DJANGO REINHARDT - INTEGRALE VOL 16

FESTIVAL 48 - 1948

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Livret : 40 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA316

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“Django coupa les ponts avec moi en 1947, à son retour des Etats-Unis (...). Il y avait subi un immense échec, dont il était le seul responsable. Après son retour, il se détacha de plus en plus de la musique, conscient d’avoir raté sa «conquête de l’Amérique».”
Charles Delaunay

Les intégrales Frémeaux & Associés sous la direction de Daniel Nevers réunissent la totalité des enregistrements phonographiques originaux disponibles auprés des collectionneurs participant à ces "catalogues raisonnés de l'oeuvre enregistrée" d'un artiste. A cette vocation historiographique dédié au patrimoine sonore phonographique, les éditions Frémeaux & Associés ajoutent des documents radiophoniques (Ina, Rtbf...) afin d'éclairer la diversité de la production de l'artiste et de révéler la raison de son appartenance à notre mémoire collective.
Patrick Frémeaux & Claude Colombini

“Sous la direction de Daniel Nevers, voici la suite d’un des travaux d’Hercule discographiques qu’a entrepris, avec une remarquable constance et qualité, Patrick Frémeaux, responsable de la célèbre maison qui fait tant pour la préservation de la mémoire des hommes. (...) C’est une façon de dire pour cet éditeur combien ce musicien a été important, sous son apparence détachée, pour l’histoire de la musique du monde, pour l’histoire des hommes simplement. Rendre un tel hommage à cet homme de la marge, celle des gens du voyage et même à y regarder de plus près en marge de sa propre communauté - car pour appartenir à tous l’artiste doit n’appartenir à personne - est aussi une façon de mettre en lumière une conception de la liberté dans la création."
Yves Sportis - Jazz Hot

"Une réédition d’exception ! Depuis quelques années maintenant, les éditions Frémeaux ont entrepris la publication d’une intégrale des enregistrement de Django Reinhardt. La présentation soignée (les  livrets sont une mine d’informations), la restitution sonore établie à partir des meilleures sources disponibles, tout concourt à faire de cette entreprise en cours de réalisation une vraie réussite, un monument discographique impressionnant.(...) Comme pour Bach, Beethoven, Mozart, Schubert et tant d’autres, à leur plus haut point de création les musiciens de cette trempe ont touché à l’ordre secret du monde. Django possédait cette grâce là aussi."
Jean-Pierre Jackson - Répertoire

Coffret 2 CD accompagné d'un livret 40 pages.

Droits audio et éditorialisation : Frémeaux & Associés et participation de l'Institut national de l'audiovisuel (Production : Groupe Frémeaux Colombini SAS for Complete Django Reinhardt

INTÉGRALE DJANGO REINHARDT “FESTIVAL 48” 16

INTÉGRALE DJANGO REINHARDT
“FESTIVAL 48”  16 

THE COMPLETE DJANGO REINHARDT (1948) 
DIRECTION DANIEL NEVERS 







Le prolifique an 47 touche enfin à son terme pour faire place à une année 1948 infiniment moins riche. Avant que d’en arriver à ses ultimes péripéties, il nous semble intéressant de signaler ici un semblant de petit «scoop» ayant ces temps-ci fait quelque bruit dans le monde des amateurs de guitare-jazz en général et des admirateurs de Django Reinhardt en particulier... Dans son ouvrage consacré au jazz en Italie (Il Jazz in Italia), Adriano Mazzoletti, producteur depuis des lustres d’émissions pour la RAI, discographe, rééditeur de disques, rapporte les témoignages de plusieurs musiciens italiens (le chef d’orchestre et saxophoniste Tullio Mobiglia, les trompettistes Italo Scotti et Alfredo Marzaroli, le guitariste Alfio Grasso, le pianiste Primo Angeli, le trompettiste Nino Impa­lomeni...) qui, politique de l’Axe oblige, se produisirent fréquemment en Allemagne entre 1940 et 1944. Tous ces garçons, qui travaillèrent dans des clubs berlinois, jouèrent dans des groupes passant à la radio et enregistrèrent d’assez copieuses séries de disques chez Deutsche Grammophon AG, sont unanimes pour déclarer que pendant quelque temps (en 1942 ou 43) Django joua au «Femina Bar», «qui se trouvait dans la même rue que le «Patria» et le «Rosita». » ... Django, cela est vrai, fut assez souvent sollicité pendant cette période pour aller se produire en Allemagne où, avant la guerre, troisième Reich ou pas, nombre de ses disques avaient été publiés et où il comptait bien des admirateurs. On lui proposa parfois de jolies sommes et comme il bénéficiait de protections, il aurait bien pu accepter sans trop courir de risques, malgré son appartenance à un peuple à peu près aussi sympathiquement considéré là-bas que celui des Juifs ! Seulement voilà : il n’avait pas envie, il n’avait pas confiance, il avait peur et ne tenait nullement à se jeter dans la gueule du loup. Pour toutes ces raisons, lorsqu’en 1943 les deman­des se firent trop pressantes, il voulut s’éclipser en Suisse, soit avec sa femme Naguine, soit seul. Il a déjà été question dans les précédents volumes de ces tentatives finalement vouées à l’échec.

Si Django avait vraiment été en si bons termes avec les patrons de boites berlinoises, aurait-il ainsi risqué sa peau – car il la risqua au moins par deux fois – à seule fin d’aller respirer l’air propret des pâturages helvêtes ? Il est vrai qu’en un an on peut changer d’avis, surtout en des jours aussi troublés. Ainsi, on peut admettre que notre guitariste ait profité de la tournée en Belgique du printemps 42 pour pousser jusque sur les bords de la Spree et, une fois sur place, se soit avisé qu’il était préférable pour sa santé de ne point récidiver. D’où son désir de filer à l’anglaise vers la Suisse l’année d’après... Pas question ici de reprocher au musicien un éventuel séjour outre-Rhin en ce temps-là : bien d’autres, dans le monde du spectacle, se laissant plus ou moins piéger, cédant parfois au chantage, durent se résoudre à faire le voyage. Présumons qu’ils ne furent sûrement pas très nombreux a y prendre plaisir... Il s’agit seulement d’éclaircir un petit point d’his­toire. Or. il se trouve que les déplacements du Grand Manouche à cette époque sont relativement bien connus. Si à la suite de la tournée belge un tel détour en quenouille avait eu lieu, il n’aurait pu durer qu’une semaine au plus : pas suffisant pour se faire repérer par la clique à Mobiglia. Ensuite, de l’été 42 à l’automne de 1944, l’entreprise semble rigoureusement impossible... De plus, pourquoi les partenaires de Django, si la chose s’était produite, n’en auraient-ils soufflé mot ? Certes, il n’y avait pas là de quoi être fier et, dans la mesure où le petit crochet était reste inaperçu, mieux valait la boucler !.. Et puis, Django aurait très bien pu, comme il le fit parfois (notamment lors de la, tournée de l’automne 42 en Algérie, alors que les Alliés amorçaient leur débarquement en Afrique du Nord), larguer purement et simplement au tournant les dits partenaires. On peut cependant supposer qu’il ne le fit pas parce qu’il n’eut pas à le faire. En fait, il ne posa pas le moindre petit doigt de pied sur le territoire germanique entre 1938 (quand il ne fit que passer pour se rendre en Scandinavie) et 1947. Son frère alors, Joseph, qui se serait fait passer pour lui ? Peu probable là encore. L’un des frères ou des cousins Ferret ? Pourquoi pas. Mais qui donc de ces Gitans aurait eu le culot ? Question : quel est le guitariste de jazz tzigane ressemblant assez à Django Reinhardt, jouant dans un style proche, qui se produisit au «Femina Bar» de Berlin vers 1942-43 et fut à ce point remarqué par les gars de Tullio que ceux-ci s’en souvenaient encore un demi siècle plus tard ? On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu. Et Django, homme de mystère comme tous les poètes, était de ce point de vue cousu d’or ! Sa revanche. On ne saura sans doute jamais...

L’an 1947 fut particulièrement chargé en enregistrements, un peu pour le disque (Swing, Decca, Blue Star), beaucoup pour la radio nationale. Cela, on l’a déjà dit et répété. Mais comme les meilleures choses ont une fin, même 1947 arriva un jour à son terme. Ce fut, pour être précis, le 31 décembre, tout comme 1946 et 1948. A la fin du mois précédent, le guitariste avait une fois encore retrouvé Stéphane Grappelli, de plus en plus décidé à regagner la Mère-Patrie, lors d’un concert à Pleyel et au cours de deux sessions organisées dans le cadre de l’émission Surprise-Partie produite par Anne-Marie Duverney et Georges Lourier. Ce furent d’ailleurs, apparemment, les ultimes participations de notre musicien à la série, laquelle n’en continua pas moins cependant à diffuser (et probablement rediffuser) au cours de l’année suivante des enregistrements effectués entre août et novembre 47. Ces titres de novembre, par le légendaire quintette à cordes reconstitué une fois de plus, furent en bonne part diffusés sur l’antenne le soir du 27 décembre, quelques autres étant programmés par la suite, en janvier et février 1948. Dix d’entre eux (Ol’ Man River, R-vingt-six, Tears, Tiger Rag, les deux versions de How High The Moon, etc.) viennent en conclusion du volume 15 (Frémeaux FA 315). Il en restait quatre par lesquels s’ouvre ce nouveau recueil : le vieux Crazy Rhythm (déjà gravé dix ans plus tôt avec Coleman Hawkins), le délicat Manoir de mes Rêves (quand le violon remplace pour la première fois la clarinette), la toujours adorable Daphné (affectueusement dédié par Django à une non moins adorable Anglaise, petite copine de Steph), et cette curieuse Danse nuptiale (alias, ça et là, Moppin’ The Bride), basée sur les motifs de la Marche nuptiale de Mendelssohn citée en exergue à la sauce mi-swing, mi-bop... En prime, une version inachevée de Tiger Rag : de toute évidence elle fut gravée le même jour que celle, complète, diffusée sur les ondes au début de l’année suivante. C’est Irakli (de Davrichewy), toujours en quête des perles rares de son cher Armstrong, qui l’a dénichée dans une pile d’acétates où elle n’aurait pas dû se trouver. Anne Sécheret et Jean-Christophe Averty n’ont eu de cesse que de nous la communiquer. Que tous trois soient ici infiniment remerciés...

Fut-elle enregistrée le 21 ou le 28 novembre ? On ne sait, car les renseignements touchant ces deux séances sont plutôt flous. Toujours est-il que, foin de Philips-Miller, c’est bien sur une laque, ainsi qu’en témoigne le bruit de surface, que Dame Colette Barré emprisonna la zizique. Ce jour-là, la grosse-machine-miracle-à-son-optique-immédiatement-diffusable (mais oui !) devait, comme d’habitude, être en carafe... Enfin fini, l’an 47 ? Que nenni ! Le 5 décembre, Rex Stewart, ex-cornettiste de Duke Ellington, avait donné à Pleyel un concert qui fit quelque bruit. En réalité, tout le monde, ou presque, fut un peu déçu : les tenants du swing pur et dur estimèrent que, voulant jouer la carte «modernistic», il tirait par trop du côté du «be-bop», les amateurs de «be-bop» trouvant quant à eux qu’il n’y arrivait pas vraiment. Il convient de rappeler que, moins de trois mois plus tard, le big band de Dizzy Gillespie donnera sur la même illustre scène le premier vrai concert de jazz moderne en France et que quelques jours après (2 et 3 mars 1948), Louis Armstrong et son All-Stars s’y produiront à leur tour dans un répertoire aussi classique qu’enthousiasmant. De quoi affoler même une boussole normalement constituée, d’autant que Dizzy et sa bande ne manqueront point de venir applaudir Satchmo et la sienne !... La guerre des gangs n’eut lieu que dans quelques esprits aussi enflammés que manichéens. Sourd à toutes ces querelles de clochers, toujours sur la brêche, Eddie Barclay s’empressera d’acquérir pour sa jeune firme Blue Star, au nez et à la barbe de Charles Delaunay, quelques-uns des meilleurs instants du concert du 5 décembre, qu’il éditera l’année suivante sur trois plaques de trente centimètres chacune. Dans la foulée, il signa illico au musicien un contrat en béton et lui fit graver dès les jours suivants tout un tas de disques sous la supervision de Saint Hugues (Panassié). Avec lui, à qui le «re-bop» (comme l’on disait encore en ces temps reculés) donnait force aigreurs stomacales, pas question de diminuer les quintes ! Du sérieux, rien que du sérieux, même si, par ci, par là, un infidèle s’octroie une demie mesure de liberté... 

Rex Stewart éprouvait pour Django une sorte d’adoration. Ayant quitté la grande formation ducale à la fin de 1945, il ne put jouer au côté de son pote lorsque celui-ci, un an plus tard, vint en faire partie (voir volume 13). Ce qu’il se rappelait, Rex, c’était cette superbe séance en quartette, avec Barney Bigard à la clarinette, Billy Taylor à la, basse et Django, qui s’était tenue à Paris à l’initiative de Panassié et Delaunay le 5 avril 1939, alors que l’orchestre d’Ellington donnait ses ultimes concerts parisiens de l’avant-guerre (voir volume 9)... Rex demanda donc à Hugues d’organiser une séance en petit comité en compagnie du guitariste, sans savoir, l’innocent, que les choses s’étaient considérablement gatées depuis sa précédente visite au vieux continent. Django n’était plus guère en odeur de sainteté, tant auprès de Panassié que de Delaunay, eux-mêmes devenus ennemis irréductibles ! L’un disait haïr le be-bop, affirmant qu’il s’agissait là de «pseudo jazz progressiste», l’autre prétendait l’aimer, encore que ses goûts l’eussent davantage pousser vers ce que l’on appela par la suite, d’une manière assez stupide, le «middle jazz» (celui de l’ère du swing, si l’on préfère). Et Django – dont le côté par trop fantasque agaçait de plus en plus le fondateur des disques «Swing» – se retrouvait là, au milieu, entre deux chaises. La guerre froide en somme. Panassié, néanmoins, sans doute aiguillonné par l’œil du Maître Barclay, accéda à la requête du cornettiste et fit venir Django au studio Technosonor en compagnie d’Hubert Rostaing le 10 décembre 1947. Cette fois-là, on n’enregistra que deux morceaux (trois prises de chaque), deux standards, Night And Day et Confessin’, soumis il est vrai à un traitement qui dut sérieusement aggraver l’état de l’ulcère du Grand Homme de Montauban, lequel ne pipa mot mais se promis bien de prendre sa revanche.  Les «prises» numérotées «3» des deux titres furent choisies pour l’édition sur le 78 tours Blue Star BS 73. Les laques ne furent expédiées à l’usine que dans les derniers jours de janvier 1948 et «plongées» le 28 de ce mois. Les échantillons seront livrés le 10 février et adoptés le 9 mars. On n’était toujours pas très pressé chez Monsieur Eddie... Le bruit a un temps couru dans le petit monde des collectionneurs que la deuxième «prise» de Night And Day (ST 2220-2) aurait été éditée en Italie par la, firme Fonit sous le numéro BS 25086. Les registres de galvanoplastie sont formels : seules les «prises» marquées «3» des deux morceaux furent développées à l’usine, aujourd’hui défunte, de Seine et Oise. Néanmoins, comme il s’agissait de gravures effectués sur disques «Pyral», il n’est pas impossible que cette laque correspondant à la prise 2 de Night And Day ait été envoyée directement chez la Soeur latine, à charge de celle-ci de la faire développer sur place. Toutefois, les rares possesseurs de cette galette italienne peu courante affirment ne pas déceler la moindre variante entre leur disque et celui publié en France...

Night And Day et Confessin’ sont les deux dernières faces que Django enregistrera en la compagnie de Jazzmen américains. Il est vrai qu’entre 1948 et 1953, il n’enregistrera plus tellement, du moins pour le disque, lui que l’on réquisitionnait sans cesse dans les studios entre 1935 et 1943 : entre l’ultime séance «Swing» de mars 48 et la suivante, organisée chez Decca en mai 1951, plus de trois années se seront écoulées. Trois ans perdus, foutus à jamais... Si les chers producteurs avaient pu prévoir que le plus grand des musiciens de jazz français casserait sa pipe à quarante-trois ans, se seraient-ils hâtés davantage ? Rien n’est moins sûr. Heureusement, la radio était là – enfin ! – pour prendre le relai... Django, des Américains, il en a forcément croisé un bon paquet entre 46 et 53. Il a dû lui arriver de jouer avec eux, qu’ils s’appellent Sidney Bechet ou Don Byas, mais personne n’était là pour les enregistrer. Un «bœuf» avec Bird et Miles, lors du Festival de Paris en 1949 ? Pourquoi pas ? Un rêve... Et Dizzy, qui vint lui faire un petit coucou dans sa loge de l’ABC en mars 48 ? Il paraît qu’ils jouèrent comme des fous backstage. On aurait aimé y être.

Stéphane et Django étaient donc à l’ABC (en alternance avec des vedettes ou des «espoirs» de la chanson comme Henri Salvador), quand s’annonça à grands coups de trompes le tout premier festival de jazz digne de ce nom, devant se tenir à Nice en la dernière semaine du mois de février 1948 (année bisextile au cours de laquelle, un bonheur – ou un malheur ? – ne venant jamais seul, reprirent également les Jeux Olympiques, si fâcheusement interrompus depuis une douzaine d’ans pour cause de carnage). Sous le haut patronnage du Président de la République, du Ministre des Affaires Etrangères et du Secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil, sans compter les sommités locales, Michel de Bry, Paul Gilson et Hugues Panassié purent ainsi réaliser un rêve. De Bry et Gilson apportèrent le soutien actif de la Radio­diffusion française, Hugues, eu égard à son savoir jazzique indéniable, se chargeant quant à lui de la programmation. Inutile de dire que Bud Powell, Charlie Parker ou Dizzy ne furent point de la fête. Ce dernier, au demeurant, s’en  foutait, qui, après une tournée en Scandinavie, se retrouva comme par miracle invité d’honneur de Pleyel le 28 février. Panassié voulait du solide, du confirmé, du pas-bop, du pas-trop-audacieux et du surtout-pas-révolutionnaire. Sage programme au fond, pour un public réputé passablement moutonnier. Ainsi fit-il venir Armstrong et son All-Stars (Earl Hines, Barney Bigard, Jack Teagarden, Arvell Shaw, Sidney Catlett), Rex Stewart et son équipe (pas difficile ceux-là, puisqu’ils étaient déjà en France), Claude Luter et ses Lorientais, l’orchestre belge de Jean Leclère, celui originaire de Suisse que dirigeait Francis Burger, les Anglais de Derek Neville (dont Humphrey Lyttletown). Quelques musiciens «free lance», tel le superbe saxophoniste Lucky Thompson, se firent également entendre. Et puis Hugues n’oublia pas les copains : voilà pourquoi l’ami Mezz (Mezzrow) put présenter un groupe de bonne facture, constitué d’Henry Goodwin (déjà venu en France en 1925 avec la Revue Nègre), du tromboniste James Archey, du bon pianiste Sammy Price et du légendaire batteur Warren «Baby» Dodds qui, en la compagnie du Roi Oliver, de Satchmo et de son grand frère Johnny, avait vingt-cinq ans plus tôt fait trembler sur ses bases, du haut de ses fiers tambours, le studio champêtre de la maison Gennett (Starr Piano C°, Richmond, Indiana) pourtant habitué aux sourds grondements des locomotives à charbon en furie... 

Une jolie affiche, vraiment, dans le cadre d’un traditionnalisme de bon aloi. Un coup d’essai plutôt réussi, malgré la municipalité timorée et les impresarii gloutons, tel celui qui présidait alors aux destinées de Louis Armstrong. On finit, pour ce premier vrai festival de jazz mis sur pied en France, par en oublier les Français ! Il est vrai qu’on pouvait les entendre partout dans le pays tout au long de l’année. Alors, mieux valait faire venir d’ailleurs des gens plus rares. L’argument, peu de temps après la guerre, l’Occupation et la privation de musiciens américains plusieurs années durant, tient la route. Pourtant, le public, probablement légèrement chauvin, ne l’entendit pas de cette oreille. Pas de Combelle, d’Ekyan, de Brun, de Barelli (natif de Nice !), de Rostaing, de Fol Frères, de Diéval, de Meunier ou de Lévêque, passe encore. Mais pas de Django et de Grappelli, quand ceux-ci étaient là, tout près, c’en était trop (ou, plutôt, pas assez). Les spectateurs ne furent pas les seuls à s’étonner : Rex et Louis demandèrent pourquoi une pointure comme le Sieur Reinhardt avait ainsi été «omis». Il leur fut probablement répondu que celui-ci, trop pris par ses engagements parisiens avait décliné l’offre (qu’on s’était d’ailleurs bien gardé de lui faire). Les autres jazzmen français, teigneux et exclus, firent de leur côté savoir qu’ils ne comprenaient pas pourquoi le plus illustre d’entre eux était considéré comme un pestiféré par les organisateurs. Tant et si bien que Michel de Bry, pas très au courant de la cabale, piqua une grosse colère et fit dare-dare mander le guitareux et le violoneux. On les colla dans le train et, dans la hâte, on embarqua même deux bassistes, Emmanuel Soudieux et Louis Vola, vétéran de la bande tout juste rentré d’Argentine !.. Les repris de justesse du quintette à cordes firent leur entrée majestueuse dans Nice sur une sorte de vélo-taxi hors d’âge piloté par un Django particulièrement goguenard. On ne les entendit que le tout dernier soir, mais ils eurent amplement le temps de faire la bise à Satchmo, à Hines, à Bigard et aux autres... Voilà pourquoi, dans le texte du précédent volume, on a pu lire que Panassié avait soigneusement évité d’inviter Django à Nice et comment Django y vint quand même tirer une jolie langue toute rose au Torquemada de service.  

Comme l’on devait s’y attendre dans une telle précipitation, le quintette ne participa qu’à la Nuit de Nice (le 28) et n’eut qu’une seule fois les honneurs de la programmation sur les ondes. Les autres, les «vrais» invités, Armstrong en tête, purent laisser de nombreuses traces, souvent conservées en archives et parfois publiées, dès les années suivantes, sur des 78 tours pas toujours très légaux. Les recherches entreprises auprès des organismes de conservation n’ont guère donné de résultat à l’endroit du plus illustre des jazzmen de France. En somme, il fallut qu’un amateur assez fortuné pour posséder un gros machin à graver des laques (quarante kilos au bas mot – rien à voir avec le sublime DAT !) s’avisât que sa T.S.F. diffusait son musicien préféré, pour avoir le seul et unique témoignage de l’expédition niçoise. Deux malheureuses petites bricoles glanées ainsi au hasard et qui tanguent tellement dans leur approximative gravure, que même la calme Méditerranée, juste en face de l’Opéra où dut se dérouler le concert, en aurait attrapé le mal de mer... Nous avons veillé, en dépit du tangage (ou bien serait-ce du roulis ?), à restituer aux deux morceaux (plus d’un ton trop haut dans le document d’origine) leur véritable tonalité, à savoir Do Majeur pour Swing 42 et Sol mineur pour Nuages... Remercions Jean-Claude Alexandre et Jean Portier, possesseurs l’un et l’autre de cette chose inouïe (au sens propre du terme), de nous l’avoir communiquée...

Couvrant l’événement à la fois pour la revue Jazz Hot et pour le quotidien Combat, un Boris Vian n’apprécia guère, semble-t-il, la prestation des deux vedettes hexagonales («Grappelly et Reinhardt, sans conviction, tournent la même manivelle pour la trente-sixième fois», railla-t-il) lesquelles, là chose est évidente, ne surprenaient plus les connaisseurs, dans le contexte nouveau du be-bop débarquant en force en Europe, comme elles avaient si bien su le faire une douzaine d’années plus tôt... Les grands moments, en musique comme ailleurs, ne durent jamais très longtemps. Moins sévère, le public se montra dit-on ravi. Le festival de jazz de Nice, qui remporta un succès mérité, n’eut pourtant pas de suite immédiate dans cette ville. L’idée d’organiser régulièrement de semblables manifestations, comme cela se pratiquait déjà dans le domaine de la musique dite «classique» ou dans celui du cinéma, fut toutefois retenue. Au printemps de 1949, c’est à Paris que les choses se passèrent. Dans les années 50, les Etats-Unis assurèrent la relève avec la création de Newport et, à la fin de cette décennie, la Côte d’Azur, la French Riviera comme on dit parfois, reprit la main avec la fondation du festival d’Antibes/Juan-les-Pins... En 1974 enfin, soit vingt-six ans après la tentative initiale, Nice redevint un lieu privilégié du jazz grâce à une certaine Grande Parade qui y tint chaque année en juillet ses assises. Cette fois-là, on put de nouveau entendre Earl Hines, mais, hélas, ni Satchmo ni Django ne participèrent aux agapes. Quant à Grappelli, il attendit plusieurs années avant de venir à son tour rendre quelques petites visites aux arènes de Cimiez. en 1998, le vertueux organisateur du moment, gonflé de fierté, osa affirmer, devant une presse se gardant bien de relever le gros mensonge, qu’il s’agissait de la cinquantième édition du festival de jazz de Nice ! En plus, le quidam ne savait pas compter : s’il y avait vraiment eu un festival tous les ans depuis 1948, celui de 1998 aurait été le cinquante et unième !...

Sa participation in extremis au festival avait tant fait plaisir au guitariste que celui-ci intitula illico l’une de ses plus récentes compositions Festival 48. Il eu la joie de l’enregistrer, en compagnie de Stéphane, dès le 10 mars de cette année-là. Petite embellie entre le musicien et le fondateur des disques «Swing», qui autorisa le premier et ses complices à graver ce jour-là sept faces. Ce fut l’occasion de refaire Bricktop, dédié à la chanteuse/tenancière de boîte de nuit Ada Smith, dont la version initiale en 1937 n’avait pas donné complète satisfaction (voir volume 6). Fantaisie est également une composition plus ancienne mais, dans les deux cas, les compères ont choisi de donner à l’ensemble une coloration nettement plus moderne aux allures «bop» indéniables. Parti-pris plus nettement affirmé encore dans le traitement de Festival 48 et de cette autre nouveauté intitulée Mike (alias Micro). Oh ! Lady, Be Good, gentille mélodie de Gershwin datant des années 20 qui en ressort complètement transfiguée, presque méconnaissable, est certainement, avec cet accent de gravité inattendu, la plus étonnante, la plus mémorable de ces gravures de pré-printemps. Par comparaison, le dernier titre – en réalité, un pot-pourri mêlant To Each His 0wn à Symphonie, scie du moment – quasiment interprété en duo guitare-piano (comme si l’accompagnement des trois autres paraissait soudain superflu et, surtout, inadéquat), semble davantage empreint d’une certaine sagesse toute relative...

Cette séance à tous égards exceptionnelle sera la dernière de Django et Grappelli pour Charles Delaunay et ses disques «Swing». La firme est, il faut le préciser, en plein chambardement. La concurrence, inexistante avant la guerre et sous l’Occupation, s’est faite sérieuse depuis la Libération ; de petits producteurs (comme Blue Star, ABC ou Selmer) et parfois de plus gros (comme Decca, fondateur de sa filiale française en 1947) ont commencé à tailler des croupières à «Swing» et à mettre en péril sa situation de monopole. Pathé-Marconi, repris en main (et, pour tout dire, passablement dévitalisé) par l’Angleterre dès la fin du conflit, se contente de réagir mollement au lieu de prendre les devants, dans son travail de distribution du label. Les disques sortent au compte-gouttes avec parfois un retard considérable affectant les ventes : de fait, aussi bizarre que cela puisse paraître, les «Swing» de la période 1946-1950 sont à peu d’exceptions beaucoup plus rares que ceux de l’époque 1937-45... Assez mal considéré par la nouvelle direction qui lui refuse souvent les moyens que lui accordait jadis Jean Bérard, Delaunay en est réduit à ronger son frein en attendant que prenne fin le contrat le liant à la grande firme. Cela arrivera au début de 1951 : la dernière séance Swing chez Pathé aura lieu le 4 janvier de cette année-là (et sera, incidemment, la seule réalisée sur bandes magnétiques) ; sur les sept faces enregistrées ce jour par Bernard Hulin, Ralph Schécroun et quelques autres, deux seulement seront commercialisées (Swing SW 368). il semble, à la lecture de certaines notes de service, que les gens de chez Pathé n’aient rien fait pour retenir ce râleur de Delaunay et se soient même félicités de son départ. De toute façon, ils conservaient les droits de réédition sur tout le matériel enregistré chez eux depuis près de quatorze ans, Charles, de son côté, gardant sa marque, le nom de celle-ci  et le logo... Entre-temps, de 47 à 51,  il n’était demeuré inactif, Charles Delaunay. Tout en continuant à produire «Swing» au rythme indolent que lui imposait la direction de Pathé-Marconi, sentant que la tendance était à la création de nouvelles firmes plus souples, il entreprit avec quelques amis (Léon Kaba, Albert Ferreri...) d’en fonder une assurant sa propre distribution, chez qui «Swing», une fois libéré, trouverait tout naturellement sa place.

Ce fut d’abord, toujours dans l’optique du jazz, «Jazz Sélection», qui sortit des rééditions d’enregistrements américains historiques sans propriétaires connus, des faces récentes produites par de très petites boîtes d’outre Atlantique, et des gravures effectuées à Paris par ses soins avec des musiciens de passage comme Erroll Garner, Buck Clayton, Earl Hines, Howard McGhee, Bill Coleman, Don Byas, Willie «The Lion» Smith, Sidney Bechet ou Max Roach... Tout ne fut évidemment pas édité d’un seul coup et certaines sessions ou enregistrements de concerts attendirent parfois l’ère du microsillon pour être livrés aux amateurs. Dans la foulée, on mit dès 1949 un nouveau label sur le marché : «Vogue». Deux ans, après, «Swing» rejoignit donc le jeune groupe, poursuivant la numérotation de ses disques, (toujours des 78 tours, bien entendu) là où elle en était restée à la fin du contrat Pathé, et «Jazz Sélection» fut peu à peu relégué jusqu’à totale disparition. Le succès de «Vogue» fut immédiat, ce qui incita ses responsables à créer des filiales à l’étranger (notamment en Angleterre), à prendre en licence de nombreuses marques américaines et européennes jusqu’alors non distribuées en France et à étendre son catalogue à d’autres genres musicaux : classique, chanson française, accordéon, variétés internationales... En peu de temps, Vogue devint ainsi (et le resta plusieurs décennies durant) la première grande firme française de disques depuis la faillite, à la fin des années 20, de la vieille maison Pathé (celle qu’avaient fondée en 1894 les frères Charles et Emile)...

Django Reinhardt aurait sans mal pu trouver sa place au sein de cette dynamique entreprise passant rapidement de l’artisanat à l’industrie. Cela, pourtant ne se fit pas. Est-ce lui qui ne voulut pas ? Est-ce Delaunay, particulièrement excédé, qui refusa de le récupérer ? Celui-ci ne déclarait-il pas, vers 1952-53, que les disques du guitariste étaient devenus invendables ? Il oubliait d’ajouter que la maison Pathé avait tout fait pour cela et que lui-même s’était progressivement désintéressé de l’affaire... Toujours est-il que Django, on l’a dit, attendit trois ans (1948-51) avant de pouvoir livrer à son public de nouvelles galettes (encore des 78 tours !) et que les seules firmes à l’accepter dans leurs studios furent Decca et Blue Star en train de devenir Barclay. Jamais la Vogue connection ne lui fit le moindre signe. S’il n’y avait pas eu la radio, tant en France qu’en Italie, ce seizième recueil serait le dernier. Grâce aux ondes, nous pourrons aller jusqu’à vingt...

Les ondes furent probablement responsables d’un mystérieux acétate déniché jadis aux puces par Gérard Gazères et acquis, sans doute moyennant une somme rondelette, ensuite par Delaunay. L’étiquette blanche de ce simple-face porte les inscriptions manuscrites : «Tour de France 1948», «Odette», «Hot Club de France». Les derniers sillons ayant disparu, rongés par les aiguilles d’acier, pour laisser apparaître l’âme de métal, nous n’entendrons pas la fin – chose qui d’ailleurs ne nous renseignerait guère sur l’identité exacte des protagonistes. La première écoute suggère immédiatement Django et Stéphane. Toutefois, en remettant l’ouvrage sur le métier, on est de moins en moins sûr... La guitare est amplifiée, mais Joseph aussi, avant même son grand frère, s’était mis à l’électricité. Et puis le violon. Est-ce vraiment Grappelli ? Lui, en tous cas, s’est reconnu, alors qu’André Hodeir, parfois impliqué dans l’histore par d’attentifs auditeurs, a dénié toute participation à cet enregistrement. A présent qu’il est possible de juger sur pièces, le débat reste ouvert. Si cela fut enregistré pour être diffusé sur les antennes (lesquelles, au demeurant ?) au moment du Tour de France, qui lui aussi reprit toute sa vigueur en l’an 48, la gravure se fit vraisemblablement vers le mois de juin... Django était-il à Paris en juin 1948 ?

On sait en tous cas qu’il tourna en Angleterre au cours de l’été, toujours en compagnie de Grappelli, et qu’il s’y fit faucher dès le premier jour toutes ses affaires, de même du reste que les autres membres de l’équipe. Dégoûtés, ceux-ci regagnèrent Paris et il fallut les remplacer par des musiciens anglais, peut-être ceux ayant travaillé avec Stéphane au cours des années précédentes. A l’automne, à Paris, il fit des apparitions le dimanche au «Bœuf sur le Toit» où se produisaient régulièrement Hubert et Raymond Fol avec leur formation des Be-Bop Minstrels. D’autres dimanches il lui arriva aussi de participer aux concerts donnés dans l’enceinte du Théâtre Edouard VII, organisés par le Hot Club de Paris avec le concours de la radio nationale. Des extraits étaient diffusés en léger différé chaque mercredi suivant, sur la chaîne «Paris-Inter», sous le titre Jazz Parade, émissions produites par Georges Baume avec l’appui de Delaunay. Il se trouve qu’au moment du concert initial, le 10 octobre 1948, Django était censé faire sa rentrée parisienne et qu’il fallut donc, tout naturellement, l’inclure dans le programme. Il fut ainsi pour la circonstance l’invité du sextette d’Hubert Rostaing, vedette de la maison «Swing». En sa compagnie il interpréta au moins deux morceaux (et sans doute davantage, mais le reste  est sûrement perdu), Diminishing (annoncé par Hubert sous le titre «Diminution» – de quintes empoisonnées, cela va de soi) et Festival 48. La qualité sonore vaut ce qu’elle vaut (acétates !), mais ces rarissimes documents, paumés au fin fonds des archives de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) et revenus à la surface par la grâce d’une chercheuse très attentive, n’ont pas été réentendus depuis leur seule et unique diffusion le mercredi 13 octobre 1948...

Avant les deux morceaux avec le guitariste fut diffusée par le sextette seul une version d’After You’ve Gone ; avant encore il y eut deux interprétations par l’orchestre du jeune et prometteur pianiste Claude Bolling et enfin – ou plutôt au tout début – Georges Baume fit une présentation de la série à venir dans le style pompeux et irrésistible de l’époque. Nous n’avons pu résister au plaisir de l’inclure ici, tant il nous a paru savoureux d’entendre citer quelques célébrités de l’heure parmi les invités (le cinéaste Jacques Becker, le scandaleux pornographe Boris Vian...) et de savoir que les gentilles réunions du joli théâtre Edouard VII le dimanche après-midi devaient devenir les «concerts Colonne» (ou Lamoureux, on ne sait), du jazz ! On a également mis la main sur l’ultime émission de la saison, enregistrée le 7 Juillet 1949, diffusée le 25 de ce mois. Belle affiche des plus alléchantes : Diango, Bill Coleman, Hubert Fol, Bernard Peiffer, Claude Luter, Claude Bolling, Jack Diéval..., le tout sur une durée de quarante-deux minutes. De quoi rêver : Django avec Bill, ou avec Diéval, ou Peiffer, ou Fol... Peut-être même avec tous ensemble, dans une superbe jam-session. Et, pourquoi pas, Django avec Bolling ou Luter (bizarre quand même !)... Ce fauve était capable de tout. Atroce déception : Delaunay, après avoir copieusement ironisé sur ces «congés payés» partant bêtement faire du camping – tout le monde ne peut pas trimbaler le château de Versailles sur son lieu de vacances, cher Charles –, se contenta de passer quelques disques du commerce déjà parus ou à paraître à la rentrée. Le Django, avec Rostaing et Diéval, provient quant à lui de la séance «Swing» du 16 mai l946. On peut le trouver dans notre volume 13... Quand on pense, les émissions étant plus courtes que les concerts, que des tas d’interprétations furent sûrement mises de côté, en réserve, afin d’être diffusées en l’une ou l’autre occasion... Quelle tristesse. Jazz Parade reprit à la rentrée et se prolongea encore quelques années. Le nom de Django Reinhardt ne figure plus jamais dans ce qui paraît avoir échappé aux grandes purges. Dans cette maison, déjà, pour reprendre le joli mot de Lucien Malson paraphrasant Claudel, «le pire était toujours sûr»...

La dernière semaine de novembre 1948 se passa en Belgique où le quintette sans violon mais avec clarinette devait se produire, en particulier au Théâtre des Galeries de Bruxelles. Rostaing et Django, peut-être dépités de s’entendre aussi mal dans des enregistrements effectués par des professionnels, décidèrent de jouer la carte de l’amateurisme et firent en commun l’acquisition d’un magnétophone. De quelle marque ? Utilisant quel type de bandes, en ces jours où les différents systèmes antagonistes se couraient après ? On ne sait. D’ailleurs, en réalité, ils s’amusaient davantage à enregistrer n’importe quoi que leur musique ! On a tous fait ça avec cet instrument magique !.. Ils le prirent tout de même avec eux, le magnéto, pour leur voyage, envisageant d’enregistrer leurs concerts. Voilà pourquoi celui donné à la fin du mois de novembre nous est parvenu. Il fut certainement plus long, mais il n’y avait peut être plus de bande, ou alors, avec les fausses manœuvres de rigueur, une partie se trouva malencontreusement effacée. Une bande de toute évidence passée à faible vitesse (19 centimètres à la seconde, voire même la moitié, alors que les «pros» des studios utilisaient le 76 cm/s.), en pleine piste, mono, avec micro unique et fixe... Inutile de dire que cela sature et donne un son aussi mou qu’instable. Mais le document, là encore, est passionnant. Le répertoire mêle les standards habituels (Nuages, Minor Swing, l’Improvisation sur la Danse norvégienne...) et des compositions plus récentes, telle que ce nouveau Boléro qui obsédait encore plus Django que Ravel. Cadillac Slim, seul thème d’origine américaine, est passablement boppisant et le premier des morceaux est bien la Danse nuptiale (alias Moppin’ The Bride) et non point Micro (Mike) comme on l’a parfois retitré par erreur. Parmi les guitaristes d’accompagnement on relève, pour la seule et unique fois, le nom d’Henri «Louson» Baumgartner, c’est-à-dire le premier fils de Django, né à la fin des années vingt, peu après l’incendie de la roulotte dans lequel son papa faillit bien laisser sa peau. Il y perdit des doigts mais s’inventa un style. On ne fait pas tellement de vieux os dans la famille Reinhardt. Aujourd’hui et depuis déjà un bout de temps, «Louson» repose dans le caveau de Samois, auprès de son père, de son tonton «Ninnin», de sa grand-mère «Négros», de Naguine, la seconde épouse... Depuis la fin de 2001, «Babik», le second fils, les y a rejoints. Il était né en 1944, au moment du débarquement de Normandie, et Django n’avait pas vraiment eu le temps de lui enseigner son art ni de le prendre comme accompagnateur. Pourtant Babik fut lui aussi guitariste de jazz.

A l’heure où se déroulait ce concert dans les frimas d’une belle cité qui pour se réchauffer «brusselait» encore, nettement plus au sud, dans une autre ville réputée éternelle dont l’un des citoyens en vue avait, il y a très longtemps, déclaré que «de tous les Gaulois, les Belges sont les plus courageux», se tramait un complot sympa visant à attirer du côté de la Roche tarpéienne un guitariste fou et un violoniste superbe. La Roche terpéienne d’où l’on flanquait dans le vide les condamnés, si l’on voyait ce qu’il en reste aujourd’hui ! Un tout petit bout de monticule, soigneusement rangé le long d’une grand’route et mis sous globe pour que le chaland qui passe ne manque point de le remarquer... Se jeter du rez-de-chaussée pour se suicider est nettement plus sûr. Pauvre Rome ! On verra ce qu’il restera de New York dans une vingtaine de siècles... De toute façon, en cette fin d’an 48, il ne s’agissait nullement de balancer Stéphane et Django du haut de la Taupinière terpéienne, mais de les faire engager dans une boîte chic, la «Rupe Tarpea», sise en plein cœur d’une antiquité revue et corrigée suivant les canons de l’ère atomique. Christian Livorness, riche amateur romain conseilla fortement au patron du lieu (comprenant un restaurant musical et un dancing) de faire l’emplette de deux grands musiciens esseulés et sans engagement pour le proche futur. On devine de qui il s’agit. Django et Grappelli vont donc de nouveau être réunis, associés à une section rythmique italienne dont on a dit un mal fou et qui, somme toute, était loin d’être si mauvaise. Les deux vétérans du quintette à cordes débarquèrent en janvier 1949 et restèrent dans la place deux bons mois. Les responsables de la radio nationale italienne, poussés par un mystérieux amateur doté d’un bras fort long et d’une fortune considérable faisant de lui le mécène rêvé, sautèrent sur l’occasion et réquisitionnèrent le groupe, afin de l’inclure dans des séries d’émissions du même genre que Surprise-Partie en 1947. Le mécène payait les musiciens et, en contrepartie, récupérait des copies de tous leurs enregistrements, par ailleurs diffusés au coup par coup sur les ondes. En France, on ne parla guère de cette fabuleuse série à l’époque, mais là-bas nombreux sont encore les jazz-fans qui, ravis, purent entendre sur leur poste de T.S.F. semaine après semaine, mois après mois, bien après le retour des musiciens au bercail, deux jazzmen déjà entrés dans la légende au même titre que Louis, Bix, Duke ou Bird.

Il existe, à l’endroit de ces enregistrements réalisés en un nombre inconnu de sessions dans les studios de la RAI, pas mal de zones d’ombre. Nous ne nous y attaquerons pas cette fois : le prochain volume dans sa totalité et une partie du suivant seront consacrés à ces gravures inestimables et il sera temps, alors, de développer davantage le propos. Pour l’instant, que l’on goûte pleinement les treize premiers titres de la série, ici reproduits selon la numérotation assignée par le collectionneur-mystère et non pas nécessairement suivant la chronologie réelle des enregistrements. Encore un point à développer ultérieurement. Treize titres, où se bousculent comme à plaisir compositions originales (Minor Blues, Swing 39), standards américains (Over The Rainbow, Night And Day, Hallelujah !, Nagasaki, Honeysuckle Rose...) et chansons françaises (Vous, qui passez sans me voir, Clopin-Clopant) dans une atmosphère de liberté tranquille et de tranquillité libre, avec à la clef une qualité de son, une présence exceptionnelle des instruments, que les studios radiophoniques français de l’époque étaient bien incapables de rendre ou seulement d’imaginer... On ne connait pas les noms des valeureux techniciens qui accomplirent cet exploit. Dommage, ils auraient mé­rité de figurer dans notre palmarès.
Daniel NEVERS
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS-GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2002  

PS : Deux autres titres, “Place de Brou­ckère” et “Artillerie lourde” ont parfois été indiqués comme provenant du concert de Bruxelles, fin 1948. Il s’agit en réalité des versions de la radiodiffusion nationale enregistrées en 1947. 

english notes
The prolific year 1947 finally came to a close, leading to a much less fecund 1948.  But before speaking of the year’s final adventures, we would like to mention a little scoop which has recently been humming in the world of jazz guitar amateurs, particularly Django Reinhardt fans.  In his book on jazz in Italy (Il Jazz in Italia), Adriano Mazzoletti reveals tales as told by several Italian musicians (band leader and saxophonist Tullio Mobiglia, trumpeters Italo Scotti and Alfredo Marzaroli, guitarist Alfio Grasso, pianist Primo Angeli, trumpeter Nino Impalomeni etc.) who often performed in Germany during the 1940-’44 period.  All these lads who appeared in Berlin clubs, were broadcast over the radio and who recorded in abundance for Deutsche Grammophon AG, firmly declare that for a while (in 1942 or ’43), Django played in the ‘Femina Bar’.  True enough, Django was often invited to Germany during the given period with the promise of appetising fees.  Given his origins, however, he was scared of putting his head in the lion’s mouth and in 1943, when the demands became increasingly insistent, he preferred to abscond to Switzerland, either alone or with his wife Naguine.  These failed attempts have been covered in previous volumes.  Yet, if Django had truly been on good terms with the Berlin club owners, why did he risk venturing into Helvetian territory ?  Naturally, everyone can change their minds and during our guitarist’s Belgian tour in spring ’42, he may have ventured towards the banks of the Spree but realised it was more sensible to turn back.  This could explain his desire to flee to Switzerland the following year.  During these times of trouble, a musician could not be reproached for a trip across the Rhine, indeed many other artists were persuaded and even blackmailed likewise.  And yet we are certain that between 1938 and 1947, Django did not cross the German border so it would appear that a Tsigane jazz guitarist look-alike was billed in the Berlin’s ‘Femina Bar’ around 1942-’43 and was still remembered by Tullio’s guys half a century later.  The enigmatic identity of this double will no doubt remain a mystery. 

Many recordings were made in 1947 - a few for disc (Swing, Decca, Blue Star) and many for the national radio.  At the end of November, the guitarist teamed up once more with Stéphane Grappelli who had returned to his homeland for a concert in the Salle Pleyel and for two sessions organised by the radio show, Surprise-Partie.  Many of these November titles starring the legendary string quintet were broadcast on 27 December, and others were programmed for January and February 1948.  Ten of them closed volume 15 (Frémeaux FA 315) ;  the remaining four open the present album - the old Crazy Rhythm (already cut ten years previously with Coleman Hawkins), the delicate Manoir de mes Rêves (with the violin replacing the clarinet for the first time), the forever adorable Daphné (dedicated to Stéph’s equally adorable English girlfriend), the curious Danse nuptiale (alias Moppin’ The Bride), based on the theme of Mendelssohn’s Bridal March with swinging/bopping flavours.  To top it all, an incomplete version of Tiger Rag was cut, no doubt on the same day as the completed version which was to be broadcast at the beginning of the following year.  However, it is unsure whether it was recorded on 21 or 28 November as all info concerning these two sessions are somewhat hazy. 

But the year was not quite out.  On 5 December, Rex Stewart, Duke Ellington’s ex-cornetist, gave a concert at Pleyel which made a stir.  Indeed, almost all the punters were disappointed - the purists of swing esteemed he was too modernistic and leant too much towards be-bop whereas the be-bop adepts reckoned he was not up to the mark.  Turning a blind eye to these criticisms, Eddie Barclay went about collecting some of the best moments of this concert for his young company, Blue Star, and which he released on three discs the following year.  While at it, he offered the musician an appetising contract resulting in a string of recordings in the days to follow, supervised by Hugues Panassié (who, incidentally, could not stomach be-bop).  Rex Stewart had always admired Django, and after leaving Duke’s big band in 1945, he missed getting together with his pal in 1946 when the guitarist teamed up with the Ellingtonian mob (see volume 13).  He therefore asked Hugues to organise a small-sized session with the guitarist, unaware of the fact that since his previous trip to the old continent, Django was no longer favoured by either Panassié or Delaunay who, in turn, had become arch-enemies.  Notwithstanding, Panassié, instructed by Barclay, summoned Django to the Technisonor studio along with Hubert Rostaing on 10 December where they recorded two standards (three takes of each), Night And Day and Confessin’.  Take ‘3’ of each title was chosen for the 78 disc Blue Star BS 73, although as Eddie was never too hasty, it was only adopted in March of the following year. 

Night And Day and Confessin’ were the two last sides which Django recorded with American jazzmen.  There again, between 1948 and 1953, he did not record in quantity, at least for the record world.  This man who was so demanded by the studios between and 1935 and 1943, participated in an ultimate session for ‘Swing’ in March ’48, then had to wait over three years for the following studio rendezvous, organised by Decca in May 1951.  Sadly three years were lost.   If only the producers had had the foresight that the greatest of French jazz musicians was going to kick the bucket at the age of forty-three, would they have acted otherwise ?  Fortunately, the radio took over.  During the ’48 to ’53 period Django must have met a host of Americans and surely played with many of the greats, but nobody was around to record them.  Did he jam with Bird and Miles during the 1949 Festival de Paris ?  And did Dizzy pop in for a chat while he was in his ABC dressing room in March ’48 ?  Apparently, they all played like crazy backstage - shame we weren’t there.  Thus, Stéphane and Django were appearing at the ABC when there was word of the first true jazz festival, to be held in Nice in the last week of February 1948.  With the mighty patronage of the President of the Republic, among others, Michel de Bry, Paul Gilson and Hugues Panassié had the opportunity of making a dream come true.  De Bry and Gilson brought the support of French radio and Hugues, due to his irrefutable knowledge of jazz, was responsible for the programming side.  Naturally, the innovators were set aside, Panassié wanted solid, bop-free, loyalist material.  For this orderly programme intended for a rather sheep-like audience they invited Armstrong and his All-Stars (Earl Hines, Barney Bigard, Jack Teagarden, Arvell Shaw, Sidney Catlett), Rex Stewart and his team, Claude Luter and his Lorientais, Jean Leclère’s Belgian band, Francis Burger’s Swiss outfit, Derek Neville’s English gang (including Humphrey Lyttletown), a few free-lance musicians such as the superb saxophonist Lucky Thompson and Hugues also remembered some friends.  Thus his buddy Mezz (Mezzrow) came along with a substantial group comprising Henry Goodwin (who had already come to France in 1925 for the Revue Nègre), trombonist James Archey, pianist Sammy Price and the legendary drummer Warren ‘Baby’ Dodds.  However, France’s first true jazz festival concentrated on artists from elsewhere, forgoing their native talent.  The punters (probably a little chauvinistic) were deprived of Combelle, Ekyan, Brun, Barelli, Rostaing, the Fol brothers, Diéval, Meunier, Lévêque to name but a few.  The spectators were not alone in their disappointment :  Rex and Louis also wondered why a virtuoso such as Mr. Reinhardt had been excluded.  The uninvited French jazzmen equally showed their astonishment that their most illustrious confrère was being treated as a plague-stricken being, resulting in a raging Michel de Bry who impulsively sent for the guitarist and violinist who were bundled on the train along with two bassists, Emmanuel Soudieux and Louis Vola.  They only performed on the very last night, but they had enough time to get together with Satchmo, Hines, Bigard and the others.  I

n such haste, the quintet only participated in the Nuit de Nice (28 February) and was programmed just once on the radio.  But as it happened, one particular amateur was fortunate enough to own the heavy machine (about 90 pounds worth), used for cutting lacquers and could therefore record just two pieces (Swing 42 and Nuages) by his favourite musician - the unique evidence of this trip to Nice.  Unfortunately, this document is very badly warped.  The coverage of this event for the magazine Jazz Hot and the daily Combat was given by Boris Vian who was hardly impressed by the performance of Grappelli and Reinhardt who, according to him, had come out with the same old story for the umpteenth time.  On the other hand, the public were delighted.  The Nice jazz festival was a success, though no immediate plans were made for a follow-on.  In spring 1949, Paris was the elected venue.  During the fifties, the States took over with the creation of Newport and then at the end of the decade, the French Riviera founded its festival in Antibes/Juan les Pins.  Finally, in 1974, twenty-six years after their initial attempt, Nice again became a haven of jazz thanks to its Grande Parade which takes place each year in July.  Alas, neither Satchmo nor Django were no longer around to participate in this merry-making although Hines and Grappelli returned a few times. 

Django’s last minute participation in the festival thrilled him to a point he immediately named one of his most recent compositions Festival 48 and he recorded it with Stéphane on 10 March of the same year.  Indeed, the guitarist and the founder of the ‘Swing’ label temporarily patched up their differences for a seven-sided session.  The quintet had the opportunity of coming out with a new version of Bricktop dedicated to singer/night club proprietor Ada Smith, as the original 1937 rendition proved unsatisfactory (see volume 6).  Fantaisie was another older composition, but both numbers are definitely tinged with bop.  The same applies to Festival 48 and another novelty entitled Mike (alias Micro).  Oh ! Lady, Be Good is a pretty Gershwin tune dating back to the twenties which the musicians totally transformed and is undoubtedly the most memorable piece of this pre-spring session.  The last title - a medley mixing To Each His Own with Symphonie - is mainly a guitar/piano duo and is comparatively tame.  This was to be Django and Stéphane’s final session for Charles Delaunay and his ‘Swing’ records.  In fact, the firm had been seriously suffering from competing companies since Liberation and the discs were being released sluggishly and often with delay, affecting the sales.  Still linked to Pathé-Marconi by a contract which was to end in early 1951, Delaunay was forced to comply with the restrictions of the hierarchy.  Nevertheless from ’47 to ’51 he did not rest on his laurels and set up a new concern with several friends.  Still with an eye for jazz, ‘Jazz Sélection’ came out with American reissues, more recent sides cut by very small American firms and Parisian recordings of passing musicians such as Erroll Garner, Buck Clayton, Earl Hines, Howard McGhee, Bill Coleman, Don Byas, Willie ‘The Lion’ Smith, Sidney Bechet and Max Roach.  Then in 1949 a new label appeared : ‘Vogue’.  Two years later, ‘Swing’ joined this newcomer and ‘Jazz Selection’ slowly faded away.  ‘Vogue’s’ success was tremendous ; subsidiaries were established abroad and their catalogue built up to cover a variety of musical genres.  In a short space of time, ‘Vogue’ became France’s leading record company since Pathé’s collapse in the late twenties. 

Django Reinhardt could have easily found a place in this dynamic enterprise and yet he didn’t.  Perhaps he was not interested, or perhaps Delaunay was still giving him the cold shoulder.  Whatever the underlying reason, Django, as mentioned above, had to wait three years before delighting his followers with some new discs (still 78’s !) and he was only welcomed by the Decca and Blue Star studios.  Without the radio, both in France and Italy, this sixteenth album would have been the last.  Thanks to the wavelengths, we’ll be able to make it to twenty.  The radio was probably behind a mysterious acetate unearthed in a flea market.  The white label bears a hand-written inscription ‘Tour de France 1948’, ‘Odette’, ‘Hot Club de France’.  The last grooves have been worn away so it is impossible to hear it in its entirety.  At first, it seems obvious that Django and Stéphane are present, but afterwards we are less certain.  The guitar is amplified, but Joseph also turned to electricity, even before his brother.  As for the violin, Grappelli recognised his playing whereas André Hodeir denied participating in this recording.  And if the recording was intended to be on the air, it was surely made in June, before July’s Tour de France.  Was Django in Paris in June 1948 ? 

We do know that he toured England during the summer, still with Grappelli and that on the first day all his belongings were snatched.  The other members of his team suffered the same fate and in disgust returned to Paris having to be replaced by English musicians.  In autumn, Django sometimes appeared in the Paris cabaret ‘Boeuf sur le toit’ where Hubert and Raymond Fol and their Be-Bop Minstrels regularly performed.  On other Sundays, he occasionally participated in concerts given in the Théâtre Edouard VII, organised by the Hot Club de Paris.  Extracts were broadcast each following Wednesday on the station ‘Paris-Inter’ on the programme Jazz Parade.  For the initial concert held on 10 October 1948, Django was invited as guest of Hubert Rostaing’s sextet and they interpreted at least two pieces (most probably more, but the others seem to be lost), Diminishing (introduced by Hubert as ‘Diminution’) and Festival 48.  The quality of sound may not be perfect (acetates !), but these extremely rare documents which had been hidden away in the bowels of the National Audio-visual Institute (INA) had never been heard since their one and only air slot on Wednesday 13 October 1948.  Preceding these two titles with the guitarist a version of After You’ve Gone was broadcast featuring only the sextet ;  before that were two numbers by the band of the young and promising pianist Claude Bolling and right at the beginning Georges Baume introduced the series to follow.  We couldn’t resist including this presentation here as he makes reference to some big names of the day along with the guests (film director Jacques Becker, the scandalous pornographer Boris Vian etc.).  The last week of November 1948 was spent in Belgium where the quintet minus a violin but plus a clarinet were to play particularly in Brussels’ Théâtre des Galeries.  Django and Rostaing had jointly purchased a tape recorder which they took on their trip to record their concerts.  And this is how we acquired evidence of their late November performance.  It was no doubt longer, but they either ran out of tape or a part was accidentally erased.  Once more, the sound could certainly be improved but the contents are nevertheless enthralling.  The repertory combines the usual standards (Nuages, Minor Swing, Improvisation sur la Danse norvégienne...) and more recent compositions such as the new version of Boléro which intrigued Django more than Ravel.  Cadillac Slim is the only tune of American origin and the first piece is indeed Danse Nuptiale (alias Moppin’ The Bride) and not Micro (Mike) as it has sometimes been renamed.  Among the accompanying guitarists we find, for the first and only time, Henri ‘Louson’ Baumgartner, Django’s first son, born in the late twenties.  The Reinhardt family didn’t really make old bones.  Today, ‘Louson’ rests in the vault of Samois, next to his father, his uncle ‘Ninnin’, his grandmother ‘Négros’ and Naguine, the second wife.  At the end of 2001, ‘Babik’, the second son, joined them.  He was born in 1944 around the time of the Normandy invasion and Django never found time to teach him his art.  And yet, Babik was also a jazz guitarist. 

Meanwhile, far from the Belgian capital by the river Tiber, the Romans were plotting to lure over the crazy guitarist and superb violinist for a billing in a chic club, the ‘Rupe Tarpea’.  Django and Grappelli were thus reunited once again, backed by an Italian rhythmic section.  The two string quintet veterans arrived in January 1949 and stayed put for two months.  Sponsored by a mysterious amateur, the Italian national radio made the most of the occasion and requisitioned the group for a series of shows similar to Surprise-Partie in 1947.  At the time, this fabulous series was hardly mentioned in France but over there, numerous jazz fans could enjoy hearing the legendary artists on their wirelesses, week after week, month after month, even after the musicians’ return to their homeland.  There is a certain ambiguity regarding these sessions in the RAI studios, but this will be pursued in the next volume.  For time being, let us savour the first thirteen titles of the series, presented here according to the classification system given by the aforementioned collector and not necessarily following the true chronology of the recordings.  Thirteen titles including original compositions (Minor Blues, Swing 39), American standards (Over The Rainbow, Night And Day, Hallelujah !, Nagasaki, Honeysuckle Rose) and French songs (Vous, qui passez sans me voir, Clopin-Clopant) in an atmosphere of tranquil freedom and free tranquillity, moreover with a quality of sound and an exceptional instrumental presence that the French radio stations could have never imagined.  We ignore the names of the meritorious technicians who accomplished this feat but they certainly deserve recognition. 
Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of Daniel NEVERS
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS-GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2002  I

INTÉGRALE DJANGO REINHARDT / THE COMPLETE DJANGO REINHARDT
VOLUME 16 (1948)  “FESTIVAL 48”

DISQUE / DISC 1

1. DAPHNÉ (D. Reinhardt)     (RDF Broadcast)     Unnumbered    4'25
2. MANOIR DE MES RÊVES (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    4'26
3. DANSE NUPTIALE (MOPPIN' THE BRIDE) (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’33
4. CRAZY RHYTHM (I. Caesar-Meyer-G. Kahn)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2'55
5. TIGER RAG (D.J. LaRocca)(incomplete version)    (RDF Acetate)    Unnumbered    2’37
6. NIGHT AND DAY (C. Porter)    (Blue Star B. S. 73)    ST 2220-3    2'51
7. CONFESSIN’ (Neiburg-Dougherty-Reynolds)    (Plue Star B. S. 73)    ST 2221-3    2'53
8. Annonce/Announcement & SWING 42 (D. Reinhardt)    (Private Acetate)    Unnumbered    2'34
9. NUAGES (D. Reinhardt)    (Private Acetate)    Unnumbered    1'52
10. MIKE (D. Reinhardt)    (Swing 287)    OSW 500-1    2'48
11. OH ! LADY BE GOOD (G.&I. Gershwin)     (Swing 287)     OSW 501-1    2'56
12. FESTIVAL 48 (D. Reinhardt)    (Swing 280)     OSW 502-1    2'37
13. FANTAISIE (D. Reinhardt-S. Grappelli)     (Swing 260)     OSW 503-1    2'54
14. BRICKTOP (D. Reinhardt-S. Grappelli)     (Swing 283)     OSW 504-1    3'06
15. JUST FOR FUN  (D. Reinhardt-S. Grappelli)    (Swing test)    OSW 505-1    3'06
16. TO EACH HIS OWN (J. Livingstone-R. Evans)/SYmPHONIE (Alstone-A,Tabet)    (Swing test)     OSW 506-1    3’03
17. ODETTE (G. Viseur)     (Private Acetate)     Unnumbered     2'01
18. Présentation/Announcement : Georges BAUME & Charles DELAUNAY      (RDF Broadcast)    PHD85025446    3'OO
19. DIMINUTION (DIMINISHING) (D. Reinhardt)     (RDF Broadcest)    PHD85025446 3'45
20.  FESTIVAL 48 (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)     PHD85025446    2'13  

FORMATIONS & DATES D’ENREGISTREMENT / PERSONNEL & RECORDING DATES

1 à/to 5    DJANGO REINHARDT & STÉPHANE GRAPPELLY dans “SURPRISE-PARTIE”    
Stéphane GRAPPELLI (vIn) ; Django REINHARDT (g solo) ; Joseph REINHARDT, Eugène VÉES (g) ; Fred ERMELIN (b). PARIS, prob. 28/11/1947 (Radio Diffusion française, studio Montparnasse, Centre Armand Moisan XIVè arr. Enregistreur/Recorder : Colette BARRÉ).
6 & 7    REX STEWART QUINTET
with DJANGO REINHARDT and HUBERT ROSTAING     Rex STEWART (cnt) ; Hubert ROSTAING ; Django REINHARDT (g) ; Ladislas CZABANYCK (b) ; Ted CURRY (dm). PARIS, 10/12/1947 (Studio Technisonor, 50, rue François Ier, VIIIè arr. - Enr./Rec. . Robert ou/or Lucien SERGENT).
8 & 9    LE QUINTETTE DU HOT CLUB DE FRANCE    
Stéphane GRAPPELLI (vln) ; Django REINHARDT (g solo) ; Joseph REINHARDT, René “Challun” FERRET (g) Emmanuel SOUDIEUX (b) ; prob. Gilbert CAZENEUVE (ann.). NICE, 28/02/1948 (En direct depuis le/Live from the “Festival de Jazz de Nice”).
10 à/to 15    DJANGO REINHARDT et le QUINTETTE DU HOT CLUB DE FRANCE    
Même formation que pour 8 & 9 / Personnel as for 8 & 9. PARIS, 10/03/1948 (Studio Pelouze, 5, rue Pelouze, VIIIè arr. - Enr./Rec. : Walter RUHLMANN & C.B.).
16    To Each His Own - Django REINHARDT (g) acc. par/by Stéphane GRAPPELLI (p)     Symphonie - Même formation que pour 8 & 9 / Personnel as for 8 & 9. S. GRAPPELLI (p). Mêmes date, lieu, enregistreur que pour 10 à 15 / Date, place and recorder as for 10 to 15.
17    LE QUINTETTE DU HOT CLUB DE FRANCE    
Stéphane GRAPPELLI (vln) ; Django ou/or Joseph REINHARDT (elg solo) ; Joseph REINHARDT ou/or “Challun” FERRET (g) ; prob. Emmanuel SOUDIEUX (b) ; Non Identifié/Unidentified (dm). PARIS, juin ou juillet/June or July 1948 (probablement un enregistrement radiophonique en rapport avec le “Tour de France 48”/Probably from an unknown broadcast referring to the “Tour de France 48”).
18    PRESENTATION de la première émission radiophonique de la série “JAZZ PARADE”/      ANNOUNCEMENT of the first broadcast in the “JAZZ PARADE” series    
Par/By : Georges BAUME & Charles DELAUNAY. PARIS, 10/10/1948 (Théâtre Edouard VII - Radio Diffusion française, Paris-Inter).
19 & 20    HUBERT ROSTAING & son SEXTETTE, avec DJANGO REINHARDT    
Hubert ROSTAING (cl, as, ann.) ; Roby POITEVIN (vibes) ; Armand MOTTA (p); Django REINHARDT (el-g solo) ; Lucien GALLOPAIN ou/or Jean-Pierre SASSON (g) ; Ladislas CZABANYCK (b) ; Arthur MOTTA (dm). PARIS, 10/10/1948 (Théâtre Edouard VII - Radio Diffusion française, Paris-Inter : “JAZZ PARADE”). © 2002 INA. 

DISQUE / DISC 2
1. MOPPIN' THE BRIDE (DANSE NUPTIALE) (D. Reinhardt)     (Private recording)     Unnumbered     2'06
2. BOLÉRO (D. Reinhardt)     (Private recording)     Unnumbered     4'08
3. CADILLAC SLIM (B. Carter-B. Webster)    (Private recording)     Unnumbered     3'00
4. NUAGES (D. Reinhardt)     (Private recording)     Unnumbered     3'47
5. IMPROVISATION SUR UNE DANSE NORVEGIENNE (E. Grieg)  (Private recording)     Unnumbered 2'35
6. FESTIVAL 48 (D. Reinhardt)     (Private recording)     Unnumbered     1'57
7. MINOR SWING (D. Reinhardt-S. Grappelli)    (Private recording)     Unnumbered     2'25
8. SYMPHONIE (Alstone-A. Tabet)    (Private recording)     Unnumbered     1'36
9. OVER THE RAINBOW  (H. Arlen-E. Harburg)     (RAI Broadcast)     CW 18     2'41
10. NIGHT AND DAY (C. Porter)     (RAI Broadcast)     CW 19     3'02
11. MINOR BLUES (D. Reinhardt-S. Grappelli)     (RAI Broadcast)     CW 20     2'43
12. NATURE BOY (Ahbez-L. Palex-L. Hennevé)     (RAI Broadcast)     CW 21     3'32
13. THE WORLD IS WAITING FOR THE SUINRISE      (B. Seitz-J. Lockhart)     (RAI Broadcast)     CW 22     2'43
14. VOUS, QUI PASSEZ SANS ME VOIR (J. Hess-C. Trénet)     (RAI Broadcast)     CW 23     2'49
15. HALLELUJAH ! (V. Youmans-Gray-L. Robin)     (RAI Broadcast)     CW 24     3'04
16. NAGASAKI (H. Warren-M. Dixon)     (RAI Broadcast)     CW 25     2'49
17. I'LL NEVER BE THE SAME (F.  Signorelli-  M. Malneck-G.  Kahn )     (RAI Broadcast)     CW 26     3'57
18. SWING 39 (D. Reinhardt-S. Grappelli)    (RAI Broadcast)     CW 27     3'13
19. CLOPIN-CLOPANT (B. Cocatrix-P. Dudan)     (RAI Broadcast)     CW 28     3'04
20. HONEYSUCKLE ROSE (T. Mialler-A. Razef)     (RAI Broadcast)     CW 29     3'59
21. ALL THE THINGS YOU ARE (J. Kern-O. Hammerstein II)    (RAI Broadcast)     CW 30     2'50

FORMATIONS & DATES D’ENREGISTREMENT / PERSONNEL & RECORDING DATES
1 à/to 7    DJANGO REINHARDT à BRUXELLES    
Hubert ROSTAING (cl) ; Django REINHARDT (el-g solo) ; Henri “Louson” BAUMGARTNER (g) ; Louis VOLA (b) ; Arthur MOTTA (dm). BRUXELLES/ BRUSSELS, fin/late Nov. 1948 (Concert - Théâtre des Galeries).
   Mêmes formation, lieu et date que pour 1 à 7 / Personnel, place and date as for 1 to 7. Moins/minus ROSTAING.
9 à/to 21    DJANGO REINHARDT & STÉPHANE GRAPPELLI à ROME / ROME SESSIONS    
Stéphane GRAPPELLI (vln) ; Gianni SAFRED (p) Django REINHARDT (g solo) Carlo PECORI (b) ; Aurelio de CAROLIS (dm). ROME, janvier-février/January-February 1949 (Studios de la radio natio­nale italienne / National Italien Radio Studios).  

REMERCIEMENTS     
Toujours les mêmes folles et fous, plus un petit nouveau inattendu pour cette seizième partie de l'Intégrale : Jean-Claude ALEXANDRE, Alain ANTONIETTO, Jean-Christophe AVERTY, Olivier BRARD, Dominique CRAVIC, Christian DANGLETERRE, Irakli de DAVRICHEWY (le petit nouveau !), Ate van DELDEN, Alain DÉLOT, Ivan DÉPUTIER, Yvonne DERUDDER, Iwan FRESART, Freddy HAEDERLI, Pierre LAFARGUE, Anne LEGRAND, Jacques LUBIN, Jean PORTIER, Anne SÉCHERET... Sans oublier ceux que l'on n'oubliera pas : Charles DELAUNAY, Gérard GAZÈRES, Marcelle HERVÉ, Robert PERNET, René RAMEL, Didier ROUSSIN. Tous nos remerciements aussi à l'Institut de l'Audiovisuel (INA) pour avoir retrouvé la première émission de "JAZZ PARADE", d'octobre 1948.

CD INTÉGRALE DJANGO REINHARDT “FESTIVAL 48”  16 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 DAPHNE - REINHARDT04'29
02 MANOIR DE MES REVES - REINHARDT04'29
03 DANSE NUPTIALE (MOPPIN THE BRIDE) - REINHARDT02'38
04 CRAZY RYTHM - REINHARDT02'58
05 TIGER RAG (INCOMPLETE VERSION) - REINHARDT02'41
06 NIGHT AND DAY - REINHARDT02'54
07 CONFESSIN - REINHARDT02'57
08 ANNONCE ANNOUNCEMENT AND SWING 42 - REINHARDT02'38
09 NUAGES - REINHARDT01'54
10 MIKE - REINHARDT02'50
11 OH LADY BE GOOD - REINHARDT02'58
12 FESTIVAL 48 - REINHARDT02'41
13 FANTAISIE - REINHARDT02'56
14 BRICKTOP - REINHARDT03'09
15 JUST FOR FUN - REINHARDT03'09
16 TO EACH HIS OWN - REINHARDT03'06
17 ODETTE - REINHARDT02'06
18 PRESENTATION ANNOUNCEMENT GEORGE BAUME AND CHARLES - REINHARDT02'58
19 DIMINUTION (DIMINISHING) - REINHARDT04'00
20 FESTIVAL 48 - REINHARDT02'11
CD 2
01 MOPPIN THE BRIDE (DANSE NUPTIALE) - REINHARDT02'14
02 BOLERO - REINHARDT04'09
03 CADILLAC SLIM - REINHARDT02'56
04 NUAGES - REINHARDT03'50
05 IMPROVISATION SUR UNE DANSE NORVEGIENNE - REINHARDT02'38
06 FESTIVAL 48 - REINHARDT01'54
07 MINOR SWING - REINHARDT02'26
08 SYMPHONIE - REINHARDT01'38
09 OVER THE RAINBOW - REINHARDT02'43
10 NIGHT AND DAY - REINHARDT03'05
11 MINOR BLUES - REINHARDT02'45
12 NATURE BOY - REINHARDT03'34
13 THE WORLD IS WAITING FOR THE SUNRISE - REINHARDT02'48
14 VOUS QUI PASSEZ SANS ME VOIR - REINHARDT02'51
15 HALLELUJAH - REINHARDT03'06
16 NAGASAKI - REINHARDT02'52
17 I LL NEVER BE THE SAME - REINHARDT03'58
18 SWING 39 - REINHARDT03'14
19 CLOPIN CLOPANT - REINHARDT03'06
20 HONEYSUCKLE ROSE - REINHARDT04'02
21 ALL THE THINGS YOU ARE - REINHARDT02'51
"Intégrale Django Reinhardt Vol. 16" par Vintage Guitar Magazine

"If you’re a fan of Django,you’ll want to collect this whole set. If you have merely a passing interest in his pioneering guitarwork, this is a great addition to your library, covering a variety of his most ambitious recordings." M.D. - VINTAGE GUITAR MAGAZINE (USA)

 “The ongoing effort by France’s Frémeaux label and discographer Daniel Nevers to document Django Reinhardt’s complete oeuvre of recordings has reached volume 16. This two-CD set of 41 tracks chronicles just a portion of Django’s work in 1948 alone. It’s a Herculean task that has rewarded fans with numerous rare, obscure, and unreleased recordings. Festival 48 is a jewel in the collection. It continues to document Django and Quintette du Hot Club de France’s various recordings for French radio, cuts that display a freedom of improvisation unhampered by strict recording studio arrangements. These are followed by nine surviving tracks from the historic 1948 Nice Jazz Festival – the world’s first jazz festival, where Django shared billing with Louis Armstrong, Earl Hines, Rex Stewart, and others. Also included is the 1948 Quintette concert in Bruxelles, recorded by Django and clarinetist Hubert Rostaing on their private tape recorder. Most importantly, there are two newly discovered tracks from a radio concert by Rostaing’s Sextette with Django. The collection ends with 13 tracks from the famed Rome sessions, which should fill out the forthcoming Volume 17 as well. If you’re a fan of Django,you’ll want to collect this whole set. If you have merely a passing interest in his pioneering guitarwork, this is a great addition to your library, covering a variety of his most ambitious recordings.” M.D. - VINTAGE GUITAR MAGAZINE (USA)