SAM CASTENDET - FESTIVAL BIGUINE

INTEGRALE 1950 avec AL LIRVAT

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Livret : 24 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 1


19,99 € TTC

FA5028

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Nul n’aura célébré la fête antillaise avec autant de franche gaieté, ni poussé la biguine aussi loin dans le burlesque et la dérision. Jean Pierre Meunier présente au travers d'un livret de 24 pages l'intégrale de Sam Castendet, l'un des deux clarinettistes de légende du monde créole. Cette intégrale permet d'entendre par ailleurs Al Lirvat (Trombone et Chant) sur la majorité des morceaux.
Patrick Frémeaux

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS, Notre mémoire collective. 

Distribution Antilles : Hibiscus et Librairie Antillaise - Distribution France : Nocturne - Distribution Japon : Antilles - Distribution VPC Internet : La Librairie Sonore.
Rolling with Bolling

Rolling with Bolling 
INTÉGRALE CLAUDE BOLLING BIG BAND 1973-1983 









« Toutes les compositions de Bolling recèlent des qualités communes de mélodie et d’architecture. Quant aux solistes (ex. : Gérard Badini), ils démontrent l’extrême vitalité du jazz français. » 
L’EXPRESS – 1978

« La musique, elle, est superlative ! Avec la distance que donne la redécouverte de ces enregistrements, nous mesurons plus facilement l’importance de Bolling et de son orchestre dans l’histoire du Jazz. »
Dominique BURUCOA – JAZZ CLASSIQUE  

Claude Bolling est un homme heureux – et qui nous rend heureux – parce qu’il s’est choisi une voie solide. Il préfère chanter dans son arbre généalogique plutôt que de jouer les aventureux chasseurs de trouble. Il semble posséder naturellement (mais c’est le fruit d’un long travail et d’un choix habile) le don de la mé­lodie. Ce qu’il écrit, comme ce qu’il improvise, chante si généreusement que l’on retient sans peine ses  compositions. C’est aujourd’hui une originalité extrême. Sans s’embarrasser de problèmes formels, il court au chevet de la musique, il la panse des blessures sordides que lui ont faites nombre de violeurs de l’avant-garde et, sur de souples rythmes naturels (Claude aime bien déclarer qu’il ne fait que des choses naturelles, basées sur l’étude classique de la résonance des sons, de la régularité des battements) et avec une palette de couleurs orchestrales aux contrastes bien délimités, il construit un monde sonore dont l’originalité est faite du respect qu’il porte toujours à ses maîtres en jazz : les arrangeurs des orchestres de Count Basie, de Woody Herman et l’immortel Duke Ellington et tous les grands classiques du piano des maîtres du ragtime aux premiers éclaireurs du bop. Ce disque, le septième qu’il ait signé à la tête d’un grand orchestre – ce qui pour un musicien français est un record –, nous le montre encore plus en possession d’un métier fait d’autorité souple et de volonté lyrique. Sans concessions au doute, il fait sonner, claquer, éclater son orchestre avec le bonheur d’un chef sûr de ses troupes. Puissiez-vous profiter pleinement de ce généreux classicisme.  
André FRANCIS (NOTICE © 1975) 

Claude Bolling in a happy man who radiates happiness because he has found a unique way of sharing his joy. He prefers to be a little bird signing on top of his own tree rather than a hawk stooping for bits and pieces. He seems to have a natural gift for melody (but this gift is the result of hard work and deliberate judgement). The melody he writes of improvises is so generous that it sound natural to our ears and we remember it. Nowadays this is very original. Following the path of sound he avoids problems and stops only to soothe Dame Music and dress her deep wounds perpetrated by avant-garde musicians. The light-footed Claude “swings” along in his natural way using the smooth vibrations of his live and the good beat of his heart – an aquarelle of instrumentals that creates a world of sound, full of an originality emanating from a deep respect of his masters in jazz; a world Count Basie, Woody Herman, Duke Ellington and others have created, a world of quality and sincerity. This recording is the seventh featuring Claude Bolling and his big band, and for a frenchman this is a... record! Will we feel his will to communicate with us? Will we hear the way he attacks, sings, swings and bursts? Will we understand a music man? Let’s hear it and find out.  

Ces bienheureux qui eurent, de la fin des années 50 au début des années 70, la veine d'assister aux concerts donnés régulièrement dans la capitale française par Duke Ellington et son orchestre, ne peuvent pas ne pas se rappeler ces invites à venir tenir le clavier, que lançait à un moment le patron à l'adresse de deux  pianistes qui, bien évidemment, ne manquaient jamais de se trouver dans la salle... Des gens en qui il avait comme il se doit toute confiance – ses Billy Strayhorn  français en quelque sorte. Ses enfants ou presque... L'un de ces pianistes était le regretté Raymond Fol; l’autre s’appelle Claude Bolling. Bolling en ce temps-là faisait il est vrai preuve d'une telle maestria, d'une telle virtuosité, qu'il ne pouvait que réveiller l'enthousiasme du Duke le plus blasé. D'autant qu'il ne l'imitait pas Bolling, le Duke, il se contentait de jouer comme lui. Nuance. Tous deux semblaient sortis du même monde musical pour rendre des comptes à l'esprit large... Ouverture considérée du côté anglo-saxon des choses comme le suprême raffinement digne du Tour du Monde en quatre-vingts jours, mais mal vue chez les héritiers (qu'ils disent!) de Descartes : «dilletantisme» tout au plus, jettent-ils avec la moue de circonstance. Dilletantisme, donc superficiel. Ouverture que le jeune Claude, né à Cannes le 10 avril 1930 et qui partagea sa vie d'enfant entre la Côte d'Azur et Paris, eut la chance de croiser fort tôt par la grâce d'un professeur de piano femme, remarquable musicienne et pédagogue, qui sut lui faire aimer tout autant les Grandes Figures européennes du passé que les nouveaux Maîtres du jazz, seule vraie musique du siècle révolu. Aussi n’eut-il pas à choisir entre l’art de Chopin et de Liszt et celui d’Elllington et de Garner. Position inconfortable dans un pays où il faut toujours choisir entre Bach et Basie, Hugo et Sartre, Carné et Godard, Brassens et Brel... Comme si on ne pouvait pas prendre tout le paquet, quitte à se trouver dans l'obligation de trier. La bourse ou la vie, fromage ou dessert, tant pis si on aime les deux et que l'on veut à la fois un bon camembert bien fait et un super truc glacé dégoulinant de crême chantilly! Si vous dites aimer Mozart, vous ne pouvez pas apprécier Armstrong et réciproquement. Et pourquoi pas, au fait?

Une heureuse prédisposition à l'improvisation entraîna assez vite le pianiste débutant du côté des hommes du jazz. Si dans ce domaine il éprouva d'emblée une prédilection marquée pour Ellington (davantage sans doute pour le compositeur, l'arrangeur, le monsieur dont l'instrument préféré était l'orchestre tout entier, que pour le pianiste), il se refusa là encore de se limiter à un seul modèle et se laissa également charmer par les géants du stride (Fats Waller, Willie "The Lion" Smith, James P. Johnson), tous trois dont Duke était l’émule, par les Grands Anciens des jours du ragtime (Scott Joplin, James Scott), par ceux qui permirent le passage du ragtime au jazz (Jelly Roll Morton), par les Rois de l'équilibre instable (Earl Hines) et les élégants au toucher perlé (Teddy Wilson), par les touche-à-tout inclassables (Erroll Garner) et même par les premiers fouineurs boppisants. Comme parfois le dimanche, pour s'amuser, Claude aimait à se livrer à des «à la manière de...», il n'en fallait pas plus à quelques sans-pitié, en ces temps de guerre chaude entre les Anciens et les Modernes, pour condamner cette insupportable légèreté de l'Etre papillonnant et décrêter avec un charmant mouvement du menton que, décidément, ce «style caméléon» ne servait qu'à dissimuler (habilement) une curieuse absence de personnalité. Pas gentil, ça... D'autant que de la personnalité, il n'avait pas attendu le jugement de ces fins connaisseurs, le prometteur Claude Bolling, pour en avoir à revendre. Dès la Libération, âgé d'une quinzaine de printemps, il obtient le prix du meilleur pianiste lors du tournoi annuel d'amateurs organisé par le Hot Club de France. Dans la foulée, il devient aussi le plus jeune sociétaire de la SACEM... Toutes choses qui l'encouragent à la fois à participer aux belles nuits du Saint Germain-des-Prés de l'après-guerre (où il cotoie les équipes de "revivalistes", et les premiers boppers gaulois) et à bosser sérieusement l'harmonie et la composition sous la houlette de Maurice Duruflé. En Angleterre, en Amérique, on trouve cela très bien, mais ici! Enfin quoi, ou on est revivaliste, ou on est bopper, ou on est apprenti concertiste dans le domaine de la musique dite "classique", mais pas les trois en même temps, que diable! Il a encore tout faux ce garçon...

Ce qui ne l'empêche quand même pas de monter son orchestre à seize ans et de graver ses premiers septante-huit tours chez Pacific le 28 mai 1948, soit quarante-huit jours après avoir soufflé ses dix-huit bougies. Certains de ses compagnons ne sont guère plus âgés que lui, tels le trompettiste Gérard Bayol et le clarinettiste Maxim Saury. Pour cette initiale session, les jeunes gens se sont tout de même retrouvés autour d'un répertoire relativement traditionnel (Ory's Creole Trombone, Black And Blue...), mais on note déjà la présence de The Mooche, l'une des plus envoutantes compositions ellingtoniennes. Le coup d'après (10 décembre 48), entre un thème d'Earl Hines (My Monday Date) et un autre de Jelly Roll Morton (Sidewalk Blues), l'imaginaire ellingtonien se trouve de nouveau sollicité avec une autre chose fameuse, East St. Louis Toodle-oo, qui fut des années durant l'indicatif de l'orchestre ducal. Le 25 février 49, c'est Rex Stewart en personne, ex-grand soliste ellingtonien, qui a demandé au groupe de l'accompagner. Trois compositions de l'ancien chef sortiront de cette rencontre. Et l'on pourrait continuer ainsi à longueur de pages à mentionner les très nombreuses séances d'enregistrement auxquelles participèrent, pour l'une ou l'autre firme, Bolling et sa clique au cours des décennies suivantes. Pour cette fois, nous nous contenterons de nommer quelques-uns des grands solistes américains en compagnie desquels Bolling prit plaisir à jouer. Outre Rex Stewart, il y eut la même année la chanteuse Bertha "Chippie" Hill, puis au fil des ans Roy Eldridge, Lionel Hampton, Cat Anderson, Albert Nicholas, Mezz Mezzrow, Paul Gonsalves, Dizzy Gillespie, Jo Jones, Milt Buckner, Thad Jones, Hubert Laws, Carmen McRae... Et puis Ellington bien sûr, qui lui confiait parfois son piano le temps de deux ou trois morceaux... Jusqu'au milieu des années 50, Claude Bolling dirige surtout de petites ou moyennes formations. En 1955, il franchit le pas et en monte enfin une grande : lui, l'admirateur d'Ellington et de Basie, ne peut décemment plus se contenter d'un quintette ni même d'un septette, surtout quand on estime qu'à vingt-cinq ans, l'âge de raison est largement atteint... Et voilà comment, une fois pour toutes, on engage le doigt de manière irréversible dans l'engrenage fatal, aussi séduisant qu'impitoyable... Car, pour ce qui est de faire (sur)vivre un grand orchestre de jazz en France... En France ou bien ailleurs, d'ailleurs.

Voyez Basie qui, au début des années 50, n'eut plus sous ses ordres qu'un sep­tette. Et le Duke lui-même, qui eut plus d'une fois chaud aux plumes... Evidemment, vingt ans avant, ça carburait plutôt bien les big bands, de l'autre côté de l’Atlantique. C'était même la grande mode, le fin du fin, et tout musicien connu digne de ce nom se devait d'en diriger un, même si au fond il n'en avait pas si envie que cela. Certes, Fletcher Henderson, Paul Whiteman, Jimmie Lunceford, Benny Goodman, Tommy Dorsey, Benny Carter, Duke, Basie, étaient des habitués de la chose, mais d'autres, finalement plus à l'aise avec les petits comités que dans les grosses machines, comme Louis Armstrong ou Coleman Hawkins, durent tout de même s'y coller. Cependant, à la fin de la guerre, raisons esthétiques et financières aidant, la faveur du public se reporta davantage sur les petites et moyennes formations, celles qui faisaient du "revival", celles qui perpétuaient la tradition "swing", celles qui se jetaient à corps perdu dans le "be-bop", ou encore celles, souvent velues, qui pratiquaient une musique chaude et directe que l'on baptisa "rhythm n’ blues"... Bien sûr, quelques grands orchestres au passé de légende parvinrent à tirer leur épingle du jeu, et le Comte, grâce à l'aide de Norman Granz, put même en reformer un qu'il dirigea jusqu'à sa mort... Mais d'une manière générale, il fut de plus en plus difficile de faire vivre en pernanence un big band aux U.S.A.. Même quelqu'un comme Dizzy Gillespie, homme de grand orchestre par excellence et figure emblématique du jazz moderne, n'arriva jamais – bien qu'il fût plutôt bon organisateur – à en conserver un plus de trois ou quatre ans... Et c'est précisément ce moment-là, alors qu'en France aussi les grands orchestres de music-hall qui pratiquent – assez souvent le jazz (Ray Ventura, Fred Adison, Jo Bouillon, Jacques Hélian), si prisés avant la guerre, – disparaissent les uns après les autres, que  choisit Claude Bolling pour se lancer dans l'aventure... Faut-il préciser qu'à notre connaissance, on ne lui octoya jamais la moindre subvention. Depuis 1955-56 donc, ce groupe dont les membres (de quinze à vingt) eurent le loisir de changer (tout en étant toujours sollicités parmi les meilleurs spécialistes français de leur instrument), se produit périodiquement en concert, tant au pays qu'hors des frontières (pays très protectionnistes, genre U.S.A., compris). On a pu également l'apprécier à la radio, à la télévision (spectacles le plus souvent réalisés par Jean-Christophe Averty et productions des Carpentier), ainsi que sur nombre de jolies galettes de vinyle de qualité, mêlant "classiques du jazz" remodelés sur des arrangements nouveaux ou, comme c'est ici le cas, compositions originales du Patron et de sa bande. Ici, ce sont surtout (et même exclusivement), regroupées sur trois disques-compacts (compression utile de cinq microsillons trente-trois tours, enregistrés entre 1973 et 1983), les idées du chef qui se trouvent à l'honneur. Morceaux aux titres souvent rigolos (Paté de Canard, Big Boss Birthday, Dors Bonhomme, Participation, Big Golden Pipe Rhapsody, Trombinacoulos, Suivez le Chef, Main de Fer et Gant de Velours...), avec ça et là des références fort explicites à l'endroit des objets (ou plutôt des sujets!) de son admiration musicale...

Comment diable peut-on espérer être pris au sérieux – et pour un "créateur" avec un grand "C' – dans la Patrie de Molière et de Voltaire si l'on avoue comme ça, en des titres sans équivoque (Duke On My Mind, Duke's Beat, For Jammers Only, Jungle Traps... ), que l'on continue, bien au-delà du temps parti à la période dite de formation, à se réclamer d'influences anciennes et à vouer aux vieux Maîtres une tendresse certaine? Dès lors, la relégation de quelqu'un comme Bolling dans cette catégorie sub­al­terne, presque infamante et à peu près négligeable des "revivalistes" est quasi-automatique, même si l'on sait que notre homme a depuis des lustres délaissé le "revival" pur et simple pour se lancer dans un programme nettement plus original et ambitieux. Comme si, à l'endroit d'une musique presque centenaire comme le jazz, il était toujours rigoureusement impensable, impossible, interdit de faire à côté des avant-gardistes leur place à ceux qui orientent autrement leur recherche et préfèrent reparcourir des chemins déjà certes existant, mais non pas complètement explorés, afin d’y mettre à jour de nouvelles richesses. Comme si l'activité d'inventeurs réels ou prétendus (de plus en plus cantonnés, d'ailleurs, depuis déjà bien des années dans le seul domaine de la technologie – le seul qui, dit-on, soit vraiment "rentable") condamnait les autres, les artisans et les ouvriers au mépris... On ne dira jamais assez tout ce que cet élitisme, appliquant au monde des artistes le bon vieux principe, éminnement capitaliste, de la division du travail, peut re­celer de réactionnaire . Et ce n'est pas seulement l'époque qui veut cela, même si elle est propice à ce genre de dichotomie tellement pratique. Il ne nous est malheureusement pas possible de citer tous les artisans et ouvriers qui œuvrèrent depuis 1955 sous la houlette de Claude Bolling, mais voici au moins quelques noms, laissant supposer que la musique qu'ils ont produite ne devait pas, de temps en temps, manquer de charme ni d'éclat. 

Trompettistes : Maurice Thomas, Pierre Sellin, Jean-Claude Naude, Patrick Artéro, Fernand Verstraete, Christian Martinez, Guy Bodet, Michel Delakian, Philippe Slominski ;
Trombonistes : Bill Tamper, Jean Bolognesi, Benny Vasseur, Michel Camicas, François Guin, Charlie Verstraete, Claude Gousset, Emile Vilain, Jean-Christophe Vilain, André Paquinet ;
Saxophones et clarinettes : Gérard Badini, Jean Aldegon, Jean-Louis Chautemps, Pierre Gossez, Claude Tissendier, André Villéger, Jacques Nourredine, Philippe Portejoie, Pierre Schirrer, Romain Mayoral ;
Guitaristes : Pierre Cullaz, Francis Lemaguer, Barthy Raffo, Jean-Paul Charlap ;
Bassistes : Max Hediguer, Guy Pedersen, Pierre Maingourd ; 
Batteurs : Michael Silva, Marcel Sabiani, Vincent Cordelette.  Le patron étant, comme il se doit, à son piano.

Parmi les bollingiennes compositions ici proposés, on notera la présence d'un Borsalino/Art Déco. Le premier mot suggère un titre de film qui connut un succès certain en France et ailleurs à la fin des années 60, grâce à la présence conjuguée de Jean-Paul Belmondo et d'Alain Delon (incidemment producteur), mais aussi à cause de la musique, en particulier de la rengaine servant de leitmotiv et évoquant pour le "grand public" la fin des syncopées années 20. Claude Bolling avait déjà travaillé pour le cinéma, comme certains autres membres de la Grande Famille du jazz hexagonal (Alix Combelle, Hubert Rostaing, Christian Chevalier, Martial Solal, André Hodeir...) sollicités par les tenants de l'Art numéro sept une bonne dé­cennie plus tôt. Il est vrai que, dans ce domaine, ni Django Reinhardt ni Stéphane Grappelli ne furent jamais en grande demande. Après Borsalino, Bolling composa ensuite sans interruption nombre d'autres partitions destinées à des pellicules signées Marcel Camus, Edouard Molinaro, Philippe de Broca, Pierre Grimblat, José Giovani, Claude Pinoteau, Gérard Pirès, Pierre Tchernia, ou encore Morris et Goscinny, sans parler de séries pour la télé. Pas un seul Godard dans le tas. Quelle tristesse. A défaut d'un Jean-Luc, il y eut dans les années 70-80 un Jean-Pierre (Rampal), un Alexandre (Lagoya), un Maurice (André), un Jean-Bernard (Pommier), un deuxième Jean-Pierre (Wallez), un Pinchas (Zukerman) et même un Yo-yo (Ma). Il était assez logique que parvenu en ce point de sa carrière, Bolling voulût renouer avec son autre grand centre d'intérêt musical, celui hérité de la tradition classique européenne et qu'il tentât de concilier les deux genres en les mettant en parallèle tout en conférant à l'ensemble de chaque œuvre ainsi conçue une solide unité. Ainsi put-on entendre successivement une Sonate pour deux Pianistes, un Jazz Concerto, une Suite pour Flûte et Jazz Piano Trio, une Suite pour Violon et Jazz Piano Trio, un Concerto pour Guitare classique et Jazz Piano Trio, une Picnic Suite (guitare et flûte classiques & Jazz Piano trio), une California Suite (interprétée par Hubert Laws, Bud Shank et Shelly Manne), une Toot Suite (pour trompette et Jazz piano trio), une Suite pour Orchestre de Chambre et Jazz Piano Trio (avec l'English Chamber Orchestra), qui retinrent fortement l'attention – surtout la Suite pour Flûte – du monde musical, principalement sur l'autre rive de l'Atlantique. Ici, en son pays, où il sait depuis longtemps qu'il ne sera pas pro­phète, Bolling eut parfois droit, de la part de ceux n'aimant pas le mélange des genres (alors que son projet n'était point tant de mêler des genres anciens que d'en faire surgir un nouveau), à la vieille question fatidique – "et qu'est-ce que cela apporte?". Sans doute pouvait-il répondre que cela, tout comme ce qu'il faisait à la tête du "Big Band", risquait peut-être d'apporter de temps en temps à l'auditeur un certain plaisir, voire un plaisir certain. A moins qu'il ne se soit souvenu de la réponse que fit, voici un siècle, Alfred Jarry à ceux qui lui demandaient ce que son personnage le plus célèbre était susceptible d'apporter à l'art théâtral : "Ubu n'apporte rien, il n'est pas un larbin"...
Daniel NEVERS 
© 2001 Frémeaux & Associés / Groupe Frémeaux Colombini SA, 2001 

discographie
CD1
1. Let’s swing it  6’32
2. Brass band swing  2’43
3. Here comes the blues 3’57
4. Trade mark  3’32
5. Opening night  5’32
6. Suivez le chef  3’05
7. Jazz party  5’23
8. Tell your story  3’29
9. Just play  3’58
10. Not this time 3’30
11. Rockin’ march  4’56
12. Duke’s beat  5’03
13. Duke on my mind  4’33
14. For jammers only.  4’49 

Toutes compositions  : Claude Bolling 
Editions : Caïd 
*   Technisonor 
** Bleu Blanc Rouge
Studio : Davout - Paris
Son : Claude Ermelin ou Roger Roche (p) 1973 - 1975- 1976 Claude Bolling. 

L’orchestre :
Saxes, Clar, Flûtes : 
AS 1 Jacques Nourredine ou Jean Aldegon 
AS 2 Marcel Canillar 5 (fl) – 10 (fl) ou Denis Fournier 
TS 1 Gérard Badini 1-2-4-8-11-12
TS 2 J.Louis Chautemps 9
BS Pierre Gossez 14
Trompettes :
1 Maurice Thomas
2 Pierre Sellin 1-14
3 J.Claude Naude 1-3-4
4 Fernand Verstraete 1-2-11-12
Trombones : 
1 Bill Tamper 14 ou Charles Verstraete 
2 François Guin ou Benny Vasseur
3 Michel Camicas 8-14 ou Charlie Verstraete
4 Emile Vilain ou Jean Orieux
Guitare : Francis Lemarguer ou Pierre Cullaz 10
Bass : Max Hediguer 13
Drums : Pierre-Alain Dahan ou Michael Silva ou Marcel Sabiani
Piano / dir : Claude Bolling.
Les chiffres indiquent les morceaux où les musiciens sont solistes 

Notice discographique par Claude Bolling, l’auteur 
CD1
1. Let’s swing it : comme son nom l’indique, tempo bien balancé qui appelle une conversation des trompettes (J.C. Naude / P. Sellin / F. Verstraete) suivie d’un monologue plein d’humour du ténor sax de G. Badini puis ensemble final
2. Brass band swing : sur un tempo plus enlevé fait de deux accords de trompettes, de trois notes de saxophones, d’une réplique des trombones, on y est ! Solos : TS G. Badini – Tp F. Verstraete
3. Here comes the blues : qui comme le swing est l’essence de cette musique. Pour le deuxième thème. Solo de Tp de J.C. Naude.
4. Trade mark : pourrait être la marque de fabrique de l’orchestre avec des ensembles contrastés. Solo : G. Badini – Tp J.C. Naude
5. Opening night : ouverture de l’orchestre pour les grandes premières et les soirées des Césars. Fl : M. Canillar
6. Suivez le chef : dialogue entre l’ensemble et le big band et le “ pianiste de l’orchestre ”
7. Jazz party : jeu entre les couleurs et les volumes sonores des différents groupes de timbres. Aucun solo dans cette composition.
8. Tell your story : M. Camicas Tb et G. Badini Ts racontent leur histoire, reprise par le choeur des cuivres de l’orchestre.
9. Just play : il n’y a qu’à jouer, la musique fera le reste. Ts J.-L. Chantemps.
10. Not this time : mais à la prochaine ! nous disent M. Canillar Fl et P. Cullaz Guit.
11. Rockin’ march : cette fois la séquence thématique du blues a 13 mesures au lieu de 12. Ce tempo de marche est emmené par G. Badini Ts et F. Vertraete Tp.
12. Duke’s beat : sur un tempo shuffle qu’affectionnait D. Ellington quand il évoquait les “local trains” Ts G - Badini. Tp F. Verstraete
13. Duke on my mind : conçu pour la contrebasse qui dialogue comme Elligton le faisait avec son piano et son orchestre. Soliste : Max Hédiguer
14. For jammers only : thème de blues médium, prétexte à une jam session. Tbs Bill Tamper et M. Camicas, B.S. Pierre Gossez, Tp Pierre Sellin. A été repris par Duke Ellington sous le titre de “ Wild Onions ”. 

CD2
1. Don’t be late  3’49
2. Jungle traps  5’44
3. Stay cool  4’27
4. Cette femme a un parfum étrange  6’19
5. City life  5’31
6. Quietly  4’15
7. Paris en bouteille  3’50
8. Summer flower  3’19
9. Clap in five  4’52
10. Blue kiss from Brazil  5’08
11. Attrape  4’57
12. Lazy girl  5’56
13. Take a break  5’05
14. Main de fer et gant de velours  5’04
15. Feed the cats  6’16 

Toutes compositions : Claude Bolling
Editions : Caïd 
* Top 2000 / Technisonor
** Bleu Blanc Rouge 
*** World Music Co
Studio : Davout - Paris
Son : Claud Ermelin ou Roger Roche (p) 1973 - 1975 - 1976 - 1979 Claude Bolling. 

L’orchestre :
Saxes, Clars, Flûte :
AS 1 Jean Aldegon ou Jacques Nourredine (14)
AS 2 Marcel Canillar 1 – 9 (fl) ou Denis Fournier ou Claude Tissendier 
TS 1 Gérard Badini 2-4 ou André Villéger 5-12 (s.sax)-13-15
TS 2 J. Louis Chautemps
BS Pierre Gossez
Trompettes :
1 Maurice Thomas
2 Pierre Sellin 3 ou Louis Vezan
3 J. Claude Naude ou Patrtick Artero 5
4 Fernand Verstraete 2-8-13
Trombones :
1 Bill Tamper 3 ou Jean Bolognesi
2 Benny Vasseur ou Charlie Verstraete 
3 Michel Camicas ou François Guin
4 Emile Vilain ou Jean Orieux
Guitare :
Francis Lemaguer ou Barthy Raffo
Bass :
Max Hediguer ou Guy Pedersen
Drums :
Pierre-Alain Dahan ou Marcel Sabiani 5 ou Maurice Bouchon 13
Piano /dir. : Claude Bolling.
Les chiffres indiquent les morceaux où les musiciens sont solistes 

Notice discographique par Claude Bolling, l’auteur 
CD2
1. Don’t be late : à ce tempo là on ne peut qu’arriver à l’heure. As M. Canillar
2. Jungle Traps : pièges et sortilèges de la jungle. Les dangereux fauves sont F. Verstraete Tp et Gérard Badini Ts
3. Stay cool : thème fraîcheur pour les trompettes à l’unisson en sourdines. Solos : Tb Bill Tamper, Flugelhorn : P. Sellin
4. Cette femme a un parfum étrange : capiteux et enivrant comme le respire le saxophone de  G. Badini
5. City life : la vie trépidante de la cité mo­derne, telle qu’elle était évoquée dans le dessin animé “Lucky Lucke” Daisy Town de René Goscinny. Solos : Ts A. Villéger, Tp P. Artéro, Drums M. Sabiani
6. Quietly : contraste en douceur avec le nu­méro précédent
7. Paris en bouteille : générique de l’émission du matin sur France Inter de Pierre Bouteiller. Ts J. L. Chautemps
8. Summer flower : Fernand Verstraete soliste vedette de l’orchestre à cette époque est l’interprète de cette mélodie avec le feeting qui le caractérise.
9. Clap in five : sur un “clap hands” à cinq temps (2/4 / 3/4), développement d’orchestre en forme de ballet. Fl M. Canillar
10. Blue kiss from Brazil : Méolide “bluesy” sur rythme brésilien. Tp F. Verstraete
11. Attrape : la clarinette de Pierre Gossez ne se laisse pas rattraper dans cette composition qui lui est consacrée.
12. Lazy girl : à l’origine dédié à Sydney Bechet, est interprété ici au saxophone soprano par André Villéger dans son style personnel.
13. Take a break : écrit pour Sonny Payne le fantastique batteur de Count Basie, à l’occasion d’une série de concerts avec l’orchestre. Joué par Maurice Bouchon. Ts A. Villéger, Tp F. Verstraete.
14. Main de fer et gant de velours : terme qui définit le jeu de saxophone alto de Johnny Hodges avec Duke Ellington. Soliste : J. Noureddine
15. Feed the cats : final des concerts de l’orchestre sur un tempo dans la tradition de Lionel Hampton. Solos : Ts A. Villéger, Tb B. Vasseur, puis superposition successive de riffs conclu par une cadence de batterie de M. Sabiani. 

CD3
1. The bankers  4’55
2. Big boss birthday  3’54
3. Gentle girl  4’41
4. Bowling green  4’32
5. Trombinacoulos  4’25
6. Participation  4’31
7. Dors bonhomme  5’38
8. Just for fun  5’09
9. Big golden pipe rhapsody  6’08
10. Borsalino/Arts déco  4’35
11. Soft call  5’59
12. Keep smiling  6’29
13. Paté de canard  3’29
14. Happy congregation 4’06 

Toutes compositions : Claude Bolling
Editions : Caïd 
*    World Music Co
**  Bleu Blanc Rouge/Famous Music
*** PECF/Warner Bross
Studio : Davout - Paris
Son :  Claude Ermelin (p) 1979 - 1983 Claude Bolling. 

L’orchestre :
Saxes, clars, flûtes :
AS 1 Jean Aldegon ou Francis Cournet 
AS 2 Marcel Canillar (11-12) ou   Claude Tissendier 4 – 10 (clar)
TS 1 André Villéger 1 (clar) 2-4-8-10
TS 2 Marcel Canillar 11 (fl) –12 (fl)
BS Pierre Gossez 1-9
Trompettes :
1 Maurice Thomas
2 J. Claude Verstraete 10 ou Guy Bardet
3 Pierre Sellin ou Patrick Artero 1-3-7-8
4 Fernand Verstraete 4 – 12 (flug. h.)
Trombones :
1 Charlie Verstraete 2 -5 ou Bill Tamper 6
2 Benny Vasseur 10-13 ou Charles Verstaete 10
3 Michel Camicas 4-5-6
4 Emile Vilain 13
Guitare :
Barthy Raffo ou J. Paul Charlap 12
Bass :
Guy Pedersen 7 ou Marc Michel 12
Drums :
Maurice Bouchon 1 ou André Arpino 
Piano / dir :
Claude Bolling
Les chiffres indiquent les morceaux où les musiciens sont solistes 

Notice discographique par Claude Bolling, l’auteur 
CD3
1. The bankers : générique de “The Silver Bears” d’Ivan Passer. Tp P. Artero, clar A. Villéger et  dialogue du sax baryton de P. Gossez avec la “pep section”.
2. Big boss birthday : l’anniversaire du chef étant le 10 avril, cette composition est construite sur un rythme à 10/4 (qui se décompose en 3/4 + 3/4 + 4/4 = 10/4)
3. Gentle girl : easy swing tempo. Tp A. Artero
4. Bowling green (le Boulingrin) titre donné par Billy Strayhorn en reference au carré de verdure où l’on joue aux boules.
5. Trombinacoulos (de l’opéri comaque) et non pas trombones à coulisses de l’opéra comique. Ils sont quatre dans l’orchestre. Soli : M. Camicas et Ch. Verstraete.
6. Participation : titre repris de l’idée sociale du Général de Gaulle, qui est toujours d’actualité. Concerne de nouveau la section de trombones. Solos : M. Camicas et Bill Tamper
7. Dors bonhomme : reprise jazzée de la mélodie de berceuses du film “Les Passagers” avec Jean-Louis Trintignant, Mireille Darc et Bernard Fresson. Tp solo P. Artero 
8. Just for fun : sorte de “When the Saints” pour P. Artéro Tp et A. Villéger Ts
9. Big golden pipe rhapsody : évoque cette grosse pipe de métal qu’est le saxophone  baryton. Soliste : P. Gossez.
10. Borsalino (et Art Déco) les deux thèmes du film de Jacques Deray immortalisé par Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, dans une version jazzy du big band.
11. Soft call : atmosphère demi-teinte éclairée par la flûte de M. Canillar
12. Keep smiling : swing valse jouée avec le sourire des soli de F. Vertraete, M. Canillar Fl, J.Paul Charlap Guit / Marc Michel Lebevillon contrebasse.
13. Paté de canard : le trombone basse donne une belle couleur grave aux ensembles de cuivre. Il est exceptionnellement soliste ici. Emile Vilain est entouré de ses partenaires  Ch. Verstraete, B. Vasseur et M. Camicas.
14. Happy congregation : show-case des sections de l’orchestre, saxophones/trombones/ trompettes, dont les soli sont ponctués par des interludes de guitare, de contrebasse et de  batterie. Conçu pour présenter le big band au public des concerts.  
Partitions et parties séparées disponibles en librairies musicales.

CD Rolling with Bolling  INTÉGRALE CLAUDE BOLLING BIG BAND 1973-1983 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 ANGEINA - CASTENDET02'45
02 CE NOUS MEMM NOUS MEMM - CASTENDET02'50
03 TOULOULOU - CASTENDET03'12
04 LEVE YO LEVE YO KA - CASTENDET02'58
05 ET ALORS - CASTENDET03'01
06 MARTINIQUE 48 - CASTENDET03'06
07 CRAPAUD - CASTENDET02'45
08 CENCEN - CASTENDET02'44
09 PENDANT MOIN DANS L ARMEE - CASTENDET02'51
10 LA RUE ZABYME - CASTENDET02'52
11 RAVETE MODE - CASTENDET03'10
12 MANMAN OU TEBE - CASTENDET03'08
13 LES ADIEUX D UNE CREOLE - CASTENDET03'12
14 DOUDOU PAS PLEURER - CASTENDET03'08
15 MI BELLE JOURNEE - CASTENDET02'58
16 LA NUIT - CASTENDET03'02
17 PA NI TI MOUN - CASTENDET02'54
18 Z OISEAUX MARINS - CASTENDET02'58
19 JANA BAHIA - CASTENDET02'54
20 BOSSU DOUDOU (FOLKLORE) - CASTENDET03'06
"Sam Castendet Intégrale 1950" par Epok

“Enfin un CD consacré à ce volubile et voluptueux clarinettiste. Un des plus merveilleux oiseaux musiciens des îles antillaises.” Gérald ARNAUD, EPOK




"Sam Castendet Intégrale 1950" par Trad Mag

“Merci encore à Frémeaux & Associés de recycler ces produits populaires de luxe avec textes et images.” Claude RIBOUILLOT, TRAD MAG




« Mémoire d’un style » par Ecouter Voir

Musicien antillais historique, Sam Castendet aura toute sa vie durant œuvré pour que la musique des îles soit connue et appréciée. L’enregistrement nous propose de (re)découvrir cet orchestre qui, de son époque, aura marqué irrémédiablement la biguine. A tel point que les groupes antillais d’aujourd’hui n’en sont finalement que de pâles répliques aseptisées. Gaieté et bonne humeur sont au rendez vous, même quand ce musicien pousse la dérision jusque dans un vibrato extrême d’une clarinette guillerette. Mais qu’importe ! Le but de ce musicien et de son orchestre n’était pas de faire dans le propre et le respectable, mais bien de donner à sa musique la chaleur et l’exubérance typique des climats tropicaux. Merveilleuse idée que celle de la maison Frémeaux & Associés, car la réédition de ces archives précieuses complétées par un livret à la fois précis et documenté nous permet de retrouver intacte la mémoire d’un style et d’une époque.
ECOUTER VOIR




« Document et plaisir » par Trad Magazine

Sam Castendet débuta comme clarinettiste et chef d’orchestre lors de l’Exposition Coloniale de 1931, à Paris, pour remplacer au pied levé le célèbre Stellio (écoutez le FA023 !). Né en 1906 au nord de la Martinique, Sam Castendet débuta une carrière étonnante alors qu’il avait remisé son instrument. Franchement, on n’a rien à regretter. Le contenu de ces repiquages, d’après les enregistrements Columbia de juin 36 et surtout juin et décembre 50, est un régal. Amoureux de la biguine, il vous faut ce CD. Et merci encore à Frémeaux & Associés de recycler ces produits populaires de luxe avec textes et images. Document et plaisir (je danse devant mon clavier en écoutant, après l’introduction parlée réjouissante, Lévé Yo Lévé Yo Ka, un gragé et non une biguine…).
Claude RIBOUILLOT-TRAD MAGAZINE




« Sam Castendet : Intégrale 1950 » par Télérama

Toute la saveur ironique et burlesque des biguines de l’après-guerre par un clarinettiste martiniquais qui hanta les clubs parisiens (La Canne à Sucre, La Boule Blanche) en chantant Angéïna, Cé nous memm, Lévé yo lévé yo ka…
TÉLÉRAMA




« Sereine limpidité romantique » par Le monde la musique

Après avoir appartenu à la belle tradition des clarinettistes antillais (en succédant à Stellio à l’Exposition Coloniale de 1931), Sam Castendet a illustré cette lignée des grands chefs d’orchestres « typiques » qui ont donné à la France quelques-uns de ses plus beaux bals. Voici rassemblés dix-huit titres enregistrés en 1950, dans lesquels il chante et tient la batterie, devenue son instrument de prédilection après quelques années passées en France. C’est le trop oublié Maurice Noiran qui est à la clarinette, perpétuant les usages avec un vibrato et une netteté dignes du grand aîné Stellio (dans l’introduction de La rue Zabyme ou les douceurs de La Nuit). Le répertoire présenté est surtout constitué de compositions de Sam Castendet avec, sous sa signature, quelques-uns des plus grand airs populaires des Antilles françaises (Lévé yo lévé yo ka, Crapaud), mais aussi le cinglant Martinique 48, tableau au vitriol de l’île brossé par un « émigré » écoeuré à son retour au pays natal. Ce qui est mis ici en avant, c’est cette tenue un peu raide du haut du corps, cette souplesse radieuse des genoux communes aux musiques antillaises de salon et de bal « convenable ». On sera évidemment surpris, avec une oreille accoutumée à la renaissance récente de ces répertoires (chez Marius Cultier ou Mario Canonge), par la modicité du langage rythmique. Mais le primat du discours mélodique, délivré avec une sereine limpidité romantique, est la caractéristique majeure de l’époque, même dans les assommants Adieux d’une créole (« adieux foulards, adieux madras », valse laborieusement tropicalisée), sauvés par la clarinette. En fin de CD, deux airs enregistrés en 1936 avec un grand souci d’exotisme, mais aussi quelques splendeurs de clarinette, par Castendet lui-même, notamment dans Bossu Doudou.
Bertrand Dicale - LE MONDE DE LA MUSIQUE




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