MARIAN ANDERSON

NEGRO SPIRITUALS 1924 - 1949

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La célèbre contralto Marian Anderson, femme américaine d’exception révérée pour sa dimension humaine autant que pour son art, brille dans un répertoire à la mesure de son âme, celui du negro spiritual.
Patrick Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés - Musique classique noire Américaine.

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MARIAN ANDERSON 1924-1949

MARIAN ANDERSON 
NEGRO-SPIRITUALS 1924-1949











La sélection de negro spirituals proposée dans ce recueil témoigne avec force de la sensibilité et de la profonde humanité de l’art de la contralto Marian Anderson, la première héritière d’un trésor transmis jusqu’à ce jour par les arrières petits enfants des esclaves de l’Amérique.  

Une voix de femme noire dans l’Amérique de son temps.
Marian Anderson, la “Dame de Philadelphie” comme elle avait été surnommée pour y être née le 17 février 1897 (1) et y avoir passé la grande majorité de son existence, demeure aujourd’hui plus que jamais, quelques années après son décès survenu le 8 avril 1993, une figure historique emblématique de la communauté noire américaine, une voix majeure dans le grand concert universel de ceux qui ont, par leur art et leurs actions, contribué à faire progresser une société toute entière vers plus de justice et d’huma­nité. L’importance de la grande artiste demande à être évaluée tout à la fois dans un contexte musical, au travers de l’expression d’un art du chant sensible et profondément émouvant, et dans un contexte social, à la lumière des combats d’une communauté luttant alors pour la reconnaissance des droits les plus élémentaires. Artiste lyrique reconnue comme l’une des plus talentueuses voix de contralto de son temps, Marian Anderson doit, comme tant de ses congénères, vaincre dans son pays les résistances raciales les plus farouches. Comme d’autres artistes de son époque, et selon un schéma malheureusement trop répandu, elle connaît tout à la fois dans son propre pays les multiples vexations réservées à ceux de sa race, et à l’étranger les honneurs mérités par son immense talent de vocaliste. Lorsqu’en 1925, à la suite d’un concert au Lewisohn Stadium destiné à récompenser de jeunes artistes, elle décide de se perfectionner dans la technique du chant et tente de s’inscrire dans une école de musique de Philadelphie, elle se voit opposer un refus : “Nous ne prenons pas de gens de couleur”. Une situation qui allait se répéter, pour culminer en février 1939 avec le célèbre incident causé par l’association des Daughters of the American Revolution (D.A.R)(les Filles de la Révolution Américaine)(2). Alors qu’elle sollicite pour un concert à Washington l’utilisation du Constitution Hall, un lieu géré par l’organisation, c’est un refus catégorique, pour des raisons de pure discrimination raciale. Marian Anderson n’est plus pourtant à l’époque une débutante, et ses mérites sont reconnus nationalement et internationalement, au travers de ses enregistrements et de ses nombreuse tournées. Peu importe, Washington est une ville ségrégée, un tel refus est dans l’ordre des choses. Trois ans plus tard, en 1942, lorsque l’artiste souhaite, pour un concert donné dans le cadre des efforts de guerre, que les publics blanc et noir ne soient plus séparés dans ce même Constitution Hall comme c’est toujours la coutume, la même organisation de nouveau oppose un refus catégorique à cette requête. L’incident de 1939 trouve un dénouement retentissant lorsque l’épouse même du Président, Eleanor Roosevelt, démissionne du D.A.R dont elle est alors membre, et que Harold Ickes, le secrétaire de l’intérieur, suggère que le concert ait lieu au pied du Lincoln Memorial, lieu hautement symbolique d’émancipation et de liberté. Ce 9 avril, jour de Pâques, Marian Anderson chante “America”, “O Mio Fernando”, de l’opéra de Donizetti La Favorite, l’“Ave Maria” de Schubert et quelques negro spirituals devant une foule recueillie de quelque 75.000 personnes.

A ces comportements ségrégationistes, monnaie trop courante dans une certaine Amérique de l’époque, s’opposent la reconnaissance et l’admiration d’un grand nombre de personnalités du monde musical qui voient en Marian Anderson un être humain et une artiste d’exception. En 1930-31, lors d’une longue tournée européenne de plusieurs mois, accompagnée de Kosti Vehanen, le pianiste finnois rencontré peu de temps auparavant à Berlin, l’artiste donne plus d’une centaine de récitals dans les pays scandinaves. Elle y interprète des mélodies dans des langues nordiques, dont certaines de Jan Sibelius. Invitée à chanter pour ce dernier, Marian Anderson impressionne le grand compositeur finlandais qui lui dé­clare : “Mon toit est trop bas pour vous”, et lui dédie une de ses compositions, “Solitude”. Marian Anderson gardera toujours par la suite des mélodies de Sibelius à son répertoire.Quelques années plus tard, en 1935, elle rencontre à Salzburg, en Autriche, l’un des plus prestigieux chefs d’orchestre de sa génération, l’italien Arturo Toscanini. Ce dernier est à son tour impressionné par la “Dame de Philadelphie” à propos de laquelle il a ces mots, souvent répétés : “Le privilège d’entendre ce que j’ai entendu aujourd’hui ne nous est accordé qu’une fois tous les cent ans” (3).Les honneurs conférés à l’artiste en Europe tout au long des années d’avant-guerre sont nombreux, dès ses premières apparitions sur le continent. Elle fait ses débuts au Wigmore Hall, à Londres, le 16 septembre 1930, et donne un concert dans le cadre des concerts promenade sous la direction de leur fondateur, Sir Henry Wood. La même année, Berlin l’accueille triomphalement. Quelques années plus tard, elle chante à Vienne la “Rhapsodie pour alto” de J. Brahms, sous la direction de Bruno Walter (4). Sur les traces du baryton-basse Paul Robeson, elle remporte en Russie un succès immense, chante les lieder allemands, et aussi les mélodies de Rimsky-Korsakov et de Rachmaninoff.

Marian Anderson est désormais une artiste reconnue et respectée, même si certains épisodes consternants, tels ceux des Daughters of the American Revolution, viennent encore entacher la carrière d’une femme admirable et irréprochable. Pourtant, l’Amérique elle-même finit par reconnaître son immense talent. C’est à Paris, alors qu’elle se produit à la Salle Gaveau, qu’elle rencontre celui qui deviendra son imprésario pour le restant de sa carrière, Sol Hurok. Grâce à ses efforts, la carrière américaine de Marian Anderson prend son véritable essor (5). Elle donne le 30 décembre 1935 un triomphal concert au Town Hall de New York, revanche sur le catastrophique concert donné au même endroit en 1924 par une Marian encore trop jeune et peu mûre, et à laquelle on avait reproché une prononciation exécrable de l’allemand. Le succès est de nouveau au rendez-vous en janvier de l’année suivante, au Carnegie Hall. En 1938, elle donne quelque soixante-dix récitals dans les seuls Etats-Unis.En 1949, après la tempête de la seconde guerre mondiale, et le soutien apporté par l’artiste aux efforts de la communauté pour le maintien du moral des troupes, Marian Anderson reprend ses tournées en Europe, puis, dans les années cinquante, en Amérique du Sud, au Japon et en Israël.Un autre événement symboliquement puissant et significatif pour la communauté noire américaine survient au début de l’année 1955 lorsque la contralto se produit sur la scène du Metropolitan Opera House, dans le rôle d’Ulrica de l’opéra Un Bal Masqué de Verdi, sous la direction de Dimitri Mitropoulos. C’est la première fois qu’une artiste de couleur chante sur la célèbre scène new-yorkaise, et cette date du 7 janvier 1955 acquiert à son tour une dimension symbolique, comparable à celle du 9 avril 1939.

A l’automne de 1957, Marian Anderson est envoyée comme “ambassadrice de bonne volonté” en Inde et en Extrême-Orient par le Département d’Etat américain, tout comme Louis “Satchmo” Armstrong l’avait été en Afrique l’année précédente. Elle donne vingt-quatre récitals dans quatorze pays, et un film de la tournée est réalisé pour la télévision américaine (6). En 1958, le Président Eisenhower la nomme déléguée au Comité des Droits de l’Homme aux Nations Unies. Elle chante à la soirée d’investiture du Président John F. Kennedy en janvier 1961. En mai 1962, elle donne pour la première fois des récitals en Australie, puis entame en octobre 1964 une grande tournée d’adieux. Ironique pied-de-nez à l’Histoire, c’est par un concert au Constitution Hall, dont l’accès lui avait été refusé un quart de siècle plus tôt, que débute ce grand tour de quatre continents. Et c’est un dimanche de Pâques, le 18 avril 1965, qu’il s’achève, au Carnegie Hall de New York.

Un art de spiritualité.
Au delà de l’aspect symbolique de l’artiste femme, noire, volontaire et décidée à s’imposer dans un environnement hostile, Marian Anderson offre le visage d’un être humain tout entier investi dans la réalisation de son art. L’ artiste a sans conteste une des plus belles voix de contralto de son temps, ainsi qu’une des personnalités les plus attachantes. La manière de se tenir en scène, droite et fière (sa mère lui disait : “Souviens-toi, lorsque tu entres en scène, tu laisses déjà une impression, avant même d’avoir ouvert la bouche“), le recueillement émanant de l’être tout entier, la sérénité du visage aux yeux souvent fermés, le regard tourné vers l’intérieur comme pour mieux explorer les tréfonds de l’âme, la chaleur rayonnante des notes graves et profondes, rondes, veloutées, éveillent en chaque auditeur un sentiment de bonheur apaisé. Le public est fasciné par le charisme de l’artiste, par sa dignité, par l’aisance de son art, chaleureux, captivant, bouleversant (7). Les compte-rendus de ses récitals font régulièrement état de ces qualités, les mots “digne, royale, sereine, sincère, majestueuse” reviennent sans cesse sous la plume des chroniqueurs, et ceci très tôt dans la carrière de la jeune chanteuse. Dans un article du New York Age, en date du 7 août 1920, le critique Lucien H. White écrit : “Le chant de Marian Anderson a été pour moi une surprise, non pas uniquement pour la maîtrise de son art, car il lui reste encore un pas à franchir avant d’atteindre la maturité artistique, mais pour l’éclat pur et naturel de sa voix. J’ai entendu bien des contraltos merveilleuses, mais jamais un organe vocal comparable à celui de cette jeune femme.” La jeune Marian Anderson possède en effet très tôt une voix exceptionnelle. C’est à l’Union Baptist Church, l’église de son père, que se forme sa voix. Toute petite, elle entre dans le choeur des juniors et ne tarde pas à chanter en soliste les hymnes de la liturgie. Adolescente, elle intègre le chœur des seniors dans lequel elle chante les parties d’alto, mais aussi à l’occasion celles de soprano ou de ténor et même, parfois, celles de basse, transcrites une octave plus haut. Son registre exceptionnellement étendu couvre trois octaves.

On la surnomme affectueusement le “bébé contralto”, et bien vite sa réputation dépasse le cadre strict de son église. La musique est au coeur de ses préoccupations. Enfant, elle s’exerce sur un violon décroché au mont-de-piété, puis sur un piano d’occasion dont elle apprend à jouer en autodidacte, avec ses soeurs. Pourtant, pour subvenir aux besoins de sa famille (son père décède alors qu’elle est encore très jeune), Marian doit se résoudre à suivre un enseignement pratique dans une branche technique, pour éventuellement accéder à un emploi de secrétariat. Cependant, reconnue déjà dans sa communauté pour ses talents exceptionnels, elle est remarquée par la soprano Mary Sanders Patterson, qui lui dispense gracieusement des cours de technique vocale, avant de la recommander à la contralto Agnes Reifsnyder, qui lui fera travailler les registres médium et grave de la voix. Par la suite, elle suit pendant plusieurs années l’enseignement du professeur de chant Giuseppe Boghetti, fort prisé en son temps. Les cours de Marian sont financés en partie par un concert organisé à son profit par son église, avec la participation du grand ténor Roland Hayes, un artiste qu’elle admire profondément. Dès la fin des années dix, Marian Anderson donne ses premiers récitals. Elle s’accompagne d’abord elle-même au piano, puis bénéficie de l’accompagnement du pianiste William King. Dès ses premiers concerts, Marian Anderson mêle aux mélodies classiques européennes quelques airs de negro spirituals hérités de son église et de sa communauté.

Ces mélodies remontant au temps de l’esclavage, élaborées en grande partie au début du 19e siècle, sont arrangées et codifiées par plusieurs compositeurs africains-américains de renom, dont Harry Thacker Burleigh, dès la fin de ce même siècle (voir coffret Negro Spirituals : La tradition de concert, FA 168). Marian Anderson reçoit les encouragements de Burleigh, et de R. Nathaniel Dett, autre célèbre compositeur et arrangeur africain-américain. Son héri­tage, elle l’assume entièrement et avec fierté : ses premiers enregistrements, en 1924, seront des negro spirituals, et elle ne cessera d’en enregistrer jusqu’à la fin de sa carrière : un de ses derniers albums pour RCA Victor contient un programme entier de ces populaires spirituals, gravés en 1961 et 1964 (8).Si elle chante les compositeurs baroques Bach et Haendel avec émotion, les romantiques Schubert, Schumann, Brahms avec passion, les italiens Scarlatti et Verdi avec brio, le nordique Sibelius avec chaleur, c’est dans le negro spiritual, le chant de son peuple, qu’elle révèle toute la profondeur de son âme. Le présent programme est entièrement consacré à cet aspect quintessentiel de l’art de la contralto. Le premier titre, “Nobody Knows De Trouble I’ve Seen”, est le plus ancien témoignage enregistré de la carrière de Marian Anderson. Sa voix est légère, aérienne. L’artiste, alors âgée de vingt-sept ans, n’a pas encore developpé la densité, la profondeur et le velouté de son timbre, déjà tellement en évidence dans le “Deep River” gravé quelques années plus tard, en 1929. Les grandes capacités vocales de l’artiste lui permettent, d’un morceau à l’autre, de chanter aussi bien dans une tessiture de soprano (“Heav’n Heav’n”, “My Soul’s Been Anchored In The Lord”) que dans une tessiture de contralto (“Trampin’”, “Poor Me”), et de passer de l’une à l’autre au cours d’une même interprétation, comme le montre son enregistrement du thème “Oh What A Beautiful City”.

Dans la plupart des negro spirituals enregistrés par Marian Anderson, l’accompagnement, sobre, est assuré par un pianiste, tout comme le sont le plus souvent les mélodies, les lieder ou les art songs classiques. La présente anthologie fait entendre les trois pianistes accompagnateurs qui ont le plus compté dans la carrière de la chanteuse : William King, le pianiste africain-américain de ses débuts; le finlandais Kosti Vehanen, qu’elle gardera avec elle pour ses tournées américaines en raison de ses grandes capacités de musicien, au risque de s’attirer des ennuis de la part des racistes sudistes opposés à la mixité des races à la scène; et Franz Rupp, un pianiste ayant fui l’Allemagne nazie, qui restera aux côtés de la chanteuse de 1940 jusqu’à à la fin de sa carrière officielle, en 1965. Les negro spirituals avec accompagnement orchestraux sont plus rares. Dans ses tout premiers disques, la jeune artiste est accompagnée d’un orchestre dirigé par Joseph Pasternack. Les limitations de l’enregistrement acoustique de l’époque donnent à l’interprétation un petit côté désuet qui ne manque cependant pas de charme. Dans les années quarante, des enregistrements de concerts réalisés par différentes radios permettent d’entendre Marian accompagnée d’orchestres plus prestigieux, tel le San Fransisco Symphony Orchestra, dirigé par Pierre Monteux. Le “Sometimes I Feel Like A Motherless Child” qui conclut cette anthologie, un enregistrement public réalisé en 1949 au Hollywood Bowl de Los Angeles pour la radio, est un poignant témoignage d’une collaboration entre un chef prestigieux et une artiste dont la voix magique continue aujourd’hui encore à éveiller au plus profond de chaque être l’émotion vraie que seuls les artistes authentiques ont le don de faire éclore.     
François-Xavier Moulé.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/    GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2000

Notes :
(1) L’année de naissance de Marian Anderson a longtemps été acceptée, par l’artiste elle-même d’ailleurs, comme étant 1902, parfois 1900... Le certificat de naissance de la chanteuse, retrouvé après son décès, révèle que le 27 février 1897 en est la date exacte.
(2) L’événement a été largement relaté dans tous les quotidiens de l’époque, souvent à la une. Le Schomburg Center for Research in Black Culture a compilé un index de 12.000 extraits de presse relatifs à l’incident.
(3) Les mots de Toscanini sont généralement rapportés ainsi : “Une voix comme la vôtre n’est donnée à entendre qu’une fois tous les cent ans”, mais le pianiste Kosti Vehanen dans ses souvenirs publiés en 1941 affirme que les paroles du chef d’orchestre ont plutôt été “Ce que j’ai entendu aujourd’hui...” (“What I heard today...”), et non seulement “la voix”, considérant ainsi l’art de Marian Anderson dans sa globalité.  
(4) Quelques unes des interprétations classiques de Marian Anderson (Bach, Haendel, Schubert, Schumann, Brahms, dont la “Symphonie pour alto”, Rachmaninoff, Verdi) sont regroupées dans la réédition CD RCA GD87911 (Rca Victor Vocal Series), publié en 1989. 
(5) Les souvenirs de Sol Hurok, impresario de Marian Anderson et autres artistes tels que Anna Pavlova et Benny Goodman, ont été publiés sous le titre Impresario : A Memoir, New York : Random House, 1946.
(6) “The Lady From Philadelphia”, le film produit par Edward R. Murrow et Fred W. Friendly, a été présenté par la chaine de télévision CBS le 30 décembre 1957, dans la série “See It Now”, et la bande-son originale du programme publiée en album microsillon Rca Victor LM-2212, en 1958 (non réédité).
(7)  Le meilleur témoignage visuel de l’art de Marian Anderson en concert reste le film tourné en 1953 par le cinéaste Jules Dassin, dans la série télévisée américaine “Meet The Masters”. On y entend l’artiste au Town Hall en 1935, et, brièvement, au pied du Lincoln Memorial en 1939, ainsi qu’un long extrait d’un récital donné au début des années cinquante avec Franz Rupp, et dans lequel elle chante un poignant “Crucifixion” (“He Never Said A Mumblin’ Word“) et autres negro spirituals. 
(8) “He’s Got The Whole World In His Hands : Spirituals”, réédition CD RCA/BMG 09026 61960 2, publiée en 1994.


Remerciements pour son précieux apport de documents à Mme Patricia Turner, Indianapolis, USA, auteur du Dictionary of Afro-American Performers, New York & London, Garland Publishing, 1990, et du chapitre Marian Anderson, dans Notable Black American Women (Jessie Carney Smith, editor), Detroit & London, Gale Research Inc., 1992.  

BIBLIOGRAPHIE
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Broadwater, Andrea. Marian Anderson : Singer and Humanitarian. (due out in 2000).
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Dobrin, Arnold. Voices Of Joy, Voices Of Freedom : Ethel Waters, Sammy Davis, Jr., Marian Anderson, Paul Robeson, Lena Horne. New York : Coward, McCann & Geoghegan, 1972.
Ferris, Jeri. What I Had Was Singing : The Story of Marian Anderson. Minneapolis : Carolrhoda Books, 1994 (young readers).
Hurok, Sol & Goode, Ruth. Impresario : A Memoir. New York : Random House, 1946
McKissack, Pat. Marian Anderson : A Great Singer (in “Great African Americans” series). Enslow Publishers, Inc., 1991 (young readers).
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Westlake, Neda M. & Albrecht, Otto E. Marian Anderson : A Catalog of the Collection at the University of Pennsylvania Library. Philadelphia : University of Pennsylvania Press, 1981.

english notes
The voice of a black woman in America.Marian Anderson, “The Lady from Philadelphia”, has remained to this day a potent symbol of achievement for the African-American community, a strong voice in the universal concert of those who have contributed through their art and actions to social progress. The importance of this great artist has to be measured as much in a musical context, through an art expressed with much sensitivity and deep emotion, as in a social context, in the light of a struggling community fighting to be granted the most basic rights.Although she was regarded as one of the most talented contralto singers of her time, Marian Anderson, like the majority of black people in her day, had to fight against the toughest racial prejudices. Like many of her contemporaries, she was humiliated in her own country, but met abroad with all the honours owed to her towering talent as a vocalist. When, after a successful concert at the Lewisohn Stadium with the Philharmonic Orchestra, she decided to improve her vocal technique and tried to enroll in a music school in Philadelphia, she was met with refusal : “We don’t take colored people”. The artist would have to face such discrimination more than once, the best documented instance being the infamous Daughters of the American Revolution (D.A.R.) controversy, in February 1939. When Marian’s agent tried to book her for a concert in Constitution Hall, a venue owned by the D.A.R., the latter turned her down, out of sheer racial discrimination, and despite the fact that Anderson was now a nationally and internationally renowned artist. But that was legally permissable in Washington, at the time a segregated city. The 1939 Anderson-D.A.R. controversy brought about the resignation of Eleanor Roosevelt, the President’s wife, from the association and a free concert was organized at the Lincoln Memorial on Easter Sunday, 9 April, with the help of Harold Ickes, then Secretary of the Interior. An audience of seventy-five thousand attended the concert, including congressmen and Supreme Court judges. In July 1939, Marian Anderson was awarded the NAACP’s Spingarn Medal by Eleanor Roosevelt, one of the first of the many awards and prizes she was to be honoured with in the course of her life.

Fortunately counterbalancing this sadly all-too-common segregationist behaviour, however, was the admiration and praise of many a personality from the music world who recognised Marian Anderson as a first-rate artist and an exceptional human being. During her first extended European tour, in 1930-31, she gave, with her Finnish accompanist Kosti Vehanan, more than a hundred recitals in Scandinavia. She performed songs by northern composers, including some by Jan Sibelius for whom she had the opportunity to sing. Greatly impressed, the great Finnish composer declared : “My roof is too low for you”, and dedicated one of his pieces, “Solitude”, to her. A few years later she met the Italian maestro Arturo Toscanini who, on hearing her sing, pronounced the oft-quoted words : “What I heard today one is privileged to hear only once in a hundred years”. She sang in London, was acclaimed in Berlin, and in Vienna sang Brahms’ “Alt Rhapsody” under Bruno Walter. Although Marian Anderson was still the victim of discrimination in many parts of her own country, America was now aware of her exceptional artistry. While singing at the “Salle Gaveau” in Paris, she met Sol Hurok, a renowned impresario who was to represent her throughout her career. The concert Hurok organized for her at New York’s Town Hall on December 30 1935 was an enormous success, as was the concert at Carnegie Hall the following January. In 1938, she gave over seventy recitals in the States alone. In 1949, after the storms of the war were over, Marian Anderson resumed touring in Europe and, in the fifties, sang in South America, Japan and Israel. In 1955, she was the first African-American artist to be admitted onto the stage of the Metropolitan Opera House, where she sang the part of Ulrica, from Verdi’s Un Ballo in Maschera. The event was a major breakthrough in the history of the black American community, and the date of January 7 1955 became as symbolically meaningful as that of April 9 1939.

In the Autumn of 1957, Marian Anderson was sent by the US State Department as a goodwill ambassador to India and the Far-East, where she performed twenty-four recitals in fourteen different countries. In 1958 she was named by President Eisenhower as a member of the Human Rights Committee at the United Nations, and she sang at President Kennedy’s inauguration in January 1961. She sang in Australia for the first time in 1962 and started an extensive farewell tour of four continents in October 1964. Ironically, she gave the first recital of the tour at that same Constitution Hall, in Washington D.C., that had refused her access a quarter of a century earlier. And the tour was triumphantly concluded at Carnegie Hall, New York, on another Easter Sunday, 18 April 1965.

An art of spirituality
Beyond the symbolic aspect of the black woman struggling to make her way in a hostile environment, Marian Anderson is revealed as a complete artist fully committed to her art. She possessed one of the richest contralto voices of her time, and she was graced with one of the most endearing personalities. On stage, she stood straight and proud, her face radiating serenity, her eyes often closed, as if exploring the depths of her soul. The deep tone of her voice, warm and velvety, kept the listener in a state of ecstatic happiness. Audiences were fascinated by Marian’s charisma, dignity and captivating artistry. Reviews of her recitals constantly emphasized her regal demeanour and the fascination which the sheer beauty of her voice exerted on the public. As early as 1920, a writer in the New York Age commented : “I have heard some wonderful contraltos, but not yet has there come within my ken such an organ as this girl possesses”.

Marian Anderson’s voice was exceptional from a very early age. As a child, she sang as a soloist in the junior choir of the Union Baptist Church, and aged thirteen, she joined the senior choir in which she usually sang alto, but also soprano, tenor and even, occasionally, bass parts, transcribed one octave higher. Her voice covered an exceptional range of three octaves, she became rapidly known as “the baby contralto” and her ability was soon recognized outside church, throughout her community. Music was at the centre of her life, and she taught herself to play the piano. But, times being hard for her recently-widowed mother, Marian had to go to secretarial college in order to get a job to assist her family. She carried on singing, and was offered free vocal lessons by soprano Mary Saunders Patterson, and later by contralto Agnes Reifsnyder with whose help she developed the medium and low registers of her voice. Some time later, she started taking lessons with Giuseppe Boghetti, a well-known and busy teacher, her tuition being paid for by the profit  of a concert sponsored by her church with the famous tenor Roland Hayes. Marian Anderson gave her first recitals at the end of the 1910s. At first she played her own piano accompaniment, but was later on accompanied by William King. From the outset her recitals mixed European art songs and negro spirituals, an art form inherited from the time of slavery. The negro spiritual was born around the beginning of the 19th century, and from the end of that century on, was arranged by African-American musicians and composers such as Harry T. Burleigh (see Negro Spirituals : The Concert Tradition, Frémeaux & Associés FA 168). Marian Anderson was encouraged in her choice by Burleigh himself, and other arrangers such as R. Nathaniel Dett. She was proud of her musical heritage and never gave up recording negro spirituals throughout her career, from her first recording in 1924 to one of her last recording sessions in 1964.

Although Marian Anderson’s art is to be heard at its best in her renditions of lieder by Schubert, Brahms and Sibelius, or in European sacred works by Bach, Handel or Mendelssohn, it is perhaps at its most moving and powerful when she sings the soulful negro spirituals of her people. The programme contained in this album is entirely devoted to this quintessential aspect of the art of the great contralto. The first spiritual, “Nobody Knows”, from 1924, is the oldest recording made by Marian Anderson. Her voice is still light, the artist, aged twenty-seven, hasn’t yet acquired the profound and velvety quality displayed on “Deep River”, recorded a few years later, in 1929. The wide range of her voice allows her to sing soprano in some pieces (“Heav’n Heav’n”), contralto in others (“Trampin’”), and both alternately within the same piece (“Oh What A Beautiful City”). In most of her recordings of negro spirituals, Marian Andrson is accompanied by a pianist only, as is the case with most classical art songs. In this anthology, one can hear the three pianists who accompanied the singer throughout most of her career : William King, the African-American pianist of her early years; Kosti Vehanen, from Finland, whom Marian Anderson had met in Europe and with whom she performed all through the thirties, prizing his musical abilities, in the face of criticism from those, black and white alike, who felt she should stick to “her own kind”; and Franz Rupp, the German musician who had fled Nazi Germany and who was to remain with her for a quarter of a century, from 1940 until her official retirement in 1965. Recordings of negro spirituals with full orchestras are not very common, but in her first recordings of 1924, Marian Anderson was accompanied by one such symphonic orchestra, conducted by Joseph Pasternack, which was quite exceptional for the time. In the forties, some broadcast recordings were made of concerts in which Marian Anderson was sometimes accompanied by prestigious orchestras, such as the San Francisco Symphony Orchestra under the baton of Pierre Monteux. The recording of “Sometimes I Feel Like A Motherless Child” which concludes this set is a befitting example of the collaboration between a renowned conductor and an artist whose magical voice still awakes today in every listener the deep feelings that only true artists are gifted enough to re­lease.
Adapted and translated by François-Xavier Moulé and Camilla Elworthy.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/  GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2000

DISCOGRAPHIE
1 - “Nobody Knows De Trouble I’ve Seen” (arr. Lawrence Brown)
 2’42acc. Orchestra, dir. Joseph Pasternackrec. c. mai 1924 - Victor 19560A (acoustic recording)
2 - “Deep River” (arr. Harry T. Burleigh)       
2’4 acc. William King, pianorec. date : c. 1929 - HMV B 2828A (Bb 14284-2)
3 - “Heav’n Heav’n” (arr. Harry T. Burleigh)            2’14
acc. William King, pianorec. date : c. 1929 - HMV B 2828B (Bb 14285-2)
4 - “City Called Heaven” (arr. Johnson)     4’45
acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : c. 1936 (published April 1936) - Victor 8958A
5 - “Go Down, Moses” (arr. Harry T. Burleigh)   2’55
acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : prob. Paris, c. 1936 (published 1937) - HMV D.A.1560 (OA 99537)
6 - “My Soul’s Been Anchored In The Lord” (arr. Florence Price) 2’13
acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : prob. Paris, c. 1936 (published 1937) - HMV D.A. 1560 (OA 99538)
7 - “Sometimes I Feel Like A Motherless Child” (arr. Lawrence Brown)            3’25
acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : 13 November 1936 - HMV D.A. 1597 (OLA 2187-1)
8 - “Dere’s No Hidin’ Place Down Dere/Ev’ry Time I Feel The Spirit”    2’30
(arr. Lawrence Brown)acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : 13 November 1936 - HMV D.A. 1597 (OLA 2190-1)
9 - “I Know The Lord Laid His Hands On Me” (arr. Lawrence Brown)        1’58
acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : c. 1938 (published September 1938) - HMV D.A. 1669 (OLA 2303-1)
10 - “Trampin’” (arr. Edward Boatner)            2’58acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : c. 1938 (published September 1938)
- HMV D.A. 1669
11 - “I Can’t Stay Away” (arr. Roland Hayes)      2’23acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : Paris, 13 November 1936 (published 1938) - HMV D.A. 1670 (mx. OLA 2188-1)
12 - “Were You There ?” (arr. Harry T. Burleigh)        3’26acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : Paris, 13 November 1936 (published 1938) - HMV D.A. 1670 (mx. OLA 2189-2)
13 - “I Don’t Feel No Ways Tired” (arr. Harry T. Burleigh)          2’17acc. Kosti Vehanen, pianorec. date : Paris, November 1938 (published 1939) - HMV D.A. 1676 (mx. OLA 2830-1)
14 - “Let Us Break Bread Together” (arr. Lawrence)        2’06acc. Kosti Vehanen, pianorec. date unknown (published March 1943) - HMV D.A. 1846 (mx. OA 066375)
15 - “Oh, What A Beautiful City” (arr. Edward Boatner) 2’10acc. Kosti Vehanen, pianorec. date unknown (published March 1943) - HMV D.A. 1846 (mx. OA 066354)
16 - “Poor Me” (arr.  R. Nathaniel Dett) 3’57acc. Franz Rupp, pianorec. date unknown (published May 1947) - RCA Victor 10-1278A
17 - “Hold On” (arr. Hall Johnson)  2’22acc. Franz Rupp, pianorec. date unknown (published May 1947) - RCA Victor 10-1278B
18 - “Sometimes I Feel Like A Motherless Child”       3’22acc. San Francisco Symphony Orchestra, cond. Pierre MonteuxHollywood Bowl, Los Angeles, 13 mars 1949 (from broadcast)
All traditionals. 
Other sides of 78rpm Victor 19560 (“My Lord What A Mornin’“), Victor 8958 (“Lord I Can’t Stay Away/Heav’n Heav’n“) and HMV D.A. 1676 (“Deep River“) in anthology Negro Spirituals 1909-1948, Frémeaux & Associés FA 168.

CD Marian Anderson © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 NOBODY KNOWS THE TROUBLE I VE SEEN - ANDERSON02'45
02 DEEP RIVER - ANDERSON02'42
03 HEAV N HEAV N - ANDERSON02'17
04 CITY CALLED HEAVEN - ANDERSON04'47
05 GO DOWN MOSES - ANDERSON02'57
06 MY SOUL S BEEN ANCHORED IN THE LORD - ANDERSON02'15
07 SOMETIMES I FEEL LIKE A MOTHERLESS CHILD 1 - ANDERSON03'27
08 DERE S NO HIDIN PLACE DOWN DERE EV RY TIME I FEEL - ANDERSON02'32
09 I KNOW THE LORD LAID HIS HANDS ON ME - ANDERSON02'00
10 TRAMPIN - ANDERSON03'00
11 I CAN T STAY AWAY - ANDERSON02'25
12 WERE YOU THERE - ANDERSON03'29
13 I DON T FEEL NO WAYS TIRED - ANDERSON02'20
14 LET US BREAK BREAD TOGETHER - ANDERSON02'08
15 OH WHAT A BEAUTIFUL CITY - ANDERSON02'13
16 POOR ME - ANDERSON04'00
17 HOLD ON - ANDERSON02'25
18 SOMETIMES I FEEL LIKE A MOTHERLESS CHILD 2 - ANDERSON03'21
"Marian Anderson" par Ecouter Voir

“S’il est une artiste de couleur dont la carrière est métissée, c’est bien Marian Anderson qui aura autant fréquenté Bach, Haendel, Schubert, Verdi ou Sibelius que le spiritual. Aujourd’hui, on appréciera plus objectivement l’étendue de ses moyens vocaux (“le privilège d’entendre ce que j’ai entendu aujourd’hui ne nous est accordé qu’une fois tous les cent ans”. Toscanini). Les dix-huit spirituals qui composent cet album permettent de juger de l’étendue des moyens de la cantatrice, de l’évolution de sa voix sur un quart de siècle. Un vrai disque patrimonial.” Michel SINEUX, ÉCOUTER VOIR




Distinction "3 Coeurs" Le Nouvel Observateur

« Une voix comme la vôtre n’est donnée à entre qu’une fois tous les cent ans ! » s’exclama un jour Toscanini, admiratif. ... » B. L. – LE NOUVEL OBSERVATEUR. Ce disque a reçu la distinction ♥♥♥ Le Nouvel Observateur


« Une voix comme la vôtre n’est donnée à entre qu’une fois tous les cent ans ! » s’exclama un jour Toscanini, admiratif. Mais Marian Anderson (1897-1993), une des plus belles contraltos du XXème siècle, aura également incarné avec une dignité et un courage admirables, le combat des Noirs américains pour en finir avec le racisme et l’oppression. Abordés ici dans la tradition de concert, la Dame de Philadelphie illumine quelques-uns de ces chants sacrés où vibrent les souffrances et les espoirs de tout un peuple. Sublime. » B. L. – LE NOUVEL OBSERVATEUR. Ce disque a reçu la distinction ♥♥♥ Le Nouvel Observateur




* * * * Blues & Co

« ... Collectionneurs et amateurs saisissez cette opportunité. Livret documentaire de François-Xavier Moulé. » BLUES & CO. Ce disque a reçu la distinction * * * * Blues & Co


« De la soul au negro spirituals, il n’y a qu’un pas, que je franchis allègrement. Frémeaux poursuit la réédition des voix classiques noires du negro spiritual, avec cette seconde livraison. La célèbre contre-alto Marian Anderson, femme américaine d’exception révérée pour sa dimension humaine autant que pour son art, brille dans un répertoire à la mesure de son âme, celui du negro spiritual. Collectionneurs et amateurs saisissez cette opportunité. Livret documentaire de François-Xavier Moulé. » BLUES & CO. Ce disque a reçu la distinction * * * * Blues & Co




* * * Blues Magazine

« (…) Au croisement de la musique lyrique et de la musique blues, ce disque est à conseiller ou à offrir à vos amis inconditionnels de la musique classique afin de les convertir, ou les amener, à votre musique préférée. Comme pour toutes les productions de Frémeaux & Associés, le CD est accompagné d’un livret en français qui relate la vie de Marian Anderson, la ‘‘Dame de Philadelphie’’. » Bernard MONNOT – BLUES MAGAZINE. Ce disque a reçu la distinction * * * Blues Magazine




Sélection Jazz Notes

« La grande "Dame de Philadelphie", comme elle avait été surnommée, est une des plus talentueuses voix de contralto de l’époque, qui fut ambassadrice de bonne volonté, ainsi que déléguée au Comité des Droits de l’homme aux Nations Unies. ...» JAZZ NOTES. Ce disque a reçu la distinction Sélection Jazz Notes


« La grande "Dame de Philadelphie", comme elle avait été surnommée, est une des plus talentueuses voix de contralto de l’époque, qui fut ambassadrice de bonne volonté, ainsi que déléguée au Comité des Droits de l’homme aux Nations Unies. Bref, une reconnaissance tout à fait méritée. Elle interprète pour notre plus grand plaisir 18 negro spirituals dans la période de 1924 à 1949, avec son pianiste William King ou Kosti Vehanen et, pour finir, Franz Rupp. Une voix unique, d’une grande profondeur, avec un velouté de timbre qui lui permettra aussi d’interpréter : Bach, Haendel, Scarlati, Verdi et autres. Mais, c’est dans la musique de son peuple qu’elle démontra toute la grandeur de son âme. Ce CD est un témoignage de son Grand Art. Notes éclairées de François-Xavier Moulé. » JAZZ NOTES. Ce disque a reçu la distinction Sélection Jazz Notes




"Une personnalité hors du commun" par Jazz Magazine

« Jusqu’à Marian Anderson, les chanteuses afro-américaines avaient été condamnées, quels qu’aient été leur formation et leur talent au vaudeville et à tous les dérivés des Minstrel Shows. ... » Denis-Constant MARTIN – JAZZ MAGAZINE


« Jusqu’à Marian Anderson, les chanteuses afro-américaines avaient été condamnées, quels qu’aient été leur formation et leur talent au vaudeville et à tous les dérivés des Minstrel Shows. Dans les années 1890, Sissieretta Jones, surnommée "The Black Patti" par référence à la soprano italienne Adelina Patti, dut se résoudre à créer une troupe de "troubadours" et à monter des "variety shows". L’intégrité artistique qu’elle parvint à y déployer ouvrit le chemin à Marian Anderson. Celle-ci, en dépit du racisme, de la bêtise des filles de la révolution américaine qui lui interdirent en 1939 Constitution Hall, parvint à se faire reconnaître comme cantatrice à part entière. Il lui fallut une personnalité hors du commun (que présente bien le livret de François-Xavier Moulé) et un art musical exceptionnel. C’est-à-dire autre chose que des dons – timbre, tessiture – rares et de la technique – projection, clarté de diction : une qualité d’interprétation qui transfigure la musique et les textes. Ce que Marian Anderson mit au service de Brahms, Sibelius ou Verdi, elle l’appliqua également aux spirituals tels qu’arrangés par Harry T. Burleigh, Roland Hayes ou Hall Johnson. Parce qu’elle les traitait comme des "mélodies", parce qu’elle les investissait à la fois de l’émotion propre aux grandes chanteuses (à l’instar de Kathleen Ferrier) et de l’espérance tragique issue de son expérience personnelle, elle y fit entendre des richesses insoupçonnées. En ce sens, elle ne s’oppose nullement à Mahalia Jackson, Clara Ward ou Marion Williams, lorsqu’elles chantent le même répertoire, mais les complète admirablement. » Denis-Constant MARTIN – JAZZ MAGAZINE