COMPLETE SISTER ROSETTA THARPE Vol 5

INTEGRALE 1953 - 1957

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FA1305

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Sa croyance était très forte. Elle ne laissait personne l’influencer. Elle croyait simplement que tout ce qu’elle faisait lui était donné par Dieu.
Ruth Brown

She was so strong in her convictions. She didn’t let nobody change her around. She just believed that what she was doing was what God had given her.
Ruth Brown

1953-1956 :
Sister Rosetta Tharpe & Marie Knight* acc. James Roots Quartet : Stand The Storm • Sing And Shout • Shadrack • Nobody's Fault (But Mine) • I'm so Glad - Marie Knight acc. Sister Rosetta Tharpe & James Roots Quartet : God Spoke To Me • Calvary • I Tell It Wherever I Go • This Old Soul Of Mine - Sister Rosetta Tharpe acc. Leroy Kirkland Orchestra : Don't Leave Me Here To Cry • What Have I Done? - Sister Rosetta Tharpe & Marie Knight With The Sy Oliver Singers acc. Sam Price Trio : Go Ahead : He Is Everything To Me • Everytime I Feel The Spirit • Look Away In The Heavenly Land • When Was Jesus Born • In Bethlehem • This Ole House - Sister Rosetta Tharpe With The Harmonizing Four acc. David Martin Quartet : Don't You Weep, O Mary Don't You Weep • I've Done Wrong • I Can Hear The Angels • Father Prepare Me -
1956-1957 :
Sister Rosetta Tharpe acc. Ernest Hayes/Doc Bagby Quintet : Two Little Fishes, Five Loaves Of Bread • All Alone • How About You • 99 1/2 Won’t Do • Precious Memories • Beams Of Heaven • When The Saints Go Marching In • Cain’t No Grave Hold My Body Down - Sister Rosetta Tharpe With The Harmonizing Four acc. Ernest Hayes/Doc Bagby Quintet : When They Ring The Golden Bells • Up Above My Head There’s Music In The Air • I Shall Know Him • Fly Away • Jericho - Sister Rosetta Tharpe : Home In The Sky • Can’t Do Wrong And Get By • Let’s Be Happy • Let It Shine -
(Apollo 1950/52) :
Didn’t It Rain, Children?

Droits : Groupe Frémeaux Colombini SAS (Intégrale Gospel)"

COMPLETE SISTER ROSETTA THARPE

INTÉGRALE SISTER ROSETTA THARPE VOL. 5
1953-1957










Deux années après son mariage en grandes pompes dont l’impact, au-delà de l’événement, ne semble pas avoir été à la hauteur des espoirs qu’il pouvait susciter, Sister Rosetta Tharpe traverse une période un peu creuse, commercialement parlant. La première depuis ses fracassants débuts quinze ans auparavant. Certes, l’année précédente, les portes des studios de Nashville(1) lui ont été ouvertes, et son duo avec le chanteur Red Foley l’a fait connaître dans un milieu, celui de la country music, où les artistes de couleur n’entrent pas facilement. Mais à côté du symbolisme de la rencontre – un duo mixte noir et blanc n’était pas courant à l’époque –, il n’y avait pas grand-chose à espérer musicalement de l’association. D’ailleurs, compte tenu de l’insuccès commercial du disque, les auditeurs, quel qu’ils soient, ne s’y sont pas retrouvés. Ceci dit, guitare en bandoulière, Sister Rosetta Tharpe continue à électriser le public qu’elle rassemble, partout où elle va porter la bonne parole, des petites églises jusqu’aux grands music-halls. Elle est souvent accompagnée par sa consœur Marie Knight dont la carrière suit à peu près le même profil. Elles participent ensemble, entre autres, à un grand concert au Booker T. Washington Auditorium de la Nouvelle-Orléans. Toujours associées pour le meilleur, les deux chanteuses se retrouvent une fois de plus en studio au mois d’octobre 1953. Ensemble et alternativement, elles enregistrent une dizaine de titres de haut niveau(2). Notons en particulier, deux pièces enlevées et exubérantes, Stand The Storm et Shadrack, au swing contagieux. Le jeu de guitare de Rosetta, bluesy à souhait, se remarque particulièrement dans I’m So Glad et dans Sing And Shout où la chanteuse dialogue cette fois avec elle-même. Fait exceptionnel, Rosetta Tharpe aurait joué de la guitare durant les interprétations chantées par Marie Knight seule. Or, à l’audition des quatre faces, la présence de l’instrument n’est guère audible ; tout juste peut-on deviner, parfois, un sobre accompagnement en accords. Malgré une écoute attentive en studio, nous n’avons pu trancher et avons opté pour une présence possible et discrète qui nous permet de proposer ces quatre morceaux aux auditeurs que nous espérons indulgents. En effet, sans parler de leur rareté, ils sont d’une qualité telle qu’il aurait été un peu dommage de les écarter, Marie Knight étant alors vocalement à son sommet. Dans le doute, ne nous abstenons pas !.. Pour relancer sa carrière phonographique qui, malgré tout, ne redécolle pas, les producteurs de chez Decca tentent un coup : réintroduire la chanteuse dans le circuit séculier du Rhythm & Blues. Pour avoir suivi autrefois les démêlés de la chanteuse avec les autorités religieuses, du temps où elle triomphait sur les grandes scènes du jazz et de l’entertainment, considérons que le coup était risqué. Rosetta avait renoncé depuis des années à interpréter un répertoire profane. Sous la houlette de Leroy Kirkland, un arrangeur et chef d’orchestre noir réputé et particulièrement actif dans les studios new-yorkais, elle grave donc quelques chansons(3) à la mode R&B, mais qui, nonobstant l’accompagnement musical, le rythme plus appuyé et les paroles bien sûr, ne tranchent guère avec sa manière habituelle. De toutes façons, cette ouverture “risquée“ se referme vite pour la bonne et simple raison que le disque édité (en 78 et 45 tours), pourtant bien promu et édité dans les popular series, ne rencontre guère le succès. Malgré tout, Rosetta et Marie Knight mettent à leur programme leurs chansons profanes. Durant leurs tournées communes en 1954 et 1955, elles sont parfois rejointes par la chanteuse Sister Wynona Carr, qui eut quelques succès dans le Gospel au début des années 50(4) mais qui va, elle aussi, franchir le pas vers le rhtyhm and blues, et ce définitivement en 1956.

En été 1954, Sister Rosetta Tharpe retrouve, pour la première fois depuis trois ans et demi en studio, son vieux partenaire Sammy Price avec qui elle a toujours eu des rapports houleux. Ce qui n’a pas empêché la chanteuse de réaliser avec ce maître pianiste quelques-uns de ses meilleurs disques. Elle revient vers les gospel songs avec quatre pièces superbes dont un Go Ahead, rempli de soul, une reprise d’un thème des Swan Silvertones. Les trois autres morceaux, sur des tempos rapides, comprennent de nombreux chorus de guitare, et Look Away est chanté en duo avec Marie Knight. Cette séance est la dernière où l’on peut entendre les deux chanteuses ensemble. C’est aussi l’ultime fois où Sammy Price accompagnera Rosetta. Laquelle, posant son instrument, chante trois thèmes traditionnels en compagnie d’un chœur dirigé par Sy Oliver. Deux titres sont allègrement enlevés, avec des solos de Price et de l’organiste Marlowe Morris, la troisième, In Bethlehem, est une spiritual waltz un peu grandiloquente. Ces interprétations sont sans doute orientées vers un nouveau public, blanc, qui commence à découvrir Rosetta Tharpe au moment même où sa popularité faiblit auprès de sa communauté. Paradoxe apparent maintes fois soulevé et vérifié auprès de nombreux artistes afro-américains durant cette décennie de tous les changements. En effet, une nouvelle génération apparaît aux Etats-Unis, ce qui se traduit, sur le “marché”, par de profondes mutations. Le rock ‘n’ roll est en train de pointer le bout de son nez, et une sorte de “jeunisme” s’empare des nouveaux consommateurs, les teenagers. Ceux-ci, aussi bien Noirs que Blancs, s’entichent des vedettes poussées comme des champignons qui ont le même âge que leur public. (On constate, cinquante ans plus tard, que le phénomène a persisté). Exit les stars du R&B, du Gospel, de la Country qui ont l’âge de papa et de maman. Où celles-ci s’adaptent, modifient leur style ou changent de circuit musical en recherchant d’autres publics, où elles disparaissent corps et bien. Le circuit du jazz, celui de la pop music (la grande variété américaine), et un nouveau cercle d’amateurs, essentiellement blancs, universitaires, cultivés et libéraux, prennent le relais d’une société noire qui, à l’aube des grands mouvements de revendication des droits civiques, cherche à couper avec ses racines qu’elle juge humiliantes et trop liées à la ségrégation raciale. Dans le domaine de la musique sacrée, Mahalia Jackson vient de montrer la voie en signant avec Columbia, major company qui lui offre des ouvertures insoupçonnées(5). Un passage des deux chanteuses (Rosetta et Marie) au Village Vanguard, le célèbre club de New York, en février 1955, est signalé dans le magazine Variety ; un concert « From Spirituals to Swing » organisé par John Hammond, et où se produit Rosetta, fait l’objet d’un compte-rendu du critique Nat Hentoff dans Down Beat. Le nom de Sister Rosetta Tharpe commence donc à circuler parmi ces nouveaux publics, et jusqu’en Europe où, en mai 1956 dans la revue Jazz Hot (N°110), Jacques Demêtre écrit le premier article important consacré en France à cette chanteuse dont le nom n’était alors connu que d’une poignée d’amateurs éclairés(6). C’est durant cette même année, en février, que Rosetta franchit pour la dernière fois les portes des studios Decca sur la West 50nd Street où elle n’a pas mis les pieds depuis un an et demi. L’heure est arrivée où son contrat expire avec la maison de disques qui a accompagné toute sa carrière depuis 1938. Elle retrouve, en la circonstance, ses amis de Richmond, les Harmonizing Four, alors sur les pentes de l’ascension. Dans ces quatre morceaux de fort bonne tenue, l’excellent guitariste Everett Barksdale intervient fort à propos.

L’excellent quartette vocal des Harmonizing Four est à nouveau convoqué quelques mois plus tard à l’occasion des débuts de Sister Rosetta Tharpe chez Mercury. Car, après Marie Knight qui l’a précédé en studio au mois de mai, la chanteuse vient de signer avec cette maison de Chicago, fondée en 1946, qui produit des artistes renommés comme Dinah Washington. Vedette de la marque, le “Reine” obtient d’excellents résultats auprès d’un large public tout en maintenant une base solide auprès de la communauté noire(7). Mercury vient égale­ment, l’année précédente, de décrocher le jack pot avec Only You des Platters qu’ils venaient d’engager. Avec Rosetta Tharpe, Mercury opère un peu de la même façon que Columbia avec Mahalia Jackson : les producteurs lui font réenregistrer quelques-uns de ses plus grands succès en vue de les réunir sur un album 33 tours, et toucher ainsi une clientèle qui n’a jamais acheté ses anciens 78 tours Decca. Rosetta est entourée d’un excellent combo jazzy qui comprend quelques piliers des studios new-yorkais ; se distinguent particulièrement l’organiste Doc Bagby et Ernest Richardson qui tisse de beaux contre-chants à la guitare. L’autre guitare est tenue bien en mains par Rosetta elle-même qui s’offre quelques bonnes interventions sur les morceaux up-tempo comme When The Saints Go Marching In ou Up Above My Head dans lequel la grande basse Jimmy Jones, fraîchement entrée chez les Harmonizing Four, intervient en lead vocal. Sur les treize plages mises sur bande durant cette session de deux jours, seul When The Saints est écarté de l’album intitulé « Gospel Train ». Il ne sera publié qu’en 45 tours, jumelé avec Cain’t No Grave Hold My Body Down, tiré lui de l’album.
Après cet éventail de morceaux choisis, Rosetta va participer à deux autres séances où son chant va s’inscrire sur des rythmes parfois “actualisés” ; ainsi Let’s Be Happy est chanté sur un rythme de boléro. Mais la chanteuse-guitariste retrouve son meilleur niveau dans les pièces plus échevelées comme Can’t Do Wrong And Get By et le traditionnel Let It Shine. Quatre titres sont enregistrés en octobre 1956, quatre autres en juin 1957(8). La chanteuse n’a pas perdu la foi ! Et pourtant, à ce moment même, elle connaît de sérieux soucis financiers dont son mari Russell Morrison, du genre dépensier, n’est peut-être pas le moindre responsable. Elle doit alors vendre sa maison de Richmond, le bus qui lui sert pour ses déplacements, elle envisage même de divorcer… Et le couple se retrouve dans une chambre d’hôtel à Philadelphie. À cette situation pénible succède, bienheureusement, un événement qui va marquer le départ d’une nouvelle étape de son existence. Après une tournée fructueuse dans les églises et salles de concert du pays, Sister Rosetta Tharpe s’envole le 19 novembre pour l’Angleterre, pays où Mahalia Jackson n’avait été que tièdement accueillie en 1952… 
Mais avant que la suite de cette histoire nous soit contée en musique dans le prochain volume de notre intégrale, opérons un petit retour en arrière avec un document qui nous avait échappé dans la chronologie de son œuvre enregistrée : un extrait d’un passage de la chanteuse à l’Apollo de Harlem au début des années 50(9). Ce sera notre “bonus”. 
Jean BUZELIN
Auteur de Negro Spirituals & Gospel Songs, Chants d’espoir et de liberté (Éd. du Layeur/Notre Histoire, Paris 1998)
© 2008 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/Groupe Frémeaux Colombini SAS

Notes :
(1) Les enregistrements de 1952 présentés dans le Vol. 4 (FA 1304) ont été réalisés à Nashville (Tennessee) et non à New York comme indiqué dans la discographie.
2) Un titre est resté inédit : All The Good We Can Do (85397). Par ailleurs, nous avons exceptionnellement dérogé à la stricte chronologie des numéros de matrice pour ne pas commencer par I’m So Glad, Cette face usée provient du seul exemplaire connu d’un rare 78 tours que nous a prêté notre ami autrichien Daniel Gugolz.
3) Si un seul disque a été publié, il est possible que d’autres titres soient restés au fond des tiroirs. Lors de cette session, Marie Knight a également enregistré des morceaux R&B.
4) Cf. Gospel, Sisters & Divas (FA 5053).
5) Cf. Complete Mahalia Jackson Vol. 5 (FA 1315).
6) Parmi lesquels Sim Copans, Hugues Panassié et Jacques Morgantini. Par ailleurs, un 45 tours et un microsillon ont été publiés en France en 1954. Il ne faut non plus pas oublier le fait que Sister Rosetta Tharpe rencontra le public blanc dans les revues du Cotton Club, puis lors du fameux concert « From Spirituals to Swing » au Carnegie Hall en 1938 et, dans la période qui suivit, lors de ses passages au Café Society de New York.
7) Cf. Dinah Washington, The Queen (FA5209)
8) Quatre titres n’ont jamais été publiés : O Little Town Of Bethlehem (13752), So High, So Low (13753), I’m Gonna Take A Trip On That Old Ship (15353) et Honor (15355)
9) Publié in CD Let’s Have A Ball Tonight (Natasha Imports NI-4025).


Ouvrage consulté :
Gayle F. Wald, Shout, Sister, Shout ! Beacon Press, Boston 2007) ; la vie de Sister Rosetta Tharpe dont la lecture est chaudement recommandée. Nous remercions chaleureusement Daniel Gugolz (avec Hans Mainer et Fritz Mülhocker), Jacques Morgantini et Gayle Wald pour le prêt de disques 78 et 45 tours de leur collection, ainsi que Robert Laughton et François-Xavier Moulé. Photos et collections : Jazz Festival Society of America, Jean Buzelin, Jacques Morgantini, X (D.R.)

english notes
Two years after her wedding extravaganza which, apart from the event itself, does not seem to have had the hoped-for impact, Sister Rosetta Tharpe’s commercial career entered a rather slack period. The first since her sensational debut fifteen years previously. It is true that the Nashville studios(1) had opened their doors to her the previous year, and her duo with singer Red Foley had made her name in country music, a milieu where it wasn’t easy for coloured artistes to make a mark. However, apart from the symbolism inherent in this encounter – a mixed race duo was unusual at the time – there was not a great deal to hope for musically from such an association. Moreover, the record’s lack of commercial success did not attract many listeners. In spite of this, guitar slung across her shoulder, Sister Rosetta Tharpe continued to electrify her public wherever she appeared, from small churches to well known music halls. She was frequently accompanied by her co-star Marie Knight whose career followed approximately the same path. Together they took part in a big concert at the Booker T. Washington Auditorium in New Orleans and, as successfully as ever, they were both back in the recording studios in October 1953. Together and separately they cut a dozen excellent titles(2). Particularly worthy of note are two lively and exuberant pieces Stand The Storm and Shadrack that swing contagiously. Rosetta’s bluesy guitar is especially outstanding on I’m So Glad and Sing And Shout on which the singer dialogues with herself and exceptionally she appears to play guitar behind Marie Knight’s solo vocals. Even listening very carefully to these latter four sides, the guitar is barely audible but one can occasionally catch an unobtrusive chord accompaniment. In spite of further very close listening in the studio we could not be sure and so we decided that Rosetta was possibly present, albeit discreetly, and decided to include these four titles. In fact, apart from their rarity, Marie Knight is so good on them that it would have been a pity to exclude them. When in doubt don’t hesitate! In order to relaunch her recording career that was still not really taking off, Decca decided to try something new: reintroduce the singer onto the secular Rhythm & Blues circuit. We already know the problems she had had with religious bodies following her success in the jazz and entertainment field so this was more than a little risky. It was years since Rosetta had abandoned her secular repertoire. Under the direction of the well known black arranger and bandleader Leroy Kirkland, who worked regularly in the New York studios, she recorded several songs(3) in a R&B style but on which, notwithstanding the musical accompaniment, the more pronounced rhythm and of course the lyrics were very different from what she usually produced. In any case, this risky idea was soon discarded, not least as the record (on 78s and 45s), although well promoted and issued in the popular series, had little success. Nevertheless, Rosetta and Marie Knight included their secular songs in their programme. During their joint tours in 1954 and 1955 they were sometimes joined by singer Sister Wynona Carr who, after some success in Gospel during the early 50s(4), would also finally move over to rhythm and blues in 1956. In the summer of 1954, for the first time in three and a half years, Sister Rosetta Tharpe teamed up again in the studios with her old partner Sammy Price. Although their relationship had always been a tempestuous one this did not prevent her from producing some of her best records with him. She returned to Gospel with four superb titles including a soulful Go Ahead, reprised from a theme by the Swan Silverstones. The other three titles, up tempo, include numerous guitar choruses and Look Away is sung in duo with Marie Knight. This session is the last one where the two vocalists are heard together. It was also the last time Sammy Price accompanied Rosetta who, without her guitar, sings three traditional songs backed by a choir led by Sy Oliver. Two titles are slightly livelier with solos from Price and organist Marlowe Morris, while the third In Bethlehem is a somewhat grandiose spiritual waltz. It is clear that these interpretations were aimed at a new white audience that was just beginning to discover Rosetta at the very moment her popularity was fading with her own people. This seeming paradox was typical of what was happening to numerous black artistes during this decade when everything was changing. The fact that a new generation was emerging in the United States could be seen in profound market changes. Rock ‘n’ roll was making its first tentative appearance and a sort of “youth movement” took hold of teenagers who, both black and white, were becoming besotted with an increasing number of stars who were the same age as themselves. (The same phenomenon is still apparent fifty years on). Exit Rhythm & Blues, Gospel and country stars as old as their parents. Either these latter adapted, changed their styles or their musical circuits in search of new audiences or they disappeared completely. The jazz and pop music circuit, with new fans, mainly white, university educated, cultivated and liberal, took over from a black public which, with the dawn of the Civil Rights movement, wanted to cut themselves off from their roots that they saw as humiliating and too linked to racial segregation. In the field of sacred music Mahalia Jackson had already led the way by signing up with Columbia, a major company that offered undreamt of opportunities(5).

An appearance by the two vocalists (Rosetta and Marie) at the famous Village Vanguard club in New York in February 1955 was reported in the Variety magazine; a concert “From Spirituals to Swing” organised by John Hammond, featuring Rosetta, was reviewed by critic Nat Hentoff in Down Beat. Hence the name of Sister Rosetta Tharpe began to circulate among this new public, even reaching Europe where, in May 1956 in Jazz Hot (N° 110), Jacques Demêtre wrote the first significant article in France devoted to this singer whose name until then had been known by only a handful of enlightened fans(6). It was in February of the same year, after an absence of a year and a half, that Rosetta entered the Decca studios on West 50th Street for the last time. Her contract had expired with the label that had followed her entire career since 1938. On this occasion she teamed up again with her friends from Richmond, the Har­monizing Four, who were making a name in their own right. On these four well executed titles guitarist Everett Barksdale is particularly outstanding. The excellent vocal quartet of the Harmonizing Four was again present four months later for Sister Rosetta Tharpe’s debut with Mercury with whom, following Marie Knight who had joined the label in May, she had just signed a contact. This Chicago label, founded in 1946, produced well known artistes such as Dinah Washington who was their star asset. The “Queen” sold very well to a wide audience while still managing to maintain a solid following among the black community(7). The previous year Mercury had also hit the jackpot with Only You by the Platters whom they had just hired. With Rosetta Tharpe, Mercury adopted pretty much the same approach as Columbia with Mahalia Jackson: the pro­ducers made her re-record several of her biggest hits with the aim of collecting them together on an LP and thus reach a market that had never bought her old Decca 78s. Rosetta was backed by an excellent jazzy combo including some stalwarts of the New York studios: organist Doc Bagby and Ernest Richardson who weaves some beautiful counterpoint on guitar are both worthy of note. The other guitar is in the capable hands of Rosetta herself who is heard to great effect on up tempo numbers such as When The Saints Go Marching In and Up Above My Head on which the great bass Jimmy Jones, newly arrived in the Harmonizing Four, takes the vocal lead. Of the thirteen tracks cut during this session only When The Saints was omitted from the album entitled “Gospel Train”. It was only issued as a 45 with the flip side Cain’t No Grave Hold My Body Down, taken from the album. After this range of carefully chosen titles, Rosetta took part in two other sessions in which her vocals were backed by “updated” rhythms e.g. Let’s Be Happy is sung to a bolero rhythm. However she was at her best on more animated numbers such as Can’t Do Wrong And Get By and the traditional Let It Shine. Four titles were recorded in October 1956 and four more in June 1957.(8) Rosetta had not lost belief in herself although at the same time she had serious financial problems due in a large part to the extravagant tastes of her husband Russell Morrison. She was forced to sell her house in Richmond and her touring bus, she even considered divorce… and the couple ended up in a hotel in Philadelphia. Happily this difficult period was followed by a new stage in her life. Following a successful tour of America’s churches and concert halls, on 19 November Sister Rosetta Tharpe took off for England, where Mahalia Jackson had received only a lukewarm welcome in 1952 …
However, before we take up our musical story again in the next volume of out complete Sister Rosetta Tharpe, let us take a backward look at something that escaped our attention in the chronology of her recording career: an extract from her appearance at the Apollo in Harlem in the early 50s(9). We offer this as a bonus!
Adapted from the French text of Jean BUZELIN by Joyce WATERHOUSE
© 2008 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/Groupe Frémeaux Colombini SAS

Notes:
1. The 1952 recordings featured in Vol. 4 (FA 1304) were made in Nashville, Tennessee, and not in New York as indicated in the discography.
2. One title remained unissued: All The Good We Can Do (85397). Moreover, exceptionally we have changed the strict chronology of the matrix numbers in order not to begin with I’m So Glad. This worn side is the only known copy of a rare 78 lent to us by our Austrian friend Daniel Gugolz.
3. If only one record was issued it is possible that other titles remain tucked away somewhere. During this session Marie Knight also recorded some R&B numbers.
4. Cf. Gospel, Sisters & Divas (FA 5053).
5. Cf. Complete Mahalia Jackson Vol.5 (FA 1315).
6. Including Sim Copans, Hugues Panassié and Jacques Morgantini. Moreover a 45 and an LP were issued in France in 1954. Neither should it be forgotten that Sister Rosetta Tharpe encountered a white audience in the Cotton Club revues, then at the famous “From Spirituals To Swing” concert at the Carnegie Hall in 1938 and, in the period that followed, during her stints at the Café Society in New York.
7. Cf. Dinah Washington, The Queen (FA5209)
8. Four titles were never issued: O Little Town Of Bethlehem (13752), So High, So Low (13753), I’m Gonna Take A Trip On That Old Ship (15353) and Honor (15355).
9. Issued on CD Let’s Have A Ball Tonight (Natasha Imports N1-4025).


Consulted works: 
Gayle F. Wald, Shout, Sister, Shout! Beacon Press, Boston, 2997); a biography of Sister Rosetta Tharpe, strongly recommended. Special thanks to Daniel Gugolz (together with Hans Mainer and Franz Mülhocker), Jacques Morgantini and Gayle Wald for the loan of 78s and 45s from their collections, as well as Robert Laughton and François-Xavier Moulé. Photos and collections: Jazz Festival Society of America, Jean Buzelin, Jacques Morgantini, X (D.R.)

CD1
1. STAND THE STORM (R. Tharpe) 85405
2. SING AND SHOUT (R. Tharpe) 85398
3. SHADRACK (R. McGimsey) 85399
4. NOBODY'S FAULT (BUT MINE) (Trad.) 85400
5. I'M SO GLAD (Trad.) 85396A
6. GOD SPOKE TO ME (M. Knight) 85401
7. CALVARY (Trad. - adapt. M. Knight) 85402
8. I TELL IT WHEREVER I GO (M. Knight) 85403
9. THIS OLD SOUL OF MINE (M. Knight) 85404
10. DON'T LEAVE ME HERE TO CRY (L. Kirkland) 85521
11. WHAT HAVE I DONE? (Sanford - Medly) 85523
12. GO AHEAD (C. Jeter) 86626
13. HE IS EVERYTHING TO ME (R. Carmichael) 86627
14. EVERYTIME I FEEL THE SPIRIT (Trad.) 86628
15. LOOK AWAY IN THE HEAVENLY LAND (L. Lee) 86629A
16. WHEN WAS JESUS BORN (Trad. - arr. R. Tharpe) 86631A
17. IN BETHLEHEM (Trad.) 86632A
18. THIS OLE HOUSE (S. Hamblen) 86633
19. DON'T YOU WEEP, O MARY DON'T YOU WEEP (Trad. - arr. S. Lee) 89415
20. I'VE DONE WRONG (S. Lee) 89416
21. I CAN HEAR THE ANGELS (Howard) 89417
22. FATHER PREPARE ME (Howard) 89418
(1-5) Sister Rosetta Tharpe (g, vo, re-recording on 2) & Marie Knight (vo on 1, 3, 4), acc. James “Red” Roots (p), Annette Weber (org), James D. Richardson (b), Theodore Saunders (dm). New York City, October 17, 1953.
(6-9) Marie Knight (vo), James Roots (p), Annette Weber (org), poss. Sister Rosetta Tharpe (g), James D. Richardson (b), Theodore Sanders (dm). NYC, same date.
(10-11) Sister Rosetta Tharpe (vo) acc. Leroy Kirkland Orchestra : unknown (tp)(ts)(p), Leroy Kirkland (g), unknown (b)( dm). NYC, November 11 & 12, 1953.
(12-15) Sister Rosetta Tharpe (g, vo) & Marie Knight (vo on 15), acc. Sam Price Trio : Sammy Price (p), Everett Barksdale (g), Hayes Alvis (b), Terry Snyder (dm). NYC, August 4, 1954.
(16-18) Sister Rosetta Tharpe (vo), with The Sy Oliver Singers : Lois Winter, Kathleen Carnes, Lillian Clark, Steve Steck, Arthur Malvin, Ed Lindstrom, George Fisher (vo), acc. Sammy Price (p), Marlowe Morris (org), Myor Rosen (harp), Everett Barksdale (g), Hayes Alvis (b), Terry Snyder (dm), unknown (chimes on 17). NYC, same date.
(19-22) Sister Rosetta Tharpe (vo), with The Harmonizing Four of Richmond : Thomas Johnson Jr, Lonnie L. Smith (tenor vo), Joseph Williams (baritone vo), Robert Lewis (bass vo), acc. David Martin (p), Everett Barksdale (g), William “Bill” Pemberton (b), Bobby Donaldson (dm). NYC, February 23, 1956.

CD2
1. 1. TWO LITTLE FISHES, FIVE LOAVES OF BREAD (B. Hanighen) 13594
2. ALL ALONE (R. Tharpe) 13595
3. HOW ABOUT YOU? (T.A. Dorsey) 13596
4. 99 1/2 WON’T DO (Trad. - arr. R. Tharpe) 13597
5. PRECIOUS MEMORIES (J.B.E. Wright) 13598
6. BEAMS OF HEAVEN (C.A. Tindley) 13599
7. WHEN THE SAINTS GO MARCHING IN (Trad. - arr. R. Tharpe) 13600
08. CAIN’T NO GRAVE HOLD MY BODY DOWN (R. Tharpe) 13601
09. WHEN THEY RING THE GOLDEN BELLS (D. de Marbelle) 13602
10. UP ABOVE MY HEAD THERE’S MUSIC IN THE AIR (Trad. - arr. R. Tharpe) 13603
11. I SHALL KNOW HIM (arr. R. Tharpe) 13604
12. FLY AWAY (A.E. Brumley) 13605
13. JERICHO (Trad. - arr. R. Tharpe) 13606
14. HOME IN THE SKY (T. Powell) 13754
15. CAN’T DO WRONG AND GET BY (R. Tharpe) 13755
16. LET’S BE HAPPY (R. Tharpe) 15532
17. LET IT SHINE (Trad. - arr. R. Tharpe) 15534
18. DIDN’T IT RAIN, CHILDREN? (Trad. - arr. R. Tharpe)
(1-4) Sister Rosetta Tharpe (g, vo, re-recording on 4), acc. Ernest Hayes (p), Harry “Doc“ Bagby (org), Ernest Richardson (g), Lloyd Trotman (b), David “Panama“ Francis (dm). NYC, July 2, 1956.
(9-13) Sister Rosetta Tharpe (g, vo), with The Harmonizing Four (on 9, 10, 11, 12) : Thomas Johnson Jr, Lonnie L. Smith (tenor vo), Joseph Williams (baritone vo), Jimmy Jones (bass vo), acc. same, but George Duvivier (b) replaces Trotman. NYC, July 5, 1956.
(14-15) Sister Rosetta Tharpe (g on 15, vo), acc. unknown (p)(org)(b)(dm). NYC, October 8, 1956.
(16-17) Sister Rosetta Tharpe (g, vo), acc. unknown (p)(org)(b)(dm). NYC, June 3, 1957.
(18) Sister Rosetta Tharpe (g, vo), with poss. The Rosette Gospel Singers (female vo group), unknown (p)(b)(dm). Apollo Theater, NYC, ca. 1950 or 1952.

CD Intégrale Sister Rosetta Tharpe Vol 5 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Stand The Storm - Sister Rosetta02'31
02 Sing And Shout - Sister Rosetta03'20
03 Shadrack - Sister Rosetta02'08
04 Nobody's Fault - Sister Rosetta02'24
05 I'm So Glad - Sister Rosetta02'50
06 God Spoke To Me - Sister Rosetta03'08
07 Calvary - Sister Rosetta02'44
08 I Tell It Whereever I Go - Sister Rosetta02'24
09 This Old Soul Of Mine - Sister Rosetta03'05
10 Don't Leave Me Here To Cry - Sister Rosetta03'07
11 What Have I Done - Sister Rosetta02'55
12 Go Ahead - Sister Rosetta02'26
13 He Is Everything To Me - Sister Rosetta02'12
14 Everytime I Feel The Spirit - Sister Rosetta02'20
15 Look Away In The Heavenly Land - Sister Rosetta01'47
16 When Was Jesus Born - Sister Rosetta02'07
17 In Bethlehem - Sister Rosetta03'05
18 This Ole House - Sister Rosetta02'50
19 Don't You Weep O Mary Don't You Weep - Sister Rosetta02'30
20 I've Done Wrong - Sister Rosetta02'45
21 I'v an Hear The Angels - Sister Rosetta02'59
22 Father Prepare Me - Sister Rosetta02'11
CD 2
01 Two Little Fishes, Five Loaves Of Bread - Sister Rosetta02'37
02 All Alone - Sister Rosetta02'40
03 How About You - Sister Rosetta03'33
04 99 1/2 Won't Do - Sister Rosetta02'00
05 Precious Memories - Sister Rosetta02'42
06 Beams Of Heaven - Sister Rosetta03'25
07 When The Saints Go Marching In - Sister Rosetta02'23
08 Cain't No Grave Hold May Body Down - Sister Rosetta02'43
09 When They Ring The Golden Bells - Sister Rosetta02'32
10 Up Above My Head There's Music In The Air - Sister Rosetta02'28
11 I Shall Know Him - Sister Rosetta02'30
12 Fly Away - Sister Rosetta02'27
13 Jericho - Sister Rosetta02'06
14 Home In The Sky - Sister Rosetta02'53
15 Can't Do Wrong And Get By - Sister Rosetta02'40
16 Let's Be Happy - Sister Rosetta02'21
17 Let It Shine - Sister Rosetta02'00
18 Didn't It Rain Children - Sister Rosetta03'07
« Une promesse de bonheur » par Classica-Répertoire

La parution d’un nouvel opus de cette intégrale est chaque fois promesse de bonheur. Sister Rosetta Tharpe, davantage peut-être que la plupart de ses consoeurs, représente l’incarnation de la santé (elle mourut pourtant plutôt jeune à l’âge de 58 ans), de l’énergie, et pas seulement parce qu’elle chante le gospel de la « bonne nouvelle ». C’est qu’elle joint aux vibrations du chant évangélique les solides vertus du blues et de la guitare électrique, qu’elle est souvent accompagnée d’une section rythmique où officient des musiciens qui n’ont pas une réputation de traîne-patins, comme le batteur Panama Francis ou le pianiste Sammy Price. Incontestablement elle illustre à merveille cette vision d’une spiritualité généralement simple et d’une expressivité populaire issue du blues qui dans les années cinquante a la faveur de son public. Au fond, sur ce point elle est plus proche de Louis Jordan que de Mahalia Jackson : droit au but, pas de fioritures, on chante ce que l’on croit et l’on swingue. Plusieurs s’étaient demandés qui était cette chanteuse que l’on aperçoit à la télévision dans Amélie Poulain : c’est elle. Clin d’œil averti à l’enthousiasme et à l’optimisme de ces années disparues. Voyez en particulier sa version du Shadrack que Louis Armstrong popularisa dans son immortel « Good Book » : la contemplation du monde actuel n’autorise sans doute plus un entrain aussi innocent et contagieux. Promesse de bonheur ? Promesse tenue. CLASSICA-REPERTOIRE




« Une merveilleuse réédition » par Rock and Roll Revue

En même temps que voyait le jour notre dernier numéro 45, qui comportait mon article sur Sister Rosetta Tharpe, apparaissait sur le marché cette merveilleuse réédition, souhaitée, de la période de retour chez Decca (1954) de la chanteuse/guitariste, où l’orientation musicale se tournait résolument vers le circuit R&B, cette fois orienté vers le circuit rock’n roll des teenagers, mais également son prolongement chez Mercury en 1956 avec ces deux fameuses séances Doc Bagby. On découvrira dans ce volume 5, en 53 : le contagieux « Shadrack » en duo avec Marie Knight, puis deux titres avec l’orchestre swinguant de Leroy Kirkland ; en 1954 : avec le Sammy Price Trio, la Sister épaulée par le guitariste Everett Barksdale (présent sur les séances ultérieures), puis un plaisant « This Old House » (morceau repris par le Brian Setzer Orchestra – album « Dirty Boogie ») avec les Sy Oliver Singers ; en 1956 : ça balance toujours avec « I’ve Done Wrong », le trépidant « Can’t Do Wrong And Get By », un bondissant « Let It Shine »(morceau repris par Chuck Berry), et ces deux séances Mercury (2 et 5 juillet 1956) où figurent les inédits : « Fly Away », « When The Saints », un « Precious Memories » à saveur slow-rock, et bien sûr la version la plus rock’n’roll d’ « Up Above My Head », les trépidants « Jericho », « Can’t Do Wrong And Get By », « 991/2 Won’t Do », enfin l’étonnant calypso : « Let’s Be Happy », le tout agrémenté des sacrés solos de guitare de la Sister qui ne manquent pas tout au long de ces 40 titres, dont le dernier est un « bonus » hors-chronologie (oublié, retrouvé) qui vaut son pesant d’or : « Didn’t It Rain, Children » live à l’Apollo de Harlem (1950 ou 52) avec claquements de mains, envolés vocales, et un super-guitar-solo « rock’n’rollisant » avant l’heure !… Avec quelques rares éditeurs indépendants, Patrick Frémeaux se bat pour la disponibilité de la mémoire culturelle collective, dépendante de la liberté actuellement en passe de régression, offerte par le « domaine public ». Tout un patrimoine musical historique qui n’intéresse pas le marketing des majors risque ainsi d’être relégué aux oubliettes. Autre raison d’acquérir sans tarder la réédition d’une pièce majeure de ce « chaînon manquant ». Phil DUBOIS – ROCK AND ROLL REVUE





« L’éclat de Tharpe » par Jazz Magazine

Pas aussi dense que le précédent volume de cette intégrale, ce tome 5 ne manque ni d’allégresse bien dispensée, ni d’expériences nouvelles. La chanteuse-guitariste y achève en 1956 sa longue association avec Decca au profit de Mercury et va au devant d’un public plus large que celui du gospel, entre jazz et variété, un peu comme Mahalia Jackson en entrant chez Colombia. Mais on l’entend d’abord dans une série de formules – en duo, en petites formations, avec un choeur ou des groupes vocaux – qui la font aller et venir entre le religieux et le profane. Depuis ses débuts, Rosetta n’avait jamais reculé devant le pur spectacle et y excellait avec une ferveur qui ne lui valut pas que des compliments de son Eglise. Le contralto maîtrisé de sa grande partenaire Marie Knight, « Sanctified shouter », complète idéalement l’éclat de Tharpe et sa guitare de blueswoman. On aime aussi la retrouver auprès du pianiste Sam Price ou des Harmonizing Four – avec lesquels la chanteuse fait ses derniers pas chez Decca pour les retrouver peu après chez Mercury. Sous l’égide de cette nouvelle marque, Tharpe revisite quelques thèmes traditionnels, en particulier des spirituals, avec d’excellents musiciens de jazz/R&B. En prime, on nous offre un réjouissant Didn’t It Rain, Children ? gravé vers 1950-51 à l’Apollo de Harlem. En revanche dans le milieu du rhythm & Blues elle a fait mieux que les faces ici présentes avec l’orchestre de Lery Kirkland. Philippe BAS-RABERIN – JAZZ MAGAZINE




« Grandiose » par Jazz Classique

Le dernier volume de cette intégrale, bien réalisée, des enregistrements de Rosetta Tharpe nous avait permis de découvrir (ou de redécouvrir) l’incroyable cérémonie de mariage publique de la Sister dans un stade de Washington plein à craquer, petit WattStax avant l’heure ! Il nous laissait avec une session Decca datée du 27 juillet 1953, et le présent Vol.5 reprend la suite chronologique, avec une autre session pour le même label, le 17 octobre de la même année. Tharpe enregistre six titres ce jour là, dont un resté inédit, et accompagne à la guitare Marie Knight dans quatre autres morceaux, mais d’une manière si discrète qu’elle en devient totalement inaudible, au sens premier du mot. Le compilateur n’a pas voulu pourtant nous priver de ces quatre faces, dont l’étonnant Calvary, Marie Knight y étant, comme à son habitude grandiose. Certains des autres titres sont des duos vocaux Tharpe/Knight : Stand The Storm, dans lequel Rosetta livre de plus swinguant solo de guitare, Shadrack et le très lowdown Nobody’s Fault But Mine. Un autre titre de la séance, Sing and Shout, propose Rosetta en duo avec elle-même, par le biais du re-recording. Il faut saluer au passage les claviers de la session, le pianiste James Roots et l’organiste Annette Weber. Le cinquième titre, qui aurait dû être le premier proposé, est repiqué d’un exemplaire passablement usé, seul cas de cette espèce dans ce volume de l’intégrale. Dommage, car ce I’m So Glad est un blues bien senti de top niveau. Sister Tharpe va encore graver une douzaine de titres pour Decca en deux sessions, entre 1953 et 1956, ce qui est bien peu au regard de sa production passée et démontre combien la popularité de l’artiste est alors retombée. Deux de ces titres sont des gravures profanes réalisées avec l’orchestre de guitariste Lery Kirkland, le premier, Don’t Leave Me Here To Cry, dans lequel Rosetta sanglotte à chaudes larmes, sur fond de saxo ténor, restant très anecdotique, ce qui n’est pas le cas du second, What Have I Done ?, plus émouvant. Avec la séance du 4 août 1954, Tharpe retrouve le trio du pianiste Sammy Price, avec Everett Barksdale à la guitare, Hayes Alvis à la basse et Terry Snyder à la batterie. Ce sont de grands disques, proposant une artiste toujours au sommet de son art. Le Everytime I Feel The Spirit, en particulier, pris sur un tempo d’enfer propose trois interventions en duos des deux guitaristes, Barksdale et Tharpe, un moment fort de ce volume. Look Away In The Heavenly Land offre en prime la voix de Marie Knight, avec toujours le jeu des deux guitares. La même session voit l’enregistrement de deux titres de Noël, avec les Sy Oliver Singers, c’est hollywoodien et moins séduisant, mais bien de son époque. Pour l’ultime session voit l’enregistrement de deux titres de Noël, avec les Sy Oliver Singers, c’est hollywoodien et moins séduisant, mais bien de son époque. Pour l’ultime session Decca, le 23 février 1956, Sister Tharpe est accompagnée par les voix masculines des Richmond Harmonizing Four. Leur version de Don’t you weep sonne parfois comme la protest-song We Shall Not Be Moved. Le meilleur de ces quatre titres est sans doute I’ve Done Wrong, Everett Barksdale y est un régal du début à la fin. 1956 voit donc la fin du contrat Decca de l’artiste, qui termine la décennie chez Mercury, un label orienté rythm’n’blues – Louis Jordan y fait un tabac et signe cette même année son album « Rock’n’Roll » - ce qui ne peut que convenir à notre « rockeuse de gospel ». Le second CD de ce volume est consacré eux treize titres de l’album Mercury MG20201, complété  par les 4 faces de deux 45 tours devenus rares. Les claviers Ernest Hayes, piano, et Harry « Doc » Bagby, orgue, assurent l’accompagnement adéquat, soutenus par Lloyd Trotman à la basse et David « Panama » Francis à la batterie. Tharpe s’y fait entendre au fil de quelques solos de guitare toujours bien sentis, même si moins nombreux que souhaités (elle joue en accompagnement dans certains titres). La plupart des titres de l’album sont intéressants – Cain’t No Grave Hold My Body Down, Up Above My Head There’s Music In The Air, Jericho – avec le soutien de nouveau des Harmonizing Four dans certains titres, mais la surprise  provient de deux 45 tours qui proposent deux titres exceptionnels, Can’t Do Wrong And Get By et Let It Shine (This Little Light Of Mine). Le dernier en particulier démontre que l’art de la Sister n’avait rien à envier à celui des rockeurs de l’époque. Son Let It Shine, souple et bien enlevé, aurait dû être un tube ! Après cette session du 3 juin 1957, Rosetta gravera encore un album pour Mercury en septembre 1958 mais, entre temps, viendra en Europe pour la première fois, en décembre 1957, et y rencontrera un succès salutaire pour sa carrière, devenant dès lors plus populaire sur le vienx continent que dans le nouveau monde. Ce moment est documenté dans le CD « Chris Barber Presents… » chroniqué dans la Amen Corner de ce même numéro. En complément du CD 2 Jean Buzelin, à qui l’on doit cette série de l’intégrale Tharpe et les abondantes notes de livret, propose un petit retour en arrière avec un « live » à l’Apollo en 1950/52 récemment découvert, un bon document, vivant et d’assez bonne qualité sonore. François-Xavier MOULE – JAZZ CLASSIQUE




« An absolutely essential acquisition » by Blues & Rhythm

After the crossover attemps wich disfigured volume four (FA 1304 reviewed in B&R 208), this set, wich more or less wraps up Sister’s recordings for her original primary market, is a much less mixed pleasure, though it has its weak spots. CD one contains her final outings for Decca, who were still trying to find new markets but mostly more intelligently than before, at least from an artistic standpoint. Although discographers put the first session in New York city, it must really have taken place in Chicago where drummer Red Saunders is known to have been. He contributes the power and swing you would expect. Rosetta does her own guitar playing once again and to brilliant effect. The second vocal on « Sing and shout » is Rosetta herself multitracked, an odd decision with Marie Night in the studio, but it works well enough. This session is more scrambled on the CD even than B&R’s heading style makes it appear. The producers have moved the first title recorded, « I’m so glad », into fifth place because it has been available only in a very rough copy. It’s quite listenable though. Marie Knight’s solo vocals from the session have only an honorary claim to inclusion, as it seems very unlikely the barely audible rhythm guitar is by Rosetta. Except for « Calvary », wich is rather gimmicky, these are worthwhile performances in their own right. Where Rosetta’s solos might be, pianist James « Red » Roots gets strut his stuff. He was New York based and was presumably travelling with them. Decca then made an attempt to get Sister back into the secular r&b market. Leroy Kirkland leads the band and plays all the guitar. A very good tenor saxophonist is heard, but is obliged on « Don’t Leave Me Here To Cry » to provide an obbligato to an extended passage of some of the stagiest and least convincing crying ever committed to record. Sister’s heart was not in this and the use of quasi-religious language like « You got to love your neighbour even if you don’t love me », can only have increased the offence to her core audience. The tenor man gets a better chance on the ballad, which is a tender variant of « Careless Love ». Posterity can enjoy these, but it’s no wonder the audience of 1953 didn’t. The following session brings back the Sam Price Trio (I was mistaken in B&R 2008 in thinking the 21st February 1951 session was the last of this partnership). These 1954 sides are as good as everything else they did together and « Look Away » is (I think !) the last duet with Marie. Only the excellence of this accompaniment prevents the final titles from this session, wich feature the Sy Oliver Singers, from being uniformly pop gospel. « In Bethlehem », wich is a walz , is nonetheless irredeemable and « This Ole House » isn’t a lot better. The great jazz organist Marlowe Morris is on these but wouldn’t really notice. The final four Deccas, two of which were unissed at the time, feature The Harmonizing Four of Richmond. Everett Barksdale is the guitarist. Unfortunately no one finds much inspiration in the bouncy jollity of the settings of the three fast numbers and everything is trivialised by the Dixieland drumming of Boddy Donaldson. If there can be gospel businessmen’s bounce. « Feather Prepare Me » is it. Sister has to carry these pretty much single-hanted and as on volume four she demonstrates her ability to transcend her surroundings. Four months after leaving Decca, Sister began to record for Mercury and the second CD opens with the resulting LP, though « The Saints » was only on a single. She is reborn. Tracks one to eight (rather than one to four as the notes say) are solo performances exept that « 99 ½ Won’t Do » has her multi-tracked. She plays the guitar throughout and gets the support she deserves from a tight swinging band, with Ernest Hayes on piano, Doc Bagby on organ, and the immortal Panama Francis demonstrating one more time that he ranks with the most swinging drummers who ever lifted sticks. It would be pointless to enthuse further. These show a great artist returning to her best form. Mercury didn’t have quite enough faith in what they were doing not to pad the album with four tracks recorded three days later with the Harmonizing Four. Sister really did not need interruptions from the studied affectations of holy doo-wop, but she and Bagby and Francis sweep the burblings aside, assisted by George Duvivier on bass, who plays a more prominent part on « Up above My Head » is followed by a guitar solo wich soars to reclaim the performance for spontaneity and good taste. On « Jericho », the guys are silent and this is a classic. Two singles followed, both practically one-siders from a later perspective. « Home In The Sky » is beautifully sung but the aesthetic is pop with accompaniment by a very conventional organist, who is anonymous in both senses. By contrast « Can’t Do Wrong » romps along in the best tradition. « No liar [substitute favorite type of sinner to taste as the song unfolds] can do wrong and get by ». If only it were true ! « Let’s Be Happy », with its bolero rhythm is a mere novelty, but « Let It Shine » restores the faith and effectively ends Sister’s career as a singles artist in her original market. On to the end of this CD, Frémeaux have tacked the jumping Apollo Theater appearance, dating possibly from 1952, wich was first issued on « Let’s Have A Ball Tonight » (Natasha Imports NI4025). It’s impossible not to wonder who the Mercury LP was aimed at. Did the producers foresee an audience amongst jazz and blues enthusiasts ? It was issued in France where the Hot Club Bulletin for November 1957 devoted two pages to it as « without doubt one the best LPs issued in France this year ». Evidently the opposition over at Jazz Hot had been less enthusiastic. The bulletin praised not only its musical excellence but the recording’s extraordinary presence, wich is still noteworthy. It is inquestionably one of the peaks of Tharpe’s recording career. There would be another Mercury LP in 1958, but on 19th November 1957 Sister flew to London to launch a new career in new markets whose interest in her was almost exclusively musical rather than devotional. They knew from her the best of the Deccas and that was the style they wanted to hear. These CDs by contrast have the whole Sister, warts and all, but there are very few warts and this time only two tracks I will certainly never play again. Not a bad average and if you don’t have the Mercury tracks is another form an absolutely essential acquisition. Here’s to volume six ! Howard RYE – BLUES & RHYTHM




« Le succès est au rendez-vous » par Le Cri du Coyote

Eh oui, vol 5 : Jean Buzelin poursuit tranquillement sa route vers l’intégrale. Ces deux CD concernent les années marquées par le changement de label (1955) et le réenregistrement sur 33 tours. Rosetta, près de vingt ans après ses débuts, c’est toujours du « deux pour le prix d’une » : une chanteuse de gospel s’accompagnant en guitariste de blues. Bien sûr, les années ont passé, le succès est au rendez-vous, elle est partout accompagnée (Marie Knight, la complice de toujours, le Leroy Kirkland Orchestra, les Harmonizing Four of Richmond) et la modernité touche peu à peu ses prestations : traits de saxo ou de trompette pour souligner une phrase. Pas besoin d’être une grenouille de bénitier pour comprendre les transes où entrent parfois les communautés noires chrétiennes en l’entendant chanter Everytime I Feel The Spririt, par exemple. On retrouve (avec plaisir !) quelques standards (When The Saints Go Marchin In, When They Ring The Golden Bells ou Mary Don’t You Weep, I’ll Fly Away) et le 2nd CD clôt sur Didn’t It Rain Children à la date d’enregistrement incertaine, de même que les chanteurs/teuses l’accompagnant. Encore, forcément, Cri du cœur. LE CRI DU COYOTE




« Sidérant » par Soulbag

Cinquième double CD et on nous en promet un sixième, Thank you, Lord ! Sister Rosetta n’a rien perdu de sa ferveur ni de son talent dans ces années 50, mais le rock’n’roll a fait irruption et le « jeunisme » comme le dit très justement Jean Buzelin dans ses notes du livret, ne fait pas de bien à la carrière de notre héroïne. On essaie de le mettre au goût du jour, on lui fait enregistrer des morceaux séculiers, on lui donne des quartette vocaux et des chœurs entiers, mais tout cela ne la remet pas à l’avant-plan. Aucune baisse de qualité cependant, elle sait toujours nous enthousiasmer par son tempérament exubérant, ses tempos enlevés avec fougue, et nous toucher par l’optimisme de son message. Elle est le prophète féminin d’une foi simple, naïve, très concrète (ces « golden streets », ces cloches angéliques de paradis…), joyeuse surtout. Ce qui frappe, c’est la joie de cette foi, qui ne moralise pas (sauf peut-être dans Can’t do wrong and get by). Elle la communique par son chant extatique, par son jeu de guitare mordant, incisif. Force est pourtant de constater qu’on entend moins son instrument que dans les premiers volumes. Parions que ce n’est pas de sa faute, mais qu’elle suit les conseils de ses producteurs. Un indice, sinon une preuve, c’est cet extraordinaire Didn’t it rain à l’Apollo theatre de Harlem, qu’elle ouvre instrumentalement et où elle joue encore deux solos de guitare aussi excitants que son chant. Deux morceaux (sur quarante!) nous déçoivent. In Bethlehem, où les Sy Oliver Singers soulignent un peu trop la sentimentalité du thème par leur style sirupeux, et surtout le sidérant morceau « séculier » Don’t leave me here to cry, où Rosetta noie son art dans des sanglots ridicules et humiliants. Mais c’est tout à fait exceptionnel. Réécoutons plutôt les gospel songs authentiques qu’elle nous offre aux côtés du pianiste Sammy Price et d’une Marie Knight au sommet de sa forme. Soit dit en passant, dans God spoke to me et Calvary Marie Knight fait penser à Mahalia Jackson par sa puissance et son articulation expressive. André FONTEYNE – SOULBAG




« This excellent set » by Dirty Linen

This set documents and transitional period of Sister Rosetta’s carreer, wich has suffered from the reaction of hard-core gospel fans to her ill-advised flirtation with secular music in the early 50s. Although the opening session here finds her back with the music that had made her name, her record sales would never completely recover. It now seems that Decca was a little unsure what to do with Tharpe and her co-star Marie Knight. After a very rewarding 1953 date with Knight that featured some burning Tharpe guitar braks, the label tried on more R&B session, wich produced only two fair-to-middling tracks. Then came a decisive return to gospel and a reunion with pianist Sammy Price, with whom Tharpe had done great things during the previous decade. The first part of the session had fine results, while the final three songs, featuring a chorus instead of Knight, are considerably less interesting. Tharpe’s last session for Decca featured another reunion, this one with the Harmonizing Four, the great male quartet with whom she had worked many times over the years. This is prime stuff, and happily the same quartet was on hand when Tharpe began her association with Mercury in 1956 ? The label set up several sessions that mostly consisted of reworkings of early successes, the idea being to market her for the new LP era. The results were strong, if not quite classic. The set concludes with a dynamite live version of « Didn’t it Rain » from the early 50s, which finds Tharpe in top form. Although Tharpe’s defining recordings were made earlier in her career, she was still capable of reaching great heights in the mid-50s, as this excellent set proves time after time. Duck BAKER – DIRTY LINEN




« Du travail sérieux comme on en fait plus guère ! » Par Trad Mag

Suite de l’intégrale Sister Rosetta Tharpe sous la direction de Jean Buzelin. Dans ce vol.5, la chanteuse guitariste va au devant d’un public plus large que celui du gospel, notamment blanc, celui des étudiants et universitaires cultivés. On l’entend d’abord en petite formation (cf. l’excellent « Sing and Shout » et ses riffs de guitare électrique très bluesy) avec un chœur ou des groupes vocaux; on la retrouve aussi en compagnie de Marie Knight, immense chanteuse qui se distingue souvent (cf. un « Nobody’s fault but mine » plein de ferveur), ou aux côtés du trio du pianiste Sam Price pour quatre titres de haut niveau. En 1956, Rosetta quitte Decca (où elle était depuis 1938) pour Mercury. Le second CD correspond au 1er LP pour son nouveau label, plus quelques 45 tours. A part les quatre premiers morceaux où elle est accompagnée d’un excellent combo jazzy et où elle se fend de quelques chorus de guitare incisifs, Rosetta oscille entre religieux et profane, gospel et rhythm and blues. C’est lorsqu’elle met son feeling et la puissance de sa voix au service du spirituals qu’elle est à mon avis la plus convaincante. Comme d’hab’, un livret précis et rigoureux éclaire notre lanterne ; bref, du travail sérieux comme on en fait plus guère ! Francis COUVREUX – TRAD MAG