INTEGRALE MAHALIA JACKSON VOL 6

INTEGRALE 1955-1956

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FA1316

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"La voix et la ferveur extraordinaires de Mahalia Jackson lui permettent de transcender tout ce qu’elle chante : les hymnes traditionnels comme les standards et les chants de Noël.
Ce 6ème volume de l'Intégrale Mahalia Jackson couvre les années 1955 et 1956." Jean Buzelin et Patrick Frémeaux

"Mahalia Jackson’s voice and extraordinary passion enabled her to transcend everything she sang, whether traditional hymns, standards or Christmas carols. This Complete Mahalia Jackson 6th volume presents years 1955 and 1956."
Jean Buzelin & Patrick Fremeaux


1955 (Columbia) : Silent Night, Holy Night • O Little Town Of Bethlehem • Go Tell It On The Mountain • White Christmas • I Wonder As I Wander • Sweet Little Jesus Boy • The Holy Babe • No Room At The Inn • Joy To The World • O Come All Ye Faithful • A Satisfied Mind • The Bible Tells Me So • I Asked The Lord • I’m Grateful • Down By The Riverside - Take 1 • Trouble In My Way - Take 1 • Without A Song • Joshua Fit The Battle Of Jericho • The Lord Is A Busy Man • 1956 (Columbia) : ‘Round The Rainbow.

Droits : Frémeaux& Associés"

COMPLETE MAHALIA JACKSON VOL.6

COMPLETE MAHALIA JACKSON 
INTÉGRALE MAHALIA JACKSON  VOL. 6 1955-1956 









Nous avons quitté Mahalia Jackson, à la fin du volume 5 de notre intégrale, pour ainsi dire entre deux portes, au soir du 1er juin 1955, après une séance de studio pendant laquelle elle venait d’enregistrer trois morceaux avec le soutien d’une grande formation dirigée par le chef d’orchestre Ray Ellis. Retrouvons-là, la veille pour une première série de chants destinés à composer un album pour Noël. À côté du célèbre Silent Night, qu’elle a déjà enregistré pour Apollo en 1950, et qui a fini par être assimilé à un “vrai” spiritual grâce à quelques grandes voix noires qui ont donné quelque poids à cette Douce nuit, Mahalia doit se  coltiner quelques mélodies qu’adorent les Américains. On y trouve l’inévitable White Christmas créé par Bing Crosby(1), O Little Town Of Bethlehem, Joy To The World, l’hymne latin Adeste Fideles, etc, et autres  rengaines familiales que l’on chante autour du sapin ! Il est toutefois curieux que Mahalia Jackson, qui a toujours refusé de chanter un répertoire de jazz, accepte de se plier aux exigences de ses producteurs en interprétant des chansons qui n’ont rien à voir avec la tradition afro-américaine. À partir du moment où il s’agit de chansons (vaguement) religieuses, doit-elle accepter de tout chanter ? Évidemment, pour ajouter au côté grandiose de l’opération, des arrangements ont été  commandés à Sid Bass qui, lors de la pre­mière séance, dirige, sur deux morceaux, un grand orchestre de studio avec une large section de cordes. Par chance, un petit espace de liberté à été laissé à Mahalia qui en a profité, en  l’absence de l’orchestre, pour reprendre notamment un vieux negro spiritual traditionnel, Go Tell It On The Mountain (également enregistré pour Apollo en 1950), donnant libre cours à son grand talent, sa ferveur et sa foi authentique. Mahalia revient le surlendemain pour terminer l’enregistrement de ses chants de Noël. Heureusement, la pianiste Mildred Falls et l’organiste Ralph Jones ont repris leur place derrière leurs claviers respectifs, et l’on voit poindre la silhouette inattendue de Lionel Hampton  soi-même derrière son vibraphone. Foin de cordes, de cuivres et de bois, mais une chorale destinée probablement à accentuer l’aspect confraternel de la Fête de la Nativité. Bon. Encore une fois, l’éclectisme est de rigueur. Mahalia chante Joy To The World, composé par Haendel sur le psaume 98, et recueilli par le Dr. Isaac Watts dans son “Hymns & Spiritual Songs” publié en Amérique en 1739 et qui, depuis plus de deux siècles, constitue la base du répertoire des spirituals chez les Blancs comme chez les Noirs. Elle interprète également l’hymne latin Adeste Fideles, que tout petit chanteur, avec ou sans croix de bois, a chanté durant sa jeunesse ; écrit en 1740 par John Francis Wade, il a été traduit en anglais par Frederick Oakley sous le titre O Come All Ye Faithful. Trois chants cependant peuvent se rattacher à la tradition afro-américaine : Sweet Little Jesus Boy, œuvre de Robert McGimsey,  l’auteur du célèbre Shadrack, le grand succès du Golden Gate Quartet(2), The Holy Babe, adapté du negro spiritual traditionnel Go Where I Send Thee, et No Room At The Inn. Deux mois plus tard, Mahalia Jackson enregistre exceptionnellement dans sa ville de  Chicago, la Cité des Vents qu’elle n’a jamais quitté en dépit des appels de New York, la capitale de l’industrie musicale, et malgré les vexations racistes. Par exemple quand elle “trouva difficile d’admettre que des Blancs qui étaient venus l’écouter en grand nombre, autant aux Etats-Unis qu’à l’étranger, pouvaient se sentir plus ou moins solidaires de ceux qui, en 1955, avaient criblé de balles ses vitres, lorsqu’elle acheta une maison dans un quartier de Chicago, occupé auparavant par des Blancs”(3). En compagnie de Mildred Falls, de Ralph Jones et d’une section rythmique locale, elle retrouve les Jack Halloran Singers qui ont participé à ses émissions de radio. Si ce  quartette vocal blanc est, professionnellement, au-delà de toute critique, qu’il nous soit  permis de regretter que l’on n’ait pas songé, ou voulu, faire appel à un vrai quartette de  gospel pour lui donner la réplique, comme autrefois les Selah Singers ou les Southern Harmonaires. A Satisfied Mind/The Bible Tells Me So font l’objet d’un nouveau single (4-40554), tandis que The Lord’s Prayer, rejeté, sera réenregistré l’année suivante.

Après sans doute quelques obligations et  tournées harassantes, Mahalia retombe malade et doit être hospitalisée le 10 septembre. Trois semaines plus tard, la chanteuse est sur pieds pour retourner en studio. Et cette fois, changement de décor, de répertoire et de musiciens puisqu’une section rythmique  d’excellents jazzmen se joint à la paire Mildred Falls-Ralph Jones. Dans cet environnement stimulant, Mahalia Jackson laisse libre cours à son swing naturel, à son allant et à sa générosité, en recréant quelques vieux negro spirituals connus de tous comme Down By The Riverside et Joshua Fit The Battle Of Jericho qu’elle n’avait pas encore gravé sur disque, ou encore le superbe Trouble In My way  composé par Roberta Martin (1907-1969). Grande pionnière du gospel associée autrefois à Thomas A. Dorsey, elle venait d’enregistrer ce titre sur Apollo avec ses Roberta Martin Singers et son chanteur soliste Norsalus McKissick. Un standard joliment interprété, Without A Song, figure également au programme, de même que I’m Grateful, non publié à l’époque, et qui contient une formidable partie de piano  de Mildred Falls. Quelques mois plus tard, Mahalia donnera d’autres versions de quelques-uns de ces titres, ainsi que son  medley réunissant Summertime et Sometimes I Feel Like A Motherless Child(4) dont la mouture enregistrée ce jour n’a pas dû suffisamment convaincre. Par contre, elle demande en vain d’enregistrer Precious Lord, Take My Hand, la célèbre et bouleversante composition de Thomas A. Dorsey — notre Irving Berlin, comme elle l’appelle — qu’elle chante depuis toujours et dont elle n’a pas encore laissé la trace dans la cire ou le vinyle. Elle devra encore patienter pour interpréter, derrière les micros, “ce chant qui, pour elle, signifie réellement quelque chose pour les gens qui ont été opprimés”(5). Quelques jours après, la chanteuse se retrouve au studio en tout autre compagnie, puisque le chef Sid Bass est de retour avec un orchestre jazzy. Des quatre titres engrangés ce jour-là, seul The Lord Is A Busy Man, imposé comme il se doit par Mitch Miller, sera publié et rejoindra You’re Not Living In Vain sur un 45 tours (4-40610). Par chance, Down By The Riverside et Trouble In My way, essayés dans ce contexte, ne seront pas retenus. Un petit examen des 45 tours de Mahalia Jackson publiés pour le marché pop permet de constater qu’ils disparaîtront du catalogue et que la plupart des titres de ces disques “commerciaux” ne seront pas repris en 33 tours ! De là à conclure qu’ils n’étaient destinés qu’à la consommation immédiate…

Avant les fêtes de fin d’année, le fameux album de chants pour Noël paraît enfin. Il est intitulé d’abord “Sweet Little Jesus Boy”(Columbia CL 702) puis réédité, en Europe, sous le titre “Joy To The World“. Apprécié par les uns, il est critiqué par les autres qui le considèrent comme un disque de jazz ! Chacun jugera à l’écoute, un demi-siècle plus tard, du degré de “jazzité” de ces interprétations. Mais tous s’accorderont pour constater que, à un ou deux morceaux près, elles n’ont qu’un lointain rapport avec les negro spirituals et les gospel songs authentiques. Mais il y la voix, évidemment… Au début de l’année 1956, Mahalia Jackson se produit au Massey Hall de Toronto puis effectue plusieurs tournées dans le centre et le sud du pays, en compagnie notamment de son vieux partenaire, le chanteur et pianiste Robert Anderson. Ses prestations scéniques s’accompagnent souvent d’invitations aux chaînes de télévision. Ces émissions permettront par ailleurs à de nombreux Blancs du Sud, en général pas très accueillants envers les artistes de couleur, à commencer à s’intéresser au “phénomène” Mahalia Jackson. Le 7 mars, la chanteuse, de retour à New York, enregistre quatre morceaux qui seront rejetés par les producteurs et réenregistrés trois semaines plus tard. Deux des trois titres tournés le 19 subissent le même sort provisoire. Seul ‘Round The Rainbow sera conservé. Quelques jours plus tard, le 23 mars, Mahalia est invitée à la Maison-Blanche pour l’anniversaire de Madame la Présidente. Le Général républicain Eisenhower a pris ses fonctions depuis peu. Qu’à cela ne tienne, la chanteuse se rendra ensuite, en compagnie du révérend C.L. Franklin (le père d’Aretha), à la Convention nationale démocrate où elle retrouvera le Dr. Martin Luther King, autrefois rencontré à Birmingham, en Alabama. En ce milieu des années 50, Mahalia Jackson est devenue l’une des grandes figures de l’Amérique noire, et même des Etats-Unis en général. Sans aucun doute, au sein de l’establishment et de la société, majoritairement blanche, elle s’est présentement installée comme l’une des ambassadrices de sa communauté et de la culture noire en général. Grâce à sa voix, sa présence, sa personnalité et son immense talent qui transcende tous les genres, Mahalia Jackson a largement mérité la place qu’elle occupe aujourd’hui, place si chèrement et durement payée. Son chemin n’est pas  terminé, loin de là…
Jean Buzelin
Auteur de Negro Spirituals et Gospel Songs, Chants d’espoir et de liberté (Ed. du Layeur/Notre Histoire, Paris 1998).

© 2008 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Notes :
1) Sister Rosetta Tharpe avait également été “obligée“ d’enregistrer Silent Night et White Christmas quelques années auparavant ; voir Complete Sister Rosetta Tharpe Vol.3 (FA 1303).
2) Voir Golden Gate Quartet Vol.2 (FA 5093).
3) In Phyl Garland : Les Dieux du Soul (Buchet/Chastel, Paris 1972), traduit par Yvonne et Maurice Cullaz.
4) George Gershwin a repris la trame harmonique de Sometimes I Feel pour écrire Summertime, l’un des airs majeurs de « Porgy and Bess ».
5) In Mahalia de Laurraine Goreau.

Ouvrages consultés :
Laurraine Goreau : Mahalia (Lion Pub., UK 1976 – 2e édition)
Jules Schwerin : God To Tell It : Mahalia Jackson (Oxford University Press, 1992)
Anthony Heilbut : The Gospel Sound (Limelight Ed., NYC 1992 – 4e édition)

Nous remercions Friedrich Mühlöcker, Étienne Peltier et Robert Sacré pour le prêt de certains disques rares de leur  collection, ainsi que Jean-Paul Guiter, Robert Laughton et Gayle Wald.
Photos & collections : X (D.R.)  

ENGLISH NOTES
At the end of volume 5 of our complete series we left Mahalia Jackson on 1 June 1955 in the evening at, as it were, a turning point in her career, after a studio session during which she had just recorded three titles, including two with the backing of a big band conducted by band leader Ray Ellis. We find her now the previous evening for the first session of songs destined to form a Christmas album. In addition to the well known Silent Night which she had already recorded for Apollo in 1950 and that was now considered a true spiritual thanks to several great interpretations by black artistes, Mahalia was landed with some tunes beloved by the American public: the inevitable White Christmas created by Bing Crosby(1), O Little Town Of Bethlehem, Joy To The World, the Latin carol Adeste  Fideles and other hackneyed family favourites always sung around the Christmas tree! However, it is curious that Mahalia Jackson, who had always refused to sing a jazz repertoire, accepted the demands of her producers by interpreting songs that had nothing to do with the Afro-American tradition. When it was a question of even faintly religious songs, was she forced to agree to sing everything?  Obviously to add a certain dignity to the whole undertaking, the arrangements were by Sid Bass who, during the first session, on two titles, conducted a big studio band with a large string section. By chance, a tiny bit of freedom was left for Mahalia who took the opportunity, in the absence of the big band, to reprise notably the old traditional Negro spiritual Go Tell It On The Mountain (also recorded for Apollo in 1950), giving free rein to her outstanding talent, her fervour and her true beliefs. 

Mahalia returned two days later to finish her recordings of Christmas carols. Fortunately, pianist Mildred Falls and organist Ralph Jones had taken up their places at their respective keyboards and, looming in the background, there was the unexpected silhouette of Lionel Hampton himself behind his vibraphone. No more strings, brass or woodwinds but a choir probably intended to underline the all-embracing aspect of Christmas. Good. The choice of titles is once more wide ranging. Mahalia sings Joy To The World, composed by Handel based on Psalm 98 and included by Dr. Isaac Watts in his “Hymns & Spiritual Songs” published in America in 1739 and which, for over two centuries, has formed the basis of the repertoire of spirituals for white Americans as well as black. She also interprets the Latin hymn Adeste Fideles that all young children have sung in their youth; John Francis Wade wrote the words and music in 1740 and it was translated into English by Frederick Oakley under the title O Come All Ye Faithful. However, three songs are part of the Afro-American tradition: Sweet Little Jesus Boy, a work by Robert McGimsey, composer of the famous Shadrack; a big hit for the Golden Gate Quartet(2); The Holy Babe, an adaptation of the traditional Negro spiritual Go Where I Send Thee, and No Room At The Inn. Two months later Mahalia recorded exceptionally in her home town of Chicago, the Windy City that she had never left, in spite of repeated appeals from New York, the capital of the music industry, and racial problems. For example she “found it hard to accept that some of the white men who flocked to hear her, in the States as well as abroad, could more or less support those who, in 1955, riddled her window panes with bullet holes when she bought a house in a district of Chicago previously occupied by whites”(3). Accompanied by Mildred Falls, Ralph Jones and a local rhythm section, she teamed up again with the Jack Halloran Singers who had taken part in her radio shows. While this white vocal quartet is professionally above criticism, it is nevertheless regrettable that no-one thought (or wanted to?), of calling on a true gospel quartet to support her, as the Selah Singers or the Southern Harmonaires had once done. A Satisfied Mind/The Bible Tells Me So were the subject of a new single (4-40554), while The Lord’s Prayer, rejected, would be recorded the following year.  After some doubtless exhausting engagements and tours, Mahalia fell ill again and had to be hospitalised on the 10 September. 

Three weeks later the singer was fit enough to return to the studio. And, this time, there was a change of setting, repertoire and musicians as a rhythm section of excellent jazzmen joined the  Mildred Falls/Ralph Jones duo. In this stimulating environment Mahalia Jackson gave free rein to her natural swing, to her drive and generosity of spirit, by recreating several old familiar Negro spirituals such as Down By The Riverside and Joshua Fit The Battle Of Jericho that she had not yet recorded, plus the superb Trouble In My Way composed by Roberta Martin (1907-1969). This latter great Gospel pioneer, who had once worked with Thomas A. Dorsey, had just recorded the title on Apollo with her Roberta Martin Singers and her soloist singer Norsalus McKissick. A nicely interpreted standard, Without A Song, was also part of the programme as was I’m Grateful, unissued at the time and that contains a wonderful piano part from Mildred Falls. A few months later Mahalia did different versions  of some of these titles, as well as her medley  combining Summertime and Sometimes I Feel Like A Motherless Child(4) of which the remake recorded that day could not have been sufficiently convincing. On the other hand, she asked in vain to record Precious Lord, Take My Hand, Thomas A. Dorsey’s deeply moving composition - our Irving Berlin as she called him - that she had always sung and had still never recorded. She had to wait some time longer before being able to cut “this song that, for her, really represented something for all the people who were oppressed”(5). A few days later the singer found herself back in the studio in quite different company for bandleader Sid Bass was back with a jazzy orchestra. Of the four titles stored up on this date only The Lord Is A Busy Man, insisted on of course by Mitch Miller, would be issued as a 45 (4-40610). By chance Down By The Riverside and Trouble In My Way, also tried out in this context, were not kept. A brief examination of Mahalia Jackson’s 45s issued for the pop market reveals that they disappeared from the catalogue and that most of these commercial records were not reissued as 33s! One can only conclude that they were intended for immediate consumption only…

In time for the festive season, the famous album of Christmas carols finally appeared. It was originally entitled “Sweet Little Jesus Boy” (Columbia CL702) then reissued in Europe under the title “Joy To The World”. Appreciated by some, it was criticised by others who considered it a jazz record! Listeners can judge for themselves the degree of jazziness in these interpretations. However, all agree that, apart from a couple of pieces, they have only a vague connection with true Negro spirituals and gospel songs. Of course, there is always the voice… At the beginning of 1956 Mahalia Jackson appeared at the Massey Hall in Toronto before undertaking several tours in the mid and southern states, accompanied notably by her old partner, singer and pianist Robert Anderson. Her stage appearances often resulted in invitations from TV stations. Moreover, these broadcasts enabled numerous white Southerners, generally not very open to coloured artistes, to become interested in the Mahalia Jackson  “phenomenon”. On 7 March, back in New York, she recorded four titles that were rejected by the producers and recorded again three weeks later. Two of these three titles cut on the 19 suffered the same  fate. Only ‘Round The Rainbow was retained. A few days later, on the 23 March, Mahalia was invited to the White House for the First Lady’s birthday. Republican General Eisenhower had not been in office long. So that nothing might be read into this the singer, accompanied by the Reverend C.L. Franklin (Aretha’s father), then went to the national Democratic convention where she met Dr. Martin Luther King whom she had already met in Birmingham, Alabama. By the mid-50s Mahalia Jackson had become one of the great figures of black America, even of the United States in general. There is no doubt that she was now firmly installed within the white establishment as an ambassadress of her community and back people overall. Thanks to her voice, her presence, her personality and immense talent which transcends all genres, Mahalia Jackson fully deserves the place she occupies today, a place so dearly paid for. Her journey is still not finished, not by a long way…
Adapted from the French text of Jean BUZELIN by Joyce WATERHOUSE
© 2008 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS
   

Notes:
1) Sister Rosetta Tharpe had also been “obliged” to record Silent Night and White Christmas a few years previously: see Complete Sister Rosetta Tharpe Vol. 3 (FA 1303).
2) See Golden Gate Quartet Vol. 2 (FA 5093).
3) In Phyl Garland: Les Dieux du Soul (The Sound of Soul) (Buchet/Chastel, Paris 1972).
4) George Gershwin took the harmonic theme of Sometimes I Feel Like A Motherless Child when he wrote Summertime, one of the great tunes from “Porgy and Bess”.
5) In Mahalia by Laurraine Goreau. 

Works consulted:
Laurraine Goreau: Mahalia (Lion Pub. UK 1976 – 2nd edition).
Jules Schwerin: God To Tell It: Mahalia Jackson (O.U.P., 1992).
Anthony Heilbut: The Gospel Sound (Limelight Ed., NYC 1992 – 4th edition) 

Grateful thanks to Friedrich Mühlöcker, Etienne Peltier and Robert Sacré for the loan of certain rare records from their collections, and Jean-Paul Guiter, Robert Laughton and Gayle Wald. 
Photos & collections: X (D.R.) 

discographie
01. SILENT NIGHT, HOLY NIGHT (F. Grüber - Mohr - arr. M. Jackson) CO56462
02. O LITTLE TOWN OF BETHLEHEM (L. Phillips Brooks - Redner) CO no mx 
03. GO TELL IT ON THE MOUNTAIN (Trad.) CO no mx
04. WHITE CHRISTMAS (I. Berlin) CO no mx
05. I WONDER AS I WANDER (L. Berio) CO no mx
06. SWEET LITTLE JESUS BOY (R. McGimsey) CO59085
07. THE HOLY BABE (Trad. - arr. M. Jackson) CO no mx
08. NO ROOM AT THE INN (Stoess - Sterrett) CO no mx
09. JOY TO THE WORLD (G.F. Haendel) CO no mx
10. O COME ALL YE FAITHFUL (J.F. Wade - transcription F. Oakley - Reading) CO no mx
11. A SATISFIED MIND (R. Hayes - J. Rhodes) CO5588
12. THE BIBLE TELLS ME SO (D.R.) CO5589
13. I ASKED THE LORD (J. Lange - Duncan) CO53947-1
14. I’M GRATEFUL (Trad.) CO53948
15. DOWN BY THE RIVERSIDE (Trad.) CO53949-1
16. TROUBLE IN MY WAY (Kenwood - R. Martin) CO53950-1
17. WITHOUT A SONG (W. Rose - E. Ellison -V. Youmans) CO53951
18. JOSHUA FIT THE BATTLE OF JERICHO (Trad. - arr. M. Jackson) CO53952
19. THE LORD IS A BUSY MAN (D.R.) CO53946-2
20. (THERE IS NO COLOR LINE) AROUND THE RAINBOW (D.R.) CO55823  

Mahalia Jackson (vocal) & The Falls-Jones Ensemble : (1-5) Mildred Falls (piano), Ralph Jones (organ), Milton Hinton (bass), Buster “Elden“ Bailey (vibes on 1, 3, 4, chimes on 1, 4), Orchestra dir. by Sid Bass (on 2, 5). New York, 31/05/1955. (6-10) Mildred Falls (piano), Ralph Jones (organ), poss. Milton Hilton (bass), Lionel Hampton (vibes on 7, 8, 10), Robert “Bob“ Prince (vibes on 6, 9, chimes on 9, 10), unknown choir (on 6, 9, 10). New York City, 02/06/1955. (11-12) Mildred Falls (piano), Ralph Jones (organ), Earl Backus (guitar), Duane Swalley (bass), Frank Rullo (drums), The Jack Halloran Singers (vocal group). Chicago, IL, 04/08/1955. (13-18) Mildred Falls (piano), Ralph Jones (organ, except on 14), Clifton “Skeeter“ Best  (guitar, except on 14, 17), Walter Page (bass, except on 14, 17), Gordon “Specs“ Powell (drums, except on 17), unknown vocal group on 13. New York City, 03/11/1955. (19) Orchestra dir. by Sid Bass : Bert Pederson, Bernie Privin, Jimmy Nottingham (trumpet), Jack Satterfield, Frank Saracco, Al Godlis (trombone), Sam Musiker, Carl Prage, Philip Bodner (saxes), unknown (piano)(guitar)(bass)(chimes), Philip Kraus (drums), unknown choir. New York City, 07/11/1955. (20) The Falls-Jones Ensemble : Mildred Falls (piano), Ralph Jones (organ), Milton Hinton (bass), Gus Johnson (drums). New York City, 19/03/1956.­­­

CD COMPLETE MAHALIA JACKSON VOLUME 6 1955-1956, MAHALIA JACKSON © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Silent Night Holy Night - Mahalia04'28
02 O Little Town Of Bethlehem - Mahalia03'47
03 Go Tell It On The Montain - Mahalia03'10
04 White Christmas - Mahalia03'36
05 I Wonder As I Wander - Mahalia04'36
06 Sweet Little Jesus Boy - Mahalia04'39
07 The Holy Babe - Mahalia02'45
08 No Room At The Inn - Mahalia04'20
09 Joy To The World - Mahalia03'08
10 O Come All Ye Faithful - Mahalia03'11
11 A Satisfied Mind - Mahalia03'13
12 The Bible Tells Me So - Mahalia02'04
13 I Asked The Lord - Mahalia03'21
14 I'M Grateful - Mahalia03'58
15 Down By The Riverside - Mahalia02'21
16 Trouble In My Way - Mahalia02'41
17 Without A Song - Mahalia03'29
18 Joshua Fit The Battle Of Jericho - Mahalia02'08
19 The Lord Is A Busy Man - Mahalia01'54
20 There Is No Color Line Around The Rainbow - Mahalia03'10
« Le plaisir de l’oreille » par Jazz Magazine

Le sixième volume de cette intégrale regroupe deux séances consacrées à des chants de Noël et quatre autres où la chanteuse, sous contrat chez Columbia depuis 1954, jouit d’une liberté de manœuvre plus évidente. Chez Apollo, Mahalia avait déjà inscrit sa voix parmi celles qui avaient su faire de Silent Night autre chose qu’une douceur à vocation universelle. Elle revient ici à ce répertoire dont le caractère convenu s’aggrave parfois d’arrangements grandiloquents. A titre de réconfort, il faut noter que la même série recèle aussi des spirituals conformes à son vrai champ d’expression (Go Tell It On The Mountain, The Holy Babe). Mais le plaisir de l’oreille vient surtout avec les plages du 32 novembre 1955 où l’ancienne recrue de Thomas A. Dorsey, entourée de ses fidèles Mildred Falls et Ralph Jones ainsi que d’une section rythmique comprenant Walter Page, déploie sa vigueur, sa joie et son sens dramatique dans le Trouble In My Way de Roberta Martin, ainsi que dans I’m Grateful ou Jericho. Enregistré au printemps suivant, le majestueux ‘Round The Rainbow ne vole pas non plus son titre. Philippe BAS-RABERIN – JAZZ MAGAZINE




« Un sommet » par Classica-Répertoire

Ce sixième opus de l’intégrale consacrée à Mahalia Jackson, couvre les faces enregistrées de mai 1955 à mars 1956. Et disons-le sans détour : il est renversant. Parce que Mahalia se voit conduite et enregistrer un album de chants de Noël, dont le sirupeux White Christmas de Bing Crosby, et Sweet little jesus Boy qui n’est pas d’une fracassante originalité. Mais voilà bien le miracle ! Qu’elle soit entouré de violons, de chœurs épais ou d’ailleurs de quoi que ce soit, qu’elle chante un authentique gospel ou le saucisson du jour, Mahalia transfigure tout ce qu’elle chante. Pourquoi ? Parce que sa VOIX est tout simplement unique, bouleversante, insufflant ferveur et intensité à des lignes mélodiques et des couplets qui ne le méritent souvent pas, transformant chaque plage en un pur chef-d’œuvre vocal personnel. Voyez en particulier Without A Song : quelle chanteuse peut aujourd’hui prétendre à une telle force d’interprétation ? Voici donc l’une des versions possibles, à côtés de celles créées par Bessie Smith, Ella, Billie Holiday, Anita O’Day et Sarah Vaughan, de l’étalon-or auquel sont comparées les tentatives vocales semblables. Un sommet. CLASSICA-REPERTOIRE




« Mahalia Jackson » par Jazz Classique

Avec ce sixième volume de l’intégrale Mahalia Jackson nous retrouvons la chanteuse en 1955, c’est encore le début de sa période Columbia qui s’achèvera avec la disparition de l’artiste. Mais déjà on lui fait enregistrer des thèmes de Noël pour un premier album sur la Nativité (il y en aura deux autres) destiné manifestement à attirer un public blanc, dans des arrangement sirupeux peu africains - américains. Cet album constitue la première moitié de ce volume, une aubaine finalement diront certains à l’approche des fêtes. Mahalia est ici en majesté, trop sans doutes, avec un orchestre à cordes et des thèmes pris le plus souvent sur des tempi ralentis (Joy To The World, O Come All Ye Faithful). Quelques titres se détachent du lot cependant, sauvé par un accompagnement plus léger où l’on retrouve la pianiste Mildred Falls et l’organiste Ralph Jones, et, épisodement, le vibraphone de Lionel Hampton en inviter. C’est le cas de Go Tell It On The Mountain, The Holy Babe, une variation sur Go Where I Send Thee pris sur un tempo plus enlevé, et No Room At The Inn. Tout le reste est bien pompeux, mais pourquoi pas, Jessye Norman et Barbara Hendricks le sont aussi lorsqu’elles chantent Christmas ! La deuxième partie de l’album propose des titres sortis en 45 tours, et donc plus rare. Deux des thèmes sont des traditionnels, Down By The Riverside et Joshua Fit The Battle Of Jericho, et tous deux bien balancent bien. D’autres thèmes sont moins connus, et offrent ainsi une certaine fraîcheur. C’est le cas de The Bible Tells Me So, avec un solo du guitariste Earl Backus, et le soutien d’un quartette blanc, les jack Halloran Singers. Le méiatif et dépouillé I’m Grateful, avec soutien du seul piano de Mildred Falls, nous livre une Mahalia au sommet de son art, avec un souffle qui me fait penser à celui d’une Edith Piaf. Trouble In My Way, sur tempo de blues, est sans doute le moment fort de l’album, avec un accompagnement de choix, dont le guitariste Skeeter Best. L’enlevé The Lord Is A Busy Man est également un thème intéressant du répertoire secret de Mahalia, donné ici avec accompagnement de musiciens et chanteurs blancs, et Without A Song, une scie des années quarante, est bien rendu avec le seul accompagnement de Mildred Falls. Gravé en mars de l’année suivante, le dernier titre, There Is No Colore LineAround The Rainbow, petite pierre dans l’édifice de la lutte contre la ségrégation alors en vigueur, augure avec bonheur de la production 1956 à venir. Au totale, un album qui n’est sans doutes pas le plus essentiel dans la série, mais qui a ses moments de bonheur.
François-Xavier MOULE – JAZZ CLASSIQUE




« The greatest spiritual singer » by Dirty Linen

The sixth volume in French label Frémeaux&Associés’ ongoing series of recordings by one of america’s greatest gospel singers shows New Orleans-born Mahalia Jackson (1911-1972) at the peak of her succes. Named « The greatest spiritual singer now alive » by Downbeat magazine in November 1954, Jackson remained at the top of her field throughout the two years covered by this disc (1955 and 1956). Starting off with 10 tracks that eventually wound up on her Christams album, Sweet Jesus Boy in the US and Joy to the World in Europe, Jackson uses her deep, passionate vocals to bring life to the holiday’s best-known songs. An orchestra directed by Sid Bass joins with her longtime pianist Mildred Falls and organist Ralph Jones to provide sweetened counterpoint to her vocals on the first five tracks. But replacing the strings, brass, and woodwinds with a gospel choir on the remainning five Yuletide tracks, Jackson swings with gospel-meets-jazz intensity. The second half of the CD mostly features high-spirited versions of classics from the African-American gospel canon, including « Down By the Riverside » and « Joshua Fit the Battle, » recorded with small ensembles and backup singers. With the closing tune, « (There Is No Color Line) Around the Rainbow » recorded in March 1956 with Falls, Jones, bassist Milton Hinton, and drummer Gus Johnson, Jackson helps usher in the civil rights area. Craig HARRIS – DIRTY LINEN




« Un swing intense » par Soul Bag

Après les précédentes prestations de Mahalia Jackson enregistrées pour Colombia à partir de 1955 et inaugurées dans le volume 5 de cette intégrale (cf. chronique dans Soul Bag n°188), voici donc venir la suite de cette nouvelle série. Comme dans le volume 5, on y retrouve un mélange de morceaux destinés à plaire à un public blanc guindé et de pièces purement afro-américaines. Malheureusement, si ces dernières étaient encore majoritaires dans le volume 5, elles sont ici minoritaires. Bien entendu, les premières nommées ne méritent aucun  commentaire et nous nous attardons uniquement sur les œuvres correspondant au goût des auditeurs noirs (et de nos lecteurs) pour constater qu’elles sont vraiment superbes. Que ce soit dans la reprise du fameux Go tell it on the mountain ou dans des thèmes plus traditionnels (Joshua fit the battle of Jericho, Down by the riverside) ou davantage « gospel » (ex. : No room at the inn, The holy babe, Trouble in my way), son chant ample et musclé est animé par une grande charge émotionnelle et parcouru par un swing intense. Quant aux principaux musiciens qui la soutiennent et qui ont pour nom Milhord Fall (piano), Ralph Jones (orgue) et …. Lionel Hampton (vibraphone dans trois titres), ils contribuent efficacement à ce swing très « jazz » de la belle époque. Dans sa brochure d’accompagnement, Jean Buzelin analyse avec justesse, lucidité et sans « langue de bois » les motifs des hauts et des bas de cette tranche de la carrière discographique de Mahalia Jackson. A elles seules, cette brochure et les bonnes prestations de ce compact auraient pu lui faire valoir cinq étoiles, mais trop de points faibles m’en empêchent. Ce sont là les risques des intégrales, pourtant nécessaires d’un point de vue historique. Jacques DEMETRE – SOUL BAG




« Des bijoux musicaux » par Le Cri du Coyote

Ce CD aurait pu figurer dans la rubrique des disques de Noël du Cri précédent, car il contient l’album de morceaux que Mahalia enregistra à cet effet. Les américains sont friands de ce genre d’exercice, pas moi (j’ai dû en être dégoûté par une indigestion de Tino Rossi dans mon enfance), sauf lorsqu’il s’agit de bijoux musicaux comme ceux de Fats Domino, Huey Lewis ou Dale Watson, pour n’en citer que trois. De plus, ceux enregistrés avec grand orchestre lui vont comme une paire de chaussettes aux mains. Les seuls à surnager sont Sweet little Jesus boy, avec chœurs à la jordanaires, The Holy babe, qui balance plus que le reste et Joy to the world. Parmi le reste, figurent des ballades agréables, un peu comme celles d’Elvis pour RCA au début, comme A satisfied mind et, surtout, The Bible tells me so, où il ne manque pas grand chose au solo de guitare d’Earl Burkes pour virer au Rockabilly, Down by the riverside, où, là, c’est le piano de Mildred Falls qui ne demanderait qu’à déraper vers du Jerry Lee lewis et Joshua fit the battle of Jericho, un peu plus Jazz. B.B. – LE CRI DU COYOTE




« This release is certainly timely » by Blues In Time South

« This is part of a series documenting gospel great Mahalia’s complete output, and this release is certainly timely - the first ten tracks (out of 20) formed Mahalia’s 1955 Christmas album for Columbia. Ok, I admit that at most times of the year you’re not going to want to listen to her truly magnificent voice tackling the likes of « White Christmas », « Silent Night », or « O Come All Ye Faithful », but you’d have to be a pre-conversion Scrooge not to want to hear them at the moment. The arrangements are more than a little cheesy, I admit, as Columbia throw in strings, chimes, vibes (by Lionel Hampton!), choirs – most definitely not gospel choirs – and the works, though regular pianist Mildred Falls tries to keep things in check and there is nothing whatsoever wrong with the excellent «Go Tell It On The Mountain ». The remaining ten tracks on the CD are not seasonally related but most are unfortunately just as dated, with arrangements that sound a little Disney-ish in places, though « Round The Rainbow » is a pop styled Civil Rights number (« There is no colour line round the rainbow »). Only get this for the Christmas material then! »
By Norman Darwen - BLUES IN TIME SOUTH