INTEGRALE LOUIS ARMSTRONG VOL 8

PUBLIC MELODY N°1 - 1937-1938

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FA1358

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Le Seigneur n’a fait qu’un Louis Armstrong. Ça lui a pris du temps pour le faire, et ça lui en prendra encore beaucoup pour en refaire un autre ! Un seul Louis, c’est assez pour cette terre.
Lionel Hampton

Les Intégrales Frémeaux & Associés réunissent généralement la totalité des enregistrements phonographiques originaux disponibles ainsi que la majorité des documents radiophoniques existants afin de présenter la production d'un artiste de façon exhaustive. L'intégrale Louis Armstrong déroge à cette règle en proposant la sélection la plus complète jamais éditée de l'oeuvre du géant de la musique américaine du XXè siècle, mais en ne prétendant pas réunir l'intégralité des oeuvres enregistrées. La présente édition est dirigée par Daniel Nevers.
Patrick Frémeaux

Droits audio  : Groupe Frémeaux Colombini SAS - The Complete Louis Armstrong

Les ouvrages sonores de Frémeaux & Associés sont produits par les meilleurs spécialistes, bénéficient d’une restauration analogique et numérique reconnue dans le monde entier, font l’objet d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie. La marque Frémeaux & Associés a obtenu plus de 800 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore.



INTÉGRALE LOUIS ARMSTRONG “PUBLIC MELODY N°1”

THE COMPLETE louis armstrong 
INTÉGRALE LOUIS ARMSTRONG “PUBLIC MELODY N°1” 1937-1938 

Direction Daniel Nevers







Louis ARMSTRONG - Volume 8 
M’enfin, qu’est-ce qu’il a bien pu arriver de grave, de capital, de terrible, ce jeudi 24 octobre 1929, sur l’autre rive de l’océan ? Evidemment, les mauvaises langues ne manqueront point d’affirmer que cela a à voir avec le stock-exchange en délire et la fameuse rue du mur. Elles iront même, ces langues vipérines toujours prompte à stigmatiser le “jeudi noir”, à s’apitoyer sur le vol plané si gracieux mais tellement triste d’un quarteron de doux banquiers ayant commis l’erreur funeste de se jeter dans l’aventure sans parachute… Quatre-vingts ans après, les nôtres, de banquiers, sont bien plus futés, qui savent par qui se faire renflouer et promettent en contrepartie que, ce coup-ci, il n’y aura même – peut-être – pas besoin d’une quarantaine de millions de macchabées pour que tout rentre gentiment dans le désordre établi…  Tout ça, d’abord, c’est rien que du boniment ! Des trucs vachement secondaires. Des détails quoi. Ce qui s’est vraiment passé le jeudi 24 octobre 29, ce qui relève tout autant de l’Impératif catégorique que de l’Esprit absolu, chers aux vieux potes philosophes chers à Patrick Frémeaux, ce sans quoi la terre se fût mise à tourner de traviole et le ciel eût chu sur le pauv’ monde, c’est que, vol de banquerouteurs ou pas, la NBC, le plus ancien network de la région (guère plus d’une dizaine d’années, en fait), proposa la première d’une série d’émissions cor­naquée par Fleischmann, l’un des énormes fabricants de levure et de farine (génétiquement modifiée ?) du coin. Pas photo : ce fut bien ça l’évènement du jour. La preuve ? Dix ans après, la série existait toujours, alors que la crise était finie depuis belle lurette, c’est bien connu. Même qu’on connait une chanson et un film de 34 – quand Armstrong était en Europe, justement – qui l’affirment : La Crise est finie, tra la la la la la… La crise ? Quelle crise ?...

Un qui se fit des choses en or en ce jour où tout plein de monde en perdit, c’est le nommé Rudy Vallée (1901-1986) – lequel tenait fort à l’accent aigu sur le premier “e” de son patronyme, témoin de ses origines françaises. C’est lui en effet, saxophoniste dans le Savoy Havana Band de Londres au milieu des années 20 reconverti en chanteur suave armé d’un mégaphone, que Bing Crosby (savant connaisseur en la matière) tenait pour l’inventeur du genre crooner, qui décrocha le pompon, bombardé, à la tête de ses “Connecticut Yankees”, Maître de Cérémonies de la dite série d’émissions. Se doutait-il ce jour tristement fameux, gentil Rudy, que ce ne sont point ses nombreux disques chez Columbia et Victor (fort oubliés, même son “tube” à lui, le martial Stein Song, lourdingue air à boire des boutonneux de l’Université du Maine), les performances publiques ou les quelques films vaseux dans lesquels il se glissa au début du parlant, qui firent sa renommée, mais bien cette série hebdomadaire de radio qui dura, dura, et rendit sa voix familière à tout un pays ? On aimerait entendre au moins une ou deux de ces émissions, diffusées en direct en des temps où la télévision n’existait guère, mais il semble qu’aucune n’ait été sauvegardée. Pourtant, l’habitude de les enregistrer “en simultané” lors de leur passage à l’antenne, afin d’en conserver les traces et, éventuellement, de les rediffuser, fut vite prise. Les “acétates” durent finir à la casse peu après… Fort heureusement, ce n’est pas le cas de la moitié de ceux du printemps 1937, quand Louis Armstrong, à la demande de Vallée, le remplaça l’espace d’une saison. Savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce que Satchmo, conscient de ce qu’il s’agissait-là d’un moment clef de sa carrière, récupéra quelques faces et les enfouit dans sa belle grosse collection de disques. Eut-il seulement le temps de les (ré)écouter ? 

On a beau gagner plutôt pas mal sa croûte en des jours de vaches maigres où les petits dictateurs de province deviennent des idoles vociférantes et (inter)nationales, on finit par avoir marre de se trimbaler pendant des années aux quatre angles du coin – New York, Chicago, Hollywood, voire Cleveland, Charleston ou Atlanta (partout où la NBC possède des studios) – pour, semaine après semaine, se retrouver en direct face au public, en compagnie d’une flopée d’invités qu’on ne connaît pas toujours très bien et que l’on n’apprécie pas nécessairement. Ça use !... Alors, sortant de son sommeil hivernal au printemps de l’an 37, Rudy Vallée décida qu’il était grand temps de s’offrir le large. Loin de préférence : par exemple en Angleterre, où il avait joué vers 1925 et s’était fait des copains. Il se trouve que ces crooners, Bing et Rudy en tête (plus tard Frankie), éprouvèrent pour Armstrong une sorte d’adoration – sans doute parce qu’il représentait ce qu’eux n’étaient pas… Toujours est-il que Vallée, déjà préfacier en 36 de Swing that Music, les souvenirs tripatouillés de Louis, le recommanda à l’équipe qui “gérait” (comme on dit) la série radio depuis près de huit ans. De ce côté-là, rien à cirer avec la musique et l’art en général : seulement le blé (normal pour un sponsor farineux), l’oseille, l’avoine, le trèfle, le beurre, le pognon, le fric, l’auber, l’artiche, le flouze, le carbure, le grisbi, les picaillons, les radis, les ronds, les pépettes, la galette (alias “la galtouze”), la braise, la fraîche, la soudure, la thune… Bref tout ce qui colle avec la morale d’un pays qui en manqua toujours singulièrement. Rudy n’eut certes pas la tâche facile. Il s’agissait, rien moins, que de promouvoir à la tête d’une émission passée de longue date dans les us et coutumes, ultra populaire, diffusée dans une tranche commerciale par le dinosaure de la T.S.F., un de ces citoyens de seconde zone à la peau un poil sombre. Et ben, il réussit son coup, le Vallée ! Et put donc embarquer l’esprit serein, heureux d’avoir imposé le seul qu’il jugeait digne de lui succéder : Louis Armstrong …

Satch’ aurait aussi bien pu rester jusqu’à la fin de la série (dans les années 1940), puisque Rudy laissa entendre qu’il ne reviendrait peut-être pas. Ce ne fut point le cas. En ces jours encore difficiles, mieux valait ne pas lâcher la proie pour l’ombre et le papa des crooners, cheik déjà sans provision, refit surface un trimestre plus tard et reprit son petit métier comme qui rigole. Louis fut déçu : il savait qu’il ne garderait pas l’émission pendant cent sept ans. Joe Glaser, son manager, le lui avait fait comprendre. Mais il pensait tenir au moins six mois, voire même un an. Il rendit donc à Rudy-César… Devinez qui fut l’invité d’honneur de l’émission de rentrée de celui-ci, le 8 juillet 37 ? Louis Armstrong, natürlich… Il faudra attendre la fin des années 1950 pour que des artistes “de couleur” (Nat “King” Cole) retrouvent (brièvement) un job de Maître de cérémonies aux radios et télés “commerciales”… Le Cosby Show était encore si loin…  Que reste-t-il, de nos jours, de cette douzaine d’émissions d’une demie heure (retitrées Harlem, pour faire couleur locale) diffusées par NBC chaque vendredi du 9 avril au 25 juin 1937 ? On était passé du jeudi au vendredi entre 29 et 37, par superstition peut-être. Six sur douze. La moyenne – score inespéré. Plus un petit bout de l’émission du 16 avril, ce Dinah surgi de nulle part par hasard, qui clôt le recueil précédent… Ce qui revient à dire que près de l’autre moitié (23 avril, 4, 11, 18 et 25 juin) a tiré sa révérence. Á moins que… 

Ne sont inclus ici que les fragments donnant à entendre notre trompettiste/chanteur, accompagné par son orchestre régulier (à l’exception du Darling Nelly Gray du 14 mai, avec les Mills Brothers). Mais il va de soi que, Maître de cérémonies, Louis se devait d’introduire quelques complices : la fratrie Mills (avec le papa) bien entendu, mais aussi Eddie Green et Gee Gee James (sur des textes d’Octavius Roy Cohen), comiques pas vraiment fins concurrents des très fameux Amos & Andy, les pianistes/chanteuses Amanda Randolph et Cleo Brown, les Southernaires, les Charioteers, les Four Nuts of Rhythm, la bonne chanteuse Edith Wilson, le danseur Bill Bailey… En somme, des solistes, des duettistes, de petits groupes chantants. Impossible d’inviter les chouettes grosses machines hot hors de prix. Jimmie Lunceford et son orchestre, que Louis aimait bien, étaient d’emblée exclus, sans parler d’Ellington ! Et même cette nouvelle équipe de cinglés de swing, dirigée par William “Count” Basie, pourtant pas encore très cher, qui avait à l’insu de son plein gré signé fin 36 avec Decca (jeune firme phonographique d’origine britannique et carnivore exploitant déjà Louis, Bing et Bob Crosby, Lunceford, Ted Lewis, Jimmy Dorsey, Cleo Brown, les Mills Brothers, Guy Lombardo, Chick Webb et Ella, le Casa Loma Orchestra, Connie Boswell, Judy Garland, Ginger Rogers, Dick Powell et un bon paquet d’autres), n’avait rien à espérer. Déjà le big band de Louis, dirigé par Luis Russell, devait bien être rémunéré (hélas !). Alors un deuxième ? Et puis quoi encore ? Les enveloppes ne sont pas extensibles à l’infini au pays des radins… Armstrong n’eut donc jamais de grandes formations parmi ses invités. Mais au fond, peut-être n’en avait-il pas si envie : lui piquer la vedette, non mais des fois…  

Rappelons que la première émission armstrongienne (9 avril) et le seul extrait connu de la suivante (16/04) se trouvent déjà à la fin du volume 7 (Frémeaux FA 1357). L’émission 3 (23 avril) ayant sauté les pistes, on reprend le fil avec la quatrième, le 30 avril. Louis enregistra bien “commercialement” le premier morceau, I’ve Got a Heart Full of Rhythm (chanson se voulant optimiste en des jours où la crise n’était pas vraiment finie), mais seulement le 7 juillet (voir CD 2, plage 11). Les auditeurs en eurent donc la primeur. Les trois autres titres en revanche, You, Rascal You, On the Sunny Side, After You’ve Gone, appartiennent à son répertoire rodé ; encore que le dernier ne soit connu jusqu’ici que par la version OkeH de 1929. Louis, qui ne le réenregistrera que dans les années 1950, devait l’interpréter parfois en concert (After You’ve Gone ne figure cependant pas au “programme possible” des récitals de Pleyel, les 9 et 10 novembre 1934 – voir vol. 7)…  Concernant cette jolie série, il convient de distinguer entre les “habituels”, les “standards armstongiens” (You, Rascal You, Chinatown, Sunny Side, Tiger Rag, Pennies from Heaven, Darling Nelly Gray, à la rigueur le Sugar Foot Stomp dont Louis venait de se souvenir…), les “déjà connus mais pas si fréquents”, dont After You’ve Gone est justement l’un des fleurons : Memories of You, Lazy River, I Got Rhythm, Rockin’ Chair, Hustlin’ and Bustlin’ for Baby, Shoe Shine Boy…, et les “jamais faits jusque là et jamais refaits depuis” (du moins, sur un support quelconque). Et là, il y a là de quoi s’offrir quelques bribes de fin plaisir, entre un Rhythm Jam, un Ida doux comme du cidre mais pas tout jeune et l’encore plus ancien (et strictement instrumental) Washington and Lee Swing à l’usage des potaches, ou le récent Bugle Blues (signé Basie, précisément). On trouvera encore moyen de caser dans le lot I Know that You Know, Will You Do a Stomp (alias Prelude to a Stomp), et même cette drôle de Love Bug, gros succès mordeur du jour… Il y a même un anonyme à la clef, That’s What I Like : ni compositeur ni auteur dans le circuit… On remarquera que pour les airs dont on connaît au moins une version antérieure, celle proposée ici offre la plupart du temps d’intéressantes variantes. Exemple : I Got Rhythm ou bien ce Sugar Foot Stomp (qui est ici, en réalité, le Dippermouth Blues de 1923), sur lequel Louis ajoute un quatrième chorus aux trois rendus fameux par le Roi Joe. Joe “King” Oliver mourut un an plus tard, le 8 avril 1938, sans couronne, oublié, dans un bled improbable du fin fond de la Georgie et dans la plus sombre misère… Louis en parla plus tard : “On dit qu’il a eu une crise cardiaque. Moi, je crois qu’il avait le cœur brisé.(…) Un cœur brisé est la chose la plus triste qui puisse faire mourir un homme”… 

L’orchestre, dirigé par le pianiste/arrangeur Luis Russell, dont Louis, quand on lui refila en 1929 une version plus ancienne, ne faisait paraît-il pas grand cas (voir vol. 5 – FA 1355), malgré la présence dans ses rangs de quelques Néo Orléanais bon teint, semble lui plaire davantage depuis sa reprise en main à la fin de 1935. Il faut dire que outre Russell, originaire de Panama mais arrivé à La Nouvelle Orléans à l’âge de dix ans, on trouve plusieurs fort remarquables musiciens enfants eux aussi de la Cité du Croissant. Ainsi le clarinettiste/saxophoniste ténor Albert Nicholas (qui joua en Chine dans les années 1920 !), le solide bassiste George “Pops” Foster, le batteur Paul Barbarin et aussi le trompettiste funambule Henry “Red” Allen. Il exista sûrement entre ce dernier et Armstrong une rivalité certaine, mais Allen était un vieux cheval de retour, un habitué du groupe de Russell, qui tint beaucoup à le récupérer quand celui-ci quitta le Mills Blue Rhythm Band, au printemps de 1937. Lors de son premier séjour dans l’orchestre, en 1929-1931, il avait eu l’occasion de graver quelques superbes disques sous son nom en formations réduites (Biff’ly Blues, Feeling Drowsy, Patrol Wagon Blues…) et certains amateurs le trouvèrent même meilleur que Louis ! Ce qui ne pouvait que mettre de l’huile sur le feu… Un délicieux armstrongien critique qualifia alors son jeu de “fébrile”. Passé chez Fletcher Henderson, Allen y devint le complice préféré de Coleman Hawkins, notamment sur le fantastique Queer Notions (1933), qui donne comme un avant goût de free jazz ! Fletcher Henderson : voilà qui devait aussi faire tiquer Satchmo, lui qui avait tenu dans ce groupe un rôle similaire une décennie plus tôt. Que Louis se rassure : il reste bien le premier, le défricheur, le Maître, le swing incarné. Et ses rapports avec Henry Allen seront toujours cordiaux. Tiens, pendant qu’on y est : c’est lui, “Red” (dont le papa était déjà trompettiste là-bas, en Louisiane), qui prenait le premier solo du St. Louis Blues de 29 et c’est lui encore, en soliste, au début de Bugle Blues et de Washington and Lee Swing… Du côté des non Louisianais, impossible de ne pas signaler la présence du bon saxophoniste méconnu Charlie Holmes et du fougueux tromboniste J.C. Higinbotham, ou de ne point mentionner les nombreux et efficaces arrangements de l’injustement méconnu Chappie Willet (qui écrivit aussi pour Lunceford, le Mills Blue Rhythm Band et Gene Krupa), plus inspiré que Russell, tant sur les standards (I Know That You Know) que sur ses propres compositions, Rhyhtm Jam et Will You Do a Stomp ? 

Fin juin 37, donc, plus de radio “grosse cavalerie”, mais on peut se demander si Louis, dont la santé n’était toujours pas trop florissante, aurait tenu le coup au cas où Rudy Vallée se serait moins hâté de rentrer. Par contrat, il devait en effet se trouver chaque semaine dans la ville où se produisait le spectacle, quels que soient ses autres engagements et le lieu où ils se déroulaient. Un drôle de trajet parfois ! Dan Morgenstern, très savant sur la question, raconte que Louis, engagé sur un nouveau film, Artists and Models, se rendit en Californie dès la fin de l’émission du 21 mai, à Chicago. Il tourna et s’arrangea pour se retrouver à New York peu avant le début de celle du 28 mai. De toute façon, il devait y être la veille, le 27 pour faire sa rentrée à l’Apollo. Il quitta donc Los Angelès le 26 à neuf heures quinze et débarqua dans la Grosse Pomme le lendemain matin à huit heures !... Fatiguant, non ?  

Hormis le Fleischmann’s Yeast Show sur NBC, Armstrong continua à jouer sans relâche devant son public et à faire ses disques “réguliers”. On remarque toutefois qu’il n’enregistra guère chez Decca pendant le trimestre où il se consacra à la radio – comme si sa carrière en dépendait. Le cinéma, en revanche, le sollicita et il accepta le rôle épisodique d’un trompettiste de jazz (mais oui !) dans Artists and Models, une comédie musicale réalisée pour Paramount par le déjà vétéran Raoul Walsh, qui avait dans sa jeunesse travaillé avec David W.Griffith et filmé Pancho Villa. Son nom se trouve davantage associé aux westerns (The Big Trail, Colorado Territory…) ou aux âpres histoires de gangsters (The Roaring ‘Twenties, High Sierra, White Heat…) qu’aux comédies, même s’il réussit parfaitement les choses drôles comme On the Bowery. Au demeurant, un réalisateur hollywoodien digne de ce nom devait alors être capable de traiter tous les genres avec un égal bonheur. Walsh (comme ses collègues Vidor, Ford ou Hawks) y réussit presque toujours. Dans Artists, dont Jack Benny fut la vedette, on déniche quand même un clin d’œil à l’endroit des films de gangsters, puisque la séquence de cabaret dans laquelle intervient Satchmo, justement, s’intitule Public Melody Number One : allusion à peine voilée à l’ennemi public portant le même numéro. On y entend d’ailleurs ça et là quelques rafales de mitraillette façon Scarface (CD 2, plage 4, pour la bande son originale – probablement enregistrée vers mai/juin). Notons que, contrairement à l’affirmation habituelle, c’est bien Martha Raye qui donne ici la réplique à Louis et non Connie Boswell (from New Orleans). Connie est bien elle aussi de l’affiche, mais dans une autre séquence…sans Armstrong. Précision finale : dans son livre de souvenirs, Vincente Minelli raconte que c’est pour régler la chorégraphie de ce numéro qu’il fit pour la première fois le voyage à Hollywood… et ajoute qu’on lui sabota férocement son ouvrage !... 

A l’automne de 1937, Louis Armstrong fut de nouveau réquisitionné chez Paramount pour une satire gentiment grinçante épinglant élections et politiciens véreux au début du siècle (le numéro XX), menée tambour battant par la plantureuse Mae West, Everyday’s a Holliday (en vf, Fifi Peau-de-Pêche), mis en scène par Ed Sutherland, l’ex de Louise Brooks… Mae aimait bien le jazz, qui s’était déjà fait accompagner en 1934 par Duke Ellington et ses gens dans Murder at the Vanities. Louis apparaît brièvement sous la défroque (immaculée !) d’un balayeur des rues (comme il se doit !), trompettiste à ses heures, qui mène la parade sur l’air de Jubilee, flanqué d’une fanfare composée de musiciens du cru – on reconnaît fugitivement le saxophoniste Eddie Barefield… au trombone ! Play back encore et toujours… Louis Armstrong retrouvera le cinéma un an plus tard (version Warner Bros., cette fois) et son dada favori, puisque ce coup-là, on en fera un valet d’écurie – mais toujours trompettiste, envers et contre tous ! Décidément, c’est pas demain la veille qu’un monsieur coloré deviendra PDG du pays (et Prix Nobel de la Paix, par dessus le marché) ! Á suivre dans le volume 9 (s’il y en a un)…  

Reste les disques. Armstrong est évidemment toujours sous contrat chez Decca et il y a un joli trou entre l’ultime séance de 1936 (18 août) et la première de 1937 (24 mars). Probablement les tournées et la préparation des émissions Fleischmann. Joe Glaser, impresario du musicien depuis son retour au bercail début 35, y tenait lui aussi beaucoup, preuve qu’il y avait du fric à se faire sur le dos de l’un et des autres… Le 24 mars, donc, Louis est avec la bande des Hawaiiens et le 7 avril on le trouve en la compagnie des ses copains, les Mills Brothers (voir volume 7). C’est avec eux qu’il renoue dès le 29 juin 37, quatre jours après son ultime émission farineuse, pour la gravure de In the Shade of the Old Apple Tree (deux prises) et de Old Folks at Home (alias Swanee River). L’ensemble est charmant, n’en déplaise aux gentils puristes qui n’apprécient guère ce “quartet vocal noir à la sauce blanche”. Il y a là une décontraction, une tendresse qui fait parfois défaut aux faces “swing” en big band… Lesquelles repointent le bout du museau dès les 2 et 7 juillet, avec l’enregistrement de la très swingante version disque de Public Melody Number One et de plusieurs autres titres, dont I’ve Got a Heart Full of Rhythm, déjà exécuté à la radio. Histoire de ne point laisser tarir la veine exotique – c’est-à-dire plutôt latino – dont relèvent déjà Peanuts Vendor et La Cucaracha, on en remit une louche avec She’s the Daughter of a Planter from Havana et Cuban Pete. L’année suivante, il y aura en rab un Mexican Swing… Louis n’y vit nul inconvénient et, tout naturellement, fit passer en magicien sur tout cela le goût, le parfum du swing. On notera l’enregistrement, lors de la session du 7 juillet, d’Alexander’s Ragtime Band, premier succès d’Irving Berlin fin 1911. Sans doute cherchait-on à ouvrir un nouveau champ musical à Armstrong en lui faisant reprendre, à la sauce “hot”, des airs pas tout jeunes connus de tous, tel le Washington and Lee Swing à la radio. Ici toutefois, il existe une raison plus précise : la 20th Century Fox sortait juste un film d’Henry King avec en vedettes Tyrone Power et Alice Faye, portant ce titre et retraçant d’une manière très libre la carrière d’un chef d’orchestre fictif du nom d’Alexander… Gros à parier que cette vieille chose allait reprendre du service. Alors, à toutes fins utiles… Ah oui, au fait : Alexander’s Ragtime Band n’est pas un vrai ragtime ! 

Plus intéressantes sont cependant les faces du 15 novembre 37 et du 12 janvier 38, gravées à Los Angeles. Les deux premières, en octette avec la rythmique et les meilleurs solistes du groupe, comptent parmi les belles réussites du moment, surtout On the Sunny Side, où l’inspiration du musicien sur un thème mille fois rabâchée resurgit intacte, renouvelée. Once in a While est l’un des premiers exemples de cette politique de la maison Decca consistant à faire réenregistrer par Louis quelques uns de ses chefs-d’œuvre de l’époque OkeH, la seconde moitié des années 1920. Idée quelque peu banale mais qui, parfois, donnera de bons résultats. On les appréciera  surtout dans le volume suivant, mais on trouvera tout de même ici, en date du 24 juin 1938, de nouvelles versions de I Can’t Give you Anything but Love et Ain’t Misbehavin’, assez différentes des originales et de plutôt bonne facture malgré un accompagnement médiocre.  La copieuse séance de janvier 38 compte quant à elle parmi les meilleures de la longue série Decca, avec, pour commencer très fort, la triomphale version disque de Jubilee. L’arrangement est signé Chappie Willet, ainsi que dans cet autre exemple de remake réussi, Struttin’ with Some Barbecue, d’une structure mélodique relativement simple, interprété par Louis de manière plus sobre, plus dépouillée, que dans la version initiale des Hot Five en 1927. Ce même dépouillement du style fait de The Trumpet Player’s Lament et de Let That Be a Lesson to You deux autres gravures digne d’attention. Quant à Satchelmouth Swing, il s’agit de l’adaptation pour big band du Coal Cart Blues enregistré par Louis avec les Clarence Williams’ Blue Five lorsqu’il était membre de l’orchestre Fletcher Henderson en 1924-25 (voir volume 2). Sweet as a Song le révèle crooner dans la manière de Bing Crosby et I Double Dare You, en moyenne formation, est tenu par quelques uns comme le plus brillant diamant de toute la collection Decca. Sans doute est-ce assez injuste à l’endroit que plusieurs autres faces de première grandeur, mais est vrai que l’ensemble est un modèle de swing et d’équilibre, un sommet de l’improvisation jazz. Louis Armstrong n’a rien perdu de son éclat même si, parfois, le soleil tend à se voiler…

C’est justement ce qui arrive lors des sessions des 13 et 18 mai 1938, à New York cette fois.  Le matériau (So Little Time, As Long as You Live…) n’est guère passionnant, à l’exception de l’agréable It’s Wonderful et surtout de When the Saints Go Marching In, devenu après la guerre l’un des inévitables saucissons des orchestres traditionnels en mal de répertoire. Mais en 1938, cette vieille marche du Sud passablement oubliée n’avait pas fait l’objet d’enregistrements sur disques. En somme, Louis Armstrong fit œuvre de pionnier en mettant cet air à la mode. Et ici l’orchestre est en pleine forme, Higginbotham s’octroyant au passage de belles et solides interventions.  Outre toutes ces faces avec son orchestre et les quatre (dont Naturally et I’ve Got a Pocketful of Dreams) du 24 juin, avec cette formation blanche de studio dont il a déjà été question, Louis retrouva les Mills Brothers au “chant cornichon” pour trois nouveaux titres, Flat Foot Floogie, The Song Is Ended et My Walking Stick. Le premier est sans aucun doute le plus connu, créé peu auparavant par deux sympathiques amuseurs à leurs débuts, “Slim” Gaillard, pianiste, guitariste, poly-instrumentiste, chanteur, inventeur d’un vocabulaire hautement fantaisiste, et “Slam” Stewart, vigoureux contrebassiste et chanteur lui aussi, qui s’était fait une spécialité de doubler à la voix dans les cordes, à l’octave supérieure, les lignes jouées à l’archet. Le duo fonctionna allègrement pendant près d’une dizaine d’années et connut un beau succès, Flat Foot Floogie restant SON “tube” fétiche par excellence. D’autres, d’ailleurs, l’enregistrèrent à leur tour : jusqu’à Django, Grappelli et le Quintette du Hot Club de France. Et puis Louis Armstrong, évidemment… C’est de loin la meilleure, la plus marrante des trois faces. Dans la foulée, Louis, uniquement chanteur cette fois, se livra à un tout autre exercice en gravant quatre beaux spirituals, avec le concours d’un vaste chœur placé sous la direction de Lyn Murray : émotion, recueillement, avec Nobody Knows the Trouble I’ve Seen, humour biblique avec l’histoire de Jonas et la baleine (Jonah and the Whale)… Deux mois plus tard, le 11 août, nouveau dépaysement avec un 78 tours de 30 centimètres, sans le moindre rapport avec le jazz ou même avec la musique – bien qu’un chœur, peut-être le même que précédemment, se fasse entendre sur le second titre. Ces Elder Eatmore’s on Throwing Stones et On Generosity sont deux sermons noirs humoristiques dit par le musiciens. Avouons qu’une bonne partie de leur sens nous échappe ! Hugues Panassié remarque : “C’est le seul disque de Louis entièrement parlé et, à ce titre, il est précieux. Il est à peine exagéré de dire que Louis parle aussi bien qu’il chante. Notons seulement que sa voix est ici enregistrée trop fort, ce qui la déforme un peu”. Ainsi s’achève, avec ces deux faces inhabituelles, la série des enregistrements “officiels” de Louis Armstrong pour l’an 38. Il faudra en effet attendre le 18 janvier 39 pour qu’une novelle session soit organisée par la bande à Decca de Jack Kapp. Néanmoins, il reste, datant du second semestre de 1938, un certain nombre de radios, d’extraits de film et de concerts. Ouverture idéale pour un volume 9… Ah oui, tout de même, du côté de la vie privée : C’est en 1938 qu’Armstrong divorça enfin de Lilian, sa deuxième épouse dont il était séparé depuis des années. Il en profita pour épouser Alpha, avec laquelle il vivait depuis des années… pour, presque aussitôt, divorcer et nouveau, afin d’épouser en vitesse Lucile Wilson qui restera sa compagne jusqu’à la fin de ses jours. C’est la vie.
Daniel NEVERS
© 2010 Frémeaux & Associés – Groupe Frémeaux Colombini 

English notes
Some may have been in a tizwoz on Thursday 24 October 1929, mumbling about the stock exchange and Wall Street.   However on this supposedly ‘black’ day, there were other more important goings on.  The NBC, the oldest  network of the region came out with the first of a series of broadcasts piloted by Fleischmann, on of the huge local flour and yeast manufacturers.  A truly big event, the proof being that ten years later the series still existed, whereas the recession was well in the past by that time.  We even know a French song and movie from 1934 – when Louis Armstrong was in Europe – when he confirmed that La Crise est finie, tra la la la la la.  Crisis?  What crisis? While others were losing money, Rudy Vallée (1901-1986) was hauling it in.  This ex-saxist in London’s Savoy Havana Band, then restyled as a suave crooner, had been elected to head his ‘Connecticut Yankees’ as Master of Ceremony for this series of broadcasts.  He surely never realized that his voice was to become recognized throughout the land due to the weekly series, and not his string of discs released by Columbia and Victor, nor his previous public performances and sleazy films.  We would love to hear one or two of these programmes but it would seem they weren’t kept.  Thankfully half of those broadcast in spring 1937 were conserved when Vallée asked Armstrong to replace him for a certain time.  Satchmo realized this was a key moment of his career and stoked away a few sides to tuck them into his rich record collection.

The earnings were good but Vallée was weary of traipsing from New York to Chicago, Hollywood, Cleveland, Charleston or Atlanta (wherever the NBC had studios) and needed some fresh air, the further away the better.  The crooners of the day, Bing and Rudy in particular, were in admiration before Armstrong and the latter felt he could comfortably confide him the job during his peregrinations Satch’ hoped to stay in this new position until the end of the series (in the 40’s) and was disillusioned when Vallée returned after a mere three months.  He thus gave to Rudy-Caesar what belonged … .  But guess who the star guest was when Rudy-Caesar returned to his throne on 8 July 37.  Louis Armstrong of course. So today, what remains of these twelve 30-minute shows (renamed Harlem) broadcast by the NBC every Friday from 9 April to 25 June 1937?  Half a dozen, plus a snippet of that of 16 April, Dinah which closed the previous album. Here we have included the fragments in which we can hear our trumpeter/singer accompanied by his regular big band (excepting Darling Nelly Gray of 14 May with the Mills Brothers).  But it goes without saying that as Master of Ceremonies, Louis just had to introduce a few pals:  the Mills Brothers (with Daddy) of course, and also Eddie Green and Gee Gee James (texts by Octavius Roy Cohen), the wacky comedian duo competing against the famous Amos & Andy, the pianists/singers Amanda Randolph and Cleo Brown, dancer Bill Bailey, etc.  In other words, soloists, duos and small singing groups.  It was impossible to invite the heavy duty bands – far too dear.  And even the new team of swing fanatics, headed by William ‘Count’ Basie, still reasonably priced, had unknowingly signed up in late 1936 with Decca (the young carnivorous phonographic company of British origin already boasting references such as Louis, Bing and Bob Crosby, Jimmie Lunceford, Ted Lewis, Jimmy Dorsey, Cleo Brown, the Mills Brothers, Guy Lombardo, Chick Webb, the Casa Loma Orchestra, Connie Boswell, Judy Garland, Ginger Rogers, Dick Powell), etc.  Consequently the big outfits were never among Armstrong’s guests, but there again, he maybe preferred it that way.  

A quick reminder that the first Armstrong show (9 April) and the only known extract of the following one (16/4) can be found at the end of volume 7 (Frémeaux FA-1357).  Show number 3 (23/4) being absent, here we continue with the fourth of 30 April.  Louis only ‘commercially’ recorded the first title, I’ve Got a Heart Full of Rhythm on 7 July (CD2, track 11).  The three other titles, You, Rascal You, On the Sunny Side, After You’ve Gone, belong to his old repertoire, although only the 1929 OkeH version of the latter title had been known previously.  Louis only re-recorded it in the fifties but sometimes played it in concert.  In this pretty series, one must differentiate between the ‘Armstrongian standards’ (You, Rascal You, Chinatown, Sunny Side, Tiger Rag, Pennies from Heaven, Darling Nelly Gray and perhaps Sugar Foot Stomp), the ‘known but not as much’ including After You’ve Gone, Memories of You, Lazy River, I Got Rhythm, Rockin’ Chair, Hustlin’ and Bustlin’ for Baby, Shoe Shine Boy, etc. and ‘never done before or after’ (at least not recorded) with some tasty morsels such as Rhythm Jam, Ida, Washington and Lee Swing or the recent Bugle Blues (signed by Basie).  They also managed to tuck in I Know that You Know, Will You Do a Stomp (alias Prelude to a Stomp) and even the funny Love Bug, a big hit of the day.  And then there’s the anonymous That’s What I Like, lacking a signature.  The tunes having a previous version boast interesting variations here.  For example:  I Got Rhythm or Sugar Foot Stomp (which is in fact the 1923 Dippermouth Blues) in which Louis adds a fourth chorus to the original three made famous by Joe ‘King’ Oliver.  King Joe died a year later on 8 April 1938, uncrowned and penniless.  “Most people think it was a heart attack”, Armstrong later said, talking of his death. “I think it was a broken heart”. 

Louis’ health was still a little shaky in June 37 and we can wonder if he would have continued in this role, had Rudy Vallée not returned so hastily.  As per the contract, he had to go every week to the town where the show was being held, regardless of all other commitments he may have had.  This sometimes resulted in some complicated journeying.  As related by Dan Morgenstern, Louis, who was working on a new film, Artists and Models, went to California after the show of 21 May in Chicago.  After the shooting he had to be in New York just before the beginning of that of 28 May.  In any case, he had to be there the previous day, on 27 May for his performance at the Apollo.  So he left Los Angeles on 26/5 at nine fifteen and was in the Big Apple the following morning at eight.  A bit tiring!  Apart from Fleischmann’s Yeast Show on NBC, Armstrong continued playing relentlessly before the punters and recording his ‘regular’ discs.  However, we can notice that he hardly recorded for Decca during the three month period with the radio.  The silver screens, on the other hand, were crying out for him and he accepted the episodical role of a jazz trumpeter in Artists and Models, a musical made for Paramount by Raoul Walsh.  The movie starred Jack Benny and Satchmo intervened in a cabaret scene for the title Public Melody Number One.  Please note that, contrary to what is commonly believed, Martha Raye is Louis’ partner in this tune, and not Connie Boswell (from New Orleans).  Connie was also billed, but in another scene … without Armstrong.  In autumn 1937 Louis Armstrong was again called for by Paramount for a satire dealing with mayorality politics Everyday’s a Holiday starring Mae West and directed by Ed Sutherland.  Louis’ appearance as a trumpet-loving road sweeper is brief but he leads the parade with a fanfare comprising choice musicians – we get a glimpse of saxophonist Eddie Barefield … on the trombone!  Louis was to stand before the movie cameras again one year later (Warner Bros this time round), in the shoes of a stable lad – in those days no one would have believed that a coloured gentleman could become the country’s CEO.  To be followed in Volume 9.

  And then there were the records.  Armstrong was still with Decca and there was a large gap between the last 1936 session (18 August) and the first of 1937 (24 March), probably due to the tours and preparation of the Fleischmann shows.  Joe Glaser, his impresario since early 35 was also egging him on.  So on 24 March, Armstrong was found with the group of Hawaiians and on 7 April we find him with his mates, the Mills Brothers (see Volume 7).  And he gets together again with them on 29 June 37 to cut In the Shade of the Old Apple Tree (two takes) and The Old Folks at Home (aka Swanee River).  The ambiance is relaxed, with a feeling of charm which is often lacking in the big band swing.  The same band, still led by Russell returned on 2 and 7 July for a very hot disc version of Public Melody Number One and several other titles, including I’ve Got a Heart full of Rhythm, which had already been played on the radio.  In order to maintain the Latino flavour of The Peanuts Vendor and La Cucaracha we can savour She’s the Daughter of a Planter from Havana and Cuban Pete.  The following year, it was to be a Mexican Swing.  Louis naturally added his swinging hue.  During the session of 7 July, they came out with Alexander’s Ragtime Band, Irving Berlin’s first hit in 1911.  They were no doubt trying to offer Armstrong a new musical vision, giving him old titles to spice up, such as the Washington and Lee Swing on the radio.  Here however, someone had a more precise idea in mind:  20th Century Fox was just coming out with a Henry King movie starring Tyrone Power and Alice Faye with the very same title, which told the tale of a fictitious band leader named Alexander.  By the way, Alexander’s Ragtime Band is not a real ragtime.  The sides of 15 November 37 and 12 January 38, cut in Los Angeles were even more interesting.  The first two, by an octet, were among the best records by Louis of the day, On the Sunny Side in particular.  Once in a While is one of the first examples of Decca’s idea to get Louis to re-record some of his master-pieces from the OkeH epoch in the second part of the twenties.  The idea itself was perhaps rather banal, but the results were good.  The best will be featured in the next volume, but here we can appreciate new versions of 24 June 1938 of I Can’t Give you Anything but Love and Ain’t Misbehavin’, quite different from the originals.  The rich January 38 session is one of the best of the Decca series, stunningly opening with the disc version of Jubilee.  Chappie Willet signed the arrangement and that of the remake of Struttin’ with Some Barbecue, with Louis’ sober interpretation compared to the initial version played by the Hot Five in 1927.  The Trumpet Player’s Lament and Let That Be a Lesson to You were stripped down similarly and successfully.  Satchelmouth Swing is the big band adaptation of Coal Cart Blues which Louis had recorded with the Clarence Williams’ Blue Five when he was a member of the Fletcher Henderson orchestra in 1924-25 (see Volume 2).  He reveals his Bing Crosby-style crooning skills in Sweet as a Song and I  Double Dare You, with a medium-sized band, is considered by some as the most sparkling gem in the entire Decca collection.  All in all, Louis Armstrong shows he is as brilliant as ever despite the occasional shadow veiling him … 

And this was the case in the sessions held on 23 and 18 May 1938 in New York.  The material (So Little Time, As Long as You Live, etc.) is somewhat wearisome, excepting the pleasant It’s Wonderful and, in particular, When the Saints Go Marching In.  In 1938 this old Southern march had not yet been put on disc, making Armstrong the pioneer who brought the tune back in fashion.  In addition to these sides with his orchestra and the four (including Naturally and I’ve Got a Pocketful of Dreams) of 24 June with a white studio band, Louis teamed up once again with the Mills Brothers for three new titles, Flat Foot Floogie, The Song is Ended and My Walking Stick.  The best known is undoubtedly the first, having been created shortly beforehand by the debuting ‘Slim’ Gaillard and ‘Slam’ Stewart, a successful duo for some ten years.  Flat Foot Floogie was also recorded by others, even Django, Grappelli and the Quintet of the Hot Club of France.    While at it, Louis cut four delightful spirituals, this time singing only and backed by a huge choir led by Lyn Murray.  We can appreciate the emotion in Nobody Knows the Trouble I’ve Seen and the biblical humour in Jonah and the Whale.  Two months later, on 11 August, and again with a choir – perhaps the same - he came out with two humorous spoken black sermons.  Indeed, it is the unique disc in which Louis only speaks without singing.  Thus 1938 closes with these two unlikely sides.  The next session was to be on 18 January 39, organized by Jack Kapp’s Decca crowd.  However there were still some radio broadcasts and film and concert extracts remaining from the second part of 1938 – an ideal way of opening Volume 9.  Just a short word about his private life – in 1938 Armstrong finally divorced Lilian, his second wife, although they had been separated for years.  He married Alpha with whom he had been living for years and then, almost immediately got divorced once again in order to wed Lucile Wilson who was to stand by him to the end.  That’s life. 
English adaptation by Laure WRIGHT from the French text of Daniel NEVERS  
© 2010 Frémeaux & Associés – Groupe Frémeaux Colombini  

DISQUE / DISC 1 
Louis ARMSTRONG and His Orchestra (Fleischmann’s Yeast Radio Show)
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; Leonard DAVIS, Louis BACON (tp) ; Henri “Red” ALLEN (tp) ; Leo “Snub” MOSLEY, J.C. HIGGINBOTHAM, James ARCHEY (tb) ; Albert NICHOLAS (cl, ts) ; Pete CLARKE, Charlie HOLMES (as) ; Bingie MADISON (ts, bar sax) ; Luis RUSSELL (p, arr, ldr) ; Lee BLAIR (g) ; George “Pops” FOSTER (b) ; Paul BARBARIN (dm); Chappie WILLET (arr). New York City, 30/04/1937
1. THEME &?I’VE?GOT?A?HEART?FULL?OF?RHYTHM (L.Amstrong-H.Gerlach)  (NBC Radio Show) 2’55
2. YOU,?RASCAL YOU (Sam Theard) (NBC Radio Show) 3’12
3. On the sunny side of the street (J.McHugh-D.Fields) (NBC Radio Show) 3’30
4. after you’ve gone (H.Creamer-T.Layton) (NBC Radio Show) 2’40 

Même formation /same personnel. Shelton HEMPHILL (tp) remplace/replaces DAVIS  Chicago, 7/05/1937
5. Rhythm jam (C.Willet) (NBC Radio Show) 2’47
6. That’s what I like (Annonyme) (NBC Radio Show) 3’16
7. Memories of you (E.Blake-A.Razaf) (NBC Radio Show) 3’05
8. Chinatown, my Chinatown (Schwartz-Jerome) (NBC Radio Show) 2’43 

Même formation /same personnel. Louis ARMSTRONG (tp, voc) & The MILLS?BROTHERS (voc) sur/on 10  Chicago, 14/05/1937
9. IDA (E.Leonard-E.Munson) (NBC Radio Show) 2’02
10. Darling Nelly Gray (B.R.Hanby) (NBC Radio Show) 2’54
11. The love bug will bite you (P.Tomlin) (NBC Radio Show) 2’16
12. Lazy river (S.Arodin-H.Carmichael) (NBC Radio Show) 3’13
13. Washington and Lee swing (T.W.Allen-M.W.Schaefe-C.A.Robbins) (NBC Radio Show) 2’48 

Même formation /same personnel. L. BACON (voc) sur/on 16 Chicago, 21/05/1937
14. I got rhythm (G.&I.Gerschwin) (NBC Radio Show) 3’03
15. I know that you know (V.Youmans-A.Caldwell-O.Harbach) (NBC Radio Show) 3’02
16. Rockin’ chair (H.Carmichael) (NBC Radio Show) 3’24
17. Sugar foot stomp (J.Oliver-L.Armstrong) (NBC Radio Show) 2’36 

Même formation /same personnel. George MATTHEWS (tb) remplace/replaces ARCHEY   Chicago, 28/05/1937
18. Bugle blues (W.Basie) (NBC Radio Show) 2’44
19. Hustlin’ and bustlin’ for baby (H.Wood) (NBC Radio Show) 3’07
20. Shoe shine boy (S.Cahn-S.Chaplin) (NBC Radio Show) 3’06
21. Will you do a stomp ? (C.Willet) (NBC Radio Show) 2’22 & Finale (When It’s Sleepy Time Down South)(L&O.René) 1’30 

DISQUE / DISC 2 
Louis ARMSTRONG & THE MILLS BROTHERS 
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; Harry MILLS (baritone voice : “trumpet”) ; Herbert & Donald MILLS (tenor voices : “saxes”) ; John MILLS (g & bass voice).   New York City, 29/06/1937
1. In the shade of the old apple tree (S.Foster)   (Brunswick A.505103/mx.62322-A) 2’17
2. In the shade of the old apple tree (S.Foster)   (Decca Y.5182/mx.62322-B) 2’15
3. The old folks at home (Swanee River) (S.Foster)   (Brunswick A.505103/mx.62323-A) 2’21 

Louis ARMSTRONG AND MARTHA RAYE & ORCHESTRA
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; Martha RAYE (voc) ; chœur/chorus & studio orchestra  Hollywood, prob. 05/1937 ?
4. Public melody number one (H.Arlen-T.Koehler) (Son optique/Film soundtrack) 6’45 

Louis ARMSTRONG and His Orchestra
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; Shelton “Scad” HEMPHILL, Louis BACON, Henri “Red” ALLEN (tp) ; George MATTHEWS, George WASHINGTON, J.C. HIGGINBOTHAM (tb) ; Albert NICHOLAS (cl, ts) ; Pete CLARKE, Charlie HOLMES (as) ; Bingie MADISON (ts) ; Luis RUSSELL (p, arr, ldr) ; Lee BLAIR (g) ; George “Pops” FOSTER (b) ; Paul BARBARIN (dm); Chappie WILLET (arr). New York City, 2/07/1937 ?
5. Public melody number one (H.Arlen-T.Koehler) (Decca MU 60497/mx.62328-A) 3’09 ?
6. Yours and mine (J.Burke-S.Nelson) (Decca MU 60497/mx.62329-A) 2’41 ?
7. Red cap (L.Armstrong-B.Hecht) (Decca F 6583/mx.62330-A) 3’07 

Même formation /same personnel. New York City, 7/07/1937 ?
8. She’s the daughter of a planter from Havana (S.Chaplin-S.Kahn) (Decca 1353/mx.62335-A) 3’16 ?
9. Alexander’s ragtime band (I.Berlin) (Decca 1408/mx.62336-A) 2’33
10. Cuban Pete (F.Norman) (Decca 1353/mx.62337-A) 3’05
11. I’ve got a heart full of rhythm (L.Armstrong-H.Gerlach) (Decca 1408/mx.62338-A) 3’07
12. Sun showers (N.H.Brown-A.Freed) (Decca 1369/mx.62339-A) 2’41 

Louis ARMSTRONG & Brass Band
Louis ARMSTRONG (tp, voc) & fanfare non identifiée (prob. membres du groupe d’Eddie BAREFIELD) / & unidentified brass band (prob. members of Eddie BAREFIELD’s Orchestra). Hollywood, Oct.1937
13. Jubilee (S.Adams-H.Carmichael) (Son optique/Film soundtrack) 2’09 

Louis ARMSTRONG and His Orchestra
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; J.C. HIGGINBOTHAM (tb) ; Charlie HOLMES (as) ; Bingie MADISON (ts,cl) ; Luis RUSSELL (p) ; Lee BLAIR (g) ; George “Red” CALLENDER (b) ; Paul BARBARIN (dm).  Los Angeles, 15/11/1937
14. Once in a while (M.Edwards-B.Green) (Decca F 6613/mx.DLA 1084-A) 3’06
15. On the sunny side of the street (J.McHugh-D.Fields) (Decca F 6613/mx.DLA 1085-A) 2’56
La “prise B” de DLA 1085, éditée au Canada sur Decca 3794, n’est en réalité que la copie de la “prise A”/ The “B” take of DLA 1085, issued in Canada only on Decca 3794, is actually a dubbing of take “A”. 

Louis ARMSTRONG and His Orchestra
Formation comme pour 5 à 12 / Personnel as for 5 to 12. Wilbur de Paris (tb) remplace /replaces G. MATTHEWS.  Los Angeles, 12/01/1938
16. Satchel mouth swing (C.Williams-L.&L.Armstrong) (Decca F 3794/mx.DLA 1132-A) 2’33
17. Jubilee (S.Adams-H.Carmichael) (Decca F 6765/mx.DLA 1133-A) 2’34
18. Struttin’ with some barbecue (L.Armstrong) (Decca F 6814/mx.DLA 1134-A) 2’56
19. The trumpet player’s lament (J.Burke-J.V.Monaco) (Decca F 6814/mx.DLA 1135-A) 2’52
20. I double dare you (T.Shand-J.Eaton) (Decca F 6619/mx.DLA 1136-A) 2’56
21. True confession (F.Holländer-S.Coslow) (Decca F 6619/mx.DLA 1137-A) 3’04 

DISQUE / DISC 3 
Louis ARMSTRONG and His Orchestra
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; Shelton HEMPHILL, Louis BACON, Henri “Red” ALLEN (tp) ; Wilbur de PARIS, George WASHINGTON, J.C. HIGGINBOTHAM (tb) ; Albert NICHOLAS (cl, ts) ; Pete CLARKE, Charlie HOLMES (as) ; Bingie MADISON (ts) ; Luis RUSSELL (p, arr, ldr) ; Lee BLAIR (g) ; George “Pops” FOSTER (b) ; Paul BARBARIN (dm) Los Angeles, 12/01/1938
1. LET THAT BE A LESSON to you (R.A.Whiting-J.Mercer)   (Decca F 6655/mx.DLA 1138-A) 2’32
2. Sweet as a song (H.Revel-M.Gordon)   (Decca F 6655/mx.DLA 1139-A) 3’03 

Louis ARMSTRONG and His Orchestra
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; Shelton HEMPHILL (tp) ; J.C. HIGGINBOTHAM (tb) ; Rupert COLE (cl, as) ; Bingie MADISON (cl, ts) ; Charlie HOLMES (as); Luis RUSSELL (p, arr, ldr) ; Lee BLAIR (g) ; George “Red” CALLENDER (b) ; Paul BARBARIN (dm) New York City, 13&18/05/1938 ?
3. so little time (So much to do)(A.Hill-P.de Rose) (Brunswick A 505161/mx.63775-A) 2’41 ?
4. mexican swing (T.Shand) (Brunswick A 505246/mx.63776-A) 2’37 ?
5. as long as you live,you’ll be dead if you die (B.Hannighen) (Brunswick A 505203/mx.63777-A) 2’13 ?
6. When the saints go marchin’ in (Trad.) (Brunswick A 505203/mx.63778-A) 2’41 ?
7. on the sentimental side (J.Burke-J.V.Monaco) (Decca F 6780/mx.63809-A) 2’25 ?
8. it’s wonderful (C.S.Welles-M.Parish) ( Decca F 6780/mx.63810-A) 2’34 ?
9. something tells me (H.Warren-M.Gordon) ( Decca F 6765/mx.63811-A) 2’30
10. love walked in (G.&I.Gershwin) (Brunswick A 505161/mx.63812-A) 2’28 

Louis ARMSTRONG & THE MILLS BROTHERS 
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; Harry, Herbert, Donald, John Sr. MILLS (voc) ; Norman BROWN(g).  New York City, 10&13/06/1938
11. the flat foot floogie (S.Gaillard-S.Stewart) (Decca 02622/mx.63950-A) 2’57
12. the song is ended (I.Berlin) (Decca 1892/mx.63967-A) 3’08
13. my walking stick (I.Berlin) (Decca 1892/mx.63968-A) 2’40 

Louis ARMSTRONG with THE?DECCA MIXED?CHORUS 
Louis ARMSTRONG (voc), 2p, g, b, dm ; chœur/choir dir. Lyn MURRAY. New York City, 14/06/1938
14. shadrack (R.McGimsey) (Decca 1913/mx.63982-A) 2’28
15. going to shout all over god’s heaven (Trad.) (Decca MU60312/mx.63983-A) 2’47
16. nobody knows the trouble I’ve seen (Trad.) (Decca MU60312/mx.63984-A) 3’10
17. jonah and the whale (R.McGimsey) (Decca 1913/mx.63985-C) 2’46 

Louis ARMSTRONG and His Orchestra
Louis ARMSTRONG (tp, voc) ; Robert CUSUMANO, John McGHEE (tp) ; Al PHILBURN (tb) ; Sidney STONEBURN (cl) ; Nathaniel JAFFE (p); Dave BARBOUR (b) ; Haig STEPHENS?(b) ; Samuel WEISS (dm) New York City, 24-06/1938
18. naturally (R.Barris) (Decca 1937/mx.64227-A) 2’46
19. I’ve got a pocketful of dreams (J.Burke-J.V.Monaco) (Decca 1937/mx.64228-A) 2’52
20. I can’t give you anything but love (J.McHugh-D.Fields) (Brunswick A 505203/mx.64229-A) 2’53
21. ain’t misbehavin’ (T.W.Waller-A.Razaf) (Brunswick A 505203/mx.64230-A) 2’55 

Louis ARMSTRONG
Louis ARMSTRONG (monologue/speech) ; Harry MILLS (p, org., comments) ; chœur/choir  New York City, 11/08/1938
22. elder eatmore’s sermon on throwing stones (A.Rogers) (Decca 15043/mx.64436-D) 4’15
23. elder eatmore’s sermon on generosity (A.Rogers) (Decca 15043/mx.64437-C) 4’20  

Remerciements : Jean-Christophe Averty, Philippe BAUDOIN, Olivier BRARD, Jean-Pierre DAUBRESSE, Irakli de DAVRICHEWI, Alain DÉLOT, Yvonne DERUDDER, Jean DUROUX, Pierre LAFARGUE, Jacques LUBIN, Emile NOËL, Clément PORTAIS, Gérard ROIG. 

CD INTÉGRALE LOUIS ARMSTRONG “PUBLIC MELODY N°1” 1937-1938 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Thème And I'Ve Got A Heart Full Of Rythm - Louis02'54
02 You Rascal You - Louis03'11
03 On The Sunny Side Of The Street - Louis03'28
04 After You'Ve Gone - Louis02'40
05 Rhythm Jazz - Louis02'46
06 That's What I Like - Louis03'14
07 Memories Of You - Louis03'05
08 Chinatown My Chinatown - Louis02'45
09 Ida - Louis02'03
10 Darling Nelly Gray - Louis02'51
11 The Love Bug Will Bite You - Louis02'14
12 Lazy River - Louis03'12
13 Washington And Lee Swing - Louis02'50
14 I Got Rhythm - Louis03'03
15 I Know That You Know - Louis03'02
16 Rockin' Chair - Louis03'24
17 Sugar Foot Stomp - Louis02'36
18 Bugle Blues - Louis02'44
19 Hustin' And Blustin' For Baby - Louis03'07
20 Shoe Shine Boy - Louis03'05
21 Will You Do A Stomp - Louis02'19
22 Finale When It's Sleepy Time Down South - Louis01'30
CD 2
01 In The Shade Of The Old Apple Tree - Louis02'21
02 In The Shade Of The Old Apple Tree - Louis02'18
03 The Old Folks At Home - Louis02'24
04 Public Melody Number One - Louis06'49
05 Public Melody Number One - Louis03'12
06 Yours And Mine - Louis02'45
07 Red Cap - Louis03'11
08 She's The Daughter Of A Planter From Havana - Louis03'19
09 Alexander's Ragtime Band - Louis02'37
10 Cuban Pete - Louis03'08
11 I Ve Got A Heart Full Of Rhythm - Louis03'11
12 Sun Showers - Louis02'44
13 Jubilee - Louis02'12
14 Once In A While - Louis03'09
15 On The Sunny Side Of The Street - Louis02'59
16 Satchel Mouth Swing - Louis02'36
17 Jubilee - Louis02'37
18 Struttin' With Somme Barbecue - Louis02'58
19 The Trumpet Player Lament - Louis02'54
20 I Double Dare You - Louis02'59
21 True Confession - Louis03'05
CD 3
01 Let That Be A Lesson To You - Louis02'35
02 Sweet As A Song - Louis03'06
03 So Little Time - Louis02'44
04 Mexican Swing - Louis02'40
05 As Long As You Live You'll Be Dead If You Die - Louis02'15
06 When The Saints Go Marchin' in - Louis02'44
07 On The Sentimental Side - Louis02'27
08 It's Wonderful - Louis02'36
09 Something Tells Me - Louis02'32
10 Love Walked in - Louis02'31
11 In Flat Foot Floogie - Louis03'00
12 The Song is Ended - Louis03'11
13 My Walking Stick - Louis02'42
14 Shadrack - Louis02'31
15 Going To Shout All Over God's Heaven - Louis02'51
16 Nobody Knows The Trouble I'Ve Seen - Louis03'15
17 Jonah And The Whale - Louis02'48
18 Naturally - Louis02'49
19 I'Ve Got A Pocketful Of Dreams - Louis02'55
20 I Can'T Give You Anything But Love - Louis02'57
21 Ain'T Misbehavin - Louis02'57
22 Elder Eatmore's Sermon On Throwing Stones - Louis04'18
23 Elder Eatmore's Sermon On Generosity - Louis04'20
« Quelques joyaux » par Jazz Magazine-Jazzman

Le huitième volume de cette intégrale entreprise par Daniel Nevers est une bonne nouvelle : les derniers titres du volume 7 tirés du Fleischmann’s Yeast Show ne relevaient pas de l’incident de parcours. Le volume 8 donne la suite intégrale de ce qui reste de cette émission dont Louis Armstrong fut le maître de cérémonie tous les vendredis quelques semaines durant l’année 1937. Certes, Jean-Pierre Lion avait dit son « émoi » pour la publication de ces transcriptions radio par la Jazz Heritage Society dans notre numéro 600, mais depuis, de nombreux lecteurs s’étaient déclarés incapables d’y accéder. Ca reste encore assez peu pratique à moins de se satisfaire de fichiers MP3, mais Nevers vole ici à notre secours, avec un son moins propre (mais un volume sonore supérieur) chez Jazz Heritage Society. Pour les interprétations surchauffées du Louis Armstrong Orchestra dirigées par Luis Russell, pour les titres rares ou inexistants dans l’œuvre restante d’Armstrong, on n’hésitera plus. Sur les deux autres disques, la routine des séances en big band reprend, avec quelques joyaux le 12 janvier 1938 (Jubilee, Struttin’ with Some Barbecue et I Bouble Dare You), ponctués par quelques extras : séances avec les délicieux Mills Brothers, deux scènes musicales tirées des films Artists and Models (avec la chanteuse Martha Raye plus rafales de mitraillettes) et Everyday’s A Holiday où la balayeur Armstrong mène une fanfare. On remarquera encore deux monologues parlés, une séance avec un orchestre blanc de studio, les premiers spirituals avec chœurs et la première séance en octette. Alfred SORDOILLET - JAZZ MAGAZINE-JAZZMAN




"Un nombre impressionnant de chefs-d’oeuvre" par Jazz Classique

"Le premier CD de ce huitième coffret Frémeaux satisfera tous ceux qui n’ont pu se procurer les enregistrements du Fleischmann’s Yeast Show, publiés pour la première fois en 2008 sur Jazz Society (chronique dans Jazz Classique n°52, septembre 2008). Sachez toutefois que, pour avoir la totalité du Jazz Society, il faut aussi se procurer le volume 7, sinon il vous manquera trois titres. Parmi les éditions posthumes d’enregistrements de Louis Armstrong, celle-ci occupe une place de choix pour diverses raisons : la forme exceptionnelle du trompettiste, la présence de huit morceaux qu’il interprète ici pour la première et dernière fois, la mise en valeur du formidable orchestre de Luis Russell, et notamment de son batteur, Paul Barbarin, bien servi par la prise de son, les arrangements de Chappie Willet…
La suite contient un nombre impressionnant de chefs-d’œuvre du catalogue Decca. C’est le Louis Armstrong de la maturité, au jeu posé, sobre, à la sonorité pleine et puissante, dans toute sa splendeur. L’improvisation est moins exubérante que précédemment mais l’inspiration mélodique est toujours aussi vive. Je ne comprends rien aux réserves de Daniel Nevers dans le texte du livret : « Louis Armstrong n’a rien perdu de son éclat même si, parfois, le soleil tend à se voiler… C’est justement ce qui arrive lors des sessions du 13 et 18 mai 1938, à New York cette fois. Le matériau (So Little Time, As Long As You Live) n’est guère passionnant […] » Non, franchement, ni la trompette du chef, ni le “matériau“ ne me paraissent porter les stigmates d’un déclin.
Le coffret se termine avec les deux sermons, Elder Eatmore’s Sermon…"
par Guy CHAUVIER - JAZZ CLASSIQUE




« Curiosités et raretés » Par Classica

« Les soixante-cinq plages de ce coffret poursuivent la mise à disposition de la période Decca de Louis Armstrong, vedette alors très demandée se produisant en compagnie de grands orchestres. Mais il continue aussi heureusement sur un CD entier la série d’émissions diffusées par NBC, radio alors jeune, sponsorisée par le fabricant de farine Fleishmann, à laquelle Louis participa. Parmi les séances Decca, curiosités et raretés enchantent : séances avec les Mills Brothers, deux sermons lus au micro, plages avec Decca Mixed Chorus qui préfigurent le Good Book de 1958, et surtout Public Melody Number One avec Martha Raye, extrait du film Artist and Models de 1937 (réalisé par Raoul Walsh), et Jubilee, provenant du  film Every Day’s A Holiday. On l’aura compris : doté d’un livret substantiel et documenté, d’un son soigneusement restauré, ce nouveau volume est aussi indispensable que les précédents consacrés au premier génie du jazz. »
Par CLASSICA




"This 3-CD set is indispensable!" By Blues in Britain

“Jazz legend Louis Armstrong tends to interest blues fans more for his accompanists than anything else, though lovers of New Orleans sounds certainly appreciate him. Public Melody No. “Intégrale Louis Armstrong Vol 8 1937-1938” would at first glance seem to have little to offer the blues lover, but this is swing-time Louis, not too far before the advent of rhythm & blues, and that later style has its pointers here. It is fascinating to hear him on a radio show from 1937. The Mills Brothers contribute jive-y vocals to some tracks, and the two spoof sermons from 1938 certainly had their counterparts in R&B, at least attitude-wise. Of course, if you appreciate swing anyway, this 3-CD set is indispensable!”
By Norman Darwen — BLUES IN BRITAIN




« Louis, triomphal ! » par Jazz Hot

« La première note de Louis Armstrong puis sa coda sur « Sleepy Time Down South » du 30 avril 1937 lors du Fleischmann’s Yeast Radio Show, d’entrée du CD1, subjuguent. Puis le « I’ve Got a Herat Full of Rhythm » (avec les excellents Albert Nicholas et Charlie Holmes comme pour la version studio, CD2) illustre Louis Armstrong à son sommet à cette époque (Paul Barbarin pousse l’orchestre terriblement). Les interjections parlées de Louis sont une astuce artistique pour reposer les lèvres du trompettiste dans un solo d’un incroyable panache sur «  You Rascal You ». Certes son solo «On the Sunny Side » est le même que celui qu’il joue depuis plusieurs années déjà, mais on ne s’en lasse pas… car l’ «impro» on s’en fiche, la musique d’abord ! Et quelle maîtrise jusqu’au glissando aigu final. L’orchestre se montre très bon (quoi qu’ont pu dire les critiques de « jazz ») dans le « After You’ve Gone » notamment les solos de Charlie Holmes (as), Jimmy Archey (tb) et bien sûr de Louis, triomphal ! Voilà donc le type d’émission radiodiffusée avec en vedette Louis Armstrong, en 1937 ! On croit rêver. Le reste du CD1 est consacré aux émissions de la NBC des 7 au 23 mai 1937, confirmant l’injustice dont fut victime l’orchestre de Luis Russell devenu celui de Louis Armstrong : Bingie Madison (ts) dans « Rhythm Jam » (et ce Paul Barbarin !), l’arrangement pour les sections de trombones, saxophones et trompettes de Chappie Willey sur « That’s What I Like » (le premier trompette est le merveilleux Leonard Davis), le drumming encore et toujours de l’extraordinaire Paul Barbarin derrière son super soliste sur « Memories of You », la partie en détaché de la section de trompette dans « Ida » (Leonard Davis, Louis Bacon, Red Allen), Albert Nicholas et Pops Foster dans «Washington and Lee Swing », Jimmy Archey et Charlie Holmes dans «I Know That You Know», Albert Nicholas avec Paul Barbarin dans «Sugar Foot Stomp », (brièvement) Red Allen dans « Bugle Blues »… Et Louis ? Incroyable. Infaillible et d’une suprématie magique. Le CD2 aborde la production Decca et les films d’Hollywood. Louis est bien plus que du « jazz ». Il y a la séance du 29 juin 1937 avec les Mills Bros (dont une prise radio est aussi dans le CD1) et l’évocation swing de Cuba par Louis (« Cuban Pete »). A noter les solos de Bingie Madison (très Hawkins) et Charlie Holmes dans « True Confession » évidement dominé par le leader. Les solos de Louis Armstrong sont sans concurrence : « Alexander’s Ragtime Band », «Once in a While » (moyenne formation avec Madison et J.C. Higginbothan), « Satchel Mouth Swing » (final… et Paul Barbarin !), « Jubilee » (du 1er janvier 1938, illustration de swing, pour ceux qui ne connaissent pas), « Struttin’ With Some Barbecue » (version big band géante), et il faut tout citer. Comme toujours pas une note de Louis Armstrong n’est négligeable. Le CD3 poursuit la réédition des faces Decca / Brunswick avec son orchestre, les Mills Bros ou un groupe de studio (24 juin 1938 : «I Can’t Give You Anything But Love », « Ain’t Misbehavin’ »). Evidemment on a tendance à n’écouter que la trompette de Louis Armstrong, mais son chant est tout aussi admirable et là nous en avons la séance religieuse de 14 juin 1938 où il n’est que chanteur avec le chœur Lyn Murray : « Shadrack », « Nobody Knows », etc.…, un essai marquant. Espérons la survie de cette collection. »
Par Michel Laplace — JAZZ HOT




« Un monument historique » par Phonoscopies

Dans la vaste discographie de ce « monument historique » du jazz, chacun peut préférer ceci ou cela. Pour nous, prédominent le Hot-five et surtout le Hot Seven des années 20, puis la période des grands orchestres de la fin des années 30, que présente ici Daniel Nevers, dans un livret comme toujours richement documenté. Louis Armstrong était devenu une vedette de l’écran, ce qui nous permet d’entendre ses prestations extraites de la bande sonore de plusieurs films. PHONOSCOPIES




"Pops Foster : accompagnateur privilégié de Louis Armstrong dans les années 30" par So Jazz

Contrairement à Walter Page qui commença à assurer la basse – comme il était de coutume dans les fanfares – à l’aide d’instruments à vent, Pops Foster a toujours joué avec les cordes. Peut-être parce qu’il apprit sur le plus rudimentaire des instruments (la bassine emmanchée et deux simples cordes à tension variables), une fois passé au violoncelle, puis à la vraie contrebasse, il en tirait un des sons les plus pleins de l’histoire de l’instrument. Pilier de l’orchestre de Luis Russel, il fut l’accompagnateur privilégié de Louis Armstrong dans les années 30.
Par B.G. – SO JAZZ




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