LA GLOIRE DE L'OPERETTE

1922 - 1937

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Livret : 40 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA189

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Les noms d’Yvonne Printemps, André Baugé, Marcelle Denya, Roger Bourdin, Ninon Vallin, Urban, Edmée Favart, Georges Milton... font briller en lettres de feu les grandes heures de la Gloire de l’Opérette d’entre les deux guerres. Retrouvons-les ici enfin réunis pour notre plus grand plaisir, et aimons.
Un coffret de 2 CD sous la direction de Jean Yves Patte accompagné d'un livret de 40 pages préfacé par Jacques Rouchouse.
Patrick Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés."

LA GLOIRE DE L’OPÉRETTE 1922-1937 FA 189

LA GLOIRE DE L’OPÉRETTE
1922-1937 

Direction : Jean-Yves Patte
Préface : Jacques Rouchouse







Préface
Histoire, historiette; musique, musiquette; chanson, chansonnette; ... opéra, opérette! Le mot est lâché, et voilà pourquoi l’opérette a longtemps souffert d’une dénomination dévalorisante, qui la place à un niveau inférieur. Voilà pourquoi certains la regardent et la traitent avec condescendance : pour eux, l’opérette est du “sous-opéra”, un sous-produit, une musique “au rabais”.L’opérette est victime des mêmes stupides préjugés que le théâtre de boulevard par rapport au théâtre classique. Or, comparer Feydeau à Racine, décréter que l’un est supérieur à l’autre, est aussi sot que de comparer un Bordeaux à un Champagne!Il n’y a pas d’œuvres “mineures”, il n’y a que des œuvres réussies, ou ratées.Une des meilleures définitions de l’opérette est peut-être celle qu’en donne Robert de Flers (de l’Académie Française, s’il vous plaît!); le co-auteur de “Ciboulette” écrivait, en 1924 “... C’est une chose composite et très simple, légère et qui peut pourtant être profonde, une chose qui ne se confine dans aucun domaine, qui déteste toute règle, qui entend bien aller où bon lui chante, par les routes quelquefois, plus souvent par les sentiers capricieux, et qui va de la fantaisie à la réalité, de la folie à la mélancolie, du souvenir à la parodie. L’opérette est un peu la petite bohémienne de l’Art Dramatique...”.L’opérette est donc un genre à part entière, qui correspond à un “état d’esprit”, un aspect du caractère humain, lequel pouvant être tantôt grave et sérieux, tantôt gai et enjoué. Ainsi, à chaque “variante” de nos humeurs correspond une catégorie de spectacle. Et il va sans dire que cette particularité de la nature humaine remonte à... la nuit des temps!

Et que, si l’opérette s’est développée comme genre théâtral au milieu du XIXe siècle, elle existait depuis toujours, dans l’esprit sinon dans la forme.Déjà, Aristophane, dans “Les oiseaux” ou “Lysistrata”, donnait une place importante au rire, à la farce, et à la musique... futurs “ingrédients” de l’opérette!On n’en refera pas ici l’Histoire! On rappelera seulement qu’elle a des origines disparates – ce qui lui donne cette “beauté du diable”, que l’on observe chez certains enfants conçus “hors ménage”! – et que, parmi ses aïeux, on trouve un peu tous les genres : les intermèdes, la parodie, l’opéra buffa, l’opéra comique (l’opéra “rendu comique”) descendant lui-même des intermèdes...On ne saurait mieux expliciter les choses qu’en relisant Jean-Jacques Rousseau, qui écrit, en 1771, que l’intermède est une “... pièce de musique ou de danse qu’on enserre à l’Opéra entre les actes d’une grande pièce pour égayer et reposer en quelque sorte l’esprit du spectateur attristé par le tragique et le tendre souci des grands intérêts”.Le piquant de l’histoire, c’est qu’une grande partie du public – le futur public de l’opérette! – celui qui aime rire et se détendre, va se mettre à préférer ces fameux intermèdes, qui auront bientôt davantage de succès que la pièce elle-même!... Ils se développeront, jusqu’à devenir l’opéra buffa...On n’oubliera pas que les premières opérettes (avant de porter ce nom) seront inventées vers 1840 par Hervé, avec les fous de l’asile de Bicêtre, ce qui vaudra à leur auteur le surnom de “compositeur toqué”... : l’opérette, fille de la folie!Hervé, en son théâtre des “Folies concertantes” – les biens-nommées! –, Offenbach en son théâtre des “Bouffes-Parisiens” inauguré en 1855, vont donner au genre ses lettres de noblesse, et parodier à qui mieux mieux le Pouvoir, les Instituttions, brocarder les puissants, ridiculiser les bourgeois parvenus... tout cela, bien souvent, par le truchement des personnages de la Mythologie ou de l’Histoire.

Ainsi, l’opérette, que l’on a si souvent taxée de “bourgeoise”, était bien plutôt révolutionnaire! Par le rire et la dérision, ce “bouffon du Roi” pouvait tout se permettre!Evoluant sans cesse – et la “comédie musicale” actuelle n’est que le dernier avatar –, l’opérette saura toujours saisir les goûts du public versatile, capter les musiques dans l’air du temps, et s’adapter aux circonstances.L’évolution sera plus évidente à l’issue de chaque conflit : guerre de 1870, guerre de 14/18, guerre de 39/45... périodes créant un besoin de défoulement, et appelant “du nouveau”.Après la guerre de 14/18, on va pratiquement assister à un retour aux modestes origines de l’opérette, davantage par la force des choses, que par un choix délibéré des auteurs.Or, la pénurie de moyens – qui pouvait sembler être un handicap – va, en fait, contribuer à la naissance d’un genre nouveau. Un auteur de revues, Eugène Héros, avait pressenti la chose, lui qui écrivait, dès 1913 : “Il n’y a plus d’airs dans les nouvelles opérettes françaises; il n’y a plus le refrain que l’on chante à la sortie, et ce refrain s’est réfugié au concert. Oui, les compositeurs de la chanson... ont la grâce, le charme, l’esprit et surtout la verve. C’est de leur milieu que sortira, un soir, une opérette réussie, lorsque l’un d’eux aura appris le métier dramatique...” Une transfusion sera vitale et salutaire pour l’opérette – sérieusement  concurrencée par l’opérette viennoise! –, et le “sang nouveau” va être le jazz.Maurice Yvain surtout, Christiné et leurs émules, auront le mérite de “franciser” ces rythmes venus d’ailleurs, y ajoutant, selon Yvain lui-même, “un petit je n’sais quoi de chez nous, un peu de parfum de Paris...

”On retrouve toute cette époque dans le présent album, qui offre un éventail varié de ce que l’on pouvait applaudir à Paris, et ailleurs aussi!, dans des répertoires aussi divers que l’opérette “classique”, “légère”, “viennoise”, “américaine”... et même “marseillaise”.Quant aux interprètes, ils viennent d’horizons différents, que ce soit l’Opéra, l’Opéra Comique, le Music-Hall, ou encore le théâtre de boulevard.On insistera, pour terminer, sur la rareté de ces documents exceptionnels : certains même sont uniques. Connaissiez-vous l’opérette “Beaumarchais”, où l’on découvre un André Baugé chanteur et aussi... librettiste?Avez-vous souvent entendu Cloerec-Maupas? Robert Couzinou? Et Georgel dans l’opérette? Moi, non!Sans citer tous ces noms de la “légende”, Edmée Favart, amie de Sacha Guitry, Henri Defreyn, créateur de “Ciboulette”, et aussi de “La veuve joyeuse”, et encore Urban, qui créa “Phi-Phi”... on rêve!Le dernier mot sera pour saluer ceux que l’on oublie trop souvent, et qui furent pour beaucoup dans le succès – et la pérennité – de ces opérettes : les auteurs des livrets! De “Sacha”, de Rip, de Robert de Flers, de Caillavet, Saint-Granier, jusqu’à Albert Willemetz, que l’on surnomma “le Prince des lyrics”! Que du “Haut-de-gamme”, croyez-moi!Un feu d’artifice se termine, comme il se doit, par le bouquet : ici, c’est “Cocktail Pathé”, un document unique, une opérette à lui tout seul!
Jacques Rouchouse
auteur du “Que sais-je?” sur l’opérette aux P.U.F. en 1999.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2000

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Véritable gloire du répertoire léger, Yvonne Printemps, qui fut un temps Madame Guitry, est aussi un des phares de l’élégance parisienne du commencement des années 1930.Si l'on s'en tient à l'étymologie, l'opérette est un opéra miniature. C'est du moins ce qu'avaient décidé les musiciens du XVIIè s. Mais c'est réducteur, comme l'indique d'ailleurs cette terminaison en "ette"! Car l'opérette n'est pas qu'un opéra plus petit, c'est aussi un spectacle où, comme à l'opéra comique depuis le XVIIIè s., se mêlent les airs chantés et les scènes parlées.Et surtout, constante remarquable, c'est une formule qui, depuis plus de deux siècles, fait courir les foules. On vient applaudir ces spectacles agréables, facétieux et féeriques qui invitent au rêve. Loin de la pompe des amours - toujours complexes - des dieux et des déesses d'une lointaine et très codifiée Olympe mythologique, on s'inquiète et l'on soupire pour des amants que tout semble s'acharner à séparer.L'opérette classique se développe surtout au XIXè s. sous l'impulsion d'Offenbach, Lecocq, Massé, Varney et tant d'autres… Elle invite le spectateur à s'approcher, en musique, des sentiments des protagonistes. Certes ils sont parfois un peu simplifiés à cause de la brièveté des œuvres, mais ne ressemblent-ils pas, dans le fond, à ceux qui nous agitent? Les amours et les espoirs des héros de l'opérette disent souvent bien haut ce que chacun pense tout bas.

Et puis l'opérette de ces temps là est volontiers satirique. Sous des dehors charmants, elle cache ses piques aux nantis de l'époque et brocarde les ridicules du moment.Mais l'opérette ne serait pas ce qu'elle est si elle n'était qu'une démarque du grand opéra ou de l'opéra-comique. Son rôle, à la fois modeste et ambitieux est de distraire et de séduire un public sensible. C'est la force de tous ces airs agréables, de ces ritournelles qui s'inscrivent dans les mémoires et se chantent à l'envi, transportant soudain celui qui y songe dans un ailleurs où il fait bon aimer, n'ayant pour tout souci que cette seule préoccupation et rien d'autre, et rien d'autre! C'est une invitation exquise à la fraîcheur de l'âme, à une griserie de printemps, parfois aussi au souffle brûlant d'un été rieur… Car au fil du temps la critique politique s'estompe pour ne plus laisser place qu'aux amours, au tournant du XXè s. L'autre caractéristique de l'opérette est son ouverture d'esprit. De l'Opéra [mot d'origine italienne - lui même dérivé du latin - qui signifie Œuvre] elle adopte vite les nouveautés harmoniques. Elle comprend le langage wagnérien, admire le vérisme de Puccini ou de Massenet, embrasse les conquêtes harmoniques de Debussy, de Ravel… et s'empare des plus beaux motifs, non pour faire un vague pastiche mais pour agrandir sa palette so­nore.

Et les clins d'œil musicaux se multiplient. Sacha Guitry et Reynaldo Hahn jouent les XVIIIè s. kitchissimes mais éblouissants [Mozart], André Messager quitte la musique symphonique pour railler la bêtise des hommes [L'Amour masqué : "J'ai deux Amants"]. Musique légère pour des compositeurs d'ordinaire sérieux? La légèreté est ici un art…Plus vite que les autres formes lyriques, la scène de l'opérette a su accueillir les refrains et les formes musicales de la chanson, s'adapter au langage des revues, non seulement parisiennes mais new-yorkaise [Mississippi Show Boat - de Hammerstein et Kern - et les fastes de Broadway entrevus débarquent à Paris en 1929, alors que depuis une décennie, grâce aux disques, les airs les plus fameux des revues d'Outre-Atlantique étaient sur toutes les lèvres…] L'opérette peut alors s'ouvrir à la déferlante américaine où quelques compositeurs, Henri Christiné, Maurice Yvain… s'étaient déjà risqués. Car l'opérette échappe à la fixité des canons, à l'ennui. Voilà le XIXè s. qui s'achève et marque d'un côté le triomphe du renouveau de l'esthétique musicale lyrique et symphonique et dans le même temps celui du Caf' Conc'. Voilà bientôt les années 20, folles et le Music Hall, et le jazz universellement reconnu… Voilà l'opérette qui adopte avec bonne humeur les nouveaux venus.

Mais avec tout cela l'opérette a aussi souhaité rester populaire : ce n'est pas dire facile, mais proche d'un public fidèle et toujours en attente. Selon Maurice Lehmann - qui développe entre 1928 et 1966 les fastes de l'opérette au Châtelet de Paris, il faut "de belles histoires" qui fassent rire, pleurer et s'émouvoir et "des héros évoluant dans un milieu qui ne serait pas celui de [la] misère quotidienne".Ceci explique le succès des opérettes des compositeurs venus du monde lyrique, aussi bien que ceux issus de la chanson. L'opérette est un terrain d'entente, les genres les plus variés s'y côtoient au nom de la bonne humeur. Une valse inspirée des légendaires trois temps de Vienne peut tutoyer sur la même scène, sinon dans la même œuvre, un simple refrain, une romance à la mode.Les grands artistes de variété, Maurice Chevalier, Urban, Dranem… participent à la féerie. Les uns adoptent le jazz, d'autres - comme Dranem - restent fidèles aux rengaines. Et ça marche ! On s'émeut toujours à Ciboulette, on pouffe chez Louis XIV ou avec le Comte Obligado et l'on attrape le mal de mer dans Coup de Roulis… Et l'on valse, on valse avec la Veuve Joyeuse, Roses de France et l'on pleure avec la Dernière Valse sur un rêve qui se brise. Et l'on valse aussi avec les plus grands artistes lyriques. Ninon Vallin donne la réplique à André Baugé, Roger Bourdin - vedettes incontestées du genre - et les divettes magnifiques ou légères, Yvonne Printemps, Edmée Favart, ne subissent plus les marques d'un mépris trop souvent affiché. Les caractères sont acclamés autant que les voix d'or !Les années qui suivent l'après guerre de 1914-1918 jusqu'aux abords de la deuxième guerre mondiale, marquent les années de Gloire de l'Opérette, triomphe d'un genre en pleine effervescence, servi par une palette d'artistes ayant chacun leur profonde origi­nalité, capables de faire ressentir les beautés et les clins d'œil d'une musique ouverte à tous les horizons, au nom de la bonne humeur.

THE GLORY OF OPERETTA
Operetta is not simply a miniature version of opera - it is a performance in its own right.  This  combination of singing and speaking has attracted the throngs for almost two centuries.  The public enjoy its light-heartedness as well as its facetious and enchanting side.Classical operetta developed mainly in the 19th century.  The audience could identify with the tales, as the love and hopes of the heroes, which often resembled their own sentiments, were voiced out loud.  And then operetta of this period was readily satirical.  Behind the charming facade, they mocked the wealthy dignitaries and lampooned the absurdities of the time.The role of operetta, being both modest and ambitious, is to entertain and seduce the public.  Along with pleasant and catchy tunes, the spectators are invited to a refreshing land of dream where there are no worries, but only love.Operetta is also open-minded.  It comprehends the language of the classical masters, is capable of adopting new harmonic structures and successfully borrows themes to extend its vast palette of sounds.  It was also quick to adapt to the musical revues, both from Paris and New York and then to the new movements of the roaring twenties with the Music Hall and jazz.Moreover, operetta has always wished to remain popular - close to its faithful followers.  It opens its arms to welcome the most varied of musical genres which team up with good humour.  Many of the great variety artists participated in the adventure.  Some adopted a jazzy note whereas others remained faithful to the old refrains.  The years which followed the First World War stretching up to the outset of the Second World War represent the glorious years of operetta.  The genre was in full effervescence and housed a variety of artists, each of whom was original in his or her kind but who were all capable of expressing the beauty of this form of music.

Opérettes
C.D. 1
1/Phi-Phi
Musique d'Henri Christiné, livret de Albert Willemetz et Sollar Urban [créateur du rôle aux Bouffes Parisiens] avec accompagnement d'orchestrePathé X 91058 / E 204011-MCI
- C'est une Gamine charmante
Paris, août 1933

Henri Christiné, véritable père de la comédie musicale moderne, avait écrit cette jolie - et spirituelle - opérette pour le 11 novembre 1918. Mais pour cause de victoire de la "Der des der" la création aux Bouffes-Parisiens fut différée. Quand au succès il ne le fut pas et sans doute le climat d'allégresse a-t-il vite permis aux meilleurs couplets de se répandre. Toute la France se dandine sur "l'air des petits païens" et chacun fredonne à sa chacune qu'elle est une gamine char­mante, profitant de l'ambiguïté des charmes d'Aspasie pour sourire ! Et voila le souffle de l'opérette moderne qui se fait entendre. Il fera long feu, flirte avec la Revue de Music Hall et finalement la variété, car nombre de chanteurs reprennent des airs détachés comme des chansons de répertoire. Mais ce souffle est aussi celui de toute l'opérette du XXè siècle. Celui de la légèreté, des sentiments et du cœur, de la drôlerie et de la bonne humeur… Les sous entendus politiques des œuvres du XIXè s. sont rares. Et pour une vague égratignure "à la chambre" (C.D. 1 n°17) ou une allusion à l'inutilité de la S.D.N. (C.D. 2 n°15), combien d'amours embrouillées, compliquées et finalement de valses qui sous leurs obstinants trois temps dénouent les sentiments les plus secrets !
1.  Phi-Phi
Henri Christiné, the true father of the modern musical comedy, wrote this pretty and witty operetta for 11th November 1918.  However, France was celebrating the victory of the First World War, so its performance at the Bouffes-Parisiens theatre was postponed.  Bearing a little something of the modern operetta, its success was to be tremendous, and many of its songs were to be individually integrated into the repertory of variety singers.  It is also representative of the twentieth century operetta, with its light-heartedness, sentimen­tality, drollery and joviality.

2/L'Amour masqué
Musique d'André Messager, livret de Sacha Guitry
- J'ai deux Amants
Yvonne Printemps et Sacha Guitry, avec accompagnement d'Orchestre
Gramophone, P 826 (E 543) / 7-33115 D Bb 17183 II ∆
Londres, 1 juillet 1929

Fascinante opérette. Née en 1923, sous la plume d'un musicien pétri de la meilleure tradition classique, elle sait se faire enjouée. Et cette gaieté ne vient pas seulement du livret truculent de Sacha Guitry, mais aussi - et bel et bien - de la musique. Équilibre fragile qui fait que cet air fameux est souvent encore au programme des récitals de nos meilleures cantatrices. La grâce et la finesse n'ont donc plus de frontières… Et c'est tant mieux.Autre frontière franchie encore, celle de l'interprétation… On ne saurait nier ce que les aigus ironiques d'Yvonne Printemps ont en commun avec une autre grande dame de la chanson - très attirée elle aussi par le genre de l'opérette - Mireille*… Et pourtant rien ne semble commun à première vue entre les deux artistes. Encore un pied de nez de l'opérette pour notre plus grande joie.*N'a-t-elle pas écrit sur des paroles de Jean Nohain "Fouchtra ! opérette américaine" - jamais représentée - d'où est tiré le très fameux "couchés dans le foin ?"  [Cf. FA 043]
2.  L’Amour masqué
A fascinating and gay operetta which saw the light of day in 1923, written by a musician of the most classical kind.  The mood not only stems from Sacha Guitry’s truculent libretto, but also from the music.

3/La Comtesse Maritza
Musique d'E. Kalman
- Valse (Ier acte)
Grand Orchestre Odéon d'opérette, sous la direction de Pierre Minssart, chef d'orchestre du Théâtre de la Gaîté Lyrique
Odéon 238 490 / KI 4447
Paris, 1935

Il est un vieux dicton qui affirme "qu'en France tout finit par une chanson." Et bien l'opérette parfois fait mentir ce dicton. Car en Opérette - même représentée en France - tout finit par se dénouer dans une valse. Et tout nous paraît clair, même si nous devinons bien qu'il reste aux amants plus d'un pas à franchir, plus d'une ronde...Qu'ils semblent loin alors les temps où la valse trop langoureuse était conspuée des bals ; il est vrai que sous Napoléon Ier une telle sensualité, si ouvertement affichée n'était guère de mise. Qu'il semble loin encore le temps où Chopin détestait les valses viennoises qui emplissaient alors les salons dorés, les jugeant trop superficielles... La voila qui triomphe, sans que personne ne s'étonne de cette impunité. Qui ne s'est jamais laissé enivrer d'une impression de bonheur ?
3.  Countess Mariza
According to an old saying, ‘in France everything ends with a song’.  This is not the case with operetta, where the performance closes with a waltz.  So much water has passed under the bridge since the days when a languishing waltz was frowned upon.  Here it is triumphant, without impunity.

Les influences viennoises…
The Viennese Influence...

4/La Veuve joyeuse
Franz Léhar, livret français de G. de Caillavet et R. de Flers
- L'Heure exquise [extrait]
Ninon Vallin de l’Opéra et André Baugé de l’Opéra Comique, avec accompagnement d'orchestre.
Pathé "Miroir de la Voix" X 2620 / N 202 485 A1 (Eschig-Ammré)
Paris, 1930

La Veuve Joyeuse est sans doute la plus emblématique des opérettes viennoises. Elle tire ses accents des valses - encore et toujours - mais aussi des accents nostalgiques des violons tziganes. Née à Vienne en 1905, il y a belle heurette que la Veuve joyeuse n'est plus à la capitale autrichienne depuis longtemps, sinon depuis le premier instant que ses accords ont retentis. Le monde entier semble s'être laissé griser par son heure exquise, gagner par le trouble "charmant et doux" de ses refrains. Elle paraît un modèle de perfection du genre. A la fois léger et magnifique, et rêveur d'une rêverie presque possible.
4.  The Merry Widow
The Merry Widow, born in 1905, is undoubtedly the most symbolic of all Viennese operettas, once again flavoured with waltzes and also with the nostalgic sounds of tsigane violins.  It captured the whole world with its charm.  It is light, magnificent and plausibly dreamy.

5/Rêve de Valse
Musique d'Oscar Straus, livret de Dorman et Jacobson, version française de Léon Xanrof et J. Chancel
- Rêve de Valse (1&2)
Marie-Louise Azéma, de l'Opéra Comique, Yvonne Marsay de la Gaîté Lyrique, Marcel Enot, de l'Opéra Comique, Orchestre direction Georges Briez
Idéal 12 751 / A.N. 1066 et A.N. 1067 - Paris, 1932

Oscar Straus ne possède qu'un seul "s" à la fin de son nom. Pourtant il nous semble le descendant de la fameuse lignée des Strauss - avec deux "s" - maîtres incontestés des Valses. D'ailleurs il a lui même longtemps entretenu cette ambiguïté jusqu'au cœur de ses œuvres, en multipliant les citations… ce qui parfois avait le don d'exaspérer la critique et son frère Eugène, jaloux de ses succès - et pourtant compositeur recherché lui-même. Pour l'heure, en 1907 avec Rêve de Valse, il est encore très viennois, mais bientôt, sa renommée franchira les frontières…
5.  Waltz Of My Dreams
Oscar Straus has but one ‘s’ at the end of his surname, though it would appear he descended from the famous Strauss lineage - the masters of waltz.  He himself maintained this ambiguity for a length of time, to the exasperation of the critics and his brother Eugène who was jealous of his success, despite himself being an acclaimed composer.  This Rêve de Valse (Waltz Of My Dreams), dating from 1907 was very Viennese, but its fame was to travel further afield.

6/Le Pays du Sourire
Musique de Franz Léhar, livret de F. Herzer et Dr. Löhner, version française d'André Mauprey et Jean Marietti (1932)
- Dein ist mein ganzes Herz
Richard Tauber accompagné par l'Orchestre de la  Staatskapelle de  Berlin, sous la direction de Franz Léhar.
Odéon 188 051 [Origine Parlophone] O 4949 / Be 8597-2 - Berlin, 19291929...

Les critiques promptes à jacasser, à tracasser, s'étonnent qu'on ait pu aller rechercher Léhar. Il n'y avait qu'à le laisser reposer sur les glorieux lauriers de sa Veuve Joyeuse et faire place à des compositeurs au talent plus jeune. Les critiques se sont vivement tus lorsqu'ils ont entendu ce Pays du Sourire doux-amer. Léhar avait réussi un prodige. Ne pas se parodier, rester fidèle à son style viennois et toucher, et émouvoir. Bientôt, une fois encore, le succès international couronne cette œuvre que Paris accueille - chanté en français - en 1932, sous la baguette du Maître et avec la voix de Willy Thunis à la Gaieté Lyrique (Cf. Frémeaux et Ass. : Les Cinglés du Music Hall 1932. CMH 1932). C'est un triomphe si prompt que des parodies souriantes naissent et sillonnent les cours de récréation. Au sein d'un groupe d'enfants, un ténorino s'improvise :
"Je t'ai donné mon cœur           “Je t’ai donné ma sœur
Sur un plat de choux fleurs    
  ou     Tu m’l’as rendue
Pour ton quatre heures…"              Toute biscornue...”

Pourquoi pas. Voici la version originale de cet air sous la direction de Léhar lui même et chantée par son créateur, Richard Tauber qui n'a pas dédaigné prêter sa voix wagnérienne à cet air tendre et nostalgique.
6.  The Land Of Smiles
In 1929 the tongue-wagging critics wondered why Léhar was requisitioned instead of calling for younger talent.  However, they stopped talking when they heard this sweet and sour Land Of Smiles.  Léhar has again achieved a work of genius.  It was to be internationally acclaimed, arriving in Paris in 1932, sung in French.  Here, we may appreciate the original version conducted by Léhar himself and sung by its creator, Richard Tauber.

7 & 8/L'Auberge du Cheval Blanc
- Au joyeux Tyrol ! Musique de Ralph Benatzky, paroles française de Lucien Besnard et Dorin-
 Adieu, Adieu… Musique de Stolz, livret de René Dorin
Georges Milton et les chœurs du Théâtre Mogador; direction  Diot du Th. Mogador.
Columbia DF 992 WL 3921-1 &  3922-1 - Paris, 10 octobre 1932

En 1932 le Théâtre Mogador accueille l'Auberge du Cheval Blanc. Il n'y a que deux avis dans le royaume des amateurs d'opérette. Il y a les adorateurs, qui en grand nombre applaudissent à tout rompre les accents tyroliens emplumés à l'envi et la bonne humeur qui règne dans tous les couplets… animés d'un zeste de loufoquerie. Et il y a les fâcheux, en petit nombre qui s'étonnent qu'une œuvre composite - car elle est née de la plume de plusieurs auteurs - puisse plaire et s'inquiètent de ne trouver en tant d'auteurs qu'à peine le talent d'un seul. C'est faire une grande injustice, si l'on considère que Stolz, pour ne citer que lui, a composé avec succès des opérettes depuis 1909 jusqu'à 1964 ! Et puis au sein de ces fâcheux, il y a quelques chercheurs de revanche qui conspuent cette œuvre pour la seule raison qu'elle n'est pas fran­çaise… Mais ceux là, noyés sous les flots de musique, sous les soucis de Léopold, c'est à peine si on les entend.
7 & 8  White Horse Inn
In 1932 the Mogador Theatre staged the White Horse Inn.  There were two types of spectator - those who adored it for its good humour and zest of craziness and a small minority who refused to understand its success.  The attitude of the latter was unfair if one considers that Stolz successfully composed operettas from 1909 right up to 1964 !

9/Mariette, où comment s'écrit l'Histoire
Musique d'Oscar Straus, livret de Sacha Guitry
- Depuis trois Ans passés (IIIe acte)
Yvonne Printemps, avec accompagnement d'orchestre direction d'André Messager
Gramophone W 1046 (D 1707) / 2 033149 / Cc 17110 II∆
Londres 17 juin 1929

Il n'est guère besoin de se demander "comment s'écrit l'histoire" de Mariette dont cet air douloureux marque l'apogée dramatique. Insistons simplement sur le triomphe d'Oscar Straus qui signe ici une de ses plus belles partitions. Et notons encore la poursuite de l'œuvre pour l'opérette de Sacha Guitry qui - hélas ! - ne rencontrera pas toujours le succès comme en témoigne le malheureux Charles Lindbergh écrit pour la scène du Châtelet en 1928. Sous la plume féconde de cet auteur - qui connaît si bien le cœur - l'amour vaut mieux que l'aventure, même dans les airs !Et saluons aussi un des couples les plus glorieux de la scène de l'Opérette, Yvonne Printemps et Sacha Guitry qui passent des heures heureuses dans un ciel théâtral que nul nuage lourd - fut-il de fumigène - ne semble encore assombrir.
9.  Mariette, où comment s’écrit l’Histoire
Once more we discover Oscar Straus, who signed here one of his greatest works.  And again Sacha Guitry showed his rich talents as author.  Yvonne Printemps and Sacha Guitry formed one of operetta’s most glorious couples, spending many a happy and insouciant moment on stage.


10 & 11/Les trois Valses
Musique d'Oscar Straus, d'après Johann Strauss, livret de Louis Marchand et Albert Willemetz
- C'est la Saison d'Amour
- Te souvient-il ?… avec Pierre Fresnay
Yvonne Printemps avec accompagnement d'orchestre sous la direction de Marcel Cariven
Gramophone DA 4903 / OLA 1803-1 & 1804-1 / M3 89295 & 89297
Paris, 1937

Nées en 1935, les Trois Valses d'Oscar Straus sont parisiennes dès 1937 aux Bouffes-Parisiens. La voix d'Yvonne Printemps, sa créatrice à Paris, semble au zénith de sont art. Et jamais valse, fut-elle viennoise n'a semblé plus absolue. C'est sans doute parce que - ouvertement et pour le plus grand bonheur de tous - Oscar Straus mélange quelques mesures des valses de Johann Strauss déjà universelles ! Année faste que cette année, pour la plus grande joie des amateurs qui se pressent en foule aux Bouffes Parisiens pour ressortir tout éblouis.
10 & 11  Les trois Valses
Created in 1935, Oscar Straus’ Les Trois Valses hit Paris’ Bouffes-Parisiens in 1937.  The voice of Yvonne Printemps was at its apogee.  And the waltz had never been so sublime.  This was no doubt due to the fact that Oscar Straus had blatantly included several bars from Johann Strauss’ world-famous waltzes !

Vieille opérette ou opérette classique ?
Old Operetta Or Classical Operetta ?
12 & 13/Véronique
André Messager, livret de Vanloo et Duval
- Duo de l'Escarpolette
Emma Luart, soprano de l'Opéra-Comique, et Roger Bourdin, baryton de l’Opéra Comique. Accompagnement de Grand Orchestre sous la direction de Gustave Cloez, chef d'orchestre de l’Opéra-comique
Odéon, 188 710 / KI 3202 & KI 3203
Paris, 1931
- Duetto de l'Âne "De ci, de là…
"André Baugé* et Suzanne Laydeker, accompagnement d'orchestre Gustave Andolfi.
Pathé PG 67 / CPT 2193-1
Paris, 1935

Sitôt qu'on parle d'opérette "classique", il est presque impossible d'échapper au Duo de l'Escarpolette, ou au Duetto de l'Âne - tout aussi fameux - "de ci, de là, cahin, caha…" Dans le meilleur des cas, on le fredonne avec esprit, dans le pire… c'est facilement inégalable. C'est sans doute la rançon du succès que d'être raillé et de passer pour vieille alors qu'on garde intacts tous ses charmes. De toutes les opérettes, Véronique est sans doute l'une des plus fameuses du répertoire, presque "un fond de commerce" ! Et c'est avec plaisir que l'on peut retrouver ici André Baugé, sans doute le plus fidèle détenteur de la tradition puisqu'il tient de sa mère, la fameuse divette Mme Tariol-Baugé, de précieuses indications. Elle en fut la créatrice en 1898 !
12 & 13  Véronique
As soon as ‘classical’ operetta is mentioned, the Duo de l’Escarpolette or the Duetto de l’Ane are almost always evoked.  Véronique is undoubtedly one of the most well-known operettas.  It is with pleasure that we find André Baugé here, maintaining the tradition as was passed down from his mother, Mme Tariol-Baugé, who created this piece in 1898 !

14 & 15/Ciboulette
Reynaldo Hahn, livret de Robert de Flers et Francis de Croisset
- Nous avons fait un beau Voyage (Duo)
Edmée Favart et Henry Defreyn (avec accompagnement d'orchestre)
Disque Françis Salabert, P.P. Rouge 3 / 7, N° S. 6 [N.S.7.R]
Paris, juillet 1926.- C'est sa Banlieue
Edmée Favart (avec accompagnement d'orchestre)
Pathé "Needle Cut" X 2608 / N 201656-1
Paris, 1929

C'est sans doute à Ciboulette - plus qu'à ses mélodies de salon au demeurant magnifiques - que Reynaldo Hahn doit le succès. Avec ses airs d'emblée acclamés, Ciboulette entre au firmament des œuvres du répertoire. En 1923, alors que le jazz, alors que les années folles battent son plein, cette musique réussit à faire le pari du classique et réussit ce prodige d'être reconnue par tous. Airs légers, mais jamais d'une facilité navrante, airs populaires, jamais guindés ou convenus, mais aimables, sans afféterie, sans préjugés. Edmée Favart, dans sa gloire, alors qu'elle partage sa carrière avec l'Opéra-comique et les scènes parisiennes vouées à l'Opérette crée, en 1923 au Théâtre des Variétés, ce brin de femme, si femme et si parisien, dans son sens le plus ouvert et non restreint aux barrières de la capitale. Elle incarne un "esprit" qui court partout depuis les bords de la Méditerranée, jusqu'au Nord et travers la France d'Est en Ouest, l'esprit de Ciboulette qui est celui de l'amour et de la fraîcheur, celui aussi d'une certaine émancipation.
14 & 15  Ciboulette
Raynaldo Hahn owes most of his success to Ciboulette.  Indeed in 1923, this classical music managed to gain recognition by all, despite the jazz and other fashions of these roaring years.  The music is light without being overly simple.  The very feminine and very Parisian Edmée Favart incarnates the spirit of Ciboulette with its love, freshness and a certain emancipation.

16/Mozart
Musique de Reynaldo Hahn, livret de Sacha Guitry
- Air des Adieux (IIIe acte)
Yvonne Printemps, avec accompagnement d'orchestre, direction R. Hahn.
Gramophone W 1044 (D 1705) 2 033148 / Cc 17138 ∆ II / M6 40332 - Londres 12 juillet 1929

Kitchissime Mozart "1925", qui mêle les citations et les pastiches mozartiens à des influences wagnériennes… Kitchissime livret qui surcharge de complications amoureuses le souvenir du jeune Mozart… Œuvre magique cependant taillée à la mesure de Guitry - qui y avait un rôle parlé -  et d'Yvonne Printemps qui en fut la créatrice. Et de tout cela que reste-t-il ? Une certaine magie qui rapporte une époque ou les divas et les dandys se tendaient des miroirs sur scène pour le plus grand plaisir de tous leurs admirateurs, éblouis.
16  Mozart
This could be considered as a somewhat tasteless mixture of Mozart-style quotations and Wagner influence, but it still leaves us with a certain magic which relates the days when divas and dandies thrilled their audience.

17 & 18/Coup de Roulis
Musique d'André Messager, livret de A. Willemetz et M. Larrouy
- Quand on n'a pas le Pied marin
Chanté par Gustave Nelson, avec orchestre
Pathé Needle Cut X 2177 / N 201382 (Salabert)- Paris, août 1928.
- Les Hommes sont bien tous les mêmes (acte III)
Mlle Marcelle Denya, de l'Opéra, accompagnement d'orchestre sous la direction de Pierre Chagnon.
Columbia D 19138 / WL 1298 - 1  -  Paris, 1928

André Messager rue dans les brancards du genre et, à l'instar des revues ou des tours de chants "à numéros", tente de greffer sur l'opérette classique un coup de jeunesse. "Coup de Roulis" ne se présente plus comme une œuvre où le même climat musical relie tous les airs, mais provoque des coupures qui accentuent le burlesque. C'est une sorte de "Coup de Roulis" interne qui chavire le spectateur ainsi promené entre les romances et les airs de bravoures loufoques. Cette "invention" marque bien l'ouverture de l'opérette à tous les genres et à la modernité.
17 & 18  Coup de Roulis
Here, André Messager experiments in bringing a younger touch to classical operetta.  The burlesque aspect is accentuated  through a more varied musical climate.  This ‘invention’ opened operetta’s doors to all genres and to modernity.

19 & 20/Beaumarchais
Arrangements de Eugène Cools sur des airs de Rossini, livret d'André Baugé
- Duo : Pour Madame de Pompadour
- Air de la Comtesse "Ne ternis pas…
"Andrée Vavon et André Baugé, orchestre sous la direction de G. Andolfi.
Pathé X 92012 / 203086 A1 & 203152 A1 (Eschig)
Paris, 1931

André Baugé, une des voix les plus recherchées de l'Opérette, ne pouvait manquer de se servir, et d'aller aux meilleures sources, lui qui avait une véritable fascination pour le "grand genre" de l'opéra qu'il a souvent tutoyé. Alors pourquoi ne pas "piller" Rossini avec l'aide d'Eugène Cools - véritable spécialiste de toutes sortes d'arrangements. Mais commet-on une lourde faute quand on rapte ainsi pour le service de l'opérette ? On serait tenté de répondre que non puisque l'opérette est justement le point de rencontre de tous les genres. Alors qu'importe que Rossini, soit dé­coupé, abaissé de plusieurs tons, et qu'importe que l'air douloureux de Tancrède de­vienne l'air, ô combien plus léger, de Madame de Pompadour…
19 & 20  Beaumarchais
André Baugé, one of operetta’s most sought after voices, took pleasure in finding the best musical sources.  This time, with the help of Eugène Cools, he borrowed from Rossini.  This cannot be truly considered as a crime as operetta is precisely the meeting place of all musical genres.

21/Brummel
Musique de Reynaldo Hahn, livret de Rip et Dieudonné
- L'on dira c'qu'on voudra
Louis Arnoult, des Folies-Wagram, et Mlle Sim Viva, avec accompagnement de l'orchestre A. Valsien, sous la direction du Maître Reynaldo Hahn.
Odéon 238 317 / KI 4077-1, (Salabert)
Paris, 1935 (cf. CD2)


C.D. 2
1/Brummel
Musique de Reynaldo Hahn, livret de Rip et Dieudonné
- Ce sont les Dandys de Brummel
L. Arnould, des Folies-Wagram, et Mlle Sim Viva, avec accompagnement de l'orchestre A. Valsien, sous la direction du Maître Reynaldo Hahn.
Odéon 238 317 / KI 4079-2 (Salabert)
Paris, 1935

En fait de dandysme, Reynaldo Hahn est un des favoris du genre. Artiste mondain, homme de salon, conférencier, critique toujours en bonne place aux "premières", ami de Proust - et même amant - ami de grandes dames - et même amant - il est encore fin musicien et très bon chanteur. D'ailleurs le style du chant de Louis Arnoult n'est pas sans évoquer l'art du maître.C'est donc avec une très grande finesse, et toujours élégamment, qu'il a su souligner, en 1931, par sa musique les paroles spirituelles du livret presque taillé sur mesure par Rip et Dieudonné.
1  Brummel
The dandyish Raynaldo Hahn was a man of the world, a friend and lover of Proust, a friend and lover of high society ladies and he was also a great musician and singer.  With finesse and elegance he put music to Rip and Dieudonné’s witty libretto in 1931.

2 & 3/Nina Rosa 
Musique de Sigmund Romberg Livret d'A. Willemetz et Mouezy-Eon
- Ah ! Combien perfides sont les Femmes (Tango)
- Air de Nina Rosa
André Baugé, de l'opéra avec accompagnement d'orchestre sous la direction de G. Andolfi.
Pathé N° X 91 024 / N 203 332 & N 203 333 (Salabert)
Paris, 1931     Cf. Infra
.

4 & 5/Roses de France
Musique de S. Romberg, livret de Mouezy-Eon, lyrics d'A. Willemetz
- Pour vivre auprès de vous
- Je vous aimerai dans l'Ombre
Roger Bourdin, accompagné par le Grand orchestre du Châtelet, direction Maurice Frigara
Odéon 166 705 / KI 6248 & KI 6249
Paris, 1933

Les saisons du Châtelet dans les années 30 à 35 sont des saisons de triomphe. La musique de Sigmund Romberg, européen américanisé pour mieux se faire international, enchante les foules qui se rendent au service presque sacré de l'Opérette et en adorent les demi-dieux incarnés Fanély Revoil, Danielle Brégis, Bach et surtout André Baugé et Roger Bourdin qui font tourner la tête aux femmes les plus sages et des milliers de plateaux de phonos. Les femmes ont beau jeu d'être "perfides" (Nina Rosa), c'est toujours elles qu'on "aimera dans l'ombre" (Roses de France)…
4 & 5  Roses de France
From 1930 to 1935 the musical seasons at Châtelet, Paris were triumphant.  The crowds clamoured after the music of Sigmund Romberg, the Americanised European and even the best-behaved ladies swooned over the stars, particularly André Baugé and Roger Bourdin

....et le genre Américain
...The American Style

6 & 7/Rose Marie
Rudolf Friml, livret de Herbert Stothart et version française de R. Ferréol et Saint-Granier
- Oh ! Ma Rose Marie
Willy Clément, avec accompagnement d'orchestre sous la direction de Marcel Cariven (Enregistré au Théâtre des Champs-Elysées)
Columbia BF 310 / CL 8 801-11 - Paris, 1948 - Chant indien
Lina Dachary, avec accompagnement d'orchestre sous la direction de Marcel Cariven (Enregistré au Théâtre des Champs-Elysées)
Columbia BF 310 / CL 8 802-12
Paris, 1948

1924 !… Musique scandaleuse. A ne pas mettre dans les mains - ou surtout entre toutes les oreilles - des jeunes filles de bonne famille. Le fox trott, cette musique qui incite au déhanchement le plus vulgaire, y triomphe, alors qu'il règne déjà dans les dancings équivoques… A l'instar de Mme de Grand-Air, la très noble "maîtresse" de notre Bécassine nationale - incarnation du paternalisme le plus conservateur en même temps que populaire - on tente de conspuer le genre, considérant avec bienveillance qu'il ne s'agit là que d'une simple erreur de jeunesse de ce peuple outre atlantique, même si l'auteur de cette musique, né à Prague avait pourtant été nourri des meilleures traditions. Il est aussi des erreurs navrantes dans le Vieux Monde…
6 & 7  Rose Marie
1924 - Shocking music, to be kept away from well-bred young girls.  The fox-trot, giving way to the most vulgar dancing was triumphant.  The genre was criticised and put down to the errors of youth in America, even though the author of this music was born in Prague, brought up in the most noble of traditions.

8 & 9/[Mississippi] Show Boat
Oscar Hammerstein - Jerome Kern
- Old Man River,
- Medley ["Why do I love You ?"; " Can't help lovin'dat man" ;  "You are love" ; Make be­lieve"]
Paul Robeson, les chœurs et Paul Withemann and his orchestra,
Gramophone (Victor) A 43122 ∆ & A 43123 ∆
New-York, 1928

En 1929, le Théâtre du Châtelet invite une "vraie" comédie musicale américaine. C'est un succès sans précédent. Les airs entrevus par le disque ou par de rares interprètes lors de tournées - sinon lors de la dernière guerre, celle de 14' - sont enfin présentés dans leur appareil le plus populaire. C'est alors Broadway sur Seine ! Les airs "américains" des auteurs français prennent tout leur sens auprès d'un public vite conquis qui fredonne bientôt l'air nostalgique "Old man River" se croyant transporté soudain sur un de ces fameux bateaux blancs du Mississippi… C'est un pas de plus de la marche triomphante de la musique de jazz américaine, contre laquelle désormais toute résistance fait figure de pâle combat d'arrière garde.
8 & 9  Mississippi Show Boat
In 1929, the Châtelet Theatre staged a ‘true’ American musical comedy, which was tremendously successful.  Broadway had at last hit Paris !  And the triumphant movement of jazz took another step forward.

10 & 11/Le Chant du Désert
Musique de Sigmund Romberg, livret en français de R. Ferréol et Saint-Granier
- Le Chant du Désert
Robert Couzinou, de l'Opéra de Paris, accompagné par l'orchestre du Théâtre Mogador de Paris, sous la direction de G. Diot.
Polydor "Eléctro-Polyfar" 521603 (A&B) / 2916 BKP & 2917 BKP
Paris, février 1930
- Chant du Riff
René Gerbert Baryton de la Gaîté Lyrique, avec les Chœurs du Théâtre Mogador
Pathé NX 2220 / N 202 310 A1 (Salabert)
Paris, 1930

Terre d'accueil, l'Amérique recueille les traditions viennoises de l'ancien Empire Européen et les mélange au souffle brûlant de l'actualité guerrière du Maroc. Entre 1921 et 1926, le Riff venait d'être le théâtre de la farouche résistance des cultivateurs marocains contre les troupes franco-espagnoles qui avaient entrepris une conquête pacificatrice. Fond de drame et de tension se mêlent bien vite à une intrigue brûlante elle aussi : la passion.  Sigmund Romberg compose de nombreuses opérettes, mais encore ouvre la voie aux romances des films chantants, de ces comédies sirupeuses qui bientôt vont conquérir toutes les salles obscures.
10 & 11  The Desert Song
America welcomed the Viennese traditions of the ancient European empire and mixed them with the scorching air of the riff.  Sigmund Romberg composed numerous operettas and also cleared the path for the sugary musicals that were to shortly conquer the cinemas
.

L'ère de l'opérette-revue
The Operetta-Revue Period

12/Dédé
Musique de Henri Chistiné, livret d'Albert Willemetz
- Dans la Vie faut pas s'en faire
Ernest Cloérec Maupas, de la Gaîté Lyrique, avec accompagnement d'orchestre
Opéra "Saphir" 517 / 01274
Paris, début 1922

En 1921, au Théâtre des Bouffes-Parisiens, deux "princes" offrent au public Dédé. Henri Christiné - admiré par toute une génération de musiciens, dont Ravel et Rosenthal, pour le charme et la science de ces airs qu'on trouve faciles et qui pourtant ne le sont pas, avec leurs accents si novateurs (merci au Nouveau Monde) - s'allie à la faconde d'Albert Willemetz - le plus recherché des paroliers et le plus couronné de succès aussi ("En douce", "Mon homme"…). Il offrent au futur roi du Music Hall, Maurice Chevalier, un de ses rôles les plus fameux, un de ces airs qu'une vie entière au service de la chanson ne parvient même pas à user. C'est une traînée de poudre. S'il fut phonographié par Maurice lui-même, en compagnie d'Urban (Cf. Intégrale Maurice Chevalier, FA 162 et suiv.) il l'est encore par d'autres. Comme cette rarissime version de Cloérec Maupas qui pour une fois n'offre pas une simple démarque - ou piètre imitation de la gouaille déjà célèbre de Momo - mais lui donne les accents plus sages de l'opérette classique au style de laquelle il était bien rompu.
12  Dédé
In 1921 in the Bouffes-Parisiens theatre, two ‘princes’ came out with Dédé.  Henri Christiné, followed by a generation of admiring musicians for his charming and innovating music, teamed up with the mighty librettist Albert Willemetz.  It offered the future king of the music hall, Maurice Chevalier, one of his most famous roles.  But Chevalier was not the only artist to record this air - here we may appreciate an extremely rare version by Cloérec Maupas.

13/Ta Bouche
Maurice Yvain
,- Ça, c'est une Chose
Chanté par Georgel de l'Alhambra,
Gramophone 2 232185 / BS 257 1
Paris, 1925

Parmi la floraison d'opérettes équivoques* qui coudoient de si près les revues de Music Hall qu'elle peuvent aisément aller de l'un à l'autre, "Ta Bouche" est en bonne place. Elle est née sous la plume de Maurice Yvain, qui écrira nombre de musiques pour la Miss (Mistinguett bien sûr) et lui réglera un grand nombre de ballets. Un couplet dansant allègre, à la rythmique impeccable des danses de salon des années folles. Charme suranné sans doute mais charme prégnant qui est la marque de l'art de Georgel. "Ça c'est une chose qu'on n'peut pas oublier…"* non bien sûr elles ne sont pas d'un genre trouble !
13  Ta Bouche
Ta Bouche belongs to the operettas which so closely resemble the music hall revues.  Written by Maurice Yvain, who was to write many titles for Mistinguett , it is full of charm, albeit somewhat old-fashioned.


14 & 15/Comte Obligado Musique de Raoul Moretti, livret André Barde
- La fille du Bédouin
Urban, avec accompagnement d'orchestre
Pathé "Needle Cut" X 2160 / N 200996 (Salabert)
Par
is, janvier 1928
- Les Artichauts
Georges Milton, du Théâtre des Nouveautés, avec accompagnement d'orchestre sous la direction de Pierre Chagnon
Columbia D 19040 / L 827-4  -  Paris, 1928

Qui se doute que Comte Obligado est l'écrin de "la fille du Bédouin" et des "Artichauts" ? Peu de monde à vrai dire, et pourtant chacun connaît les rengaines. Pas très fine, la Fille du Bédouin, un "rien" condescendante pour les peuples d'Afrique du Nord, mais franchement hilarante et impossible. Quand aux artichauts, ils ont de quoi réjouir les amateurs de non-sens aussi bien que les farceurs surréalistes qui avouent souvent se délecter des facéties des chanteurs.Comte Obligado, ça sonne bien, ça sonne chic, ça sonne viennois et un peu italien, ou espagnol suivant la saison, et c'est efficace ! Et dans tout cela, la S.D.N. [Société des Nations] - cet ancêtre de nos sociétés internationales - ne sort pas grandie… Elle ne ressemble qu'à un lieu inutile ou toutes sortes de discours peuvent être prononcés sans que le cours de l'histoire du monde en soit le moins affecté !
14 & 15  Comte Obligado
Few know that La Fille du Bédouin and Les Artichauts originate from Comte Obligado, although everyone knows these tunes.  The former title is slightly condescending towards the North Africans but is nevertheless hilarious.  The latter is a source of delight for the lovers of non­-sense.

16 & 17/Louis XIV
Musique Philippe Parès et Georges Van Parys, livret Serge Weber
- Je suis resté Gamin
- Ce sera tout pour Aujourd'hui
Dranem, accompagnemen
t d'orchestre direction André Cadou.
Odéon, 166 222 / KI 2618 2 & KI 2620 - Paris, septembre 1929

Cette opérette marie allègrement les époques et les genres, puisqu'elle relate le tournage d'un film historique consacré à Louis XIV. Elle marie aussi les sous entendus… qui éclatent enfin dans un air resté fameux "Henri, pourquoi n'aimes tu pas les femmes ?". Mais elle marie encore les musiques. Dranem est l'un des premiers artistes du Caf' Conc' qui dès 1920 se soit risqué dans le genre de l'opérette. Mais il est resté toujours frileux face au jazz… Pourtant Louis XIV aurait volontiers cédé à la tentation si Dranem n'avait veillé. "C'est bien simple", se serait-il exclamé lors d'une répétition, "si cet orchestre joue de la musique américaine, il n'y aura qu'à chercher un américain pour la chanter"…
16 & 17  Louis XIV
This operetta tells the tale of the filming of a historical movie on Louis XIV.  It hosts a variety of periods and musical genres, though omits jazz which was snubbed by Caf’Conc’ artist Dranem.

18/Un de la Canebière
Musique Vincent Scotto, livret de Henri Alibert, lyrics de René Sarvil
- Cane… Cane… Canebière
Alibert, avec chœurs et accompagnés par le Jazz Marseillais
Pathé PA 690 / CPT 2212-1
Paris, 10 septembre 1935

Avec Pagnol, avec Fernandel, avec Raimu [Cf. FA 183, consacré à Raimu], c'est un peu de Marseille qui monte à Paris. Mais en 1935, à Bobino, c'est le Vieux-Port, c'est la Canebière qui se sont déplacés, car Vincent Scotto est là et sert avec plaisir Alibert, son beau-fils complice ! Le Jazz marseillais - va sans dire - se déchaîne et les accents tous les soirs sont plus vrais que nature même s'ils s'évanouissent sitôt le rideau tombé ! Qu'importe, cette invitation au voyage est un prélude aux congés payés de 1936…
18  Un de la Canebière
When Pagnol, Fernandel or Raimu took a trip to Paris, they transported a part of Marseilles with them.  But in 1935 it was the old port which travelled to Bobino’s stage with Vincent Scotto along with his accomplice-cum-son-in-law, Alibert.  The Jazz Marseillais was also present, letting their hair down and the Marseille accent was larger than life.  This form of travel was a prelude to the paid vacation arriving in 1936.


19/Au Temps des Merveilleuses
Musique de Tiarko Richepin et Christiné, livret de Mouezy-Eon et A. Willemetz
- Partir, c'est mourir un peu
André Baugé, Baryton de l'Opéra, avec accompagnement d'orchestre, sous la direction de G. Andolfi
Pathé PA 455 / CPT 1675-1      
Paris, 1935

L'œil battu, le regard chaviré, et le cœur à marée basse, André Baugé nous confie sa peine. Il fallait bien remonter au Temps des Merveilleuses pour trouver de tels accents. Mais en pays d'opérette tout est prétexte pour s'échapper, chanter sa peine et ses joies. Et André Baugé, mieux que quiconque sait faire rêver…
19  Au Temps des Merveilleuses
Forlorn and wretched, André Baugé sang of his sorrows.  But the land of operetta is a good excuse to relate pain and joy.  And André Baugé knew how to make the audience dream more than anyone else.

20/Une Revue
Reynaldo Hahn, livret de M. Donnay et H. Duvernois
- La dernière Valse
Ninon Vallin, soprano de l'Opéra, avec accompagnement d'orchestre sous la direction de Marcel Cariven
Columbia LFX 338 / CLX 175-1
Paris, 1937

La boucle serait-elle bouclée ? Voici que l'opérette même prend pour titre "Une Revue". Les cartes qui avaient été battues dans le sens opérette-revue - au cours d'une joyeuse partie de près de vingt années - sont distribuées dans un ordre nouveau, l'autre sens si l'on peut dire. C'est l'époque des grands bouleversements du genre, qui - une fois passée la lugubre folie de la seconde guerre mondiale - féconderont le renouveau lyrique qui au cours des années 1950 connaîtra une autre floraison, autour d'une nouvelle génération d'artistes dont le seul nom de Luis Mariano suffit à montrer le triomphe. "Dernière Valse", dernier feu d'une époque, qui ne peut se dire à jamais révolue puisqu'elle ouvre de nouvelles perspectives. Il n'y a désormais plus d'opérette viennoise, ou influencée par l'Amérique ou les revues, il y a désormais un genre neuf qui, nourri de tant de différences, ne demande qu'un peu de paix pour sortir de son cocon. A son tour alors elle nourrira les fastes du cinéma chantant, des spectacles de variétés, sans jamais oublier la scène à laquelle elle se sait à jamais fidèle !
20  Une Revue
Here, the operetta-revue is simply entitled ‘Revue’.  This was but one of the numerous upheavals of these pre-war days.  Dernière Valse (Last Waltz) was not so ultimate as it gave way to new horizons.  A new genre was in bud, simply demanding some peace and quiet to be able to blossom.

21/Cocktail Pathé (disque publicitaire)
Sketch musical de René Dorin
Artistes présentés par Paul Reboux :
Le Jazz de Tom Waltham, Paul Colline, André Baugé, Robert Marino, Constantin, Viard, Edmée Favart, René Dorin, Jean Cyrano, Frédo Gardoni, La Palma, Wicheler, Robert Burnier, Dréan et Alibert.
Pathé n° X 94 206 / 203 479 MCI et 203 480 MCI / M6 60695 & 60696 [Francis Day]
Paris, "Studio Pathé", juin 1932

Ce cocktail - écrit par René Dorin, lui même auteur de nombreux livrets d'opérettes - n'est pas à proprement parler un extrait d'opérette… Mais conçue comme telle, cette séquence musicale ou chansons, air et sketches s'entremêlent avec bonne humeur, nous présente quelques uns des artistes majeurs du premier tiers du XXè s. C'est donc naturellement que ce rarissime florilège à trouvé place en dernière position de ce disque. Il permet de retracer ce qu'aucun autre enregistrement ne livre, l'ambiance… le spontané même des farces qui parfois faisaient se dévier un instant la trame de l'opérette vers des fantaisies, sauts d'humeur, caprices ou clins d'œil parfois même un peu vaches - si peu - à d'autres comparses de plateau. Même si ces faces ont eu du mal à parvenir presque intactes jusqu'à nous, il eût été dommage de s'en passer !…
21  Cocktail Pathé
This cocktail, for advertising purposes, was not exactly an extract from an operetta, but is a good-humoured display of music, songs and sketches presenting some of the major artists of the first third of the century.

Jean-Yves Patte

Adapted by Laure WRIGHT from the French text of Jean-Yves PATTE
© Frémeaux & Associés/Groupe Frémeaux Colombini, 2000.

CD La Gloire de l Opérette 1922-1937 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 C EST UNE GAMINE CHARMANTE - URBAN03'01
02 J AI DEUX AMANTS L AMOUR MASQUE - PRINTEMPS02'29
03 VALSE COMTESSE MARITZA - GRAND ORCHESTRE ODEON03'25
04 L HEURE EXQUISE LA VEUVE JOYEUSE - VALLIN02'57
05 REVE DE VALSE - AZEMA06'19
06 DEIN IST MEIN GANZES HERZ LE PAYS DU SOURIRE - TAUBER03'14
07 AU JOYEUX TYROL L AUBERGE DU CHEVAL BLANC - MILTON02'43
08 ADIEU ADIEU L AUBERGE DU CHEVAL BLANC - MILTON03'04
09 DEPUIS TROIS ANS PASSES MARIETTE OU COMMENT S E - PRINTEMPS04'15
10 C EST LA SAISON DES AMOURS LES TROIS VALSES - PRINTEMPS03'20
11 TE SOUVIENT IL LES TROIS VALSES - PRINTEMPS03'00
12 DUO DE L ESCARPOLETTE VERONIQUE - LUART04'22
13 DE CI DE LA VERONIQUE - BAUGE02'12
14 NOUS AVONS FAIT UN BEAU VOYAGE CIBOULETTE - FAVART02'16
15 C EST SA BANLIEUE CIBOULETTE - FAVART02'26
16 AIR DES ADIEUX MOZART - PRINTEMPS04'40
17 QUAND ON N A PAS LE PIED MARIN COUP DE ROULIS - NELSON02'59
18 LES HOMMES SONT BIEN TOUS LES MEMES COUP DE ROULIS - DENYA02'40
19 POUR MADAME DE POMPADOUR BEAUMARCHAIS - VAVON03'05
20 AIR DE LA COMTESSE BEAUMARCHAIS - VAVON03'19
21 L ON DIRA C QU ON VOUDRA BRUMMEL - ARNOULT02'50
CD 2
01 CE SONT LES DANDYS BRUMMEL - ARNOULT03'00
02 AH COMBIEN PERFIDES SONT LES FEMMES NINA ROSA - BAUGE02'44
03 AIR DE NINA ROSA NINA ROSA - BAUGE02'47
04 POUR VIVRE AUPRES DE VOUS ROSES DE FRANCE - BOURDIN02'40
05 JE VOUS AIMERAI DANS L OMBRE ROSES DE FRANCE - BOURDIN03'03
06 OH MA ROSE MARIE ROSE MARIE - CLEMENT03'18
07 CHANT INDIEN ROSE MARIE - DACHARY03'12
08 OLD MAN RIVER MISSISSIPPI SHOW BOAT - ROBESON04'02
09 MEDLEY MISSISSIPPI SHOW BOAT - ROBESON03'55
10 LE CHANT DU DESERT LE CHANT DU DESERT - COUZINOU03'30
11 CHANT DU RIFF LE CHANT DU DESERT - GERBERT02'43
12 DANS LA VIE FAUT PAS S EN FAIRE DEDE - MAUPAS01'56
13 CA C EST UNE CHOSE TA BOUCHE - GEORGEL02'48
14 LA FILLE DU BEDOUIN COMTE OBLIGADO - URBAN02'26
15 LES ARTICHAUTS COMTE OBLIGADO - MILTON02'48
16 JE SUIS RESTE GAMIN LOUIS XIV - DRANEM02'45
17 CE SERA TOUT POUR AUJOURD HUI LOUIS XIV - DRANEM02'27
18 CANE CANE CANEBIERE UN DE LA CANEBIERE - ALIBERT02'35
19 PARTIR C EST MOURIR UN PEU AU TEMPS DES MERVEILL - BAUGE03'23
20 LA DERNIERE VALSE UNE REVUE - VALLIN04'07
21 SKETCH MUSICAL COCKTAIL PATHE - WALTHAM08'31
"La Gloire de l'Opérette" par Ecouter Voir

“Yvonne Printemps, André Baugé, Ninon Vallin, George Milton, Alibert... tous les « grands » qui ont fait la gloire de l’opérette française entre les deux guerres sont là, pour le plus grand plaisir des amateurs, nostalgiques ou non d’un âge d’or, hélas! sans doute révolu. Très bon travail de restitution sonore pour cette production soignée. A ne pas manquer.” Gilles PIERRET, ÉCOUTER VOIR




"L'âge d'or du genre" par Centre France

Avec Scotto, Marseille montait à Paris sur l'air de l'impérissable "Un de la Cannebière" comme le rappelle "La gloire de l'opérette, 1922-1937", coffret de deux disques paru chez le même éditeur. C'est l'âge d'or du genre avec "Phi-Phi" et "Dédé", de Christiné, "L'amour masqué", de Messager, "La veuve joyeuse" et "Le pays du sourire", de Léhar, "Rêve de valse", d'Oscar Strauss, "Ciboulette", de Hahn, "L'auberge du cheval blanc", de Benatzky. Parfums d'époque, avec Yvonne Printemps, Georgel, Lina Dachary et Alibert. Et l'on y entend Ninon Vallin, la plus grande cantatrice française du XXe siècle, dans un extrait d'"Une revue" de Raynaldo Hahn et de la "Veuve joyeuse", mais aussi Richard Tauber, prestigieux ténor, dans le "pays du sourire". Heureuse époque où les plus beaux représentants de l'art lyrique ne pensaient pas déchoir en abordant ce type de répertoire, bien au contraire ! CENTRE FRANCE




"Une belle tranche de répertoire" par La Croix

Alors que Mistinguett fait les beaux jours de l'Opéra-Comique, façon Savary, les éditions Frémeaux proposent une belle tranche de répertoire à la gloire de l'opérette. Le genre reprenait des couleurs, au sortir de la Grande Guerre et redescendit alors dans la rue. Dans la vie faut pas s'en faire n'a pas été chanté par Maurice Chevalier; Ce double album aux couleurs roses du souvenir permet d'écouter Yvonne Printemps, Alibert, ou Georges Milton, créateur de l'Auberge du Cheval-Blanc. Les influences viennoises sont au programme, ainsi que les airs d''Amérique. Sans oublier Dranem et sa Phi Phi. Le livret s'ouvre par une préface de Jacques Rouchouse rappelant l'histoire du genre opérette. R.M. - LA CROIX




"La Gloire de l'operette" par Platine

La gloire de l'operette, voilà un double CD pour tous les passionnés d'Yvonne Printemps, Ninon Vallin, André Baugé, Georges Milton, Georgel,  Dramen, Alibert, Lina Dachary... Ces derniers et bien d'autres chantent : C'est une gamine charmante de Phi-Phi, l'heure exquise de La Veuve joyeuse, les airs de Rose-Marie, Old man river de Mississipi Show Boat, Dans la vie faut pas s'en faire de Dédé, La fille du Bédoin du comte Obligado, Cane, cane, Canebière d'Un de la Canebière... On retrouve les signatures de Christiné et Willemetz Messager, Yvain, Moretti, Van Parys, Scotto et Sarvil, St Granier, Hammerstein et Kern, Léhar et de Flers ou Mauprey, Strauus et Xanrof... PLATINE




"Quelques joyaux mémorables" par Le Monde de la Musique

La création de Phi-Phi, de Christiné, le 11 novembre 1918 n'ouvre pas une nouvelle ère simplement par un miraculeux hasard de calendrier : à partir de là, l'opérette descend dans la rue, ou plutôt y redescend. Cela fait quelques lustres, en effet, qu'elle est entrée dans une sorte de décadence. Le temps n'est plus où le plâtrier sur son échavaudage et la modiste à son ouvrage chantaient les airs entendus la veille aux Bouffes-Parisiens : L'opérette est devenu progressivement un spectacle opulent et savant, que l'on va regarder plus que partager. Pendant ce temps, c'est le café-concert et le music-hall qui fournissent le public en refrains populaires. Après-guerre, le music-hall s'éprend d'une opérette nouveau style, influencée par les productions américaines et peu à peu colonisée par des artistes se souciant peu des dignités compassées d'un style qui se prenait au début du siècle comme le petit frère - mais frère quand même- du grand opéra. Alors tout se libère : l'actualité sociale monte sur scène avec des demi-mondaines, ses ministres, ses mercantis et ses bourgeois; on jette le quotidien, l'argot et la sagesse populaire dans des formes empruntées à l'opéra; on se livre à de laborieux calembours, on brosse de féroces caricatures et, surtout, on tient à distance les abstractions du bel canto. L'opérette redevient un loisir populaire et donne à la chanson française quelques joyaux mémorables : La fille du bédouin (dans l'opérette Comte Obligado), Dans la vie faut pas s'en faire (dans Dédé), Cana Cane Canebière (dans Un de la Canebière), le Duo de l'escarpolette (dans Véronique)... L'opérette viennoise (La Veuve joyeuse, l'Auberge du cheval blanc), les compositions de Reynaldo Hahn (Ciboulette, Mozart, Brummel) ou André Messager (Véronique, Coup de roulis) préfigurent le triomphe de l'opérette-revue de Vincent Scotto, Henri Christiné, Maurice Yvain et d'autres.
Ce double CD recèle des trésors chantés par Yvonne Printemps, André Baugé, Alibert, Dranem, Georgel, Ninon Vallin ou Georges Milton, mais aussi des raretés comme Dans la vie faut pas s'en faire par Ernest Cloérec Maupas plutôt que par Maurice Chevalie, ou un extraordinaire Cocktail Pathé, sketch musical mettant en scène une quinzaine de vedettes dans des courts extraits de leurs tubes en deux faces de 78-tours. On est assez loin des figures clinquantes des opérettes-chromo des années 50, et en même temps au coeur de la culture populaire de l'entre-deux-guerres. Bertrand DICALE - LE MONDE DE LA MUSIQUE