FERNAND OURY - UN HOMME EST PASSE - DVD NTSC

L'ECOLE AVEC FRANCOISE DOLTO VOL 3

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Nombre de CDs : 2


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Ecole d’hier ou de demain, autoritarisme ou laisser faire, contenu ou relation, instruire ou éduquer : à quoi joue-t-on ? se demande Fernand Oury, dès 1958.
Autre chose est possible aujourd’hui, aussi éloigné de l’autoritarisme ordinaire que du laisser-faire de la classe de rêve. Et certainement pas entre les deux.
Demeuré instituteur, dans le cadre de l’Education Nationale, F. Oury développe une pédagogie originale en s’inspirant de Freinet mais aussi des apports des sciences humaines et de la psychanalyse. Des techniques bien rodées permettent d’acquérir le primaire, c’est-à-dire le primordial : parler, lire, écrire, compter.
D'autres techniques font de la classe, de l’école, un milieu de vie institutionnalisé où la loi naît de la parole des enfants, où la parole naît de la loi. D’une loi autre, bien sûr, d’une loi qui autorise le désir.
Le troisième volet de la collection des films pédagogiques de Fabienne d’Ortoli et Michel Amram : “Un homme est passé” est consacré au parcours de celui qui, quarante années durant, a permis qu’existent des classes différentes et insolites avec une insolente réussite.
Patrick Frémeaux, l’éditeur

DVD1 : Fernand Oury, un homme est passé. Film. Durée 105 minutes
DVD2 : Les compléments. Durée 110 minutes
Format : NTSC Monde

Droits : Frémeaux & Associés et l'Ecole de la Neuville

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Fernand Oury

Frémeaux & Associés Télévisions & L’Ecole de La Neuville présentent
L’Ecole avec Françoise Dolto (III)
Fernand Oury "Un homme est passé"

L’école sur mesure où,
le désir retrouvé,
chacun travaille
à son niveau,
à son rythme
selon ses capacités actuelles.
Fernand Oury  

Un film de FABIENNE D’ORTOLI ET MICHEL AMRAM 

« Au début des années 1970, Fernand Oury et Françoise Dolto avaient soutenu le projet de l’école de La Neuville, école du “désir retrouvé”. »  
L’École Aujourd’hui (Nathan), à propos de L’École avec Françoise Dolto (II) 

Sommaire 
Dvd 1 • Fernand Oury, un homme est passé - 106 mn
Dvd 2 • Présentation des Trois exemples de pratiques institutionnelles au XXème siècle - 4 mn • Makarenko ou Les Chemins de la Vie - 18 mn • Les Chaises. Avec Jean Oury à La Borde - 24 mn • Le petit diaporama de Catherine Pochet - 58 mn

Avec le concours de Jean Oury, Joëlle Oury, François Oury, Patrice Buxeda, Gladys Caballo, Mireille Cifali, Bernard Defrance, Stéphane Derveaux, Marie Depussé, Jean Di Rosa, Michel Exertier, Annie Grochowski, Francis Imbert, Philippe Jubin, Philippe Meirieu, Bernard Montaclair, Sebastien Pesce, Daniele Viallon  et Catherine Pochet

Le film et les compléments de programme ont été réalisés par Fabienne d’Ortoli & Michel Amram, fondateurs et actuels responsables de l’école.
Images complémentaires et montage : Emmanuelle Dupouy  et Louis Blanchet-Kapnist.
Mixage et étalonnage vidéo : Vincent Blanchet. 
Sous-titrage anglais : Perle Mohl.

Nous remercions l’équipe pédagogique de la Neuville pour sa collaboration, ses conseils, le soutien apporté à ces réalisations pédagogiques : Emmanuel Audusse, Sophie Cornelis, Maïder Leroux, Rania Makhoul, Saturnin Mesnil, Zoé Mesnil, Nicolas Mullier, Clémence Morisseau, Sébastien Pesce, Flavia Silva, Adrien Simiot, Alexandre Vaillant. Nos plus vifs remerciements à Jean Oury, Joëlle Oury et François Oury sans l’aide desquels ce film n’aurait pu être réalisés ainsi qu’à Jacques Pain et Lucien Martin pour leur précieux concours. 

Dans ce double dvd
L’instituteur(1)
« Qu’est-ce qu’un milieu éducatif ? 
Qu’est-ce qui fait que là, on vit plus et mieux qu’ailleurs ? 
Qu’est-ce qui fait progresser enfants et adultes ? 
Et comment faire ?

Depuis un quart de siècle, nous essayons, à partir de la description et de l’analyse de classes “insolites” souvent isolées dans des écoles casernes, de répondre à ces questions. Autrement que par des discours.  “C’est à d’autres travailleurs, à ceux qui font ou tentent de faire que nous offrons ce travail… nous en sommes à la préhistoire… Cro-Magnon de la pédagogie, inlassablement, nous taillons nos silex, des outils qui pourront servir à d’autres.” Brûlant tout, certains “révolutionnaires” ou se croyant tels, se sont improvisés pédagogues.  Ils ont cru nécessaire et possible de tout réinventer, de repartir de zéro.  D’où certaines écoles nouvelles ou parallèles qui ne valent pas beaucoup plus. Dommage, car l’enthousiasme y était et à présent on peut faire l’économie de certains pataugeages; des techniques bien rodées permettent d’acquérir le primaire, c’est-à-dire le primordial : parler, lire, écrire, compter. D’autres techniques font de la classe, de l’école, un milieu de vie institutionnalisé où la loi naît de la parole des enfants, où la parole naît de la loi.  D’une loi autre, bien sûr, d’une loi qui autorise le désir. Naît ainsi un milieu autre où l’organisation devient la condition de la liberté, la liberté condition de l’organisation.  On ne comprend plus ? Tant pis. Peut-être est-ce intraduisible en français ? Savoir qu’à présent autre chose est possible, qu’on ne peut plus se permettre ou se contenter de rêver la pédagogie. » C’est dans un courrier, daté de 1978, et qui nous était adressé que Fernand Oury énonçait quelques-unes des règles qui avaient fait de sa classe, de l’école, le lieu d’instruction, d’éducation, de civilisation qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être dans notre Société qui ne sait d’ailleurs pas faire sans. Un discours que l’on peut être surpris de trouver, aujourd’hui, non dans le mémoire d’un théoricien mais sous la plume d’un simple instituteur tant on a oublié l’importance de ce métier.  Comme on a oublié que l’instituteur est celui qui institue. On l’appelait aussi, autrefois, le maître. 
Fabienne d’Ortoli & Michel Amram 

La collection
L’école avec Françoise Dolto
“L’école avec Françoise Dolto”, c’est d’abord un livre paru en octobre 1990 aux Editions Hatier dans la collection dirigée alors par Catherine Dolto. Ecrit un an après la mort de la psychanalyste, le livre, sous-titré “Le rôle du désir dans l’éducation” raconte à la fois l’aventure pédagogique des Neuvillois et les quinze années que dura la collaboration avec celle qui fut la marraine de l’école. Il fallut vingt ans pour en voir la version cinématographique : “Françoise Dolto & La Neuville” (réédité chez Frémeaux Associés) dans le cadre d’une collection de films à paraître à partir de septembre 2008. Cette collection a pris la forme de plusieurs “double dvd” avec, dans chaque coffret, un film et de nombreux compléments de programme qui accompagnent et prolongent les propos du film apportant les informations utiles à une meilleure compréhension du film mais aussi des outils de l’école.  Cette collection offre sur l’ensemble du travail accompli à L’Ecole de La Neuville des vues à la fois fragmentaires et multiples, nécessaires pour comprendre l’ensemble des processus pédagogiques et institutionnels en jeu. Le second film : “Wiensjahr, l’année de Vienne” complète le premier volume de la collection en présentant le programme culturel de cette année 2004 au centre duquel figure Sigmund Freud, “le maître de nos maîtres”. Il permet aussi de voir l’Ecole telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. Le nouveau film de la collection aborde le sujet de la Pédagogie Institutionnelle en donnant à Fernand Oury la place qui lui revient pour son influence sur le projet neuvillois.  « Ce film est dédié aux “Hussards noirs”,  les irremplaçables instituteurs de la République Française dont faisaient partie mon père et ma mère. »  
Michel Amram 

« Le désordre, ce n’est pas quand les enfants piaillent et gesticulent, quand ils font ce qu’ils veulent, jouent au lieu de travailler ou cassent les fauteuils. Ils peuvent indéfiniment redire et chanter leur enfance, transgresser la loi qui ferait d’eux des hommes entiers. Ce désordre là est plutôt sympathique, cette éducation là n’est pas mauvaise, elle sera même, et de plus en plus, vivement recommandée. Quoi de plus charmant qu’une masse d’imbécile heureux ? Quoi de plus commode à manipuler ? Le désordre, c’est quand les enfants parviennent à faire ce qu’ils ont, ensemble, décidé de faire ; quand il ils prennent la parole, organisent, partagent, pouvoir et responsabilité : quand ils prétendent exister. Le danger est là. La peur aussi. Dogues, limiers, corniauds, les chiens de garde de tout poil vont donner de la voix. »  
Fernand Oury, 1970 

Fernand Oury, sa vie, son œuvre
par Jacques Pain
Fernand Oury est né le 18 janvier 1920 à Paris, et grandit à La Garenne Colombes. Il meurt le 19 Février 1998 à Blois.  Ses parents venaient de Nogent en Bassigny, le pays de la coutellerie. Son père était ouvrier polisseur chez Hispano Suiza, sa mère ouvrit une agence immobilière à La Garenne. Il est très tôt du mouvement des auberges de Jeunesse, “Ajiste”. Pendant la guerre, suspecté de propagande contre l’occupant, Il est interné politique, à la prison Les Tourelles, puis à la Santé (en 1942). Autant d’expériences difficiles mais structurantes qui marqueront son “entrée en pédagogie”. Il est aussi un pratiquant assidu de boxe et de judo, et en tirera des leçons pour sa pédagogie. 

En 1939, il se retrouve instituteur suppléant, avec 45 enfants. Il met entre parenthèses les réflexes acquis à l’école caserne, et comprend très vite que les classes homogènes sont un rêve de politique, que “chaque élève est hétérogène”. Ces élèves “ont un corps et des soucis personnels”, et si le maître ne leur prête pas attention, ils “ne sont pas là”. Ils n’ont pas besoin d’une machine à enseigner, mais d’un adulte “vigilant, disponible, entier, vivant”. C’est à partir de là que Fernand Oury postulera que l’éducation ne peut qu’être “sur mesure”. En 1945 il démarre un journal dans sa classe. C’est l’époque où il s’est investi dans les Caravanes ouvrières, il en dirige, il s’y retrouve avec Félix Guattari, qu’il a eu brièvement comme élève. Les réflexions vont bon train, avec bien sûr Jean Oury, qui est en psychiatrie et bientôt rejoindra François Tosquelles à l’Hôpital de Saint Alban.  Tosquelles, le “Lacan des Institutions”, sera de ces recherches et de ces mouvements de pensée qui accompagneront la pédagogie institutionnelle en maturation (1948). Fernand Oury cherche sa voie, et il en est alors à organiser ses références pédagogiques. Il est en quête de pratiques nouvelles, au plus près des problèmes de son temps. Il n’est pas loin du Makarenko du Poème pédagogique, ou du Deligny de La Grande Cordée.  En 1949 il se décide à rejoindre le mouvement Freinet. Il est en stage à Cannes. C’est un choc ! Il découvre que des praticiens travaillent autrement, et réussissent, en se formant coopérativement, avec une grande efficacité. Qu’il y a des alternatives à l’école “assise”, pour reprendre la belle expression de Ferrière.  Une question préoccupe encore Fernand Oury : Freinet est à la campagne, comment faire de la pédagogie active en ville, dans la “jungle urbaine” en plein développement ? En fait il a eu des expériences “de terrain” décisive. En 1949, dans une colonie de vacances d’adolescents, en 1952 en colonie maternelle, et en 1953 en IME, à Herbault. C’est là qu’il “invente” le conseil, et les “ceintures” de comportement - reprises du judo. Les “colonies” sont déterminantes pour Fernand Oury.  En fait l’idée est simple et éducatrice : c’est en prenant l’avis de toutes et tous que l’on progresse dans la vie quotidienne en groupe, en institution ; c’est en discutant des comportements et en les repérant, en les accompagnant, que l’insécurité devant l’agressivité se banalise et s’éduque. Les dix années suivantes le verront installer les Techniques Freinet dans une classe de ville, en “milieu urbain”. Il est très proche de ce qui est en 1952 désigné comme la “psychothérapie institutionnelle”, et de ses fondamentaux “politiques”, la psychanalyse et la place du sujet (“apprenant”, et maître), la dynamique des groupes et la psychologie sociale. Ces deux dimensions de la pratique des institutions sont “les deux jambes”, disait Tosquelles, du quotidien du sujet et du groupe “institutionnels”. Freud, Lewin, Freinet. Marx n’est pas loin, c’est le trépied popularisé par Fernand Oury dans les années 60, parmi bien d’autres aphorismes et maîtres mots “affichés” qui sont en eux mêmes des mémentos enseignants. 

“Ne rien dire que nous n’ayons fait. On enseigne que ce que l’on sait faire, et comme on l’a appris. La parole ne se donne pas, elle se prend. Des Lieux, des Limites, des Lois, c’est la possibilité du Langage et de l’éducation. Se taire pour mieux entendre.” Ce que Fernand Oury est alors à inventer, c’est une pédagogie active qui tienne compte des Sciences Humaines, et de l’Inconscient. En 1958 au congrès Freinet de Paris Jean Oury, à partir de la Psychothérapie Institiutionnelle (Ouverture de la Clinique de La Borde, 1953), la nomme “Pédagogie Institutionnelle”. Aïda Vasquez, une jeune psychologue vénézuélienne, en volonté d’observation de ces classes “institutionnalisées”, où le conseil de coopérative, et le texte libre, la correspondance, les métiers, sont “entrés en analyse”, deviendra essentielle à la publication et à la connaissance de “la PI”. Les concepts psychanalytiques “prennent de la pratique” en classe. Ils ne font pas de la classe autre chose qu’un lieu pour apprendre ; mais pour apprendre mieux (Francis Imbert).

Les premiers groupes “Pistes” se diviseront sur la question de la psychanalyse, tout comme le mouvement Freinet. Et Raymond Fonvieille et quelques autres instituteurs resteront sur une pédagogie autogestionnaire et conseilliste, mais sans la sensibilité psychanalytique des praticiens regroupés autour de Fernand Oury.  Aujourd’hui la différence est faite par le terrain. Il y a des centaines de classes et d’institutions “TF.PI” (Techniques Freinet-Pédagogie Institutionnelle), en France et ailleurs, qui se réclament de Fernand Oury, et des “Groupes d’Education Thérapeutiques” (1965). “La classe institutionnelle où le fantasme devient parole… tout comme l’agitation devient activité… est un lieu où toute parole peut être entendue (sinon reçue), justement parce que ce lieu n’est pas n’importe quoi : des lois précises y sont observées, qui permettent transferts, projections, identifications, etc… et un certain contrôle de ce qui se passe”, écrit Fernand Oury dans le livre  “rouge”, déjà cité.  Les “monographies” d’enfants en seront la littérature. C’est là que la psychanalyse joue son rôle, comme une lecture de la subjectivité à l’école, en situation scolaire, et transcende l’étude de cas. Le “cas” en fait est celui de l’enseignant et de ses relations “contre-transférentielles”. Nous parlions du livre rouge. En effet, les livres sont marqués par les couleurs. Comme les couleurs des ceintures de judo, qui permirent de créer une discipline des comportements collective : arrêtée en conseil, mais soumise à la différenciation des parcours personnels. 

Ce que Fernand Oury indique ici, c’est que la classe et l’école sont des acteurs décisifs dans la structuration de la personnalité de l’enfant et de l’adolescent. On le redécouvre aujourd’hui, dans la grande violence sociétale. Les livres se vendent en nombre, sans publicité. La pédagogie institutionnelle inspire de surcroît les milieux éducatifs, les travailleurs sociaux, l’animation urbaine. Elle porte en elle-même la matrice de pensée d’une pédagogie de résistance, d’une démocratie “d’apprentissage”, et de prévention de la violence.  En 1972, nous étions à ses côtés pour soutenir la création de “Centres de pédagogie et de psychothérapie institutionnelles”, après d’autres propositions aussi novatrices, comme le “complexe expérimental” qui liait déjà école, formation et recherche. On peut résumer l’ensemble dans une question plus complexe mais claire : une école en bonne santé mentale, qui se soigne et soigne ses relations humaines, tient résolument la démocratie des apprentissages, et enseigne dans le respect des hétérogénéités, réussit. Nous le constatons chaque jour. Elle peut prendre plus de temps au départ, mais elle réveille le désir d’école, ce qui aujourd’hui est presque un miracle. Il n’y a pas un jour où les structures en difficultés, en France, dans les Dom Tom, et ailleurs, en Europe, en Amérique Latine, ne redécouvrent Fernand Oury. Il est désormais parmi les “grands pédagogues”.  Il vit encore, parmi nous, par des groupes structurés et offensifs, et des personnes, toujours mobilisés par les réponses à la mondialisation violente de l’intelligence. Il a ouvert le champ humain d’une pédagogie du savoir en situation sensible. La pédagogie institutionnelle ne fait que commencer. 

Fonvielle Raymond. L’aventure du mouvement Freinet, Paris, méridiens Klincksieck, 1989.
Fonvielle Raymond. Naissance de la pédagogie autogestionnaire, Paris, Anthropos, 1998.
Imbert Francis. L’inconscient dans la classe, Paris, ESF, 1996.
Laffitte René, et l’association Vers La Pédagogie Institutionnelle. Essais de pédagogie institutionnelle, Nîmes, Champ social, 2006.
Oury Fernand, Vasquez Aïda (1967). Vers une pédagogie institutionnelle, Paris, Maspéro. Réédité Matrice éditions, 71 rue des camélias, 91 270 Vigneux. 
Oury Fernand, Vasquez Aïda (1971). De la classe coopérative à la pédagogie institutionnelle, Paris, Maspéro. Idem Matrice éditions.
Pain Jacques, Oury Fernand, (1972). Chronique de l’école-caserne, Paris, Maspéro. Idem Matrice éditions.
Pochet Catherine, Oury Fernand, (1979). Qui c’est l’Conseil ?, Paris, Maspéro. Idem Matrice éditions.
Pochet Catherine, Oury Fernand, Oury Jean (1986). L’année dernière, j’étais mort (Miloud), Vigneux, Editions Matrice.
Thébaudin Françoise, Oury Fernand (1995). Pédagogie institutionnelle, Vigneux, Editions Matrice. 

Fernand Oury, un maître
par Jacques Ricot (2)
Rendre hommage à quelqu’un, c’est se reconnaître l’homme, le vassal d’un maître, selon le sens que la féodalité donnait à ce terme d’hommage dont nous pouvons garder aisément la fécondité suggestive, à condition de le débarrasser de ses connotations rigidement hiérarchiques. Il ne me paraît pas exagéré de soutenir que Fernand Oury fut un maître et que, si nous ne sommes pas ses hommes liges, il nous a aidés à être davantage hommes. C’est à cette altitude que se situe notre hommage. Car, de quoi est porteuse ce qui se nomme désormais, et avec un bonheur d’expression dont nous sommes redevables à Jean Oury, la pédagogie institutionnelle ? Non pas d’une version particulière d’éducation nouvelle, ni d’une pratique offerte à la dissection des improbables sciences de l’éducation, ni bien entendu d’une théorisation verbeuse pour philosophe enseignant dans les instituts de formation des maîtres. La pédagogie institutionnelle n’est pas un concept, c’est une direction. Elle indique donc, elle fait signe, mais seulement à ceux qui en passent par l’expérimentation, dans leur pratique, de cette insistance du désir, sur quoi tout l’édifice repose. Alors loin des réponses convenues des technologues de l’éducation qui, lorsqu’ils parlent de maître, confondent magister et dominus, ou encore enseignement magistral et discours terne, il faut d’urgence réhabiliter le vocable et dire que Fernand Oury fut un maître. Pourquoi ? Parce qu’il a maintenu dans une conjoncture politique et pédagogique qui n’était pas favorable, que la classe est une institution, une scène dont la ritualisation est indispensable, que la parole qui circule, à commencer par celle du maître est d’abord une parole de vie, une parole pleine. Comme celle à laquelle l’élève est convié, loin de la démagogie qui laisse causer pour faire taire. Travailler avec l’élève n’a jamais signifié abolir la part et la place du maître, car Fernand Oury était trop conscient de l’impératif de transmission, comme on peut le constater avec sa notion d’école paternelle. Et surtout, il a maintenu contre vents et marées, dans un contexte où il fallait pourtant résister à l’école-caserne, l’indispensable frustration (la fameuse castration symbolique) et la rigueur des places de chacun dans l’institution scolaire, qu’il ne lui serait pas venu à l’idée de nommer communauté éducative selon la désolante terminologie officielle du moment. Enfin, il y a un paradoxe étonnant chez Fernand Oury, celui qui consiste à refuser énergiquement de parler d’autre chose que de sa pratique, et pourtant de fonder en rigueur l’intelligence de cette pratique. Il me semble qu’on se méprendrait gravement si l’on interprétait son repli obstiné sur le discours monographique comme le résultat d’une incapacité théorique. Daniel Hameline, avec sa perspicacité coutumière, a su dire que c’était un rusé, c’est-à-dire, s’il m’est permis de préciser à ma façon le sens de métis, appliqué à Fernand Oury, quelqu’un de très intelligent qui savait qu’avec la monographie, on parle, selon le mot de Lacan, le seul langage possible.  
Jacques Ricot 

Le cas particulier de la marraine et au parrain de l’Ecole de La Neuville
par Fabienne d’Ortoli et Michel Amram
A la fin des années soixante, quelques pavés, heureusement précurseurs, avaient agité la mare éducative française.  Et quels pavés ! En 1967, Fernand Oury publiait aux Editions Maspero : Vers une pédagogie Institutionnelle préfacé par Françoise Dolto. Deux années auparavant, elle avait déjà introduit, et avec quelle virulence : Le premier rendez-vous avec le psychanalyste  de Maud Mannoni. Même si on a parlé d’utopie à propos des analyses et perspectives proposées dans ces pages d’avant-garde, rien ne serait plus jamais comme avant. “Savoir qu’à présent autre chose est possible, écrivait Fernand Oury, qu’on ne peut plus se permettre ou se contenter de rêver la pédagogie”. Fernand Oury et Françoise Dolto s’étaient déjà rencontrés, ils avaient même travaillé ensemble. La seconde s’intéressant beaucoup aux tentatives du premier pour modifier les façons de faire dans le cadre de l’Education Nationale. Et l’entreprenant instituteur avait, de son côté, sollicité l’aide de cette psychanalyste atypique pour réfléchir avec lui, et d’autres, sur certaines questions de pédagogie. Il en était résulté quelques outils que l’on n’aurait pas pu trouver, avant cela, sur les sentiers battus et rebattus qui conduisaient quotidiennement à l’école-caserne.  Mais il est vrai que l’instituteur n’était pas moins atypique : frère de Jean Oury3 et peut-être encore plus proche de Jacques Lacan que Françoise Dolto.

C’est à ce moment-là, et sans doute pas par hasard, que vont éclater les événements de Mai 68 dont l’Ecole de la Neuville sera l’un des innombrables avatars. Mais revenons un instant sur la façon dont cet improbable projet a vu le jour. Les Neuvillois avaient contacté Fernand Oury, lui-même occupé alors par le projet d’ouverture d’une école en internat. L’instituteur leur téléphone aussitôt, inquiet à l’idée que ces jeunes, comme tant d’autres, ne soient pris par la fascination contagieuse que certaines expériences non-directives suscitaient à ce moment précis (“Il est interdit d’interdire”). Il les met en garde contre la tentation de faire un nouveau Summerhill. Ils ne tinrent pas compte de cet avertissement, qu’ils n’avaient d’ailleurs pas vraiment compris, n’étant pas intéressés par cet aspect-là de l’incontournable succès de librairie.  Les aspirants pédagogues rencontrèrent donc Fernand Oury dans sa banlieue, à La Garenne-Colombes. Lui, après avoir vérifié leur capacité à se lancer dans l’aventure, les incita à solliciter un rendez-vous de Françoise Dolto, rue Saint Jacques. La psychanalyste est hésitante. Elle ne se sent pas très compétente sur la question mais accepte de les recevoir, sans doute parce que c’est l’instituteur qui les lui avait adressés. On sait ce qu’il advint durant cette rencontre, fondatrice du chantier neuvillois. Fabienne, Michel et Pascal qui avaient déjà ouvert leur drôle d’école à La Neuville-du-Bosc, un petit village de l’Eure, sont à pied d’œuvre et vont tâcher de mettre en place une pédagogie innovante avec pour livre de chevet De la classe coopérative à la Pédagogie Institutionnelle4 publié entre temps. Cette démarche se complète et s’augmente de la réflexion que suscite en eux l’irruption dans leur petite structure d’enfants “momentanément en difficulté” que leur confie la psychanalyste durant la semaine, tout en continuant à les recevoir en psychothérapie, le week-end. Il faut y ajouter, enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, la nécessité pour nos apprentis pédagogues de faire école avec ce groupe très hétérogène, et ce, sans négliger aucun des éléments qui le compose pour en tirer tout le bénéfice.

Les Neuvillois tricotaient leur pédagogie avec trois fils : le leur se mêlant à ceux de leur parrain et de leur marraine. Les outils de Fernand Oury et de la Pédagogie Institutionnelle s’avèrent précis, efficaces, tranchants comme des lames de couteau. Ils demandent un peu plus d’expérience qu’ils n’en ont alors. Cela leur prendra du temps pour les maîtriser de mieux en mieux. Les apports de Françoise Dolto sont plus souples, les progrès obtenus représentent autant d’avancées dans les esprits neuvillois et permettent à tout ce petit monde de vivre en harmonie dans un lieu où chaque initiative semble prendre son sens et produire des effets au fur et à mesure qu’on la met à disposition du groupe. “Ça parle et ça circule autant ça peut et il se pouvait beaucoup” dira Colette Langignon de cette période de grâce. Les fondateurs, ayant compris que si le métier d’enseignant ou d’éducateur en était un, alors, il nécessitait les compétences d’une infinité d’autres métiers qu’il leur faut apprendre et qu’il fallait, à la Neuville, viser à être “à la fois, et simultanément, enseignant, éducateur et soi-même” comme le leur avait suggéré Françoise Dolto. Les idées en provenance du parrain et de la marraine ne sont pas seulement compatibles entre elles, elles ne co-existent pas seulement. Ces deux sources distinctes, chacune parfaitement repérable dans l’utilisation que l’on en peut faire, ont une interaction positive. En fait, ces deux courants s’additionnent, se démultiplient même, et les Neuvillois ont le sentiment d’être maintenant littéralement portés sur leur pourtant frêle embarcation. La seule condition pour en bénéficier étant de savoir naviguer sur ces torrents d’idées où les rapides sont des moyens d’aller plus vite mais sans danger de chavirer.  Comme si tout avait été prévu, anticipé. C’est sans doute qu’il s’agissait-là d’une eau aux vertus magiques. Simplement il fallait parfois reprendre son souffle, apprécier la trajectoire et ne rien essayer d’autre que de se rééquilibrer. D’autrefois, il fallait pagayer ferme et tous ensemble pour rallier un point avant que les eaux tumultueuses ne nous renversent.  Les choses avançaient. On eût dit s’il s’agissait d’évidences, que l’intelligence de l’ensemble nous évitait comme par enchantement de commettre les erreurs fatales. Il y avait juste besoin d’éviter les écueils, de s’aguerrir, de devenir au lieu d’aventuriers intrépides, des navigateurs au long cours.

Les années passèrent. Françoise et Fernand les accompagnèrent, chacun, le plus loin qu’ils purent. Il n’est pas utile de revenir là-dessus dans le détail car le récit de cette aventure a été donné, par ailleurs, en livre et en film5.  L’Ecole de La Neuville a 35 ans et elle se continue à la fois différente et la même.  D’autres, dont Michel Plon6 et Jacques Pain7 sont venus, à leur tour, soutenir le projet. On n’y applique pas d’idées venues d’ailleurs, on ne s’y inspire plus d’autres travaux aussi prestigieux soient-ils.  On y fait ce que l’on sait faire : La Neuville. Ce parrain et cette marraine ont permis que la nouvelle née démarre bien sa vie en lui faisant don de leur attention avec une générosité illimitée. Ils lui ont sans doute transmis bien plus que ce dont elle s’était rendu compte dans son enfance, bien plus qu’elle ne pouvait comprendre.  Cependant tout s’était inscrit en elle. Et plus tard, quand Françoise Dolto et Fernand Oury s’en sont allés, les Neuvillois ont compris qu’ils les avaient autorisés, de façon permanente, à croire dans leur capacité à imaginer, à inventer ce dont ils auraient besoin dorénavant en puisant dans un fonds sans fond : l’analyse de leur pratique au risque de leur désir. 
Le 11 novembre 2008 à l’occasion du 35ème anniversaire de l’Ecole de La Neuville 

Les compléments de programme
Trois exemples de pratiques institutionnelles au XXe siècle
La colonie Gorki et la Clinique de La Borde en amont, la classe coopérative de la Pédagogie Institutionnelle en aval font sans aucun doute partie des institutions éducatives et thérapeutiques les plus marquantes du siècle.  Autour de l’œuvre de Fernand Oury et pour compléter un film qui aurait pu faire le double de sa longueur sans épuiser le moins du monde le sujet, nous souhaitions proposer d’explorer, un peu plus avant, ces trois exemples de pratiques institutionnelles au XXe siècle, déjà mises en exergue dans Un homme est passé afin de mieux comprendre les liens tissées de l’une aux autres. 

I. Makarenko ou Les Chemins de la Vie
On pourra voir dans ce document des extraits du film inspiré de la vie et de l’œuvre d’Anton Semionovitch Makarenko : Les Chemins de la Vie. commentés par Jacques Pain et Michel Amram, du double point de vue de l’histoire de la pédagogie et de l’histoire du cinéma.  Dans les années 20, immédiatement après la révolution de 1917, les réalisateurs soviétiques se voient assigner la mission exaltante de magnifier les événements sociaux, politiques et culturels qui venaient de se dérouler et se poursuivaient encore…  Par une série de films épiques, innovants et résolument populaires, les Eisenstein, Dovjenkho, Poudovkhine et bien d’autres allaient forger de nouveaux éléments du langage cinématographique et grandement participer à créer le cinéma moderne. Quelques temps après, en 1931, le premier film soviétique parlant, sera consacré à… Makarenko, le pédagogue de la Colonie Gorki, l’auteur du Poème pédagogique. C’est, rétrospectivement, étonnant de le voir ainsi reconnu, et même cité comme une sorte de héros de la Révolution, à peine dix ans après qu’il ait entamé son action auprès de la jeunesse soviétique en déshérence. Il est intéressant aussi de constater que les pouvoirs publics de la jeune République socialiste consacrent à leur action éducative des moyens “publicitaires” aussi importants8. Plus encore, le film de Nikolai Ekk est une œuvre qui valorise vraiment la pédagogie mise en place par Makarenko et les initiatives du pédagogue. Plusieurs anecdotes sont présentées de façon détaillée et présentent le caractère novateur et audacieux des partis pris éducatifs de Makarenko. Rien de semblable, dans un film non documentaire, ne nous a été donné de voir depuis quelques 80 ans ! Enfin, on ne peut pas ne pas souligner le choix de l’acteur pour interpréter le rôle du pédagogue ukrainien. Sorte de colosse, l’acteur Nikolai Balatov incarne un Makarenko dont l’autorité morale est transposée sur le plan physique pour donner l’image d’un homme soviétique, sûr de sa force, séduisant en diable et terriblement efficace auprès des enfants perdus.  Il était inimaginable, en effet, je suppose, de présenter une image d’éducateur modèle petit et chétif, portant des lunettes d’intellectuel comme l’était Makarenko dans la vie réelle. Ce n’était tout simplement pas… assez cinématographique. Après tout, en d’autres lieux, c’est Henry Fonda qu’on a choisi pour jouer Abraham Lincoln et Ingrid Bergman pour le rôle de Jeanne d’Arc ! 

II. Les Chaises. Avec Jean Oury à La Borde
Un court entretien et une petite promenade dans la Clinique de la Borde sur le thème, cher à Jean Oury, “le chemin se fait en marchant.” Evoquant, tour à tour, la fondation de La Borde, St Alban et Tosquelles, la notion de collectif, celles encore plus subtiles du statut, de la fonction et du rôle de chacun, le psychiatre par ses propos lumineux éclaire les pratiques institutionnelles, comme La Borde depuis des décennies, est un phare et une institution référence pour tant de soignants et d’éducateurs. 

III. Le Petit Diaporama de Catherine Pochet
Pendant des années, Catherine Pochet, avec une constance militante a projeté devant divers publics d‘enseignants ou de professionnels de l’éducation son diaporama, lequel accompagné de son commentaire était une véritable leçon de pédagogie appliquée. Faute de disponibilité, elle le fait de moins en moins mais grâce à la vidéo le voilà prêt à être diffusé partout et tout le temps pour le plus grand bonheur de tous les apprentis praticiens de France et de Navarre. En voici la présentation par Jacques Pain. Catherine Pochet c’est une des figures de base de la Pédagogie Institutionnelle. On le voit très bien dans Qui c’est l’ conseil, l’un des livres les plus denses, les plus complexes et les plus forts de la P.I. Catherine Pochet c’est une institutrice de la grande banlieue qui a eu la chance, - à travers les groupes, en lien avec La Borde et par des monographies, et en particulier la monographie Miloud, L’Année dernière j’étais mort… un autre livre clé -, de pouvoir aller jusqu’au bout de cette formation dans ce qu’elle a, à la fois, de pédagogique et de psychanalytique.  Avec ces deux livres, on a toute la palette qui était mise en œuvre par Catherine Pochet dans sa classe qui était un peu le miroir de la Pédagogie Institutionnelle, avec autour d’elle les principaux protagonistes de cette théorisation, de cette lecture : Fernand Oury, Jean Oury, La Borde, le groupe AVPI, etc.  Elle a pu faire tout ce travail avec sa grande précision, et on pourrait presque dire sa dimension obsessionnelle et sa minutie dans l’organisation de la classe, et dans la pensée des éléments qui la constituent ce qui faisait de cette classe une société démocratique ouverte. Catherine Pochet y a réussi particulièrement bien. Comme un certain nombre d’autres d’ailleurs, parmi les grands praticiens de ce mouvement : Mireille et René Laffitte, Patrice Buxéda, etc. Voilà des gens ont su faire passer la dimension de formation que j’évoquais tout à l’heure jusqu’au point où l’on sent que le maître a lui-même intégré comme style de vie ce qui est resté, chez d’autres, uniquement à l’état de technique.  

NOTE : 
1. Instituteur, formateur de maîtres, psychanalyste, auteur de divers ouvrages de pédagogie et fondateur de la Pédagogie Institutionnelle.
2. Professeur de Philosophie
3. Psychiatre et fondateur de la clinique de La Borde.
4. Second ouvrage et véritable mode d’emploi des méthodes pédagogiques selon Fernand Oury. Ed. Maspero.
5. Livre : L’Ecole avec Françoise Dolto puis Dix ans après (Ed. EST et Ed. Livre de Poche). Films : Parole l’héritage Dolto (Dvd MK2) Françoise Dolto & La Neuville (Dvd Frémeaux & Associés)
6. Psychanalyste et successeur de François Dolto auprès de l’équipe de La Neuville.
7. Professeur en Sciences de l’Education à Paris X-Nanterre.
8. Seuls les Américains, autres spécialistes de la propagande de qualité par les moyens du cinéma, sauront valoriser le New Deal (Notre pain quotidien de King Vidor, 1932), la réhabilitation des délinquants (Boys Town de Norman Taurog, 1940) et de façon plus générale l’American way of life (soutien inconditionnel à l’église et à l’armée dans d’innombrables films).




« L’instituteur et sa pratique » par La Classe

Dans ce 3e volet de la collection « L’Ecole avec Françoise Dolto », Michel Amram et Fabienne d’Ortoli ont cherché à retracer la vie de celui qui fut le parrain de l’Ecole de la Neuville. Un premier DVD de 105 minutes suit donc le parcours de Fernand Oury dès son plus jeune âge, interrogeant photos et films d’époque, mais aussi ses enfants et son frère, également bien connu dans le monde la pratique institutionnelle. Puis Jacques Pain et Philippe Meirieu, entre autres, analysent l’instituteur et sa pratique, que ses rencontres avec Lacan et Célestin Freinet ont enrichie. La dernière partie est consacrée au rôle important qu’il a joué dans la création et l’histoire de l’Ecole de la Neuville. Pour aller plus loin, un second DVD (110 minutes) propose 3 documentaires sur un film évoquant le pédagogue soviétique Makarenko, une explication par Jean Oury de la psychothérapie institutionnelle, et la pratique au quotidien dans la classe coopérative de Catherine Pochet. LA CLASSE




"Un document tout Efait exceptionnel" par La revue des médiathèques musicales

Les éditions Frémeaux et associés publient le troisième volet d’une série de DVDs consacrés à la pédagogie et à l’expérience quasi-quarantenaire de l’Ecole de la Neuville, fondée en 1973 par Fabienne d’Ortoli, Pascal Lemaître et Michel Amram. Au moment où l’on reparle des rythmes scolaires, des cartables trop lourds et du niveau moyen des enfants français ; une autre façon de considérer l’enseignement ?
Au début des années 70, l’idée germe, dans la tête de Pascal Lemaître, Fabienne d’Ortoli et Michel Amram de fonder une nouvelle école populaire organisée autour de la culture. Une école qui réviserait les méthodes d’apprentissage en vigueur à l’époque, qui sont, plus ou moins, celles encore en place actuellement (système de note, troncs communs, apprentissage théorique, fonctionnement par classes d’âge et de niveau, etc...). Au contraire, l’Ecole de Neuville (en Normandie) veut privilégier la découverte par l’enfant du monde qui l’entoure de façon concrète, à travers des ateliers. Elle fait évoluer ensemble des enfants d’âges et de niveaux divers, etc... Une expérience qui reste rare (à rapprocher peut-être des principes des Ecoles Montessori) et sûrement difficile à mettre en place à un niveau national. Pour autant, une expérience qui dure et qui montre de bons résultats. C’est pourquoi, hors les polémiques liées à un enseignement différent, hors le conformisme et le conservatisme, il est tout à fait judicieux de s’intéresser à cette expérience et aux productions émanant de l’équipe pédagogique, qui plus est fondatrice de l’école ; une série de films, publiés en DVD et intitulés L’Ecole avec Françoise Dolto.
C’est ainsi, par exemple, que durant une année, l’Ecole de Neuville a travaillé sur Vienne, la pensée austro-germanique et son influence dans l’Europe d’aujourd’-hui : Mozart, Sissi, Freud, Sternberg, Ophuls, Klimt... Les principaux acteurs de la culture germanique moderne sont convoqués dans  l’année, au sein de l’école : scénette de théâtre, cuisine, comédie musicale, ciné-club. Bref, dans des ateliers qui manipulent aussi bien une langue, des références culturelles, des faits historiques, des réalisations artistiques majeures que des concepts et des idées. Les enfants font leurs, le temps d’une années, ces concepts, ces idées, ces œuvres et s’approprient de façon ludique une culture, un savoir et les bases d’une langue vivante. Plusieurs journées portesouvertes sont organisées pour voir le travail effectué et les réalisations finales. Un premier document, publié en DVD, filmé par Vincent Blanchet, rend compte de cette année de fourmillement pédagogique autour de la culture germanique et autrichienne : L’Année de Vienne (Wiensjahr).
Un autre document, réalisé par Fabienne d’Ortoli et Michel Amram, s’intéresse à Fernand Oury (1920-1998), qui, dès 1958 s’interroge sur la pédagogie de l’école : « école d’hier ou de demain, autoritarisme ou laisser faire, contenu ou relation, instruire ou éduquer : à quoi joue-t-on ?». Le DVD réunit une série de documents, de témoignages et d’études autour de Fernand Oury, resté instituteur dans l’Education Nationale qui développe un pédagogie originale en s’inspirant de Freinet mais aussi de la psychanalyse (notamment Lacanienne) et des sciences humaines. Le film dure 105 minutes et permet de découvrir les principes pédagogiques développés par Oury. En complément, 110 minutes de documents montrent divers exemples de pratiques institutionnelles différentes ; celle du pédagogue soviétique Makarenko, du Docteur Jean Oury (son frère) à l’école de La Borde et celle de la classe coopérative de Catherine Pochet.
Un autre film fait la part belle à la présentation de Françoise Dolto (1908-1988), pédiatre et  psychanaliste qui a consacré une grande partie de sa vie à la psychanalyse de l’enfance. Un document tout à fait exceptionnel. Et fondateur. Bref, une collection de DVDs qui réunit des films à caractère documentaire et des documents d’archives autour des grands penseurs de la pédagogie et de la psychanalise de l’enfance durant le XXème siècle.
La collection se présente aujourd’hui ainsi
- Françoise Dolto et l’Ecole de laNeuville par Fabienne d’Ortoli et Michel Amram. Frémeaux et Associés (dis. Socadisc) FA4017
- L’Année de Vienne par Fabienne d’Ortoli et Michel Amram. Frémeaux et Associés (dis. Socadisc) FA4019
- Fernand Oury, un homme est passé par Fabienne d’Ortoli et Michel Amram. Frémeaux et Associés (dis. Socadisc)
FA4021

Lucas FALCHERO - Revue des médiathèques musicales




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