 $ pour organiser une séance. Dépité, Don Byas refuse et revient à Amsterdam retrouver sa famille. Mais le pire l’attend, il est atteint d’un cancer du poumon détecté trop tard. Le 16 septembre 1971, l’orchestre de George Gruntz l’accompagne au Jazz Festival de Zürich pour sa dernière apparition publique connue. Celui que Johnny Griffin surnommait l’Art Tatum du saxophone ténor s’éteindra le 24 août 1972.

Alain Tomas




© 2016 Frémeaux & Associés
Références :
(1) Dan Morgenstern, texte de pochette de l’album « Savoy Jam » RCA.
(2) Jazz Hot n° 131, avril 1958
(3) The Jazz Baron by mike Mataloff www.mikematloff.com/Writing-Misc/Timme.pdf
(4) Harlem Jazz adventures : A European Baron’s Memoir, 1934-1969, edited and translated by Fradley Garner.
(5) Livret de l’album « Ambiances et Slows », Barclay 80970/7.
(6) Don Redman’s 1946 European Tour (donredman1946tour.wordpress.com) par Armin Büttner, Leif Bo Petersen, Anthony Barnett, Howard Rye, Mario Schneeberger and Dieter Salemann.
(7) Donald’s Encyclopedia of Popular Music : Rosenkrantz, Timme, and Inez Cavanaugh.
www.donaldclarkemusicbox.com.
(8) Is This To Be My Souvenir? Jazz Photos, From The Timme Rosenkrantz collection 1918-1969 par Frank Buchman-Moller.
(9) Hazevoet, Cornelis, Don Byas – Part 1: American Recordings 1938-1946 et Part 2: European Recordings 1946-1972.
History of Jazz Tenor Saxophone, volume 4, 1945-1949 par Jan Evensmo, Publications from the Norwegian Jazz Archives N° 11.
Eric Raben , Danish Jazz Discography, www.jazzdanmark.dk
(10) Jazz Hot n°13, janvier 1947.
(11) Bulletin Panassié du 3 septembre 1947.
(12) Itinéraire d’un jazzman européen (1926-1963) par Jean-Pol Schroeder.
(13) Jazz Hot n°29, janvier 1949.
(14) Manuel de Saint-Germain-des-Prés par Boris Vian
(15) Ma vie sur un tabouret de Martial Solal, Actes Sud, 2008.

Remerciements Jean Queinec, Dominique Brigaud et Jean Labaye.


Don Byas

New York - Paris
1938-1955

The importance of Don Byas in the history of jazz goes much further than that of the skilled disciple of Coleman Hawkins, his primary influence. A number of his peers considered him an undisputable reference concerning the tenor saxophone and, to varying degrees, his playing inspired Lucky Thompson, Johnny Griffin, Benny Golson, Paul Gonsalves, Eddie Davis, Frank Foster, Eric Dixon and Bobby Jaspar, all of them musicians seeking to achieve accomplished techniques and beautiful sound. But while his career was globally as prolific as his professional debuts were precocious, fame did not come quickly to him. As shown in this compilation, essentially made up of significant examples of his recorded output during the Forties and Fifties, he had to wait until he was twenty-six before going into a studio. After establishing himself as yet another star in the Count Basie Orchestra, Byas would have to wait again (until 1944) before he made a record under his own name, despite the esteem in which his peers held him and the fact that he was a constant presence in the jazz clubs of New York. And it was only in Europe, which he adopted as his home in 1946, that he would obtain just reward for his talent.

The West Coast
Carlos Wesley Byas was born in Muskogee, Oklahoma on October 21st 1912. Under the influence of his father’s Spanish origins — (he was a clarinettist while Byas’ mother played piano on occasion) — he began to study classical violin and clarinet, later abandoning them in favour of the alto saxophone, which was more adapted to the kind of jazz to which his tastes would naturally lead him.(1) His apprenticeship took place under auspicious circumstances, due to a particularity of the musical life in Oklahoma: it is characterized by a bracing symbiosis of Indian, Afro-American and European traditions, with segregation having much less presence there than in the other States. It’s difficult to put a precise date to his professional debuts. Critic Kurt Mohr declared that Byas, decidedly a precocious youngster, was twelve when he played alto in Benny Moten’s band.(2) A little later, he went on tour with Terence Holder’s Territory Band (Andy Kirk would take over as its leader) and towards 1929 he played with Walter Page’s Blue Devils, a local band destined for a handsome future. Another two years, and he founded (and led) the orchestra at Langston College (calling it Don Carlos and His Collegiate Ramblers), made up of his high-school comrades. (1) In 1933 he left Oklahoma for the West Coast with the Sharp and Flats of trombonist Bert Johnson, and then opted definitively for the tenor saxophone after hearing the solo played by Coleman Hawkins — he was in Fletcher Henderson’s orchestra at the time — on It’s The Talk of The Town. After deciding to stay in California, in 1935 he joined Eddie Barefield and then went to work at the Paradise Club in Los Angeles with Lionel Hampton’s band, where he met saxophonist Herschel Evans just before the latter departed to play with Count Basie. Gigs followed with the 14 Gentlemen of Swing led by Buck Clayton, back from China, and the groups of Lorenzo Flennoy and Charlie Echols (1936).

New York

In 1937, Don Byas settled in New York to work with the band of Eddie Mallory accompanying his wife, singer/actress Ethel Waters. One night, after a concert at the Savoy, he was introduced to Baron Timme Rosenkrantz (a name that appears several times in the course of this tale, due to the importance of his role in the rest of Byas’ career). Born in Copenhagen on July 6th 1911, Rosenkrantz was a genuine Danish aristocrat, and also a jazz collector: right from the beginning he collected discs by Louis Armstrong, Bix Beiderbecke, Joe Venuti, King Oliver and Duke Ellington, and by the age of 22 he had founded JazzRevy (Jazz Review), one of the very first European jazz magazines; it existed for two years. From 1934 onwards, Rosenkrantz lived for half of every year in Harlem, despite warnings from Milton Gabler, the owner of the record-store called the Commodore Shop; Milt thought the neighbourhood was dangerous for Whites… After becoming a friend of critic John Hammond, who introduced him to various jazz circles, the Baron used to hang out at the Savoy, and there he made friends with numerous musicians; he was a talented journalist, and wrote many articles for Down Beat, Metronome, Esquire and Melody Maker. As he pointed out in his memoirs, Rosenkrantz immediately saw that Don Byas had talent; he also noticed trombonist Tyree Glenn, the other star of Mallory’s band, and he convinced Eli Oberstein, the Victor Company’s producer, to include them in the orchestra he was putting together: “Timme Rosenkrantz And His Barrelhouse Barons”.(3,4) In that group were Rex Stewart (cornet), Russell Procope, Rudy Williams (alto), Billy Kyle (piano), Walter Page (bass), Jo Jones (drums) and singer/journalist Inez Cavanaugh, who would become his partner for life. They released four titles, two of which enable you to hear Don Byas: on A Wee Bit Of Swing he plays a solo that imposed him as the tenor’s rising star. Both Metronome and Down Beat magazines would pay homage to the Baron’s producing-talents: they referred to that session as one of the best of the entire year (1938). That same year, he contributed — with a great deal of assurance — to the tune Ride, Red, Ride in the film “Readin’, Ridin’ and Rhythm” (in which he took part along with Lucky Millinder’s big-band.) That impression of assurance is confirmed by the records he made with Andy Kirk alongside Dick Wilson, another great tenor player. The title Wham (1940) revealed a soloist — regally at ease — who was developing a style of his own, even if the influence of Herschel Evans appears here and there. Working in the bands of Edgar Hayes and Benny Carter, whom he idolized in his early days, “Don Carlos” found himself increasingly solicited: he accompanied Billie Holiday in the studio, and on November 11th 1940, alongside Hot Lips Page, he produced a solo on Lafayette that announced his bright future.
In January ‘41 Basie hired him. Apart from Paul Bascomb’s brief stay, Byas joined as the replacement for Lester Young, and his three years with Basie made him famous. The band was in one of its periods of splendour, with the blues “shouter” Jimmy Rushing and soloists of the class of Buck Clayton, Harry Edison and Dicky Wells. Taking advantage of such a dream environment, Byas equitably shared solos on tenor with his neighbour in the reed section, Buddy Tate, and contributed very nicely to the sides officially produced for the Okeh label, or those issuing from radio broadcasts from the Cafe Society Uptown and the Trianon Ball Room. On the 17th of November that year he recorded the luminescent introduction to Harvard Blues that precedes Jimmy Rushing’s vocal. With each phrase detailed in perfect taste, these twenty-four bars summarize the art of Don Byas: you hear a sound made of velvet that is both ample and vibrant, and his discourse, which reveals an elegant rigour, has an inspired melody line of voluptuous contours. So much so that Byas made it necessary to have a vocalist of Jimmy Rushing’s stature if the tension was to be maintained. Considered one of the best of Basie’s records, this moment of grace was to become Byas’ bravura piece on tenor, the equal of Ben Webster’s solos on Cotton Tail and those played by Illinois Jacquet on Flyin’ Home. The following year (July 24th) he was alongside Buck Clayton, the soloist in the sextet built around the Count’s wonderful rhythm section. Completely sure of himself, Byas isn’t left in awe of these prestigious soloists, as shown by his authoritarian entrance when he takes his first solo on Royal Garden Blues, or in his contribution to Sugar Blues.
Byas didn’t limit his activity to playing with Basie alumni. He was tireless in jam sessions — Coleman Hawkins invited him out to the Yacht Club — and a common sight at the Onyx Club, where the likes of Dizzy Gillespie, Oscar Pettiford, Max Roach and George Wallington were taking part in the construction of bop. Live recordings made ad hoc by Jerry Newman (with whatever equipment there was to hand) at Minton’s Playhouse and the Uptown House give a very good account of the atmosphere that reigned in those establishments where, according to writer Ralph Ellinson, there was a permanent symposium of all kinds of jazz. The young Sonny Stitt, another eye-witness present at the legendary duels of the Forties between famous saxophonists, remembered, “Can you imagine Lester Young, Coleman Hawkins, Chu Berry, Don Byas and Ben Webster on the same little jam session? That’s what it was — a saxophone duel. And guess who won the fight? Don Byas walked off with everything.”

When Byas left Basie in December 1943 he was 31, an accomplished musician appreciated by his peers; one of the consequences was an invitation he received from Coleman Hawkins on May 24th 1944 inviting him to join his Sax Ensemble, along with Tab Smith and Harry Carney, and record four titles for Keynote. It was a chance for him to measure himself against the master, and even to raise his game in Three Little Words. He was particularly sought-after and recorded in widely varying contexts: with Albert Ammons’ Rhythm Kings, pianist Eddie Heywood, Mary Lou Williams and Benny Goodman. His association with the great trumpeter/blues vocalist Hot Lips Page and pianist Clyde Hart, whom he knew from jam sessions, was especially productive, as can be heard from his solo on Dance Of The Tambourine dating from the Savoy session on June 14th 1944. Still with Page and Clyde Hart, but this time for Commodore, Byas was at his best in You Need Coachin’ and These Foolish Things (September 29th 1944). Drummer Cozy Cole invited him down to the studios with his All Stars in November to take part in the recording of Comes The Don. And in February ’45 he accompanied Big Joe Turner brilliantly in S. K. Blues Pt.2. So it was an intensely busy period for Don Byas, with recording-sessions during the daytime and club-appearances in the evenings, playing with the best. It might even surprise people to learn that he was already aged thirty-two before, on July 28th 1944, Savoy’s producer Teddy Reig offered him the chance to make a record under his own name. For the occasion, the saxophonist was accompanied by his friend Charlie Shavers, the faithful Clyde Hart, bassist Slam Stewart (another of his favourite partners) and drummer Jack Parker, whom he’d met when he was playing with Hot Lips Page. On Riffin’ and Jivin’, built around the chords of I Got Rhythm, Byas distils a clear discourse without ever seeming bothered by the speed of the tempo. The delicate sensuality and impeccable musical taste with which he clothes the melody of Worried ‘N Blue makes him a master ballad-player. Later he would take the genre to its quintessence with sublime versions of September Song, Blue and Sentimental, You Got To My Head and Laura (the latter became his signature-tune). Don Byas had one success after another playing with just a rhythm-section and (often) one trumpeter: there was Charlie Shavers (Riffin’ and Jivin’, Worried ‘N Blue), Joe Thomas (Pennies From Heaven, Should I?), Buck Clayton (Out Of Nowhere), Benny Harris (Candy, Donby alias Perdido)… Wardell Gray and Dexter Gordon even picked up his version of Byas-A-Drink (alias Stompin’ At The Savoy) in one of their famous duels. Recordings like those, made for small, independent labels in conditions that were sometimes precarious (Savoy, Jamboree, Hub, Super Disc, American, Continental, Arista, Gotham) came to crystallize all the qualities of an artist whose language was original. While the volume of his sound and those elaborate phrases, filled with notes built around the harmonic thread of a piece, made him an heir to Coleman Hawkins, Byas had many cards that were all his own. His remarkable knowledge of harmony, for example: subtle ways of treating diminished chords allowed him to practise skilful cuts in his phrasing with regard to the theme and launch vigorously into vibrant improvisations. At a French concert in Toulouse in 1947, he told pianist Henri Renaud that the foremost of his inspirations was Benny Carter, and that his ideal would have been to play like Art Tatum (who appreciated Byas greatly). So it’s no great surprise that the Manor sides (recorded in 1945 with the All Stars of Dizzy Gillespie (Be Bop) and the group of Oscar Pettiford (Something For You, alias Max Is Making Wax), show Byas completely at ease in a musical environment that heralded bop. Yet Don Byas was not fundamentally a “bopper”: his phrasing stayed strongly anchored in the swing tradition, even if his virtuoso technique allowed him to overcome all the difficulties set by the rapid tempo of Cherokee. As Pierre Voran pointed out so rightly, Don Byas privileged sound above all else: “Carlos would blow a single note, and then hold it, making it swell, ample and magnificent. Each note had the beauty of a cathedral... for Don, sound was the basis of music, and the ultimate aim of all music.”(5) His gift was finally recognized when readers and critics elected him 1945’s “Saxophonist of the Year” in American magazine Esquire. It gave Byas the chance to go into the studio with Johnny Hodges and play a beautiful version of Gone With The Wind.

Conquering Europe: the Don Redman tour

The career of Don Byas took an unexpected turn in 1946 thanks to one of his earliest fans, the faithful Baron Timme Rosenkrantz. During World War Two this highly colourful character lived in The United States, where he opened a record-shop in New York known as the Mel-O-Dee Music Shop; after its back room was transformed into a rehearsal studio, regular visitors included Stuff Smith, Bill Coleman and John Kirby. Timme also had a knowledgeable ear (thanks to which Erroll Garner was discovered), and during June 1945 he was the promoter of the famous Town Hall concerts featuring Gene Krupa, Red Norvo, Teddy Wilson, Billy Taylor, Stuff Smith and Flip Phillips. This vibrant reading of Indiana was given by Don Byas and Slam Stewart. Back home at the end of the war, Rosenkrantz wanted to make Danish jazz a little more dynamic and so he asked Don Redman to put together an orchestra for a tour in Europe. Apart from Don Byas and the singer Inez Cavanaugh, the band comprised Peanuts Holland (trumpet, vocals), Bob Williams, Alan Jeffreys (trumpet), Tyree Glenn (trombone, vibraphone, vocals), Quentin Jackson, Jackie Carman (trombones), Chancey Haughton (clarinet, alto saxophone), Pete Clark (alto), Ray Abrams (tenor), Billy Taylor (piano), Ted Surgis (bass) and Buford Oliver (drums), with Don Redman doing the arrangements as well as singing and playing alto. The European circuit undertaken by the Redman orchestra is described in detail on the excellent website run by Armin Büttner et al.(6) The band was given an enthusiastic welcome by a platoon of Danish musicians on arrival at Copenhagen Airport on September 7, 1946, and they played on the 15th at the K.B. Hallen venue in town before visiting Oslo, Stockholm, Namur, Brussels, Geneva, Lausanne, Basel, Zürich, and then Germany, where they played for a U.S. Army audience. After a final gig at the Munich Club on November 30th the group disbanded, due to the uncertainty of future concerts. Initially plans had been made for the whole group to play in Paris for three weeks, but that was before opposition from the French musicians’ union, and only Peanuts Holland, Tyree Glenn, Don Redman, Don Byas, Billy Taylor, Buford Oliver and Jean Bouchety, the bass-player from Alix Combelle’s band, would finally appear in Paris (at Pleyel) on December 22nd 1946. The same group, enlarged with the addition of guitarist Jean-Jacques Tilché, trombonist Nat Peck and singer Inez Cavanaugh, spent three weeks at the Beaulieu, a club on the Rue du Faubourg Saint-Honoré. The tour’s other protagonists had various destinies: Jack Carman and Alan Jeffreys went to Germany; in Southampton on December 7th, Ray Abrams, Pete Clark, Quentin Jackson and Ted Sturgis boarded the liner “Queen Elizabeth” and went to the USA; and Inez Cavanaugh went to Spain, where she joined Don Byas in the orchestra led by Bernard Hilda. At the end of the Forties, she opened her own jazz club in Paris on the Rue Champollion, “Chez Inez”, which became a regular meeting-place for the capital’s American community. Inez was still singing in Paris in 1962: she was at the Blue Note on the Rue d’Artois in February that year with Jean-Marie-Ingrand on piano and drummer Larry Ritchie.(7)
On his return to New York in 1947, the Baron set up jam sessions at the Café Bohemia while producing sessions for Baronet and Embassy. When he went home to Denmark he had his own jazz show on radio and opened “Timme’s Club” in Copenhagen, where Ben Webster worked (plus Count Basie and Mary-Lou Williams), and also Inez Cavanaugh, who would appear on a Teddy Wilson album entitled “An Evening At Timme’s Club” (1968). After being taken ill, the Baron died on August 11th 1969, and those attending his funeral included Duke Ellington, John Hammond, Stanley Dance and Tyree Glenn... The Baron took many photographs during his life in jazz and they constitute a unique document; they were published by Frank Buchman-Moller in “Is This To Be My Souvenirs? Jazz Photos From The Timme Rosenkrantz Collection.”(8)

There are a few traces on record of Don Redman’s tour, but the sound quality of most of them is rustic: the Steeplechase set “Don Redman And His Orchestra For Europeans Only” (CD 36029) has titles recorded at the K.B. Hallen, and the October 27 concert at the Victoria Hall in Geneva is available on the album “Don Redman Orchestra, Geneva 1946 - Swiss Radio Days Jazz Series Vol.11”, (TCB-CD 02112). There are also acetates of the October 31 concert at the Kuchlin Theater. Yan Evensmo’s solography, and the discographies of Cornelis J. Hazevoet and Eric Raben, mention the existence of concert- and jam-session-recordings coming from the München restaurant and preserved by Denmark radio.(9) On them you can hear Don Byas perform Laura with all the talent for which he was known.
The orchestra’s performances were generally well received by the specialist-press even if a few critics, like Carlos de Radzitzky, the Chief Editor of Hot Club Magazine, were less than impressed with Redman’s arrangements, the anonymous rhythm section and the overall lack of originality within the group. But as for the musicians’ individual performances, and those of Redman in particular, they were appreciated. The only reservations they had concerned the playing of Alan Jeffreys and Jack Carman, the band’s two white musicians… In France the event was hailed in a lukewarm article by André Hodeir in Jazz Hot(10): the maestro recognized excellent moments from Don Byas in Honeysuckle Rose but, visibly less susceptible to the charms of Laura, he rebuked him for vaunting his technique and conforming to “facile” melodies. Reviewing the Beaulieu concert, Guy Montassut devoted himself to a fairer analysis and predicted a great future for Don Byas(10). That was also Hugues Panassié’s opinion; he considered it enormous luck to have musicians of the calibre of Don Byas, Billy Taylor and Buford Oliver in Paris, after seven whole years of separation.(11) Whatever the critics said, however, the visit by Don Redman and his orchestra provided a unique opportunity for the European audience, cut off from America by the war, to appreciate the talent of this saxophonist known only to a handful of fans.

Paris and Barcelona
Don Byas thought that America didn’t hold him in as much esteem as he deserved; he was also seduced by the welcome reserved for him in Europe, and so he decided to stay there. Record companies had already opened their doors to him; the Swing label founded by Charles Delaunay (Gloria, Body and Soul), and Blue Star, the company recently set up by Eddie Barclay and his wife Nicole, recorded Byas as a leader with survivors from Don Redman’s orchestra, sometimes reinforced by Jean Bouchety. During a short stay in Holland, a session on April 7th 1947 produced four sides for Decca by “Tyree Glenn, Don Byas and Their Orchestra.” On Thursday, March 6th that year Don Byas had turned up in Brussels to take part in some particularly lively jam sessions with saxophonist Raoul Faisant. In Liege he was given a place to stay by the young saxophonist Bobby Jaspar, one of his great admirers, and he played with The Bob Shots.(12) But all good things come to an end, and Byas opened the summer season in Barcelona, where Bernard Hilda’s formation was waiting for him at the Copacabana. In the room there was a fourteen-year old who listened to him, fascinated: Tete Montoliu was his name, and the pianist would accompany him later on several occasions. Along with Inez Cavanaugh and the dance-couple “Pops and Louie”, Byas took part in the show “Blanco y Negro” at the Bolero before going on to Madrid to meet up with the big band of Luis Rovira, where he stayed until he went on tour in Portugal early in the summer of 1948. Spanish critic Alfredo Papo remembers the atmosphere of the Barcelona jam sessions which he was privileged to see at first hand: “A few of them were successful, others quite eventful, either because the police burst in at four in the morning, or because Don had been drinking a bit too much. I have to say that Don discovered an excellent Spanish brandy sold by Gonzalez Byass… he was telling everyone, ‘It’s my cousin’s brandy! I love my cousin!’”(13)
His Spanish recordings, reissued by the Fresh Sound label, showed him not always well accompanied, and also very reserved overall, much to his fans’ disappointment. At the end of 1948 Byas went back to Paris. He became a familiar figure in Saint-Germain-des-Prés nightlife, feeling very much at home there. A bartender named Henri Leduc initiated him into the secrets of Parisian slang, and Boris Vian devoted a chapter to him in his “manual” of Saint-Germain-des-Prés that was full of humour, and where you could read: “…an impenitent skirt-chaser, he’s an easy prey for the weaker sex… for whom he has too much of a weakness.”(14) In the summer, Byas refused to play anywhere except Saint-Tropez, where he used to go fishing (even scuba fishing). A French television documentary (probably dated around 1955) shows him arriving at the town’s Club Tropicana with a harpoon gun in one hand and his saxophone in the other, with his bathing suit his only stage-dress. They had fun on the French Riviera in those days and it’s not hard to understand why Byas burned his American bridges permanently. Don Byas was very much sought-after and he appeared regularly at the Club Saint-Germain and the Vieux Colombier with Bill Coleman. The year 1949 was splendidly full. On January 14th in Strasbourg the Palais des Fêtes welcomed him with the “Edward’s Jazz Band”, named after one of the annexes at the Edward VII Theatre. The band featured Michel de Villers (alto), Bernard Pfeiffer (piano), Géo Daly (vibraphone), Jean Bouchety (bass) and Roger Paraboschi (drums). Recordings of the event were issued on a CD entitled “Bill Coleman and Don Byas, Edward’s Jazz Band” (Clifford CJRCD 1002). The next month he triumphed at the Bel-Air Theatre in Lausanne with the same group plus singer Pops Whitman; that concert was broadcast by Swiss Radio and reissued as part of the “Swiss Radio Days Jazz Series”. On May 15th 1949 he came onstage at Pleyel in Paris with trumpeter Hot Lips Page, as part of the Festival de Paris, appearing with a galaxy of stars including Charlie Parker in the closing jam session. During the Fifties, Byas appeared all over: in Casablanca, at the Kongresshaus in Zurich with Duke Ellington’s big band (1950), at the Palais des Beaux Arts in Brussels with the Saragota Jazz Hounds (1951), at the Sully in Limoges, and in Paris at the Théâtre des Champs-Élysées (with Dizzy Gillespie) and at the Salon International du Jazz (1952).
Between the end of ’46 and the mid-Fifties Don Byas recorded prolifically for Swing, Blue Star, Jazz Sélection, Vogue and Barclay. The quality of his sides was constant, but they weren’t always appreciated as much as they deserved. A number of ballads featured in his repertoire; purists rebuked his taste for attractive melodies, and also criticized his sidemen for their discretion although they hadn’t been asked for anything more than support… You have only to listen to the versions of Gloria, Body and Soul, Tenderly, Somebody Loves Me and Them There Eyes that were released under his name to see that the above criticism was unfounded. Apart from any sales success they may have enjoyed, you can hear qualities that were already present, in a different context, in his pre-war American recordings: dizzying technique, a full, warm sound, harmonic invention of great subtlety, imperial phrasing and a talent for draping the contours of a melody with beautiful curls of sound. Take his versions of Just One Of Those Things and Lover Come Back To Me with pianist Maurice Vander for example. Whether playing with a quartet or in the big bands of Tony Proteau and Eddie Barclay, the saxophonist showed himself capable of transcending any theme no matter how unoriginal it might be. Nor did he hesitate to lend a hand to compatriots when they passed through Paris: Buck Clayton, Johnny Hodges, Harold Baker, Roy Eldridge, Nelson Williams and Dizzy Gillespie would all call on his services. Don Byas unarguably played a role as a catalyst for French jazz musicians. The Algiers-born pianist Martial Solal, who was present at the session on November 24th 1953 that produced two beautiful performances of Remember My Forgotten Man and Lover Man, remembered: “Maybe it was madness to go and live in Paris… The real motive was my passion for the music. Listening to ‘Laura’ by Don Byas, who encouraged me to go to Paris, procured strange feelings.”(15)

Amsterdam

In 1955 Don Byas settled in Amsterdam with his wife Johanna “Jopie” Eksteen, whom he’d met four years previously at Amsterdam’s Sheherazade club, but he continued playing in France. On July 13th 1958 he was on the bill at the European Jazz Festival held in Cannes, along with Stan Getz, Coleman Hawkins, Guy Lafitte and Barney Wilen (tenors), Martial Solal (piano), Arvell Shaw (bass) and drummer J. C. Heard, and Don also played in Toulouse that year.
In the Sixties he confined his activities essentially to Europe; in 1960 he was part of the JATP tour (a sold-out concert at Pleyel), and he appeared in Oslo with the Kjell Karlsen Big Band; in 1962 he played at the Olympia in Paris and at the Trois Mailletz with Dominique Chanson; he was at the Stadthalle in Koblenz in ’63, and in 1965 he played in Paris again, this time at the Mutualité, with the Earl Hines All Stars. His club gigs in that period underlined his capacity for adapting to all environments, as shown by his appearances recorded on these albums: “At Nalen with Jan Johansson – Live In Swedish Harlem” (1962); “Walkin’” and “Night in Tunisia” at Copenhagen’s Jazzhus Montmartre (1963); “Don Byas, Autumn Leaves” at Ronnie Scott’s in London (1965); and “Don Byas Featuring Sir Charles Thompson” (1967). In parallel, he recorded the set “Bud Powell/Don Byas – A Tribute To Cannonball” (1961) at the Charlot studio and “Ben Webster Meets Don Byas” (1968), the latter for MPS. His record with fado singer Amália Rodrigues (a curiosity in his discography) is a charming effort, and shows that Don Byas was ready to take up a challenge in any musical context that was foreign to him (cf. “Amália Rodrigues with Don Byas”, 1968). A year later he triumphantly toured Japan with Art Blakey’s Jazz Messengers, but the ensuing period was less joyful. His return home to America in 1970 (the occasion was the Newport Jazz Festival) turned out to be a disappointment. Apart from the documentary “Don Byas Come Back” produced for German television, and a two-week engagement at The Village Vanguard, not much happened. Record-projects were aborted one after another: Blue Note didn’t seem to have much interest and Prestige offered Byas the derisory sum of $300 to set up a session… In a pique, Byas flatly refused and went back to Amsterdam and his family. But worse was to come. He was diagnosed with lung cancer, too late for anything to be done. On September 16th 1971, the George Gruntz Orchestra accompanied him at the Zurich Jazz Festival on his last known appearance. The man Johnny Griffin called “The Art Tatum of the tenor saxophone” passed away on August 24th 1972.

Adapted by
Martin Davies
from the French Text of
Alain Tomas

© 2016 Frémeaux & Associés
Notes:
(1) Dan Morgenstern, album sleeve-notes, “Savoy Jam”, RCA.
(2) Jazz Hot N° 131, April 1958
(3) “The Jazz Baron” by Mike Mataloff, www.mikematloff.com/Writing-Misc/Timme.pdf
(4) Harlem Jazz Adventures: A European Baron’s Memoir, 1934-1969, edited and translated by Fradley Garner.
(5) Album sleeve-notes, “Ambiances et Slows”, Barclay 80970/7.
(6) Don Redman’s 1946 European Tour (donredman1946tour.wordpress.com) by Armin Büttner, Leif Bo Petersen, Anthony Barnett, Howard Rye, Mario Schneeberger and Dieter Salemann.
(7) Donald’s Encyclopaedia of Popular Music: Rosenkrantz, Timme, and Inez Cavanaugh.
www.donaldclarkemusicbox.com.
(8) “Is This To Be My Souvenir? Jazz Photos from the Timme Rosenkrantz Collection 1918-1969” by Frank Buchman-Moller.
(9) Hazevoet, Cornelis, “Don Byas – Part 1: American Recordings 1938-1946” and “Part 2: European Recordings 1946-1972”. “History of Jazz Tenor Saxophone, Vol. 4, 1945-1949” by Jan Evensmo. Publications from the Norwegian Jazz Archives N° 11.
Eric Raben , Danish Jazz Discography, www.jazzdanmark.dk
(10) Jazz Hot N° 13, January 1947.
(11) Bulletin Panassié dated September 3, 1947.
(12) “Itinéraire d’un jazzman européen (1926-1963)” by Jean-Pol Schroeder.
(13) Jazz Hot N° 29, January 1949.
(14) “Manuel de Saint-Germain-des-Prés” by Boris Vian
(15) “Ma vie sur un tabouret” by Martial Solal, Actes Sud, 2008.


Thanks to Jean Queinec, Dominique Brigaud and Jean Labaye



Formations & Dates d’enregistrement / Personnel & Recording Dates


CD 1
1. A Wee Bit Of Swing 023502-1
Timme Rosenkrantz and His Barrelhouse Barons : Rex Stewart (cnt), Billy Hicks (tp), Tyree Glenn (tb, vib), Russell Procope, Rudy Williams (as), Don Byas (ts), Billy Kyle (p), Brick Fleagle (g), Walter Page (b), Jo Jones (d).
New York, 27/05/1938.

2. Wham 67010-A
Andy Kirk and His Clouds of Joy : Andy Kirk (dir), Harry Lawson, Clarence Trice, Earl Thomson (tp), Ted Donnelly, Fred Robinson (tb), Earl Miller (as), John Harrington (cl, as, bs), Don Byas, Dick Wilson (ts), Mary Lou Williams (p), Floyd Smith (g), Booker Collins (b), Ben Thigpen (d), June Richmond (vo).
NYC, 02/01/1940.

3. Lafayette 68334-A
Oran ‘Hot Lips’ Page and His Band : Oran ‘Hot Lips’ Page (tp), Eddie Barefield (cl, as), Don Stovall (as), Don Byas (ts), Pete Johnson (p), John Collins (g), Abe Bolar (b), A.G. Godley (d).
NYC, 11/11/1940.

4. Harvard Blues 31768-1
Count Basie and His Orchestra : Harry Edison, Buck Clayton, Al Kilian, Ed Lewis (tp), Eli Robinson, Ed Cuffee, Robert Scott (tb), Tab Smith (ss, as), Earle Warren (as), Don Byas, Buddy Tate (ts), Jack Washington (bs), Count Basie (p), Freddie Green (g), Walter Page (b), Jo Jones (d) Jimmy Rushing (vo).
New York 17/11/1941.

5. Royal Garden Blues HCO 874-1
Count Basie And His All-American Rhythm Section : Buck Clayton (tp), Don Byas (ts), Count Basie (p), Freddie Green (g), Walter Page (b), Jo Jones (d).
Los Angeles, 24/07/1942.

6. Sugar Blues HCO 876-1
idem

7. Three Little Words HL 30-1
Coleman Hawkins and His Sax Ensemble : Tab Smith (as, arr), Coleman Hawkins, Don Byas (ts), Harry Carney (bs), Johnny Guarnieri (p), Al Lucas (b), Sidney Catlett (d).
NYC, 24/05/1944.
8. Dance Of The Tambourine S 5462
Hot Lips Page’s Swing Seven : Oran ‘Hot Lips’ Page (tp, mellophone, vo), Floyd ‘Horsecollar’ Williams, George Johnson (as), Don Byas (ts), Clyde Hart (p), John Simmons (b), Sidney Catlett (d).
NYC, 14/06/1944.
9. Riffin’ And Jivin’ S 5490
Don Byas Swing Shifters : Charlie Shavers (tp), Don Byas (ts), Clyde Hart (p, celeste), Slam Stewart (b), Jack ‘The Bear’ Parker (d).
NYC, 28/07/1944.
10. Worried ‘N Blue S 5492
idem
11. These Foolish Things A 4816-1
Hot Lips Page Band : Oran ‘Hot Lips’ Page (tp, vo), Earl Bostic, B.G. ‘Butch’ Hammond (as), Don Byas (ts), Clyde Hart (p), Al Lucas (b), Jack ‘The Bear’ Parker (d).
NYC, 29/09/1944.
12. You Need Coachin’ A 4815-1
idem
13. Comes The Don S 3284
Cozy Cole and His Orchestra : Charlie Shavers (tp), Hank D’Amico (cl), Don Byas, Coleman Hawkins (ts), Johnny Guarnieri (p), Tiny Grimes (g), Slam Stewart (b), Cozy Cole (d).
NYC, 21/11/1944.
14. Bebop (Dizzy’s Fingers) W1226
Dizzy Gillespie Sextet : Dizzy Gillespie (tp), Trummy Young (tb), Don Byas (ts), Clyde Hart (p), Oscar Pettiford (b), Shelly Manne (d).
NYC, 09/01/1945.

15. Something For You W1218
Oscar Pettiford and His 18 All Stars : Dizzy Gillespie, possibly Bill Coleman, possibly Benny Harris, unknown (tp), Trummy Young, Benny Morton, possibly Vic Dickenson, unknown (tb), Johnny Boswell, unknown (as), Don Byas, unknown (ts), Serge Chaloff (bs), Clyde Hart (p), Al Casey (g), Oscar Pettiford (b), Shelly Manne (d).
NYC, 09-01-1945.

16. Pennies From Heaven MJ-7001
Don Byas All Stars : Joe Thomas (tp), Don Byas (ts), Johnny Guarnieri (p), Billy Taylor (b), Cozy Cole (d).
NYC, 23-01-1945.

17. Should I ?  MJ-7002
idem

18. S.K. Blues Part 2 NCS 34
Big Joe Turner acc. By Pete Johnson All Stars : Big Joe Turner (vo), Frank Newton (tp), Don Byas (ts), Pete Johnson (p), Leonard Ware (g), Al Hall (b), Harold « Doc West (dms).
New York, 02-02-1945.
19. Indiana
Don Byas Duo : Don Byas (ts), Slam Stewart (b).
NYC Town Hall, 09/05/1945

20. Out Of Nowhere MJ-7008
Don Byas All Stars : Buck Clayton (tp), Don Byas (ts), Johnny Guarnieri (p), Eddie Safranski (b), Denzil Best (d).
NYC, 27/06/1945.

21. Slammin’ Around MF-17
Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Erroll Garner (p), Slam Stewart (b), Harold « Doc » West (d).
NYC, 30-08-1945.


CD 2

1. Laura American A-1001
Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Johnny Guarnieri (p), Slam Stewart (b), J. C. Heard (d).
NYC, 06/09/1945.

2. Melody In Swing MF27-1
Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Johnny Guarnieri (p), Al Hall (b), Sid Catlett (d).
NYC, 12/09/1945.

3. Blue And Sentimental MJ-7011
Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Johnny Guarnieri (p,), Eddie Safranski (b), J. C. Heard (d).
NYC, 03/10/1945.

4. Wrap Your Troubles In Dreams WS-502
Slam Stewart Quartet : Don Byas (ts), Erroll Garner (p), Slam Stewart (b), Harold «Doc» West (d).
New York, 01/11/1945.
5. Donby S-5847
Don Byas Quintet : Benny Harris (tp), Don Byas (ts), Jimmy Jones (p), John Levy (b), Fred Radcliffe (d).
NYC, 26/11/1945.
6. Candy S-5845
idem
7. Byas-A-Drink S 5848
idem
8. Gone With The Wind 5023-1
Esquire All-American 1946 Award Winners : Johnny Hodges (as), Don Byas (ts), Billy Strayhorn (p), Remo Palmieri (g), Chubby Jackson (b), Sonny Greer (d).
NYC, 10/11/01/1946.
9. Cherokee S-59051
Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Teddy Brannon (p), Frank Skeete (b), Fred Radcliffe (d).
NYC, 17/05/1946.
10. September Song S-3333
Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Sanford Gold (p), Leonard Gaskin (b), Max Roach (d).
NYC, 21-08-1946.

11. I’ve Found A New Baby S-3335
idem

12. You Got To My Head S1-182
Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Berryl Booker (p), John Simmons (b), Red Radcliffe (d).
NYC, Early september 1946.

13. Gloria Swing OSW 438-1
Don Byas And His Orchestra : Don Byas (ts), Billy Taylor (p), Ted Sturgis (b), Buford Oliver (d).
Paris, December 4, 1946.

14. Body And Soul Swing OSW 447-1
Don Byas Quartet : Don Byas (ts), Billy Taylor (p), Jean Bouchety (b), Buford Oliver (d).
Paris, 06-01-1947.

15. Tenderly 4137
Don Byas et ses rythmes : Don Byas (ts), Maurice Vander (p), Pierre Michelot (b), Benny Bennett (d).
Paris, 09-11-1951.
16. Somebody Loves Me 14992
Don Byas et ses rythmes : Don Byas (ts), Art Simmons (p), Joe Benjamin (b), Bill Clark (d).
Paris, 10-04-1952.

17. Them There Eyes 52-V-4399
Don Byas et ses rythmes : Don Byas (ts), Georges ‘Géo’ Daly (vib), Christian Chevalier (p), Pierre Michelot (b), Richie Frost (d).
Paris, 18-07-1952.

18. Remember My Forgotten Man VG LD 222
Don Byas et ses Rythmes : Don Byas (ts), Martial Solal (p), Pierre Michelot (b), Benny Bennett (d).
Paris, 24/11/1953.

19. Lover Man VG LD 222
idem

20. Lover Come Back To Me 55V5129-1
Don Byas et ses Rythmes : Don Byas (ts), Sadi (vib), Maurice Vander (p), Pierre Michelot (b), Benny Bennett (d).
Paris, 10/05/1955.

21. Just One Those Things 55V5137
idem mais 11/05/1955.


« Don Byas privilégiait à toute chose le “son” : il soufflait une seule note, il la tenait, il la gonflait ample et magnifique : chaque note était belle comme une cathédrale. »    Pierre Voran
“Don Byas gave pride of place to one thing over all else: sound. He would blow a note and then hold it, making it swell into something ample and magnificent. Each note had the beauty of a cathedral.”
Pierre Voran


CD 1

 1. A Wee Bit Of Swing (L. Mathiesen, T. Rosenkrantz)    2’33
 2. Wham Re Bop Boom Bam (E. Durham, J. Taps Miller)    3’03
 3. Lafayette (C. Basie, E. Durham)    2’47
 4. Harvard Blues (G. Frazier, T. Smith, C. Basie)    3’22
 5. Royal Garden Blues (C. Williams, S. Williams)    3’08
 6. Sugar Blues (C. Williams, L. Fletcher)    3’01
 7. Three Little Words (H. Ruby, B. Kalmer)    4’55
 8. Dance Of The Tambourine (O. Page)    3’03
 9. Riffin’And Jivin’ (Don Byas)    2’57
10. Worried ‘N Blue (Don Byas)    3’16
11. These Foolish Things (Remind Me Of You) (H. Marvell, J. Strachey, H. Link)    2’56
12. You Need Coachin’ (O. Page)    3’15
13. Comes The Don (W. Thomas, C. Cole, Don Byas)    2’33
14. Be Bop (Dizzy’s Fingers) (D. Gillespie)    3’09
15. Something For You (O. Pettiford)    2’30
16. Pennies From Heaven (J. Burke, A. Johnson)    3’10
17. Should I? (N. H. Brown, A. Freed)    2 37
18. S.K. Blues Pt 2 (S. King)    2’56
19. Indiana (J. Hanley, B. MacDonald)    5’15
20. Out Of Nowhere (J. Grey, E. Heyman)    3’16
21. Slammin’Around (Don Byas)    2’45

CD 2
 1. Laura (D. Raskin, J. Mercer)    2’49
 2. Melody In Swing (S. Catlett, T. Grimes)    3’16
 3. Blue and Sentimental (M. David, C. Basie, J. Livingstone)    3’14
 4. Wrap Your Troubles In Dreams (T. Koehler, B. Moll, H. Barris)    2’58
 5. Donby (Don Byas)    3’11
 6. Candy (M. David, A. Cramer, J. Whitney)    3’18
 7. Byas-A-Drink (Don Byas)    2’45
 8. Gone With The Wind (Autant en emporte le vent)(A. Wrubel, H. Magidson)    4’38
 9. Cherokee (R. Noble)    3’01
10. September Song (K. Weill, Anderson)    2’56
11. I’ve Found A New Baby (J. Palmer, C. Williams)    2’38
12. You Got To My Head (H. Gillespie, F. Coots)    2’54
13. Gloria (Don Byas, C. Nougaro)    3’08
14. Body And Soul (J. Green, F. Eyton, E. Heyman)    3’01
15. Tenderly (W. Gross, J. Lawrence)    3’33
16. Somebody Loves Me (B. McDonald, B. DeSylva, G. Gershwin)    2’51
17. Them There Eyes (M. Pinkard, D. Tauber, W. Tracey)    3’14
18. Remember My Forgotten Man (J. Kern)    3’13
19. Lover Man (J. Davis, R. Ramirez, J. Sherman)    4’01
20. Lover Come Back To Me (S. Romberg, O. Hammerstein II)    3’28
21. Just One Those Things (C. Porter)    2’42





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 A Wee Bit Of Swing02'35
02 Wham Re Bop Boom Bam03'05
03 Lafayette02'49
04 Harvard Blues03'23
05 Royal Garden Blues03'10
06 Sugar Blues03'02
07 Three Little Words04'57
08 Dance Of The Tambourine03'05
09 Riffin' And Jivin'02'59
10 Worried N'Blues03'18
11 These Foolish Things02'58
12 You Need Coachin'03'16
13 Comes The Don02'35
14 Be Bop03'11
15 Something For You02'32
16 Pennies From Heaven03'12
17 Should I02'39
18 Sk Blues Part 202'58
19 Indiana05'17
20 Out Of Nowhere03'17
21 Slammin' Around02'45
CD 2
01 Laura American02'50
02 Melody In Swing03'18
03 Blue And Sentimental03'16
04 Wrap Your Troubles In Dreams03'00
05 Donby03'13
06 Candy03'20
07 Byas A Drink02'47
08 Gone With The Wind04'40
09 Cherokee03'03
10 September Song02'57
11 I'Ve Found A New Baby02'40
12 You Got To My Head02'56
13 Gloria Swing03'10
14 Body And Soul Swing03'03
15 Tenderly03'35
16 Somebody Loves Me02'53
17 Them There Eyes03'16
18 Remember My Forgotten Man03'15
19 Lover Man04'02
20 Lover Come Back To Me03'30
21 Just one Those things02'42
« Un double CD providentiel » par Classica

Il a joué avec la crème des musiciens, dont Dizzy Gillespie (aux côtés de qui il enregistra la première version de « Bebop », Count Basie, Erroll Garner, et Beaucoup d’autres. Coleman Hawkins, « l’inventeur » du saxophone l’a invité à ses côtés, ainsi qu’Amalia Rodrigues. Il a gravé la plus belle version de « Laura ». Son influence fut importante sur Johnny Griffin, Benny Golson, et plusieurs autres. Cependant, son nom est presque oublié : Don Byas. Saxophoniste pulpeux au timbre de velours mais capable aussi d’un swing féroce, il fut une voix essentielle dans ces années qui virent le passage du langage classique du jazz au be-bop, fréquentant régulièrement le Minton’s Playhouse. Il fut aussi une vedette, comme on disait, dans toute l’Europe. Ce double CD providentiel, superbement remastérisé et pourvu d’un livret très documenté d’Alain Tomas, permet de l’entendre à nouveau lors de superbes sessions à New York et Paris. S’en priver serait se priver d’un plaisir certes innocent mais salvateur par les temps qui courent.
Par CLASSICA




« Une magnifique anthologie » par Jazz News

Rencontre parfaite de la technique et du son (si toutefois le son ne participait pas déjà de la technique), Don Byas mérite mieux que sa réputation d’épigone de Coleman Hawkins dont il est évidemment un disciple mais dont il a su prolonger l’héritage vers une modernité toute personnelle, à la ligne aussi claire que subtile. Maître de la ballade dont il développe à l’infini les richesses harmoniques (« Laura » comme un emblème), Don Byas excelle également sur les tempi plus rapides et les prouesses du bop naissant n’étaient pour lui que formalités. Son phrasé (marqué par le swing) est enfin l’un des plus élégants parmi les modernes première génération (« Cherokee »). Il posera son saxophone ténor en Europe, notamment grâce à l’intriguant baron danois Timme Rosenkrantz, et imprimera sa marque pétrie de classe dans le jazz français d’après-guerre. Styliste amphibie – il pratiquait avec assiduité la pêche tant à la ligne que sous-marine – Don Byas était vraiment un grand. Et cette magnifique anthologie au son et à l’appareil critique impeccable lui rend justice.
Par Bruno GUERMONPREZ – JAZZ NEWS




« Un artiste qui mérite d’être redécouvert » par L’Echo Républicain

« Le jazz a une longue et prestigieuse histoire que les éditions Frémeaux remettent régulièrement au goût du jour avec respect et talent. Petit tour d’horizon des dernières sorties. (...) Ce saxophoniste américain, au son ample, est resté dans les mémoires pour avoir accompagné quelques grands noms du jazz, comme Count Basie, Dizzie Gillespie ou encore Billie Holiday, mais il a aussi connu quelques succès en solo, comme le célèbre Laura, tiré du film du même nom. Ce New York Paris 1938-1955 présente toutes les facettes d’un artiste qui mérite d’être redécouvert par les aficionados. »
Par Rémi BONNET – L’ECHO REPUBLICAIN




« Un minutieux travail de réédition » L’Alsace

« Fruit d’un minutieux travail de réédition, ce double CD sort Don Byas des oubliettes. Décédé à Amsterdam en 1972 après un ultime concert à Zürich, le saxophoniste détenait le secret du son de velours qu’il partageait avec Ben Webster ou Stan Getz. Sa carrière est ici résumée de 1938 à 1955, de ses premières collaborations (NDLR : il avait joué à Strasbourg en 1949 avec l’Edward’s Jazz Band) jusqu’à ses débuts sous son propre nom. Des standards comme Laura, Body & Soul, September Song, You go to my head, ou Worried n’Blues, qu’il a signé, remettent en perspective la quête d’un son langoureux via des notes séductrices. Un jazz bigrement classique qui survit à la patine du temps. »
Par Thierry BOILLOT – L’ALSACE




« Il mérite d’être découvert ou redécouvert » par Le Salon littéraire

« (…) Autre réussite, la compilation consacrée au saxophoniste ténor Don Byas. Intitulé New York-Paris 1938-1955, ce coffret de deux CD présente des enregistrements réalisés au sein de diverses formations ou de ses propres groupes par un musicien dont l’importance dans l’histoire du jazz est incontestable (3). Ainsi que le souligne Alain Tomas, concepteur de cette anthologie, « nombre de ses collègues le considèrent comme une référence incontournable en matière de saxophone ténor ». Sans doute a-t-il été, auprès des amateurs et du grand public, plus ou moins éclipsé par Coleman Hawkins, sa première source d’inspiration, et par Lester Young. Il mérite pourtant d’être découvert ou redécouvert, pour la constance de son inspiration, son sens du swing, et cette sonorité incomparable, chaleureuse et sensuelle, qui est sa marque propre. A ses côtés, durant la période 40-45, des musiciens éminents : Andy Kirk et ses Clouds of Joy, Hot Lips Page, Count Basie, Coleman Hawkins lui-même, sans oublier l’un des maîtres du be-bop naissant, Dizzy Gillespie. Quant aux quartettes ou quintettes qu’il a dirigés, d’abord à New York, puis à Paris, ils présentent l’indéniable intérêt de montrer que ses partenaires français, les pianistes Maurice Vander, Martial Solal, Christian Chevalier, le bassiste Pierre Michelot, n’avaient rien à envier aux Américains Johnny Guarnieri, Billy Taylor. John Simmons ou Joe Benjamin. S’il fallait sélectionner un seul morceau pour mettre en exergue toutes les qualités de Don Byas, ce serait Laura, dans sa version new-yorkaise du 6 septembre 45, avec Guarnieri, Slam Stewart et J. C. Heard. Un modèle de ballade au charme de laquelle il est difficile de résister… »
Par Jacques ABOUCAYA – LE SALON LITTERAIRE




« Une heureuse anthologie » par Jazz magazine

Les historiens du jazz accordent rarement à Don Byas la place qu’il mériterait. Alain Tomas, concepteur de cette anthologie et auteur d’un copieux livret, note à juste titre que lui-même influença nombre de saxophonistes, de Lucky Thomson à Benny Golson ou Bobby Jaspar, lequel le faisait figurer dans son panthéon. La partie la plus féconde d’une carrière bien remplie et entamée très tôt (à douze ans, il jouait de l’alto dans l’orchestre de Benny Moten) s’articule autour de deux pôles, New York, à partir de 1937, puis Paris. Après avoir été recruté en 1941 par Basie, il participera même aux balbutiements du bebop au Minton’s. Une période jalonnée d’enregistrements de premier plan, avec Basie, Andy Kirk, Hot Lips Page (« These Foolish Things », en 1944, un an avant la fameuse version de Lester), sans oublier « Bebop » au sein du Dizzy Gillespie Sextet ni évidemment, à la tête de son quartette, « Laura ». Un thème qui reste attaché à son nom et dont il fut un des rares ténors, sinon le seul, à jouer systématiquement le « verse » en concert. Une tournée européenne le conduit à Paris où il choisit de se fixer. Il y restera dix ans avant de résider au Danemark jusqu’à sa mort en 1972. Entre 1946 et 1955, il, gravera chez nous, à la tête de combos qui comptent essentiellement des Français, au demeurant très discrets – Maurice Vander, Martial Solal, Géo Daly, Pierre Michelot – quelques titres qui assoient sa réputation d’incomparable interprète de ballades. Sa technique superlative, une sonorité suave alliée à une aisance mélodique et harmonique lui permettaient de transmuer les morceaux les plus banals en pépites précieuses comme en témoigne cette heureuse anthologie.
Par Jacques ABOUCAYA – JAZZ MAGAZINE




« Chaque note rend un hommage lascif à la beauté » par Télérama

« Une anthologie rend hommage à cet héritier oublié de Coleman Hawkins, qui faisait du saxophone ténor une arme de séduction massive. Don Byas apparaît comme le grand oublié de l'histoire du saxophone ­ténor, où il se situe idéalement entre Coleman Hawkins et Sonny Rollins. Né en 1912, il commença très tôt mais ne réalisa son premier enregistrement qu'assez tard, en 1938. De 1941 à 1943, il succéda à Lester Young dans la section de saxophones du Count Basie Orchestra. Il y fit merveille. Sa sono­rité avait la majestueuse beauté d'une cathédrale, il en jouait avec un art consommé. On s'en fait d'emblée la meilleure idée en l'écoutant interpréter vingt-quatre mesures dans Harvard Blues (1941), où il précède le chanteur Jimmy Rushing, à la voix éraillée. Cette façon de composer un chorus avec une imparable logique tout en jouant la ­séduction du son pour le son, on la ­retrouve tout particulièrement dans les ballades, mais aussi dans les tempos TGV, comme Cherokee, qu'il dévale en schuss digne de Charlie Parker. Stylistiquement, il reste un héritier de Coleman Hawkins, dont il n'abandonnera jamais le phrasé haletant, même quand il joue avec des boppers comme Dizzy Gillespie. Autre virtuose de ­l'instrument, Johnny Griffin voyait en lui un maître, « l'Art Tatum du saxophone ­ténor ». En 1946, insatisfait de sa carrière aux Etats-Unis, Don Byas s'établit à Paris et ne quitta plus l'Europe ; il mourut en 1972 à Amsterdam. L'anthologie qui lui est consacrée chez Frémeaux & Associés lui rend pleinement justice. Sur la ­ballade Laura, qui fut son cheval de ­bataille, ou plutôt son irrésistible instrument de séduction, il déploie toutes les ressources de son art, donnant le sentiment que chaque note rend un hommage lascif à la beauté. »
Par Michel CONTAT - TELERAMA




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