COMPLETE SISTER ROSETTA THARPE Vol 6

INTEGRALE 1958 - 1959

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Tout ce qu’elle faisait, elle le faisait bien… Quoique ce soit qu’elle fasse, elle y mettait tout son coeur. Elle était toujours magnifique.
Clyde Wright (Golden Gate Quartet)

L'intégrale chronologique Sister Rosetta Tharpe offre l’œuvre exhaustive de celle qui restera l’une des plus grandes artistes de la culture noire-américaine du siècle passé.
Les disques sources, en provenance de la collection de l’auteur, Jean Buzelin, aidé par l’ensemble des collectionneurs des œuvres de Sister Rosetta Tharpe, font l’objet des meilleurs transferts analogiques et d’une restauration numérique utilisant les technologies les plus sophistiquées sans jamais recourir à une modification du son d’origine.

Ce projet éditorial, présenté en coffrets double CD accompagnés de livrets (appareil documentaire critique), fait ainsi l’objet du travail systématique qui fait des intégrales Frémeaux & Associés de véritables catalogues raisonnés des plus
grands artistes du XXè siècle.

Everything she did she did well… Whatever she did she did it with all her heart. She was always magnificent.
Clyde Wright (Golden Gate Quartet)

CD1 (1957-1958) : SISTER ROSETTA THARPE acc. CHRIS BARBER BAND* : Introduction Chris Barber • EVERY TIME I FEEL THE SPIRIT* • FEED ME JESUS • DIDN’T IT RAIN • THIS TRAIN • UP ABOVE MY HEAD I HEAR MUSIC IN THE AIR* • PEACE IN THE VALLEY* • DOWN BY THE RIVERSIDE* • OLD TIME RELIGION* • WHEN THE SAINTS GO MARCHING IN* • OLD TIME RELIGION (Reprise)*. SISTER ROSETTA THARPE with The SALLY JENKINS SINGERS : ONE MORNING SOON • THE LORD’S PRAYER • IT’S ME • STEAL AWAY • BRING BACK THOSE HAPPY DAYS • SAVIOUR DON’T PASS ME BY • I HAVE GOOD NEWS TO BRING • GO GET THE WATER • THINGS THAT I USED TO DO • DIDN’T IT RAIN • BEAMS OF HEAVEN.
CD2 (1958-1959) : SISTER ROSETTA THARPE with Choir : NOTHING BETWEEN • HE’S THE LILY OF THE VALLEY • SEEKING FOR ME • NEVER ALONE • SHINE FOR JESUS • I DO, DON’T YOU • GO LEADS US ALONG • THE FAMILY PRAYER • WHAT ARE THEY DOIN’ IN HEAVEN • I SAW THE LIGHT • BLOW YE THE TRUMPET IN ZION • OH THE JOY THAT CAME TO ME. MARIE & REX : I CAN’T SIT DOWN. SISTER ROSETTA THARPE : I BELIEVE • TWELVE GATES • FAITH • IF YOU BELIEVE • WALK ALL OVER GOD’S HEAVEN • IF I CAN HELP SOMEBODY • LIGHT A CANDLE (SAY A PRAYER) • I COULDN’T HEAR NOBODY PRAY • WITHOUT HIM • HE • BLESS THIS HOUSE • TAKE MY HAND, PRECIOUS LORD.

Droits : DP / Frémeaux & Associés.
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COMPLETE SISTER ROSETTA THARPE Vol 6

COMPLETE SISTER ROSETTA THARPE
INTÉGRALE SISTER ROSETTA THARPE
VOL. 6
1958-1959








Le 19 novembre 1957, Sister Rosetta Tharpe s’envole pour l’Angleterre, accompagnée par son mari et manager Russell Morrison. Ils atterrissent à l’aéroport Heathrow de Londres. La célèbre chanteuse et guitariste répond à l’invitation que lui a lancée le jeune tromboniste Chris Barber, qui dirige à l’époque un orchestre “Dixieland” qui a beaucoup de succès. Mais Barber, au-delà du jazz “vieux style”, figure aussi parmi les premiers Européens à s’intéresser au blues et aux musiques vocales populaires afro-américaines — en janvier de la même année, il avait accompagné en tournée Big Bill Broonzy et Brother John Sellers. Nous étions alors dans les frémissements des folk et blues revivals, et les artistes traditionnels commençaient à éveiller la curiosité des amateurs éclairés, jeunes Américains blancs et Européens, au moment même où ces chanteurs commençaient à voir leur popularité baisser auprès de leur public naturel.Sister Rosetta Tharpe en faisait partie. Après avoir, en 1956, quitté Decca où elle avait fait toute sa carrière phonographique, elle était passée chez Mercury, mais ses singles comme son premier album n’avaient pas eu le succès escompté (1) ainsi qu’elle devait le confier plus tard à Jacques Demêtre : “Je dois vous avouer franchement que je ne suis pas satisfaite de mes derniers disques et notamment du microsillon intitulé “Gospel Train” (…). Figurez-vous que lors de cette session, les ingénieurs du son avaient placé, pour des raisons acoustiques et de high fidelity, un énorme écran entre mes accompagnateurs et moi-même. (…) Que pouvez-vous faire de bon lorsque vous n’entendez même pas ceux qui jouent avec vous.”(2) Au même moment, alors qu’un ou deux 45 tours seulement étaient disponibles en France, Jacques Demêtre lui consacrait un article dans la revue Jazz Hot (3). Pourtant, les organisateurs des concerts, prévus pour la tournée anglaise qui devait durer trois semaines, restaient sceptiques. Ils avaient encore en mémoire l’accueil mitigé qu’avait reçu Mahalia Jackson en 1952 et, si le blues commençait à marcher, comment le public allait-il recevoir une interprète de “chants religieux” en plein boom du rock ‘n’ roll ? Quant aux “spécialistes”, ils voyaient mal comment pourrait fonctionner l’association entre une chanteuse de gospel et un jazz band “New Orleans”. Par contre, de son côté, Rosetta Tharpe était enchantée et excitée à l’avance par cette aventure dans l’inconnu.

Le premier concert eut lieu le vendredi soir 22 novembre au Birmingham’s Town Hall devant 2 000 spectateurs. Le programme annonçait l’“America’s Sensational Gospel Singing Favorite”. L’orchestre de Chris Barber assura la première partie avec sa chanteuse Ottilie Patterson. L’entendant des coulisses, Rosetta lui demanda de venir la rejoindre sur scène à la fin de son passage, afin de recréer, toutes proportions gardées, un duo comme avec Marie Knight. Et cela fonctionna très bien durant toute la tournée. Le tour de chant de Rosetta comprenait un bon échantillon de ses succès et morceaux de bravoure qu’elle avait précédemment enregistrés sur disques, hormis Old Time Religion, célèbre negro spiritual du XIXe siècle. La chanteuse, qui avait amené quelques partitions et notes sur papier, indiquait les accords et l’orchestre devait se débrouiller ! Mais Chris Barber lui proposa de la laisser seule sur scène avec sa guitare le temps de quelques morceaux.Malgré des critiques parfois mitigées, l’entente entre la chanteuse et le groupe fut excellente, et le public réserva un accueil chaleureux à Rosetta. Jusqu’au 14 décembre à Brighton, ils vont parcourir le pays (Swansea, Cardiff, Leeds, Liverpool, Oxford…), donnant dix-neuf concerts dont, le 15, celui de Manchester qui a été enregistré. Malgré une prise de son confuse à l’époque (la guitare semble très loin de son utilisatrice !), ce document donne une excellente illustration des prestations de la chanteuse. À notre connaissance, il s’agit du seul témoignage connu des cinq mois passés en Europe par Sister Rosetta Tharpe, et nous pouvons remercier chaleureusement Chris Barber de nous avoir permis de l’inclure dans notre intégrale. La guitare, une Gibson Les Paul, accordée en do naturel, intrigue les connaisseurs : “Je tire les cordes de bas en haut et non vers le bas comme le font généralement les guitaristes. Je me sers pour cela d’un médiator fixé sur mon pouce droit.”(2)

La tournée britannique s’achevant le 15 décembre, Sister Rosetta et Russell Morrison traversent la Manche et arrivent à Paris le 18 décembre. Ils se rendent ensuite à Barcelone pour assurer quelques concerts à partir du 9 janvier 1958, avant de remonter à Paris le 14. Dès le lendemain, la chanteuse-guitariste entame un engagement de trois semaines à l’Alhambra, l’un des principaux music-halls parisiens de l’époque. Elle passe en vedette américaine avant le tour de chant de Charles Trenet, au sein d’un programme éclectique qui comporte diverses attractions (4). Madeleine Gautier (Bulletin du Hot-Club de France N° 75) et Jacques Demêtre notamment (Jazz Hot N° 129) en donnent des comptes-rendus : “Avouons-le sans honte, écrivit ce dernier, nous étions quelques-uns à être anxieux dans l’attente de la première grande apparition sur une scène parisienne. Comment allait réagir, en effet, devant une chanteuse strictement religieuse, un public de music-hall plus habitué à des artistes de variété français qu’aux chanteurs noirs authentiques. Comment allaient se comporter les accompagnateurs choisis pour Sister Rosetta et parmi lesquels figuraient le nom de Pierre Spiers (le chef d’orchestre de l’Alhambra) ? (…) Or, dès les premiers soirs il apparaissait bien que la partie était gagnée. En effet, même le public le plus profane et le plus blasé peut difficilement résister au dynamisme de Sister Rosetta Tharpe. (…)

Dès la troisième représentation, l’orchestre littéralement mis dans le bain par la fougue de Rosetta et “fouetté” par sa guitare, s’est réveillé et s’est mis à swinguer d’une façon très convenable. Les derniers morceaux se terminent presque comme de véritables jam sessions comportant notamment d’excellents contre-chants de Géo Daly (vib), Bernard Hullin (tp) et Benny Vasseur (tb).”(2) Jacques Demêtre publie également une interview de la chanteuse dans le même numéro de février, tandis qu’un autre, réalisé par François Postif, paraît en mars dans Jazz Magazine N°35 (5). Demêtre, qui allait chercher le couple à l’hôtel Terrasse, à Montmartre, et, chaque soir les conduisait à l’Alhambra dans sa 4 CV, raconte : “Vivre aux côtés de Sister Rosetta Tharpe est une expérience passionnante. Ceux qui aiment sa musique ne sauraient, en aucun cas, être déçus par sa personnalité extraordinaire. On retrouve dans sa vie privée les qualités essentielles qui marquent sa musique, à savoir le dynamisme, l’enthousiasme, la sincérité et la spontanéité. Ces qualités s’allient à une gentillesse, une simplicité et une absence de prétentions totales. Tels sont les traits dominants de Sister Rosetta Tharpe qui apporte dans tous les actes de sa vie, et même dans les moindres comme la cuisine — qu’elle adore préparer — son extraordinaire bagage de vitalité.”(2)+

Contrat parisien achevé, Sister Rosetta Tharpe s rend à Stuttgart le 13 février avant de se produire trois jours à Monte-Carlo du 14 au 16. Durant tous ces déplacements, et pendant les périodes de creux, Rosetta s’arrête parfois dans quelques villes de province, où des concerts sont organisés à l’initiative de sections locales du Hot-Club de France ; par exemple à Limoges où elle est accompagnée par l’orchestre de Jean-Marie Masse (6). Rosetta remonte ensuite à Copenhague où elle se produit pendant deux semaines à partir du 12 mars. Elle y est accompagnée par une formation anglo-danoise dirigée par le guitariste-banjoïste Diz Disley, un orchestre également de genre “traditionnel” dans lequel figure le batteur Ginger Baker, future star de la rock music (Cream), avec lequel la chanteuse sympathise particulièrement. Un concert est également donné à Stockholm le 20 mars avant que ne soit programmée une seconde tournée au Royaume-Uni, rançon du succès partout où elle passe. Accompagnée cette fois par les Ken Colyer’s Jazzmen, Rosetta donne notamment deux concerts au Royal Festival Hall de Londres le 29 mars.Enfin, il faut bien rentrer et, après presque cinq mois passés sur le Vieux Continent, le couple Morrison-Tharpe repart au pays le 16 avril, Sister Rosetta devant se produire au Paramount Theater de Los Angeles le 23. Dans cette même ville, elle chantera également au club Avant-Garde.

Cette enthousiasmante et inoubliable virée européenne redonne un sacré coup de fouet à la chanteuse qui a particulièrement apprécié la façon dont elle a été reçue, et comment étaient traités et reconnus à leur valeur les musiciens afro-américains en général, hébergés dans de bons hôtels, accueillis dans de grandes salles de concert, etc. Des conditions fort éloignées de celles des harassantes tournées dans le Sud ségrégationniste et de toutes les brimades et tracasseries qui les ponctuent. Rosetta Tharpe bénéficie maintenant du statut d’artiste internationale, comme le signale par exemple une affiche annonçant un concert à Oakland le 1er août 1958 : “The World’s renown Sister Roset­ta Tharpe“.Le 9 septembre, une sensationnelle prestation que donne à New York la chanteuse-guitariste avec les excellentes Sally Jenkins Singers (7) dans une église de la Church Of God In Christ, est enregistrée par Mercury et publiée dans un album 33 tours sous le titre “The Gospel Truth”. Ce document donne l’exacte mesure de la présence scénique de Sister Rosetta devant son public : un parterre de fidèles qui réagit au quart de tour et “pousse” la chanteuse à donner le meilleur d’elle-même. Sans mésestimer les concerts européens, il n’est que de faire la comparaison entre ces manifestations publiques pour constater la différence qui existe lorsqu’un artiste est ainsi porté par sa communauté. Ajoutons que les deux tiers du contenu de ce microsillon n’avait encore jamais été enregistré précédemment. Signalons aussi qu’elle se produit, en octobre, au Town Hall de New York en compagnie des duettistes Sonny Terry et Brownie McGhee qui, invités également par Chris Barber, lui avaient succédé sur les scènes britanniques.

Son contrat avec Mercury n’ayant pas été renouvelé, Sister Rosetta Tharpe enregistre, avec une bonne chorale féminine et une petite formation instrumentale, un disque 33 tours, “Spirituals in Rhythm”, pour un obscur petit label, Omega, spécialisé dans la vente dans les drugstores et supermarchés. Disque curieux, dans lequel elle ne joue pas de guitare, et où se glissent quelques faiblesses au milieu de morceaux vifs et plus solides, mais qui a l’avantage de présenter la chanteuse dans un répertoire inhabituel pour elle. En effet, à côté de negro spirituals tradi­tionnels, figurent des compositions religieuses “pré-gospel” comme Never Alone (1897), God Leads Us Along (1903), ou encore Nothing Between et What Are They Doin’ In Heaven de Charles A. Tindley, le premier grand auteur noir de gospel songs. Bref, un contenu largement positif qui donne un album tout à fait honorable (8).Parmi les activités de Rosetta Tharpe, nous relevons un concert multiracial à Philadelphie le 27 juillet 1959 en compagnie du steel guitarist évangéliste Blind Willie Eason, un de ces vieux amis.En octobre et novembre de la même année, plusieurs séances sont organisées par la MGM en vue de la publication d’un album qui, comme le précédent, vise particulièrement le public blanc. Le répertoire, à nouveau original, varié et contrasté, mais nettement moins intéressant, appelle les mêmes commentaires, à savoir autant Rosetta est à l’aise dans les pièces enlevées où sa spontanéité n’est pas bridée, et dans les thèmes plus profonds qu’elle ressent particulièrement, autant sa voix et son expression directe s’accommodent mal de chants qui favorisent l’emphase et la grandiloquence, auxquelles, hélas, les arrangements et le chœur convoqué contribuent beaucoup. Par chance, celui-ci est resté chez lui lors de la dernière séance et les producteurs permettent à la chanteuse de brancher sa guitare pour le dernier morceau, un long et magnifique Precious Lord. Ce seul et unique album MGM ne restera pas parmi les réussites de Sister Rosetta Tharpe (9).

Nous ne terminerons pas cette année 1959 sans relever une curiosité (une de plus dans sa carrière) : un enregistrement qui occupe une face d’un 45 tours Carlton. Sister Rosetta Tharpe et le chanteur-pianiste soul Rex Garvin s’abritent sous le pseudonyme de “Marie & Rex” (sic) pour interpréter un I Can’t Sit Down particulièrement enlevé. L’autre face étant dévolue à la “vraie” Marie, la plupart des commentateurs, qui laissent souvent leurs oreilles au vestiaire, ont attribué l’interprétation à Marie Knight alors que la voix de Rosetta est reconnaissable entre mille, et que cette chanson est une version modernisée de son Sit Down enregistré en mars 1941 (10) ! Pour la petite histoire, cette face est entrée à la 94e place du Top 100 Rhythm & Blues.Fin janvier 1960, Sister Rosetta Tharpe se produit à l’Apollo de Harlem avec les Caravans et James Cleveland. La grande Sister du gospel a bien retrouvé sa place sous les projecteurs lorsqu’elle s’embarque une seconde fois, le 30 mars, pour l’Angleterre où l’attend Chris Barber pour une nouvelle tournée…
Jean BUZELIN
© Frémeaux & Associés
Auteur de Negro Spirituals & Gospel Songs, Chants d’espoir et de liberté (Éd. du Layeur/Notre Histoire, Paris 1998) ; collaborateur de la Gospel Discography de Cedric J. Hayes & Robert Laughton, il a révisé la discographie de Sister Rosetta Tharpe.

Notes :
1) Cf. Complete Sister Rosetta Tharpe Vol. 5 (FA 1305).
2) Sister Rosetta Tharpe est à Paris, interview de Jacques Demêtre (Jazz Hot N°129, février 1958) avec en couverture une photo de la chanteuse par Jean-Pierre Leloir ; suivi d’un blindfold test le mois suivant (Jazz Hot N°130, mars 1958).
3) Jacques Demêtre, Une grande “gospel singer“, Sister Rosetta Tharpe (Jazz Hot N°110, mai 1956) ; le Bulletin du Hot-Club de France lui a également consacré des papiers.
4) Entre autres, les débuts de Pierre Perret sur une grande scène parisienne.
5) François Postif, Jazz Me Blues (Outre Mesure, 1999).
6) Témoignage recueilli par Monique Pouget in Sister Rosetta Tharpe (Blues Magazine N°31 & 32, hiver & printemps 2004).
7) Trois titres n’ont pas été publiés : I Look Down the Line and I Wonder (17976), Sign of Judgment (17977), When I Make my Last Trip (17984). Par ailleurs, les Sally Jenkins Singers enregistreront plusieurs disques entre 1959 et 1969.
8) Cet album fera l’objet de nombreuses éditions sous différents labels, et des extraits figurent dans de multiples compilations ou, par exemple, mélangés à des titres de Little Richard avec qui Rosetta n’a jamais enregistré.
9) Un titre issu de chacune des trois séances est resté inédit : Somebody Bigger Than You and I (1075), You’ll Never Walk Alone (1082), et May The Good Lord Bless and Keep You (1143). Signalons que Light a Candle et Faith feront l’objet d’un 45 tours.
10) Cf. Complete Sister Rosetta Tharpe Vol. 1 (FA 1301).


Ouvrage consulté : Gayle F. Wald, Shout, Sister, Shout ! Beacon Press, Boston 2007) ; la vie de Sister Rosetta Tharpe.

Nous remercions chaleureusement Chris Barber pour nous avoir autorisé à reproduire le concert de Manchester, ainsi que Jacques Morgantini, Friederich Mühlöcker, Monique Pouget et Gayle Wald pour le prêt de leurs rares 45 et 33 tours.

Photos et collections: Jacques Basmoreau (photo recto : Limoges 1958), Chris Barber, X (DR)


english notes
On the 19 November 1957 Sister Rosetta Tharpe, accompanied by her husband and manager Russell Morrison, landed at London’s Heathrow Airport. The famous singer/guitarist had accepted an invitation from the young trombonist Chris Barber, leader of a very popular Dixieland band. However, in addition to his love of traditional jazz, Barber was one of the first Europeans to show an interest in the blues and popular Afro-American vocalists. In January of the same year he had accompanied Big Bill Broonzy and Brother John Sellers on tour. This was during the early days of the folk blues revival when traditional musicians began to evoke the curiosity of young white American and European fans, at the very moment that these singers were experiencing a fall-off in popularity with their regular audience. Sister Rosetta Tharpe was one of these. In 1956, after having quit Decca who had been responsible for her whole recording career so far, she had signed up with Mercury but neither her singles nor the first album were as successful as anticipated (1). As she later told Jacques Demêtre “I must admit I’m not satisfied with my last records and especially the LP “Gospel Train (…) Just imagine that during the first session, for high fidelity reasons, the sound engineers put a huge screen between me and my accompanists. (…) What can you do when you can’t even hear the people playing with you.” (2) Although only a few of her 45s were available in France, Jacques Demêtre devoted an article to her in Jazz Hot (3). However, concert organisers for the European tour due to last three weeks, were still hesitant. They hadn’t forgotten the mixed reception Mahalia Jackson received in 1952 and, while the blues were beginning to take off, how would audiences react to a singer of religious songs in the middle of a rock’n’roll boom?

Critics couldn’t see how the association of a gospel singer with a New Orleans band could work. Rosette, on the contrary, was thrilled and excited by this adventure into the unknown.The first concert took place on 22 November in Birmingham’s Town Hall in front of 2000 spectators, the programme billing “America’s Sensational Gospel Singing Favourite”. Chris Barber’s band, with singer Ottilie Patterson, played the first half and, after listening to her in the wings, Rosetta invited her to join her on stage at the end of her set to recreate a duo like that with Marie Knight. And this continued to work well throughout the tour. A tour in which Rosetta offered a broad sample of her previous hit records, except for Old Time Religion, a famous 19th century Negro spiritual. She had brought scribbled notes of several scores with her and simply indicated the key to the orchestra, leaving them to get on with it! However, Chris Barber also suggested she played a few pieces alone on stage with her guitar.In spite of the occasional negative criticism, the understanding between her and the band was excellent and she was warmly received by audiences. Until 14 December in Brighton nineteen concerts were given throughout England (Swansea, Cardiff, Leeds, Liverpool, Oxford …) including the one in Manchester on the 15 which was recorded. Although the sound recording was far from perfect (the guitar sounds a long way away from Rosetta!) this is an excellent illustration of her performances. As far as we know, this is the only recorded evidence of Rosetta Tharpe’s five months in Europe and our thanks are due to Chris Barber for his permission to include this in our compilation.

Connoisseurs were intrigued by the guitar, a Les Paul Gibson, tuned in C natural: “I pluck the strings upwards and not downwards as guitarists generally do. I use a plectrum on my right thumb.” (2)After the tour finished on 15 December, Sister Rosetta and Russell Morrison crossed the Channel and reached Paris on 18 December. On 9 January 1958 they went on to Barcelona to give several concerts before returning to Paris on the 14 where the singer immediately started a three-week stint at the Alhambra, one of the biggest Paris music halls at the time. She opened the bill as the American star, followed by Charles Trenet, as part of an eclectic programme that included various attractions (4). Madeleine Gautier (Bulletin du Hot-Club de France N° 75) and Jacques Demêtre in particular (Jazz Hot N°129) reported the event. The latter wrote: “It has to be admitted that some of us awaited with trepidation this first appearance on a Parisian stage. How would a music hall audience, more used to French variety performers than to traditional black singers, react to a strongly religious vocalist? How would the musicians chosen to accompany Sister Rosetta, including Pierre Spiers (in house bandleader at the Alhambra) conduct themselves? (…) From the very first evenings it was clear the gamble had paid off. Even the most secular and blasé of audiences found it hard to resist Rosetta’s charisma. (…) By the third show the orchestra, driven by her ardour and, above all her guitar, suddenly woke up and began to swing. The closing titles became a veritable jam session featuring notably some excellent counterpoint from Géo Daly (vib), Bernard Hullin (tp) and Benny Vasseur (tb).” In the same February issue Jacques Demêtre also published an interview with the singer while another, by François Postif appeared in March in Jazz Magazine N° 35 (5).

Demêtre who, each evening picked up the couple in his Renault 4CV at the Terrasse Hotel in Montmartre to take them to the Alhambra, remembers: “being in Sister Rosetta Tharpe’s company was an inspiring experience. Those who love her music could never be disappointed by her extraordinary personality. Her private life echoes the essential qualities of her music – dynamism, enthusiasm, sincerity and spontaneity. Along with kindness, simplicity and a total lack of pretension. These characteristics were present in everything she did, even her cooking which she loved doing.” (2)Her Paris contract over, Sister Rosetta moved on to Stuttgart on 13 February and then did three days in Monte Carlo from 14 to the 16. During all this travelling around, when she was free, she occasionally stopped off in some provincial towns where concerts were organised by the local branches of the Hot-Club de France: for example in Limoges where she was backed by Jean-Marie Masse’s band (6). She then went up to Copenhagen on 12 March where she appeared for two weeks. She was accompanied by an Anglo-Danish formation led by banjo-guitarist Diz Disley, a traditional jazz band featuring drummer Ginger Baker, future star of the rock band “Cream” with whom she got on very well. A further concert in Stockholm on 20 March was followed by a second UK tour, based on her continuing popularity everywhere she went. This time accompanied by Ken Colyer’s Jazzmen, she gave two concerts in London’s Royal Festival Hall on 29 March.After five months in Europe it was time to go home and, on 16 April, Sister Rosetta and her husband returned to the States where she was due to give a concert in Los Angeles on 23 and where she also sang at the Avant-Garde club.This enthusiastically received and unforgettable European trip was a great boost for the singer who really appreciated the warmth with which she had been welcomed and how Afro-American musicians were treated in general, put up in good hotels, accepted in big concert halls etc.

A far cry from the exhausting tours of the racist South with all the bullying and harassment. Rosetta Tharpe was now a recognised international star e.g. a concert poster in Oakland on 1 August 1958 billed her as “The World’s Renown Sister Rosetta Tharpe”. On the 9 September a sensational performance with the Sally Jenkins Singers (7) in a Church of God in Christ in New York was recorded by Mercury and issued as an LP entitled “The Gospel Truth”. It epitomises how Sister Rosetta was influenced by a coloured congregation that immediately reacted and drove the singer to give the very best of herself. Without underestimating the European concerts, the comparison with these performances underlines the difference that exists when she is uplifted by her own people. Two thirds of the titles on this LP had never been recorded before. Then, in October in New York’s Town Hall, she appeared alongside the duo of Sonny Terry and Brownie McGhee who Chris Barber had also brought over to England.When her contract with Mercury was not renewed, Sister Rosetta with a female choir and a small instrumental formation, recorded an LP “Spirituals in Rhythm” for an obscure small label, Omega, which specialised in drugstore and supermarket sales. An odd record on which she doesn’t play guitar and with occasional lapses in the middle of otherwise lively and solid pieces, but which does show her attacking a repertory outside her usual one. In fact, apart from traditional Negro spirituals, it includes pre-gospel compositions such as Never Alone (1897), God Leads Us Along (1903) plus Nothing Between and What Are They Doin’ In Heaven by Charles A. Tindley, the first great writer of gospel songs. Overall a satisfactory album (8). Among her other activities Rosetta Tharpe took part in a multi-racial concert in Philadelphia on 27 July 1959, alongside her old friend Evangelist steel guitarist Blind Willie Eason. In October and November the same year several sessions were set up by MGM with the idea of issuing an album which, like the previous one, would be aimed at white audiences in particular.

The repertory, again original and varied but decidedly less interesting, reveals once more that while Rosetta is at ease on spirited pieces where she can give free rein to her spontaneity and on more profound ones that she really feels, she is less comfortable with more grandiloquent songs. This is underlined by the arrangements and the studio choir which, fortunately, was not there for the last session when the producers allowed Rosetta to plug in her guitar for the final track, a long and magnificent Precious Lord. This one and only MGM album is certainly not one of her best (9). We can’t finish with 1959 without mentioning yet another oddity of her career: one side of a Carlton 45. Sister Rosetta and soul singer/pianist Rex Garvin played under the assumed names “Marie & Rex” on a particularly lively version of I Can’t Sit Down. The flip side being given over to the “real” Marie, most critics (so often cloth-eared!) attributed it to Marie Knight in spite of the fact that Rosetta’s voice is recognisable among thousands and that this title is an updated version of her Sit Down recorded in March 1941 (10)! Just for the record, this side reached N°94 in the Top 100 Rhythm & Blues. At the end of January 1960 Rosetta appeared at the Apollo in Harlem with the Caravans and James Cleveland. The great gospel singer had regained her place in the limelight when she set off a second time for England where Chris Barber was waiting to take her on a second tour…
Adapted from the French text of Jean BUZELIN by Joyce WATERHOUSE
Jean Buzelin is the author of Negro Spirituals et Gospel Songs, Chants d’espoir et de liberté (Ed. du Layeur/Notre Histoire, Paris 1998) ; and in collaboration on the Gospel Discography with Cedrc J. Hayes & Robert Laughton has revised Sister Rosetta Tharpe’s discography.

Notes:
1. See Complete Sister Rosetta Tharpe Vol.5 (FA 1305).
2. Sister Rosetta Tharpe in Paris, interview by Jacques Demêtre (Jazz Hot N° 129, February 1958) with a cover photo of the singer by Jean-Pierre Leloir; followed by a blindfold test the following month (Jazz Hot N° 130, March 1958).
3. Jacques Demêtre, A Great Gospel Singer, Sister Rosetta Tharpe (Jazz Hot N° 110 May 1956); articles also appeared in the Bulletin du Hot Club de France.
4. Including singer Pierre Perret who made his debut on a big Parisian stage.
5. François Postif, Jazz Me Blues (Outre Mesure, 1999).
6. Monique Pouget in Sister Rosetta Tharpe (Blues Magazine N° 31 & 32, winter & spring 2004).
7. Three titles were unissued: I Look Down The Line And I Wonder (17976), Sign Of Judgement (17977), When I Make My Last Trip (17984). Moreover, the Sally Jenkins Singers made several records between 1959 and 1969.
8. This album was issued under several different labels, with extracts appearing on numerous compilations or, for example, confused with titles by Little Richard with whom Rosetta never recorded.
9. One title from each of these three sessions remained unissued: Somebody Bigger Than You And I (1075), You’ll Never Walk Alone (1082) and May The Good Lord Bless And Keep You (1143) Light A Candle and Faith were issued on 45s.
10. See Complete Sister Rosetta Tharpe Vol. 1 (FA 1301).Works consulted:Gayle F. Wald, Shout, Sister, Shout (Beacon Press, Boston 2007), the life of Sister Rosetta Tharpe.


Warmest thanks to Chris Barber for permission to reissue the Manchester concert and to Jacques Morgantini, Frederich Mühlöcker, Monique Pouget and Gayle Wald for the loan of rare 45s and LPs.

Photos and collections: Jacques Basmoreau (cover photo: Limoges 1958), Chris Barber, X (DR)

CD 1
1. Introduction Chris Barber      
2. EVERY TIME I FEEL THE SPIRIT (Trad. - arr. C. Barber)         
3. FEED ME JESUS (R. Tharpe - M. Asher)       
4. DIDN’T IT RAIN (Trad. - arr. R. Tharpe)        
5. THIS TRAIN (R. Tharpe)   
6. UP ABOVE MY HEAD I HEAR MUSIC IN THE AIR (Trad. - arr. R. Tharpe)         
7. PEACE IN THE VALLEY (T.A. Dorsey)  
8. DOWN BY THE RIVERSIDE (Trad. - arr. C. Barber)         
9. OLD TIME RELIGION (Trad. - arr. C. Barber)
10. WHEN THE SAINTS GO MARCHING IN (Trad. - arr. C. Barber)
11. OLD TIME RELIGION (Reprise) (Trad. - arr. C. Barber)
12. ONE MORNING SOON (R. Tharpe)     16475
13. THE LORD’S PRAYER (A.H. Malotte)          17974
14. IT’S ME (R. Tharpe)          17975
15. STEAL AWAY (Trad. - arr. R. Tharpe) 17978
16. BRING BACK THOSE HAPPY DAYS (R. Tharpe)     17979
17. SAVIOUR DON’T PASS ME BY (R. Tharpe)   17980
18. I HAVE GOOD NEWS TO BRING (R. Tharpe)    17981
19. GO GET THE WATER (R. Tharpe) 17982
20. THINGS THAT I USED TO DO (AND I DON’T DO NO MORE) (K.B. Nubin) 17983
21. DIDN’T IT RAIN (Trad. - arr. R. Tharpe)          17985
22. BEAMS OF HEAVEN (C.A. Tindley)   17986

(1-11) Sister Rosetta Tharpe (g, vo), acc. Chris Barber Jazz Band (2, 6-11): Pat Halcox (tp), Chris Barber (tb, vo), Monty Sunshine (cl), Eddie Smith (bjo), Dick Smith (b), Graham Burbidge (dm), Ottilie Patterson (2nd vo on 10, 11). Live, Free Trade Hall, Manchester (GB), December 9, 1957.
(12-22) Sister Rosetta Tharpe (g on 16-22, vo), acc. unknown (p, except on 18, 21)(pipe org, except on 21), The Sally Jenkins Singers (female vo group on 12, 14, 15, 17, 20, 22, and hand clapping, 2nd vo solo on 13, 19, 22). Live, Church of God in Christ, New York City, September 9, 1958.

CD 2  

1. NOTHING BETWEEN (C.A. Tindley)
2. HE’S THE LILY OF THE VALLEY (Trad. - arr. R. Tharpe)       
3. SEEKING FOR ME (R. Tharpe)     
4. NEVER ALONE (F. Jackey - L.D. Pickett - arr. R. Tharpe)    
5. SHINE FOR JESUS (H. & B.M. Lillenas - arr. R. Tharpe) 
6. I DO, DON’T YOU (E.O. Excell - arr. R. Tharpe)      
7. GOD LEADS US ALONG (G.A. Young - arr. R. Tharpe)       
8. THE FAMILY PRAYER (B. Graham) 
9. WHAT ARE THEY DOIN’ IN HEAVEN (C.A. Tindley)
10. I SAW THE LIGHT (Trad. - arr. R. Tharpe)
11. BLOW YE THE TRUMPET IN ZION (Trad. - arr. R. Tharpe)
12. OH THE JOY THAT CAME TO ME (Trad. - arr. R. Tharpe)
13. I CAN’T SIT DOWN (N. Sherman - J. Keller)          CRC 611
14. I BELIEVE (E. Drake - I. Graham - J. Shirl - A. Stillman)           59-XY-1074
15. TWELVE GATES (Trad. - arr. R. Tharpe)   59-XY-1076
16. FAITH (Towle - Casey)    59-XY-1077
17. IF YOU BELIEVE (D. DiMinno - T. Powell)      59-XY-1078
18. WALK ALL OVER GODS HEAVEN (Trad. - arr. R. Tharpe)     59-XY-1079
19. IF I CAN HELP SOMEBODY (A.B. Androzzo)  59-XY-1080
20. LIGHT A CANDLE (SAY A PRAYER) (Howe - O’Neill)     59-XY-1081
21. I COULDN’T HEAR NOBODY PRAY (Trad. - arr. R. Tharpe)        59-XY-1083
22. WITHOUT HIM (Marks - Roach)          59-XY-1084
23. HE (J. Richards - R. Mullan)         59-XY-1141
24. BLESS THIS HOUSE (M. Brahe - H. Taylor)            59-XY-1142
25. TAKE MY HAND PRECIOUS LORD (T.A. Dorsey)         59-XY-1144

(1-12) Sister Rosetta Tharpe (vo), with The Southern Mission Choir (or Down Town Sisters-New Haven) (female vo choir, except 4, 11, 12), acc. unknown (p)(org)(g)(b)(dm)(hand clapping on 5, 11). New York City, 1958.
(13) Marie & Rex: Sister Rosetta Tharpe, Rex Garvin (vo), acc. unknown (ts)(p)(g)(b)(dm). New York City, 1959.
(14-18) Sister Rosetta Tharpe (vo), with choir, acc. unknown (p on 16, 17)(org)(g on 14, 16, 18)(b)(dm). New York City, October 21, 1959.
(19-22) Same, (p on 20, 21)(org)(g)(b)(dm)(celeste on 19)(chimes on 22). New York City, October 22, 1959.
(23-25) Sister Rosetta Tharpe (vo, g on 25), acc. unknown (org)(b)(dm). New York City, November 23, 1959.


CD Sister Rosetta Tharpe Vol 6 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Introduction Chris Barber - Chris Barber01'14
02 Every Time I Feel The Spirit - Sister Rosetta Tharpe03'40
03 Feed Me Jesus - Sister Rosetta Tharpe05'14
04 Didnt It Rain - Sister Rosetta Tharpe01'50
05 This Train - Sister Rosetta Tharpe06'17
06 Up Above My Head I Hear Music In The Air - Sister Rosetta Tharpe02'41
07 Old Time Religion Reprise - Sister Rosetta Tharpe05'12
08 When The Saints Go Marching In - Sister Rosetta Tharpe04'04
09 Peace In The Valley - Sister Rosetta Tharpe02'17
10 Down By The Riverside - Sister Rosetta Tharpe03'22
11 Old Time Religion - Sister Rosetta Tharpe01'58
12 One Morning Soon - Sister Rosetta Tharpe03'04
13 The Lords Prayer - Sister Rosetta Tharpe03'09
14 Its Me - Sister Rosetta Tharpe02'42
15 Steal Away - Sister Rosetta Tharpe03'15
16 Bring Back Those Happy Days - Sister Rosetta Tharpe04'00
17 Saviour Dont Pass Me By - Sister Rosetta Tharpe03'31
18 I Have Good News To Bring - Sister Rosetta Tharpe03'00
19 Go Get The Water - Sister Rosetta Tharpe02'17
20 Things That I Used To Do - Sister Rosetta Tharpe02'22
21 Didnt It Rain - Sister Rosetta Tharpe01'59
22 Beams Of Heaven - Sister Rosetta Tharpe03'57
CD 2
01 Nothing Between - Sister Rosetta Tharpe02'36
02 Hes The Lily Of The Valley - Sister Rosetta Tharpe01'36
03 Seeking For Me - Sister Rosetta Tharpe02'01
04 Never Alone - Sister Rosetta Tharpe02'22
05 Shine For Jesus - Sister Rosetta Tharpe01'56
06 I Do Dont You - Sister Rosetta Tharpe04'14
07 Go Leads Us Along - Sister Rosetta Tharpe04'26
08 The Family Prayer - Sister Rosetta Tharpe01'56
09 What Are They Doin In Heaven - Sister Rosetta Tharpe05'07
10 I Saw The Light - Sister Rosetta Tharpe01'53
11 Blow Ye The Trumpet In Zion - Sister Rosetta Tharpe02'17
12 Oh The Joy That Came To Me - Sister Rosetta Tharpe01'33
13 I Can T Sit Down - Sister Rosetta Tharpe01'55
14 I Believe - Sister Rosetta Tharpe02'51
15 Twelve Gates - Sister Rosetta Tharpe01'49
16 Faith - Sister Rosetta Tharpe03'00
17 If You Believe - Sister Rosetta Tharpe01'46
18 Walk All Over God S Heaven - Sister Rosetta Tharpe02'00
19 If I Can Help Somebody - Sister Rosetta Tharpe02'42
20 Light A Candle - Sister Rosetta Tharpe02'40
21 I Couldn T Hear Nobody Pray - Sister Rosetta Tharpe01'57
22 Without Him - Sister Rosetta Tharpe02'46
23 He - Sister Rosetta Tharpe02'51
24 Bless This House - Sister Rosetta Tharpe03'02
25 Take My Hand Precious Lord - Sister Rosetta Tharpe04'29
"Un must pour tout amateur de black gospel" par ABS Magazine

" Le premier cd illustre, en 11 morceaux, la rencontre improbable en Angleterre en 1957 entre un orchestre Dixieland anglais (celui du tromboniste Chris Barber) avec Sister Rosetta Tharpe, icône du black gospel traditionnel et par ailleurs guitariste hors du commun. Tout est réuni pour conduire à un fiasco et pourtant c'est l'inverse, le courant passe d'emblée - tant avec les musiciens anglais qu'avec un public conquis - dès le premier concert à Birmingham, le 22 novembre et pendant les 18 concerts suivants dont celui de Manchester, enregistré le 9 décembre 1957 et ensuite avec d'autres orchestres, à Paris, Barcelone, Stuttgart, Monte Carlo, Limoges, Copenhague, Stockholm et Londres à nouveau, le 29 mars 1958.
Après 5 mois passés sur le Vieux Continent c'est un retour triomphal au bercail, à New York le 16 avril 1958 et de nouveaux enregistrements avec The Sally Jenkins Singers en septembre de la même année dont les 11 faces, en live à la Church of God in Christ de New York, qui sont aussi reprises sur le cd1. Pour les faces "anglaises", tout est de grande qualité et l'entente est particulièrement au top dans des morceaux rapides comme Up above my head, Down by the riverside, When the saints (avec Ottilie Patterson qui force un peu sa voix mais est plus à l'aise sur Old time religion) ou lents comme Peace in the valley.
Quant aux faces avec les Sally Jenkins Singers, dont les splendides Bring back those happy days et Things I used to do, elles replacent Tharpe dans son contexte "normal": un public africain-américain, des partenaires  de la même communauté et une authenticité restaurée voire émouvante ou la ferveur et la communion spirituelle de tous les acteurs remplacent le caractère débridé et festif, quasi païen, des séances anglaises.
Le cd2 poursuit les gravures de Tharpe en 1958 et 1959 avec des chorales et des partenaires plus anonymes voire ternes, mais son charisme personnel est bien là, que ce soit dans les 12 faces où elle est soutenue par The Southern Mission Choir (ou Down Town Sisters - New Haven) dont se détachent He's the lily of the valley, Shine for Jesus, ou dans les 13 autres dont un duo torride  et enlevé (j'ai failli écrire "endiablé", mais c'eut été légèrement irrévérencieux...) avec le chanteur Rex Garvin et sa voix éraillée de soulman, et avec un sax ténor hurlant (I can't sit down). Neuf autres faces gâchées par des choeurs soporifiques et grandiloquents sont sauvées par Rosetta et sa voix superbe, et 3 faces assez ternes - sauf un Precious Lord syncopé, un peu décalé - sont au moins délivrées de ces chorales. Malgré cela, comme les 5 volumes précédents, celui-ci est un must pour tout amateur de black gospel. "
Robert SACRE - ABS MAGAZINE




"Tant de merveilles inédites..." par Libération

"L'intégrale des deux plus phénoménales vocalistes américaines de Negro Spirituals, Mahalia Jackson et Sister Rosetta Tharpe, est en cours de parution chez l'éditeur phonographique Frémeaux & Associés. Je viens d'écouter le Volume 9 du Mahalia: l'ouragan! Le volume 6 de Sister Rosetta? Le coup de boule, la méga-baffe. Le jeune Johnny Cash ne jurait que par elle. Tant de merveilles inédites... Par exemple, des 45 tours destinés au public noir et qui ne sont jamais ressortis composent le dernier volume du Mahalia Jackson. J'ai voulu découvrir comment on déniche pareilles pépites.
L'historien Jean Buzelin, directeur artistique des deux intégrales, m'accueille au studio Arts et Sons, à côté de la place de la République. Petite taille, barbichette, yeux plissés de scientifique, on dirait le professeur Tournesol, moins la veste verte, le chapeau, et le pendule. Son ouvrage sur le compositeur de Free Jazz hollandais Willem Breuker fait autorité. Dans l'atelier, le matériel de réhabilitation des sons m'impressionne. Le spécialiste devine la question. «Je suis en contact avec de nombreux collectionneurs dans le monde entier. Certains possèdent aussi des enregistrements d'émissions radio. Maintenant, avec les nouvelles techniques de numérisation, les détenteurs de perles envoient parfois des CD. Sinon, le studio dispose des techniques pour restaurer les vinyles.» Un technicien œuvre au transfert analogique avec Jean. Il nettoie le vinyle avec l'application d'un blanchisseur chinois. Le souci de l'historien dans le processus: retrouver la voix d'origine, le disque eût-il été gravé à la mauvaise vitesse (le travers apparaît parfois).
Je ressors de la démonstration convaincu: il est possible de retrouver l'intention des artistes qui entraient en studio, ou montaient sur scène. Une autre interrogation brûle mes lèvres. L'interlocuteur la devine. J'écoute Buzelin: je me régale. «Mahalia et Sister Rosetta ont toujours été en compétition. La première vedette féminine de Gospel, c'est Sister Rosetta. En 1938, l'orchestre de Lucky Millinder la recrute. La même année, John Hammond sollicite la guitariste de l'Arkansas pour le concert de Carnegie Hall. Le mélange de musique à la fois sacrée et profane, qui choque parfois les congrégations, n'entrave pas son ascension. Adoubée par Cab Calloway, elle franchit la barrière du public blanc au Cotton Club. Elle est l'unique musicienne de Gospel à enregistrer des Victory Discs, des 78 tours destinés à divertir les Gl'S pendant la guerre. Un premier disque de Mahalia Jackson passe inaperçu un peu plus tard. A l'inverse, le mélange des genres de Sister Rosetta influence toute une génération du rock (Little Richard, Chuck Berry et... Elvis!)»
Elvis? Sans blague! Buzelin confirme: «Le King avouera l'avoir entendue à Memphis. Du reste, comment qualifier d'un autre genre que le rock la version de This Train par Sister Rosetta? Au niveau de la voix, l'influence de l'église pentecôtiste domine. Le blues, cependant, marque profondément le jeu de guitare». L'Américaine tourne en Europe dans les années cinquante et soixante. Elle enflamme les salles comme L'Alhambra, à Paris, en première partie de Charles Trenet, en 1957. Séduit les amateurs de jazz.
Comment Mahalia, issue des rigoureuses églises baptistes de Chicago, a-t-elle pris le dessus sur elle? Jean Buzelin hausse les épaules. «Pas de surprise. Peu de voix marquent la musique noire comme celle de Mahalia. A la fin des années cinquante, elle finit par s'imposer. Enchaîne les tournées triomphales. Le label CBS la signe. Les producteurs visent la middle class américaine. La diva ne rechigne pas à leurs exigences commerciales, accepte de chanter des cantiques qui sortent du répertoire des Gospels, ne récuse pas quelques orchestres sirupeux. La puissance de sa voix résiste au traitement marketing. Résultat: elle vend des 33 tours dans le monde entier... tout en continuant à inonder le public noir de 45tours». En attestent Have You Any Rivers et For My Good Fortune (créé par Pat Boone), deux perles brillant dans le volume 9 de l'intégrale Frémeaux. Nous sommes alors en 1958. Mahalia Jackson devient l’une des artistes phares de la compagnie Columbia, tous genres confondus. Et Sister Rosetta perd chaque jour de son aura. Elle triomphe encore, comme en 1964 en Europe, avec Muddy Waters et le pianiste Otis Spann (vidéo sublime qui circule sous le manteau). Transmet l'esprit du Gospel, du Blues. Marque les cœurs. Las, Mahalia incarne pour le grand public la grande dame du Gospel. Cette dernière meurt en 1972. Sister Rosetta Nubin, épouse du prédicateur Thorpe, mourra en 1973 d'une attaque. La Gospelwoman de choc aura survécu un an à l'icône qui l'a supplantée sur le plus haut vitrail de la musique sacrée afro-américaine." par Bruno PFEIFFER © LIBÉRATION




« Un mouvement de renaissance du blues qui va donner son élan au rock britannique » Par Jazz News

" Dans ce nouveau volume de ses aventures, la plus bluesy des chanteuses de gospel (ou alors l’inverse) s’envole en Angleterre ou s’amorce un mouvement de renaissance du blues qui va donner son élan au rock britannique. Le compilateur de cette série a réussi l’exploit de se procurer les seuls enregistrements réalisés lors de cette tournée européenne. En dépit d’un son médiocre, l’aspect documentaire est primordial, tout comme les onze  spirituals captés sur le vif dans une église de New York lorsque la Sister retrouve les siens après avoir porté la Bonne Nouvelle en Europe."
-JAZZ NEWS





« Rêvons à rebours » par Jazzman-Jazzmag

Ce sixième volet de l’intégrale Sister Rosetta Tharpe débute en décembre 1957 au Free Trade Hall de Manchester où, lors d’une tournée européenne de près de cinq mois, la chanteuse-guitariste est accompagnée par l’orchestre du tromboniste Chris Barber qui la révèle à des auditoires britanniques encore étrangers aux holy roller singers de son abattage. Et qui ne s’entendent guère plus, en pleine déferlante du rock’n’roll, à la voir éclipser bien d’autres guitaristes en décochant son répertoire d’église avec le soutien d’un orchestre « trad » (dixieland). Barber a publié en 2008 ces dix titres live dans sa série « Lost & Found » (Classic Studio T) avec d’autres traces précieuses du temps des revivals dans ce qu’il eut de plus réparateur et vivifiant. Rosetta parle, chante et joue avec autant de naturel que de métier, son triomphe et éclatant. Auprès d’elle, plusieurs solistes sont à citer – Pat Halcox (tp), Monty Sunshine (cl), Barber. La prise de son est sommaire mais aussi bien transférée que possible. Si, dans quelques titres sans orchestre, la guitare de Rosetta est lointaine, jamais on ne l’oublie. Et Up Above My Head respire l’allégresse. Peu après, Rosetta assurait durant trois semaines la première partie de Charles Trenet au vieil Alhambra. Rêvons à rebours… L’autre « moment » de ce recueil tient dans les onze derniers titres du premier CD, enregistrés à la Church of God in Christ de New York, décor dans lequel Rosetta retrouve son public de base en septembre 1958, deux ans après avoir quitté Decca pour Mercury. Très beau Lord’s Prayer en duo, scansion de prédicatrice dans It’s Me, vigueur et pureté des voix dans Saviour Don’t Pass Me By, puis un Didn’t It Rain qu’électrise un solo de guitare. Le second CD regroupe des séances Omega et MGM bien pâles après les précédentes et destinées en partie à relancer Rosetta auprès du grand public, avec un certain succès du reste. Le tout s’achève heureusement par un excellent Precious Lord où la guitare remisée un moment, revient en majesté. Philippe BAS-RABERIN – JAZZMAN-JAZZMAG




"Tracks totally enjoyable" by Blues and Rythm

"Chris Barber’s spoken introduction for Sister Rosetta Tharpe in Manchester on 9th December 1957 is now a historical document in itself. It marks the start of the only known recording from Sister Rosetta’s five months in Europe at this time, when she had left Decca Records in the US and her popularity in her own country was a decline. These titles, up to the reprise of ‘Old Time Religion’ are really of mainly historical interest – I doubt somehow that a traditional gospel audience would have found much to excite them in Eddie Smith’s Dixieland banjo playing, or Sister’s under-amplified guitar work – but they present a side of the music that was lost more or less in a few years with the rise of The Rolling Stones et al, though Chris of course still carries on. Yes, some of this set is, from today’s vantage point, corny – ‘Old Time Religion’ especially – but just listen to the audience response after many numbers: ‘Down By The Riverside’ ends to absolutely thunderous applause. It would have been good to have been able to see what was going on – there is obviously a lot we are missing with only an audio record – bit these tracks are totally enjoyable, and Sister and the band had obviously worked hard on their mutual understanding.

The remaining titles on the first CD were recorded back in New York in September 1958 with The Sally Jenkins Singers in a Church Of God In Christ establishment, and the contrast with what just preceded it is perhaps unfair. This is Gospel in its natural environment, all declamatory vocals, swinging chorus, loud organ, plenty of two-way rapport with the congregation, and with many numbers Tharpe had not previously recorded. Rosetta’s lengthy introduction to ‘Bring Back Those Happy Days’ is a fond reminiscence of her youth – or is just to please the down-home audience ? Whatever, the track itself sports some fine, ringing guitar work – and this version of ‘Didn’t It Rain’ is a very lively and loud solo item. The first  dozen titles on the second CD originated from the Omega label (though material from it has since appeared on many others labels), with piano, organ, bass and drums backing Sister  and a choir billed as either ‘The Southern Mission Choir’ or ‘Down-Town Sisters-New Haven’. Sister left her own guitar at home for this session and the music is generally rather more formal and restrained – though ‘The Family Prayer’ is something of a stormer – and there are subtle echoes of late fifties pop music in places, but overall the material is worth a listen. And ‘Blow Ye The Trumpet In Zion’ would have been a good one to record with Chris Barber! Less worthwhile is Sister’s 1959 album for MGM, from ‘I Believe’ to the ends of the CD. The songs are generally pop-flavoured, the backing vocals unbelievably square, and the arrangements totally unsuitable – I’m being polite. ‘Twelve Gates’ is laughable, with its only redeeming feature being that it mercifully is well short of two minutes long. Thank God for the skip button! Don’t quite go to the eject button straight away though – the budget ran out for the closing number and someone remembered Rosetta could play guitar. ‘Take My Hand Precious Lord’ is a fine performance with Tharpe’s playing sounding very much like Guitar Slim! Sandwiched between the two albums on CD2 is the Marie & Rex title, a poppy duet with doo-wopper and later soul singer Rex Garvin, recorded for Carlton and often attributed to Marie Knight, who did sing the flip. The song itself is an updating of Rosetta’s 1941 recording, ‘Sit Down’, and just scraped into the r&b charts.

 A collection like this is of course of most interest to those who have followed the series so far, and whilst this does not contain ‘the best’ of Tharpe’s discography, it does show just how consistent she could be. Those Chris Barber recordings are also of immense interest to anyone wanting to examine the impact of African-American music in Europe in the 1950s."

Norman DARWEN – BLUES & RYTHM





« Deux réussites totales, et deux atmosphères complètement différentes. » par Soul Bag

"Sixième volume d’une intégrale que Soul Bag chronique régulièrement depuis plus de dix ans. Voici Rosetta Tharpe arrivé à la fin de sa fructueuse carrière chez Decca. Fin 1957, invitée par Chris Barber, chef d’un ensemble Dixieland anglais, elle entama une triomphale tournée en Europe qui du même coup relança sa popularité en Amérique. Ce premier CD nous offre un concert avec Chris à Manchester et, fin 1958, l’enregistrement d’une séance live dans une église new-yorkaise. Deux réussites totales, et deux atmosphères complètement différentes. En Angleterre, la Sister est visiblement fort à l’aise, elle enthousiasme ses partenaires par sa fougue, attise les solos par ses encouragements, domine un orchestre qui sait se faire discret quand elle chante « little prayers for the Lord » ou prend des solos de guitare inspirés (et malheureusement plutôt mal enregistrés). Elle conquiert son public par son humour et ses jeux de scène, qu’on ne peut évidemment que deviner, et par l’ambiance de fête qu’elle engendre. La salle la récompense par de folles ovations. Le public de l’église américaine est beaucoup moins nombreux, mais réagit à bon escient. Rosetta, plus extatique ici, plus spirituellement engagée, est magnifiquement accompagnée par les Sally Jenkins Singers, qui l’appuient de leurs battements de mains, de leurs « yeah ! » bien placés, et qui savent dialoguer avec elle, prestation où excelle Sally de sa voix déchirée. Le second CD est loin d’atteindre ce niveau. La plus grande partie nous fait entendre deux choeurs, l’un plus sentimental que convaincu (les Down Town Sisters), et l’autre, anonyme, franchement imbuvable, noyant Rosetta dans un bain « angélique ». Il reste quelques heureuses réussites : les deux derniers morceaux, intenses, et un curieux duo avec Rex Garvin."
Par André FONTEYNE – SOUL BAG





"Comme d’habitude chez Frémeaux le son est impeccable" par Le cris du Coyote

"Voici déjà le 6ème épisode des aventures musicales de soeur Rosetta (1958 et 1959, en réalité le 1er CD débute en décembre 1957). Ce double opus, comme de coutume chez Frémeaux pour ses sagas, est intéressant à plus d’un titre, en particulier pour quatre facettes du talent et du répertoire de la frangine (on l’aurait bien vue dans Sister Act). Le 1er CD réunit deux concerts, un à Manchester avec l’orchestre de l’Anglais Chris Barber, lors d’une tournée britannique, l’autre à l’église (Dieu dans le Christ) à New York. Au départ, l’association Tharpe/ Barber ressemble au mariage de la carpe et du lapin, GOSPEL mais elle fonctionne finalement très bien, avec bon nombre de titres en jazz néo-orléanais très allègre. Le concert à New-York comporte une majorité de titres qui balancent bien, me réconciliant avec l’orgue (un vrai, à tuyaux, pas celui qui noie les sons), joué ici de façon dynamique. Le 2nd CD, avec une mi-temps constituée par un titre très sautillant en duo avec Rex Garvin, comporte deux parties. Une avec choeur à la présence efficace (là encore, rien à voir avec ceux, bêlants, de la country ou du R'n'R variété), oscille entre morceaux balançant bien et ballades qui font penser à celles d’Elvis sur ses albums gospel ou de Noël. L'autre suit l’évolution musicale qui affecte alors aussi le R'n'R : basculement dans la variété, aussi bien sur les ballades que sur les titres rythmés. Comme d’habitude chez Frémeaux le son est impeccable (celui du temple donne l’impression de se trouver au milieu des fidèles) et le livret de Jean Buzelin au niveau habituel. Nous l’avons déjà souligné, Frémeaux n’a rien à envier à Bear Family. Recommandé."
Par Bernard BOYAT - LE CRIS DU COYOTE N° 126 (décembre 2011 / janvier 2012)




« La grande dame de l’art » par Jazz Hot

Ce 6ème coffret de l’intégrale se Sister Rosetta Tharpe réunit 47 faces de la période 1958-1959. Le répertoire rassemble quelques grands standards du negro spiritual et du gospel song, dont les siens, repris par la chanteuse dans divers contextes. L’album 1 s’ouvre sur les dix faces enregistées en public en Grande-Bretagne accompagné par l’orchestre du tromboniste britannique Chris Baber. La chanteuse joue le jeu et conquiert immédiatement son public. Les autres faces viennent des albums Mercury (MG20412) et Omega (OML 1031). Lorsqu‘elle grave ces faces, Sister Rosetta a entamé la quarantaine, âge considéré comme avancé à cette époque (elle est morte à moins de 60 ans en 1973). Et pourtant, à chacun de ses concerts, elle se donnait avec une générosité qui emportait l’enthousiasme du public (l’enregistrement public au Free Trade Hall de Manchester le 9 décembre 1957 a dû secouer les groupes anglais qui commençaient à apparaître à l’époque). Qu’elle soit accompagnée, comme dans la plupart de ces enregistrements, ou en solo avec une guitare, Sister Rosetta Tharpe, provoquait le même émotion ; elle possédait un don de conteur et un talent de prêcheur qui rendait sa parole aussi puissante qu’émouvante (« Feed Me Jesus », « Didn’t It Rain »…). Elle avait le talent pour distancier et conserver une part d’humour dans son chant (« This Train »). Dans le livret, Jean Buzelin rappelle avec justesse les conditions de sa tournée européennes en 1957 en compagnie de son mari et producteur Russel Morrison, dont nous entendons ici une dizaine de morceaux donnés en public à Manchester. Mahalia Jackson était la grande dame de l’art. Mais au début des années cinquante, sa tournée ne rencontra pas le succès escompté. Cette tournée de Sister Rosetta, dans un contexte historique et musical plus favorable, fut l’occasion pour les amateurs de jazz en Europe de découvrir réellement la tradition populaire du chant religieux afro-américain, dont Jacques Demêtre fut l’un des meilleurs promoteurs dans les articles de Jazz Hot (N°129 et 130, 1958). Sister Rosetta fut certes une chanteuse de première importance mais les commentateurs oublient trop souvent son talent de guitariste dans la plus pure tradition des très grands blues-men. Elle avait une étonnante capacité de tenir une sorte de conversation avec son instrument (« This train »), en jouant avec à propos à la grande joie des auditeurs. Cette dame maniait sa guitare avec vigueur et il se dégageait d’elle une passion du partage qui ne pouvait que générer une empathie troublante. Ces deux CDs nous ramènent un demi-siècle en arrière. Ces faces ont gardé la même fraîcheur, la même intensité de joie intérieure que cette tradition du gospel song engendre. Chaque plage constitue plus qu’une scène, plus qu’une épopée, une expérience spirituelle vécue ressuscitée dans l’instant. Félix W. SPORTIS – JAZZ HOT




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