A TONE PARALLEL TO HARLEM

CLAUDE BOLLING

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Cet album consacré à Duke Ellington comprend des enregistrements de 1999, deux inédits d’un concert du Big Band à la Maison de Radio France en février 1991, des reprises d’albums antérieurs (First Class, Warm Up the Band, etc., permettant ainsi d’entendre Stéphane Grappelli, Fernand Verstraete et Gérard Badini) et trois pianos solos; une sorte de salut anthologique de Claude Bolling au talent du maestro illustré par des pièces diverses : le pianiste nourri par l’Ecole du piano stride de Harlem, le créateur du jungle stylé marqué par la Harlem renaissance, le maître du big band de l’époque classique né au Cotton Club, enfin le compositeur puissant et fécond de l’après-guerre (...).
Nous ne pouvons que nous réjouir que ce répertoire soit repris par des orchestres comme celui dirigé par Claude Bolling ou par Wynton Marsalis qui s’attachent à perpétuer dans leur logique d’interprétation (la version de Claude Bolling est à plus d’un titre remarquable) l’œuvre de Duke Ellington, pianiste emblématique, chef d’orchestre mythique et compositeur de génie, musicien à n’en pas douter le plus original de la civilisation américaine.
Felix Sportis - Jazz Hot

Droits audio : Claude Bolling fabriqué et commercialisé par Frémeaux & Associés
A Tone Parallel to Harlem

Claude Bolling big band / Duke Ellington
A Tone Parallel to Harlem









01. Harlem / A tone parallel to Harlem  14’12
(Duke Ellington) United Artists Music Ltd
02. Ring dem Bells  3’53
(Duke Ellington - I. Mills) Harms Inc. (Ascap) / André Villégrer (clar), Claude Tissendier (AS), Michel Delakian, Michel Bonnet (Tps), J.-Christophe Vilan (tb).
03. Things ain’t what they used to be / Time’s a wastin’  3’22
M. Ellington - T. Persons) Campbell-Connelly and C° Ltd / Claude Tissendier (AS), Guy Bodet (Tp), Benny Vasseur (Tb).
04. Creole love call  3’43
(D. Ellington - B. Miley - R. Jackson) Gotham Music (Ascap) / Maud (vocal), Michel Bonnet (Tp), J.-Christophe Vilain Tb).
05. Drop me off in Harlem  3’29
(Duke Ellington - Nick Kenny) Tempo Music Inc. (Ascap) / Claude Bolling piano solo.
06. It don’t mean a thing / if it ain’t got that swing  3’45
(D. Ellington - I. Mills) Gotham Music (Ascap) / Marc Thomas (vocal), Pierre Schirrer (TS).
07. Just squeeze me / but please don’t tease me  3’37
(Duke Ellington / Lee Gaines), Robbin Music Corp. (Ascap) / Marc Thomas et Maud (vocal)
08. Caravan  4’14
(Duke Ellington - J. Tizal - I. Mills) Boosey et Hawkes Ltd / Claude Bolling piano solo.
09. Harlem air shaft  3’32
(Duke Ellington) Tempo Music Inc. (Ascap) / Michel Camicas (Tb), Michel Delakian (Tp), Pierre Schirrer (clar).
10. Moon mist  4’37
(M. Ellington - J. Mercer) Campbell-Connelly and C° Ltd / Stéphane Grappelli (violon), Claude Tissendier (AS), André Paquinet (Tb).
11. Jungle traps  5’43
(Claude Bolling) / Fernand Verstraete (Tp), Gérard Badini (TS).
12. Duke on my mind  4’33
(Claude Bolling) / Max Hediguer (bass).
13. Lot o’ fingers  2’47
(Duke Ellington) Tempo Music Inc. (Ascap) / Claude Bolling piano solo.
14. Magenta haze  3’13
(Duke Ellington) United Artists Music Ltd / Claude Tissendier (AS).
15. Diminuendo in blue - Blow by blow / Crescendo  8’00
(Duke Ellington) Tempo Music Inc. (Ascap) / Pierre Schirrer (clar).

Tracks 1, 2, 3, 4, 6, 7 : Studio Davout, Paris - Claude Ermelin assist. Nicolas Djemane & Stéphane - 24 mai 1999
Tracks 5, 8, 13 : Studio Acousti, Paris - Alain Cluzot - 2 juillet 1999
Tracks 9, 10 : Studio Artistic Palace, Boulogne - Xavier Escabasse - 21 mai 1990 (9) - 3 décembre 1991 (10)
Tracks 11, 12 : Studio Davout, Paris - Roger Roche - 12 octobre 1976
Tracks 14, 15 : Concert public Studio 104 Radio France - 17 octobre 1991
Mastering : Digital Edge, Paris - Wilfrid Harpaillé.

Harlem : Duke Ellington a enregistré “A tone parallel to HARLEM” à Paris salle Wagram, dans une version qui associait son orchestre à l’orchestre symphonique de l’Opéra de Paris. Duke m’avait invité à superviser la scéance dans la cabine de son. La qualité de l’enregistrement n’ayant pas été satisfaisante, je ne sais pas s’il a été publié. L’œuvre m’avait beaucoup impressionné et Mercer – le fils de Duke – m’a confié un relevé qui m’a permis de la reconstituer, en me référant aux enregistrements des concerts de Seattle (25/3/1952) et de Londres (21/2/1964).
Ring dem bells : Nouvelle interprétation de ce morceau des années 30, que je jouais avec Rex Stewart en 1948.
Things ain’t what they used to be : Thème de Mercer, emmené par le saxophone alto de Claude Tissendier.
Creole love call : Ce thème de blues, repris d’un solo de clarinette de Johnny Dodds dans un enregistrement de King Oliver. Permet de découvrir la voix de Maud.
Drop me off in Harlem / Caravan / Lot O’fingers : Dans cette année Ellington, j’ai à plusieurs reprises joué des récitals de piano. Drop me off in Harlem et Lot O’ fingers rappellent l’influence des pianistes “strides” de Harlem (James P. Johnson et Willy Smith “the Lion”) sur Duke Ellington. Caravan est une adaptation personnelle de ce grand classique co-signé par le tromboniste cubain Juan Tizol.
It don’t mean a thing : Arrangement libre de ce titre qui permet de découvrir la personnalité du vocaliste Marc Thomas dans un dialogue avec le saxophone ténor de Pierre Schirrer.
Just squeeze me : Chanson créée par le trompettiste-violoniste-chanteur de Duke Ellington, Ray Nance, dans une interprétation des deux voix de l’orchestre, Marc Thomas et Maud.
Harlem air shaft : Extrait de l’album “Warm up the Band” enregistré en 1991.
Moon mist : Stéphane Grappelli aimait beaucoup le violon de Ray Nance dans la version d’origine de Duke Ellington, c’est pour cela qu’il voulut l’inclure dans notre album “FIRST CLASS” dont ce titre est extrait.
Jungle traps / Duke on my mind : Compositions originales, inspirées par deux aspects de l’univers ellingtonien. Enregistrées en octobre 1976.
Magenta Haze : Mélodie destinée à Johnny Hodges et reprise par Claude Tissendier au saxophone alto. 
Diminuendo in blue : est suivi d’un crescendo par une improvisation au saxophone ténor de Pierre Schirrer sous le titre de BLOW BY BLOW.
Ces deux derniers titres, extraits d’un concert à Radio France au retour de la tournée du Big Band aux USA en février 1991, ont été choisis pour conclure ce programme.
Claude BOLLING

Une fois de plus Claude Bolling a magnifiquement gagné son pari. Pourtant, le défi était de taille. Interpréter Duke Ellington en grand orchestre et en solo. Ce n’est pas la première fois que Claude Bolling défie ce genre de gageure, mais c’est sans doute, la plus achevée de ses réussites. Acteur majeur de ce siècle finissant, Duke fut un révolutionnaire qui contribua non seulement à créer une musique originale et neuve mais aussi à améliorer la civilisation du Nouveau Continent en contribuant à faire céder les barrières raciales. Son œuvre conte à tous les peuples du monde l’histoire de son peuple en partant de l’origine : l’Afrique. Ce n’est pas un hasard que l’on a désigné par l’adjectif jungle le style Ellington. Trois jungles l’inspirent : Celle de l’Afrique. Celle des esclaves déportés, emportant leurs rythmes avec eux. Le son des tambours mystifiant les propriétaires qui auraient bien voulu traduire ces échanges qui racontaient le chant du coton, le blues, la revendication, la ségrégation. Celle des villes, celle de l’argent. Claude Bolling, dès son plus jeune âge de musicien, a été plongé dans cette potion magique. Et il en extrait les pages les plus fascinantes. Ce CD en est la preuve. Après Harlem, joué dans une version originale dont Claude Bolling a retrouvé la partition, tous les joyaux du répertoire défilent : Ring dem bells, Thing’s aint what they used to be, Creole love call, It don’t mean a thing, Just squeeze me... On admirera la fidélité, aussi les nuances, le respect des sonorités, le swing. Et ce qui paraît le plus étonnant : la qualité des parties vocales que l’on pouvait imaginer être d’une originalité inimitable. On admirera particulièrement la décontraction de l’interprétation d’It don’t mean a thing. Cette irréfutable devise, qui est au jazz ce que Liberté, Fraternité, Égalité est à la République. Bravos à tous les musiciens. Bravos à Claude Bolling qui se surpasse en solos dans Drop me off in Harlem, Lot o’fingers et dans Caravan. Un bel hommage. Un très grand disque.
Frank TENOT

Que Claude Bolling soit aujourd’hui un des plus éminents représentants du jazz en France, je pense que personne n’en puisse sérieusement douter, tant par son jeu de piano que par ses qualités de chef d’orchestre, d’arrangeur, de découvreur de talents, il s’impose à l’attention des amateurs de jazz, et du public en général – et en cela il ressemble à son maître Duke Ellington. Un de ses maîtres devrait-on dire, car il en a eu plusieurs, tel Earl Hines ou Willie Smith, et il a tiré le meilleur parti pour développer sa propre individualité artistique. Il a su s’entourer d’une équipe soudée, instrumentistes et vocalistes, où chacun est heureux d’apporter sa coopération active et talentueuse à l’édifice commun. Par un savant dosage de succès éprouvés et de pièces rares, il récolte l’adhésion d’un large auditoire, et ce sans aucun dommage pour la qualité de la musique : c’est rare ! Les interprétations que nous vous proposons ici offrent un large éventail de ses talents. Cet album est consacré à Duke Ellington, dont le 100e anniversaire est célébré en cette année 1999 : d’une part avec des morceaux en grand orchestre reprenant d’inoubliables chefs-d’œuvre comme “Creole love call”, “It don’t mean a thing”, ou “Harlem air shaft”, et  d’autre part avec une composittion en son honneur, “Duke on my mind”. Après avoir entendu Bolling jouer du piano stride, Wyton Marsalis déclarait qu’aucun musicien noir américain ne serait capable d’en faire autant aujourd’hui. On en aura un exemple avec le solo de piano sur “Drop me off in Harlem” – deux autres solos du chef montrent sa riche versatilité : “Lot o’ fingers” se déroule dans le style des pianistes “stride” de Harlem, et dans “Caravan”, habituellement joué en orchestre à grand renfort de percussions, la seule main gauche assure toute la complexité du soutien rythmique. La pièce maîtresse, c’était un pari osé et il est gagné, c’est la suite “Harlem” relevée d’après la partition originale. C’est une évocation du quartier noir de New York, Ellington la présentait ainsi : “Harlem, bien sûr, est un endroit cher à notre cœur dont nous nous sentons très proches et dont nous avons beaucoup assimilé l’esprit et la lettre. C’est un endroit merveilleux. Imaginez que nous nous trouvions à l’angle de la 110e rue, allant vers la 145e entre les extrémités nord et sud de Harlem. Imaginez aussi que nous sommes dimanche, que nous voyons les gens aller à l’Église, c’est très paisible. Et là, une fille, un canon, au coin de la rue. Elle bloque la circulation. Puis imaginons des funérailles et, vous savez, c’est une atmosphère générale unique au monde, des gens heureux, d’autres qui ont le blues, certains sont à l’aise, d’autres ont la vie dure. Et en écoutant bien, vous pouvez entendre nos revendications pour nos droits civiques dans notre manière de jouer cette musique. L’introduction est exprimée par la trompette de Michel Bonnet qui prononce les deux syllabes du nom de “Harlem”. Il fallait un orchestre comme celui-ci pour jouer cette œuvre avec la fidélité, la finesse et l’exubérance nécessaires. Les solistes de la formation se font entendre à leur avantage tout au long du disque, par exemple Claude Tissendier sur “Magenta Haze” ou Pierre Schirrer sur “Blow by Blow” et, cerise sur le gâteau, Stéphane Grappelli illumine de ses majestueux rayons de lumière “Moon mist”. Un vrai florilège !
Jacques PESCHEUX

english notes
Once again Claude Bolling has magnificantly achieved the seemingly impossible. And it is no small undertaking. To perform the works of Duke Ellington with large orchestra and solo. It’s not the first time Claude Bolling has attempted the impossible, but it is without doubt his most shining success. One of this century’s major figures, Duke started a revolution which contributed not only to the creation of an original style of music, but also to the improvement of civilization in the New World through the destruction of racial barriers. His body of work retells to the people of the world the history of his people begining from the begining : Africa. It’s not for nothing that we use the adjective jungle to describe Ellington’s style. He was inspired by three jungles : The jungle of Africa. The jungle of the deported slaves, carrying with them their rhythms. The sound of drums mystified the slave-owners, who struggled to translate these exchanges which spoke of cotton, the blues, revindication, segregation. The jungle of the city and money. Early on his career as a musician, Claude Bolling was plunged into this magic potion. And he has extracted the most fascinating pages. This CD is proof. After “Harlem”, performed as intended from the original sheet music rediscovered by Claude Bolling, every gem from Ellington’s repertoire are presented : “Ring Dem Bells”, “Thing’s Ain’t What They Used To Be”, “Creole Love Call”, “It Don’t Mean A Thing”, “Just Squeeze Me”... Bolling’s loyalty, his nuance, his respect for sonority, the swing are admirable. And what is most surprising is the quality and inimitable originality of the vocal parts. Particularly admirable is the laid-back interpretation of “It Don’t Mean A Thing”, this irrefutable slogan which is to jazz music what “Liberty, Equality and Fraternity” is to the French Republic. Bravo to each of the musicians. Bravo to Claude, who outdoes himself with solos like those of “Drop Me Off In Harlem”, “Lot Of Fingers” and “Caravan”. A beautiful tribute. A splendid disc.
Frank TENOT

That Claude Bolling is one of today’s premier representatives of jazz music in France, there cannot be any doubt. With his piano skill and his qualities as a conductor, arranger and discoverer of talent, he has demanded the attention of jazz amateurs and the general public alike – and in so doing he seemingly resembles his mentor Duke Ellington. One of his mentors, it should be said, because he had many, from Earl Hines to Willie Smith, and from each one he extracted the best elements to develop his individual style. He surrounded himself with a united troop of instrumentalists and vocalists, a group in which each member is happy to cooperate and donate their talent to the common good. With a knowing dose of proven success and rare compositions, he has gathered the allegiance of a large audience, and all of this without making any sacrifices in the quality of the music : very rare indeed ! The pieces presented on this album exemplify a large portion of his talent. This record is dedicated to Duke Ellington, whose Centienarial we celebrate this year (1999) : in part with big orchestral works like the unmistakable “Creole Love Call”, “It Don’t Mean a Thing”, or “Harlem Air Shift”, and in part with a composition in his honor, “Duke on My Mind”. Upon hearing Bolling play the stride piano, Wynton Marsalis declared that no contemporary Afro-American musician could play it as well. We have an example of this with the piano solo on “Drop Me Off In Harlem”. Two other solos equally demonstrate his rich versatility : “Lot O’ Fingers” in the style of the Harlem “stride” piano players and “Caravan”, normally played with an orchestra supported by percussion, but here, with just his lef hand, Bolling provides all of the complex, rhythmic support necessary. The centerpiece of the album, a daring and successful challenge for Bolling, is the “Harlem” suite, and revived here from the original sheet music. It evokes images of New York’s famous black neighborhood, of which Ellington said : “Harlem of course being a place that we have lived very close to and with we have absorb many of their qualities and quantities. It’s a wonderful place. Just imagine that we are standing at the corner of the 110th street and going to the 145th street into North and the South extremity of Harlem. We start up through the Latin Quarter and up to the 125th street and we imagine also that we are on Sunday and we see the people going to Church, and it’s very peaceful and there is a girl, hit chick, standing at the corner. She stops the traffic. Then we imagine a funeral and, you know it’s a general atmosphere like any other place in the world : some happy people, some are blue, some are pretty well off and some not too well off. And if you watch closely you may see us in our civil rights demands as we pound away. The opening statement is Cootie Williams as he pronounces the word “Harlem”. To play a work like this with all the necessary honesty, finesse, and exuberence, one must have an orchestra like this one. The soloists stand out throughout the disc. For example, Claude Tissendier on “Magenta Haze” or Pierre Schirrer on “Blow by Blow”, and the cherry on the cake, Stéphane Grappelli shining majestic light on “Moon Mist”. A true anthology !
Jacques PESCHEUX

Le Big Band
Saxophones/clarinets : Philippe Portejoie, Claude Tissendier, Pierre Schirrer, Romain Mayoral, André Villéger
Trumpets : Christian Martinez,  Guy Bodet,  Michel Delakian,  Michel Bonnet
Trombones : André Paquinet,  Benny Vasseur,  J.Christophe Vilain,  Emile Vilain
Guitar : J.Paul Charlap
Double bass : Pierre Maingourd
Drums :  Vincent Cordelette
Vocal :  Marc Thomas,  Maud
Piano/Direction : Claude Bolling

1. Harlem / A tone parallel to Harlem 14’12 • 2. Ring dem Bells 3’53 • 3. Things ain’t what they used to be / Time’s a wastin’ 3’22 • 4. Creole love call 3’43 • 5. Drop me off in Harlem 3’29 • 6. It don’t mean a thing / if it ain’t got that swing 3’45 • 7. Just squeeze me / but please don’t tease me 3’37 • 8. Caravan 4’14 • 9. Harlem air shaft 3’32 • 10. Moon mist 4’37 • 11. Jungle traps 5’43 • 12. Duke on my mind 4’33 • 13. Lot o’ fingers 2’47 • 14. Magenta haze 3’13 • 15. Diminuendo in blue - Blow by blow / Crescendo 8’00.

CD Claude Bolling Big Band / Duke Ellington - A Tone Parallel to Harlem© Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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FRANK TENOT / 30 JUILLET 2003 (Bolling Story)
J’ai dû voir pour la première fois Claude, alors que j’étais secrétaire de Charles Delaunay au Hot club de France, rue Chaptal où il venait régulièrement, c'est-à-dire toutes les semaines. Je le voyais jouer dans les concerts également. Et puis on a commencé à se voir en dehors des rencontres artistiques, on est devenus copains. Je déjeunais avec lui chez sa mère. Claude était curieux, à l’affût de tout ce qui se passait, de toutes les nouveautés. J’étais fanatique de sa musique et naturellement par la suite, j’ai suivi tout ce qu’il a fait. Quand j’étais patron des publications Hachette il venait jouer pour nous pour la fête du nouvel an...

Puis nous avons travaillé ensemble à l’époque du Grand Club Orchestra dont les disques vont bientôt ressortir chez Frémeaux et pour lesquels je suis en train d’écrire un texte. La longévité de Claude est facilement explicable dans la mesure où il a un amour immodéré pour son métier de musicien, tout comme les musiciens ont un grand respect pour lui. Il a même réussi à faire des choses magnifiques dans le classique avec des musiciens comme Rampal, Lagoya...

Bolling était invité par les plus grands musiciens. Je me souviens que Ellington l’avait fait venir sur scène, je crois que c’était à l’Olympia, pour un ragtime partagé à quatre mains. Duke s’est levé en faisant une grimace souriante parce qu’il n’arrivait pas à suivre Bolling au clavier, il n’avait pas le doigté de Claude ! C’est d’ailleurs Claude qui a donné à Ellington l’idée d’attaquer à partir d’une certaine date Diminuendo in blue par Carolina shout qui a été enregistré dans les concerts Europe 1.

Ce qui n’a pas été sympathique pour lui c’est le fait que la mairie de Paris l’ait lâché… quand les affaires culturelles ont crée l’ONJ, c’était une très bonne idée. Pourquoi pas financer un grand orchestre puisque depuis quarante ans il est difficile de maintenir un grand orchestre... Mais il fallait prendre Bolling et ne pas changer tous les trois ans. Le prendre titulaire du poste jusqu’à la fin ! Ils prennent de jeunes musiciens –de très grand talent d’ailleurs- mais qui n’ont rien à foutre du grand orchestre. Barthélémy par exemple, est un type que j’adore mais que fait-il du grand orchestre ? Des bricoles, il va jouer, revisiter le Boléro de Ravel et encore… Vu ses compétences et sa connaissance des répertoires, vu le fait qu’il est arrangeur, c’est à Claude qu’il fallait le confier !

Pendant des années, Bolling a traîné comme une espèce de « tare » le fait qu’il avait joué en culotte courte à 14 ans ! Effectivement, très jeune il a fait des choses formidable, il a par exemple été un accompagnateur extraordinaire de cette grande chanteuse, Bertha Chipie Hill, qui n’en revenait pas de voir dans ce milieu underground « nègre » un jeune petit bourgeois qui avait pénétré aussi bien la sensibilité du blues. Elle me l’a dit, elle en était stupéfaite. Il était capable de s’adapter à beaucoup de styles et d’époques et je ne parle pas d’un point de vue scolaire, mais artistique. Il y avait de la créativité toujours, même s’il n’était pas un fanatique du « bop », il lui arrivait d’en jouer.

Ceci étant, pour faire un « vrai » personnage, une légende du jazz, Claude a été certainement trop sobre dans sa vie privée ! Quand on regarde les grandes figures du jazz comme Billie Holiday, Bix Beiderbecke, Chet Beker, Parker… pour les uns c’est la drogue, pour les autres c’est l’alcool qui a causé leur chute… Evidemment Claude ne correspond pas à ce schéma, il est à part, il est sérieux. Claude n’est pas un dingue, il a la tête sur les épaules. Et c’était –outre son talent- une des raisons pour lesquelles l’aimait beaucoup Duke Ellington. Claude, c’est tout simplement un grand personnage de l’histoire du jazz en France depuis 1945.
Frank TENOT

Extrait de "Bolling Story" de Jean-Pierre Daubresse et Claude Bolling édité par Jean-Paul Bertrand - Editions Alphée (avec l'autorisation de Claude Bolling)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Harlem - Claude Bolling14'15
02 Ring dem bells - Claude Bolling03'55
03 Things ain't that they use to be - Claude Bolling03'25
04 Creole love call - Claude Bolling03'45
05 Drop me off in Harlem - Claude Bolling03'32
06 It don't mean a thing - Claude Bolling03'47
07 Just squeeze me - Claude Bolling03'38
08 Caravan - Claude Bolling04'16
09 Harlem air shaft - Claude Bolling03'34
10 Moon mist - Claude Bolling04'39
11 Jungle traps - Claude Bolling05'47
12 Duke on my mind - Claude Bolling04'35
13 Lot o fingers - Claude Bolling02'49
14 Magenta haze - Claude Bolling03'20
15 Diminuendo in blue - Claude Bolling08'32
« Frankly Speaking » par Jazz Magazine

Joli CD, cet « Ellington Moods » publié par Patrick Frémeaux (FA433). Onze pianistes ont composé des thèmes à la saveur elligtonnienne et accompagnement Claude Tissendier. […] Claude Bolling, lui, s’est beaucoup produit ces derniers temps avec son grand orchestre à l’occasion du centième anniversaire de la naissance d’Ellington. Son nouveau cd, « A Tone Parallel to Harlem » (Frémeaux  FA499), rassemble des enregistrements de 1999 (9 plages sur 15), 914 et 78 et permet d’apprécier à quel point Claude et ses musiciens ont su s’imprégner non seulement du son mais de l’esprit du grand Washingtonien. A noter les chaleureuses interventions vocales de Marc Thomas et Maud. On croyait Adélaide Hall inimitable dans Creole Love Call : il faut réviser ce jugement, démarche qui est d’ailleurs, philosophiquement parlant, toujours intelligente. Quant à l’interprétation par Thomas et Pierre Schirrer (ts) d’It don’t mean a thing, elle prouve que le travail de Bolling est loin de se limiter à la simple relecture – sans vouloir relancer un récent débat qui, de toute manière, ne sera jamais clos. […] Pardonnez-moi de conclure pour un souvenir personnel. En 1940 - j’avais quatorze ans, - fasciné par Ellington, j’avais encadré une photo découpée dans un Jazz Hot d’avant guerre le représentant en parfais dandy de Harlem, smoking, gilet de satin, nœud papillon coquin. Tout pour séduire au Cotton Club. Ma mère, institutrice qui aimait jouer des valses de Strauss au violon, eut un choc en apercevant le portrait de mon idole à côté de mon lit : « Pourquoi affiches-tu dans ta chambre ce nègre ? » (On pouvait en ce temps-là utiliser ce terme sans risquer sa prison). Je répondis : « Parce que c’est merveilleux un musicien. Il joue du piano et dirige un grand orchestre ». Elle hocha la tête : « Ah si c’est un musicien… ». Pour la convaincre, je lui fit écouter Mood Indigo et Solitude : elle fut conquise. Elle n’était pas sotte ma maman. Frank TENOT – JAZZ MAGAZINE




"La respiration et le swing" par Jazz Classique

Comme de juste, le CD s’ouvre avec ce Harlem que Claude Bolling avait mis au point pour fêter le 100ème anniversaire d’Ellington et qu’il a promené de festivals en festivals. Réécouter cela en disque est encore plus impressionnant tant il devient évident, écoute après écoute, que l’œuvre doit être difficile à interpréter avec son foisonnement de couleurs et de rythmes, son caractère profondément jazz malgré les ruptures. On imagine très bien quel collage informe et déliquescent aurait été produit par un chef et des musiciens moins qualifiés que Bolling et son big band pour jouer une telle musique. Pour tout vous dire, je viens d’écouter trois fois de suite cette nouvelle version de Harlem et chaque nouvelle audition m’a fait admirer davantage le fini de chaque séquence, la cohésion et le lyrisme de l’ensemble, la respiration et le swing de l’interprétation. Harlem, ainsi que Ring dem bells, Things ain’t what they used to be, Creole love call, It don’t mean a thing if ait ain’t got that swing (« cette devise irréfutable qui est au jazz ce que la Liberté, Egalité, Fraternité est à la République », comme dit si bien Frank Ténot dans le livret), Just squeeze me, Drop me off in Harlem, Caravan et Lot O’fingers a été enregistré en mai et juillet 99. A l’exception des trois derniers titres, qui sont des solos de piano, vous retrouverez là tous les valeureux solistes de l’actuel big band de Bolling : Michel Bonnet, Michel Delakian, Guy Bodet, Jean-Christophe Vilain, Benny Vasseur, André Villéger, Claude Tissendier, Pierre Schirrer. Le reste du disque rassemble quelques enregistrements plus anciens comme Harlem Air Shaft (21/05/90), avec un excellent solo, très rageur, de Michel Delakian, Moon Mist, de la séance avec Grappelli (03/12/91), Jungle Traps et Duke on my mind (12/10/76), deux belles compositions « ellingtoniennes » de Bolling qui mettent en valeur Fernand Verstraete (tp), Gérard Badini (ts) et Max Hediger (b), Magenta Haze et Diminuendo and crescendo in blue, enregistrés en public à Radio France (17/10/91), deux écrins pour Claude Tissendier, pulpeux, aérien, et Pierre Schirrer, déchainé. Un disque que voudront posséder tous ceux qui ont assisté à un concert de Claude Bolling cette année et que l’on conseille encore plus vivement aux autres. Guy CHAUVIER-JAZZ CLASSIQUE




« Magnifique hommage à Duke » par Bulletin du Hot Club de France

Duke Ellington se mit à composer Harlem sur l’Ile de France en 1950 quand il retourna aux Etats-Unis. Cette suite, qu’il considérait comme la mieux réussie de ses œuvres de longue durée, plus courte que la Black, Brown and Beige qu’il n’enregistra jamais commercialement dans son intégralité, dure 14 minutes. Duke l’interpréta lors de dizaines de concerts dès 1951 et il en reste plusieurs versions enregistrées en LP qui ont permis à Claude Bolling de la reconstituer avec l’aide d’un relevé que lui confia Mercer Ellington. Il s’agit de la description colorée de la vie d’une cité à l’intérieur d’une ville. Peu de gens connaissaient Harlem et ses héros mieux que Duke. Cette suite, qui comprend trois thèmes, est symphonique en certains passages. On sait que Duke a souvent dit son refus des cloisonnements , et ce chef-d’œuvre ellingtonien est interprété avec une telle perfection par l’orchestre de Bolling que ce qui pouvait nous paraître inusité devient incontestable et, comme le disait Michel Perrin, « Duke ne semble s’écarter du jazz que pour mieux y revenir ». Dans Music is my Mistress, Duke affirme : « If jazz means anything it is freedom of expression ». Aucun long solo des musiciens, mais des ensembles d’une grande musicalité et la percussion de Vincent Cordelette qui, d’un bout à l’autre et dans un court solo, se montre l’égal des plus grands maîtres de la batterie. On retrouve dans Ring dem bells la même progression que chez Duke dans les années 30 (sauf le solo de baryton et le vocal) : André Villéger : clarinette, Claude Tissendier : alto, Michel Delakian : trompette, Michel Bonnet : trompette bouchée, J-Christophe Vilain : trombone, dans un déferlement de swing. Il en est de même pour Things ain’t what they used to be où après le solo de Claude et de majestueux ensembles, on entend les superbes solos de Claude Tissendier à l’alto, Guy Bodet à la trompette et Benny Vasseur au trombone. Avec Creole love call, Claude a réussi à recréer la délicate association des clarinettes avec les vocalises de Maud, une chanteuse d’exception, la meilleure avec Marrannick Saint-Céran. Michel Bonnet  à la trompette, d’abord ouverte, puis bouchée, et J-Christophe Vilain au trombone. Claude Bolling, interprète en solo de piano Drop me off in Harlem enregistré le 2 juillet 1999 en hommage à Duke et au stride qu’il pratiquait. « Votre jeu de piano est quelque chose dont je me souviendrai toujours » a dit Claude quelqu’un qui connaissait bien le jazz : c’était Louis Armstrong. It don’t mean a thing a été arrangé par Claude Bolling d’une manière différente des interprétations de Duke. Il se manifeste avec aisance au piano avant de laisser la place au chanteur Marc Thomas, puis à Pierre Schirrer qui swingue au saxo ténor puis dialogue avec Thomas, qui sait manier le scat. Claude démontre qu’il possède le don d’innovation dans la tradition. C’est Guy Bodet qui est à la trompette dans Just squeeze me, suivi de Marc Thomas très habile dans sa manière de chanter dans l’esprit de Ray Nance sans l’imiter, et de Maud. De toutes les compositions de Duke Caravan est la plus ressassée, mais vous n’avez jamais entendu une version comparable à celle de Claude Bolling enregistrée en solo le 2 juillet 1999. Transfiguré d’une manière si particulière le thème se distingue par le riff harcelant répété tout au long avec un swing direct et intense qui ne fléchit pas pendant plus de quatre minutes. Harlem air schaft, après un démarrage foudroyant, se poursuit par Michel Camicas au trombone bouché, Michel Delakian à la trompette et Pierre Schirrer à la clarinette avec l’arrangement final de ce modèle de swing ellingtonien où la tension va croissant. Moon mist, composition de Mercer Ellington enregistrée le 3 décembre 1991, fait entendre longuement Stéphane Grappelli au violon dans son style raffiné sur un enchanteur fond sonore typique d’Ellington habilement joué. Plus brièvement, André Paquinet apparaît au trombone bouché et Claude Tissendier à l’alto. Composé par Bolling, Jungle traps, enregistré le 12 octobre 1976, inspiré d’un aspect différent du génie ellingtonien, est consacré au chef avec Fernand Verstraete à la trompette et Gérard Badini impétueux au saxo ténor. L’étonnante affinité entre Bolling et l’esprit ellingtonien est aussi évident que le titre Duke on my mind, morceau de Claude enregistré le même jour avec un soutien de contrebasse très actif par Pierre-Yves Sorin. En solo, Claude manie le stride à la manière de Duke sur tempo rapide dans Lot o’fingers, éclatant de virtuosité. On retrouve le grand orchestre pour les deux dernières plages enregistrées en public le 17 octobre 1991. Dans Magenta haze, Claude Tissendier prend le joli solo d’alto réservé chez Duke à Jonnhy Hodges, sur un riche fond sonore, en tempo lent. Diminuendo in blue – Blow by blow/Crescendo, Blow by blow alias Wailing interval ou Twenty-seven choruses on raison de l’habituelle improvisation de Paul Gonsalves, joué au saxo ténor par Pierre Schirrer avec brio, termine ce CD dans une apothéose pour Claude et pour ses musiciens unis dans une communauté d’inspiration soutenue par leur immense talent. Claude Bolling, qui fut le plus jeune chef d’orchestre de jazz du monde, enregistrait déjà le répertoire ellingtonien il y a plus de 50 ans, avec Rex Stewart dans sa formation. Disciple de Duke, Boris Vian l’avait surnommé Bollington. Parmi les musiciens actuels, il est un de ceux qui honorent le jazz de la manière la plus courageuse, alors que nous subissons, imposée par une vague terroriste médiatique, une surdose de « big beat », de « hardcore », de « techno » ou d’on ne sait quoi  pire qu’un ensemble de bétonneuses et de compresseurs. On se demande sur quels critères sont choisis, favorisés surtout, certains musiciens qui, pour attaquer Claude Bolling dont l’abondance et la qualité de l’œuvre sont évidentes, n’ont pour armes que le mensonge et la diffamation. Ne manquez pas, bien sûr, d’acheter ce CD, magnifique hommage à Duke par le chef d’orchestre et pianiste praticien des plus diverses expérimentations musicales. La qualité d’enregistrement est digne de ce chef-d’œuvre. BULLETIN DU HOT CLUB DE FRANCE




"Une grande cohérence musicale" par Jazz Hot

Cet album consacré à Duke Ellington comprend des enregistrements de 1999, deux inédits d’un concert du Big Band à la Maison de Radio France en février 1991, des reprises d’albums antérieurs (First Class, Warm Up The Band, etc., permettant ainsi d’entendre Stéphane Grappelli, Fernand Vers solos ; une sorte de salut anthologique de Claude Bolling au talent du maestro illustré par des pièces diverses : le pianiste nourri par l’école du piano stride de Harlem, le créateur du jungle style marqué par la Harlem Renaissance, le maître du big band de l’époque classique né au Cotton Club, enfin le compositeur puissant et fécond de l’après-guerre. Claude Bolling et ses compagnons musiciens sont parvenus à rendre un bel hommage au grand musicien. Fidèles à l’esprit du compositeur et respectueux de sa musique, ils nous en donnent une lecture classique et vivante. Les solos de piano rappellent que Claude Bolling est un des grands spécialistes du stride (« Lot O’Fingers ») et un virtuose de l’instrument (« Caravan »). Le programme compte deux compositions personnelles, écrites en hommage au Duke, quelques grands classiques du Cotton Club Orchestra et du Famous Orchestra mais aussi de moins connus et non moins intéressants, qui jalonnent cette œuvre immense. Les musiciens du big band maîtrisent parfaitement ce langage. On apprécie particulièrement la cohésion de la formation dans des ensembles bien équilibrés. Les chorus de Michel Delakian et Michel Bonnet(tp), Claude Tissendier (as) et Pierre Schirrer (ts) ressortent. Mais arrêtons-nous sur la première pièce, « A Tone Parallel », elle mérite attention. Dans l’ouvrage d’A. Berini et G.M. Volonte, Duke Ellington, Un genio, un mito (Ponte Alle Grazie, Milan 1994, 730p), un chapitre entier est consacré aux suites et notamment à A Tone Parallel to Harlem. On compte une bonne douzaine de versions, publiées ou inédites, de cette pièce par l’orchestre du Duke Ellington dont les concerts de Seattle (25 mars 1952) et de Londres (21 février 1964), qui ont servi (avec la participation incomplète prêtée par Mercer Ellington) de référence à cette réalisation de Claude Bolling. La première avait été donné le 21 janvier 1951 en concert au Metropolitan Opera et le premier enregistrement effectué le 7 décembre 1951. La partition de « Harlem », ainsi dénommée habituellement, a vraisemblablement été écrite autour de 1950, au retour d’Europe. Elle avait en fait été commandée pour l’orchestre de la NBC, alors dirigé par Arturo Toscanini ; le maître avait sollicité la contribution d’un certain nombre de compositeurs américains à une œuvre collective en forme d’opéra, Portrait of New York Suite. Le projet ne vit jamais le jour, mais Duke Ellington avait produit sa part. La partition originale était écrite pour formation symphonique et orchestre de jazz. Duke, à cette occasion , se frotte à l’écriture symphonique et en respecte les règles essentielles. Il lui applique les principes déjà mis en œuvre dans son orchestre : opposition des pupitres et mise en valeur des timbres de chaque instrument, un traitement sonore des sections instrumentales hérité de sa propre expérience d’orchestrateur de jazz. Duke, à cette occasion, se frotte à l’écriture symphonique et en respecte les règles essentielles. Berini et Volonte soutiennent que la synthèse entre deux esthétiques musicales, jazz et classique, n’est pas aboutie. Mais était-ce bien le projet d’Ellington? Sa construction n’est-elle pas au contraire la volonté délibérée de les confronter dans leur logique propre? Duke n’a pas renoncé à son identité, et cette musique reste intrinsèquement ellingtonienne, et l’orchestre symphonique (cf. l’enregistrement de Cincinnati), parvient à se transcender pour acquérir une vraie souplesse rythmique. La réunion avec formation symphonique étant rare, Ellington en a réalisé une version exclusivement jazz, assez souvent jouée dans ses concerts entre 1953 et 1970, celle que donne ici le grand orchestre de Claude Bolling. C’est en général la préférée des amateurs de jazz. Cependant, l’unanimité ne s’est jamais faite sur cette œuvre difficile qui ne laisse aucune place à l’aventure individuelle, chacun encourant à l’œuvre collective. Certains y ont vu, à cause de sa densité structurelle et de l’austérité quelque peu solennelle qui s’en dégage, une pièce prétentieuse. Pourtant, jamais œuvre ne fut aussi ellingtonienne que celle-ci, par le ton, par la couleur, par le rythme, par l’orchestration, par l’esprit même d’une grande cohérence musicale. La pièce, d’un seul corps et sans interruption, comprend en fait deux parties. Chacune d’elles est construite autour d’un thème unique : les deux syllabes de « Harlem », en leitmotiv growlés comme un blues, lancées de manière incantatoire par la trompette, servent au développement et à l’élaboration de la première partie. Un hymne traité en forme de gospel song sert de support à la seconde partie. Le chant d’église, en opposition, se métamorphose successivement au cours du développement de gospel song en musique de cabaret, pour devenir marche américaine, le tout dans une expression où le swing reste permanent. Par son dessin affirmé, par son organisation en plans de la masse orchestrale, aux tonalités soutenues, aux teintes sombres, cet Ellington sans complaisance, taillé à la serpe, joue de l’orchestre. Et « Harlem » qui tranche pour ces raisons sur ses autres grandes compositions (suites) par sa dominante orchestrale, doit être classée dans la catégorie des poèmes symphoniques. Cette œuvre, certes solennelle, qui se veut être une évocation du quartier de Harlem, n’est pas une lecture exotique du ghetto. Elle recompose superbement de l’intérieur la vie multiforme de cet univers cosmopolite, des minorités diverses et rassemblées par la musique de leurs différences culturelles, reconstituées dans une américanité afro-américaine. Il y a dans cette réalisation ellingtonienne plus d’une parenté avec Rhapsody in Blue de Gerschwin, composée cinquante ans avant. En contrepoint d’une autre de ses œuvres des années soixante. People, ce poème symphonique, glorification d’une négritude assumée, reconstitue dans le langage du jazz, la mythologie quotidienne du peuple de Harlem. Nous ne pouvons que nous réjouir que ce répertoire soit repris par des orchestres, comme celui dirigé par Claude Bolling ou par Wynton Marsalis au Lincoln Center qui s’attache à perpétuer dans leur logique d’interprétation (la version de Claude Bolling est à plus d’un titre remarquable) l’œuvre de Duke Ellington, pianiste emblématique, chef d’orchestre mythique et compositeur de génie, musicien à n’en pas douter le plus original de la civilisation américaine. Félix W.SPORTIS – JAZZ HOT




«Claude Bolling Big Band - A Tone Parallel In Harlem» by Duke Ellington Society

Although 12 mouths after Ellington’s centenary the not-quite millenium year of 2000 saw several record releases devoted to his music or commemorating him some way. These three come from France, probably the most Ellingtophile European country and, as far as I can discover, have not received coverage in British jazz publications. Claude Bolling needs no introduction to Blue Light readers for his devotion to Duke. I was in Paris in june 1999 at the Theatre des Champs Elysées for his one-night only representation of A Tone Parallel In Harlem, part of his acclaimed Homage a Duke Ellington concert. Tone Parallel is the opening (and longest, at just over 14 minutes) track of this generous helping of Ellington à la Bolling. Alas it is not taken from the concert but, like most of the tracks, is a studio recording. However it is gratifying to have a version other than Duke’s of this special work and Bolling does it full justice. Most of the remaining 14 selections are predictable Ellington war-horses (in my experience of hearing Bolling he is somewhat unadventurous in his programming, certainly in comparison with PeteLong when leading the already much-missed Echoes of Ellington Orchestra). DUKE ELLINGTON SOCIETY




« Strongly recommended » by Duke Ellington Music Society

One becomes a fanatic Ellington collector because it is such a thrill to listen to alternate takes. The lesser-known alternate slips into the groove which the very familiar original has made in one’s soul, and the differences make it sound « fresh ». I had the same experience when I listened to the first track of this CD, Harlem. It sounds as if we are listening to one of the many alternate recordings by the Ellington orchestra. The tempo changes are slightly different and very satisfying. The clarinet solo and the trombone parts are impeccable. This grand opening selection is followed by a fine arrangement of Ring Dem Bells ; a swinging and slightly arranged Things Ain’t What They Used To Be ; an Adelaïde Hall version of Creole Love Call ; a impressive piano solo by Claude Bolling, Caravan. These 8 tracks were all recorded in Paris on 24 May and 2 July 1999. Track 9, a swinging Harlem Air Shaft was recorded in May 1990 and track 10, Moon Mist, with Stephan Grappelli doing Ray Nance’s violin part, dates from 3 Dec 1991. Track 11 and 12 are Claude Bolling originals, recorded 12 Oct 1976. The first, titled Jungle Traps, shows the quality of Claude Bolling and Max Hediguer on bass. It is a real original and does not contain chiddish quotes from Duke’s work. The next track(13) is again a recent recording, 2 July 1999, of a Ellington classic : Lot O’Fingers. Some people say that Claude Billong plays the piano in Ellington’s style. I do not agree. He has very clearly his own personal style, not only influenced by stride pianists but also a little bit by Dixieland. What amazes me is the fact that he also like Duke plays the piano as Gunter Schuller tried to explain : « deep in the keys. » His piano sound is pure Ellingtonian. This fine CD ends with two concert performances, recorded 17oct 1991, Magenta Haze, with a very fine alto solo by Claude Tissendier and Diminuendo And Crescendo In Blue, with the obligatory Blow By Blow interval. I cannot criticise this 8 minutes performance, but since I do not very much like this piece, it was for me the least interesting selection. I have enjoyed immensely the other 66 minutes of this beautiful CD. Strongly recommended. Sjef HOEFSMIT – DUKE ELLINGTON MUSIC SOCIETY




"A born leader" by Crescendo & Jazz Music

With this magnificient tribute to Duke Ellington, Claude Bolling has seemingly achieved the impossible; a powerfull, blow-by-blow commentary on the very substance of the Ducal achievements. The warmth is present, as is that relaxed, inmistakeable swing, and also the solo contributions from the Bolling entourage comme so close to the classic creations of the original men. And this homage is markedly present too in the delightful soprano performance of Creole Love Call by vocaliste Maude. Claude Bolling is a born leader, a pianist of superlative keyboard touch, again so reminiscent of Elligton's own output in this area. As regarding the SOUND of this 17-piece ensemble, it is pure, unaldulterated Ellington. [...] Yes, this is surely a memorable issue, never lets up for one instant on the responsibility for recreating, with such exactness, the sounds of the incomparable Duke and his unique company of performers. The influence of this wonderful jazzman is graphically confirmed by the two Bolling works mentioned above. A distinctly superior act of homage all round... Ken RATTENBURY - CRESCENDO & JAZZ MUSIC 




« Une reconstitution fort réussie » par Jazz Man - Festival de Jazz de Vienne

Impressionné par un enregistrement parisien de la suite Harlem, A Tone parallel to Harlem que Duke Ellington lui avait demandé de superviser, Claude Bolling a tout mis en œuvre pour reconstituer cette œuvre singulière. C’est elle, enregistrée par Claude Bolling Big Band en 1999, qui ouvre cet album, dans une reconstitution fort réussie. S’ajoutent à cette pièce maîtresse, quelques classiques enregistrés entre 1976 et 1999 par un orchestre entièrement dévoué au répertoire. CO-EDITION JAZZ MAN – FESTIVAL DE JAZZ DE VIENNE





"An essential repertoire piece for jazz orchestras" by All About Jazz

In a more egalitarian American musical world, A Tone Parallel to Harlem, sometimes inaccurately called “Harlem Suite,” would be right up there at the top of American compositions with Gershwin's “Rhapsody in Blue.” The Claude Bolling Big Band's version makes a strong case for the through-composed tone poem as an essential repertoire piece for jazz orchestras. In the last decade of the 20th Century, when all but two of the tracks on this CD were recorded, Bolling's French band was a much better interpreter of Duke's music than the official Ellington ghost bands. Except for a slightly muffed ending, Bolling's Harlem gives us a slightly more romantic, legato version of a major Ellington classic. And the rest of the album is equally good at conveying an Ellingtonian spirit, with modernizing Gallic touches on the older tunes like “Ring Dem Bells” and “Creole Love Call,” the latter with a captivating wordless vocal from the single-named Maud. Along with the 13 Ellington tracks are two commendable Bolling homages and worthy additions to Ellingtonia. And don't miss the three solo piano tracks by him, especially the very Ducal-fingered “Drop Me Off in Harlem” and “Caravan.”
By George Kanzler - ALL ABOUT JAZZ: NEW YORK




« Le répertoire Ellingtonien » par Jazz Classique

Voici la réédition de l’album « A Tone Parallel to Harlem » précédemment publié par Milan et chroniqué par Guy Chauvier dans le numéro 8 de Jazz Classique. On y trouve des enregistrements réalisés en 1999, deux extraits d’un concert à la Maison de Radio France datant de 1991 et des reprises de recueils précédents. Qui, mieux que Claude Bolling, aurait pu interpréter avec cette verve et cette authenticité le répertoire ellingtonien ? Et qu’ajouter de plus aux commentaires élogieux de Guy auxquels on voudra bien se reporter ? L’orchestre tourne bien et les interventions des différents solistes sont remarquables. Cette musique n’a pas pris une ride et conserve encore tout son impact. Alain TOMAS – JAZZ CLASSIQUE