BERTHE SYLVA

1929-1937

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Nombre de CDs : 2


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FA5037

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Avec un égal succès, Berthe Sylva fait vivre à toutes les générations l’émotion de la chanson sentimentale et mélodramatique. L'anthologie officielle de Frémeaux & Associés réalisée par Jean Jacques Chollet sous la forme d'un coffret de 2 CD accompagné d'un livret 24 pages.
Patrick Frémeaux

Droits : Frémeaux & Associés. Patrimoine de la chanson française.

Les ouvrages sonores de Frémeaux & Associés sont produits par les meilleurs spécialistes, bénéficient d’une restauration analogique et numérique reconnue dans le monde entier, font l’objet d’un livret explicatif en langue française et d’un certificat de garantie. La marque Frémeaux & Associés a obtenu plus de 800 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore.

This album, issued by the world-famous publishers, Frémeaux & Associés, has been restored using the latest technological methods. An explanatory booklet of liner notes in English and a guarantee are included.

On n’a pas tous les jours vingt ans • Les roses blanches • Lilas Blanc • Valsons Lison • Cœur de voyou • Le p’tit boscot • La valse du pavé • A Paname un soir • C’est mon gigolo • Du gris • La valse viennoise • Si tu reviens • Tu ne sais pas aimer • Arrêtez les aiguilles • Musette • Le raccommodeur de faïence • La voix de maman • Le clown et l’enfant • C’est un petit nid • Mon village au bord de l’eau • Le petit gars, Perrette et le pot au lait • Les trois gosses • Du soleil dans ses yeux • Si l’on ne s’était pas connu • Le maître à bord • Brouillards • Les nuits • La vieille auberge • La vie est un rêve • Ta voix • Les poupées de minuit • Tu rentres tard • Tu n’te souviens pas • Passion • La bâtarde • Le tango du chat"

Berthe Silva FA5037

BERTHE SYLVA
1929 - 1937












“Les roses blanches” lancées par Berthe Sylva ont ramolli le cœur des titis et radouci celui des bourgeois. Touché au plus profond de son être par le texte de Charles-Louis Pothier et la musique de Léon Raiter, l’homme de la rue, comme celui du grand monde, à l’écoute de cette chansonnette, est emporté dans la spirale des sentiments. De tout le répertoire réaliste des années trente, le public d’aujourd’hui ne retient que “Les roses blanches”, jolies fleurs du destin tragique des pauvres gens. Le nom de Berthe Sylva est pour longtemps sauvé de l’oubli grâce à ce mélodrame. Comment résister à la force émotive de cette œuvre qui traverse les générations comme un frisson d’angoisse à l’entrée d’un hôpital ? On vendra trois millions de petits formats de cette chansonnette à émotion également enregistrée par Léon Raiter, Tino Rossi, Lucienne Delyle, Jean Lumière, et même, dans les années soixante, par le groupe “Les sunlights” qui cueille, avec “Les roses blanches”, l’argent de poche des jeunes yéyés pris à leur tour dans le tourbillon tragique. Le hit-parade, un instant ému, fait grimper “Les roses” à ses sommets :

“C’est aujourd’hui dimanche,
Tiens, ma jolie maman,
Voici des roses blanches
Que ton cœur aime tant.
Va, quand je serai grand,
J’achèt’rai au marchand
Toutes ses roses blanches
Pour toi, jolie maman.”

Parmi les autres grands succès de Berthe Sylva, on fredonne encore “On n’a pas tous les jours vingt ans” :

“On n’a pas tous les jours vingt ans,
Ca nous arrive un’ fois seul’ment ;
Ce jour-là passe hélas trop vite,
C’est pourquoi faut qu’on en profite.
Si l’patron nous fait les gros yeux,
On dira : “Faut bien rire un peu !
Tant pis si vous n’êt’s pas content,
On n’a pas tous les jours vingt ans.”

Ceux qui demandaient à Berthe Sylva des souvenirs de son enfance, elle les invitait... à parler d’autre chose devant un verre. Il n’est pas très facile d’écrire une biographie de la célèbre chanteuse ; il en est d’ailleurs de même pour la plupart des artistes de café-concert du début du siècle. La chanson de variété a toujours été méprisée par les historiens ; et pour couronner le tout, on s’empresse encore de dire et d’écrire qu’avant Charles Trénet, la chanson française n’est qu’ineptie et vulgarité. On trouve en grand nombre des ouvrages sur le cinéma ; des bibliothèques sont consacrées au septième art. Il existe des livres sur le jazz, et la chanson prise dans ce rythme est illico digne d’entrer dans l’histoire de la musique. Mais si les paroles ont le malheur d’être chantées sur un air de valse, de tango, de java ou de polka, la chanson est traitée comme une vile production d’un abruti qui n’a pas encore découvert l’Amérique !

Il faut attendre les années 1960 pour qu’un dictionnaire de la chanson française paraisse enfin ; mais dans cet ouvrage, pas l’ombre d’un mot sur la carrière de Berthe Sylva ! C’est depuis dix ans seulement que l’on écrit vraiment sur la chansonnette. Des biographies d’artistes sont maintenant régulièrement éditées. Combien d’années faudra-t-il attendre pour que l’on parle des auteurs et des compositeurs ? Il n’existe même pas un dictionnaire de la chanson digne de ce nom !

Mais revenons à Berhe Faquet, que nous connaissons sous le pseudonyme de Berthe Sylva. Dans les années trente, elle raconte ses débuts à Max Vière, un de ses paroliers : “Je suis née à Brest. Presque tous les membres de ma famille, depuis un temps immémorial, sont marins ou professeurs... c’est une tradition ! J’avais seize ans. Je faisais mes études pour devenir moi-même institutrice. Vous souriez ? Oui, la destinée est étrange parfois et, à cette époque, je ne songeais nullement qu’un jour viendrait où je serai chanteuse. Cependant, je ne manquais pas une soirée de music-hall ou de comédie. J’avais une mémoire surprenante et je retenais avec facilité les couplets d’alors qui, entre nous, valaient bien ceux d’aujourd’hui. A cette époque, ma sœur faisait déjà du “métier” et chantait dans les cabarets, au grand désespoir de ma famille. Ma mère ne voulait pour rien au monde que je devienne une artiste comme mon aînée. Ce fut cependant cette dernière qui me fit débuter à ses côtés dans un café-concert de Saumur. Je chantais avec timidité, vêtue d’une robe à traîne, sans oser regarder le public, de fines chansons de 1900.

Devant les premiers succès remportés, je me sentais des ailes ! Je partis toute seule pour Angers où je fus à l’affiche d’un autre établissement pendant assez longtemps. Puis, je tentais la grande aven­ture !... Un beau jour, j’arrivais à Paris, riche d’espoir seulement. Ayant lu dans un journal que Parisiana demandait des “petites femmes”, je me présentai au théâtre où, avec un aplomb imperturbable, je me fis “mousser” tant et si bien que l’on m’engagea pour la somme mirifique de cent cinquante francs par mois.

Durant un an, sous la direction de Ruez, je jouais des revues et je fis ensuite mon tour de chant. Un soir, au pied levé, je remplaçai la commère indisposée. Je ne fus sans doute pas trop maladroite, puisque cela me procura un engagement pour l’Amérique du Sud. L’Amérique du Sud... Ces mots évoquaient dans mon esprit des Peaux-Rouges et des trappeurs, personnages merveilleux des romans qui bercèrent ma jeunesse. Aussi, ce fut une grande désillusion pour moi, en débarquant là-bas, de m’apercevoir que les maisons étaient aussi hautes qu’à Paris et que les messieurs portaient des chapeaux melons.

C’est ainsi que je devins une grande voyageuse... J’ai parcouru tour à tour le Brésil, l’Argentine, la Russie, la Roumanie, l’Egypte, l’Espagne, etc. Je m’intéresse beaucoup aux mœurs de chaque pays et je parle plusieurs langues.

Ensuite, je revins à Paris où je chantai dans les plus grands établissements et, un jour, j’enre­gistrai pour la première fois sur disque Idéal à saphir, les principales chansons de mon répertoire.”

Le premier disque de Berthe Sylva chez Idéal date de 1929. Elle chante : “Tout au bord de la Marne” et “Il y a une fille dans la maison”.

A Paris, dans les années 1910, on la voit au Casino de Montmartre, au Casino-Montparnasse... Dans les années 20, c’est au Caveau de la République qu’elle est engagée. Un programme la présente en fin de spectacle, avant René-Paul Groffe, le chansonnier, parolier de “La vieille auberge” :

“Sous son manteau de vigne vierge,
Sur la grand’route de Paris,
Je vois toujours la vieille auberge
Que le temps avait peinte en gris...
Au fracas de la diligence,
Aux gais appels du postillon,
Elle ouvrait avec complaisance
Les battants de son portillon.
La servante, dans un sourire,
Accueillait chaque voyageur
Et le maître sans plus en dire,
Dressait la table en connaisseur.”

René-Paul Groffe est aussi l’auteur de “C’est un petit nid”, chanson enregistrée par Berthe Sylva en 1929, d’abord sur disque Idéal et sur Odéon :

“C’est un petit nid
Perdu sous la mousse,
Avec son vieux puits
Et ses tuiles rousses,
Son petit jardin
Qui sent le romarin,
Bien gentiment caché
Dans l’ombre du clocher...”

Sur l’autre face du disque Odéon, voici “Le raccommodeur de faïence” (chanson typique, simple histoire) dit le petit format, mais grand succès :

“Je suis le raccommodeur
De faïence et de porcelaine,
Raccommode objets de valeur,
Choses modernes, choses anciennes.
Je répare bien des malheurs,
Ainsi, j’évite bien des peines.
Je suis le raccommodeur
De faïence et de porcelaine !”

L’accordéoniste Léon Raiter, compositeur de valses musettes et de nombreuses chansons dont les plus célèbres sont “Le tango du chat”, “On n’a pas tous les jours vingt ans” et “Les roses blanches”, fait engager Berthe Sylva à Radio Tour Eiffel où elle chante le répertoire de Raiter et des succès anciens. Léon Raiter témoigne du talent de Berthe Sylva : “Elle est prodigieuse ! On peut lui donner le soir une chanson pour le lendemain matin ; en arrivant elle la sait, elle la sent, elle en précise tout le sens musical comme le sens du texte.”

Berthe Sylva devient très vite une des premières vedettes de la radio et ses disques se vendent par milliers. Elle continue la tradition de la chanson réaliste, avec ses drames, ses personnages par lesquels le public populaire se reconnaît et porte à la célébrité les meilleurs artistes. Elle est l’héritière artistique d’Eugénie Buffet qui, à la fin du dix-neuvième siècle, crée le genre “pierreuse” en chantant “Jenny l’ouvrière”, en reprenant des chansons de Bruant. Son grand succès : “La sérénade du pavé”. Jusqu’à la guerre de 14-18, le répertoire réaliste est entendu dans toutes les salles de café-concert.

Les années 1920 voient éclore une nouvelle génération de chanteuses dont les plus connues, Damia et Fréhel, donnent au genre réaliste ses lettres de noblesse. Berthe Sylva s’impose au cours des années trente avec “Les roses blanches”, “On n’a pas tous les jours vingt ans”, “Célosa”, “Le raccommodeur de faïence”, “Grisante folie”... Elle reprend naturellement le répertoire de Fréhel : “Comme un moineau”, “Musette”, “Où sont tous mes amants ?”, “Tel qu’il est”, “Toute pâle”, “La chanson du vieux marin” et “Du gris” dont voici le deuxième couplet que Berthe Sylva n’enregistre pas :

“Tu fum’s pas, ben t’en as d’la chance ;
C’est qu’la vie, pour toi, c’est du v’lours.
Le tabac, c’est l’baum’ d’la souffrance ;
Quand on fum’, l’fardeau est moins lourd.
Y a l’alcool, parl’ pas d’cett’ bavarde
Qui vous met la tête à l’envers.
La rouquin’, qu’était un’ pocharde,
A donné son homme à Deibler...
C’est ma morphin’, c’est ma coco,
Quoi, c’est mon vice à moi, l’perlot.”

Il est curieux de découvrir le nom d’autres chanteuses comme Yette Sylva ou Bertha Sylvain dont on voit la photo sur le petit format de la chanson “Mimi, donne ton cœur” (1916) ; on y remarque également le nom de Berthe Sylva parmi d’autres artistes.

Si une grande partie du répertoire de Berthe Sylva se compose de chansons d’amour : “Célosa”, “Les nuits”, “Tu ne sais pas aimer”, “Si tu reviens”, “C’est mon gigolo”, “Du soleil dans ses yeux”, “Ta voix”, “Tu rentres tard”, “Passion”, “Je n’ai qu’un amour, c’est toi”, “La madone aux fleurs”, “Amoureuse de la tête aux pieds” etc., ce sont pourtant les drames de la misère et du destin qui lui ont assuré la célébrité : “Les roses blanches”, “Le clown et l’enfant”, “Le p’tit boscot”, “La prière des petits gueux, “Cœur de voyou”, “Fleur de misère”, “Lilas Blanc”, de Théodore Botrel, grand succès de Mayol.

Aujourd’hui, on prend ces mélodrames à la blague, on les chante en imitant (mal) l’accent des faubourgs de Paris. Comme en France, on a la mémoire courte et celle de l’histoire encore plus, on ne se rappelle pas qu’en ces belles années folles, la misère à Paris est grande. La chanson, depuis toujours, témoigne de son époque et le répertoire mélodramatique, encore vigoureux dans les années trente, évoque naturellement les pauvres gens et leur misère. Une vraie chanson mélo se doit d’être avant tout sincère, par respect pour les gens qu’elle est censée défendre. Il y a, bien sûr, des auteurs qui, de façon grotesque, forcent les situations et croyant faire “plus vrai”, abusent d’invraisemblances et lancent des chansons abâtardies qui ne sont ni des parodies ni des chansons mélos.

La parodie de ces chansons, c’est un autre genre dans lequel Georgius s’est illustré avec succès en écrivant “Le fils père”, “On l’appelait “Fleur des fortifs” ou “Roule...roule !”, parodie du “Train fatal”, pour ne citer que ces titres-là !

Mais, à l’image des ouvriers qui poursuivaient “Le p’tit boscot” de leurs moqueries, il est possible de se repentir d’avoir pris à la légère les vraies chansons mélos et de réécouter Berthe Sylva les chanter en pensant au peuple de Paris abêti de travail ou crevant sous les ponts, usé comme l’aiguille de phono qui finit par percer, sillon après sillon, même les disques de chansons mélos.

Si on peut voir, au fil des années trente, Berthe Sylva sur les planches parisiennes : Casino Saint Martin, Folies Belleville..., elle est sûrement plus souvent devant le micro d’un studio d’enregistrement pour y chanter un répertoire aux sujets très variés. En 1930, Berthe Sylva enregistre “Adoration” et “Aimer, souffrir, mourir”, de l’opérette “Mariska” ; “Tu me dis non” et “C’est mon gigolo” de la revue “Nudist’ bar”. Les chansons de films font également partie de sa discographie : “Mais quand le cœur dit oui” et “Je n’ai qu’un amour, c’est toi” du film “Prix de beauté” ; les chansons-titres des films : “Sous les toits de Paris”, “La fortune”, “Tu m’oublieras”, “Tarakanova”, et “La douceur d’aimer” ; “Tout est permis quand on rêve” et “Les mots ne sont rien par eux-mêmes” du film “Le chemin du paradis” ; “La vie est un rêve” du film “Atlantis” ; “Veux-tu ?” du film “Marius à Paris” ; “Amoureuse de la tête aux pieds” du film “L’ange bleu” ; “Tu ne sais pas aimer” du film “Sola” ; “Ta voix” du film “Cendrillon de Paris” ; “Si l’on ne s’était pas connu” du film “Un soir de rafle” ; “Pourquoi nous dire adieu” du film “Rive gauche” ; “Monte-Carlo” et “Les mots d’amour” du film “Léon tout court” ; “C’est un mauvais garçon” du film “Un mauvais garçon” et “Maman” du film “Les deux gamines”.

Pour amuser de temps à autre son public, Berthe Sylva sait aussi détailler le couplet grivois (à l’époque, on appelait encore les genres de chanson par leur nom) avec, par ordre d’enregistrement : “Le petit gars, Perrette et le pot au lait”, “Le joli fusil”, “Le bouc à Manon”... Nous avons choisi “Le petit gars, Perrette et le pot au lait”, de la série “Les fables de mon village”, d’un certain Jac Nam ; chanson de 1923 ; elle fait partie du répertoire de Simone Judic et de Polin. Parmi les autres fables du même auteur : “Le coq et la poule”, “Jean me l’a pris”, “Toc, toc, toc”...

En 1960, on vend par mois trente mille disques de Berthe Sylva. Malgré le succès d’Edith Piaf, le public n’a pas oublié la grande chanteuse des années trente. Dix-sept ans après la mort de Berthe Sylva en mai 1941 à Marseille, un vieux monsieur vient régulièrement fleurir sa tombe :
“Ce sont toujours des roses blanches. Ce devait être ses fleurs préférées. Elle les chantait si bien !
Jean-Jacques Chollet
Un grand merci à Jacques Primack. Et à Dany Lallemand.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2002

Berthe Sylva’s Les Roses blanches reached the soul of folk from all walks of life.  Its lyrics by Charles-Louis Pothier and music by Léon Raiter sent everyone into a whirlwind of emotion.  From the thirties’ repertory of realist song, only Les Roses blanches is remembered to this day and the name, Berthe Sylva never sank into oblivion thanks to this melodramatic tale.  The song, which was also recorded by Léon Raiter, Tino Rossi, Lucienne Delyle and Jean Lumière, had a phenomenal marketing success - three million copies were sold.  The tragedy was again revived in the sixties when it was interpreted by the group, ‘The Sunlights’.  Amongst Berthe Sylva’s other hits, On n’a pas tous les Jours vingt Ans has also survived.

When Berthe Sylva was asked about her childhood, she carefully avoided the subject so it was thus difficult to write her biography, as was the case with most café-concert artists in the early twentieth century.  Variety music has always been scorned by historians, and moreover many claim that French song was nonsensical and vulgar before the arrival of Charles Trénet.  We can find vast quantities of works concerning the cinema and jazz, but if a song’s tune happened to be a waltz, a tango, a java or a polka, it was generally treated as a creation of a simpleton who had not yet discovered America.

Finally, in the sixties, an encyclopaedia of French song was printed, but nothing was mentioned about Berthe Sylva.  It was only some ten years ago that the chansonette was given some serious attention.

But, going  back to Berthe Faquet, otherwise known as Berthe Sylva, she once talked about her debuting years to one of her lyric-writers, Max Vière : “I was born in Brest.  Almost all the members of my family had always been sailors or teachers ... it was the tradition !  I was sixteen.  I was studying to become a school teacher.  You’re smiling ?  Yes, fate is sometimes strange and at that point I’d never thought that one day I’d become a singer.  However, I’d never miss out on an evening out at the music-hall.  I had a surprisingly good memory and easily learnt the words of verses which, between you and me, were better than those today.  In those days, my sister was already in the ‘trade’ and sang in cabarets, much to my family’s disappointment.  My mother desperately hoped that I wouldn’t become an artist like my elder sister.  And yet, I debuted next to her in a café concert in Saumur.  I shyly sang 1900 songs, wearing a dress with a train and didn’t dare look at the audience.

Having been successful, I felt a lot more confident.  I went to Angers alone where I was billed in another venue for quite a while.  I then decided to try my luck ! ... One fine day, I arrived in Paris, hope being my only wealth.  After reading in the paper that Parisiana was looking for ‘little women’, I went to the theatre and, feeling self-assured, I sold myself so well that I was hired for the wonderful sum of 150 francs per month.

For a year, under Ruez’ management, I appeared in revues and then went onto my own singing acts.  On night, I replaced the commère who was off sick.  I can’t have been too bad as that got me a contract for South America.  South America ... These words conjured up Red Indians and trappers, the wonderful characters from books I read when I was young.  It was a rude awakening when I arrived there to find that houses were as tall as in Paris and that men wore bowler hats.

That’s how I became a globe-trotter... I travelled around Brazil, Argentina, Russia, Romania, Egypt, Spain etc.  I’m very interested in the customs from each country and can speak several languages.

After that I returned to Paris where I sang in the grandest venues and then one day I recorded the main songs from my reper­tory for the first time, for Idéal. ”

Berthe Sylva’s debut disc for the Idéal label was in 1929.  She sang, Tout au Bord de la Marne and Il y a une Fille dans la Maison. Prior to 1920, she appeared in the Casino de Montmartre and the Casino-Montparnasse.  During the twenties, she could be found in the Caveau de la République where she appeared at the end of the show, before René-Paul Groffe who wrote the lyrics of La vieille Auberge.  He was also the author of C’est un petit Nid, which Berthe recorded in 1929, first for Idéal and then for Odéon.  On the other side of the Odéon disc was Le Raccommodeur de Faïence, which was another big hit.

Accordionist Léon Raiter, who composed many songs including Le Tango du Chat, On n’a pas tous les Jours Vingt Ans and Les Roses blanches, helped Berthe Sylva to work for Radio Tour Eiffel where she sang Raiter’s repertoire and old hits.  Raiter, himself, was impressed by her talent.  Berthe rapidly became a radio star and thousands of her records were sold.  She continued to concentrate on realist songs with their tragedies and characters as could be recognised by the general public.

The twenties witnessed a new generation of singers, the most celebrated being Damia and Fréhel who both excelled in the realist genre.  Berthe Sylva stood out in the thirties with Les Roses blanches, On n’a pas tous les Jours Vingt Ans, Célosa, Le Raccommodeur de Faïence and Grisante Folie.  Naturally, she borrowed from Fréhel’s repertoire - Comme un Moineau, Musette, Où sont tous mes Amants ? Tel qu’il est, Toute pâle, La Chanson du vieux Marin and Du gris.

However, although love songs take up most of her repertory - Célosa, Les Nuits, Tu ne sais pas aimer, Si tu reviens, C’est mon Gigolo, Du Soleil dans ses Yeux, Ta Voix, Tu rentres tard, Passion, Je n’ai qu’un Amour, c’est Toi, La Madone aux Fleurs, amoureuse de la Tête aux Pieds etc., her tales of woe and fate were behind her fame - Les Roses blanches, Le Clown et l’Enfant, Le p’tit Boscot, La Prière des petits Gueux, Cœur de Voyou, Fleur de Misère and Lilas Blanc.

Nowadays, the melodramatic nature of these songs is ridiculed and one tends to forget that during this era, there was indeed much misery in Paris.  These songs were sung in all sincerity, respecting those who were suffering.

During the thirties, Berthe Sylva certainly trod the Parisian boards, but spent more time in the recording studios.  In 1930, she cut Adoration and Aimer, souffrir, mourir from the operetta, Mariska, Tu me dis non and C’est mon Gigolo from the show, Nudist’ Bar.  She also interpreted some songs from films - Mais quand le Coeur dit oui and Je n’ai qu’un Amour, c’est Toi from the movie, Prix de Beauté, theme songs such as Sous les Toits de Paris, La Fortune, Tu m’oublieras, Tarakanova and La Douceur d’aimer, Tout est permis quand on rêve and Les Mots ne sont rien par eux-mêmes from Le Chemin du Paradis, La Vie est un Rêve from Atlantis, Veux-tu? from Marius à Paris, Amoureuse de la Tête aux Pieds from L’Ange Bleu, Tu ne sais par aimer from Sola, Ta Voix from Cendrillon de Paris, Si l’on ne s’était pas connu from Un Soir de Rafle, Pourquoi nous dire Adieu from Rive gauche, Monte-Carlo and Les Mots d’Amour from Léon tout court, C’est un mauvais Garçon from Un mauvais Garçon and Maman from the film Les deux Gamines.

To keep the audience amused, Berthe sometimes delved into a saucier repertoire, singing Le petit Gars, Perrette et le Pot au Lait, Le joli Fusil, and Le Bouc à Manon.

In 1960, 30 000 discs by Berthe Sylva were being sold per month.  Despite Edith Piaf’s success, the public had not forgotten this big star of the thirties.  Seventeen years after Berthe’s death in May 1941 in Marseille, an old gentleman was still regularly taking flowers to her grave : “They’re always white roses.  They must have been her favourite flowers.  She sang about them so nicely!”
Adapted in English by Laure WRIGHT
from the French text of Jean-Jacques CHOLLET
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2002


DISCOGRAPHIE CD 1
1. ON N’A PAS TOUS LES JOURS VINGT ANS 3’02
(C. L. Pothier / L. Raiter)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 166.959 1935

2. LES ROSES BLANCHES 3’30
(C.L. Pothier / L. Raiter)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 281.168 1937

3. LILAS BLANC 2’47
(Th. Botrel)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 166.611 1933

4. VALSONS LISON 2’59
(Dufas)
Acc. d’orchestre André Cadou
Odéon 238.192 1930

5. CŒUR DE VOYOU  3’26
(E. Spencer / Stollé et Hardy)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 238.008 1931

6. LE P’TIT BOSCOT 3’25
(Xam-E. Gitral / V. Scotto)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 166.923 1935

7. LA VALSE DU PAVÉ 2’30
(R. Leblond / J. Lenoir)
Acc. d’orchestre André Valsien
Odéon 250.220 1932

8. A PANAME UN SOIR 2’53
(C. Oberfeld)
Acc. d’orchestre André Cadou
Odéon 165.871 1929

9. C’EST MON GIGOLO 2’59
De la revue “Nudist’ bar”
(Mauprey/ L. Casucci)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 238.148 1930

10. DU GRIS 3’03
(E. Dumont / F.L. Bénech)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 250.005 1931

11. LA VALSE VIENNOISE 3’02
(A. Foucher / R. de Buxeuil)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 250.221 1932

12. SI TU REVIENS 3’01
(Saint Giniez / T. Richepin)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 281.170 1937

13. TU NE SAIS PAS AIMER 3’14
Du film “Sola”
(M. Aubry / G. Zoka)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 238.414 1931

14. ARRÊTEZ LES AIGUILLES 2’43
(P. Briollet / P. Dalbret)
Acc. d’orchestre
Odéon 281.193 1937

15. MUSETTE 3’09
(R. Flouron / Léojac)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 165.944 1930

16. LE RACCOMMODEUR DE FAÏENCE 2’52
(A. Dedcoq / R. Soler)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 165.629 1929

17. LA VOIX DE MAMAN 3’16
(C. Fortin / R. de Buxeuil)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 250.241 1932

18. LE CLOWN ET L’ENFANT 3’13
(E. Leclerc-A. Trébitsch / G. Goublier)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 166.675 1933


DISCOGRAPHIE CD 2
1. C’EST UN PETIT NID 3’05
(R. P. Groffe / J. Eblinger)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 165.629  1929

2. MON VILLAGE AU BORD DE L’EAU 2’32
(P. d’Anjou / Zimmermann)
Acc. d’orchestre André Valsien
Odéon 281.185  1937

3. LE PETIT GARS,  PERRETTE ET LE POT AU LAIT 2’30
(Jac Nam)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 250.080  1931

4. LES TROIS GOSSES 2’17
(L. Bousquet / Byrec)
Orchestre dir. André Valsien)
Odéon 166.627  1933

5. DU SOLEIL DANS SES YEUX 2’55
(Nell Ly-Elvaury / G. Claret)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 281.226  1937

6. SI L’ON NE S’ÉTAIT PAS CONNU 3’03
Du film “Un soir de rafle”
(Léo Lelièvre fils / Parès-G. Van Parys)
Acc. d’orchestre André Valsien
Odéon 238.980  1931

7. LE MAÎTRE À BORD 3’08
(J. Rodor / R. Dumas)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 281.166  1937

8. BROUILLARDS 3’07
(J. Rodor / V. Scotto)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 281.166  1937

9. LES NUITS 2’46
(Cloërec-Maupas / Luciani)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 181.168  1937

10. LA VIEILLE AUBERGE 2’46
(R. P. Groffe / Zimmermann)
Acc. d’orchestre André Cadou
Odéon 165.943  1930

11. LA VIE EST UN RÊVE 2’48
Du film “Atlantis”
(P. Maudru / A. Chantrier)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 238.356  1931

12. TA VOIX 3’03
Du film “Cendrillon de Paris”
(E. Recagno / R. Dumas)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 238.884  1931

13. LES POUPÉES DE MINUIT 3’07
(S. Quentin / R. de Buxeuil)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 250.241  1932

14. TU RENTRES TARD 2’57
(Learsi-J. Romani-Valsien)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 281.169  1937

15. TU N’TE SOUVIENS PAS 3’05
(A. Deligny / A. Valsien)
Orchestre dir. André Valsien
Odéon 166.741  1934

16. PASSION 2’48
(Bertet / Scotto)
Orchestre dir. André Cadou
Odéon 238.414  1931

17. LA BÂTARDE 2’55
(Bouvet / Grime-Guindani-Charton)
Acc. d’orchestre Julien Rousseau
Idéal 9299  1929

18. LE TANGO DU CHAT 3’06
(G. Koger / L. Raiter-V. Scotto)
Acc. à l’accordéon : Léon Raiter, Albert Huard
Idéal 9131   1929

Avec un égal succès, Berthe Sylva fait vivre à toutes les générations l’émotion de la chanson sentimentale et mélodramatique.

Berthe Sylva’s success has always been such that every generation is stirred by sentimental and melodramatic song.
CD BERTHE SYLVA 1929-1937, BERTHE SYLVA © Frémeaux & Associés 2002 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 ON NA PAS TOUS LES JOURS VINGT ANS - SYLVA03'02
02 LES ROSES BLANCHES - SYLVA03'30
03 LILAS BLANC - SYLVA02'47
04 VALSONS LISON - SYLVA02'59
05 COEUR DE VOYOU - SYLVA03'26
06 LE PETIT BOSCOT - SYLVA03'25
07 LA VALSE DU PAVE - SYLVA02'30
08 A PANAME UN SOIR - SYLVA02'53
09 C EST MON GIGOLO - SYLVA02'59
10 DU GRIS - SYLVA03'03
11 LA VALSE VIENNOISE - SYLVA03'02
12 SI TU REVIENS - SYLVA03'01
13 TU NE SAIS PAS AIMER - SYLVA03'14
14 ARRETEZ LES AIGUILLES - SYLVA02'43
15 MUSETTE - SYLVA03'09
16 LE RACCOMMODEUR DE FAIENCE - SYLVA02'52
17 LA VOIX DE MAMAN - SYLVA03'16
18 LE CLOWN ET L ENFANT - SYLVA03'13
CD 2
01 C EST UN PETIT NID - SYLVA03'05
02 MON VILLAGE AU BORD DE L EAU - SYLVA02'32
03 LE PETIT GARS PERRETTE ET LE POT AU LAIT - SYLVA02'30
04 LES TROIS GOSSES - SYLVA02'17
05 DU SOLEIL DANS SES YEUX - SYLVA02'55
06 SI L ON NE S ETAIT PAS CONNU - SYLVA03'03
07 LE MAITRE A BORD - SYLVA03'08
08 BROUILLARDS - SYLVA03'07
09 LES NUITS - SYLVA02'46
10 LA VIEILLE AUBERGE - SYLVA02'46
11 LA VIE EST UN REVE - SYLVA02'48
12 TA VOIX - SYLVA03'03
13 LES POUPEES DE MINUIT - SYLVA03'07
14 TU RENTRES TARD - SYLVA02'57
15 TU NE TE SOUVIENS PAS - SYLVA03'05
16 PASSION - SYLVA02'48
17 LA BATARDE - SYLVA02'55
18 LE TANGO DU CHAT - SYLVA03'06
"Berthe Sylva" par Phonoscopies

 “Son répertoire en témoignage. « Les roses blanches » ont nourri notre sensibilité d’enfants. Elle reste avec Frehel et Damia, la grande chanteuse réaliste de cette époque...” PHONOSCOPIES




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