MOLIÈRE-SHAKESPEARE - CORNEILLE - BECKETT - PINTER… EXPLIQUÉS PAR MICHEL BOUQUET

DOCUMENTS INÉDITS 1986-1987

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Artiste MICHEL BOUQUET
Format : Livre Audio WAV
Livret : 12 Pages
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5627

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Michel Bouquet, qui figure parmi les plus grands acteurs de notre temps, dévoile une analyse sensible, passionnée et essentielle de Molière, Shakespeare, Corneille, Pinter ou encore Beckett.
Ce document sonore exceptionnel, synthèse des cours donnés par le comédien lorsqu’il était professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique en 1986-1987, est le fruit d’un long travail initié en 2006 par le metteur en scène Georges Werler, qui assistait alors le comédien et l’avait enregistré. Il vient compléter un premier disque (également disponible aux éditions Frémeaux & Associés) dans lequel le comédien décrit le sens profond du métier d’acteur, sa définition de l’éthique du jeu, avec un sens inné de la transmission.
Ce volume-ci propose une réflexion unique sur la manière de penser le théâtre et ses auteurs, commentée et expliquée par l’un de nos plus grands comédiens.

Patrick FRÉMEAUX

ENREGISTREMENTS RÉALISÉS PAR GEORGES WERLER

DOCUMENTS INÉDITS 1986-1987.

CD 1 : LE MOT DE JOUVET • MOLIERE • FEYDEAU • MARIVAUX
CD 2 : CORNEILLE • SHAKESPEARE • GOGOL • DIDEROT • PINTER • BECKETT

MALGRÉ L’APPORT DES MEILLEURES TECHNOLOGIES NUMÉRIQUES À LA REMASTERISATION DE CE DOCUMENT HISTORIQUE RÉALISÉ COMME SIMPLE TÉMOIGNAGE DES SÉANCES DE TRAVAIL AU CONSERVATOIRE, LA QUALITÉ DE CET ENREGISTREMENT EST INÉGALE

Bouquet Molière FA5627

Molière - Shakespeare - Corneille - Beckett - Pinter…
Enregistrements réalisés par Georges Werler
expliqués par

Michel Bouquet
Professeur au Conservatoire
Documents inédits 1986-1987
avec la collaboration de Jean-Pierre Prévost






Index Auteurs, Titres

CD 1
4’32    1    Le mot de Jouvet
1’28    2    Molière
                • La vérité du jeu
2’06    3    Le malade imaginaire
3’11    4        • Plus c’est primaire Molière, plus ça devient subtil
1’14    5        • L’articulation affirme la conception que l’on a …
4’13    6    Le misanthrope
             • Le sonnet d’Oronte - Le style d’écriture est galant, l’humeur est forcenée - Le vers est incarné par le corps de l’acteur
1’58    7        • Comment jouer Célimène si on n’est pas convaincue d’être la plus belle personne de la terre - Elle ne vieillira pas, Célimène… elle est la vie.
2’15    8         •  La respiration du personnage, c’est comprendre comment c’est fabriqué. On ne sait pas si Alceste dit des vérités.
2’20    9        • « Et pourtant c’est une comédie… Dans Alceste Molière se moque de lui-même »
1’46    10    L’école des femmes
2’31    11        •
Tous les moments du rôle d’Arnolphe… De quelle nature est cette souffrance… Il ne souffre pas de la même manière, Molière, quand il est Alceste, Arnolphe ou Argan.
3’30    12        • Si il y a quelque-chose de génial dans Molière, outre son texte …Il a l’art de décrire le caractère par la vérité.
1’12    13    Tartuffe
3’28    14        •
Cette pièce là est une pièce domestique… C’est la vie d’une famille… Il faut que la pièce vienne démentir les personnages… souvent Molière se sert de ce procédé là (Béline - Le malade imagninaire - Acte 3, Scène 12 )
1’28    15    Feydeau
            • C’est le sottisier général de l’existence qui est dépeint dans Feydeau.
1’11    16    Marivaux
            • Tout l’art de Marivaux est de montrer ce qui est caché.
2’58    17    La seconde surprise de l’amour
            • C’est comme une loupe d’une puissance extraordinaire avec une lumière qui la rend brûlante. C’est d’une lucidité désespérée.
2’58    18    La fausse suivante
            • Si Marivaux met en place une femme qu’on prend pour un chevalier… il faut le créditer sans une réflexion de doute.
2’26    19    L’épreuve
            • Là elle est complètement en épreuve, elle est en épreuve par lui. Ça s’appelle l’Epreuve.
2’30    20        • Souvent vous vous obnubilez par le fait qu’on dise de belles choses, mais les faits et les actions sont souvent beaucoup plus importants.

CD2

0’35    1    Corneille
            • Le tragique de Corneille est réthorique. Il n’est pas dans le sentiment, il est dans la raison
3’35    2    Polyeucte
2’48    3        • C’est logique pour nous spectateurs que cette scène se passe comme ça… il vient de finir les stances… et dit «il faut aller au martyr, nous deux»
3’41    4    Quinze jours plus tard, nouvelle séance sur Polyeucte
3’50    5        • C’est un rôle de tragédie énorme. On ne peut pas avoir de référence de la vie …
4’49    6        • Le tragique de Corneille vient du fait que l’intelligence ne sert à rien pour les personnages.
1’04    7    Shakespeare
            • Chaque mot écrit par Shakespeare a un sens métaphysique et universel.
3’19    8    Comme il vous plaira
            • C’est une œuvre de la renaissance anglaise… C’est l’extrême raffinement.
2’31    9        • Ça en fait une gravité littéraire mais ça n’a pas de gravité au sens charnel des choses.
3’27    10        • Très souvent le héros shakespearien commente son destin
3’17    11    Richard II
            • C’est la tragédie de tout homme, pas seulement la tragédie d’un roi.
2’01    12    Gogol : Le révizor
            • Le clown révèle à l’être qui se croit normal, à quel point il est clown.
2’21    13    Diderot : La religieuse.
            • Cette scène est anormale, il y a une femme …
1’20    14    Pinter
            • L’anniversaire : Vous connaissez le point de non retour que Pinter décrit de cette horreur de la torture.
0’36    15        • Trahisons : La forme c’est l’élégance de Pinter.
1’02    16    Beckett
            • Ce n’est pas un théâtre de la dérision.
3’26    17    En attendant Godot
            • Dans Beckett il y a quelque chose de sacré dans sa manière d’appréhender l’horreur humaine.
2’43    18        • C’est fondamental, ce n’est pas anecdotique.
3’17    19        • Ils sont exemplaires.
0’56    20    L’auteur malaxe des vérités de la vie pour en faire un monument.
            • Le public prend plaisir à des choses vraies.


Il arrive souvent que Michel parlant d’une pièce bifurque sur une autre ou sur la vie de l’auteur, pour souligner ou éclairer sa pensée. Afin de lui être fidèle nous avons conservé et respecté son mode d’expression tel qu’il l’a exprimé à la classe. Cela arrive en particulier avec « le malade imaginaire » pièce qu’il affectionne et qu’il a jouée tout au long de sa carrière. Il nous a paru nécessaire de respecter ces allers et retours tant les œuvres sont imbriquées.
Ce sont bien sûr, les élèves qui le plus souvent choisissaient les auteurs et les scènes qu’ils avaient envie de travailler, parfois également sur notre proposition. Et c’est sur ces propositions que nos commentaires et particulièrement ceux de Michel s’appliquaient.




CITATIONS
Charles Dullin – Mettre en scène - Actes Sud-Papiers.
- Auteur et metteur en scène.
Le maître du théâtre, c’est l’auteur. Tous les autres rouages ne sont là qu’en fonction de cette force créatrice. Certes, le théâtre n’a jamais été aussi parfait que lorsque l’auteur, l’acteur et le metteur en scène se trouvaient réunis dans un même personnage.
Louis Jouvet – Molière et la comédie classique – Gallimard.
« Avant de commencer cette scène, je vais te prodiguer un dernier conseil : ne la joue pas… Tu ne vas pas la jouer, tu vas la dire tout simplement, dans le mouvement qui est dans le texte, sans y mettre d’intention. Tu vas tâcher de la dire de manière qu’elle s’entende bien. »
Charles Dullin – L’avare, mise en scène et commentaires de C. Dullin - Edition du seuil.
- La diction.
Le texte de l’Avare ne peut pas, sans être grossièrement mutilé, se prêter à une diction quotidienne. Monsieur Sarcey, critique dramatique, écrit à propos de l’avare : « La langue est souvent rocailleuse, et parfois même peu claire. Elle est toujours scénique ; elle se découpe par tranches qui suivent le mouvement de la pensée du personnage et qui règlent celui de la diction. »
Louis Jouvet – Témoignage sur le théâtre – Flammarion.
- Le théâtre rend aux hommes la tendresse.
Entre tous les arts, le théâtre tient une place insigne et méritée. Cette place il la doit à l’importance d’une communauté, d’une communion dont il vit, qu’il entretient et qu’il propage.
… Les pièces de Molière sont aussi énigmatiques que notre vie. Impénétrables, irréductibles, elles gardent leur perpétuelle vertu de sollicitation, de méditation et de divertissement pour l’esprit humain.
Charles Dullin – Mettre en scène - Actes Sud-Papiers.
Il n’y a pas d’acteurs sans culture. La culture seule peut leur permettre de sortir d’eux-mêmes, seule elle leur donnera l’intelligence du texte et elle mettra a leur disposition les registres dramatiques les plus variés. Notre école fera donc la plus large part à l’enseignement culturel.
Denis Diderot – Le paradoxe sur le comédien – Librairie théâtrale.
Les choses familières de Corneille ne peuvent pas se dire d’un ton familier.
Jean-Pierre Miquel – Sur la tragédie – Actes Sud-Papiers.
Le personnage tragique ne discute pas. Il affirme et s’en va.
En fait la tragédie, parmi tous les arts, n’imite ni ne représente la vie. Elle invente une forme de vie ; elle invente un mode de vie épuré, nettoyé ; elle crée un style. Elle s’oppose à la confusion désordonnée des sentiments, des désirs et des aspirations.

Michel Bouquet
A tourné avec : Jean Grémillon – Alain Resnais – François Truffaut – Claude Chabrol – Yves Boisset – Jacques Deray – Henri Verneuil – Alain Corneau – Francis Veber – Pierre Zucca – Robert Hossein – Jaco Van Dormael – Anne Fontaine – Bertrand Blier – Michel Porte – Robert Guédiguian – Gilles Bourdos – François Margolin  – Stéphanie Chuat et Véronique Reymond – Elie Chouraqui…
A joué les auteurs suivants : Albert Camus – Jean Anouilh – Eugène Ionesco – Samuel Beckett – Harold Pinter – Georges Michel – John Osborn – René de Obaldia – August Strindberg – Molière – Yasunari Kawabata – Thomas Bernhard – Bertrand Blier – Ronald Harwood, A tort et à raison dans une mise en scène de Georges Werler…


Georges Werler

A mis en scène une cinquantaine de pièces de : Alfred Musset – Victor Hugo – Slawömir Mrözek – Milan Kundera – Lanie Robertson – Peter Turrini – François Billetdoux – Victor Haïm – Gilles Costaz – Daniel Besnehard – Gérald Aubert – Jean-Louis Bourdon – Gilles Ségal…
Avec Michel Bouquet : Le neveu de Rameau de Denis Diderot – Le Roi se meurt de Eugène Ionesco – l’Avare et le Malade imaginaire de Molière – A tort et à raison de Ronald Harwood…


Jean-Pierre Prévost
Technicien aux multiples passions, les manifestations sonores de notre monde et leur application aux spectacles ont largement emporté ma préférence. Devenu directeur d’un théâtre de ville, le contentement du public, et son épanouissement de spectateur ont guidé et marqué ma réflexion sur la raison d’être et le programme d’un tel établissement.




En mars 2006, lors de la parution de notre 1er CD j’avais écrit dans le texte qui devait accompagner notre ouvrage sur les cours au Conservatoire de Michel Bouquet : « aujourd’hui nous arrivons au terme de la première étape. » Il aura fallu qu’une décennie passe pour que la promesse de la suite voie le jour et que Patrick Frémeaux, comme une évidence nous ouvre à nouveau sa porte. Le temps a passé, les cassettes avaient retrouvé leur étagère. Puis il y a 3 ans nous avons décidé de réécouter ce que nous n’avions pas utilisé et qui nous est apparu comme une coupable négligence. Donc 3 ans de RV réguliers entre Jean-Pierre Prévost et moi se sont avérés nécessaires voire indispensables.
Nous avions axé le premier disque sur l’acteur, la formation de l’acteur, le second parlerait des auteurs, des pièces et des personnages face à l’acteur naturellement. Il nous restait suffisamment de matière, de cassettes non exploitées, d’éléments forts pour nous lancer dans cette nouvelle aventure. Nous avons été vite déconcertés par le volume de tout ce que nous devions et voulions conserver. Il fallait 2 CD, était-ce possible ? Patrick résolut le problème et opta pour un coffret !
Nous avons vécu au cours de ce travail des moments uniques, merveilleux dont le souvenir m’émeut encore profondément. Les entendre me les fait revivre avec une précision exceptionnelle. Après la classe Michel m’emmenait déjeuner avec lui et nous reprenions notre débat du matin, minutieusement, pour le prochain cours, pour chaque élève. Quel bonheur !
Soixante deux cassettes d’une heure et demie enregistrées sur un petit appareil posé à même la table. La difficulté majeure fut de choisir et surtout d’avoir le courage de rejeter ou d’oublier.
C’est un cadeau exceptionnel que le grand acteur nous fait.
L’écouter parler de Molière, Marivaux, Feydeau, Pinter, Gogol, Corneille, Diderot, Shakespeare, Beckett… nous offre un moment unique d’intensité et de lumineuse clarté. Il me semble que qui voudra faire du Théâtre ou qui aimera le Théâtre ne pourra pas ignorer ce coffret.
Je voudrais le dédier à tous les comédiens qui furent nos élèves et dont un grand nombre fait l’honneur de nos plus belles scènes.
Et ceci se passait dans les années 1986-1987… Et je suis convaincu que dans les temps futurs ces réflexions sur l’Art Dramatique feront encore le bonheur de ceux pour qui le Théâtre est une manière de vivre ou de penser. Rêve et réalité sont si proches qu’on ressent comme une fraternité avec le Monde par la connaissance de ceux que Baudelaire appelait « les Phares » Ils étaient peintres. Les grands auteurs ont évidemment leur place à côté d’eux.
Georges Werler, mai 2015

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2016



La découverte, un jour en 2003, des cassettes dont Georges me parlait, fut pour moi une révélation. Et lorsque je lui proposais d’en faire une transcription sonore, je n’imaginais pas alors, l’énormité de ce travail et encore moins que le résultat final deviendrait un document de cette importance. Utiliser un tel moyen d’enregistrement était techniquement une idée folle, mais quel contenu !

Le dictaphone posé sur la table subissait les variations sonores des déplacements de Michel Bouquet, les réverbérations des salles dans lesquelles se donnaient les cours, la caisse de résonance du bois de la table qui amplifiait le bruit mécanique de l’appareil ; et encore les chocs, les froissements, les préparatifs de la scène qui allait suivre… Et puis, Michel, cherchait le mot ou l’idée juste qui éclairerait les élèves comédiens, allait et venait dans la salle, s’emportait, murmurait… L’appareil enregistrait l’orateur, mais aussi toute la vie, la vie de cette salle de classe.
Avec Georges notre travail fut donc, a posteriori, de reconstruire ce matériau, sans déflorer le sens de ce que disait le maître et de faire en sorte que ses réflexions après une audition, donc sur l’instant, deviennent un exposé ex cathedra, compréhensible pour quiconque quel qu’il soit et hors du contexte de l’enregistrement. Une vraie dentelle, des plus fines.
Les centaines d’heures passées avec dans l’oreille la voix complexe de Michel Bouquet et la démonstration de la difficulté de son art, ont peu à peu, nourri ma réflexion de spectateur au long cours, sur le théâtre. Je dévorais avec délectation ces longs instants et me satisfaisais de sentir poindre ma compréhension de la relation entre l’auteur, ses pièces et leurs interprétations. J’avais conscience qu’il pourrait en être de même pour les futurs auditeurs de ces CD et c’est à cela que je travaillais.Merci Georges, merci Michel de m’avoir donné l’occasion de ce travail exceptionnel.
Jean-Pierre Prévost, juin 2015

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2016


Liste des comédiens qui furent les élèves de la classe Michel Bouquet-Georges Werler, au Conservatoire National d’Art Dramatique en 1986-1987 :
Anne Brochet – Nathalie Cerda – Maria de Medeiros – Caroline Faro – Anne Jacquemin – Jérôme Kircher – Patrick Pineau – Denis Podalydès – Véronique Samakh – Vincent Schmitt - Philippe Uchan – Eric Vigner.


Michel Bouquet, qui figure parmi les plus grands acteurs de notre temps, dévoile une analyse sensible, passionnée et essentielle de Molière, Shakespeare, Corneille, Pinter ou encore Beckett. Ce document sonore exceptionnel, synthèse des cours donnés par le comédien lorsqu’il était professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique en 1986-1987, est le fruit d’un long travail initié en 2006 par le metteur en scène Georges Werler, qui assistait alors le comédien et l’avait enregistré. Il vient compléter un premier disque (également disponible aux éditions Frémeaux & Associés) dans lequel le comédien décrit le sens profond du métier d’acteur, sa définition de l’éthique du jeu, avec un sens inné de la transmission. Ce volume-ci propose une réflexion unique sur la manière de penser le théâtre et ses auteurs, commentée et expliquée par l’un de nos plus grands comédiens.    
Patrick FRÉMEAUX

« Ce coffret fait partie des œuvres que je suis le plus fier d’avoir réalisées dans ma vie artistique. Je suis convaincu que dans les temps futurs ces réflexions sur l’Art Dramatique feront encore le bonheur de ceux pour qui le Théâtre est une manière de vivre ou de penser. »
Georges WERLER


Malgré l’apport des meilleures technologies numériques à la remasterisation de ce document historique réalisé comme simple témoignage des séances de travail au Conservatoire, la qualité de cet enregistrement est inégale.





PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Le mot de Jouvet04'32
02 La vérité du jeu01'28
03 Le malade imaginaire02'06
04 Plus c'est primaire Molière, plus ça devient subtil03'11
05 L'articulation affirme la conception que l'on a…01'14
06 Le misanthrope, Le sonnet d'Oronte - le style d'écriture est galant04'13
07 Comment jouer Célimène si on n'est pas convaincue…01'58
08 La respiration du personnage, c'est comprendre comment c'est fabriqué…02'15
09 Et pourtant c'est une comédie dans Alceste, Molière se moque de lui-même02'20
10 L'école des femmes01'46
11 Tous les moments du rôle d'Arnolphe02'31
12 Si il y a quelque-chose de génial dans molière03'30
13 Tartuffe01'12
14 Cette pièce-là est une pièce domestique03'28
15 Feydeau, c'est le sottisier général de l'existence qui est dépeint01'28
16 Tout l'art de Marivaux est de montrer ce qui est caché01'11
17 La seconde surprise de l'amour. C'est comme une loupe d'une puissance extraordinaire02'58
18 La fausse suivante. Si marivaux met en place une femme qu'on prend pour un cheval02'58
19 L'épreuve. Là elle est complètement en épreuve, elle est en épreuve par lui.02'26
20 Souvent vous vous obnubilez par le fait qu'on dise de belles02'30
CD 2
01 Le tragique de Corneille est réthorique.00'35
02 Polyeucte03'35
03 C'est logique pour nous spectateurs que cette scène se passe02'48
04 Quinze jours plus tard, nouvelle séance sur Polyeucte03'41
05 C'est un rôle de tragédie énorme. On ne peut pas avoir de référence de la vie…03'50
06 Le tragique de Corneille vient du fait que l'intelligence ne sert à rien pour les personnages.04'49
07 Shakespeare01'04
08 C'est une oeuvre de la renaissance anglaise... C'est l'extrême raffinement.03'19
09 Ca en fait une gravité littéraire, mais ca n'a pas de gravité02'31
10 Très souvent le héros shakespearien commente son destin03'27
11 C'est la tragédie de tout homme03'17
12 Gogol. Le Révizor. Le clown révèle à l'être qui se croit normal à quel point02'01
13 Diderot. La religieuse. Cette scène est anormale, il y a une femme...02'21
14 Pinter. L'anniversaire : vous connaissez le point de non retour01'20
15 Trahisons : la forme c'est l'élégance de Pinter.00'36
16 Beckett. Ce n'est pas un théâtre de la dérision.01'02
17 En attendant Godot. Dans Beckett, il y a quelque chose de sacré dans sa manière03'26
18 C'est fondamental, ce n'est pas annecdotique02'43
19 Ils sont exemplaires03'17
20 L'auteur malaxe des vérités de la vie pour en faire un monument.00'56
« Une grande leçon de vie que nous offre là Michel Bouquet ! » par Joël Jégouzo

« «Le plus difficile est de comprendre qu’on ne joue pas Molière comme on joue Shakespeare, ni même deux pièces de Molière identiquement», affirme d’emblée Michel Bouquet dans ces enregistrements inédits – des entretiens réalisés souvent face à ses élèves du Conservatoire National. Un Michel Bouquet particulièrement revigorant, qui sans détour ouvre aux vraies questions. La vérité du jeu ? «Il faut comprendre comment, dans la structure de la pièce, le personnage vient s’inscrire, et quelle est la chose que l’auteur désire, du personnage». Avec quelle force dessine-t-il la visée du théâtre, auquel on ne comprend rien si l’on ne fait en effet que s’arrêter à tel personnage, telle réplique, telle situation. Car le dessein du théâtre appartient à la pièce, non au personnage, qui ne peut en assumer le destin. «Il ne faut pas se tromper là-dessus», insiste-t-il : «Le jeu, ce n’est pas être». Certes, reconnaît-il, on est avec le personnage en entrant dans la pièce, mais on ne peut y rester. «Il faut sortir du travail intérieur à un certain moment », pour que cette fameuse «vérité» du théâtre advienne : quand il se fait «vivant». Molière ? Plus l’intrigue est naïve, plus elle est mystérieuse. Car Molière ne montre pas son intelligence : il montre ses personnages. Le Malade imaginaire par exemple, qui selon lui a avant tout besoin d’action. Pas de raisonnement. Toinette ? Ça ne veut pas dire que Molière y croit : c’est bête, mais à un point sublime. Molière passe son temps à se moquer du meilleur de lui-même et ose, au-delà de tout ce que l’on pense. Comme dans L’école des femmes, au goût de Michel Bouquet : «Une des pièces les plus étonnantes de Molière. D’un courage invraisemblable, où toute la normalité est inversée. Où Molière joue sur l’anomalie, mais avec une souffrance incroyable.» Le génie de Molière, c’est que lorsqu’il a présenté un état, il n’y revient plus. Il sait très bien que dans la vie on change tout le temps. L’espoir, le désespoir, ça bouge tout le temps. Molière, Feydeau, Marivaux, Corneille, cet avocat qui écrit des plaidoiries, « l’œuvre d’un mystique qui fout la merde chez les autres ». Shakespeare, Richard II ? La tragédie de tout homme, immergée dans une pièce où le silence s’affirme en tant que valeur de jeu. Beckett enfin, avec son sublime Godot, «un texte qui contient toute notre vie et qui rend l’être humain responsable de l’état dans lequel il arrive à la mort». Godot ? Une prière qui est devenue ridicule aux yeux des hommes. L’horreur et le grandiose de la condition humaine, où tout se contamine, le sacré, le grotesque, où l’on est obligé d’aller au fond de la sincérité de soi-même, qui devient bouleversante de noblesse et de ridicule. Ce qui est drôle chez Beckett ? «Cette manière dont les gens se racontent des histoires pour exister, ou échapper à leur existence. C’est tellement dure, la vie… Le monde est une telle déconfiture désormais»… On l’aura compris : c’est une grande leçon de vie que nous offre là Michel Bouquet ! »
Par JOËL JEGOUZO




« Nous sommes tous des “malades imaginaires”. » par Théâtre(s) Magazine

« Il avait annoncé en 2011 sa décision de ne plus se produire sur les planches. Mais la passion de la scène, à plusieurs reprises, l’a ramené vers le public. On peut actuellement l’applaudir au théâtre Hébertot dans À tort et à raison, une comédie du Sud-Africain Ronald Harwood, créée en 1995. De 1977 à 1987, Michel Bouquet a enseigné aux jeunes acteurs du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Pendant un an, en 1986, Georges Werler – qui met en scène la pièce – a enregistré ses cours. Il publie dans un double CD les meilleurs moments de séances éblouissantes où Corneille, Molière, Shakespeare ou Beckett nourrissaient la parole d’un comédien majeur, passé maître dans l’art de la transmission. Belle occasion pour La Vie de revenir à l’école avec cette figure tutélaire.


LA VIE. Vous souvenez-vous de l’année où Georges Werler a posé un micro dans votre salle de cours ? MICHEL BOUQUET. Je savais qu’il y avait un micro, mais j’ignorais quand il enregistrait. Du coup, j’étais parfaitement tranquille, libre de m’adresser aux élèves comme je l’entendais. Avoir son franc-parler est important quand il s’agit d’évoquer de très grands auteurs : Corneille, Molière, Shakespeare et Beckett sont des géants. Moi, je peux dire beaucoup de bêtises. Georges Werler a arrangé cela d’une manière magnifique, ne gardant que le meilleur. J’ai tenté d’éveiller l’esprit des élèves au respect des auteurs. Pour cela, il faut bien les connaître, les lire studieusement et trouver le point d’accroche possible entre eux et nous. Ma sincérité a payé, j’en suis content.


Certains propos excèdent le théâtre pour atteindre la leçon de vie. Par exemple, quand vous dites de Samuel Beckett : « Il rend l’être humain responsable de l’état dans lequel il arrive à la mort… » M.B. C’est ce qu’on ressent avec lui. Beckett est d’un niveau tel que ma pauvre intelligence ne parviendrait pas à le comprendre sans beaucoup de travail. J’attends que l’auteur parle pour interpréter. Je ne me fais pas une idée trop rapide. À force de bonne volonté, j’arrive à percevoir un peu de ce qu’il a voulu dire. Il y a toujours quelque chose qu’on n’a pas compris ou qu’on a oublié avec un grand auteur. Il est bon d’y retourner sans arrêt. À mon âge, 90 ans, je suis malade de toujours retravailler, mais c’est ce qu’il faut faire. J’applique cette méthode à tous les auteurs que je joue. Je m’informe sur eux, la façon dont ils ont vécu. Je retiens certaines histoires racontées. Sont-elles vraies ou fausses ? Je m’en moque, du moment qu’elles existent.


Évoquant Molière, vous affirmez : « Nous sommes tous des “malades imaginaires”. » Des jeunes gens de 20 ans, qui n’ont pas beaucoup vécu, peuvent-ils comprendre cela ? M.B. L’important, c’est qu’ils s’en souviennent toute leur vie et qu’ils y pensent de temps à autre. Qu’ils comprennent ou pas, que ça leur soit utile ou non, peu importe. Tout ce qu’a écrit Molière est exact quant à la vie humaine. Personne n’a, comme lui, assemblé toutes les contradictions humaines en décrivant des personnages. Le malade imaginaire est un être insolite, très bizarre. Il tient à cette absurdité de se croire malade alors qu’il ne l’est pas. En revanche, il a raison de se croire mortel. Une bataille se crée celui qui est bien portant. Cette subtilité est très importante.


À quel but visiez-vous avec les élèves ? M.B. Je me souviens de mon attachement à leur faire comprendre. Je voulais les faire avancer, pour qu’ils ne perdent pas de temps avec leurs contradictions, pour qu’ils soient au courant du chemin à suivre et qu’ils sachent que l’auteur est le personnage le plus important. Il ne doit jamais être pris pour un imbécile. L’enseignement dispensé à un acteur consiste à lui montrer qu’il n’a pas le droit de faire de l’auteur un homme de mauvais goût, alors que ce qu’il a écrit est une merveille. Il doit apparaître dans toute sa majesté, son ampleur et son amour des êtres. C’est parce que l’auteur respecte la vie et la rend normale que sa pièce peut se jouer. Si le spectateur doit se prendre la tête, réfléchir à mille choses pendant la représentation, c’est que la pièce est mauvaise.


Pour devenir acteur, faut-il en passer par les classiques que sont Molière, Corneille, Shakespeare ou Marivaux ? M.B. Tous ces grands auteurs devraient être la base de l’éducation. Mais il y a aussi les comiques. Les gens qui jouent des sketchs ont un talent rare. Il faut savoir faire la balance entre ce qui est grave et ce qui est cocasse. Il y a des pièces sérieuses qui doivent être jouées d’une façon non sérieuse et des pièces non sérieuses qui ont besoin d’un grand sérieux pour être jouées.


Qu’attendez-vous d’un jeune acteur ? M.B. Qu’il soit quelqu’un d’humain et qui ait sa finalité. Dans son commencement, il y a déjà tout. Il lui faut être attentif, regarder autour de lui, tenir compte de ses observations, donner une explication aux choses qui le choquent, l’amusent, le blessent dans les comportements des êtres humains. Il lui faut tout peser. L’acteur est forcé de s’arc-bouter sur lui-même. Il est seul à avoir raison contre tout. C’est un métier très difficile parce qu’on est complètement responsable de ce qui se passe sur scène.


Au terme de 70 ans de travail, quel regard portez-vous sur votre carrière ? M.B. Disons que j’ai acquis une petite idée du théâtre. Mais il m’arrive encore de me mettre en colère contre moi quand je ne comprends pas immédiatement ce que j’interprète. J’ai joué 800 fois Ionesco ou l’Avare de Molière et des choses continuent à m’échapper. Avec la centaine de jeunes élèves que j’ai rencontrés au cours des dix ans passés au Conservatoire, il pouvait m’arriver de m’énerver. Le jeune acteur,  dans ses commencements, a tout à portée de main. Ensuite, sa carrière sera surtout une question de circonstances et ça, c’est du domaine de l’injustice. »


Par Joëlle GAYOT – THEATRE(S) MAGAZINE





« Une véritable oeuvre de transmission pour les passionnés comme pour les apprentis » par Théâtre(s)

« Quel plaisir de suivre les leçons que Michel Bouquet a données au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, en 1986-87 ! Le metteur en scène Georges Werler, qui assistait Bouquet pendant ses cours, avait eu la bonne idée de les enregistrer. Un vrai trésor Michel Bouquet dévoile ici une analyse sensible et passionnée de Molière, Shakespeare, Corneille, Pinter ou encore Beckett, il se révèle un passeur exigeant, précis et malicieux. Sa voix de professeur possède les mêmes qualités de clarté et de présence que celle qu'on lui connaît sur scène. Une réflexion unique sur la manière de penser le théâtre et ses auteurs. Une véritable oeuvre de transmission pour les passionnés comme pour les (apprentis) comédiens. »
Nicolas MARC - THEATRE(S) MAGAZINE




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