GEORGES MOUSTAKI ET SES PREMIERS INTERPRÈTES - 1955-1962

GEORGES MOUSTAKI • ÉDITH PIAF • HENRI SALVADOR • COLETTE RENARD • BARBARA • DALIDA • HUGUES AUFRAY

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Artiste GEORGES MOUSTAKI
Direction artistique : OLIVIER JULIEN
Format : CD Musical
Livret : 24 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA5630

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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Georges Moustaki est l’un des plus brillants auteurs-compo-siteurs-interprètes français.
Avant d’atteindre le rang de célébrité avec « Le métèque » à la fin des années 1960, c’est comme auteur de chansons qu’il se fait connaitre du grand public.
En effet, il écrit et compose pour les grandes vedettes de son temps : Montand, Barbara, Colette Renard, Dalida, Reggiani et surtout Édith Piaf à qui il offrit « Milord », l’un de ses plus grands succès. Olivier Julien retrace dans ce coffret 3 CD la première partie de l’oeuvre de ce rêveur engagé, qui a laissé des centaines de chansons au patrimoine musical francophone.
Patrick FRÉMEAUX

DIRECTION ARTISTIQUE : OLIVIER JULIEN

CD1 -
GEORGES MOUSTAKI - PREMIERS ENREGISTREMENTS (1961-1962) : LES ORTEILS AU SOLEIL - LES MUSICIENS - PRÈS DE CHEZ MOI - EDEN BLUES - LE JUGEMENT DERNIER - DE SHANGHAÏ À BANGKOK - CE N’EST PAS LA PREMIÈRE FOIS - J’ATTENDS LE JOUR - MON ÎLE DE FRANCE - LA DERNIÈRE CHANCE - GARDEZ VOS FILLES - FLAMENCO DES FLANDRES - LES AMOURS FINISSENT UN JOUR - JEUX DANGEREUX - UN JUPON D’ITALIE - LES COLOMBES. GEORGES MOUSTAKI SOUS LE PSEUDONYME D’EDDIE SALEM (1961) : YA MA LEÏLI - LEÏLA - MA GARGOULETTE - J’AI DÉJÀ DIT NON - LES ENFANTS DU PIRÉE - RESTE AVEC MOI - JE N’AI JAMAIS PLEURÉ.

CD2 -
LES PREMIERS INTERPRÈTES DE GEORGES MOUSTAKI (1955-1960) : IRÈNE LECARTE : LE BAR DES CINQ PARTIES DU MONDE - EDEN BLUES - LA CHANSON DE PATSY • HENRI SALVADOR : IL N’Y A PLUS D’AMANDES • PAUL ROBY : LA SAINT PARIS • ROBERT RIPA : JEAN L’ESPAGNOL • NOËLLE NORMAN : MA VILLE A PEUR DU LOUP • FLORENCE VÉRAN : SI TU M’AS PERDU • MARIA CANDIDO : DONNE DU RHUM À TON HOMME • HUGUES AUFRAY : LE JUGEMENT DERNIER • DALIDA : LA FILLE AUX PIEDS NUS • COLETTE RENARD : LES MUSICIENS - JE M’APPELLE DAYSIE • MILOU DUCHAMP : JE VEUX T’AIMER • STAÏFFI ET SES MUSTAFAS : WARDA • LES WHISKYS ET LEUR SEXTET : LE JUGEMENT DERNIER - DANS MON HAMAC - LA MER M’A DONNÉ - MI MUCHACHA - PORT D’ESPAGNE. TITRES BONUS : GOLDEN GATE QUARTET : JUDGMENT DAY • JOËL HOLMÈS : LA MER M’A DONNÉ • HÉLÈNE MARTIN : IL N’Y A PLUS D’AMANDES.

CD3 - ÉDITH PIAF CHANTE GEORGES MOUSTAKI (1958-1959) : UN ÉTRANGER - LE GITAN ET LA FILLE - EDEN BLUES - LES ORGUES DE BARBARIE - FAUT PAS QU’IL SE FIGURE - MILORD - T’ES BEAU TU SAIS. BONUS : FRANKIE VAUGHAN : MILORD. LES INTERPRÈTES DE GEORGES MOUSTAKI (1960-1962) : DANIÈLE ROUILLÉ : LE PASSAGER CLANDESTIN - LE JUGEMENT DERNIER • HENRI SALVADOR : C’EST CELLE-LÀ QUE J’AIME • BARBARA : DE SHANGHAI À BANGKOK - VOUS ENTENDREZ PARLER DE LUI • MICHÈLE ARNAUD : C’ÉTAIT PEUT-ÊTRE L’AMOUR - POURQUOI MON DIEU - L’ACTEUR • TINO ROSSI : LE PINZUTU • JEAN-MICHEL AUDIN : DANS UN AUTRE MONDE • JOËL HOLMÈS : GARDEZ VOS FILLES • MICHÈLE ARNAUD : DUNKERQUE - LES DERNIERS SONT LES PREMIERS. TITRES BONUS : UMBERTO BINDI : RIVIERA • LOU LALLALLOO : ADIOS CIUDAD • ÉDITH PIAF PRÉSENTE JO MOUSTAKI

 

Moustaki FA5630


GEORGES MOUSTAKI
et ses premiers interprètes

ÉDITH PIAF
HENRI SALVADOR
COLETTE RENARD
BARBARA - DALIDA
HUGUES AUFRAY

INTÉGRALE 1955-1962





Par Olivier Julien
Tout comme Léo Ferré, Serge Gainsbourg et Claude Nougaro, c’est par le biais de ses interprètes que Georges Moustaki s’est fait un nom dans le monde de la chanson avant d’accéder à la notoriété en tant qu’auteur-compositeur-interprète. Si les premières ventes de disques sont timides, c’est soutenu par Édith Piaf qu’il atteindra la renommée grâce à la chanson Milord qui devient un succès international et sera l’objet de multiples reprises et adaptations. Adepte de la scène, il ne côtoiera que peu les plateaux de télévision et saura se créer une place à part dans la chanson française par une carrière qui traversera cinq décennies sans se plier aux modes musicales du moment. Ce coffret permet de comprendre le début d’un parcours qui le mènera à s’imprégner des cultures de pays lointains dont il rêvait, assis face à la mer à Alexandrie lorsqu’il était enfant. Il développe le goût des voyages tout en revendiquant un droit à la paresse. Influencé par ses origines mêlées, il développe un esprit libertaire qui lui vaudra le qualificatif d’anarchiste. Aventurier et casanier, Il restera fidèle à Paris et à L’île Saint-Louis, son Ile de France où il emménage dés 1961. Georges Moustaki aura marqué le monde de la chanson de son regard rêveur et mélancolique et de sa voix suave portant des textes humanistes et engagés. Certaines chansons comme Le Métèque, Ma solitude, Ma liberté ou encore La dame Brune (en duo avec Barbara) deviendront des standards de la chanson, loin des succès formatés de ses contemporains. Disparu le 23 Mai 2013 à Nice, il laisse au patrimoine de la chanson française plus de trois cent titres.


Giuseppe Mustacchi voit le jour le 3 mai 1934 en Égypte à d’Alexandrie, ville prospère qui a vu s’im-planter de nombreuses communautés depuis l’ouverture du canal de Suez. Ses parents Sarah et Nessim sont originaires de l’île grecque de Corfou, issus d’une descendance italienne et de religion juive. La famille Mustacchi converse en italien dans une ville qui s’exprime en arabe et Giuseppe sera bientôt renommé Yussef. La culture française est très présente dans la famille, alors que Yussef et ses deux sœurs aînées sont scolarisés au lycée français d’Alexandrie, leur père tient une libraire francophone La cité du livre qui verra passer entre autres Jean Cocteau, Louis Jouvet et André Maurois.
Georges Moustaki développe rapidement une attirance pour cette langue à travers sa littérature et la chanson et en particulier pour Charles Trenet, Tino Rossi et Édith Piaf dont il s’exerce à jouer le répertoire au piano et qu’il voit se produire sur scène à Alexandrie. Ayant obtenu son bac en 1951, son père l’autorise alors à aller vivre à Paris chez sa sœur et son beau-frère, lui aussi libraire ; il subsiste dans un premier temps en vendant des livres en porte-à-porte et découvre également les salles de cinéma qu’il fréquente assidûment. C’est sur la guitare de l’oncle Théophile envoyée par sa mère qu’il s’exerce à la musique avec l’aide d’un voisin réfugié espagnol et c’est en collaboration avec Jean-Pierre Rosnay qu’il compose ses premiers titres dont Gardez vos rêves et Tout reste à dire.


La découverte de la chanson :
Georges Moustaki ressent son premier grand choc artistique en assistant au tour de chant de Georges Brassens sur la scène du cabaret Les Trois Baudets ; c’est pour lui l’opportunité de lui faire écouter trois chansons enregistrées sur un magnétophone. Cette rencontre est une révélation. Brassens l’encourage à continuer dans cette voie et en signe d’hommage, Yussef Mustacchi adopte son prénom et devient ainsi Georges Moustaki. Correspondant pour le journal francophone égyptien La Réforme illustrée, il y chronique la vie culturelle parisienne ce qui lui assure de quoi vivre, ainsi, il s’immerge dans la vie nocturne et part à la découverte des cabarets et rencontre de nombreux artistes. Il est bientôt contacté par le directeur artistique de Philips Jacques Canetti qui est également patron des Trois Baudets puis par Francis Claude qui dirige alors le Milord L’arsouille mais ne reçoit aucune proposition concrète de leur part ; il part alors pour la Belgique avant de rapidement rentrer à Paris. Dans cette ambiance d’après-guerre, c’est le début de ce que l’on appellera la chanson rive gauche et l’on fréquente assidûment L’Écluse, La Méthode, La Contrescarpe, Le Port du Salut ou L’Échelle de Jacob. Georges Moustaki se met a courir les auditions au cours desquelles il croise parmi les candidats : Jacques Brel, Pierre Perret et Jean Ferrat. Face au peu d’engouement, il songe un moment à rentrer à Alexandrie mais le hasard lui sourit enfin grâce à un remplacement de deux semaines à L’échelle de Jacob, puis il réussit à placer quelques titres auprès du chanteur et acteur Rémy Clary qui crée sur scène ses premières chansons en 1953 : Gardez vos rêves (que Georges Moustaki enregistrera cinquante ans plus tard), Éden blues et Paris qui va. Rémy Clary le présente à un éditeur qui, bien que spécialisé dans la musique classique, choisit de parier sur le futur du jeune auteur. Suite à un accident de Remy Clary, Moustaki commence à se produire occasionnellement comme chanteur. Âgé de seulement vingt ans, Georges se marie en cette même année et une petite fille prénommée Pia voit le jour l’année suivante. Pour le projet d’un recueil de poèmes qui ne sera finalement pas édité, Georges Brassens lui écrit le texte suivant : Un temps viendra où les chiens auront besoin de leur queue et de Moustaki, poète inébranlable, et ceux qui s’apprêtent à le mordre aujourd’hui lui passeront la main dans les cheveux, s’il lui en reste.


Les premiers enregistrements signés Moustaki :
C’est par ses premiers interprètes que Georges Moustaki commencera à se forger une petite notoriété et c’est par l’intermédiaire de Jacques Canetti que l’artiste belge Irène Lecarte enregistre pour la première fois sur disque des titres dont il signe les paroles et la musique : Le bar des cinq parties du monde (78 tours Philips 72.288 H - 1955), chanson dans la vague réaliste, Eden Blues (78 tours Philips 72.288 H - 1955) que Moustaki enregistrera également et La chanson de Patsy (45 tours EP Philips 432.117 NE - 1956) narrant l’histoire d’une chanteuse de cabaret. Henri Salvador, l’idole de ses quinze ans rencontré quelques années auparavant enregistre le mélancolique et romantique Il n’y a plus d’amandes (45 tours EP Philips 432.083 NE - 1956) également enregistré par Hélène Martin (45 tours EP Le chant du monde LD 45 3014 - 1956). C’est ensuite une véritable déclaration d’amour à la ville de Paris que signe Georges Moustaki pour Paul Roby : La Saint-Paris (45 tours EP RCA 76.116 - 1957). Robert Ripa crée Jean l’espagnol (45 tours EP Vogue EPL 7297 - 1957), suivi par la comédienne Noëlle Norman avec Ma ville a peur du loup (45 tours EP Vega V45 P1917 - 1958) et la compositrice à succès Florence Véran enregistre Si tu m’as perdu (45 tours EP Pathé 7ETC 1223 - 1958), enfin Maria Candido enregistre Donne du rhum à ton homme (45 tours EP Polydor 20 866 - 1958) qui devient un petit succès et reste un standard à ce jour.


Édith Piaf, une passion décisive.

A la fin des années cinquante, Édith Piaf est alors au sommet de sa gloire. Issue d’une famille de saltimbanques, elle a débuté sa carrière sous le nom de La môme Piaf et après plus de vingt ans de carrière, comptabilise un nombre impressionnant de succès parmi lesquels : Mon légionnaire, L’accordéoniste, La vie en rose, L’hymne à l’amour, La foule et Mon manège à moi qui l’ont hissé au rang de star internationale. Sa vie privée est cependant moins glorieuse ; sa santé précaire l’a amenée à devenir dépendante à la morphine tandis que sa vie sentimentale tumultueuse est émaillée de drames dont le décès accidentel du boxeur Marcel Cerdan.
C’est le guitariste Henri Crolla (fidèle ami de Jacques Prévert) qui présente Georges Moustaki à Édith Piaf. On retrouve en bonus dans le CD3 sur la plage 24, un document extrait du magazine musical Sonorama N°2 du mois de novembre 1958 dans lequel Édith Piaf présente Jo Moustaki sur lequel on peut entendre pour la première fois sur disque (flexible) la voix de Georges Moustaki qui pour l’occasion, suit les instructions d’Édith Piaf. Ils ont eu ensemble un grave accident de voiture quelques semaines auparavant et l’on perçoit dans ce document l’intensité de leurs rapports à travers la tension de leurs échanges ; il s’en suivra une histoire d’amour passionnelle qui mènera Georges Moustaki à l’accompagner à New-York ou elle sera hospitalisée après s’être effondrée sur scène.
Un premier enregistrement Un étranger (45 tours EP Columbia ESRF 1174 - 1958) les encourage à prolonger leur collaboration par un disque composé de trois titres intitulé Édith Piaf chante Jo Moustaki (45 tours EP Columbia ESRF 1197 - 1958) dont il signe paroles et musique sur des arrangements de Robert Chauvigny ; outre Eden blues particulièrement appréciée par Pierre Mac Orlan et déjà enregistrée par Irène Lecarte, on y trouve Le Gitan et la fille (également enregistré par Pierrette Bruno) et L’orgue de Barbarie. C’est également grâce à Édith Piaf que Georges Moustaki fera son premier passage à la télévision en Avril 1958, entouré de Marguerite Monnot et Henri Contet où il interprète Les orteils au soleil. Les grands interprètes ne vont pas tarder à s’intéresser au style Moustaki et c’est au tour de Dalida de choisir La fille aux pieds nus (45 tours EP Barclay 70 230 - 1959) puis Hugues Aufray crée Le jugement dernier (45 tours EP Barclay 70 299 - 1959) que Georges Moustaki choisira également pour son premier album. Le titre fera l’objet d’une adaptation en anglais : Judgment day enregistré par le Golden Gate Quartet (45 tours EP Columbia ESDF1309 - 1960) qui accompagneront pour sa plus grande fierté Georges Moustaki lors de l’émission L’impromptue de Noël du 24 Décembre 1960.
C’est en 1959 qu’il propose à Édith Piaf le titre Milord pour lequel Marguerite Monnot compose deux musiques différentes. Tandis que la compositrice et Édith Piaf en préfèrent une première version, c’est finalement Moustaki qui aura gain de cause en bataillant afin que soit retenue la mélodie que l’on connaît. Marguerite Monnot et Édith Piaf reconnaîtront par la suite que c’était finalement le meilleur choix. On retrouve sur le même disque Faut pas qu’il se figure (45 tours SP Columbia ESRF 1245 - 1959) puis ils enregistreront un dernier titre avec : T’es beau tu sais (33 tours 25 cm Columbia FS 1083 - 1959). Les multiples enregistrements de Milord permettent à Moustaki de rejoindre le petit club des auteurs à succès. Ironiquement le titre reçoit à une très large majorité des votes pour l’émission Le blason d’or de la chanson française en 1960 alors que Georges Moustaki vient de quitter Piaf. Une première adaptation en anglais est enregistrée par Frankie Vaughan (45 tours EP Philips PB1066 - 1960) tandis que Corry Brokken la popularise aux Pays-Bas, ce titre est aujourd’hui considéré comme un standard international de la chanson française.
En 1960, la grande vedette Colette Renard ajoute deux titres de Georges Moustaki à sa discographie : Les musiciens (45 tours EP Vogue EPL 7726 - 1960) et Je m’appelle Daysie (45 tours EP Vogue EPL 7775 - 1960)
Il signe ensuite la musique de Je veux t’aimer (33 tours 25 cm Odéon OS 1247 - 1960) pour l’unique album du chanteur Milou Duchamp.


Eddie Salem et ses chanteurs…

Georges Moustaki reçoit alors une proposition de Serge Greffet, directeur artistique du label Ducretet-Thomson : le Bureau International des Editions Musicales (le BIEM) étant alors en grève ce qui a pour effet de bloquer la diffusion des morceaux du catalogue, ce dernier lui propose alors d’enregistrer des airs de folklore pour la série de disques POUR DANSER. Georges Moustaki accepte et se retrouve rapidement en studio. Il choisit alors le pseudonyme d’Eddie Salem : « Eddie pour faire un pied de nez à Eddie Barclay qui avait sorti « Mustapha » de Bob Azzam, et Salem, parce que ça signifie la paix en arabe ». Ainsi Eddie Salem, son orchestre et ses chanteurs arabes enregistrent quatre titres écrits par Moustaki pour un super 45T qui paraît en juin 1960 : Ya ma Leïli, Leïla, Ma gargoulette et J’ai déjà dit non (45 tours EP Ducretet Thomson 450 V 283). Le dos du 45 tours nous présente alors ce nouvel artiste par le biais d’une biographie loufoque et fantaisiste : Eddie Salem est né le 3 septembre 1930 d’un père passager clandestin et d’une mère Inconnue sur un bateau battant pavillon panaméen, qui faisait le cabotage le long des cotes méditerranéennes entre Naples et Alexandrie. Descendu à terre à l’âge de dix-sept ans pour suivre une comtesse italienne aperçue sur la plage populaire de Gênes, il connaît son premier - et dernier - déboire amoureux. Cherchant au complexe qui en résulte un dérivatif dans la musique, il fait un stage dans la fanfare d’une organisation cycliste génoise. En qualité de tambour. Ce qui entre parenthèses, lui permet de réveiller la dame précitée tous les matins à l’aube, en défilant sous ses fenêtres !
Mais la révélation de la musique, efface bientôt toutes ses autres préoccupations et, véritablement touché par la grâce. Il se retire dans les montagnes de Crête, pour se perfectionner dans l’élude de la flûte de Pan et du violon monocorde.
Il en redescend pour donner un premier concert et exprimer son message musical révolutionnaire sur la plage de Syracuse, où cet événement déchaîne de grandes polémiques entre ses admirateurs et ses détracteurs. Son nom se répand rapidement sur les côtes siciliennes et les musiciens accourent de toutes parts pour travailler sous sa direction.
Il choisit parmi eux ses apôtres : un Athénien loueur de lyre et de bouzoukia, un frappeur de mains macédonien en exil à Trieste et un cubain, choriste à l’église russe de Constantinople. C’est le début de La Grande Aventure d’Eddie Salem, qui va parcourir toutes les contrées du monde pour rechercher partout les sources du folklore, tout en mettant au point la combinaison des divers éléments qui constitueront le style très personnel de son orchestre. Celui-ci se caractérise en fait par une absence totale de contingences routinières, qui laisse la plus grande liberté à l’Improvisation. En vérité, on pourrait définir sa formule par l’absence de direction d’orchestre : tous les participants - musiciens attitrés et amateurs inspirés venus se mêler à eux - se livrent à leur fantaisie en brodant sur le thème donné et apportent toute leur spontanéité à l’ambiance générale.
Il en résulte une véritable recréation de tous ces airs usés par des générations, dans une reconstitution ou mieux, un rejaillissement joyeux de la vivacité de leurs sources primitives.
Ainsi les traditions recueillies par Eddie Salem et ses amis dans les différents pays où les ont entraîné leur insatiable curiosité, leurs sont prétextes à des trouvailles plaisantes de rythmes et de textes. Ils se sont faits les champions d’un nouveau style de voyage à travers le temps et l’espace, d’un dépaysement en musique, pour lequel le seul passeport est la recherche d’une - réelle - authenticité des thèmes nationaux et qui ne demande d’autres visas que le sens de l’humour et le goût de la danse.

La musique orientale est en vogue en ce tout début des années soixante et Albert Darmon qui s’est choisi comme pseudonyme Alberto Staiffi (d’après Sétif en Algérie, sa ville d’origine) connaît un énorme tube avec le titre Mustafa, chérie je t’aime, chérie je t’adore. Moustaki lui propose dans la foulée le titre Warda (45 tours EP Vogue EPL 7.754 - 1960) et insiste pour le signer sous le pseudonyme de Grigui, ce qui signifie Le grec en langue arabe. Un second disque sous le nom d’Eddie Salem, son orchestre et ses chanteurs grecs parait en septembre 1960 sur lequel figure : Les enfants du Pirée (Jacques Larue/Manos Hadjidakis) bande originale du film Jamais Le Dimanche, interprété en français et en grec, Reste avec moi (Christian Morellet/Tony Crytas) et Je n’ai jamais pleuré (Georges Moustaki/Tony Crytas) sur le 45 tours EP Ducretet Thomson 450 V 331.
Une autre session dans l’esprit rock’n roll (accompagné d’Hugues Aufray et Henri Garcin comme chanteurs américains) est enregistrée mais restera inédite jusqu’en 2009 car Georges Moustaki se consacre désormais à son premier disque sous son véritable nom.
Désormais sous contrat avec Ducretet-Thomson, c’est avec le chef d’orchestre André Livernaux qu’il entre en studio fin 1960 pour enregistrer son premier 33 tours 25 cm composé de huit titres, il y propose cinq créations : Les orteils au soleil, Près de chez moi, Ce n’est pas la première fois, De Shanghai à Bangkok et J’attends le jour (Paroles de Roger Rabinaux) tandis que trois autres ont déjà été enregistrés par ses interprètes : Les musiciens, Eden Blues et Le jugement dernier (sur des paroles de Georges Evan) (33 tours 25 cm Ducretet Thomson 260 V 117 - 1961). La pochette présente un Georges Moustaki élégant et séducteur habillé d’une chemise blanche portant une montre chic et tenant une cigarette du bout des doigts. Afin d’enfoncer le clou, la maison de disques rajoute un bandeau rouge annonçant « L’auteur de Milord chante ». mais le succès ne sera pas au rendez-vous malgré les deux EP qui en sont extraits. Les interprètes continuent à demander des titres à Georges Moustaki en espérant secrètement un succès comparable à Milord. Barbara reprend De Shanghaï à Bangkok et se voit offrir le titre Vous entendez parler de lui (45 tours EP Odéon MOE2306 - 1961) c’est le début d’une longue d’amitié qui verra sa consécration quelques années plus tard avec l’enregistrement en duo de la chanson La dame brune puis pour la bande originale du film de Nelly Kaplan, La fiancée du pirate, il lui écrira Moi j’me balance en 1969.
Ducretet-Thomson comme la majorité des maisons de disques de l’époque développe un label consacré à la danse : Pour danser en vrai musique de danse et afin de générer des droits d’édition, en profite pour faire enregistrer des titres de Moustaki auprès des artistes du label tels que Les Whiskys et leur sextet qui reprennent Le jugement dernier (45 tours EP Ducretet Thomson 450V314 - 1960) puis consacrent un EP complet à Moustaki sous le nom Les Whiskys - Dans mon Hamac, La mer m’a donné, Mi muchacha, Port d’Espagne (45 tours EP Ducretet Thomson. 450V337 - 1960), des disques instrumentaux sont également édités par Sarah Saint Clave tandis que la jeune chanteuse Danièle Rouillé enregistre Le passager clandestin (45 tours EP Ducretet Thomson 460V484 - 1960) et reprend à son tour Le jugement dernier (45 tours EP Ducretet Thomson 460V486 - 1960).
La chanteuse et productrice Michèle Arnaud ajoute Moustaki à la liste de ses prestigieux auteurs en enregistrant C’était peut-être l’amour (45 tours EP Pathé 45EG567 - 1961), Pourquoi mon dieu et L’acteur (Manos Hatzidakis /Georges Moustaki) (45 tours EP Pathé 45EG615 - 1961), Dunkerque et Les derniers sont les premiers (sur des paroles d’Hervé Bazin) (45 tours EP Pathé 45EG579 - 1962). Tino Rossi enregistre Le Pinzutu chanson du film Jusqu’au bout du monde (45 tours EP Columbia ESRF 1381 - 1962). Le comédien Jean-Michel Audin choisit le titre Dans un autre monde (45 tours EP Pathé Marconi EGF 608 - 1962). La mer m’a donné est également enregistré par son auteur Joël Holmes ainsi que le titre Gardez vos filles (45 tours EP 45T Columbia ESRF 1352 - 1962) tandis que le chanteur Umberto Bindi fait un succès du titre Riviera (45 tours SP Ricordi 45M 201 - 1961) et Lou Lallalloo crée Adios ciudad (45 tours EP RCA 76464 - 1961). Si les chansons de Georges Moustaki passent à la radio, c’est avant tout par la bouche de ses interprètes. Malgré l’échec de son premier album, il enregistre de nouveaux titres et publie en en 1962, deux EP. Accompagné par Oswald d’Andréa : Mon île de France, La dernière chance, Gardez vos filles, Flamenco des Flandres (45 tours EP Ducretet Thomson 460 V 530) et Les amours finissent un jour, Jeux dangereux, Un jupon d’Italie, Les colombes (45 tours EP Ducretet Thomson 460 V 547). Avec le recul, Georges Moustaki analyse durement son échec : Mon interprétation était timide… monocorde, Je manquais de carrure. Il finira par tracer sa carrière au fil du temps et traversera les années soixante loin de la vague yé-yé qui déferle sur la France. Il trouvera en Serge Reggiani une voix à la hauteur de ses textes et l’album qu’ils enregistrent en 1967 est un succès. En 1969, il refuse le titre Le métèque et Georges Moustaki l’enregistre lors de nouvelles sessions qui donneront naissance à un album sur lequel figure également Ma solitude. Le métèque devient numéro un des ventes et s’installe instantanément comme un classique de la chanson française. Georges Moustaki enregistrera une vingtaine d’albums studio et occupera une place inégalée dans le paysage musical français, il signera également une douzaine de musiques de films et apparaîtra dans quelques téléfilms. Friand du contact avec le public que procure la scène, il enregistrera sept albums en public. Il publiera également un roman en 2001 Rue des petits bouchers (Éditions de Fallois) et signera plusieurs ouvrages de recueils de poèmes et de souvenirs. Georges Moustaki s’est éteint le 23 Mai 2013 à Nice des suites d’une maladie pulmonaire et repose au cimetière du Père Lachaise à Paris.
Olivier JULIEN

Merci à Marie-Laure Delacour et Johann Hild pour leur soutien et Annie et José Thery pour leur patience.


© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2016


Georges Moustaki
1955-1962


By Olivier Julien

In the same way as Léo Ferré, Serge Gainsbourg or Claude Nougaro, Georges Moustaki owed his name in the song-world firstly to those who performed his work, rather than as a singer-songwriter. His early record sales were discreet, and it took the support of Édith Piaf for him to become a renowned songwriter thanks to Milord, an international hit for Piaf that became the subject of numerous “covers” and versions by other artists. Moustaki loved the stage but was never a frequent sight on television, preferring to create his own niche in French chanson in a career that lasted five whole decades without inclining to trends of the day.
This set allows an understanding of his beginnings, before he assimilated the cultures of those countries he dreamed about while a child, dreaming beside the sea of his native Alexandria. He naturally developed a taste for travel while asserting his right to idleness, as he called it; influenced by his mixed origins, his libertarian spirit led to him being called an anarchist, even though he was also a “homebody” who always remained faithful to Paris and the Île Saint-Louis, his Ile de France where he elected to live in 1961. Moustaki marked the world of song with his melancholy dreamer’s look combined with the suave voice that carried humanitarian and committed texts. Some songs — Le Métèque, Ma solitude, Ma liberté, La dame Brune (a duet with Barbara) — would become classics far from the “standardized” hits of his contemporaries. On his death in Nice on May 23rd 2013, his legacy to the French song heritage num-bered more than three hundred titles.


Giuseppe Mustacchi (his real name) was born in Egypt on May 3rd 1934, when Alexandria was prospering after many communities settled there following the opening of the Suez Canal. His parents Sarah and Nessim were Jews of Italian origin, and they came from the Greek island of Corfu; the Mustacchis were Italian speakers in a city that spoke Arab, and Giuseppe would soon be given the new name of Yussef. French culture had an important presence in the family: Yussef and his two elder sisters attended school at the Lycée Français in Alexandria, and their father managed a French bookshop named La cité du livre which saw the likes of Jean Cocteau, Louis Jouvet and André Maurois come through its doors.
Georges Moustaki rapidly developed a taste for the language, either through literature or song, particularly thanks to Charles Trenet, Tino Rossi, and Édith Piaf whose songs he practised on piano (he also saw the latter onstage in Alexandria). After obtaining his baccalaureate in 1951, George was allowed to go to live in Paris with his sister and her husband, also a bookseller; at first he would earn a living selling books from door to door, but he also discovered Parisian cinemas and spent much of his time there. When his mother sent him the guitar of his uncle Théophile, he practised his music with the help of a neighbour, a Spanish refugee, and then began composing his first titles in association with Jean-Pierre Rosnay: among them were Gardez vos rêves and Tout reste à dire.


Discovering song
Moustaki experienced his first great artistic shock when he saw Georges Brassens onstage, in cabaret at Les Trois Baudets; it gave him the opportunity to ask Brassens to listen to three songs he’d put on a tape-recorder. Their meeting was a revelation; Brassens encouraged him to persevere in writing songs and, as a tribute to him, Yussef Mustacchi adopted his mentor’s name and became known as Georges Moustaki. The French-language Egyptian newspaper La Réforme illustrée provided him with a living — he wrote articles for the paper on cultural life in Paris — and Moustaki plunged into the capital’s nightlife, discovering cabarets and clubs and meting numerous artists. He was soon contacted by Philips’ artistic director Jacques Canetti — he also owned the Trois Baudets cabaret — and then by Francis Claude, who managed the Milord L’arsouille theatre, but no concrete offers came from them; Moustaki left for Belgium.
This was the post-war period and when Moustaki returned to Paris the atmosphere was rife with rive gauche songs, with people filling cabarets and theatres like L’Écluse, La Méthode, La Contrescarpe, Le Port du Salut or L’Échelle de Jacob. Moustaki chased after auditions and did so many that he came across candidates of the calibre of Jacques Brel, Pierre Perret or Jean Ferrat. But Moustaki wasn’t much in demand, and he was thinking about a return to Alexandria when fortune finally smiled: first he was booked to appear for two weeks at L’échelle de Jacob, and then he succeeded in placing a few of his songs with actor and singer Rémy Clary, who gave the first performances of some of Moustaki’s earliest songs in 1953: Gardez vos rêves (which Moustaki finally recorded himself, but fifty years later), Éden blues and Paris qui va. Rémy Clary introduced him to a publisher who specialized in classical music, but was so taken with Georges that he decided to bet on his future. When Clary suffered an accident, Moustaki began to appear occasionally as a singer. Aged only twenty, he married that same year and his wife gave birth to their daughter Pia in 1955. He planned to publish a collection of poems (it remained a project and was never printed), and Georges Brassens wrote this text for it: “A time will come when dogs will need their tails and Moustaki, an unwavering poet, and those who make ready to bite him today will run their fingers through his hair, if he has any left…”


First recordings by Moustaki
The first people to sing Moustaki’s songs were those to whom he owed his early celebrity, and it was thanks to Jacques Canetti that Belgian singer Irène Lecarte first recorded titles with words and music by Georges: Le bar des cinq parties du monde (78rpm Philips 72.288 H - 1955), a song in the realist vein, Eden Blues (78rpm Philips 72.288 H - 1955) that Moustaki would also record, and La chanson de Patsy (45rpm EP Philips 432.117 NE - 1956) which told the tale of a female cabaret singer. Henri Salvador, one of Moustaki’s idols when he was 15 and whom he’d met a few years earlier, recorded the melancholy, romantic song Il n’y a plus d’amandes (45rpm EP Philips 432.083 NE - 1956) also recorded by Hélène Martin (45rpm EP Le chant du monde LD 45 3014 - 1956). Then Moustaki wrote a love-declaration to Paris for Paul Roby: La Saint-Paris (45rpm EP RCA 76.116 - 1957). Robert Ripa created the song Jean l’espagnol (45rpm EP Vogue EPL 7297 - 1957), followed by actress Noëlle Norman with Ma ville a peur du loup (45rpm EP Vega V45 P1917 - 1958) and the hit composer Florence Véran recorded Si tu m’as perdu (45rpm EP Pathé 7ETC 1223 - 1958); and finally Maria Candido recorded Donne du rhum à ton homme (45rpm EP Polydor 20 866 - 1958), a small hit that remains a standard today.


Édith Piaf: a decisive passion
At the end of the Fifties, Piaf was at the peak of her fame. Born into a family of entertainers, she began her career under the stage-name La môme Piaf and by the time she met Moustaki more than twenty years later, her discography could boast of an impressive number of hits — including Mon légionnaire, L’accordéoniste, La vie en rose, L’hymne à l’amour, La foule or Mon manège à moi — which gave her international star-status. Her private life was less glorious, however; her health was delicate, she was addicted to morphine, and her love-life was tumultuous and filled with tragedy, including the accidental death of French boxer Marcel Cerdan.
It was one of Jacques Prévert’s faithful friends, the guitarist Henri Crolla, who introduced Moustaki to Édith Piaf. There is a bonus on CD3 of this set (track 24) in the form of a sound-archive taken from the music magazine Sonorama (N°2) dated November 1958: people could hear Édith Piaf présente Jo Moustaki in which Moustaki’s recorded voice appeared for the first time. The ’58 flexible disc in the magazine contained Moustaki’s voice following Edith Piaf’s instructions. A few weeks prior to this event they had both been involved in a serious car accident, and you can get an idea of their intense relationship when listening to this archive material: you can hear the tension in their voices. Their passionate love affair even took Moustaki to New York with Piaf (who would be admitted to hospital there after collapsing onstage.)
A first record (Un étranger, 45rpm EP Columbia ESRF 1174 - 1958) would encourage them to extend their collaboration with a record containing three titles (Édith Piaf chante Jo Moustaki - 45rpm EP Columbia ESRF 1197 - 1958) where Georges wrote the words and the music, with arrangements by Robert Chauvigny: apart from Eden blues, which Pierre Mac Orlan greatly appreciated (it was also recorded by Irène Lecarte) the record had Le Gitan et la fille (also recorded by Pierrette Bruno) and L’orgue de Barbarie. Piaf was also responsible for Moustaki’s first television appearance (April ’58) with Marguerite Monnot and Henri Contet, on which he sang Les orteils au soleil. Other great artists quickly took an interest in Moustaki’s writing style: Dalida chose La fille aux pieds nus (45rpm EP Barclay 70 230 - 1959) and then Hugues Aufray recorded Le jugement dernier (45rpm EP Barclay 70 299 - 1959), a song that Georges would also choose for his first album. The title would have an English adaptation: Judgment day was recorded by the Golden Gate Quartet (45rpm EP Columbia ESDF1309 - 1960) and Georges was delighted to have them accompany him on television in L’impromptue de Noël screened on the 24th of December 1960.
In 1959 he offered the title Milord to Piaf, and Marguerite Monnot composed two musical settings for it; while she and Piaf preferred a first version, Moustaki won out in the end after fighting to keep the melody we all know today. Monnot and Piaf later agreed that Moustaki’s choice was the better one. The same record contained Faut pas qu’il se figure (45rpm SP Columbia ESRF 1245 - 1959), and then they recorded a last title, T’es beau tu sais (33rpm 10” Columbia FS 1083 - 1959). Milord would be recorded many times and its multiple versions allowed Moustaki to join the small circle of hit writers. Ironically the title received the great majority of votes cast in the programme that awarded Le blason d’or de la chanson française in 1960, just when Moustaki and Piaf were separating. A first English version was recorded by Frankie Vaughan (45rpm EP Philips PB1066 -1960), and it was made popular in Holland by Corry Brokken; today the title is considered an international standard.
In 1960 the great star Colette Renard added two titles by Moustaki to her discography: Les musiciens (45rpm EP Vogue EPL 7726 - 1960) and Je m’appelle Daysie (45rpm EP Vogue EPL 7775 - 1960), and later Moustaki wrote the music of Je veux t’aimer (33rpm 10” Odéon OS 1247 - 1960) for the sole album by singer Milou Duchamp.


Eddie Salem and his singers...
Moustaki received a proposal from Serge Greffet, the Artistic Director for the Ducretet-Thomson label, as the International Music Publishing Bureau (BIEM) was then on strike (which effectively blocked distribution of titles in the catalogue): Greffet wanted to record folk melodies for a series of records called “Pour Danser”, and Georges quickly found himself in the studio. He chose the pseudonym Eddie Salem: “Eddie” to take revenge on Eddie Barclay, who had released Bob Azzam’s record “Mustapha”, and “Salem” because it means “peace” in Arab. So, Eddie Salem, son orchestre et ses chanteurs arabes recorded four titles written by Moustaki for a “super 45” disc that appeared in June 1960: these were Ya ma Leïli, Leïla, Ma gargoulette and J’ai déjà dit non (45rpm EP Ducretet Thomson 450 V 283).
The rear cover of the above disc introduced this “new artist” with an offbeat fantasy “biography” where you could read, “Eddie Salem was born on September 3, 1930, to a stowaway and an unknown mother on a boat bearing a Panama flag that was sailing along the Mediterranean coast between Naples and Alexandria. After disembarking at the age of seventeen to follow an Italian countess glimpsed on the popular beach of Genoa, he experienced his first - and last - disappointment in love. This gave him a complex, and he sought distraction in music, first taking a temporary job as a drummer with the brass band of a Genoese cycling organization. This, incidentally, allowed him to wake up the lady in question every morning at dawn by parading beneath her windows! Music came as a revelation to him and soon effaced all his other preoccupations. Genuinely touched by grace, he retired to the mountains of Crete, where he perfected his study of the panpipes and the one-string violin. He came back down to give a first concert (and express his musical message) on the beach in Syracuse, where the event unleashed enormous debate between his admirers and detractors. His name spread rapidly to the Sicilian coast, and musicians hastened there from all over in order to work under his direction. From among the latter he chose as his apostles: an Athenian who played the lyre and the bouzouki; a Macedonian hand-clapper living in exile in Trieste; and a Cuban chorister from the Russian Church of Constantinople. This marked the beginning of the Great Adventure of Eddie Salem, who scoured every country in the world in search of sources of folk music while at the same time perfecting the combination of the various elements that would eventually form the extremely personal style of his orchestra. The latter, in fact, is characterized by a total absence of routine contingencies, leaving the greatest freedom for improvisation. In truth, one could define his formula as the absence of any conductor: all participants — regular musicians as well as inspired music-lovers come to join them - abandon themselves to their fantasies in embroidering around a given theme while bringing all their spontaneity to bear on the prevailing atmosphere. The result is an authentic re-creation of all those airs worn out by succeeding generations, in a reconstitution or, better, a joyful rebounding, of the vivacity of their primitive sources. The traditions gathered by Eddie Salem and his friends in the different countries where their insatiable curiosity has taken them have in this way become as many pretexts for pleasant discoveries in word and rhythm. They have made themselves the champions of a new style of voyage through time and space, of a change of scenery in music for which the only passport is the search for that (real) authenticity in national tunes that requires no visa other than a sense of humour and a taste for dancing.”

Oriental music was all the rage in France at the very beginning of the Sixties. Albert Darmon took the pseudonym “Alberto Staiffi” (from the Algerian town of Sétif where he was born) and enjoyed an enormous hit with Mustafa, chérie je t’aime, chérie je t’adore, after which Moustaki offered him the title Warda (45rpm EP Vogue EPL 7.754 - 1960), and insisted on signing the song with his own pseudonym “Grigui”, the Arab word for “the Greek”. A second disc under the name Eddie Salem, son orchestre et ses chanteurs grecs was released in September 1960; it contained Les enfants du Pirée (Jacques Larue/Manos Hadjidakis), from the original sound-track to the film Never On Sunday, sung in French and Greek; Reste avec moi (Christian Morellet/Tony Crytas); and Je n’ai jamais pleuré (Georges Moustaki/Tony Crytas). They featured on the 45rpm EP Ducretet Thomson 450 V 331.
Another session, this time in a rock ‘n’ roll mood (accompanied by Hugues Aufray and Henri Garcin listed as American singers) was recorded but remained unreleased until 2009, due to the fact that Georges Moustaki would from now on concentrate on his first record under his real name.
Now under contract with Ducretet-Thomson, he went into the studios at the end of 1960 with conductor André Livernaux to record his first 10” LP of eight titles, five of which were original songs — Les orteils au soleil, Près de chez moi, Ce n’est pas la première fois, De Shanghai à Bangkok and J’attends le jour — with lyrics by Roger Rabinaux, while the three others had already been recorded by others — Les musiciens, Eden Blues and Le jugement dernier (with lyrics by Georges Evan). The eight titles appeared on the 33rpm 10” Ducretet Thomson 260 V 117 (1961). The sleeve was a portrait of an elegant Georges Moustaki dressed seductively in a white short, wearing a chic watch and holding a cigarette. To ensure nobody could miss the message, the record-company put this legend (in red) across the sleeve: “The writer of Milord sings.” But it wasn’t a hit, despite the two EP discs taken from the album. Artists continued to request Moustaki titles nonetheless, secretly hoping for another “Milord”. Singer Barbara picked up De Shanghaï à Bangkok and was also given the title Vous entendez parler de lui (45rpm EP Odéon MOE2306 - 1961), marking the debut of a long friendship which culminated a few years later when they recorded the song La dame brune as a duet for the original soundtrack to Nelly Kaplan’s film La fiancée du pirate. Georges also wrote Moi j’me balance for her in 1969.
To generate further publishing royalties Ducretet-Thomson, like most record companies of the time, developed a label devoted to dance-music — Pour danser en vrai musique de danse — and took advantage of this to have Moustaki’s titles recorded by other artists in their stable, like Les Whiskys et leur sextet who picked up Le jugement dernier (45rpm EP Ducretet Thomson 450V314 - 1960) and then devoted an entire EP to Georges’ songs under the name Les Whiskys (it contained Dans mon Hamac, La mer m’a donné, Mi muchacha and Port d’Espagne and was released as a 45rpm EP Ducretet Thomson. 450V337 - 1960). Sarah Saint Clave also released instrumental versions, while the young singer Danièle Rouillé recorded first Le passager clandestin (45rpm EP Ducretet Thomson 460V484 - 1960) and then picked up Le jugement dernier in turn (45rpm EP Ducretet Thomson 460V486 - 1960).
Singer and producer Michèle Arnaud added Moustaki to her list of prestigious writers when she recorded C’était peut-être l’amour (45rpm EP Pathé 45EG567 - 1961), Pourquoi mon dieu and L’acteur (Manos Hatzidakis/Georges Moustaki) on her 45rpm EP Pathé 45EG615 (1961), and Dunkerque and Les derniers sont les premiers (words by novelist Hervé Bazin) on the 45rpm EP Pathé 45EG579 (1962). Tino Rossi recorded Le Pinzutu (the song from the film Jusqu’au bout du monde (45rpm EP Columbia ESRF 1381 - 1962). Actor Jean-Michel Audin chose the title Dans un autre monde for the 45rpm EP Pathé Marconi EGF 608 in 1962. La mer m’a donné was also recorded by its author Joël Holmes, as was the title Gardez vos filles (45rpm EP 45T Columbia ESRF 1352 - 1962), while singer Umberto Bindi had a hit with Riviera (45rpm SP Ricordi 45M 201 - 1961) and Lou Lallalloo created Adios ciudad (45rpm EP RCA 76464 - 1961). Moustaki’s songs were heard on radio, but increasingly through the voices of others. Despite the lack of success of his first album, he recorded new titles and in 1962 released two EPs accompanied by Oswald d’Andréa: Mon île de France, La dernière chance, Gardez vos filles, Flamenco des Flandres (45rpm EP Ducretet Thomson 460 V 530) and Les amours finissent un jour, Jeux dangereux, Un jupon d’Italie, Les colombes (45rpm EP Ducretet Thomson 460 V 547). With hindsight, Moustaki was severe in analysing his failure: My singing was timid, monotonous… I lacked calibre.”
Over time his career continued, and he passed through the Sixties far from the “yé yé” pop wave that swept over France. In Serge Reggiani he found a voice equal to his lyrics and the alum that they recorded in 1967 was a hit. Two years later Serge turned down Le métèque however, and Georges Moustaki recorded it himself at new sessions that gave rise to an album that included Ma solitude. The great song Le métèque became a N°1 bestseller, an “instant classic” in French song. In all, Georges Moustaki would record some twenty studio albums and occupy an unrivalled place in French music. He also wrote a dozen pieces of film music and appeared in a few films made for television. He enjoyed contact with an audience, too, and would publish seven “live” albums. In 2001 he also published a novel Rue des petits bouchers (Éditions de Fallois) and was the author of several collections of poetry and memoirs. He passed away on May 23rd 2013 in Nice following a pulmonary infection, and lies buried in Père Lachaise Cemetery in Paris.

Olivier JULIEN
Adapted into English by Martin DAVIES


Thanks to Marie-Laure Delacour and Johann Hild for their support. Thanks to Annie and José Thery for their patience.


© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2016

CD1

GEORGES MOUSTAKI -
PREMIERS ENREGISTREMENTS (1961-1962)

01 - Les orteils au soleil (Georges Moustaki)
02 - Les musiciens (Georges Moustaki)
03 - Près de chez moi (Georges Moustaki)
04 - Eden Blues (Georges Moustaki)
05 - Le jugement dernier
(Georges Evan/Georges Moustaki)
06 - De Shanghaï à Bangkok (Georges Moustaki)
07 - Ce n’est pas la première fois (Georges Moustaki)
08 - J’attends le jour (Roger Rabinaux/Georges Moustaki)
Avec l’orchestre d’André Livernaux.
33 tours 25 cm Ducretet Thomson 260 V 117 - 1961

09 - Mon île de France (Georges Moustaki)
10 - La dernière chance (Georges Moustaki)
11 - Gardez vos filles (Joël Holmès/Georges Moustaki)
12 - Flamenco des Flandres (Georges Moustaki)
Accompagné par Oswald Andréa et son orchestre.
45 tours EP Ducretet Thomson 460 V 530 - 1962

13 - Les amours finissent un jour (Georges Moustaki)
14 - Jeux dangereux (Georges Moustaki)
15 - Un jupon d’Italie (Georges Moustaki)
16 - Les colombes (Émile Noël/Georges Moustaki)
Accompagné par Oswald d’Andréa et son orchestre.
45 tours EP Ducretet Thomson 460 V 547 - 1962

GEORGES MOUSTAKI
sous le pseudonyme d’EDDIE SALEM (1961)


Eddie Salem, son orchestre et ses chanteurs arabes
17 - Ya ma Leïli (Eddie Salem)
18 - Leïla (Eddie Salem)
19 - Ma gargoulette (Eddie Salem)
20 - J’ai déjà dit non (Eddie Salem)
45 tours EP Ducretet Thomson 450 V 283 - 1960

Eddie Salem, son orchestre et ses chanteurs grecs
21 - Les enfants du Pirée (Jacques Larue/Manos Hadjidakis) bande originale du film Jamais Le Dimanche
22 - Reste avec moi (Christian Morellet/Tony Crytas)
23 - Je n’ai jamais pleuré  (Georges Moustaki/Tony Crytas)  
45 tours EP Ducretet Thomson 450 V 331 - 1960

CD2

LES PREMIERS INTERPRÈTES
DE GEORGES MOUSTAKI (1955-1960)

01 - Irène Lecarte - Le bar des cinq parties du monde (Georges Moustaki)
Avec André Popp et son orchestre.
78 tours Philips 72.288 H - 1955
02 - Irène Lecarte - Eden blues (Georges Moustaki)
Avec André Popp et son orchestre.
78 tours Philips 72. 289 H - 1955
03 - Irène Lecarte - La chanson de Patsy
(Georges Moustaki)
Avec André Popp et son orchestre.
45 tours EP Philips 432.117 NE - 1956
04 - Henri Salvador - Il n’y a plus d’amandes
(Georges Moustaki/Henri Salvador)
Henri Salvador s’accompagne à la guitare.
45 tours EP Philips 432.083 NE - 1956
05 - Paul Roby - La Saint-Paris
(Florence Véran/Georges Moustaki)
Avec l’Orchestre Georges Durban.
45 tours EP RCA 76.116 - 1957
06 - Robert Ripa - Jean l’espagnol
(Georges Evan/Georges Moustaki)
Robert Ripa et sa guitare.
45 tours EP Vogue EPL 7297 - 1957
07 - Noëlle Norman - Ma ville a peur du loup
(Roger Rabinaux/Georges Moustaki)
Accompagnement par Pierre Spiers et son Orchestre.
45 tours EP Vega V45 P1917 - 1958
08 - Florence Véran - Si tu m’as perdu
(Florence Véran/Georges Moustaki)
Orchestre, direction : Jean Leccia.
45 tours EP Pathé 7ETC 1223 - 1958
09 - Maria Candido - Donne du rhum à ton homme (Georges Moustaki)
Avec Armando De la Trinidad et son orchestre.
45 tours EP Polydor 20 866 - 1958
10 - Hugues Aufray - Le jugement dernier
(Georges Evan/Georges Moustaki)
Avec Jean Bouchety et son orchestre.
45 tours EP Barclay 70 299 - 1959
11 - Dalida - La fille aux pieds nus
(Marguerite Monnot/Georges Moustaki)
Accompagnée par Raymond Lefèvre et son grand orchestre.
45 tours EP Barclay 70 230 - 1959
12 - Colette Renard - Les musiciens (Georges Moustaki)
Accompagnée par Raymond Legrand et son orchestre.
45 tours EP Vogue EPL 7726 - 1960
13 - Colette Renard - Je m’appelle Daysie
(Georges Moustaki)
Accompagnée par Raymond Legrand et son orchestre.
45 tours EP Vogue EPL 7775 - 1960
14 - Milou Duchamp - Je veux t’aimer
(Milou Duchamp/Georges Moustaki)
Arrangements Marcel Rossi
33 tours 25 cm Odéon OS 1247 - 1960
15 - Staïffi et ses Mustafas - Warda
(Grigui, pseudonyme de Georges Moustaki)
45 tours EP Vogue EPL 7.754 - 1960
16 - Les Whiskys et leur sextet - Le jugement dernier (Georges Evan/Georges Moustaki)
45 tours EP Ducretet Thomson 450V314 - 1960

17 - Les Whiskys - Dans mon Hamac (Georges Moustaki)
18 - Les Whiskys - La mer m’a donné
(Joël Holmès/Georges Moustaki)
19 - Les Whiskys - Mi muchacha (Georges Moustaki)
20 - Les Whiskys - Port d’Espagne (Georges Moustaki)
45 tours EP Ducretet Thomson. 450V337 - 1960

TITRES BONUS :
21 - Golden Gate Quartet - Judgment day
(Quentin Foster-Georges Evan/Georges Moustaki )
45 tours EP Columbia ESDF1309 - 1960

22 - Joël Holmès - La mer m’a donné
(Joël Holmès/Georges Moustaki)
Direction d’orchestre : André Livernaux.
45 tours EP Ducretet Thomson  460V492 - 1960

23 - Hélène Martin - Il n’y a plus d’amandes
(Georges Moustaki/Henri Salvador)
accompagnée par Jacques Lasry et ses rythmes
45 tours EP Le chant du monde LD 45 3014 - 1956


CD3

ÉDITH PIAF
CHANTE GEORGES MOUSTAKI (1958-1959)


01- Édith Piaf - Un étranger
(Georges Evan-Georges Moustaki/Robert Chauvigny)
Orchestre : Robert Chauvigny
45 tours EP Columbia ESRF 1174 - 1958
02 - Édith Piaf - Le gitan et la fille
03 - Édith Piaf - Eden Blues
04 - Édith Piaf - Les orgues de Barbarie
Orchestre : Robert Chauvigny
45 tours EP Columbia ESRF 1197 - 1958

05 - Édith Piaf - Faut pas qu’il se figure
(Michel Rivgauche/Georges Moustaki)
06 - Édith Piaf - Milord
(Georges Moustaki/Marguerite Monnot)
Orchestre : Robert Chauvigny
45 tours SP Columbia ESRF 1245 - 1959

07 - Édith Piaf - T’es beau tu sais
(Georges Moustaki/Henri Contet)
Orchestre : Robert Chauvigny
33 tours 25 cm Columbia FS 1083 - 1959


BONUS
08 - Frankie Vaughan - Milord
(Georges Moustaki-Bunny Lewis/Marguerite Monnot)
45 tours EP Philips PB1066 -1960


LES INTERPRÈTES
DE GEORGES MOUSTAKI (1960-1962)


09 - Danièle Rouillé - Le passager clandestin
(Georges Moustaki)
Orchestre, direction : Claude Vasori
45 tours EP Ducretet Thomson 460V484 - 1960
10 - Danièle Rouillé - Le jugement dernier
(Georges Evan/Georges Moustaki)
Orchestre, direction : Claude Vasori
45 tours EP Ducretet Thomson 460V486 - 1960
11 - Henri Salvador - C’est celle-là que j’aime
(Georges Moustaki/Henri Salvador)
Avec Jo Boyer et son orchestre
45 tours EP Disques Salvador / Philips 432.585 BE - 1961
12 - Barbara - De Shanghai à Bangkok
(Georges Moustaki)
13 - Barbara - Vous entendrez parler de lui
(Georges Moustaki)
Barbara s’accompagne au piano avec Darzee au piano
45 tours EP Odéon MOE2306 - 1961
14 - Michèle Arnaud - C’était peut-être l’amour
Orchestre, direction : Mario Bua
45 tours EP Pathé 45EG567 - 1961
15 - Michèle Arnaud - Pourquoi mon dieu
(Georges Moustaki/Manos Hatzidakis)
16 - Michèle Arnaud - L’acteur
(Georges Moustaki/Manos Hatzidakis)
Orchestre : Robert Chauvigny
45 tours EP Pathé 45EG615 - 1961
17 - Tino Rossi - Le pinzutu
(Pierre Delanoë/Georges Moustaki)
Accompagné par Jean Claudric et son orchestre
45 tours EP Columbia ESRF 1381 - 1962
18 - Jean-Michel Audin - Dans un autre monde
(Tony Rénis/Georges Moustaki)
Accompagné par Jean Claudric et son orchestre
45 tours EP Pathé Marconi EGF 608 - 1962
19 - Joël Holmès - Gardez vos filles
(Joël Holmès/Georges Moustaki)
Accompagné par André Livernaux et son orchestre
45 tours EP 45T Columbia ESRF 1352 - 1962
20- Michèle Arnaud - Dunkerque
(Michel Rachline/Georges Moustaki)
21- Michèle Arnaud - Les derniers sont les premiers (Herve Bazin/Georges Moustaki)
Orchestre, direction : Mario Bua
45 tours EP Pathé 45EG579 - 1962

BONUS :

22 - Umberto Bindi - Riviera
(Alberto Testa/Georges Moustaki)
Orchestre : Enzo Ceragioli
45 tours SP Ricordi 45M 201 - 1961

23 - Lou Lallalloo - Adios ciudad
(Francis Dial/Georges Moustaki)
Avec accompagnement d’orchestre
45 tours EP RCA 76464 - 1961

24 - Édith Piaf présente Jo Moustaki
Présentation et extraits de Donne du rhum à ton homme (Georges Moustaki) et Jean l’espagnol
(Georges Evan/Georges Moustaki)
Sonorama N°2 - Novembre 1958



Georges Moustaki est l’un des plus brillants auteurs-compo-siteurs-interprètes français. Avant d’atteindre le rang de célébrité avec « Le métèque » à la fin des années 1960, c’est comme auteur de chansons qu’il se fait connaitre du grand public. En effet, il écrit et compose pour les grandes vedettes de son temps : Montand, Barbara, Colette Renard, Dalida, Reggiani et surtout Édith Piaf à qui il offrit « Milord », l’un de ses plus grands succès. Olivier Julien retrace dans ce coffret 3 CD la première partie de l’œuvre de ce rêveur engagé, qui a laissé des centaines de chansons au patrimoine musical francophone.     Patrick Frémeaux
Georges Moustaki was one of the most brilliant French singer-songwriters, building an audience by performing the songs of others before reaching fame at the end of the Sixties with his own song “Le Métèque.” He wrote lyrics and music for some of the greatest artists of his time, among them Montand, Barbara, Cora Vaucaire, Dalida, Serge Reggiani, and especially Edith Piaf, for whom he wrote “Milord”, one of her best-known songs. In this 3CD set, Olivier Julien examines the early work of this activist-dreamer, an artist whose hundreds of songs are part of France’s cultural heritage.    
Patrick Frémeaux



CD1 - GEORGES MOUSTAKI
PREMIERS ENREGISTREMENTS (1961-1962)

 1. Les orteils au soleil    3’13
 2. Les musiciens     2’27
 3. Près de chez moi    2’16
 4. Eden Blues    3’08
 5. Le jugement dernier    2’15
 6. De Shanghaï à Bangkok    2’13
 7. Ce n’est pas la première fois    2’18
 8. J’attends le jour     3’03
 9. Mon île de France     2’42
10. La dernière chance    2’54
11. Gardez vos filles    2’38
12. Flamenco des Flandres    3’01
13. Les amours finissent un jour    3’24
14. Jeux dangereux    1’57
15. Un jupon d’Italie    2’59
16. Les colombes    2’05
GEORGES MOUSTAKI
sous le pseudonyme d’EDDIE SALEM (1961)

17. Ya ma Leïli    4’02
18. Leïla     2’00
19. Ma gargoulette    2’02
20. J’ai déjà dit non    2’40
21. Les enfants du Pirée    4’43
22. Reste avec moi    3’29
23. Je n’ai jamais pleuré    2’48

CD2 - LES PREMIERS INTERPRÈTES
DE GEORGES MOUSTAKI (1955-1960)

 1. Irène Lecarte - Le bar des cinq parties du monde    2’20
 2. Irène Lecarte - Eden blues    3’04
 3. Irène Lecarte - La chanson de Patsy    3’18
 4. Henri Salvador - Il n’y a plus d’amandes    2’10
 5. Paul Roby - La Saint-Paris    1’49
 6. Robert Ripa - Jean l’espagnol    2’46
 7. Noëlle Norman - Ma ville a peur du loup    3’39
 8. Florence Véran - Si tu m’as perdu    2’25
 9. Maria Candido - Donne du rhum à ton homme    2’34
10. Hugues Aufray - Le jugement dernier    2’13
11. Dalida - La fille aux pieds nus    3’33
12. Colette Renard - Les musiciens    3’04
13. Colette Renard - Je m’appelle Daysie    2’29
14. Milou Duchamp - Je veux t’aimer    2’30
15. Staïffi et ses Mustafas - Warda    2’33
16. Les Whiskys et leur sextet - Le jugement dernier    2’27
17. Les Whiskys - Dans mon Hamac    2’49
18. Les Whiskys - La mer m’a donné    2’25
19. Les Whiskys - Mi muchacha    2’35
20. Les Whiskys - Port d’Espagne    2’04
TITRES BONUS
21. Golden Gate Quartet - Judgment day    2’51
22. Joël Holmès - La mer m’a donné    2’11
23. Hélène Martin - Il n’y a plus d’amandes    2’38

CD3 - ÉDITH PIAF
CHANTE GEORGES MOUSTAKI (1958-1959)

 1. Un étranger    3’16
 2. Le gitan et la fille    4’04
 3. Eden Blues    3’16
 4. Les orgues de Barbarie    2’42
 5. Faut pas qu’il se figure    4’01
 6. Milord    4’29
 7. T’es beau tu sais    4’06
BONUS : 8. Frankie Vaughan - Milord    2’41
LES INTERPRÈTES DE GEORGES MOUSTAKI (1960-1962)
 9. Danièle Rouillé - Le passager clandestin    2’57
10. Danièle Rouillé - Le jugement dernier    2’28
11. Henri Salvador - C’est celle-là que j’aime    2’24
12. Barbara - De Shanghai à Bangkok    2’53
13. Barbara - Vous entendrez parler de lui    2’04
14. Michèle Arnaud - C’était peut-être l’amour    2’29
15. Michèle Arnaud - Pourquoi mon dieu    2’41
16. Michèle Arnaud - L’acteur    3’12
17. Tino Rossi - Le pinzutu    2’16
18. Jean-Michel Audin - Dans un autre monde    2’55
19. Joël Holmès - Gardez vos filles    1’53
20. Michèle Arnaud - Dunkerque    2’44
21. Michèle Arnaud - Les derniers sont les premiers     2’16
TITRES BONUS
22. Umberto Bindi - Riviera    3’51
23. Lou Lallalloo - Adios ciudad    2’11
24. Édith Piaf présente Jo Moustaki    5’48





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Les orteils au soleil03'14
02 Les musiciens02'29
03 Près de chez moi02'18
04 Eden blues03'09
05 Le jugement dernier02'17
06 De Shanghai à Bangkok02'15
07 Ce n'est pas la première fois02'19
08 J'attends le jour03'04
09 Mon Ile de France02'43
10 La dernière chance02'55
11 Gardez vos filles02'39
12 Flamenco des Flandres03'03
13 Les amours finissent un jour03'26
14 Jeux dangereux01'59
15 Un jupon d'Italie03'01
16 Les colombes02'07
17 Ya Ma Leili04'04
18 Leila02'02
19 Ma gargoulette02'04
20 J'ai déjà dit non02'42
21 Les enfants du Pirée04'45
22 Reste avec moi03'30
23 Je n'ai jamais pleuré02'48
CD 2
01 Le bar des cinq parties du monde02'21
02 Eden blues03'06
03 La chanson de Patsy03'20
04 Il n'y a plus d'amandes02'12
05 La Saint-Paris01'50
06 Jean l'espagnol02'50
07 Ma ville a peur du loup03'41
08 Si tu m'as perdu02'26
09 Donne du rhum à ton homme02'36
10 Le jugement dernier02'14
11 La fille aux pieds nus03'34
12 Les musiciens03'06
13 Je m'appelle Daysie02'31
14 Je veux t'aimer02'32
15 Warda02'35
16 Le jugement dernier02'29
17 Dans mon hamac02'51
18 La mer m'a donné02'27
19 Mi muchacha02'36
20 Port d'Espagne02'05
21 Judgment day02'53
22 La mer m'a donné02'12
23 Il n'y a plus d'amandes02'38
CD 3
01 Un étranger03'18
02 Le gitan et la fille04'06
03 Eden blues03'18
04 Les orgues de barbarie02'44
05 Faut pas qu'il se figure04'03
06 Milord04'31
07 T'es beau, tu sais04'07
08 Milord02'43
09 Le passager clandestin02'59
10 Le jugement dernier02'30
11 C'est celle-là que j'aime02'25
12 De Shanghai à Bangkok02'55
13 Vous entendrez parler de lui02'05
14 C'était peut-être l'amour02'31
15 Pourquoi mon dieu?02'42
16 L'acteur03'13
17 Le pinzutu02'18
18 Dans un autre monde02'57
19 Gardez vos filles01'55
20 Dunkerque02'45
21 Les derniers sont les premiers02'18
22 Riviera03'53
23 Adios ciudad02'13
24 Edith Piaf présente Jo Moustaki05'48
« Un petit régal. » par Chant… Songs

Riche idée des éditions Frémeaux & Associés que de publier Georges Moustaki et ses premiers interprètes, une intégrale 1955-1962 des œuvres du futur auteur du Métèque qui portait, à ses débuts, un autre patronyme. Tout le monde sait qu’Edith Piaf fut la première à faire connaître le style de Moustaki par son interprétation de Milord. Et pourtant, la grande artiste a aussi chanté magnifiquement Eden Blues, Les Orgues de barbarie. Grâce à ce coffret de trois CD, on redécouvre ces versions oubliées et celles d’autres interprètes de Moustaki qui le firent connaître bien avant qu’il ne devienne célèbre. Que ce soit Michèle Arnaud à la manière de chanter légère et parfois profonde (Pourquoi mon dieu) à Henri Salvador avec C’est celle que j’aime, en passant par le travail toujours fascinant d’une Barbara dont la version de Vous entendrez parler de lui est d’une absolue modernité et offre son écrin vocal à l’univers original et poétique du barde grec né en Egypte.  En écoutant le coffret, on a d’autres surprises en écoutant la goualante parisienne d’une Irène Leconte (Le Bar des cinq parties du monde), en découvrant Hugues Aufray interprétant Le Jugement dernier – il accompagna Moustaki avec ses musiciens dans une session restée inédite jusqu’en 2009– ou encore Dalida qui donne avec puissance de la voix dans La Fille aux pieds nus. Et puis, on retrouve la première version des chansons de Moustaki, qui remonte au début des années 60, quand l’auteur cherchait encore sa voix et sa voie mais avait déjà écrit des mélodies fortes comme Les Musiciens ou Les amours finissent un jour. Et un étrange album, où Moustaki apparaissait aussi sous un drôle nom d’artiste pour des mélodies arabo-andalouses : celui d’Eddie Salem, imaginé pour se moquer d’Eddie Barclay qui avait sorti Mustapha, un tube de Bob Azzam. Salem signifiant « la paix » en arabe. Au dos du 45 tours, où figurent des mélodies étonnantes comme Ma gargoulette, figure une biographie des plus fantaisistes : « Eddie Salem est né le 3 septembre 1930 d’un père passager clandestin et d’une mère Inconnue sur un bateau battant pavillon panaméen, qui faisait le cabotage le long des cotes méditerranéennes entre Naples et Alexandrie. » Bref, ce coffret ne peut que passionner les amoureux du créateur de Ma liberté, disparu en mai 2013, des suites d’une maladie pulmonaire. Avec, en bonus, des versions anglaises oubliés de titres connus comme Judgment day, par le Golden Gate Quartet ou encore Milord, par Frankie Vaughan. Un petit régal. »
Par François CARDINALI – CHANT… SONGS




« Un excellent boulot » par Vinyle

« Et encore un excellent boulot de la non moins excellente maison Frémeaux ! Maison déjà dénoncée ici... 3 CD bien garnis où l'on (re)découvre le Moustaki d'avant Le Métèque, de son premier 25 cm de 1961 où son champ lexical est déjà tout tracé, l'amour, les belles nanas, le soleil et l'éloge de la paresse dès le premier titre, Les Orteils Au Soleil, suivi de deux EP de 1962 au même chaloupement. On y ajoute ensuite l'option orientale très en vogue à l'époque (cf. Chérie je t'aime, chérie je t'adore, Fais-moi le couscous chérie de Bob Azzam...) sous le pseudo de Eddie Salem. Deux EP Ducretet de 1960, sept titres tout à fait écoutables / agréables à la réécoute en 2016, dont le célèbre Les Enfants du Pirée. Le CD 2 nous propose les premiers interprètes de Moustaki, parmi lesquels, beaucoup d'inconnus (de moi, tout au moins) : Irène Lecarte, Paul Roby, Noëlle Norman, Milou Duchamp et autres Whiskys (hips !). Et quelques autres "débutants" qui se faisaient les dents sur le répertoire de Jo : Colette Renard, Hugues Aufray, Dalida, Salvador, Hélène Martin ou autres Golden Gate Quartet. De belles (re)découvertes... Sans oublier en CD 3 sa plus célèbre interprète (mais pas que...), Edith Piaf ! Sept titres de haute volée dont l'indéboulonnable Milord (...) Et quelques autres aussi : Danièle Rouillé, Tino Rossi, Michèle Arnaud, Joël Holmès ou Barbara. Pas si mal pour un futur "Métèque" ! Edith Piaf présente d'ailleurs le débutant "Jo Moustaki" en bonus final du CD3 et finit naturellement sur les premiers accords de Milord. Ajoutons à l'édifice un brillant livret de 24 pages (bilingue, oeuf corse) du très compétent Olivier Julien et tu as là un objet bien plus intéressant que les reprises de Barbara par Patrick Bruel ! Et, en cette période de disette, c'est déjà beaucoup... »
Par Robin RIGAUT - VINYLE




« Un petit régal » par Chant… Songs

« Riche idée des éditions Frémeaux & Associés que de publier Georges Moustaki et ses premiers interprètes, une intégrale 1955-1962 des œuvres du futur auteur du Métèque qui portait, à ses débuts, un autre patronyme. Tout le monde sait qu’Edith Piaf fut la première à faire connaître le style de Moustaki par son interprétation de Milord. Et pourtant, la grande artiste a aussi chanté magnifiquement Eden Blues, Les Orgues de barbarie. Grâce à ce coffret de trois CD, on redécouvre ces versions oubliées et celles d’autres interprètes de Moustaki qui le firent connaître bien avant qu’il ne devienne célèbre. Que ce soit Michèle Arnaud à la manière de chanter légère et parfois profonde (Pourquoi mon dieu)  à Henri Salvador avec C’est celle que j’aime, en passant par le travail toujours fascinant d’une Barbara dont la version de Vous entendrez parler de lui est d’une absolue modernité et offre son écrin vocal à l’univers original et poétique du barde grec né en Egypte. En écoutant le coffret, on a d’autres surprises en écoutant la goualante parisienne d’une Irène Leconte (Le Bar des cinq parties du monde), en découvrant Hugues Aufray interprétant Le Jugement dernier  – il accompagna Moustaki avec ses musiciens dans une session restée inédite jusqu’en  2009– ou  encore Dalida  qui donne avec puissance de la voix dans La Fille aux pieds nus. Et puis, on retrouve la première version des chansons de Moustaki, qui remonte au début des années 60, quand l’auteur cherchait encore sa voix et sa voie mais avait déjà écrit des mélodies fortes comme Les Musiciens ou Les amours finissent un jour. Et  un étrange album, où Moustaki apparaissaitt aussi sous un drôle nom d’artiste pour des mélodies arabo-andalouses : celui d’Eddie Salem, imaginé pour se moquer d’Eddie Barclay qui avait sorti Mustapha, un tube de Bob Azzam. Salem signifiant « la paix » en arabe. Au dos du 45 tours, où figurent des mélodies étonnantes comme Ma gargoulette, figure une biographie des plus fantaisistes : « Eddie Salem est né le 3 septembre 1930 d’un père passager clandestin et d’une mère Inconnue sur un bateau battant pavillon panaméen, qui faisait le cabotage le long des cotes méditerranéennes entre Naples et Alexandrie. » Bref, ce coffret ne peut que passionner les amoureux du créateur de Ma liberté, disparu en mai 2013, des suites d’une maladie pulmonaire. Avec, en bonus, des versions anglaises oubliés de titres connus comme Judgment day, par le Golden Gate Quartet ou encore Milord, par Frankie Vaughan. Un petit régal. »

Par François CARDINALI – CHANT… SONGS