LA GRANDE GUERRE Vol1

ANTHOLOGIE 1914-1918

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Livret : 60 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA171

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Coffret 3 CD avec livret 60 pages.

Pour la première fois, des documents sonores d’époque sont mis en perspective avec des témoignages de poilus. C’est une trajectoire sur plus d’un siècle que des photos - souvent inédites - viennent compléter.
Trois CD pour un inventaire de l’abîme, de blessures encore visibles, de souffrances difficiles à cicatriser, de millions de morts et de tonnes de métaux déversés au nom de ”l’effort de guerre”, machine infernale.
Trois CD qui témoignent de la fin d’un monde, de la perte d’une innocence. Quarante enregistrements anciens dont des inédits : La destruction de la cathédrale de Reims (C.D.1 n° 9), un poilu “capté” en 1918 ou 1919 (C.D.2 n° 3) et la bande sonore du film d’actualité Gaumont Le tombeau du Soldat Inconnu (C.D.2 n° 11, un enregistrement électrique rarissime précurseur de ce type de prise de son, qui ne se répand ensuite qu’après 1925).
Tous ces disques et cylindres rapportent non seulement une actualité mais aussi tentent de faire comprendre comment un élan cocardier, né de la défaite de 1871, s’est mué en certitude de victoires.
Tout le CD3 est consacré à des témoignages. Le premier est un inédit sur l’assassinat de “l’Apôtre de la Paix”, Jean Jaurès, par le garçon du restaurant qui a servi à la fois Villain, l’assassin, et Jaurès, la victime, à la veille de la mobilisation générale. Les autres, inédits eux aussi, racontent le quotidien terrible de la guerre, premier conflit le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.
Ils font sentir combien cette “der des ders” n’était en fait que le prélude du XXe siècle. Ces disques sont comme “la somme” d’une époque non au service d’une vague nostalgie mais à celui de la mémoire pour demain.
Jean Yves Patte

Production : Frémeaux & Associés (Notre mémoire collective - le patrimoine sonore à ecouter) en partenariat avec Radio France, l'Historial de la Grande Guerre, Paroles Images et Sons.

Droits : Groupe Frémeaux Colombini en accord avec Paroles Images et Sons.

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LA GRANDE GUERRE 1914-1918 FA 171

LA GRANDE GUERRE
1914-1918  










LE TEMPS DE LA GUERRE
1914-1918

«Des guerres, il n’y en aura plus
Merci, vaillant Poilu !»

chante allègrement Marcelly, de la Gaîté Rochechouart, après le défilé de la Victoire sur les Champs-Elysées, le 14 juillet 1919 (Marche des Hommes bleus, V. Scotto C.D. 2, n° 6). C’est l’espérance de tous. La «der des der» n’avait-elle pas cessé le 11 novembre 1918? C’était une chose sur laquelle il ne fallait plus revenir. Sinon, à quoi bon ces combats, ces millions de morts en Europe, toutes ces destructions ? Et puis la guerre était une affaire réglée de toute part. C’était une vaste entreprise qui non seulement devait restituer à la France l’Alsace et la Lorraine perdues durant le conflit de 1870-71, laver l’affront de la proclamation de l’Empire Germanique dans la Galerie des Glaces de Versailles - haut lieu historique de la grandeur de la France -, mais surtout rétablir les équilibres économiques que l’Allemagne prospère menaçait de rompre… au détriment des anciennes puissances, de la France bien sûr, de la Grande Bretagne et de la Russie qui, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, tentait d’opérer l’un des plus importants changements économiques et sociaux de son histoire. Mais tout ce qu’elle devait restaurer ou confirmer, tout ce qui trouvait son expression la plus juste - et en même temps la plus trompeuse et la plus dangereuse - dans le mot de «Belle Époque», la guerre l’a abattu. Cette vaste «expérience» de règlement militaire d’une situation instable s’est soldée par la plus formidable mutation du XXe siècle, dont l’inexorable seconde guerre mondiale et son cortège d’abominations est, hélas!, la fille maudite. Le XXe siècle naît, non dans le sang de la vie, mais dans celui des morts, signe dont il reste marqué et dont l’humanité entière reste stupéfiée, comme devant la perte d’une innocence, hébétée d’effroi.
Jean-Yves Patte

Phonographie
Pourquoi une telle phonographie qui comprend des titres qui courent depuis la fin du XIXe s. pour continuer jusque dans les années 1920 ? C’est que cette période forme un tout. Le temps de la guerre. Celui de la monté en puissance de l’idée de la guerre, son déchaînement et ses lendemains… C’est encore parce que nombre des titres anciens - tels Le Clairon, La Charge de l’Armée Française, Les Souhaits à la France… - ont connus de nouveaux pressages juste avant, et même pendant, le conflit. Sorte d’encouragement, manière de participation… et c’est aussi que les chansons des lendemains, après l’ivresse de la Victoire, sont empreintes d’un trouble indicible qui est la marque des Années Folles. Années d’enivrement sauvage presque, sur fond de crises économiques et de nouvelle course aux armes. L’ensemble de cette période est comme un souffle : il monte, croît en puissance terrible et s’achève dans un sanglot, sinon dans un râle, et ne se reprend guère que haché.Les disques et cylindres présentés ici accompagnent une page de l’histoire. Par essence populaires - encore que leur prix relativement élevé à l’époque les réserve à une clientèle aisée - ils reflètent les certitudes de la majeure partie de l’opinion. Celle souvent assez conservatrice et favorable, in fine, au développement des tensions de guerre. Mais ils cachent aussi les enjeux, indévoilables par cette voie, des industriels et des politiques. Ils sont quotidiens, comme tous ceux et toutes celles qui vont, le 3 août 1914, entrer en guerre. Ils clament les certitudes d’une nation forte de son bon droit, sûre de son armée, fière de ses canons, de ses fusils Lebel, sûre des nouvelles armes secrètes, comme les gaz asphyxiants qui, à en croire les actualités de l’époque, seraient capable de discerner les poumons allemands des poumons français. L’ennui c’est que les gaz de «ceux d’en face» ont exactement les vertus inverses… Et puis, il y a les Anglais avec leur formidable force navale et leurs troupes prêtes à intervenir, et il y a la Russie, immense, qui est presque une sœur, la générosité de la réponse aux «emprunts russes» le prouve assez. Alors que pourra donc faire cette Allemagne, qui se croit si forte qu’elle pense déjà défiler sous les étendards de la victoire (Mit Paradeflaggen, C.D. 1, n° 2) et, à ses côtés, l’Autriche qui espère s’offrir un nouveau triomphe et sortir consolidée ? Eh bien ! la même chose assurément : vaincre, et dominer l’Europe comme elle le fait avec habileté et détermination depuis Bismarck…

De part et d’autre les enjeux sont simples et le phonographe, perroquet du monde, redit ce qu’on lui enseigne. Mais que d’oublis aussi. Personne n’entend gémir la Belgique, et personne n’entend les échos des affrontements des Dardanelles, des combats de Salonique… C’est la «guerre oubliée», celle de l’Orient, du destin de la Turquie, de la Grèce, des Balkans, qui resteront une poudrière… Qui entend monter la révolution russe ? Et qui entend les cris des Poilus ? Personne, «Dame Anastasie», la censure, veille. Et bientôt l’arrière est coupée du Front. Torture morale qui s’ajoute aux autres : celle de l’incompréhension, du sentiment d’être piégé. Asservi le phonographe se tait. Il fait silence sur les misère, sur les découragements. Il ne retrouve sa voix que rarement. Au début de 1917, avec une polka pour piston, Après la Guerre (non présentée ici) pour rassurer sans doute, pour se persuader que tous ces déluges de feu prendront bien fin un jour. Et la même année, il chante pour instiller la haine des «Germains»(L’Homme Rouge, l’Orgie, C.D.1, nos 10 et 15) dont les socialistes et pacifistes tentent de rappeler qu’ils sont cousins, camarades… échos vite couverts, au même titre que les «mutineries». Enfin les cornets peuvent de nouveau s’époumoner. Les Américains s’engagent aves les Alliés. Bientôt, c’est la Victoire. L’euphorie et l’ivresse, le grandiose sont ensillonnés. Partout le même cri. Celui du soulagement. Puis, le 12 octobre 1919, la censure est levée, en même temps que l’état de siège. Une vague de musiques nostalgiques envahit les plateaux de phonos. Non de ces nostalgiques complaintes d’amours déçues, mais de celles qui racontent des douleurs, et la pire sans doute, celle de se retrouver seule, de pleurer des amours entrevues (Les Violettes, C.D. 2, n° 13) ou de renouer les fils brisés du temps et des espoirs (M’amour sèche tes larmes, C.D. 2, n° 14), de renoncer à sa jeunesse… (Ceux de 14, C.D. 2, n° 20). Il reste alors à témoigner. Dès 1926, le phonographe le fait. C’est la guerre racontée aux enfants, histoire un peu convenue, très héroïque. Puis ces mêmes papas, une fois devenus grands-pères, se confient, encore. Leurs souvenirs n’ont rien perdu de leur acuité, mais comme tenus par une urgence, celle de transmettre, ils parlent, avec pudeur, mais sans détour. C’est tout le C.D. 3 qui leur est consacré. Pas de faux semblants, plus d’eu­phorie, ni de croyance absolue en «la der des der». Des mots précis et nets, sobres : vrais enfin.

Introduction
The First World War reached its conclusion on 11th November 1918.  There was to be no other - at least that was the hope of all.  Otherwise what was the purpose of the terrible toll of those who fought in it ?Its intentions had been fulfilled.  France had recovered Alsace and Lorraine, previously lost in the conflict of 1870-71, the peace settlement had been drawn up in Versaille's Hall of Mirrors and the economic equilibrium, hitherto threatened by Germany's strength, had been re-established.  But the twentieth century had been irrevocably modified, the 'Belle Epoque' had vanished for good and the crisis bore an accursed offspring, the Second World War.The recordings cover the period from the end of the XIXth century to the twenties.  We find the growing conception of war, the active phase then the aftermath.  The discs and cylinders presented in this anthology reveal a page of history as related by the people but which conceal the interests of the industrialists and politicians.  They proclaim the force of a nation, the pride in its weaponry, the confidence in its new secret arms such as poison gas which discriminated against German lungs, England's obliging troops and mighty fleet and the immensity of Russia, almost like a sister to France.Yet so much was omitted.  Who heard the cries from Belgium, the Dardanelles or Salonika ?  Who heard the uprising in Russia ?  Who heard the suffering of the French soldiers ?  Nobody.  Censorship had stepped in.  With no news from the front, incomprehension and discouragement prevailed and the voice of the phonograph was rarely heard.  It recovered its voice with the arrival of the Americans ;  euphoria mingled with relief.Censorship was lifted on 12th October 1919 accompanied by a wave of nostalgic airs.  Songs related pain, loneliness, fleeting romance and lost youth.   Later came the moment to bear witness.  The heroism was related to children.  Then fathers became grandfathers and it was time to pass down their experience.  There is no pretence, no more euphoria nor absolute belief in this 'great war'.  The words are clear, precise and true.


LE TEMPS DE LA GUERRE

1914-1918
CD 1
1/ Le Clairon (André - Paul Déroulède) (écrit en 1872)
Chanté par Henri Albers -Pathé Saphir N°4779 / 48801 - (Paris, 1911)Après le «désastre de Sedan», du 30 août au 2 septembre 1870, après que Napoléon III eut été fait prisonnier, puis déposé et conduit en exil, après encore que la République fut proclamée, la France doit panser ses blessures. Elles sont surtout de l’ordre de l’honneur national : l’Alsace et la Lorraine sont perdues. Même si la France veut vivre en Paix, elle ne peut vivre dans la quiétude. Tout un répertoire nostalgique rappelle le souvenir des provinces perdues [«C’est un oiseau qui vient de France» chante une jeune lorraine voyant passer une hirondelle que la sentinelle ennemie ne va pas tarder à tuer malgré les exhortations «Sentinelle ne tirez pas !»…] Un fort courant populaire nationaliste se développe. Bientôt la vogue des Tourlourous et autres joyeux Pioupious chantants du Caf’ Conc, comme Ouvrard père et l’irrésistible Polin, laissent entrevoir que l’armée française est puissante et «qu’on les aura» ! La montée en flèche du général Boulanger - avant sa chute retentissante et son pathétique suicide sur la tombe de sa maîtresse - exalte un sentiment national et revanchard que les républicains modérés, alors au pouvoir - et en prise au scandale de Panama et à la cruelle affaire Dreyfus - ne veulent laisser s’étendre.«Les Chants du Soldat» publiés par Déroulède en 1872, au lendemain de la guerre contre la Prusse et surtout au lendemain de la Commune de Paris, prônent un retour aux valeurs fondamentales de la France. En première ligne est avancé le patriotisme. Le Clairon, aux farouches accents - il est vrai un peu compassés - enflamme bien des esprits et jusqu’à la montée de la guerre de 1914, il sera souvent repris comme un exemple de bravoure et de sacrifice à la Patrie teinté d’absolu, cet absolu qui bientôt conduira tant de soldats sur «les Champs d’Honneur».

Following the Battle of Sedan in 1870 which resulted in Napoléon III’s surrender and exile, France was left to dress its many wounds. Alsace and Lorraine had been lost, a certain nostalgia for these provinces reigned and the nationalist movement was developing along with marked patriotism and revanchism. «Le Clairon» with its fierce undertones, stirred many a soul right up to the war in 1914 and was often used as an example of bravery and sacrifice.



2/ Mit Paradeflaggen (Sous les Etendarts de Parade) (Blankenburg)
Berolina Orchester - Disque Berolina n° 807 - (Berlin, 6 septembre 1913)Depuis la victoire de Sadowa en 1866, la domination de l’Autriche est réduite et l’Allemagne qui, sous haute influence prussienne, caresse depuis la fin du XVIIe siècle le rêve de devenir une grande puissance, accède enfin à ce souhait. Grâce au génie stratégique de Bismarck, le roi de Prusse Guillaume Ier peut enfin instaurer l’Empire. Cette proclamation, faite à Versailles le 18 janvier 1871, est un camouflet pour la France.Rien toutefois ne semble s’opposer à l’accroissement de l’Empire. Bientôt sa puissance économique inquiète ses voisins. La France, malgré ses crises sociales et politiques, s’avance sur la voie du progrès, et l’Autriche, qui piétine dans l’interminable fin de règne de François-Joseph, se rigidifie dans un conservatisme aveugle. De partout montent des rumeurs de guerre. Par elle, l’Allemagne veut asseoir sa domination, l’Autriche veut en finir avec le conservatisme et ses blocages politiques, la France et les puissances occidentales - l’Angleterre surtout - veulent stopper les avancées allemandes tant dans le domaine économique que diplomatique. Les liens que les empereurs tissent avec la Porte (la Turquie) inquiètent les partisans de la Paix… Toutefois la course aux armements est une évidence qui tourmente nombre de pacifistes, et les Socialistes, sous la houlette de Jaurès - qui sera assassiné la veille de la mobilisation* -, cherchent à éviter une guerre que tout annonce fratricide** et dénoncent les enjeux économiques sous-jacents qui méprisent les intérêts des peuples. Toutefois un climat invraisemblablement léger laisse croire que par bien des aspects, la guerre à venir sera «une promenade de santé»… Il ne manque qu’une excuse, qu’un prétexte pour déclencher le conflit.
*Cf C.D. 3 l’Assassinat de Jaurès - n° 1 -
**Cf. «Anthologie Sonore du Socialisme». Frémeaux et Associés : FA 158.


After the Austrian defeat in Sadowa in 1866, its dominance was undermined in Germany.  Due to Bismarck»s strategic genius, William I of Prussia received the imperial crown.  The Empire’s economical growth was worrying for the neighbouring countries and its relationship with the Sublime Porte was concerning for the pacifists.  The general climate was nevertheless one of insouciance.  The war to come would be ‘a healthy stroll’.  A mere excuse was needed to trigger it off.


3/ Peuple chante (Vercolier)
Chanté par Bérard [de l’Eldorado] - Pathé Saphir 3959 / 2509 / 84687 ER (Paris, mars 1912). La IIIème République est donc volontiers cocardière. Et s’il lui manque l’Alsace et la Lorraine, elle propose néanmoins de nouvelles terres d’expansion Outre-mer. L’opinion, d’abord assez timorée et peu encline à tenter cette aventure, se laisse bercer par des rêves coloniaux qu’entretiennent, puis développent formidablement, les expositions rutilantes des arts et des richesses «exotiques». Le sentiment d’une nouvelle force s’instaure lentement, d’autant que le niveau de bien être économique s’accroît sensiblement, c’est «La Belle Époque». Ce sentiment est lentement transformé en certitude, et bientôt un ennemi commun à toutes les couches de la population est désigné : l’Allemagne et son ivresse de toute puissance, «sa barbarie», son «orgueilleux aveuglement». Ce patriotisme cynique et démagogique permet la montée en puissance d’un vif désir de vengeance et recouvre les réels buts politiques et économiques de ces manœuvres. Un climat d’exaltation patriotique se développe et l’idée du sacrifice pour le bien de la Nation, issu de la rhétorique révolutionnaire perçue comme un des piliers de la République, le fameux «vivre libre ou mourir» de 1792, trouve une nouvelle force. S’il le faut, chacun est prêt. Un formidable élan triomphe des réticences, le mythe de l’invincibilité do­mine. On ira «A Berlin» en quinze jours, un mois, trois mois tout au plus. De la même manière qu’à Berlin, on assure qu’on ira «Nach Paris» en quelques enjambées…

The Third Republic proved to be chauvinistic, strengthened by the economic comfort of ‘La Belle Epoque’.  Hunger for revenge was growing as was the revolutionary acceptance of sacrifice for the nation.  The common enemy was designated : Germany.


4/ Habsburg March
Band - Cylindre Edison n°32 (1901)
Le 28 juin 1914, l’Archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire Austro-Hongrois, est assassiné à Sarajevo. La nouvelle consterne la cour d’Autriche mais surtout frappe le monde. Cet attentat permet le déclenchement des hostilités. Le 28 juillet, l’Autriche déclare la guerre à la Serbie puis, le 1er août, à la Russie. Le 3 août la France déclare la guerre à son tour à l’Allemagne. Elle est suivie le 4 par la Grande Bretagne et le 23 par le Japon. L’Autriche ignore encore qu’en 1918 c’en sera fini de l’ancienne maison des Habsburg qui règne depuis le XIIIe siècle.

On 28th June 1914 the Archduke Francis Ferdinand, heir to the Austro-Hungarian throne, was assassinated in Sarajevo, detonating general hostility.  A month later, Austria declared war on Serbia then on Russia on 1st August.  On 3rd August France declared war on Germany and Britain was brought in on 4th then Japan on 23rd .  Little did Austria know that the prominent Habsburg dynasty was to end in 1918.



5/ Bells of London March
H(er).M(ajesty). Band - Cylindre Edison Blue Amberol  23096 (Londres, 1914 ou 1915 ?) Les membres de «l’Entente cordiale» - alliance France, Russie et Grande Bretagne - décidés à ne pas signer de Paix séparée (Pacte de Londres 4 septembre 1914) s’engagent dans le conflit. La France essuie les premiers assauts sur son sol et l’Angleterre se résout à entrer en guerre lorsque l’Allemagne a envahi la Belgique restée neutre. Les Anglais doivent, grâce à la suprématie de leur flotte, assurer le blocus et empêcher toute sortie des forces allemandes - que la «guerre sous-marine à outrance» décrétée par Guillaume II en 1915 tentera de rompre. Bientôt l’Angleterre connaîtra quelques raids et bombardements aériens. Les silencieux, mais lourds à manœuvrer Zeppelins, sillonnent le ciel et souvent ter­minent nuées incendiaires apocalyptiques. Dans le Nord, dans la Somme,  les troupes anglaises - et nombre de renforts venus des quatre coins de son Empire - sont engagées aux côtés des Français et tentent de contenir la poussée des allemands que Guillaume II, s’appuyant sur le «plan Schlieffen», veut brutale et rapide. Une «course vers la mer» sans obstacle ou presque lui permettrait d’obtenir une prompte reddition française et de reprendre l’offensive contre la Russie. Mais l’enlisement des combats dans la Marne contrarie ces plans…

The Entente Powers uniting France, Russia and Britain were now truly involved in the conflict.  Due to the size of its fleet, the British naval force blockaded Germany, but England was to soon suffer aerial bombardment by the silent Zeppelins.  The British troops assisted the French in the Battle of the Somme - a frontal assault on the Germans who were pursuing the Schlieffen Plan.


6/ Quand Madelon (C.Robert - L. Bousquet)
Chanté par Delayrac, avec les Chœurs de l’Opéra - Perfectaphone à Saphir N°1481 / SP 9003 (Paris, 1919)Une boutade assurait à la fin de la guerre que sans la Madelon, rien n’aurait été pareil. Il est vrai que la Madelon est l’héroïne - et ce depuis bien avant 1914 - de nombreux refrains de régiments. Mais soudain, cette héroïne devient nationale. Elle est l’incarnation de l’esprit français et devient une sorte d’égérie des Poilus. Si cette affirmation est un peu simpliste, elle recèle toutefois une part de vérité, car ce refrain patriotique a souvent été le vecteur de bien des rancœurs et des espoirs. Lancé à la fin de 1914, dans l’euphorique certitude d’une guerre éclair, elle a fait passer comme un mauvais songe le souvenir des manifestions «contre la guerre» du 27 juillet 1914, la mobilisation et les inquiétudes d’un conflit que déjà à la fin de l’année on trouve trop long et beaucoup trop endeuillé. A la fin de la guerre, une nouvelle composition, la Madelon de la Victoire*, lui fera écho, et son auteur se verra décoré de la Légion d’honneur, au Grand dam des amis de Robert et Bousquet qui pensaient que leur première version avait été décisive et qu’à elle seule - ou presque - revenait l’honneur d’avoir «soutenu le moral des troupes».
* C.D. 2, n° 2.

Madelon became the national heroine, representative of the hopes and bitterness of the people who were already finding the war too long.  The song helped maintain the population’s flagging morale.


7/ Charge de l’Armée Française
Orchestre Pathé Frères [Avec appels et sonneries réglementaires] - Pathé Saphir 8047 / 2910 / 14777 BC. (Plein air ? 1902)
Quelle est la portée exacte de cet enregistrement? A-t-il été conçu dès l’origine comme une sorte «d’image sonore» - valorisante - de l’Armée Française? D’autant que ce type de disque n’est pas isolé, même s’il reste sans doute le meilleur du genre. Zonophone propose - à la même époque - une version de l’Armée française en Campagne et Gramophone offre plusieurs titres, comme Qui vive, gravés dans un esprit proche.... A moins que ces disques aient été destinés à animer les auditeurs d’une rage guerrière, d’un de ces «nobles sentiments» que la vaillance républicaine réclame. Quoiqu’il en soit cette évocation de combats - enregistrée en plein air (à Chatou ?) ou dans une vaste salle vide - rap­porte un peu des méthodes des charges du commencement des premières campagnes. L’ancien esprit de l’École Supérieure de Guerre y domine : «offensive à tout prix», offensive bruyante et voyante qui ne sera guère «en phase» avec les tactiques de la «Kriegsakademie», rapide et mou­vante appuyée de l’arrière par une artillerie lourde et sur le terrain renforcée par une artillerie légère. Les Français alors chargent à la baïonnette et engagent des combats au corps à corps… Il apparaît alors cruellement que malgré le sentiment d’une supériorité tactique, les «Empires centraux» sont mieux préparés. Leurs décisions surprennent l’état major français qui tarde à répliquer et se déchire, comme en témoigne la disgrâce de Lanrezac, commandant la 5ème armée, que Joffre a écarté sur des motifs d’opposition personnelle. L’échec du premier plan Joffre bouleverse les conceptions de cette guerre moderne. Mais il a fallu attendre l’enfoncement du front, au nord-ouest, pour commencer à réagir…

Was the purpose of this sound illustration to valorise the French army or was it to stir war-loving rage in those who heard it. The French with their very orthodox fighting strategies were not prepared for the superior tactics of the Central Powers
.


8/ Serrez vos Rangs (A. Bruant)
Chanté par Charlus, avec orchestre - Pathé Saphir 4722 / 37929 R (novembre 1910)Quoique déjà ancienne, car composée avant 1900, cette chanson révèle encore l’état d’esprit de la bravoure française et l’héroïsme de ses soldats. Elle est d’autant plus surprenante parce que née sous la plume de Bruant, plus connu pour ses textes «révoltés» que pour son dévouement à la cause patriotique. Encore que le personnage soit à facettes multiples*. Un tel élan dramatique permet - à lui seul presque - de comprendre pourquoi nombre de soldats sont partis au front dans des charges presque désespérées comme celles de la première bataille de la Marne où Joffre dans son «ordre du jour du 5 septembre 1914» indique : «Une troupe qui ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer». Il ne faut cependant pas oublier que l’effet de bravoure était aussi durement renforcé par le rétablissement des cours martiales, le 6 septembre 1914 : elles punissent de mort toute faiblesse devant les assauts**. Pendant ce temps le Gouvernement se retire à Bordeaux.
* Cf. «Anthologie Sonore du Socialisme». Frémeaux et Associés : FA 158.
** Cf. C.D. 3, N°13


This 1900 song again reveals the French bravery and the heroic aspect of the soldiers.  Heroism which pushed so many towards the first Battle of the Marne, for instance, when Joffre esteemed that, ‘if a troop cannot advance, every soldier must, at what­ever cost, remain on the conquered ground and be killed rather than retreat’.


9/ Le Martyre de la Cathédrale de Reims [Extraits]
Dit par S. Ém. le Cardinal Luçon - Pathé Saphir - Université de Paris ; Musée de la Parole et du Geste - N° 9051 / Matrices AP 719 & 720 (fin 1926 ou début 1927)
Parvenues à Reims puis Soissons, puis Meaux, ayant franchi la Marne, s’approchant dangereusement de Paris, les troupes allemandes doivent subir une contre-attaque franco-anglaise de Joffre et du maréchal French - commandant les armées anglaises - qui les contraint à reculer sur une ligne proche de l’Aisne. Sur le front les troupes sont amenées par tous les véhicules disponibles, dont les plus fameux sont les célèbres «Taxis de la Marne». C’est alors que commence la destruction systématique de Reims et de la cathédrale, emblème d’une région, «âme d’un peuple». Dans le même temps débute la guerre des tranchées sur un front long de près de 700 km. De part et d’autre les soldats creusent d’étroits boyaux : les tranchées. Malgré des coups de main pour tenter de rompre le front - «guerre de rupture» - un feu nourri afin d’affaiblir les positions - «guerre d’usure» -, malgré de dangereuses, meurtrières et presqu’inutiles sorties, la ligne du front ne connaît que peu de mouvement jusqu’en 1918.

«Il est des monuments dans lesquels semblent être incarnées l’âme d’une cité, l’âme d’un peuple. Ils sont les témoins du passé, ils ont été le théâtre des événements tour à tour tristes ou joyeux, dont la trame constitue l’histoire de la nation. Tous les siècles y ont laissé leur marque et les ont imprégnés de leur esprit. Ils représentent les idées, les passions, les hauts faits, les gloires, le génie de la race. La cathédrale de Reims est un de ces monuments. Entre toutes les basiliques dont les hautes nefs, les majestueuses façades, les clochers aériens dominent nos cités, elle est la plus parfaite peut-être par l’unité de son plan, par l’harmonie de ses proportions, par la majesté de son frontispice, par l’élégance de ses tours, par la magnificence de sa décoration. C’est un poème de pierre, qui raconte toute l’histoire religieuse de l’humanité. Elle est la fleur de notre architecture médiévale, un des plus merveilleux chef d’œuvre du génie chrétien. Elle a vu passer à ses pieds, vivre et mourir à l’ombre de ses murs, prier dans ses enceintes successives, toutes les générations de notre ville, depuis quinze cents ans. Ces pierres sont imprégnées de leur souffle et de l’encens de leurs prières. Elles gardent comme un écho de leurs voix, de leurs soupirs et de leurs forces.Ce qui la distingue entre toutes les autres, ce qui en fait le sanctuaire national par excellence, ce sont les grands événements patriotiques et religieux dont elle est le monument : le baptême de Clovis, le Sacre des rois de France, le triomphe de Jeanne d’Arc. Mais, ce qui fait pour nous la gloire de notre cathédrale, c’est ce qui la désignait aux représailles de l’ennemi, et voilà sans doute pourquoi c’est une maison de beauté. Ce Temple illustre de Dieu et de Notre-Dame n’a point trouvé grâce devant eux dans la récente guerre.

Les Allemands occupèrent Reims du 3 au 12 septembre 1914. La victoire de la Marne les obligea à l’évacuer. Ils installèrent alors leurs batteries à Nogent-l’Abbesse, à Berru , à Vitry, à Fresnes, à Brimont, de l’est au nord de la ville, à une distance moyenne de huit à dix kilomètres. Alors commença le long et douloureux martyre de notre cité et de sa cathédrale… Le samedi 19 septembre, vers midi, un premier obus incendiaire, lancé, dit-on, par la batterie de Nogent-l’Abbesse, met le feu à l’échafaudage dont était enveloppé la tour nord alors en réparation. A trois heures, heures de vêpres, c’étaient les vêpres de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, trois autres s’abattent sur les combles. Bientôt toute la charpente est en feu. Les hautes lames de plomb de la toiture disparaissent fondues dans les flammes. Sur les voûtes flamboie un immense incendie au-dessus duquel s’amoncellent, comme des montagnes, d’épais nuages de fumée. A la façade, sous l’action du feu, les pierres se calcinent, les sculptures s’effritent. La statue de Notre-Dame, adossée au trumeau de la porte principale, le couronnement de la Vierge qui en décore le gable, le combat de David et de Goliath, sont pitoyablement dégradés. La moitié de la balustrade du Gloria-nos est précipitée sur le parvis. Plusieurs des statues si admirées du portail gauche sont mutilées ou décapitées ; parmi elles, l’Ange au sourire et la Reine de Sabba. A l’extrémité de la ligne du faîtage s’élevait l’élégant clocher à l’Ange : il s’embrase et flamboie comme une torche, s’incline, s’affaisse et s’abîme dans le brasier des voûtes.»

The German troops were dangerously approaching Paris when they were counter-attacked by the French and English forces, thus making them withdraw to the Aisne.  Reims was destroyed along with its emblematic and magnificent gothic cathedral.  Meanwhile, the trench war began along the front which covered almost 700 km.


10/ L’Homme rouge (Borel-Clerc)
Chanté par Bérard - Pathé Saphir N° 4873 / 1010 BC (fin 1917)
C’est l’histoire d’un homme rendu fou par toutes les destructions, par la mort de sa femme et de ses enfants, par la perte de tout ce qui lui fut cher. Alors, il erre, hagard et, au milieu de son délire, trouve la force d’accuser :
«L’empereur sinistre
Ah ! j’aperçois son glaive
Dans son ample manteau !
Soudain c’est le désordre
Son génie est malfaisant
Il s’en va semant la mort
Arrière bandit !
Mourrez maudit
Regardez-le ce boucher

Voilà l’homme rouge qui passe»


Puis soudain, il l’apostrophe :
Avec «Ta face grimaçante
Tu contemples en riant les ruines fumantes»


Ces chansons, inspirées de l’actualité et pour le moins de circonstance et assez peu diffusées, tentent de restituer le climat d’angoisse et d’incertitude que, malgré tout, le pays ressentait de manière diffuse*.
* Cf. C.D. 3 «A l’arrière», témoignage de Mme Delachambre et M. Grossier. - n° 19 -

This song relates the tale of a man, demented after the loss of his family and all that he treasured.  Songs of this kind were based on the happenings and capture the omnipresence of anguish and incertitude.


11/ Souhaits à la France (Pessard)
Chanté par Nuibo, de l’Opéra, avec Chœurs et orchestre - Pathé saphir 4564 / 2096 / 99681 RA. (Paris, 1911, réédité pour Noël 1914 / janvier 1915)
Alors que les Souhaits à la France avaient été publiés une première fois en 1911 sans véritable succès, la nouvelle édition de la fin de 1914 connaît, attendu la triste actualité, un écho bien plus favorable. Toutefois, les vœux pour «une France libre et prospère» semblent lointains. La guerre s’enlise dans la boue des tranchées et dès la fin de l’automne 1914, malgré les communiqués triomphants de Joffre «La bataille de la Marne s’achève dans une victoire incontestable», les armées en présence sentent combien le mythe de la guerre éclair était un leurre. Si la victoire doit souffler sur un camp ou sur l’autre, c’est désormais non tant dans la vaillance des armées en présence qu’il faut compter, mais dans la venue d’alliés. Pour l’heure, il faut «tenir». C’est dans ce climat que va commencer à s’installer la cruelle politique de diffusion de nouvelles volontiers optimistes destinées à rassurer «les arrières». La censure [Dame Anastasie] coupe les nouvelles, «caviarde», et il n’est pas rare que des paragraphes entiers manquent dans les articles. Parfois des blancs laissés témoignent de cette pratique! A Paris, on veut se distraire, et les poilus qui reviennent du front sont souvent désolés de voir comment est soutenu leur sacrifice. En plus des horreurs du front et de ses combats, s’insinue la douleur de se sentir floués par les «planqués», les «noceurs» qui restent «à l’arrière»…

It was first issued in 1911 with little success but became favoured in 1914 when the sad warfare started.  Hopes for ‘a free and prosperous France’ seemed distant des­pite Joffre’s statements relating the victorious outcome of the Battle of the Marne.  The armies no longer believed the war to be the so-called blitzkrieg. 


12/ Noël des enfants qui n’ont plus de maison (Debussy)
Chanté par Panzéra de l’Opéra Comique Gramophone, 4 32654-1 / P 613 / BP 303 II (2-7-24)
Frappé de stupeur par la destruction aveugle des combats, Claude Debussy compose ce Noël. C’est un long cri, comme une plainte enfantine, destinée à ceux qui ne sont plus des enfants. Il rend bien compte du climat d’incompréhension qui est le cortège de toutes les guerres. Mais c’est aussi un cri de haine «petit Noël n’allez plus jamais chez eux» qui se termine sur un vœux «donnez la victoire aux enfants de France». Toutefois c’est aussi un cri de solidarité, pour les enfants de Pologne, et pour tous les démunis en général. Sauf l’actualité de la pre­mière guerre mondiale, c’est une chanson, une complainte, qui ne connaît pas de limites.

This is a long cry of despair, of hatred and of solidarity for all those in need.


13/ Sous les Gothas (G. Cobb)
Chanté par Dranem de l’Eldorado, avec orchestre - Pathé-saphir N° 4357 / 2554 (1918)Voilà Paris, Paris qui chante et qui remue. Paris qui est secoué par quelques bombardements et qui choisit de rire de ses déboires, de dédramatiser. La véritable horreur est ailleurs, dans un improbable lointain, au front… Sinon Paris est en fête ! Le Cinéma, le Théâtre offrent des spectacles nouveaux et l’on danse et l’on rit. L’on fait des affaires aussi au nom du patriotique «effort de guerre». L’État intervient dans la production et la marche des usines est forcée. La main d’œuvre féminine supplée au manque d’hommes et toute tentative de grève est réprimée au même titre qu’une mutinerie. Les bénéfices sont importants et surtout ils inaugurent un changement en profondeur des bases de la société de la fin du XIXe siècle. La guerre prélude brutalement à tous les bouleversements à venir.

Here we find gay Paris.  The city is shaken by a few bombings but prefers to make light of them.  The festivities continue and the feminine work force compensates the lack of men in factories where strikes are considered as mutiny.  The war is a brutal prelude to all the changes to come.



14/ Les Actualités de la Semaine (Bétove) [extrait]
Improvisées et interprétées par Bétove - Odéon 166 016 / KI 1041-2 (décembre 1926)
Au commencement du cinéma parlant, l’humoriste Bétove fait un retour en arrière sur le cinéma muet. Il s’attarde un peu sur les films d’actualité et parodie le commentaire direct des nouvelles avec accompagnement de piano obligé. Il se souvient alors de la brève annonce du changement d’uniforme. Il est vrai que le costume à pantalon rouge garance «cuisse d’écrevisse» et la veste bleue faisaient des soldats des cibles idéales. Si la tenue «bleu horizon» est rapidement décidée, elle sera toutefois longue à être généralisée.Cf. C.D. 3, nos 5 à 13.

A parody on the project of change of uniform replacing the almost comical red trousers and big-skirted blue coats.


15/ L’Orgie (Calzelli)
Chanté par Bérard de l’Eldorado - Pathé Saphir N°4874 / 1011 C-J. (fin 1917)De même nature que l’Homme rouge*, cette chanson instille la haine du «Boche», et de sa barbarie. C’est un sentiment qui fera long feu…Cf. C.D. 1, n° 10.

Another song of hatred on the barbarity of the Boche.


16/ La Sérénade du Pavé (Delmet)

Chanté par Eugènie Buffet - Cylindre Lioret [1895]
Au milieu des «déluges d’acier», quelques artistes ont eu la généreuse idée de procurer des distractions aux soldats pour les détourner un instant de la rage inhumaine des combats. A l’arrière des lignes, souvent dans des théâtres de fortune, quelques uns se sont produits au péril même de leur vie. Eugènie Buffet, sensible à toutes les misères humaines - comme déjà en 1895 celle des réfugiés de Madagascar - et, d’une inépuisable générosité, est l’une de celle qui a le plus compté pour la création du Théâtre aux Armées. Bientôt venus de tous horizons, les artistes donnent des soirées desquelles ils repartent vers Paris avec souvent une autre vision des horreurs de la guerre que celle chantée par les chansonniers ou diffusées par la presse.

«Moi qui n’ai jamais été mère, je pleurais comme si j’avais eu des fils au front. (…) Sachez que je n’ai jamais refusé mon concours ni sur le front, ni dans les hôpitaux. Ma voix ne m’appartenait plus. J’eus le grand honneur d’aller au front français. (…) A la vue des premières petites tombes, croix alignées de nos chers héros, je ne pus réprimer mes larmes. A Commercy je fus reçue par une délégation d’officiers supérieurs [ils] me conduisirent à Pont-sur-Meuse, à trois kilomètre des lignes. Je n’avais pas peur du tout et me voilà chantant, dans une grande baraque, les plus beaux morceaux de mon répertoire. (…) On me ramena ensuite à Commercy. Je changeai de toilette pour aller chanter à six heures dans la grande halle aux blés qui contenait deux mille soldats. Il y en avait cinq cents qui revenaient, boueux, des tranchées. (…) Oh ! quelle joie de chanter ! Ma voix sortait à flot de cette immense vaisseau. Ce fut un triomphe, et j’ai chanté la Marseillaise reprise ensuite par tous les soldats !…(…) Vraiment, j’aurai donné ma vie ce soir là.»
Félia Litvinne*, Ma Vie, mon Art. 1933.
* Félia Litvinne était cantatrice et avait la double nationalité française et russe. Chanteuse du Tzar, elle était aussi attachée à l’Opéra et l’Opéra Comique de Paris. Elle a chanté sur les fronts français et russe et, ayant en outre des ancêtres canadiens, elle s’est produite à la fin de la guerre pour les soldats canadiens venus en renfort.

In order to distract the soldiers from their misery, several artists risked their lives in performing in makeshift theatres on the front.  When they returned to the capital they often had a different vision of the events compared to that portrayed in the press.



17/ Stars and Stripes Forever March (Sousa)
Sousa’s Band, [sous la direction de John Ph. Sousa ?] - Victor 16777A/16/B141 (New York - Oct. 1910).  Puisque la guerre s’enlise, le seul espoir de dénouer le conflit doit venir d’alliances l’extérieures. Mais les Japonais, intéressés au conflit, se sont retirés rapidement, dès qu’ils eurent récupéré les possessions allemandes du pacifique. L’année 1915 voit l’entrée en guerre de la Bulgarie, aux côtés des Empires centraux, et de l’Italie avec les alliés. Mais ces dernières ne changent guère les données du conflit. En 1916, l’Allemagne déclare encore la guerre au Portugal qui se range aux côtés des alliés. Mais le 19 avril 1916, le torpillage par un sous marin allemand d’un navire français transportant des Américains, menace de rompre les relations diplomatiques entre les États Unis et l’Allemagne. Puis en décembre, les U.S.A. proposent une médiation entre les belligérants. A tous, le président Wilson demande de préciser les buts de la guerre. L’Allemagne refuse de répondre. En février la rupture des relations diplomatiques avec l’Allemagne est entérinée et le 2 avril, les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne…

Other alliances were necessary to break the conflict, but the Japanese retreated ra­pidly.  Bulgaria entered in 1915 siding with the Central Powers and Italy joined the allies followed by Portugal in 1916.  America, incensed by German submarine war­fare, also declared war on Germany in 1917.


18/ Over There
Chanté par Caruso - Victor n° 87294/B22125-2 (11 juillet 1918)
L’opinion américaine se montre d’emblée favorable à cet effort en faveur de la liberté. Le grand ténor Caruso - d’origine italienne - enregistre un hymne guerrier moitié en anglais, moitié en français et encourage «Johnny» à aller «en guerre»…

The tenor Caruso, of Italian origin, sang this hymn of war half in English, half in French, encouraging this fight for freedom.


19/ I May Be Gone For A Long, Long Time (Von Tilzer)

Sung by Perless Quartet - Columbia Graphophone Company A2306 / 77126 (New York - 12 juin 1917)
… du côté des volontaires pour le départ, l’humeur plus nostalgique n’en est pas moins déterminée.

For the departing volunteers.


20/ Le Mois de l’Espérance - chanson russe -
Solo de Balalaïka par B.S. Troyanovsky, avec accompagnement de piano - Zonophone X 68523 III / 4819-I (1905)
L’année 1917 connaît surtout de profonds bouleversements politiques en Russie. Entrée mal préparée dans la guerre, elle voit ses lignes de front rapidement enfoncées par les armées allemandes et la position du Tzar est de plus en plus vivement critiquée. Des manifestations où le drapeau rouge flotte de plus en plus hardiment finissent par pousser Nicolas II à abdiquer le 15 mars 1917, et ouvre la voie à la révolution d’Octobre déclenchée par Lénine. Le 26 novembre une armistice germano-russe est signée et des négociations pour la paix - séparée - sont engagées dès décembre.

1917 saw upheaval in Russia.  The Russian forces were pressed back by the Germans and the Tsar Nicholas II was condemned leading to his abdication in March 1917 making way for the revolution.


C.D. n°2
1/ Lawzy Massy - A Trombon Smear - (Fred. Jewell)
Orchestre Militaire - Pathé Saphir N°2820 / 6297 Barnhouse (Paris, octobre 1918)
En France, le contrecoup de «la crise russe» affecte fortement le moral des soldats. Mais il est encore plus affaibli par l’échec de l’offensive Nivelle. Le désarroi d’inutiles pertes poussent certains régiments à se mutiner. Nivelle est relevé de ses fonctions et remplacé par Pétain, qui tente d’adoucir les conditions de vie des soldats. Aucun document sonore, d’époque bien entendu, ne témoigne ni de la démoralisation ni «des mutineries de 17»… La censure veille. Seules quelques faces parues bien après guerre tentent de témoigner du découragement et de l’horreur de cette année sombre*. Mais l’euphorie déclenchée par l’arrivée des troupes américaines dope «le moral des troupes» sérieusement éprouvé. Ils viennent avec des chars et une énergie nouvelle dont l’effort sera décisif. La première division débarque le 28 juin…Année 1917 encore, que l’histoire de la musique retient aussi pour des raisons qui ne tiennent en rien à la guerre. C’est celle des premiers enregistrements américains de la musique de Jazz, musique que l’Europe découvre alors comme en témoigne ce Lawzy Massy, gravé par un orchestre de soldats américains «blancs» avant leur retour au pays à la fin des hostilités.
* Cf. «Anthologie Sonore du Socialisme». Frémeaux et Associés : FA 158; et témoignages du C.D. 3.

The French morale was low following the Russian withdrawal and the failure of Nivelle’s offensive.  The latter was replaced by Pétain.  The American entry with fresh energy brought euphoria.



2/ La Madelon de la Victoire (Borel-Clerc)
Chantée par Audiffred, du concert Mayol - Pathé-saphir n°4993 / 1853 S.A (Paris, fin 1918 ou début 1919)
En Mars 1918, une nouvelle offensive allemande avait permis aux troupes de gagner 60 km. C’est un naufrage pour les alliés. Paris est bombardée depuis Compiègne par «la Grosse Bertha»… En mai, après le désastre du Chemin des Dames, les allemands sont à 75 kilomètres de la capitale, et entre juin et juillet, les offensives victorieuses sont multipliées. Mais le 18 juillet, Foch, qui avait reçu le commandement unique des troupes alliées, lance une attaque surprise que seule la présence des unités américaines pouvait rendre possible. L’infériorité numérique française est stoppée par la venue de 250 000 hommes nouveaux chaque mois. A ce compte, Foch pense pouvoir remporter la victoire vers 1919 ou 1920… Mais l’offensive générale est plus rapide que prévue. Le 8 août, officieusement, les Allemands reconnaissent leur défaite, leur armée est épuisée. Le front germanique est enfoncée et recule jusque la «ligne Hindenburg». Seule, en octobre, une faible partie du territoire français est encore occupée. La victoire est enfin à portée de la main, se sera pour la onzième heure du onzième jour du onzième mois… elle sera signée dans un wagon transporté dans la clairière de Rethondes, non loin de Compiègne.
Cf. C.D. 3 «Le 11 novembre 1918 sur le front», titre n° 19.

The March 1918 German offensive allowed the troops to advance further.  Paris suffered long-range bombardments by Big Bertha.  On 18th July, however, the Allied supreme commander Foch, reinforced by the American forces, launched a surprise attack.  The enemy was slowly pushed back to the ‘Hindenburg line’ and come October, little French territory remained occupied.  Victory was at hand.


3/ La Madelon de la Victoire
Chantée par le Poilu Émile Périollebois - Cylindre privé. [1918 ou 1919, enregistré en Bourgogne, région de l’Auxois]
«Le délire de la Victoire», volontiers commenté par tous, est avant tout un immense soulagement immédiatement ressenti des deux côtés. Bien sûr la Madelon est aux première loges*... Mais quelle différence d’intensité entre celle très cocardière enregistrée par Audiffred et celle livrée - même très sommairement avec un matériel d’amateur - par Émile Périollebois… Toute la différence est peut-être dans le poids des choses vécues avec une terrible intensité.
Cf. C.D. 3 «Le 11 novembre 1918 sur le front», n° 19.
* C.D. 1, n° 6.


Another version of La Madelon, this time interpreted with the intensity of a French soldier.


4/ La Marseillaise
Chantée par Marthe Chenal, de l’Opéra Comique - Pathé Saphir, N° 52, 2319 bis X DP (Paris, 12/1919)Des centaines de fois, enveloppée dans un vaste drapeau tricolore et coiffée du grand nœud noir alsacien, Marthe Chenal a chanté la Marseillaise. Au front, dans les hôpitaux, dans des concerts de charité. Durant les quatre années de guerre, elle s’est donnée sans compter. C’est encore elle, le 11 novembre 1918, qui a incarné «le jour de gloire» sur les marches de l’Opéra de Paris. Elle est sans doute la plus populaire et la plus célèbre des incarnations de l’hymne français. Une rumeur courait à son sujet : s’il avait fallu rassembler tous ses amants, c’eût été de nouveau la mobilisation générale!

Marthe Chenal was forever present in hospitals, on the front or in charity concerts during the four years of war.  This is not doubt the most celebrated version of the French anthem.



5/ Leur Jour de Gloire [14 juillet 1919] (Théodore Botrel)
Poème dit par l’Auteur - avec restitution d’ambiance musicale des Champs-Elysées - Pathé Saphir N°4309 / 1997 [juillet ? 1919]

Narrated by the poet with the restitution of the musical ambience on the Champs-Elysées.


6/ Marche des Hommes bleus (V. Scotto)
Chanté par Marcelly de la Gaité Rochechouart, avec orchestre - Pathé-saphir  N°5034 / 2933 S.A. (1919).


7/ Pour nos Morts, sonnez Clairons (Th. Botrel)
Dit par Théodore Botrel, avec les Clairons de la Garde Républicaine - Pathé Saphir N°4309 / 1995 [juillet? 1919]
Ce «jour de gloire», emphatique et solennel, dû au «Barde Breton» Théodore Botrel, se présente comme un reportage. Il est accompagné des ronflantes mélodies à la Gloire des Soldats et des émouvantes cérémonies du souvenir qui, publiques ou privées, endeuillent terriblement cette victoire.
En France :
1 393 000 morts
300 000 mutilés
600 000 veuves
700 000 orphelins
11 000 bâtiments publics détruits
350 000 maisons détruites
et… 1 700 000 tués en Allemagne, 740 000 au Royaume-Uni, 460 000 en Italie, 300 000 en Serbie, 44 000 en Belgique, 75 000 aux U.S.A…
De telles pertes n’avaient jamais été enregistrées dans aucun autre conflit.

Presented as a report.  No other conflict had ever witnessed such loss :In France :  1 393 000 killed, 300 000 mutilated, 600 000 widows, 700 000 orphans, 11 000 public buildings destroyed, 350 000 houses destroyed.1 700 000 Germans killed, 740 000 British, 460 000 Italians, 300 000 Serbs, 44 000 Belgians, 75 000 Americans ...



8/ La Sidi Brahim (Porot) Défilé avec clairons
Orchestre militaire (Orchestre Pathé) - Pathé Saphir N°6147 / 6102 (Reprise de 1910)Tandis que les défilés honorifiques se déroulent sur les champs Élysées, un autre moins brillant est conduit un peu à l’écart. C’est celui des bataillons d’Afrique, des Tirailleurs sénégalais… Considérés par beaucoup comme trop peu français - alors que leur sacrifice et leur courage pour une patrie presqu’inconnue a été sans faille - ils n’ont droit qu’à des honneurs discrets.

The participation and courage of the African battalions were hardly recognised.


9/ Victorious Stars (Vargues)
Orchestre symphonique du Gramophone - Gramophone K 634 / 20567b / 230891 M / 5 juin 1919C’est l’Amérique qui triomphe ici. Les étoiles victorieuses sont les leurs. Elles brillent au firmament des alliés et leur course laisse un sillon éblouissant dans le cœur et le souvenir de bien des Français. Et malgré la volonté de croire en «la der des der», on tremble de devoir recommencer...
Cf. C.D. 3 «Saint-Nazaire, port américain», n° 16.

Here, the Americans are triumphant.  Their victorious stars left a warm glow in the hearts of the French.


10/ Soleil de France (Henri Büsser)
Chanté par M. Franz de l’Opéra - Pathé Saphir n° 0287 / 2491 Grun (1920)
Le Soleil de France, assurément généreux, permettra-t-il de se relever des ruines? Les problèmes économiques du retour à la Paix sont énormes et aggravés par le manque de main d’œuvre et les difficultés sociales. Les femmes qui ont acquis quelques droits neufs entendent les conserver, et les soldats démobilisés sont souvent découragés par un avenir qu’il ne comprennent pas, ne pouvant guère rassembler les fils de leur vie hachés par les années de guerre. Les démobilisés ont le sentiment assez juste d’avoir été privés de leurs jeunes années* et l’accablement l’emporte souvent. Il est aussi renforcé par l’impression de ne pouvoir partager leur expérience avec personne, d’être miné par des visions d’horreur, agacé chaque jour par des éloges dithyrambiques et romantiques de «ceux de l’arrière» qui maladroitement clament leur admiration. Mais pour beaucoup ces mots sonnent faux. La sensation d’avoir été floué par les embusqués, les profiteurs, rend la reprise du contact avec la vie quotidienne plus difficile encore. Bientôt, les alarmantes nouvelles de la perte de la domination économique de l’Europe ag­gravent le malaise.
Cf. C.D. 2, n° 20.

Is France sturdy enough to repair the calamities of war ?  The economy is frail, the workforce largely reduced and many demobilised soldiers have been traumatised by the years of combat.


11/ Le tombeau du Soldat Inconnu
M. Paisants - Film Parlant Gaumont, disque n°209, novembre 1920
Il fallait un symbole. Cette idée - assure-t-on - germait depuis 1916. Elle fut reprise après la victoire de 1918. Le choix du corps du Soldat inconnu fut fait le 10 novembre 1920 par le soldat Auguste Thin. Un bouquet de fleurs cueillies sur les champs de bataille désignait le cercueil de celui qui allait être inhumé sous l’arc de triomphe. La cérémonie a eu lieu le même jour que la célébration du cinquantième anniversaire de la République, en présence du cœur de Gambetta placé dans une chapelle ardente…

A symbol was necessary.  The body of the unknown soldier was chosen on 10th November 1920 by the soldier Auguste Thin.  His tomb was interred under the Arc de Triomphe.


12/ Patrie! - «Pauvre Martyr Obscur», air de Rysoor - (Paladilhe)

Chanté par Francisque Delmas - Pathé Saphir 2494 / 1302 (1911)
Hasard ou volonté délibérée? La même année que la cérémonie du Soldat inconnu, un grand nombre de maisons d’éditions phonographiques ont enregistré ou réédité l’air de Rysoor de l’Opéra «Patrie!» composé en 1896. La similitude, le pouvoir évocateur des deux symboles semble être fait pour être relié.


13/ Les Violettes (R. de Buxeuil)
Chanté par René de Buxeuil, avec orchestre sous la direction de L-J. Rousseau - Perfectaphone à saphir n°1786 / 29 1239 (3 octobre 1927)


14/ M’Amour sèche tes Larmes (R. de Buxeuil)
Chanson valse, chantée par Gesky de l’Olympia - Pathé Saphir N° 5052 / 2916 FB (Fin 1919 ou 1920)
Tout un répertoire sentimental se développe au lendemain de la guerre. Certains titres connurent plus de succès que les autres. Les Violettes parlent des amours défuntes et des âmes envolées, M’Amour souligne la perte de la jeunesse, mais la volonté de renouer les fils de l’amour...

The aftermath of war housed a vast repertoire of sentimentality.


La Guerre racontée aux enfants
The war as related to children

Disques pour enfants
Nursery rhyme
Chacun de ces titres dure environ 1 mn, ce sont des disques jouets.


15/ Marche Lorraine
Javo Disque - V 122 / N 8603 (1922)


16/ Aux Armes*
Pymo-disque pour Pygmophone - B 18 / 7002 (6e série; 1926)


17/ Razzia*
Pymo-disque pour Pygmophone - B18 / 6891 (6ème série ; 1926)


18/ Marche de Nuit*
Pymo-disque pour Pygmophone - B 25 / 6731 (8ème série ; 1926)


19/ Joyeux Retour*
Pymo-disque pour Pygmophone - B 24 / 6262 (8ème serie ; 1926)
*Edités sans doute pour le 10e Anniversaire du Chemin des Dames

Nombre de maisons d’édition proposent bientôt des histoires de la guerre. Les unes sont des plus sérieuses, les autres plus cocardières, et quelques-unes encore sont destinées à la jeu­nesse. Dans ce dernier type de publications, c’est toujours Papa qui raconte, en s’appuyant sur des images qui ne montrent pas trop les vraies horreurs des combats. Aussi, dans ce contexte, est-il étonnant de trouver des disques destinés aux enfants? Le jeu de la guerre n’est-il pas un jeu de toujours...

Many publishers were to release stories on the war, some of which were destined for the younger generation, related by the father who carefully omitted the true horror of combat.  It is hardly surprising to find records for children - after all, war games will always exist.


20/ Ceux de 14… (poème de Suzette Desthy)
dit par Radiolo, du Poste Parisien - Pathé PA 221 / CPT 1168 1 (3 mai 1934)
Jean-Yves Patte
© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 1999.

DES TÉMOINS DE LA “GRANDE GUERRE” SE SOUVIENNENT ET RACONTENT
CD 3
Depuis les années cinquante des enseignants mais aussi des enfants et des adolescents, «chasseurs de sons», ont recueilli des témoignages sur des sujets les plus divers en s’adressant aussi bien aux membres de leurs familles, à des voisins qu’à des acteurs prestigieux des progrès de la science, de l’évolution de notre société, de notre Histoire.Avec les jeunes, une communication véritable s’est établie entre les générations, ils n’ont pas reculé devant les questions «naïves» et personnelles, n’ont pas hésité à demander des précisions sur les points restés obscurs. Nombre de témoins ne pouvant résister à la curiosité de leurs interlocuteurs, se sont laissés entraîner et, souvent, ont dévoilé des parts de vérité qui seraient restées masquées face à un adulte. A l’émotion se sont ajoutées quelques réalités inédites et souvent indicibles jusque là.Parmi les livres de mémoires, de souvenirs, les interviews de journalistes, les matériaux des spécialistes de l’histoire orale, on peut donner sans réserve à ces témoignages un réel statut de documents historiques. Pour ceux là, comme pour les autres, l’intérêt scientifique réside dans la démarche de l’historien qui souhaite les utiliser.Morceaux d’Histoire vécue, les séquences présentées ici ont été sélectionnées pour le regard particulier que les témoins ont eu l’occasion de porter sur des événements par ailleurs longuement décrits dans les livres sur la Première Guerre mondiale. Garçon du café du Croissant qui servait Jaurès à l’instant où il fût assassiné, adolescent au contact des Américains qui débarquaient en France, enfant alsacien vivant dans une sorte de no man’s land, soldats victimes et acteurs de la tuerie à des moments particulièrement éprouvants ...C’est par petites touches, toutes chargées d’une forte émotion, que nos témoins vous proposent d’enrichir la connaissance d’une défaite de l’Homme sur laquelle les interrogations redoublent aujourd’hui.

For decades, the curious, including children and teenagers, have interrogated eye witnesses on a variety of subjects in order to enrich their knowledge on science, the evolution of society and history.  A veritable communication was established thanks to the young who did not shy away from questions of the most personal order, thus throwing light on certain points which had been left obscure.  These touching accounts can truly be considered as historical documents.


1/ L’assassinat de Jaurès  3’14
Premier prix au concours «Chasseurs de sons» Radio France en 1972, Raymond DELOT, né en 1895, garçon du café du Croissant en 1914, témoin direct de l’assassinat. (Enregistré à Paris en 1972 par André GELINEAU)
En 1972, Monsieur DELOT écrivit au journal «Le Monde» pour rectifier certaines erreurs contenues dans un article sur la mort de Jaurès. Après lecture de ce courrier, publié par le journal, André Gélineau obtint l’adresse de Monsieur DELOT et l’interrogea chez lui à Paris.

Convaincus que «Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage», Jaurès et ses amis semblent pourtant avoir cru que le conflit provoqué par l’ultimatum autrichien du 23 juillet 1914 resterait localisé. Lorsque l’Internationale se réunit à Bruxelles, les 29 et 30 juillet, l’idée d’une grève générale dans tous les pays contre la guerre, l’idée maîtresse d’un plan anti-guerre des socialistes, fut à peine évoquée. Chacun pensait que c’était la classe dirigeante du pays voisin qui souhaitait le conflit et se persuadait que son propre gouvernement était ouvert au compromis. Aucune décision n’avait été prise lorsque Jaurès rentra à Paris où il fut assassiné le 31 juillet par Villain, un membre de l’Action Française. Le 3 août l’Allemagne déclarait la guerre à la France.Jaurès aurait-il rallié l’Union Sacrée, soutenu l’effort de guerre français, approuvé la Révolution bolchevique ? La stature de l’homme et son influence ont suscité depuis sa mort de multiples interrogations.

The assassination of Jaurès
Raymond DELOT, born in 1895, waiter in the Café du Croissant in 1914, eye witness of the assassination.Jaurès and his friends believed that the conflict arising from the Austrian ultimatum of 23rd July 1914 would remain localised.  In the International held in Brussels on 29th and 30th July, the socialist anti-war plan was hardly discussed.  Jaurès returned to Paris to be assassinated on 31st July by Villain, a member of the Action Française.


2-3/ Soldats de l’été 1914
Monsieur Mamès Faure-Brac de Cervières [2] (1’13) (Son : Jean-Pierre Jaubert 1978 ) et Mon­sieur Jean Pouch [3] (0’56) de Noailles Corrèze (Son : Yvon Chalard et Paul Bouygues 1975)
L’étude systématique des archives conservées dans les préfectures a permis aux historiens de nuancer l’enthousiasme délirant que l’entrée en guerre et la mobilisation auraient suscité chez les Français. Dans les campagnes, c’était la gravité qui dominait en 1914. La certitude d’une guerre courte rendit les départs moins difficiles.

Soldiers of summer 1914
Mobilisation was not accompanied by the enthusiasm as has often been depicted.  The certitude of a short-lasting war, however, helped relieve the pain of departure.


4/ Des soldats français entrent en Alsace 3’08
Monsieur Joseph Wolschlegel, né en 1904, à Guevenheim, (Son : Jean Gloaguen 1968)
La perte de l’Alsace et de la Lorraine au traité de Francfort en 1871 a justifié l’idée de revanche pendant toute la fin du XIXe et la période qui a précédé la Guerre. Aussi, dès le début des hostilités, était-il indispensable pour l’Etat-major français de lancer des offensives vers les provinces perdues. Le plan XVII mis en œuvre par Joffre prévoyait des attaques, en Lorraine, dans les Ardennes et au sud de l’Alsace. Les faubourgs de Mulhouse furent facilement atteints mais une contre-attaque allemande menaçant d’encerclement les troupes engagées dans la plaine imposa un repli tout aussi rapide. Une nouvelle offensive française reprit Thann, Mulhouse et Altkirch qu’il fallut à nouveau évacuer pour envoyer des troupes plus à l’ouest, là où la situation devenait catastrophique. Seuls Thann et ses environs immédiats purent être tenus jusqu’en 1918.Pendant toute la guerre, le village dont il est question dans ce témoignage n’a jamais été conquis par les Français ni repris par les Allemands.

French soldiers enter Alsace
The loss of Alsace and Lorraine in 1871 provoked a desire for revenge right up to the pre-war period.  At the outset of warfare, France targeted these provinces.  During the war, the village evoked in this account was never conquered by the French nor retrieved by the Germans.


5-6-7-8/ La guerre des tranchées : la vie quotidienne
Messieurs Jean Pouch et Antoine Taurisson de Noailles Corrèze (Son : Paul Bouygues et Yvon Chalard 1975) [5] (1’47).
Monsieur Marius Lefebvre, agriculteur à Estrablin en Isère, né en 1895, interrogé par ses petits enfants en 1979 (Son : Lucien Buisson) [6] (2’20).Monsieur Courteix (Son : Yvon Chalard et Paul Bouygues 1980) [7] (0’50).

Creuser une tranchée - la vermine - la soupe - la boue - la crasse - le courrier Des centaines de livres, des milliers d’articles décrivent l’univers des tranchées et les souffrances des soldats qui s’y protégeaient du feu de l’ennemi. Chacun des hommes plongés dans cet enfer a pourtant vécu une expérience unique qui mérite d’être recueillie car elle affine un peu plus notre perception d’une réalité complexe, diverse, dont aucune synthèse aussi bril­lante fut-elle ne pourra jamais totalement rendre compte.Le courrier chante sur l’air du Temps des cerises [8] (1’16).

The trench war : daily life
The digging - the vermin - the soup - the mud - the squalor - the mail.Another insight into the hell on earth, which could never be truly comprehended by others.


9-10/ La guerre des tranchées : attente
Monsieur Marius Lefebvre, agriculteur à Estrablin en Isère, né en 1895, interrogé par ses petits enfants en 1979 (Son : Lucien Buisson) [9] (1’59).
Messieurs Jean Pouch et Antoine Taurisson de Noailles Corrèze (Son : Paul Bouygues et Yvon Chalard 1975) [10] (2’11).

Monter la garde - fraternisation - les gaz.

The trench war : the waiting
On guard - fraternisation - gassing.



11-12/ La guerre des tranchées : attaques
Monsieur Marius Lefebvre d’Estralin «Attaques»(Son Lucien Buisson 1979) [11] (1’35).
L’histoire a retenu une liste de grandes offensives extrêmement meurtrières qui ont toujours échoué jusqu’en juillet 1918. Pour le soldat, ignorant de la situation à l’échelle du Front ouest, il s’agit d’une «attaque» et du risque de perdre son unique vie parmi celles de dizaines de milliers d’autres victimes dont il sera question dans le communiqué de l’Etat-major. Monsieur Courteix (Son : Yvon Chalard et Paul Bouygues 1972) [12] (5’06).Décidée contre l’avis des commandants d’armée, l’offensive lancée le 16 avril 1917 par le général Nivelle avait pour principal objectif le plateau de Craonne au-dessus de l’Aisne, de l’Ailette et de la plaine de Laon. Après trois jours, quand l’offensive fut abandonnée, plus de 40000 soldats français avaient été tués. L’échec de l’opération démoralisa l’armée française. La chanson de Craonne, composée sans doute lors des mutineries de 1917, témoigne de cet état d’esprit.

The trench war : attacks
History lists the murderous offensives which had always failed until July 1918.  During these ‘attacks’, the soldier risked losing his life along with the tens of thousands of other victims.Nivelle’s disastrous offensive of 16th April 1917 resulted in the loss of 40 000 French soldiers.


13/ Justice militaire, justice divine? 3’08
Primé en 1975 au concours «Chasseurs de sons» de Radio-France, Monsieur Julien Jolly de Fontaine-Simon Eure et Loire (Son : Jean Fraboulet 1975)
A l’occasion du quatre vingtième anniversaire de l’armistice de 1918, Lionel Jospin, Premier ministre en exercice, a choqué en réhabilitant la mémoire des hommes fusillés pour refus de combattre.Est-ce la peur de mourir qui poussait une partie des combattants à monter à l’assaut avec la quasi certitude de se faire tuer? Il semble que certains officiers l’aient pensé.Les faits dont il est question ici se sont déroulés à Rupt en Woëvre en 1915. Hors micro, le témoin nous a dit que ce sont des balles allemandes qui ont tué les officiers dont il est question à la fin de l’enregistrement. Justice divine ?

Military justice, divine justice ?
For the eightieth anniversary of the 1918 Armistice, prime minister Lionel Jospinre-established the memory of those shot for refusing to fight.



14/ Le permissionnaire du Front 1’51
Monsieur Courteix  de Brive (Son : Yvon Chalard 1972)
Vocabulaire : On achetait une bourette (brouette) pour transporter bagages et «roustons» (attributs masculins très gonflés pour ne pas avoir servi!).
Le permissionnaire qui sortait de l’enfer et qui se savait condamné à y retourner, supportait très mal le monde de l’arrière, les planqués sensés mener la belle vie, profiter du sacrifice des autres. Contrairement à une opinion longtemps admise, des études récentes ont montré que ce reproche était aussi fait aux femmes : elles étaient protégées par «leur faiblesse», ne connaissaient pas l’horreur du front et, au même titre que les autres planqués, étaient soupçonnées de trahir les combattants.

On leave from the Front
On leave, the soldier left hell knowing he would have to return.  He resented the shirkers and women who would never know the horror of the front.



15/ Saint-Nazaire, port américain 5’48
Monsieur Gaby Leclaire, né en 1904 (Son : Paul Poisson et Alexandre Turpin 1980)
Entrés en guerre le 2 avril 1917, les Etats-Unis étaient déjà à cette date avec 53 milliards de dollars de produits vendus, les fournisseurs et les banquiers des pays de l’Entente. Le gouvernement américain réussit à mettre immédiatement l’économie du pays au service d’un effort de guerre sans précédent. 1 850 000 hommes équipés, 3200 avions de combats, d’énormes quantités de matériel et de denrées alimentaires furent envoyés en Europe. Tous les historiens s’accordent pour reconnaître que l’apport américain a été décisif pour la rupture de l’équilibre qui s’était instauré entre les belligérants avant juillet 1918.

Saint-Nazaire, American port
When America entered the war in 1917, its government supplied 1 850 000 equipped men, 3 200 fighter planes, vast quantities of material and foodstuff for the European cause.


16/ La guerre sur mer 3’49
Contre-Amiral Jardel (Son : René Laporte et Yvon Chalard 1970)
Les puissants cuirassés dont l’Allemagne s’était dotée avant la guerre n’osèrent se mesurer avec les escadres britanniques qu’au cours de la bataille du Jutland en 1916. Faute de combattre en surface les Allemands perfectionnèrent les sous-marins qui devinrent des armes si efficaces qu’elles firent chanceler l’Angleterre en avril 1917. L’Allemagne aligna en tout 810 sous-marins pendant la durée de la guerre, jamais le nombre des sous-marins allemands en action n’a dépassé 101.Pour les empêcher de nuire les Alliés mirent au point des armes nouvelles et des moyens de repérages, firent escorter les convois par de petites unités rapides, armèrent certains navires de commerce, installèrent des filets et des mines dans les passes les plus fréquentées.

The war at sea
The Battle of Jutland in 1916 was the only major fleet engagement between Germany and Britain.  Germany proved the efficiency of its perfected submarine warfare.



17/ Aux Galeries La Fayette 2’51
Monsieur Courteix (Son : Yvon Chalard et Paul Bouygues 1972)
Avant la guerre, face à la propagande nationaliste, s’était développée une tradition anarchiste qui, ensuite, s’exprima par la dénonciation des embusqués et des politiciens.Les poilus n’avaient aucune chance de séduire dans les «beaux quartiers» (Galeries Lafayette) et ils devaient se rabattre sur la Villette (quartier populaire). Même les prostituées du lieu leur préféraient les politiciens du Sénat et de la Chambre des députés ! !

In the Galeries La Fayette
A certain anarchist movement developed in the pre-war period, when shirkers and politicians were easily denunciated.  The poilus were unable to seduce in the chic districts (Galeries Lafayette) so opted for the more popular neighbourhoods.



18/ A l’arrière : 1914 - 1918 Bléneau, village de l’Yonne 7’44
Primé en 1980 au concours «Chasseurs de sons» de Radio-France, Madame Delachambre née Roy en 1902 à Bléneau, fille du boucher
Monsieur Grossier Maurice né en 1901 à Bléneau, Son : Daniel Carré 1980

Bléneau est un petit chef lieu de canton très rural, situé en Puisaye, à la limite ouest du département de l’Yonne, au contact de la Nièvre et du Loiret. En 1911, il comptait 2007 habitants et la guerre de 1914-1918 marqua le début de sa dépopulation (1676 habitants seulement en 1921). L’élevage constituait l’activité principale de cette région de bocage. Chaque année, en décembre, la foire aux dindes était fréquentée par des acheteurs venus d’Angleterre. Même si Bléneau était loin du théâtre des événements, il est assez représentatif du retentissement de la «Grande Guerre» dans la France profonde.

Bléneau, village in the Yonne
This small commune in rural France, reliant on its stock farming, also felt the throws of war, despite its location.


19/ Le 11 novembre 1918 sur le Front 3’31

Monsieur Marcel Rivallin de Commequiers (Vendée), Son : Jacques Baud 1977
Le clairon de l’armistice, de multiples salves de coups de canons à Paris, les cloches des cathédrales sonnant l’Alleluia de la victoire, les ovations et applaudissements qui submergent la Chambre des députés recevant Clemenceau,... au-delà de tous les clichés, des fantassins se sont encore faits tuer au cours de l’heure qui a précédé la fin des combats!

11th November 1918 on the Front
Victory rang clear with the arrival of Armistice.  Yet foot soldiers were still being killed in the hour preceding the end of the conflict.



20/ Le retour des soldats 1’57
Monsieur Mamès Faure-Brac (Cervières), Son : Jean-Pierre Jaubert 1978
8 200 000 mobilisés - 1 356 000 morts (16%) - 2.560 000 blessés
«Plus jamais cela!» s’écrièrent en rentrant les combattants marqués dans leur chair et dans leur esprit! Mais la guerre avait ouvert la porte aux fascismes, au stalinisme, aux crématoires. Le XXe siècle était commencé.

The soldiers’ return
8 200 000 mobilised - 1 356 000 killed - 2 560 000 wounded‘Never again’, cried the fighters upon their return.The war, however, had opened the door to fascism, Stalinism and crematoriums.  The 20th century had begun



Documents recueillis par “Paroles, Images et Son” (Pédagogie Freinet) sous la direction de Pierre Guérin et Gilbert Paris.
Collaborateurs : Jasques Brunet, Paulette et Pierre Chaillou, Marcel Daoust, Marcelle Drillien, Claude Dumond, Aimé Leclerc, Pierre Legot, Jocelyne Pied, Marie et Emile Thomas.
Texte : Claude Dumond.
© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 1999.

Historial de la Grande Guerre
Situé dans l’enceinte des fortifications du château de Péronne, “l’Historial de la Grande Guerre de Péronne” est un musée trilingue international d’histoire comparée qui présente des espaces magnifiques conçus par l’architecte Henri-Edouard Ciriani, et sur plus de 4000 m2, l’his­toire de la Grande Guerre sous l’angle d’une approche culturelle, sociale, militaire et avec pour toile de fond l’agonie de l’ancien monde et la véritable nais­sance du XXe siècle. Ses fonds sont riches de plus de 15000 objets civils et militaires complétés par des œuvres d’art (Otto Dix, Tribout, Gir, Gillot, Méheut, Zinoview...) et par des souvenirs personnels de Georges Duhamel, de Fernand Léger et de bien d’autres.    L’Historial est doté d’un centre de documentation, d’un centre de recherche international (03.22.83.54.13) et d’un service éducatif (03.22.83.54.14).A l’exemple des grands musées construits dans le monde depuis 20 ans, à Washington ou ailleurs, l’His­torial de la Grande Guerre est parmi les lieux de mémoire les plus sobres et les plus émouvants qu’il soit permis de visiter.

The Historial started off as a concept.  Today, it is an international museum, funded partly by the European Development Fund, which presents the history of the First World War as seen through the cultural, social and military angles, the watershed which led to the destruction of the old, established order and the birth of our century.80 years on, it is difficult to assemble a collection worthy of this vocation.  Between 1988 and 1992, we therefore put together a unique collection of 100 original drawings, both all paintings and watercolours, including a complete portfolio of 50 etchings by Otto Dix, “der Krieg” (one of only 5 or 6 complete and intact portfolios known to exist in the world), a series of drawings by H.G. Tribout, over 30 paintings by Jonas, and works by Gir, Gillot, Meheut, Zinoview, etc.All in all, we have amassed some 15.000 civilian and military relics, which we are adding to continually through our acquisition policy, which has been operating since the opening of the museum.They include personal mementos and works by famous artists who witnessed the horror of the War: G. Duhamel, B. Mahn, A. Zinoview, L. Jonas, F. Léger, and others, each of whom adds a little more to our understanding of what took place through their eyewitness accounts.The Historial museum also has some 70 hours of archive film footage, part of which are screened on the 56 video booths dotted around the museum.The various themes dealt with are systematically covered from the German, British and French points of view, and give a glimpse of:- The front (military equipment and facilities)- The rear (the war as seen through the eyes of women and children, all of whom were “mobilised” by the War Effort).Letters, everyday objects and posters sometimes have a stronger evocative power than speeches. A large collection of vouchers, post-cards, books and periodicals, photographs, souvenir albums and sundry documents from the time, held in the archive centre, help to build a picture of the international dimension of this world-wide conflict as presented by the museum.They afford a glimpse into the lives of the men and women who lived during the war, a look at humanity at war, which is how the events of the time must be presented if we are to truly gain an understanding of the XXth century.

CD1
01. Le Clairon    2’54
02. Mit Paradeflaggen (Sous les Etendarts de Parade) 2’31
03. Peuple chante    2’37
04. Habsburg March          2’10
05. Bells of London March 4’24
06. Quand Madelon    2’36
07. Charge de l’Armée Française          3’02
08. Serrez vos Rangs 2’49
09. Le Martyre de la Cathédrale de Reims [Extraits]          5’22
10. L’Homme rouge         3’26
11. Souhaits à la France     2’34
12. Noël des enfants qui n’ont plus de maison          2’25
13. Sous les Gothas   2’49
14. Les Actualités de la Semaine [extrait]    0’27
15. L’Orgie           3’32
16. La Sérénade du Pavé   1’33
17. Stars and Stripes Forever March   2’47
18. Over There          2’43
19. I May Be Gone For A Long, Long Time 2’49
20. Le Mois de l’Espérance - chanson russe -          2’34

CD2
01. Lawzy Massy 2’01
02. La Madelon de la Victoire             2’46
03. La Madelon de la Victoire      3’39
04. La Marseillaise      2’58
05. Leur Jour de Gloire [14 juillet 1919]          3’33
06. Marche des Hommes bleus   3’12
07. Pour nos Morts, sonnez Clairons   3’25
08. La Sidi Brahim          2’48
09. Victorious Stars          2’38
10. Soleil de France    2’21
11. Le tombeau du Soldat Inconnu          3’12
12. Patrie! - «Pauvre Martyr Obscur», air de Rysoor -        2’15
13. Les Violettes         3’07
14. M’Amour sèche tes Larmes         3’19
15. Marche Lorraine    1’28
16. Aux Armes    1’09
17. Razzia 1’13
18. Marche de Nuit          1’00
19. Joyeux Retour       1’00
20. Ceux de 14…        2’59

CD3        
1. L’assassinat de Jaurès           3’14         
Soldats de l’été 1914                  
2. M. Mames Faure-Brac       1’13   
3. M. Pouch          0’56 
4. Des soldats français entrent en Alsace       3’08    
Guerre des tranchées : la vie quotidienne               
5. MM. Pouch et Taurisson             1’47 
6. M. Lefèbvre   2’20   
7. M. Courteix          0’50 
8. Le temps des cerises 1’16          
Guerre des tranchées : attente             
9.  M. Lefèbvre          2’11 
10. MM. Pouch et Taurisson    1’59          
Guerre des tranchées : attaques                       
11. M. Lefèbvre       1’35 
12. M. Courteix, chansons de Craonne          5’06   
13. Justice militaire, justice divine?   3’08 
14. Le permissionnaire du Front      1’51 
15. Saint-Nazaire, port américain           5’48 
16. La guerre sur mer      3’49 
17. Aux Galeries La Fayette             2’51   
18. A l’arrière : 1914 - 1918 Bléneau, village de l’Yonne   7’44 
19.  Le 11 novembre 1918 sur le Front          3’31  
 20. Le retour des soldats          1’57


CD La Grande Guerre 1914 - 1918 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 LE CLAIRON - ALBERS02'56
02 MIT PARADEFLAGGEN - BEROLINA SOUND ORCHESTRA02'33
03 PEUPLE CHANTE - BERARD DE L ELDORADO02'39
04 HABSBURG MARCH - BAND02'12
05 BELLS OF LONDON MARCH - ORCH ANONYME04'27
06 QUAND MADELON - DELAYRAC02'39
07 CHARGE DE L ARMEE FRANCAISE - ORCH PATHE FRERES03'04
08 SERREZ VOS RANGS - CHARLUS02'52
09 LE MARTYRE DE LA CATHEDRALE DE REIMS - LE CARDINAL LUCON05'24
10 L HOMME ROUGE - BERARD DE L ELDORADO03'29
11 SOUHAITS A LA FRANCE - NUIBO02'36
12 NOEL DES ENFANTS - PANZERA02'28
13 SOUS LES GOTHAS - DRANEM02'52
14 LES ACTUALITES DE LA SEMAINE - BETOVE00'30
15 L ORGIE - BERARD DE L ELDORADO03'34
16 LA SERENADE DU PAVE - BUFFET01'35
17 STARS AND STRIPES FOREVER MARCH - SOUSA S BAND02'50
18 OVER THERE - CARUSO02'45
19 I MAY BE GONE FOR A LONG TIME - PERLESS QUARTET02'52
20 LE MOIS DE L ESPERANCE - TROYANOVSKY02'34
CD 2
01 LAWZY MASSY - ORCH MILITAIRE02'03
02 LE MADELON DE LA VICTOIRE - PERIOLLEBOIS02'48
03 LE MADELON DE LA VICTOIRE - AUDIFFRED03'41
04 LA MARSEILLAISE - CHENAL03'00
05 LEUR JOUR DE GLOIRE - BOTREL03'35
06 MARCHE DES HOMMES BLEUS - MARCELLY DE LA GAITE ROCHECHOU03'14
07 POUR NOS MORTS SONNEZ CLAIRONS - BOTREL03'27
08 LA SIDI BRAHIM - ORCH MILITAIRE02'50
09 VICTORIUS STARS - ORCH SYMPHONIQUE DE GRAMO02'40
10 SOLEIL DE FRANCE - FRANZ DE L OPERA02'23
11 LE TOMBEAU DU SOLDAT INCONNU - PAISANTS03'14
12 PATRIE AIR DE RYSOOR - DELMAS02'17
13 LES VIOLETTES - DE BUXEUIL03'09
14 M AMOUR SECHE TES LARMES - GESKY03'21
15 MARCHE LORRAINE01'31
16 AUX ARMES01'11
17 RAZZIA01'15
18 MARCHE DE NUIT01'02
19 JOYEUX RETOUR01'01
20 CEUX DE 14 - RADIOLO02'59
CD 3
01 L ASSASSINAT DE JAURES - DELOT03'16
02 SOLDATS DE L ETE 1914 - POUCH01'14
03 SOLDATS DE L ETE 1914 - MAMES FAURE-BRAC DE CERVIERES00'58
04 DES SOLDATS FRANCAIS ENTRENT EN ALSACE - WOLSHLEGEL03'10
05 LA GUERRE DES TRANCHEES VIE QUOTIDIENNE - POUCH01'47
06 DES TRANCHEES VIE QUOTIDIENNE - COURTEIX02'21
07 LA GUERRE DES TRANCHEES VIE QUOTIDIENNE - LE TEMPS DES CERISES00'51
08 LA GUERRE DES TRANCHEES VIE QUOTIDIENNE - LEFEBVRE01'18
09 LA GUERRE DES TRANCHEES ATTENTE - LEFEBVRE02'11
10 LA GUERRE DES TRANCHEES ATTENTE - POUCH02'00
11 LA GUERRE DES TRANCHEES ATTAQUES - COURTEIX01'37
12 M. COURTEIX CHANTE LA CHANSON DE CRAONNE - LEFEBVRE05'08
13 JUSTICE MILITAIRE JUSTICE DIVINE - JOLLY03'10
14 LE PERMISSIONNAIRE DU FRONT - COURTEIX01'53
15 SAINT NAZAIRE PORT AMERICAIN - LECLAIRE05'50
16 LA GUERRE SUR MER - CONTRE-AMIRAL JARDEL03'50
17 AUX GALERIES LA FAYETTE - COURTEIX02'53
18 A L ARRIERE - DELACHAMBRE07'46
19 LE 11 NOVEMBRE 1918 SUR LE FRONT - RIVALLIN03'31
20 LE RETOUR DES SOLDATS - MAMES FAURE-BRAC DE CERVIERES01'57
"Grande Guerre" par Radio France

"Caruso chantant pour donner du coeur aux troupes, le chant des volontaires américains, l'interview du garçon de café témoin de l'assassinat de Jaurès, et de nombreuses "paroles" de poilus anonymes... Une anthologie des plus grands documents sonores de la guerre 14-18."  
© RADIO FRANCE





«Prise de son, prise de guerre » par Le Journal du Médecin

Le devoir de mémoire sonore est une des missions que se sont assignées les éditions Frémeaux. Dans cette optique, elles ont publié successivement deux anthologies remarquables sur les deux conflits mondiaux. La Grande Guerre a la particularité de rassembler en trois CD des chansons des discours radiophoniques, et compilés sur deux des trois disques. Le troisième, sans doute le plus poignant, regroupe les témoignages chevrotants de poilus qui vont jusqu’à pousser la chansonnette et qui racontent en toute simplicité la vie, la mort  dans les tranchées. L’un de ceux-ci racontent comment plusieurs de ses compagnons moururent le 11 novembre 1918 dans la matinée (les combats cessèrent à 11 h du matin), parce que l’artillerie française avait décidé de chatouiller une dernière fois l’allemande, celle-ci répliquant en visant le front… deuxième coffret reprend également sur trois disques, les témoignages de résistants de tout poil durant la guerre de 40 : Juif, aristocrate, bourgeois, ouvrier, paysan, citadin… tous racontent avec une modestie non feinte leur résistance, sans esquiver leur peurs, les difficulté de tuer, les atrocités, assénant au passage quelques vérités bien senties. Exemple : « il y avait beaucoup plus de monde pour acclamer Pétain que pour de Gaulle quelques semaines plus tard », s’exclame un résistant lyonnais… De  ces deux poignants coffrets ressort surtout l’incroyable humilité de ces hommes (aucune femme, dommage) qui reconnaissent avoir par leurs actions  retardé l’ennemie plutôt que l’avoir vraiment gêné… Tout de même, s’ils avaient été plus de 1% des Français à se dresser, l’occupant allemand aurait sans doute été un fifrelin plus gêné encore… BR – JOURNAL DU MEDECIN




"La Grande Guerre 1914-1918" par Notes Bibliographique

Quatre-vingts ans après la fin de la Grande Guerre, Jean-Yves Patte a rassemblé dans trois CD la phonographie qui témoigne de ces longues années terribles et de celles qui les ont précédées et suivies. Les deux premiers CD sont consacrés aux musiques militaires. Des voix célèbres de l’époque font entendre des chansons traduisant bien l’atmosphère qui régnait alors. Les cinq brèves séquences réunies sous le titre « la guerre racontée aux enfants » sont purement musicales. Dans le troisième CD des témoins et des acteurs de la Grande Guerre se souviennent. Le plus souvent des jeunes interrogent leur grand-père sur la vie dans les tranchées, les impressions permissionnaires, les résonances de la guerre à l’arrière…Les témoins enregistrés il y a quelques vingt ans étaient pour la plupart octogénaires ; tous avaient gardés un souvenir très vif de ces années cruelles. Dans le livret, une introduction judicieuse sur le temps de la guerre et la phonographie  qu’elle a suscitée. Des illustrations d’époque complètent ce recueil à vocation pédagogique dénué de tout esprit cocardier. NOTES BIBLIOGRAPHIQUES




« Contre l’oubli ! » par Télérama

Que reste-t-il de la Première Guerre mondiale ? Un jour férié, des monuments aux morts, des images jaunies et quelques vénérables centenaires que les officiels congratulent chaque année devant la tombe du soldat inconnu. Contre l’oubli, Jean Yves-Patte et Claude Dumont ont rassemblé les derniers échos de cette époque. Plus qu’une simple bande-son, leur compilation de documents d’archives, de chansons oubliées, de témoignages inédits, se veut un instantané sonore et éclectique de la Grande Guerre. Si les deux premiers CD passent en revue les événements et rendent compte de l’atmosphère  cocardière qui  règne en France (il faut écouter les paroles de l’Orgie et les tirades de Théodore Botrel !), le dernier volet montre l’envers du décor. A travers ces témoignages d’anonymes, on accède à la réalité de la guerre : l’horreur des tranchées, les gaz moutarde, les mutineries, les exécutions, la détresse des familles. Tout ce que Dame Anastasie – le surnom donné à la censure – ne laissait pas filtrer dans les journaux et les chansons de l’époque, moral national oblige ! Tus pendant un demie-siècle, mais toujours vif, ces souvenirs où la petite histoire rejoint la grande, sont aussi bouleversants qu’éclairants. Stéphane JARNO – TELERAMA




« Comme d’habitude, la présentation est très soignée » par Écouter voir

Trois disques : deux enregistrements originaux de musiques et de chansons patriotiques de l’époque  et un de témoignages de civils et de simples soldats. Livret de 60 pages avec illustrations. Ce coffret ne fait absolument pas double emploi avec le suivant. Disons qu’ils se complètent, celui-ci étant avant tout musical (deux disques sur trois) […] Le troisième disque ne comporte que des témoignages de gens du peuple et des soldats sans grade, aucune personnalité importante. Parti pris d’autant moins gênant que pour les officiels on a l’autre coffret. Le livret a bien la patte Frémeaux. Chaque plage fait l’objet d’abondants commentaires sociaux ou militaires qui replacent chaque fois l’enregistrement correspondant dans son contexte. Et, comme d’habitude, la présentation est très soignée. ECOUTER VOIR




« Une oeuvre de patrimoine » par Phonoscopies

On l’a vu : l’Amérique en guerre accepte les pertes civiles…mais refuse de perdre un seul de ses soldats. Ah, il est bien loin le temps où l’on en sacrifiait sans état âme des milliers pour regagner quelques pouces de terrain… C’était l’époque où un président de la République, après avoir perdu trois de ses fils au combat écrivait : « il faut aimer la patrie d’un amour ardent jusqu’à lui tout sacrifier, ses biens, sa vie, ses enfants » (Paul Doumer, Livre de mes fils) Cette guerre de 14-18, avec sa saignée de millions de jeunes hommes, restera l’un des plus grands cataclysmes de l’histoire. Ses conséquences s’en font encore sentir aujourd’hui. Certains diront qu’elle accélérera l’émancipation de la femme et donna le jazz à l’Europe… Le présent double CD est constitué de deux parties : dans la première figurent des interprétations rares de l’époque : Charlus, de Buxeuil, Dranem, Eugénie Buffet, Botrel etc… Dans la seconde, sont rassemblés des témoignages de « poilus » enregistrés dans les années 70. Une œuvre de patrimoine. PHONOSCOPIES




« La Grande Guerre » Par Chorus

Une page d’histoire, comme on dit. Un idéogramme de la sensibilité nationale, de l’arrogance du coq gaulois. Avec ses excès, ses atrocités, ses égarements, le premier conflit mondial a agi comme un révélateur sur une société jouant à cloche-pied sur la crête des siècles. En novembre 1918, meurt un monde dans le sang des hommes et avec lui disparaissent les utopies d’une époque que la nostalgie aidant, on s’évertuera à qualifier de « belle», afin de mieux exorciser les vieux démons. En quatre ans, la folie guerrière et ses conséquences laisseront pourtant bien des traces… A commencer par des chansons. D’anciens titres (« La sérénade du pavé », « Le clairon », « Peuple chante »…), ayant fait leurs preuves, bénéficient tout d’abord de pressages circonstanciels. Mais bien vite se révèle une pléthore d’œuvres originales, reflet des mentalités du moment. Au Caf'conç, mais également à l’opéra, chacun se donne pour mission d’exalter le rôle du pioupiou qui, généralement, n’en demandait pas tant. Cela nous donne ici – entre autres curiosités – des enregistrements sur disques et cylindres de Bérard ou Dranem ainsi qu’une « perle » interprétée en anglais et en français par Caruso au meilleur de sa forme. Avec la paix revient le temps des romances sentimentales de René de Buxeuil. Celui des douleurs et des doutes : L’outrance ne fait plus illusion : à la version emphatique de « La Madelon de la victoire » par les professionnels du couplet, répond celle d’un rescapé du carnage. Les mots du vécu prennent leur revanche. Dès 1926, par l’entremise du disque, la guerre est « racontée aux enfants ». Plusieurs décennies plus tard, les chasseurs de sons de Radio France recueilleront des témoignages chargés d’émotion autant que de pudeur dont quelques-uns figurent dans ce coffret – document exceptionnel de notre mémoire collective. Serge DILLAZ - CHORUS




« Un réel statut de documents historiques » par Trad magazine

On peut vivre ces enregistrements comme un test. Mais il faut reconnaître que leur intérêt est documentaire; qu’en plus des chants mieux connus, on y entend aussi de vibrantes pages déclamées qui, comme des discours dits dans d’autres langues, avec d’autres accents, montrent aussi l’évolution du parler, de la diction, de l’effet dramatique. Il s’agit de la pierre sonore dont beaucoup de livres et de musées constituent les éléments bâtis en textes et objets. L’Historial remarquable de Péronne (n’hésitez donc plus à sortir de l’autoroute A1 pour vous plonger dans ce lieu de mémoire.) On n'y reçoit pas le discours scolaire et pontifiant habituel. On y rencontre l’horreur, mais aussi obsédante et même désespérée, la vie, à l’état pur, à vif dans tous les sens du mot… La force des collectages ! Mais ce coffret, à mon sens, brille surtout par le troisième CD. Un document, un vrai, inédit et pour cause fait de témoignages, de « collectages » ou « enquêtes » comme nous les appelons dans les milieux de la culture traditionnelle. Là aussi, il est bon de laisser la parole à l’historien, qui comprend et partage enfin la force de tels documents. C’est beau et fort. Irremplaçable. Quel prof d’histoire pourra dorénavant se passer de telles sources, rendues aussi aisément consultables ? « Depuis les années cinquante des enseignants mais aussi des enfants et des adolescents, "chasseurs de sons", ont recueilli des témoignages sur des sujets les plus divers en s’adressant aussi bien aux membres de leurs familles, à des voisins qu’à des acteurs prestigieux des progrès de la science, de l’évolution de notre société, de notre Histoire. Avec les jeunes, une communication véritable s’est établie entre les générations, ils n’ont pas reculé devant les questions « naïves » et personnelles, n’ont pas hésité à demander des précisions sur les points restés obscurs. Nombre de témoins ne pouvant résister à la curiosité de leur interlocuteurs, se sont laissés entraîner et, souvent, ont dévoilé des parts de vérité qui seraient restées masquées face à un adulte. A L’émotion se sont ajoutées quelques réalités inédites et souvent indicibles jusque là. Parmi les livres de mémoires, de souvenirs, les interviews de journalistes, les matériaux des spécialistes de l’histoire orale, on peut donner sans réserve à ces témoignages un réel statut de documents historiques. Pour ceux-là, comme pour les autres, l’intérêt scientifique réside dans la démarche de l’historien qui souhaite les utiliser. Morceaux d’Histoire vécue, les séquences présentées ici ont été sélectionnées pour le regard particulier que les témoins ont eu l’occasion de porter sur des événements par ailleurs longuement décrits dans les livres sur la Première Guerre mondiale. Garçon du café du Croissant qui servait Jaurès à l’instant où il fut assassiné, adolescent au contact des Américains qui débarquaient en France, enfant alsacien vivant dans une sorte de no man’s land, soldats victimes et acteurs de la tuerie à des moments particulièrement éprouvants. Je pense que tous ceux qui, comme certains d’entre nous, ont recueilli et défendu de tels témoignages, seront satisfaits d’une utilisation presque institutionnelle de la mémoire parlée, cette chaleur humaine qui résiste à la mort un peu mieux que la simple mémoire et qui a la force d’obliger à fermer les yeux. « C’est par petites touches, toutes chargées d’une forte émotion, que nos témoins vous proposent d’enrichir la connaissance d’une défaite de l’Homme sur laquelle les interrogations redoublent aujourd’hui. » Jean-Yves PATTE-TRAD MAGAZINE




A propos de ce disque :

Lors de l’enregistrement de son entretien avec Michel Tauriac pour Frémeaux & Associés, l’Amiral Philippe de Gaulle a expliqué à Patrick Frémeaux que le titre « Charge de l’armée française » (CD1 piste 7), a été enregistré avec les sonneries règlementaires arrêtées en 1915 pour les différencier des sonneries précédentes, qui avaient été apprises par l’ennemi et dont la signification était connue d’eux.




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