ROCK N’ROLL VOL 2

1938-1946

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Livret : 40 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA352

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Si le Rock n’ Roll peut sembler naître au milieu des années 50, il aura eu une très longue gestation. Ce second volume des Roots of Rock n’Roll couvre la période de 1938 à 1946. La généralisation du Boogie Woogie, les bouleversements de la société américaine dus à la guerre, les transformations de l’industrie du disque modifient profondément les musiques sudistes et leur assurent une vaste popularité au-delà de ses limites traditionnelles. L’Amérique de cette époque-charnière bouge et wouge partout d’une façon qui est très proche de ce que l’on appellera Rock n’ Roll. Cette anthologie réalisée par Francois Jouffa (spécialiste national du rock) avec le concours de Gérard Herzhaft (historien du blues) propose un voyage sonore original aux sources de la musique du XXe siècle.
Patrick Frémeaux

Frémeaux & Associates is the french label's take on the immediate forerunners of amercan rock, music in the southern tradition introduced through various media to be "discovered" by northerners and christened "rock'n'roll". (...) It would take the french, with their superiour sense of cultural history, to unearth our own music for us.
Dirty Linen - USA

Au travers de la démarche historiographique du label français Frémeaux & Associés, on peut constater que les français, avec leur sacralisation du patrimoine historique font un travail d'exhumation de notre propre musique à notre attention.
Dirty Linen - USA

Sans aucun doute, la collection non seulement la plus pédagogique pour comprendre la naissance du Rock n'roll mais aussi en sens inverse, celle qui permet aux nouvelles générations d'embrasser et d'aimer le blues, le gospel, le Rythm n' blues et la country.
Les Inrockuptibles

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini."
ROOTS OF ROCK N’ ROLL 1938-1946

ROOTS OF ROCK N’ ROLL 1938-1946
Vol. 2










Shelton Brothers • Casey Bill Weldon • Big Joe Turner & Pete Johnson • Claude Casey & Pine State Playboys • Albert Ammons • Radio Cow Boys • Adolph Hofner • Moon Mullican • Gene Autry • Big Bill Broonzy • Washboard Sam • Ernest Tubb • Jazz Gillum • Wynonie Harris • Louis Jordan • Bob Wills • Bill Monroe • Clyde Moody • T-Bone Walker • Champion jack Dupree • Arthur Smith • Roy Milton • Delmore Brothers • Armstrong Twins • Hank Penny • Merle Travis • Spade Cooley • Tex Williams • Arthur Crudup • Amos Milburn • Peggy Lee.

La naissance du Rock’n’Roll est généralement située en 1954. Bill Haley, Elvis Presley ou Carl Perkins étant considérés comme les premiers “rejetons” de la décennie Rock’n’Roll. Mais cette période correspond bien davantage à un changement de mentalité de l’Amérique, notamment dans ses rapports avec la jeunesse de l’après-guerre, à une reconnaissance nationale (les Nordistes américains) puis internationale de la musique du Sud des Etats Unis qu’à la création d’une forme de musique véritablement nouvelle.En tout cas, si le Rock’n’Roll peut -pour des observateurs extérieurs au monde sudiste- sembler naître au milieu des années 50, il aura eu une très longue gestation. De nombreux frères aînés aux vagissements rockants et rollants sont sortis de la même matrice qui annoncent le fils prodigue. Et on peut sans difficulté déceler les premiers coups de pied rythmés dans le ventre de leur terre nourricière aux tout débuts des enregistrements de musique sudiste. Le premier volume de ces Roots of Rock’n’Roll nous faisait revivre cette préhistoire de la musique populaire du XXème siècle.Dans ce second coffret qui nous emmène de 1938 à 1946, la généralisation du boogie-woogie, les bouleversements de la société américaine durant la guerre, les transformations de l’industrie du disque après le conflit induisent des modifications profondes dans les musiques sudistes et une popularité de plus en plus vaste au-delà de ses frontières géographiques et ethniques. L’Amérique de cette époque charnière bouge et wooge partout d’une façon qui est très proche de ce que l’on appellera Rock’n’Roll.

LA FOLIE DU BOOGIE WOOGIE
Si le boogie-woogie était certainement présent depuis longtemps chez les musiciens noirs, notamment à La Nouvelle-Orléans, il n’est devenu un genre national qu’après la reprise du Pinetop’s boogie woogie par Cleo Brown en 1935 et surtout par le chef d’orchestre blanc Tommy Dorsey en 1938. Un succès gigantesque, ce Boogie woogie prend l’allure d’une tornade frénétique dans toutes les salles de bal de l’Amérique, du Sud au Nord, du bar du ghetto aux clubs huppés jouxtant Park Avenue et jusqu’au Carnegie Hall où certains des meilleurs pianistes noirs de l’époque apparaissent le 23 décembre 1938 durant le célèbre concert “Spirituals to Swing”, organisé par John Hammond.Cette manifestation est, pour l’époque, extrêmement audacieuse puisqu’elle présente pour la première fois des artistes noirs, jazz, spirituals et blues réunis, à un public blanc nordiste New Yorkais. Au delà de l’événement musical lui-même, “Spirituals to Swing” apparaît comme une étape importante du mouvement qui mènera l’Amérique à faire du Rock’n’Roll sa musique. Des musiciens noirs swinguant sur la scène du Carnegie Hall, le temple de la “Musique”...Le public nordiste découvre que Tommy Dorsey n’est pas le seul à faire danser le boogie woogie... Et peut-être même que ces pianistes qui se produisent en un trio torrentiel, Albert Ammons, Pete Johnson, Meade Lux Lewis jouaient le boogie woogie avant Dorsey ! Et puis, Joe Turner, ce gros bonhomme avec une toute petite tête et une voix de stentor qui “hurle” son blues au-dessus des basses roulantes des pianistes, il a appris à faire cela dans le bar de Kansas City où il était serveur !

La folie du boogie woogie est telle que, bientôt, tous les orchestres de quelque genre que ce soit le pratiquent. Au moins quelques morceaux dans une soirée. Quelques faces de 78t. C’est bien sûr le cas des spécialistes que sont Albert Ammons dont on peut admirer le toucher puissant sur Shout for joy, de Pete Johnson en compagnie du grand Big Joe Turner, sur Baby look at you et Roll’em Pete, deux morceaux qui apparaissent comme des ancêtres directs du futur Rock’n’Roll urbain. Le blues, en tant que musique est évidemment très proche du boogie woogie. Mais en tant que genre, il n’a été que très peu investi par cette forme stylistique. Il faut en fait attendre 1934 que les frères Mc Coy avec leur Baltimore blues (cf Blues 36 chefs d’oeuvre FA 036) puis Johnnie Temple et Robert Johnson quelques années plus tard introduisent les basses marchantes dérivées du boogie woogie à la guitare dans leur blues ! C’est avec hésitation et parcimonie que le blues se met à cette mode: Washboard Sam ici et là, un brin de Jazz Gillum. Et même si Big Bill Broonzy avec son Rockin’ chair blues préfigure le célèbre Rock me baby, le blues semble avoir peur de perdre sa spécificité en y introduisant par trop la frénésie du boogie woogie.C’est, par contre, sans se forcer que les groupes de Western Swing continuent leur propre forme de boogie woogie, eux qui l’ont pratiqué depuis les débuts. Les musiciens hillbillies intègrent ce genre (et tous les genres de musique noire d’ailleurs) à leur musique et à leur façon et ne le copient certainement pas. Le pianiste Willie Coates, au sein de l’orchestre de Claude Casey; les Shelton Brothers (leur Aura Lee est une épreuve du futur Love me tender et On the hoot-owl trail est une délicieuse pièce qui annonce le hillbilly-boogie); les Radio Cow-Boys; Adolph Hofner qui transforme un vieux folksong Joe Turner blues (rien à voir avec Big Joe Turner) en un excellent boogie, Moon Mullican... adaptent le boogie woogie à la musique Country. Ils sont nettement à l’origine du futur Rockabilly.

LE CHOC DE LA GUERRE : LES SUDISTES S’INSTALLENT AU NORD
L’attaque japonaise sur Pearl Harbour le 7 décembre 1941 prend l’Amérique de court. Les Etats Unis sont précipités dans un conflit mondial malgré eux et dans une situation d’impréparation étonnante. Il faut brutalement mettre en marche une industrie de guerre. Les usines des grands centres urbains du Nord ont soudain besoin d’une énorme masse de main d’oeuvre qu’elles ne peuvent plus trouver dans l’immigration européenne ou asiatique. Il ne reste que le Sud. Un monde qui vit encore dans le souvenir de la gloire de ses plantations et de la suprématie blanche mais qui est rongé par la misère due aux aléas de la monoculture du coton et par une ségrégation odieuse et absurde qui empêche toute modernisation réelle. Partir vers les grandes villes du Nord comme Chicago ou Detroit devient le lot d’au moins un membre de chaque famille sudiste quand ce n’est pas de familles entières. L’attrait de cette formidable migration confine au rêve, particulièrement pour les Noirs qui voient dans ce franchissement de la “ligne” (la Mason-Dixon line qui sépare les Etats ségrégationnistes des autres) l’espoir d’une nouvelle vie dans un nouveau monde plus juste et plus prospère. Sweet home Chicago... mais aussi Detroit, Cleveland, Cincinnati, New York, Philadelphie, Albany...La réalité qui les attend est infiniment moins dorée. Les Sudistes trouvent le lot habituel des difficultés auxquelles sont confrontées tous les migrants: mépris des Yankees pour ces “péquenots” hillbillies, ghettos pour les Noirs, salaires corrects certes mais cadences infernales d’usines bien loin des travaux de plein air, climat détestable, difficultés de logement, séparation d’avec les familles... Le Sud Profond s’installe dans les villes Yankees avec des dollars en poche mais un formidable vague à l’âme. “Booze and the blues”, alcool et cafard constituent le lot de ces sudistes déracinés qui trempent leur nostalgie dans le whiskey des petits bars de voisinage, bouges plus ou moins mal famés, Honky Tonks mal éclairés de lumières tamisées, peuplés de prostituées à l’affût du travailleur solitaire qui vient d’être payé. Tout cela est animé par de petits orchestres qui se serrent sur une scène minuscule en distillant des versions modernisées, électrifiées, avec une batterie et une basse des musiques du “pays”... Blues électrique orchestral pour les Noirs, Honky Tonk music pour les Blancs... Born to lose de Ted Daffan, un vétéran des orchestres de Western Swing, sera en 1942, une sorte d’hymne national des migrants sudistes déracinés dans un Nord qu’ils n’aiment pas.

Après Pearl Harbour, les Etats Unis se retrouvent désarmés face à l’armada japonaise qui menace les côtes californiennes durant l’hiver 1942, allant même jusqu’à envoyer quelques bombes sur Seattle et Portland. Il faut absolument et rapidement reconstituer la flotte américaine afin de faire face à cette menace pressante sur le Pacifique. Pour ce faire, les Etats Unis échafaudent de gigantesques chantiers navals dans la région de San Francisco et Los Angeles. Mais la Californie est très peu peuplée et sa traditionnelle immigration chinoise est complètement tarie par l’occupation de l’Asie par les Japonais. Il ne reste que la solution, là aussi, d’une migration sudiste. Mais aller en Californie en hiver depuis le Mississippi est impossible : les Montagnes Rocheuses constituent à l’époque une barrière infranchissable. La Californie attire alors essentiellement des travailleurs originaires du Texas, de l’Oklahoma ou de l’Ouest de la Louisiane qui gagnent les chantiers navals via le chemin de fer de Santa Fe, une ancienne ligne qui décrivait les villes minières abandonnées de l’Arizona et du Nouveau Mexique.Le prolétariat californien est ainsi surtout texan, Blancs et Noirs. Il trouve une musique de cabarets hollywoodiens à laquelle il s’adapte et qu’il adapte à sa sensibilité. Très vite, le blues texan qui n’a pas tant évolué depuis Blind Lemon Jefferson s’installe et se transforme au sein d’orchestres venus du jazz et dominés par des cuivres (représenté ici par T-Bone boogie). Alors que les orchestres de Western Swing suivent leur clientèle et deviennent californiens voire hollywoodiens !

Cette migration massive de sudistes vers le Nord et vers l’Ouest crée aussi un marché local pour les traditions musicales de ces transplantés. Des radios émettent à destination de ces immigrants et diffusent du blues, du Rhythm & Blues et de la Country Music. Les grandes compagnies sont incapables de saisir l’ampleur et l’intérêt de ce nouveau marché et l’immédiate après-guerre voit l’émergence de multiples petites compagnies indépendantes (dont certaines seront tenues - fait nouveau et véritable révolution - par des hillbillies et même par des Noirs). Elles sortent des disques de nouveaux artistes à destination avant tout de ce prolétariat d’immigrés sudistes qui constitue un public important à niveau de vie relativement conséquent.

RHYTHM & BLUES ET HONKY TONK
La guerre et les transformations sociales qui l’ont accompagnée ont eu des conséquences considérables sur les scènes musicales américaines. Les “nouveaux Noirs” que décrit Alain Tomas (Roots of Rhythm & Blues FA 050) affichent désormais un désir de “réussite urbaine” plus marqué que jamais qui va s’exprimer dans l’émergence du Rhythm & Blues, une formule d’abord dérivée des grands orchestres de New Orleans et de Swing et préfigurée dès 1936 par les Harlem Hamfats à Chicago. Accents impeccables, voix travaillées, musiciens professionnels venus presque tous du jazz, le Rhythm & Blues délivre du blues et des boogies mais avec les manières et les apparences d’une “classe” sociale aux antipodes de son cousin le blues, un genre qui fait vibrer les ghettos délabrés et les campagnes reculées. Les “idoles” des Noirs de toute l’Amérique sont alors bien davantage Louis Jordan, Big Joe Turner, Roy Milton ou Amos Milburn que Muddy Waters et Howlin’ Wolf quel que soit le statut de ces artistes dans leurs ghettos.A ces “nouveaux Noirs”, il faut associer les “nouveaux Blancs”, ces sudistes déracinés qui , par nécessité, s’installent dans les grands centres urbains. Migrants durant la guerre, GI’s fraîchement démobilisés qui rentrent chez eux pour trouver un monde misérable, une ferme délabrée, souvent une femme qui, laissée au pays, s’est consolée avec un autre, ou bien a pris les commandes du petit lopin de terre et qui encourage son conjoint à ramener de l’argent même, s’il le faut, en allant travailler en usine à Chicago ou à Detroit...Sociologiquement, le Honky Tonk - la nouvelle Country Music d’alors - correspond pour les Sudistes blancs au Rhythm & Blues des Noirs.

Il provient aussi des mêmes conséquences économiques. Les grands orchestres de Swing qui faisaient fureur avant la guerre ne sont plus gérables: concurrence des juke-boxes, restriction de l’essence pour le déplacement de 50 à 80 musiciens !, exigences syndicales des musiciens, conscription qui décime les orchestres. Ces grandes formations laissent progressivement place aux groupes de Rhythm & Blues, ramassés autour de leurs cuivres. Le phénomène est exactement le même pour les orchestres de Western Swing.Si certains grands orchestres de Western Swing continuent en Californie avec peu de changements (du moins dans la formule) jusqu’à la fin des années 40, en se produisant dans les Westerns de série B et dans les réceptions du Tout-Hollywood, la plupart d’entre eux rétrécissent, durcissent la section rythmique et deviennent progressivement des groupes de Honky Tonk, un genre tout d’abord texan, crée par des transfuges du Western Swing comme Moon Mullican, Hank Penny, Floyd Tillman... Et Ernest Tubb, considéré généralement comme le “père du Honky Tonk”. Cette musique parle de désillusion, de bouges où l’on sirote son whiskey, de filles d’un soir, d’adultère et de divorce avec une présence affirmée des guitares électriques et du rythme, des voix mourantes, des restes de yodel et des coups de gorge caractéristiques d’un style qui aujourd’hui encore incarne le coeur même de la Country Music. Ballades, boogies, blues... la Country Music de l’après-guerre fait swinguer les petits bars, les ouvriers déracinés, les femmes seules, veuves de guerre ou divorcées, les routiers, modernes cow boys de l’Amérique profonde. Et les orchestres de faire danser sur un slow incroyablement nostalgique et bluesy puis sur un boogie woogie qui, avec l’orchestration réduite du Honky Tonk et la prééminence de la guitare électrique, prend de plus en plus les allures du futur Rockabilly.

LE COUNTRY BOOGIE
Si le boogie woogie a été pratiqué dès les débuts par les groupes de Western Swing, il devient à la fin de la guerre un genre véritable à l’intérieur de la Country Music. Il correspond bien entendu à la vogue du boogie qui continue de plus belle au moment de la démobilisation et de la frénésie de sortir et de s’amuser qui accompagne la victoire. Il marque aussi le triomphe de l’influence du Western Swing sur toute la Country Music des années 40, y compris dans les bastions de la tradition appalachienne (on peut ici entendre Bill Monroe swinguer en diable sur Rocky road blues que reprendra Gene Vincent). Il coïncide aussi avec l’affirmation de la guitare électrique comme nouvel instrument-leader de la Country Music.Comme nous l’avons vu dans le volume 1 de ces Roots of Rock’n’Roll, les guitaristes de Country Music sont depuis le Western Swing très influencés par les guitaristes de jazz, d’ Eddie Lang à Django Reinhardt puis George Barnes et dans une certaine mesure aussi par Slim Gaillard et Charlie Christian. Dans les Appalaches, ils marient souvent la technique de ces jazzmen avec celle des guitaristes locaux de blues (Blind Boy Fuller, Josh White) ou de la tradition hillbilly (Ike Everly -le père des Everly Brothers -, Moses Rager, Sam Mc Gee) qui utilisent tous le fingerpicking, une technique particulière sans doute une adaptation à la guitare du jeu de banjo à trois doigts.

Arthur Smith obtient en 1945-46 un grand succès avec son remarquable Guitar boogie qui est devenu, au fil des ans, un “classique parmi les classiques”. Les Delmore Brothers suivent de très près avec leur Hillbilly boogie, une pièce qui préfigure très exactement le Rockabilly et pour laquelle ils sont associés au grand guitariste Merle Travis. Originaire du Kentucky minier, Travis a mis au point une technique de guitare à deux doigts extrêmement originale, véloce, précise et swinguante qui est encore aujourd’hui connue sous le nom de “Travis picking”. Merle gagne la Californie durant l’année 45 et s’y impose très rapidement comme un des nouveaux leaders du Honky Tonk avec des pièces pleines d’humour et de rythme comme Cincinnati Lou. Il sera durant l’âge d’or du Rock’n’Roll un des guitaristes de studio les plus prisés des vedettes du genre.Mais les traditions musicales sudistes (ce sentiment bluesy et solitaire, cette paresse alanguie du rythme quel qu’en soit le tempo) commencent à séduire aussi des crooners yankees comme Bing Crosby ou Frankie Laine qui reprennent et arrangent les succès de genres classés en Top 40 de Rhythm & Blues ou de Country and Western, termes qui remplacent après la guerre ceux de “Race” ou “Hillbilly” jugés par trop méprisants. Peggy Lee, une chanteuse entre Variétés et Jazz, obtient plusieurs succès avec des versions hollywoodiennes de blues ou de Rhythm & Blues ou avec des compositions originales comme Everything’s moving too fast.En 1946, les musiques sudistes ne sont pas encore celles de l’Amérique tout entière mais elles font danser de plus en plus d’Américains. Le phénomène qui culminera dix ans plus tard avec le début des “Années Rock’n’Roll” est en route.   
Gérard Herzhaft
© Frémeaux et Associés SA - 1997

LES ARTISTES
Albert AMMONS : Ce formidable pianiste de boogie woogie (1907-1949) était chauffeur de taxi dans son Chicago natal tout en émargeant à divers groupes de jazz avant que sa participation au Spirituals to Swing du Carnegie Hall en décembre 1938 lui permette d’entamer une véritable carrière de musicien professionnel avec des engagements fréquents dans des clubs huppés fréquentés par des Blancs. Malgré des problèmes de santé, il joue et enregistre jusqu’à sa mort une oeuvre particulièrement endiablée bien représentée ici par le bien nommé Shout for joy, tout un programme!

ARMSTRONG TWINS : On ne sait pas grand-chose des frères Floyd (le guitariste) et Lloyd (le mandoliniste) Armstrong, sans doute originaires de Little Rock (Arkansas) mais qui ont gagné durant la guerre la Californie et animé les programmes musicaux de stations évangéliques! Ils laissent une petite oeuvre qui renvoie souvent aux grandes heures des duos vocaux appalachiens d’avant-guerre mais parsemés de boogies fleurant bon la campagne comme ce délicieux Mandolin boogie.

Gene AUTRY : Né en 1907, Gene Autry est le plus célèbre des cow boys chantants d’Hollywood, jouant (et chantant) dans des centaines de films. Il a conçu un petit modèle de guitare bon marché qui, vendu par correspondance, a fait plus que tout autre pour la popularisation de cet instrument. Il a aussi enregistré des centaines de disques, dans tous les styles de l’époque depuis des imitations de Jimmie Rodgers à des pièces fleurant bon le Western Swing et des ballades pop quelque peu désuètes. Sa version de Blueberry Hill  date de 1940 et sera un de ses très grands succès, inspirant Fats Domino.

Big Bill BROONZY : La vie et la carrière de Big Bill Broonzy (1893-1958) ont été maintes fois décrites (cf Big Bill Broonzy FA 252). Un des concepteurs du Chicago blues d’avant-guerre, Broonzy est aussi un des tout premiers bluesmen à se produire pour des auditoires nordistes (au concert Spirituals to Swing de 1938) et européens au début des années 50. A cet égard, son rôle dans la reconnaissance internationale du blues a été très important. Durant toute sa carrière, Big Bill a toujours développé un sens aigu du swing dans son jeu de guitare bien qu’il n’ait jamais véritablement enregistré de boogie-woogies. Rocking chair blues est la toute première version enregistrée (et sans doute une composition de Broonzy) du célèbre Rock me baby que reprendront Arthur Crudup, Lil’Son Jackson et B.B. King avant des dizaines d’autres.

Claude CASEY : On connaît fort peu Claude Casey et son orchestre les Pine State Playboys. Malgré leur nom (dérivé des Texas Playboys de Bob Wills), les Pine State Playboys proviennent de Caroline du Nord et ont diffusé leur musique à partir de la station de radio WBT de Charlotte. Un des tout premiers orchestres du Sud Est à s’inspirer ouvertement du Western Swing, les Pine State Playboys présentent un personnel particulièrement brillant avec le fiddler Jimmy Rouse (le fils du célèbre Ervin Rouse compositeur de Orange blossom special) et le superbe pianiste Willie Coates, particulièrement brillant sur Pine State Honky Tonk présenté ici et qui date de 1938!

Spade COOLEY : Né en 1910, Donnell Clyde Cooley est originaire d’une réserve Cherokee de l’Oklahoma. Ses parents musiciens l’encouragent dans cette voie. Il fréquente une école de musique classique et apprend le violon et le violoncelle. Mais c’est avec un fiddle à la main qu’il gagne Hollywood dès 1934 afin de figurer dans les Westerns musicaux qui sont alors à la mode. Devenu Spade (pour son immanquable main à pique au poker), Cooley est engagé dès 1937 par Republic Pictures comme “doublure” de Roy Rogers. Il participe au grand orchestre de Western Swing de Jimmy Wakely avant de former le sien et d’obtenir de formidables succès commerciaux à partir de 1944 (Shame on you, Detour). Spade Cooley s’impose à la fin de la guerre comme le “Roi” du nouveau Western Swing, supplantant en popularité Bob Wills, avec une musique aux arrangements orchestraux très travaillés et une propension à la Pop hollywoodienne parfois sucrée à l’excès. Mais il laisse une oeuvre souvent extrêmement brillante et enlevée comme on peut en juger ici avec Oklahoma stomp et Three way boogie. Un alcoolique notoire, Spade a terminé sa vie en prison (1969) après avoir assassiné sa femme Ella Mae qu’il soupçonnait d’avoir une liaison avec ... Roy Rogers!

Arthur CRUDUP : Le bluesman du Delta Arthur “Big Boy” Crudup (1905-1974) a été parfois surnommé le “Père du Rock’n’Roll” parce que Elvis Presley a obtenu son tout premier succès en reprenant et adaptant son That’s all right mama que nous présentons dans ce coffret. Presley a déclaré avoir calqué une partie de son jeu de scène sur la manière qu’avait Crudup d’animer les juke-joints noirs. L’oeuvre d’Arthur Crudup, copieuse et quelque peu monotone, contient une tentative originale d’orchestrer le Delta blues, très différente de ce que feront les groupes de Chicago. L’ interaction très soudée de la guitare uniquement rythmique, de la batterie et de la contrebasse évoque effectivement en partie le futur son des disques Sun.

DELMORE BROTHERS : Les frères Alton (1908-1964) et Rabon (1916-1952) Delmore, originaires de l’Alabama ont commencé dans les années 30 une carrière musicale prolifique dans un style de duo appalachien mais marqué par la conjonction subtile de leurs deux guitares (l’une standard, l’autre à quatre cordes) et leur goût prononcé pour le blues. Ils obtiennent de nombreux succès avant la guerre (Brown’s ferry blues : cf Country, 1927-42 FA 015) . Mais, à partir de 1944, ils s’imposent encore davantage en élargissant leur formation dans le genre Country boogie avec des pièces comme Hillbilly boogie (en compagnie de Merle Travis) ou Boogie woogie baby (avec l’aide de Jethro Burns, un des grands guitaristes-mandolinistes de Nashville) qui préfigurent très exactement et dix ans en avance le Rockabilly.

Champion Jack DUPREE : Le pianiste et chanteur de la Nouvelle Orléans, Champion Jack Dupree (1910-1992) a développé une longue carrière musicale après une courte expérience de boxeur. Son style marqué d’abord par Leroy Carr puis de plus en plus personnel a joué un rôle rarement crédité mais relativement important dans l’élaboration du jeu de piano de la Nouvelle Orléans qui culminera avec Professor Longhair et Fats Domino. Dupree a enregistré nombre de chefs d’oeuvre, blues sombres et boogies endiablés comme ce Let’s have a ball, enregistré à New York en compagnie de Brownie Mc Ghee.

Jazz GILLUM : L’harmoniciste et chanteur du Mississippi Jazz Gillum (1904-1964) a été un des grands concepteurs du Chicago blues orchestral d’avant-guerre. Il a enregistré une oeuvre copieuse et de haut niveau qui comprend quelques pièces rapides et débridées comme ce Tell me mama que reprendra Little Walter et où brille la guitare swinguante de Big Bill Broonzy.

Wynonie HARRIS : Un des meilleurs “blues shouters” (hurleurs de blues) des années 40, Wynonie Harris du Rhythm & Blues une approche moderne et novatrice du boogie woogie qui annonce nettement le Rock’n’Roll urbain d’un Bill Haley ou d’un Little Richard. Mais, comme la plupart des autres vedettes du Rhythm & Blues, il ne réussira pas à profiter de l’âge d’or du Rock’n’Roll et disparaîtra progressivement de la scène musicale.

Adolph HOFNER : Le chef d’orchestre texan Adolph Hofner (1916) a été un des plus brillants représentants du Western Swing. Il ajoutait aux ingrédients habituels du genre plus qu’une touche de musique bohémienne, l’origine des parents Hofner, enregistrant même des pièces de Country Music en tchèque! Il a joué un rôle important avant la guerre, installant la polka dans le Swing (une pratique qui deviendra habituelle chez des orchestres comme ceux de Spade Cooley ou Tex Williams) et enregistrant une quantité de titres à l’entrain contagieux comme ce Joe Turner blues, un très ancien folksong transformé ici en boogie woogie.

Pete JOHNSON : Peut-être le plus remarquable pianiste noir de boogie woogie, Pete Johnson (1904-1967) est originaire de Kansas City, une ville-charnière entre Sud et Nord, Est et Ouest. Lui aussi a connu une décennie de gloire et de prospérité après son apparition au concert Spirituals to Swing de 1938 en compagnie de Big Joe Turner. Il laisse une masse impressionnante de chefs d’oeuvre (cf Boogie woogie piano FA 036). On le trouve dans ce coffret derrière Big Joe Turner sur les célèbres Roll’em Pete et Baby look at you.

Louis JORDAN : Ce saxophoniste et chanteur né dans l’Arkansas (1908-1975) passe pour être le principal concepteur du Rhythm & Blues, quittant le grand orchestre de Chick Webb pour former son Tympany Five en 1938, un ensemble resserré autour de son leader et qui pratique blues et boogies pour la plus grande joie de l’Amérique qui danse. Un formidable showman, Louis Jordan est le compositeur de plusieurs “classiques” du Rock’n’Roll dont Choo choo ch’boogie et Caldonia qui seront repris par Bill Haley et Carl Perkins.

Peggy LEE : Née Norma Deloris Egstrom en 1920, Peggy Lee a baigné toute son enfance à l’écoute des grands orchestres et des chanteuses de jazz (Maxine Sullivan est son modèle). Elle décide dès 14 ans de se lancer dans le show business. En 1937, elle part tenter sa chance à Los Angeles et se produit dans les clubs de Hollywood où son physique avantageux, sa voix nasale et d’apparence détachée, son feeling attirent vite l’attention. Elle est engagée par Benny Goodman en 1941 en remplacement de Helen Forrest. Elle obtient un formidable succès avec Goodman pour son interprétation de Why don’t you do right? en 1942. Peggy tente alors une carrière en vedette, encouragée par son mari le guitariste David Barbour. Peggy Lee signe chez Capitol en 1945, le début d’une longue et fructueuse collaboration. Bien que son sens du swing n’aille qu’exceptionnellement jusqu’au Rock’n’Roll, Peggy Lee sera pendant longtemps une des rares chanteuses non-sudistes réellement convaincante dans les blues et les boogies. Et sa superbe interprétation de Fever demeure un classique de l’ère du Rock’n’Roll. Everything’s moving too fast, un blues original du couple Barbour/Lee sur les modifications rapides de l’Amérique d’après guerre, restera quelques semaines dans le Top 40 national. C’est, sauf erreur, le tout premier blues composé et interprété par un artiste nordiste de Variétés.

Amos MILBURN : Une des très grandes vedettes noires de l’après-guerre, Amos Milburn (1926-1980) a enregistré quantité de chefs d’oeuvre dont une grande partie de formidables boogies. Le toucher traditionnel des pianistes de barrelhouse de son Texas natal dont il est le digne héritier apporte une note originale à un genre qui avait tendance alors à devenir une simple copie des Pete Johnson/Albert Ammons. Down the road apiece que Chuck Berry portera dans les Hit Parades est un tour de force pianistique particulièrement impressionnant.


Roy MILTON : Ce chanteur et batteur originaire de l’Oklahoma (1908-1983) est aussi un des pionniers du Rhythm & Blues, quittant le grand orchestre du tromboniste Ernie Fields en 1938 pour fonder ses Solid Senders avec lesquels il enregistre une oeuvre copieuse, remplie de boogies comme le célèbre Milton’s boogie dans lequel brille la pianiste Camille Howard.

Bill MONROE : Le père du Bluegrass (1911-1996) a été présent jusqu’à sa mort sur les scènes des festivals et dans les studios! Sa carrière de musicien professionnel remonte à 1936 lorsqu’il forme avec son frère, le guitariste Charlie Monroe un duo montagnard harmonies vocales/guitare-mandoline qui se distingue de ses concurrents par un sens aigu du swing et un son fortement bluesy (cf Country, 1927-42 FA015; Folksongs FA 047; Country Gospel FA 055). En 1941, Bill se sépare de Charlie pour créer un nouveau type d’orchestre appalachien, tout acoustique et s’inspirant nettement du Western Swing : le Bluegrass. Le Rocky road blues que nous proposons dans ce coffret date de 1945 et annonce le Rockabilly avec même un solo de slap bass. Blue moon of Kentucky, une composition de Bill Monroe sera d’ailleurs un des tout premiers titres enregistrés par Elvis Presley pour Sun en 1954.

Clyde MOODY : La carrière du chanteur-guitariste Clyde Leonard Moody (1915-1989), né en Caroline du Nord, remonte aux années 30 lorsqu’il enregistre avec le string-band du légendaire Wade Mainer. Leur Sparkling blue-eyes est un énorme succès en 1938. Moody est auprès de Bill Monroe dans la toute première version des Bluegrass Boys (1941-45). Puis il entame une carrière en vedette, devenant un des favoris du Grand Ole Opry et enregistrant prolifiquement pour Columbia, Bullet, King, Decca, Starday. Ses compositions sont souvent extrêmement bluesy et rythmées comme Two-timin’ blues que nous proposons ici.

Moon MULLICAN : Aubrey “Moon” Mullican (1909-1967) a été un des principaux concepteurs du Honky Tonk puis du Country boogie. Ce texan commence sa carrière durant les années 30 au sein de plusieurs groupes de Western Swing, notamment les Modern Mountaineers (Pipeliner’s blues a été enregistré dans ce contexte), participe à l’élection de Jimmie Davis comme gouverneur de la Louisiane en accompagnant le candidat-chanteur! Puis il entame une carrière en vedette pour le label King. Son jeu de piano extrêmement puissant et balançant (pumping piano) a été la source d’influence essentielle d’innombrables pianistes de Rock’n’Roll dont Jerry Lee Lewis, Roy Hall, Merrill Moore, Floyd Cramer et, même, Little Richard. Nombre de ses compositions (pleines d’humour et de verve) ont été reprises par quantités d’artistes de Country ou de Rhythm & Blues. Moon, un précurseur immédiat du Rock’n’Roll, a réussi - malgré l’handicap de son âge - à émarger à ce courant dans les années 50, obtenant plusieurs succès comme le dévastateur Seven nights to rock.

Hank PENNY : Hank (1918) est un des rares leaders du Western Swing à ne pas provenir de l’Ouest. Originaire de l’Alabama, il forme les Radio Cow Boys dès 1938 puis enregistre prolifiquement pour de nombreux labels dont Capitol, King et RCA. Très influencé par le jazz, Hank Penny continua à tendre une oreille attentive aux nouveaux stylistes du genre, étant un des seuls à introduire des phrases de be-bop dans son brin de Country Music. Steel guitar stomp que nous proposons ici est une version de 1946 d’un instrumental de Leon Mc Auliffe, le steel-guitariste de Bob Wills (cf Hawaiian music FA 035) avec le grand Noel Boggs à la steel-guitare et Merle Travis à la guitare électrique.

RADIO COW BOYS : Les Radio Cow Boys sont le tout premier groupe formé par Hank Penny. Pour ce Mississippi Muddle de 1939 qui annonce le Country boogie, la vedette est déjà le superbe steel-guitariste Noel Boggs qui marquera durablement l’histoire de cet instrument.

SHELTON BROTHERS : On sait très peu de choses de ces Shelton Brothers-là, Bob & Joe (il y a eu un autre duo de Shelton Brothers, Jack et Curley). Ceux-là ont commencé leur carrière dans le Western Swing au sein des Sunshine Boys, accompagnant Moon Mullican et Jimmie Davis. Ils ont cependant enregistré pour Decca et King une oeuvre importante qui annonce souvent le Country boogie (On the owl-hoot trail). Malgré l’obscurité de leur trajet, plusieurs de leurs ballades ont été reprises par Elvis Presley dont le Aura Lee que nous proposons ici (avec un solo d’accordéon, un instrument de plus en plus présent dans la musique texano-californienne reflétant les influences allemandes, cajun et mexicaines) qui deviendra le célèbre Love me tender.

Arthur SMITH : Ce chanteur et multi-instrumentaliste né à Clinton (Caroline du Nord) (1921-1995) est surtout célèbre pour son Guitar boogie, gravé en 1945 pour le petit label Superdisc et qui, racheté par MGM, deviendra un des premiers succès de Country Music à émarger aussi dans les Tops 40 de Variétés. La carrière d’Arthur “Guitar boogie” Smith (à ne pas confondre avec Fiddlin’ Arthur Smith) ne se limite certainement pas à ce tube et s’étend du milieu des années 30 à sa mort. Il a participé à des string-bands, des orchestres de Honky Tonk, a enregistré quantité de morceaux de Country Pop aujourd’hui très désuets ainsi que de nombreux instrumentaux qui ont fait sa réputation. Parmi ceux-ci, il faut citer Feudin banjos, un duo de banjos avec Don Reno qui, repris dans le film Delivrance, lui permettra - après un procès magistralement gagné contre Warner Bros (“Un hillbilly de votre espèce n’a aucune chance de gagner contre nous. Alors pourquoi vous payer des royalties?” lui aurait cyniquement dit le directeur commercial de la compagnie cinématographique)- de toucher un pactole qu’il investira dans un excellent label indépendant, CMH. Guitar boogie demeure un chef d’oeuvre du Country boogie qui influencera quantité de guitaristes, des Shadows aux Ventures.

Merle TRAVIS : Ecrivain, cartooniste, acteur de cinéma (notamment dans Tant qu’il y aura des hommes), compositeur, chanteur et guitariste, Merle Travis (1917-1983) est certainement un des artistes les plus importants de la musique populaire américaine. Fils d’un mineur du Kentucky, Merle a fui le carreau grâce à son jeu de guitare, un fingerpicking à deux doigts qui, adapté à la guitare électrique, est extraordinairement précis, véloce, swinguant et inventif. Après une carrière au sein de plusieurs string-bands, auprès des Delmore Brothers et de Grandpa Jones, Merle gagne la Californie en 1945 pour y développer sa propre version du Honky Tonk, où l’humour le dispute au swing. Il enregistre des centaines de titres pour Capitol aussi bien dans cette veine que dans un style plus folk (Sixteen tons). Merle Travis sera , aux côtés de Chet Atkins et Joe Maphis un des guitaristes les plus recherchés des séances du Rockabilly des années 54-63. Son Cincinnati Lou n’est qu’un parmi les nombreux morceaux de son cru qui annoncent ce mouvement.

Ernest TUBB : Le père du Honky Tonk (1914-1984) a commencé à imiter Jimmie Rodgers, ce qui lui a valu la guitare de son idole... donnée par sa veuve Carrie Rodgers lors de sa première séance d’enregistrement en 1936. Mais c’est entre 1941 et 1945 que Tubb va mettre au point une forme d’orchestration réduite dérivée du Western Swing - instruments électriques, rythme marqué - particulièrement propice aux petits bars miteux appelés Honky Tonks, les “juke joints” des cous-rouges. Après une longue période de méfiance voire de rejet, Nashville et le Grand Ole Opry ont fini par en faire un des gardiens majeurs de la tradition. You nearly lose your mind est une de ces pièces rythmées et bluesy qui ont fait son succès.

Big Joe TURNER : L’archétype du “blues shouter”, hurleur de blues d’abord dans les cafés de Kansas City où il chante en servant les boissons, Big Joe Turner (1911-1985) gagne la célébrité en participant avec Pete Johnson au célèbre concert Spirituals to Swing. Associé aux pianistes de boogie woogie, il est au coeur du mouvement Rhythm & Blues , gagnant la Côte Ouest dès 1941. Turner, doté d’un sens commercial aigu, sera un des très rares artistes de Rhythm & Blues à réussir à émarger substantiellement au Rock’n’Roll des années 50, obtenant même des succès nationaux dans les Hit-Parades “pop” avec Teenage letter ou Shake, Rattle and Roll que reprendra Bill Haley.

T-Bone WALKER : Aaron T-Bone Walker (1909-1975) a été un des créateurs du blues texano-californien d’après guerre, apportant la fluidité, la sensibilité et le feeling d’un Blind Lemon Jefferson qu’il a accompagné dans sa jeunesse, au sein d’orchestres de Rhythm & Blues. T-Bone Walker a considérablement marqué le blues de l’après-guerre (B.B. King; Buddy Guy’, Eric Clapton...). Son style très “cool” et jazzy peut sembler aux antipodes du Rock’n’Roll mais le T-Bone boogie (en fait une version de Roll’em Pete) présenté ici démontre que les guitaristes de Rock ont aussi certainement puisé quelques idées à cette source.

WASHBOARD SAM : Robert Brown dit Washboard Sam (1910-1966) a emmené dans le Chicago blues des années 30 une partie de l’exubérance, de la verve et du rythme des washboard bands du premier jazz. Chanteur puissant et personnalité joviale, Sam a connu une grande popularité avec des pièces débridées comme Digging my potatoes, Cabbage green ou ce Come on back qui date de 1941.

Casey Bill WELDON : La figure mystérieuse et controversée du steel-guitariste noir Will Weldon (1909-?) ne doit pas masquer une oeuvre enregistrée extrêmement conséquente, composée de blues mais aussi de très nombreux morceaux jazzy au feeling ouvertement inspiré du Western Swing comme cet entraînant You gotta do your duty .

Tex WILLIAMS : Le chanteur-guitariste Sollie Paul “Tex” Williams (1917-1985) a d’abord été le vocaliste de l’orchestre de Spade Cooley avant d’entreprendre une carrière sous son nom en 1946 en compagnie du Western Caravan, un des groupes-leader du Western Swing d’après-guerre comprenant notamment un des meilleurs guitaristes de la Côte Ouest, le superbe Johnny Weis. I got Texas in my soul , une belle pièce rythmée de Honky Tonk signée Ernest Tubb, précède de quelques mois Smoke!Smoke!Smoke!, un talking-blues pro-cigarette écrit pour Williams par Merle Travis et qui fera un véritable ... tabac !

Bob WILLS : Un des noms majeurs de la musique populaire américaine, le chef d’orchestre et violoniste Bob Wills (1905-1975) a complètement révolutionné la musique sudiste avec le succès de ses Texas Playboys, un orchestre de Western Swing d’une vitalité et d’une verve époustouflantes qui marie à merveille le feeling des string-bands texans avec celui du jazz New Orleans. Roly Poly est une de ces multiples pièces rockantes d’une vitalité débridée qui influenceront un nombre considérable d’artistes et qui sera repris par Hank Williams peu de temps aprés.
Gérard HERZHAFT

Auteur de “Le Blues” (Que Sais-je? n? 1956) et “La Country Music” (Que Sais-je? n? 2134) et des coffrets “Country”, “Blues 36 Chefs d’oeuvre”, “Western Swing”, “Hawaiian Music” chez Frémeaux & Associés.
Avec tous mes remerciements à Jacques Brémond, Jean-Pierre Fray, Jacques Spiry, Michel Rose et particulièrement François Jouffa pour leur aide et leurs encouragements.

SOURCES :
CARLES (Philippe),Ed.- Dictionnaire du jazz.- Laffont, Paris : 1988I
NTERNATIONAL WHO’S WHO IN MUSIC Vol. 2.- Cambridge, IBC, Paris : 1966
HERZHAFT (Gérard).- Encyclopédie du Blues.- Seghers, Paris : 1990
HOFSTEIN (Francis).- Le Rhythm & Blues.- PUF, Paris : 1991
JOUFFA (François) & BARSAMIAN (Jacques).- L’Age d’or du Rock’n’Roll.- Michel Lafon, Paris :1994
JOUFFA (François) & Barsamian (Jacques).- Encyclopédie de la Black Music.- Michel Lafon, Paris :1994
LOUPIEN (Serge), Ed.- Les Incontournables de la Country.- Filippacchi, Paris : 1995
ROSE (Michel).- Encyclopédie de la Country et du Rockabilly.- Grancher/Best, Paris :1986
ROSE (Michel).- Pionniers du Rock’n’Roll.- Albin Michel, Paris : 1981
MAGAZINES ET REVUES : Divers numéros de Cri du Coyote, Ecouter/Voir, Hillbilly Researcher, Kommotion, Old Time Music, Soul Bag, Trad Magazine.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA - 1997

english notes
ROOTS OF ROCK N’ ROLL VOLUME 2 - 1938-1946
It is generally believed that the Rock n’ Roll era began in 1954 with the apparition of Elvis Presley, Carl Perkins and Bill Haley.  In reality, the period corresponds more to the post-war state of mind and a changed political attitude between the Northern and Southern states of America.Its true origins, however, had been taking root for a long time previously, and the parental rhythm can be heard in Southern music dating from the twenties (see Roots of Rock n’Roll Volume 1).  In this second volume we discover the period from 1938 to 1946, when boogie-woogie was at its utmost and when war-time disorder drastically changed the general state of the country, influencing the record business, and the Southern music was able to open its frontiers.  The whole of America starting moving in a way that was very similar to Rock n’Roll.

THE BOOGIE WOOGIE MANIA
The black musicians had known all about boogie-woogie for a long while, but it only became a national craze after the Pinetop’s Boogie-Woogie was interpreted by Cleo Brown in 1935, and then by the white band-leader, Tommy Dorsey in 1938.  The boogie-woogie fever subsequently spread all over America, from the ghettos to the chic Park Avenue clubs, and even to Carnegie Hall where the famous « Spirituals to Swing » concert was organised in 1938 by John Hammond.This event was of primordial importance, reuniting black artists, Negro spirituals, jazz and blues before a white New York audience, and was a big step in bringing the future Rock n’ Roll into its own rights.  The Northerners realised that Tommy Dorsey was not unique in his kind, and that maybe others, such as the tremendous trio, Albert Ammons, Pete Johnson and Meade Lux Lewis, had even played boogie-woogie before Dorsey.Before long, everyone was boogying to numbers such as Albert Ammon’s Shout for Joy, and Pete Johnson and Big Joe Turner’s Baby, Look at You  and  Roll’em Pete where the distinct ancestry with urban Rock n’Roll can be detected.It is obvious that the blues are directly related to boogie-woogie, although musicians were hesitant to employ its derivatives, and it was only in 1934 that the Mc Coy brothers dared to  introduce certain intonations with the Baltimore Blues (cf  Blues 36 chefs d’oeuvre FA 036), and several years later Johnnie Temple and Robert Johnson used the walking basses of boogie-woogie origin in their style of guitar playing.  Boogie-woogie is hinted at in several of the Washboard Sam, Jazz Gillum and Big Bill Broonzy numbers, but in general they were afraid of straying too far from the true blues.The Western Swing groups, on the other hand, happily continued to boogie.  The hillbillies integrated it (and all other forms of black music) into their repertoire, producing a unique variety.  The pianist, Willie Coates, from Claude Casey’s orchestra, the Shelton Brothers (behind the terrific hillbilly-boogie number, Aura Lee, which was directly linked to the future Love Me Tender and On the Hoot-Owl Trail), the Radio Cow-Boys, Adolph Hofner (who transformed the folk song Joe Turner Blues into an excellent boogie), and Moon Mullican, who successfully adapted boogie-woogie to Country music were all members of the future Rockabilly style.

WARTIME SHOCK - THE SOUTHERNERS VENTURE NORTH
Japan’s Pearl Harbour blitz in 1941 took America by surprise.  They were totally unprepared for the resulting military industry that imposed and lacked the sufficient workforce.  The only solution was to call upon the Southerners who were still revelling in the glory of their cotton plantations and white power, but in reality, were tremendously handicapped by the vulnerability of monoculture and a racial segregation which impeded modernisation.  The migration was tremendous, bringing hope (especially for the blacks) for a fairer and more prosperous life over the Mason-Dixon line - Sweet Home Chicago was to be discovered, not to mention all the other promising agglomerations.The life that awaited them was not as rosy as expected.  The Yankees looked down on the clodhopping Southerners and the blacks were directed to the ghettos.  Their financial compensation was honest enough but the rhythm of factory life was a far cry from their plantations.  All the migration-related problems had to be contended with - unacceptable climate, housing problems, family separation.  Their homesickness resulted in « Booze and the Blues », and the dingy back-street bars were populated with the Southern folk drowning their sorrows in whiskey.  Bands were squeezed in the corners, providing orchestral electric blues for the blacks and Honky Tonk for the whites. 

The song Born to Lose by the Western Swing old-timer, Ted Daffan, became a kind of national anthem for the uprooted and discontented Southerners.In 1942 Japan threatened the Californian coastline, inciting the States to create shipyards around San Francisco and Los Angeles.  Again, the existing workforce was insufficient as the population of the Western coast was primarily of Chinese origin and was otherwise engaged in the Japanese invasion of Asia.  The Southerners were called for, once again, but those from Mississippi  were unable to cross the Rocky Mountains in the winter.  Consequently, the immigrant workers were essentially from Texas, Oklahoma and Western Louisiana.The Texan blues, which had not evolved since Blind Lemon Jefferson, did not take long to take its stance with a predominant brass section, somewhat influenced by the Hollywood cabarets (T-Bone Boogie in the present collection is a good example). The local music industry jumped at the new potential clientele, and radio stations as well as numerous record companies appeared, taking advantage of the new market which demanded blues, Rhythm & Blues and Country Music.

RHYTHM & BLUES AND HONKY TONK
The war made a huge impact on the American music scene.  The « new blacks » became more ambitious, and their professionalism was apparent in the Rhythm & Blues which emerged.  Unlike the blues, the Rhythm & Blues, with its New Orleans, swing and Chicago’s Harlem Hamfats influence, attracted an audience of higher social standing.  The black American’s heroes became Louis Jordan, Big Joe Turner, Roy Milton and Amos Milburn, rather than Muddy Waters and Howlin’ Wolf.In this same post-war period,  the « new whites «, the Southerners, disillusioned with their home country once their Northern mission was over (in fact, many returned to the Chicago and Detroit factories), created a new kind of country music, the Honky Tonk.The economical climate also encouraged the expansion of Rhythm & Blues bands.  The big swing orchestras which were so popular before the war were no longer profitable - they had competition from juke-boxes, petrol rationing limited their tours and the trade unions were demanding.  Exactly the same phenomenon occurred with the Western Swing orchestras.Some of the Western Swing orchestras continued performing in California until the late forties and appearing in B category Westerns, but most reduced their numbers, emphasised the rhythmic section and migrated towards a Texan form of Honky Tonk, represented, amongst others, by Moon Mullican, Hank Penny, Floyd Tillman and the « founder of Honky Tonk «, Ernest Tubb.  The general undercurrent of the music is morose, evoking whiskey-drinking in slums, one-night-stands, adultery and divorce.  This post-war Country music appealed to the homesick workers, single, widowed and divorced women, truck-drivers and the modern cowboys.  This nostalgic bluesy style with its electric guitar backing resembled more and more the future Rockabilly.

COUNTRY BOOGIE
At the end of the war, boogie-woogie became an integrated part of Country Music, which was appropriate with the frenzy following service release.  Western Swing’s influence on Country was also apparent in the forties (Bill Monroe’s wild Rocky Road Blues, later interpreted by Gene Vincent, is a good example), and the electric guitar became the leading instrument.In Volume 1 of the Roots of Rock n’ Roll, we discovered how the Country Music guitarists, as those of Western Swing were influenced by those of jazz, from Eddie Lang to Django Reinhardt, George Barnes and to a certain extent by Slim Gaillard and Charlie Christian.  In the Appalachian Mountains the same techniques were mingled with the style of the local blues musicians (Blind Boy Fuller, Josh White) and that of the Hillbillies’ fingerpicking technique (Ike Everly, Moses Rager, Sam Mc Gee).In 1945-46 Arthur Smith made a stir with his tremendous hit which has now become a great classic Guitar Boogie, and the Delmore Brothers accompanied by the talented guitarist, Merle Travis, shortly followed with their Hillbilly Boogie verging on Rockabilly.  Travis, of Kentucky origin, was the name behind the original « Travis picking » technique involving a swinging two-finger dexterity.  Merle left for California in 1945 where he won popularity as a a Honky Tonk musician with numbers such as Cincinnati Lou.  Later, during the Rock n’ Roll era he became one of the most sought after studio guitarists.The Southerner’s musical heritage shortly began to interest the big-time crooners, including Bing Crosby and Frankie Laine, who interpreted Rhythm & Blues and Country and Western numbers to their liking.  The variety-come-jazz singer, Peggy Lee, had several hits with her Hollywood style versions of blues and Rhythm & Blues, and also with original compositions such as Everything’s Moving too Fast.In 1946, America was truly coming to terms with the Southerner’s music.  This was the big lead up to the coming Rock n’ Roll era.

THE MUSICIANS
Albert AMMONS:  A tremendous boogie-woogie pianist (1907-1949) whose career began as a Chicago-based taxi driver and an amateur jazz enthusiast.  His true professional talents came to light after his participation in the 1938 Carnegie Hall concert and became thereafter a  celebrity of the classy white clubs.  Here, we can appreciate his splendid number, Shout for Joy.

ARMSTRONG TWINS: 
Little is known of Floyd and Lloyd Armstrong, but they were probably from Arkansas before entertaining the Californians during the war with their pre-war Appalachian style duo mingled with rural boogie, such as Mandolin Boogie.

Gene AUTRY:  Born in 1907, Gene Autry was the renowned Hollywood cowboy whose playing and singing can be discovered in a great number of films and records.  His style varied enormously, but one of his biggest claims to fame was in 1940 with Gene Austin’s Blueberry Hill.

Big Bill BROONZY:  One of the founders of the pre-war Chicago blues, Broonzy was also a blues pioneer for the Northern audience in 1938 and the Europeans in the early fifties, and consequently played an significant role in the international recognition of the blues.  He was, no doubt, the composer of Rocking Chair Blues which later became the Rock me Baby as was interpreted by numerous artists such as Arthur Crudup, Lil’Son Jackson and B.B. King.

Claude CASEY:  Claude Casey and the Pine State Playboys (from Northern Carolina) never achieved recognition of any significance but was one of the first south-eastern bands to be blatantly inspired by Western Swing.  It included the brilliant fiddler, Jimmy Rouse, and Willie Coates on the piano, who can be admired in their Pine State Honky Tonk.

Spade COOLEY:  Donnell Clyde Cooley was born in 1910 in a Cherokee reservation.  His musical education led him to Hollywood in 1934 with a fiddle under his arm.  He became Roy Rogers’ stand-in in 1937 and was a member of Jimmy Wakely’s Western Swing band before successfully creating his own orchestra and had hits such as Shame on You, Detour.  By the end of the war his popularity placed him in the rank of « King » of Western Swing, superseding even Bob Wills.  His talent can be heard in numbers including Oklahoma Stomp  and  Three Way Boogie.  His alcoholism finally took over and he ended his days in prison having assassinated his wife, and shrouded by certain rumours concerning his relationship with Roy Rogers!

Arthur CRUDUP:  The Delta bluesman Crudup (1905-1974) became, to some extent, rock n’ roll’s father figure after Elvis’s adaptation of and first hit with That’s all right Mama.  His repertory was rich and exciting, and in complete contrast to the usual Delta blues as played by the Chicago bands.

DELMORE BROTHERS:  Alton (1908-1964) and Rabon (1916-1952) Delmore stood out in the thirties, characterised by their Appalachian style combined with their guitar duo, one being four-corded,  with its strong leaning towards the blues.  They had many pre-war hits (Brown’s Ferry Blues:  cf Country, 1927-42 FA 015) then went onto Country boogie, playing Hillbilly Boogie and Boogie-Woogie Baby.

Champion Jack DUPREE:  The one-time boxer Dupree (1910-1992) became a New Orleans pianist and singer under the Leroy Carr influence.  In Let’s Have a Ball he is accompanied by Brownie Mc Ghee.

Jazz GILLUM: The Mississippi orchestral bluesman, Gillum (1904-1964), had a great pre-war influence, and his recordings included several  nice rapid numbers such as Tell me Mama.

Wynomie HARRIS:  Harris (1915-1969) was one of the greatest blues shouters in the forties.  He started out in the big Swing bands before creating his own Rhythm & Blues group.  His immensely popular Good Rocking Tonight in 1947 was later interpreted by Presley.  He as many others however, found it hard to follow the rock n’ roll movement of the fifties.

Adolph HOFNER:  This Texan band leader was an excellent example of Western Swing with an added Bohemian touch.  His recordings were catchy, as this boogie-woogie version of the old folk song, the Joe Turner Blues.

Pete JOHNSON:  Pete Johnson (1904-1967), from Kansas City, was perhaps the greatest boogie pianist of all times.  He also participated in the Spirituals to Swing concert, and his legacy is impressive, including Roll’em Pet  and Baby Look at You where he plays with Big Joe Turner.

Louis JORDAN:  The gifted showman, Jordan (1908-1975) inspired the dancing amateurs with his saxophone and vocals.  He was the main name behind Rhythm & Blues and composed several rock n’ roll classics such as Choo Choo Ch’Boogie and Caldonia.

Peggy LEE:  The Northerner, Norma Deloris Egstrom, alias Peggy Lee (1920), opted for a musical career at an early age, and was soon spotted in Hollywood with her nasal voice, good looks and charisma.  She played with Benny Goodman before going solo under the Capitol label, encouraged by her husband, David Barbour.  She was a tremendous blues and boogie singer, unusually so for someone of non-Southern origin, and enchanted America with hits including Fever and Everything’s Moving too Fast.

Amos MILBURN:  Texan born Milburn (1926-1980) was a remarkably talented post-war pianist whose original skills are revealed in Down the Road Apiece, which was immortalised by Chuck Berry.

Roy MILTON:  This singer and drummer (1908-1983) was another Rhythm & Blues pioneer who made many a recording with his band, the Solid Senders, including Milton’s Boogie enhanced by the pianist, Camille Howard.

Bill MONROE: 
Born in 1911, Monroe was a festival and studio fiend who formed a swing and blues duo with his brother, Charlie before starting up his own Appalachian style « Bluegrass » orchestra, unique despite its Western Swing influence.  His Rocky Road Blues has a distinct Rockabilly touch with a slap bass solo.

Clyde MOODY:  The singer and guitarist Clyde Moody (1915-1989) played in the thirties with Wade Mainer and with Bill Monroe’s Bluegrass Boys from 1941-45.  He then became a star in his own right, favoured by Grand Ole Opry, and recorded for numerous labels.  Here, we discover his Two-Timin’ Blues.

Moon MULLICAN:  Mullican (1909-1967) was a powerful Honky Tonk and Country boogie pianist who inspired numerous rock n’ roll artists such as Jerry Lee Lewis, Roy Hall, Merrill Moore Floyd Cramer and Little Richard.  Many of his compositions were interpreted by others, and he was a true forerunner of rock n’ roll with hits including Seven Nights to Rock.

Hank PENNY:  A Western Swing musician of non-western origin, Penny (1918) created the Radio Cow Boys in 1938 and recorded on various labels.  As a jazz-lover, his Country Music includes hints of be-bop.  In this collection we propose his Steel Guitar Stomp with Noel Boggs and Merle Travis.

RADIO COW BOYS:  Hank Penny’s first group whose hits included Mississippi Muddle where we can appreciate Noel Boggs’ genius on the steel guitar.

SHELTON BROTHERS:  Little is known of Bob and Joe Shelton whose Western Swing with a country boogie flavour gave birth to several ballads to be later interpreted by Elvis, such as Just Because  and  Aura Lee (which became the famous Love Me Tender).

Arthur SMITH:  A Northern Carolina vocalist and multi-instrumentalist famous for his Guitar Boogie which was one of the first Country Music hits to reach the charts. 

Merle TRAVIS:  A man of many talents, Travis (1917-1983) particularly succeeded through his original finger-picking technique on the electric guitar.  He later became one of the most sought-after Rockabilly stars.  His vast repertoire includes Cincinnati Lou.

Ernest TUBB:  The father of Honky Tonk (1914-1984) whose style was initially reminiscent of Jimmie Rodgers but then was influenced by Western Swing.  You Nearly Lose your Mind is one of his rhythmic and bluesy numbers.

Big Joe TURNER:  The blues shouter Turner (1911-1985) gained recognition after his participation in the Spirituals to Swing concert.  He was one of the rare Rhythm & Blues artists who managed to follow the fifties rock n’ roll movement and obtained success with Teenage Letter and  Shake, Rattle and Roll.

T-Bone WALKER:  Walker (1909-1975) was one of the founders of the Texas-Californian blues.  His works, including T-Bone Boogie, were to influence many post-war musicians (B.B. King, Buddy Guy and Eric Clapton).

WASHBOARD SAM:  Robert Brown alias Washboard Sam (1910-1966) brought spice to the Chicago blues in the thirties.  An exuberant personality and a powerful singer who gained popularity with hits such as Digging my Potatoes, Cabbage Green and Come on Back.

Casey Bill WELDON:  This mysterious black steel guitarist (1909- ?) played the blues with jazzy touch inspired by Western Swing, as in You Gotta do your Duty.

Tex WILLIAMS:  This singer and guitarist (1917-1985) was Spade Cooley’s vocalist before going solo in 1946 accompanied by Western Caravan (including the excellent guitarist, Johnny Weis).  I got Texas in my Soul, signed Ernest Tubb, is good rhythmic Honky Tonk number.

Bob WILLS:  A band leader and violinist (1905-1975) who became a big name in America, revolutionising Southern music with his Western Swing band, which successfully combined the essence of Texan string bands with that of New Orleans jazz.  Roly Poly is a good example of his works, which was later interpreted by Hank Williams.
Adapted by Laure WRIGHT from the French text of Gérard HERZHAFT
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA 1997

CD1 LA FOLIE DU BOOGIE WOOGIE   
1. SHELTON BROTHERS : Aura Lee (Love me tender)  61825 De 5533 (Shelton)    2’42   
2. CASEY BILL WELDON : You gotta do your duty  030310-1 BB 8004 (Weldon)    2’46   
3. BIG JOE TURNER & PETE JOHNSON : Roll’em Pete  23892 Vo 4607 (Turner & Johnson)    2’50   
4. CLAUDE CASEY & PINE STATE PLAYBOYS : Pine state Honky Tonk (Coates)    2’24   
5. ALBERT AMMONS : Shout for joy  23894-1 Vo 4608 (Ammons)    2’24   
6. SHELTON BROTHERS : On the owl hoot trail  64536-A De 5630 (Heath)    2’58   
7. BIG JOE TURNER & PETE JOHNSON : Baby look at you  25024-1 Vo 4997 (Turner & Johnson)    3’02   
8. RADIO COW BOYS : Mississippi Muddle  De? (Boggs)    2’28   
9. ADOLPH HOFNER : Joe Turner blues  47677 (Trad)    2’46
10. MOON MULLICAN : Pipeliner’s blues  (Mullican)    2’54
11. GENE AUTRY : Blueberry hill  LA 2311 OK 5779 (Austin)    2’40
12. BIG BILL BROONZY : Rocking chair blues  WC 3513-1 OK 061116 (Broonzy)    2’50
13. WASHBOARD SAM : Come on back 059128  BB 8699 (R. Brown)    2’42
14. ERNEST TUBB : You nearly lose your mind LA  De (Tubb)    2’49
15. JAZZ GILLUM : Tell me mama  074653 BB 34-0707 (Gillum)    3’12
16. WYNONIE HARRIS : Who threw the whiskey in the well?  72180 (Brooks & De Lange)    3’01
17. LOUIS JORDAN : Caldonia boogie  W-72711-A (F. Moore)    2’43
18. BOB WILLS : Roly Poly  H 1345-1 Co 20019 (Wills)    2’37

(1) Joe & Bob Shelton, vcls/g/fiddle + The Sunshine Boys. Probablement Chicago, vers décembre 1938
(2) Casey Bill Weldon, vcl/steel-g; Joshua Altheimer, pno; Bill Settles, bs. Chicago, 16 février 1938
(3) Big Joe Turner, vcl; Pete Johnson, pno. New York City, 30 décembre 1938
(4) Claude Casey, g; Willie Coates, pno; Jimmy Rouse, fiddle; Lawrence Boling, g. Rock Hill, SC 27 septembre 1938
(5) Albert Ammons, pno. New York City, 1 janvier 1939
(6) Joe & Bob Shelton, vcls/g/fiddle + The Sunshine Boys. Probablement Chicago, vers juin 1939
(7) Big Joe Turner, vcl; Pete Johnson, pno; Hot Lips Page, tpt; Buster Smith, alto-sax; Lawrence Lucie, g; Abe Bolar, bs; Eddie Dougherty, dms. New York City, 30 juin 1939
(8) Noel Boogs, steel-g; Hank Penny, g; Sheldon Bennett, fiddle; Boudleaux Bryant, fiddle; Louis Dumont, bjo; Carl Stewart, bs. Memphis, TN 4 juillet 1939
(9) Adolph Hofner, vcl/g; Emile Hofner, steel-g; Bert Ferguson, pno; leonard Sago, fiddle; Buck Wheeler, bs; Johnny Reeves, dms. Dallas, TX 13 février 1940
(10) Moon Mullican, vcl/pno; Smokey Woods, vcl/g; J.R. Chatwell, fiddle; Buddy Ray, fiddle; Tommy Duncan, steel-g; Johnny Thames, bjo; Lou Frisby, bs. Houston, TX vers milieu 1940
(11) Gene Autry, vcl/g; others unknown. Los Angeles, 20 août 1940
(12) Big Bill Broonzy, vcl/g; Memphis Slim, pno; Ransom Knowling, bs. Chicago, 17 décembre 1940
(13) Washboard Sam, vcl/washboard; Big Bill Broonzy, g; Horace Malcolm, pno; Leroy Bachelor, bs. Chicago, 16 janvier 1941
(14) Ernest Tubb, vcl/g; Eddie Tudor, g; unknown, bs. Los Angeles, 17 juillet 1942
(15) Jazz Gillum, vcl/hca; Big Bill Broonzy, g; Blind John Davis, pno; Alfred Elkins, bs. Chicago, 30 juillet 1942
(16) Wynonie Harris, vcl; Lucky Millinder, leader; Freddie Webster, tpt; Ludwig Jordan, tpt; Curtis Murphy, tpt; Leroy Elton Hill, tpt; Eugene Simon, tb; Alfred Cobbs, tb; Joseph Britton, tb; Preston Love, alto-sax; William Swinder, alto-sax; Elmer Williams, t-sax; Eddie Davis, t-sax; Ernest Leavy, bar-sax; Ellis Larkins, pno; Lawrence Lucie, g; Al Mc Kibbon, bs; Panama Francis, dms. New York City, 26 mai 1944
(17) Louis Jordan, alto-sax/vcl; Leonard Graham, tpt; Freddie Simon, t-sax; William Austin, pno; Al Morgan, bs; Razz Mitchell, dms. New York City, 19 janvier 1945
(18) Bob Wills, fiddle/leader; Tommy Duncan, vcl; Joe Holley, fiddle; Jimmy Wobble, g; Cameron Hill, g; Noel Boggs, steel-g; Alex Brashear, tpt; Millard Kelso, pno; Ted Adams, bs; Monty Mountjoy, dms. Hollywood, 26 janvier 1945

CD2 L’APRES-GUERRE : VERS LE ROCK’N’ROLL   
1. BILL MONROE : Rocky road blues  C-4354-1 (Trad)    2’36   
2. CLYDE MOODY : Two timin’ blues  C 4396 Co 20437 (Moody)    2’48   
3. T-BONE WALKER : T-Bone boogie  3309-2 Rh 4002 (Walker)    3’05  
4. CHAMPION JACK DUPREE : Let’s have a ball  HS 3929 Cont 6065 (Dupree)    2’25   
5. ARTHUR SMITH : Guitar boogie  Sup 1004 (Smith)    3’22   
6. ROY MILTON : Milton’s boogie  P-105-1 JB 503 (Milton)    2’51   
7. DELMORE BROTHERS : Hillbilly boogie K-1972 (Delmore)    2’45   
8. ARMSTRONG TWINS : Mandolin boogie  (Armstrong)    3’01   
9. HANK PENNY : Steel guitar stomp  K-1942 (Penny & Boggs & Travis)    2’52
10. LOUIS JORDAN : Choo choo ch’boogie  77305 (Horton & Darling & Gabler)    2’46
11. DELMORE BROTHERS : Boogie woogie baby  K 2101 (Delmore)    2’47
12. MERLE TRAVIS : Cincinnati Lou  Cap 1033 (Travis)    2’37
13. SPADE COOLEY : Oklahoma stomp  HCO 1818-1 Co 37237 (Cooley & De Paul & Weis)    2’52
14. TEX WILLIAMS : I got Texas in my soul  Cap 1322 (Tubb)    2’58
15. SPADE COOLEY : Three-way boogie  HCO 1817 Co 37058 (Cooley & De Paul & Weis)    2’41
16. ARTHUR CRUDUP : That’s all right  D6VB-1943 Vic 20-2205 (Crudup)    2’55
17. AMOS MILBURN : Down the road apiece  16-3 Ald 160 (Milburn)    3’00
18. PEGGY LEE : Everything’s moving too fast  1531 Cap 343 (Lee & Barbour)    2’59

(1) Bill Monroe, vcl/mdln; Tex Willis, g; Chubby Wise, fiddle; Wilene Forrester, acc; Stringbean, bs. Chicago, 13 février 1945
(2) Clyde Moody, vcl/g; others unknown. Chicago, 28 février 1945
(3) T-Bone Walker, vcl/g; Marl Young, pno; others unknown. Chicago, mai 1945
(4) Champion Jack Dupree, vcl/pno; Brownie Mc Ghee, g; Count Edmonson, bs. New York City novembre 1945
(5) Arthur Smith, g; others unknown. Charlotte, NC fin 1945
(6) Roy Milton, vcl/dms; Hosea Sapp, tpt; Earl Simms, alto-sax; Lorenzo Floyd, t-sax; Camille Howard, pno; David Robinson, dms. Los Angeles, 22 décembre 1945
(7) Alton Delmore, vcl/g; Rabon Delmore, vcl/g; Merle Travis, g; Louis Innis, g; Roy Starkey, bs. Hollywood, janvier 1946
(8) Floyd Armstrong, vcl/g; Lloyd Armstrong, vcl/mdln; unknown, bs. Chicago, début 1946
(9) Hank Penny, vcl/g; Noel Boggs, steel-g; Merle Travis, g; Harold Glen Hensley, fiddle; Frank Messina, acc; Dick Reinhardt, bs. Hollywood, janvier 1946
(10) Louis Jordan, vcl/alto-sax; Aaron Izenhall, tpt; Joshua Jackson, t-sax; Carl Hogan, g; Bill Davis, pno; Po Simpkins, bs; Eddie Byrd, dms. New York City, 23 janvier 1946
(11) Alton Delmore, vcl/g; Rabon Delmore, vcl/g; Jethro Burns, g; Wayne Raney, hca; Roy Starkey, bs. Chicago, 12 février 1946
(12) Merle Travis, vcl/g; Eddie Kirk, g; Joaquin Murphey, steel-g;Pedro De Paul, acc; Jack Mc Taggart, tpt; Cliffie Stone, bs. Hollywood, 18 mars 1946
(13)(15) Spade Cooley, fiddle/leader; John Weis, g; Smokey Rogers,g; Joaquim Murphey, steel-g; Cactus Soldi, fiddle; Pedro De Paul, acc; Eddie Bennett, pno; Deuce Spriggins, bs; Warren Penniman, dms. Hollywood, 3 mai 1946
(14) Tex Williams, vcl/g; John Weis, g; Smokey Rogers, g; Eddie Mitchell, steel-g; Spike Featherstone, harp; Cactus Soldi, fiddle; Turney Gibson, fiddle; Sammy Leichter, fiddle; Ossie Gordon, pno; Deuce Spriggins, bs; Muddy Berry, dms. Holmywood, 3 août 1946
(16) Arthur Crudup, vcl/g; Ransom Knowling, bs; Judge Riley, dms. Chicago, 6 septembre 1946
(17) Amos Milburn, vcl/pno; others unknown. Los Angeles, 12 septembre 1946
(18) Peggy Lee, vcl; David Barbour, g & his orchestra. Los Angeles, 22 novembre 1946

CD Rock n`Roll 1938 - 1946 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 YOU GOTTA DO YOUR DUTY - CASEY02'46
02 ROLL EM PETE - TURNER02'50
03 PINE STATE HONKY TONK - CASEY02'24
04 SHOUT FOR JOY - AMMONS02'24
05 ON THE OWL HOOT TRAIL - SHELTON02'58
06 BABY LOOK AT YOU - TURNER03'02
07 MISSISSIPPI MUDDLE DE - RADIO COW BOYS02'28
08 JOE TURNER BLUES - HOFNER02'46
09 PIPELINER S BLUES - MULLICAN02'50
10 BLUEBERRY HILL - AUTRY02'40
11 ROCKING CHAIR BLUES - BROONZY02'50
12 COME ON BACK - WASHBOARD02'42
13 YOU NEARLY LOSE YOUR MIND - TUBB02'49
14 TELL ME MAMA - GILLUM03'12
15 WHO THREW THE WHISKEY IN THE WELL - HARRIS03'01
16 CALDONIA BOOGIE - JORDAN02'43
17 ROLY POLY - WILLS02'37
18 TWO TIMIN BLUES - MOODY02'48
CD 2
01 T BONE BOOGIE - WALKER03'05
02 LET S HAVE A BALL - DUPREE02'25
03 GUITAR BOOGIE - SMITH03'22
04 MILTON S BOOGIE - MILTON02'51
05 HILLBILLY BOOGIE - DELMORE02'45
06 MANDOLIN BOOGIE - ARMSTRONG03'01
07 STEEL GUITAR - PENNY02'52
08 CHOO CHOO CH BOOGIE - JORDAN02'46
09 BOOGIE WOOGIE BABY - DELMORE02'47
10 CINCINNATI LOU - TRAVIS02'37
11 OKLAHOMA STOMP - COOLEY02'52
12 I GOT TEXAS IN MY SOUL - WILLIAMS02'58
13 THREE WAY BOOGIE - COOLEY02'41
14 THAT S ALL TIGHT - CRUDUP02'55
15 DOWN THE ROAD APIECE - MILBURN03'00
16 EVRYTHING S MOVING TOO FAST - LEE02'59
17 AURA LEE (LOVE ME TENDER) - SHELTON02'42
18 ROCKY ROAD BLUES - MONROE02'36
* * * * Le Monde de la Musique

« A l’écoute des quinze premiers titres, on pourrait reprendre mot pour mot les critiques qu’avait suscitées dans ces pages le volume 1 de cette série. Sous ce "Rock N’ Roll", il faut savoir lire le sous-titre et si l’intérêt est au rendez-vous de chaque titre, on est tenté de dire, pour s’en tenir au sujet dont il est question, que l’on a compris la leçon du volume 1 et qu’il est inutile d’y revenir : le rock a ses origines dans les musiques des communautés rurales noires ou blanches et dans leurs avatars urbains. Soit la démonstration tire à la ligne, soit elle est insuffisante, et l’on voudrait alors voir l’auteur du livret pointer plus précisément titres, textes, tournures instrumentales ou vocales qui traverseront le siècle pour être immortalisés par les stars du rock. Mais au fil de la première face, l’impatience du fan de Rock N’ Roll commence à s’estomper. C’est la fin du premier disque de ce double album, plus précisément, comme on pouvait s’en douter, avec le Caledonia Boogie de Louis Jordan, que l’on commence à se sentir chez soi. De Bill Monroe (Rocky Road Blues) à Peggy Lee (Everything’s Moving Too Fast), le deuxième disque nous embarque presque sans pause. On y croise le très spectaculaire T-Bone Walker, le classique Guitar Boogie d’Arthur Smith, l’incontournable Choc Choo Boogie de Louis Jordan, des personnalités significatives telles que Merle Travis, les Delmore Brothers, Spade Cooley, Amos Milburn ou le bluesman Arthur Crudup dont le That’s All Right fera le succès de Presley. Les guitares s’électrifient, la steel guitar s’impose et l’accordéon joue brillamment des coudes pour une brève bouffée d’oxygène avant la disgrâce dans laquelle replongera l’avènement du rock. Bref, on est prêt à beaucoup pardonner, sauf peut-être l’oubli sur le volume précédent de Robert Johnson. » Franck BERGEROT – LE MONDE DE LA MUSIQUE. Ce disque a reçu la distinction * * * * Le Monde de la Musique


« A l’écoute des quinze premiers titres, on pourrait reprendre mot pour mot les critiques qu’avait suscitées dans ces pages le volume 1 de cette série. Sous ce "Rock N’ Roll", il faut savoir lire le sous-titre et si l’intérêt est au rendez-vous de chaque titre, on est tenté de dire, pour s’en tenir au sujet dont il est question, que l’on a compris la leçon du volume 1 et qu’il est inutile d’y revenir : le rock a ses origines dans les musiques des communautés rurales noires ou blanches et dans leurs avatars urbains. Soit la démonstration tire à la ligne, soit elle est insuffisante, et l’on voudrait alors voir l’auteur du livret pointer plus précisément titres, textes, tournures instrumentales ou vocales qui traverseront le siècle pour être immortalisés par les stars du rock. Mais au fil de la première face, l’impatience du fan de Rock N’ Roll commence à s’estomper. C’est la fin du premier disque de ce double album, plus précisément, comme on pouvait s’en douter, avec le Caledonia Boogie de Louis Jordan, que l’on commence à se sentir chez soi. De Bill Monroe (Rocky Road Blues) à Peggy Lee (Everything’s Moving Too Fast), le deuxième disque nous embarque presque sans pause. On y croise le très spectaculaire T-Bone Walker, le classique Guitar Boogie d’Arthur Smith, l’incontournable Choc Choo Boogie de Louis Jordan, des personnalités significatives telles que Merle Travis, les Delmore Brothers, Spade Cooley, Amos Milburn ou le bluesman Arthur Crudup dont le That’s All Right fera le succès de Presley. Les guitares s’électrifient, la steel guitar s’impose et l’accordéon joue brillamment des coudes pour une brève bouffée d’oxygène avant la disgrâce dans laquelle replongera l’avènement du rock. Bref, on est prêt à beaucoup pardonner, sauf peut-être l’oubli sur le volume précédent de Robert Johnson. » Franck BERGEROT – LE MONDE DE LA MUSIQUE. Ce disque a reçu la distinction * * * * Le Monde de la Musique




"Un grand coup de chapeau" par Jazz Notes

« Panorama sur huit ans de l’évolution de la musique populaire américaine. C’est donc 36 plages qui illustrent à travers le Blues, la Country, le R & Blues, la prise de possession de la tendance Boogie Woogie qui déferle sur le continent américain.... » JAZZ NOTES


« Panorama sur huit ans de l’évolution de la musique populaire américaine. C’est donc 36 plages qui illustrent à travers le Blues, la Country, le R & Blues, la prise de possession de la tendance Boogie Woogie qui déferle sur le continent américain. Le livret de notre confrère Gérard Herzhaft vous donne à ce sujet toutes les indications nécessaires. Quant à la partie musicale, elle illustre tout à fait le phénomène avec les tubes de l’époque qui sont restés légendaires pour la plupart. Un excellent document qu’il faut saluer d’un grand coup de chapeau. » JAZZ NOTES




"Sachons apprécier chaque seconde de ce menu composite, instructif et rythmé" par Rock & Folk

« Sans remonter jusqu’aux Tambours du Burundi, ces deux volumes font le point sur ce qu’on serait tenté d’appeler les racines du rock’n’roll. ... » ROCK & FOLK


« Sans remonter jusqu’aux Tambours du Burundi, ces deux volumes font le point sur ce qu’on serait tenté d’appeler les racines du rock’n’roll. Il est bien évidemment question de jazz, boogie-woogie, country blues et western swing. De l’insolite "Rock And Roll" de 1934 des on ne peut plus blanches Boswell Sisters au ô combien signifiant "I Got Texas In My Soul" de Tex Williams, du torride "It Feels So Good" des Heartman’s Heartbreakers blésé par une Betty Lou en rut ("Daddy o daddy, don’t be so mean / Look up on the shelf and get the vaseline") à l’accordéon débridé de Spade Cooley, les embuscades vont bon train. "Caldonia" et "Choo Choo Ch’Boogie" se seraient volontiers passés de reverb mais, plutôt que d’énumérer les lacunes d’une sélection forcément arbitraire, sachons apprécier chaque seconde de ce menu composite, instructif et rythmé. » ROCK & FOLK




"Somptueuse anthologie" par L'Affiche

La légende a retenu le 5 juillet 1954, jour où un employé de la compagnie d’électricité de Memphis, Tennessee, Elvis Aaron Presley, enregistre pour un standard de rhythm n’blues, « That’s All Right Mama » d’Arthur « Big Boy » Crudup, comme date de naissance du Rock n’roll. Mais pour naître il faut avoir été engendré. Les innombrables papas et mamas d’Elvis et consorts sont recensés dans « Roots Of Rock n’Roll 1938-1946 », somptueuse anthologie en deux Cds et quarante titres des grandes manœuvres de rapprochement de Mister Blues et Miss Country sous la houlette du grand entremetteur Doc Boogie Woogie. Sangs mêlés, sons mêmes : cette période de bruits et de fureur jette à nouveaux les miséreux et leurs musiques populaires sur les routes du sud rural et du nord urbain. Au contact du swing des villes, ses musiques populaires américaines s’enflamment, s’électrisent. Un groove irrésistible, rapide, érotique, le boogie woogie. Ce tempo né dans les jukejoints (ces bouges musicaux du ghetto) prend l’allure d’une tornade frénétique dans tous les ballrooms, des bars des ghettos noir aux clubs huppés jouxtant Park Avenue. Beaucoup des tracks de cette époque, ici retrouvés , deviendront des standards du Rock n’roll. Le susnommé « That’s All Right Mama » à l’orchestration épurée (guitare électrique-basse-batterie) et purement rythmique évoque déjà le son futur des disques Sun. Mais son auteur Arthur Crudup n’entendra, lui, jamais tinter le son d’une royaltie. Louis Jordan est présent avec son fameux classique « Caledonia Boogie ». Chuck Berry reprend un classique d’Amos Milburn, formidable pianiste noir texan de Woogie dont se souviendra aussi Little Richard « Hillbilly Boogie » des countrymen Delmore Brothers est déjà un pur Rockabilly avant l’heure. Egalement présents : T. Bone Walker dont beaucoup de guitaristes de rock ont puisé quelques idées à cette source. Champion Jack Dupré, Big Bill Broonzy, Big Joe Turner, Bill Monroe père du Blue-grass. On croise aussi  Peggy Lee, fille du nord douée d’un swing exceptionnel. Mais c’est la Diva Ella Fitzgerald qui la première accolera dans un chanson de deux mots « balance » et « roule ». « Roots Of Rock n’Roll, 1938-1946 », aux pionniers du rythme, le rock reconnaissant. JACKROLL M. – L’AFFICHE




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