BOB WILLS AND HIS TEXAS PLAYBOYS

ANTHOLOGIE 1932 - 1947

Plus de détails

Livret : 24 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA164

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

Ajouter à ma liste

+3 pts fidélité


Bob Wills a été un des créateurs du Western Swing, entre country music, jazz et blues. Son œuvre est impressionnante, versatile, dansante et pleine de swing. Ce coffret retrace la meilleure partie de sa longue carrière (1932-47) qui sera à l'initiative de l'arrivée du Rock n Roll.
Gérard Herzhaft

La Maison Frémeaux et Gérard Herzhaft appliquent une formule amplement gagnante. Ici des connaisseurs compétents choisissent ce qui est le plus marquant, musicalement, esthétiquement et historiquement, à une époque donnée dans la production d'un artiste. En outre, ces disques restent dans le catalogue pour des périodes trés longues, au contraire des productions américaines ou anglaises."
Robert Sacré - Soul Bag

 
 
 
 

 
 


Droits d'éditorialisation : Groupe Frémeaux Colombini SAS.

BOB WILLS & HIS TEXAS PLAYBOYS

BOB WILLS & HIS TEXAS PLAYBOYS









Bob Wills, chef d’orchestre de jazz, violoniste de reels et de square dances, joueur de blues, cow boy chantant, crooner au grand chapeau et aussi alcoolique notoire, pornographe, mauvais musicien... On a appliqué ces qualificatifs (et de nombreux autres) à Bob Wills. Et cela, durant une longue période, lui a valu une hostilité certaine de la part du show business sudiste. Mais il a continué à faire la musique qu’il voulait avec pour seul but de faire danser son public. Et, dans ce domaine, sa réussite est impressionnante. 300 soirs par an, Wills et son orchestre, les Texas Playboys, attireront pendant plusieurs décennies des milliers de couples, assurés de danser des heures durant sous la baguette d’un étonnant chef d’orchestre à la tête d’un formidable ensemble, soudé, homogène, inventif, virtuose. Comme le dira Charlie Parker après les avois vus jouer: «Les Texas Playboys sont certainement un des meilleurs orchestres de swing de ce pays».En compagnie de Milton Brown, hélas mort prématurément, Bob Wills a en fait réussi à amalgamer tous les genres de son époque, réalisant une remarquable fusion entre toutes les tendances de la Country Music et le jazz et le blues. Ce mélange s’appellera successivement «Hot dance country music», «Western», «Western dance» puis, enfin, «Western Swing». L’influence de Wills a été considérable sur la Country Music qui ne sera plus jamais la même après lui, sur l’émergence du Rockabilly et du Rock’n’Roll dans les années 50 mais aussi s’est exercée de façon substantielle sur une partie du blues et du Rhythm & Blues noirs. Ce coffret propose de retracer la meilleure période (1932-47) de la très longue carrière discographique (entre 1929 et 1973!) de ce grand innovateur.

DES INFLUENCES MULTIPLES
L’originalité du Western Swing tient pour une large part au contexte dans lequel Bob Wills a appris les musiques. Il naît James Robert Wills le 6 mars 1905 près de Kosse, Limestone County, dans l’est du Texas. Il est l’aîné de dix enfants du couple Wills. Son père John Wills, un petit cultivateur, est un violoniste ré­puté, considéré même par certains comme un des meilleurs «fiddlers» du Texas. Sa mère Emmaline Foley est aussi issue d’une famille de musiciens. Tout naturellement, Bob apprend la musique en compagnie de son père qui anime un petit orchestre local. Dès l’âge de cinq ans, il sait jouer de la mandoline. La partie du Texas où il habite est peuplée de nombreux métayers et cultivateurs noirs et Bob les côtoie constamment. Il avouera avoir suivi les goûts de ses voisins noirs dans sa petite enfance, pièces de music-hall rythmées, jazz et blues. «J’ai toujours essayé de garder le sens du rythme et le feeling des musiciens noirs qui m’ont énormément appris».En 1913, pour des raisons économiques, la famille Wills déménage à Memphis, une bourgade de l’ouest du Texas, à plus de 800 kilomètres de Kosse. C’est là que Bob apprend le violon pour pouvoir jouer régulièrement avec son père qui entreprend une carrière semi-professionnelle sous le nom de Uncle John Wills. En 1915, à l’âge de dix ans, Bob participe à son premier concert, un «ranch dance», un bal du samedi soir dans une propriété privée, ouverte aux voisins et amis en échange d’une participation financière ou en nature. Ce genre de manifestations, propre à ces régions isolées peu peuplées continuera jusque dans les années 50!John Wills est souvent fatigué ou bien trop saoul pour jouer et son fils le remplace de plus en plus souvent sur scène. C’est durant cette période que Bob va échafauder l’essentiel de ses idées musicales. Il est musicien face à un public divers et sans oeillères qui n’a pour seule idée que de s’amuser et de danser. Les airs de fiddle (irlandais, écossais, français) que connaît son père ne suffisent pas à ce public qui veut que «ça bouge». Bob conserve tout le répertoire de son père (il enregistrera une grande partie de ces «fiddle tunes») mais y ajoute les airs des vaqueros mexicains très nombreux dans cette région; beaucoup de thèmes cow-boys qu’adore son public, des vachers pour la plupart; des pièces de danse à la mode comme les valses et les polkas, apportées au Texas par les nombreux immigrants d’Europe Centrale. Et il passe tout cela à la moulinette du jazz et du blues qui constitueront le soubassement de toute sa musique. Les blue notes, les rythmes syncopés et le swing, le sens de l’improvisation («hot» solos par rapport aux solos habituels dans la vieille Country Music qui suivaient peu ou prou la mélodie), la pulsion des orchestres de jazz de la Nouvelle Orléans et cette exubérance sur scène (et sur disque) qui le fait constamment appeler les musiciens et commenter leurs solos proviennent directement de ces influences noires.Le saxophoniste Ray De Geer qui a été membre de l’orchestre de Bob Wills avant d’émarger à ceux de Gene Krupa, Red Nichols et Charlie Barnet déclarera: «Bob Wills est vraiment le premier violoniste que j’ai entendu faire swinguer des breakdowns, des reels et des square dances... Il fallait voir l’air ravi des danseurs. Ils n’avaient jamais entendu ces morceaux bien connus interprétés de cette façon «.

MUSICIEN PROFESSIONNEL
Avec l’augmentation des coûts et la baisse des prix des produits vendus, la crise économique, les ravages de certains parasites, l’épuisement de terres bien peu fertiles dans l’ouest du Texas, l’agriculture devient un moyen de plus en plus improbable de gagner sa vie. Bob Wills récolte bien plus d’argent en jouant le samedi soir qu’en travaillant la terre toute la semaine. En mai 1929, il décide de tenter sa chance dans la musique. Il quitte la ferme familiale, gagne Fort Worth, une ville à l’activité bourgeonnante, entre troupeaux et pétrole. Il chante et joue dans les rues du violon et de la guitare et réussit à se faire engager dans un «medicine show», un spectacle ambulant où les numéros se succèdent afin d’attirer le chaland à qui l’on proposera l’élixir miracle qui le guérira de tous les maux, du mal de dos à la chute des cheveux! Le propriétaire du show propose à Wills le rôle du «nègre». Le visage passé au cirage, Wills imite les Noirs, raconte des blagues salaces, joue la comédie, chante et interprète quelques airs de violon.Des centaines de ces «medicine shows» sillonnent le Sud à cette époque et celui dont Wills fait partie n’est certainement pas un des meilleurs. Le spectacle fait rapidement faillite. Mais Bob a rencontré plusieurs musiciens itinérants qui partagent ses idées novatrices, notamment le guitariste Herman Arnspiger avec qui il fonde un duo qui semble avoir eu un succès substantiel dans les «ranch dances» et les bars de Fort Worth. Le 1er novembre 1929, Wills et Arnspiger forcent la chance. Ils se rendent à Dallas où ils ont entendu dire que le label Brunswick enregistrait les musiciens locaux pour leur série «Hillbilly», le pendant blanc sudiste des «Race séries» de musique noire. Le duo grave deux titres: un blues («Gulf coast blues» d’après Bessie Smith) et une vieille pièce de fiddle («Wills breakdown»). Une formule que reprendra telle quelle un certain Elvis Presley en 1954! Il n’est malheureusement pas possible de faire figurer dans ce coffret l’un de ces deux morceaux car ils sont extrêmement rares et personne aujourd’hui ne semble posséder le 78t original qui n’a jamais été réédité!Le succès commercial n’est de toute évidence pas au rendez-vous. Wills décide de créer le «Wills Fiddle band» en ajoutant les talents du chanteur Milton Brown, rencontré dans un dancing de Fort Worth, son frère Derwood Brown, un guitariste très tourné vers le jazz et le banjoiste Sleepy Johnson.

LES LIGHT CRUST DOUGHBOYS
Avec les frères Brown, deux grands amateurs de jazz néo-orléanais et texan, admirateurs d’Eddie Lang-Joe Venuti et Jack Teagarden, cette musique, alors très populaire en Amérique, devient la base absolue de leurs prestations. Ils passent à la sauce du swing tous les morceaux qu’ils interprètent, que ce soit un air du music hall ou un breakdown. Ils deviennent Aladdin Laddies puis Fort Worth Doughboys, écument les bars, les salles de bals et les radios, notamment KTAT et WBAP. Le succès populaire ne tarde pas à venir. En janvier 1931, la marque de farine Light Crust Flour leur propose d’animer une émission quotidienne qu’elle sponsoriserait aux heures de grande écoute sur KFJZ, la principale station de radio de Fort Worth. Wills, Brown et al deviennent les Light Crust Doughboys, un orchestre qui survivra plusieurs décennies avec de nombreux changements de personnel.Le manager, conseiller, annonceur et parfois membre de l’orchestre n’est autre que W. Lee O’Daniel qui est PDG de la Light Crust Flour et qui deviendra gouverneur du Texas ainsi que sénateur, largement aidé dans ses campagnes électorales par son orchestre! Le 9 février 1932, Wills enregistre deux nouveaux titres pour Victor avec ses nouveaux compagnons : «Nancy Jane» (que nous avons proposé dans Rock’n’Roll Vol. 1 (FA 351) et «Sunbonnet Sue» qui ouvre ce coffret. Force est de reconnaître que les qualités que les témoins de l’époque prêtent aux Light Crust Doughboys ne transparaissent guère dans ce disque qui n’est que l’oeuvre honorable d’un orchestre à cordes comme il en existe des milliers à l’époque.Quoi qu’il en soit, Brown et Wills sont de plus en plus demandés. On les trouve à San Antonio sur la station WOAI, à Houston sur KPRC, à Oklahoma City sur KOMA. Cela déclenche la fureur de O’Daniel, jaloux et autoritaire. Milton et Derwood Brown décident de quitter les Light Crust Doughboys et de former un orchestre bien plus étoffé qui permettrait à chaque musicien d’improviser librement et longuement, les Musical Brownies. Il s’agit en fait du véritable premier orchestre de ce qu’on appellera bien plus tard Western Swing.Wills compense le départ de Milton Brown en recrutant Thomas Elmer «Tommy» Duncan, un chanteur texan très influencé par le blues de Jimmie Rodgers autant que celui des chanteuses et chanteurs noirs. Duncan s’affirme vite : son sens de la scène, sa capacité à susurrer des ballades sucrées comme de proclamer des blues sans fioritures, son swing jusque dans l’intonation affirment encore davantage le succès de l’orchestre. O’Daniel devient de plus en plus tatillon, intervient constamment dans le répertoire, la manière du groupe. Wills qui n’a pas un caractère facile (et qui, déjà, boit beaucoup trop) s’accroche sans cesse avec son patron au point que celui-ci croit pouvoir le licencier. Tommy Duncan et la plupart des Doughboys suivent Wills au grand dam de O’Daniel qui engage de nombreux procès pour plagiat (tous perdus) contre son ancienne équipe.

LES TEXAS PLAYBOYS
En août 1933, Bob Wills quitte Fort Worth pour Waco, une autre ville texane en plein développement. Il y fonde les Texas Playboys, un orchestre qui comprend deux ou trois violons, une guitare acoustique, une guitare électrique, une steel-guitare à la façon hawaïenne, très populaire alors (cf Hawaiian Music FA 035), un banjo, tenu par son jeune frère Johnnie Lee Wills, une contrebasse et bientôt, malgré un concert de protestations des critiques et producteurs de la Country Music d’alors, la batterie de Smokey Dacus.En 1934, Bob obtient, malgré les pressions de W. Lee O’Daniel, un programme aux meilleures heures sur KVOO à Tulsa, «Playboy time» qui durera peu ou prou jusqu’en 1959 avec Bob puis Johnnie Lee Wills. «Playboy time» obtient très vite une audience importante et, au fur et à mesure des progrès techniques, est cédé à de nombreuses stations jusqu’en Californie. Ce programme fera beaucoup pour répandre la musique de Bob Wills et accroître sa popularité. Bob et les Playboys sont aux sommets de leurs talents, un orchestre plein d’énergie, d’entrain, de vitalité, quasiment sans concurrence lorsqu’il s’agit de faire danser. Et les danseurs se pressent chaque soir dans de gigantesques salles de bal, vastes hangars pouvant accueillir des milliers de couples, fermiers, cow-boys, ouvriers du pétrole et quantité de joueurs professionnels, parieurs, barmen et prostituées attirés par le vaste boom économique des Etats du Sud Ouest américain.En septembre 1935, le producteur Art Satherley du groupe ARC-Okeh-Columbia-Vocalion vient spécialement de New York à Dallas pour entendre les Texas Playboys dont les revendeurs locaux de disques lui ont vanté les mérites. Il est absolument stupéfait par la musique qu’il entend: «J’imaginais un de ces groupes de violoneux comme on en avait tant enregistré dans les Appalaches. Mais, sous leurs chapeaux de cow boys et leurs accoutrements de westerns d’Hollywood, c’étaient d’étonnants jazzmen qui jouaient la musique la plus entraînante que j’aie jamais entendue. Le leader, Bob Wills, était fascinant: il bougeait sans cesse, le corps, les yeux, le visage, les mains tandis qu’il jouait ou dirigeait son orchestre et rien que cela vous donnait envie de vous lever et de danser». Bob Wills enregistre alors pour Satherley une série de titres qui marquent véritablement ses débuts discographiques (ici sur Osage Stomp, Spanish Two-Step, Never No More Blues, Get With It, Who Walks In When I Walk Out?, Sittin’ On Top Of The World.), une des toutes premières séances du Western Swing.Son orchestre est alors composé de douze membres avec, bien sûr, le chanteur Tommy Duncan et les guitaristes Herman Arnspiger et Sleepy Johnson, avec Bob depuis les débuts à Fort Worth. Mais on trouve aussi le puissant pianiste de barrelhouses Al Stricklin dont chaque solo semble faire résonner le plancher et Leon Mc Auliffe un guitariste à la façon hawaïenne qui, durant cette séance et sur l’insistance de Satherley qui n’aime guère la steel-guitare, est surtout enregistré en tant que guitariste électrique en leader. Il faut souligner à quel point les premiers orchestres de Western Swing (les Musical Brownies comme les Texas Playboys) ont joué un rôle capital dans l’usage et l’expansion de la guitare électrique. Il y a aussi la présence totalement nouvelle dans la country music d’alors de la batterie de Smokey Dacus et d’une section de cuivres. Les parties de violon, nombreuses et essentielles, sont le fait de Wills lui-même et du jeune Jesse Ashlock, un subtil fiddler texan.

LES ANNEES D’OR
Le succès des disques de Wills semble instantané mais se limite au Sud Ouest avec quelques titres qui se vendent aussi à Nashville. De toute évidence, la popularité de Wills, à travers ses programmes de radio et ses incessants concerts, avait anticipé sa carrière discographique. Et lorsque plusieurs milliers de danseurs se pressent lorsque les Texas Playboys animent un bal, on peut s’attendre à d’importantes ventes de disques sur place! Bob profite de ce grand succès commercial et de l’aisance financière qu’elle procure pour mettre en oeuvre ses idées musicales. Au cours des années suivantes, il étoffe de plus en plus ses Texas Playboys. Vers 1940, Wills dirige en général un ensemble composé de quatre à six saxophones, deux à trois clarinettes, deux ou trois trompettes, un trombone, un piano, une guitare électrique, une steel-guitare à la manière hawaïenne, une contrebasse (en général adepte de la slap bass), une batterie, un banjo ainsi que trois ou quatre violons! Un critique de Los Angeles décerne aux Texas Playboys le titre de «orchestre de danse le plus varié et le plus excitant d’Amérique».Il faut dire que cette combinaison des instruments du jazz et de la Country Music, ce mariage si réussi entre deux feelings à priori très différents, donne un résultat remarquable. Les Texas Playboys sont alors véritablement irrésistibles. Quoi qu’ils jouent - et leur répertoire est extraordinairement varié, du blues au standard de jazz en passant par un air de square dance, une ballade de cow boy, un morceau de Variétés à la mode... - ils y impriment virtuosité, décontraction, vitalité, joie débridée et un swing constant qui transforme le morceau le plus terne en une pièce rythmée qui appelle la danse. Et que dire de Wills qui dirige, participe, encourage son orchestre du geste et de la voix. Ses interjections deviennent bientôt célèbres dans tout le Sud, notamment son fameux «Aah! Aah!». Et les solos, souvent étincelants, de ses musiciens étonnent encore aujourd’hui par leur fraîcheur et leur spontanéité. Comme le dira Johnnie Lee Wills dans une interview au magazine britannique «Old Time Music»: «Beaucoup de gens pensaient que nous passions notre temps à mettre au point nos solos. C’était totalement faux. Avec trois cents concerts par an, nous n’avions ni la nécessité ni le temps de nous entraîner et Bob faisait tout pour que nous ne nous endormions pas dans la routine. Personne ne savait quand Bob allait l’appeler pour prendre un solo et seulement s’il allait le lui demander! Mais nous demeurions vigilants car une partie de notre cachet dépendait de la façon dont nous avions joué! C’était une source de conflits constants entre Bob et les musiciens mais je crois que c’est cette pratique qui nous a rendus si efficace!».Si ces années 1935-42 durant lesquelles les Playboys sont basés à Tulsa sont, sur le plan musical, très heureuses, la vie personnelle de Bob Wills est remplie de problèmes. Il se marie cinq fois, divorce autant. Son alcoolisme, chronique depuis ses années d’enfance, crée de nombreuses difficultés dans sa vie privée et dans la gestion des Texas Playboys. En particulier, les rapports sont souvent très tendus entre Bob et le chanteur Tommy Duncan qui se considère comme la «vedette» du groupe. Les querelles sont incessantes, les bagarres physiques fréquentes. Il faut en fait tout le doigté et le dévouement du frère de Bob, Johnnie Lee Wills pour que l’orchestre survive.

NEW SAN ANTONIO ROSE

A la fin des années 30, la popularité de Wills s’étend jusqu’en Californie. Il est alors contacté par les studios hollywoodiens afin de jouer dans différents westerns chantants, notamment en compagnie de Tex Ritter. On trouve à partir de 1940 Bob et les principaux Texas Playboys chevauchant, faisant l’occasionnel coup de poing ou tirant au pistolet mais surtout jouant et chantant dans «Take me back to Oklahoma», «Go west, young lady», «Blazing the Western trail», «Lawless Empire», westerns pour première partie du cinéma américain populaire au charme désuet. Ces films qui sont projetés dans toutes les salles des Etats Unis, vont encore davantage répandre la musique de Wills et sa popularité.C’est dans ces conditions que Bob obtient son premier succès national avec «New San Antonio Rose», enregistré quelques années auparavant en tant que pièce instrumental à laquelle Tommy Duncan ajoute des paroles sentimentales qui plaisent à l’Amérique d’alors. Ils récidivent peu de temps après avec un morceau entre pop et square dance, «Take me back to Tulsa». Bob Wills est désormais suffisamment important pour qu’un journal musical réputé comme le «Metronome» dépêche un reporter depuis New York jusqu’à Tulsa afin d’entendre et d’interviewer le leader des Texas Playboys. Son jugement est sans appel: «Ceux qui croient que le jazz n’est qu’à Chicago ou New York se trompent. J’ai entendu à Tulsa certains des meilleurs musiciens de jazz d’aujourd’hui».Dans les années 30, Nashville avait interdit à Wills le Grand Ole Opry pour «alcoolisme et atteinte aux bonnes moeurs» et le syndicat des musiciens avait, pendant quelque temps, refusé la cotisation de Wills en lui spécifiant que ce qu’il jouait «n’étant en aucun cas de la musique, vous ne sauriez prétendre à une affiliation à notre organisme». Le succès commercial change tout cela : Bob Wills, honni et rejeté par le tout Nashville, devient désormais le musicien à imiter. Et nombre d’orchestres pratiquent dès lors une sorte d’Eastern Swing, une influence qui irriguera tous les courants émergents de la Country Music : le Honky Tonk, le Bluegrass, le Country boogie et, plus tard, le Rockabilly et le Rock’n’Roll.

LE WESTERN SWING EN CALIFORNIE

La guerre va tout changer. Dès le lendemain de Pearl Harbour, Tommy Duncan s’engage dans l’armée, la plupart des Texas Playboys sont incorporés. Bob lui-même fait quelques mois au service de l’oncle Sam mais sa santé déjà chancelante, son intempérance, son âge aussi le font réformer le 27 juillet 1943. L’armée et le gigantesque effort de guerre des Etats-Unis ont vidé le Texas d’une grande partie des hommes valides. Grâce à la ligne de chemin de fer de Santa Fe, les Texans ont gagné en nombre la Californie afin de travailler sur les sites industriels, notamment les vastes chantiers navals.Bob Wills décide de suivre son public sur la Côte Ouest. En septembre 1943, il achète un ranch dans la San Fernando Valley, près de la station de radio KMTR sur laquelle il obtient un programme quotidien, pas loin non plus de Hollywood, là où se trouvent les studios de ses westerns et les cabarets et les salles de bal. En 1945, les Texas Playboys sont re-formés. La base musicale est plus resserrée pour de nombreuses raisons, notamment parce qu’aucun grand orchestre n’est plus rentable face à la concurrence des juke-boxes. A l’exception du trompettiste Alex Brashear et d’un occasionnel saxophoniste, on ne trouvera plus de cuivres dans le Western Swing, ce que regrettera toujours Bob. Mais Tommy Duncan est de nouveau dans le groupe, la steel-guitare est tenue par Herbie Remington, un formidable disciple de Mc Auliffe (qui vole alors de ses propres ailes), le puissant Millard Kelso titille le piano et Eldon Shamblin, un guitariste électrique subtil et très jazzy qui avait déjà émargé aux Playboys, amène nombre d’idées originales.Durant quelque temps, le succès commercial des Texas Playboys est encore plus énorme qu’en 1940. Depuis 1941, Wills avait pris l’habitude d’honorer tous ses engagements en créant plusieurs orchestres dans le style Texas Playboys. Ainsi, ils peuvent jouer les uns et les autres en plusieurs endroits différents chaque jour. Ces orchestres sont dirigés par son vieux père, Uncle John puis surtout par son frère Johnnie Lee qui «couvre» le Texas tandis que Bob se concentre sur la Californie. Johnnie Lee fracasse les hit-parades avec «Milk cow blues» en 1941et ne réintégrera plus les Playboys. Après 1945, les opportunités sont si nombreuses que Wills est obligé de multiplier les orchestres, grâce à ses jeunes frères Luke et Billy Jack qui animent des groupes en Californie et jusqu’au Washington.

LES TEMPS CHANGENT
Mais les temps changent et l’Amérique de l’après-guerre est avide de nouveautés musicales qui reflètent ses nouvelles aspirations. Le Western Swing californien engendre de nouvelles formations qui se posent en rivales directes des Texas Playboys. C’est notamment le cas des orchestres de Spade Cooley, de Tex Williams et, même si c’est à leur corps défendant, des ensembles dirigés par Luke et surtout Billy Jack Wills. Bob supporte très mal cette concurrence. Sa jalousie, un trait constant de son caractère, devient maladive et frôle par moments la paranoïa. Malgré un mariage enfin réussi (avec Betty Anderson), Bob a une conduite de plus en plus agressive. Et le placide Johnny Lee Wills n’est plus là pour arrondir les angles chez les Texas Playboys.A la suite d’une dispute de trop avec son leader - un pugilat mémorable -, Tommy Duncan quitte en 1948 Bob Wills après quinze ans où ses manières de crooner et de chanteur de blues ont beaucoup contribué au succès des Playboys. Il obtiendra d’ailleurs plusieurs importants succès en tant que leader des Western All Stars, une formation entre Western Swing et Honky Tonk qui favorise largement le blues et le boogie.Mais en 1947-48, c’est le Western Swing de Bob Wills qui fait démodé. Des paroles légères, humoristiques, romantiques à l’excès, parfois jusqu’à la mièvrerie, des sous-entendus un peu osés qui apparaissent terriblement désuets... Et Bob, muré dans la certitude d’avoir une fois de plus raison tandis que le monde entier se ligue contre lui, est incapable de changer et refuse même toute innovation que lui apporteraient de jeunes musiciens qu’il perçoit très vite comme des rivaux déloyaux. En 1947, il quitte le groupe Columbia, persuadé que ce label ne s’occupe que de la promotion de Spade Cooley, et signe sur MGM, une entreprise peu impliquée dans la Country Music californienne. Bob reconnaîtra plus tard avoir alors fait «la plus grosse erreur de sa carrière». Dans l’ensemble, à l’exception de quelques succès comme «Bubbles in my beer» et certaines réelles réussites artistiques, l’oeuvre MGM de Wills est souvent convenue, sans surprises, une sorte de réplique parfois laborieuse de ses années d’or.

LES ANNEES DIFFICILES
En même temps, Bob gère très mal la petite fortune que ses concerts, ses disques et ses films lui ont permis d’acquérir. Il tente plusieurs investissements désastreux, irréalistes, passades coûteuses comme le Wills Point à Sacramento ou le Bob Wills House Ranch à Dallas. Il est toujours mécontent, insatisfait et le ménage Wills déménage quatorze fois en vingt ans, perdant à chaque fois beaucoup d’argent. En quelques années, il s’endette très lourdement.Afin de payer ses traites, il est obligé de tourner de façon incessante. Heureusement pour lui, et même si ses disques ne se vendent plus que lors des concerts, Wills a conservé le coeur de son vieux public qui lui restera toujours fidèle. Les années 50 s’achèvent alors que Bob doit encore assurer près de trois cents concerts par an pour des audiences de plus en plus âgées! En 1962, cette vie harassante provoque une première crise cardiaque alors qu’il est en scène. Les médecins lui conseillent de se ménager. Bob néglige cet avertissement. En a-t-il la possibilité? Il essaie de s’installer à Las Vegas mais redéménage une fois encore à Fort Worth. Et il entreprend une nouvelle tournée nationale en 1964 afin de relancer sa carrière! C’est au cours d’une prestation qu’il est de nouveau frappé par une crise cardiaque, cette fois sévère.La mort dans l’âme, Bob Wills liquide les Texas Playboys, un orchestre qu’il a animé depuis plus de trente ans et décide de vivre, plus modestement, en famille! Cependant, le démon de la scène ne tarde pas à le reprendre. Son répertoire est connu de tous les musiciens de Country Music. Bob recommence ses tournées, cette fois seul avec son violon, engageant des accompagnateurs différents dans chaque ville. Dans ces conditions, sa musique n’est vraiment plus que l’ombre de son passé comme on peut l’entendre sur les disques pesants, parfois douloureux qu’il enregistre pour Longhorn, Decca, Kapp. L’âge et les difficultés l’ont quelque peu apaisé. Comme son public ne cesse de lui demander pourquoi son chanteur, Tommy Duncan, n’est pas à ses côtés, Wills décroche un soir le téléphone et appelle son ancien équipier. Le duo, sincèrement rabiboché, entreprend une tournée qui, remplissant chaque soir les salles de concert, attire les médias. Ils signent ensemble une série d’albums pour Liberty, pleins d’une atmosphère nostalgique souvent prenante.

LEGENDE VIVANTE
Avec étonnement, Bob Wills qui se savait un «has been» depuis longtemps, voit arriver à lui quantité de jeunes musiciens de la nouvelle Country Music qui se pressent pour lui serrer la main, être photographiés à ses côtés et qui proclament que «Bob Wills is still the King». Merle Haggard, notamment, gravera un bel album en hommage au vétéran du Western Swing : «Tribute to the best damn fiddle player over the world (or my salute to Bob Wills)», lançant un mouvement de renaissance du Western Swing qui se poursuit encore aujourd’hui avec des groupes aussi importants que Asleep at the Wheel.En 1968, Nashville qui avait jadis tant décrié et combattu Bob Wills lui réserve un triomphe. Il est intronisé par la Country Music Association au panthéon de cette musique, le Country Music Hall of Fame. Autrefois interdit de Grand Ole Opry, Bob reçoit sa récompense sur la scène du Ryman Auditorium le 18 octobre 1968 et déclenche une longue et émouvante ovation. Il sourit, enlève son chapeau blanc de cow boy et déclare: «Je n’ai jamais enlevé ce chapeau devant personne mais cette nuit je l’enlève pour vous tous» («I never took this hat off to anybody, but I’m taking it off for all of you tonight»).Mais Wills est désormais un homme épuisé par les années de tournées, les nuits blanches, les excès d’alcool. Le 30 mai 1969, Bob est décoré pour services rendus à l’Etat du Texas par le Gouverneur Preston Smith. Le lendemain, il est terrassé par une crise d’hémiplégie. Avec le soutien de sa femme, il réussit à retrouver l’usage de sa main droite, peut à nouveau jouer du violon. Liberty lui propose de faire un double disque en compagnie des vétérans encore actifs des Texas Playboys. Sa santé l’empêche d’aller à Nashville et la séance est organisée chez lui au Texas. Merle Haggard, qui a eu vent du projet, annule tous ses concerts et demande humblement à Bob l’autorisation de participer à cet hommage. Le 3 décembre 1973, Bob et ses anciens musiciens répètent un peu le programme du lendemain, plaisantent et boivent en évoquant le bon vieux temps. Dans la nuit du 3 au 4, Bob est frappé d’une crise fatale. Il entre dans un coma profond.Tandis que Bob est conduit à l’hôpital, les Texas Playboys plus Merle Haggard décident quand même d’enregistrer le double album prévu et mis au point avec Bob. Il ne sera présent que par le biais de son portrait affiché dans le studio. Une étrange atmosphère de joie triste, presque un enterrement à la façon des musiciens de la Nouvelle Orléans, baigne cet excellent disque, un dernier hommage qu’aurait sans doute apprécié le vieux maestro.Bob Wills meurt sans avoir repris conscience le 13 mai 1975, laissant derrière lui une des oeuvres les plus riches et les plus importantes de toute la musique américaine.

LES TITRES

Il est assez malaisé de faire une sélection de l’oeuvre très copieuse de Bob Wills, notamment celle enregistrée entre 1935 et 1947. Faut-il faire figurer tous les succès obtenus aux Hit-Parades? Mais ceux-ci sont justement les titres déjà souvent réédités et se rangent généralement dans la catégorie «pop», la plus désuète aux oreilles d’aujourd’hui. D’un autre côté, peut-on se passer de New San Antonio Rose ou Take me back to Tulsa? L’oeuvre est si riche et si versatile que l’on peut aussi facilement privilégier certains genres enregistrés par les Texas Playboys au détriment des autres, donnant ainsi une fausse idée de la musique pratiquée réellement par le groupe le plus célèbre du Western Swing.Nous avons voulu essayer de restituer toutes les facettes de l’oeuvre de Bob Wills, tout en mettant un accent certain sur les blues et les pièces de jazz enregistrées par les Texas Playboys. Sunbonnet Sue a plus de valeur historique (c’est le premier titre enregistré par les Light Crust Doughboys) que musicale, une simple pièce de string-band, très dans le moule de ce qui a été gravé à cette époque. L’ambiance change du tout au tout avec la véritable première séance des Texas Playboys : Osage Stomp, une composition de Bob Wills évoque bien l’influence du jazz New Orleans. Spanish Two-Step reprend un thème familier de la musique des Mexicains du Texas et lui ajoute un swing irrésistible. Le morceau passera alors inaperçu mais «New Spanish Two-Step», gravé quelques années plus tard sera un succès commercial pour les Texas Playboys. Never No More Blues provient du song-book de Jimmie Rodgers (cf Jimmie Rodgers, FA 254), une des grandes influences de Tommy Duncan, le chanteur des Texas Playboys qui co-signe une grande partie des compositions du groupe. Get With It et le désopilant Who Walks In When I Walk Out? sont aussi des thèmes inspirés ou tirés du jazz de la Nouvelle Orléans. On remarquera que dans cette première séance d’enregistrement, Leon Mc Auliffe joue de la guitare standard, alors que son instrument de prédilection était la steel-guitare à la façon hawaïenne. C’est le producteur Art Satherley qui a insisté afin qu’il n’y ait pas de guitare hawaïenne sur ces disques. Sittin’ On Top Of The World, tout comme Corinne Corinna qui sera enregistré quelques années plus tard sont des compositions des Mississippi Sheiks, un des principaux orchestres à cordes noirs des années 30. «Sittin’ on top of the world» devient même le thème favori des congrès de la Mafia et joué comme tel en ouverture de chaque banquet!Pour la copieuse séance de septembre 1936, nous avons retenu l’incontournable Steel Guitar Rag, sans doute le thème le plus célèbre de toute l’histoire de la steel-guitare. Il a été créé semble-t-il ce jour-là dans le studio par Leon Mc Auliffe qui en est crédité comme le compositeur. Mais en fait le morceau n’est qu’une belle adaptation de «Guitar rag», un instrumental enregistré plus d’une décennie auparavant par le guitariste noir Sylvester Weaver. What’s The Matter With The Mill? est une composition du couple Memphis Minnie- Joe Mc Coy mais le traitement qu’en donne Bob Wills est aux antipodes de la version originale, une pièce pleine de rythme, de fureur et de bonne humeur. Ce morceau (plein d’allusions obscènes) vaudra de gros ennuis à Bob Wills mais le fera se vendre substantiellement auprès du public noir. Il est à remarquer que Muddy Waters s’inspirera du disque des Texas Playboys pour son «Can’t get no grindin’» et non de la version de Memphis Minnie qu’il avouait ne pas connaître.

En juin 1937, Wills enregistre une copieuse série de séances qui deviendront de nombreux 78t durant l’année suivante  Playboy Stomp est l’instrumental avec lequel l’orchestre ouvrait ses bals. White heat, un autre instrumental, annonce largement le futur Rock’n’Roll et est devenu un «classique». Il sera adapté à la guitare par Chet Atkins pour son célèbre «Canned heat». T For Texas et Never No More Hard Time Blues sont des blues de ou à la manière de Jimmie Rodgers, chanté avec une merveilleuse décontraction par Tommy Duncan et, comme toujours, parsemés de solos pleins de verve et de feeling. Un autre blues, Oozlin’ Daddy Blues est une compo­sition de B. Wills d’après le titre des Delmore Brothers, «Deep Elm blues». Enfin, Steel Guitar Stomp permet à Leon Mc Auliffe de signer un nouveau et bel instrumental qui deviendra aussi un standard de la steel-guitare.Parmi les séances de 1938, nous avons sélectionné la savoureuse parodie de Gospel, Pray For The Lights To Go Out. On imagine mal à l’écoute de ces amusantes plaisanteries un peu «osées», la réaction hostile, voire haineuse, des ligues de vertus sudistes, mobilisées contre cet «envoyé du diable» qu’aurait été Bob Wills. Bob affirma avoir reçu de nombreuses menaces de mort après la parution du disque! Dans un registre totalement différent, That’s What I Like About The South sera un important succès dans tout le Sud, de même que I Wonder If You Feel The Way I Do, une autre pièce popisante signée de Wills et Duncan. Beaumont Rag est un autre de ces instrumentaux jazzant la Country Music qui a fait une partie du succès du Western Swing.Time Changes Everything et surtout New San Antonio Rose, deux morceaux signés de Tommy Duncan et enregistrés en 1940, marquent véritablement la reconnaissance nationale pour les Texas Playboys, deux succès considérables qui leur ouvrent les salles de concert et les stations de radio de toute l’Amérique. Twin Guitar Special, aujourd’hui considéré comme un «classique» des Texas Playboys n’était à l’origine qu’un instrumental destiné à la face B d’un 78t. Mais l’extraordinaire entente des guitaristes Mc Auliffe et Eldon Shamblin, un nouveau venu plein d’idées novatrices, fait mouche et on peut considérer ce titre comme une des plus belles réussites du jazz Swing de cette époque.

En 1941, Wills - désormais souvent à Hollywood pour y tourner dans des westerns chantants - confirme son statut de vedette avec l’énorme succès de Take Me Back To Tulsa, qui fait swinguer un vieux thème de square dance avec l’ajout de quelques paroles anodines. Le même procédé est utilisé avec cette superbe version de Little Liza Jane, une très ancienne pièce issue des plantations. Quant à l’amusant My Little Cherokee Maiden, il permet un nouveau «hit» aux Texas Playboys.Les temps vont fortement changer après Pearl Harbour et Bob Wills est obligé de compenser le départ à l’armée de nombreux titulaires des Texas Playboys en engageant pour la séance de 1942 des remplaçants qui ne sont pas toujours à la hauteur. C’est le cas du chanteur Danny Alguire qui fait regretter Tommy Duncan, même si ce Home In San Antone sera encore une fois un «hit» national pour le groupe.En 1945, Tommy Duncan est revenu parmi les Texas Playboys après quelques années passés dans le Pacifique. Le groupe est un temps enrichi des talents du formidable guitariste Jimmy Wyble et c’est Millard Kelso qui sera désormais le pianiste du groupe. On admire aussi la belle steel-guitare du vétéran Noël Boggs, un des grands rivaux de Mc Auliffe; sur Texas Playboy Rag, Stay A Little Longer et New Roly Poly, une version à notre avis encore supé­rieure à l’original que nous avons fait figurer dans «Rock’n’Roll, 1938-46, FA 352».La séance du 13 mai 1946 est aussi extrêmement dense, avec Herb Remington à la steel-guitare et Junior Barnard, un des grands guitaristes de l’histoire de la Country Music. Ida Red est une version très swinguante d’une pièce de fiddle déjà enregistrée par Wills. Il nous semble qu’à cette époque, Tommy Duncan et Bob Wills ont une approche du blues bien plus originale et personnelle que dans les années 30. Bring It On Down To My House permet aux Texas Playboys de brillants solos et Milk Cow Blues est une des meilleures versions jamais enregistrées de ce célèbre blues. Il s’agit d’une composition de Kokomo Arnold, devenue un succès dans la Country Music après la version, largement personnalisée, qu’en a donnée Johnny Lee Wills en 1941 (cf «Hillbilly blues FA 065»). On a longtemps cru que Johnny Lee s’était inspiré du disque de Kokomo mais il a déclaré ne l’avoir jamais entendu. C’était le chanteur Cotton Thompson qui lui avait proposé d’enregistrer ce «vieux blues noir» pour lequel il avait composé de nouvelles paroles. Ce sont ces versions Western Swing qui inspireront Elvis Presley lorsqu’il adaptera ce thème.Dans les nombreuses séances de 1947, nous avons retenu le superbe Swinging The Blues, associé au blues shouter Jimmy Rushing, chanté avec une extrême décontraction par un Tommy Duncan en pleine forme et qui ne va pas tarder à quitter les Playboys. Ceux-ci enregistrent alors un grand nombre de standards du jazz de cette époque, tel ce Take The «A» Train. Nous terminons cette sélection avec l’instrumental Cowboy Stomp, qui servait alors de thème d’ouverture aux concerts des Texas Playboys.
Gérard HERZHAFT
Auteur de «La Country Music» (PUF, Que Sais-je? n° 2134) et des coffrets «Western Swing, FA 032», «Country, 1927-42, FA 015», «Hawaiian Music, FA 035» chez Frémeaux & Associés.Avec tous mes remerciements à Jacques Spiry, Jean-Pierre Fray et Jacques Brémond.

SOURCES:
GREEN (Douglas B.).- Country Roots. The origins of Country Music.- Hawthorne, New York: 1976
LOUPIEN (Serge), Ed..- Les Incontournables de la Country.- Paris, Filipacchi:1995.
MALONE (Bill C.).- The Stars of Country Music.- Avon, New York: 1976
ROSE (Michel).- Pionniers du Rock’n’Roll.- Albin Michel, Paris: 1981
TOWNSEND (Charles).- San Antonio Rose, the life and music of Bob Wills.- University of Illinois Press, Chicago: 1977

MAGAZINES:
Divers numéros de Le Cri du Coyote, Hillbilly Researcher, Journal of Country Music, Kommotion, Old Time Music.

© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 1999.

english notes
Bob Wills has been variously described as jazz band leader, square dance fiddler, blues player, singing cowboy... and as alcoholic and a bad musician! For years the Southern show business world was pretty hostile to him. However, the public danced enthusiastically to the music of his Texas Playboys, once described by Charlie Parker as one of the best swing orchestras in the country.Alongside Milton Brown, Wills succeeded in creating a remarkable fusion of Country Music, jazz and blues, the origin of Western Swing. His influence was considerable, not only on Country Music and on Rockabilly and Rock ‘n’ Roll in the 50s, but also on some blues and black Rhythm & Blues. This boxed set retraces the highlights (1932-47) of his long recording career (1929-1973!).He was born James Robert Mills on 6 March 1905, near Kosse, Texas. His father, who led a local band, was considered by some as one of the best “fiddlers” in Texas. Bob learnt music with him and, by the time he was five, could play the mandolin. He spent a lot of time with coloured neighbours from whom he picked up a liking for music-hall rhythms, jazz and blues.In 1913, the family moved to Memphis, where Bob took up violin to accompany his father who had embarked on a semi-professional career as Uncle John Wills. In 1915, at the age of ten, Bob took part in his first “ranch dance” gig.He began to replace his father more and more often on stage. It was now that he developed most of his musical ideas, playing for a mixed public only interested in having a good time and dancing. Fiddle tunes did not satisfy them so Bob introduced Mexican airs, cowboy themes and popular waltzes and polkas. All this against a background of blue notes, syncopation, swing and improvisation, allied to an exuberant stage presence.

PROFESSIONAL MUSICIAN
In May 1929, deciding to try his luck as a full-time musician, he left for Fort Worth where, after playing in the streets, he was hired as a “blackface” artist in a medicine show. Although the show soon folded, Bob met several musicians who shared his innovative approach, including guitarist Herman Arnspiger with whom he formed a duo. On 1 November they went to Dallas, having heard that Brunswick was recording local musicians for its Hillbilly series. They cut two titles, Gulf Coast Blues and Wills Breakdown - unfortunately not included here as no-one seems to have the original 78 that was never reissued.Wills then formed the Wills Fiddle Band, adding singer Milton Brown, his guitarist brother Derwood Brown and banjoist Sleepy Johnson.

THE LIGHT CRUST DOUGHBOYS
The Brown brothers brought a New Orleans flavour, then very popular, to the group which became the Aladdin Laddies, then the Fort Worth Doughboys before, in January 1931, the Light Crust Flour company offered them a regular spot on their sponsored show on KFJZ, Fort Worth’s leading radio station. So the Lightcrust Doughboys were born, destined to go on for several decades, with numerous personnel changes.Their manager was head of Light Crust Flour and future senator W. Lee O’Daniel who used the band in his electoral campaigns! Wills and the group cut two titles for Victor on 9 February 1932 , Nancy Jane (cf. Rock ‘n’ Roll, Vol. 1, FA 351) and Sunbonnet Sue which opens this set. Although there is little to distinguish these sides from other string bands of the time, Brown and Wills were increasingly in demand by radio stations in San Antonio, Houston and Oklahoma City. This infuriated O’Daniel and, after several arguments, the Brown brothers left to form their own bigger band, the Musical Brownies, the first real Western Swing Orchestra.Wills replaced Brown with Texas singer Thomas Elmer “Tommy” Duncan, whose stage presence, swing and ability to sing blues or ballads increased the band’s success. O’Daniel began to interfere increasingly on the music side and ended up sacking Wills, who was already drinking heavily and most of the Doughboys followed him.

THE TEXAS PLAYBOYS
In August 1933 Wills arrived in Waco, Texas, where he founded the Texas Playboys, comprising two or three violins, an acoustic guitar and an electric one, a Hawaiian steel guitar (cf. Hawaiian Music, FA 035), his young brother Johnnie Lee Wills on banjo, a bass player and Smokey Dacus on drums. In 1934 Bob was offered a peak-hour slot on Tulsa’s KVOO radio. “Playboy Time” attracted a wide audience and continued to be broadcast regularly until 1959. In September 1935 producer Art Satherly, of the ARC-OKeh-Columbia-Vocalion group made a special trip from New York to Dallas to hear the Texas Playboys. He was so impressed that he invited Wills to record one of the first ever Western Swing sessions (included here Osage Stomp, Spanish Two-Step, Never No More Blues, Get With It, Who Walks In When I Walk Out?, Sittin’ On Top Of The World).The band now numbered twelve with vocalist Tommy Duncan, guitarists Herman Arnspiger and Sleepy Johnson, barrelhouse pianist Al Stricklin, steel guitarist Leon McAuliffe - plus Smokey Dacus on drums and a brass section, something completely new in Western Swing - Wills seconded  on violin by Jesse Ashlock.

THE GOLDEN YEARS
The overnight success of his records, although at first confined to the South West, coupled with his radio work and frequent concert appearances, spelt financial security for Wills, who was now free to expand his musical ideas. He increased the size of his orchestra to include saxes, clarinets, trumpets, a trombone... leading a Los Angeles critic to describe it as “the most exciting and varied dance band in America”. This combination of jazz and Country Music instruments made the Texas Playboys irresistible, whatever they played - and they played everything from jazz standards to square dances, cowboy songs, popular Variety tunes... Wills’ gestures and voice encouraging and egging them on. His interjections, notably his “Aah! Aah!”, became famous throughout the South. And many of his musicians’ brilliant solos seem as fresh and spontaneous today as they did then.And yet, while the Tulsa-based years (1935-42) were positive musically, Bob Wills’ life was far from happy. Married and divorced five times, his chronic alcoholism created not only problems in his personal life but also in the running of the band, which only survived due to his brother Johnnie Lee’s devoted support.

NEW SAN ANTONIO ROSE
By the end of the 30s, Wills’ fame was such that Hollywood invited him and the Playboys to appear in several singing Westerns, alongside Tex Ritter, that would enhance his reputation even further.Bob’s first national hit was San Antonio Rose, recorded a few years previously, followed by a pop/square dance number Take Me Back To Tulsa. He was now important enough for Metronome, the well-known musical magazine, to publish an interview with him. In the 30s Nashville had forbidden Wills to enter the Grand Ole Oprey because of his alcoholism and lax behaviour and he was refused membership of the Musicians Union. His success changed all that: the man rejected by Nashville was now the musician to imitate.

WESTERN SWING IN CALIFORNIA

However, the war brought further changes. Duncan volunteered immediately, most of the Playboys were drafted and Bob served a few months before being discharged on grounds of ill-health in July 1943. Meanwhile, many Texans had moved to California to work in the shipyards so Wills decided to follow his public. He bought a ranch in San Fernando Valley, near the KMTR radio station on which he had a daily programme. The Texas Playboys reformed in 1945, although with fewer members as big bands were being pushed out by juke-boxes. There was no longer a brass section but Tommy Duncan was still there, with Herbie Remington on steel guitar, Millard Kelso on piano and the electric guitar of Eldon Shamblin.For a time the Playboys enjoyed a commercial success surpassing that of 1940. Since 1941, Wills had formed several orchestras in the Texas Playboys style so that he could accept gigs in different places. Those covering Texas were managed by his father, Uncle John, and his brother Johnnie Lee while Bob concentrated on California. Johnnie Lee had a huge hit with Milk Cow Blues in 1941 and left the Playboys for good. There was so much work from 1945 on that Wills had to create other bands which he entrusted to his younger brothers Luke and Billy Jack.

CHANGING TIMES
Post-war America was avid for something new in music that would reflect the feeling of the times. Californian Western Swing threw up new bands that began to rival the Texas Playboys e.g. Spade Cooley, Tex Williams and even the formations led by Luke and notably Billy Jack Wills. Bob’s jealousy knew no bounds and his behaviour became increasingly aggressive. Following one row too many, Tommy Duncan quit Wills in 1948 after fifteen years. By 1947-48, Wills’ type of Western Swing was already outmoded but he was incapable of changing, refusing to accept any innovation that young musicians might offer, seeing them as disloyal rivals. In 1947, he left Columbia for MGM, a step he later admitted was the biggest mistake of his career. Apart from the odd hit, such as Bubbles In My Beer, the MGM titles are mainly a rehash of his golden years.

THE DIFFICULT YEARS
At the same time, Bob’s financial affairs were in a mess. Having invested the small fortune he had made from his music in disastrous ventures, he was soon up to his ears in debt. Fortunately the hard core of his public remained faithful but he was having to give around 300 concerts a year and, in 1962, had his first heart attack while on stage. Ignoring doctors’ advice to take it easy, he launched a new national tour in 1964 only to suffer a second massive heart attack. This time he had no choice but to disband the orchestra he had led for thirty years, intending to retire. But the call of the road was too strong. He began touring alone with his violin, playing with pick-up groups. That his music was a pale echo of what it once had been is evident on the tracks he cut for Longhorn, Decca and Kapp. Finally, he contacted Tommy Duncan. They made up their differences and embarked on a tour that played to packed houses everywhere, making a series of captivatingly nostalgic albums for Liberty.

A LIVING LEGEND

Many up-and-coming Country Music youngsters were now eagerly proclaiming “Bob Wills is still the King”. Merle Haggard recorded a tribute to “the best damn fiddle player over the world...”, while Nashville awarded him a place in the Country Music Hall of Fame. He finally appeared at the Ryman Auditorium on 18 October 1968.Wills was now a very sick man. The day after being decorated for services to the State of Texas on 30 May 1969, he had a stroke but gradually managed to regain the use of his right fiddling hand. Liberty suggested making a double album with the remaining members of the Texas Playboys, plus Merle Haggard who was eager to participate. Alas, after rehearsals on 3 December 1973, Bob collapsed and was taken to hospital where he died on 13 May 1975 without recovering consciousness. However, the others decided to go ahead with the album, which remains a bitter-sweet tribute to a man who left behind one of the richest and most important volumes of work in American musical history.
Adapted by Joyce Waterhouse from the French text of Gérard HERZHAFT

With special thanks to Jacques Spiry, Jean-Pierre Fray and Jacques Brémond.

© GROUPE FREMEAUX COLOMBINI S.A. 1999.

DISCOGRAPHIE
CD 1
01. SUNBONNET SUE (Trad)  3’08
02. OSAGE STOMP (B.Wills)          3’03
03. SPANISH TWO-STEP (Wills-Duncan)   2’56
04. NEVER NO MORE BLUES (Rodgers)          2’52
05. GET WITH IT (Wills-Duncan)          3’01
06. WHO WALKS IN WHEN I WALK OUT? (Hoffman-Goodhart-Freed)         2’52
07. SITTIN’ ON TOP OF THE WORLD (Vincson-Chatmon)          3’21
08. STEEL GUITAR RAG (Mc Auliffe) 2’46
09. WHAT’S THE MATTER WITH THE MILL? (Mc Coy-Douglas)   2’47
10. PLAYBOY STOMP (B.Wills)  2’43
11. T FOR TEXAS (Blue Yodel # 1) (Rodgers)          2’22
12. NEVER NO MORE HARD TIME BLUES (Wills-Duncan)      2’17
13. OOZLIN’ DADDY BLUES (B.Wills)        2’26
14. WHITE HEAT (B.Wills)  2’44
15. STEEL GUITAR STOMP (Mc Auliffe)          2’31
16. PRAY FOR THE LIGHTS TO GO OUT (Tunnah-Skidmore)  2’51
17. THAT’S WHAT I LIKE ABOUT THE SOUTH (A. Razaf)          2’36
18. I WONDER IF YOU FEEL THE WAY I DO (Wills-Duncan)          2’38

(1) Bob Wills, fdl/vcl; Milton Brown, vcl; Derwood Brown, g & vcl; Sleepy Johnson, g. Dallas, Tx. 9 février 1932.
(2)(3)(4)(5) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, lead-vcl; Jesse Ashlock, fdl; Al Stricklin, pno; Herman Arnspiger, g; Sleepy Johnson, g; Leon Mc Auliffe, st-g & g; Johnny Lee Wills, bjo; Art Haines, tb; Zeb Mc Nally, tpt & t-sax; Sam Lansford, bs; Smokey Dacus, dms. Dallas, Tx. 23 septembre 1935.
(6)(7) Même personnel but Bob Wills, lead-vcl on (7). Dallas, Tx. 24 septembre 1935.
(8)(9) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Jesse Ashlock, fdl; Herman Arnspiger, g; Sleepy Johnson, g; Al Strikclin, pno; Leon Mc Auliffe, st-g; Ray De Greer, t-sax; Zeb Mc Nally, t-sax; Everett Stover, tpt; Johnny Lee Wills, bjo; Joe Ferguson, bs; Smokey Dacus, dms. Chicago, Ill. 29 septembre 1936.
(10) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Jesse Ashlock, fdl; Cecil Brower, fdl; Herman Arnspiger, g; Sleepy Johnson, g; Al Strikclin, pno; Leon Mc Auliffe, st-g; Ray De Greer, t-sax; Tiny Mott, alto-sax; Zeb Mc Nally, t-sax; Everett Stover, tpt; Johnny Lee Wills, bjo; Joe Ferguson, bs; Smokey Dacus, dms. Dallas, Tx. 7 juin 1937.
(11)(12) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Jesse Ashlock, fdl; Cecil Brower, fdl; Herman Arnspiger, g; Sleepy Johnson, g; Al Strikclin, pno; Leon Mc Auliffe, st-g; Everett Stover, tpt; Johnny Lee Wills, bjo; Joe Ferguson, bs; Smokey Dacus, dms. Dallas, Tx. 8 juin 1937
(13) Même personnel. Dallas, Tx. 9 juin 1937.
(14) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Cecil Brower, fdl; Herman Arnspiger, g; Sleepy Johnson, g & fdl; Al Strikclin, pno; Leon Mc Auliffe, st-g; Ray De Greer, t-sax; Tiny Mott, alto-sax; Zeb Mc Nally, t-sax; Everett Stover, tpt; Johnny Lee Wills, bjo; Joe Ferguson, bs; Smokey Dacus, dms. Dallas, Tx. 17 juin 1937.
(15) Même personnel. Dallas, Tx. 27 juin 1937.
(16) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Jesse Ashlock, fdl; Al Stricklin, pno; Eldon Shamblin, g; Leon Mc Auliffe, g; Everett Stover, tpt; Charles Laughton, clt; Zeb Mc Nally, t-sax; Sleepy Johnson, bjo; Joe Ferguson, bs; Smokey Dacus, dms. Dallas, Tx. 16 mai 1938.
(17)(18) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Jesse Ashlock, fdl; Sleepy Johnson, fdl; Eldon Shamblin, g; Leon Mc Auliffe, st-g & vcl on 17; Al Stricklin, pno; Johnnie Lee Wills, bjo; Sonny Lansford, bs; Smokey Dacus, dms. Dallas, Tx. 30 novembre 1938

CD 2
01. BEAUMONT RAG (Wills)         2’40
02. CORRINE CORRINA (Vincson-Chatmon)  2’52
03. TIME CHANGES EVERYTHING (Duncan) 2’42
04. NEW SAN ANTONIO ROSE (B.Wills- T. Duncan)        2’37
05. TWIN GUITAR SPECIAL (Mc Auliffe-Shamblin)         2’38
06. TAKE ME BACK TO TULSA (B.Wills)          2’43
07. LITTLE LIZA JANE (Trad.)     2’36
08. MY LITTLE CHEROKEE MAIDEN (B.Wills) 3’01
09. HOME IN SAN ANTONE (Jenkins)        2’33
10. TEXAS PLAYBOY RAG (B.Wills)   2’37
11. STAY A LITTLE LONGER (Wills-Duncan)     2’46
12. NEW ROLY POLY (Rose)     2’28
13. BRING IT ON DOWN TO MY HOUSE (Weldon-Wills)     4’41
14. IDA RED (Trad.)          2’00
15. MILK COW BLUES (Arnold-Thompson-J.L. Wills)  2’54
16. SWINGING THE BLUES (Rushing) 3’44
17. TAKE THE «A» TRAIN (Strayhorn)         3’10
18. COWBOY STOMP (B.Wills)          2’24

(1) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Jesse Ashlock, fdl; Sleepy Johnson, fdl; Eldon Shamblin, g; Leon Mc Auliffe, st-g; Al Stricklin, pno; Johnnie Lee Wills, bjo; Sonny Lansford, bs; Smokey Dacus, dms. Dallas, Tx. 30 novembre 1938.
(2)(3) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Jesse Ashlock, fdl; Louis Tierney, fdl & t-sax; Eldon Shamblin, g; Leon Mc Auliffe, st-g; Al Stricklin, pno; Everett Stover, tpt; Wayne Johnson, clt; Tiny Mott, alto-sax; Zeb Mc Nally, t-sax; Joe Ferguson, t-sax; Don Harlan, b-sax; Tubby Lewis, tpt; Sonny Lansford, bs; Smokey Dacus, dms. Dallas, Tx. 15 avril 1940.
(4) Même personnel. Dallas, Tx. 16 avril 1940.
(5) Bob Wills, fdl/vcls/leader; Louis Tierney, fdl; Eldon Shamblin, g; Leon Mc Auliffe, st-g; Al Stricklin, pno; Sonny Lansford, bs; Gene Tomlins, dms. Dallas, Tx. 24 février 1941.
(6) Bob Wills, fdl/vcls/leader; Tommy Duncan, vcl; Louis Tierney, fdl; Eldon Shamblin, g; Leon Mc Auliffe, st-g; Al Stricklin, pno; Don Harlan, clt; Wayne Johnson, clt; Zeb Mc Nally, t-sax; Tubby Lewis, tpt; Jamie Mc Intosh, tpt; Sonny Lansford, bs; Gene Tomlins, dms. Dallas, Tx.25 février 1941.
(7)(8) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Louis Tierney, fdl; Joe Holley, fdl; Leon Huff, g; Doyle Salathiel, g; Leon Mc Auliffe, st-g; Al Stricklin, pno; Don Harlan, clt; Sonny Lansford, bs; Bob Fitzgerald, dms. Hollywood, Ca. 24 juillet 1941.
(9) Bob Wills, fdl/vcls/leader; Danny Alguire, vcl; Louis Tierney, fdl; Joe Holley, fdl; Doyle Salathiel, g; Leon Huff, g; Leon Mc Auliffe, st-g; Woody Wood, clt; Morris Billington, pno; Darrell Jones, bs; Bob Fitzgerald, dms. Hollywood, Ca. 14 juillet 1942
(10)(11) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Joe Holley, fdl; Jimmy Wyble, g; Cameron Hill, g; Noel Boggs, st-g; Alex Brashear, tpt; Millard Kelso, pno; Ted Adams, bs; Monty Mountjoy, dms. Hollywood, Ca. 26 janvier 1945.
(12) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Joe Holley, fdl; Louis Tierney, fdl & t-sax; Millard kelso, pno; Alex Brashear, tpt; Noel Boggs, st-g; Junior Barnard, g; Billy Jack Wills, bs; Johnny Cuviello, dms. Hollywood, Ca. 6 mai 1946.
(13)(14)(15) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Joe Holley, fdl; Louis Tierney, fdl & t-sax; Millard Kelso, pno; Alex Brashear, tpt; Herb Remington, st-g; Junior Barnard, g; Tiny Moore, mdln; Billy Jack Wills, bs; Johnny Cuviello, dms. Hollywood, Ca. 13 mai 1946.
(16)(17) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Tommy Duncan, vcl; Dean Mc Kinney, vcl; Joe Holley, fdl; Louis Tierney, fdl; Millard Kelso, pno; Alex Brashear, tpt; Herb Remington, st-g; Eldon Shamblin, g; Tiny Moore, mdln; Ocie Stockard, bjo; Billy Jack Wills, bs; Johnny Cuviello, dms. Hollywood, Ca. 30 mai 1947.
(18) Bob Wills, fdl/leader/vcls; Joe Holley, fdl; Eldon Shamblin, g; Herb Remington, st-g; Ocie Stockard, bjo; Tiny Moore, mdln; Millard Kelso, pno; Billy Jack Wills, bs; Johnny Cuviello, dms. Chicago, Ill. 15 octobre 1947.

CD Bob Willis and his texas playboys  © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 SUNBONNET SUE - WILLS03'08
02 OSAGE STOMP - WILLS03'03
03 SPANISH TWO STEP - WILLS02'56
04 NEVER NO MORE BLUES - WILLS02'52
05 GET WITH IT - WILLS03'01
06 WHO WALKS IN WHEN I WALK OUT - WILLS02'51
07 SITTIN ON TOP OF THE WORLD - WILLS03'21
08 STEEL GUITAR RAG - WILLS02'46
09 WHAT S THE MATTER WITH THE MILL - WILLS02'47
10 PLAYBOY STOMP - WILLS02'43
11 T FOR TEXAS - WILLS02'22
12 NEVER NO MORE HARD TIMES BLUES - WILLS02'17
13 OOZLIN DADDY BLUES - WILLS02'26
14 WHITE HEAT - WILLS02'44
15 STEEL GUITAR STOMP - WILLS02'31
16 PRAY FOR THE LIGHTS TO GO OUT - WILLS02'51
17 THAT S WHAT I LIKE ABOUT THE SOUTH - WILLS02'36
18 I WONDER IF YOU FEEL THE WAY I DO - WILLS02'38
CD 2
01 BEAUMONT RAG - WILLS02'40
02 CORRINE CORRINA - WILLS02'52
03 TIME CHANGES EVERYTHING - WILLS02'41
04 NEW SAN ANTONIO ROSE - WILLS02'37
05 TWIN GUITAR SPECIAL - WILLS02'38
06 TAKE ME BACK TO TULSA - WILLS02'43
07 LITTLE LIZA JANE - WILLS02'36
08 MY LITTLE CHEROKEE MAIDEN - WILLS03'01
09 HOME IN SAN ANTONE - WILLS02'33
10 TEXAS PLAYBOY RAG - WILLS02'37
11 STAY A LITTLE LONGER - WILLS02'46
12 NEW ROLY POLY - WILLS02'28
13 BRING IT ON DOWN TO MY HOUSE - WILLS04'41
14 IDA RED - WILLS02'00
15 MILK COW BLUES - WILLS02'54
16 SWINGING THE BLUES - WILLS03'44
17 TAKE THE A TRAIN - WILLS03'10
18 COWBOY STOMP - WILLS02'24
"Une page de l’histoire musicale qui vaut franchement la peine d’être réécoutée" Répertoire

« Le western swing est une musique née dans les années 20 et 30 au Texas et dans l’Oklahoma. C’est le premier grand courant musical blanc de l’ouest, sorte de mélange de différentes influences blanches, noires et mexicaines : old time music, musique des bayous de la Louisiane, musique des chicanos ou Mexicains de la frontière entre Texas et Mexique, blues, jazz, swing, etc. ... » E.B. - REPERTOIRE


« Le western swing est une musique née dans les années 20 et 30 au Texas et dans l’Oklahoma. C’est le premier grand courant musical blanc de l’ouest, sorte de mélange de différentes influences blanches, noires et mexicaines : old time music, musique des bayous de la Louisiane, musique des chicanos ou Mexicains de la frontière entre Texas et Mexique, blues, jazz, swing, etc. L’apogée du western swing correspond à un moment où le Texas s’industrialise et s’urbanise, notamment par l’exploitation du pétrole. Musique hybride, c’est une sorte de melting pot entre différentes cultures attirées par le travail au Texas. Le western swing devient une musique jouée par de grands groupes comprenant souvent une dizaine de musiciens. Les instruments s’électrifient et le groupe offre souvent une place importante à la pédal steel guitar aux côtés de laquelle figurent des instruments aussi divers que violon, accordéon, guitare, basse, batterie, cuivres, etc. Le plus grand nom de cette musique et l’un de ses créateurs fut Bob Wills, violoniste, chanteur, chef d’orchestre, auteur d’une discographie écrasante dont le meilleur est ici en double CD. Wills a fait danser des milliers de gens entre 1929 et 1973, il a tout compris et out synthétisé. Sa musique, vivante, drôle, excitante, est une photographie exacte de la famille des musiques américaines au grand complet. Il ne manque personne ; on passe du blues au jazz, d’une rythmique déjà rockabilly à des stomps ou rags au violon et à la guitare. Ici, c’est le martèlement d’un piano ; là, ce sont des riffs des saxes et trompettes ou le chant d’une clarinette, les coups secs d’un banjo, les trémolos d’une mandoline, le yodel du chant, les interjections de Wills lui-même qui commente sans cesse le jeu des autres et le chant de Tommy Duncan, avec une voix pas possible. C’est un déferlement étonnant, une machine à danser. C’est une page de l’histoire musicale américaine qui vaut franchement la peine d’être ré-écoutée avec le recul et l’histoire des cinquante dernières années en mémoire. » E.B. - REPERTOIRE




"Copieux, instructif et précis" par Le Cri du Coyote

« Comme toujours avec ce label et les textes de Gérard Herzhaft, le livret est copieux, instructif et précis. Faut-il rappeler ici l’immense apport de Bob Wills, le western swing étant sans doute la base de la plupart des musiques que nous continuons à aimer ?... » Jacques BREMOND – LE CRI DU COYOTE


« Comme toujours avec ce label et les textes de Gérard Herzhaft, le livret est copieux, instructif et précis. Faut-il rappeler ici l’immense apport de Bob Wills, le western swing étant sans doute la base de la plupart des musiques que nous continuons à aimer ? Les classiques abondent (Get With It, Steel Guitar Rag, T. For Texas, Beaumont Rag, Take Me Back To Tulsa, Milk Cow Blues) avec cette vitalité qui donne envie de danser ; les petits cris d’encouragements de Bob Wills à ses musiciens ont une fraîcheur étonnante dans ce contexte où chacun fait preuve d’une inventivité remarquable, entre le solo du big band et la récréation à Music city. Avec 36 titres en 2 CDs, on a là de quoi satisfaire les plus hermétiques à l’histoire musicale. Alors que le bluegrass et le rock’n’roll étaient encore en gestation, Bob Wills apportait l’essentiel de ce qui fait la plus américaine des formes musicales, entre jazz, country, violon texan, solos endiablés, harmonies vocales et cette touche particulière qui sut mêler des talents exceptionnels. Pas étonnant que Bob Wills reste, avec Milton Brown, le grand monsieur de cette musique pré-50’s. Difficile aussi de comprendre l’évolution et les repères de la country music sans connaître ces sources vivifiantes. » Jacques BREMOND – LE CRI DU COYOTE




"Qu’on selle mon cheval, j’arrive..." par Soul Bag

« Voilà qui comblera une longue attente pour les amateurs de ce mélange subtil de country music, de jazz et de blues qu’est le western swing et dont l’un des représentants les plus éminents est sans conteste Bob Wills entouré de ses Texas Playboys. … » Robert SACRE – SOUL BAG


« Voilà qui comblera une longue attente pour les amateurs de ce mélange subtil de country music, de jazz et de blues qu’est le western swing et dont l’un des représentants les plus éminents est sans conteste Bob Wills entouré de ses Texas Playboys. Cette fois encore, Gérard Herzhaft a mis dans le mille en puisant 36 perles dans un coffre à bijoux bien garni et correspondant à la période la plus satisfaisante de Bob Wills sur le plan musical, tout en ne se braquant pas uniquement sur les succès de hit-parades d’époque, souvent et abondamment réédités. Wills a abordé bien des genres et le jazz New Orleans (Get with it, Who walks in when I walk out, Osage stomp) ou autre (Take the A train) pointe son nez à plus d’une occasion. Le blues aussi (Sittin’ on top of the world, Corinne Corinna, What’s the matter with the mill, Milk cow blues, Swinging the blues), le rag (Steel guitar rag, Texas Playboy rag…), sans oublier White heat franchement rock and roll sur les bords ! Même le gospel est présent avec Pray for the lights to go out (une parodie salace qui ne devait pas plaire aux intégristes de l’époque). Et puis il y a de petites merveilles purement country à la gloire du Texas (T. for Texas, Beaumont rag, New San Antonio rose, Home in San Antone) ou de l’Oklahoma (Take me back to Tulsa) avec des duos de guitare épiques (Twin guitar special). Bref plus d’une heure et demie de plaisir musical garanti, un festival de swing, de bonne humeur et de virtuosité. Un livret détaillé de 24 pages vous apprendra tout ce qu’il y a à savoir sur ce violoniste, chanteur et chef d’orchestre génial, sur ses partenaires et sur sa carrière fertile en rebondissements. Qu’on selle mon cheval, j’arrive… » Robert SACRE – SOUL BAG




* * * * * El Pais

« Antes del rock and roll, entre las dos guerras mundiales, existió otra fabulosa criatura hibrida : el western swing. ... » Diego A. MANRIQUE – EL PAIS Presse Espagnole. Ce disque a reçu la distinction * * * * * El Pais


« Antes del rock and roll, entre las dos guerras mundiales, existió otra fabulosa criatura hibrida : el western swing. Un bastardo que integró jazz (de Nueva Orleans y de las big bands), blues, western (así se denominaba entonces la música vaquera) y hasta sonidos hawaiianos. Su principal inventor fue Bob Wills, un tipo cuya vida turbulenta encajaría en las novelas de James Ellroy. Sus Playboys de Tejas era una orquesta embriagadora que fundió perfectamente campo y ciudad, hedonismo y sentimentalismo, Harlem y Austin ; aquí estan 36 de sus grabaciones más irresistibles. » Diego A. MANRIQUE – EL PAIS Presse Espagnole. Ce disque a reçu la distinction * * * * * El Pais