DAVID & DOMINIQUE - INTEGRALE 1968-1980

OUVRE-MOI VITE LA PORTE

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Artiste DAVID ET DOMINIQUE
Format : CD Musical
Livret : 32 PAGES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5628

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David (Jisse) et Dominique (Marge) se sont rencontrés au bord d’une route à la fin des années 1960… S’ensuivit une belle aventure musicale de 13 ans et dont le point d’orgue fut la version française de « A vava inouva » du grand chanteur kabyle Idir en 1975.
Symboles d’une génération bohème éprise de liberté, David et Dominique figurent parmi les artistes qui façonnèrent la « Nouvelle Chanson » dans les années 1970, diffusée alors en grande partie par le milieu associatif, en marge du circuit officiel de l’époque.
Leur musique incorpore à la chanson textuelle des teintes de folk, de rock psyché, de rythmes brésiliens et de jazz.
Frémeaux & Associés met à disposition du public cette intégrale réunissant des enregistrements inédits et rares, qui plaira tant aux amateurs de chanson, qu’aux défricheurs amoureux de pépites pop seventies.
Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX

 

CD1 : HEUREUX • JULIETTE • TU VAS, JE VAIS • SANS DESSUS SANS DESSOUS • OUVRE-MOI VITE LA PORTE • NÉMO • AVANT LE CINÉMA • DU BOUT DES DOIGTS JE T’AIME • L’OGRE ET LE LOUP • PAS DE PARAPLUIE • TOUTES LES MUSIQUES • ET SE RÉVEILLER • PETIT HOMMAGE AU JAZZ • J’AVAIS HUIT ANS • LA TÊTE À P’PA • IL FAIT TROP BEAU • LA PAROLE EST MALADE • SIROP D’ORGEAT • TA VILLE / REJOINS MOI • RETROSPECTIVE • TOUT VA BIEN • TOUTES LES MUSIQUES (LUC FERRARI) • CACHE-CACHE • LE JEU DE L’OIE • PIGEON VOLE.

CD 2 : ROSE ET BLEU • UNE MÉLODIE • LE ROI DES ANIMAUX • MIMI TANT PIS • COMME SI ON Y ÉTAIT • J’SAIS PAS OU ON VA • MOI C’EST QUI • MAMIE NINA • BABAR • SE QUITTER TRANQUILLE • FAITES VOS JEUX • DE L’HOMME LE DROIT DE L’HOMME • LA CONDUITE ÉCLATÉE • TU M’FAIS RÊVER • UNE VOIX S’ÉTEINT • LA MOITIÉ DE L’HIVER • OH LES ENFANTS • C’EST L’ANNÉE DU PATRIMOINE • LES PETITES LUEURS • SUR MES DOIGTS • ÇA VA MAL, ÇA VA BIEN • Y EN A QUI TROUVENT PAS • CES MOTS QUI TE TOUCHENT.

David et Dominique FA5628


INTÉGRALE

DAVID JISSE
    &
DOMINIQUE MARGE

1968-1980
Ouvre-moi vite la porte




Le duo David et Dominique (David Jisse et Dominique Marge) est né d’une rencontre au bord d’une autoroute, bien avant la chanson de Michel Fugain, hasard qui a fait dévier l’infirmière débutante et l’étudiant en médecine vers la vie d’artiste. Cette aventure a duré treize ans et a été jalonnée par un certain nombre de réalisations, inédites ou publiées, qui sont autant de bornes de ce que sera leur vie professionnelle après le duo.
Dominique fera une belle carrière avec le groupe Transhumance fondé avec Daniel Clark et spécialisé pour le jeune public. David restera auteur et compositeur mais deviendra aussi, entre autres, producteur à la radio et directeur d’un Centre national de création musicale. Redécouvrir ces morceaux, c’est aussi revenir à l’époque de la « nouvelle chanson française » déjà partagée entre un système très commercial et un univers de résistance qui la faisait découvrir à travers un réseau associatif très puissant mais sans l’aide des grands médias.
C’est donc l’occasion de redécouvrir en plus de tous les enregistrements de cette époque,
• pour la première fois reportée en CD, l’adaptation française de A vava inouva, la célèbre chanson du chanteur kabyle Idir qui date de 1975,
• le générique du Cinéma des cinéastes, émission de Claude-Jean Philippe sur France Culture, réalisateur aussi de L’Encyclopédie audiovisuelle du cinéma,
• les chansons-journal du premier semestre 1980, commandées par Guy Erismann pour France Culture,
• une pièce inédite du compositeur Luc Ferrari écrite àpartir de la chanson Toutes les musiques,
• deux chansons récentes de David Jisse accompagné par Nathalie Fortin.
C’est aussi l’occasion de découvrir ou redécouvrir une écriture qui s’éloignait à l’époque de ce qu’on appelait la Rive gauche et qui tentait d’allier le souci de la musicalité et de la virtuosité vocale avec celui de l’écriture textuelle, en puisant ses sources dans le jazz, la bossa nova, le rock et les musiques du monde.
Merci à tous ceux qui de près ou de loin ont soutenu  David et Dominique.
Georges Abbe, Marie Albe, Prune Berge, Jacques Bertin, Jacques-A Bertrand, Bodo, Patrice Caratini, François Corbier, Christian Dente, Guy Erismann, Jean Ferrat, Jean-Louis Foulquier, Jean-François Gaël, Philippe Gavardin, Georges Granier, Ghislaine Dewing, Anne-Marie Gazzini, Lucien Gibara, Eve Griliquez, Fabien Lacaf, Gilbert Lafaille, Alain Ledouarin, Corinne Léonet, Gérard Maro, Roger Maria, Hélène Martin, Jean-Louis Mechali, Gérard Meys, Mireille, Jacques Pantalacci, Daniel Pantchenko, Claude Pavy, Claude-Jean Philippe, Jean-Claude Robissout, André Schlesser, Pol Serge, Maurice Séveno, Christine Sévres, Christian Stalla, Francesca Solleville, Claude Villers.
Merci aussi aux producteurs et ayants-droit, l’INA, Roissy-Films, Le Chant du monde, Oasis Disque, Sony music, EMI-Pathé Marconi.
Merci enfin à Patrick Frémeaux, Augustin Bondoux et tous les membres de leur équipe d’avoir rendu possible un tel projet.   


Parcours de David et Dominique
1967
Rencontre au bord d’une route.
1968
Ils remportent le concours Coup de pouce organisé par Claude Robin de la radio de Marseille.
1969
Disque : Premier quarante-cinq tours chez CBS. Juliette-Tu vas je vais
C’est à la suite de ce disque que Dominique est engagée comme interprète de Popaul et Juliette, comédie lyrique écrite par Mireille et André Maheux et montée au théâtre Gramont avec, entre autres, Stéphane Reggiani et Robert Destain.
Cabarets : Chez Georges, L’École buissonnière, L’Échelle de Jacob, L’Écluse
Télévision : Discorama, Ce soir au music-hall, Midi-magazine
Radio : Entrée des artistes (France Inter)
1970
Radio : Inter-danses (Jo Dona-France Inter), Europe 1 (Jacques Paoli)
Libre-parcours, Eve Griliquez, France Culture
1971
Télévision : TV Scope
Radio : Libre-parcours
Concerts : Tournée de Jean Ferrat avec Gérard Sety et Odile Ezdra
Cabarets : Le Bateau ivre, Le Port du salut
1972
Télévision : Plain-Chant d’Hélène Martin consacré à Philippe Soupault, Le Grand échiquier, Midi Trente
1973
Télévision : Par la grande porte, Les poètes : Tardieu, Soupault, La guimbarde, RTBF
Radio : Libre-parcours, Entrée des artistes
Concerts : SIGMA Bordeaux
1974
Télévision : Samedi est à vous
Radio : Libre-parcours
Figuration : Que la fête commence, Bertrand Tavernier
1975
Concerts : Tournée en Algérie
Disque : Version française de A vava Inouva et Némo
Télévision : Midi première été, Tiens y’a de la lumière, Georges Ferraro FR3. Rennes et 8e Salon radio TV
Radio : Pas de panique, Claude Villers
Salle à Paris : La Pizza du Marais (concert avec Idir)
1976
Disque : Du bout des doigts / L’ogre et le loup (prix Sacem)
Radio : Festival du son libre
Télévision : Midi première, Aujourd’hui madame, Restez donc avec nous, Pierrot la chanson
1977
Disque : La parole est malade, Polydor, orchestrations Patrice Caratini
Spectacles : Première partie d’Alain Souchon, Elysée Montmartre
Radio : Saltimbanque, Pop club, José Artur, Studio de nuit, Jean-Louis Foulquier
Télévision : La route du sel, Hélène Martin, Drôle de dessin
Générique : L’Encyclopédie audiovisuelle du cinéma, Claude-Jean Philippe
1978
Télévision : Restez donc avec nous
Radio : Pop club, Libre-parcours
1979
Disque : Moi Je, Collection Chevance, Le Chant du monde
Orchestrations Jean-Louis Méchali
Concerts : Festival de la côte d’Opale
1980
Concerts : Printemps de Bourges
Télévision : Croque Vacances TF1
Radio : Entrée libre (Limoges)

Il y a chanson et chanson. Mémoire et mémoire. Parfois une rengaine de supermarché squatte provisoirement nos neurones... Le plus souvent, par bonheur, c’est une vraie chanson qui nous repasse par la tête, rouvre nos horizons, nous rend plus légers. Quand c’est David et Dominique – un ton, une voix, une parole, une présence –, c’est parfait. Les bonnes chansons ne se démodent jamais.    Jacques-A Bertrand

J’étais en quête d’une musique pour le générique de L’Encyclopédie du cinéma et j’avais en tête ce texte d’Apollinaire qui était en fait prophétique car c’est un des rare à avoir pressenti ce qu’allait devenir le cinéma comme art. J’ai rencontré David et Dominique et j’ai été charmé. Je me souviens très bien de La parole est malade qui est une très belle chanson. Du reste à cette époque j’étais sûr qu’ils allaient devenir célèbres… En tout cas j’ai trouvé que la composition et l’interprétation sur ce texte était la plus belle introduction à cette série.
Claude-Jean Philippe

J’ai rencontré David et Dominique à un moment où mon travail se partageait entre clubs de jazz et studios d’enregistrement. David m’avait demandé de réaliser les orchestrations de leur disque à venir. J’avais accepté, séduit par la perspective d’avoir la responsabilité d’un album entier, sans lui préciser qu’il participait involontairement à ma formation musicale. À l’époque, je m’arrangeais en effet pour convoquer tous les instruments de l’orchestre dans le studio lorsque l’occasion s’en présentait. C’est l’une des raisons de la présence du basson et du quatuor à cordes dans  La parole est malade.
Je garde de ces séances le souvenir d’un moment joyeux et, si l’album, aujourd’hui disparu de ma discothèque, s’est un peu effacé de ma mémoire, il m’en demeure un écho sonore plein de charme.    Patrice Caratini


DAVID Jisse
Auteur, compositeur, interprète, il commence par la chanson (chant et guitare) et chante pendant treize ans avec Dominique Marge (duo David et Dominique), avant de rencontrer Luc Ferrari avec lequel il se forme au travail de studio, à la musique expérimentale et à l’art radiophonique. Après le studio Billig commence l’aventure de La Muse en Circuit-Centre national de création musicale, qu’il dirige de 1998 à 2013.
Compositeur pour le théâtre et le cinéma, il est aussi producteur à Radio France de 1984 à 2014.
Fondateur de Futurs-composés-Île de France (réseau de la création musicale)
Secrétaire du Profedim (Syndicat professionnel des producteurs, festivals, ensembles, diffuseurs indépendants de musique)
Président de EnRéso, réunion des Centres nationaux de création musicale
www.david-jisse.com

DOMINIQUE Marge
Après le duo David et Dominique, elle fait une étape chez les Swingle Singers, et en solo avec, entre autres, un spectacle au Point Virgule.
1981 : Création du groupe Transhumance avec le comédien Daniel Clark, en direction du jeune public.
Plusieurs spectacles et enregistrements, dont Le Bric-à-brac de l’Histoire, Chansons de métiers (prix Loisirs-jeunes), La Révolution du jeu (avec l’aide de l’Adami et l’agrément du comité du Bicentenaire de la Révolution française), Le Pommier de la mère Misère (aide à la diffusion du conseil général du Puy-de-Dôme) et Itinérance d’une vielle en forme de bateau.
- Festivals pour enfants, Printemps de Bourges, Paris à Venise (avec l’aide du ministère de la Culture).
- Tranhumance intervient aussi en milieu scolaire, pour les Fédérations des œuvres laïques, ATD quart monde...
- Tourne plusieurs années avec les Jeunesses musicales de France.
- Enregistre pour France Musique des émissions proposées par Anne Bustarret : Le Marchand de chansons.
- Animations pour petits ou grands, bals folks, cours de théâtre et chant.
Depuis la disparition de Daniel Clark en 2011, Domi-nique a quitté la scène après un concert et l’édition d’un CD en son hommage : Seules resteront les chansons.
Elle continue maintenant dans un autre registre son rôle d’interprète en offrant par ses créations un regard original sur les racines, les écorces et les pierres.
Première exposition à l’Espace Kaméléon à Paris en avril 2015.



CD1

1. Heureux (David Jisse)

Les pieds dans la rue, je sors de chez elle
Samedi matin, midi moins vingt
Un cocker blond flaire les poubelles
Sa maîtresse tire la laisse et j’croise en chemin
Un piano blanc qu’on déménage
C’est plein de fruits rouges aux étalages
Deux pigeons boivent à la fontaine
Et tout ce que j’aime dans ma mémoire
Alors comme un volet qui s’ouvre sur la grande bleue
Je voudrais que tout s’arrête, c’est sûrement ça être heureux
Heureux, même si c’est court, si ça ne dure pas ou si peu
Que tout s’arrête
Les pieds dans la rue, je sors de chez elle
Samedi matin, midi moins le quart
Au kiosque à journaux les nouvelles
C’est que du papier gris clair sous de l’encre noire
Enfant, je veux pas que sur les visages
Y’ait tous ces mots, rien que des images
Deux hommes se saluent et s’embrassent
Et tout ce que j’aime dans ma mémoire
Alors comme un volet qui s’ouvre sur la grande bleue
Je voudrais que tout s’arrête c’est sûrement ça être heureux
Heureux, même si c’est court, si ça ne dure pas ou si peu
Que tout s’arrête
L’horloge en panne qui donne l’heure juste
Le môme qui touche le buste de Vénus
Deux amoureux dans le même pull-over
Et ma tête pleine de courants d’airs
Pleine de courants d’airs
Alors comme un volet qui s’ouvre sur la grande bleue
Je voudrais que tout s’arrête, c’est sûrement ça être heureux
Heureux, même si c’est court, s’il s’en faut, c’est sûr,
d’un cheveux
Pour que tout s’arrête
Heureux

2. JULIETTE (David J.C)
Je n’ai ni Jaguar ni Alfa Romeo
Juliette, tu le sais mais tu m’aimes quand même
Je n’ai ni Jaguar ni Alfa Romeo
Juliette, je le sais
Mais on a deux vélos
Moyennant quelque argent et deux jolis sourires
On a emménagé près d’un nid d’hirondelles
À bien y réfléchir on eut pu trouver pire
Grimper sans ascenseur jusqu’au septième ciel
Je n’ai ni Jaguar ni Alfa Romeo
Juliette, je le sais mais je t’aime quand même
Je n’ai ni Jaguar ni Alfa Romeo
Juliette je le sais
Mais on a deux vélos
Le soir au coin d’un lit, on fait des rêves d’or
Imaginant le temps où l’on aura de l’or
Pour acheter la terre et Venise là-bas
Avec ses amours tristes, chez nous y en a
Je n’ai ni Jaguar ni Alfa Romeo
Juliette, je le sais mais je t’aime quand même
Je n’ai ni Jaguar ni Alfa Romeo
Juliette, je le sais
Mais on a deux vélos
Et bien qu’il fasse froid, qu’il pleuve sur nos têtes
Tu dois être un soleil qui réchauffe les toits
Car c’est obstinément que nos amis s’entêtent
À venir boire un verre à la santé de toi
Car c’est obstinément que nos amis s’entêtent
À venir boire un verre à la santé de toi
Je n’ai ni Jaguar ni Alfa Romeo
Juliette, je le sais mais je t’aime quand même
Je n’ai ni Jaguar ni Alfa Romeo
Juliette, je le sais
Mais on a deux vélos

3. TU VAS, JE VAIS (David J.C)
Tu vas ? / Je vais
Et toi ? / Ça va
J’ai rapporté du pain pour trois
Clélia n’est pas encore là / Ma robe a un pli /
Parle-moi du dehors / Et Sophie ?
Tiens, j’ai vu un tailleur gris / Tu en as déjà un
Je sais / Le bonheur / La voilà…
Tu vas ? / Je vais
Et toi ? / Ça va
J’ai couché le petit sans toi.
Ce matin j’ai failli me tuer / Mais comment as-tu fait ?
Oui tu ris maintenant.
La cafetière a fait explosion / Mais ma chère, il fallait la visser /
Et se taire…
Tu vas ? / Je vais
Et toi ? / Ça va
Le chat est de nouveau papa
Regarde donc le ciel / Regardons de nos yeux réunis / Le soleil /
Et le bleu
La campagne est glacée sous l’hiver commençant /
Les routes sont gelées / Les passants
Tu vas ? / Je vais
Et toi ? / Ça va
Ils ont parlé d’un coup d’État.
À quoi tout cela sert / À remuer les gens, donne-moi le couvert /
Et pourtant, l’automne finira / Toujours par un hiver /
J’ai besoin de tes bras grands ouverts.
Tu vas ? / Je vais
Et toi ? / Ça va
Ont-ils vraiment besoin de toi ?
Tu n’emportes donc pas ton manteau / Non, tu sais il fait chaud,
nous serons des milliers
Je garde le petit mais… / Ne dis rien, je pars /
Rentres-tu pour minuit ? / À plus tard
Je garde le petit mais… / Ne dis rien, je pars /
Rentres-tu pour minuit ? / À plus tard

4. SANS DESSUS SANS DESSOUS (David Jisse)
Sans dessus sans, sans dessus sans, sans dessus sans
Sans dessous
Sans dessus sans, sans dessus sans, sans dessus sans
Sans dessous
Sans dessus, sans dessous, sans voile sinon d’air
Sans sac où cacher sa malice, on chantera
Transparent comme cristal, nus comme vers
Le plus nu des deux n’est pas toujours celui qu’on croit
Allez donc nous arrêter
Pour outrage à la pudeur
Nous irons nous rhabiller
Mais serons-nous vraiment moins nus que tout à l’heure ?
Sans ces chaînes à la bouche, à la plume, à l’esprit
Sans aide et sans tuteur tu donnes de la voix
Fous mais capables de traverser la vie
Le plus fou des deux n’est pas toujours celui qu’on croit
Allez donc nous arrêter
Pour nous apprendre le bonheur
Nous irons vous écouter
Mais serons-nous vraiment moins fous que tout à l’heure ?
Sans dessus sans, sans dessus sans, sans dessus sans
Sans dessous
Sans dessus sans, sans dessus sans, sans dessus sans
Sans dessous
Sans dessus, sans dessous, sans chaînes et sans boulets
C’est peut-être ainsi que ça risque de bouger
Homme on te frappe, on te tue, on s’apitoie
Tu n’es pas toujours aussi bête que tu le crois
Allez donc nous arrêter
Pour avoir eu le malheur
D’avoir plus grand que le cœur, le désir amoureux de vivre sans dessus
Sans dessus sans dessous.

5. OUVRE-MOI VITE LA PORTE (A vava inou va)
(P. Ben Mouhamed-M Idir- Paroles françaises D. Jisse / G. Bigness)
Ouvre-moi vite la porte
A vava inouva a vava inouva
J’entends cette voix m’appelle
Ma fille au dehors a froid
Les loups de la vie me guettent
A vava inouva a vava inouva
J’ai si peur pour toi ma fille mais la porte ne s’ouvre pas
Tu as voulu partir un beau jour sans mot sans même un baiser
Nous qui te donnions tant d’amour
Nous qui faisions tout pour t’aimer /
J’ai voulu partir un beau jour, je n’étais pas apprivoisée
Mais votre amour était si lourd que je m’en suis débarrassé /
As-tu toujours sur toi cette écharpe de laine si fine
Que ta mère avait faite et qu’elle t’avait donnée /
Non je n’ai plus sur moi cette écharpe de laine si fine
Je l’ai donnée un jour à celui que j’aimais
Lala lala lala… Je l’ai donnée un jour
Lala lala lal… À celui que j’aimais
Ouvre-moi vite la porte
A vava inouva a vavava inouva
J’entends cette voix m’appelle
Ma fille au dehors a froid
Les loups de la vie me guettent
A vava inouva a vavava inouva
J’ai si peur pour toi ma fille mais la porte ne s’ouvre pas
Malgré ma peine et mes efforts la porte ne s’ouvre pas
La neige qui tombe au dehors gèle le fer, gèle le bois /
Je sais que malgré tes efforts la porte ne s’ouvrira pas
Car il te faut mes remords mais hélas je n’en ai pas /
Pourquoi faut-il toujours que tu dises des mots si noirs
Alors que tu es si jeune et tu es notre espoir /
Pourquoi faut-il toujours que tu dises les mêmes mots
Si je reste dehors je vais mourir bientôt
Lala lala lala… Si je reste dehors
Lala lala lala… Je vais mourir bientôt
Ouvre-moi vite la porte
A vava inouva a vavava inouva
J’entends cette voix m’appelle
Ma fille au dehors a froid
Les loups de la vie me guettent
A vava inouva a vava inouva
J’ai si peur pour toi ma fille mais la porte ne s’ouvre pas

6. NÉMO (David Jisse)
Le capitaine Némo m’a dit
M’a dit des mots nés de la nuit
M’a dit des mots, maudit Némo
Je vous les répète aujourd’hui
Le capitaine Némo qui vit
Au fond de l’eau du fond m’a dit
M’a dit des mots, maudit Némo
Je vous les répète aujourd’hui
Homme, homme
Petit animal aux grandes dents
Homme, la pomme
D’Ève n’était qu’un commencement
Plutôt le fond de la mer que l’œuf au fond d’une mère
Némo t’as dû rester sous l’eau
Trop longtemps, ça monte à la tête
Je ne comprends rien à tes mots
Mais ça fait rien, je les répète
Némo t’as dû rester sous l’eau
Trop longtemps ou suis-je trop bête
Pour ne rien comprendre à tes mots
Mais ça fait rien je les répète.
Homme, homme
Coupable de toutes les douleurs
Homme, bonhomme
De neige qui fond au fil des heures
Plutôt le fond de la mer que l’œuf au fond d’une mère
Némo le mystère est total
L’homme est-il alors un animal
Mais qui fait le bien qui fait le mal
Et faut-il arrêter le bal
Oui les mots de Némo c’est tout ça
Dix mille paroles qui volent en éclat
Est-il né l’homme qui saura
Faire usage de ces mots-là
Oui les mots de Némo c’est tout ça
Mots de cendre et d’au-delà
Est-il né l’homme qui saura
Faire usage de ces mots-là

7. DU BOUT DES DOIGTS JE T’AIME (David Jisse)
Dans la grande banlieue d’aujourd’hui
J’ai si peur, je te cherche comme un abri
Dans la grande banlieue
Dans la grande banlieue du plaisir
Je pose un geste qui rassure déjà
Ta bouche à la fleur du désir
Le saint des seins touché
Touché du doigt
Touché du doigt
Dans la grande banlieue d’aujourd’hui
J’ai si peur je te cherche comme un abri
Du bout des doigts je t’aime, touche-moi
Du bout des lèvres embrasse et rassure-moi
Du bout des doigts je t’aime, touche-moi
Du bout des lèvres rassure-moi        BIS
Peut-être pour ne pas mourir
C’est dans le maquis du geste coi
Que je taille la route au plaisir
La vérité touchée
Touchée du doigt
Touché du doigt l’orage qui couve
Touchée du doigt la terre qui s’ouvre
Du bout des doigts je t’aime, touche-moi
Du bout des lèvres embrasse et rassure-moi
Du bout des doigts je t’aime, touche-moi
Du bout des lèvres rassure-moi        BIS
Dans la grande banlieue d’aujourd’hui
J’ai si peur, je te cherche comme un abri
Dans la grande banlieue
Du bout des doigts je t’aime, touche-moi
Du bout des lèvres embrasse et rassure-moi
Du bout des doigts je t’aime, touche-moi
Du bout des lèvres rassure-moi        AD LIB

8. L’OGRE ET LE LOUP (David Jisse)

Fini le temps des cols durs, des gaines, des corsets,
Coincé dans ta voiture tu peux même rêver
Même si la vie chaussure te fait mal aux pieds
La vie chaussure c’est dur mais faut que tu te laisses aller
La mode est jeans, les crinolines
Tu les laisses au placard
L’homme n’est pas un dieu, tu n’es qu’un petit
Produit du hasard
Mais pour une place de parking tu sors ton revolver
Et ça nous donne un fait divers
Vous étonnez pas si
L’ogre et le loup qui font peur aux enfants
Et parfois même aux grands
L’ogre et le loup sont décidemment
Tapis au fond de nous    BIS
On se parle, parle à toute heure
À coup de fil et d’écouteur
On pourrait peut-être tout se dire
Si tu avais moins peur
Mais au bal du samedi soir tu termines au couteau
Un petit échange de mots
Vous étonnez pas si
L’ogre et le loup qui font peur aux enfants
Et parfois même aux grands
L’ogre et le loup sont décidemment
Tapis au fond de nous    BIS
L’ogre et le loup qui nous font si peur
Ne les cherchez pas ailleurs.

9. PAS DE PARAPLUIE (David Jisse)

Voilà que le soleil se couche, encore une journée
Faite de milliards d’histoires qui entrent sans frapper
Je peux pas m’abriter, c’est une évidence
La vie Niagara m’inonde en silence
Voilà que le soleil se couche, c’est la douche, je me sens mouillée
Ce serait bon d’être ailleurs à la pêche à la ligne
Le béret sur les yeux
Mais c’est pas pour du beurre que tout le monde se fait des signes
S’arrose à qui mieux mieux
Contre cette eau y a pas d’abri
Finalement y a pas de parapluie
Voilà que le soleil se couche, encore une journée
Faite d’enfance gauchère sitôt contrariée
Contrariée pour rien, deux claques, t’es pas sage
L’histoire du pouvoir se joue à tout âge
Voilà que le soleil se couche, c’est la douche, je me sens mouillée
Et toujours la mousson des douleurs et des peines
Le déluge des amours
Pas moyen d’être ailleurs
Je suis coincée dans la chaîne, mouillée, on l’est toujours
Finalement y a pas de parapluie    BIS
Voilà que le soleil se couche, encore une journée
Faite de repas régime et de tôles froissées
Froissées comme ces lettres d’amour comme ces phrases
Je t’aime, oui je fume mais demain je m’arrête
Voilà que le soleil se couche, c’est la douche, je me sens mouillée
On emballe ta vie d’homme dans un colis minable
Même pas marqué fragile
Et faudrait que je fasse comme si je m’en fichais pas mal
Si je vivais dans mon île
Finalement y a pas de parapluie    3 fois

10. AVANT LE CINÉMA

(Texte : Guillaume Apollinaire. Musique : David Jisse)
Et puis ce soir
On s’en ira
Au cinéma
Les artistes que sont-ce donc
Ce ne sont plus ceux qui cultivent les beaux-arts
Ce ne sont pas ceux qui s’occupent de l’art
Art poétique ou bien musique
Les artistes ce sont les acteurs
Les actrices
Si nous étions des artistes
Nous ne dirions
Pas le cinéma, nous dirions le ciné
Mais si nous étions de vieux professeurs
De vieux professeurs de province
Nous n’dirions ni ciné ni cinéma
Mais cinématographe
Aussi mon dieu
Faut-il avoir
Avoir du goût.

11. TOUTES LES MUSIQUES (David Jisse)

Toutes les musiques du monde viennent de l’âme,
Viennent de la même voix    Bis
Qu’elles soient nées de la colère,
Des peines, des douleurs, des cris de joie
Toutes les musiques du monde viennent de l’âme,
Viennent de la même voix
Qu’elles soient nées de la colère,
Des peines, des douleurs, des cris de joie,    Bis
Qu’elles aient des cheveux de toute la gamme
Et des peaux dans tous les tons
Toutes les musiques du monde viennent de l’âme
Viennent de la même voix
Qu’elles aient des cheveux de toute la gamme
Et des peaux dans tous les tons    Bis
Qu’elles soient faites en triste cire
Qu’elles soient faites en or microsillon
Toutes les musiques du monde viennent de l’âme,
Viennent de la même voix
Qu’elles soient faites en triste cire
Qu’elles soient faites en or microsillon    Bis
Que le soir on la fusille
Le matin c’est le chant national
Toutes les musiques du monde viennent de l’âme,
Viennent de la même voix
Que le soir on la fusille
Le matin c’est le chant national    Bis
Toutes les musiques du monde viennent de l’âme,
Viennent de la même voix    Bis

12. ET SE RÉVEILLER (David Jisse)
Et se réveiller le matin
En se disant qu’il y a des trains
Qu’on aimerait les prendre
Remonter sa montre d’un air las
En se chuchotant tout bas
À quoi sert d’attendre
D’attendre
Tout recommencer loin de tout
Par-delà le ronron très doux
Des habitudes prises comme au piège
Mais à peu de choses près je pose mon pied par terre
À l’endroit où je l’ai posé hier
Et du côté de nos amours
Quitter le lit de tous les jours
Pour faire les poussières
Quitter les routes nationales
Meurtrières et prendre un régal
De chemins de terre
De Terre
Tout recommencer loin de tout
Par-delà le ronron très doux
Des habitudes prises comme au piège
Mais à peu de choses près je pose mon pied par terre
À l’endroit où je l’ai posé hier
Mais au fond je n’ai rien à dire
Du réveil au soir je m’en tire
Un peu comme tout le monde
Mais tant que la petite voix
Me chuchotera tout bas
Arrête une seconde
Écoute-moi
Recommence tout loin de tout
Par-delà le ronron très doux
Des habitudes prises comme au piège
Ne mets plus tes pas dans tes pas
L’envers de la vie vaut l’endroit
Et tant pis si t’en perds le souffle.

13. PETIT HOMMAGE AU JAZZ (Paroles : David Jisse
Musique : David Jisse/Patrice Caratini)
Petit hommage au jazz
Pourquoi pas
Petit hommage au jazz
C’est pas du tout cuit
Petit hommage au jazz
Pourquoi pas
Même si je n’ai pas la voix d’Ella même si je ne suis pas Dizzy    BIS
La mode n’est pas au pas du be-bop
On préfère de beaucoup la pop
Tant pis pour les modes, y a pas Parker, c’était pas si mal
On n’a pas fait mieux pour la gym matinale
Petit hommage au jazz
Pourquoi pas
Petit hommage au jazz
C’est pas du tout cuit
Petit hommage au jazz
Pourquoi pas
Même si je n’ai pas la voix d’Ella
même si je ne suis pas Dizzy    BIS
Pas la peine, non pas la peine de parler tant et de faire des discours
Tiens tu me tiens la note c’est mon tour. On peut le dire c’est pas rien
Si tu joues du sax, t’emmêle pas les doigts
Si tu joues de rien ni des toms ni des tams tu fais comme ça
Petit hommage au jazz
Pourquoi pas
Petit hommage au jazz
C’est pas du tout cuit
Petit hommage au jazz
Pourquoi pas
Même si je n’ai pas la voix d’Ella
même si je ne suis pas Dizzy    BIS

14. LA TÊTE À P’PA (David Jisse)

Qu’est-ce qui se passe dans la tête à p’pa
La tête à papa p’pa
Qu’est-ce qui se passe dans la tête à p’pa
Dans la tête à papa je ne comprends pas
Qu’est-ce qui se passe dans la tête à m’ma
Dans la tête à maman, les claques volent bas
Je n’ai pourtant rien fait de mal je le jure
Sur la tête de ma poupée
Même portes fermées t’entends cris et injures
On dirait qu’ils ne s’aiment plus
Qu’ils ne m’aiment, même plus
Qu’est-ce qui se passe dans la tête à p’pa
Dans la tête à papa je ne comprends pas
Qu’est-ce qui se passe dans la tête à m’ma
Dans la tête à maman, les claques volent bas
Maman qui dit toujours, regarde bien ton père
Vous vous ressemblez bien
Papa te paie des glaces même si c’est l’hiver
Il achète, achète toujours
Il m’achète toujours
Alors je vais jouer plus loin à la marelle du chagrin
Alors je joue ciel et enfer, je voudrais me coucher sous terre
Qu’est-ce qui se passe dans la tête à p’pa
Dans la tête à papa je ne comprends pas
Qu’est-ce qui se passe dans la tête à m’ma
Dans la tête à maman, les claques volent bas
Papi, mamie me couvent et je les vois souvent
Ils habitent dans un pavillon
Quand tu demandes quand va revenir maman
Ils te disent pose pas tant de questions
Je ne pose pas tant de questions
Qu’est-ce qui se passe dans la tête à p’pa
Dans la tête à papa je ne comprends pas
Qu’est-ce qui se passe dans la tête à m’ma
Dans la tête à maman, les claques volent bas
Qu’est-ce qui se passe dans ta tête à toi
Qu’ils te disent t’as dix ans, t’es une grande maintenant
Qu’est-ce qui se passe dans ma tête à moi
Tu fais pipi au lit comme les petits enfants

15. J’AVAIS HUIT ANS (David Jisse)
Tiens tout à l’heure j’avais huit ans
Huit ans côté scout épatant
Huit ans touche à tout toilettes communales
Huit ans dessinés mais coloriés très mal
La guerre était froide, la soupe tiède
Les filles brûlantes mais si loin
Que pour tromper l’imaginaire
J’embrassais mon traversin
Tiens tout à l’heure j’avais vingt ans
Vingt ans côté zizi panpan
Vingt ans du côté des boums à La Garenne
Sans jamais toucher mais toujours je t’aime
L’Afrique était chaude, l’étude tiède
Ma main glacée sur les seins
D’une semi-demoiselle
Qui pour une fois voulait bien
Tiens tout à l’heure j’aurai trente ans
Trente ans côté bar et petits blancs
Trente ans côté bougies soufflées par dizaines
Les femmes en fin de nuit, plus de sang dans ma veine
Les têtes sont si froides, les banques tièdes
Même si l’amour est brûlant
La solitude reste entière
Quand on se retourne en se disant
Tiens tout à l’heure j’avais huit ans
Huit ans côté scout épatant
Huit ans touche à tout toilettes communales
Huit ans dessinés mais coloriés très mal
Tiens tout à l’heure j’avais huit ans     BIS

16. IL FAIT TROP BEAU (David Jisse)
Il fait beau comme dans le livre d’images des enfants
Il fait beau comme pour des amours de roman
Il fait beau
Bien trop beau
C’est quand même dur d’être triste par un temps pareil
Te laisser tomber un jour de soleil
Dans les draps de mon lit y’a plus que son odeur
L’a rien laissé d’elle
Sauf des mégots qui traînent
C’est très con la peine sous ce ciel bleu
Il fait trop beau
Il fait beau comme sur les images des croisières
Qu’on affiche au mur du métro pour nous changer l’air
Il fait beau
Bien trop beau
Elle aurait pas dû partir un jour comme ça
Te laisser seul et pire il pleut même pas
Le climat joue sur mon vague à l’âme
Il fait trop beau
Il fait beau, bien trop beau pour jouer Shakespeare
Il souffle où il veut quand il veut le vent qui pousse à fuir
Il fait beau
Bien trop beau
C’est peut-être que pour la frime le cinéma
Qu’on a besoin des feuilles mortes de papa
Images de bazar vendues pas cher
Alors je serai triste et je m’en fous
On meurt bien n’importe où
Et ce par tous les temps
Même s’il fait beau
Même s’il fait beau

17. LA PAROLE EST MALADE (David Jisse)
Faut-il que je me peigne en rose bonbon
Ou que je me jette à l’eau du haut d’un pont
De quel astre inconnu devrais-je donc venir
Pour qu’on puisse s’entendre
Pour qu’on puisse se dire
Autre chose que salut ça va bien ce matin, le temps
Plus frais qu’hier
Autre chose que salut ça va bien ce matin, le temps
Vire à l’hiver
Autre chose que salut ça va bien ce matin, le temps
Autre chose que salut ça va cinq minutes et puis j’attends
Mais la parole est malade
Elle va mourir bientôt    BIS
Faut-il que je prenne de force le pouvoir
Que sur l’onde et l’écrit je creuse un sillon noir
Faut-il préférer l’ordre et briser le désir pour qu’on puisse s’entendre
Pour qu’on puisse se dire
Autre chose que salut ça va, ma bagnole est tombée
En panne hier
Autre chose que salut ça va, ma bagnole a glissé,
Verglas d’hiver
Autre chose que salut ça va, ma bagnole et le temps
Autre chose que salut ça va cinq minutes et puis j’attends
Mais la parole est malade
Elle va mourir bientôt    BIS
Qu’on me donne les mots qui rapprochent les corps
Jouir au-delà de toute raison du plus fort
Qu’on me donne les mots qui donnent le plaisir
Pour qu’on puisse s’entendre
Pour qu’on puisse se dire
Autre chose que salut ça va t’es belle ce matin
Bien plus qu’hier
Autre chose que salut ça va t’es belle et puis plus rien
C’est ça l’hiver
Autre chose que salut t’es belle, la bagnole et le temps
Autre chose que salut ça va cinq minutes et puis j’attends
Mais la parole est malade
Elle va mourir bientôt    Trois fois
La parole est malade
C’est du repos qu’il lui faut

18. SIROP D’ORGEAT (David Jisse)

Elle boit du sirop d’orgeat
Dans le port de Manhattan
La couronne est sous son bras
Quel drôle de petit bout de femme
Elle vient de quitter sa place
Et s’en va la tête ailleurs
Elle boit du sirop d’orgeat
Elle a bien mérité ça
Nager dans le port par ce froid
Tenir la flamme à bout de bras
On lui a fait la vie si dure
Qu’elle en a la tête ailleurs
Les marins de partout s’appellent
Ils ne voient plus rien qu’une dentelle
Sur un socle soudain
Désert, désert, à New York
Elle boit du sirop d’orgeat
Et n’a plus cet air vainqueur
Que l’on retrouvait chaque fois
Sur les photos des voyageurs
Elle a laissé tomber son masque
Et s’en va la tête ailleurs
Elle boit du sirop d’orgeat
Paye d’un sourire et s’en va
Ce que je sais s’arrête là
Et faut-il rechercher ou pas
La liberté en balade
Qui s’en va la tête ailleurs

19. TA VILLE (David Jisse)
Vue du ciel ta ville indécente s’allonge
Et se farde d’ombres éclairées
Ta ville s’habille d’ensembles lourds à porter
Ta ville se gaine de fumées et d’odeurs
Ta ville ne se gêne pas pour faire peur
Les hommes s’y traînent dans leurs machines à moteur
Et couchent avec leurs peines de cœur
Peines de cœur
Comme on dit dans les magazines
Et toi tu passes tout seul devant les vitrines
Ta ville, c’est de la vie qui pousse entre la mort
Elle vire à l’enfer sans faire d’effort
La ville, c’est ta vie qui pousse entre les murs
À l’assaut du ciel et d’un peu d’air pur
Ta ville se gaine de buildings sur les cours
Elle a plus d’un sac dans ses tours
Les hommes s’y prennent pour des machines à discours
Et couchent avec leurs peines d’amour
Peines d’amour comme on dit dans les magazines
Et toi tu baves tout seul devant les vitrines
Ta ville c’est de la vie qui pousse entre la mort
Elle vire à l’enfer sans faire d’effort
La ville c’est ta vie qui pousse entre les murs
À l’assaut du ciel et d’un peu d’air pur
Ta ville se gaine de sexe et de décors
Ta ville, c’est de plus en plus fort
Les hommes s’y entraînent comme des machines à records
Et couchent avec leurs pannes de corps
Pannes de sexe comme on dit dans les magazines
Et toi tu rêves devant les filles en vitrines
Ta ville c’est de la vie qui pousse entre la mort
Elle vire à l’enfer sans faire d’effort
La ville c’est ta vie qui pousse entre les murs
À l’assaut du ciel
La ville c’est ta vie qui pousse entre les murs
À l’assaut du ciel et d’un peu d’air pur

19 BIS. REJOINS-MOI (David Jisse)

Je me lève le matin, la fenêtre ouverte
Je suis dans le café jusqu’aux yeux
Machinale, je m’allume une cigarette
Sous les draps tu t’agites, tu dors comme un loir
Tu dois faire des rêves du bout du monde
Peut-être voyager sans moi
Moi qui fume dans la ville qui s’éveille
Je n’entends que mon corps qui te crie
Rejoins-moi
De ce côté-là, loin de la nuit
Rejoins-moi
Je ramasse les mégots, les verres de la veille
Nos amis ne sont que des copains
Je fais pourtant du bruit mais rien ne te réveille
Toutes ces bouteilles vides, le vide m’étreint
C’est comme si j’étais à la dérive
Loin des côtes en pleine mer
Toi tu dors, la radio, ritournelles et nouvelles
Et ce corps qui te crie
Rejoins-moi
De ce côté-là, loin de la nuit
Rejoins-moi
Puis soudain tu te lèves sans me faire un signe
Comme hier et comme demain
Tu te pieds, tu te mains, te corps et t’habilles
Un baiser puis tu claques la porte « nom de Dieu »
C’est sûr que tu vis dans l’autre monde
Où tu voyages bien sans moi
Moi qui fume dans la ville qui s’éveille
Je n’entends que mon corps qui te crie
Rejoins-moi

20. RÉTROSPECTIVE (David Jisse)
Enfant de la fin d’une guerre
Pour refaire un sang nouveau
Nos parents dans la joie nous engendrèrent
Non pas nourris au sein mais nourris au son
De Django, de Ray Charles, de l’accordéon
Alors que nos grands frères mouraient sous les chaleurs
Les chorus de Parker on les jouait par cœur
C’était déjà pas triste
En ces temps-là
Et ça va pas non plus être triste
Croyez-moi
Sheila faisait ses débuts dans la politique
Avec un général qu’écrivait la musique
Ça twistait dans les boums, ça sautait dans les bars,
Des comptes se réglaient, j’apprenais la guitare
Dans ce désert vivant on entendit chanter
Nougaro de la mine et Léo dit Ferré
L’art mineur au maquis, les idoles à l’étal
Tout en se racontant nos guerres coloniales
C’était déjà pas triste…
Malgré tous mes bouquins je m’échappais toujours
Pour dévorer Godard au coin du Luxembourg
Dans les machines à sous j’écoutais Amsterdam
Je donnais mes rendez-vous sous le pont Notre-Dame.
Quatre mecs à guitare serrent la main à la reine
Ça nous a fait rêver dans la ville HLM
Au ciel de la chanson plein de filantes étoiles
Mille et une araignées se guettaient dans leurs toiles
C’était déjà pas triste…
Aussi vite passée, si difficile à suivre
La bourrasque de mai c’est déjà dans les livres
On a fait des cloisons, ou t’es « off » ou t’es « on »
Soit c’est le bal musette soit c’est les Rolling Stones.
Tu choisis bien ta chaise, surtout t’en changes pas
Ils tirent sur ce qui bouge, en plus ils visent bas
Tu prends l’air dégagé, le regard dans les nues
À guetter le messie, est-il jamais venu ?
C’était déjà pas triste…

21. TOUT VA BIEN (David Jisse)
Tout va bien, tout va bien
Ça roule, ça marche, tout va bien    BIS
Ma femme est partie avec les meubles, les gosses et son loulou
M’a laissé qu’un mot « j’étouffe » c’est tout
Tout va bien, tout va bien
Ça roule, ça marche, tout va bien
J’ai perdu ma place, je suis plus qu’un chômeur de plus
Je vais pointer tous les quinze jours dans la bonne humeur
Tout va bien, tout va bien
Ça roule, ça marche, tout va bien
Tout va bien
Les papiers bleus glissés sous ma porte
Que tous les matins le facteur m’apporte
J’en fais des bateaux
Et même des avions
Je les suis des yeux quand je les lance du balcon
Tout va bien, tout va bien
Ça roule, ça marche, tout va bien    BIS
Ma voiture a fait trois tonneaux sur le verglas, pas mal
J’irai donc à pied en sortant de l’hôpital
Tout va bien, tout va bien
Ça roule, ça marche, tout va bien
Ma copine Nicole m’a apporté des pailles pour boire
Et manger quand on peut pas bouger la mâchoire
Tout va bien, tout va bien
Ca roule, ça marche, tout va bien
Tout va bien
Sur ce grand glacier plein de pièges
Je suis pas équipé pour
Traverser les ponts de neige
Qui s’écroulent quand c’est mon tour
Tout va bien, tout va bien
Ça roule, ça marche, tout va bien    BIS
Sans femme, sans boulot, sans le sou, sans les dents
Je peux pas tomber plus bas quand je me dis ça, ça me détend
Tout va bien, tout va bien
Ça roule, ça marche, tout va bien    BIS

23. CACHE-CACHE (David Jisse)

Je joue à cache-cache, couché sous les draps
Tu joues à me chercher comme si j’étais pas là
J’ai peur du noir mais au fond j’suis content quand même
J’ai chaud, j’étouffe
C’est bon, tu m’aimes
Je joue à pas rire quand tu me fais des chatouilles
Tu joues au méchant quand tu veux que je me débarbouille
J’ai peur du chauffe-eau mais je suis content quand même
J’ai chaud, j’étouffe
C’est bon, tu m’aimes
Un jour tu me dis : « Je t’aime pas »
C’est pas pour du beurre, c’est pour de vrai
Un jour tu me dis : « Je t’aime pas »
J’existe plus, j’existe pas
Et je me cache-cache, couché sous les draps
Mes yeux font des taches mais je les garde pour moi
J’ai toujours peur du noir mais j’le dis à personne
J’ai froid, pourquoi tu m’abandonnes
Je joue plus à rien, je travaille plus dans ma classe
J’ai souvent pas faim, tu comprends rien à ce qui se passe
J’ai toujours peur du chauffe-eau, je me lave plus beaucoup
J’ai froid tu sais, je t’aime beaucoup
Un jour tu me dis : « allez, c’est fini ! »
C’était pour du beurre pas pour de vrai
Un jour tu me dis : « allez, c’est fini ! »
Et moi je te crois, je te crois, je te crois
Et je rejoue à cache-cache, couché sous les draps
Tu joues à me chercher comme si j’étais pas là
J’ai peur du noir mais au fond je suis content quand même
J’ai chaud, j’étouffe, c’est bon, tu m’aimes
J’ai chaud, j’étouffe, c’est bon, tu m’aimes ?

24. LE JEU DE L’OIE (David Jisse)

Sur le grand jeu, grand jeu de l’oie
Titou cherche son chemin
Tu jettes les dés
Titou fait trois pas
Un deux trois, c’est la case chagrin
Titou dit « j’ai perdu mon chien
Mais en prison je suis bloqué
Je veux m’évader, jette les dés
Que je puisse lui courir après »
On dit pas « Je veux ! » dit le gardien de la prison    BIS
« Je veux ! », « Je veux ! », c’est pourtant moi qui le dis
« Je veux ! », « Je veux ! », et moi c’est pas lui    BIS
Sur le grand jeu, grand jeu de l’oie
Titou court après son chien
Tu jettes les dés
Deux fois quatre font huit
Tu rejoues, Titou va très vite
Où est-il ce sacré chien
Dans une case devant, derrière ?
Vite, vite, jette les dés
Moi je vais lui botter le derrière
On dit pas « moi je ! » dit l’arbitre de la partie    BIS
« Moi je ! Moi je ! » C’est pourtant moi qui le dis
« Moi je ! Moi je ! » Et moi c’est pas lui    BIS
Sur le grand jeu, grand jeu de l’oie
Titou est presque arrivé
Tu jettes les dés
Il fallait faire trois
Tu fais quatre, Titou doit reculer
De loin il voit son chien couché
Sur la case de l’arrivée,
« Moi aussi je veux y aller !
Le retrouver d’un coup de dés »
On dit pas : « Moi je veux ! » dit le joueur en colère    BIS
« Moi je, je veux ! » C’est pourtant moi qui le dis
« Moi je, je veux ! » et moi c’est pas lui
« Moi je, je veux ! » C’est pourtant moi qui le dis
« Moi je, je veux ! » Et moi où je suis !

25. PIGEON VOLE (David Jisse)
Tiens, je vois un oiseau dit-elle
Tiens, je vois un oiseau dit-il
Il s’envole à tire d’ailes
Un oiseau c’est volatil
Mais le petit ne dit rien
Il rêve d’un oiseau dans sa main
Pigeon / Vole    Plume / Vole    Feuille / Vole
Neige / Vole    Rideaux / Volent    Fumée / Vole
Un cri / Vole    Oiseau / Vole    Tout / S’affole
Très haut    Ciseaux…    Badauds…
Au feu les pompiers, la maison qui flambe
Au feu les pompiers, les gens se rassemblent
Y a des badauds qui voudraient voir des morts
Et y a ceux qui crient, qui crient très très fort
Au feu les pompiers, sur la grande échelle
Au feu les pompiers, les gens s’interpellent
Est-ce qu’ils vont sauter, la toile est tendue
C’est bon d’avoir peur tranquille dans la rue
Au feu les pompiers, la maison s’écroule
Au feu les pompiers, maintenez la foule
Et y a la télé qui vient par là dessus
Tout le monde veut parler de ce qu’il a pas vu
Tout le monde fait des signes à la caméra
Avec un peu de chance, ce soir on se verra
C’est un attentat, allez circulez
Tout le monde dans sa maison bien fermée
Moi qui suis petit, en douce je me faufile
Parmi les débris fumants, pas tranquille
Je vais voir si la chatte qu’attend ses petits
A pu s’envoler avant l’incendie.


CD 2

1. ROSE ET BLEU (David Jisse)
À peine avais-je ouvert les deux yeux
Le docteur me dit que t’es rose, moi je suis bleu
Ça y est je suis baptisé garçon
    À peine avais-je ouvert les deux yeux
    Le docteur me dit que je suis rose, toi t’es bleu
    Ça y est je suis une fille pour de bon
Panoplie de Zorro par ici
    Poupée pisseuse, rieuse « for me »
Rien à faire, faut pas mélanger
Sex-appeal et virilité
    Au lycée, j’apprends la couture
À tout prix il faudrait que je m’intéresse aux voitures
À peine avais-je ouvert un bouquin
Que c’est la guerre le sexe à la main
Paraît que les mecs ça les rassure
    À peine avais-je ouvert un bouquin
    Que c’est le côté cuisine et jardin
    On ne peut plus nana, ça c’est sûr
Tous les sports de combat y a bon
    Le rimmel pour la séduction
Rien à faire, faut pas mélanger
    Les biceps, la féminité
Je fais du rock avec mes copains
    Après mes cours de danse j’en bave sur Chopin
À peine avais-je ouvert les deux bras
Qu’il m’a fallu jouer celui qui fait ça
Avec l’aisance des hommes à femmes
    À peine avais-je ouvert les deux bras
    Que j’ai lâché ces deux mots « prends-moi ! »
    Normal après tout je suis qu’une femme
    Toutes les pubs sexy c’est pour moi
Tous les trucs de l’esprit c’est moi
Rien à faire, faut pas mélanger
Les idées simples et la pensée
Sur le rail des chromosomes hélas
Faudra faire le voyage chacun dans sa classe
À peine avais-je ouvert les deux yeux
Le docteur me dit que t’es rose, moi je suis bleu
Ça y est je suis baptisé garçon
    À peine avais-je ouvert les deux yeux
    Le docteur me dit que je suis rose, toi t’es bleu
    Ça y est je suis une fille pour de bon    AD LIB

2. UNE MÉLODIE (David Jisse)
Une mélodie me surprend dans mon lit
Ah oui c’est le réveil radio nouveau
Une mélodie pour finir ma nuit
Avant d’aller faire le rigolo
Une mélo-gaie, je lave le bout de mon nez
Une mélo-triste, je trouve pas le dentifrice
Une mélodie, m-é-lo-d-i
M-é-lo-d-i-e muet
Une mélo-douce m’accompagne en courses
Entre les boîtes bien alignées
Une mélo-douce qui doucement me pousse
Là où je voudrais peut-être pas aller
Une mélodie, je remplis mon caddy
Une mélo-caisse, la sortie où est-ce ?
Une mélodie M-é-lo-d-i
M-é-lo-d-i-e muet
Dans le RER, les parkings
Dans les halls des gares, des usines
Y a toujours un petit air guilleret
SCAT
Une mélodie, m-é-lo-d-i
M-é-lo-d-i-e muet
Une mélodie il est déjà minuit
Je suis bon pour le sommeil radio, c’est beau
Une mélodie, je plonge dans la nuit
Encore un jour rayé du tableau
Une mélo-gaie, je peux plus m’en passer
Une mélo-triste, je rêve d’être un artiste
Une mélodie, ça y est c’est fini
Tout le monde dort, tout le monde est muet
Mmmmmm
M-é-lo-d-i-e muet.

3. LE ROI DES ANIMAUX (David Jisse)

C’est moi le roi des animaux
Y a pas plus fort, y a pas plus beau
C’est moi le roi des animaux
Y a pas plus gai, plus rigolo
Après mes soirées corrida
Bonjour le safari Kenya
Je ménage ni mon temps ni ma peine
Je cours à la chasse aux baleines
Mais j’ai beau faire le beau, faire des mystères
Y en a des qui volent mieux que moi
Et le jour où ça fera « boum ! » sur la terre
Les fourmis seront toujours là après moi
Alors je suis pas le roi des animaux
Y a plus fort, y a plus gai, plus beau
Je suis pas le roi des animaux
Y’a plus malin, plus rigolo
Avec des écailles ou des plumes
Des qui prennent pas leur pied sur la Lune
Des qui bouffent un peu leur voisin
Mais seulement quand ils ont très faim
Et j’ai beau faire le beau, faire des petits sauts
Des petits sauts de puce dans les airs
Et j’ai beau faire le beau, faire des petits tours
Des petits tours au fond de la mer
Alors je suis pas le roi des animaux…
Des qui font de la musique superbe
Sans genre, sans gimmick, sans herbe
Des qui se parlent avec le corps
Des qui voyagent sans passeport
Paraît qu’y’en a même des qui s’appliquent
À laisser propre après le pique-nique
Mais y en a qu’un seul oui y’en a qu’un
Dont on voit la trace de loin
Je suis pas le roi des animaux…   

4. MIMI TANT PIS (David Jisse)
Mimi tant pis manque à l’appel
L’a séché la science naturelle
Pour rêver dans le parc de Choisy
Le tas de sable c’est l’Arabie
Mimi tant pis manque à l’appel
Et sur le petit corsage de dentelle
Elle porte la blouse grise de rigueur
Pourquoi de si tristes couleurs
C’est doux d’imaginer, de m’imaginer dans le square
C’est doux d’imaginer l’eau du lac qui fait miroir
Même s’il fallait ruser pour rentrer à l’école
Signature imitée égal quatre heures de colle
Mimi tant pis manque à l’appel
L’a séché la mairie, le missel
L’a préféré les baisers cachés
C’était l’hiver, c’est l’été
Mimi tant pis manque à l’appel
Elle défait son corsage de dentelle
D’un geste qui voudrait tout dire
Je veux, je veux pas souffrir
C’est doux d’imaginer, de m’imaginer chair de poule
C’est doux d’imaginer mon sommeil, plaisir en boule
Même s’il fallait ruser pour trouver du secours
Et se débarrasser d’un fruit beaucoup trop lourd
Mimi tant pis manque à l’appel
Savoir qui tire ou pas les ficelles
C’est pas l’majeur de ses soucis
Tant mieux sinon c’est tant pis
Mimi tant pis manque à l’appel
Et le petit corsage de dentelle
C’est plus qu’un vieux chiffon pas beau
Qui sert à faire ses carreaux    BIS

5. COMME SI ON Y ÉTAIT (David Jisse)
Oui je sais bien que t’es pas là / Moi non plus j’y suis pas
Mais on va faire comme si, comme si qu’on y était
J’aurais les pieds sur terre / Je serais la fille de ma mère
Sûr qu’on va faire comme si, comme si qu’on y était
Ah quel voyage très très beau
Tout plein d’animaux tristes, Médrano
Quelques équilibristes en péril
Et ceux d’en bas qu’attendent qu’il tombe du fil
Oui je sais bien que t’es pas là / Moi non plus j’y suis pas
Mais on va faire comme si, comme si qu’on y était
Les yeux dans le dictionnaire, cherche-toi un univers
Terre, ça y est t’as trouvé, c’est comme si t’y étais
Ah quel voyage idéal, gogos clowns et jongleurs, carnaval
Quelques machines à sous, vitrines à filles
Et ceux derrière qu’attendent qu’elles se déshabillent
Oui je sais bien que t’es pas là / Moi non plus j’y suis pas
Mais on va faire comme si comme si qu’on y était
Tu vas me pincer très fort / On verra bien qui qui dort
Sûr qu’on va faire comme si, comme si qu’on y était
Ah quel voyage très très beau
Tout plein d’animaux tristes, Médrano
Quelques équilibristes mais c’est étrange
Ya ceux d’en bas qu’attendent qu’un jour ça change
Oui je sais bien que t’es pas là / Moi non plus j’y suis pas
Mais on va faire comme si, comme si qu’on y était
J’aurais les pieds sur terre / Moi je serais la fille de ma mère
Sûr qu’on va faire comme si, comme si qu’on y était
Loin, loin, loin    AD LIB

6. JE SAIS PAS OÙ ON VA (David Jisse)
Je sais pas où on va mais on y va
Comme des fous à la vitesse d’un feu de paille
Je sais pas où on va mais on y va
Tête baissée dans la gueule du vieux loup
Qu’est au bout du rail
Ça fait comme la lumière blanche qui s’éteint
Dans un compartiment l’hiver
Tout à coup j’y comprends rien, voilà qu’on roule à l’envers
Où que c’est-y qu’on se trouvera demain
Dans la salle des pas perdus d’hier
Je sais pas où on sera mais on y sera
La neige aura peint des étoiles de givre aux glaces
Je sais pas où on sera mais on y sera
Tout près des démons ou près de Montparnasse
Avec tous les petits chefs de gare de banlieue
Le costume froissé, les mains qui tremblent - t’es vieux
Autour d’un braséro triste sur le ballast
The last… Je sais pas où on va
Don’t lean out the window, voiture seconde fumeur
Deux photos noir et blanc et ma tête couleur
Coquille d’œuf dur, thermos de thé
Je dévisse en douce les cendriers
Je sais pas où on va mais on y va
Boogie-woogie fou des aiguillages en chaînes
Je sais pas où on va mais on y va
Des fois je voudrais bien descendre à la…
Mais y a pas d’prochaine
Je me vois dans le reflet des vitres sales
Ma valise aux pieds qui s’étale
Le soufflet qui fait courant d’air, j’allume ma Peter.
Où que c’est-y que je t’aimerai demain
Près d’un triage inondé, désert
Alors on y sera oui on y sera
Pas vraiment minés mais déçus du voyage
Alors on y sera oui on y sera
Pullman et sleeping, enfin trouvé garage
Je te dirais « Je t’aime » comme jamais mais trop tard
N’avez-vous rien oublié dans… Bien trop tard
Les gadgets, les trucs jetés sur le ballast
The last… Je sais pas où on va
Pas de café croissant sur les quais du transit
Juste une petite porte lumière qui brille «Exit »
Je sais plus où est le thermos de thé
Qu’est ce que je vais bien faire des cendriers
Je sais pas où on va mais on y va
Même si c’est première, même si c’est train Corail
Je sais pas où on va mais on y va
Comme des fous à la vitesse d’un feu de paille
Je sais pas où on va… rapides… immobiles
Les poches pleines de cendriers piqués…
Inutiles

7. MOI C’EST QUI (David Jisse)
Moi moi qui ? Moi moi où ?    BIS
Moi c’est qui ? Moi c’est quoi ?
Moi je suis où dis-moi ? Où ?    BIS
Moi c’est qui ? Moi c’est quoi ?
Moi je suis où dis-moi ? Où ?
Moi c’est qui ? Moi c’est quoi ?
Moi je suis où dis-moi ?
Je m’appelle David de mon petit nom
J’ai une belle maman maison
Mais à l’école je me dis des fois
Et si Farid c’était moi
Moi c’est qui ? Moi c’est quoi ?...
Mais si Farid c’était moi
Moi je serais qui, je serais quoi
Je pourrais peut-être prendre sa place
Mon grand nom ce serait Tabas
Momo y me dit qu’on peut pas changer une fois qu’on a jeté les dés
Farid sera toujours côté Goutte d’or quand je bronze en famille
au Tréport
Tant pis je joue celui qui sait pas, je prendrais ses trucs, ses mots,
ses dix doigts
J’serais dans sa peau comme dans mes gants comme une manière
de dire « je te comprends »
Moi c’est qui ? Moi c’est quoi ?...    BIS
Si mon grand nom ce serait Tabas
Quand on l’appellerait en classe
Je lèverais le doigt, ce serait marrant
On changerait aussi de parents
Moi c’est qui ? Moi c’est quoi ?...
Momo y me dit que si je change de parents
J’aurais plus de maison maman
Et puis Farid c’est pas dit
Qu’il veuille de ma sœur Lili
Momo peut dire ce qu’il veut, je veux changer bien que les dés truqués soient jetés
Je ferais du football à la Goutte d’or, j’aurais la peau bronzée sans effort
Je serais juste dans le petit gars d’à côté, j’aurais toutes ses colères, toutes ses pensées
Cette nouvelle peau m’irait comme un gant
On devrait changer de moi plus souvent
Moi c’est qui ? Moi c’est quoi ?...    AD LIB

8. MAMIE ET NINA (David Jisse)
En face de chez moi y a deux fenêtres
Par l’une je vois couchée dans son lit
Une vieille dame qui ressemble à ma mamie
Sur la cloison elle appuie sa tête
À côté dans l’autre appartement
Si proche et si loin pourtant
Une fille au style étudiant
Contre la cloison appuie sa tête
Elle aussi
Comme je sais rien d’elle et que je la vois
J’appelle l’étudiante Nina
Mamie et Nina, mamie Nina
Vous ne saurez jamais que je vous vois
Mamie et Nina, mamie Nina
Deux profils séparés d’un doigt
Mamie Nina, mamie Nina, mamie Nina
Peut-être que mamie attend la visite
D’un vieil enfant qui viendra jamais
D’ici au mur je vois même le portrait
Du beau dragon qui l’avait séduite
À côté Nina se fait les ongles
Elle écoute sûrement les Bee Gee
Tout contre mamie elle est assise
Elle le sait pas mais je les vois dans l’ombre
La pendule inlassablement
Côté mamie mouline le temps
Mamie et Nina, mamie Nina
Je suis presque chez vous comme chez moi
Mamie et Nina, mamie Nina
Deux profils séparés d’un doigt
Mamie Nina, mamie Nina, mamie Nina
En face de chez moi y a deux fenêtres
Mamie et son papier peint jauni
Nina ses tee-shirts États-Unis
Et la cloison qui sépare deux têtes
Mamie et Nina, mamie Nina
Vous pourriez vous toucher du doigt
Mamie et Nina, mamie Nina
Mais vous ne vous connaissez même pas    BIS

9. BABAR (David Jisse)
Le petit Babar à Cavalaire-sur-Mer en a marre des bords de la mer
Le petit Babar à Cavalaire-sur-Mer en a marre des bords de sa mère
En a marre du camping, des caravanes du mois d’août
De ses sœurs qui font swing et lui fait rien du tout
L’a ses deux oreilles en feuille de choux
Y raconte sa vie au petit caillou     Bis
Le petit Babar à Cavalaire bizarre en a marre de ses copains vantards
Le petit Babar à Cavalaire bizarre qui font rien qu’à dire des histoires
Des histoires de baisers sur des rochers pointus
’Vec des filles en maillot, je te dis qu’on a tout vu
Z’ont bien pu tout inventer
Tiens, je ramasse ce caillou rosé    Bis
Le petit Babar à Cavalaire tout chose, c’est la sieste, tout le monde
fait la pause
Le petit Babar à Cavalaire tout chose raconte sa vie au caillou rose
Les sucettes achetées pour une fille en pull-over
Enterrées dans le sable. Tout un roman par terre
Le petit Babar pleure un petit coup
Y a que le caillou qui sait tout    Bis
Le petit Babar à Cavalaire cafard a séché le repas du soir
Le petit Babar à Cavalaire cafard a filé tout droit vers le noir
Avec son boîtier lumière et puis la plage est pas loin
Bien au chaud le caillou, bien au chaud dans sa main
Il a nagé très loin tout droit
Puis il a ouvert les doigts
Le caillou est à l’abri
Babar peut rentrer chez lui    Bis

10. SE QUITTER TRANQUILLE (David Jisse)
C’est pas parce que tout s’en va
Qu’il faut jouer la scène des départs
Zoom sur la main qu’agite le mouchoir
Ralenti très beau sur la vaisselle faïence qui s’envole
Ce petit cinéma on va se le faire sans parole
Pourquoi pas se quitter tranquille
Tout en douceur, tout en style
Pourquoi pas se quitter très calme
Sans douleur, sans larmes
C’est pas parce que c’est fini
Qu’il faut dire tiens j’en reprendrais bien
Zoom sur le regard triste
Gros plan sur le train
Ralenti minable
Avec un dernier mot jeté au vol
On s’est déjà tout dit, faudrait vraiment pas de paroles
Travelling arrière
Acteur
On garde le souvenir de la plus belle des histoires de cœur
Moteur
Trémolos dans le micro
Et le fard qui coule
Même ça c’est écrit
Trop tard Lili
Rien que du déjà dit
Bon pour le son, coupez
Pourquoi pas se quitter tranquille
Tout en douceur, tout en style
Pourquoi pas se quitter très calme
Sans douleur, sans larmes
Pourquoi pas se quitter tranquille

11. FAITES VOS JEUX (David Jisse)
Je ne sais pas qui va gagner la finale du 110 mètres haie
Je ne sais pas qui sera vainqueur en triple saut, perche ou hauteur
Mais je sais que les jeux sont faits avant même d’avoir commencé
Tout le monde sur terre les a perdus
Faites vos jeux
Rien ne va plus
Je ne sais pas qui va gagner au foot, à la nage ou au hockey
Mais de toute façon les vainqueurs diront mon pays fut le meilleur
Les jeux sont faits pour nous distraire dans l’esprit de paix,
loin des guerres
Mais dans les stades elles continuent
Faites vos jeux
Rien ne va plus
Pourtant ce serait joli le sport si ce n’était qu’un goût de l’effort
Plus de drapeaux mais des mouchoirs pour s’éponger
et se dire au revoir
On jouerait plus ces hymnes bizarres on serait content sans les fanfares
Mais la roulette russe continue
Faites vos jeux
Rien ne va plus
Dans ce bras de fer planétaire même si je suis plus petit
qu’une poussière
J’éteindrai mon téléviseur, je regarderai pas monter les couleurs
Je fais le boycott intégral, une croix sur la bêtise totale
Faites comme moi et rien n’est perdu
Faites vos jeux
Rien ne va plus

12. DROIT DE L’HOMME (David Jisse)
Comme des araignées suspendues à la tour Eiffel
Alpinistes poussés par un vent de colère
Des objecteurs font un pied de nez aux vieux militaires
Font lever les regards, se font pousser des ailes
Les passants fatigués regardent ces oiseaux de paix
Certain rêvent d’avoir un fusil à lunette
Pour tirer sur ces mômes qui refusent en un mot d’aller
Porter le feu, la mort au coin de la planète
De l’homme, le droit de l’homme de l’homme où est-il ?
De l’homme, le droit de l’homme, idée volatile    BIS
Comme ces prisonniers qu’on torture de plus en plus
Les femmes, les enfants, la douleur et la tombe
Que ce soit pour un ordre ou pour une guerre perdue
Cela n’épargne que peu de pays au monde
Le lecteur fatigué qui voit ces mots écrits
Il compare à son sort et se dit quelle chance
Moi je dis qu’il n’y a pas de chance tant qu’en Asie
Ou ailleurs on y meurt de faim et de souffrance
De l’homme, le droit de l’homme de l’homme où est-il ?
De l’homme, le droit de l’homme, idée volatile    BIS
Comme ces insurgés d’Aléria ou Bastelica
Pleins de bonnes raisons et même de mauvaises
Flagrant délit prison, surtout pas d’État dans l’État
Et quel que soit le cri, on bouche ses oreilles
Le Français fatigué ne sait plus qui il doit croire
Et la télé qui dit : les bandits sont à Fresnes
Et les balles perdues viennent frapper comme au hasard
Gendarmes d’un côté et le Corse de même
De l’homme, le droit de l’homme de l’homme où est-il ?
De l’homme, le droit de l’homme, idée volatile    BIS
Le bourdon, c’est prouvé à des ailes trop petites pour
Pour voler mais il ne le sait pas et il vole
Je me prends à rêver à ce qu’il adviendrait de nos jours
Si nous étions un peu des bourdons dans la tête
Et mon dernier couplet sera pour mon amour qui dort
Ça ne fait pas l’objet d’une dépêche d’agence
Mais c’est mon seul espoir peut-être le dernier des ports
En ces temps d’inquiétude et de désespérance
De l’homme, le droit de l’homme de l’homme où est-il ?
De l’homme, le droit de l’homme, idée volatile    BIS
De l’homme, le droit de l’homme de l’homme où est-il ?

13. LA CONDUITE ÉCLATÉE (David Jisse)
La conduite éclatée dans la mer déversait
Les ordures de l’atome, gai, gai
La conduite éclatée laissait fuir les déchets
De nos centrales atomiques, gaies, gaies
Des plongeurs très vaillants
Sont allés travaillant
Boucher le trou du gros joujou
Qui s’est cassé d’un coup, c’est fou
La conduite éclatée dans la mer déversait
Ce qui à la marée noire manquait
La conduite éclatée. Pourtant sur le papier
Tout semblait sûr, tout semblait bien réglé
On avait tout pensé, prévu tous les dangers
Faut croire que tout peut arriver c’est vrai
Si on fait quinze pour cent
De remise sur le courant
Aux habitants qui vivent « at home »
Tout près du grand cœur de l’atome
C’est qu’on n’est pas si sûr que tout soit sans bavure
Qu’il n’y ait jamais plus de petites fissures
La conduite éclatée, c’est l’artère fatiguée
Du grand cerveau de l’humanité gaie
Sûr que ça mollit dur dans les lobes obscurs
De notre belle encéphale nature
Malgré les défenseurs, les Tazieff, les veilleurs
La terre vieillit plus vite en somme
Grâce aux précieux concours de l’homme
Les conduites éclatées, vaudrait mieux s’appliquer
A les empêcher de fuir et laisser
Le dissident parler parce que sa liberté
C’est pas comme un combustible irradié    BIS

14. TU M’FAIS RÊVER (David Jisse)

Tu t’appelles Arlette Heutninger tu viens de la Moselle, pays d’mineurs
A la Ciotat tu passes ta vie, la Côte d’azur c’est ça aussi si
Tu fais des lits, tu vides des bassins t’es pas très remarquée
par les médecins
T’as quatre enfants, le père est parti, pas beaucoup d’argent
jusqu’à aujourd’hui
Car aujourd’hui ta vie a bien changé, t’as gagné le gros paquet de billets
T’as peut-être joué ta date de naissance avec celle des gosses
et vive la chance
Te voilà devenue milliardaire, tu ne sais pas trop
ce que tu vas faire, faire
Fais ce que tu veux mais ce que je voulais dire
c’est que derrière ce fric il y a bien pire
Il y a des types que l’on fout dehors et personne ne dit rien, ça dort, dort
Hors du foyer de Vitry-sur-Seine pour des bougnouls,
c’est pas bien la peine
Vaut mieux faire la queue au loto, ça fait travailler les bistros
Ca fait des gros sous pour l’État, pour Plogoff
et pour les armes de combat
Tu me fais rêver boum boum le cœur
Pendant ce temps-là, je suis pas casseur
Tu me fais rêver à Tahiti
Pendant ce temps-là je vote pour dire oui
Tu t’appelles Arlette Heutninger tu viens de la Moselle pays de mineurs
Et si j’écris cette chanson, c’est pas pour te demander tes millions
Mais comme le temps est au naufrage, tu es comme une bouée
de sauvetage
Un mirage qui nous fait nager mais sans jamais dire qui nous fait nager
Comme ça tout va bien, tout est sur des rails, personne ne veut plus
que le train déraille
On risquerait de perdre notre boulot, y aurait plus d’essence
pour notre auto
Et vive les vacances en Espagne puisque c’est devenu noir en Bretagne
Vive l’argent qui au fil du temps devient de la monnaie
de singe évidemment
Tu t’appelles Arlette Heutninger tu viens de la Moselle pays de mineurs
Sois heureuse avec tes milliards, évite les rapaces, les fins renards
Moi je referme ma boîte à musique sur le visage d’un plus ou moins flic
Perforant des trucs au comptoir entre le pastis, la peur et l’espoir
Tu me fais rêver boum boum le cœur
Pendant ce temps-là, je suis pas casseur
Tu me fais rêver à Tahiti
Pendant ce temps-là je vote pour dire oui

15. UNE VOIX S’ÉTEINT (David Jisse)

J’ai pas envie de faire dans le style
Les larmes et les grands sentiments
Nécrologie un peu facile
Quand sa voix s’éteint, sa voix s’éteint
Ceux qui le bâillonnaient la veille
Aujourd’hui sortent leur mouchoir
Ah ! J’voudrais bien qu’il se réveille
Mais sa voix s’éteint, sa voix s’éteint
J’avais quinze ans, le paysage
C’était l’Algérie des combats
Dans cette France du naufrage
Je lisais La Nausée, j’entendais sa voix
J’ai pas envie de faire bon genre
Les journaux s’en chargent déjà
On ne dit jamais rien qui ressemble
À la voix qui s’éteint, voix qui s’éteint
Légion d’honneur ou prix Nobel
Les chausse-trappes du destin
Dans ce gymkhana du réel
Il fit son chemin, fit son chemin
J’avais vingt ans et mes études
C’était la Sorbonne occupée
Et dans cette France inquiétude
Je relisais Les Mots, lui il militait
J’ai pas envie de faire d’éloge
Je n’ai ni couronne ni fleurs
Je voudrais juste dire en somme
Homme de cœur, homme de cœur
Je continue à chanter le pire
À Cuba les arbres pris d’assauts
Et si nous on y grimpait pour dire
Que trop c’est trop, que trop c’est trop
J’ai trente ans et plein d’idéal
Plogoff et la bombe à neutrons
Mais dans cette France à scandales
L’être et le néant tiennent bon
J’ai pas envie de faire dans le style
Les larmes et les grands sentiments
Nécrologie un peu facile
Quand sa voix s’éteint, sa voix s’éteint
Ceux qui le bâillonnaient la veille
Aujourd’hui sortent leur mouchoir
Ah ! Je voudrais bien qu’il se réveille
Mais sa voix s’éteint, sa voix s’éteint    TROIS FOIS

16. LA MOITIÉ DE L’HIVER (David Jisse)

La moitié de l’hiver et je pense à l’automne, le temps était plus doux
La moitié de l’hiver, il neige à Washington et ça gèle à Moscou
Le plus dur est-il encore à faire, le plus dur est-il devant
Le plus dur est-il devant derrière ; foutu temps
Où le FBI monte un piège à tous les représentants
Caméra cachée, le manège des mains prises dans le sac ; gros plans
La moitié de l’hiver et tu me téléphones ça ne va pas du tout
Ton môme qui t’a dit hier dit maman c’est la bonne,
c’est bien la fin de tout
Et y a plus d’abris, plus de silence, on dirait même du plaisir
Dans cet étalage de violence ; « je veux partir »
Mais pour aller où pour quoi faire, reconstruire à La Réunion
En évitant de poser mes pierres sur le trajet des alluvions.
La moitié de l’hiver et si mille personnes disent oui, disent non
On déduit tous fiers ce que pensent d’un homme
cinquante autres millions
Sondages, sondés, belle manière de nous souffler des idées
D’ailleurs ça se paye presque aussi cher que la publicité
Celle-là même qui commande : « Sortez de votre trou les rats »
Je voudrais bien mais je me demande si je vais pas
vers les dents du chat.
La moitié de l’hiver et si de cette histoire je ne savais plus rien
Que l’image brouillée d’un déformant miroir, l’encre du quotidien
Et pourtant j’ai mes mots plein la tête, je décide et je me noie
J’allume la lampe de mes fêtes. Qui qu’y voit
J’écris, je chante mes nouvelles, tu me dis j’aime ou j’aime pas
C’est un peu comme à la marelle, entre terre et ciel y a que trois pas.
La moitié de l’hiver et je pense à l’automne, le temps était plus doux
La moitié de l’hiver, il neige à Washington et ça gèle à Moscou
La moitié de l’hiver et je pense à l’automne, le temps était plus doux

17. OH LES ENFANTS (David Jisse)

D’après le Los Angeles Times
En Amérique il y a des femmes
Qui, stériles, ont voulu des enfants
Mais des enfants intelligents
Elles ont écrit avec des dollars
Par retour, elles ont pu avoir
De la semence de prix Nobel
C’est pas des songes mais c’est réel
Oh les enfants, oh les enfants
Gardez-vous d’être intelligents
Oh les enfants, oh les enfants
Voyez où ça nous mène, où la MENSA nous mène
D’après le Los Angeles Times
Cette idée vient d’un certain Graham
Qui dit que lorsqu’on est un génie
On a le devoir de faire des petits
Des génies blancs, ça va de soi
Avec des gènes made in USA
Au fond, c’est pas lui l’inventeur
Y avait tout comme au temps du Führer
Oh les enfants, oh les enfants
Soyez plus bêtes que vos parents
Oh les enfants, oh les enfants
Voyez où ça nous mène, où la MENSA nous mène
L’histoire n’dit pas si les donneurs
Ont accepté par sens de l’honneur
Ou pour donner à leur parti
La future voix de leur petit
Comme si tout était joué d’avance
Sans l’argent, le pouvoir et la chance
Comme si on pouvait faire magicien
Un très bel animal humain
Oh les enfants, oh les enfants
N’entrez pas dans le jeu des grands
Oh les enfants, oh les enfants
Voyez où ça nous mène où la MENSA nous mène
Je sais qu’on dit que si les parents
Boivent alors trinquent les enfants
Et que les fils d’agriculteurs
Ont moins de chances de devenir ingénieur
Mais ceux qui disent que tout est donné
Par deux cellules entrecroisées
Nous conduisent droit vers le meilleur des mondes
Où la race pure mène la ronde
Oh les enfants, oh les enfants
Attendez-moi, je désapprends
Oh les enfants, oh les enfants
Attendez-moi, je désapprends

18. C’EST L’ANNÉE DU PATRIMOINE (David Jisse)
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
Si c’est pour soigner le paysage, l’EDF s’en charge déjà
En faisant circuler ses câbles, pourquoi ne les enterre-t-elle pas ?
Bord de fleuve, bord de mer, elles poussent ces centrales non désirées
Mais nulle faiseuse d’anges louche ne pourra nous les faire passer
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
Si c’est pour sauver l’architecture, l’immobilier s’en charge déjà
Suffit de se balader d’aventure du Front de Seine aux Marinas
Bord de prés, bord de rues, ils poussent
Ces ensembles pleins de gens tout seuls
Mais nul magicien d’un coup de pouce ne viendra replanter les tilleuls
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
Si c’est pour garder la culture, les traditions et le savoir
C’est un miracle si ça dure
Sans argent, il y a peu d’espoir
Bord d’écrans, bords de pages, elles poussent
Les séries B de l’avenir
Mais nul ne se lève en criant pouce
Nul n’est capable d’intervenir
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
Si c’est pour qu’un chef de la France hésite à recevoir des Bretons
Où est le respect des différences. Le pouvoir central tient bon.
Et enfin tu pars en week-end, on te remet un dépliant
Où il est dit qu’il faut que tu interviennes
Pour garder ton beau pays vivant
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
C’est l’année du patrimoine et moi je me demande pourquoi
    AD LIB

19. LES PETITES LUEURS (David Jisse)
Les petites lueurs
Pas celles des projecteurs
Celles qui me font respirer
La bougie obstinée
Même au milieu de l’horreur
Petites lueurs
En Uruguay c’est un artiste
Qu’on libère après deux années
Il pourra refaire le pianiste
La lampe pour lui reste allumée
Reste allumée
Les petites lueurs
Dans les yeux des skieurs
Vitesse dans le vent
Course contre le temps
Même au milieu de l’horreur
Petites lueurs
Même si Coubertin a des rides
Même si ce n’est qu’un faux miroir
Dans la descente de Lake Placid
Je vois comme une petite lueur d’espoir
Lueur d’espoir
Les petites lueurs
Tous ces nouveaux auteurs
C’est le travail souterrain
Gestes du comédien
Au milieu de l’horreur
Petites lueurs
Un couple parfait d’Amérique
Chauve et gaucher jazz étonnant
Et avec ses oiseaux magiques
Peter Brook, lui, arrête le temps
Arrête le temps
Les petites lueurs
Appétit du bonheur
On se voit, on se tient
Tendresse du matin
Au milieu de l’horreur
Petites lueurs
On dirait qu’je sais rien du monde
Œil et oreille refermés
Je lirai dans tes yeux la ronde
Du jour et de la nuit, montre arrêtée
La montre arrêtée
Les petites lueurs
Pas celles des projecteurs
Celles qui me font respirer
La bougie obstinée
Même au milieu de l’horreur
Les petites lueurs
Lueurs

20. SUR MES DOIGTS (David Jisse)

Quarante mille francs par enfant
C’est pas beaucoup quand on y pense
Quarante mille francs par enfant
C’est pas beaucoup quand on est le papa
Quarante mille francs ça le rendra pas
L’enfant disparu dans ses langes
Quarante mille francs ça le rendra pas
Est-ce que même on les paiera ?
Y a des jours où je ne voudrais pas
Savoir compter même sur mes doigts    BIS
Quarante mille francs par enfant
C’est pas beaucoup quand on y pense
Quarante mille francs par enfant
C’est pas beaucoup quand on est le papa
Quarante mille francs ça le rendra pas
L’enfant disparu dans ses langes
Quarante mille francs ça le rendra pas
Est-ce que même on les paiera ?
Y a des jours où je ne voudrais pas
Savoir compter même sur mes doigts    BIS
Dix ans de prison pour Lischka
C’est pas beaucoup quand on y pense
Dix ans de prison pour Lischka
C’est pas beaucoup quand on n’oublie pas
Je crois même savoir qu’il les fera pas
Quarante ans après faut comprendre
Je crois même savoir qu’il les fera pas
Bête ou têtu, je ne comprends pas
Y a des jours où je ne voudrais pas
Savoir compter même sur mes doigts    BIS
Quinze sous-marins il nous faut
Ça coûte combien pour les faire
Lance-missiles, il nous les faut
Pour l’an 2-0-0-0
Ça nous fera moins d’hôpitaux
À cause des budgets militaires
Ça nous fera moins d’hôpitaux
L’atome soigne tous les bobos
Y a des jours où je ne voudrais pas
Savoir compter même sur mes doigts    BIS
Douze demi-tons de do à do
C’est pas beaucoup quand on y pense
Douze demi-tons de do à do
Mais aujourd’hui ça me paraît trop
J’en fais tout un méli-mélo
Mélodie le feu dans ma tête
J’en fais tout un méli-mélo
Au fond, je joue mon numéro
Y a des jours où je ne voudrais pas
Savoir compter même sur mes doigts    Quatre fois

21. ÇA VA MAL, ÇA VA BIEN (David Jisse)

À huit heures du matin la radio me dit
On a perdu espoir en Yougoslavie
Ça va mal, ça va mal, pour le vieux maréchal
Ça va mal
Tout à fait par hasard j’écoute à midi
Il a dit deux, trois mots, il va sortir du lit
Ça va bien, ça va bien et moi j’y comprends rien
Ça va bien
Où est le vrai, la vraie nouvelle celle que je dois croire
Où est le vrai, je ne vois que l’envers du miroir
L’envers du miroir
À huit heures du matin la radio me dit
La radio me dit c’est les Russes les méchants, les autres les gentils
Ça va mal, ça va mal, faut que je garde le moral
Ça va mal
Puis j’achète un journal, y dit pas pareil
Carter est un bandit, Brejnev une merveille
Ca va bien, ça va bien et moi j’y comprends rien
Ca va bien
Qu’est-ce que je dois faire ?
Un chèque en blanc aux commentaires
Qu’est-ce que je dois faire ?
Ne plus rien lire que les sommaires
Ne lire que les sommaires

À huit heures aux infos Gicquel me dit
On a sauvé l’honneur mais au fond le ski
Ça va mal, ça va mal, On n’a plus d’idéal
Ça va mal
Un plus tard Perrine est élevée aux nues
Elle aurait pu tomber, quel exploit on a vu
Ça va bien, ça va bien, je vais m’acheter des skis, tiens
Ça va bien
Comme un bouchon au fil de l’eau d’informations
Comme un bouchon, je vais vers le oui je vais vers le non
Je veux plus faire le bouchon
À huit heures on y va, neuf heures on n’y va plus
Dix heures on se dit vous, onze heures on se dit tu
Ça va mal, ça va mal, c’est moi qui me sens mal
Ça va mal
À midi j’éteins tout, je me prends par la main
Je choisis mes infos, je descends de ce train
Ça va bien, ça va bien jusqu’à la prochaine heure
Ça va bien    BIS

22. Y EN A QUI TROUVENT PAS (David Jisse)
Avec les rats, les chewing-gums, les papiers gras
Qui traînent dans les couloirs du métropolitain
Y tirent leur seau, poussent leur chiffon, en font des pas
Très loin, très très loin du grand air africain
Je veux pas faire pleurer, grosses larmes dans les chaumières
Mais je me dis que pour deux mille trois cents francs par mois
C’est pas très loin d’un vieux genre de misère
Y en a qui trouvent pas
Y en a qui trouvent pas
Avec la peur de ne pas être comme de vrais hommes
Quand tous leurs copains parlent de sauter la bonne
Ils tirent leur volet sur des amours interdites
Et malheur à eux s’ils sont catholiques
Le pape a tranché. Grosses flammes dans les enfers
Pour tous ces maniaques assassins pervers
Le plaisir, le corps, ça devrait être notre affaire mais
Y en a qui trouvent pas
Y en a qui trouvent pas
Avec les mots j’associe des nouvelles
La grève du métro et les homosexuels
Ils sont dans le même tunnel, même désespoir
Marginaux matin, marginal le soir
J’ai envie de chanter qu’y en a raz la poubelle
Des cloisons étanches entre noirs et blancs
Entre femmes et hommes, entre terre et ciel
Y en a qui trouvent pas
Y en a qui trouvent pas
Avec la peur de ne pas être comme de vrais hommes
Ils traînent dans les couloirs du métropolitain
Quand tous leur copains parlent de sauter la bonne
Ils sont très très loin du soleil africain
Ils sont très très loin du soleil africain

23. CES MOTS QUI TE TOUCHENT (David Jisse)
Ces mots qui te touchent
Ces pattes de mouche écrites en secret
Ces mots indicibles pour le papier bible
Au vélin trop léger
Font craquer tes méninges
Essorent le linge sale des pensées
Voyelles et consonnes
Qu’importe qu’on sonne
Tiens si t’écrivais
Couche-les serrés, couche-les serrés
Couche-les serrés
Tiens ! Si t’écrivais
Laisses-y des plumes
Fais donc des volumes, des rayons entiers
Du journal intime, en prose ou en rimes
Aux chansons d’été
Fais donc des histoires, des roses, des noires
Parfois des salées
Alors jette l’encre sur la plage blanche
Tiens si t’écrivais
Couche-les serrés, couche-les serrés
Couche-les serrés
Tiens ! Si t’écrivais
Même si ça n’est pas impérissable
C’est le tout petit mot grain de sable
Le motif, le mot doux, le mot de travers
Comme un homme seul debout devant des militaires
Couche-les serrés, couche-les serrés
Couche-les serrés
Tiens ! Si t’écrivais

Couché




DISCOGRAPHIE
 CD1

20 septembre 2008 - Concert
Enregistrement et mixage :
Thierry Balasse / Christophe Hauser
Piano : Nathalie Fortin

1. Heureux (David Jisse) 3’14

Octobre 1969 - 45 tours-CBS/ Série Gémini : 4068
Enregistrement studio Davout
Orchestre : Armand Migiani
Direction artistique : Pierre Carrel

2. Juliette (David Jisse) 2’26
3. Tu vas, je vais (David Jisse) 2’59

1971 - Maquette
Guitare : Alain Ledouarin. Batterie : Olaf Estienne. Basse : Patrice Caratini
Enregistrement : Jean-Louis Bottin 1971

4. Sans dessus sans dessous (David Jisse) 2’21

1975 - 45 tours -
EMI PATHE MARCONI C 004 14202
Guitare acoustique : Alain Ledouarin
Contrebasse : Patrice Caratini
Production : Oasis disque
Enregistrement : studio de Boulogne 1975

5. Ouvre-moi vite la porte (P. Ben Mouhamed-M Idir- Paroles françaises : D. Jisse et Georges Bigness) 4’16
6. Némo (David Jisse) 2’33

1976 - Générique de L’Encyclopédie du cinéma
Orchestration : Roland Romanelli
Production : Seuil audiovisuel 1976

7. Avant le cinéma
(Guillaume Apollinaire - David Jisse) 2’00

1976 - 45 tours -
EMI PATHE MARCONI C 010-14287
Orchestrations : Jean Musy
Réalisation artistique : Claude Dejacques
Enregistrements : Studio Louis Gasté 1976
Prise de son : Maurice Valensin
Production : Oasis Disques
Photos : Boccon-Gibod

8. Du bout des doigts je t’aime (David Jisse) 2’44
9. L’ogre et le loup (David Jisse) 2’31

1977 - Album La parole est malade
POLYDOR 24 73080 1977
1977/1978 - Maquette des studios Polydor
Voix des chœurs : Xavier Gernet.

10. Pas de parapluie (David Jisse) 2’55

RÉÉDITION LE CHANT DU MONDE LDX 74 714 - 1979
Orchestrations : Patrice Caratini
Batterie : Marcel Sabiani
Percussions : Mino Cinelu
Piano Fender : Michel Grailler
Piano : Michel Grailler / Patrice Caratini
Guitares : Alain Ledouarin / Xavier Gernet / Pierrot Fanen / Fabien Maman
Cordes : Pierre Louis / Jean-Yves Rigaud / Pierre Llinares / Hervé Derrien
Basson : Emmanuel Duval
Saxophones : Alain Hatot / Jean-Louis Chautemps
Trombone : Christian Guizien
Trompette : Michel Barrot
Flûte : Chris Hayward
Voix : Xavier Gernet
Contrebasse : Patrice Caratini
Enregistrement : Studio IP Juin / Juillet 1977
Prise de son : Georges Granier
Assistant : Alain Marcel
Photos : Fabien Lacaf


11. Toutes les musiques (David Jisse) 2’32
12. Et se réveiller (David Jisse) 2’52
13. Petit hommage au jazz
(David Jisse – D.Jisse/P.Caratini) 1’34
14. J’avais huit ans (David Jisse) 2’02
15. La tête à p’pa (David Jisse) 2’36
16. Il fait trop beau (David Jisse) 2’19
17. La parole est malade (David Jisse) 3’12
18. Sirop d’orgeat (David Jisse) 2’14
19. Ta ville (David Jisse) 3’22
19 bis. Rejoins-moi (David Jisse) 2’45
20. Retrospective (David Jisse) 3’14
21. Tout va bien (David Jisse) 1’55

1977 - Composition inédite de Luc Ferrari
électroacoustique – Studio Billig

22. Toutes les musiques
(Luc Ferrari – David Jisse) 11’07

1979 - 45 tours : Moi Je - LE CHANT DU MONDE 100-122-Collection - Chevance
Direction artistique : Philippe Gavardin
Arrangements et direction d’orchestre :
Jean-Louis Méchali
Claviers, percussions : Lionel Desmaret
Bandonéon : Richard Galliano
Batterie : Christian Lété
Contrebasse : François Méchali
Flûte : Jean Querlier
Guitare : Jean-François Rossi
Illustrations : Patrick Couratin


23. Cache-cache (David Jisse) 2’14
24. Le jeu de l’oie (David Jisse) 3’24
25. Pigeon vole (David Jisse) 4’00

CD 2


1979 - Album Comme si on y était -
LE CHANT DU MONDE LDX 74714
Orchestration et direction musicale : Georges Granier
Batterie : Marcel Sabiani
Basse électrique et chœurs : Tony Bonfils
Guitare électrique, percussions et chœurs :
Jacques Mercier
Guitare acoustique : Alain Ledouarin
Guitare électrique : Vincent Barres
Studio IP
Ingénieur : Georges Granier
Assistant : B. Boulenger
Mixage : Studio Marcadet
Photos : Fabien Lacaf


1. Rose et bleu (David Jisse) 2’43
2. Une mélodie (David Jisse) 2’33
3. Le roi des animaux (David Jisse) 3’11
4. Mimi tant pis (David Jisse) 2’20
5. Comme si on y était (David Jisse) 3’14
6. J’sais pas ou on va (David Jisse) 5’24
7. Moi c’est qui (David Jisse) 3’36
8. Mamie Nina (David Jisse) 2’51
9. Babar (David Jisse) 2’27
10. Se quitter tranquille (David Jisse) 3’14

1980 - Chansons-Journal - France Culture
Commande de Guy Erismann
Guitare : David Jisse
Enregistrement : Radio France

11. Faites vos jeux (David Jisse) 3’02
• Jeux olympiques d’été à Moscou
boycottés par les États-Unis
12. De l’homme le droit de l’homme
(David Jisse) 4’41
• Corse : Événements de Bastelica et d’Aleria
• Des objecteurs de conscience
se suspendent à la tour Eiffel
13. La conduite éclatée (David Jisse) 3’15
• Le 13 mars 1980, accident nucléaire
à la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux
avec rejets de déchets radioactifs
14. Tu m’fais rêver (David Jisse) 3’38
• Arlette Heutniger née à Forbach
gagne au loto le 26 mars 1980
• Expulsion de Maliens résidant
dans un foyer à Vitry-sur-Seine qui sera détruit
15. Une voix s’éteint (David Jisse) 3’12
• 15 avril 1980, mort de Jean-Paul Sartre
16. La moitié de l’hiver (David Jisse) 3’58
Cyclone Hyacinthe à La Réunion
17. Oh les enfants (David Jisse) 4’19
Création par Robert Klark Graham d’une banque de sperme de lauréats du prix Nobel
18. C’est l’année du patrimoine (David Jisse) 3’29
19. Les petites lueurs (David Jisse) 3’52
• Libération de Miguel Angel Estrella
• Peter Brook, La Conférence des oiseaux
• Jeux olympiques d’hiver de Lake Placid
20. Sur mes doigts (David Jisse) 3’14
• 10 ans de prison pour l’ancien nazi Kurt Lischka
• Décision de construire 15 sous-marins lance-missiles
21. Ça va mal, ça va bien (David Jisse) 3’10
• Mort du maréchal Tito
• Perrine Pelen, médaille de bronze (slalom), Lake Placid
22. Y en a qui trouvent pas (David Jisse) 3’27
• Grève des nettoyeurs du métro parisien
• Condamnation des homosexuels par le pape

20 septembre 2008 - Concert
Enregistrement et mixage : Thierry Balasse /
Christophe Hauser
Piano : Nathalie Fortin

23. Ces mots qui te touchent (David Jisse) 2’36

Mastering : Diego Losa Novembre 2015
Relecture : Anne Dartigues et Corinne Deunailles

Direction de collection : Augustin Bondoux
Licencié à Groupe Frémeaux Colombini
Fabrication et distribution : Frémeaux & Associés
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2016



David (Jisse) et Dominique (Marge) se sont rencontrés au bord d’une route à la fin des années 1960… S’ensuivit une belle aventure musicale de 13 ans et dont le point d’orgue fut la version française de « A vava inouva » du grand chanteur kabyle Idir en 1975. Symboles d’une génération bohème éprise de liberté, David et Dominique figurent parmi les artistes qui façonnèrent la « Nouvelle Chanson » dans les années 1970, diffusée alors en grande partie par le milieu associatif, en marge du circuit officiel de l’époque. Leur musique incorpore à la chanson textuelle des teintes de folk, de rock psyché, de rythmes brésiliens et de jazz. Frémeaux & Associés met à disposition du public cette intégrale réunissant des enregistrements inédits et rares, qui plaira tant aux amateurs de chanson, qu’aux défricheurs amoureux de pépites pop seventies.
Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX

David (Jisse) met Dominique (Marge) by the side of the road in the late Sixties… and it marked the start of a fine adventure in music that lasted 13 years, culminating in the French version of A vava inouva, by the great Kabyle singer Idir in 1975. David and Dominique symbolised a free, Bohemian generation; they were among the artists shaping new French Song in the Seventies, a milieu outside the period’s “official” music circuit. Their music surrounds lyrics with blends of folk and psychedelic rock, Brazilian rhythms and jazz, and Frémeaux & Associés is proud to make their complete recordings available again with this set including previously unreleased items and other rarities. A set that appeals to everyone from song fans to collectors hunting golden gems of Seventies pop.
Augustin BONDOUX & Patrick FRÉMEAUX


CD1
 1. Heureux    3’14
 2. Juliette    2’26
 3. Tu vas, je vais    2’59
 4. Sans dessus sans dessous    2’21
 5. Ouvre-moi vite la porte    4’16
 6. Némo    2’33
 7. Avant le cinéma    2’00
 8. Du bout des doigts je t’aime    2’44
 9. L’ogre et le loup    2’31
10. Pas de parapluie    2’55
11. Toutes les musiques    2’32
12. Et se réveiller    2’52
13. Petit hommage au jazz    1’34
14. J’avais huit ans    2’02
15. La tête à p’pa    2’36
16. Il fait trop beau    2’19
17. La parole est malade    3’12
18. Sirop d’orgeat    2’14
19. Ta ville / Rejoins moi    6’07
20. Retrospective    3’14
21. Tout va bien    1’55
22. Toutes les musiques (Luc Ferrari)    11’07
23. Cache-cache    2’14
24. Le jeu de l’oie    3’24
25. Pigeon vole    4’00

CD 2
 1. Rose et bleu    2’43
 2. Une mélodie    2’33
 3. Le roi des animaux    3’11
 4. Mimi tant pis    2’20
 5. Comme si on y était    3’14
 6. J’sais pas ou on va    5’24
 7. Moi c’est qui    3’36
 8. Mamie Nina    2’51
 9. Babar    2’27
10. Se quitter tranquille    3’14
11. Faites vos jeux     3’02
12. De l’homme le droit de l’homme    4’41
13. La conduite éclatée    3’15
14. Tu m’fais rêver    3’ 38
15. Une voix s’éteint    3’12
16. La moitié de l’hiver    3’58
17. Oh les enfants    4’19
18. C’est l’année du patrimoine    3’29
19. Les petites lueurs    3’52
20. Sur mes doigts    3’14
21. Ça va mal, ça va bien    3’10
22. Y en a qui trouvent pas    3’27
23. Ces mots qui te touchent    2’36






EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Heureux03'14
02 Juliette02'27
03 Tu vas, je vais03'00
04 Sans dessus, sans dessous02'21
05 Ouvre-moi vite la porte04'17
06 Nemo02'33
07 Avant le cinema02'00
08 Du bout des doigts je t'aime02'44
09 L'ogre et le loup02'32
10 Pas de parapluie02'56
11 Toutes les musiques02'33
12 Et se reveiller02'53
13 Petit hommage au jazz01'34
14 J'avais huit ans02'02
15 La tête à p'pa02'37
16 Il fait trop beau02'19
17 La parole est malade03'12
18 Sirop d'orgeat02'14
19 Ta ville, rejoins-moi06'08
20 Rétrospective03'14
21 Tout va bien02'00
22 Toutes les musiques (luc ferrari)11'11
23 Cache-cache02'17
24 Le jeu de l'oie03'27
25 Pigeon vole03'58
CD 2
01 Rose et bleu02'44
02 Une mélodie02'33
03 Le roi des animaux03'12
04 Mimi tant pis02'21
05 Comme si on y était03'14
06 Sais pas où on va05'25
07 Moi c'est qui?03'36
08 Mamie Nina02'52
09 Babar02'28
10 Se quitter tranquille03'14
11 Faites vos jeux03'03
12 De l'homme, le droit de l'homme04'42
13 La conduite éclatée03'16
14 Tu m'fais rêver03'38
15 Une voix s'éteint03'12
16 La moitié de l'hiver03'59
17 Oh! les enfants04'20
18 C'est l'année du patrimoine03'30
19 Les petites lueurs03'53
20 Sur mes doigts03'15
21 Ca va mal, ça va bien03'12
22 Y en a qui trouvent pas03'30
23 Ces mots qui te touchent02'37
« Un tandem créatif » par Paris On the Move

« Dans notre bel Hexagone, le premier tremplin de promotion pour ce qu'on appelle désormais les artistes en émergence n'a pas toujours été la Nouvelle Star. Dans les années 60-70, les Maisons de la Culture lancées par Malraux constituèrent un creuset fécond pour une expression musicale en marge des circuits établis. C'est là que les Variations, Magma, Ange et autres Moving Gelatine Plates se firent d'abord les dents. C'est également ce réseau qui diffusa, en formule ciné-club, le fameux film de Gébé "L'An O1", et dans sa foulée, tout un courant de nouvelle chanson post-soixante-huitarde. Dans l'ombre de figures tutélaires comme François Béranger, Catherine Ribeiro et Colette Magny, quelques jeunes artisans y poursuivirent ainsi une carrière aussi modeste que persévérante. L'éditeur Le Chant Du Monde prenait alors souvent le relais des majors de l'époque pour diffuser ces propagateurs d'utopie. S'étant rencontrés en 67, David Jisse et Dominique Marge (nom prédestiné s'il en fut) constituèrent treize ans durant un tandem créatif largement oublié depuis, mais dont la redécouverte de nos jours suscitera une émotion tangible parmi tous ceux qui vécurent au quotidien ces années de militance. Véritables anti-Stone et Charden, David et Dominique véhiculaient en effet les idées de pacifisme, d'écologie, d'antiracisme et d'égalité des sexes dont une gauche que le pouvoir qualifie encore d'extrême continue de porter les valeurs. Le plus souvent folk (David était bon guitariste), les arrangements de leur intégrale ici présentée pour la première fois surent aussi emprunter au rock pour l'album "Comme Si On Y Était" (avec Jacques Mercier, ex-Dynastie Crisis). Une chouette madeleine, qui rappelle ce temps où une certaine gauche n'avait pas encore sacrifié son âme à la finance... »
Par Patrick DALLONGEVILLE – PARIS ON THE MOVE




« Une aventure qui va durer treize ans » par Chant… Songs

« L’Intégrale David & Dominique, c’est le retour aux sources de toute une époque de la chanson française. Où certains artistes ne cultivaient pas le mou, les interrogations psychologiques à répétition mais savaient aussi rêver à une autre société. David Jisse et Dominique Marge se sont croisés au bord d’un autoroute. L’infirmière débutante et l’étudiant en médecine ont alors décidé de se lancer dans la vie d’artistes. Une aventure qui va durer treize ans et sera marqué par quelques succès -dont Ouvre moi vite la porte, version française de A vava inouva, créée par le grand chanteur kabyle Idir en 1975. Ensuite, chacun a vécu une carrière artistique de son côté : Dominique avec le groupe Transhumance fondé avec Daniel Clark et destiné au jeune public et David, toujours auteur et compositeur, mais qui deviendra aussi producteur à la radio et directeur d’un Centre national de création musicale. L’une de leurs chansons, Avant le cinéma, sur un texte d’Apollinaire, a connu une belle vie à la télévision : elle a servi au générique du Cinéma des cinéastes, de Claude-Jean Philippe sur une orchestration de Roland Romanelli, l’accompagnateur fétiche d’une certaine Barbara. Aujourd’hui, Claude-Jean Philippe se souvient : « J’avais en tête ce texte d’Apollinaire qui était en fait prophétique car c’est un des rares à avoir pressenti ce qu’allait devenir le cinéma comme art. » A réécouter ces mélodies, on retrouve tout l’esprit d’une époque où l’engagement pouvait passer par les voies de traverse de la poésie avec des chansons comme Sur mes doigts; Oh les enfants, aux couplets prémonitoires, ou encore La Conduite éclatée, qui mettait déjà en garde contre la folie de l’atome. Ce qui n’exclut pas quelques mélodies amoureuses réussies, telle Se quitter tranquille évoquant le désir d’une séparation sans heurts et élégante. Avec un hommage oublié à Jean-Paul Sartre dans Une voix s’éteint. « Ah, je voudrais bien qu’il se réveille/ Mais sa voix s’éteint, sa voix s’éteint »Le tout est porté par des mélodies où le blues tranquille le dispute au jazz et au folk. Avec la marque de fins musiciens comme Patrice Caratini, qui a signé les orchestrations pour le disque sorti au Chant du monde et que l’on a souvent vu jouant de la contrebasse aux côtés de Maxime Le Forestier. Pour les amateurs de rareté, cette Intégrale propose aussi des inédits de David Jisse, accompagné au piano par Nathalie Fortin (…) »
Par François CARDINALI – CHANT… SONGS




« La qualité des textes et la finesse des mélodies » par Le Monde

« David Jisse, âgé de 70 ans, semble avoir autant de vies que les chats avec lesquels il partage le sens de l’observation et le goût de l’itinérance. Sans jamais ronronner, ainsi que le savent les amateurs de musique contemporaine qui le rencontrent depuis des lustres dans des situations toujours inattendues, comme organisateur (à la tête de La Muse en circuit, le centre de création musicale qu’il a dirigé de 1998 à 2013) ou comme compositeur (principalement de musique électro-acoustique). Avant de jouer avec les micros (y compris comme producteur à Radio France), David Jisse est entré en musique comme auteur-compositeur-interprète de chansons présentées en duo avec sa partenaire Dominique Marge. L’intégrale que l’on découvre aujourd’hui frappe par la qualité des textes et la finesse des mélodies. Elle couvre vingt ans de création multipistes. L’époque (par exemple, celle du Michel Berger de Starmania ou celle du Michel Legrand des tubes entre jazz et classique) est toujours perceptible. L’originalité aussi, dans le registre du « Presque rien » cher à Luc Ferrari, fondateur de La Muse en circuit et mentor de David Jisse. »
Par Pierre GERVASONI  - LE MONDE




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