CHARLIE PARKER - INTEGRALE Vol 1

GROOVIN' HIGH - 1940-1945

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Nombre de CDs : 3


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FA1331

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Charlie Parker
INTÉGRALE Charlie Parker
“GROOVIN’ HIGH” 1940-1945

Proposer une véritable “intégrale” des enregistrements laissés par Charlie Parker est actuellement impossible et le restera longtemps. Peu de musiciens ont suscité de leur vivant autant de passion. Plus d’un demi-siècle après sa disparition, des inédits sont publiés et d’autres – dûment répertoriés – le seront encore. Bon nombre d’entre eux ne contiennent que les solos de Bird car ils furent enregistrés à des fins privées par des musiciens désireux de disséquer son style. Sur le seul plan du son, ils se situent en majorité à la limite de l’audible voire du supportable. Faut-il rappeler, qu’à l’époque, leurs auteurs employaient des enregistreurs portables sur disque, des magnétophones à fil, à bande (acétate ou papier) et autres machines devenues obsolètes, engendrant des matériaux sonores fragiles ? 

 

Aucun solo joué par Charlie Parker n’est certes négligeable, toutefois en réunissant chronologiquement la quasi-intégralité de ce qu’il grava en studio et de ce qui fut diffusé à l’époque sur les ondes, il est possible d’offrir un panorama exhaustif de l’évolution stylistique de l’un des plus grands génies du jazz ; cela dans des conditions d’écoute acceptables.  Toutefois lorsque la nécessité s’en fait sentir stylistiquement parlant, la présence ponctuelle d’enregistrements privés peut s’avérer indispensable. Au mépris de la qualité sonore.

Lorsqu’au mois de mai 1940, Charlie Parker grava son premier disque sur l’enregistreur portable du trompettiste Clarence Davis, il n’avait rien d’un débutant. Ces variations a capella sur Honeysuckle Rose et Body and Soul, bien qu’entachées de quelques maladresses et incohérences, font figure autant de bilan que de point de départ. Par ses brèves références à des chorus de Coleman Hawkins et de Roy Eldridge, elles montrent aussi la connaissance que leur auteur avait de l’œuvre de ses aînés.  Né à Kansas City le 29 août 1920, Parker pratiquait alors le saxophone alto depuis sept ans après s’y être brièvement intéressé lorsqu’il avait onze ans. Il s’était fait offrir par sa mère, Addie - elle subvenait seule aux besoins de la famille -, un instrument d’occasion dont il se désintéressera suite à une rebuffade reçue au “High Hat” : connaissant tout juste les huit premières mesures de Up a Lazy River et Honeysuckle Rose en fa, il s’était lancé sur… Body and Soul au milieu des musiciens de l’orchestre Jimmy Keith.  Deux ans plus tard, muni d’un alto de meilleure qualité, il va tenter d’apprendre les rudiments du métier de musicien dans un Kansas City où la Prohibition était inconnue. Jim et Tom Pendergast y avaient établi un système de gouvernement basé sur la corruption qui incitait à ouvrir en nombre les lieux de plaisir où l’alcool coulait à flots au son du jazz. Les musiciens qui connaissaient alors une période de vaches maigres débarquaient par wagons entiers. Passant ses nuits à écouter Joe Turner, Pete Johnson, Hot Lips Page, Andy Kirk, Count Basie et Lester Young, son favori, Charlie entendait bien participer à cette fête permanente. Gene Ramey : “En 1933-34 quand nous faisions une jam-session et que Charlie arrivait, nous nous arrêtions, tant il jouait mal. De plus son caractère était déjà très difficile et il faisait des histoires à tout le monde.” Raconter les apprentissages du jeune Parker pourrait servir d’illustration au dicton “le génie est une longue patience”. Dans son superbe roman “Charlie”, Alain Gerber en fait le récit de façon saisissante. Un engagement au sein des “Deans of Swing”, un premier mariage à seize ans, un séjour durant l’hiver 1936 dans la formation de Tommy Douglas qui s’employa à corriger les défauts d’un débutant plein de bonne volonté, une nouvelle rebuf­fade au “Reno Club” lors d’une jam session en compagnie des musiciens de Count Basie : tergiversant lorsque arriva son tour de jouer, il vit s’écraser à ses pieds une cymbale lancée par Jo Jones. Une allusion au coup de gong qui, dans l’émission radiophonique “The Amateur Hour” du Major Bowes, demandait à un candidat de quitter le micro.

Blessé, Parker accepta au cours de l’été 1937 un engagement à Lake Taneycomo dans les Ozarks avec la formation de Georges E. Lee. Il emmena avec lui quatre faces signées “Jones-Smith Inc.”, Shoe Shine Boy, Evenin’, Boogie Woogie, Oh ! Lady Be Good pour disséquer les solos de Lester Young. Connaissant toutes les ficelles du métier, ses confrères, le guitariste Efferge Ware et le pianiste Carrie Powell, éduquèrent Charlie. Lorsqu’il revint à Kansas City, il n’était plus le même. Revers de la médaille, déjà fort buveur et amateur d’amphétamines, il était maintenant dépendant de l’héroïne. Parker entra à la fin de 1937 dans la formation de Buster Smith qui lui avait promis :“Charlie ce qui est en toi, on va le faire sortir”. Le chef d’orchestre allait quasiment servir de substitut à un père toujours absent : lorsque Buster partit à New York laissant sa formation entre les mains d’Odel West et de Parker, ce dernier décida de le suivre, s’installant sans vergogne dans son appartement. À New York, employé en tant que plongeur au “Chicken Sack” où Art Tatum venait souvent jouer, Bird – c’est son nouveau surnom (1) - courrait les jam-sessions du “Clark Monroe’s Uptown House”.  “Je me souviens qu’une nuit je faisais le bœuf dans un troquet sur la 7ème Avenue, entre la 139ème et la 140ème rue. C’était au mois de décembre 1939. En improvisant sur Cherokee, je me suis aperçu qu’en me servant de la superstructure des accords comme ligne mélodique et, à condition de lui fournir un cadre harmonique convenable, je pourrais jouer la musique que je pressentais. Ce fut comme si je renaissais.” (2) Avec l’assistance du guitariste William “Biddy” Fleet, Parker arrivait à exprimer ce qu’il entendait dans sa tête. En raison du décès de son père, il revient à Kansas City, en profitant pour divorcer de Rebecca qui lui a donné un fils. Après un séjour de cinq mois chez Harlan Leonard, Charlie est engagé par Jay McShann qui, avec l’appui de l’impresario et homme d’affaires Walter Bales, a décidé de monter un grand orchestre. Le dernier issu des splendeurs passées de K.C. Gene Ramey : “L’orchestre de Jay McShann, dans lequel Bird et moi avons travaillé ensemble si longtemps était le seul qui semblait vouloir passer son temps libre à faire des jam-sessions. Partout, dans les trains, dans les bus et, dès que nous arrivions en ville, la première chose que nous faisions était de nous réunir chez quelqu’un pour pouvoir recommencer.” (3) Improvisateur infatigable, rebelle à toute discipline, Parker avait trouvé sa place dans une formation dont le répertoire basé sur le blues usait d’arrangements simples, efficaces, pleins de swing.

À Wichita, Fred Higginson, directeur de la radio locale KFBI et ami de McShann, organisa deux séances d’enregistrement destinées à être diffusées sur les ondes. Gunther Schuller : “Ce que l’on entend du jeu de Parker dans ces transcriptions – sur le plan de l’autorité et de la confiance en soi dans la création – n’a rien à voir avec des essais ou de simples tentatives. […] Naturellement Parker n’avait pas encore atteint à la perfection dans l’exécution ni dans la maîtrise des idées mais la nouveauté et l’originalité de celles-ci apparaissent à l’évidence. Rien de semblable n’avait encore été entendu sur un saxophone et dans le jazz en général.” (4) Les 30 avril et 18 novembre 1941, respectivement à Dallas et à Chicago, Jay McShann entra au studio pour le compte de la compagnie Decca. Depuis Wichita, son orchestre s’est étoffé, Parker voisinant maintenant avec un excellent premier alto du nom de John Jackson. S’en suivront quelques confusions dans l’attribution des solos enregistrés.

L’arrivée à New York de l’orchestre Jay Mc­Shann ne passa pas inaperçue : au volant du camion contenant instruments et partitions, Charlie Parker décida de traverser Central Park au mépris de toutes les interdictions et s’y perdit… L’ensemble débuta au Savoy Ballroom le 10 janvier en alternance avec la formation de Lucky Millinder qui comptait Dizzy Gillespie dans sa section de trompette. Naturellement les deux ensembles s’affron­tèrent lors de l’une des batailles d’orchestres du dimanche soir. Panama Francis raconta : “À cette époque, les orchestres avaient l’habitude de présenter des musiciens élégamment habillés. Eux ressemblaient à une bande de loqueteux mais ils savaient ce que jouer voulait dire. On les regardait du coin de l’œil sans même leur adresser la parole. Pour leur montrer ce qu’on savait faire, nous avons démarré avec l’un de nos chevaux de bataille, Prelude in C sharp minor. […] McShann répliqua avec Swingin’ the Blues et, à trois heures du matin, ils continuaient à casser la baraque ! Ils nous ont viré et, ce soir-là, nous eûmes l’impression d’être une troupe de boy scouts !” De l’avis unanime, Charlie Parker fut l’artisan de cette victoire ce que confirme une transcription radiophonique réalisée depuis le Savoy Ballroom. Sur St Louis Mood, I’m Forever Blowing Bubbles, Hootie Blues et Swingmatism, Bird aligne chorus sur chorus. Ce qui ne l’empêchait pas de passer le reste de ses nuits au “Clark Monroe’s Uptown House” ; des équipées dont la seule trace est une version incomplète de Cherokee. 

Le 2 juillet, Jay McShann et ses musiciens retournant au studio, Bird grave de remarquables solos sur Lonely Boy Blues et Jumpin’ Blues, celui de Sepian Bounce devant avoir un fort impact sur toute une génération de musiciens.  Décidé à voler de ses propres ailes, Bird quitte McShann, retrouve le “Monroe’s”, passe à Chicago où il joue avec Noble Sissle et revient à Kansas City en septembre. Au Vic Damon Studio Bird grave quatre acétates, jalons essentiels du développement de l’art parkérien. Entouré d’une vieille connaissance, le guitariste Efferge Ware et du fort discret Little Phil Philips à la batterie, sur I Found a New Baby, Body and Soul, My Heart Tells Me Parker salue de façon respectueuse ses inspirateurs, Lester Young, Coleman Hawkins, Johnny Hodges.  Cherokee, lui, annonce l’arrivée d’un révolutionnaire génial, de manière encore plus évidente que ne le faisait la version du “Clark Monroe’s”. 

En décembre 1942, grâce à l’entregent de Dizzy Gillespie, Parker remplaça Budd Johnson dans l’orchestre d’Earl Hines. Bird et Diz s’étaient déjà rencontrés à K. C. au mois de mai 1940. Venu avec l’orchestre de Cab Calloway, Diz avait été entraîné par le trompettiste Buddy Anderson à l’AFM Local 627 – siège du syndicat des musiciens afro-américains - afin qu’il l’entende en compagnie de Charlie Parker. Diz s’y rendit sans sa trompette, se contentant de les accompagner au piano. En se trouvant face à un compagnon de route voué comme lui aux explorations musicales, il reconnut n’avoir jamais rien entendu de comparable.  Dans l’orchestre d’Earl Hines, Bird doit jouer d’un instrument qu’il trouvait lourd et inerte, le saxo ténor. Il le maîtrisera en trois semaines. En raison du “Petrillo Ban”, une grève de l’enregistrement décrétée par James Petrillo, le président du syndicat des musiciens, il n’existe aucune trace officielle de l’ orchestre. Restent les “Redcross Acetates”.  Ami de Billy Eckstine - alors chanteur d’Earl Hines -, collectionneur impénitent équipé d’un appareil enregistreur sur disque, Bob Redcross décida d’organiser “sa” séance au Savoy Hotel de Chicago, chambre 305. Ce qui en a survécu dépasse les limites de l’admissible sur un plan acoustique, toutefois il est impossible de faire l’impasse sur Sweet Georgia Brown, le premier témoignage enregistré du partenariat Bird/Diz, assistés ici par Oscar Pettiford : “On m’a fait dire que je pourrais participer à une jam session avec Bird et Diz, et j’ai marché près de trois kilomètres en portant ma basse; je n’avais pas de gants et il faisait moins dix.” (5) Yarding with Yard au cours duquel Parker paraphrase au ténor le solo de Lester Young sur Shoe Shine Boy et prend deux beaux chorus s’avère tout aussi indispensable. Leur exécrable qualité sonore oblige à faire l’impasse sur Three Guesses et diverses curiosités comme les improvisations de Bird sur des 78 t., Embraceable You d’Hazel Scott, China Boy et Avalon de Benny Goodman. Peut-être est-ce dû à l’utilisation du ténor, mais Parker se montre ici souvent en retrait par rapport aux acétates de K.C. 

En septembre 1943, il quitte l’orchestre d’Earl Hines – il s’est remarié à Chicago – et après avoir dirigé une formation à K.C., effectue l’année suivante un passage-éclair dans l’orchestre de Billy Eckstine. Sans laisser de traces.  Alors que le style de Parker déconcertait bien des jazzmen “classiques”, certains d’entre eux se montraient fort intéressés tel Tiny Grimes avec lequel Bird avait eu l’occasion de faire le bœuf sur la 52ème Rue. S’étant vu offrir par le label Savoy l’occasion de mettre en valeur ses qualités instrumentales et vocales, l’ancien guitariste du trio d’Art Tatum invita Parker. Parfaitement à l’aise dans un contexte “swing”, Bird apporta un thème, Redcross (ou Red Cross). 

Teddy Reig : “Je crois bien que c’était la première fois que l’on gravait un disque avec un hystérique”. Lui avait été confiée la supervision d’une séance mettant en valeur un ancien danseur devenu chanteur de blues, “Rubberlegs” Williams. Parmi les accompagnateurs figuraient Dizzy Gillespie arrivé avec une bonne heure de retard et Don Byas qui entra dans le studio au bout de deux heures et demie. Contrairement à toute attente, Charlie Parker était d’une exactitude irréprochable. La séance débutait le matin et Bird finissant à quatre heures son travail au Savoy dans l’orchestre de Cootie Williams - Floogie Boo ici reproduit porte témoignage de cette collaboration - n’avait pas pris la peine de se coucher. Éprouvant le besoin d’un stimulant, il avait dissous une tablette de benzédrine dans son café. Arrivé déjà parfaitement ivre, “Rubberlegs” l’avala incontinent. Après avoir insulté Diz, “il sauta littéralement au plafond. L’enregistrement commença et, au cours de What’s the Matter Now ? il se mit à hurler à pleins poumons”. À tel point qu’au bout de quatre morceaux, Trummy Young, tromboniste et chanteur chez Jimmie Lunceford, prit le relais.  Faisant fi d’un contexte musicalement assez bâtard, Parker resta d’humeur paisible exécutant un admirable obbligato sur G.I. Blues et se livrant au cours de Sorta Kinda à quelques brefs mais intenses échanges avec Dizzy qui trouveront leur achèvement le mois suivant. Avant, Bird renouera avec ses anciens partenaires au sein du “Jay McShann’s Kansas City Rhythm” qui accompagnait le tromboniste et chanteur Clyde Bernhardt. Une séance peu concluante durant laquelle Parker est aux prises avec quelques ennuis d’anche. Toutefois, au cours de Triflin’ Woman il interprète une phrase qui deviendra un leitmotiv au long de ses improvisations sur le blues, tout particulièrement dans Parker’s Mood. Et apparaît pour la première fois, au cours de son solo sur So Good This Mornin’, la fameuse citation de Woody Woodpecker dont il usera - et abusera quelque peu - tout au long de sa carrière.

Dizzy Gillespie est parvenu à signer un contrat d’enregistrement avec la firme Guild. Les séances du 28 février et du 11 mai donneront naissance à une musique dont la valeur historique et esthétique n’a comme seul équivalent que celle des disques du “Hot Five” d’Armstrong. À leur image, elle sonnait le glas d’une époque et ouvrait sur l’avenir. Ces pièces capitales bénéficient d’une cohésion d’autant plus inattendue que certains des participants ne sont pas des “boppers” au sens strict du terme. Max Roach n’étant pas libre, s’installa d’abord derrière les tambours quelqu’un que Dizzy avait fréquenté chez Cab Calloway, Cozy Cole. Il comprit parfaitement ce qu’on attendait de lui, témoin son accompagnement de Parker au cours de Dizzy Atmosphere. Même intelligence chez  Slam Stewart qui, sur ce morceau, prend à la basse un chorus fort judicieux.  Pour la seconde séance, Big Sid Catlett remplaça Cozy Cole. L’un des premiers à s’éloigner de la tradition “swing” de la batterie, il utilisait la grosse caisse pour marquer les accentuations en travaillant davantage sur les cymbales. Un “passeur” tout comme Clyde Hart qui, au mois de mai, n’estplus. Dizzy a choisi Al Haig, un pianiste d’une vingtaine d’années venu à maintes reprises au Minton’s. Faisant dialoguer ses deux mains, la gauche créant une sorte de contre-chant à la droite, son accompagnement sobre séduira tellement Parker qu’il en fera l’un de ses partenaires privilégiés. Tout est dit à chaque fois en trois minutes. Unissons casse-cou de Groovin’High et de Shaw’Nuff, ruptures de ton dans Salt Peanuts, introduction dramatique de All the Things You Are, autant de moments qui, rythmiquement ou harmoniquement, n’avaient alors aucun équivalent. Le chef-d’œuvre de la séance pourrait bien être Hot House, une paraphrase audacieuse de What is This Thing Called Love signée Tadd Dameron. Dizzy y commence son chorus en reprenant le motif par lequel Bird termine le sien. “Mon partenariat avec Charlie Parker aura été une période qui, musicalement, se situe loin au-dessus de quoique ce soit d’autre que j’ai fait dans ma carrière. Sur tous les plans” (6) dira–t’il, avouant que jouer avec Parker l’obligeait à se surpasser. En parfaite complémentarité, chacun privilégiait un aspect spécifique du bop. “Sur le plan harmonique j’étais un peu plus fort que lui mais sur le plan rythmique il était très en avance et avait un sens étonnant du phrasé, une qualité essentielle dans le jazz. Oui, il faisait preuve d’une intelligence rythmique très originale et structurait ses phrases comme personne avant lui. Peu à peu, à force de le côtoyer, j’ai joué davantage en m’inspirant de sa conception” (7).      Deux semaines après la séance historique qui vit naître Lover Man, Bird et Diz retrouvent Sarah Vaughan au studio. Le temps seulement de mettre en boîte trois morceaux du fait d’une arrivée tardive de Parker. Il ne prendra d’ailleurs qu’un chorus sur Mean to Me se contentant de signer d’astucieux contre-chants sur les deux autres thèmes.

Dorénavant l’association Dizzy/ Bird s’est établie sur des bases permanentes. Ils se produisent en quintette au “Three Deuces” en compagnie d’Al Haig et de Curley Russell à la basse, Stan Levey, Sid Catlett et Max Roach alternant à la batterie. Chaque soir, la salle de 125 places est pleine. Budd Johnson : “À mon avis Charlie a beaucoup appris avec Dizzy et Dizzy aussi avec Charlie. Ils avaient pourtant des styles différents mais, quand ils ont commencé à jouer ensemble cette musique fantastique dans les clubs de la 52ème Rue, tout s’est cristallisé naturellement.” (8) Peu de témoignages subsistent sur cette période, aussi quelles que soient leurs imperfections sonores – un euphémisme ! - figurent ici le chase final d’un Sweet Georgia Brown et Blue’N’Boogie malheureusement incomplet. Ils n’ont pas d’équivalents.
Alain Tercinet
© 2010 Frémeaux & Associés – Groupe Frémeaux Colombini



NOTES
(1) Est-ce venu d’une sombre histoire de poulet écrasé en auto, d’une allusion à son appétit pantagruélique ou de l’abréviation de “Yardbird” (le bleu, le tire-au-flanc) ? Les avis sont partagés. 
(2) Nat Hentoff & Nat Shapiro « Ecoutez-moi ça » (trad. Robert Mallet), Buchet/Chastel, Paris 1956
(3) Gene Ramey « Souvenirs de Bird », Jazz Magazine n° 8, juillet/août 1955
(4) Gunther Schuller « The Swing Era », Oxford University Press, 1989
(5) Robert Reisner « Bird, la légende de Charlie Parker » (trad. F. Billard & C. Weinberger-Thomas), Belfond, Paris, 1989.
(6) Notes de pochette de l’album « Dizzy Gillespie : The development of an American Artist, 1940/46 », Smithsonian Collection.
(7) (8) Dizzy Gillespie & Al Fraser « To Be or Not To Bop » (trad. Mimi Perrin), Presses de la Renaissance, Paris 1981

À PROPOS DES ENREGISTREMENTS

Jay McShann : Enregistré au Trocadero Ballroom de Wichita le 9 août 1940, Walkin’ and Swingin’ faussement intitulé I Got Rhythm ne contient aucun solo de Parker. Pour la même raison ne figurent pas ici Wichita Blues (2/12/40), Dexter Blues (30/4/41) et One Woman’s Man (18/11/41) dont l’obbligato d’alto à pour auteur John Jackson. 

Redcross acetates : Boogie Woogie donne très probablement à entendre Goon Gardner plutôt que Parker.

Cootie Williams : Enregistré au Savoy Ballroom fin 1944, You Talk a Little Trash alias The Boppers présente Eddie Vinson à l’alto et non Parker.

Tiny Grimes Quintet : À la suite de la publication tardive de divers faux départs élevés à la distinction de « prises », la numérotation de ces dernières a été modifiée. Ainsi l’ancienne prise 3 de Romance Without Finance est maintenant numérotée 5. Un changement qui ne simplifie pas l’identification des premières publications, d’autant plus qu’au long des années 1950, les filiales de Savoy et le label Savoy lui-même mélangèrent quelque peu les dites prises au fil de multiples éditions en 45 et 33 tours..

Clyde Bernhardt and Jay McShann’s Kansas City Rhythm :
Les seuls documents ayant survécu sont des tests “acétates” sur support de verre dont les fêlures ne pourraient être éradiquées sans nuire gravement au matériau sonore.


N.B. Afin de respecter au maximum l’authenticité de certains documents ont été maintenus, les accidents inhérents au matériau d’origine, leur suppression entraînant une altération de la musique. Par contre les tonalités ont été rectifiées le cas échéant.

 discographie

CD 1
CHARLIE PARKER
Charlie Parker (as)    Kansas City, mid-1940
1. HONEY& BODY (F.Waller, A. Razaf, J. Green, E. Heyman - R. Sour, F. Eyton)     (Private Recording)    3’38 

JAY McSHANN OCTET
Buddy Anderson, Orville Minor (tp) ; Bob Gould (tb, vln*) ; Charlie Parker (as) ; William J. Scott (ts) ; Jay McShann (p, ldr) ; Gene Ramey (b) ; Gus Johnson (dm).     KFBI Radio, Wichita, Kans., 30/11/1940
2. I’VE FOUND A NEW BABY (S. Williams, J.Palmer)    (Radio/Broadcast)    3’00
3. BODY AND SOUL (J. Green, E., R. Sour, F. Eyton)    (Radio/Broadcast)    2’51 Idem, prob. 2 /12/ 1940
4. MOTEN SWING (B. Moten, B. Moten)    (Radio/Broadcast)    2’49
5. COQUETTE (C. Lombardo, J. Green- G.Kahn)    (Radio/Broadcast)    3’09
6. OH ! LADY BE GOOD (G. & I. Gershwin)    (Radio/Broadcast)    2’58
7. WICHITA BLUES (C. Parker, J. McShann)    (Radio/Broadcast)    3’10
8. HONEYSUCKLE ROSE *(F. Waller, A. Razaf)    (Radio/Broadcast)    2’59

JAY McSHANN AND HIS ORCHESTRA
Buddy Anderson, Harold Bruce, Orville Minor (tp) ; Joe Taswell Baird (tb) ; Charlie Parker, John Jackson (as) ; Harold Ferguson, Bob Mabane (ts) ; Jay McShann (p, ldr) ; Gene Ramey (b) ; Gus Johnson (dm) ; Walter Brown (voc).     Dallas, Texas 30/4/1941
9. SWINGMATISM (W.J. Scott, J. McShann)    (Decca 8570/mx. 93730-A)    2’45
10. HOOTIE BLUES (C. Parker, J. McShann)    (Decca 8559/mx. 93731-A)    3’02
11. DEXTER BLUES (J. McShann)    (Decca 8585/mx. 93732-A)    3’02

JAY McSHANN AND HIS ORCHESTRA

Buddy Anderson, Bob Merrill, Orville Minor (tp) ; Lawrence Anderson, Joe Taswell Baird (tb) ; Charlie Parker, John Jackson (as) ; Fred Culliver, Bob Mabane (ts) ; James Coe (bs) ; Jay McShann (p, ldr) ; Leonard Enois (g) ; Gene Ramey (b) ; Harold “Doc” West (dm) ; Walter Brown (voc).     NBC Blue Network, Savoy Ballroom, NYC, 13/2/1942
12. St LOUIS MOOD (J. McShann)    (Radio/Broadcast)    4’15
13. I’M FOREVER BLOWING BUBBLES (J.W. Kellette, J. Kenbrovin)     (Radio/Broadcast)    4’07
14. HOOTIE BLUES (C. Parker, J. McShann)    (Radio/Broadcast)    4’36
15. SWINGMATISM (W.J. Scott, J. McShann)    (Radio/Broadcast)    4’11 

CLARK MONROE’S BAND
Charlie Parker (as)  with poss.octet featuring prob. Allan Tinney (p) and Ebenezer Paul (b) Clark Monroe’s Uptown House, NYC, jan./march 1942
16. CHEROKEE (R. Noble)    (Private Recording)    2’51 

JAY McSHANN AND HIS ORCHESTRA

 Idem 13/2/1942    New York, 2/7/1942
17. LONELY BOY BLUES (J. McShann, W. Brown)    (Decca 4387/mx. 70993-A)    2’59
18. THE JUMPIN’ BLUES (C. Parker, J. McShann)    (Decca 4418/mx. 70995-A)    3’06
19. SEPIAN BOUNCE (A. Hall, J. McShann)    (Decca 4387/mx. 70996-A)    3’12

discographie
CD 2

CHARLIE PARKER TRIO
Charlie Parker (as) ; Efferge Ware (g) ; Little Phil Philips (dm).     Vic Damon Studios, Kansas City, c. 9/1942
1. CHEROKEE (R. Noble)    (Private Recording)    3’10
2. MY HEART TELLS ME (H. Warren, M. Gordon)    (Private Recording)    3’18
3. I’VE FOUND A NEW BABY (S. Williams, J.Palmer)    (Private Recording)    3’31
4. BODY AND SOUL (J. Green, E. Heyman, R. Sour, F. Eyton) (Private Recording)    3’42 

BOB REDCROSS JAM SESSIONS
Dizzy Gillespie (tp) ; Charlie Parker (as) ; Oscar Pettiford (b). Savoy Hotel, Room 305, Chicago 15 /2/1943
5. SWEET GEORGIA BROWN (B. Bernie, M. Pinkard, K. Casey)    (Private Recording)    7’43 Charlie Parker (ts) ; poss. Billy Eckstine or Shorty McDonnell (tp) ; unknown (ts) ; Hurley Ramey (g).    Savoy Hotel, Room 305, Chicago 28/2/1943
6. YARDIN’ WITH YARD (unknown)    (Private Recording)    4’19

TINY GRIMES QUINTET
Charlie Parker (as) ; Clyde Hart (p) ; Tiny Grimes (g, voc) ; Jimmy Butts (b) ; Harold “Doc” West (dm).    WOR studios, Broadway, NYC, 15/9/1944
7. TINY’S TEMPO (T. Grimes, C. Hart)    (Savoy MG 12001/mx. S5710-1)    3’01
8. TINY’S TEMPO (T. Grimes, C. Hart)    (Savoy MG 12001/mx. S5710-2)    2’59
9. TINY’S TEMPO (T. Grimes, C. Hart) (master)    (Savoy 526/mx. S5710-3)    2’54
10. I’LL ALWAYS LOVE YOU JUST THE SAME (unknown)     (Savoy SJL 2208/mx.S5711-2)    2’56
11. I’LL ALWAYS LOVE YOU JUST THE SAME (unknown) (master)     (Savoy 526/mx. S5711-3)    2’59
12. ROMANCE WITHOUT FINANCE (T. Grimes)     (Savoy SJL 2208/mx. S5712-1)    3’06
13. ROMANCE WITHOUT FINANCE (T. Grimes)    (Savoy SJL 5500/mx. S5712-2)    1’01
14. ROMANCE WITHOUT FINANCE (T. Grimes)    (Savoy 1107/mx. S5712-3)    3’06
15. ROMANCE WITHOUT FINANCE (T. Grimes)    (Savoy 5500/mx. S5712-4)    0’44
16. ROMANCE WITHOUT FINANCE (T. Grimes) (master)     (Savoy 532/mx. S5712-5)    3’03
17. REDCROSS (C. Parker)    (Savoy MG 12001/mx. S5713-1)    3’16
18. REDCROSS (C. Parker) (master)    (Savoy 532/mx. S5713-2)    3’07 

CLYDE HART’S ALL STARS
Dizzy Gillespie (tp) ; Trummy Young (tb) ; Charlie Parker (as) ; Don Byas (ts) ; Clyde Hart  (p, arr) ; Mike Bryan (g) ; Al Hall (b) ; Specs Powell (dm) ; “Rubberlegs” Williams (voc).     NYC, 4/1/1945
19. WHAT’S THE MATTER NOW ? (C. Williams, S. Williams)     (Continental 6013/mx. W3301)    2’51
20. I WANT EVERY BIT OF IT (C. Williams, S. Williams)    (Continental 6020/mx. W3302)    3’12
21. THAT’S THE BLUES (R. Williams, M. Shad)    (Continental 6013/mx. W3303)    2’58
22. 4-F BLUES (R. Williams, M. Shad)    (Remington R1031/mx. W3304)    2’22
23 G.I. BLUES (4-F BLUES) (R. Williams, M. Shad)    (Continental 6020/mx. W3304- ?)    2’29 

discographie
CD 3

CLYDE HART’S ALL STARS
Dizzy Gillespie (tp) ; Trummy Young (tb, voc) ; Charlie Parker (as) ; Don Byas (ts) ; Clyde Hart (p, arr) ; Mike Bryan (g) ; Al Hall (b) ; Specs Powell (dm).    NYC, 4/1/1945
1. DREAM OF YOU (S. Oliver, E. P. Moran)    (Continental 6060/mx. W3305)    2’55
2. SEVENTH AVENUE (G. Powell, I. Higginbotham)    (Continental 6005/mx. W3306)    2’53
3. SORTA KINDA (J. Young)    (Continental 6005/mx. W3307)    2’44
4. OH, OH, MY, MY, OH, OH (F. Paparelli, Toomas, LeVeen)     (Continental 6060/mx. W3308)    2’50

CLYDE BERNHARDT AND JAY McSHANN’S KANSAS CITY RHYTHM

Clyde Bernhart (tb, voc) ; Charlie Parker (as) ; Jay McShann (p) ; Gene Ramey (b) ; Gus Johnson (dm).    Nola Studios, NYC, 9/1/1945
5. LAY IT DOWN (C. Bernhardt)    (Studio Test)    2’24
6. TRIFFLIN’ WOMAN (C. Bernhardt)    (Studio Test)    3’20
7. SO GOOD THIS MORNIN’ (If It’s Any News to You) (C. Bernhardt)     (Studio Test)    2’11
8. WOULD YOU DO ME A FAVOR ? (C. Bernhardt)    (Studio Test)    3’05  COOTIE WILLIAMS SEXTET Cootie Williams (t) ; Charlie Parker (as) ; Sam Taylor (ts) ; Arnold Jarvis (p) ; Carl Pruitt (b) ; Sylvester “Vess” Payne (dm).    Savoy Ballroom, NYC, 12/2/1945
9. FLOOGIE BOO (C. Williams)    (Radio Transcription)    3’45 

DIZZY GILLESPIE SEXTET
Dizzy Gillespie (tp) ; Charlie Parker (as) ; Clyde Hart (p) ; Remo Palmieri (g) ; Slam Stewart (b) ; Cozy Cole (dm).    NYC, 28/2/1945
10. GROOVIN’HIGH (D. Gillespie)    (Guild 1001/mx. G554-1)    2’43
11. ALL THE THINGS YOU ARE (J. Kern, O. Hammerstein II)     (Musicraft 488/mx. G556)    2’50
12. DIZZY ATMOSPHERE (D. Gillespie)    (Musicraft 488/mx. G557)    2’49  DIZZY GILLESPIE AND HIS ALL STARS Dizzy Gillespie (tp, voc*) ; Charlie Parker (as) ; Al Haig (p) : Curley Russell (b) ; Sidney Catlett (dm) ; Sarah Vaughan (voc**).    NYC, 11/5/1945
13. SALT PEANUTS* (D. Gillespie, K. Clarke)    (Guild 1003/mx. G565A-1)    3’18
14. SHAW ’NUFF (D. Gillespie)    (Guild 1002/mx. G566A-1)    3’03
15. LOVER MAN** (R. Ramirez, J. Davis)    (Guild 1002/mx. G567A-1)    3’24
16. HOT HOUSE (T. Dameron)    (Guild 1003/mx. G568A-1)    3’12 

SARAH VAUGHAN AND HIS OCTET

Dizzy Gillespie (tp) ; Charlie Parker (as) ; Flip Phillips (ts) ; Nat Jaffe, Tadd Dameron * (p) ; Bill deArango (g) ; Curley Russell (b) ; Max Roach (dm) ; Sarah Vaughan (voc).    NYC, 25/5/1945
17. WHAT MORE CAN A WOMAN DO ? (P. Lee, D. Barbour)         (Continental 6008/mx.W3325)    3’03
18. I’D RATHER HAVE A MEMORY* (L. Feather, J. Powell)    (Continental 6008/mx. W3326    2’43
19. MEAN TO ME (F. E. Albert, R. Turk)    (Continental 6024/mx. W3327    2’42 

DIZZY GILLESPIE SEXTET

Dizzy Gillespie (tp) ; Charlie Parker (as) ; poss. Don Byas (ts) ; unknown p, d, dm.  Monte Proser’s Concert, Lincoln Square, NYC, prob. 30/5/1945 
20. SWEET GEORGIA BROWN (B. Bernie, M. Pinkard, K. Casey)     (Private Recording)    3’27 

DIZZY GILLESPIE QUINTET

Dizzy Gillespie (tp, voc) ; Charlie Parker (as) ; Al Haig (p) : Curley Russell (b) ; Stan Levey (dm).    Academy of Music, Philadelphia, 5/6/1945
21. BLUE ’N BOOGIE (D. Gillespie, F. Paparelli)     (Private Recording)    3’09

THE COMPLETE CHARLIE PARKER GROOVIN HIGH © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)
THE COMPLETE Charlie Parker




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Honey And Body - Charlie Parker03'39
02 I'Ve Found A New Baby - Jay McShann Octet03'01
03 Body And Soul - Jay McShann Octet02'53
04 Moten Swing - Jay McShann Octet02'50
05 Coquette - Jay McShann Octet03'11
06 Oh Lady Be Good - Jay McShann Octet03'00
07 Wichita Blues - Jay McShann Octet03'12
08 Honeysuckle Rose - Jay McShann Octet03'01
09 Swingmatism - Jay McShann and His Orchestra02'46
10 Hootie Blues - Jay McShann and His Orchestra03'04
11 Dexter Blues - Jay McShann and His Orchestra03'05
12 St Louis Mood - Jay McShann and His Orchestra04'16
13 I'M Forever Blowing Bubbles - Jay McShann and His Orchestra04'08
14 Hootie Blues - Jay McShann and His Orchestra04'38
15 Swingmatism - Jay McShann and His Orchestra04'13
16 Cherokee - Clark Monroe's Band02'54
17 Lonely Boy Blues - Jay McShann and His Orchestra03'00
18 The Jumpin' Blues - Jay McShann and His Orchestra03'07
19 Sepian Bounce - Jay McShann and His Orchestra03'12
CD 2
01 Cherokee - Charlie Parker Trio03'12
02 My Heart Tells Me - Charlie Parker Trio03'20
03 I Found A New Baby - Charlie Parker Trio03'33
04 Body And Soul - Charlie Parker Trio03'45
05 Sweet Georgia Brown - Bob Redcross Jam Sessions07'45
06 Yardin With Yard - Bob Redcross Jam Sessions04'21
07 Tiny's Tempo - Tiny Grimes Quintet03'02
08 Tiny's Tempo - Tiny Grimes Quintet03'01
09 Tiny's Tempo - Tiny Grimes Quintet02'55
10 I'll Always Love You Just The Same - Tiny Grimes Quintet02'58
11 I'll Always Love You Just The Same - Tiny Grimes Quintet03'00
12 Romance Without Finance - Tiny Grimes Quintet03'07
13 Romance Without Finance - Tiny Grimes Quintet01'02
14 Romance Without Finance - Tiny Grimes Quintet03'07
15 Romance Without Finance - Tiny Grimes Quintet00'45
16 Romance Without Finance - Tiny Grimes Quintet03'04
17 Redcross - Tiny Grimes Quintet03'17
18 Redcross - Tiny Grimes Quintet03'10
19 What's The Matter Now - Clyde Hart's All Stars02'52
20 I Want Every Bit Of It - Clyde Hart's All Stars03'14
21 That's The Blues - Clyde Hart's All Stars02'59
22 4-F Blues - Clyde Hart's All Stars02'24
23 G-I Blues - Clyde Hart's All Stars02'29
CD 3
01 Dream Of You - Clyde Hart's All Stars02'57
02 Seventh Avenue - Clyde Hart's All Stars02'54
03 Sorta Kinda - Clyde Hart's All Stars02'45
04 Oh, Oh, My, My, Oh, Oh - Clyde Hart's All Stars02'52
05 Lay It Down - Clyde Bernhardt and Jay McShann's Kansas City Rhythm02'26
06 Trifflin' Woman - Clyde Bernhardt and Jay McShann's Kansas City Rhythm03'22
07 So Good This Mornin' - Clyde Bernhardt and Jay McShann's Kansas City Rhythm02'13
08 Would You Do Me A Favor - Clyde Bernhardt and Jay McShann's Kansas City Rhythm03'07
09 Floogie Boo - Cootie Williams Sextet03'46
10 Groovin' High - Dizzy Gillepsie Sextet02'45
11 All The Things You Are - Dizzy Gillepsie Sextet02'51
12 Dizzy Atmosphere - Dizzy Gillepsie Sextet02'51
13 Salt Peanuts - Dizzy Gillepsie and His All Stars03'20
14 Shaw Nuff - Dizzy Gillepsie and His All Stars03'05
15 Lover Man - Dizzy Gillepsie and His All Stars03'25
16 Hot House - Dizzy Gillepsie and His All Stars03'15
17 What More Can A Woman Do - Sarah Vaughan and His Octet03'04
18 I'D Rather Have A Memory - Sarah Vaughan and His Octet02'44
19 Mean To Me - Sarah Vaughan and His Octet02'44
20 Sweet Georgia Brown - Dizzy Gillepsie Sextet03'29
21 Blue 'N Boogie - Dizzy Gillepsie Quintet03'09
"Ce volume nous fait assister aux couleurs éclatantes de l’aube d’un génie" par Classica-Répertoire

Après les intégrales dédiées à Django Reinhardt (terminée) et celle de Louis Armstrong (en cours), voilà que paraît le premier volume de l’intégrale des enregistrements de Charlie Parker. La nouvelle est d’importance et devrait faire l’objet de mentions enthousiastes dans les médias si la musique y occupait la place qui lui est due. Rassembler dans l’ordre chronologique au sein d’une édition soignée, documentée, les faces donnant à entendre un des génies les plus authentiques du jazz est à la fois une quasi évidence esthétique et un pari commercial courageux et salutaire. Certes, la discographie du Bird est tout à fait considérable. Alain Tercinet, responsable de cette formidable entreprise a adopté avec sagesse une attitude raisonnable : «  En réunissant la quasi intégralité de ce qu’il grava en studio et de ce qui fut diffusé à l’époque sur les ondes, il est possible d’offrir un panorama exhaustif de l’évolution de l’un des plus grands génies du jazz ; cela dans des conditions d’écoute acceptables. » Les morceaux incomplets ou de qualité sonore très médiocre (ils abondent dans sa discographie) ne seront inclus que « lorsque la nécessité s’en fait sentir stylistiquement parlant ». Ce premier volume passionnant nous conduit du mythique premier témoignage gravé sur enregistreur portable par un Parker de 20 ans aux superbes faces révolutionnaires gravées avec Dizzy Gillespie, Sarah Vaughan et quelques grands musiciens tels que Don Byas, Max Roach ou Sidney Catlett, en passant par les formations de Jay McShann, Clyde Hart ou Tiny Grimes. En 3 CD ce premier volume nous fait assister aux couleurs éclatantes de l’aube d’un génie. Strictement indispensable, donc.
Par CLASSICA-REPERTOIRE





"An absolutely fascinating time capsule" by Blues & Rhythm

Charlie ‘Yarbird’ Parker should need no introduction; recognised as one of the twentieth century’s true musical greats, he revolutionised saxophone playing in the forties. The recordings on these three CDs capture him in the very act, and additionally present jazz at a crucial time, when swing was shortly to give way to bebop, and when the blues could be played with a big band before r&b took over. Many of the recordings here were not made commercially - some are from radio broadcasts, some were made in concert, and a few, such as the fascinating opener, just Bird and his sax tackling ‘Honeysuckle Rose’ and ‘Body And Soul’, were never intended to be heard outside of the immediate circle. The sound quality therefore in not always pristine, but it does not really matter when the Jay McShann Octet hits its stride on a November 1940 radio broadcast. For readers of this magazine the highlight will be ‘Wichita Blues’, a wonderful example of the big band blues, but all are worth hearing. These seven tracks are all instrumentals, but Walter Brown shows up on the next session, McShann for Decca in Dallas, Texas, dating from six months later – Brown tackles the signature theme ‘Hootie Blues’, whilst the instrumentals, ‘Swingmatism’ and ‘Dexter Blues’ are, as you would expect, excellent showcases for the musicians’ abilities. Up next are four McShann titles from The Savoy Ballroom in 1942 (with the band introduced as ‘a brand new dance orchestra’!), with Hootie proving a closet West Ham fan and Bird Soloing at length, actually making ‘I’m Forever Blowing Bubbles’ listenable. A longer, rowdy version of ‘Hootie Blues’ sports some fine piano and another classy vocal by Mr. Brown, before the broadcast ends with the ‘musical hypnotism’ of ‘Swingmatism’. Clark Monroe’s Band then tackles ‘Cherokee’; Clark Monroe’s Upton House was where Bird would go after the evening shows with McShann had finished. The first CD closes with three McShann Decca titles from 1942, with Bird heavily featured on this trio of blues numbers (and Brown on two of them). CD two finds Bird accompanied just by guitar and drums for the first four titles, and these are followed by more private recordings made at the Bob Redcross Jam Sessions, with ‘Sweet Georgia Brown’ marking the first time that Bird and Dizzy Gillespie recorded together – the sound quality is poor but just about listenable. Next up are twelve tracks – three takes of ‘Tiny’s Tempo’ and five of ‘Romance Without Finance’, false start included – recorded for Savoy by the Tiny Grimes Quintet and these are definite hints of the coming sound of r&b, particularly with Tiny’s guitar ringing out loud and clear. The two takes of ‘I’ll Always Love You Just The Same’ feature Tiny’s ballad singing and ‘Romance’ has a fine jivey vocal. And does Bird’s tune ‘Redcross’ have a Scottish tinge? Following on is the (in)famous Clyde Hart’s All Stars 1945 session for Continental, at which singer Rubberlegs William drank Parker’s Benzedrine-laced coffee by mistake; the former dancer get progressively ‘out-of-it’, although some of the material is actually a little old-fashioned by the standards of the time. The same session continues on CD three, though trombonist Trummy Young takes over vocal duties from the unfortunate Williams, with the emphasis now on swing, then it is on to four tracks, rather scratchy studio tests, by another singer/trombonist, Clyde Bernhardt, backed by Parker and Jay McShann and his rhythm section. These are good, solid blues numbers from a singer who has often been undeservedly overlooked, and lead into a boogie-flavoured jazz piece from The Savoy Ballroom by the Cootie Williams Sextet, which also includes Sam ‘The Man’ Taylor on tenor sax. From here on though the focus of the set is much more firmly on the newly emerging sounds of bebop – bassist Slam Stewart is well in evidence on Dizzy Gillespie’s Musicraft session, Dizzy’s own well-known ‘Salt-Peanuts’ is included, and so too is Sarah Vaughan’s ‘Lover Man’ – Vaughan is also represented by a sophisticated three song session for Continental, accompanied by an octet. The final track, ‘Blue ‘N’ Boogie’ by the Dizzy Gillespie Quintet, recorded at The Academy Of Music, Philadelphia, is a useful glance into both how the musicians still used the blues and a reminder of how far the music changed in a relatively short space of time. All in all, an absolutely fascinating time capsule, capturing not only the evolution of one of the real innovators of jazz, but also a snapshot of a vibrant jazz and relatively sophisticated blues scene at a crucial time. It is not a set for the uninitiated though – some of the source material has not survived the intervening years too well, but those accustomed to listening to vintage music should not have too much trouble with the fluctuations in sound quality.
By Norman DARWEN – BLUES & RHYTHM





"L’explosion d’une personnalité hors norme" par Jazz Mag-Jazzman

En 2010, une intégrale Charlie Parker est-elle nécessaire ? Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’absence d’un tel travail est flagrante. On connaît des intégrales par catalogue, « The Complete Savoy and Dial Studio Recordings » (1944-1948). On se souvient des six volumes « Young Bird » de Masters of Jazz. Le choc provoqué par la musique de Bird engendra un appétit inédit pour les alternate takes et les captations privées, ce dont témoigne le coffret « The Complete Dean Benedetti Recordings » publié chez Mosaic (1947-1948). Au point de rendre fou les collectionneurs, tel Paolo Piangiareli avec sa collection « Bird’s Eyes » aux 76 volumes dont seules 25 références semblent publiées selon des logiques de regroupements si variées qu’on peut lui préférer les 18 CD de « Live and Private Recordings in Chronological Order » (New Sound Planet en Italie ou Sound Hills au Japon). Si l’intégrale Frémeaux arrive à point nommé, prévenons d’emblée les collectionneurs invétérés : ils n’y trouveront pas absolument tout parce que les enregistrements de certains solos « se situent à la limite de l’audible voire du supportable » nous avertit le livret. Out aussi les plages où Bird n’improvise pas. Mais l’essentiel est là. Car on peut faire confiance à Alain Tercinet. Son texte de présentation, sobre et très précis, est comme toujours parfait. Le plus étonnant à l’écoute de toutes ces plages, c’est d’emblée l’explosion d’une personnalité hors norme, et dans le même temps son évidente évolution. On a du mal à s’imaginer que Parker ait pu jamais mal jouer du saxophone tant dans Honey & Body l’essentiel est déjà là. Outre la virtuosité ou le vocabulaire qui se perfectionnent, c’est la modification du grain sonore qui est le plus impressionnant. Et, comme Coltrane, tous ses contemporains affirment que le disque ne rend pas vraiment la force de son direct ! Et dire qu’il va falloir patienter pour avoir la suite de ce travail éditorial d’excellence !
Par Ludovic FLORIN- JAZZ MAG-JAZZMAN





"Ce coffret vaut son pesant d’or" par Le Devoir

Il était temps comme enfin. De quoi comme de qui ? Pour une fois, Charlie Parker a été bien servi. Et ce, grâce à une étiquette franco-républicaine qui s’est auto-baptisée d’une appellation qui pourrait faire croire qu’il s’agit d’un cabinet de notaires de tendance « balzacienne » : Frémeaux & Associés. Les artisans de ce label proposent depuis peu le volume 1 de l’intégrale Charlie Parker intitulé Groovin’High. Jusqu’à présent, en matière de réédition Parker a été servi par des bus-boy, parfois par des serveurs, mais jamais par des chefs de rang, des sommeliers ou mieux par des maîtres d’hôtel. En écrivant cela on pense aux petits travaux réalisés par Verve et des malfrats de la péninsule italienne où les droits d’auteurs comme les droits d’exécution sont relégués sur les étagères des bibelots. Pour l’exemple, prenons Verve. Il y a une quinzaine d’années ce label pourtant riche a mené une entreprise de réédition logeant à l’enseigne de l’avare aveyronnais. Les gens de Verve ont additionné les versions de Yardbird, de Lover Man, Hot House et autres en les rassemblant dans un coffret de dix compacts. En clair comme au ras des pâquerettes, Verve a allongé la sauce – quatre fois Yardbird de suite ! – pour mieux imposer le gros prix : 310 $ en dollars 1995. T’sé veut dire ! Un, en enfilant les versions ils n’ont montré aucun respect pour le choix fait initialement par Parker et son producteur. Deux, on nous prenait encore une fois pour des cochons de payant. Avec Frémeaux & Associés, il en va tout autrement. Sous la direction d’Alain Tercinet, les archivistes, les historiens ont fait un boulot remarquable. Tout d’abord, mentionnons, soulignons, qu’à l’exception de deux morceaux il n’y a aucune redite, aucune répétition. Pas moins de 63 pièces ont été regroupées sur trois disques. Maintenant, de quel Parker s’agit-il ? Comme c’est le volume 1 d’une série qualifiée d’intégrale, c’est le Parker des débuts. Celui qui a commencé à jouer dans la ville où il est né : Kansas-City. La ville qui, soit dit en passant, est devenue le nom d’un genre, d’une école, soit le style Kansas-City. Pour mémoire, on rappellera que dans les années 30, Kansas-City était une ville dite ouverte. Il y avait pléthore de clubs, de cabarets, et bien évidemment de musiciens. Le premier morceau du premier cd est un enregistrement privé de Parker jouant en solo Honey & Body. Ensuite, la logique prend ses droits. C’est le saxophoniste dans l’octet du merveilleux pianiste Jay McShann, le saxophoniste dans le big-band de ce dernier avec une surprise. Laquelle ? La série d’enregistrements McShann est entrecoupée par un live du groupe Clark Monroe au Uptown à New York. Lorsqu’on n’entend pas Bird avec celui qui lui donna sa chance, on l’entend avec le quintet de Tiny Grimes, l’orchestre de Clyde Hart, le sextet de Cootie Williams, l’octet de Sarah Vaughan et bien sûr avec le quintet, le sextet et le « All Stars » de Dizzy Gillespie. On l’entend donc avec certaines des fines lames de l’époque : le ténor Don Byas, le pianiste Al Haig, le contrebassiste Oscar Pettiford, le tromboniste Trummy Young, le chanteur Billy Eckstine, le batteur Gus Johnson et quelques autres. Ce coffret vaut son pesant d’or pour une raison et une seule : l’évolution musicale de Parker. La maturation, affreux mot, de Parker. On part du blues, on embraye avec le swing on termine avec le « bibeaupe » dont il fut l’architecte avec Gillespie et Kenny Clarke. Autrement dit, on commence avec l’homme posé et on finit avec l’homme révolté. Chapeau à Frémeaux et à Alain Tercinet. Au fond, c’est à se demander si le saxophoniste ténor Houston Person n’a pas fait sienne la devise suivante : s’il n’en reste qu’un je serai celui là. Parce qu’on a beau regarder autour de nous ou plutôt écouter autour de nous, on ne trouve pas de ces saxos au long cours. De ces souffleurs qui creusent encore et toujours le sillon que Coleman Hawkins fut le premier à creuser. On l’aura compris, Person appartient à la lignée des Hawkins, Ben Webster, Don Byas, Eddie Lockjaw Davis. Aussi régulier qu’une montre suisse, versant allemand, Person nous propose comme à tous les huit mois un nouvel album. Il s’intitule Moment to Moment que publie l’étiquette High Note. Et comme d’habitude, Person montre qu’il sait fort bien s’entourer puisque… Puisqu’il a choisi Terell Stafford à la trompette, John Di Martino au piano, Randy Johnson à la guitare pour certains morceaux, Ray Drummond à la contrebasse et Willie Jones III à la batterie. Comme d’habitude (bis), le programme alterne ballades, blues, swing, standards et pièces originales. Person a ceci de génial et de séduisant qu’il fait ce qu’on attend de lui. Il laisse à d’autres le soin de défricher, d’explorer, pour mieux se consacrer à ceci : éviter que des pièces de jazz sombrent dans l’oubli. À sa manière, Person est plus archiviste qu’inventeur. Mais ce qu’il a d’extraordinaire c’est sa capacité qu’il a eu à nous fidéliser avec ce son pesant, langoureux, franc du collier. Avec Houston Person, on n’est jamais surpris, on est toujours conquis.
Par Serge TRUFFAUT – LE DEVOIR




"Un coffre aux trésors" par Le Journal de Montréal

Véritable météore dans le monde du jazz, le saxophoniste Charlie Parker (1930-1955) fut en quelque sorte celui qui donna à l’improvisation ses lettres de noblesse. Autodidacte, chercheur, il écoutait aussi bien ses contemporains que Debussy, Ravel et Liszt. Il fut avec Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Bud Powel et le batteur Kenny Clarke, un « messie » qui se brûla rapidement les ailes par toutes sortes d’excès. Depuis que son œuvre est tombée dans le domaine public, les compilations et autres coffrets de très mauvais goût poussent comme la mauvaise herbe et vous font, hélas, dépenser votre argent pour rien. Grâce à la maison de disques Frémeaux & Associés, tous ces problèmes sont résolus, puisqu’elle a une passion peu commune pour les choses bien faites et la note bleue. Ce triple disque relate les premières armes du jeune Charlie Parker dans le grand orchestre de Jay McShann jusqu’aux feux d’artifice en trio ou avec le trompettiste Dizzy Gillespie. Un coffre aux trésors que l’on glissera sous le sapin, en pensant au collectionneur ou au simple néophyte.
Par LE JOURNAL DE MONTREAL





"L’origine de sa brillante mais courte carrière" par Le Quotidien du Médecin

"Après plusieurs intégrales magistrales consacrées à Louis Armstrong, Charles Trénet, Henri Salvador, Django Reinhardt (vingt volumes) et à l’accordéon notamment, le label français Frémeaux & Associés, qui produit aussi ses propres disques et a obtenu des centaines de distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore mondial, se lance dans la publication des oeuvres complètes de Charlie Parker (1920-1955). Le premier volume (2 CD - direction Alain Tercinet), intitulé « Groovin’ High - 1940-1945 » vient de paraître. Si le double album commence par un étonnant enregistrement privé du « Bird » au saxe-alto en solo à Kansas City, sa ville natale, au milieu des années 1940, on le retrouve par la suite au sein de la formation du pianiste Jay McShann, qui fut à l’origine de sa brillante mais courte carrière. Viennent ensuite des sessions en trio (1942), et surtout les premières rencontres avec Dizzy Gillespie, avant une collaboration plus poussée et fructueuse avec le trompettiste à partir de 1945, qui contribua à créer la légende avec l’avènement du be-bop. Pour l’histoire..."
par Didier PENNEQUIN - LE QUOTIDIEN DU MEDECIN




"Chez Frémeaux, décidément on aime les entreprises audacieuses" par On-Mag

"Après l’intégrale Django Reinhardt (20 tomes), celle de Louis Armstrong (en cours, déjà 9 parus), voici l’intégrale Charlie Parker. Chez Frémeaux, décidément on aime les entreprises audacieuses. Le premier volume regroupe, sur 3 CDs, l’enfance d’un chef : Charlie Parker de 1940 (il a vingt ans) à 1945 et l’on devine déjà la dimension du personnage.
Sur le premier CD, qui débute par un enregistrement privé d’un solo de sax alto à Kansas City, le jeune Charlie mêle Honeysuckle Rose et Body and Soul pour en faire un « Honey & Body », une manière de montrer qui il est et ce qu’il connaît. Et cela croît et embellit avec l’orchestre de Jay McShann. Dans ce très bon orchestre, il se fait entendre et sa façon de jouer, son phrasé, tout en volubilité et en apparente facilité, nécessitent de sacrées qualités, qu’il possède, de souffle et de générosité. Que soit sur les ondes d’une radio de Wichita (Kansas) à Dallas (Texas) ou au Savoy Ballroom de New York, il joue comme un furieux et toujours en-dehors des clous.
Sur deuxième CD, c’est la rencontre avec les autres grands qui cherchent, les Dizzy Gillespie, Oscar Pettiford, Tiny Grimes, Trummy Young ou autres Don Byas, et qui trouvent. Le bop est là. Place aux boppeurs. C’est aussi l’époque des essais dangereux pour la santé. Foncer à cent à l’heure, pour beaucoup de musiciens de cette période, c’est aussi abuser des « substances illicites », comme on dit dans la police. Charlie Parker, dès l’âge de vingt ans, est déjà héroïnomane. Ce n’est pas le bebop qui va le désintoxiquer. On sent chez ce saxophoniste hors pair, déjà, une envie de foncer, de se donner à fond à la musique, de se noyer dedans. On comprend mieux l’étonnante réflexion de Teddy Reig : « C’était la première fois qu’on gravait un disque avec un hystérique. »
La troisième galette, en dépit de quatre plages difficiles à écouter, vu leur qualité sonore (mais indispensables historiquement) est presque celle de la plénitude. Déjà tout est en place, le Charlie Parker que l’on connaît est arrivé. Enregistrements démentiels avec Dizzy Gillespie, avec Sarah Vaughan, avec comme acolytes Trummy Young (tb), Don Byas (ts), Cootie Williams (tp), Slam Stewart (b), Cozy Cole (dm), Sidney Catlett (dm), Max Roach (dm), Tadd Dameron (p), comme si la présence de ce jeune saxo alto les aimantaient."
par Michel BEDIN - ON-MAG




« Toujours saisissant d’intensité » par Jazz Hot

Les personnes qui connaissent peu ou pas le jazz se posent souvent la question sur la curiosité des amateurs passionnés pour ce genre d’édition où l’on prétend à l’intégralité d’une œuvre, avec des prises où le bruit du souffle ou du sillon se fait entendre comme sur le 78 tours, avec des prises multiples, parfois tronquées, et un son d’un autre temps. Nous pouvons les rassurer, les anormaux ne sont pas ces curieux qui donnent à leur passion les moyens d’un enrichissement, mais bien ceux qui consomment leur vie durant des notes comme des illettrés, sans autre curiosité au-delà de la note que celle du battage médiatique du moment. Cela dit pour introduire une autre grande œuvre entamée par cet éditeur qui mérite d’être distingué du Delaunay d’Or® (on va le proposer au jury) pour l’ensemble de son œuvre pour le jazz. La récompense est appropriée car c’est bien à notre grand Charles que nous devons, à plusieurs titres, la traçabilité de l’histoire du jazz, et donc ce genre de production. Charlie Parker, qui ne vécut que 35 ans, a laissé dans une carrière comme un torrent, tout entière consacrée au jazz, beaucoup de témoignages de son art exceptionnel, souvent éparpillés (enregistrements de disques, mais aussi émission de radio, et une multitude d’enregistrements privés, « pirates », merci les pirates !). Réunir ces éléments dans une intégrale relève donc de l’acharnement, explique les réserves affichées d’emblée par l’éditeur en raison de la difficulté de réunir tous les matériaux. Il y a dans le monde un certain nombre de « frappés » de la musique de Charlie Parker (nous en connaissons en France plusieurs), et c’est un work in progress perpétuel. La manœuvre est ici dirigée par un connaisseur en la personne d’Alain Tercinet. Outre le travail discographique, les intégrales, comme pour l’édition d’œuvres complètes en littérature, sont l’occasion d’un travail biographique qui restitue, disque après disque, l’itinéraire court et pourtant si foisonnant de l’altiste de Kansas City. Dans ces premiers volets, de trois disques chacun, on découvre dès la première prise en soliste (une prise de travail de 1940, medley de « Honey-suckle Rose » et « Body and Soul », sur le magnéto du trompettiste Clarence Davis) que Charlie Parker est déjà là, le sens de la paraphrase codifié par Coleman Hawkins dans le titre célèbre repris ici, le sens de l’acrobatie et de l’équilibre porté à son zénith par Art Tatum. Les enregistrements suivants fixent le terreau où est né cet oiseau de bonheur : le blues et Kansas city, soit la glaise de cette musique et l’une des capitales du jazz des années 30, dont l’importance a été essentielle dans le développement du jazz. On aborde ensuite la rencontre de New York et l’heure, non des expérimentations, mais de la maturation (déjà à 20 ans) d’un langage qui ne fut une révolution que pour la France et l’Europe coupées du berceau du jazz pour cause d’occupation (cf. l’article sur Charles Delaunay). New York est l’occasion de la rencontre de Dizzy, mais aussi de tous les encore jeunes musiciens déjà confirmés, connus pour certains, les stars mêmes, parce que si Coleman Hawkins est une inspiration, il ne fait aucun doute qu’Art Tatum est le modèle pour Parker au sens de la perfection à chercher. Dans ce monde d’une excellence surnaturelle, il faut la loi du charbonnier et la puissance de l’artiste, son investissement corps et âme, pour imposer une nouvelle voix. Cela alla très vite parmi les musiciens, car un talent de cette importance, doué de la virtuosité de son maître Tatum mais au saxophone alto, s’est vite imposé. Plongez-vous dans ces premiers temps d’un génie, c’est toujours saisissant d’intensité, de beautés multiples toujours renouvelées, mais surtout, vous vous immergerez dans un monde qui n’est pas celui d’aujourd’hui, ni sur le plan esthétique, ni sur le plan artistique, ni sur celui de l’environnement (politique, social, économique…) Avec un peu de curiosité et d’ouverture d’esprit, on peu le relier à notre temps, trouver les filiations et finalement comprendre que Charlie Parker fut une évolution logique du jazz, qu’il s’intégra sans problème au sommet, et que l’art n’est pas d’un temps, que les beautés de cette époque, entre autres, sont de celles qui peuvent encore enchanter à condition de déshabituer nos oreilles du son du jour. Yves SPORTIS – JAZZ HOT




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