NEGRO SPIRITUALS

THE CONCERT TRADITION 1909 - 1948

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Livret : 40 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA168

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Brillamment servis par des solistes et des ensembles vocaux talentueux, dans des arrangements raffinés, les negro spirituals, d’origine folklorique et populaire, sont reconnus aujourd’hui comme les mélodies classiques de l’Amérique noire.
François Xavier Moulé présente présente la tradition de concert en 2 CD avec un livret de 40 pages.
Patrick Frémeaux

Droits : Groupe Frémeaux Colombini - Patrimoine sonore de l'humanité.

La noblesse, la sérénité de ces enregistrements des années 1909-1948 sont un réel bienfait : on y découvre une richesse musicale et spirituelle d’une ampleur insoupçonnable si l’on s’en tient à ce qui se diffuse d’ordinaire dans ce domaine. Rejoice, donc !
Bertrand Dicale - Le Figaro

Les ouvrages sonores de Frémeaux & Associés sont produits par les meilleurs spécialistes, bénéficient d’une restauration analogique et numérique reconnue dans le monde entier, font l’objet d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie. La marque Frémeaux & Associés a obtenu plus de 800 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore.
This album, issued by the world-famous publishers, Frémeaux & Associés, has been restored using the latest technological methods. An explanatory booklet of liner notes in English and a guarantee are included. 
EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 DEEP RIVER - ANDERSON03'16
02 MY LORD WHAT A MORNING - ANDERSON03'16
03 LORD I CAN T STAY AWAY HEAV N HEAV N - ANDERSON04'17
04 CRUCIFIXION - ANDERSON04'37
05 SWING LOW SWEET CHARIOT - BLEDSOE02'42
06 I STOOD ON DE RIBBER OB JORDAN - DAVIS03'03
07 COULDN T HEAR NOBODY PRAY - DOVE03'13
08 GO DOWN MOSES - HAYES02'19
09 LIT L BOY - HAYES02'12
10 ROUN BOUT DE MOUNTAIN - HAYES02'54
11 HEAR DE LAMBS A CRYIN PLENTY GOOD ROOM - HAYES04'43
12 NOBODY KNOWS THE TROUBLE I VE SEEN - MAYNOR03'16
13 STEAL AWAY TO JESUS - MAYNOR03'40
14 GO DOWN MOSES DEEP RIVER - PAYNE03'53
15 SOMETIMES I FEEL LIKE A MOTHERLESS CHILD - ROBESON03'00
16 WITNESS - ROBESON02'25
17 WERE YOU THERE - ROBESON02'44
18 DE OLE ARK S A MOVERING EZEKIEL SAW DE WHEEL - ROBESON02'22
CD 2
01 PICKIN ON THE HARP WID DE GOLDEN STRINGS - ELKINS-PAYNE JUBILEE SINGERS02'41
02 THERE IS A BALM IN GILEAD - FISK UNIVERSITY JUBILEE SINGER02'27
03 LITTLE DAVID - FISK UNIVERSITY JUBILEE SINGER02'39
04 BLOW GABRIEL BLOW - FISK UNIVERSITY JUBILEE SINGER02'07
05 I VE HEARD OF A CITY CALLED HEAVEN - HALL03'17
06 DE BLIND MAN STOOD ON THE ROAD AND CRIED - MORRIS BROWN QUARTET02'55
07 CLIMBING JACOB S LADDER - NEW ORLEANS UNIVERSITY GLEE CL03'03
08 HALLELUJAH - RUST COLLEGE QUARTET03'04
09 LET THE CHURCH ROLL ON - SOUTHERN UNIVERSITY QUARTET02'28
10 LIVE A HUMBLE - TUSKEGEE INSTITUTE SINGERS03'41
11 MY WAY S CLOUDY I M A ROLLING - TUSKEGEE INSTITUTE SINGERS03'35
12 HEAVEN SONG - TUSKEGEE INSTITUTE SINGERS02'38
13 MARY DON T YOU WEEP - UTICA JUBILEE SINGERS02'35
14 I M SO GLAD TROUBLE DON T LAST AWAYS - WEST VIRGINIA COLLEGIATE SINGE02'52
15 JOSHUA FIT THE BATTLE OF JERICHO - DIXIE JUBILEE SINGERS02'41
16 SEND ONE ANGEL DOWN - DIXIE JUBILEE SINGERS02'46
17 GOOD NEWS STANDIN IN THE NEED OF PRAYER RELIGION I - JOHNSON04'54
18 OLD SHIP OF ZION - KENNETH SPENCER/HALL JOHNSON03'08
"Negro Spirituals La Tradition de Concert" par Le Figaro

“Negro Spirituals : La tradition de concert. On ignore trop, sous nos cieux, qu’être chrétien et noir aux Etats-Unis ne consiste pas seulement à battre des mains comme dans les publicités Uncle Ben’s. La tradition des negro spirituals de salon est ancienne, riche, admirable. Si on se souvient évidemment de Marian Anderson et Paul Robeson, pionniers noirs de la voix classique, on a oublié l’élégance des choeurs d’université ou la chaleur des jubilee quartets. La noblesse, la sérénité de ces enregistrements des années 1909-1948 sont un réel bienfait : on y découvre une richesse musicale et spirituelle d’une ampleur insoupçonnable si l’on s’en tient à ce qui se diffuse d’ordinaire dans ce domaine. Rejoice, donc!” Bertrand DICALE, LE FIGARO




"The Concert Tradition" Negro Spirituals par Répertoire

"Ecoutons-les, ces voix limpides et fortes, sincères et apaisantes : la lumière qui s’en dégage est à la source des autres formes plus profanes du répertoire négro-américain, dont elles portent certains élans et une vibration venant des profondeurs d’un esprit maltraité par l’histoire mais encore intègre." REPERTOIRE

« Fruit de la création spontanée de poètes anonymes travaillant dans les plantations du sud des Etats-Unis, le negro spiritual des Afro-Américains est devenu un genre public à partir de la deuxième moitié du XIX ème siècle, époque qui vit aussi la fin de l’esclavage Ce coffret avec deux lasers de Frémeaux & Associés en est une anthologie indispensable où l’on présente la tradition spécifique de concert avec les meilleurs ensembles et les plus belles voix solistes, comme celles de Marian Anderson, Roland Hayes et Paul Robeson, qui ont assuré la diffusion du style sur la scène et au grand écran, où à travers leurs enregistrements phonographiques. Ecoutons-les, ces voix limpides et fortes, sincères et apaisantes : la lumière qui s’en dégage est à la source des autres formes plus profanes du répertoire négro-américain, dont elles portent certains élans et une vibration venant des profondeurs d’un esprit maltraité par l’histoire mais encore intègre. » REPERTOIRE





"Fondateurs d’une tradition" par Histoire du Negro Spiritual et du Gospel

« Les voix classiques, les jubilee quartets et les chœurs universitaires qui sont regroupés dans ce coffret par François-Xavier Moulé font partie des fondateurs d’une tradition de concert toujours vivace... » Histoire du Negro Spiritual et du Gospel par Noël BALEN – EDITIONS FAYARD


« Les voix classiques, les jubilee quartets et les chœurs universitaires qui sont regroupés dans ce coffret par François-Xavier Moulé font partie des fondateurs d’une tradition de concert toujours vivace. Si les Fisk University Jubilee Singers, Marian Anderson, Paul Robeson, Roland Hayes ou Dorothy Maynor comptent parmi les plus connus et reconnus, il existe beaucoup d’autres formations chorales ou artistes solistes qui ont alimenté ce genre raffiné et sophistiqué, constituant le fleuron des mélodies classiques de l’Amérique noire. En 36 titres judicieusement choisis, ce diptyque restitue enfin l’importance et le talent de ceux qui ont contribué à la reconnaissance et la propagation d’un art singulier, né douloureusement dans l’exclusion et accédant peu à peu au statut de patrimoine national. » Histoire du Negro Spiritual et du Gospel par Noël BALEN – EDITIONS FAYARD




* * * Jazzman

« Consacrée à l’un des aspects les moins connus de la musique religieuse afro-américaine, cette anthologie évoque l’œuvre d’artistes noirs qui ont contribué à populariser les negro spirituals dans le monde entier, en empruntant très largement aux canons de la musique occidentale et, il faut le reconnaître, en gommant quasiment de leurs interprétations toutes spécificité Africaine. ... » Alain TOMAS – JAZZMAN. Ce disque a reçu la distinction * * * Jazzman


« Consacrée à l’un des aspects les moins connus de la musique religieuse afro-américaine, cette anthologie évoque l’œuvre d’artistes noirs qui ont contribué à populariser les negro spirituals dans le monde entier, en empruntant très largement aux canons de la musique occidentale et, il faut le reconnaître, en gommant quasiment de leurs interprétations toutes spécificité Africaine. De leur démarche vient la sauvegarde d’un répertoire original qui constitue une manifestation authentique du génie du peuple noir. Parmi les initiateurs de cette approche, figurent les membres des Fisk Jubilee Singers dont le style poli et sophistiqué inspirera les Tuskegee Institute Singers ou le Morris Brown Quartet et, plus près de nous, le Howard University Chamber Choir. Comme preuve de l’importance dans les mémoires de cet héritage, signalons que le titre I’m So Glad Trouble Don’t Last Always, gravé en 1927 par les West Virginia Collegiate Singers, constitue le premier vers de Trouble Don’t Last de Guitar Slim. Cette compilation propose aussi des exemples du chant de grands solistes avec la voix magnifique de contralto de Marian Anderson, une interprète renommée de lieder et d’airs d’opéra, qui a brillamment servi la cause du negro spiritual sur toutes les grandes scènes. Son exemple sera suivi par Roland Hayes, Elabelle Davis et Dorothy Maynor dont le chant, rompu aux techniques de l’opéra, est ici documenté par des exemples significatifs, le titre de personnage le plus médiatique revenant bien sûr à Paul Robinson. Dotée d’un livret passionnant qui fait le point sur la question avec beaucoup de pertinence, cette réalisation est d’un intérêt historique incontestable. Elle est donc indispensable à qui souhaite s’intéresser à l’histoire du peuple noir américain. » Alain TOMAS – JAZZMAN. Ce disque a reçu la distinction * * * Jazzman




* * * * * Blues & Co

« … Le livret d’accompagnement avec des photos, rares pour la plupart, un texte historico-documentaire dû à François-Xavier Moulé. La musique est grandiose, les chants particulièrement émouvants et beaux. Coffret d’une qualité exceptionnelle et sublime ... » BLUES & CO. Ce disque a reçu la distinction * * * * * Blues & Co


« … Le livret d’accompagnement avec des photos, rares pour la plupart, un texte historico-documentaire dû à François-Xavier Moulé. La musique est grandiose, les chants particulièrement émouvants et beaux. Coffret d’une qualité exceptionnelle et sublime, car sous les cieux des Etats-Unis, être noirs et chrétiens, cela peut donner des artistes (inconnus), mais combien talentueux, et riches d’une expérience. Comme nous l’avons dit bien souvent, la musique sacrée des noirs-américains, complètement ignorée des (pseudo-penseurs-corrects) est d’une richesse musicale et spirituelle d’une ampleur insoupçonnable. Difficile pour l’amateur de ne pas acquérir ce trésor artistique, où l’on retrouve les premiers enregistrements du genre. Cinq étoiles. » BLUES & CO. Ce disque a reçu la distinction * * * * * Blues & Co




"Issus de la fusion créative d’éléments musicaux venant de diverses cultures" par Jazz Magazine

« Les Spirituals sont nés pendant l’esclavage, œuvre collective anonyme de chrétiens tâchant de donner sens au monde dans lequel ils étaient contraints de vivre, de retrouver les chemins de l’espoir, d’un espoir qui permettrait de changer ou de s’échapper de cet univers unique. Témoignage de la créolité qui prend forme en Amérique du Nord à la fin du 18 ème siècle et au début du 19 ème, les Spirituals sont issus de la fusion créative d’éléments musicaux venant de diverses cultures européennes et africaines, la plupart déjà métissées dans les innovations culturelles profanes qui ont précédé l’évangélisation des esclaves ... » Denis-Constant MARTIN – JAZZ MAGAZINE


« Les Spirituals sont nés pendant l’esclavage, œuvre collective anonyme de chrétiens tâchant de donner sens au monde dans lequel ils étaient contraints de vivre, de retrouver les chemins de l’espoir, d’un espoir qui permettrait de changer ou de s’échapper de cet univers unique. Témoignage de la créolité qui prend forme en Amérique du Nord à la fin du 18 ème siècle et au début du 19 ème, les Spirituals sont issus de la fusion créative d’éléments musicaux venant de diverses cultures européennes et africaines, la plupart déjà métissées dans les innovations culturelles profanes qui ont précédé l’évangélisation des esclaves. Mentionnés au début du 19 ème siècle, ils ne commencent à être systématiquement collectés qu’à la fin de la guerre de Sécession. La transcription et la publication de ce répertoire, jusque là transmis oralement, vont assurer sa préservation et sa survie jusqu’à nos jours. Elles vont aussi entraîner sa transformation. Pour autant qu’on puisse le savoir, ce chants spirituels étaient interprétés collectivement, sous forme de polyphonies sans parties dévolues à différents registres, avec de multiples ornementations, ce qui les rendait étranges aux oreilles de ceux-là mêmes qu’ils fascinaient. Les Spirituals consignés par des Blancs venus du Nord, connaissant la musique mais en tant qu’instrumentalistes amateurs pour la plupart, le sont donc sous forme de monodies réduites à ce qui semble être la ligne mélodique de base. Dans les églises populaires, les chants issus de l’esclavage laisseront place à des créations plus modernes, mais le style polyphonique ancien continuera à être pratiqué. Rarement enregistré, il faudra attendre Bernice Johnson-Reagon et Sweet Honey in the Rocks pour qu’il sorte des petits temples. En revanche, dans les chorales qui diffuseront les Spirituals hors des communautés afro-américaines, les Fisk University Jubilee Singers et celles qui les suivront, c’est à partir de ces monodies notées que seront construites des harmonisations, à quatre parties le plus souvent. C’est alors qu’apparaît ce qu’on peut considérer comme la "tradition de concert" des Spirituals. Son importance ne saurait être sous-estimée, non seulement parce qu’elle a permis de faire connaître dans le monde entier la force créatrice des anciens esclaves afro-américains, mais surtout parce qu’elle a inventé des formes dans lesquelles se couleront les compositeurs et les interprètes de gospel. La "rationalisation" des mélodies selon l’harmonie tonale occidentale, l’assagissement, la régularisation des rythmes, l’organisation des voix en quatre parties seront en effet reprises par les premiers quartettes vocaux consacrés au chant religieux (parfois composés à partir des chorales universitaires). Lorsqu’apparaîtra le gospel moderne, la fougue et la mémoire des styles des anciens réinvestiront le chant évangélique, souvent portés par des interprètes pentecôtistes ou sanctifiés, les caractéristiques de la tradition de concert ne disparaîtront pas mais seront fondues dans les nouveaux styles. C’est ce mélange d’un nouveau genre qui constituera l’essentiel du gospel enregistré à partir des années 1930. les formes concertantes poursuivront leur chemin, par ailleurs, avec les chorales universitaires, avec des grands cœurs d’églises orthodoxes, baptistes et méthodistes surtout, avec des solistes prestigieux. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, si les gospel singers qui nous visitent chantent à l’occasion quelques Spirituals dans un style moderne, nous les connaissons surtout par les disques qu’en ont faits Jessie Norman, Barbara Hendricks, Simon Estes ou Derek Lee Ragin. Ce coffret (…) permet d’entendre des chorales (notamment les Fisk University Jubilee Singers enregistrés en 1909) dont certaines illustrent précisément l’interaction avec les quartettes de gospel. Il rappelle quelles splendides voix opératique ont servi ce répertoire, celles de Marian Anderson et Roland Hayes, à qui l’on peut rattacher, en dépit d’une carrière sensiblement différente, Paul Robeson. Il en fait découvrir d’autres, ampoulées ou sensibles, fréquemment émouvantes comme celles de Elabelle Davis et de Dorothy Manor. Ce coffret s’ouvre sur l’œuvre qui représente sans doute la perfection formelle et la puissance émotive des plus grandes : Deep River enregistré en 1938 par Marian Anderson avec Kosti Vehanen au piano, dans l’arrangement de H. T. Burleigh ; mais, en près de deux heures, il ne cesse de montrer comment la volonté de clamer la dignité d’hommes et de femmes martyrisés, humiliés, s’est exprimée en utilisant tous les moyens expressifs qu’ils ne pouvaient trouver à leur disposition : les hymnes protestants et les mémoires des musiques africaines, le génie créatif qui les féconda, la mise en forme occidentale d’innovations créoles, la réinsertion dans les langages afro-américains constamment renouvelés. La tradition de concert, n’est nullement aberration, elle ne témoigne donc d’aucune aliénation, elle fut un moyen parmi d’autres de chanter l’humanité, et il est heureux que ces deux disques nous le redonnent à entendre. » Denis-Constant MARTIN – JAZZ MAGAZINE




"Minutieux travail de compilation" par Soul Bag

« (…) Nous avons en effet un échantillon de chants, certes tirés du répertoire religieux traditionnel des Noirs des Etats-Unis, mais retravaillés dans le style des mélodies classiques européennes et même du bel canto italien, ceci surtout chez les vocalistes s’exprimant en solo avec accompagnement de piano. Ceci posé, on se doit de saluer le minutieux travail de compilation effectué par François-Xavier Moulé qui signe une impeccable brochure en accompagnement de ce coffret. ... » Jacques DEMETRE – SOUL BAG


« (…) Nous avons en effet un échantillon de chants, certes tirés du répertoire religieux traditionnel des Noirs des Etats-Unis, mais retravaillés dans le style des mélodies classiques européennes et même du bel canto italien, ceci surtout chez les vocalistes s’exprimant en solo avec accompagnement de piano. Ceci posé, on se doit de saluer le minutieux travail de compilation effectué par François-Xavier Moulé qui signe une impeccable brochure en accompagnement de ce coffret. Au surplus, il faut bien admettre que ce genre de spirituals est pratiqué par des artistes noirs, fiers de l’être, et qu’il répond, depuis plus d’un siècle, à l’aspiration de certaines couches de la population afro-américaine accéder à un statut culturel reconnu par les Blancs, tout en essayant de rester fidèles à leurs racines. C’est pourquoi, bien que cet album ne réponde pas entièrement à notre attente, nous ne pouvons pas l’écarter d’une simple chiquenaude, d’autant plus que certains morceaux entonnés par les solistes occupant tout le premier disque sont intrinsèquement très beaux (Deep River par Marian Anderson, Go Down Moses par John Payne, Sometimes I Feel Like A Motherless Child et Ezekiel Saw The Wheel par Paul Robeson, etc). Mais il manque évidemment cette étincelle rythmique et ce souffle émotionnel qui caractérisent la musique noire authentique. Il n’est que de comparer les deux versions, sur des paroles similaires, du Lit’l Boy de Roland Hayes (ici présent) et du fameux Little Boy du Révérend Kelsey. Néanmoins, quand on passe à l’audition du second disque, consacré à des chorales et à des quartettes, on s’aperçoit que l’écart entre les deux formes, l’une populaire et l’autre « savante », tend à diminuer, sachant par ailleurs que sept de ces groupements (sur douze) sont répertoriés dans le Blues & Gospel Records, 1902-1943 de Dixon et Godrich. C’est ainsi que j’ai assez aimé certaines des plages de ce second disque, dans la mesure où elles font entendre des harmonies et des structures rythmiques proche de style "jubilee" à l’honneur à cette époque parmi les Noirs. Telles sont par exemple Pickin’ On The Harp With De Golden Strings par les Elkins-Paynes Jubilee Singers, Little David par les Fisk University Jubilee Singers (qui remonte à 1909), Hallelujah par le Rust College Quartet, Mary Don’t You Weep par les Utica Jubilee Singers et Religion Is A Fortune par le Hall Johnson Negro Choir (dans cette dernière prestation, le soliste utilise des contours mélodiques proches du blues et analogues au célèbre Shoes Shiner’s Drag de Lionel Hampton). Par moments, l’ambiance est même proche de ce qu’on peut entendre dans le recueil "Gospel Quartets" élaboré par Jean Buzelin pour Frémeaux & Associés (voir S.B. N° 138). Enfin, un autre mérite de ce compact sera peut-être de contribuer à amener les amateurs de musique classique à accorder une oreille attentive à la musique que nous aimons ici. » Jacques DEMETRE – SOUL BAG