MUDDY WATERS

ROLLING STONE 1941 - 1950

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Livret : 24 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA266

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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Ce coffret retrace la première partie de la carrière de Muddy Waters, un des noms les plus importants de l’histoire du blues et le père spirituel des Rolling Stones. De 1941 à 1950, depuis la plantation Stovall au cœur du Delta jusqu’au South Side de Chicago, nous voyons McKinley Morganfield, conducteur de tracteurs, devenir Muddy Waters, le “Roi” du Chicago blues.
Gérard Herzhaft

Les coffrets « The Quintessence » jazz et blues, reconnus pour leur qualité dans le monde entier, font l’objet des meilleurs transferts analogiques à partir des disques sources, et d’une restauration numérique utilisant les technologies les plus sophistiquées sans jamais recourir à une modification du son d’origine qui nuirait à l’exhaustivité des informations sonores, à la dynamique et la cohérence de l’acoustique, et à l’authenticité de l’enregistrement original. Chaque ouvrage sonore de la marque « Frémeaux & Associés » est accompagné d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie.
Edition sous la direction de Gérard Herzhaft et Patrick Frémeaux, Editorialisation par Claude Colombini. 

Frémeaux & Associés’ « Quintessence » products have undergone an analogical and digital restoration process which is recognized throughout the world. Each 2 CD set edition includes liner notes in English as well as a guarantee.

"La Maison Frémeaux et Gérard Herzhaft appliquent une formule amplement gagnante. Ici des connaisseurs compétents choisissent ce qui est le plus marquant, musicalement, esthétiquement et historiquement, à une époque donnée dans la production d'un artiste. En outre, ces disques restent dans le catalogue pour des périodes trés longues, au contraire des productions américaines ou anglaises."
Robert Sacré - Soul Bag

“A quand un bureau au ministère de la culture pour Patrick Frémeaux...“
Blues ’N’ Rhythm
"Gérard Herzhaft, le maître d’œuvre de cette récolte connaît tout du blues" 
Répertoire
"Gérard Herzhaft est notre Diderot du blues"
Virgin Mégapresse
"Vous découvrirez toute la passion d'un spécialiste qui dévoile ainsi son amour pour cette musique."
Jazz Notes
“You’ve got to hand it to Frémeaux & Associés. This French company is a prime source for excellent collections of talented, obscure American roots artists. So what do the French know about Texas music? A lot more than most Americans, apparently.“
Dirty Linen
"La collection Quintessence Blues est une véritable démarche encyclopédique Française sur l'histoire de la culture populaire américaine."
Jazzman
"Encore une très intéressante compilation à mettre au crédit de Frémeaux & Associés et dont Gérard Herzhaft est le maître d’œuvre."
Jazz Hot

Droits d'éditorialisation : Groupe Frémeaux Colombini SAS."
MUDDY WATERS THE BLUES FA 266

MUDDY WATERS
THE BLUES

ROLLING STONE
1941 - 1950








Muddy Waters est une des figures centrales de l’histoire du blues. Bien qu’il n’ait pas vraiment tant innové musicalement, se situant dans la continuité de ce qui était en cours à Chicago depuis une bonne décennie, le nom de Muddy Waters représente souvent le nouveau blues de Chicago, électrique et orchestral. Sa personnalité exceptionnelle - qui transparaît tout entière dans sa musique - y est en fait pour beaucoup. Tous ceux qui ont eu la chance de rencontrer ou de connaître Muddy auront été frappés par son charisme exceptionnel, sa personnalité d’une grande richesse et à multiples facettes, à la fois dur en affaires mais d’une grande altérité, généreux et bienveillant.Ce coffret retrace la première partie de sa carrière, de la plantation Stovall au cœur du Delta jusqu’au succès à Chicago, du disciple timide de Son House enregistré pour la Bibliothèque du Congrès à la star montante des ghettos noirs, de Mc Kinley Morganfield, conducteur de tracteurs à Muddy Waters, vedette du Chicago blues.

UNE ENFANCE DE METAYER
Mc Kinley Morganfield naît à Rolling Fork au cœur du Mississippi le 4 avril 1915. Il est le deuxième enfant de deux métayers qui en auront douze: Ollie Morganfield et Berta Jones. Ollie est un Noir tandis que Berta est une Cherokee de pur sang. Les représentants de ce peuple indien étaient en effet très nombreux dans le Delta, terre qu’ils ont d’ailleurs possédée (avant d’en perdre la propriété ou d’en être expulsé) jusqu’en 1886. La vie est très dure pour le couple qui ne survit que difficilement. Pour cela, ses parents naturels confient alors Mc Kinley à l’âge d’un an à sa grand-mère maternelle Della Jones qui, elle, travaille sur la plantation Stovall, un vaste domaine cotonnier au nord de Clarksdale.Il semble que le surnom de Muddy Waters (Eaux boueuses) lui soit venu très tôt. La légende veut qu’on l’ait affublé de ce sobriquet parce que l’enfant passait son temps à patauger dans les nombreuses mares proches de la cabane familiale. Mais selon une autre version, le jeune Mc Kinley serait devenu Muddy Waters à cause de son teint cuivré, «boueux»! Quoi qu’il en soit, Mc Kinley Morganfield sera très fier d’être devenu Muddy Waters, au point de faire enregistrer ce nouveau patronyme sur son Etat Civil.Les travaux de la plantation priment tout. L’enfant n’a que très peu d’éducation formelle, peut-être quatre années d’école suivies de façon intermittente. Mais sa grande intelligence lui permettra de transcender ces lourds handicaps.

Contrairement à bien d’autres enfants du Sud qui ont eu la même absence de scolarité, Muddy apprendra à compter, lire et écrire couramment et son imagination lui permettra de composer des chansons et des petits textes rythmés qui feront la joie de sa famille et de son voisinage.« J’ouvrais toutes grandes mes oreilles et j’écoutais les sons du Mississippi, les animaux, le vent, les feuillages, les crapauds-buffles, les chants des métayers pendant la récolte du coton, les spirituals dans les Eglises. J’ai toujours su les saisir, les transformer à ma façon, ajouter mon rythme et mon feeling ».Le grand-père de Muddy joue du banjo et la cabane familiale est souvent le lieu de rencontre de plusieurs musiciens. Vers l’âge de dix ans, Muddy commence par jouer de l’harmonica. Quelques années plus tard, il accompagne un des amis de la famille, le bluesman Scott Bohanna. Ce dernier est un guitariste et chanteur de renom qui va et vient entre Clarksdale et Helena dans l’Arkansas. Il prend Muddy sous son aile, lui apprend à jouer de la guitare et l’emmène de plus en plus souvent dans les juke joints et durant les week-ends, ici et là dans le Delta.Comme le dira Muddy :« C’est Scott Bohanna, un excellent guitariste de Clarksdale, qui m’a appris à jouer de la guitare. Il avait deux ou trois ans de plus que moi, pas davantage mais il ne travaillait presque jamais dans les champs et avait choisi la vie de bluesman.

Mais Scott se contentait de jouer ce qu’il savait faire. Moi, j’écoutais plein d’autres musiciens: les disques de Charlie Patton, de Blind Lemon Jefferson, les Mississippi Sheiks... Une fois, j’ai su que les Mississippi Sheiks passaient dans la région. J’ai marché dix miles aller et retour pour aller les voir jouer! C’étaient de vrais et grands musiciens... Je crois que c’est en les voyant arriver dans leur belle voiture, comment ils étaient habillés, que je me suis dit qu’un jour je serais comme eux un vrai musicien et non un paysan qui trime sur la terre la semaine, qui joue le blues pour quelques pièces le week-end, qui se saoule et qui recommence à s’épuiser derrière sa mule le lundi à l’aube. Je ne voulais pas être un bluesman de cette façon: un ivrogne qui arrive sur scène en titubant, une bouteille dans la poche, vêtu de demi-haillons... Je voulais devenir un chanteur de blues intelligent. Et c’est ce que j’ai réussi: je chante le vrai blues, profond, qui vient du fond du Delta mais je le fais avec classe ».En quelques années, Muddy Waters éclipse son mentor.« Avec Scott, j’ai joué dans tous les cabarets, les soupers du samedi soir, les réunions privées chez des familles noires et blanches. Puis, un jour, je me suis aperçu que je jouais aussi bien que Scott, que je chantais mieux que lui et que les gens m’applaudissaient et voulaient m’entendre moi ».Bien qu’il ait gagné Chicago où il a vécu jusque dans les années 80 et soit resté en relation avec son ancien protégé, Scott Bohanna n’a malheureusement pas été enregistré.

MUDDY WATERS VOLE DE SES PROPRES AILES

Quoi qu’il en soit, Muddy va désormais s’imposer comme un nom qui monte dans la musique du Delta. Il a commencé à jouer sur un instrument bricolé mais a pu s’acheter sa première vraie guitare en 1932, une Stella d’occasion. Quelques années plus tard, ce qu’il gagne en jouant lui permet de se procurer enfin une guitare neuve acquise par correspondance via le catalogue Sears & Roebuck.« Je me suis alors senti un vrai musicien... J’avais une guitare neuve et tout le monde venait l’admirer, me demandait la permission de la toucher. La plupart des types qui jouaient dans le Delta n’avaient pas les moyens de s’acheter un instrument et jouaient sur des trucs qu’ils avaient fabriqués avec des bouts de planche...»Muddy résumera ainsi et avec humour sa vocation de musicien professionnel :« Je voulais avant tout sortir de la plantation. Pour cela, j’avais trois possibilités: le base-ball, l’Eglise ou la musique. Je n’ai jamais bien su jouer au ballon, je me suis tordu les doigts et j’ai arrêté. J’étais un prédicateur que personne ne prenait au sérieux et je n’aurais jamais eu d’ouailles. Il ne m’est donc plus resté que la musique et là je l’ai travaillée sérieusement ».Après Scott Bohanna et les Mississippi Sheiks, la rencontre de Muddy Waters avec le bluesman Son House va être également tout-à-fait déterminante :« C’est à une des ces parties de pêche dansantes au bord de la rivière le samedi soir que j’ai entendu Son House pour la première fois. C’était tellement beau, si émouvant... J’en pleurais presque. Son devait jouer pendant près d’un mois tout autour de Clarksdale et je n’ai pas raté une seule de ses prestations.

Après, je me suis mis à jouer comme j’avais vu Son le faire. Son House est celui qui m’a le premier et le plus influencé. Durant toutes ces années, Son est resté pour moi comme le plus grand guitariste du monde».En attendant, c’est l’exemple de l’orchestre à cordes des Mississippi Sheiks qui domine chez Muddy. Les Sheiks (appelés ainsi d’après le célèbre film «Le fils du Sheik» avec Rudolf Valentino) ont certainement été l’ensemble noir le plus populaire du Mississippi et leur plus célèbre composition Sittin’ on top of the world, longtemps l’air favori d’Al Capone qui obligeait tous les revendeurs de disques à diffuser ce morceau!, est devenue un des grands standards de la musique populaire américaine, repris par quantité de vedettes de Bob Wills à Frank Sinatra, les Cream ou le Grateful Dead... Le répertoire de cet orchestre à cordes comprenait ragtimes, airs de danses des plantations, hillbilly, polkas, valses et des blues.Muddy rencontre et joue avec Joe Willie Wilkins, Rice Miller, Robert Nighthawk, Elmore James, Big Joe Williams. Mais lorsque le violoniste Son Simms (ou Sims), un vétéran de la scène du Delta qui a enregistré sous son nom pour Paramount et en accompagnement de Charlie Patton, lui propose de faire partie de son orchestre à cordes, les Son Simms Four, Muddy accepte d’emblée. Outre Son qui chante et joue du violon, on trouve le mandoliniste et guitariste Louis Ford, le contrebassiste Pittypat avec, parfois et selon les nécessités, l’adjonction d’un autre musicien comme le guitariste Charles Berry. Muddy joue de la guitare, parfois de l’harmonica et chante un répertoire varié et versatile largement calqué sur celui des Mississippi Sheiks. Cela leur vaut un grand succès. Le groupe devient plus ou moins l’orchestre «officiel» de la plantation Stovall et Howard Stovall, le propriétaire, les engage régulièrement lors de ses réceptions. Les Son Simms Four ont gravé quatre titres en 1942 et nous avons inclus dans ce coffret Ramblin’ Kid blues.

QUAND LA BIBLIOTHEQUE DU CONGRES BOULEVERSE LA VIE DE MUDDY WATERS
L’intelligence et le sérieux de Muddy Waters ne lui avaient pas seulement permis de devenir un nom qui comptait dans la musique noire du Delta. Il avait aussi réussi à obtenir une meilleure situation dans la plantation Stovall et conduisait un tracteur au début des années 40, ce qui était mieux rémunéré que le pur travail de récolteur de coton et n’était certainement pas confié à n’importe qui. Cependant, la situation générale dans le Delta, et celle des Noirs en particulier, était lamentable :« Vers 1939-40, beaucoup de jeunes de ma génération, en tout cas ceux qui étaient les plus ambitieux, ont compris que le Delta et même tout le Sud étaient sans avenir et qu’il faudrait partir un jour, trouver quelque chose d’autre ailleurs ».Probablement en 1940 (mais peut-être en 1941), Muddy rejoint le spectacle Silas Green from New Orleans, une troupe itinérante de music hall qui, de passage à Clarksdale, avait dû faire face à la défection d’un de ses bonimenteurs-danseurs. Muddy saute sur l’occasion et, durant quelques semaines, il dansera les claquettes, racontera des blagues et jouera de l’harmonica. Le show l’emmène à Memphis et Saint Louis. A chaque fois, il tente aussi sa chance en chantant et jouant de la guitare dans les parcs, les bars et cabarets locaux. Mais le jeune musicien ne rencontre aucun succès et se heurte même aux musiciens locaux qui, bien organisés, ne sont certainement pas désireux de faire de la place à un nouveau venu.Muddy rentre alors à Clarksdale, reprend le tracteur et sa place auprès de Son Simms.

C’est alors que ses pas vont croiser ceux des ethnomusicologues John et Alan Lomax. Les Lomax sont à la tête des Archive of Folk Songs de la Bibliothèque du Congrès. Depuis 1933, Lomax, lui-même natif du Sud-Ouest, a entrepris un programme de recherches dans les domaines du folklore sudiste. Un grand nombre de musiciens noirs (et blancs), professionnels ou amateurs, enregistrent ainsi un très grand nombre de blues, spirituals, hollers, chants de travail, folksongs. Entre 1933 et 1942, plusieurs voyages seront effectués dans le Sud par de nombreuses équipes mobiles (deux voitures et un camion-studio) généralement dirigées par John Lomax ou son fils Alan Lomax avec l’aide fréquente de spécialistes locaux. Ils passent au peigne fin les plantations, les pénitenciers, les fermes de rééducation, les marchés des villes... Durant cette période, ils enregistrent plus de 4000 titres sur disques 78t (la bande magnétique n’était pas encore au point!) et 850 interprètes noirs.Pour les expéditions de 1941 dans le Delta, les Lomax bénéficient de l’aide déterminante d’un ethnomusicologue noir, John Work, un des premiers enseignants «de couleur» à la Fisk University de Nashville, une Université pionnière à destination des Noirs. Sans minimiser le rôle des Lomax, l’écoute des bandes de cette expédition (conservées à la Bibliothèque du Congrès) permet d’apprécier le travail considérable accompli par John Work. Il a une grande connaissance du monde des ses compatriotes noirs, de leurs façons de parler et de penser, sait les mettre en confiance. Sans lui, les résultats n’auraient certainement pas été du même niveau.Il faut souligner que c’est la mort de Robert Johnson qui a conduit les Lomax vers Muddy. En effet, le producteur de Columbia John Hammond avait gagné les Lomax à sa passion des disques de Robert Johnson (cf. les notes que j’ai écrites pour le coffret Robert Johnson FA 251).

Bien que des rumeurs persistantes fissent état de la mort de Johnson, les Lomax pensaient qu’il valait quand même la peine de tenter la chance de retrouver ce bluesman qui commençait à devenir légendaire dans les milieux intellectuels New Yorkais. En tout cas, pour Muddy Waters, l’arrivée de cette expédition était totalement incongrue et apparaîtra aussi comme un signe du destin.Muddy racontera cette rencontre en termes savoureux :« Quand j’ai vu ces Blancs arriver dans leur drôle de véhicule et avec leur accent bizarre, je me suis un moment affolé. Je me demandais ce qu’ils voulaient. Car, à cette époque, comme un peu tout le monde dans le Delta, je fabriquais du whiskey en contrebande, ce qui était bien sûr totalement interdit. Alors, je soupçonnais ces deux gars d’être de la police fédérale. Ils se sont vite aperçus de mes soupçons et ils m’ont dit qu’ils venaient me voir parce que j’était un musicien réputé et qu’ils voulaient m’enregistrer pour la Bibliothèque du Congrès. Je me suis gratté la tête et je leur ai répondu: «C’est quoi ce machin-là?».Et Muddy Waters d’ajouter :« En vérité, Lomax cherchait Robert Johnson mais Robert était mort depuis un bon moment et quelqu’un avait dit à Lomax que je jouais comme Robert Johnson! Alors, j’ai un peu fait semblant d’être d’accord. Mais je ne connaissais pas vraiment Robert Johnson. Je l’avais vu une ou deux fois jouer dans un juke-joint. Vous savez, ce garçon n’était pas si connu que ça dans la région. J’avais seulement entendu parler un peu de lui en tant qu’un autre élève de Son House. Et moi aussi, j’étais un élève de Son House. Je jouais du bottleneck comme lui et je chantais le blues comme lui. Mais Lomax n’avait jamais entendu parler de Son et m’a même demandé qui c’était, où il vivait et s’il savait bien jouer le blues! Finalement, c’est moi qui leur ai indiqué où trouver Son House et ils l’ont aussi enregistré pour la Bibliothèque du Congrès! ».

Tout à sa carrière de musicien d’orchestres à cordes, Muddy est un peu surpris lorsque les Lomax insistent pour qu’il n’enregistre que des blues. Mais il ne rate pas l’occasion de faire ses débuts sur disque.« Je jouais régulièrement depuis pas mal d’années lorsque John et Alan Lomax m’ont découvert. Je gagnais en jouant ici et là 0,50 $ et jusqu’à 2,50 $ par soir et je savais que je pouvais gagner bien davantage avec ma guitare qu’en conduisant le tracteur pour Mr Stovall. Cela faisait 17 ans que je travaillais sur cette Plantation et je n’avais jamais vu personne s’en sortir, devenir simplement propriétaire de sa terre!... J’ai joué les blues les plus «low down» et profonds que je connaissais et je ne l’ai jamais regretté. Lomax m’avait dit qu’il éditerait le disque s’il était bon mais qu’il ne serait pas en vente. Mais qu’il me paierait pour cet enregistrement et qu’il m’en enverrait et que ça pourrait me servir pour le reste de ma carrière... C’est exactement comme cela que les choses se sont passées... Et puis entendre son propre disque pour la première fois, surtout à cette époque, c’était quelque chose! ...Quand Mr Lomax m’a fait écouter le disque, je ne me suis d’abord pas reconnu. Je ne m’étais jamais entendu chanter. Je me suis dit: «Ce type chante rudement bien le blues». Ce n’est qu’au bout d’un moment que je me suis rendu compte que c’était moi. Et cela m’a grandement donné confiance en moi. Je pense que ça m’a aussi beaucoup encouragé à partir à Chicago y tenter ma chance ».

MUDDY A CHICAGO
Avec Lomax et la Bibliothèque du Congrès, c’est l’irruption inattendue du monde extérieur dans la vie de Muddy Waters qui décide effectivement ce dernier à quitter l’univers désespérant du Delta.« Je suis parti en 1943 à Chicago avec une petite valise, un costume et ma guitare. Mais là-bas, les gens étaient fous de jazz: Nat King Cole, Billy Eckstine, des trucs comme ça... J’ai commencé à jouer dans les marchés en plein air, dans Jewtown et Maxwell Street, dans des réunions privées, quelques clubs. Mais c’était vraiment très très difficile ».Comme beaucoup de migrants sudistes, Muddy Waters va tout d’abord habiter chez un de ses oncles, Joe Brant, qui s’était installé à Chicago durant les années 30. L’oncle Joe n’est qu’un musicien amateur mais un fan de blues et il s’enthousiasme tout de suite pour les talents de son neveu. Il lui achète une guitare électrique, l’emmène avec lui dans les cabarets de blues qu’il fréquente assidûment et le présente à Big Bill Broonzy avec lequel il entretient des rapports amicaux.Muddy n’oubliera jamais l’oncle de Chicago. Lorsque le succès aura donné au bluesman une certaine aisance financière, il prendra Joe Brant chez lui. C’est lui le vieux «Daddy» - comme tout le monde, famille et visiteurs, l’appelait alors - que tous ceux qui ont eu la chance d’être accueillis par Muddy Waters dans sa petite maison victorienne en pierres brunes du South Side n’ont pas manqué de rencontrer.A Chicago, au contact des vedettes du blues de la ville et des autres bluesmen en activité, Muddy va substantiellement modifier sa musique. Il laisse de côté le répertoire des orchestres à cordes et adapte aussi son blues du Delta à la mode orchestrale alors en vigueur dans la grande cité des bords du Lac Michigan. Son jeu de guitare emprunte beaucoup à ceux de Big Bill et Tampa Red.

Le guitariste Blue Smitty (Claude Smith) apprend à Muddy à mieux jouer de la guitare sans bottleneck. Avec sa générosité habituelle, Broonzy apporte aussi beaucoup à Muddy. Il le prend un peu sous sa protection, le présente partout et à tous, l’aide autant qu’il le peut. Muddy conservera toujours à Big Bill une forte reconnaissance. Dans les années 60, il enregistrera un album en hommage à Big Bill après avoir été admis auprès des proches parents, portant le cercueil du vieux maître, lors de son enterrement.Outre Big Bill, Muddy professera d’ailleurs toujours la reconnaissance, le respect, les hommages appuyés à ceux qui l’ont précédé. Avec une modestie et un sens de l’histoire assez rares dans la musique:« Je lis souvent que c’est moi qui aurait créé le blues moderne de Chicago. Cela me fait évidemment très plaisir. Mais c’est totalement faux. Big Bill, Lonnie Johnson, Tampa Red, Memphis Minnie, l’original Sonny Boy Williamson...ces bluesmen étaient là bien avant moi. Ce sont eux qui ont inventé le Chicago blues et cela des années avant moi. Ils ont préparé le public à ma musique... Sans eux, je n’aurais probablement jamais eu de succès. Il n’y aurait sans doute même jamais eu de disque de Muddy Waters ».On ne peut d’ailleurs pas vraiment comprendre la musique de Muddy Waters ni l’évolution du Chicago blues vers une musique orchestrale et électrique sans écouter celles de Big Bill Broonzy (cf. FA 252), Tampa Red (cf. FA 257) et John Lee «Sonny Boy» Williamson (cf. FA 253).Mais, pendant quelques années, Muddy Waters n’est qu’un parmi les nombreux jeunes bluesmen de la ville venus du Mississippi. Il doit vivre en dehors de la musique: dans une papeterie, une fabrique de composants radio, il livre et installe des stores vénitiens. Progressivement cependant, il est admis à jouer sur scène avec les grands bluesmen de la ville.

C’est encore Big Bill qui, un samedi soir de l’hiver 1944-45 alors qu’il joue à Sylvio’s sur West Lake, présente Muddy à John Lee «Sonny Boy» Williamson. Muddy restera huit mois dans l’orchestre du grand harmoniciste. Il va énormément apprendre durant cette période, comment et quand jouer à l’intérieur d’un orchestre professionnel, comment occuper la scène, gérer les problèmes d’un orchestre. Cela lui donne aussi l’opportunité de se faire remarquer par tous ceux qui comptent dans le Chicago blues d’alors ainsi que par une grande quantité d’auditeurs.« J’ai joué presque un an avec l’original Sonny Boy. Il y avait Eddie Boyd au piano. A l’époque John Lee Williamson était Sonny Boy depuis longtemps et moi je n’étais pas encore Muddy Waters! Sonny Boy était un type formidable mais terriblement jaloux. Il refusait qu’aucun de ses «jeunes» musiciens chante ou se mette en avant. Mais un soir, il était tellement saoul qu’il a quitté la scène au milieu d’un set pour aller s’endormir. Alors, on s’est retrouvé face à une foule de gens qui criaient, très mécontents, et commençaient à nous jeter des tas de trucs. Eddie Boyd se cachait derrière son piano. Alors, c’est moi qui ai chanté et j’ai cassé la baraque! A un moment donné, les applaudissements étaient tellement forts que ça a fini par réveiller Sonny Boy. Il s’est rué sur scène avec sa chemise qui pendait sur son pantalon et il s’est mis à reprendre la place de leader. Mais le public le huait et disait: «Laisse ce jeune gars chanter! «. Les semaines suivantes, au fur et à mesure que tout le monde me remarquait et voulait que je chante, Sonny Boy devenait furieux. Finalement, il m’a viré de son orchestre... Mais je l’aimais bien quand même. C’était un bon type au fond, un très grand bluesman... Il faut le comprendre: il avait un grand nom, des grands succès du disque, une énorme réputation et il avait peur que des jeunes comme moi lui enlèvent le pain de la bouche. Malheureusement, il ne nous a même pas laissé le temps de nous mesurer vraiment à lui. Il aimait mieux le whiskey et les femmes que la musique et c’est ça qui l’a tué! ».

LES PREMIERS ENREGISTREMENTS
Muddy sait qu’aucun artiste ne peut véritablement faire carrière sans disque. Il traque donc toutes les occasions d’enregistrer.Grâce à Big Bill et aux mois passés dans l’orchestre de Sonny Boy Williamson, Muddy Waters rencontre les producteurs du Chicago blues des années 40, celui que l’on nomme Bluebird Blues. Il réussit en 1945 à enregistrer Mean Red Spider pour Mayo Williams (qui se trouve dans le coffret Chicago Blues, 1940-47 FA 150). Mais le disque sort sous le nom de James «Sweet Lucy» Carter sans que Muddy sache même qu’il a paru! Il ne le découvrira que trente ans plus tard lorsque des amateurs s’aviseront que ce bluesman à la mode du Bluebird blues d’alors est sans doute Muddy Waters. Un chanteur différent occupe l’autre face du 78t. Interrogé à ce sujet, Muddy avouait n’avoir jamais connu aucun James Carter et reconnaissait Saint Louis Jimmy derrière ce pseudonyme.Muddy Waters joue alors dans l’orchestre du pianiste Lee Brown. C’est là qu’il rencontre Baby Face Leroy Foster et Jimmy Rogers avec lesquels il sera longuement associé les années suivantes. Toujours grâce à Big Bill, Muddy auditionne pour Lester Melrose en 1946 qui lui fait enregistrer trois titres. Nous avons présenté un titre de cette séance dans le coffret Chicago Blues, 1940-47 (FA 150) et nous rééditons ici Jitterbug blues, lui aussi ancré dans le Bluebird blues mais qui laisse nettement percer, voix passionnée et guitare électrique vibrante, ce qui allait faire le succès de Muddy Waters.En attendant, c’est une nouvelle déception! Melrose - qui semble avoir perdu son flair légendaire - écarte les titres de ce nouveau bluesman. « Ce garçon n’a aucun talent original, aucun avenir « écrit-il dans ses notes de séance. Il interdit - tout comme pour Johnny Shines qu’il auditionne également ainsi qu’à Tommy Mc Clennan et Robert Petway qui interprétaient selon tous les témoignages de nombreuses pièces au slide - de jouer du bottleneck.

Pour lui, le son du slide à la façon du Delta est beaucoup trop rugueux et «paysan» pour les oreilles du public noir de Chicago, habitué aux douces sonorités à la façon hawaïenne de Tampa Red ou Casey Bill Weldon. Convaincu ou à tout le moins rendu prudent, Muddy n’enregistrera d’ailleurs en jouant du bottleneck que deux ans plus tard et à la demande expresse du label Chess!« Lester Melrose n’a pas aimé ce que j’ai fait ce jour-là. «C’est trop rural» m’a-t-il dit en faisant la grimace. «Ce truc ne se vendra pas « Après, j’ai alors cherché à être moins «rural», j’ai mis des saxophones derrière et le piano en avant. Et, quelque temps plus tard, c’est Phil Chess qui a insisté pour que je ne joue qu’avec le contrebassiste Big Crawford - un musicien de l’orchestre de Memphis Slim- et avec mon bottleneck. Il a dit: « Muddy, essayons juste toi et Crawford. Je sens que ça va être funky et que ça va plaire... «. Et c’est ça qui a marché d’un seul coup... Le monde de la musique est vraiment bizarre...On ne sait jamais où on va et si seulement on va quelque part ».

MUDDY WATERS BLUES BAND
Des séances qui sont éditées sans qu’il le sache ou qui ne sont pas publiées... Rien ne fait penser que Muddy Waters va bientôt s’imposer comme le «Roi du Chicago blues». Le monde du disque, si nécessaire et si désiré par Muddy Waters, semble malheureusement lui échapper.« Pour être un nom, même un petit nom, dans le monde de la musique, il fallait avoir fait un disque. Les gens qui vivaient à côté de moi, qui venaient boire un verre régulièrement dans les clubs où je jouais le soir ne savaient pas qui j’étais jusqu’à ce que j’aie enregistré un disque! Alors, d’un seul coup, ils se sont mis à dire: «C’est Muddy Waters. Il a sorti un disque. On l’entend à la radio!» Mais pour cela, j’ai beaucoup, beaucoup dû me bagarrer! ».En attendant, Muddy a malgré tout de plus en plus confiance en lui. Il a vu que les clients le demandaient, l’appréciaient lorsqu’il jouait derrière des leaders. Fin 1946 ou début 1947, il décide alors de créer sa propre formation et d’y appliquer ses idées musicales. Il cherche d’abord un harmoniciste :«Beaucoup de gens croient aujourd’hui qu’il y a toujours eu plein de types qui jouaient de l’harmonica dans le Mississippi. C’est grandement exagéré. En réalité, c’est vraiment le succès de Sonny Boy à Chicago qui a poussé des tas de jeunes à essayer de jouer de l’harmonica... Quant à moi, je me suis mis à aimer le son de l’harmonica en jouant avec Sonny Boy. Et quand j’ai formé mon orchestre, j’ai cherché quelqu’un qui jouerait aussi bien que lui, qui saurait se faire entendre au-dessus de l’orchestre... J’ai d’abord joué avec Forest City Joe, un jeune gars qui traînait toujours autour de Sonny Boy. C’est comme ça qu’on s’était connus.

C’était un très grand harmoniciste, il serait certainement devenu aussi célèbre que (Little) Walter. Mais Joe avait un sale caractère. Il voulait absolument être le leader de mon orchestre! Et, chaque fois qu’on avait une discussion à ce sujet, il me laissait tomber. Il devait jouer avec moi et, le soir, personne!... Alors, on a arrêté. Mais lorsque, à la mort de Sonny Boy, Chess a enregistré Forest City Joe - en fait, il voulait en faire un nouveau Sonny Boy - , Joe a insisté pour que ce soit moi qui l’accompagne à la guitare. Mais Chess n’a pas voulu et lui a imposé un guitariste de jazz qui ne savait même pas ce que c’était que le blues. Les disques n’ont pas marché et Forest City Joe est ensuite rentré dans l’Arkansas... Je ne sais pas ce qui serait arrivé si j’avais joué de la guitare avec lui. Peut-être que ses disques se seraient aussi bien vendus que ceux de Sonny Boy et que je serais resté son guitariste!».L’orchestre de Muddy comprend alors Baby Face Leroy Foster à la guitare ou à la batterie, selon les lieux et les morceaux, Jimmy Rogers à l’harmonica et de temps à autre à la guitare plus un ou deux autres musiciens de circonstance. Muddy est malgré tout toujours à la recherche d’un harmoniciste à temps plein.« C’est alors que j’ai repéré Little Walter. Il jouait de la guitare et de l’harmonica dans Jewtown, la plupart du temps dans la rue parce qu’il n’avait pas l’âge requis pour se produire dans les clubs! Je l’ai bien écouté à l’angle de deux rues et je me suis présenté. Il tremblait d’émotion tellement il était content. C’était un très très jeune gars... Il a commencé à jouer de la guitare avec nous puis Rogers m’a dit: «Muddy, ce gamin joue de l’harmonica bien mieux que moi. Laissons-le faire».C’est ainsi que l’ossature du Muddy Waters Blues Band - Muddy, Jimmy Rogers, Little Walter, Baby Face Leroy Foster - est constituée et va s’imposer comme l’archétype du nouveau Chicago blues.

I CAN’T BE SATISFIED... MAIS ENFIN LE SUCCES
Les frères Leonard (Len) et Phil Chess, deux immigrants juifs tchèques, s’étaient installés à Chicago à la fin des années 30 et avaient créé divers commerces dans le ghetto noir. Via l’acquisition d’un club, il s’aperçoivent de la popularité de nombreux artistes noirs qui n’ont jamais enregistré. Ils fondent donc leur label Aristocrat qui s’appellera bientôt, en toute simplicité, Chess! Il s’adjoignent les conseils avisés de Sunnyland Slim qui devient leur premier talent-scout, producteur et arrangeur. Sunnyland est un chanteur pianiste qui a un pied dans le blues de l’avant-guerre et un autre dans celui de la musique des nouveaux bluesmen. Slim qui apprécie la réputation de Muddy Waters dans les clubs du South Side le présente aux frères Chess. En novembre 1947, Muddy enregistre d’abord derrière Sunnyland Slim puis en leader, Gypsy woman et Little Anna Mae, les deux premiers titres d’une oeuvre copieuse et magistrale. Le disque sort enfin et Muddy Waters peut s’entendre à la radio et voir son nom sur les juke-boxes! Mais, quelles qu’en soient leurs qualités, ces deux premiers titres se ressentent des expériences négatives de Muddy avec Mayo Williams et Lester Melrose. Ils sont en fait très proches du Bluebird blues. C’est encore plus vrai des deux titres suivants - Mean disposition et Good looking mama dans lesquels Muddy est accompagné par le saxophone très «Melrosien» de Alex Atkins! Mais Chess est à la recherche d’autre chose. Peut-être lors de la même séance (fin décembre 1947?), Muddy va reprendre les deux titres du Delta blues qu’il avait enregistrés pour les Lomax en 1941.

Country blues devient Feel like going home et I be’s trouble s’appelle cette fois Can’t be satisfied. Mais, pour l’occasion, Muddy joue de la guitare suramplifiée avec son slide et est accompagné de la seule contrebasse de Big Crawford. La musique, sauvage, puissante, terriblement sensuelle, semble tout droit sortir d’un juke-joint du Mississippi.« A l’époque, personne, peut-être pas moi-même, ne croyait que je pourrais avoir du succès avec le style de country blues inspiré de Son House que je savais jouer. Leonard Chess l’aimait beaucoup mais ne pensait pas que ça pouvait se vendre. Malgré tout, il m’a fait faire en studio ces deux morceaux que j’avais déjà enregistrés pour la Bibliothèque du Congrès. Il m’a dit que c’était juste pour le plaisir et qu’il ne savait pas si il allait les publier. C’est Phil et surtout Evelyn Aron, son associée, qui l’ont poussé à sortir le disque. Et d’un seul coup, ça s’est vendu comme ça... En quelques jours, j’étais vraiment devenu Muddy Waters. Les propriétaires de bars, de clubs, de restaurants qui me disaient à peine bonjour depuis cinq ans que je jouais chez eux, se sont mis à m’appeler, à me chercher et se disputaient pour que je joue chez eux et pas ailleurs! ».Il faut souligner que cette formule gagnante - Muddy et le seul Big Crawford - ne correspondait absolument pas à l’ensemble - guitares, harmonica, batterie et bientot piano - que Muddy dirigeait et qui l’accompagnait régulièrement sur les scènes du South Side. A plusieurs reprises, Muddy insistera pour enregistrer avec l’harmonica de Little Walter. Mais il lui faudra attendre trois ans pour cela! Le succès commercial de Feel like going home/ Can’t be satisfied encourage dans un premier temps Chess à rester fidèle au duo guitare électrique-contrebasse.

ROLLING STONE
Ces deux titres sont des blues du Delta, arrangés certes par Muddy, mais qui proviennent en fait du fonds du Delta blues et déjà enregistrés par nombre de bluesmen dans un contexte acoustique (Feel like going home n’est qu’une version de Walking blues). Muddy va continuer dans cette voie les années suivantes, ajoutant des paroles personnelles sur certains thèmes traditionnels, utilisant des mélodies propres au Delta blues, reprenant parfois tels quels certains morceaux. Ainsi, Down South blues est une variante de Rolling & Tumbling, enregistré la première fois par Hambone Willie Newburn (ou Newbern); Kind hearted woman provient évidemment du disque de Robert Johnson que Lomax avait donné à Muddy; Walking blues est une superbe version de cette composition de Son House. Enfin, le fameux Rolling Stone - qui donnera quatorze ans plus tard son nom au plus célèbre groupe de Rock de l’histoire, n’est bien sûr qu’une lecture très personnelle par Muddy de Catfish blues, un des thèmes les plus répandus du Delta blues, enregistré pour la première fois par Robert Petway et que nous avons présenté dans le coffret Blues/ 36 Chefs d’oeuvre (FA 033).Il faut aussi souligner - et cela malgré les apparences - la réélle continuité d’esprit et d’inspiration qui unit ce nouveau Chicago blues à ce qui est en train de devenir l’ancien: le Bluebird blues de Big Bill et Tampa Red.

Gypsy woman est une adaptation de My last goodbye to you de Big Bill; Burying ground et Sad letter blues proviennent de Sad pencil blues du même Broonzy; Streamline woman est nettement inspiré de Streamline blues par Johnnie Temple; Canary bird et Appealing blues sont, en fait, deux titres de John Lee «Sonny Boy» Williamson à peine retravaillés : respectivement Bluebird blues et Mattie Mae blues...Même le jeu de slide de Muddy Waters qui apparaîtra aux exégèses comme très novateur doit certes à Son House et au Delta blues mais désormais tout autant et peut-être davantage à celui de Tampa Red, moelleux et velouté. (Cf Tampa Red FA 257). Il est évident pour tous les protagonistes de l’époque (et en premier lieu pour Muddy Waters) qu’il n’y a pas l’idée de rupture avec ce qui se faisait auparavant mais plutôt celle de continuité et d’adaptation à une nouvelle sensibilité du public noir comme des interprètes. Muddy est présenté dans les clubs et la presse de Chicago comme le «nouveau Tampa Red», héritage qu’il revendiquera toujours avec fierté. Il est sans doute d’ailleurs très possible que - comme nous l’avait affirmé Muddy Waters - c’est Tampa Red qui lui-même joue de la guitare slide sur la séance gravée par Muddy en 1949 (Screamin’ and cryin’; Where’s my woman been?), sorte de passage de témoin du maître à l’élève!En janvier 1950, Muddy fait une infidélité aux frères Chess et enregistre pour un petit label de Chicago avec Baby Face Leroy Foster et Little Walter une version absolument explosive de Rollin’ and Tumblin’ (nous en présentons l’intégralité sur le n° 9 du CD 2 de ce coffret).

Si un seul morceau devait résumer la conversion du Delta blues en Chicago blues d’après guerre, gageons que ce formidable titre, plein d’une fougue furieuse, s’imposerait! Malgré les faibles moyens du petit label qui l’édite, cet extraordinaire chef d’oeuvre ne manque d’ailleurs pas de rencontrer les faveurs du public noir. Et met en rage Leonard Chess qui convoque immédiatement Muddy dans les studios pour ré-enregistrer le même morceau avec, comme toujours, Big Crawford. Nous présentons aussi cette version sur la sélection 11 du CD 2. Malgré, là encore, de réélles qualités, ce nouveau Rollin’ and Tumblin’ est bien plus sage et discipliné, moins percutant que le précédent. Mais Chess a dès lors les moyens d’imposer aux radios et aux juke-boxes ses disques contre la concurrence. Ce sera cette version de Rollin’ and Tumblin’ qui montera dans les Hit Parades.Malgré tout, l’expérience prouvera à Chess l’utilité de changer la formule guitare-contrebasse et de permettre à Muddy d’enregistrer avec Rogers et Little Walter. C’est ainsi qu’on peut apprécier le magnifique jeu d’harmonica de Walter dans les six derniers titres de ce coffret, depuis de grands chefs d’oeuvre comme Louisiana blues jusqu’à une pièce instrumentale inspirée du Rhythm & Blues comme Evans’ Shuffle qui n’est en réalité qu’une lecture à l’harmonica du Honeydripper de Joe Liggins, un grand succès du R & B californien (cf Roots of Rhythm & Blues FA 050)!Lorsque s’achève ce coffret, à la fin de l’année 1950, Mc Kinley Morganfield s’est imposé comme Muddy Waters, le nouveau «Roi» du Chicago blues qui reprend le flambeau et prolonge l’œuvre de ses grands prédecesseurs qu’il citera toujours comme ses inspirateurs: Big Bill, Tampa Red, Sonny Boy.

Bien que sa prééminence lui ait été ardemment disputée par son vieux rival Howlin’ Wolf et par quelques autres, Muddy Waters qui s’est imposé à Chicago avant les autres, n’aura aucun mal à conserver sa couronne de «Roi» du Chicago blues. Son orchestre, constamment renouvelé et dans une certaine mesure modernisé, accueillera les meilleurs nouveaux solistes de la ville et définira les évolutions du Chicago blues. Après Jimmy Rogers et Little Walter, nombreux seront les futures vedettes du genre qui passeront d’abord par le Muddy Waters Blues Band: les harmonicistes Big Walter Horton, Junior Wells, James Cotton, Mojo Buford, George Smith, Carey Bell, Jerry Portnoy; les guitaristes Pat Hare, Buddy Guy, Sammy Lawhorn, Luther Johnson, Luther Johnson Jr; les pianistes Otis Spann et Pinetop Perkins; les batteurs Fred Below, Francis Clay, Willie Smith... La plupart de ces musiciens quitteront Muddy pour former leurs propres groupes, retenant toujours une part importante de leur passage dans son orchestre, et influençant à leur tour d’autres apprentis bluesmen.En 1958, Muddy Waters quitte pour la première fois l’Amérique pour se produire en Angleterre à l’initiative du jazzman anglais Chris Barber et de son banjoiste Lonnie Donegan, des fans de blues et de folk américains. La tournée n’a qu’un succès commercial modeste. Mais sa présence en Angleterre aura des conséquences énormes sur l’émergence du blues britannique. C’est semble-t-il à ce moment-là que Mick Jagger et Brian Jones décident leurs carrières musicales. De retour aux Etats-Unis, Muddy Waters doit faire face à une indifférence de plus en plus grande du public noir pour le blues dont la préférence va désormais aller à d’autres musiques comme la soul.

L’expérience européenne aide Muddy à saisir les nouvelles opportunités offertes par le Blues Revival, découverte du blues par les jeunes blancs Nordistes. Il voit aussi venir à lui de nombreux jeunes musiciens blancs passionnés de blues comme les harmonicistes Paul Butterfield ou Charlie Musselwhite. Bientôt, il se produit dans les grands festivals de jazz ou de folk tels Newport devant des auditoires presque exclusivement Yankees et de race blanche.En retour, le succès des Rolling Stones et des autres groupes anglais en Amérique même, à partir de 1964, ouvre définitivement à Muddy Waters les portes du public du rock dont il devient une sorte de figure originale emblématique. Il enregistre en compagnie de nombreux musiciens devenus de grands noms du Rock via le Chicago blues, revient de nombreuses fois en Europe, en Australie, au Japon avant, durant les toutes dernières années de sa vie, de s’associer au guitariste texan Johnny Winter.La musique autant que la personnalité de Muddy Waters, chaleureux, protecteur, sa présence extraordinaire - il lui suffit d’apparaître sur n’importe quelle scène du monde pour imposer un silence respectueux - rencontreront les faveurs de la jeunesse du monde entier.

Et il sera salué avec une certaine raison comme le «père du blues», en tout cas celui de Chicago! Les dernières années de sa vie sont tout entières consacrées à véhiculer et savourer cette nouvelle réputation. Consciemment, l’ex-idole du ghetto de Chicago répand le feeling du blues, ses règles, son esthétique, d’une certaine façon aussi son ethique aux quatre coins de la planète, faisant de cette musique une des pierres angulaires de la chanson populaire du siècle. En 1981, Muddy Waters, l’ancien métayer de la plantation Stovall, retourne enfin dans le Mississippi, vedette triomphante du Delta blues festival. Il est officiellement honoré par sa ville - le maire lui donne les clés de Clarksdale - et son Etat natals! Il joue la même année dans une grande salle de Chicago, accompagné des Rolling Stones, salué par toute la presse comme un des grands artistes américains du siècle. Muddy Waters décède d’une crise cardiaque dans son sommeil à Chicago le samedi 30 avril 1983, laissant une œuvre copieuse d’une rare densité.
Gérard HERZHAFT
Auteur de «La Grande Encyclopédie du Blues» (Fayard)

SOURCES:
DEMETRE (Jacques) & CHAUVARD (Marcel).- Voyage au pays du blues.- CLARB, Paris, 1995
DIXON (Willie).- I am the blues.- Da Capo, New York, 1989
HOFSTEIN (Francis).- Muddy Waters.- Actes-Sud, Arles, 1996
LEADBITTER (Mike),Ed.- Nothing but the blues.- Hanover Books, Londres, 1971
LOMAX (Alan).- The Land where the blues began.- Pantheon, New York, 1993
OLIVER (Paul).- Conversation with the blues.- Cambridge University Press, Cambridge, 1997
ROONEY (Jim).- Bossmen.- Hayden, New York, 1972
ROWE (Mike).- Chicago Breakdown.- Da Capo; New York, 1981.
TOOZE (Sandra).- Muddy Waters, The Mojo man.- ECW Press, Toronto, 1997
Notes de livrets par: Mary Katherine Aldin; Sebastian Danchin; Willie Dixon; Studs Terkel; Jack Tracy; Pete Welding; Paul Williams.
Divers numéros de Soul Bag, Blues Unlimited, Blues World, Blues Access, Down Beat, Guitar Player, Living Blues.
Les textes des interviews de Muddy Waters proviennennt d’entretiens conduits par Gérard Herzhaft, Paul Oliver, Jim & Amy O’Neal, Robert Palmer, Jim Rooney et Pete Welding.
Toutes les traductions sont de Gérard Herzhaft.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001


english notes
Muddy Waters stands out as one of the most prominent names in the history of the blues.  Although he didn’t really innovate, musically speaking, but followed the Chicago mode which had been prevailing for a good decade, yet he often represents Chicago’s new blues - electric and orchestral.  His exceptional personality, which came over in his music, was also important.  His charisma was remarkable, and although he was a tough businessman he was also generous and kind.This boxed edition covers the first part of his career, from Stovall’s plantation in the Delta to his success in Chicago, from the tractor driver, Mc Kinley Morganfield, to Muddy Waters, a celebrity of Chicago blues.

A Share-Cropping Childhood
Mc Kinley Morganfield was born in Rolling Fork in the heart of Mississippi on 4 April 1915.  He was the second of twelve children born to share-croppers Ollie Morganfield and Berta Jones.  Ollie was black whereas Berta was a pure-blooded Cherokee.  Their life was hard, so when Mc Kinley was one he was sent to live with his maternal grandmother, Della Jones, who worked on Stovall’s plantation in the north of Clarksdale.He was nicknamed Muddy Waters at an early age.  Legend has it that this sobriquet stemmed from the fact that the child spent his time paddling in the ponds hear his home, but another version claims that he was so-named due to his skin colouring.The work on the cotton plantation dominated everything else and the boy had little formal education, but this was compensated by his natural intelligence.  Despite the lack of schooling, Muddy learnt to read, write and count and his imagination led him to compose songs which charmed his family and neighbourhood.  Muddy’s grandfather played the banjo and their home often reunited other musicians.  At the age of ten, Muddy began to play the harmonica, and several years later he accompanied a family friend, the bluesman Scott Bohanna.  Scott was a well-known guitarist and singer, travelling regularly from Clarksdale to Helena in Arkansas.  He took Muddy under his wing, taught him the guitar and often took him to juke joints and at weekends they toured around the Delta region.Yet whereas Scott was not adventurous in his playing, Muddy listened to records by other musicians including Charlie Patton, Blind Lemon Jefferson and the Mississippi Sheiks.  It was after walking for miles to see the Mississippi Sheiks in concert that Muddy, impressed by their car and clothes, vowed to become a true musician, an intelligent blues singer and not a simple labourer who earned a few bucks at the weekend by playing a few numbers, getting drunk and then straining behind the mule at the crack of dawn on Monday.After a few years, Muddy’s musical skills outstripped those of his mentor.  And although Scott Bohanna went to Chicago where he lived until the eighties and stayed in contact with his old protégé, he never made any recordings.

Muddy Waters Finds His Feet
Muddy’s reputation was growing in the Delta and in 1932 he exchanged his knocked-up instrument for a second-hand Stella.  Several years later, he was able to purchase a new guitar, bought from the Sears & Roebuck catalogue.Then, one Saturday evening, Muddy heard Son House, and was tremendously moved.  Subsequently, this guitarist became his inspiring force.  But up to then, Muddy followed closely the Mississippi Sheiks, the most popular Mississippi black band, mainly known for their famous Sittin’ On Top Of The World, which became one of the big standards of American popular music.  This string band had a large repertory, comprising ragtimes, plantation dance tunes, hillbilly, polkas, waltzes and blues.Muddy met and played with Joe Willie Wilkins, Rice Miller, Robert Nighthawk, Elmore James and Big Joe Williams.  When violinist Son Simms, a veteran of the Delta stages offered him a place in his string band, the Son Simms Four, Muddy accepted at once.  Along with Son who sang and played the violin, were mandolinist and guitarist Louis Ford, bassist Pittypat and occasionally the addition of another artist such as guitarist Charles Berry.  Muddy played the guitar, sometimes the harmonic and sang a varied repertoire, largely influenced by that of the Mississippi Sheiks.  Their success was considerable and they more or less became the ‘official’ orchestra of Stovall’s plantation.  The band cut four titles in 1942, one being Ramblin’ Kid Blues, which we may appreciate here.

How Library Of Congress Changed Muddy Waters’ Life
Muddy Waters’ intelligence and diligence also led to his promotion in Stovall’s plantation and in the early forties he drove a tractor, a better-paid job than a simple cotton picker.  Around the same period Muddy joined the itinerant music hall troupe, Silas Green from New Orleans.  For several weeks, he tap-danced, told jokes and played the harmonica and through the show he travelled to Memphis and Saint Louis.  During each trip he also tried his luck by singing and playing the guitar in parks, bars and local cabarets.  Yet the youngster was unsuccessful and was confronted by local musicians who resented the newcomer.  Back in Clarksdale, he encountered folklorists John and Alan Lomax who were in charge of the Archive of Folk Songs in the Library of Congress.  Since 1933, Lomax had been doing research on southern folklore, and several trips had been organised in the south where a team sought out and recorded local artists.  From 1933 to 1942, they had recorded over 4 000 titles and 850 black interpreters.  During their Delta expeditions of 1941 the Lomax’ were greatly helped by the black ethnomusicologist, John Work, one of the first coloured teachers in Fisk University, Nashville for black students.When John and Alan Lomax met up with Muddy, they were in fact searching for Robert Johnson, uncertain as to whether the latter was still alive.  Indeed, he had passed away, but the researchers were told that Muddy Waters had a similar playing style.  Although Muddy had seen Johnson play just a couple of times, they had both been initiated by Son House, both had mastered the bottleneck style and both sang the blues.  He willingly accepted Lomax’ proposal to record his blues, was paid for the recording (although it was never commercialised) and even received a copy of the disc, which boosted his ego, giving him sufficient confidence to venture towards Chicago.

Muddy In Chicago
In 1943, Muddy left the harsh Delta region with a simple case, suit and his guitar and headed for Chicago.  Jazz then prevailed and his beginnings were hard, but he stayed with his uncle, Joe Brant, a blues fan who recognised his nephew’s talent, bought him an electric guitar, took him to blues cabarets where he was a regular and introduced him to Big Bill Broonzy.  And he never forgot his Chicago uncle, or ‘Daddy’.  Even when his success permitted financial comfort, Joe Brant went to live with him.Meeting the city’s blues stars, Muddy modified his music.  He dropped the string band repertory and adapted an orchestral style of Delta blues, with his guitar playing influenced by Big Bill and Tampa Red.  Guitarist Blue Smitty (Claude Smith) taught him to improve his playing without the bottleneck.  Broonzy, known for his generosity, also greatly assisted Muddy and presented him to everyone he knew.  Muddy remained forever grateful for his kindness.  There again, he was always rated for his gratitude and respect topped with modesty. 

He even contradicted those who tagged him as the inventor of modern Chicago blues, saying that Big Bill, Lonnie Johnson, Tampa Red, Memphis Minnie and the original Sonny Boy Williamson were the true creators, being there well before him.  Indeed, Muddy Waters’ music and the evolution of the Chicago blues towards orchestral and electric music cannot be truly understood without listening to Big Bill Broonzy (cf. FA 252), Tampa Red (cf. FA 257) and John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson (cf. FA 253). However, for a few years, Muddy Waters was simply one of many young bluesmen who had migrated from Mississippi.  He had to seek other employment to get by, then gradually he started appearing on stage with Chicago’s big bluesmen.  It was again Big Bill who introduced Muddy to John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson, and Muddy joined the harmonica player’s orchestra for eight months.  This experience taught him a great deal and enabled him to be spotted by a host of musicians and spectators.  As Muddy recalled, Sonny Boy had a jealous streak and hated others taking the limelight.  When the punters urged Muddy to sing, he became furious and finally sacked him.

The First Recordings
Muddy knew that no artist can make a career without discs and thus looked for opportunities to record.  Thanks to Big Bill and to the period spent with Sonny Boy Williamson, Muddy Waters met the Bluebird Blues, the Chicago blues producers of the forties.  In 1945 he recorded Mean Red Spider for Mayo Williams (see Chicago Blues, 1940-47 FA 150).  But the record was issued using the pseudonym of James ‘Sweet Lucy’ Carter, and Muddy only discovered that it was released thirty years later !Muddy Waters was then playing in pianist Lee Brown’s orchestra and there he met Baby Face Leroy Foster and Jimmy Rogers with whom he teamed up for many years.  In 1946, Muddy auditioned for Lester Melrose who recorded three of his numbers, one being Jitterbug Blues, included here.  Yet despite Melrose’s legendary flair, he reckoned that Muddy lacked original talent, was too rural and had no future.  He even forbade him from using the bottleneck;   Muddy then waited two years before recording with it again, when the Chess label specifically called for it.

Muddy Waters Blues Band
Nothing seemed to indicate that Muddy Waters would shortly become the ‘King of Chicago blues’.  The record world appeared to turn its back on him.  Regardless, he remained confident, knowing that he was appreciated by the public and in late 1946 or early 1947 he decided to create his own band where he could exploit his musical ideas.  He set about recruiting a harmonica player and initially chose Forest City Joe.  However, their union was short-lived as Joe proved too dominant and unreliable.  Muddy’s set-up then comprised Baby Face Leroy Foster on the guitar or drums, Jimmy Rogers on the harmonica and occasionally on the guitar plus one or two additional musicians according to the circumstances.  But Muddy still needed a full-time harmonica player, and finally rooted out the very young Little Walter who thus completed the Muddy Waters Blues Band.

I Can’t Be Satisfied - Success At Last
Brothers Leonard and Phil Chess, of Jewish Czech origin, settled in Chicago in the late thirties and created various businesses in the black ghetto.  When they realised the popularity of numerous black artists who had never recorded, they founded the Aristocrat label, which was then renamed Chess.  Through their main talent-scout, producer and arranger, Sunnyland Slim, Muddy Waters met the Chess brothers and in 1947 recorded Gypsy Woman and Little Anna Mae, first backing Sunnyland before landing the leader’s seat.  The disc was released, but despite its certain quality, the two titles have a distinct Mayo Williams and Lester Melrose ring to them.  This is even more apparent in the following two titles - Mean Disposition and Good-looking Mama where Muddy is accompanied by Alex Atkins’ ‘Melrosian’ saxophone.  Yet Chess was searching for more.It was maybe during this same session that Muddy interpreted the two Delta blues numbers as were played for Lomax in 1941.  Country Blues became Feel Like Going Home and I Be’s Trouble was modified to Can’t Be Satisfied.  But this time the pieces were amplified - Muddy reached for his slide and was accompanied only by Big Crawford on the bass, resulting in wild, powerful and sensual sounds.  Len Chess liked the music, but was unsure as to its marketing value.  Nevertheless, the record was released and its impact was tremendous.  Overnight Muddy Waters became a recognised celebrity, encouraging him to pursue the electric guitar/bass formula.

Rolling Stone
Muddy may have arranged the aforementioned titles, but they had already been recorded by a number of bluesmen, using acoustic guitars (Feel Like Going Home is simply a version of Walking Blues).  Muddy continued to follow the same lines in the following years, adding his own personal lyrics in traditional tunes and using Delta blues airs.  Down South Blues comes from Rolling & Tumbling, first recorded by Hambone Willie Newburn, Kind-hearted Woman was taken from Robert Johnson’s disc that Lomax had given to Muddy, Walking Blues is a superb version of Son House’s composition.  As for Rolling Stone, which was to lend its name to the most famous rock bands ever, this was a personal interpretation of Catfish Blues, first recorded by Robert Petway (see Blues/36 Chefs d’oeuvre - FA 033).The continuity of inspiration which united the new Chicago blues with that which was being replaced is also of interest.  Gypsy Woman is an adaptation of Big Bill’s My Last Goodbye To You, Burying Ground and Sad Letter Blues come from Broonzy’s Sad Pencil Blues, Streamline Woman was much inspired from Johnnie Temple’s Streamline Blues, Canary Bird and Appealing Blues are slight variations on John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson’s Bluebird Blues and Mattie Mae Blues.Even Muddy’s slide technique is not dissimilar to Tampa Red’s smooth style.  He was even presented in the press and in Chicago clubs as the ‘new Tampa Red’.  Indeed, as Muddy Waters once declared, Tampa Red himself played the slide guitar in Muddy’s 1949 session (Screamin’ And Cryin’, Where’s My Woman Been ?).In January 1950 Muddy ventured towards another Chicago label with Baby Face Leroy Foster and Little Walter to cut an explosive version of Rollin’ And Tumblin’, a fabulous piece which demonstrates the conversion of Delta blues to post war Chicago blues. 

Leonard Chess was furious about this straying and immediately demanded that Muddy record the very same number in his studios, along with Big Crawford as always.  This second rendition was better-behaved, but due to Chess’ influence it was this disc which entered the Hit Parades.  However, this experience did enable Muddy to modify the guitar/bass formula when working with Chess and to record with Rogers and Little Walter.  Consequently, we may appreciate Walter’s magnificent harmonica  in the last six titles of this selection.The boxed-set closes at the end of 1950 when Mc Kinley Morganfield had become Muddy Waters, the new ‘King’ of Chicago blues, maintaining the art of his predecessors, who he always quoted as his inspiring force :  Big Bill, Tampa Red and Sonny Boy.His band was renewed constantly and was modernised to a certain extent, welcoming the best soloists from town.  Following Jimmy Rogers and Little Walter, many future stars debuted in the Muddy Waters Blues Band - harmonica players Big Walter Horton, Junior Wells, James Cotton, Mojo Buford, Goerge Smith, Carey Bell and Jerry Portnoy, guitarists Pat Hare, Buddy Guy, Sammy Lawhorn, Luther Johnson and Luther Johnson Jr, pianists Otis Spann and Pinetop Perkins, drummers Fred Below, Francis Clay and Willie Smith.In 1958, Muddy Waters left America for the first time to perform in England, encouraged by the English jazzman Chris Barber and his banjo player Lonnie Donegan.  The tour’s commercial success was moderate, but it had a great impact on British blues, as Mick Jagger and Brian Jones then decided on their musical careers. 

Upon his return in the States, Muddy was confronted with increasing indifference from the black public, which was turning more to other genres, such as soul.  But his European experience enabled him to grasp other opportunities offered by the Blues Revival and the interest shown by young white northerners.  Soon, he was to be billed in the large jazz or folk festivals, where the punters were almost all Yankees and white.From 1964 onwards, the subsequent triumph of the Rolling Stones and other English groups in America opened many doors for Muddy Waters, who was regarded as an emblematic figure.  He recorded with many great Rock musicians, returned to Europe on many an occasion, toured Australia and Japan and then during his last years he teamed up with the Texan guitarist Johnny Winter.Wherever he went, he was respected for his music and for his warm personality.  His ultimate years were spent travelling and bathing in this new reputation.  Thus, the ex-idol of Chicago’s ghetto managed to spread the blues feeling around the planet, adding to its importance in the realms of popular song.In 1981, Muddy Waters, a one-time employee on Stovall’s plantation, returned to Mississippi as the acclaimed star of the Delta blues festival.  During the same year, he appeared on one of Chicago’s big stages, accompanied by the Rolling Stones and the press cited him as one of the greatest American artists of the century.  On 30 April 1983, Muddy suffered a heart attack and passed away peacefully in his sleep, leaving a mountain of works behind him.
Adapted by Laure WRIGHT from the French text of Gérard HERZHAFT
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001

CD 1
01. COUNTRY BLUES    3’26
02. I BE’S TROUBLED            3’05
03. RAMBLIN’ KID BLUES           3’17
04. JITTERBUG BLUES  2’54
05. GIPSY WOMAN            2’33
06. LITTLE ANNA MAE        2’31
07. GOOD LOOKING WOMAN             2’42
08. MEAN DISPOSITION  2’35
09. I CAN’T BE SATISFIED          2’41
10. I FEEL LIKE GOING HOME       3’09
11. TRAIN FARE HOME          2’46
12. DOWN SOUTH BLUES          2’53
13. KIND HEARTED WOMAN  (Robert Johnson)      2’36
14. SITTIN’ HERE AND DRINKIN’       2’34
15. YOU’RE GONNA MISS ME            2’36
16. MEAN RED SPIDER     2’17
17. STANDING HERE TREMBLING  2’24
18. STREAMLINE WOMAN  3’18

Tous les titres composés par Mc Kinley Morganfield (Muddy Waters) sauf lorsque indiqués
(1)(2) Muddy Waters, vcl/g. Stovall Plantation, Ms. 24 août 1941
(3) Son Simms Four: Muddy Waters, vcl/g; Percy Thomas, g; Son Simms, vln; Louis Ford, mdln. . Clarksdale, Ms. 24 juillet 1942
(4) Muddy Waters, vcl/g; James Clark, pno; Homer Harris, g; Judge Riley, batt. Chicago, 27 septembre 1946
(5)(6) Muddy Waters, vcl/g; Sunnyland Slim, pno; Big Crawford, bs; inconnu, batt. Sur (6). Chicago, novembre 1947
(7)(8) Muddy Waters, vcl/g; Sunnyland Slim, pno; Alex Atkins, t-sax; Big Crawford, bs.Chicago, fin 1947
(9)(10) Muddy Waters, vcl/g; Big Crawford, bs. Chicago, fin 1947
(11)(12)(13)(14) Muddy Waters, vcl/g; Big Crawford, bs. Chicago, 10 novembre 1948
(15)(16)(17)(18) Muddy Waters, vcl/g; Leroy Foster, g; Big Crawford, bs. Chicago, 30 novembre 1948

CD Muddy Waters The Blues  © Frémeaux & Associés  (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 COUNTRY BLUES - WATERS03'27
02 I BE S TROUBLED - WATERS03'06
03 RAMBLIN KID BLUES - WATERS03'18
04 JITTERBUG BLUES - WATERS02'56
05 GIPSY WOMAN - WATERS02'35
06 LITTLE ANNA MAE - WATERS02'33
07 GOOD LOOKING WOMAN - WATERS02'44
08 MEAN DISPOSITION - WATERS02'36
09 I CAN BE SATISFIED - WATERS02'42
10 I FEEL LIKE GOING HOME - WATERS03'10
11 TRAIN FARE HOME - WATERS02'48
12 DOWN SOUTH BLUES - WATERS02'54
13 KIND HEARTED WOMAN - WATERS02'37
14 SITTIN HERE AND DRINKIN - WATERS02'36
15 YOU RE GONNA MISS ME - WATERS02'38
16 MEAN RED SPIDER - WATERS02'18
17 STANDING HERE TREMBLING - WATERS02'26
18 STREAMLINE WOMAN - WATERS03'17
CD 2
01 MUDDY JUMPS ONE - WATERS02'30
02 HARD DAYS - WATERS02'37
03 LITTLE GENEVA - WATERS02'49
04 CANARY BIRD - WATERS02'46
05 BURYING GROUND - WATERS02'37
06 SCREAMIN AND CRYIN - WATERS03'08
07 WHERE S MY WOMAN BEEN - WATERS03'09
08 LAST TIME I FOOL AROUND WITH YOU - WATERS02'36
09 ROLLIN AND TUMBLIN 1 - WATERS05'59
10 ROLLING STONE - WATERS03'08
11 ROLLIN AND TUMBLIN 2 - WATERS05'30
12 WALKING BLUES - WATERS02'57
13 YOU RE GONNA NEED MY HELP I SAID - WATERS03'08
14 SAD LETTER BLUES - WATERS03'03
15 EARLY MORNING BLUES - WATERS03'10
16 APPEALING BLUES - WATERS02'50
17 LOUISIANA BLUES - WATERS02'55
18 EVANS SHUFFLE - WATERS02'13
"Véritable magie d’un art purement primitif presque intemporel" par Blues & Co

« (…) C’est toute la véritable magie d’un art purement primitif presque intemporel, qui se dégage de sa musique. Le chemin le plus court pour aller au cœur, c’est l’oreille. Muddy Waters conjugue l’émotion de l’âme par ses blues, qui transfigurent chaque auditeur. » BLUES AND CO. Ce disque a reçu la distinction * * * * * * Blues & Co




"Quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du blues" par Jazz Hot

« Pour Frémeaux et ses associés, Gérard Herzhaft a balayé toute la période 1941-1950 de la Library of Congress à Chess en passant par Aristocrat, récoltant au passage 36 faces qui n’ont guère vieilli, même les titres en solo gravés sut Stovall Plantation en 1941 ou celui fait avec le violoniste Son Simms à Clarksdale en 1942, et même si les titres enregistrés à Chicago sont encore plus excitants de par la maturité de Waters, des titres qui dégagent toujours la même magie, la même fascination, la même énergie primitive… » JAZ HOT. Ce disque a reçu la distinction « Indispensable » Jazz Hot


« On aurait cru le marché saturé de rééditions de Muddy Waters mais à y réfléchir les productions autrichiennes, américaines, anglaises ou autres ne restent guère de temps dans les bacs des disquaires (rotations obligent) et les commander par correspondance n’est pas simple alors que les coffrets Frémeaux sont bien distribués, longtemps disponibles et ils sont faciles à recommander, tout cela pour reconnaître qu’il y a encore avoir un marché en effet pour ces énièmes rééditions du grand prêtre du Chicago blues de l’ère classique et de nouveaux adeptes du blues pour se précipiter sur icelles. Inutile sans doute de détailler chaque face, chacune, sans exception est un joyau inoubliable de ce style urbain et électrique de blues dont Waters – avec quelques autres – a été un des plus grands et des meilleurs représentants. Pour Frémeaux et ses associés, Gérard Herzhaft a balayé toute la période 1941-1950 de la Library of Congress à Chess en passant par Aristocrat, récoltant au passage 36 faces qui n’ont guère vieilli, même les titres en solo gravés sut Stovall Plantation en 1941 ou celui fait avec le violoniste Son Simms à Clarksdale en 1942, et même si les titres enregistrés à Chicago sont encore plus excitants de par la maturité de Waters, des titres qui dégagent toujours la même magie, la même fascination, la même énergie primitive… L’attention reste soutenue pendant toute l’audition (pas loin de deux heures si on s’y tient de bout en bout). A noter, cerise sur le gâteau, le livret où Gérard Herzhaft donne libre cours à son érudition et réussit une synthèse brillante de la vie du chanteur/guitariste qui a écrit quant à lui quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du blues. » JAZ HOT. Ce disque a reçu la distinction « Indispensable » Jazz Hot




"La naissance d’un des plus grands bluesmen de tous les temps" par Répertoire

« Otez l’authenticité au blues et il ne reste rien. Ces faces enregistrées entre 1941 et 1950 signent la naissance d’un des plus grands bluesmen de tous les temps... » © REPERTOIRE


« Otez l’authenticité au blues et il ne reste rien. Ces faces enregistrées entre 1941 et 1950 signent la naissance d’un des plus grands bluesmen de tous les temps. Certaines faces sont un peu rugueuses à l’aune des merveilles technologiques qui encombrent nos salons, mais à la manière d’un vieux bourbon : s’il n’est pas frelaté, ça fait plutôt du bien. Gipsy Woman, Screamin’ and Cryin’, le Kind Hearted Woman de Robert Johnson et bien sûr Rolling Stone (qui décida quatre jeunes anglais désoeuvrés à créer un groupe) sont quelques-uns des succès inclus dans ce double compact qui décidèrent de l’avenir de cet ancien conducteur de tracteurs. » © REPERTOIRE




"Un des noms les plus importants de l’historie du blues !" par Trad Mag

« En 36 morceaux nous voyons McKinley Morganfield devenir de 1941 à 1950, Muddy Waters c’est-à-dire passer dans une continuité d’esprit et d’inspiration, du Delta blues des plantations (cf. « Ramblin’blues » de 1942 avec Son Simms au violon) au Chicago blues urbain (cf. « Rollin and Tumblin » de 1950 avec Jimmy Rodgers, guitare, little Walter, harmonica et Baby Face Leroy Fosters, drums, soit l’ossature du Muddy Waters Blues Band). » Francis COUVREUX – TRAD MAG. Ce disque a reçu la distinction « Bravos !!! » Trad Mag


« Y a-t-il encore des lecteurs qui ne connaîtraient pas Muddy Waters, un des noms les plus importants de l’historie du blues ! Beaucoup d’enregistrements, rééditions et compiles diverses sont disponibles sur le marché. Une de plus me direz-vous ? Oui, sauf qu’il s’agit de Frémeaux et de la collection « The Blues » dirigée par Gérard Herzhaft, gage de sérieux et de compétence : une sélection et un mastering exemplaires et un livret de 24 pages érudit et passionnant comme d’habitude. En 36 morceaux nous voyons McKinley Morganfield devenir de 1941 à 1950, Muddy Waters c’est-à-dire passer dans une continuité d’esprit et d’inspiration, du Delta blues des plantations (cf. « Ramblin’blues » de 1942 avec Son Simms au violon) au Chicago blues urbain (cf. « Rollin and Tumblin » de 1950 avec Jimmy Rodgers, guitare, little Walter, harmonica et Baby Face Leroy Fosters, drums, soit l’ossature du Muddy Waters Blues Band). Adepte du bottleneck (ses deux maîtres sont Son House et Tampa Red), Muddy tire de sa guitare des sons plaintifs (cf. « I can’t be satisfied », sauvage et puissant de 1947) et chante d’une voix sombre au fort pouvoir dramatique. Une personnalité exceptionnelle et des enregistrements incontournables, évidemment. » Francis COUVREUX – TRAD MAG. Ce disque a reçu la distinction « Bravos !!! » Trad Mag




* * * * Soul Bag

« (…) Une bonne occasion pour les collectionneurs chevronnés de vérifier des lacunes éventuelles pour les combler (ou renouveler des vinyles blanchis sous l’aiguille) et pour les autres de découvrir des chefs-d’œuvre du blues. » Robert SACRE – SOULBAG. Ce disque a reçu la distinction * * * * Soul Bag




"Sélection" Jazz Notes

« (…) Un must, donc, de ces premières années avec commentaires élairés de Gérard Herzhaft. » © JAZZ NOTES. Ce disque a été classé « Sélection » Jazz Notes




« Une page d’histoire du blues à écouter sans aucune espèce de modération. » Par France Musique

« Clin d’œil au blues. Il y a quelques semaines, nous chroniquions un double CD de Bill Big Bronzy. Voici cette fois, en deux CD toujours (le standard de la collection « Blues » chez Frémeaux), Muddy Waters (1915-1983). Ce coffret retrace la première partie de la carrière d’un des musiciens les plus importants de l’histoire du blues, père spirituel des Rolling Stones et inspirateur des premières générations de rockeurs. De 1941 à 1950, depuis la plantation Stovall au cœur du Delta (il y est enregistré pour la première fois, totalement inconnu, par les Lomax, un couple d’ethnomusicologues) jusqu’au South Side de Chicago, McKinley Morganfield de son vrai nom, conducteur de tracteurs, devient Muddy Waters, le Roi du Chicago blues. Gérard Herzhaft a sélectionné trente-six plages datant de cette féconde décennie. Elles sont ouvertes par deux titres sobres, ensorceleurs - définitifs est-on tenté de dire : « Country Blues » et « I Be’s Troubled ». En fait deux des sept morceaux gravés par Waters, entre le 24 août et le 31 1941 à Stovall et publiés par la suite dans la collection « Archive of American Folk Song » de la Bibliothèque du Congrès. Deux plages qui posent les choses : l’homme, qui chante et joue depuis 1932, qui a hérité d’une famille musicienne, a déjà un phrasé inimitable et possède un art du dialogue guitare-chant qui le place d’emblée parmi les Olympiens du blues. Que dire de plus ? Que la chose ne saurait s’épuiser comme les premiers 78 tours de Waters, depuis longtemps labourés par les aiguilles passionnées des phonos d’antan. Une page d’histoire du blues à écouter sans aucune espèce de modération. »
Par Karine Le Bail et Philippe Tétart — FRANCE MUSIQUE

"(Depuis des années, Les Greniers de la Mémoire diffusent des disques publiés par Frémeaux & Associés. En les remerciant souvent d’offrir la seule possibilité d’illustration sonore pour tel ou tel thème, tel ou tel artiste, telle ou telle rareté. Il nous est donc tout naturel de dire l’importance du travail, militant, mené par cette « maison » afin de restaurer, sauvegarder et diffuser un patrimoine sonore – au sens le plus large – dont l’intérêt artistique, historique ou musicologique, essentiel, l’emporte rarement sur le principe de rentabilité à court terme.)"




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