VINCENT SCOTTO

1922 - 1947

Plus de détails

Livret : 48 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5009

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

Ajouter à ma liste

+3 pts fidélité


“Je laisse tout Wagner pour une chanson de Vincent Scotto”.
Georges Brassens

André Bernard, grand spécialiste de la culture provençale (Raimu, Scotto, Anthologie Marseille) présente au travers de ces 36 titres accompagné d'un livret de 48 pages illustré de 60 photos l'ouvrage encyclopédique sur le compositeur Vincent Scotto.
Patrick Frémeaux

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS - Le Patrimoine Sonore.

Ah! Si vous voulez de l’amour - Esther Lekain • Elle vendait des petits gateaux - Mayol • Caroline, Caroline - Mireille Ponsard • Sous les ponts de Paris - Léo Noël et son orgue de Barbarie • Mon Paris - Emma Liebel • Guitare d’Hawaï - Georgel • La petite Tonkinoise - Joséphine Baker et le Mélodie Jazz du Casino de Paris • Rosalie est partie - Alibert • J’ai deux amours - Renée Viala • A cause du bilboquet - Géo Koger • Zou, un peu d’aïoli - René Sarvil • Miette - Andrex • J’ai rêvé d’une fleur - Cora Madou • A petits pas (la valse marseillaise) - Andrex • A Toulon - Darcelys • Vieni... Vieni... - Réda Caire • Adieu Venise provençale - Monty • Chanson pour Nina - Tino Rossi • Prosper (yop la boum) - Maurice Chevalier • Le plus beau tango du monde - Mireille Ponsard & Josselin • Les Pescadous ouh! ouh! - Georges Sellers et son orchestre de jazz • J’aime la mer comme une femme - Georges Sellers et son jazz marseillais • Après toi, je n’aurai plus d’amour - Réda Caire • Piroulirouli - Elyane Celis • Ô, Corse jolie - René Lenoty • J’aime les femmes, c’est ma folie - Tino Rossi • Marinella - Ray Ventura et ses Collégiens • Tchi-Tchi - Le “chanteur sans nom” (Roland Avellys) • Laissez-moi vous aimer - Ray Ventura et ses Collégiens • Les mômes de la cloche - La Môme Piaf • Loin des guitares - Tino Rossi • Tout autour de la corniche - Alibert • Où est-il donc? - Fréhel • Ecoutez les mandolines - Tino Rossi • La chanson de la Sierra - Jaime Plana • Si tu revois Paris - Alibert • Le bal défendu - Roberte Marna • Ramuntcho - André Dassary.

Les ouvrages sonores de Frémeaux & Associés sont produits par les meilleurs spécialistes, bénéficient d’une restauration analogique et numérique reconnue dans le monde entier, font l’objet d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie. La marque Frémeaux & Associés a obtenu plus de 800 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore.

This album, issued by the world-famous publishers, Frémeaux & Associés, has been restored using the latest technological methods. An explanatory booklet of liner notes in English and a guarantee are included."

VINCENT SCOTTO 1922-1947 FA 5009

VINCENT SCOTTO
1922-1947









Vincent Scotto restera dans l’Histoire comme le Maître incontestable de la chanson populaire du XXe siècle et il convient de lire ici le mot “populaire” dans son sens le plus noble.Qui n’a pas entendu un jour un artisan, un ouvrier, un chauffeur de taxi ou un cycliste, siffler La Java bleue ou fredonner Le plus beau tango du monde?... et je n’ose imaginer un musicien ou un chanteur des rues qui ne mettrait pas à son programme Sous les ponts de Paris...Une œuvre musicale aussi vaste qui survit à toutes les modes et fait partie intégrante de la vie de chacun d’entre nous, signifie bien que son compositeur est un génie.Au cours des quelques soirées que j’ai eu le privilège de passer en compagnie de Georges Brassens, il m’a confié ceci : “Je ne peux le déclarer ouvertement sous peine de déclencher un taulé qui compromettrait ma tranquillité, mais à toi je peux l’avouer, je leur laisse tout Wagner pour une bonne chanson de Vincent Scotto...”.(1)Parfois les musiques qui paraissent les plus simples sont souvent les plus belles, et les chansons, quand elles touchent le cœur des humbles et apportent du bonheur à tous ceux qui n’en ont pas beaucoup, méritent qu’on les écoute et qu’on s’en souvienne...D’innombrables artistes ont interprété Vincent Scotto : d’Esther Lekain à Félix Mayol, de Georgel à Maurice Chevalier, de Fréhel à Réda Caire..., mais il y a parmi eux deux cas particuliers qui imposent que l’on s’y attarde davantage : Henri Alibert tout d’abord, qui fut le gendre de Vincent Scotto, enregistra dans les années 20 bon nombre de titres qui correspondaient plus particulièrement au style de Milton ou à celui de Georgius, dissimulant ainsi la vraie personnalité d’Alibert... celle-ci éclata grâce aux Revues puis aux Opérettes marseillaises de son beau-père, à l’heure où Marcel Pagnol venait de conquérir Paris avec Marius et Fanny, faisant souffler sur la capitale le vent de la Canebière et celui du Vieux-Port; dès lors jamais une voix ne fut plus ensoleillée que celle d’Alibert pour chanter le Midi.

Rencontre des rencontres, celle de Tino Rossi avec Vincent Scotto : la voix idéale au service d’un répertoire confectionné sur mesure pour ce jeune corse qui fit ses débuts sur la scène du Casino de Paris en 1934.Scotto signa alors les plus beaux succès de son merveilleux interprète et déclara : “Une chanson embellit la vie, Tino Rossi embellit ce qu’il chante”.Impossible d’évoquer Monsieur Vincent sans aborder son amour des femmes. Bien sûr, il y eut “Margot” qui fut celle de sa Vie et qui lui resta fidèle bien au-delà de sa disparition, mais sa réputation de coureur de jupons et de séducteur ne s’est jamais démentie...Parmi ses nombreuses liaisons, deux chanteuses comptèrent beaucoup pour lui : Cora Madou et Roberte Marna. La première, d’origine marseillaise, fut une belle chanteuse réaliste du début des années 30, que Vincent accompagnait à la guitare dans la plupart de ses enregistrements et qu’il fit baptiser par sa firme de disques “L’étrange Cora Madou”. La seconde, Roberte Marna, magnifique grande blonde, fut parmi les voix les plus familières pour les auditeurs de la TSF lors de la Libération, en créant cet immense succès que fut Le Bal Défendu.

Vincent Scotto eut parmi ses auteurs de prédilection, trois noms qui reviennent souvent sur les partitions de ses 4000 chansons : Jean Rodor (Sous les ponts de Paris), Géo Koger (son complice pour la plupart des titres majeurs de Tino) et René Sarvil (avec lequel il écrivit toutes ses opérettes marseillaises)... ces deux derniers n’ont pratiquement jamais chanté, mais nous avons exhumé pour ce disque, deux enregistrements extrêmement rares où ils interprètent du Scotto (à ne pas manquer!...).Mais celui pour lequel Vincent Scotto avait la plus grande admiration est sans nul doute son ami Marcel Pagnol.Il vouait à l’écrivain un véritable culte et au cinéaste une reconnaissance à vie pour lui avoir offert avec Jofroi, d’après une nouvelle de Jean Giono, son unique rôle à l’écran dans lequel il s’avère admirable, rivalisant de talent et de sincérité avec les acteurs les plus glorieux de son époque, réussissant ainsi une création inoubliable.Jofroi, présenté aux Etats-Unis, valut à Vincent Scotto, un grand prix d’interprétation, attribué par l’Association de la Critique de New York.C’est aussi Marcel Pagnol qui lui écrivit un jour : “Mon cher Vincent, quand tu partiras, tu laisseras cent ou deux cents chansons, des sentiments à toi, des idées à toi, qui feront encore du bien à des gens qui ne sont pas nés”.
André Bernard

(1) Les propos de Brassens m’ont été confirmés par André Tillieu dans un des ses ouvrages.

****************
Vincent Scotto, quatre syllabes qui sonnent comme quatre notes de musique, qui chantent comme un début de refrain. Un refrain suivi de 4000 chansons, 350 musiques de films et 46 opérettes. Des airs composés de 1900 à 1952 et qui ont fait chanter le monde entier depuis cent ans.Vincent Scotto est né le 21 avril 1874 à Marseille, au 59 quai de Rive Neuve sur le Vieux Port. Il grandit dans une famille napolitaine. Son père, Job Scotto, est ébéniste et dès que le jeune Vincent est en âge de travailler, il devient son apprenti. La fabrication des meubles et l’utilisation de la varlope et de la gouge l’intéressent beaucoup moins que le maniement de la guitare. Il a appris le solfège chez les Frères Maristes et il sait en jouer alors qu’il n’a que sept ans. A douze ans, avec sa guitare, il anime les noces et les banquets. Après avoir beaucoup joué des “canzonettas” qu’il a entendues chez lui ou dans la rue, le jeune Vincent se met à improviser puis de l’improvisation il compose, si bien qu’à seize ans il compose la musique d’une pastorale dont l’abbé Béranger, curé de la paroisse Saint-Victor, a écrit le livret.Aux alentours de 1900, il compose des musiques de chansons locales ou de ritournelles napolitaines. Un de ses jeunes voisins, Georges Villard (qui plus tard produira d’immenses succès comme La valse brune et La sérénade de la purée), né à Marseille lui aussi un 21 avril mais en 1879, écrit des textes de chansons et à eux deux ils ont fait Le Navigatore dont le refrain est :
Je ne suis pas un grand actore
Je suis navi, navi navi navigatore
Je connais bien l’Amérique
L’Asie tant bien que l’Afrique
J’en connais bien d’autres encore
Je suis navi, navi, navigatore
Mais de ces pays joyeux
C’est la France que j’aime le mieux.


et pour le couplet :  
Je navigue
Sans fatigue
Pendant des mois et des mois
Je fais naufrage quelquefois
Mais sans me noyer ma foi
Faut que je brique
Que j’astique
A babord comme à tribord
Mais quand je reste longtemps dehors
Je languis d’revenir au port.


Un autre de leurs voisins, Darius Meyer, qui chante sous le nom de Darius M. passe régulièrement au Palais de Cristal sur la Canebière et il a à son répertoire, bien sûr, Le Navigatore.Un soir de début 1905, Polin, le célèbre comique de l’époque qui quelques années plus tard ser­vira de modèle à Fernandel, est de passage à Marseille où au Théâtre du Gymnase il joue dans l’opérette Les 28 jours de Clairette. Un soir de relâche, en simple spectateur il va au Palais de Cristal. Séduit par la musique du Navigatore, après le spectacle il va dans les coulisses et demande à Darius M. de qui était cette chanson. Scotto et Polin se rencontrent et ce dernier lui donne franchement son avis.– J’aime la musique de cette chanson, mais les paroles sont trop locales. Si vous le permettez, je la montrerai à mon ami Henri Christiné.C’est ainsi que Polin repart à Paris avec la musique du Navigatore. Henri Christiné qui était le fournisseur des grandes vedettes de l’époque et qui plus tard écrira les musiques de Phi-Phi et de Dédé, change les paroles et Le Navigatore devient La petite Tonkinoise qui propage immédiatement Polin, Esther Lekain et bien d’autres artistes. Avec l’argent donné par Christiné comme cession de droit d’édition, Vincent Scotto et son épouse Margot montent à Paris et s’installent au faubourg Saint-Martin.

Vincent Scotto est admis à la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique le 7 mars 1905.La suite on la connaît, des centaines de chansons interprétées par tous les artistes et ses opérettes marseillaises avec son gendre Henri Alibert et René Sarvil.Vincent Scotto est décédé à Paris le 15 novembre 1952. Il sera inhumé à Marseille au cimetière Saint-Pierre où repose déjà son gendre Henri Alibert, décédé le 23 janvier 1951, et c’est aussi dans ce cimetière que se trouvent les cendres d’Henri Christiné, décédé à Nice le 27 décembre 1941.Le plus bel hommage rendu à Vincent Scotto est la soirée du 19 juillet 1957 où, sautant d’une scène à l’autre, l’Opéra de Toulon, le Théâtre Vincent Scotto de Bendor et le Palais du Pharo de Marseille (en présence de Margot Scotto et Antoinette Alibert), 46 vedettes n’interprétant que du Scotto vont se produire en ces trois galas : Miguel Amador, Joséphine Baker, Jean Bernard, Berval, Serge Bessière, Fernand Bonifay, Lucienne Boyer, Jean Bretonnière, Torre Bruno, Reda Caire, Maria Candido, Eliane Célis, Darcelys, André Dassay, Fernandel, Anny Flore, Henri Garat, Anny Gould, Lucien Jeunesse, Christian Juin, Jeff Laurence, Renée Lebas, Jean Leroy, Francis Linel, Pierre Malar, Huguette Marchal, Marcel Merkès, Paulette Merval, Paul Péri, Mireille Ponsard, Priolet, Emile Prudhomme, Rellys, Gisèle Robert, Roberta, Claude Robin, Michel Roger, Rogers, Tino Rossi, René Sarvil, Emile Stern, Jean Sala, Henri Varna, André Verschuren, Paulette Zevaco et en duplex, Maurice Chevalier.Depuis cent ans, plusieurs générations ont écouté, apprécié, chanté, dansé, applaudi du Vincent Scotto.

Plusieurs générations et ce n’est pas fini, car justement, en littérature, en peinture, en sculpture, en musique, ce qui est beau reste beau en dépit de certaines modes bouleversantes. Ne se démode que ce qui n’a aucune valeur et le temps n’a pas d’emprise sur les chefs-d’œuvre. Lorsqu’ils sont créés, ils existent pour toujours.Vincent Scotto, cinquante ans de chansons, cinquante ans de musique, cinquante ans de succès. Qui n’a pas, quel que soit son âge, chanté, fredonné du Scotto, qui n’a pas été entraîné, enjoué, séduit, attendri par ses chansons. Même Maître Maurice Garçon, défendant une pauve malheureuse, a obtenu son acquittement en interprétant, en déclamant à la fin de sa plaidoirie : C’est nous les mômes, les mômes de la cloche, clochards qui s’en vont sans un rond en poche... Une chanson de Vincent Scotto.
Adrien Eche
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001

english notes
Vincent Scotto has gone down in history as the Master of French popular song.  Those who have sojourned in France have undoubtedly heard a workman, taxi-driver or cyclist whistling La Java bleue or humming Le plus beau Tango du Monde.  Every musician or busker has to tuck Sous les Ponts de Paris (Under The Bridges Of Paris) in his reper­tory.Such a vast panoply which has survived despite the fleeting trends and which has integrated into the life of each and every one must surely imply that the composer was a genius.I had the pleasure of spending several evenings with Georges Brassens who confided the following, ‘I can’t say this openly without creating havoc, but I have to admit that I’d swap all Wagner for one good song by Vincent Scotto.’Sometimes, the most simple music is the most beautiful and when songs touch your soul and bring joy to those in need, they deserve to be heard and remembered.Numerous artists have interpreted Vincent Scotto - from Esther Lekain to Félix Mayol, from Georgel to Maurice Chevalier, from Fréhel to Réda Caire.  But two singers deserve particular attention.  Firstly Henri Alibert, Vincent Scotto’s son-in-law, who recorded many titles in the twenties using a style resembling that of Milton or Georgius and thus disguising his own personality  which was to come forward through Revues and then the Marseilles operettas written by his father-in-law, while Marcel Pagnol was conquering Paris with Marius and Fanny, bringing southern breezes to the capital.  After this, no voice shone as much as that of Alibert when singing about the Midi. Consequently, Vincent Scotto met up with Tino Rossi, who boasted the ideal voice for the made-to-measure repertoire concocted for this young Corsican who debuted in the Casino de Paris in 1934.  Scotto signed this singer’s best hits and declared, ‘A song enhances life, Tino Rossi enhances all he sings’.

It is impossible to speak of Monsieur Vincent without evoking his weakness for ladies.  Naturally, Margot was the light of his life who remained faithful to him even after his death, but Vincent’s reputation as a womaniser and seducer still prevailed.Among his many mistresses, two singers were particularly close to his heart :  Cora Madou and Roberte Marna.  The former, of Marseilles origin, was a beautiful singer in the early thirties.  In the majority of her recordings, Vincent provided the guitar accompaniment and nicknamed her ‘The strange Cora Madou’.  As for the magnificent tall blond Roberte Marna, she was often heard on radio TSF after Liberation and was behind the tremendous hit entitled Le Bal défendu.Out of the 4000 songs written by Vincent Scotto, three other names are often associated with his own :  Jean Rodor (Sous les Ponts de Paris), Géo Koger (his accomplice for most of Tino’s major hits) and René Sarvil (with whom he wrote all his Marseille operettas).  Koger and Sarvil very seldom sang, but here we may appreciate two extremely rare recordings where they interpret Scotto.However, Vincent Scotto particularly admired his friend Marcel Pagnol.  He highly esteemed him as a writer and was eternally grateful to him for his role in Jofroi, based on the novel by Jean Giono.  Indeed, this was his unique movie experience where he proved to be a commendable and talented actor, on a par with the most celebrated names of the period.  When the film ran in the States, his performance was awarded by the New York Critics Association.As Marcel Pagnol once wrote, ‘My dear Vincent, when you depart, you will leave one or two hundred songs, your feelings and your ideas which will give much pleasure to those who are not yet born’.**   *Vincent Scotto, a name comprised of four syllables which ring like four notes of music, which sing like the opening of a verse.  A verse followed by 4000 songs, 350 film scores and 46 operettas. 

The tunes composed from 1900 to 1952 have been sung the world over for a hundred years.Vincent Scotto was born on 21 April 1874 in Marseilles, at 59 Quai de Rive Neuve in the Old Port and grew up in a Neapolitan family.  His father, Job Scotto was a cabinet maker and as soon as Vincent was of age, he became his apprentice.  Yet, he was far more interested in the guitar than by the use of the plane and gouge.  He learnt the rudiments of music with the Frères Maristes and could play the guitar at the age of seven.  When he was twelve, he began playing in weddings and banquets.  After interpreting many ‘canzonettas’ which he had heard at home or in the streets, the youngster put his hand to improvisation followed by composition.  At the age of sixteen, he produced a pastorale for which Abbé Béranger from the parish of Saint Victor wrote the libretto.At the turn of the century, Vincent composed the music for local songs and Neapolitan ritornelles.  One of his young neighbours, Georges Villard (who was later known for immensely successful pieces such as La Valse brune and La Sérénade de la Purée), born in Marseilles on 21 April 1879, wrote song lyrics and together they created Le Navigatore.Another neighbour, Darius Meyer, using Darius M. as his stage-name, often performed in the Palais de Cristal on Marseilles’ great avenue, La Canebière, and naturally included Le Navigatore in his repertory.  In early 1905, the celebrated comic artist, Polin, who was to influence Fernandel a while later, happened to be billed at Marseilles’ Théâtre du Gymnase where he was performing in the operetta, Les 28 Jours de Clairette.  One evening when he was not working, he joined the spectators at the Palais de Cristal and was captivated by Le Navigatore’s music.  After the show, he went backstage and questioned Darius M. about the origins of this song.  Scotto and Polin were introduced and Scotto was given this advice, ‘I love the song’s music but the lyrics are too local.  If I may, I’ll show it to my friend Henri Christiné’.

Polin then left for Paris with the aforementioned music.  At that time, Henri Christiné provided music for the big stars and later wrote the music of Phi-Phi and Dédé.  He changed the lyrics of Le Navigatore which was re-christened La petite Tonkinoise to be taken on by a variety of artists including Polin and Esther Lekain.  Assisted by the rights paid by Christiné, Vincent Scotto and his wife Margot were able to move to Paris, settling in Faubourg Saint-Martin.On 7 March 1905, Vincent Scotto was admitted in the French music rights society, the SACEM.The rest of his story is well-known - his Marseilles operettas with son-in-law Henri Alibert and René Sarvil and hundreds of his songs have been interpreted by a multitude of artists.Vincent Scotto passed away in Paris on 15 November 1952.  He was buried in the Saint Pierre cemetery in Marseilles where his son-in-law Henri Alibert already lay, having departed on 23 January 1951.  In the same cemetery were Henri Christiné’s ashes, who died on 27 December 1941.The most touching tribute was paid to Vincent on 19 July 1957 when three galas were held in the Opéra de Toulon, the Théâtre Vincent Scotto de Bendor and Marseilles’ Palais du Pharo (where Margot Scotto and Antoinette Alibert were present).  Forty-six celebrities interpreted Scotto’s music - Miguel Amador, Joséphine Baker, Jean Bernard, Berval, Serge Bessière, Fernand Bonifay, Lucienne Boyer, Jean Bretonnière, Torre Bruno, Reda Caire, Maria Candido, Eliane Célis, Darcelys, André Dassay, Fernandel, Anny Flore, Henri Garat, Anny Gould, Lucien Jeunesse, Christian Juin, Jeff Laurence, Renée Lebas, Jean Leroy, Francis Linel, Pierre Malar, Huguette Marchal, Marcel Merkès, Paulette Merval, Paul Péri, Mireille Ponsard, Priolet, Emile Prudhomme, Rellys, Gisèle Robert, Roberta, Claude Robin, Michel Roger, Rogers, Tino Rossi, René Sarvil, Emile Stern, Jean Sala, Henri Varna, André Verschuren, Paulette Zevaco and Maurice Chevalier.

For a hundred years, several generations have listened to, appreciated, sung, danced to and applauded Vincent Scotto.  And other generations will follow - as in the same way as literature, art and sculpture, when music is beautiful, it remains beautiful despite changing fashions.  Only work of no value can become out-dated :  time can never alter master-pieces.  After their creation, they exist eter­nally.Vincent Scotto represents fifty years of song, fifty years of music, fifty years of success.  Regardless of age, everyone has, at some point, sung along to Scotto’s tunes and been stimulated, seduced or moved by his music.
English adaptation by Laure WRIGHT from the French texts of André BERNARD and Adrien ECHE
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001

CD1
1. Ah! Si vous voulez de l’amour                   2’24
(V. Scotto/W. Burtey)  Esther Lekain          Orchestre direction André Valsien     Odéon 238482/KI 4439 - mai 1931
2. Elle vendait des petits gateaux              2’32
(V. Scotto/J. Berthy)    Mayol        Odéon - 1922
3. Caroline, Caroline                  3’01
(V. Scotto/L. Benech - V. Telly)    Mireille Ponsard         Orchestre Musette Carrara    Polydor 522.935/1258 WPP - 11 juin 1934
4. Sous les ponts de Paris           2’37
(V. Scotto/J. Rodor)     Léo Noël et son orgue de Barbarie       Decca SF 145/P91 - juin 1947
5. Mon Paris      2’28
(V. Scotto - J. Boyer/L. Boyer)       Emma Liebel     avec accompagnement d’orchestre    Odéon 74174/KI 889 - septembre 1926
6. Guitare d’Hawaï                  3’33
(V. Scotto/Delormel - G. Koger)    Georgel  Orchestre Jean Lenoir          Polydor 521 701/3507 BKP - septembre 1930
7. La petite Tonkinoise                    2’40
(V. Scotto/Arrangement de Christiné/Christiné - Villard)  Joséphine Baker et le Mélodie Jazz du Casino de Paris          Direction Edmond Mahieux       Columbia DF 229/L 2508 - 22 octobre 1930
8. Rosalie est partie                  3’15
(V. Scotto - L. Raiter/G. Koger)     Alibert        accompagnement accordéon & banjo          Pathé X 3893/N 202622 - 1930
9. J’ai deux amours            3’27
(V. Scotto/G. Koger - H. Varna) de la Revue “Paris qui remue”   Renée Viala      accompagnement d’orchestre musette         Polydor 522 109/4588 BKP - mars 1931
10. A cause du bilboquet           3’18
(V. Scotto - Hermitte/L. Le Marchand - G. Koger)       Géo Koger         avec accompagnement d’orchestre    Artiphone A 332/13111 - 1931
11. Zou, un peu d’aïoli             3’10
(V. Scotto/R. Sarvil)     de “La revue marseillaise”          René Sarvil          accompagné par le Jazz Marseillais de Georges Sellers     Gramophone K 6599/90-2221 - avril 1932
12. Miette            2’44
(V. Scotto/R. Sarvil)     de l’opérette “Au pays du soleil”           Andrex           avec l’orchestre musette CarraraDirection Georges Aubanel       Polydor 522 682/6329 BKP - 13 mai 1933
13. J’ai rêvé d’une fleur            3’26
(V. Scotto/R. Sarvil)     de l’opérette “Au pays du soleil”  Cora Madou          accompagnement d’orchestre    Gramophone K-6848/50-2823 - 8 février 1933
14. A petits pas (la valse marseillaise)     2’41 
(V. Scotto/R. Sarvil)   de l’opérette “Au pays du soleil”           Andrex           avec l’orchestre musette Carrara sous la direction de Georges Aubanel            Polydor 522 682/6331 BHP - 13 mai 1933
15. A Toulon                 2’52
(V. Scotto/R. Sarvil)     de l’opérette “3 de la Marine”          Darcelys          orchestre direction André Valsien      Odéon 250-599/KI 6430 - janvier 1934
16. Vieni... Vieni...                    2’49
(V. Scotto/G. Koger - H. Varna)    Réda Caire        Pathé PA 389/CPT 1627 - 20 novembre 1934
17. Adieu Venise provençale               2’37
(V. Scotto/R. Sarvil)           de l’opérette “Zou, le midi bouge” (Arènes Joyeuses)         Monty        orchestre direction G. Courquin Fils  Champion 1888/10406 - décembre 1934
18. Chanson pour Nina               2’41
(V. Scotto/G. Koger) Tino Rossi    orchestre Marcel Cariven     Columbia DF 1756/CL 5409 - 11 juin 1935
19. Prosper (yop la boum)                        3’04
(V. Scotto/G. Koger - V. Telly)  de la revue du Casino de Paris “Parade du monde”   Maurice Chevalier          accompagné par l’orchestre Jo Bouillon    Gramophone K 7588/Ola 669-111 octobre 1935

CD2
1. Le plus beau tango du monde                  3’14
(V. Scotto/R. Sarvil)     de l’Opérette “Un de la Canebière”          Mireille Ponsard & Josselin        avec le Jazz du Midi  Polydor 524.133/2094 HPP - Octobre 1935
2. Les Pescadous ouh! ouh!           2’46
(V. Scotto/R. Sarvil)     de l’Opérette “Un de la Canebière”          Georges Sellers et son orchestre de jazz    Refrain chanté par Fernand Sardou   Gramophone K 7591/OLA 716   Novembre 1935
3. J’aime la mer comme une femme         3’01
(V. Scotto/R. Sarvil)     de l’Opérette “Un de la Canebière” Georges Sellers et son jazz marseillais    Refrain chanté par Rellys          Gramophone K 7606/OLA 724Novembre 1935
4. Après toi, je n’aurai plus d’amour         2’59
(V. Scotto/G. Koger)         Réda Caire        avec Paul Misraki et son orchestre  Pathé PA 706/CPT 2236 - 1er octobre 1935
5. Piroulirouli                   3’18
(V. Scotto/Marc Cab - H. Varna)           de la Revue du Casino de Paris “Parade du monde”      Elyane Celis               Orchestre direction Marcel Cariven          Gramophone K 7581/OLA 654 1er octobre 1935
6. Ô, Corse jolie                  3’04
(V. Scotto/G. Koger)          René Lenoty     Orchestre direction Georges Briez      Idéal 12.984/AN 1495 - Novembre 1935
7. J’aime les femmes, c’est ma folie        3’17
(V. Scotto/R. Pujol - Audiffred - G. Koger)      du film “Marinella”          Tino Rossi         Orchestre Marcel Cariven  Columbia DF 1895/CL 5654 - 12 mars 1936
8. Marinella                   3’12
(V. Scotto/R. Pujol - Audiffred - G. Koger)     du film “Marinella”     Ray Ventura et ses Collégiens         avec chant par Bruno Clair         Pathé PA 889/CPT 2609 - 18 avril 1936
9. Tchi-Tchi                   2’40
(V. Scotto/G. Koger - R. Pujol - Audiffred)     du film “Marinella”     Le “chanteur sans nom” (Roland Avellys)        avec l’orchestre Yerri          Polydor (série JAP) 512 639/2383 HPP - mars 1936
10. Laissez-moi vous aimer               3’15
(V. Scotto/R. Pujol - Audiffred - G. Koger)    du film “Marinella”   Ray Ventura et ses Collégiens avec chant par Bruno Clair         Pathé PA 889/CPT 2610 - 18 avril 1936
11. Les mômes de la cloche              3’20
(V. Scotto/A. Decaye)  La Môme Piaf et ses accordéonistes          Polydor 524 157/2376 HPP - 24 mars 1936
12. Loin des guitares                  3’07
(V. Scotto/G. Koger - Duthyl - E. Audiffred)         du film “Au son des guitares”     Tino Rossi      Orchestre direction Marcel Cariven     Columbia DF 2002/CL 585519 septembre 1936
13. Tout autour de la corniche                 3’09
(V. Scotto/R. Sarvil)     de l’opérette “Les gangsters du château d’If”      Alibert          Accompagné par Sellers et son Jazz Marseillais         Pathé PA 1043/CPT 2933 - 23 octobre 1936
14. Où est-il donc?              3’11
(V. Scotto/Carol - Decaye)   du film “Pépé le Moko”           Fréhel          Orchestre de Pierre Chagnon    Columbia DF 2065/CL 5990 - Décembre 1936
15. Ecoutez les mandolines                 3’16
(V. Scotto/J. Rodor - G. Koger - E. Audiffred)      du film “Naples au baiser de feu”  Tino Rossi         Orchestre Marcel Cariven  Columbia DF 2253/CL 6400-228 octobre 1937
16. La chanson de la Sierra                   3’12
(V. Scotto/Marc Cab - A. Monjardin - E. Audiffred) Jaime Plana          Orchestre direction Marcel Cariven    Columbia DF 2834/CL 7443 - 9 juin 1941
17. Si tu revois Paris                   3’18
(V. Scotto/H. Dorac)    de la Revue “C’est tout le Midi”        Alibert            Orchestre Georges Sellers       Pathé PA 2041/CPT 5355 - 11 décembre 1941
18. Le bal défendu                 3’27
(V. Scotto/V. Scotto)       Roberte Marna  Orchestre direction Marius Coste        Pathé PA 2223/CPT 5944 - 12 juin 1945
19. Ramuntcho           3’19
(V. Scotto/J. Rodor)     André Dassary        Orchestre direction Marcel Cariven     Pathé PA 2221/CPT 5898 - Avril 1945

CD Vincent Scotto 1922-1947  © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 AH SI VOUS VOULEZ DE L AMOUR - LEKAIN02'24
02 ELLE VENDAIT DES PETITS GATEAUX - MAYOL02'32
03 CAROLINE CAROLINE - PONSARD03'01
04 SOUS LES PONTS DE PARIS - NOEL02'37
05 MON PARIS - LIEBEL02'28
06 GUITARE D HAWAI - GEORGEL03'33
07 LA PETITE TONKINOISE - BAKER02'40
08 ROSALIE EST PARTIE - ALIBERT03'15
09 J AI DEUX AMOURS - VIALA03'27
10 A CAUSE DU BILBOQUET - KOGER03'18
11 ZOU UN PEU D AIOLI - SARVIL03'10
12 MIETTE - ANDREX02'44
13 J AI REVE D UNE FLEUR - MADOU03'26
14 A PETIT PAS (LA VALSE MARSEILLAISE) - ANDREX02'41
15 A TOULON - DARCELYS02'52
16 VIENI VIENI - CAIRE02'49
17 ADIEU VENISE PROVENCALE - MONTY02'37
18 CHANSON POUR NINA - ROSSI02'41
19 PROSPER (YOP LA BOUM) - CHEVALIER03'04
CD 2
01 LE PLUS BEAU TANGO DU MONDE - PONSARD03'14
02 LES PESCADOUS OUH OUH - SELLERS02'46
03 J AIME LA MER COMME UNE FEMME - SELLERS03'01
04 APRES TOI JE N AURAI PLUS D AMOUR - CAIRE02'59
05 PIROULIROULI - CELIS03'18
06 O CORSE JOLIE - LENOTY03'04
07 J AIME LES FEMMES C EST MA FOLIE - ROSSI03'17
08 MARINELLA - VENTURA03'12
09 TCHI TCHI - AVELLYS02'40
10 LAISSEZ MOI VOUS AIMER - VENTURA03'15
11 LES MOMES DE LA CLOCHE - PIAF03'20
12 LOIN DES GUITARES - ROSSI03'07
13 TOUT AUTOUR DE LA CORNICHE - ALIBERT03'09
14 OU EST IL DONC - FREHEL03'11
15 ECOUTEZ LES MANDOLINES - ROSSI03'16
16 LA CHANSON DE LA SIERRA - PLANA03'12
17 SI TU REVOIS PARIS - ALIBERT03'18
18 LE BAL DEFENDU - MARNA03'27
19 RAMUNTCHO - DASSARY03'19
"Vincent Scotto" par Le Monde de la Musique

“Vincent Scotto est unique pour la qualité historique de son oeuvre. Voici une des compilations les plus goûteuses de l’année, sensible, légère, suave. Une compilation exemplaire.” Bertrand DICALE, LE MONDE DE LA MUSIQUE




"38 de ses plus beaux titres en un double album" par Centre France

« C’est parce que la chanson était populaire qu’elle fut un art. Auquel s’essayaient aussi les plus grandes voix.
“Je leur laisse tout Wagner pour une chanson de Vincent Scotto”, avouait Brassens, conscient quand même du séisme que ne manquerait pas de provoquer pareil propos. Ce père de la chanson populaire écrivit quelques 4 000 de ses célèbres refrains, sans compter 350 musiques de films et 46 opérettes !
De la “Java bleue” au “Plus beau tango du monde” à l’immortel “Sous les ponts de Paris”, parions qu’il y a infiniment plus de ténors de salles de bains qui vous en fredonneront volontiers un air, que vous ne trouverez de candidats pour les adieux de Wotan ou la méditation de Hagen. Et c’est moins pour repasser les plats d’une énième séquence nostalgie que véritablement rendre hommage à l’immortel auteur de “J’ai deux amours” et “Marinella”, que Frémeaux & Associés a réunit 38 de ses plus beaux titres en un double album.
Mayol, Georgel, Joséphine Baker, Ray Ventura et ses Collégiens, Fréhel, André Dassary, Tino Rossi, Réda Caire, Maurice Chevalier ou celle qui, en 1936, n’était encore que “la môme Piaf”, interprètent ses plus grands succès. Populaire Scotto ?
C’est peu de le dire ! Il est aux couleurs d’un patrimoine, né d’une culture aussi bien urbaine qu’enracinée dans le paysage de cette “Douce France” chantée par Trénet et Pagnol. Populaire jusque dans les prétoires, où Maurice Garçon, le célèbre avocat le fit un jour entrer en déclamant “Les mômes de la cloche, qui s’en vont sans un rond en poche”, pour défendre une pauvre fille des rues. Elle fut bien sûr acquittée. » Roland Duclos – Centre France




"Un ouvrage prafait" par Le Figaro

« Plus spectaculaire à lui seul que Goldman, Barbelivien et Obispo réunis, Vincent Scotto donna à la France un nombre saisissant de chansons immortelles : Sous les ponts de Paris, La Petite Tonkinoise, Adieu Venise provençale, Prosper (yop la boum), Le Plus Beau Tango du monde, Les Pescadous ouh ouh, J’ai deux amours, Marinella, Tchi-Tchi, Les Mômes de la cloche, Où est-il donc ?, Ramuntcho, et on en oublie forcément, puisqu’il en a écrit au moins 4 000. Cette compilation due à l’inlassable gourmandise de Frémeaux & Associés essaie de résumer son œuvre immense avec autant de surprises (Tchi-Tchi chanté par le fameux Chanteur sans Nom, Marinella par Ray Ventura et ses Collégiens) que d’évidences (Prosper par Chevalier, etc.) Un ouvrage prafait. » Le Figaro




" Son nom sonne comme une ritournelle" par Chorus

« Son nom sonne comme une ritournelle. Prince de la mélodie, Vincent Scotto est l’auteur, dit-on, de plus de quatre mille chansons dont plusieurs dizaines de tubes. Près d’une quarantaine d’entre eux figurent sur ce double CD de compilation où, preuve en mains, on s’aperçoit combien ce diable de Marseillais savait s’adapter au style de ses interprètes (Elyane Célis, Tino Rossi, Réda Caire, Edith Piaf, Alibert, Fréhel, Mayol, André Dassary, Esther Lekain, Maurice Chevalier, Georgel, Joséphine Baker, Andrex… entre autres têtes d’affiche).
Sans épate, cet artisan du couplet bien troussé passait de la romance sentimentale au comique, du drame réaliste à la carte postal exotique, de la musique de film à l’opérette à accent. Avec bonheur. Autrement dit avec joie et enthousiasme. Un émerveillement dont l’origine remontait à son premier succès “La petite Tonkinoise”, créé par Polin, dont les (modestes) droits d’auteur lui avaient ouvert la route de la capitale.
La simplicité, pourtant, ne frayait jamais chez Scotto avec la mièvrerie. Sous la frivolité se profilait une once de douce mélancolie… Sa musique tentait de retenir le temps, le plaisir fugitif des jours. Cela explique, sans doute, sa résonance. Fragile, elle touche tous les publics en s’inscrivant de façon insidieuse dans les mémoires. Ce florilège, d’ailleurs, le démontre une fois de plus.
A côté des incontournables (“Sous les ponts de Paris”, “Ramuntcho”, “Les mômes de la cloche”, “Le plus beau tango du monde”, “Marinella”, “Tchi-Tchi”, “Adieu Venise provençale”, “J’ai deux amours”…) figurent ici des titres qui n’évoquent peut-être pas grand-chose aux plus jeunes d’entre nous. Mais il suffira d’entendre quelques notes pour que chacun s’exclame aussitôt, la mine réjouie : “Mais oui bien sûr, c’est du Scotto !” » Serge Dillaz – Chorus