BIGUINE VOL 4

ANTHOLOGIE DE LA TRADITION MUSICALE ANTILLAISE (1930-1954)

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Direction artistique : JEAN-PIERRE MEUNIER
Livret : 44 Pages
Nombre de CDs : 3


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« Du Bal Nègre en 1930 à la Biguine Wabap en 1954 : les sons perdus et retrouvés de l’Âge d’Or de la Biguine à l’époque du disque 78 tours. » Jean-Pierre MEUNIER 

ÉDITORIALISATION : JEAN-PIERRE MEUNIER

 

 

CD 1 - RACINES : CREOL’S BAND DIR. FÉLIX VALVERT (JAN. 1930) : NINON • ORCHESTRE LÉARDÉE DU BAL BLOMET (1930) : TÉLÉPHONÉ-I - MADEMOISELLE MOLINA - BELLE COULI Y A - LA BELLE AMÉLIE - BOSSU A (DANSE DE BAM BAM) • MLLE ARMELIN, ACC. PIANO GUITARE (NOV. 1930) : DOUDOU CÉ VOU - DOUDOU MOIN DANS BRAS MOIN • ORCHESTRE CRÉOLE DELVI (OCT. 1931) : BELLE BELLE • NELLY LUNGLA (JANVIER 1932) : LES DEUX ANTILLAISES • ORCH. GUAD. ALEXANDRE KINDOU (JUILLET 1932) : RÉGINA COCO • ORCHESTRE DE LA BOULE BLANCHE (NOV. 1932) : PETITE FLEUR FANÉE • ORCH. GUADELOUPÉEN KAUKIRA BOYS (1932- 33) : FIFI - RIALTO ! SENS UNIQUE - POUR METTRE UN PEU D’ENTRAIN • ORCHESTRE EUGÈNE DELOUCHE (1932-37) : CHÉRIE - BELLE DOUDOU - DU FEU PRIS - POU QUATRE SOUS GROS GATEAUX - MATADO A - MARIE-THÉRÈSE - MISS EXPOSITION.

CD 2 - TRADITION : CREOLE BAND DE LA COUPOLE (MARS 1933) : ÉLISA • ORCHESTRE CRÉOLE MATOU (AVR. 1934) : BAMBOULA • RICO’S CREOLE BAND (JUIN 1934) : ÇA MOIN AIMÉ • ORCHESTRE TYPIQUE DU BAL BLOMET (1935-36) : DANS TROU CRAB’LA - ZÉ A COQ LA - TENTION CÉ SEPENS • MAÏOTTE ALMABY ET SON ORCHESTRE (NOV. 1937) : AU TEMPS DES CARAVELLES - COLBY • SOSSO PÉ-EN-KIN ET SON ORCHESTRE (1937-39) : TELMAN GÉRARD MANGÉ - ANOU ALLÉ - AUX ANTILLES A PARIS • PIERRE LOUISS TROPICAL SINGERS (JUILLET 1947) : VIÉ’ NEG’ PARIS • ENSEMBLE “ANTILLANA” (AVR. 1948) : LATÉCOERE • MARTINALES ET ALBERTO (MARS 1950) : DOUDOU PAS PLEURER - MI BELLE JOURNÉE • LÉONA GABRIEL ET L’ORCH. CLODOMIR (JUIN 1952) : YAYA MOIN NI L’AGENT • LÉONA GABRIEL ET L’ORCH. ALPHONSO (SEP. 1952) : TONY TONY - EN NOUS MONTER • FAITSALLES-VAINGDUCS ET SES ANTILLAIS (OCT. 1954) : MENTEU PANI MÉMOI - VAVALE EN ESTIVAL - UNE FEMME OCCUPANTE - MACHAN’NE POISSONS CASE NAVI A. 

CD 3 - WABAP : ORCHESTRE ROBERT MAVOUNZY (AVR. 1952) : C’EST OU MEME QUI L’AMOU - GUADELOUPE EN NOUS • ORCHESTRE ROBERT MAVOUNZY (OCT. 1953) AVEC MARTINALES ET ALBERTO (CHANT) : L’AMOU PAS KA JOUÉ - POUR LES CUISINIERES - SOUVENIRS DE MON ILE - BONHEU EN MOIN PATI - EH ! OUI DOUDOU - CHAUFFÉ BIGUINE LA • ORCHESTRE SENSIA (DÉC. 1953) CHANT : AL LIRVAT : DOCTEUR DÉDÉ • ORCHESTRE ÉDOUARD PAJANIANDY (MAI 1954) : FETE A LA GUADELOUPE • ORCHESTRE FÉLIX VALVERT (MARS 1954) AVEC STELLA FÉLIX ET GÉRARD LA VINY (CHANT) : PADON BONDIEU - EN BAS LA TÈ - L’AGENT, TOUJOURS L’AGENT - ANTILLES - DÉCEPTION - TIBURCIA • ORCHESTRE FÉLIX VALVERT (JUILLET 1954) AVEC STELLA FÉLIX ET GÉRARD LA VINY (CHANT) : HEP ! OUAP ! OUOP ! - BIGUINE TOUJOU - MOIN BOUSOIN AN FEMME - CONVERSATION 54 - MOIN AIMÉ VOUS QUAND MEME - 1848 - HOMMAGE ANTILLAIS A VICTOR SCHOELCHER.

Biguine vol 4 FA5640


BIGUINE

Volume 4

ANTHOLOGIE
DE LA TRADITION MUSICALE ANTILLAISE
(1930-1954)




Du Bal Nègre en 1930 à la Biguine Wabap en 1954 : les sons perdus et retrouvés de l’Âge d’Or de la Biguine à l’époque du disque 78 tours.    Jean-Pierre Meunier

From the Bal Nègre in 1930 to Wabap in 1954: rediscovering the lost sounds of the Golden Age of Biguine in the days of the 78.    Jean-Pierre Meunier

CD 1 – RACINES

Creol’s Band dir. Félix Valvert (jan. 1930)
 1. NINON    3’03
Orchestre Léardée du Bal Blomet (1930)
 2. TÉLÉPHONÉ-I    2’35
 3. MADEMOISELLE MOLINA    2’52
 4. BELLE COULI Y A    3’17
 5. LA BELLE AMÉLIE    3’17
 6. BOSSU A  (DANSE DE BAM BAM)    3’05
Mlle Armelin, acc. piano guitare (nov. 1930)
 7. DOUDOU CÉ VOU    2’55
 8. DOUDOU MOINDANS BRAS MOIN    2’57
Orchestre créole Delvi (oct. 1931)
 9. BELLE BELLE    2’54
Nelly Lungla (janvier 1932)
10. LES DEUX ANTILLAISES    2’48
Orch. guad. Alexandre Kindou (juillet 1932)
11. RÉGINA COCO    3’10
Orchestre de la Boule Blanche (nov. 1932)
12. PETITE FLEUR FANÉE    3’21
Orch. guadeloupéen Kaukira Boys (1932-33)
13. FIFI    2’59
14. RIALTO ! SENS UNIQUE    2’57
15. POUR METTRE UN PEU D’ENTRAIN    3’00
Orchestre Eugène Delouche (1932-37)
16. CHÉRIE    3’19
17. BELLE DOUDOU    2’55
18. DU FEU PRIS    3’01
19. POU QUATRE SOUS GROS GATEAUX    3’08
20. MATADO A    3’07
21. MARIE-THÉRÈSE    3’01
22. MISS EXPOSITION    3’17

CD 2 – TRADITION

Creole Band de la Coupole (mars 1933)
 1. ÉLISA    2’53
Orchestre créole Matou (avr. 1934)
 2. BAMBOULA    2’39
Rico’s Creole band (juin 1934)
 3. ÇA MOIN AIMÉ    2’33
Orchestre typique du Bal Blomet (1935-36)
 4. DANS TROU CRAB’LA    3’03
 5. ZÉ A COQ LA    2’54
 6. TENTION CÉ SEPENS    2’38
Maïotte Almaby et son orchestre (nov. 1937)
 7. AU TEMPS DES CARAVELLES    2’55
 8. COLBY    3’04
Sosso Pé-en-Kin et son orchestre (1937-39)
 9. TELMAN GÉRARD MANGÉ    2’50
10. ANOU ALLÉ    2’58
11. AUX ANTILLES A PARIS    3’08
Pierre Louiss Tropical Singers (juillet 1947)
12. VIÉ’ NEG’ PARIS    2’24
Ensemble “Antillana” (avr. 1948)
13. LATÉCOERE    3’03
Martinales et Alberto (mars 1950)
14. DOUDOU PAS PLEURER    2’26
15. MI BELLE JOURNÉE    2’49
Léona Gabriel et l’orch. Clodomir (juin 1952)
16. YAYA MOIN NI L’AGENT    3’11
Léona Gabriel et l’orch. Alphonso (sep. 1952)
17. TONY TONY    3’27
18. EN NOUS MONTER    3’08
Faitsalles-Vaingducs et ses Antillais (oct. 1954)
19. MENTEU PANI MÉMOI    3’27
20. VAVALE EN ESTIVAL    3’32
21. UNE FEMME OCCUPANTE    3’17
22. MACHAN’NE POISSONS CASE NAVI A    3’31

CD 3 – WABAP

Orchestre Robert Mavounzy (avr. 1952)
 1. C’EST OU MEME QUI L’AMOU    2’57
 2. GUADELOUPE EN NOUS    2’45
Orchestre Robert Mavounzy (oct. 1953)
avec Martinales et Alberto (chant)
 3. L’AMOU PAS KA JOUÉ    2’42
 4. POUR LES CUISINIERES    3’17
 5. SOUVENIRS DE MON ILE    2’45
 6. BONHEU EN MOIN PATI    3’02
 7. EH ! OUI DOUDOU    2’54
 8. CHAUFFÉ BIGUINE LA    3’16
Orchestre Sensia (déc. 1953)
Chant : Al Lirvat
 9. DOCTEUR DÉDÉ    3’11
Orchestre Édouard Pajaniandy (mai 1954)
10. FETE A LA GUADELOUPE    2’49
Orchestre Félix Valvert (mars 1954)
avec Stella Félix et Gérard La Viny (chant)
11. PADON BONDIEU    2’53
12. EN BAS LA TÈ    3’02
13. L’AGENT, TOUJOURS L’AGENT    2’40
14. ANTILLES    2’53
15. DÉCEPTION    3’12
16. TIBURCIA    3’07
Orchestre Félix Valvert (juillet 1954)
avec Stella Félix et Gérard La Viny (chant)
17. HEP ! OUAP ! OUOP !    2’58
18. BIGUINE TOUJOU    2’39
19. MOIN BOUSOIN AN FEMME    2’41
20. CONVERSATION 54    2’38
21. MOIN AIMÉ VOUS QUAND MEME    2’56
22. 1848 - HOMMAGE ANTILLAIS A VICTOR SCHOELCHER    2’37


BIGUINE Vol. 4
(1930-1954)


Nous ne saurions ouvrir ce quatrième volume dédié aux pionniers de la Biguine à Paris sans saluer le magnifique ouvrage “Creole Music of the French West Indies” paru en novembre 2014 chez Bear Family sous la plume d’Alain Boulanger, John Cowley et Marc Monneraye. Appuyé de très nombreuses illustrations et références documentaires, l’essai historique de John Cowley est aujourd’hui l’étude la plus fouillée sur la biguine. On s’étonnera peut-être de ne trouver, parmi les remerciements en tête du livre, aucun nom des artistes innombrables qui firent le succès de la biguine en Europe. Les quatre-vingts musiciens ou apparentés aujourd’hui disparus qui, depuis 1976, ont apporté leurs documents et leurs souvenirs1, ont pourtant contribué de manière déterminante à la connaissance de cette composante majeure de la culture antillaise. Transmise avec amour, affinée et enrichie au cours du temps, la biguine prend aujourd’hui le rang d’une “Musique Classique Noire des Antilles Françaises” de même que le jazz est celle des États-Unis d’Amérique.
Dans le présent coffret, nous livrons au public soixante six nouveaux phonogrammes, pour la plupart inédits ou introuvables dans le commerce. Nous renouvelons notre invitation à tous les collectionneurs qui, dans le monde entier, détiendraient des disques créoles 78 tours non encore publiés, à nous rejoindre par le site Internet fremeaux.com pour que cette démarche de sauvegarde de la mémoire musicale des Antilles ne soit pas une initiative isolée mais celle d’une communauté animée du même idéal de partage des sources sonores.
Une fois de plus nous avons dû faire un choix difficile pour tenir compte tout à la fois de l’intérêt documentaire, musicologique, ethnographique ou historique des œuvres, de l’originalité des interprétations, de la rareté et de l’état des disques, de la variété des genres, en veillant à ne pas écarter des artistes dont il ne resterait sinon aucune trace. C’est ce qui explique la présence de quelques gravures de moindre qualité acoustique dont l’auditeur voudra bien nous excuser. Les meilleurs procédés de restauration ont leurs limites face aux outrages du temps et aux faiblesses techniques d’une industrie phonographique encore balbutiante. Le connaisseur comme le néophyte qui partagent le même goût de la musique ancienne comprendront aisément que ces inconvénients sont compensés par le plaisir inégalé de découvrir toute la richesse d’un passé musical des Antilles encore proche.
Dans une succession sensiblement chronologique, la sélection s’ouvre début 1930 sur le “Creol’s Band” formé principa­lement d’éléments du Bal Blomet dirigés pour l’occasion par le Guadeloupéen Félix Valvert (1905-1995). Comme on a pu déjà en juger dans le coffret Biguine n° 1 (FA 007), il s’agit des premiers disques antillais dans le style jazz-hot. Notons la belle introduction de Valvert à la guitare et son chorus inspiré au saxophone alto. Il ne jouait de cet instrument que depuis un an. La biguine “Ninon” est la très célèbre composition de Joseph Brisacier, né le 17 septembre 1899 à Grand-Bourg de Marie-Galante d’une très ancienne famille d’industriels du sucre. Il avait profité d’un séjour à Paris en octobre 1925 pour faire imprimer à compte d’auteur un recueil réunissant cinq de ses œuvres dédiées à la même “Ninon” dont il était follement épris. C’est d’ailleurs l’une d’elles : “Ninon moin révé-ou”, qu’enregistra a capella le 21 décembre 1926 Germaine Dévarieux, étudiante guadeloupéenne âgée de vingt ans pour l’institution des “Archives de la Parole” de l’Université de Paris. Ce document est accessible en ligne sur le site Gallica de la Bibliothèque Nationale.
L’orchestre “Creol’s Band du célèbre Bal Colonial de la rue Blomet”, dirigé d’avril 1930 à novembre 1931 par Ernest Léardée (1896-1988), ne tarda pas à trouver un producteur en la personne de Francis Salabert, éditeur bien connu. Vingt faces furent gravées en deux années de présence au Bal Blomet. Les disques étaient proposés aux touristes et visiteurs de l’Exposition Coloniale qui pro­longeaient le soir leur voyage exotique au fameux “Bal Nègre”. Le titre “Belle Couli y a” figure dans le recueil de dix biguines créoles pour le piano publié sous les deux noms de Léardée et Salabert en 1931. John Cowley nous apprend qu’il s’agit d’un calypso de Trinidad déjà enregistré en septembre 1914 à Port-of-Spain par l’orchestre de J. Resigna pour le label Victor. Cet exemple d’air créole circulant dans les Petites Antilles n’est pas un cas isolé comme nous l’avions déjà souligné. D’autres biguines de la Martinique proviennent du Carnaval de Trinidad. Ainsi en est-il de certains airs enregistrés dans les années vingt par l’orchestre de Sam Manning. On sait aussi qu’il est arrivé à Stellio de s’inspirer de compositions du pianiste trinidadien Lionel Belasco. Les mélodies se propageaient par les disques de phonographe importés en Martinique et en Guadeloupe depuis les USA. Elles étaient peut-être aussi transmises d’île en île par les matelots et passagers des navires qui circulaient dans la mer des Antilles. Orphélien lui-même était matelot dans la marine marchande avant de quitter la Martinique le 27 avril 1929 pour suivre Stellio à Paris comme batteur et chanteur de son orchestre.
Le morceau “Bossu a”, autre rengaine de Saint-Pierre, était régulièrement joué au Bal Blomet pour accompagner l’exhibition de biguine du danseur Félix Ardinet surnommé “Bam Bam” (né à Fort-de-France le 11 juin 1900 et décédé à Paris le 7 septembre 1950). Le cinéaste Jean Grémillon céda lui aussi à la vogue de la biguine en intégrant une scène de bal antillais dans son premier film parlant “La Petite Lise” tourné en 1930. Il engagea Ernest Léardée et ses musiciens avec une troupe de figurants et le Bal Blomet fut reconstitué dans les studios de Joinville-le-Pont. Léardée nous a raconté les détails du tournage. La fameuse danse de Bam Bam fut exécutée par son créateur en frac et haut-de-forme, muni de gants blancs et d’une canne à pommeau. La scène du bal antillais occupe les huit dernières minutes, au moment le plus mélodramatique du film. Sur fond de biguines ininterrompues jusqu’à la dernière séquence, l’ancien détenu Berthier, libéré du bagne de Cayenne, découvre que sa fille est l’auteur du crime crapuleux commis sur un bijoutier. Dans la scène finale, il va s’en accuser auprès de la police tandis que danseurs et danseuses en costume créole, ignorants du drame qui se joue, s’abandonnent à la liesse collective sur l’air de “Madiana”, vidé populaire de carnaval. Pendant un bref instant où l’on aperçoit l’orchestre, on peut distinguer cinq instruments : clarinette, banjo, violon, violon­celle, chacha tenus respectivement par Clais, Bathuel, Léardée, Collat et Orphélien. Le générique n’indique que les quatre principaux acteurs du film. De manière inexpliquée, les sites Internet spécialisés attribuent le rôle de Bam Bam à Joe Alex, ancien partenaire de Joséphine Baker dans la Revue Nègre de 1925. Joe Alex, dont l’origine n’est pas connue avec certitude, fut en France le premier acteur noir d’importance au cinéma et au théâtre, participant à plus d’une trentaine de films de 1923 à 1946. Au visionnage de La Petite Lise, le danseur qui se déhanche en lançant ses onomatopées ressemble bien peu à celui qui accompagne Joséphine Baker dans “la danse sauvage” tournée en 1925. Selon toute vraisemblance, le rôle est bien tenu par Félix Ardinet, le témoignage de Léardée ne laisse pas de doute à ce sujet.
La chanteuse guadeloupéenne “Mlle Armelin” (Ena Marie Josèphe Armelin) est née à Pointe-à-Pitre le 19 mars 1906 et décédée à Paris le 9 août 2003. Nous l’entendons en novembre 1930 chanter deux biguines, accompagnée d’un piano et d’une guitare. Les paroles de “Doudou cé vous” sont l’œuvre de Gilles Bertrand, pseudonyme de Gilbert Suaudeau de Chambertrand, né à Pointe-à-Pitre le 13 février 1890, qui en publia la partition en Guadeloupe peu avant 1928. Illustrateur humoriste d’une extrême finesse (il fut professeur de dessin au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre), Gilbert de Chambertrand est surtout connu comme nouvelliste, poète, auteur de théâtre mais il faisait preuve de beaucoup d’éclectisme dans ses dons et ses goûts : photographe, astrologue, historien, journaliste… Il s’exila de Guadeloupe après le cyclone de septembre 1928 pour venir habiter en région parisienne. Il est décédé à Créteil le 13 novembre 1983. L’autre biguine “Doudou moin dans bras moin” figure dans le recueil du Carnaval de Saint-Pierre publié en 1929 par Victor Coridun. Elle fut cependant déclarée en 1945 à la SACEM par Fernande de Virel sous le titre de “Tant pis pou ça”. Guy Armelin, sœur d’Ena, se fit connaître dans le spectacle et la danse sous le nom de “Yaya Sapotille” avant de devenir “Rama Tahé” sur les écrans de cinéma en 1930.
“Belle Belle” est le sixième et dernier titre qui complète la série des enregistrements de Paul Delvi déjà réédités par Frémeaux & Associés. Nous en savons un peu plus sur la biographie de ce batteur et chef d’orchestre qui entretenait le mystère sur ses origines. Il refusa de répondre à l’invitation de Jean-Christophe Averty quand ce dernier, dans les années 1970, enquêtait sur les premiers musiciens antillais à Paris. Paul Louis César Delvi est né de père inconnu le 23 mai 1895 à Grand’Rivière, commune de l’extrême nord de la Martinique. Sa mère Joséphine Delvi était couturière, âgée de vingt-cinq ans, originaire de la commune de La Trinité. Paul Delvi s’est marié à Paris le 9 janvier 1937 et il y est décédé le 26 octobre 1978 à l’âge de 83 ans. Outre ses prestations dans la musique créole, il a travaillé avec des jazzmen américains. On le trouve à Berlin au cours de l’été 1930 avec “Sidney Bechet and his Newyorkers” pour enregistrer la bande sonore du film allemand “Einbrecher”.
La chanteuse et danseuse Marie Octavie Lungla, dite Nelly, est née dans la commune du Carbet à la Martinique le 9 novembre 1903. En 1932, elle se produisait au cabaret de “La Boule Blanche” à Montparnasse. Dans la biguine “Les deux Antillaises”, dont elle a écrit les paroles sur une musique du batteur martiniquais Maurice Banguio (né à Fort-de-France le 9 avril 1905, décédé à Paris le 27 décembre 1965), elle évoque la situation de deux jeunes créoles venues tenter leur chance à Paris. Rencontreront-elles le million­naire qui leur offrira le train de vie rêvé : bijoux, villa, voiture, fourrures ? Peut-être fait-elle allusion à l’aventure de ses deux sœurs Bérénice (1897-1976) et Renée (1901-1997) âgées d’à peine vingt ans quand elles arrivèrent dans la Capitale vers 1920 pour se lancer dans la carrière artistique. Les “Lungla Sisters”, parfois présentées comme rivales de Joséphine Baker, trouvèrent un certain succès à Paris avec leurs numéros de danse au Concert Mayol (1926), au Palace (1927), au Théâtre Nuevo de Barcelone (1927), en Allemagne (fin 1927) puis au Châtelet de Paris dans l’opérette “Mississipi” (1929). On ne parle plus d’elles ensuite et il semble qu’elles disparaissent de la scène des music-halls à partir de 1930. Nelly, arrivée vers 1925, continuera jusque vers 1980 de présenter des spectacles de quadrille antillais au cabaret de “La Canne à Sucre”. Elle est décédée à Paris le 4 février 1984.
Léona Gabriel (1891-1971) est surtout connue pour avoir été la chanteuse du clarinettiste Stellio durant toute l’Exposition Coloniale de 1931. Nulle autre qu’elle à cette époque ne savait exprimer avec la même ardeur et le même piquant l’ironie, la malice voire l’impertinence dont le petit peuple de Saint-Pierre avait chargé les paroles des biguines de la ville défunte. Léona prêtait volontiers sa voix à diverses formations. Ainsi l’entend-on en juillet 1932 sous le pseudonyme de “Mlle Estrella” dans l’orchestre du clarinettiste Alexandre Kindou, puis sous son propre nom en novembre dans l’orchestre de la Boule blanche dirigé par le banjoïste et bassiste martiniquais Robert Roch. Alexandre Kindou, natif de Guyane, avait émigré en Guadeloupe où il se produisait au “Cristal Palace” de Pointe-à-Pitre. C’est là qu’il reviendra après un séjour de deux ans en Métropole. Il enregistra cette séance en collaboration avec son compatriote guyanais Henri Volmar.
Le premier orchestre guadeloupéen venu à Paris est celui des frères Martial, arrivés en novembre 1931 avec le clarinettiste martiniquais Maurice Noiran (1914-1978) alors que l’Exposition Coloniale venait tout juste de se terminer. Les jeunes musiciens furent engagés pour quelques mois par Ernest Léardée dans son nouvel établissement de l’Élan Noir. De 1931 à 1933, l’orchestre réalisa trois séances pour les disques Parlophone et Sonabel. En novembre 1932 au théâtre des Bouffes Parisien était créée l’opérette “Un Soir de Réveillon” de Paul Armont et Marcel Gerbidon sur une musique de Raoul Moretti. Le clou du spectacle était une biguine : “Pour mettre un peu d’entrain”, chantée et dansée par la star de l’époque Henri Garat avec sa partenaire Meg Lemonnier. En février 1933, parmi d’autres compositions typiquement guadeloupéennes, l’orchestre “Kaukira Boys” des frères Martial donna une version revisitée de cette biguine européenne, gardant cependant les paroles françaises chan­­tées par le Guadeloupéen Emmanuel Lubinal.
Le clarinettiste martiniquais Eugène Delouche (1909-1975) fut le principal émule de Stellio, tant par l’expression et la sublimation de l’âme musicale martiniquaise que par la quantité de disques mis dans le commerce. D’abord très proche du style de son modèle, on le voit s’en détacher peu à peu en affinant son jeu et en élaborant une sonorité d’ensem­ble originale et harmonieuse avec la complicité de l’excellent guitariste Pollo Malahel (1896-1976) et du pianiste René Léopold (1909-1996). La biguine “Du feu pris” se termine par le vidé “Madiana” qui clôturait au petit matin les soirées de bals créoles. Notons aussi le magnifique solo de violon de Benjamin Gérion dans le morceau “Pou quatre sous gros gateau”.
Dans les années trente à Paris, la biguine fut concurrencée par la rumba cubaine lancée par le guitariste Emilio Barreto (1909-1997) et les frères Castellanos. Les deux danses durent cohabiter pour satisfaire les amateurs de l’un et l’autre genre. Les orchestres de rumba jouaient occasionnellement de la biguine et vice versa. Cela fut facilité par la bonne entente des musiciens antillais et cubains qui n’hésitaient pas à former des groupes mixtes incluant souvent d’autres Caribéens (Trinidad, Haïti…). Ainsi voit-on dès le début des années 1930 le trompettiste guadeloupéen Abel Beauregard (1902-1958) et le batteur martiniquais Florius Notte (1896-1957) dans des orchestres cubains. On trouve réciproquement des musiciens cubains (José Beroa, Pedro Lugo…) dans l’orchestre de Félix Valvert au cabaret “Les Antilles” en 1931, pour ne citer que ces exemples.
Deux compositions de Beauregard (“Élisa” et “Ça moin aimé”) sont enregistrées en 1933 et 1934 par le “Creole Band” du Cubain Filiberto Rico avec la participation de Beauregard et du chanteur martiniquais Orphélien. “Élisa” est désignée comme rumba sur l’étiquette mais fait plutôt figure de biguine lente. On y reconnaît le phrasé fluide et virevoltant du saxophoniste alto brésilien Peter Wanderley qui enregistra trois ans plus tard “Jana Bahia” avec Sam Castendet. La voix typée d’Orphélien apportait aux orchestres cette touche d’antillanité native qui étonnait le public curieux d’exotisme. L’acte de naissance d’Orphélien nous apprend qu’il était né le 16 décembre 1902 dans la case de ses parents située sur l’habitation Entonnoir à Sainte-Anne, commune du sud de la Martinique. On lui donna les prénoms de Paul Faustin Orphélien. Son père Pierre Aurélien Crémas, âgé de 28 ans, était marin. Le 30 avril 1925 à Fort-de-France, Orphélien épousa Paulinise Zoé Pieron, marchande de poisson au marché de la ville. Auteur et compositeur prolifique, il enchanta ses compatriotes avec bien des chansons créoles aujourd’hui oubliées. Il est décédé à Fort-de-France le 1er juillet 1974. C’est encore Orphélien qu’on entend en 1934 dans le morceau intitulé “Bamboula” enregistré par l’orchestre du batteur André Saturnin Matou (né à Sainte-Anne, Guadeloupe, le 2 janvier 1896, décédé à Paris le 4 mai 1988).
Quand Léardée quitta le Bal Blomet pour prendre la direction de l’Élan Noir au 124 boulevard Montparnasse fin décembre 1931, il fut remplacé par une formation comprenant le clarinettiste Maurice Noiran et le pianiste Louis Jean-Alphonse. On trouvera dans l’album “Parfum des Îles” (FA 5080) une biographie détaillée de ce dernier qui se fera connaître après la guerre sous le nom d’Alphonso. Louis Macaire Jean-Alphonse était né le 3 août 1905 à Fort-de-France, rue François Arago, de Marie Angèle Jean-Alphonse âgée de 36 ans, sans profession. Le nom du père ne figure pas dans l’acte de naissance mais il ne serait pas surprenant que ce soit l’un des témoins qui signèrent le document, tous deux désignés comme bijoutiers. Or Alphonso a toujours déclaré que son père exerçait cette profession. Au début des années vingt, ses parents l’envoient faire des études de droit à Paris. Il préfère alors s’investir dans sa passion de la musique qu’il pratiquait en autodidacte depuis son enfance à la Martinique. Il ne tarde pas à travailler comme pianiste dans divers orchestres. Alphonso commence au Bal Blomet et joue épisodiquement avec Stellio, Castendet, Michel Berté, Sosso Pé-en-Kin… C’est après la guerre qu’il devient chef d’orchestre professionnel, sociétaire de la SACEM en 1949, déployant une intense acti­vité dans les bals, dancings, et produisant une quantité impressionnante de disques antillais. Alphonso est décédé à Férolles-Attily le 6 janvier 1981 à l’âge de 75 ans. Les biguines jouées par l’orchestre du Bal Blomet en 1935 et 1936 marquent le début d’une longue collaboration avec Maurice Noiran jusqu’à la mort de celui-ci en 1978. La biguine “Dans trou crab’la” est une parodie de quadrille dont les commentaires et les commandements en créole sont lancés de manière truculente par le Guadeloupéen Raymond Domiquin, sur­nom­mé Torpilleur en raison de son adresse incroyable à manier le chacha pour en exprimer toutes les nuances de rythme. À noter les premières prestations du chanteur guade­loupéen Sosso Pé-en-Kin et l’apparition d’un tambour “Ka” dans un orchestre sur disque.
Maïotte Almaby née Marie Eustasie Didier à Toulon le 29 mars 1890 est une artiste aujourd’hui bien injustement oubliée. Son père Éleuter Didier, d’une famille de l’aristocratie martiniquaise, était officier dans la Marine Nationale et fit de nombreuses campagnes, notamment en Indochine de 1876 à 1894. Élève du Conservatoire Supérieur de Musique de Paris, Maïotte Almaby y obtint un deuxième accessit de violon en 1908 et un second prix en 1910. Elle y étudia aussi le chant et la composition. C’est à la fin de ses études, peu avant la déclaration de guerre de 1914, qu’elle vint pour la première fois séjourner à la Martinique dont elle se prit de passion. Elle assimila rapidement la culture et le parler créoles, s’intéressant tout spécialement à la musique et au folklore de l’île. Elle occupa un poste de professeur de musique au Pensionnat Colonial de jeunes filles à Fort-de-France et épousa en 1921 un ingénieur, Marcel Almaby. Cependant, femme éprise de liberté et en avance sur son temps, freinée dans sa vocation artistique, elle se trouva vite prisonnière tout à la fois de l’étroitesse de l’île et de la société martiniquaise qui ne comprenait guère qu’une jeune femme de sa condition, pourvue des plus hauts diplômes, puisse composer et se réaliser dans la musique créole. C’est pourquoi, vers le milieu des années vingt, elle regagna la Métropole avec son mari pour se lancer dans une carrière de professeur et d’artiste violoniste virtuose, chanteuse, compositrice, participant à de nombreux événements artistiques, soirées, galas, concerts… Maïotte Almaby fut reçue sociétaire de la SACEM le 23 janvier 1929. Durant un an, du 22 septembre 1934 au 21 septembre 1935, elle chanta chaque soir son succès “Chaud Biguine” (réédition FA 5110) sur la scène du Casino de Paris dans le cadre de la prodigieuse revue “Parade de France” imaginée et mise en scène avec 250 artistes par Henri Varna pour glorifier la beauté des provinces et colonies françaises. Lors de la célébration du Tricentenaire du rattachement des Antilles à la France, Maïotte Almaby fut l’une des personnalités de la grande “Nuit antillaise” organisée le 14 novembre 1935 à l’Opéra de Paris, où figurait aussi Stellio avec son orchestre et son ballet de quadrille antillais.
Maïotte Almaby fut distinguée du grade de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1937. Elle en reçut l’insigne le 20 juillet du sénateur et ancien ministre martiniquais Henry Lémery. Quelques informations nous sont données dans les archives de la Légion d’Honneur, et notamment : “Elle organisa durant la guerre, à la Martinique, de nombreux concerts pour les aveugles de guerre et les œuvres de bienfaisance. Maîtresse de musique au Pensionnat colonial de la Martinique, elle créa de toutes pièces l’instruction musicale à la Martinique. Sur son initiative, grâce à sa persévérante opiniâtreté, fut créée en 1920 la bourse de musique permettant chaque année, à une ou plusieurs jeunes filles de la colonie, de venir se perfectionner en France.” Maïotte Almaby fut emportée par un cancer le 17 juin 1939 en son domicile du 74 rue Nollet à Paris. Elle avait 49 ans. Elle fut inhumée le 21 juin dans une sépulture provisoire au cimetière parisien de Saint-Ouen. Maïotte Almaby n’ayant pas eu d’enfants et l’emplacement étant tombé en déshérence, ses restes furent relevés en 1956 et transférés à l’ossuaire du Père Lachaise où ils se trouvent encore peut-être aujourd’hui, dans l’anonymat le plus complet.
Maïotte Almaby a déposé à la SACEM environ 80 œuvres dont les deux tiers sont de la musique créole, créations personnelles ou adaptations du folklore de Saint-Pierre. Tous ses disques sans exception relèvent de la tradition antillaise. On ne lui connaît pas de disques de musique classique, alors qu’elle jouissait pourtant d’une réputation de violoniste virtuose et de chanteuse lyrique de grande valeur. Deux nouveaux titres figurent dans le présent coffret. “Au Temps des Caravelles” est une valse pasillo avec de très belles interventions de mandoline, piano et clarinette On n’en connaît malheureusement pas les interprètes. Quant à “Colby”, il s’agit de la chanson comique de Saint-Pierre à propos de l’aéronaute Baimbridge Colby dont Salavina nous rapporte les exploits dans son livre de souvenirs : “Un Américain surnommé Colby, lance un ballon à la Savane du Fort. La première fois, le vent souffle en bourrasque. L’ascension rate. Et la chanson d’ouvrir aussitôt ses ailes : “Juss Colby qui lé badiné nous !”. Le dimanche suivant : calme plat. Le ballon file dans les nuages, emportant Colby faisant des sauts périlleux. Bref, l’aérostat tombe à l’horizon lointain. Le jeune aéronaute, recueilli par un canot, retourne à pieds à la Savane. Et la chanson se lève sur ses pas, glorieuse et triomphale : “Colby monté, Colby descende, Colby tombé dans d’l’eau…” Et le couplet finissait sur une gamme chromatique descendante, montrant bien le ballon plongeant du ciel dans l’abîme”. Selon les précisions apportées par John Cowley, les prouesses de Colby auraient eu lieu vers le milieu de l’année 1889 et il les aurait renouvelées à Trinidad en novembre de la même année.
On en sait maintenant un peu plus sur les origines du chanteur et chef d’orchestre Solange Flavien Pé-en-Kin surnommé Sosso, né à Pointe-à-Pitre, faubourg Schœlcher, le 13 mai 1902. Son père Eugène Pé-en-Kin âgé de 36 ans était domicilié en la commune du Lamentin et sa mère Marie Talcona âgée de 20 ans demeurait en celle du Moule. Le père, sans doute d’origine chinoise, exerçait la profession de postillon, conducteur d’une voiture de poste tirée par des chevaux, et il devait à ce titre parcourir la Guadeloupe en long et en large. On ne sait quand exactement Sosso Pé-en-Kin est arrivé à Paris, probablement peu avant d’enregistrer ses premiers disques avec l’orchestre du Bal Blomet en 1936. Toujours est-il qu’il était bien connu de ses compatriotes avec des compositions plutôt originales. À la manière d’un griot créole, il a tenu pour la musique guadeloupéenne la même place qu’Orphélien vis-à-vis de la Martinique. Leurs voix et leurs styles, empreints d’une certaine rusticité, sont d’ailleurs très voisins. À partir de 1937, Sosso Pé-en-Kin produisit plus d’une dizaine de disques comme chef d’orchestre, signant dès lors ses compositions de son nom. Quelques titres sont chantés par “Miss Darling” alias Darling Légitimus (1907-1999) née au Carbet à la Martinique. Elle épousa le fils Victor (1903-1982) du député guadeloupéen Hégésippe Légitimus (1868-1944) et fit une carrière remarquée au cinéma et au théâtre. Elle avait débuté comme danseuse aux côtés de Joséphine Baker dans la Revue Nègre en 1925. Sosso Pé-en-Kin est décédé en 1940 des suites de graves blessures au début de la seconde guerre mondiale.
Le mystère du “Bal Bill Amour”, mentionné sur les étiquettes des disques enregistrés chez Polydor par Pé-en-Kin le 24 février 1939, est aujourd’hui résolu. C’est Alphonso lui-même qui nous en apporte la réponse dans une interview radiophonique réalisée par Gilles Sala à l’occasion de la première réédition des œuvres de Stellio dans les années 1960. Le bal Bill Amour n’est autre que le lieu où, le samedi 15 avril 1939, le grand clarinettiste fut victime du malaise qui entraîna sa mort à l’Hôtel-Dieu après trois mois d’hospitalisation. Alphonso, pianiste de l’orchestre, fut témoin de la scène. On a cru longtemps que le drame s’était passé au Caveau de la Huchette, au n° 5 de la rue du même nom à Paris. Or c’est au n° 11, dans un bal antillais à l’existence éphémère, que Stellio joua pour cette unique soirée qui lui fut fatale. Alphonso nous révèle que le bal appartenait depuis deux mois à un danseur professionnel guadeloupéen du nom de Bill Amour. Celui-ci avait racheté l’établissement à Antoine Bouscatel (1867-1945), célèbre Auvergnat joueur de cabrette, créateur en 1903 avec l’accordéoniste Charles Péguri du premier bal musette de la rue de Lappe près de la Bastille. En 1910, l’endroit devenant mal famé, Bouscatel avait préféré s’en éloigner pour ouvrir “Le Petit Bousca” au 11 rue de la Huchette, en plein Quartier Latin. C’est au moment de prendre sa retraite début février 1939 qu’il céda son affaire à Bill Amour. Sosso Pé-en-Kin fut le premier chef d’orchestre à jouer dans ce nouveau bal antillais peu avant d’enregistrer chez Polydor. L’établissement dût très rapidement péricliter après l’accident de Stellio car les disques suivants, gravés par Pé-en-Kin en juin 1939, n’en font plus mention.
Pendant la guerre de 1939-1945, la production de musique antillaise s’arrête complètement. C’est le producteur Raymond Jouve qui relancera l’activité phonographique antillaise en 1947 avec sa petite marque de disques Music Monde. Il produira Moune de Rivel (1918-2014) et Sam Castendet (1906-1993), alors artistes de “La Canne à Sucre”, nouveau cabaret antillais de Montparnasse (réédition Frémeaux & Associés FA 051). Le 29 juillet 1947, Raymond Jouve organisa une autre séance avec le trio “Tropical Singers” de Pierre Louiss (1908-1986). Trois faces seulement furent gravées qui ne sortirent pas dans le commerce. Un pressage test de la matrice de “Vié Nèg’ Paris” nous donne une idée des arrangements vocaux que pouvait réaliser Pierre Louiss avec son petit groupe. Ce morceau donne la parole à un vieil Antillais qui regrette d’avoir quitté son pays pour venir à Paris. Il a été réarrangé par l’auteur en 1976 dans une version rééditée en 1995 par Frémeaux & Associés (FA 042).
Les progrès de l’aviation n’ont pas manqué d’inspirer la chanson populaire des Antilles. Cela commença comme on l’a vu avec les exploits de l’aéronaute américain Colby à Saint-Pierre en 1889. En Guyane, Edgar Nibul alias Samuel Lubin (1862-1948) publia en 1928 un recueil de chansons intitulé “L’Aviation en Guyane” dont deux titres sont reproduits dans les albums BIGUINE 1 et 2 (FA 007 et FA 027). Presque vingt ans plus tard, en juillet 1947, fut créée la première ligne régulière par hydravion entre la Martinique et la Métropole, événement sensationnel pour l’époque. Elle reliait en trente heures la rade de Fort-de-France à l’étang de Biscarosse avec une escale à Port-Étienne en Mauritanie. Trois appareils géants, des Latécoère 631 pourvus de six moteurs à hélice, réalisaient à tour de rôle un vol toutes les deux semaines en cabines de grand luxe. Seule une élite fortunée pouvait s’offrir ce moyen de trans­port. Air France assurait la correspondance avec les autres îles des Antilles au moyen de bimoteurs amphibies Catalina utilisant des pistes terrestres ou des plans d’eau.
Le 14 avril 1948, avec son ensemble vocal Antillana, le guitariste Marcel Misaine (1920-2009), l’un des pionniers du Groupe Folklorique Martiniquais, enregistra pour la radio de Fort-de-France une gravure unique d’une biguine intitulée “Latécoère” à la gloire de la Compagnie Air France. Hélas ! Trois mois et demi plus tard, dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1948, le “Lionel de Marmier” s’abîma en mer à 1900 km des côtes africaines, faisant 52 victimes dont on ne retrouva jamais les corps. Après cette catastrophe, première de cette ampleur, la liaison par hydravion fut abandonnée. La chanson de Marcel Misaine reste associée à cet épisode douloureux et oublié de l’Histoire antillaise. En dépit de la faiblesse technique du son, il garde aussi le souvenir de ses deux interprètes féminines, Gertrude Joss et Fifi Mauvois, dont les qualités vocales étaient connues et appréciées de toute la Martinique.
Durant les années noires de l’Occupation, le guitariste et tromboniste guadeloupéen Albert Lirvat (1916-2007) jouait du jazz à la brasserie de la Cigale à Montmartre. Après la Libération, il fit partie de l’orchestre de Sam Castendet, d’abord à la Villa d’Este puis à la Canne à Sucre. Il figure au trombone à cette occasion dans les disques antillais Music Monde de 1946 et 1949. Au cours de cette période, il rencontre Marthe Alessandini (née à Oran le 14 octobre 1913, décédée à Paris le 31 août 1979). Ils forment ensemble le duo antillais “Martinales et Alberto”. C’est en entendant Dizzy Gillespie lors de son concert historique de 1948 à la Salle Pleyel de Paris qu’Albert Lirvat imagine de donner à la biguine un regain de vitalité avec la même recette. Il adopte les harmonies modernes du jazz be-bop sur des arrangements minutieux combinant les rythmes de percussions multiples avec les cuivres et saxophones. Ces idées prendront forme à partir de 1952 dans la biguine Wabap créée avec la complicité du saxophoniste guadeloupéen Robert Mavounzy (1917-1974). Mais dès 1950 Albert Lirvat nous donne un aperçu des sonorités et des harmonies à venir. Deux très belles compositions : “Doudou pas pleurer” et “Mi belle journée” annoncent la métamorphose de la biguine originelle. Elles sont chantées en duo avec un sobre accompagnement de guitares et percussions. Elles se distinguent de plus par une introduction et une coda d’une grande recherche. Elles furent enregistrées de manière improvisée pour la marque de disques Lagriffoul à la fin d’une séance de l’orchestre d’Alphonso qui s’était terminée plus tôt que prévu.
Deux ans plus tard, Léona Gabriel reste fidèle au style traditionnel de la biguine en enregistrant des airs de sa composition et du folklore de Saint-Pierre, accompagnée par l’orchestre de Marcel Clodomir. Cette séance Philips du printemps 1952 n’eut pas lieu à Paris. Cela nous est confirmé par le pianiste de jazz Michel Sardaby qui nous indique que son père Bernard Sardaby (1887-1969), mentionné au piano sur l’étiquette du disque, n’avait pas quitté Fort-de-France. Il s’agissait très certainement d’une commande privée de Léona car son nom marital (Soïme) est imprimé dans la pâte du disque avec le numéro de matrice. Le clarinettiste Marcel Clodomir avait travaillé en 1929 au cinéma de la ville renaissante de Saint-Pierre. Le 1er mai de cette année-là, le journal “La Paix” de Fort-de-France annonçait, quatre jours après le départ de Stellio vers la Métropole, que Marcel Clodomir s’offrait à le remplacer. Celui-ci viendra s’installer à Paris à la fin des années cinquante pour y ouvrir un bal antillais nommé “Le Caraïbe” à proximité du Quartier Latin au n° 74 de la rue du Cardinal Lemoine. Il y présentait en attraction un petit orchestre féminin avec sa famille. À l’automne 1952, c’est à Paris cette fois que Léona enregistre pour la marque Saturne accompagnée d’une formation réunie par Alphonso dans laquelle, fait exceptionnel, les basses sont tenues par un tuba.
Le chanteur et compositeur Faitsalles-Vaingducs est lui aussi une figure légendaire de la chanson martiniquaise. On connaît deux disques parus sous son nom chez Philips en 1954. Homme d’origine modeste, fier et conscient de sa valeur mais meurtri dans sa sensibilité et toujours sur le qui-vive, il ne se livrait jamais et l’on sait peu de choses de sa vie. Beaucoup d’anecdotes circulent à son sujet dont il est souvent impossible de distinguer le vrai du faux. Faitsalles-Vaingducs, de son vrai nom Hubert Vindic, est né le 3 novembre 1919 de parents cultivateurs sur l’habitation Petit-Manoir dans la commune du Lamentin. Fait rarissime aux Antllles, il n’avait reçu qu’un seul prénom. On dut bien vite lui trouver un petit nom familier qui lui resta toute sa vie. Il passa son enfance au Robert, lieu de naissance de son père, où son goût de la musique s’exerça d’abord dans la pratique du pipeau. Il se fit bientôt connaître par son aptitude à composer des airs qui ne s’oublient pas et des paroles pétries de philosophie créole qu’il colportait a capella dans les rues de Fort-de-France. Ses textes à l’humour piquant, imprimés sur de minces feuillets, racontaient la vie ordinaire, dénonçaient les petits méfaits, stigmatisaient les travers de ses compatriotes pour le plus grand amusement de tous ceux qui appréciaient la sagacité et la portée moralisatrice de ses caricatures. Mais son talent lui attirait parfois aussi le ressentiment et l’hostilité définitive de certaines personnes qui se voyaient ridiculisées sur la place publique. Les dons de ce troubadour-né lui valurent de rafler les prix de la plupart des concours de chanson créole organisés à l’occasion du Carnaval. La mazurka “Menteu pani mémoi” ici rééditée remporta le grand prix du Carnaval 1954. Il est vraisemblable que cette séance Philips, comme celle de Léona Gabriel avec Clodomir, n’ait pas été enregistrée à Paris mais à Fort-de-France avec des musiciens locaux. La bande magnétique aurait ensuite été envoyée à Paris pour être gravée sur disques. Cette hypothèse s’appuie sur le fait que Faitsalles-Vaingducs est réputé avoir quitté la Martinique seulement au début des années 1960 pour fuir un mauvais sort qu’on lui aurait jeté. Par ailleurs, la qualité acoustique ne ressemble pas à celle des studios Philips de l’époque. Vers 1957, Faitsalles-Vaingducs est en outre présent dans un autre disque 78 tours réalisé en Guadeloupe par l’orchestre Jeunesse 2 pour la marque Forestal. Exilé à Paris, Faitsalles-Vaingducs y a mené une vie simple et discrète, travaillant comme gardien au Musée du Louvre puis comme guide pour les visiteurs des tours de Notre-Dame. Il repose aujourd’hui au cimetière intercommunal de la ville de Bondy où il est décédé le 12 mai 1985 à l’âge de 66 ans. Certaines de ses créations (Amélia, Anastasie…) ont traversé le temps et sont encore jouées, ressuscitées à un certain moment par l’orchestre Malavoi. Faitsalles-Vaingducs a participé en 1950 à la fondation du Centre Musical Départemental de la Martinique et il a milité pour la protection des œuvres des musiciens, aspect qui était le plus souvent totalement négligé. On ignore souvent qu’il était sociétaire de la SACEM depuis le 13 avril 1955 et que ses œuvres les plus importantes y sont déposées. Emblème de la tradition populaire, Faitsalles-Vaingducs a été honoré par la ville de Fort-de-France où une rue porte son nom dans le quartier de la Trénelle, non loin de la rue Alexandre Stellio.
Le troisième CD inaugure l’entrée de la biguine dans la modernité avec le style “Wabap” inventé par Albert Lirvat et Robert Mavounzy dans le sillage du jazz be-bop. C’est un orchestre dirigé par ce dernier qui réalise les deux premières séances. Né le 2 avril 1917 à Colon (Panama) d’une mère guadeloupéenne et d’un père panaméen, Robert Mavounzy avait fait partie de l’orchestre de Roger Fanfant avec lequel il était venu à Paris en 1937. Reparti en Guadeloupe puis revenu presque aussitôt, il était ensuite devenu un musicien de jazz apprécié, notamment durant la période de l’Occupation allemande. Après la guerre, on lui proposa même d’aller jouer aux États-Unis ce qu’il refusa. Les morceaux ici réédités sont un festival de rythme et de swing entretenu par les percussions et les riffs ardents de la section de cuivres. On se régalera à l’audition de “Guadeloupe en nous” – rare occasion d’entendre la voix de Robert Mavounzy – et des solos de percussions de “Chauffé biguine la”. À signaler encore les deux titres “Bonheu en moin pati” et “Souvenirs de mon ile” dont les mélodies furent composées par un couple de musiciens polonais férus de musique créole sous leur pseudonyme de “Aurelli et Kenn”. Lirvat en écrivit seulement les paroles. Le 3 décembre 1953, Albert Lirvat et son orchestre sont en studio pour un nouvel enregistrement de biguines wabap dont quatre faces sortiront chez Pathé sous le nom de “Martinales et Alberto”. Les deux derniers morceaux, “Docteur Dédé” et un chant de Noël tous deux composés par Al Lirvat, étaient réservés à un disque hors commerce en sou­tien d’un homme politique de la Guadeloupe. Ce disque sortira sous une marque factice “Sensia” inventée pour l’occasion. Le Docteur Dédé dont il est question n’est autre qu’Amédée Valeau (1897-1980), chirurgien dentiste recon­verti dans la politique et l’agriculture, qui fut Maire de Gourbeyre de 1932 à 1977 mais également Conseiller général et Sénateur de la Guadeloupe. Les paroles de la chanson, sur un ton badin et familier, chantent les louanges de ce maire proche de la population que personne ne veut voir partir.
Dans un précédent ouvrage (“Parfum des Îles”, FA 5080) nous avons déjà évoqué le pianiste, clarinettiste, saxophoniste Édouard Pajaniandy, né à Pointe-à-Pitre le 1er janvier 1916, décédé à Gosier le 22 janvier 2004. Il séjourna en Europe de 1945 à 1961, commençant sa carrière dans l’orchestre de Don Barreto. C’est avec son propre orchestre qu’il enregistre six de ses compositions chez Pathé en mai 1954, parmi lesquelles “Fête à la Guadeloupe” où il tient la clarinette. Revenu en Guadeloupe, il y créera dans la commune du Gosier une boîte de nuit “La Tortue” où le pianiste Alain Jean-Marie fera ses débuts de musicien professionnel.
Nous avons ouvert le présent album en janvier 1930 avec les rares notes de guitare enregistrées par Félix Valvert, et c’est avec son orchestre en 1954 que nous allons le terminer. Compte tenu de l’intérêt de ces séances, nous avons choisi de les restituer dans leur intégralité. C’est aussi l’occasion de rendre un vibrant hommage à Stella Félix, l’une des plus talentueuses interprètes féminines de la chanson antillaise. Les destins de ces deux artistes exceptionnels furent étroitement unis durant quinze années. Stella Félix, de son vrai nom Eugénie Christiane Térosiet, était née le 18 mars 1928 à Paris où ses parents martiniquais venaient juste d’arriver. Félix et Stella eurent une fille mais ne s’épousèrent point. Ils firent connaissance en mai 1948 aux Studios Francœur de Paris sur le tournage du film de Jean Delannoy “Aux Yeux du Souvenir”. Christiane Térosiet était figurante. Félix Valvert accompagnait avec son orchestre Moune de Rivel dans une scène de cabaret. En juin 1948, peu après la fin du tournage, Félix avait un contrat avec ses musiciens au “Roméo”, 71 boulevard Saint-Germain à Paris. Christiane, qui voulait devenir chanteuse, vint souvent le rencontrer. Félix lui donna des conseils et lui fit travailler sa voix. Elle commença à interpréter une ou deux chansons le soir, puis ce fut le coup de foudre. Christiane avait vingt ans, Félix en avait quarante-trois. Tous deux d’une grande beauté, jeunes, élégants, formaient un couple incomparable. Après le Roméo, Félix Valvert avait un nouvel engagement au cabaret “La Jungle” à Cannes, qui démarrait le 24 décembre 1948. Il y emmena Christiane. En vrai Pygmalion, il continua de la perfec­tionner, la fit engager et c’est là qu’elle commença sa carrière de chanteuse sous le nom de Stella Félix. Commença dès lors pour les deux artistes et leurs musiciens un parcours prestigieux dans les plus grands cabarets, hôtels et casinos de France, Suisse, Italie, Allemagne… Leur fille Isabelle naît en février 1951. À partir de 1955, pendant près de sept années, ce sera une suite de contrats et de succès incroyables dans les pays scandinaves : Danemark, Suède, Finlande, Norvège, Islande, entrecoupés de quelques retours en France. Mais les relations dans le couple, depuis le début de leur idylle, n’étaient pas de tout repos. Stella et Félix, d’éducations très différentes, avaient des personnalités affirmées qui souvent s’affrontaient, aucun des deux n’étant disposé à faire des conces­sions. En dépit de leur profond amour et de leur estime réciproque, ils finirent par se séparer en 1963. Cette date correspond aussi au déclin historique de l’activité des orches­tres de danse et de variétés pour des raisons essentiellement économiques. Stella fera encore quelques prestations de musique antillaise pour Barel Coppet, Alphonso et Luis Angel. Le 30 août 1969, on peut la voir et l’entendre dans l’émission télévisée “Pulsa­tions” de Gésip Légitimus. Plus tard, elle se retirera dans le Bas Quercy où elle est décédée à Moissac le 25 janvier 2011. Jusqu’en 1968, Félix Valvert continuera de diriger une formation antillaise au Lido de Schœlcher puis au Cap Est à la Martinique avec Robert Mommarché, Lionel Louise, Solon Gonçalves, avant de repartir définitivement en Guadeloupe pour y prendre sa retraite en octobre 1969. Il y terminera sa vie à Basse-Terre le 3 novembre 1995, âgé de quatre-vingt-dix ans.
Les deux séances Pathé de mars et juillet 1954, six ans après la rencontre de Félix et Christiane, se placent à un moment où l’harmonie créative entre les deux artistes était complète. Elles marquent aussi le retour de Félix Valvert à la biguine car celui-ci, par choix personnel depuis la séance Inovat de 1930, avait enregistré une multitude de disques mais uniquement de musique cubaine ou sud-américaine. Il écrivit pour Stella des paroles créoles remplies d’humour et d’optimisme sur des mélodies originales d’une grande musicalité. C’est aussi l’une des rares fois où l’on peut entendre Félix Valvert à la clarinette de manière aussi présente. Il témoigne d’une aisance et d’une expressivité captivantes. Sa sonorité puissante et incisive, l’impulsion et la vibration de ses phrasés impriment à ses solos un entrain irrésistible.
Quant à Stella Félix, on est saisi dès la première note par la limpidité, la résonance intime et bouleversante de sa voix dont le timbre éclatant est nimbé d’un voile délicat. Un vibrato tout juste perceptible renforce l’émotion prégnante qui s’en dégage. C’est une voix sans pareille, servie par une diction impeccable et une justesse sans faille. Quand on sait que la femme qui portait ce trésor avait de plus une aura, une distinction et un physique éblouissants, on imagine la magie qui envoûtait le public.
Ces enregistrements nous apportent enfin les toutes premières prestations vocales de Gérard La Viny (1933-2009), âgé de 21 ans, qui deviendra comme on le sait un ambas­sadeur de premier ordre de la musique des Antilles. Stella Félix venait souvent dîner au restaurant “La Créole”, 22 rue Cambacérès, dont la patronne Lilian Harley était son amie. C’est là qu’elle avait découvert Gérard La Viny jeune étudiant qui, pour créer l’ambiance et gagner son argent de poche, faisait découvrir la chanson créole en s’accompagnant de sa guitare. Gérard raconte que Stella ne pouvait résister au plaisir de se joindre à lui pour chanter à deux voix devant les clients enthou­siastes. Quand se présenta l’occasion de faire de nouveaux disques, elle proposa aussitôt à Gérard d’y participer.
La biguine “Tiburcia”, composition de Félix Valvert, est dédiée à sa sœur cadette que sa mère Isabelle Morty avait eue de son second mari et que Félix avait en grande affection. “Déception” est une reprise du morceau déjà enregistré par Moune de Rivel en février 1944 avec l’orchestre du Hot-Club Colonial (Biguine Vol. 3, FA 5110). Parmi les titres les plus drôles, deux furent écrits en collaboration avec Gérard La Viny. La séance se conclut en apothéose par le magnifique “Hommage à Victor Schœlcher”, véritable hymne antillais pour célébrer la liberté, aux paroles nobles et inspirées. L’arrangement musical à trois trombones confère une grande solennité à cette interprétation qui s’achève sur les premières notes de La Marseillaise, en un subtil et savoureux clin d’œil à l’emblème de la République.

Jean-Pierre MEUNIER

Bibliographie  :     
Félix Valvert, le Roi de la Rumba, par Isabelle de Valvert, éd. New Legend, 2001.

1. Près de 250 heures d’interviews d’où sont tirées les données biographiques et discographiques publiées depuis 1993 par Frémeaux & Associés


© frémeaux & associés,
groupe frémeaux colombini sa, 2016
Très vifs remerciements à :    
Archives Nationales de l’Outre-Mer (ANOM), Roger Collat, Paul Cordonnié, Krysian Dahomay, Faitsalles-Vaingducs, Claudine Gabriel des Bordes, Christophe Hénault, Thomas Henry, Patrick Jean-Alphonse, Pierre Larotte, Gérard La Viny, Monique et Élodie Lavaud, Albert Lirvat, Éliane Louise, René Léopold, Jean Meysonnier, Daniel Misaine, Roland Paterne, Roland Pierre-Charles, Gérard Roig, la SACEM, Gilles Sala, Michel Sardaby, Nicole Seifert, Félix Valvert, Jonathan Ward.



BIGUINE  Vol. 4
(1930-1954)


We have no option but to begin this fourth volume, dedicated to the pioneers of biguine in Paris, by drawing your attention to a magnificent book by Alain Boulanger, John Cowley and Marc Monneraye that was published in November 2014 (Bear Family.) Under the title “Creole Music of the French West Indies”, this historical essay by John Cowley contains many illustrations, documents and references, and today it is the most exhaustive study of the biguine available. Lovingly handed down to us, refined and enhanced over the years, biguine has today taken on a new dimension as “The Black classical music of the French West Indies”, in the same way as jazz is that of The United States.
The present set introduces 66 new recordings, most of them either previously unreleased or else no longer commonly available. We renew our invitation to collectors everywhere who may still have unissued 78rpm Creole recordings in their possession, for them to contact us via the fremeaux.com website; we hope our attempts to safeguard the musical memory of the French West Indies will not remain an isolated initiative, but be the effort of a whole community motivated by the same ideal of sharing sound-resources.
In more or less chronological order, the present selection opens in early 1930 with the “Creol’s Band”, a group composed mainly of members
of the “Bal Blomet” house-orchestra, here led by Félix Valvert (1905-1995) from Guadeloupe. As already seen from the first Biguine set (FA 007), this is genuinely one of the first Caribbean records in the style called “jazz-hot”. The biguine “Ninon” is the famous composition by Joseph Brisacier from Marie-Galante, who took advantage of his Parisian visit in October 1925 to have an anthology printed at his own expense; it contained five of his works dedicated to this same “Ninon”.
Led from April 1930 to November 1931 by Ernest Léardée (1896-1988), the orchestra known as the “Creol’s Band of the celebrated Bal Colonial on rue Blomet” recorded twenty sides for record-producer Francis Salabert. The biguine “Belle Couli y a” appears in the collection of ten Creole biguines for piano published in 1931 as the work of two authors, Léardée and Salabert. John Cowley tells us that this is a Trinidadian calypso that had already been recorded for the Victor label in Port-of-Spain (in September 1914) by the J. Resigna orchestra.
The title “Bossu a”, another old song from Saint-Pierre, was regularly played at the Bal Blomet to accompany dancer Félix Ardinet’s biguine exhibitions; Ardinet, known as “Bam Bam”, was born in Fort-de-France on June 11, 1900, and died in Paris on September 7, 1950. The filmmaker Jean Grémillon also yielded to the biguine craze when he included a Caribbean dance scene in his first “talkie” made in 1930, “La Petite Lise. He hired Ernest Léardée and his musicians with a troupe of extras, and the Bal Nègre was recreated at the film-studios in Joinville-le-Pont. The name of the person in the role of “Bam Bam” — executing his famous dance, complete with top hat, tails, white gloves and knob-handle cane — doesn’t appear in the talkie’s credits. Ernest Léardée, who conducted the orchestra during filming, always used to say it was Félix Ardinet. Specialist sites on the Internet, however, attribute the role to Joe Alex, a former partner of Josephine Baker in the 1925 Revue Nègre. This is obviously a mistake.
The biguine “Doudou cé vous” sung in November 1930 by Guadeloupe songstress “Mlle Armelin” (1906-2003) is the work of Gilbert de Chambertrand (1890-1983), a poet, short-story writer and playwright from Guadeloupe, with music by Savinien Léogane. The other biguine “Doudou moin dans bras moin” appears in the anthology of Martinique’s “Carnaval de Saint-Pierre” published by Victor Coridun in 1929; but Fernande de Virel copyrighted it at SACEM in 1945 with the title “Tant pis pou ça”. Guy Armelin, Ena Armelin’s sister, made a name in shows and dances under the name “Yaya Sapotille” before appearing as “Rama Tahé” on cinema screens in 1930.
“Belle Belle” is the sixth and last title that completes the series of recordings by Paul Delvi already reissued by Frémeaux & Associés. Paul Louis César Delvi was born on May 23, 1895 in Grand’Rivière, a borough at the northern tip of Martinique. He died in Paris (October 26, 1978) aged 83, and, apart from his performances of Creole music, he often worked with American jazz musicians. In the summer of 1930 he was to be found in Berlin alongside “Sidney Bechet and his Newyorkers”; he was there to record the soundtrack of a German film entitled “Einbrecher”.
In 1932, singer and dancer Nelly Lungla appeared in cabaret at “La Boule Blanche” in Montparnasse. She wrote the lyrics for the biguine “Les deux Antillaises”, which has music by drummer Maurice Banguio (b. Fort-de-France 9/04/1905, d. Paris 27/12/1965). Her song relates the story of two young Creole girls who come to try their luck in Paris. Nelly had two elder sisters (sometimes presented as rivals of Josephine Baker) who met with some success as the “Lungla Sisters” in music halls of the Twenties. Nelly continued to appear in clubs with songs and shows of Caribbean quadrille dancing until her death in Paris on February 4, 1984.
Léona Gabriel (1891-1971) became known when she sang with the ensemble of the clarinettist Stellio throughout the Exposition Coloniale held in 1931. In July 1932 she could be heard (as “Mlle Estrella”) with the orchestra led by another clarinettist, Alexandre Kindou, before joining the band at “La Boule Blanche” led by the Martinique bassist and banjo-player Robert Roch. Kindou had immigrated to Guadeloupe after originally being from French Guiana and he recorded this session with another Guyanese, Henri Volmar, during a two-year stay in Paris.
The Guadeloupe orchestra of the Martial brothers came to Paris in November 1931 with the Martinique clarinettist Maurice Noiran (1914-1978). They worked for a time at the Élan Noir, Ernest Léardée’s club, and did several record-sessions for Parlophone and Sonabel. The biguine “Pour mettre un peu d’entrain” is taken from the operetta “Un Soir de Réveillon”, which was premiered at the Bouffes-Parisiens Theatre in Paris in November 1932.
Clarinettist Eugène Delouche from Martinique (1909-1975) was Stellio’s leading disciple. At first very close to the characteristics of his model, he slowly moved on to create an original style featured in his work with guitarist Pollo Malahel (1896-1976) and pianist René Léopold (1909-1996).
In Paris of the Thirties, biguine’s competitor was the Cuban rumba made popular by guitarist Emilio Barreto (1909-1997) and the Castellanos brothers. The two dance forms had to cohabit in order to satisfy the fans of both genres, and it wasn’t rare to hear orchestras with musicians from both Cuba and the Caribbean, the latter not only from the French Antilles, but also from Trinidad, Haiti etc. This was the case with Filiberto Rico and his “Creole Band”, which recorded two compositions by Abel Beauregard from Guadeloupe (“Élisa” and “Ça moin aimé”). The Martinique drummer/singer known as Orphélien (1902-1974) often appeared with versatile groups like these, playing jazz, biguines and rumbas.
When Léardée left the Bal Blomet at the end of December 1931 to manage the Élan Noir situated at 124 boulevard Montparnasse, he was replaced by a band that included clarinettist Maurice Noiran and pianist Louis Jean-Alphonse (b. August 3, 1905 in Fort-de-France.) In the early Twenties the latter had gone to Paris to study law but soon preferred music, playing piano with Stellio and Castendet, and then working at the Bal Blomet with Michel Berté, Sosso Pé-en-Kin et al. In the post-war years he made a name for himself (under the pseudonym “Alphonso”) with an impressive number of recordings to his credit. He died in Férolles-Attily (January 6, 1981) at the age of 75.
Marie Eustasie Didier was born on March 29, 1890 in Toulon, where her father (born in Martinique) was a French Navy officer. In 1910 she was awarded Second Prize for Violin at the Paris Conservatoire, where she also studied singing and composition. She discovered Martinique only shortly before the Great War, and at once she developed a passion for the music and folk traditions of her parents’ homeland. For several years she taught music at a young girls’ boarding school in Fort-de-France, where in 1921 she married the engineer Marcel Almaby and soon returned to Paris with him. Under the name Maïotte Almaby she became a celebrated classical violinist and singer, taking part in many artistic events and gala concerts; she was admitted to rights’ society SACEM as a participating member on January 23, 1929. For 12 months — September 1934 to September 1935 — she sang every night at the Casino de Paris in the great musical revue “Parade de France”. Maïotte Almaby was made a Chevalier of the Légion d’Honneur in 1937, two years before she died in Paris on June 17, 1939. Mme Almaby didn’t record only Creole music, and her work includes personal creations and adaptations of traditional folk pieces. The biguine “Colby” is a comic song from the Saint-Pierre period on the subject of aeronaut Baimbridge Colby’s balloon ascent of 1889.
Composer, singer and conductor Sosso Pé-en-Kin was born on May 13, 1902 in Pointe-à-Pitre on Guadeloupe, where his father drove a postal vehicle. He arrived in Paris towards 1935, shortly before making his first records with the Bal Blomet orchestra in 1936. In the music of Guadeloupe he was like a Creole griot, playing the same role as Orphélien had for music in Martinique. Their voices had a strong, rustic stamp and they were very similar in style. Early in 1939, the orchestra of Sosso Pé-en-Kin appeared at number 11, rue de la Huchette, the site of a former musette dance hall (“Le Petit Bousca”) and an establishment later converted into a Caribbean “Bal” by Bill Amour from Guadeloupe. It was at the same location that the famous Stellio suffered a stroke on April 15, 1939; he died after three months in hospital. Sosso Pé-en-Kin lived until 1940 when he succumbed to the severe injuries he received at the beginning of the Second World War.
During the Occupation of France by the Germans from 1940 to 1944, French Caribbean music marked time while its musicians turned
into jazzmen. New biguine productions on record picked up again only in 1947, for the Music Monde imprint. Taking his “Tropical Singers” into the studios in July 1947, the guitarist, trumpeter and singer from Martinique named Pierre Louiss (1908-1986) did a session for Music Monde but the recordings were not released. The “Vié Nèg’ Paris” is taken from that session.
Progress in aviation couldn’t fail to inspire popular songwriters in the Caribbean, beginning with the exploits of the above-mentioned flyer Baimbridge Colby over Saint-Pierre in 1889. In French Guiana, Edgar Nibul (alias Samuel Lubin, 1862-1948) published a song collection in 1928 entitled “L’Aviation en Guyane”, and in July 1947 the first regular airline between France and Martinique was inaugurated by a Latécoère 631 transatlantic flying boat. For the occasion, the guitarist Marcel Misaine (1920-2009), a member of the pioneering Groupe Folklorique Martiniquais, composed a biguine entitled “Latécoère” in tribute to the glorious “Compagnie Air France”. It was recorded at the Fort-de-France radio station on April 14, 1948 with his vocal group Antillana. Unfortunately, however, three and a half months later (in the night of July 31 – August 1, 1948), the “Lionel de Marmier” was lost at sea some twelve hundred miles from the coast of Africa, with the loss of 52 lives. The bodies were never recovered. Marcel Misaine’s song is associated with that painful episode in Antilles history, forgotten except for the voices of its two female performers, Gertrude Joss and Fifi Mauvois, whose vocal talents were appreciated throughout Martinique.
In 1950 Albert Lirvat gave us a foretaste of the sounds and harmonies that would soon give birth to the “Wabap” style. Two very beautiful compositions, “Doudou pas pleurer” and “Mi belle journée” herald the metamorphosis of seminal biguine, and they stand out for their savant introductions and codas; they are sung in duet, accompanied soberly by a guitar and percussion.
Two years later Léona Gabriel was still faithful to the traditional biguine style when she recorded songs of her own composition and some Saint-Pierre folksongs together with Marcel Clodomir and his orchestra. From 1929 on, this clarinettist found popularity after Stellio’s departure. The orchestra’s pianist here is Bernard Sardaby (1887-1969), the father of the famous jazz pianist Michel Sardaby. Marcel Clodomir would go to Paris at the end of the Fifties and open a Caribbean music hall called “Le Caraïbe” right next to the Latin Quarter, at 74 rue du Cardinal Lemoine where one of the attractions was a small, all-female orchestra comprised of members of his own family.
The singer and composer Faitsalles-Vaingducs is also a legendary figure in the songs of Martinique. His real name was Hubert Vindic, and he was born into a farming family on November 3, 1919 in the town of Le Lamentin. He first showed a taste for music by playing a recorder, and soon made a name thanks to his compositions — songs with easy-to-remember melodies and spiky, humorous lyrics —, which he hawked in the streets of Fort-de-France. Thanks to his gifts, this troubadour won most of the Creole song contests organized at Martinique’s carnivals. The mazurka “Menteu pani mémoi” won the Grand Prix there in 1954. This Philips session was probably recorded in Fort-de-France, since Faitsalles-Vaingducs is said to have left Martinique only in the early Sixties, when he fled from the curse alleged to have been cast on him. In exile in Paris, Faitsalles-Vaingducs lived modestly and discreetly, working as a museum attendant at the Louvre and then as a tourist-guide at Notre-Dame. He died in Bondy on May 12, 1985 at the age of 66. Faitsalles-Vaingducs was a symbol of popular tradition, and the town of Fort-de-France honoured him by giving his name to one of its streets.
The third CD inaugurates the entry of biguine into modern music with the “Wabap” style developed by Albert Lirvat and Robert Mavounzy, coming in the wake of “bebop” jazz. An orchestra led by Mavounzy plays on both these sessions. Born on April 2, 1917 in Colon, Panama (his mother was from Guadeloupe and his father from Panama), Mavounzy had been with the orchestra of Roger Fanfant, with which he went to Paris in 1937. After going back to Guadeloupe almost at once (only to return to Paris immediately), Mavounzy became a well-respected jazz musician, especially during the Occupation. The pieces reissued in this set constitute a fireworks display of rhythm and swing backed by percussion and some vigorous riffs from the brass section. The biguine “Docteur Dédé” was recorded on December 3, 1953 by the “Martinales et Alberto” orchestra (actually Al Lirvat and his wife) under the pseudonym “Sensia”. The record was originally a “not-for-sale” disc in support of the activities of Guadeloupe politician Amédée Valeau (1897-1980), the Mayor of Gourbeyre.
A previous Frémeaux album (“Parfum des Îles”, FA 5080) already contained a reference to the pianist, clarinettist and saxophonist Édouard Pajaniandy (b. Pointe-à-Pitre, 01/01/1916, d. Le Gosier, 22/01/2004). Pajaniandy stayed in Europe from 1945 to 1961, beginning his career in the Cuban orchestra of Don Barreto, but it was with his own orchestra that he recorded six of his compositions for Pathé in May 1954, among them “Fête à la Guadeloupe” where he plays clarinet. On his return to Guadeloupe, he opened a nightclub in Le Gosier (“La Tortue”), the same club where pianist Alain Jean-Marie first played professionally.
The saxophone/clarinet player Félix Valvert recorded almost exclusively Cuban music before going back to the biguine in 1954, playing new arrangements. Three Pathé sessions, reissued here in their entirety, allow us to discover Stella Félix (real name Christiane Térosiet), one of the most fabulous performers of French Antilles songs. The destinies of these two exceptional artists — they met each other on a film-set in 1948 — were inseparably linked for fifteen years. The two of them enjoyed a prestigious career in the greatest clubs, hotels and casinos in France, Switzerland, Italy and Germany, and then they spent another seven years touring Scandinavia from Denmark to Iceland. For Stella, Valvert wrote Creole lyrics filled with humour and optimism, setting them to highly original melodies; his clarinet is capti­vating and easily expres­sive, and its sound powerful and incisive, while the impetus and vibration in Valvert’s phrasing give his solos irresistible drive. As for Stella Félix, right from the very first note the listener is gripped by the deep resonance of her exceptionally clear voice; and her overwhelming expressi­veness is served by faultless pitch. Born in Paris of Martinique parents on March 18, 1928, Térosiet/Stella Félix passed away in the Quercy region of France on January 25, 2011.
Finally we come to the very first vocal efforts of Guadeloupe singer Gérard La Viny (1933-2009). When he was 21, each evening he took his guitar and songs into the Paris restaurant “La Créole” at 22 rue Cambacérès, to create a special atmosphere and it was there that Stella Félix first met him, before he became a first-rate ambassador for Caribbean music. Two of the funniest songs here were co-written by La Viny. The session comes to a climax with the magnificent “Hommage à Victor Schoelcher”, a genuine French Antilles hymn for freedom, and it ends on the last three notes of La Marseillaise: a subtle, tastily humorous nod in the direction of an emblem of the French Republic.
Jean-Pierre MEUNIER
English translation by
Martin Davies
© frémeaux & associés,
groupe frémeaux colombini sa, 2016


CD 1 :
 1    NINON (Joseph Brisacier). Biguine    INOVAT    5132-AB
 2    TÉLÉPHONÉ ï (E. Léardée, arr. Salabert). Biguine    SALABERT    N 75049
 3    Mlle MOLINA (E. Léardée, arr. Salabert). Mazouk    SALABERT    N 75056
 4    BELLE COULI Y A (E. Léardée, arr. Salabert). Biguine    SALABERT    N 75088
 5    LA BELLE AMÉLIE (E. Léardée, arr. Salabert). Biguine    SALABERT    N 75089
 6    BOSSU A (ou LA DANSE DE BAM BAM) (E. Léardée, arr. Salabert). Biguine    SALABERT    N 75091
 7    DOUDOU CÉ VOU (S. Léogane et G. Bertrand). Biguine    ODÉON    KI 3858-2
 8    DOUDOU MOIN DANS BRAS MOIN (Folklore). Biguine    ODÉON    KI 3860-1
 9    BELLE BELLE (H. Mateo). Biguine    PARLOPHONE    138515
10    LES DEUX ANTILLAISES (Banguio-Lungla). Chanson créole    PARLOPHONE    138646
11    RÉGINA COCO (recueilli par Volmar et Kindou). Biguine    ODÉON    KI 5518-1
12    PETITE FLEUR FANÉE (arr. Gabriel). Mélopée créole    POLYDOR    5996 BKP
13    FIFI (Claude Martial). Biguine    SONABEL    50835
14    RIALTO ! SENS UNIQUE (Sylvestre). Biguine    PARLOPHONE    139055-1
15    POUR METTRE UN PEU D’ENTRAIN (Moretti, Boyer). Biguine du film “Un soir de Réveillon”    PARLOPHONE    139057-2
16    CHÉRIE (Charlery). Mazurka    ODÉON    KI 5218-1
17    BELLE DOUDOU (arr. Charlery-Delouche). Biguine    ODÉON    KI 5220-1
18    DU FEU PRIS (arr. Delouche). Biguine    ODÉON    KI 5474-1
19    POU QUATRE SOUS GROS GATEAUX (Delouche). Biguine    PATHÉ    301769 MC1
20    MATADO A (E. Delouche). Biguine    ULTRAPHONE    P 77070
21    MARIE-THÉRESE (E. Delouche). Biguine    GRAMOPHONE    OLA 1564-1
22    MISS EXPOSITION (E. Delouche). Biguine    PATHÉ    CPT 3250-1
1 : Creol’s Band, dir. Félix Valvert - Paris, janvier 1930 - Félix Valvert (g, as, dir), Robert Clais (cl),
Ernest Léardée (vln), Robert Charlery (bjo), Victor Collat (p), Bernard Zélier (batt), Crémas Orphélien (chant)
2 et 3 : Creol’s Band, du célèbre Bal Colonial de la rue Blomet - Paris, juillet 1930 - Robert Clais (cl),
Ernest Léardée (vln), Gilbert Bathuel (bjo), Victor Collat (p), Crémas Orphélien (batt, chant)
4 à 6 : Orchestre E. Léardée, du célèbre Bal Colonial de la rue Blomet - Paris, novembre 1930 -  
même formation que ci-dessus, Crémas Orphélien (batt, mirliton, chant)
7 et 8 : Mademoiselle Armelin, accompagnement de piano et guitare - Paris, 20 novembre 1930
9 : Orchestre créole Delvi - Paris, 23 octobre 1931 - Paul Delvi (batt, chant, dir), autre personnel inconnu.
10 : Nelly Lungla, avec accompagnement de piano et guitare - Paris, 27 janvier 1932
Nelly Lungla (chant), inconnu (g), Fernand Capitani “Smaël” (p).
11 : L’orchestre Guadeloupéen A. Kindou - Paris, 25 juillet 1932 - Alexandre Kindou (cl), prob. Henri Volmar (g),
inconnus (p, sillac, vcelle, batt), Léona Gabriel alias Mlle Estrella (chant).
12 : Léona Gabriel, accompagnée par l’Orchestre de la Boule Blanche - Paris, novembre 1932 -
Eugène Delouche (cl), Robert Roch (bjo, dir), Finotte Attuly (p), Maurice Banguio (batt), Léona Gabriel (chant).
13 : Orchestre Guadeloupéen Kaukira Boys - Paris, fin mars 1932 - Sylvio Siobud (as), Maurice Noiran (cl),
Gérard Colletas (vl), Claude Martial (bjo), Victor Collat (p), Sylva Martial (batt)
14 et 15 : Orchestre Créole Kaukira Boys - Paris, 15 février 1933 - Maurice Noiran (cl), Sylvio Siobud (as),
Claude Martial (bjo), René Léopold (p), Sylva Martial (batt), Norbert David (chacha), Emmanuel Lubinal (chant)
16 et 17 : Orchestre Typique Martiniquais Charlery-Delouche - Paris, 27 janvier 1932 - Eugène Delouche (cl),
Robert Charlery (g, bjo), Finotte Attuly (p), Maurice Banguio (batt), inconnu (chacha)
18 : Orchestre Typique Martiniquais, direction E. Delouche - Paris, 20 juin 1932 - Eugène Delouche (cl),
Robert Charlery (bjo), Finotte Attuly (p), Maurice Banguio (batt), inconnu (chacha)
19 : Orchestre Del’s Jazz Biguine, direction: E. Delouche - Paris, 30 décembre 1932 - Eugène Delouche (cl),
Pollo Malahel (g), prob. Benjamin Gérion (vln), Finotte Attuly (p), Maurice Banguio (batt)
20 : Orchestre Typique Martiniquais E. Delouche - Paris, octobre 1934 - Eugène Delouche (cl), Pollo Malahel,
Richard Alexis (g), inconnu (p) , prob. Robert Mommarché (batt.)
21 : Orchestre Typique Martiniquais, direction : Eugène Delouche - Paris, 26 février 1937 -
Eugène Delouche (cl), Pollo Malahel (g. solo), Richard Alexis (2e g), German Araco (cb), René Léopold (p), Robert Mommarché (batt)
22 : Orchestre Del’s Jazz Biguine, direction: E. Delouche - Paris, 29 avril 1937 - Eugène Delouche (cl),
Pollo Malahel (g. solo), R. Alexis (2e g), German Araco (cb), René Léopold (p), Robert Mommarché (batt)


CD 2 :

 1    ÉLISA (Abel Beauregard). Rumba    ULTRAPHONE    P 76320
 2    BAMBOULA (Abel Beauregard). Biguine    PATHÉ    CPT 1110-1
 3    ÇA MOIN AIMÉ (Beauregard et G. Smet). Biguine    GRAMOPHONE    OPG 1675-1
 4    DANS TROU CRAB’LA (J. Alphons, arr. Noiran). Biguine    CRISTAL    CP 1699
 5    ZÉ A COQ LA (Aljean, arr. de Maurice Noiran). Biguine    CRISTAL    RCP 1941
 6    TENTION CÉ SEPENS (Aljean, arr. de M. Noiran). Biguine    CRISTAL    RCP 1942
 7    AU TEMPS DES CARAVELLES (Maïotte Almaby). Valse    ODÉON    KI 8229-1
 8    COLBY (arr. Maïotte Almaby). Biguine de Saint-Pierre    ODÉON    KI 8230-1
 9    TELMAN GÉRARD MANGÉ (G. Bauperthuy). Biguine    POLYDOR    3466 HPP
10    ANOU ALLÉ (Miss Darling). Figure biguine    PATHÉ    CPT 4598-1
11    AUX ANTILLES À PARIS
(Miss Darling, Pé-en-kin). Mazouk    POLYDOR    4924 HPP
12    VIÉ NEG’ PARIS (Pierre Louise). Biguine    MUSIC MONDE    J 0119
13    LATÉCOÈRE (Marcel Misaine). Biguine    DUODISC    non numéroté
14    DOUDOU PAS PLEURER (Lirvat). Biguine    LAGRIFFOUL    PART 8646
15    MI BELLE JOURNÉE MIM (Lirvat). Biguine    LAGRIFFOUL    PART 8647
16    YAYA MOIN NI L’AGENT (arr. L. Gabriel). Mazouk    PHILIPS    2185 ACP
17    TONY TONY (Léona Gabriel et Alphonso). Mazurka    SATURNE    1610
18    EN NOUS MONTER (Léona Gabriel et Alphonso). Biguine    SATURNE    1611
19    MENTEU PANI MÉMOI (Faitsalles-Vaingducs). Mazurka    PHILIPS    3470 ACP
20    VAVALE EN ESTIVAL (Faitsalles-Vaingducs). Biguine    PHILIPS    3471 ACP
21    UNE FEMME OCCUPANTE (Faitsalles-Vaingducs). Mazurka    PHILIPS    3472 ACP
22    MACHAN’NE POISSONS CASE NAVI A
(Faitsalles-Vaingducs). Biguine    PHILIPS    3473 ACP

1 : Original Creole Band de la Coupole - Paris, mars 1933 – Abel Beauregard (tp, claves, chant),
Filiberto Rico (cl), Peter Wanderley (as) , Crémas Orphélien (chant), inconnus (g, cb, mcas, batt).
2 : Orchestre créole Matou - Paris, avril 1934 – Abel Beauregard (tp), prob. Denis Ancédy (cl),
Gilbert Bathuel (g), René Léopold (p), inconnus (cb, chacha), André Matou (batt), Crémas Orphélien (chant)
3 : Rico’s Creole Band - Paris, 18 juin 1934 – Abel Beauregard (tp), Filiberto Rico (cl),
prob. Gilbert Bathuel (g), inconnus (cb, pno, mcas, batt.), Crémas Orphélien (chant)
4 : Orchestre typique du Bal Blomet - Paris, septembre 1935 – Maurice Noiran (cl), prob. Gilbert Bathuel (g),
Louis Jean-Alphonse (p), prob. Hanany (batt). inconnu (tambour ka), Raymond Domiquin “Torpilleur” (voix, chacha)
5 et 6 : Orchestre Antillais du Bal Blomet - Paris, mai 1936 – Maurice Noiran (cl), prob. Gilbert Bathuel (g),
Louis Jean-Alphonse (p), prob. Aimé Costin (cb), prob. Hanany (batt). inconnu (tambour ka), Sosso Pé-en-Kin (chant)
7 et 8 : Madame Maïotte Almaby et son Orchestre des Îles - Paris, 25 novembre 1937 – Prob. Waddy (cl),
inconnus (g, mandoline, pno, batt), Maïotte Almaby (chant)
9 : Sosso Pé-en-Kin et son orchestre de folklore antillais - Paris, 11 juin 1937 – Maurice Noiran (cl),
inconnus (pno, g, cb, batt), Sosso Pé-en-Kin (chant)
10 : Sosso Pé-en-Kin et son orchestre de folklore antillais avec Berté et Guichard - Paris, 8 janvier 1939 –
Michel Berté (cl), prob. Guichard (g), inconnus (batt., ti-bois), prob. Pé-en-Kin (tambour ka), Miss Darling (chant).
11 : Sosso Pé-en-Kin et l’orchestre du bal Bill Amour - Paris, 24 février 1939 – Michel Berté (cl),
inconnus (g, batt), prob. Sosso Pé-en-Kin (tambour ka).
12 : The Tropical Singers - Trio Pierre Louiss - Paris, 29 juillet 1947 – Pierre Louiss (g, chant),
Lionel Louise (g, chant), Maurice Dobat (mcas, chant), inconnu (cb), A. Valier (p).
13 : Ensemble vocal Antillana - Fort-de-France, 14 avril 1948 – Gertrude Joss (chant), Fifi Mauvois (chant),
Marcel Misaine (g, chant),
14 et 15 : Martinales et Alberto accompagnés par Alphonso et ses rythmes- Paris, fin mars 1950 –
Martinales (chant), Albert Lirvat (g, chant), Claude Martial (g), inconnus (mcas, batt)
16 : Léona Gabriel avec l’orchestre Clodomir - Fort-de-France, vers avril 1952 – Archange Saint-Hilaire (tb),  
Marcel Clodomir (cl), Bernard Sardaby (p), inconnu (batt), Léona Gabriel (chant)
17 et 18 : Alphonso et son orchestre typique antillais - Paris, septembre 1952 – Pierre Rassin (tb),
Maurice Noiran (cl), Louis Jean-Alphonse (p), inconnus (tuba, batt), Léona Gabriel (chant)
19 à 22 : Faitsalles-Vaingducs et ses Antillais - Fort-de-France, vers avril 1954 – prob. Hurard Coppet (cl),
prob. Sully Londas (cb), inconnus (g, batt, tambour bèlè, ti-bois), Faitsalles-Vaingducs (chant)


CD 3 :

 1    C’EST OU MEME QUI L’AMOU
(Martinales et Monis, Al Lirvat). Biguine    PATHÉ    CPT 8828-21
 2    GUADELOUPE EN NOUS (Lirvat et Mavounzy). Wa-bap    PATHÉ    CPT 8832-21
 3    L’AMOU PAS KA JOUÉ (Sylvio Siobud). Wa-bap    PATHÉ    CPT 10080-21
 4    POUR LES CUISINIERES
(Mavounzy et Lirvat, arr. Lirvat). Wa-bap    PATHÉ    CPT 10081-21
 5    SOUVENIRS DE MON ILE (Lirvat, Aurelli et Kenn). Biguine    PATHÉ    CPT 10082-21
 6    BONHEU EN MOIN PATI (Lirvat, Aurelli et Kenn). Biguine    PATHÉ    CPT 10083-21
 7    EH ! OUI DOUDOU (Al Lirvat). Wa-bap    PATHÉ    CPT 10084-21
 8    CHAUFFÉ BIGUINE LA
(Mavounzy et Lirvat, arr. Lirvat). Wa-bap    PATHÉ    CPT 10085-21
 9    DOCTEUR DÉDÉ (Al Lirvat). Biguine    SENSIA    PART 19602-21
10    FÊTE À LA GUADELOUPE (E. Pajaniandy). Choro-biguine    PATHÉ    CPT 10883-21
11    PADON BONDIEU (Recueilli par F.Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10672-21
12    EN BAS LA TÈ (Recueilli par Félix Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10673-21
13    L’AGENT, TOUJOURS L’AGENT
(Félix Valvert et Gérard la Viny). Biguine    PATHÉ    CPT 10674-21
14    ANTILLES (Félix Valvert et Gérard la Viny). Biguine    PATHÉ    CPT 10675-21
15    DÉCEPTION (Félix Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10676-21
16    TIBURCIA (Félix Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10677-21
17    HEP ! OUAP ! OUOP ! (Al Lirvat). Biguine    PATHÉ    CPT 10931-21
18    BIGUINE TOUJOU (F. Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10932-21
19    MOIN BOUSOIN AN FEMME (Félix Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10933-21
20    CONVERSATION 54 (Félix Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10934-21
21    MOIN AIMÉ VOUS QUAND MEME (Félix Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10986-21
22    “1848” HOMMAGE ANTILLAIS A VICTOR SCHOELCHER.
(Félix Valvert). Biguine    PATHÉ    CPT 10987-21

1 et 2 : Robert MAVOUNZY et son orchestre WA-BAP - Paris, 2 avril 1952 - Albert Lirvat (tb),
Henri Reynaud (tp-2), inconnu (tp-2), Robert Mavounzy (cl-1, as-2, chant-2), Vincent Ricler (g),
Claude Martial (p), Pierre Renay (cb), inconnu (batt), Martinales et Alberto (chant-1)
3 à 8 : Robert MAVOUNZY et son orchestre antillais - Paris, 8 octobre 1953 - Albert Lirvat (tb),
Henri Reynaud (tp), inconnu (tp), Robert Mavounzy (cl, as), Sylvio siobud (cl, ts), Claude Martial (p),
Pierre Renay (cb), inconnus (batt, tumba, maracas), Martinales et Alberto (chant)
9 : Orchestre antillais SENSIA - Paris, 3 décembre 1953 - Albert Lirvat (tb, chant), Maurice Noiran (cl),
Claude Martial (p), Pierre Renay (cb), inconnus (batt, tumba, maracas)
10 : Édouard PAJANIANDY et son orchestre antillais - Paris, 18 mai 1954 –
Édouard Pajaniandy (cl), inconnus (tp, as, pno, b, batt, chacha)
11 à 16 : Félix VALVERT et son orchestre antillais - Paris, 31 mars 1954 -
Albert Lirvat, Pierre Rassin (tb), Félix Valvert (cl), Vincent Ricler (g), Claude Martial (p),
Pierre Renay (cb), Robert Mommarché (batt), Stella Félix (chant), Gérard La Viny (chant-13,14)
17 à 20 : Félix VALVERT et son orchestre antillais - Paris, 9 juillet 1954 - Albert Lirvat, Pierre Rassin,
Sidney Fall (tb), Félix Valvert (cl), Vincent Ricler (g), Marcelle Troubadour (p), Paul Lude (cb),
Robert Mommarché (batt), Stella Félix (chant), Martinales (chant-17), Gérard La Viny (chant-19)
21 et 22 : Félix VALVERT et son orchestre antillais - Paris, 18 juillet 1954 –
Même formation que ci-dessus, Stella Félix (chant), Gérard La Viny (chant-21)
Nota : “Martinales et Alberto” désignent Marthe Alessandrini et Albert Lirvat dans les parties chantées






EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Ninon03'04
02 Telephoné-I02'36
03 Mademoiselle Molina02'54
04 Belle Couli y a03'19
05 La Belle Amélie03'18
06 Bossu a (Danse de Bam Bam)03'07
07 Doudou cé vou02'57
08 Doudou moin dans bras moin02'59
09 Belle Belle02'56
10 Les deux antillaises02'50
11 Régina coco03'12
12 Petite fleur fanée03'23
13 Fifi03'01
14 Rialto ! sens unique02'59
15 Pour mettre un peu d'entrain03'02
16 Chérie03'21
17 Belle Doudou02'56
18 Du feu pris03'02
19 Pou quatre sous gros gâteaux03'10
20 Matado A03'09
21 Marie-Thérèse03'03
22 Miss Exposition03'17
CD 2
01 Elisa02'55
02 Bamboula02'40
03 Ca moin aimé02'35
04 Dans trou crab la03'05
05 Zé a coq la02'56
06 Tention ce sepens02'40
07 Au temps des caravelles02'57
08 Colby03'06
09 Telman Gérard mangé02'51
10 Anou allé03'00
11 Aux Antilles à Paris03'10
12 Vié' Neg' Paris02'26
13 Latécoère03'05
14 Doudou pas pleurer02'28
15 Mi belle journée02'51
16 Yaya moin ni l'agent03'12
17 Tony Tony03'29
18 En nous monter03'10
19 Menteu pani mémoi03'29
20 Vavale en estival03'34
21 Une femme occupante03'19
22 Machan'ne poissons case navi a03'31
CD 3
01 C'est ou même qui l'amou02'59
02 Guadeloupe en nous02'47
03 L'amou pas ka joué02'44
04 Pour les cuisinières03'18
05 Souvenirs de mon île02'47
06 Bonheu en moin pati03'03
07 Eh ! Oui Doudou02'56
08 Chauffe biguine là03'18
09 Docteur Dédé03'13
10 Fête à la Guadeloupe02'51
11 Padon Bondieu02'55
12 En bas la té03'04
13 L'agent, toujours l'agent02'42
14 Antilles02'55
15 Déception03'14
16 Tiburcia03'08
17 Hep ! Ouap ! Ouop !03'00
18 Biguine toujou02'40
19 Moin bousoin an femme02'43
20 Conversation 5402'40
21 Moin aimé vous quand même02'58
22 1848 - Hommage antillais à Victor Schoelcher02'37
« Une référence en matière d'identité culturelle » par France Musique

« Du Bal Nègre en 1930 à la biguine wabap en 1954 : les sons perdus et retrouvés de l’âge d’or de la biguine à l’époque du 78 tours. Parution de « Biguine, Vol 4 » chez Frémeaux, admirablement conçu par Jean-Pierre Meunier (pianiste classique, archéologue et historien de musique traditionnelle antillo-guyanaise, collectionneur de disques, de partitions, de photos et de commentaires de musiciens des îles, éditeur de cette musique). C’est en jouant du jazz avec des Américains que vont débuter les premiers musiciens antillais à Paris. Albert Refurt sera engagé dans le "Savoy’s Syncops Band" du trompettiste Arthur Briggs pour une tournée en Allemagne et en Autriche en 1923. Abel Beauregard (1902-1958) et Jean Degrace feront partie de l’orchestre du trompettiste Edgar E. Thompson en 1924. Pollo Malahel (1898-1984) et André Matou (1896-1988) débuteront également avec des Américains… Tous ces musiciens ne manquent pas de travail. Royalement payés, élégamment habillés, ils jouissent d’une situation enviée et ne comptent pas leurs succès auprès de la clientèle féminine. La biguine, danse originaire des Antilles Françaises, a connu un extraordinaire engouement auprès du public parisien durant toutes les années 1930. Cette vogue de la biguine attira à Paris de nombreux musiciens antillais espérant y trouver une position sociale et une vie meilleure. Mais dès les années 1920, bon nombre de leurs compatriotes les avaient déjà précédés. Certains d’entre eux étaient d’anciens combattants de la guerre de 1914-18 établis en métropole une fois la guerre finie. D’autres étaient étudiants, militaires, travailleurs de modeste condition… qui aimaient se retrouver pour jouer de la musique ensemble. Quelques uns de ces exilés devinrent professionnels. Parmi ces musiciens de l’avant-garde antillaise à Paris figurent des Guadeloupéens : le guitariste Pollo Malahel arrivé en 1919, le guitariste et saxophoniste Félix Valvert venu en 1921, le trompettiste Abel Beauregard et le tromboniste Jean Degrace arrivés en 1924, les batteurs Albert Refurt, André Matou, Léonard Nadys, Pierre Jean-François, Christian Jean-Romain, Bernard Zélier, le guitariste Vincent Ricler… et des Martiniquais comme les batteurs Florius Notte et Paul Delvi, le clarinettiste Robert Clais ou le banjoïste Robert Charlery. (source : La Biguine à Paris par Jean-Pierre Meunier) Autres héros, le tromboniste Al Lirvat, les altistes et clarinettistes Félix Valvert, Sylvio Siobud, Robert Mavounzy, le violoniste Ernest Léardée, le pianiste Bernard Sardaby (père de Michel), le guitariste chanteur Pierre Louiss (père d’Eddy Louiss)… Le volume 4 d'un formidable travail documentaire en passe de devenir une référence en matière d'identité culturelle. Le service public assuré par le privé !
Par Alex DUTILH - FRANCE MUSIQUE




« La suite menée par le spécialiste J.P.Meunier » Par Jazz Magazine

Suite d’une anthologie menée par le spécialiste Jean-Pierre Meunier, ce triple CD nous entraîne sur des routes qui croisèrent souvent celles du jazz au voisinage du Bal Colonial de la rue Blomet, de la Coupole ou de la Cigale, etc. Les héros en sont le trompettiste Abel Beauregard, le tromboniste Al Lirvat, les altistes et clarinettistes Félix Valvert, Sylvio Siobud, Robert Mavounzy, le violoniste Ernest Léardée, le pianiste Bernard Sardaby (père de Michel), le guitariste chanteur Pierre Louiss (père d’Eddy Louiss) et bien d’autres…
Par Alfred SORDOILLET – JAZZ MAGAZINE




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