MARGUERITE DURAS ET LA PAROLE DES AUTRES

ENTRETIENS RADIOPHONIQUES INA 2 CD

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Livret : 16 PAGES
Nombre de CDs : 2


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FA5024

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Entretiens Radiophoniques. Archives de l'INA sous la direction de Jean-Marc Turine. Avec la participation de Jean louis Trintignant.
 
Marguerite Duras aimait la radio, lieu privilégié qui fait se rejoindre la parole et le silence.
En écoutant les archives de l’INA, il n’est plus possible d’en douter. Parler de façon directe lui plaisait, comme de dialoguer au moment de la sortie d’un livre, d’un film ou d’une pièce de théâtre. Elle profitait aussi de la radio pour exercer son humour, son goût de l’absurde et du rire.
Aujourd’hui, Jean-Marc Turine propose trois “perles” radiophoniques retrouvées dans le fonds Duras de l’INA : une émission durant laquelle Marguerite Duras commente des lettres de Lewis Carroll à des petites filles avec la participation de Jean-Louis Trintignant, une deuxième émission “sur le monde” avec des enfants de six et sept ans et, enfin, une émission avec des femmes de mineurs du Nord de la France autour de Baobab d’Henri Michaux. Ces émissions datent de 1962 et 1967.
Patrick Frémeaux

Coédition : Frémeaux & Associés - INA en accord avec Jean Mascolo (Succession Marguerite Duras) et Jean Louis Trintignant.

"

DURAS la parole des autres... FA 502

MARGUERITE DURAS et la parole des autres... 

ENTRETIENS RADIOPHONIQUES - ARCHIVES DE L’INA
par Jean-Marc Turine

AVEC LA PARTICIPATION DE JEAN-LOUIS TRINTIGNANT







L'ouvrier du cimetière Montparnasse
Il y avait eu l’hommage à Marguerite Duras en l’église Saint-Germain-des-Prés
on avait entendu la musique de Bach, la lecture de quelques pages
de L’Ecclésiaste, de La Pluie d’Été et, à la fin de l’absoute,
des musiques de Carlos d’Alessio
India Song
Des journées entières dans les arbres
et la valse de L’Éden Cinéma
on regrettait l’absence du violon d’Ami Flammer, l’ami juif
il y avait eu des larmes et des yeux humides
il y avait eu quelques bousculades à la sortie de l’église à cause de
la foule, des photographes et des cameramen

Il y avait eu, au cimetière, la procession des proches,
des amis et des lecteurs anonymes devant le caveau où repose Marguerite
on avait subi une grêle froide et lourde
on s’était réfugiés sous la portière arrière du corbillard
on avait entendu des coups de tonnerre, on avait vu la brume voiler
la Tour Montparnasse et
on avait entendu une voix qui avait signifié la fin de la cérémonie

On a vu le corbillard et quelques personnes s’en aller 
mais on a vu autre chose aussi : la grande majorité des amis ne 
voulaient pas partir malgré le froid et l’humidité 
transis, on restait soudés, on se parlait à voix basse, les brothers 
et les sisters d’Ernesto, comme si on avait craint de se perdre

On a vu deux ouvriers poser deux dalles pour murer le caveau

Droit et pâle, Outa regardait la nuit descendre sur Marguerite, sa mère
à ses côtés se tenait Soraya, une des deux infirmières qui ont
veillé sur Marguerite durant les derniers mois de sa vie
Yamina, l’autre infirmière, personne ne savait où elle cachait son
chagrin, on avait été inattentifs à son égard
Yann, le visage figé, se tenait légèrement en retrait
à côté et derrière il y avait tous les autres
personne ne pouvait détacher son regard de ces deux dalles, couleur
du sable de la plage de Trouville

Et puis
on a vu un ouvrier, une casquette sur la tête, chaussé de grosses
bottines de marche en toile beige, s’approcher du caveau
il portait deux seaux et un petit sac de ciment
un des seaux contenait de l’eau, dans l’autre il a versé du ciment
qu’il a humidifié
l’ouvrier s’est approché du caveau et, devant nous, il a fait son
métier : sceller les dalles sur les rebords du caveau
consciencieusement, avec méticulosité, sans se laisser
impressionner par les dizaines de regards qui ne pouvaient pas se
distraire de son travail, le corps plié en deux, l’ouvrier n’a jamais
levé les yeux vers l’assistance
il avait les mains rougies par le froid et sans doute gercées à
cause du ciment qu’il lissait à l’aide d’une éponge

l’éponge lui servait aussi à nettoyer les taches que ses souliers
laissaient sur les bords du caveau
autour de lui le silence s’est fait
le premier vrai silence du recueillement et, déjà, du souvenir
la ville, avec ses bruits, ses colères, ses rires et ses vents
contraires, avait disparu

Le cimetière Montparnasse était devenu une île de l’Océan Indien où
 l’on côtoyait Anne-Marie Stretter 
Anna Maria Guardi, ce nom hurlé par le Vice-Consul

Le cimetière Montparnasse fermait le bal du malheur
de Lol. V. Stein
nous faisait imaginer la poésie brûlée d’Emily L.
nous rappelait la blessure et le désespoir d’Aban Sabana David
L’ouvrier du cimetière Montparnasse, emprisonnant Marguerite,
nous aidait à penser à son absence

Quand il a eu fini son travail, l’ouvrier a fait le tour de la tombe
pour vérifier son ouvrage
puis il s’en est allé
cela a peut-être duré un quart d’heure

Ensuite les fleurs ont été déposées sur la tombe

Personne ne bougeait malgré le froid et l’humidité

Le temps du travail de l’ouvrier du cimetière Montparnasse a sans
doute constitué l’instant parfait d’une communauté de pensées au
moment de l’adieu.(1)


C’était il y a cinq ans.

**********************
Les deux C.D. du coffret nous font approcher une Marguerite Duras différente de celle dont on a le souvenir ou dont on a “entendu parler” : Marguerite Duras de la fin des années quatre-vingts et du début des années quatre-vingt-dix, sûre d’elle-même, parlant de tout, se “mêlant” de tout, se prêtant au jeu d’une presse racoleuse. A cette époque Marguerite Duras avait la cote.

Les trois moments de ces disques ont été diffusés sur France Culture en :      
- janvier 1963 : Marguerite Duras présente et commente des lettres de Lewis Carroll à des petites filles, dans le cadre des émissions L’Usage de la parole. Jean-Louis Trintignant nous lit quelques lettres.
- avril 1967 : Marguerite Duras s’entretient avec des enfants, dans le cadre des émissions Comme il vous plaira, produites par François Truffaut. L’émission avec les enfants a été réalisée par Jacqueline Harpet.
- décembre 1967 : Marguerite Duras dialogue avec des mineurs et des femmes de mineurs, dans la bibliothèque d’une mine du Nord de la France, dans le cadre des émissions Veillées de France Culture, Quinzaine de la lecture, produites par Roger Pillaudin et réalisées par Georges Peyrou. Plus tard, en 1971, Georges Peyrou réalisera pour l’Atelier de création radiophonique, India Song avec Viviane Forrester dans le rôle d’Anne-Marie Stretter. Marguerite Duras utilisera cette même bande son lorsqu’elle réalisera son film en 1974, mais cette fois, avec Delphine Seyrig.

L’usage de la parole
A propos des lettres de Lewis Carroll, Marguerite Duras a écrit Le rire de la joie, contrairement au rire de l’amusement, correspond à un transport de l’être tout entier dans le bonheur d’une vision non marginale de l’ordre des choses. Le rire de l’amusement ne correspond pas à une pure transgression de cet ordre mais à sa parodie. On peut s’amuser à faire parler une grenouille comme un petit garçon mais on est dans la joie d’entendre une grenouille parler un langage inédit et irremplaçable, non parodique, un pur langage de grenouille, à partir d’une imagination quelconque.

Comme il vous plaira
Pour réaliser l’émission avec des enfants de six et sept ans, Marguerite Duras s’est d’abord rendue dans une école parisienne, mais les enfants n’arrivaient pas à oublier le contexte scolaire, la présence de l’institutrice. Leurs paroles n’avaient donc pas la spontanéité attendue. La “folie” comme les contradictions de l’enfance ne s’exprimaient pas. Les enfants restaient dans le langage appris, convenu d’une bonne éducation qui ne l’intéressait pas. Aussi, a-t-elle fait venir les enfants dans son appartement de la rue Saint-Benoît. Les enregistrements ont eu lieu en plusieurs étapes. Le résultat est émerveillant de pureté et d’innocence enfantines. Nous sommes entraînés dans une écoute véritablement jubilatoire. De cette émission il ne reste que ce qui a été diffusé. Les rushes sont perdus.(2) Inévitablement, une question surgit : comment a-t-elle fait? Bien sûr, il y a eu montage et on l’entend. Il n’empêche, elle est allée “chercher” la parole des enfants avec une rare intelligence mêlée de jeu et d’espièglerie. Elle se place naturellement de plain-pied avec eux, s’amusant de leurs incohérences.

Déjà en 1958, Marguerite Duras avait publié un entretien avec un enfant dans France Observateur, sous le titre Pierre A..., sept ans et cinq mois. L’entretien se termine par cette question :
– Je voudrais te demander une dernière chose : Qu’est-ce que tu ne peux pas arriver à comprendre, du tout? Dans tout ce que tu apprends à l’école?
– Que la terre tourne. Je ne peux pas arriver à le comprendre du tout.(3)
Dix ans plus tard, Marguerite Duras réalisera son émission.

Les enfants qu’elle approchait avec bonheur et dont elle a gardé certains de leurs dessins ou de leurs “petits mots”, sont présents dans de nombreux livres de Marguerite Duras : Un barrage contre le Pacifique, Moderato Cantabile, Les petits chevaux de Tarquinia ou encore La pluie d’été (un des livres de Marguerite Duras abordable partout et par tout le monde). Sans doute, cette émission avec des enfants est-elle l’expression de son amour profond de l’enfance, de toutes les enfances, dans le souvenir de sa propre enfance “paria” ou asociale en Cochinchine.

Au sujet de ce travail radiophonique, elle dit : Il n’y a plus de loup, les enfants le savent. Ils disent : il n’y a plus de loup, ça n’existe plus. Mais ils en rêvent. Ils rêvent qu’il y en a encore. Et où? dans les caves, ici à Paris. Il n’y a pas de sorcière, ce sont des choses qui n’existent pas, disent les enfants et pourtant tous les enfants que j’ai interrogés m’ont dit qu’ils rêvaient de sorcières. Tous. Ici à Paris aussi bien que dans les villages reculés de la province. La peur est là, très vite Elle arrive avec la vie, on le sait. On sait maintenant que toutes les espèces vivantes dont la survie dépend de la mère surtout rêvent, que le rêve d’abandon est commun aux oiseaux et aux enfants.

Voici un exemple de conversation non retenue dans le montage :
– ­Qu’est-ce qui est plus beau, la terre ou la lune ?
– La lune.
– C’est plus beau que la terre?
– Oui.– Pourquoi?
– Parce que la terre elle est pas un très beau noir, mais il y a une terre qui a un très beau noir, alors là... on l’aime, la terre qui a un très beau noir, c’est la plus jolie, et... et la lune, parce que c’est élégant, le blanc, aux mariages on prend du blanc pour faire les... voiles... et pour faire les manteaux blancs. Ma mamy elle a fait un manteau blanc à... à moi, et une robe blanche, elle a fait une robe grise, et puis bientôt elle va me faire une robe jaune pour l’été.
– Alors, tu trouves que les terres noires... qu’est-ce que tu me racontais sur les terres noires?... qu’est-ce qu’on traverse pour aller sur la lune? C’est facile ou c’est pas facile d’aller sur la lune?
– Pas facile.
– Comment on fait?
– On passe des semaines, des semaines...
– Dans quoi?
– Dans le ciel, dans la terre...
– Dans la terre?
– On s’en va de la terre et on vient au ciel, et après il faut passer beaucoup de jours et des semaines et des mois...
– Dans quoi?
– Dans le ciel.
– Dans la fusée...?
– Oui.
– Dis-le, ça : dans la fusée.
– Dans la fusée.
– Et qu’est-ce qu’on fait dans la fusée? Qu’est ce que tu ferais, toi, dans la fusée, si tu étais dans la fusée?
– Sais pas?
– Tu t’ennuierais, tu crois?
– Non.
– Tu regarderais?
– Oui.
– Alors, c’est ça que tu n’aimes pas, c’est le voyage ou bien c’est la lune elle-même que tu n’aimes pas?
– Le voyage.
– Trop long?
– Oui.
– Pourtant...
– Et si... si on n’apporte pas à manger, alors on peut plus... pas manger!
– Et quand on arrive sur la lune, comment c’est? Y a des petites filles qui font la ronde?
– Non.
– Qu’est-ce qu’il y a? Des lacs?
– Y a que la lune.
– Pas... pas de terre? Comment c’est, là où on marche?
– C’est rond... C’est rond.
– C’est dur?
– Oui.
– Très dur ou pas très dur?
– Très dur.
– Comme une rue ou plus dur qu’une rue?
– Plus dur.
– C’est du ciment?
– Non.
– C’est quoi? ça ressemble à quoi?
– A des barriques qu’on peint en blanc.
– A des...?
– barriques qu’on peint en blanc.
– Et est-ce qu’il y a des animaux?
– Non. On peut en emporter dans la fusée, mais pas... on peut pas emporter les girafes, à moins qu’elles soient couchées.
– Parce que c’est ça que tu voudrais, une girafe? Tu voudrais emporter une girafe, toi?
– Non, un petit chien.

Veillées de France Culture
L’émission avec les femmes de mineurs fait partie d’une série d’entretiens menés par des écrivains (Michel Butor, Alain Robbe-Grillet et Claude Simon) avec un public choisi par eux. Dans cette série, Marguerite Duras a également rencontré des élèves d’un Lycée technique de Versailles. Elle leur proposait les mêmes textes qu’aux mineurs : Henry Michaux, Aimé Césaire et Hermann Melville. J’ai choisi la rencontre avec les mineurs parce que, me semble-t-il, le dialogue que Marguerite Duras a réussi à établir, est plus “juste”. La parole a mieux “circulé”, une fois la timidité première abandonnée. La spontanéité dans les échanges avec ces femmes de mineurs nous fait bien entendre ce qu’elles vivaient.

De Henri Michaux, Marguerite Duras lit Baobab, un poème qui évoque l’Afrique dans le recueil Monsieur Plume. Comment oublier cet homme qui, dans la conversation, s’exclame Nous sommes les Africains de la France!

Marguerite Duras s’est mise en position d’écoute dans ces trois moments radiophoniques. Elle ne parle pas, elle fait parler. Ou encore, elle parle sans parler, elle pose des questions, lit des textes et suscite des réactions.

L’attention à l’autre, la curiosité de la vie, comme son amour de l’humanité, son refus de l’injustice ou de l’oppression et son rejet de tout colonialisme sont des aspects de la personnalité de la romancière peu connus voire oubliés.

Dans le même esprit, Marguerite Duras a écrit de nombreux articles, dans les années cinquante et soixante, rassemblés dans un livre intitulé Outside(4). Elle y exprime sa colère, son indignation par rapport à des violences faites à l’égard d’hommes et de femmes, par exemple Les fleurs de l’Algérien (1957), Racisme à Paris (1958), articles écrits en pleine guerre d’Algérie ou Nadine d’Orange (1961). Elle a appelé ces articles Papiers d’un jour. Plus tard, elle a réuni dans un autre livre, Le Monde extérieur, des préfaces, d’autres articles, des lettres(5). Presque tous ces textes courts sont nés de l’événement et de l’urgence auxquels Marguerite Duras souhaitait répondre. Dans sa préface au Monde extérieur, Christiane Blot-Labarrère écrit, Marguerite Duras se place à mi-chemin entre son univers propre et la masse d’événements parallèles à sa vie. On y entrevoit les paysages privilégiés des souvenirs d’enfance.Il y avait un côté rebelle chez Marguerite Duras. Rebelle à l’ordre imposé, à la morale convenue. Mais, écrivain avant tout, il lui arrivait d’oublier “l’état des choses” ou de ne pas lui porter une attention suffisante. Lors d’un entretien radiophonique, elle s’en excuse presque lorsqu’elle dit : On ne peut pas toujours être sur tous les fronts en même temps.Il faut rappeler que Marguerite Duras “entre” à la radio en 1955, lorsqu’Alain Trutat a mis en ondes Un barrage contre le Pacifique. Sa “parole radiophonique” a continué jusqu’en 1992.

Biographie sommaire

Naissance de Marguerite Donnadieu, le 4 avril 1914, à Gia-Dinh, près de Saïgon.

En 1932, sa mère lui propose de rentrer en France pour suivre des études universitaires.

Mariage avec Robert Antelme, en 1939.

En 1943, le couple Antelme s’installe dans un appartement de la rue Saint-Benoît. Rencontre avec Dionys Mascolo. En septembre de la même année, le trio d’amis s’engage ensemble dans le mouvement de résistance que dirige François Mitterrand : le Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés.

A la veille du débarquement, Robert Antelme se fait arrêter et est déporté. Il sera retrouvé à Dachau par François Mitterrand qui prévient ses amis de Paris, dont Dionys Mascolo qui, en compagnie de Georges Beauchamp, va sauver Robert Antelme de la mort en allant le chercher sur le lieu même de sa déportation.

Fin 1944, Marguerite Duras (nom d’écrivain qu’elle emprunte au village du Lot-et-Garonne près duquel son père avait une propriété) s’inscrit au Parti Communiste.En avril 1946, Dionys Mascolo et Robert Antelme s’inscrivent eux aussi au Parti Communiste. Dionys Mascolo démissionnera en décembre 1949, suivi par Marguerite Duras quelques jours plus tard. Robert et Monique Antelme, eux, seront exclus en 1951.

A partir de cette date, avec Edgar Morin, Claude Roy, Michel Leiris, Jean-Pierre Vernant et d’autres, elle affichera ses opinions politiques :
– au sein du Comité des Intellectuels contre la poursuite de la guerre en Algérie en 1954.
– en collaborant à la revue Le 14 juillet, fondée par Dionys Mascolo et Jean Schuster, contre la prise de pouvoir par De Gaulle en 1958.
– en signant le Manifeste des 121 ou Déclarations sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, en 1961.
– en 1968, aux côtés de Maurice Blanchot, Dionys Mascolo, Robert Antelme et d’autres, elle participe au Comité Ecrivains-Etudiants. C’est pour cette jeunesse qui la fascine qu’elle a écrit Détruire dit-elle.
– en 1980, un numéro des Cahiers du Cinéma, conçu par elle, Les Yeux Verts, marque un tournant dans la popularité de l’écrivain.
– 1991, publication de L’Amant de la Chine du Nord qu’elle écrit en réaction au projet de film de Jean-Jacques Annaud L’Amant, dont elle a pourtant vendu les droits.

Quelques livres ou films l’ont fait connaître du grand public :
– Un barrage contre le Pacifique, roman, 1954 (pour lequel elle fut nominée au Prix Goncourt).
– Moderato Cantabile, roman, 1958.
– Hiroshima mon amour, 1960, (film réalisé par Alain Resnais, Palme d’Or au Festival de Cannes).
– Le ravissement de Lol. V. Stein, roman, 1964.
– Le Vice Consul, roman, 1965.
– India Song, film, 1974.
– L’amant, roman, 1984, qui lui valut le Prix Goncourt.

Notes
1 - Ce texte a été publié par Le Mensuel littéraire et poétique, Bruxelles, avril 1996.
2 - Il reste une trace écrite (intégrale?) de ces entretiens à l’Institut de la Mémoire des Écrits Contemporains et aux Archives de Radio France, sous le titre L’enfance et le langage.
3 - in Outside, p. 81.
4 - Éditions P.O.L., 1984.
5 - Éditions P.O.L., 1993.

Jean-Marc Turine, producteur à France Culture, a réalisé en 1997 un coffret de 4 C.D. intitulé Marguerite Duras, Le ravissement de la parole dans la collection Les Grandes heures, INA / Radio France. Ce coffret a obtenu le Grand Prix de l’Académie Charles Cros de la Parole enregistrée.En 1984, il co-réalise avec Marguerite Duras et Jean Mascolo, le film Les Enfants (Grand Prix de l’Association du cinéma d’art et d’essai au Festival de Berlin, 1985).Egalement avec Jean Mascolo, il a produit et réalisé plusieurs films documentaires en 1991, L’Esprit d’insoumission, autour du Groupe de la Rue Saint-Benoît ainsi que Autour de Robert Antelme, l’espèce humaine.Pour les éditions Frémeaux, il a réalisé un coffret de deux C.D., Crimes contre l’humanité (Grand Prix 2000 de l’Académie Charles Cros de la Parole enregistrée et de la Création radiophonique) et un autre coffret de deux C.D., Le Négationnisme ou l’abus d’oubli, en collaboration avec Valérie Igounet et préfacé par Simone Veil.

DISCOGRAPHIE
CD1
01. J’ai interrogé les enfants          4’22
02. A quoi tu rêves la nuit? 3’10
03. Qu’est-ce que c’est?            3’08
04. Ils vont te prendre petit oiseau sauvage         1’11
05. Je m’appelle Claire        10’23
06. Comment tu vois l’avenir?       3’22
07. Vous trouvez que les grands...  7’44
08. Je m’appelle François   8’42
09. J’aurais dû vous écrire plus tôt          13’43
10. Dans beaucoup de ses lettres      5’21
11. Jamais de morale, jamais         9’52

CD2
01. Le petit cheval        4’48
02. Télégramme de Dakar   15’17
03. Plume    24’04
04. Hiroshima            7’10
05. Moby Dick          9’35
06. Discours sur le colonialisme 6’58
07. Fin   4’15


CD Marguerite Duras et la parole des autres... © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 J AI INTERROGE LES ENFANTS - DURAS04'22
02 A QUOI TU REVE LA NUIT - DURAS03'10
03 QU EST CE QUE C EST - DURAS03'08
04 ILS VONT TE PRENDRE PETIT OISEAU SAUVAGE - DURAS01'11
05 JE M APPELLE CLAIRE - DURAS10'23
06 COMMENT TU VOIS L AVENIR - DURAS03'22
07 VOUS TROUVEZ QUE LES GRANDS - DURAS07'44
08 JE M APPELLE FRANCOIS - DURAS08'42
09 J AURAIS DU VOUS ECRIRE PLUS TOT - DURAS03'43
CD 2
01 DANS BEAUCOUP DE SES LETTRES - DURAS05'21
02 JAMAIS DE MORALE JAMAIS - DURAS09'52
03 LE PETIT CHEVAL - DURAS04'48
04 TELEGRAMME DE DAKAR - DURAS15'17
05 PLUME - DURAS24'04
06 HIROSHIMA - DURAS07'10
07 MOBY DICK - DURAS09'35
08 DISCOURS SUR LE COLONIALISME - DURAS06'58
09 FIN - DURAS04'15
"Marguerite Duras et la Parole des Autres" par Libération

“Trois petits bijoux sortis des archives de l’INA. Un petit chef-d’oeuvre d’innocence et de sagesse.” Caroline BONNEFOND, LIBÉRATION




"Marguerite Duras et la Parole des Autres" par Ecouter Voir

“Des heures de dialogues superbes de simplicité,... Ce coffret de 2 cds dont la majeure partie est constituée par ces entretiens est d'un extrême intérêt. On trouvera aussi les lettres à Lewis Caroll lues par Jean-Louis Trintignant et Marguerite Duras. Des trésors...” Lucas FALCHERO, ÉCOUTER VOIR




« Une confrontation surprenante » Par Notes Bibliographiques

Dans ces enregistrements composites faits en 1963 et 1967 , Marguerite Duras écoute la parole des autres. Au début du premier CD, elle dialogue avec de jeunes enfants, dans le second avec un groupe de mineurs du Nord. Elle sollicite les petits sur les thèmes suivants : la lune, le rêve, les vieux, la mort… et obtient des réponses récurrentes d’une belle fraîcheur… Les grands, les petits, les parents, l’école, les animaux… mais aussi la peur, les loups et les sorcières. Puis Marguerite Duras parle de Lewis Carroll et de son penchant ambigu pour les petites filles à qui il racontait de merveilleuses histoires. Jean-Louis Trintignant lit avec talent quelques-unes de ces lettres que Marguerite Duras commente (on ne trouvera pas celles adressés à Alice du célèbre roman pour cause de destruction). Dans le deuxième CD, elle lit des textes de Michaux, Césaire et Melville devant des mineurs. Confrontation surprenante, parfois passionnante sur les livres, le roman, la poésie, l’histoire… Une réalisation originale, irrégulière, où Marguerite Duras joue avec sensibilité les faire-valoir. Livret en annexe. NOTES BIBLIOGRAPHIQUES




« Un document d’archive au sens fort » par Magazine Littéraire

Ce nouveau CD intitulé « Le cinéma de l’Amant »  est la bande son d’un film tourné aux studios de Billancourt, en août 87 : lecture comme proposition de Duras  faite à Claude Berri d’une  adaptation de son texte pour le cinéma. « Je m’excuse, je lis un livre et je m’évade du livre et  j'y reviens et je vais y revenir. Voilà, on revient sur terre. » Petit commentaire sur bruits de pages qui tournent, le tout s’achevant sur une conversation avec Jerôme Beaujour qui devait être du projet. Ce document d’archive au sens fort vient d’être récompensé par l’académie Charles Cros. Autres piste : radiophonique, avec trois émissions de 63 et 67 sur France Culture, dont l’une de Lewis Caroll avec Trintignant,  réunit par Jean Marc-Turnie dans « Marguerite Duras et la parole des autres ». A voir ou revoir, les films de Marguerite Duras, suivis d’entretiens avec Dominiques Noguez, en vidéo cassettes. L’ensemble de cette vidéographique critique, réalisée en 84 à la demande du ministère des Affaires étrangères, reparaît chez Benoît Jacob Vidéo". LE MAGAZINE LITTERAIRE




«Des trésors...» par Écouter Voir

En avril 1967, Marguerite Duras s’entretient avec des enfants dans le cadre des émissions Comme il vous plaira, produites par François Truffaut et réalisées par Jacqueline Harpet. Des heures de dialogues superbes de simplicité qui révèlent la vision qu’ont du monde les jeunes enfants de six sept ans de la fin des années 60 : désabusés, peu étonnés et surtout, sans le vouloir, d’une poésie aussi vite perdue qu’apparue dans leurs propos… On s’attend à autre chose de la part des enfants et dans le même temps, on retrouve une expression stéréotypée et paradoxalement affranchie de logique. Bref ce coffret de deux CD dont la majeure partie est constituée par ces entretiens est d’un extrême intérêt. On trouvera aussi des lettres à Lewis Caroll lues par Jean-Louis Trintignant et Marguerite Duras. Des trésors … Lucas FALCHERO – ECOUTER VOIR




« Parlez dit-elle » par Libération

Jean-Marc Turine, producteur à France Culture et coréalisateur du film les Enfants, avec Marguerite Duras et son fils, Jean Mascolo, vient d’éditer un coffret regroupant trois émissions radiophoniques de l’écrivain, à l’époque où celle-ci était peu connue du grand public. Trois petits bijoux sortis des archives de l’INA dans lesquels, précise-t-il, « Marguerite s’est mise en position d’écoute […] Elle ne parle pas, elle fait parler : ou encore, elle parle sans parler, elle pose des questions, lit des textes suscite des réactions ». Le premier disque est consacré à l’enfance. Dans le cadre d’une émission produite par François Truffaut et diffusée en avril 1967, Marguerite Duras a convié des écoliers de 6 ou 7 ans dans son  appartement rue Saint-Benoît. Les enfants s’expriment un peu comme le Jean-Pierre Léaud des Quatre cents coups. Ils parlent des animaux, des humains, et de ce qui leurs fait peur, taraudés par les questions de l’écrivain, qui rit de leurs incohérences. Un petit chef-d’œuvre d’innocence et de sagesse. Dans la deuxième partie du disque, la parole est laissée à Lewis Caroll. Jean-Louis Trintignant lit quelques extraits des nombreuses lettres que l’auteur d’Alice aux pays des merveilles écrivit à une centaine de petites filles. Et Duras commente, en expliquant par exemple qu’une fois sorties du cadre de l’enfance, ses petites amies n’intéressaient plus l’écrivain. Dans le second CD, Marguerite Duras dialogue avec des mineurs de fond dans la bibliothèque d’une mine du nord de la France. L’émission Veillées de France Culture, diffusée en 1967, fait partie d’une série d’entretiens d’écrivains auxquels avaient participé Michel Butor, Alain Robe-Grillet et Claude Simon. Le public de ces émissions était choisi par les auteurs. Duras elle, avait choisi des mineurs pour lire des extraits de Plume, d’Henri Michaux. Caroline BONNEFOND - LIBERATION




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