LES CHANTEUSES DES GRANDS ORCHESTRES SWING

1936 - 1952

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Livret : 56 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


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FA5070

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Les chanteuses des grands orchestres swing furent, dans les années 30 et surtout 40, à l’origine de la vague déferlante d’un music-hall triomphant qui envahit toute la planète. Un coffret de 2 CD avec un livret de 56 pages sous la direction de Pierre Carlu.
Patrick Frémeaux

Droits audio: Groupe Frémeaux Colombini SAS - La Librairie Sonore

Les chanteuses des grands orchestres swing FA5070

LES CHANTEUSES DES GRANDS ORCHESTRES SWING
GIRLS SINGERS OF THE BIG SWING BANDS
1936-1952










L’ère du Swing
Nous sommes dans la deuxième partie des années 30 aux Etats-Unis d’Amérique, et allons traverser toutes les années 40. C’est l’âge d’or des grands orchestres swing, ces formations destinées essentiellement à faire danser les blancs dans les hôtels de luxe et les casinos, et qui ont em­prunté l’idiome du jazz, à l’image des grands orchestres noirs des dancings de Harlem. Dans un coffret antérieur («Swing Era Big Bands» FA 078), on avait passé en revue quelques-uns de ces orchestres parmi les plus en vue et les plus originaux. Cette précédente anthologie s’était concentrée sur des interprétations instrumentales et il était tentant de compléter ce panorama par un survol des chanteuses qui ont apporté leur voix  aux orchestres les plus célèbres. Survol car le nombre de ces demoiselles est quasiment incommensurable, tant les chanteuses étaient prisées dans ces formations, et il n’était pas rare que certains orchestres aient vu passer dans leur rangs une dizaine d’entre elles, des plus connues aux plus obscures. L’anthologie proposée dans le présent coffret ne suppose bien entendu pas que l’on connaisse déjà les grands orchestres swing, bien que cela puisse quand même aider à son appréciation.

L’importance des chanteuses dans le grand orchestre swing
Les grands orchestres swing étaient composés essentiellement de musiciens blancs, instrumentistes ou chanteurs. Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’orchestres de jazz, n’ayant peut-être pas, sauf exception, le drive et l’élan des grandes formations noires de l’époque (les Chick Webb, Count Basie ou Jimmie Lunceford par exemple), ils étaient capables d’interpréter des morceaux vifs et swingants sans refrain vocal. Mais au casino, il faut aussi, et surtout, être capable de jouer de façon plus moëlleuse, plus straight comme on disait, et c’est là que les vocalistes intervenaient. Il pouvait y avoir des chanteurs, et il y en avait en effet beaucoup. On en connaît quelques-uns qui ont bien réussi après coup, Frank Sinatra principalement, mais il y avait surtout les chanteuses, les «canaris» comme on les appelait à l’époque ! Au casino, il n’est pas question de brailler, il n’y a pas de place pour les «shouters» ou les hurleurs. Les tempos sont plutôt lents, pour permettre aux couples de filer la romance, soit en dansant, soit en se regardant dans les yeux. Entre Hollywood et les grands orchestres swing, il y avait un mariage de raison, et la musique était faite aussi pour rêver. Les chanteuses, en particulier, devaient en principe, être sentimentales, et même «glamorous», c’était leur raison d’être, bien que, comme on le verra, les meilleures d’entre elles surent se libérer de cette étiquette un peu dévalorisante, et se hisser au niveau des meilleures chanteuses de jazz ou de music-hall.

L’amateur de jazz, surtout le pur et dur, a toujours eu tendance – non sans quelque raison parfois – à ignorer superbement les morceaux chantés des grands orchestres swing, surtout sur tempo lent, préférant toujours la face A des 78 tours, dédiée en général à une interprétation proprement swing, à la face B, contenant le plus souvent un slow sentimental chanté par une voix féminine ou masculine. N’oublions pas qu’il s’agissait de disques de danse !

Les chanteuses avaient évidemment un atout certain pour ceux qui voyaient l’orchestre. Leur look allait avec ce qu’elles chantaient : elles étaient le plus souvent jolies, quelquefois même sexy, gentiment habillées de frous-frous, ce que certaines d’entre-elles refuseront, mais il fallait du tempérament, car les chefs d’orchestres n’étaient pas forcément d’accord ! Elles attendaient en général leur tour assises aux côtés de l’orchestre, avec quelquefois un chanteur en supplément pour jouer les couples amoureux (sur scène !). Une telle description des chanteuses de grands orchestres swing ne suffirait certes pas à leur consacrer une anthologie digne de ce nom, mais en fait un certain nombre de facteurs viennent ajouter considérablement au simple plaisir d’écouter une musique plutôt douce, apte à faire danser les plus récalcitrants parmi les danseurs amateurs.

D’abord, beaucoup de morceaux lents ont de magnifiques mélodies. Il faut se souvenir que les orchestres swing utilisaient abondamment les airs des grands compositeurs américains, qu’ils créaient même parfois, par exemple à l’occasion d’un film, comme on aura l’occasion de le voir. Avec Jerôme Kern, Vincent Youmans, Irving Berlin ou Georges Gershwin, pour ne citer que quelques-uns, il n’y avait pas de bile à se faire. Evidemment, il y avait aussi les «nanars» ou saucissons, mais ils ont été écartés de la présente édition !

Ensuite, il se trouve que nombre de chanteuses, parmi les plus éclectiques évidemment, ne se sont pas contentées de chanter des mièvreries, et ont même interprété des morceaux très swing, dignes des faces A des 78 tours, et quelquefois même occupant la fameuse face A ! Inutile de dire que l’on a abondamment plongé dans cette partie du répertoire. Il est d’ailleurs à noter que plusieurs orchestres, et non des moindres, comme Glenn Miller ou Jimmy Dorsey par exemple, ont utilisé leurs chanteuses pour interpréter les morceaux «hep», c’est-à-dire enlevés, laissant au chanteur homme le soin d’assurer les airs sentimentaux. Y aurait-il eu déjà à cette époque un problème de parité ?

Enfin et surtout, il y a la personnalité des interprètes, à commencer par leur voix, d’une extraordinaire diversité, tant par le timbre que par la tessiture. Et pour finir, le tempérament de ces demoiselles constitue également un élément déterminant dans la qualité des interprétations, et la diversité dans ce domaine est plus grande que jamais. C’est bien sûr celles qui ont le plus de tempérament dont on se souvient le mieux, l’exemple extrême étant la chanteuse Anita O’Day, qui d’ailleurs refusait d’être considérée comme un «canari», et revendiquait le titre de « styliste du chant ».

Comme on vient de s’en rendre compte, la présente anthologie ne fera pas entendre de grandes chanteuses noires accompagnées par leurs orchestres habituels eux-même noirs, car cela ferait par trop sortir du cadre choisi. Qui dit chanteuse de grand orchestre swing dit chanteuse «lisse», ce qui ne signifie pas pour autant que certaines d’entre elles ne sont pas des chanteuses de couleur habituées par ailleurs à chanter aussi dans les grands orchestres noirs de jazz, ainsi qu’on le verra.

Le grand orchestre swing et ses chanteuses
Comme on peut s’en douter, ce sont les orchestres les plus célèbres qui ont monopolisé le plus de grandes chanteuses. Certains n’ont connu qu’une ou deux artistes, d’autres en ont employé des dizaines lorsque leur carrière se déroulait sur plusieurs décades. Certains chefs d’orchestre avaient le nez suffisamment creux – ou plutôt l’oreille suffisamment fine – pour choisir remarquablement leurs chanteuses, d’autres se sont contentés d’éléments plus quelconques. L’ère du swing regorge d’histoires sur les rapports des chefs d’orchestres avec leurs vocalistes, histoires n’ayant en général aucun rapport avec la musique ! Mais la présente anthologie ne s’intéresse qu’à la musique, et l’on retiendra que les meilleurs chefs d’orchestres savaient trouver les chanteuses les plus compatibles avec le style de leur formation, même si, pour des raisons de gros sous, ils aimaient bien se voler les meilleures d’entre elles !

Benny Goodman, trop connu pour qu’on le présente, aura employé plus d’une vingtaine de chanteuses entre 1934 et 1959, date à partir de laquelle ses orchestres n’étaient plus réguliers. On retiendra parmi les plus importantes Helen Ward (1934 à 1937, plus un come-back dans les années 50 pour le film «The Benny Goodman Story»), Martha Tilton (1937 à 1939, plus aussi un petit retour dans les années 50 pour la même raison), Helen Forrest (1939-1941), Peggy Lee (1941-42, et retour en 1947), Jane Harvey (1944-45), Liza Morrow (1945-46). Et ceci sans compter les chanteuses qui l’accompagnèrent en petite formation, telle Patti Page en 1948 et Anita O’Day en 1959 ! Ceci montre son talent de découvreur ou d’utilisateur de talent. En particulier, Peggy Lee deviendra une des plus grandes chanteuses de musique populaire américaine après son départ de chez Goodman.

Artie Shaw, clarinettiste comme Goodman, était lui aussi un perfectionniste, et son exigence, tant pour les interprétations orchestrales que pour les refrains chantés, était très grande. Il aimait beaucoup les femmes, ce qui explique peut-être le grand nombre de chanteuses qui sont passées dans son orchestre, une bonne quinzaine jusqu’à la dissolution de sa dernière grande formation en 1951. A ses tout débuts, il n’avait pas encore trouvé une vocaliste réellement à la mesure de son orchestre, Peg La Centra n’ayant laissé aucune trace notable dans l’histoire de la chanson américaine. Mais en 1938, lorsque sa carrière a fait un bond avec son enregistrement de Begin The Beguine, il sut s’assurer les services de celle que l’on peut considérer comme un parangon de la chanteuse d’orchestre swing, Helen Forrest, qui ne restera jamais très longtemps dans le même orchestre car elle connaissait son talent. Auparavant, la grande Billie Holiday avait fait partie de sa formation de façon éphémère comme on le verra. Après avoir dissout puis reformé son orchestre en 1940, Artie Shaw continua sa bonne habitude de dénicher des voix de première qualité, comme Pauline Byrne et Anita Boyer en 1940, ou encore Lena Horne et Paula Kelly en 1941 et Imogene Lynn en 1944. Il s’arrêta d’avoir un orchestre régulier en 1945, mais employa encore de bonnes chanteuses, parmi lesquelles Mary Ann McCall en 1950 et June Hutton en 1951.

Tommy Dorsey, qui avait repris en 1935 l’orchestre de Joe Haymes après avoir quitté son frère à la suite de dissensions, trouva rapidement une chanteuse de tempérament, à la voix prenante, qui sera associée à presque toute la période d’avant-guerre, c’est-à-dire de 1935 à 1939, Edythe Wright, mais çà continuera très fort avec Jo Stafford, qui n’est malheureusement pas restée assez longtemps (1941-42). Elle s’est malgré tout trouvée dans l’orchestre avec Frank Sinatra. L’orchestre de Tommy Dorsey sut se maintenir comme orchestre swing bien après la guerre, et il employera diverses autres chanteuses, quelquefois «piquées» à ses collègues chefs d’orchestres, une façon d’opérer courante à cette époque. On citera en particulier Anita Boyer (1939), Connie Haynes (1940-41), Lucy Ann Polk (1947-48) et Frances Irvin (1950-52).

Jimmy Dorsey, le frère ainé, était probablement moins ambitieux, bien que son orchestre était de toute première classe.On retiendra surtout Helen O’Connell (1939 à 1942), qui était parfois partenaire avec le chanteur Bob Eberly. Mais il y en eut d’autres telles Kay Weber et Frances Langford (entre 1935 et 1937), June Richmond (1938), Dee Parker (1945 à 1947) et Claire Hogan (1949-50).

Gene Krupa, le batteur vedette de l’orchestre Goodman dans la deuxième partie des années 30, fonda son orchestre en 1938. Il employa une dizaine de chanteuses, certaines peu de temps, comme Helen Ward et Jerry Kruger en 1938, Ginnie Powell en 1944, mais trois chanteuses laisseront leur empreinte, à commencer par Irène Daye de 1938 à 1941. On est tenté de retenir surtout la deuxième, il ne s’agit pas moins que d’Anita O’Day (1941-42, puis 1945-46), devenue par la suite une des plus grandes chanteuses de jazz blanches, peut-être la plus grande. Le chef d’orchestre ne retrouva jamais un tel oiseau rare, même si celle qui prit la suite après le départ d’Anita, Carolyn Grey, était bonne, mais elle arrivait après !

Harry James, comme Gene Krupa, fut pris par le démon du grand orchestre alors qu’il était trompettiste chez Goodman, et quel trompettiste ! Il commença avec une chanteuse noire, Helen Humes, mais ce n’était pas encore le vrai orchestre. Après le départ de Frank Sinatra, qui faisait alors ses débuts, Connie Haynes et Helen Ward furent employées par le chef d’orchestre, qui sut s’attirer alors, de 1941 à 1943, la chanteuse Helen Forrest, qui était auparavant chez Artie Shaw puis Benny Goodman, et c’est avec elle qu’il tournera dans le film Bathing Beauty («Le bal des sirènes»), aux côtés de Red Skelton et d’Esther Williams. Mais c’est avec Kitty Kallen qu’Harry James trouvera la chanteuse attachée au nom de son orchestre. Il aurait pu aussi avoir Betty Grable, qui fut sa femme, mais savait-elle chanter suffisamment bien ?

Glenn Miller, le légendaire chef d’orchestre, fut très attaché à Marion Hutton (sœur de Betty Hutton) pendant presque toute la durée de son orchestre civil (entre 1939 et 1942), soit pour chanter seule, soit pour faire équipe avec le saxophoniste-chanteur Tex Beneke, personnage très sympathique et sans prétention vocale. Leurs duos sont pleins de bonne humeur, et tout se passe sur un rythme soutenu très “swing“. On notera aussi le passage dans l’orchestre en 1941 de Paula Kelly, qui chantait le plus souvent avec le groupe vocal des Modernaires, qui ne contribuait pas peu au fameux « son Glenn Miller ».

Charlie Barnet avait un orchestre qui sonnait quelquefois presque noir, ce qui n’est pas étonnant quand on sait qu’il était fou de Duke Ellington et qu’il aimait employer des musiciens de couleur, comme les trompettiste Peanuts Holland et Clark Terry. Il faisait très attention à la qualité de ses chanteuses et en vit défiler chez lui plus d’une douzaine. On citera surtout Judy Ellington en 1938, Mary Ann McCall en 1939, Lena Horne en 1941, Frances Wayne en 1942, Kay Starr en 1944, Fran Warren en 1945 et Martha Raye en 1946.

Larry Clinton, qui dirigeait un excellent orchestre qui ne fit pas beaucoup de vagues au sein de l’époque swing, employa une des meilleures et des plus typiques chanteuses d’orchestres swing, Bea Wain. Elle ne laissa malheureusement que peu de traces dans l’histoire de la musique populaire américaine, et c’est dommage.

Red Norvo jouait du xylophone, ce qui n’était pas banal, mais c’était un vrai musicien de jazz et un excellent chef d’orchestre (ce qui ne va pas toujours ensemble). Il se maria avec une grande chanteuse des années 30, Mildred Bailey. «Mr & Mme Swing», ainsi qu’on les appelait, firent ensemble de très bonnes interprétations, qui étaient de belles réussites de jazz. Le grand orchestre de Red Norvo n’employa pas d’autres chanteuses.

Les Brown restera connu pour avoir permis à Doris Day de faire ses débuts. Mais il continuera, après que la swing era aura vécu, à se produire dans de grands casinos. Il aimait préciser que sa formation était essentiellement un orchestre de danse qui jouait de temps en temps du bon jazz. Il continuera à engager des chanteuses de qualité supérieure qui interprèteront non seulement des morceaux pour la danse, mais aussi du jazz, et l’on citera Lucy Ann Polk, Eileen Wilson et Jo Ann Greer, elle-même disciple de Doris Day.

Sonny Burke était un excellent arrangeur qui travaillait pour de multiples orchestres swing. Il était aussi un compositeur notable (on ne citera que Midnight Sun, dont Lionel Hampton avait fait un de ses morceaux favoris, et Black Coffee, interprété par de nombreuses chanteuses, en particulier par Peggy Lee). Son orchestre n’aura qu’une brève existence en 1951, il était trop tard de fonder un orchestre swing à cette période. Lorsque la formation fût dissoute, le chef d’orchestre recommanda sa chanteuse, Jo Ann Greer, à Les Brown, chez qui elle fit une belle carrière.

Les orchestres plus modernes, qui devinrent après la fin de la guerre et en même temps la fin de la période swing, de purs orchestres de jazz, ne furent pas en reste, et sûrent s’entourer de chanteuses capables aussi bien de faire danser que de faire du jazz. Qu’on en juge : Woody Herman, clarinettiste et saxophoniste, était lui-même un chanteur plus qu’occasionnel. Il ne pouvait cependant pas se passer de l’élément féminin, indispensable pour un orchestre destiné à faire danser dans des endroits chics, ce qui fut le cas entre 1936, quand il reprit l’orchestre d’Isham Jones dont il faisait partie auparavant, et 1943, quand il fonda son fameux «Premier troupeau» (1st Herd). Une bonne demi-douzaine de ces demoiselles ornèrent sa formation pendant cette première période, dont on ne retiendra qu’une première visite de Mary Ann McCall en 1939 et un séjour de Carolyn Grey en 1941-42. En 1943, il s’assura les services d’une chanteuse qui resta trois ans dans l’orchestre, et se trouvera donc fortement associé à lui, Frances Wayne. Le “Deuxième troupeau” (2nd Herd) eut droit à Mary Ann McCall, qui, pendant les deux années qu’elle resta, ne dépara absolument pas à côté des Brothers (c’est-à-dire des quatre saxophonistes lestériens de l’orchestre). Mentionnons aussi Dolly Houston, qui resta de 1951 à 1953, et qui fût une des dernières chanteuses de la formation.

Boyd Raeburn avait épousé sa chanteuse Ginnie Powell, qui ma foi chantait fort bien, dans un contexte pourtant un tantinet hasardeux, car l’orchestre évoluait dans un style très moderne pour l’époque, ce qui n’était commode ni pour les danseurs ni pour les chanteuses ! Il faut dire que les arrangements étaient signés le plus souvent par George Handy, un illuminé qui emmenait l’orchestre assez loin de l’esthétique bien pensante de l’époque. Ginnie Powell restera pendant la meilleure période de l’orchestre, entre 1945 et 1947.

Elliott Lawrence, dont l’orchestre, créé après la guerre, était à la lisière entre la musique swing pour danser et la musique de jazz pour écouter, joua néanmoins dans les hôtels à ses débuts, et employait une excellente chanteuse, Rosalind Patton. Ensuite, étant passé complètement au jazz, il n’eut pratiquement plus de vocalistes, mais l’orchestre était alors devenu un « rehearsal band », qui se contentait de faire des disques ou éventuellement des tournées, et non plus un «road band», c’est-à-dire un orchestre allant de ville en ville pour faire danser les clients des hôtels, comme c’était le lot de tous les orchestres swing à la grande époque.

Stan Kenton n’a pas mal géré le problème du chant dans son orchestre. Le fait qu’il n’ait employé que peu de chanteurs était certainement volon­taire, car le côté quelquefois sombre et même dramatique de sa musique appelait plutôt une voix féminine. Le choix de ses diverses vocalistes est une splendide réussite : Anita O’Day (1944-45), June Christy (1945 à 1950), Jerry Winters (1952), Chris Connor (1953), Ann Richards (1955-57), Jean Turner (1962-63)... n’en jetez plus ! Toutes ces chanteuses, même les dernières, étaient parfaitement capables de faire danser les clients, mais il y avait belle lurette que Stan Kenton, comme la plupart des orchestres dans les années 50 et 60, ne jouait plus pour eux, mais pour les amateurs de jazz, et plus généralement de musique. La présente anthologie permettra entre autres d’écouter June Christy, celle dont le nom reste irrésistiblement attaché à celui de Kenton, et qui reviendra souvent chez son ancien patron pour une tournée, une radio ou une télé.

De nombreux autres chefs d’orchestres ont eu à un moment ou à un autre de bonnes chanteuses dans leur formation. Citons Bob Crosby qui, malgré le fait qu’il était lui-même un excellent chanteur (frère cadet de l’illustre Bing Crosby), a eu à quelques moments Kay Weber (1935 à 1937), Marion Mann (1938-40) et Martha Tilton (1941 et 1945). Citons aussi Will Hudson, qui arrangeait pour Jimmie Lunceford, rien moins que cela, et lança la toute jeune Georgia Gibbs, et Alvino Rey, adepte de la guitare hawaïenne, mais chef d’un magnifique orchestre dans lequel se produisirent les King Sisters. Il y avait aussi les trompettistes Charlie Spivak avec Irène Daye, Sonny Dunham avec Pat Cameron, Randy Brooks avec entre autres Marion Hutton et Ella Fitzgerald et Bunny Berigan avec Gail Reese. L’ancien saxophoniste d’Artie Shaw Tony Pastor lança Rosemarie Clooney et sa sœur Betty, le pianiste Claude Thornhill eut le premier grand orchestre «cool» et accompagna à ses débuts Maxine Sullivan.

On espère que l’essentiel est présenté dans ce coffret, même si les choix sont parfois un peu conventionnels. Les limitations imposées par le présent ouvrage laissent forcément dans l’ombre des orchestres qui ont employé de bonnes chanteuses, ceux du trompettiste Ray Anthony, des saxophonistes Bob Chester et Hal McIntyre, des clarinettistes Jerry Wald et Tommy Reynolds, du pianiste Ike Carpenter, du batteur Buddy Rich et de beaucoup d’autres.

Quelques chanteuses dignes d’intérêt
Trente huit chanteuses sont proposées, choisies parmi des centaines, dont certaines étaient parfaitement valables. Mais il est vrai que le genre ne néces­site pas de trop s’étendre sur des exemples musicaux par trop banalisés. La grande majorité des vocalistes de grands orchestres swing interprétait des airs à la mode, sentimentaux, sur tempo lent, et qui n’ont pas supporté musicalement l’épreuve du temps. Certaines chanteuses de l’époque, qui auraient pu être d’excellentes vocalistes d’orchestre swing, n’ont jamais appartenu, sauf exceptionnellement pour une séance d’enregistrement, à un or­chestre swing, ce qui les éliminent. On pense à Dinah Shore, qui ne fut la chanteuse attitrée que de l’orchestre de Xavier Cugat, que nous avons préféré ne pas proposer, car il est trop éloigné de la musique swing. De même Julie London ne faisait pas parler d’elle pendant l’ère du swing et, à part un séjour éclair chez Les Brown en 1957, restera toujours indépendante. Lee Wiley a eu une carrière entièrement orientée vers le jazz et n’est jamais paru, à notre connaissance, au sein d’un orchestre swing. Pourtant, contemporaine de Mildred Bailey et doyenne d’Anita O’Day, elle partageait avec ces deux chanteuses un feeling et une voix parfaitement adaptés aux qualités exigées par les leaders de la swing era. Commençons par les chanteuses jazz de couleur qui ont su ou pu se pro­duire avec les grands orchestres swing.

Billie Holiday 
La célèbre chanteuse noire, née Eleonora Fagan, peut s’enorgueillir d’un palmarès jazz exceptionnel, qui va des séances en petite formation avec Teddy Wilson et parfois Lester Young aux séances du Jazz At The Philharmonic avec les plus grands musiciens de jazz de l’époque, en passant par des apparitions au cinéma (en particulier le film “New-Orleans”) et à la télévision (“The Sound Of Jazz”). Elle fut bien chanteuse chez Artie Shaw en 1938, malheureusement la couleur de sa peau, pourtant claire, n’a pas permis au clarinettiste de la maintenir dans son orchestre, tant les brimades s’accumulaient au hasard des tournées, surtout dans le sud. C’est doublement dommage, d’abord pour elle qui aurait eu une place stable dont elle avait bien besoin, mais aussi pour Artie Shaw et ses auditeurs, car la voix de Billie, pleine de sensibilité, un peu granuleuse mais exempte des aspérités qui caractérisent souvent les chanteuses de couleur, était parfaitement adaptée à l’orchestre. Billie enregistrera encore avec un orchestre swing, celui de Benny Goodman, mais il s’agissait d’invitations ponctuelles. Elle chantera aussi dans les mêmes conditions avec Count Basie, dont l’orchestre pouvait certainement être considéré comme un super-grand orchestre swing, bien qu’il n’ait qu’occasionnellement tourné dans les hôtels et les casinos.  L’influence de Billie Holiday dans le monde du swing fut considérable : Judy Garland, Peggy lee, et même la grande chanteuse de jazz Dinah Washington lui doivent beaucoup.

Ella Fitzgerald 
La chanteuse a démarré sa carrière, comme on sait, dans la grande formation noire de Chick Webb, une usine à swing implacable. Elle avait déjà un bon métier de chanteuse de big band lorsqu’elle prit la direction de l’orchestre à la disparition de son chef en 1939. Elle commença ensuite une carrière de soliste qui dura plus de 40 ans et qui eut le succès que l’on sait ! Il faut dire que la «First Lady Of Swing» avait un style pas du tout prétentieux et en même temps très élégant, qui fit l’admiration de Duke Ellington comme de Frank Sinatra ou même de Madonna ! Elle fut à plusieurs reprises invitée à chanter devant un orchestre swing, par exemple celui de Benny Goodman, mais il n’est pas sûr qu’elle fit jamais partie de telles formations. Pourtant, en 1945, il semblerait qu’elle ait été engagée par Randy Brooks, qui dirigeait alors un excellent orchestre, digne des plus grands, mais il est possible qu’il ne s’agissait là aussi que d’une invitation d’un jour.

Maxine Sullivan 
Chanteuse de couleur certes, mais à la voix très «blanche», Maxine se produisait à l’Onyx Club en 1937. Son manager et époux, Claude Thornhill, jouait du piano pendant les entractes. C’était un bon pianiste et, lorsqu’il fonda son orchestre en 1937, il engagea tout naturellement sa femme comme chanteuse. Elle ne resta pas longtemps chez son mari, qui lui fournit sa première séance d’enregistrement avec le sex­tette noir de John Kirby. On connaît la suite.

Lena Horne 
Elle fut toujours considérée comme une chanteuse de couleur, bien qu’elle n’était pas plus noire que bien des chanteuses blanches, telles Kay Starr. Sa grande beauté en faisait une actrice de cinéma de choix dans des comédies musicales C’est ainsi qu’elle participa à plusieurs films «all black», tels Stormy Weather avec le danseur Bill Robinson, la petite formation de Fats Waller et le big band de Cab Calloway, alors à son apogée, et Cabin in the sky avec la chanteuse Ethel Waters et l’orchestre de Duke Ellington. Elle apparut aussi dans de nombreux shows, à commencer par ceux qui étaient présentés pendant la guerre aux G.I.s, dont elle était la coqueluche. Mais avant de devenir une artiste mondialement connue, elle fut, en 1940-41, chanteuse chez Charlie Barnet qui n’était pas fâché d’engager une musicienne de couleur, surtout à la peau si claire.

Les chanteuses dont on vient de parler étaient quand même une exception, la grande majorité des demoiselles qui se produisaient devant l’orchestre étaient non seulement blanches, mais le plus souvent blondes. Normal dira-t-on quand on sait que les clients des palaces et des casinos étaient très conservateurs dans leurs goûts, surtout dans les années 30 et 40. Les choses ont bien changé depuis ! 

On nous pardonnera toutefois de ne pas préciser la couleur de cheveux de toutes ces jolies créatures, les photos n’étant pas toujours explicites à cet égard ! On se consacrera plutot à décrire sommairement leur carrière.

Mildred Bailey 
Une des premières grandes chanteuses de jazz – si l’on excepte la chanteuse de blues Bessie Smith –, en tout cas la première grande chanteuse blanche, Mildred Bailey avait une voix un peu perchée et douce, en contradiction avec un physique plutôt massif. Après un séjour remarqué chez Paul Whiteman en 1929, elle fit ses débuts dans le monde des orchestres swing avec le Casa Loma orchestra et la formation des frères Dorsey, avant que ces derniers ne se séparent. Nous sommes alors en 1936, et la consécration va venir sous la forme de Red Norvo, alors animé du désir de monter un big band. Mildred va devenir en même temps la chanteuse de l’orchestre et l’épouse du chef – schéma sinon classique du moins assez courant –. Elle enregistrera abondamment entre 1936 et 1942 avec Norvo, et la qualité de ses prestations est uniformément bonne. Après sa séparation d’avec son mari, elle adoptera le schéma, très classique celui-là, de chanteuse indépendante (de single comme on disait). Elle disparaîtra au tout début des années 50, après avoir chanté en 1944 au fameux concert de la revue Esquire, auquel participaient les plus grands musiciens de l’époque, gagnants du référendum de la revue. Elle fut réputée avoir influencé Peggy Lee et Ella Fitzgerald, mais n’atteignit jamais leur célébrité.

Anita O’Day 
Comme il a été dit précédemment, Anita O’Day n’a jamais voulu être considérée comme un «canari», mais comme une véritable chanteuse de jazz. Elle a pourtant bien commencé comme chanteuse d’orchestre swing : rentrée chez Krupa début 1941, elle va faire un tabac avec son compère le bouillant trompettiste Roy Eldridge. Période bénie pour le batteur, qui ne retrouvera jamais un pareil tandem. La chanteuse quitte l’orchestre au moment où Krupa a des ennuis avec le service des narcotiques, et rentre chez Stan Kenton, chez qui elle ne se plaît pas tellement. Elle repart chez Krupa, mais cette fois-là sans Roy Eldridge. Elle décide alors d’abandonner le métier exténuant de chanteuse dans un road band soumis à d’incessants One nighter, c’est-à-dire obligé de changer de ville tous les soirs (surtout avec les distances aux USA !). Sa carrière de chanteuse indépendante, qui commence en 1947, n’est toujours pas terminée, à l’aube de ses 84 ans ! Sa voix un tantinet éraillée, gouailleuse, insolente et sexy, alliée à un tempérament dévastateur en ont fait une figure exceptionnelle de la swing era.

Helen Forrest 
C’est l’archétype de la chanteuse d’orchestre swing, le canari haut de gamme, tel qu’on aimerait en trouver plus souvent dans le show-business. C’est avec Artie Shaw qu’elle va se révéler, entre 1938 et 1939, c’est-à-dire pendant la meilleure période de cet orchestre exceptionnel par sa musicalité et sa mise au point. Elle quittera forcément Artie Shaw quand celui-ci dissoudra sa formation et, après quelques mois, rentrera chez Goodman, où elle ne se plaira pas autant que chez son précédent employeur du fait du caractère difficile du chef d’orchestre. Elle partira d’elle-même pour rentrer chez Harry James au moment où celui-ci était en rési­dence à Hollywood. Les différents films auquels il participa et ses séjours dans les casinos de la côte Ouest ne fit que renforcer la réputation de la chan­teuse. Harry James faillit d’ailleurs l’épouser, mais lui préféra finalement Betty Grable !

Bea Wain 
On pourrait faire les mêmes compliments à Bea Wain qu’à Helen Forrest, à savoir qu’elle possédait toutes les qualités du parfait canari : un look très attractif, une belle voix bien en place, faussement nonchalante et très légèrement lascive. Dommage qu’elle ne se soit pas maintenu longtemps dans le métier : après des débuts de choriste dans le «Fred Waring Show» et deux années chez Gene Kardos, un orchestre de deuxième plan, elle rentre pour deux ans chez Larry Clinton, où l’on peut dire qu’elle fut un joyau de l’orchestre.

Doris Day 
Pas de problème, Doris Kappelhoff, plus connue sous le nom de Doris Day, est une blonde ! Mince et souriante, elle représentait l’Américaine type, aimable et vertueuse, même si cette image n’était valable que pour la scène. Mais il faut reconnaître qu’elle avait une très jolie voix, bien utilisée par son principal employeur, le chef d’orchestre Les Brown, entre 1940 et 1946. Barney Rapp et Bob Crosby l’avaient auparavant employée, mais comme tout le monde le sait, Doris Day lâchera le métier de canari, d’abord pour celui de chanteuse indépendante, puis pour celui d’actrice de cinéma.

Helen Ward 
C’est peut-être la plus ancienne chanteuse de grand orchestre swing. Si elle fit ses débuts dans des formations ne méritant peut-être pas cette appellation, tels Nye Mayhew, Eddy Duchin, Will Osborne, Enris Madriguera (un orchestre de rumba) et Irving Aaronson, elle entra en 1934 chez Benny Goodman qui montait alors en puissance et était en train de devenir le chef d’une des toutes premières formations swing. Elle participa ainsi aux fameux «Let’s Dance Broadcasts» et aux retransmissions radio depuis le Congress hôtel de Chicago, qui lancèrent le mouvement swing dans tous les Etats-Unis, puis dans le monde entier. Elle était très demandée, un peu comme Helen Forrest, et se recasa à plusieurs reprises dans les plus fameux orchestres, dont ceux de Hal McIntyre (1943) et d’Harry James (1944).

Martha Tilton 
Son nom reste attaché à celui de Benny Goodman, et c’est en effet ce dernier qui la fit connaître. Elle avait débuté en 1935 à la radio, fit partie des orchestres Sid Lippman et Jimmy Dorsey (1936), fut membre du groupe vocal Three Hits & a Miss, et rentra chez Goodman en 1937. Elle chanta au fameux concert de Carnegie Hall qui consacra le clarinettiste comme musicien et chef d’orchestre majeur du jazz et de la musique populaire américaine. Si And The Angels Sing était son morceau fétiche – avec le solo de bravoure du trompettiste Ziggy Elman –, elle savait interpréter tous les genres, entraînant ou langoureux. En 1939, elle rentre chez Bobby Sherwood, puis devient chanteuse indépendante après la fin de la swing era. Elle reparaîtra dans le film «The Benny Goodman Story» en 1956.

Kay Weber 
C’est une figure des années 30. Elle entre chez les frères Dorsey, alors encore ensemble (1934-35), suit Jimmy et chante dans son orchestre en 35-36, avant d’entrer pour quelques mois chez Bob Crosby, qui en avait peut-être assez de prendre tous les chorus vocaux ! Elle épousera un des trombonistes de l’orchestre, Ward Silloway, et se retirera prématurément.

Irène Daye 
Cette chanteuse débuta dans les formations de Jan Murphy et de Mal Hallett, avant de rentrer dans le premier orchestre de Gene Krupa, chez qui elle restera depuis les débuts (1938) jusqu’au commencement de 1941, où elle sera remplacée par Anita O’Day. Elle partira chanter chez Charlie Spivak, et deviendra sa femme. Elle s’arrêtera dans les années 50.

Edythe Wright 
Elle est connue presque exclusivement pour son appartenance à l’orchestre de Tommy Dorsey dans une de ses meilleures périodes. Très à l’aise dans tous les genres, elle était spécialement portée vers les morceaux entraînants, et aimait chanter dans la petite formation de Tommy, les Clambake Seven, plus orientée jazz que casino.

Marion Hutton 
Née Marion Thornburg, elle était l’aînée de Betty Hutton, actrice de cinéma bien connue. Elle chanta d’ailleurs avec sa sœur dans l’orchestre de Vincent Lopez, avant de venir, en 1938, chez Glenn Miller, alors en route vers la gloire, grâce au succès du son Glenn Miller, mis au point à peu près à cette époque. A part une petite absence en 1941, elle sera chez Miller pendant toute la durée de l’orchestre, jusqu’en 1942. Elle jouera dans le film Orchestra Wives, qui met bien l’orchestre en valeur. Elle sera invitée à enregistrer avec Randy Brooks et se mariera avec Vic Schoen, celui-là même qui accompagnait les Andrew Sisters... ah que le monde est petit !

Georgia Gibbs 
Née Fredda Gibbons, elle changea d’abord son nom en Gibson, et chanta avec les orchestres de Perley Stevens (illustre inconnu de Boston), Richard Himber, puis rentre dans la formation dirigée conjointement par le compositeur-arrangeur Will Hudson et le chanteur Eddie DeLange. Elle la quittera pour aller chez Frankie Trumbauer, qui avait en 1940 un big band, puis chez Artie Shaw. Fin 1942, elle préfère devenir chanteuse indépendante et prend le nom de Georgia Gibbs; elle va alors acquérir une certaine célébrité.
Helen O’Connell 
Toujours souriante, et après des débuts dans l’Ohio, elle est remarquée par Jimmy Dorsey pour son look agréable, sa personnalité dynamique, et sa bonne volonté à chanter les succès du jour. Elle passera chez le chef d’orchestre les quatre années qui constituent l’âge d’or de la formation, c’est-à-dire 1939 à 1943. C’est en duo avec le chanteur, Bob Eberly, qu’elle atteindra le succès, et pourtant elle avait autrement plus de tempérament que son partenaire ! En 1943, elle préfère se consacrer à sa famille, elle fera un petit séjour chez Ray Anthony (encore avec Bob Eberly !) et n’apparaîtra plus qu’épisodiquement à la radio dans les années 60.
Kitty Kallen 
Elle débute à 14 ans chez Jan Savitt, un orchestre qui est surtout connu pour avoir eu comme chanteur Bonbon Tunnel, réputé avoir influencé Jon Hendricks. Engagée par Jack Teagarden en 1939, alors que celui-ci dirigeait un grand orchestre swing, elle passe chez Jimmy Dorsey en 1943 et 44 avant d’atterrir chez Harry James. Un parcours typique entre les orchestres réputés ! C’est chez Harry James qu’elle se fera un nom, il faut dire que c’était la meilleure période de cet orchestre.
Rosemary Clooney 
On ne présente pas Rosemary Clooney qui a fait une carrière de chanteuse américaine enviable, enregistrant en particulier avec Duke Ellington, et continuant à chanter jusqu’à sa récente disparition. Mais à ses débuts elle fut, avec sa jeune sœur Betty, chanteuse du big band de Tony Pastor. Son séjour dans cet orchestre avec sa sœur fut très formateur, avec ses one nighters incessants. Sa sœur jeta l’éponge après 3 ans, mais Rosemary tint bon, et ne quitta l’orchestre qu’au tout début des années 50, lorsque commença sa carrière de soliste. Elle était alors prête pour la carrière que l’on sait.

Yvonne King 
Elles étaient quatre sœurs, Alyce, Donna, Louise et Yvonne King Driggs. Louise épousant le chef d’orchestre Alvino Rey, celui-ci engage toute la smala. On est entre 1940 et 1943. Yvonne enregistre quelques solos en plus de ses prestations avec ses sœurs, puis elle se produit dans le Kay Kyser Show. Kay Kyser était un chef d’orchestre très populaire, surtout auprès des jeunes. La chanteuse connaîtra un succès notable à la télévision dans les années 60.
Jo Stafford 
Elle est connue principalement comme chanteuse de musique populaire américaine, très influencée par le jazz il est vrai. Elle a d’ailleurs enregistré au moins un disque purement jazz «Jo + Jazz». Peut-être se rappelait-elle son séjour chez Tommy Dorsey, avec les Pied Pipers. On était alors en 1941 et l’orchestre était à son zénith, avec à son bord l’arrangeur noir Sy Oliver et le chanteur Frank Sinatra, encore tout jeune. Ils chantèrent d’ailleurs abondamment en duo, et il peut sembler regrettable qu’elle ait quitté rapidement cet orchestre gonflé à bloc pour aller chanter dans l’orchestre de variétés de Paul Weston, mais il faut ajouter qu’elle devint la femme du chef d’orchestre ! Sa voix cool, sensuelle, sans vibrato ou si peu, sa justesse parfaite en fit dans les années 50 une «rivale» directe de Dinah Shore. Un soir, chantant en duo avec Ella Fitzgerald, elle laissa celle-ci pantois !
Kay Starr 
Katherine Starks était une chanteuse de country à ses débuts. Mais elle avait un feeling hors du commun et, à la fin des années 30, là voilà engagée dans le circuit des orchestres swing, Joe Venuti (le grand violoniste des années 20), Bob Crosby, Glenn Miller, de nouveau Venuti, et elle arrive chez Charlie Barnet en 1944, ce qui constituera une excellente collaboration. Elle participera à de nombreux enregistrements avec des musiciens de jazz (en particulier avec le grand clarinettiste noir Barney Bigard). Sa voix se modifiera alors, deviendra un peu voilée, mais elle continuera à chanter, dans l’orchestre de Mitchell Ayres en 1949, puis en soliste dans les années 50.
Peggy Lee 
Inutile de chercher le nom de Peggy Lee dans l’état civil, elle s’appelle Norma Dolores Egström, mais c’est un peu long et difficile à mémoriser. Va pour Peggy Lee.  
«Si je suis bien Duc, eh bien Peggy Lee est Reine». De qui est cette phrase ? De Duke Ellington bien sûr ! C’est qu’elle n’a pas volé sa réputation, c’est une bosseuse, travaillant sa voix sans jamais la forcer. Elle compose beaucoup de chansons, pour elle et pour les autres, et se maintient dans les Top Ten Hits (les 10 meilleurs morceaux de la musique populaire américaine), ce qui est un exploit. On peut passer sur ses débuts dans les formations de Sev Olson (totalement inconnu) et de Will Osborne (un peu plus connu). C’est avec l’orchestre Goodman que commencent les choses sérieuses, lorsqu’elle prend la suite d’Helen Forrest en 1941. Maxine Sullivan est son inspiration plus que Billie Holiday. On nous permettra d’ajouter le nom de Lee Wiley à laquelle Peggy fait souvent penser. Sa voix sensuelle, qui va de pair avec son physique, assurera le succès de sa chanson-fétiche Why Don’t You Do Right ? avec Goodman. Sa vie n’a pas toujours été drôle, qu’il s’agisse de sa santé ou de sa vie sentimentale, et aussi de son échec à Broadway. Elle nous a quitté il y a peu, après cin­quante ans de carrière.
Frances Wayne 
Ou plutôt Chiarina Francesca Bertocci pour ceux qui aiment la précision. Elle se trouve chez Woody Herman au milieu des années 40, mais chante aussi avec Sam Donahue, un saxo-ténor qui dirigea à la fin de la guerre l’orchestre swing de la Marine américaine dans le Pacifique. Charlie Barnet l’emploie aussi, puis elle épouse le grand arrangeur Neal Hefti avec lequel elle fonde un orchestre en 1952.
Carolyn Grey 
Cette bonne chanteuse d’orchestre swing n’eut qu’un défaut, celui d’arriver chez Gene Krupa juste après le départ d’Anita O’Day ! Surtout que le batteur lui fit interpréter les thèmes que chantait Anita. Redoutable ! Dans l’ensemble, elle s’en sort plutôt bien, et Carolyn Grey mérite qu’on se souvienne d’elle, ne serait-ce que pour avoir résisté à l’idée d’imiter la chanteuse qui l’avait précédée.
Mary Ann McCall 
Mary Miller, c’était un peu banal, alors pourquoi pas Mary Ann McCall ? C’est une danseuse initialement, mais comme chanteuse d’orchestre swing, elle va se rattraper : Tommy Dorsey (1938), Woody Herman (1939), Charlie Barnet (1939-40), Tommy Reynolds (1941), de nouveau Charlie Barnet (1944), Lew Gray, un orchestre de la West-coast (1945), Allen Kassel (1945-46), Woody Herman de nouveau (1946-49), Charlie Ventura (1954-55). Comme toutes les autres, elle conti­nuera sa carrière comme soliste. Ses enregistrements avec le «Second Herd» (deuxième troupeau) de Woody Herman sont les plus notables.
Ginnie Powell 
C’est à 17 ans qu’elle entre dans l’orchestre de Boyd Raeburn, avec qui elle va se marier en 1945. Elle a déjà du métier, pour avoir chanté chez Jerry Wald, Gene Krupa, Charlie Barnet et Harry James. D’ailleurs, elle impressionnera quelques années plus tard Ella Fitzgerald – qui l’aidera dans sa car­rière – ainsi que Perry Como. Sa voix était d’une grande justesse, aussi belle que la demoiselle était jolie !
June Christy 
Anita O’Day cherchait quelqu’un pour la remplacer dans l’orchestre de Stan Kenton. La voilà entrant dans un restaurant chinois de Chicago, le «Shangri-La», pour écouter le big band de Boyd Raeburn et, chantant devant l’orchestre, se tient une jeune femme blonde. Anita l’emmène chez Kenton, qui l’engage. Elle s’appelle Shirley Luster, un nom qui ne plait pas au chef d’orchestre, il faut en changer. Elle s’appellera June Christy. Elle plaira beaucoup à son employeur, peut-être parce qu’elle avait un timbre de voix et un feeling proches d’Anita O’Day. Il est vrai que sa voix sensuelle et voilée s’accommodait aussi bien des interprétations lentes que rapides.Elle restera 5 ans dans la formation, de 1945 à 1950, et y reviendra de temps à autre par la suite, ne serait-ce que pour la fabuleuse tournée de l’orchestre en Europe en Septembre 1953. Epouse du saxo-ténor Bob Cooper, qui était chez Kenton en même temps qu’elle, sa carrière après son départ de la célèbre phalange croisera fréquemment celle de son mari, et elle enregistrera de nombreux disques très réussis avec des formations importantes, au parfum nettement Kentonien. Sa santé se détériorera dans les années 70-80, et elle disparaitra peu après une courte apparition à la Grande Parade du Jazz à Nice, en 1985.
Lucy Ann Polk 
Cette chanteuse fit ses débuts chez Bobby Sherwood, un trompettiste-guitariste qui dirigeait un orchestre très dynamique. Bon début par conséquent, la suite est tout aussi éloquente : une première fois chez Les Brown, puis Bob Crosby, Kay Kyser en 46-47, Tommy Dorsey en 47-49, enfin Les Brown 1949-1952. Et bien sûr, comme la plupart de ses consoeurs, l’évanouissement quasi-complet de la swing era la fait rentrer dans le circuit de la radio et de la télévision comme soliste. Elle participera aussi à des concerts de jazz avec la formation de Dave Pell, lui aussi ancien de chez Les Brown. Bien que venant après Doris Day dans l’orchestre du clarinettiste, c’est plutôt à June Christy qu’elle ferait penser, tout en gardant une personnalité marquée.
Jo Ann Greer 
Elle est surtout connue pour avoir été la chanteuse attitrée de l’orchestre Les Brown au milieu et à la fin des années 50. Mais elle fit ses débuts dans l’orchestre météorique de Sonny Burke en 1951. Sa voix claire rappelle celle de Doris Day, et d’ailleurs Les Brown, tout en insistant qu’il ne considérait pas sa nouvelle chanteuse comme un clone de Doris Day, lui fera rechanter des succès de cette dernière, qui avait appartenu à sa formation 10 ou 15 ans plus tôt.
On entendra dans la présente anthologie d’autres chanteuses que celles que l’on vient de mentionner. Elles ne sont pas assez connues pour que l’on ait pu recueillir suffisamment d’information à leur sujet. Elles ont nom Anita Boyer (qui enregistra avec le trio de King Cole en plus de sa participation dans les orchestres swing), Pauline Byrne (engagée par Artie Shaw en 1940), Pat Cameron (illustre inconnue mais belle voix), Judy Ellington (rien à voir avec le Duke du même nom), Dee Parker (chanteuse chez Jimmy Dorsey après la guerre), Rosalind Patton (qui fait partie des dernières chanteuses de la swing era), Gail Reese (connue pour son séjour chez Bunny Berigan en 1937-38), enfin Jerry Winters, qui fit le lien chez Stan Kenton, entre June Christy et Chris Connor.
D’autres chanteuses de big bands swing auraient sans doute mérité de figurer, telles Paula Kelly (de chez Glenn Miller), Patti Page (Benny Goodman), Martha Raye (Charlie Barnet), Fran Warren (Charlie Barnet et Claude Thornhill), Marcie Miller (Ray Anthony), Dolores O’Neill (Bob Chester), Jean Louise Patchen (Ike Carpenter), Nancy Reed (Hal McIntyre), Dorothy Reid (Buddy Rich), Connie Boswell et Marion Mann (Bob Crosby), Betty Bonny (Jerry Wald), Sally Richards (Tommy Reynolds), Nan Wynn (Hal Kemp) et beaucoup d’autres encore.
Et en effet pourquoi pas aussi Jane Harvey et Dolly Houston (de chez Goodman), Teddy Grace (Bob Crosby), Connie Haynes et Peggy Mann (Tommy Dorsey), Claire Hogan (Jimmy Dorsey), Peg La Centra (Artie Shaw), Delores Hawkins (Bob Chester et Gene Krupa), Dorothy Claire (Sonny Dunham), Gwenn Davis et Gail Ennis (Bobby Sherwood), Virginia Maxey (Ziggy Elman), Billie Rogers (Woody Herman), Ruth Gaylor et Jerry Stuart (Hal McIntyre), Hadda Brooks (Ike Carpenter), Dolly Dawn (George Hall), Frances Colwell (Dean Hudson, à ne pas confondre avec Will Hudson), Phillis Miles (Frankie Masters), Liza Morrow (George Paxton, mais aussi Goodman), Betty Martin (Bob Strong), Marion Page et Patsy Parker (Tommy Reynolds), Dee Keating (Ray Anthony)…Qu’il soit bien clair que la liste n’est pas limitative !


Une anthologie
très sélective

A part Sentimental Journey de Doris Day, Why Don’t You Do Right ? de Peggy Lee et I’m Beginning To See The Light de Kitty Kallen, qui nous ont semblé des must, on n’a pas cherché à mettre dans ce panorama les morceaux les plus rabachés qui trainent dans toutes les anthologies. Ce qui importait, c’était de mettre en valeur la voix, le feeling et le tempérament des différentes chanteuses présentées dans l’orchestre qui les a le mieux mises en valeur.
Goody Goody était un morceau très populaire au début de la swing era, et Wingy Manone le chante aussi à la même époque. Helen Ward l’interprète avec conviction, bien accompagnée par un orchestre Goodman déjà sûr de lui.
On passera rapidement sur I’ll Never Tell You I Love You, qui épitomise la chanson destinée à faire danser les clients et dont l’intérêt principal est de présenter Georgia Gibbs.
Gone With The Wind est une vraie interprétation de jazz, chantée par Maxine Sullivan au tout début de sa magnifique carrière. C’est aussi le premier orchestre de Claude Thornhill, bien avant l’arrivée de Gil Evans. L’utilisation de la flûte laisse entrevoir l’évolution stylistique de la formation.
Bob Crosby laisse la place de vocaliste à Kay Weber pour Please Be Kind qui, de toute évidence, ne peut en effet être chantée que par une femme ! A noter l’exposition du thème par le saxophoniste ténor Eddie Miller, un vrai précurseur de la musique cool.
Tout ce que chantait Bea Wain chez Larry Clinton était agréable à écouter comme à danser. Martha est sa chanson la plus célèbre, mais on gagne au change avec I Dream I Dwelt In Marble Halls, qui bénéficie d’un accompagnement d’orchestre exceptionnel.
Bunny Berigan était d’abord un trompettiste à la sonorité inimitable, comme on peut s’en rendre compte à l’exposé du thème de I Dance Alone. Mais c’était aussi un bon chanteur, et ses chanteuses devaient se contenter des restes. Il eut été dommage de ne pas profiter de la voix de Gail Reese dans ce morceau par ailleurs un peu insignifiant.

Avec le tandem Mildred Bailey-Red Norvo, on est en terrain jazz, tout en restant au casino ! Une voix reconnaissable entre toutes sur un accompagnement en douceur, After Dinner Speech c’est signé !
Martha Tilton a eu la chance d’être chez Benny Goodman à un des meilleurs moments, et c’est sans effort que Feeling High & Happy est joué et chanté, très peu de temps après le fameux concert à Carnegie Hall, qui avait consacré tant l’orchestre que la chanteuse. Harry James joue les fier-à-bras, comme il a toujours aimé le faire au cours de sa carrière !
Any Old Time, l’unique enregistrement de Billie Holiday avec Artie Shaw n’est pas seulement excellent du point de vue jazz et danse, il est aussi très émouvant. Instant magique...
Petit succès du jour – du moins espérons-le – pour Charlie Barnet : Some Like It Hot, heureusement, utilise les service d’une agréable chanteuse en la personne de Judy Ellington.
Edythe Wright n’avait pas froid aux yeux en interprétant All In Favor Of Swing Say «Aye»et entraîne tout l’orchestre de Tommy Dorsey dans un joyeux chahut. Ce n’est pas la seule fois qu’elle fait çà; certaines interprétations des Clambake Seven, le petit orchestre extrait du grand, sont du même type. Yank Lawson, Johnny Mince, Babe Russin, Tommy Dorsey, c’est-à-dire les grands solistes de l’orchestre, sont tous sollicités !
Avec Deep Purple, chanté par Helen Forrest avec l’orchestre d’Artie Shaw, on plonge en plein dans la musique de casino au meilleur sens du terme. On est en 1939, la chanteuse et l’orchestre sont à leur apogée, le romantisme et la souplesse de l’interprétation font merveille.
My Fantasy est interprété aussi par la formation d’Artie Shaw, mais ce n’est plus du tout le même orchestre, le clarinettiste ayant entre-temps pris des «vacances». Le thème n’a sans doute pas autant d’intérêt que le précédent (pauvre Borodine !), mais la voix prenante de Pauline Byrne, chanteuse peu connue, vaut qu’on s’y attarde.
Un certain nombre de chanteuses ont interprété Six Lessons From Mme La Zonga, mais il faut reconnaître que Helen O’Connell s’en sort plus que bien. Et pourtant, quel saucisson ! mais ce rythme de rumba bien enlevé par l’orchestre de Jimmy Dorsey fait passer un bon moment, surtout si l’on fait un tant soit peu attention aux paroles !
Un couple vraiment mignon, c’est celui formé par Marion Hutton et le saxophoniste-siffleur-chanteur Tex Beneke qui, devant l’orchestre Glenn Miller, en chantant The Gentleman Needs A Shave, nous montrent que le fait de ne pas être rasé pour un homme est en principe inadmissible, mais en pratique, si l’homme vous plait, quelle importance ? Aujourd’hui, c’est presque le fait d’être rasé qui serait répréhensible!
On retiendra de Love Of My Life, morceau chanté par Fred Astaire dans le film Second Chorus (Swing Romance en France), la belle voix d’Anita Boyer et la qualité de l’accompagnement orchestral, mais pouvait-on attendre moins de la part d’Artie Shaw?
So, You’re The One ramène à la chanson basique interprétée par le canari de service devant l’orchestre, et dansent les couples ! Une vraie face B pour une fois. Mais Yvonne King valait bien qu’on la sélectionne. Et puis le quatuor de saxes vaut le détour.
Avec All I Desire, chanté par Lena Horne, on est dans un club chic de Downtown-Manhattan. La chanteuse ne swingue peut-être pas beaucoup, mais ça a de la classe. Il faut dire qu’il y a Charlie Barnet par derrière.
Anita O’Day avec Roy Eldridge et l’orchestre de Gene Krupa, c’est une mayonnaise qui monte ! La chanteuse est en pleine forme dans ce «Murder», He Says – même si elle ne chante pas toujours exactement dans le ton mais qu’importe ! –. C’est le dernier enregistrement de son premier séjour dans l’orchestre du batteur. Et le trompettiste n’est pas en reste. Ce genre d’interprétation fait évidemment mentir ceux qui pensent que les vocaux féminins accompagnés par des orchestres swing sont de la soupe !
En 1942, L’orchestre Goodman est particulièrement au point, peut-être parce que l’écurie Columbia était plus exigeante sous ce rapport que la firme Victor quelques années plus tôt. Quoiqu’il en soit, la présence de la chanteuse Peggy Lee est pour beaucoup dans la réussite de Why Don’t You Do Right ?, qui était son thème-fétiche à cette époque, et même après.
Le début des années 40, en tout cas avant le tristement célèbre ban Petrillo, du nom de celui qui fit interdire les enregistrements, soi disant pour protéger les musiciens de l’influence des majors, fut très prolifique. Tommy Dorsey était en plein boum, avec son arrangeur noir Sy Oliver, et ses vocalistes, la toute jeune chanteuses Jo Stafford et le «encore-tout-jeune» chanteur Frank Sinatra. L’association n’a pas duré longtemps, les deux compères ont été attirés par le large, c’était prévisible. Snootie Little Cutie est une des rares interprétations de ce duo.
Accentuate The Posifive était un air très à la mode en 1943-44, et il fut interprété par de nombreux musiciens, dont Louis Armstrong. Iréne Daye et Charlie Spivak se sortent très bien de cette chanson, elle en chantant, lui en jouant de la trompette. L’entente entre les deux jeunes mariés devait être bonne!
On se souvient de la version interprétée par Billie Holiday de I Cried For You, morceau excellent pour la danse, donc éminemment adapté à un grand orchestre swing et une jolie chanteuse. Pour une fois, la chose a pu être vérifiée visuellement puisque cette interprétation de Helen Forrest avec l’orchestre de Harry James est tiré de la bande sonore du film Bathing Beauty. C’est d’ailleurs un des meilleurs moments musicaux de ce film typiquement hollywoodien.
A la fin de la guerre, un des morceaux les plus populaires en Amérique était un petit air en forme de boogie-woogie composé par Johnny Mercer, un des fondateurs de la firme Capitol et un bon chanteur-compositeur, qu’on a d’ailleurs entendu avec Paul Whiteman et Jack Teagarden dans le coffret «Swing Era Big Bands» (FA 078). Cet air, c’est G.I.Jive, à la gloire des soldats américains, qui l’avaient bien mérité à ce moment-là. Peu d’amateurs connaissent la chanteuse Pat Cameron, mais sa belle voix, accompagnée par l’orchestre très valable du trompettiste Sonny Dunham, lui-même peu connu, valait qu’on s’y attarde.
Le passage de Kay Starr chez Charlie Barnet n’a malheureusement pas donné lieu à beaucoup d’enregistrements, et c’est dommage. Témoin ce Share Croppin’ Blues, une vraie interprétation de jazz, qui fait honneur tant à la chanteuse qu’au chef d’orchestre.
Avec Sentimental Journey, on touche au sacré ! En effet, tant en Amérique qu’en Europe, ce morceau eut un grand succès pour la danse. Ah... les surprises-parties au tournant des années 40 à 50 ! Doris Day acquit une renommée qu’elle n’aurait peut-être pas eue sans cette interprétation. Et Les Brown en profita aussi !
On retrouve Anita O’Day, cette fois-ci chez Kenton. On a choisi un blues (Singing The) Blues pour montrer que la chanteuse était aussi à l’aise dans le jazz pur que dans la musique de danse ou de variété. L’orchestre, déjà bien lancé, est peut-être un peu sec, mais le solo de trompette de Karl George est excellent.
De Frances Wayne avec Woody Herman et son «Premier Troupeau», on aurait pu retenir le morceau qui eut le plus de succès, un certain Happiness is A Thing Called Joe, mais le thème de There’s No You est tellement supérieur et la chanteuse tellement plus à l’aise que l’on n’a pas hésité, d’autant qu’on a droit à un Woody très «hodgisant» à l’exposé du thème, ainsi qu’à un court mais excellent solo de ténor par Flip Phillips.
Ella Fitzgerald avait bien montré qu’elle était une excellente chanteuse de grand orchestre lorsqu’elle était chez Chick Webb ou qu’elle dirigeait l’orchestre du batteur après sa disparition. A Kiss Goodnight, interprété avec un pur orchestre swing, donc pour blancs, nous fait entendre une Ella en pleine forme, comme toujours à cette époque et pendant presque toute sa vie.
I’m Beginning To See The Light est encore un thème de l’immédiat après-guerre, composé par Duke Ellington, qui dit bien ce qu’il veut dire – la traduction française Je commence à voir tout en bleu était tout simplement ridicule ! –. La version V Disc est la plus connue, mais l’exemplaire en notre possession n’était pas de qualité suffisante, et l’on a préféré présenter une version de radio, tout aussi bonne.
Tea For Two chez Gene Krupa fait penser aussitôt à Anita O’Day, mais celle qui lui a succédé en 1946, Carolyn Grey, l’a aussi interprété, ce qui est normal puisque le répertoire n’avait pas changé du fait du départ de la première chanteuse. La nouvelle s’en sort très honorablement, avec toutefois une légère voix de gorge. Ah... «personne n’est parfaite»!
June Christy était de toute évidence un peu intimidée par l’orchestre de Stan Kenton quand elle y est rentrée en 1945. En 1946, elle avait pris de l’assurance, et surtout elle connaissait et aimait bien Willow Weep For Me qu’elle a enregistré à plusieurs reprises dans sa carrière. C’est d’ailleurs ce morceau qu’elle a brièvement chanté à Nice en 1985, bien qu’elle semblait sous l’emprise d’une extrême fatigue.
That’s Good Enough For Me est une des seules interprétations que nous ayons trouvées de Rosemary Clooney avec l’orchestre de Tony Pastor,. De toutes façons, elle est encore toute jeune et sa carrière est devant elle. Elle nous administre ici une petite leçon de philosophie !
L’orchestre d’Elliott Lawrence est encore tout nouveau en 1946, il fait des soirées dansantes comme tous les orchestres swing, il a donc une chanteuse, Rosalind Patton, qui s’acquitte très bien de sa tâche en chantant You’re Right, I’m Wrong. Il faut reconnaître que l’on n’est pas encore devant le vrai orchestre de jazz du pianiste, mais avec Gerry Mulligan comme arrangeur, les choses vont aller très vite.
Lorsque l’orchestre de Boyd Raeburn jouait pour la danse, il fallait que les danseurs puissent danser. Dans ce cas, les morceaux étaient des slows classiques du répertoire. Ginny Powell en faisait de vraies réussites grâce à sa voix et son feeling. Ici, dans So Would I, pas de fantaisies surréalistes comme avec George Handy, Johnny Richards était certainement moderne, puisqu’il a arrangé pour Kenton, mais il reste classique dans sa modernité, et le clarinettiste Buddy de Franco ne fait pas encore de vagues !
At Sundown a été choisi pour faire entendre la chanteuse Dee Parker avec l’orchestre de Jimmy Dorsey, qui à cette époque engageait des musiciens modernes pour renouveler un peu la sonorité d’ensemble. Jimmy Giuffre au saxo-ténor, Al Haig au piano, Karl Kiffe à la batterie, on n’est plus très loin d’un orchestre moderne, mais Jimmy Dorsey ne sautera jamais vraiment le pas.
Mary Ann McCall avait un rôle pas très facile chez Woody Herman : chanter dans le Deuxième troupeau, en 1948, au milieu des Brothers ne coulait pas de source. Les orchestres swing sont en train de devenir des orchestres de jazz, et ils doivent en assumer le style et l’évolution qu’ils n’ont pas initiée eux-mêmes. More Than You Know est une magnifique mélodie, et la chanteuse n’en est pas à son coup d’essai. On appréciera le trombone de Bill Harris, alors au sommet de sa forme.
Il eut été idéal de présenter Jo Ann Greer avec l’orchestre de Les Brown, chez qui elle a longuement séjourné, mais c’était beaucoup plus tard, et une bonne étoile nous a fait découvrir cette chanteuse dans le cadre un peu surprenant de l’orchestre de Sonny Burke. Surprise d’entendre une excellente interprétation de I Want To Be Happy au détour d’une transcription, avec d’excellentes interventions de Hugo Lowenstern à la clarinette et Don Raffell au sax-ténor, deux inconnus comme il y en avait tant cachés dans les orchestres swing.
Adios fait entendre certainement la voix la plus étonnante de toute la présente anthologie. Il est vrai que Jerri Winters était toute jeune, et sa voix se modifia notablement au cours des années qui suivirent. L’orchestre Kenton était alors à son apogée et on notera que l’arrangement est un des premiers que Bill Russo écrivit pour la formation.
Ce panorama se termine avec l’orchestre de Les Brown et la chanteuse qui fit la transition entre Doris Day au milieu des années 40 et Jo Ann Greer au milieu des années 50, Lucy Ann Polk. Sa voix, que l’on peut trouver supérieure à celles des deux autres chanteuses, est bien mise en valeur dans Back In Your Own Backyard, sur lequel nous espérons que les auditeurs pourront finir agréablement, mais pas soporifiquement, leur soirée dansante !
Pierre Carlu

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003


Remerciements à Alain Tercinet.

En couverture : Lena Horne.


The golden age of swing in the United States of America reigned as from the second part of the thirties and throughout the forties.  Big bands encouraged Whites to dance in luxurious hotels and casinos, imitating the black orchestras in the Harlem dance halls.  In a previous album (Swing Era Big Bands - FA 078) we covered some of these bands, but the anthology concentrated on instrumental interpretations.  It was tempting to complete this panorama with some of the ladies who sang along with the most celebrated orchestras.  And only some, alas, as these swing bands were graced by countless dames.
The big swing bands mainly comprised white musicians, instrumentalists or singers.  Although they were not truly jazz bands, they could interpret lively and swinging pieces without vocal support.  In casinos, however, their style had to be more ‘straight’, and that’s where the vocalists stepped in.  There were, of course, male singers, Frank Sinatra to name just one, but the singers were primarily female, then tagged as ‘canaries’.  In casinos, there was no question of screeching or shouting and the music was on a slow tempo, giving way to romance, either through dancing or eye contact.  The singers had to be sentimental and even glamorous.  Sturdy jazz fans tend to ignore the swing orchestras’ sung titles, generally preferring the ‘A’ sides of the 78’s, usually dedicated to true swing.
Naturally, the visual aspect of these bands was of all importance - the pretty songs were interpreted by fetching and often sexy girls.  Many slow numbers boast magnificent melodies.  The swing bands borrowed much material from the great American composers such as Irving Berlin or George Gershwin.  And then again, the most eclectic singers, dissatisfied with the affected airs, sang some very swinging pieces, some even reaching the famous ‘A’ side of the 78’s.  Needless to say, we have greatly focused on this part of the repertory.  Indeed, several bands, such as those of Glenn Miller and Jimmy Dorsey, used the women for the hep titles, reserving the sentimental ones for male singers.
Finally, the actual personality of each singer was significant - the voice, quality of tone and tessitura and the individual temperament.  Of course, we remember best those with a strong character, Anita O’Day for instance, who refused to be considered a canary.
In this anthology, we won’t find the leading black singers accompanied by their usual black orchestras.  However, some of these coloured ladies sang in swing orchestras as well as black jazz bands.
Some of the most famous bands used just one or two singers during its lifespan whereas others hired dozens.  Certain bandleaders had the fine art of choosing remarkable singers, but others went for more mediocre artists.  Here, we have selected the best bandleaders who hit upon compatible ladies to complement the style of their outfit.  Obviously, the Swing Era oozes with the relationships between bandleaders and their vocalists, but this album concentrates only on the musical aspect !

Benny Goodman hired over twenty singers between 1934 and 1959.  Among the most important are Helen Ward (1934 to 1937, plus a come-back in the fifties for the movie ‘The Benny Goodman Story’), Martha Tilton (1937 to 1939 with a small come-back in the fifties for the same reason), Helen Forrest (1939-1941), Peggy Lee (1941-42 and she returned in 1947), Jane Harvey (1944-45), Liza Morrow (1945-46).  Then there were those who accompanied him in a smaller line-up, including Patti Page in 1948 and Anita O’Day in 1959.  This proves his gift as a talent scout or a user of talent.  In particular, Peggy Lee became one of the greatest singers of American popular music when she left Goodman.
Clarinettist Artie Shaw was a perfectionist.  He adored women which perhaps explains the great number of lady singers who spent time in his orchestra - a good fifteen until his last big outfit disbanded in 1951.  At first, he couldn’t find a suitable vocalist for his band and Peg La Centra hardly made an impact in the history of American song.  But in 1938, when his career surged forward with the recording of Begin The Beguine, he called for Helen Forrest who never stayed long in the same orchestra, well aware of her talent.  Previously, Billie Holiday occasionally joined the line-up as we will see.  After refounding his orchestra in 1940, Artie Shaw continued to scout for top quality voices, such as those of Pauline Byrne and Anita Boyer in 1940, Lena Horne and Paula Kelly in 1941 and Imogene Lynn in 1944.  He stopped his regular band in 1945, but continued to use good singers, including Mary Ann McCall in 1950 and June Hutton in 1951.
Tommy Dorsey, who took over Joe Haymes’ orchestra in 1935 found Edythe Wright, a singer with a fascinating voice, who stayed with him during the pre-war period from 1935 to 1939, and then Jo Stafford stepped in from 1941-42.  Dorsey’s orchestra continued to swing well after the war and he hired various other singers, sometimes lifted from fellow band leaders.  We can discover, among others, Anita Boyer (1939), Connie Haynes (1940-41), Lucy Ann Polk (1947-48) and Frances Irvin (1950-52).
The elder brother, Jimmy Dorsey, was probably less ambitious, despite his orchestra being first-rate.  We mainly remember Helen O’Connell (1939-42), but there were others such as Kay Weber and Frances Langford (between 1935 and 1937), June Richmond (1938), Dee Parker (1945-47) and Claire Hogan (1949-50).
Gene Krupa, the prestigious drummer in the Goodman orchestra in the latter part of the thirties, founded his orchestra in 1938.  He hired around ten singers, although some stayed a short while such as Helen Ward and Jerry Kruger in 1938 and Ginnie Powell in 1944, but three stood out - Irene Daye (1938-41), Anita O’Day (1941-42 and 1945-46), who then became one of the greatest white jazz singers, and Carolyn Grey who was good, but lacked Anita’s rare talent.
Harry James, like Gene Krupa, became smitten by big bands when he was a trumpeter with Goodman.  He began with a black singer, Helen Humes.  Then after the debuting Frank Sinatra left, Connie Haynes and Helen Ward were taken on by the band leader who went on to lure Helen Forrest who stayed from 1941 to 1943 to be followed by Kitty Kallen.  He could have asked his wife, Betty Grable, but was her singing voice good enough ?
Glenn Miller, the legendary band leader, was attached to Marion Hutton (Betty Hutton’s sister) during almost the whole length of his civil orchestra (1939-42), either to sing alone or to team up with the saxophonist-cum-singer Tex Beneke.  In 1941 Paula Kelly, who usually sang with the Modernaires, also joined them.
Charlie Barnet’s orchestra sometimes sounded black, hardly surprising as he was crazy about Duke Ellington and liked hiring black musicians such as trumpeters Peanuts Holland and Clark Terry.  He paid attention to the quality of his singers, and out of the dozen who spent time with him, Judy Ellington (1938), Mary Ann McCall (1939), Lena Horne (1941), Frances Wayne (1942), Kay Starr (1944), Fran Warren (1945) and Martha Raye (1946) are of particular interest.
Larry Clinton, who led an excellent orchestra, used one of the best swing singers, Bea Wain.  Unfortunately, she made little impact on the history of popular American music.
Red Norvo played the xylophone and was a true jazz musician and excellent band leader.  He married a leading singer of the thirties, Mildred Baily.  ‘Mr and Mrs Swing’ as they were known, came out with some very good teamwork.  Red Norvo’s band did not hire any other lady singers.
Les Brown is famous for helping Doris Day when she debuted.  But even after the swing era, he continued to perform in casinos.  He liked to insist that his band was mainly a dance orchestra which sometimes played good jazz.  He continued to hire quality singers such as Lucy Ann Polk, Eileen Wilson and Jo Ann Greer.
Sonny Burke was an excellent arranger who worked for numerous swing bands.  He was also a worthy composer (and signed Midnight Sun and Black Coffee among other titles).  His band existed but for a short while in 1951 and it was too late to create a swing orchestra at this point.  When the outfit disbanded, the band leader recommended his singer, Jo Ann Greer, to Les Brown.
The more modern orchestras which came into being after the swing era, endeavoured to find singers who could get the punters to the dance floor and sing jazz.
Clarinettist and saxophonist, Woody Herman, was himself an occasional singer.  However, he still needed a female touch, necessary for dance bands in chic venues, as was the case between 1936, when he took over Isham Jones’ band and 1943 when he founded the famous 1st Herd.  Half a dozen girls completed his orchestra during the first period, in particular Mary Ann McCall in 1939 and Carolyn Grey in 1941-42.  In 1943, he was joined by Frances Wayne who stayed with him for three years.  Mary Ann McCall stepped in with the 2nd Herd  and then Dolly Houston, who stayed from 1951 to 1953, was one of the band’s last singers.
Boyd Raeburn was married to Ginnie Powell, a worthy singer.  With most of the arrangements signed by George Handy, the orchestra was very modern for the period.  Ginnie Powell was a member of the band from 1945 to 1947.
Elliott Lawrence’s orchestra, created after the war, bordered on both swing for dancing and jazz and included an excellent singer, Rosalind Patton.  He then focused on jazz alone and rarely used vocalists.
Stan Kenton carefully chose his singers :  Anita O’Day (1944-45), June Christy (1945-50), Jerry Winters (1952), Chris Connor (1953), Ann Richards (1955-57) and Jean Turner (1962-63).  In this anthology we can especially appreciate the voice of June Christy, whose name remains strongly associated with Stan Kenton.
Many other band leaders also hired good singers from time to time.  Take, for instance, Bob Crosby (Bing’s younger brother), whose band included Kay Weber (1935-37), Marion Mann (1938-40) and Martha Tilton (1941-45).  Will Hudson, arranger for Jimmie Lunceford, helped Georgia Gibbs to get started and Alvino Rey called for the King Sisters in his orchestra.  There were also trumpeters Charlie Spivak with Irene Daye, Sonny Dunham with Pat Cameron, Randy Brooks with, among others, Marion Hutton and Ella Fitzgerald and Bunny Berigan with Gail Reese.  Artie Shaw’s ex-saxophonist Tony Pastor launched Rosemarie Clooney and her sister Betty whereas pianist Claude Thornhill had Maxine Sullivan in his band for a while.
In this album, we have had to select thirty-eight singers out of hundreds, many of whom are commendable.  However, the majority of vocalists in the big swing bands sang sentimental slow numbers which have become outdated.  Some singers may have been excellent vocalists but never belonged, apart from on the odd occasion, to a swing band.
Billie Holiday :  This celebrated black singer, born Eleonora Fagan, participated in sessions with Teddy Wilson and sometimes Lester Young as well as  the Jazz At The Philharmonic sessions.  In 1938, she sang with Artie Shaw, and though her voice was a perfect addition to the orchestra, the clarinettist could not keep her due to the colour of her skin.  She also recorded with Benny Goodman’s swing orchestra on the odd occasion and with that of Count Basie.
Ella Fitzgerald :  Ella debuted in Chick Webb’s big band and then fronted the orchestra when her boss died in 1939.  She then began a solo career which lasted over 40 years.  The ‘First Lady Of Swing’ had an unpretentious and very elegant style and was greatly admired by many, including Duke Ellington, Frank Sinatra and even Madonna !
Maxine Sullivan :  This coloured singer with a ‘white’ voice played in the Onyx Club in 1937, with her husband, Claude Thornhill, acting as manager.  When the latter founded his orchestra in 1937, she sang with him, but then he arranged her first session with John Kirby’s black sextet. 
Lena Horne :  Through her great beauty, Lena was offered roles in several movies, and also appeared in many shows.  But before becoming an international star, in 1940-41, she sang with Charlie Barnet.
The aforementioned singers are exceptional in that they were black, whereas the majority of the singers in these bands were not only white, but also blond.
Mildred Bailey :  Following a stint with Paul Whiteman in 1929, Mildred debuted in the world of swing bands with the Casa Loma orchestra and the line-up headed by the Dorsey brothers.  She then joined Red Norvo and married him.  With Norvo, she recorded in quantity in the 1936-42 period, then followed a solo career after separating from her husband.
Anita O’Day :  Anita debuted in Krupa’s swing orchestra in 1941, left to join Stan Kenton, and then returned to Krupa.  Weary of her life in a road band, she went solo in 1947.
Helen Forrest :  This archetypal swing band singer, showed her bright colours with Artie Shaw in 1938-39.  She then joined Goodman before going on to Harry James.
Bea Wain :  Similar to Helen Forrest in that she also was a perfect canary - attractive, a good voice and falsely nonchalent.  She debuted in the ‘Fred Waring Show’, then spent two years with Gene Kardos and afterwards joined Larry Clinton.
Doris Day :  The slender, blond Doris Kappelhoff, otherwise known as Doris Day was the American stereotype.  First employed by Barney Rapp and Bob Crosby, her principal boss was Les Brown, though she then became an independent singer and actress.
Helen Ward :  Having sung in other bands previously, Helen debuted her swinging career with Benny Goodman in 1934 and participated in the famous ‘Let’s Dance Broadcasts’ and the radio shows in Chicago’s Congress Hotel.  Very much in demand, she joined other famous orchestras, such as those of Hal McIntyre (1943) and Harry James (1944).
Martha Tilton :  Martha debuted in 1935 on the radio, joined the bands of Sid Lippman and Jimmy Dorsey (1936), was a member of the vocal group Three Hits & A Miss and teamed up with Benny Goodman in 1937 and participated in the famous concert in Carnegie Hall.  In 1939, she was found with Bobby Sherwood, then went solo after the swing era.
Kay Weber :  This star of the thirties sang with the Dorsey brothers (1934-35), then followed Jimmy and stayed in his band in 35-36 before leaving for Bob Crosby.
Irene Daye :  This singer debuted in the line-ups of Jan Murphy and Mal Hallett before joining Gene Drupa’s first orchestra where she stayed from 1938 to 1941.  She then joined Charlie Spivak, who became her husband.
Edythe Wright :  She is principally known for her role in Tommy Dorsey’s orchestra and could adapt to all genres with ease.
Marion Hutton :  Marion Thornburg, Betty Hutton’s elder sister, sang with her sister in Vincent Lopez’ orchestra before joining Glenn Miller in 1938.  She left him briefly in 1941, but then returned until 1942.  She was invited to record with Randy Brooks and married Vic Schoen, who accompanied the Andrew Sisters.
Georgia Gibbs :  Fredda Gibbons first changed her name to Gibson and sang with Perley Stevens and Richard Himber before joining the bands jointly led by Will Hudson and Eddie DeLange.  She then left for Frankie Trumbauer’s big band before going on to Artie Shaw.  In 1942, she went solo and took the name Georgia Gibbs.
Helen O’Connell :  Spotted by Jimmy Dorsey, she spent four years with the band leader from 1939-43.  She succeeded as a duo with singer Bob Eberly, but as from 1943 preferred to devote her time to her family, still accepting the occasional contract.
Kitty Kallen :  She debuted at the age of 14 with Jan Savitt, then was hired by Jack Teagarden in 1939, followed by Jimmy Dorsey in 1943-44 and finally Harry James.
Rosemary Clooney :  Before becoming the celebrated singer who recorded with Duke Ellington, among others, she debuted with her sister Betty in Tony Pastor’s big band.  Rosemary stayed with this orchestra until the early fifties.
Yvonne King :  Band leader Alvino Rey hired Yvonne and her three sisters, Alyce, Donna and Louise, from 1940-43.  Yvonne cut a few solos and appeared in the Kay Kyser Show.  The singer had a successful television career in the sixties.
Jo Stafford :  Mainly known as a singer of American popular music, influenced by jazz, Jo spent some time with Tommy Dorsey, with the Pied Pipers in 1941, when the band included the young Frank Sinatra, with whom she sang as a duo.
Kay Starr :  Katherine Starks set out as a country singer, but in the late thirties joined the swing orchestra circuit - Joe Venuti, Bob Crosby, Glenn Miller, Venuti once more and Charlie Barnet in 1944.
Peggy Lee :  Norma Dolores Egström, alias Peggy Lee, named the ‘Queen’ by Duke Ellington, debuted in the bands of Sev Olson and Will Osborne.  Her career began to climb when she joined the Goodman band in 1941.
Frances Wayne :  Chiarina Francesca Bertocci was with Woody Herman in the mid-forties, but also sang with Sam Donahue and Charlie Barnet.  She then married the arranger Neal Hefti with whom she founded an orchestra in 1952.
Carolyn Grey :  This worthy singer made the mistake of joining Gene Krupa just after Anita O’Day’s departure.  She nevertheless deserves merit.
Mary Ann McCall :  Mary Miller was initially a dancer, then turned to singing where she accompanied Tommy Dorsey (1938), Woody Herman (1939), Charlie Barnet (1939-40), Tommy Reynolds (1941), Charlie Barnet again (1944), Lew Gray, a West Coast band (1945), Allen Kassel (1945-46), Woody Herman once more (1946-49) and Charlie Ventura (1954-55).
Ginnie Powell :  At the age of 17, she joined Boyd Raeburn’s band and married the leader in 1945.  She also sang with Jerry Wald, Gene Krupa, Charlie Barnet and Harry James.
June Christy :  Spotted by Anita O’Day to replace her in Stan Kenton’s orchestra, Shirley Luster, alias June Christy stayed with Stan from 1945 to 1950, and then occasionally returned, as for the fabulous European tour in 1953.
Lucy Ann Polk :  This singer debuted with Bobby Sherwood, then sang with Les Brown, Bob Crosby, Kay Kyser in 46-47, Tommy Dorsey in 47-49 then again with Les Brown from 49-52.  She also participated in jazz concerts with Dave Pell’s band.
Jo Ann Greer :  Best known as Les Brown’s appointed singer in the late fifties, she debuted in Sonny Burke’s orchestra in 1951.

In this anthology, we may also appreciate lesser known singers such as Anita Boyer (who recorded with the King Cole trio and sang with swing bands), Pauline Byrne (hired by Artie Shaw in 1940), Pat Cameron, Judy Ellington, Dee Parker (who sang with Jimmy Dorsey after the war), Rosalind Patton, Gail Reese (with Bunny Berigan in 37-38) and Jerry Winters who spent some time with Stan Kenton.  Unfortunately, we have been unable to include countless other talented singers.
Apart from Sentimental Journey by Doris Day, Why Don’t You Do Right ? by Peggy Lee and I’m Beginning To See The Light by Kitty Kallen, this selection concentrates on the quality of the voice and the feeling imparted rather than the more common titles, already present in numerous albums.
Goody Goody, a popular piece in the early swing era is interpreted here by Helen Ward, accompanied by the Goodman orchestra.  In I’ll Never Tell You I Love You we may appreciate the voice of Georgia Gibbs.  Gone With The Wind was sung by Maxine Sullivan in the early days of her magnificent career.  Bob Crosby let Kay Weber step forward in Please Be Kind in which we may also savour Eddie Miller’s cool tenor sax.  I Dream I Dwelt In Marble Halls, sung by Bea Wain with Larry Clinton boasts an exceptional orchestral backing.  I Dance Alone, played by Bunny Berigan is of mediocre interest, but we can at least hear the voice of Gail Reese and the trumpet of the leader.  With the Mildred Bailey-Red Norvo tandem we turn to jazz, while still in the casino !  They can be appreciated here in After Dinner Speech.  Martha Tilton belonged to the Benny Goodman outfit during one of its best periods, and their rendition of Feeling High & Happy was made shortly after the Carnegie Hall concert.  Any Old Time was the unique recording of Billie Holiday singing with Artie Shaw, and is a very moving piece.  Judy Ellington was with Charlie Barnet when she sang Some Like It Hot.  The ambience is joyful in All In Favor Of Swing Say ‘Aye’, with Edythe Wright backed by Tommy Dorsey’s orchestra.  In Deep Purple, sung by Helen Forrest with Artie Shaw’s band, we reach the heart of casino music.  My Fantasy is also played by the Artie Shaw line-up, but it’s a very different band.  We may enjoy the voice of the little-known singer Pauline Byrne.  Many singers interpreted Six Lessons From Mme La Zonga, but Helen O’Connell’s version is particularly good, accompanied by Jimmy Dorsey’s orchestra.  In The Gentleman Needs A Shave, Marion Hutton teams up with Tex Beneke, backed by the Glenn Miller orchestra.  Love Of My Life, sung by Fred Astaire in the film Second Chorus was also interpreted by Anita Boyer accompanied by Artie Shaw.  So, You’re The One takes us back to the ‘canary’ flip-side song, but Yvonne King deserved to be included here.  All I Desire, sung by Lena Horne accompanied by Charlie Barnet, finds us in a chic club in Downtown Manhattan.  Anita O’Day is on fine form in ‘Murder’, He Says, where she is in the company of Roy Eldridge and Gene Krupa’s band.  In 1942, the Goodman band was particularly sound.  Nevertheless, Peggy Lee greatly contributes to the success of Why Don’t You Do Right ?  In the early forties, Tommy Dorsey was also very active, along with his arranger Sy Oliver and his vocalists Jo Stafford and the very young Frank Sinatra.  Snootie Little Cutie is one of the rare interpretations sung by this duo.  Accentuate The Positive was a very fashionable tune in 1943-44 and was interpreted by many musicians, including Louis Armstrong.  Irene Daye and Charlie Spivak also made a worthy version as we can hear in this selection.  We remember Billie Holiday’s version of the good dance tune, I Cried For You.  Here, we have included the version by Helen Forrest with Harry James’ orchestra, from the film Bathing Beauty.  At the end of the war, G.I. Jive was a very popular number and here it is interpreted by the little-known Pat Cameron, accompanied by Sonny Dunham’s orchestra.  Share Croppin’ Blues is one of the few recordings made by Kay Starr while with Charlie Barnet.  Sentimental Journey was a huge hit both in America and Europe and assisted Doris Day in her rise to stardom.  While Anita O’Day was with Kenton, she sang (Singing The) Blues, proving how she was at ease with pure jazz as also in dance or variety music.  Frances Wayne joined Woody Herman in his First Herd and had much success with Happiness Is A Thing Called Joe, but we esteem that There’s No You is even better.  A Kiss Goodnight finds Ella Fitzgerald on tremendous form with the swinging Randy Brooks and his orchestra.  The V-Disc version of I’m Beginning To See The Light, composed by Duke Ellington, is best known, but we have opted for a radio version which is equally good.  Anita O’Day springs to mind when we think of Tea for Two with Gene Krupa, but Carolyn Grey, who replaced her in 1946 also added it to her repertory.  By 1946, June Christy had gained more self-confidence in Stan Kenton’s orchestra.  She recorded Willow Weep For Me several times during her career.  That’s Good Enough For Me is one of the only songs we found with Rosemary Clooney backed by Tony Pastor’s orchestra.  Elliott Lawrence’s orchestra was still young in 1946, and his singer, Rosalind Patton, sang very nicely in You’re Right, I’m Wrong.  Ginny Powell put true feeling in So Would I, accompanied by the orchestra of Boyd Raeburn.  We selected At Sundown in order to hear Dee Parker with Jimmy Dorsey, who was then hiring modern musicians to renew the sound.  Mary Ann McCall sang with Woody Herman’s Second Herd when swing bands were increasingly turning to jazz.  More Than You Know is a magnificent tune.  Before joining Les Brown, we can find Jo Ann Greer with Sonny Burke and his orchestra singing an excellent interpretation of I Want To Be Happy.  In Adios, we can discover the most astonishing voice in this anthology - the very young Jerri Winters backed by the Kenton orchestra.  This panorama closes with Les Brown and Lucy Ann Polk, whose voice can be particularly appreciated in Back In Your Own Backyard.
Adapted in English by Laure WRIGHT
from the French text of Pierre CARLU

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003

DISCOGRAPHIE
DISC 1
1. Helen Ward with Benny Goodman & his orchestra : Nat Kazebier, Ralph Muzillo, Harry Geller (tp), Joe Harris, Red Ballard (tb), Benny Goodman (cl, ldr), Bill DePew, Hymie Schertzer (as), Arthur Rollini, Dick Clark (ts), Jess Stacy (p), Allen Reuss (g), Harry Goodman (b), Gene Krupa (dm), Helen Ward (vcl), Henri Woode (arr) – Victor 25245, Chicago, January 24, 1936. 
Goody Goody (J. Mercer, M. Malneck) 2’34
2. Georgia Gibbs with the Hudson-De Lange orchestra : James O’Connell, Steve Lipskin, Jimmy Blake (tp), Edward Kolyer (tb), George Bohn,  Hugh Hibbert (cl, as), Ted Duane (cl, ts), Pete Brendel (as, bs), Mark Hyams (p), Cliff Rausch (g), Doc Goldberg (b), Edward O’Hara (dm), Fredda Gibson (Georgia Gibbs) (vcl) – Brunswick 7785, New-York, November 23, 1936. 
I’ll Never Tell You I Love You (?) 3’03
3. Maxine Sullivan with Claude Thornhill & his orchestra : Mannie Klein, Charlie Spivak (tp), Jack Lacey (tb), Toots Mondello, Jess Carneol (as), Babe Russin (ts), Eddie Powell (bs,f), Claude Thornhill (p, arr, ldr), Artie Bernstein (b), Chauncey Morehouse (dm), Maxine Sullivan (vcl) – Vocalion 3616, New-York, June 14, 1937. 
Gone With The Wind (H. Magidson, A. Wrubel) 2’46
4. Kay Weber with Bob Crosby & his orchestra : Charlie Spivak, Billy Butterfield, Yank Lawson (tp), Ward Silloway, Warren Smith (tb), Matty Matlock (cl, as), Joe Kearns (as), Eddie Miller (cl, ts), Gil Rodin (ts), Bob Zurke (p), Nappy Lamare (g), Bob Haggart (b), Ray Bauduc (dm), Bob Crosby (ldr), Kay Weber (vcl) – Decca 1693, New-York, February 10, 1938. 
Please Be Kind (S. Cahn, S. Chaplin) 2’53
5. Bea Wain with Larry Clinton & his orchestra : Walter Smith, Willis Kelly, Bob Cusumano (tp), Al Russo, Ford Leary (tb), Don Watt, Fletcher Hereford (cl, as), George Dessinger, Tony Zimmers (cl, ts), Sam Mineo (p), Jack Cheisleigh, Al Whistler (b), Ray Michaels (dm), Larry Clinton (ldr), Bea Wain (vcl) – Victor 25789, New-York, 11 Février 1938. 
I Dreamt I Dwelt In Marble Halls (Balfe) 3’06
6. Gail Reese with Bunny Berigan & his orchestra : Bunny Berigan (tp, ldr), Irving Goodman, Steve Lipkins (tp), Al George, Sonny Lee (tb), Mike Doty, Joe Dixon (cl, as), Georgie Auld, Clyde Rounds (ts), C.Graham Forbes (p), Tom Morgan (g), Hank Wayland (b), Dave Tough (dm), Gail Reese (vcl) – Victor 25820, New-York, March 16, 1938. 
I Dance Alone (Shelton) 2’49
7. Mildred Bailey with Red Norvo & his orchestra : Jimmy Blake, Zeke Zarchey, Barney Zudekoff (tp), Was Hein (tb), Hank d’Amico (cl), Len Goldstein (as), Jerry Jerome, Charles Lanphere (ts), Bill Miller (p), Alan Hanlon (g), Pete Peterson (b), George Wettling (dm), Red Norvo (xyl, ldr), Mildred Bailey (vcl) – Brunswick 8171, New-York, April 21, 1938. 
After Dinner Speech (Adams, Levant) 2’56
8. Martha Tilton with Benny Goodman & his orchestra : Harry James, Ziggy Elman, Gordon Griffin (tp), Red Ballard, Vernon Brown (tb), Benny Goodman (cl, ldr), Dave Matthews, Noni Bernardi (as), Bud Freeman, Arthur Rollini (ts), Jess Stacy (p), Ben Heller (g), Harry Goodman (b), Dave Tough (dm), Martha Tilton (vcl) – Victor 25840, New-York, April 22, 1938. 
Feeling High & Happy (T. Kochler, R. Bloom) 2’33
09. Billie Holiday with Artie Shaw & his orchestra : Chuck Peterson, John Best, Claude Bowen (tp), George Arus, Ted Vesely, Harry Rogers (tb), Artie Shaw (cl, ldr), Les Robinson, Hank Freeman (as), Tony Pastor, Ronnie Perry (ts), Les Burness (p), Al Avola (g), Sid Weiss (b), Cliff Leeman (dm), Billie Holiday (vcl) – Bluebird B 7759, New-York, July 24, 1938. 
Any Old Time (A. Shaw) 3’14
10. Judy Ellington with Charlie Barnet & his orchestra : Bobby Burnet, John Mendel, John Owens (tp), Ben Hall, Don Ruppersberg, Bob Fishel (tb), Charlie Barnet (as, ts), Kurt Bloom, Gene Kinsey (as), Don McCook, James Lamare (ts), Bill Miller (p), Bus Etri (g), Phil Stevens (b), Wesley Dean (dm), Judy Ellington (vcl) – Bluebird B 10182, New-York, March 17, 1939. 
Some Like It Hot (F. Loesser, G. Krupa, R. Biondi) 2’30
11. Edythe Wright with Tommy Dorsey & his orchestra : Andy Ferretti, Yank Lawson, Jimmy Blake (tp),Tommy Dorsey (tb, ldr), Ward Silloway, Elmer Smithers, Dave Jacobs (tb), Johnny Mince (cl, as), Fred Stulce, Hymie Schertzer (as), Dean Kincaide, Babe Russin (ts), Howard Smith (p), Carmen Mastren (g), Gene Traxler (b), Cliff Leeman (dm), Edythe Wright (vcl) – Victor 26356, New-York, August 24, 1939. 
All In Favor Of Swing Say «Aye» (B. Davis, J. Greer) 3’30
12. Helen Forrest with Artie Shaw & his orchestra : Chuck Peterson, John Best, Bernie Privin (tp), George Arus, Les Jenkins, Harry Rogers (tb), Artie Shaw (cl, ldr), Les Robinson, Hank Freeman (as), Tony Pastor, Georgie Auld (ts), Bob Kitsis (p), Al Avola (g), Sid Weiss (b), George Wettling (dm), Helen Forrest (vcl) – Bluebird B 10178, New-York, March 12, 1939. 
Deep Purple (De Rose) 3’13
13. Pauline Byrne with Artie Shaw & his orchestra : Charlie Margulis, Mannie Klein, George Thow (tp), Randall Miller, Bill Rank, Babe Bowman (tb), Jack Cave (fhr), Artie Shaw (cl, ldr)), Blake Reynolds, Bud Carlton, Jack Stacey (as), Dick Clark (ts), Joe Krechter (bcl), Morton Ruderman (f), Phil Nemoli (oboe), Stan Wrightsman (p), Bobby Sherwood (g), Jud DeNaut (b), Carl Maud (dm), Pauline Byrne (vcl) + 8 violins, 3 violas, 2 cellos – Victor 26614, Hollywood, March 3, 1940. 
My Fantasy (Whiteman, Meskill, Edwards) 3’35
14. Helen O’Connell with Jimmy Dorsey & his orchestra : prob. Personnel Nat Kazebier, Jimmy Campbell, Shorty Solomon (tp), Nat Lobovsky, Don Matteson, Sonny Lee (tb), Jimmy Dorsey (cl, as, ldr), Milt Yaner, Sam Rubinowich (as), Charles Frazier, Herbie Haymer (ts), Joe Lipman (p), Guy Smith (g), Jack Ryan (b), Buddy Schulz (dm), Helen O’Connell (vcl) – World Transcription 3784, Los Angeles, 1940. 
Six Lessons From Madame La Zonga (C. Newman, J.V. Monaco) 3’11
15. Marion Hutton with Glenn Miller & his orchestra : Charles Frankhauser, Dale McMickle, Zeke Zarchy, John Best (tp), Glenn Miller (tb, ldr), Paul tanner, Frank D’Annolfo, James Priddy (tb), Hal McIntyre, Wilbur Swartz (cl, as), Ernie Caceres (as, bs, cl), Tex Beneke (ts, vcl), Al Klink (ts, bcl), Chummy McGregor (p), Jack Lathrop (g), Trigger Alpert (b), Maurice Purtill (dm), Marion Hutton (vcl), Jerry Gray (arr) –NBC-Blue WJZ broadcast, Café Rouge, Hotel Pennsylvania, New-York, October 7, 1940. 
The Gentleman Needs A Shave (G.Wood, K.Gannon) (with Tex Beneke as male vocalist) 3’07
16. Anita Boyer with Artie Shaw & his orchestra : George Wendt, J.Cathcart, Billy Butterfield (tp), Jack Jenney, Vernon Brown (tb), Artie Shaw (cl, ldr), Bus Bassey, Neely Plumb (as), Les Robinson, Jerry Jerome (ts), Johnny Guarnieri (p), Al Hendrickson (el-g), Jud DeNaut (b), Nick Fatool (dm), Anita Boyer (vcl) + 6 violins, 2 violas, 1 cello – Victor 26790, Hollywood, October 7, 1940. 
Love Of My Life (J. Mercer, A. Shaw) 3’21
17. Yvonne King with Alvino Rey & his orchestra : Danny Vanelli, Frank Strasek, Paul Fredericks (tp), Jerry Rosa, Wally Barron (tb), Charles Brosen, Jerry Sanfino, Skeets Herfurt, Kermit Levinski (s), Buddy Cole (p), Dick Morgan (g), Sandy Block (b), Bunny Shawker (dm), Alvino Rey (ldr), Yvonne King (vcl) – Transcription, New-York, 1940-41. 
So, You’re The One (?) 2’51
18. Lena Horne with Charlie Barnet & his orchestra : Bob Burnet, Bernie Privin, George Esposito, Lyman Vunk (tp), Spud Murphy, Don ruppersberg, Bill Robertson, Ford Leary (tb), Charlie Barnet (ss, as, ts, ldr), Conn Humphreys(cl,as), James Lamare, Leo White (as), Kurt Bloom (ts), Bill Miller (p), Bus Etri (g), Phil Stevens (b), Cliff Leeman (dm), Lena Horne (vcl) – Langworth Transcription, Liederkrantz Hall, New-York, January 27, 1941. 
All I Desire (D. Lieberman) 3’19
19. Anita O’Day with Gene Krupa & his orchestra : Roy Eldridge, Mickey Mangano, Norman Murphy, Al Beck (tp), Greg Phillips, Babe Wagner, Tommy Pederson (tb), Benny Feeman (as), Sam Musiker (as, cl), Jimmy Milione, Don Brassfield (ts), Rex Sittig (bs), Joe Springer (p), Teddy Walters (g), Eddie Mihelich (b), Gene Krupa (dm, ldr), Anita O’Day (vcl), Elton Hill (arr) – Okeh 6695, New-York, July 13, 1942. 
Murder, He Says ! (J. McHugh, F. Loesser) 3’19
20. Peggy Lee with Benny Goodman & his orchestra : Jimmy Maxwell, Lawrence Stearns, Tony Faso (tp), Lou McGarity, Charlie Castaldo (tb), Benny Goodman (cl, ldr), Hymie Schertzer, Clint Neagley (as), John Walton, Leonard Sims (ts), Bob Poland (bs), Mel Powell (p, arr), Dave Barbour (g), Cliff Hill (b), Howard Davies (dm) - Columbia 36652, New-York, July 27, 1942. 
Why Don’t You Do Right ? (J. McCoy) 3’18
DISC 2
1. Jo Stafford with Tommy Dorsey & his orchestra : Ziggy Elman, Chuck Peterson, Jimmy Blake, Jimmy Zito (tp), Tommy Dorsey (tb, ldr), Dave Jacobs, George Arus, Jimmy Skiles (tb), Fred Stulce, Harry Schuchman (cl, as), Heinie Beau (cl, ts), Bruce Snyder, Don Lodice (ts), Danny Vanelli (s), Milt Raskin (p), Clark Yokum (g), Phil stevens (b), Buddy Rich (dm) + 5 violins, 2 violas, 1 cello, Ruth Hill (hp), Jo Stafford & the Pied Pipers, Frank Sinatra (vcl), Sy Oliver (arr) – Radio broadcast, Washington D.C., August 18, 1942. 
Snootie Little Cutie (B. Troup) (with Frank Sinatra as male vocalist) 3’21
2. Irene Daye with Charlie Spivak & his orchestra : prob. Personnel Charlie Spivak (tp, ldr), Russ Montcalm, Danny Vanelli, Ignatius Greco, Phil Belzer (tp), Rusty Nichols, Vernon Whitney, Herbie Harper, Francis Forman (tb), Charlie Russo, Sal Pace (as), Fran Ludwig, Michael Sabol, Francis Reudelheuber (ts), Henry Haupt (bs), Alfred Nicolace or Abe Login (p), Len Mirabella (g), Jack Jacobson (b), Alvin Stoller (dm), Irene Daye (vcl), Sonny Burke (arr) – prob. Transcription, New-York, between 1943 and 1946. 
Accentuate The Positive (H. Arlen, J. Mercer) 3’21
3. Helen Forrest with Harry James & his orchestra : Harry James (tp,ldr), Nick Buono, Vince Badale, Jimmy Campbell, Al Cuozzo (tp), Don Boyd, Murray McEachern, Harry Rogers (tb), Phil Palmer (fhr), Claude Lakey (as, tp), Sam Marowitz (as, bs), Johnny McAfee (as), Corky Corcoran (ts), Hugo Lowenstern (ts, bs), Al Lerner (p), Ben Heller (g), Thurman Teague (b), Mickey Scrima (dm), Helen Forrest (vcl), jack Mathias (arr) + 9 strings – Soundtrack from «Bathing Beauty», Hollywood, July 14, 1943. 
I Cried For You (A. Freed, G. Arnheim, A. Lyman) 3’11
4. Pat Cameron with Sonny Dunham & his orchestra : prob. Personnel Sonny Dunham (tp, tb, ldr), Sonny Berman, Wilton Hutton, Marky Markowitz (tp), George Cane, Bob Swift, Earl Swope (tb), Johnny Bothwell, Howard Walters (as), Emmett Carls, Bill McDonald (ts), Stuart Olsen (bs), Fred Otis (p), Milt Norman (g), Mert Oliver (b), Don Lamond (dm), Pat Cameron (vcl) – Lang-Worth Transcription, New-York, March 7 1944. 
G.I. Jive (J. Mercer) 2’58
5. Kay Starr with Charlie Barnet & his orchestra : Peanuts Holland, Johnny Martel, Jack Mootz, Lyman Vunk (tp), Charles Coolidge, Gerald Foster, Dave Hallet, Burt Johnson (tb), Charlie Barnet (ss, as, ts, ldr), Harold Herzone, Joe Meisner (as), Kurt Bloom, Ed Pripps (ts), Bob Poland (bs), Dodo Marmarosa (p), Barney Kessel (g), Howard Rumsey (b), Harold Hahn (dm), Kay Starr (vcl) – Decca 24264, Los Angeles, August 3, 1944. 
Share Croppin’ Blues (Robinson, Mayer) 3’04
6. Doris Day with Les Brown & his orchestra : Randy Brooks, Carl Berg, Vern Rowe, Bob Higgins (tp), Kenny Miesel, Dick Noel, Dick Gould (tb), Stumpy Brown (btb), Les Brown (cl, ldr), George Weidler, Mark Douglas (as), Ted Nash (ts), Nick Rivello (ts, bs), Butch Stone (cl, as, bs), Jeff Clarkson (p), Hy White (g), Bob Leininger (b), Dick Shanahan (dm), Doris Day (vcl) – Columbia 36769, New-York, November 20/21, 1944. 
Sentimental Journey (B. Green, L. Brown, B. Homer) 3’50
7. Anita O’Day with Stan Kenton & his orchestra : Buddy Childers, John Carroll, Karl George, Gene Roland, Mel Green (tp), Harry Forbes, Fred Zito, Milt Kabak (tb), Bart Varsalona (btb), Bob Lively, Boots Mussulli (as), Emmett Carls, Stan Getz (ts), Bob Gioga (bs), Stan Kenton (p, ldr), Bob Ahern (g), Bob Kesterson (b), Jim Falzone (dm), Anita O’Day (vcl), Dave Mathews (arr) – CP MacGregor Transcription, Hollywood, December 1944. 
(Singing The) Blues (S. Kenton) 3’26
8. Frances Wayne with Woody Herman & his orchestra : Sonny Berman, Ray Wetzel, Pete Candoli, Chuck Frankhouser, Carl Warwick (tp), Ralph Pfeffner, Ed Keifer, Bill Harris (tb), Woody Herman (cl, as), Sam Marowitz, John La Porta (as), Flip Phillips, Pete Mondello (ts), Skippy DeSair (bs), Ralph Burns (p), Billy Bauer (g), Chubby Jackson (b), Dave Tough (dm), Frances Wayne (vcl), Ralph Burns (arr) – Radio Broadcast, Café Rouge, Hotel Pennsylvania, New-York, July 28, 1945. 
There’s No You (T. Adair, H. Hopper) 3’35
9. Ella Fitzgerald with Randy Brooks & his orchestra : Randy Brooks (tp, ldr), Ernie Englund, Williams Mullins, Bill Scaffe, Bernie Valentine (tp), Jerry Barnes, Fred Mann, J.C.Miller (tb), Eddie Caine, Drew Walker (as), Willie Baker, Bob Cheeny (ts), Sam De Martino (bs), Shorty Allen (p), unknown (g), John Crescensi (b), Sonny Mann (dm), Ella Fitzgerald (vcl), prob. John Benson Brooks (arr) – Decca 18713, New-York, August 29, 1945. 
A Kiss Goodnight (Slack, Victor, Herman) 3’06
10. Kitty Kallen with Harry James & his Music Makers: Harry James (tp, ldr), James Troutman, Red Berkin, Jimmy Campbell, Al Ramsey (tp), Juan Tizol (vtb), Jesse Ray Heath, Vic Hamann, Chuck Preble (tb), Willie Smith, Eddie Rosa (cl, as), Corky Corcoran, Stuart Bruner (ts, bs), George Davis (bs), Arnold Ross (p), Hayden Causey (g), Ed Mihelich (b), Ray Toland (dm), Kitty Kallen (vcl), Jack Mathias (arr) + 10 violins, 4 violas, 2 cellos – Radio broadcast, «Pabst Blue Ribbon Show», New-York, August 24 1945. 
I’m Beginning To See The Light (H. James, D. Ellington, J. Hodges, D. George) 3’19
11. Carolyn Grey with Gene Krupa & his orchestra : Joe Triscari, Red Rodney, Vince Hughes, Jimmy Millazo (tp), Dick Taylor, Bob Asher, Nick Gaglio, Tasso Harris (tb), Harry Terrill, Charlie Kennedy (as), Charlie Ventura, Buddy Wise (ts), Joe Koch (bs), Teddy Napoleon (p), Mike Triscari (g), Irv Lang (b), Gene Krupa (dm), Carolyn Grey (vcl), George Williams (arr) – Capitol Transcription, Hollywood, January / February, 1946. 
Tea For Two (V. Youmans, I. Caesar) 2’16
12. June Christy with Stan Kenton & his orchestra : Buddy Childers, Ray Wetzel, Chico Alvarez, John Anderson, Ken Hanna (tp), Kai Winding, Harry Forbes, Miff Sines (tb), Bart Varsalona (btb), Al Anthony, Boots Mussulli (as), Vido Musso, Bob Cooper (ts), Bob Gioga (bs), Stan Kenton (p, ldr), Bob Ahern (g), Eddie Safranski (b), Shelly Manne (dm), June Christy (vcl) – Capitol 20087, Hollywood, 25 Juillet 1946. 
Willow Weep For Me (Ann Ronnell) 3’16
13. Rosemary Clooney with Tony Pastor & his orchestra : prob. Personnel Bob Bayliss, Nick Geraci, Stubby Pastor (tp), Bob Pring, Ray Wright, Dave Maser (tb), Johnny White, Chuck DiMaggio (as), Tony Pastor (ts, ldr), Bob Anderson, Ben Lary (ts), Jack Agee (bs), Les Burness (p), Milt Norman (g), Eddie Garson (b), Henry Riggs (dm), Rosemary Clooney (vcl) – Radio broadcast, New-York, Summer 1946. 
That’s Good Enough For Me (?) 2’30
14. Rosalind Patton with Elliot Lawrence & his orchestra : poss. personnel Alec Fila, Johnny Dee, Joe Veccio (tp), Joe Verecchio, Herb Collins, Tony Lala (tb), Ernie Angelucci (fhr), Mike Giamo, Mike Donio, Eddie Catonacci, Andy Pino, Frank Lewis (s), 1 oboe, Mike D’Aquilla (p), Andy Ricardo (b), Max Spector (dm), Elliot Lawrence (p, ldr), Rosalind Patton (vcl), Gerry Mulligan (arr) – Transcription, New-York, 1946. 
You’re Right I’m Wrong (B. Goodman, E. Sampson, J. Palmer) 2’50
15. Ginnie Powell with Boyd Raeburn & his orchestra : Wes Hensel, Gordon Bothwell, Conrad Gozzo, Pete Candoli (tp), Dick Noel, Hal Smith, Randy Bellerjean (tb), Lloyd Otto, Vince Dimino (fhr), Buddy DeFranco (cl), Abe Markowitz, Sam Spumberg (as), Frank Socolow, Shirley Thompson (ts), Hy Mandel (bs), Boyd Raeburn (bbs, ldr), Hal Schaffer (p), Sam Herman (g), Clyde Lombardi (b), Irv Kugler (dm), Ginnie Powell (vcl), Johnny Richards (arr) – Radio broadcast, «Vanity Fair», New-York, January 1947. 
So Would I (Johnston, Burke) 3’40
16. Dee Parker with Jimmy Dorsey & his orchestra : prob.personnel Irv Goodman, Bob Alexey, Red Solomon, Cy Baker (tp), Don Matteson, Sonny Lee, Bob Alexander, Frank mancusi (tb), Jimmy Dorsey (cl, as, ldr), Bill Covey, Kenny Dehlin(as), Chuck Travis, Jimmy Giuffre (ts), Sol Schlinger (bs, bcl), Al Haig (p), Steve Jordan (g), Barney Spieler (b), Karl Kiffe (dm), Dee Parker (vcl) – Radio broadcast, «Steel Pier», Atlantic city, Summer 1947. 
At Sundown (W. Donaldson) 2’38
17. Mary Ann McCall with Woody Herman & his Second Herd : Stan Fishelson, Bernie Glow, Red Rodney, Ernie Royal, Shorty Rogers (tp), Bill Harris, Earl Swope, Ollie Wilson(tb), Bob Swift (btb), Woody Herman (cl, as), Sam Marowitz (as), Al Cohn, Zoot Sims, Stan Getz (ts), Serge Chaloff (bs), Terry Gibbs (vb), Lou Levy (p), Chubby Jackson (b), Don Lamond (dm), Mary Ann McCall (vcl), Ralph Burns (arr) – Capitol unissued on 78rpm, , Hollywood, December 30, 1948. 
More Than You Know (Youmans, Rose, Eliscu) 3’04
18. Jo Ann Greer with Sonny Burke & his orchestra : Pete Candoli, Conrad Gozzo, Mickey Mangano, Ollie Mitchell (tp), John Halliburton, Ray Heath, Jimmy Priddy, Paul tanner (tb), Hugo Lowenstern, Clint Neagley, Don Raffel, Ham Russum, Bob Lawson (reeds), Paul Smith (p), Al Hendrickson (g), Joe Mondragon (b), Tom Romersa (dm), Jo Ann Greer (vcl) – Transcription, 1951. 
I Want To Be Happy (V. Youmans, I. Caesar) 2’25
19. Jerri Winter with Stan Kenton & his orchestra : Buddy Childers, Clyde Reasinger, Conte Candoli, Ruben McFall, Don Dennis (tp), Bob Fitzpatrick, Harold Branch, Gerald Finch, Bill Russo (tb), George Roberts (btb), Dick Meldonian, Lennie Niehaus (as), Bill Holman, Lee Elliot (ts), Bob Gioga (bs), Stan Kenton (p, ldr), Laurindo Almeida, Ralph Blaze (g), Don Bagley (b), Frank Capp (dm), Jerri Winters (vcl), Bill Russo (arr) – Capitol T-20244, Los Angeles, March 12, 1952. 
Adios (Madriguera, Woods) 2’42
20. Lucy Ann Polk with Les Brown & his orchestra : Wes Hensel, Don Paladino, Bob Fowler, Don Fagerquist (tp), Ray Sims, Dick Noel, Bob Pring (tb), Stumpy Brown (btb), Les Brown (cl, as, ldr), Sol Libero, Abe Aaron (cl, as), Dave Pell (ts), Marty Berman (ts, bs), Butch Stone (bs), Jeff Clarkson (p), Tony Rizzi (g), Rollie Bundock (b), Jack Sperling (dm), Lucy Ann Polk (vcl) – Coral 60946, Hollywood, November 5/6, 1952. 
Back In Your Own Backyard (A. Jolson, B. Rose, D. Dreyer) 2’58

Note : Le morceau n° 16 du deuxième CD, At Sundown, souffre à son début d’un léger pleurage qui est dans l’original. On a malgré tout pensé que cela ne justifiait pas d’éliminer cette interprétation de la présente anthologie.


Les chanteuses des grands orchestres swing furent, dans les années 30 et surtout 40, à l’origine de la vague déferlante d’un music-hall triomphant qui envahit toute la planète.

During the thirties and forties, the ladies singing in the big swing bands sparked the triumph of the music hall which swept the entire planet.

DISC 1
01. Helen Ward with Benny Goodman & his orchestra :  
Goody Goody  2’34
02. Georgia Gibbs with the Hudson-De Lange orchestra :  
I’ll Never Tell You I Love You  3’03
03. Maxine Sullivan with Claude Thornhill & his orchestra :  
Gone With The Wind  2’46
04. Kay Weber with Bob Crosby & his orchestra : Please Be Kind  2’53
05. Bea Wain with Larry Clinton & his orchestra :  
I Dreamt I Dwelt In Marble Halls  3’06
06. Gail Reese with Bunny Berigan & his orchestra : I Dance Alone  2’49
07. Mildred Bailey with Red Norvo & his orchestra : After Dinner Speech  2’56
08. Martha Tilton with Benny Goodman & his orchestra :  
Feeling High & Happy  2’33
09. Billie Holiday with Artie Shaw & his orchestra : Any Old Time  3’14
10. Judy Ellington with Charlie Barnet & his orchestra :  
Some Like It Hot  2’30
11. Edythe Wright with Tommy Dorsey & his orchestra :  
All In Favor Of Swing Say «Aye»  3’30
12. Helen Forrest with Artie Shaw & his orchestra : Deep Purple  3’13
13. Pauline Byrne with Artie Shaw & his orchestra :  
My Fantasy  3’35
14. Helen O’Connell with Jimmy Dorsey & his orchestra :  
Six Lessons From Madame La Zonga  3’11
15. Marion Hutton with Glenn Miller & his orchestra :  
The Gentleman Needs A Shave (with Tex Beneke as male vocalist) 3’07
16. Anita Boyer with Artie Shaw & his orchestra : Love Of My Life  3’21
17. Yvonne King with Alvino Rey & his orchestra : So, You’re The One  2’51
18. Lena Horne with Charlie Barnet & his orchestra : All I Desire  3’19
19. Anita O’Day with Gene Krupa & his orchestra :  
Murder, He Says !  3’19
20. Peggy Lee with Benny Goodman & his orchestra :  
Why Don’t You Do Right ?  3’18
DISC 2
01. Jo Stafford with Tommy Dorsey & his orchestra :  
Snootie Little Cutie (with Frank Sinatra as male vocalist) 3’21
02. Irene Daye with Charlie Spivak & his orchestra :  
Accentuate The Positive  3’21
03. Helen Forrest with Harry James & his orchestra :  
I Cried For You  3’11
04. Pat Cameron with Sonny Dunham & his orchestra : G.I. Jive  2’58
05. Kay Starr with Charlie Barnet & his orchestra :  
Share Croppin’ Blues  3’04
06. Doris Day with Les Brown & his orchestra :  
Sentimental Journey  3’50
07. Anita O’Day with Stan Kenton & his orchestra : (Singing The) Blues  3’26
08. Frances Wayne with Woody Herman & his orchestra :  
There’s No You  3’35
09. Ella Fitzgerald with Randy Brooks & his orchestra :  
A Kiss Goodnight  3’06
10. Kitty Kallen with Harry James & his Music Makers: :  
I’m Beginning To See The Light  3’19
11. Carolyn Grey with Gene Krupa & his orchestra : Tea For Two 2’16
12. June Christy with Stan Kenton & his orchestra : Willow Weep For Me 3’16
13. Rosemary Clooney with Tony Pastor & his orchestra :  
That’s Good Enough For Me  2’30
14. Rosalind Patton with Elliot Lawrence & his orchestra :  
You’re Right I’m Wrong 2’50
15. Ginnie Powell with Boyd Raeburn & his orchestra : So Would I  3’40
16. Dee Parker with Jimmy Dorsey & his orchestra : At Sundown  2’38
17. Mary Ann McCall with Woody Herman & his Second Herd :  
More Than You Know  3’04
18. Jo Ann Greer with Sonny Burke & his orchestra :  
I Want To Be Happy  2’25
19. Jerri Winter with Stan Kenton & his orchestra : Adios  2’42
20. Lucy Ann Polk with Les Brown & his orchestra :  
Back In Your Own Backyard  2’58





Les chanteuses des grands orchestres swing FA5070

LES CHANTEUSES DES GRANDS ORCHESTRES SWING
GIRLS SINGERS OF THE BIG SWING BANDS
1936-1952








L’ère du Swing
Nous sommes dans la deuxième partie des années 30 aux Etats-Unis d’Amérique, et allons traverser toutes les années 40. C’est l’âge d’or des grands orchestres swing, ces formations destinées essentiellement à faire danser les blancs dans les hôtels de luxe et les casinos, et qui ont em­prunté l’idiome du jazz, à l’image des grands orchestres noirs des dancings de Harlem. Dans un coffret antérieur («Swing Era Big Bands» FA 078), on avait passé en revue quelques-uns de ces orchestres parmi les plus en vue et les plus originaux. Cette précédente anthologie s’était concentrée sur des interprétations instrumentales et il était tentant de compléter ce panorama par un survol des chanteuses qui ont apporté leur voix  aux orchestres les plus célèbres. Survol car le nombre de ces demoiselles est quasiment incommensurable, tant les chanteuses étaient prisées dans ces formations, et il n’était pas rare que certains orchestres aient vu passer dans leur rangs une dizaine d’entre elles, des plus connues aux plus obscures. L’anthologie proposée dans le présent coffret ne suppose bien entendu pas que l’on connaisse déjà les grands orchestres swing, bien que cela puisse quand même aider à son appréciation.

L’importance des chanteuses dans le grand orchestre swing
Les grands orchestres swing étaient composés essentiellement de musiciens blancs, instrumentistes ou chanteurs. Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’orchestres de jazz, n’ayant peut-être pas, sauf exception, le drive et l’élan des grandes formations noires de l’époque (les Chick Webb, Count Basie ou Jimmie Lunceford par exemple), ils étaient capables d’interpréter des morceaux vifs et swingants sans refrain vocal. Mais au casino, il faut aussi, et surtout, être capable de jouer de façon plus moëlleuse, plus straight comme on disait, et c’est là que les vocalistes intervenaient. Il pouvait y avoir des chanteurs, et il y en avait en effet beaucoup. On en connaît quelques-uns qui ont bien réussi après coup, Frank Sinatra principalement, mais il y avait surtout les chanteuses, les «canaris» comme on les appelait à l’époque ! Au casino, il n’est pas question de brailler, il n’y a pas de place pour les «shouters» ou les hurleurs. Les tempos sont plutôt lents, pour permettre aux couples de filer la romance, soit en dansant, soit en se regardant dans les yeux. Entre Hollywood et les grands orchestres swing, il y avait un mariage de raison, et la musique était faite aussi pour rêver. Les chanteuses, en particulier, devaient en principe, être sentimentales, et même «glamorous», c’était leur raison d’être, bien que, comme on le verra, les meilleures d’entre elles surent se libérer de cette étiquette un peu dévalorisante, et se hisser au niveau des meilleures chanteuses de jazz ou de music-hall.
L’amateur de jazz, surtout le pur et dur, a toujours eu tendance – non sans quelque raison parfois – à ignorer superbement les morceaux chantés des grands orchestres swing, surtout sur tempo lent, préférant toujours la face A des 78 tours, dédiée en général à une interprétation proprement swing, à la face B, contenant le plus souvent un slow sentimental chanté par une voix féminine ou masculine. N’oublions pas qu’il s’agissait de disques de danse !

Les chanteuses avaient évidemment un atout certain pour ceux qui voyaient l’orchestre. Leur look allait avec ce qu’elles chantaient : elles étaient le plus souvent jolies, quelquefois même sexy, gentiment habillées de frous-frous, ce que certaines d’entre-elles refuseront, mais il fallait du tempérament, car les chefs d’orchestres n’étaient pas forcément d’accord ! Elles attendaient en général leur tour assises aux côtés de l’orchestre, avec quelquefois un chanteur en supplément pour jouer les couples amoureux (sur scène !). Une telle description des chanteuses de grands orchestres swing ne suffirait certes pas à leur consacrer une anthologie digne de ce nom, mais en fait un certain nombre de facteurs viennent ajouter considérablement au simple plaisir d’écouter une musique plutôt douce, apte à faire danser les plus récalcitrants parmi les danseurs amateurs.

D’abord, beaucoup de morceaux lents ont de magnifiques mélodies. Il faut se souvenir que les orchestres swing utilisaient abondamment les airs des grands compositeurs américains, qu’ils créaient même parfois, par exemple à l’occasion d’un film, comme on aura l’occasion de le voir. Avec Jerôme Kern, Vincent Youmans, Irving Berlin ou Georges Gershwin, pour ne citer que quelques-uns, il n’y avait pas de bile à se faire. Evidemment, il y avait aussi les «nanars» ou saucissons, mais ils ont été écartés de la présente édition !

Ensuite, il se trouve que nombre de chanteuses, parmi les plus éclectiques évidemment, ne se sont pas contentées de chanter des mièvreries, et ont même interprété des morceaux très swing, dignes des faces A des 78 tours, et quelquefois même occupant la fameuse face A ! Inutile de dire que l’on a abondamment plongé dans cette partie du répertoire. Il est d’ailleurs à noter que plusieurs orchestres, et non des moindres, comme Glenn Miller ou Jimmy Dorsey par exemple, ont utilisé leurs chanteuses pour interpréter les morceaux «hep», c’est-à-dire enlevés, laissant au chanteur homme le soin d’assurer les airs sentimentaux. Y aurait-il eu déjà à cette époque un problème de parité ?

Enfin et surtout, il y a la personnalité des interprètes, à commencer par leur voix, d’une extraordinaire diversité, tant par le timbre que par la tessiture. Et pour finir, le tempérament de ces demoiselles constitue également un élément déterminant dans la qualité des interprétations, et la diversité dans ce domaine est plus grande que jamais. C’est bien sûr celles qui ont le plus de tempérament dont on se souvient le mieux, l’exemple extrême étant la chanteuse Anita O’Day, qui d’ailleurs refusait d’être considérée comme un «canari», et revendiquait le titre de «styliste du chant».

Comme on vient de s’en rendre compte, la présente anthologie ne fera pas entendre de grandes chanteuses noires accompagnées par leurs orchestres habituels eux-même noirs, car cela ferait par trop sortir du cadre choisi. Qui dit chanteuse de grand orchestre swing dit chanteuse «lisse», ce qui ne signifie pas pour autant que certaines d’entre elles ne sont pas des chanteuses de couleur habituées par ailleurs à chanter aussi dans les grands orchestres noirs de jazz, ainsi qu’on le verra.

Le grand orchestre swing et ses chanteuses

Comme on peut s’en douter, ce sont les orchestres les plus célèbres qui ont monopolisé le plus de grandes chanteuses. Certains n’ont connu qu’une ou deux artistes, d’autres en ont employé des dizaines lorsque leur carrière se déroulait sur plusieurs décades. Certains chefs d’orchestre avaient le nez suffisamment creux – ou plutôt l’oreille suffisamment fine – pour choisir remarquablement leurs chanteuses, d’autres se sont contentés d’éléments plus quelconques. L’ère du swing regorge d’histoires sur les rapports des chefs d’orchestres avec leurs vocalistes, histoires n’ayant en général aucun rapport avec la musique ! Mais la présente anthologie ne s’intéresse qu’à la musique, et l’on retiendra que les meilleurs chefs d’orchestres savaient trouver les chanteuses les plus compatibles avec le style de leur formation, même si, pour des raisons de gros sous, ils aimaient bien se voler les meilleures d’entre elles !

Benny Goodman, trop connu pour qu’on le présente, aura employé plus d’une vingtaine de chanteuses entre 1934 et 1959, date à partir de laquelle ses orchestres n’étaient plus réguliers. On retiendra parmi les plus importantes Helen Ward (1934 à 1937, plus un come-back dans les années 50 pour le film «The Benny Goodman Story»), Martha Tilton (1937 à 1939, plus aussi un petit retour dans les années 50 pour la même raison), Helen Forrest (1939-1941), Peggy Lee (1941-42, et retour en 1947), Jane Harvey (1944-45), Liza Morrow (1945-46). Et ceci sans compter les chanteuses qui l’accompagnèrent en petite formation, telle Patti Page en 1948 et Anita O’Day en 1959 ! Ceci montre son talent de découvreur ou d’utilisateur de talent. En particulier, Peggy Lee deviendra une des plus grandes chanteuses de musique populaire américaine après son départ de chez Goodman.

Artie Shaw, clarinettiste comme Goodman, était lui aussi un perfectionniste, et son exigence, tant pour les interprétations orchestrales que pour les refrains chantés, était très grande. Il aimait beaucoup les femmes, ce qui explique peut-être le grand nombre de chanteuses qui sont passées dans son orchestre, une bonne quinzaine jusqu’à la dissolution de sa dernière grande formation en 1951. A ses tout débuts, il n’avait pas encore trouvé une vocaliste réellement à la mesure de son orchestre, Peg La Centra n’ayant laissé aucune trace notable dans l’histoire de la chanson américaine. Mais en 1938, lorsque sa carrière a fait un bond avec son enregistrement de Begin The Beguine, il sut s’assurer les services de celle que l’on peut considérer comme un parangon de la chanteuse d’orchestre swing, Helen Forrest, qui ne restera jamais très longtemps dans le même orchestre car elle connaissait son talent. Auparavant, la grande Billie Holiday avait fait partie de sa formation de façon éphémère comme on le verra. Après avoir dissout puis reformé son orchestre en 1940, Artie Shaw continua sa bonne habitude de dénicher des voix de première qualité, comme Pauline Byrne et Anita Boyer en 1940, ou encore Lena Horne et Paula Kelly en 1941 et Imogene Lynn en 1944. Il s’arrêta d’avoir un orchestre régulier en 1945, mais employa encore de bonnes chanteuses, parmi lesquelles Mary Ann McCall en 1950 et June Hutton en 1951.

Tommy Dorsey, qui avait repris en 1935 l’orchestre de Joe Haymes après avoir quitté son frère à la suite de dissensions, trouva rapidement une chanteuse de tempérament, à la voix prenante, qui sera associée à presque toute la période d’avant-guerre, c’est-à-dire de 1935 à 1939, Edythe Wright, mais çà continuera très fort avec Jo Stafford, qui n’est malheureusement pas restée assez longtemps (1941-42). Elle s’est malgré tout trouvée dans l’orchestre avec Frank Sinatra. L’orchestre de Tommy Dorsey sut se maintenir comme orchestre swing bien après la guerre, et il employera diverses autres chanteuses, quelquefois «piquées» à ses collègues chefs d’orchestres, une façon d’opérer courante à cette époque. On citera en particulier Anita Boyer (1939), Connie Haynes (1940-41), Lucy Ann Polk (1947-48) et Frances Irvin (1950-52).

Jimmy Dorsey, le frère ainé, était probablement moins ambitieux, bien que son orchestre était de toute première classe.On retiendra surtout Helen O’Connell (1939 à 1942), qui était parfois partenaire avec le chanteur Bob Eberly. Mais il y en eut d’autres telles Kay Weber et Frances Langford (entre 1935 et 1937), June Richmond (1938), Dee Parker (1945 à 1947) et Claire Hogan (1949-50).

Gene Krupa, le batteur vedette de l’orchestre Goodman dans la deuxième partie des années 30, fonda son orchestre en 1938. Il employa une dizaine de chanteuses, certaines peu de temps, comme Helen Ward et Jerry Kruger en 1938, Ginnie Powell en 1944, mais trois chanteuses laisseront leur empreinte, à commencer par Irène Daye de 1938 à 1941. On est tenté de retenir surtout la deuxième, il ne s’agit pas moins que d’Anita O’Day (1941-42, puis 1945-46), devenue par la suite une des plus grandes chanteuses de jazz blanches, peut-être la plus grande. Le chef d’orchestre ne retrouva jamais un tel oiseau rare, même si celle qui prit la suite après le départ d’Anita, Carolyn Grey, était bonne, mais elle arrivait après !

Harry James, comme Gene Krupa, fut pris par le démon du grand orchestre alors qu’il était trompettiste chez Goodman, et quel trompettiste ! Il commença avec une chanteuse noire, Helen Humes, mais ce n’était pas encore le vrai orchestre. Après le départ de Frank Sinatra, qui faisait alors ses débuts, Connie Haynes et Helen Ward furent employées par le chef d’orchestre, qui sut s’attirer alors, de 1941 à 1943, la chanteuse Helen Forrest, qui était auparavant chez Artie Shaw puis Benny Goodman, et c’est avec elle qu’il tournera dans le film Bathing Beauty («Le bal des sirènes»), aux côtés de Red Skelton et d’Esther Williams. Mais c’est avec Kitty Kallen qu’Harry James trouvera la chanteuse attachée au nom de son orchestre. Il aurait pu aussi avoir Betty Grable, qui fut sa femme, mais savait-elle chanter suffisamment bien ?

Glenn Miller, le légendaire chef d’orchestre, fut très attaché à Marion Hutton (sœur de Betty Hutton) pendant presque toute la durée de son orchestre civil (entre 1939 et 1942), soit pour chanter seule, soit pour faire équipe avec le saxophoniste-chanteur Tex Beneke, personnage très sympathique et sans prétention vocale. Leurs duos sont pleins de bonne humeur, et tout se passe sur un rythme soutenu très “swing“. On notera aussi le passage dans l’orchestre en 1941 de Paula Kelly, qui chantait le plus souvent avec le groupe vocal des Modernaires, qui ne contribuait pas peu au fameux «son Glenn Miller».

Charlie Barnet avait un orchestre qui sonnait quelquefois presque noir, ce qui n’est pas étonnant quand on sait qu’il était fou de Duke Ellington et qu’il aimait employer des musiciens de couleur, comme les trompettiste Peanuts Holland et Clark Terry. Il faisait très attention à la qualité de ses chanteuses et en vit défiler chez lui plus d’une douzaine. On citera surtout Judy Ellington en 1938, Mary Ann McCall en 1939, Lena Horne en 1941, Frances Wayne en 1942, Kay Starr en 1944, Fran Warren en 1945 et Martha Raye en 1946.
Larry Clinton, qui dirigeait un excellent orchestre qui ne fit pas beaucoup de vagues au sein de l’époque swing, employa une des meilleures et des plus typiques chanteuses d’orchestres swing, Bea Wain. Elle ne laissa malheureusement que peu de traces dans l’histoire de la musique populaire américaine, et c’est dommage.

Red Norvo jouait du xylophone, ce qui n’était pas banal, mais c’était un vrai musicien de jazz et un excellent chef d’orchestre (ce qui ne va pas toujours ensemble). Il se maria avec une grande chanteuse des années 30, Mildred Bailey. «Mr & Mme Swing», ainsi qu’on les appelait, firent ensemble de très bonnes interprétations, qui étaient de belles réussites de jazz. Le grand orchestre de Red Norvo n’employa pas d’autres chanteuses.

Les Brown restera connu pour avoir permis à Doris Day de faire ses débuts. Mais il continuera, après que la swing era aura vécu, à se produire dans de grands casinos. Il aimait préciser que sa formation était essentiellement un orchestre de danse qui jouait de temps en temps du bon jazz. Il continuera à engager des chanteuses de qualité supérieure qui interprèteront non seulement des morceaux pour la danse, mais aussi du jazz, et l’on citera Lucy Ann Polk, Eileen Wilson et Jo Ann Greer, elle-même disciple de Doris Day.

Sonny Burke était un excellent arrangeur qui travaillait pour de multiples orchestres swing. Il était aussi un compositeur notable (on ne citera que Midnight Sun, dont Lionel Hampton avait fait un de ses morceaux favoris, et Black Coffee, interprété par de nombreuses chanteuses, en particulier par Peggy Lee). Son orchestre n’aura qu’une brève existence en 1951, il était trop tard de fonder un orchestre swing à cette période. Lorsque la formation fût dissoute, le chef d’orchestre recommanda sa chanteuse, Jo Ann Greer, à Les Brown, chez qui elle fit une belle carrière.

Les orchestres plus modernes, qui devinrent après la fin de la guerre et en même temps la fin de la période swing, de purs orchestres de jazz, ne furent pas en reste, et sûrent s’entourer de chanteuses capables aussi bien de faire danser que de faire du jazz. Qu’on en juge :
Woody Herman, clarinettiste et saxophoniste, était lui-même un chanteur plus qu’occasionnel. Il ne pouvait cependant pas se passer de l’élément féminin, indispensable pour un orchestre destiné à faire danser dans des endroits chics, ce qui fut le cas entre 1936, quand il reprit l’orchestre d’Isham Jones dont il faisait partie auparavant, et 1943, quand il fonda son fameux «Premier troupeau» (1st Herd). Une bonne demi-douzaine de ces demoiselles ornèrent sa formation pendant cette première période, dont on ne retiendra qu’une première visite de Mary Ann McCall en 1939 et un séjour de Carolyn Grey en 1941-42. En 1943, il s’assura les services d’une chanteuse qui resta trois ans dans l’orchestre, et se trouvera donc fortement associé à lui, Frances Wayne. Le “Deuxième troupeau” (2nd Herd) eut droit à Mary Ann McCall, qui, pendant les deux années qu’elle resta, ne dépara absolument pas à côté des Brothers (c’est-à-dire des quatre saxophonistes lestériens de l’orchestre). Mentionnons aussi Dolly Houston, qui resta de 1951 à 1953, et qui fût une des dernières chanteuses de la formation.


Boyd Raeburn avait épousé sa chanteuse Ginnie Powell, qui ma foi chantait fort bien, dans un contexte pourtant un tantinet hasardeux, car l’orchestre évoluait dans un style très moderne pour l’époque, ce qui n’était commode ni pour les danseurs ni pour les chanteuses ! Il faut dire que les arrangements étaient signés le plus souvent par George Handy, un illuminé qui emmenait l’orchestre assez loin de l’esthétique bien pensante de l’époque. Ginnie Powell restera pendant la meilleure période de l’orchestre, entre 1945 et 1947.

Elliott Lawrence, dont l’orchestre, créé après la guerre, était à la lisière entre la musique swing pour danser et la musique de jazz pour écouter, joua néanmoins dans les hôtels à ses débuts, et employait une excellente chanteuse, Rosalind Patton. Ensuite, étant passé complètement au jazz, il n’eut pratiquement plus de vocalistes, mais l’orchestre était alors devenu un «rehearsal band», qui se contentait de faire des disques ou éventuellement des tournées, et non plus un «road band», c’est-à-dire un orchestre allant de ville en ville pour faire danser les clients des hôtels, comme c’était le lot de tous les orchestres swing à la grande époque.

Stan Kenton n’a pas mal géré le problème du chant dans son orchestre. Le fait qu’il n’ait employé que peu de chanteurs était certainement volon­taire, car le côté quelquefois sombre et même dramatique de sa musique appelait plutôt une voix féminine. Le choix de ses diverses vocalistes est une splendide réussite : Anita O’Day (1944-45), June Christy (1945 à 1950), Jerry Winters (1952), Chris Connor (1953), Ann Richards (1955-57), Jean Turner (1962-63)... n’en jetez plus ! Toutes ces chanteuses, même les dernières, étaient parfaitement capables de faire danser les clients, mais il y avait belle lurette que Stan Kenton, comme la plupart des orchestres dans les années 50 et 60, ne jouait plus pour eux, mais pour les amateurs de jazz, et plus généralement de musique. La présente anthologie permettra entre autres d’écouter June Christy, celle dont le nom reste irrésistiblement attaché à celui de Kenton, et qui reviendra souvent chez son ancien patron pour une tournée, une radio ou une télé.

De nombreux autres chefs d’orchestres ont eu à un moment ou à un autre de bonnes chanteuses dans leur formation. Citons Bob Crosby qui, malgré le fait qu’il était lui-même un excellent chanteur (frère cadet de l’illustre Bing Crosby), a eu à quelques moments Kay Weber (1935 à 1937), Marion Mann (1938-40) et Martha Tilton (1941 et 1945). Citons aussi Will Hudson, qui arrangeait pour Jimmie Lunceford, rien moins que cela, et lança la toute jeune Georgia Gibbs, et Alvino Rey, adepte de la guitare hawaïenne, mais chef d’un magnifique orchestre dans lequel se produisirent les King Sisters. Il y avait aussi les trompettistes Charlie Spivak avec Irène Daye, Sonny Dunham avec Pat Cameron, Randy Brooks avec entre autres Marion Hutton et Ella Fitzgerald et Bunny Berigan avec Gail Reese. L’ancien saxophoniste d’Artie Shaw Tony Pastor lança Rosemarie Clooney et sa sœur Betty, le pianiste Claude Thornhill eut le premier grand orchestre «cool» et accompagna à ses débuts Maxine Sullivan.

On espère que l’essentiel est présenté dans ce coffret, même si les choix sont parfois un peu conventionnels. Les limitations imposées par le présent ouvrage laissent forcément dans l’ombre des orchestres qui ont employé de bonnes chanteuses, ceux du trompettiste Ray Anthony, des saxophonistes Bob Chester et Hal McIntyre, des clarinettistes Jerry Wald et Tommy Reynolds, du pianiste Ike Carpenter, du batteur Buddy Rich et de beaucoup d’autres.

Quelques chanteuses dignes d’intérêt

Trente huit chanteuses sont proposées, choisies parmi des centaines, dont certaines étaient parfaitement valables. Mais il est vrai que le genre ne néces­site pas de trop s’étendre sur des exemples musicaux par trop banalisés. La grande majorité des vocalistes de grands orchestres swing interprétait des airs à la mode, sentimentaux, sur tempo lent, et qui n’ont pas supporté musicalement l’épreuve du temps. Certaines chanteuses de l’époque, qui auraient pu être d’excellentes vocalistes d’orchestre swing, n’ont jamais appartenu, sauf exceptionnellement pour une séance d’enregistrement, à un or­chestre swing, ce qui les éliminent. On pense à Dinah Shore, qui ne fut la chanteuse attitrée que de l’orchestre de Xavier Cugat, que nous avons préféré ne pas proposer, car il est trop éloigné de la musique swing. De même Julie London ne faisait pas parler d’elle pendant l’ère du swing et, à part un séjour éclair chez Les Brown en 1957, restera toujours indépendante. Lee Wiley a eu une carrière entièrement orientée vers le jazz et n’est jamais paru, à notre connaissance, au sein d’un orchestre swing. Pourtant, contemporaine de Mildred Bailey et doyenne d’Anita O’Day, elle partageait avec ces deux chanteuses un feeling et une voix parfaitement adaptés aux qualités exigées par les leaders de la swing era. Commençons par les chanteuses jazz de couleur qui ont su ou pu se pro­duire avec les grands orchestres swing.

Billie Holiday    

La célèbre chanteuse noire, née Eleonora Fagan, peut s’enorgueillir d’un palmarès jazz exceptionnel, qui va des séances en petite formation avec Teddy Wilson et parfois Lester Young aux séances du Jazz At The Philharmonic avec les plus grands musiciens de jazz de l’époque, en passant par des apparitions au cinéma (en particulier le film “New-Orleans”) et à la télévision (“The Sound Of Jazz”). Elle fut bien chanteuse chez Artie Shaw en 1938, malheureusement la couleur de sa peau, pourtant claire, n’a pas permis au clarinettiste de la maintenir dans son orchestre, tant les brimades s’accumulaient au hasard des tournées, surtout dans le sud. C’est doublement dommage, d’abord pour elle qui aurait eu une place stable dont elle avait bien besoin, mais aussi pour Artie Shaw et ses auditeurs, car la voix de Billie, pleine de sensibilité, un peu granuleuse mais exempte des aspérités qui caractérisent souvent les chanteuses de couleur, était parfaitement adaptée à l’orchestre. Billie enregistrera encore avec un orchestre swing, celui de Benny Goodman, mais il s’agissait d’invitations ponctuelles. Elle chantera aussi dans les mêmes conditions avec Count Basie, dont l’orchestre pouvait certainement être considéré comme un super-grand orchestre swing, bien qu’il n’ait qu’occasionnellement tourné dans les hôtels et les casinos.    

L’influence de Billie Holiday dans le monde du swing fut considérable : Judy Garland, Peggy lee, et même la grande chanteuse de jazz Dinah Washington lui doivent beaucoup.

Ella Fitzgerald    

La chanteuse a démarré sa carrière, comme on sait, dans la grande formation noire de Chick Webb, une usine à swing implacable. Elle avait déjà un bon métier de chanteuse de big band lorsqu’elle prit la direction de l’orchestre à la disparition de son chef en 1939. Elle commença ensuite une carrière de soliste qui dura plus de 40 ans et qui eut le succès que l’on sait ! Il faut dire que la «First Lady Of Swing» avait un style pas du tout prétentieux et en même temps très élégant, qui fit l’admiration de Duke Ellington comme de Frank Sinatra ou même de Madonna ! Elle fut à plusieurs reprises invitée à chanter devant un orchestre swing, par exemple celui de Benny Goodman, mais il n’est pas sûr qu’elle fit jamais partie de telles formations. Pourtant, en 1945, il semblerait qu’elle ait été engagée par Randy Brooks, qui dirigeait alors un excellent orchestre, digne des plus grands, mais il est possible qu’il ne s’agissait là aussi que d’une invitation d’un jour.

Maxine Sullivan    

Chanteuse de couleur certes, mais à la voix très «blanche», Maxine se produisait à l’Onyx Club en 1937. Son manager et époux, Claude Thornhill, jouait du piano pendant les entractes. C’était un bon pianiste et, lorsqu’il fonda son orchestre en 1937, il engagea tout naturellement sa femme comme chanteuse. Elle ne resta pas longtemps chez son mari, qui lui fournit sa première séance d’enregistrement avec le sex­tette noir de John Kirby. On connaît la suite.

Lena Horne    
Elle fut toujours considérée comme une chanteuse de couleur, bien qu’elle n’était pas plus noire que bien des chanteuses blanches, telles Kay Starr. Sa grande beauté en faisait une actrice de cinéma de choix dans des comédies musicales C’est ainsi qu’elle participa à plusieurs films «all black», tels Stormy Weather avec le danseur Bill Robinson, la petite formation de Fats Waller et le big band de Cab Calloway, alors à son apogée, et Cabin in the sky avec la chanteuse Ethel Waters et l’orchestre de Duke Ellington. Elle apparut aussi dans de nombreux shows, à commencer par ceux qui étaient présentés pendant la guerre aux G.I.s, dont elle était la coqueluche. Mais avant de devenir une artiste mondialement connue, elle fut, en 1940-41, chanteuse chez Charlie Barnet qui n’était pas fâché d’engager une musicienne de couleur, surtout à la peau si claire.

Les chanteuses dont on vient de parler étaient quand même une exception, la grande majorité des demoiselles qui se produisaient devant l’orchestre étaient non seulement blanches, mais le plus souvent blondes. Normal dira-t-on quand on sait que les clients des palaces et des casinos étaient très conservateurs dans leurs goûts, surtout dans les années 30 et 40. Les choses ont bien changé depuis !   

On nous pardonnera toutefois de ne pas préciser la couleur de cheveux de toutes ces jolies créatures, les photos n’étant pas toujours explicites à cet égard ! On se consacrera plutot à décrire sommairement leur carrière.

Mildred Bailey    

Une des premières grandes chanteuses de jazz – si l’on excepte la chanteuse de blues Bessie Smith –, en tout cas la première grande chanteuse blanche, Mildred Bailey avait une voix un peu perchée et douce, en contradiction avec un physique plutôt massif. Après un séjour remarqué chez Paul Whiteman en 1929, elle fit ses débuts dans le monde des orchestres swing avec le Casa Loma orchestra et la formation des frères Dorsey, avant que ces derniers ne se séparent. Nous sommes alors en 1936, et la consécration va venir sous la forme de Red Norvo, alors animé du désir de monter un big band. Mildred va devenir en même temps la chanteuse de l’orchestre et l’épouse du chef – schéma sinon classique du moins assez courant –. Elle enregistrera abondamment entre 1936 et 1942 avec Norvo, et la qualité de ses prestations est uniformément bonne. Après sa séparation d’avec son mari, elle adoptera le schéma, très classique celui-là, de chanteuse indépendante (de single comme on disait). Elle disparaîtra au tout début des années 50, après avoir chanté en 1944 au fameux concert de la revue Esquire, auquel participaient les plus grands musiciens de l’époque, gagnants du référendum de la revue. Elle fut réputée avoir influencé Peggy Lee et Ella Fitzgerald, mais n’atteignit jamais leur célébrité.

Anita O’Day    
Comme il a été dit précédemment, Anita O’Day n’a jamais voulu être considérée comme un «canari», mais comme une véritable chanteuse de jazz. Elle a pourtant bien commencé comme chanteuse d’orchestre swing : rentrée chez Krupa début 1941, elle va faire un tabac avec son compère le bouillant trompettiste Roy Eldridge. Période bénie pour le batteur, qui ne retrouvera jamais un pareil tandem. La chanteuse quitte l’orchestre au moment où Krupa a des ennuis avec le service des narcotiques, et rentre chez Stan Kenton, chez qui elle ne se plaît pas tellement. Elle repart chez Krupa, mais cette fois-là sans Roy Eldridge. Elle décide alors d’abandonner le métier exténuant de chanteuse dans un road band soumis à d’incessants One nighter, c’est-à-dire obligé de changer de ville tous les soirs (surtout avec les distances aux USA !). Sa carrière de chanteuse indépendante, qui commence en 1947, n’est toujours pas terminée, à l’aube de ses 84 ans ! Sa voix un tantinet éraillée, gouailleuse, insolente et sexy, alliée à un tempérament dévastateur en ont fait une figure exceptionnelle de la swing era.

Helen Forrest    
C’est l’archétype de la chanteuse d’orchestre swing, le canari haut de gamme, tel qu’on aimerait en trouver plus souvent dans le show-business. C’est avec Artie Shaw qu’elle va se révéler, entre 1938 et 1939, c’est-à-dire pendant la meilleure période de cet orchestre exceptionnel par sa musicalité et sa mise au point. Elle quittera forcément Artie Shaw quand celui-ci dissoudra sa formation et, après quelques mois, rentrera chez Goodman, où elle ne se plaira pas autant que chez son précédent employeur du fait du caractère difficile du chef d’orchestre. Elle partira d’elle-même pour rentrer chez Harry James au moment où celui-ci était en rési­dence à Hollywood. Les différents films auquels il participa et ses séjours dans les casinos de la côte Ouest ne fit que renforcer la réputation de la chan­teuse. Harry James faillit d’ailleurs l’épouser, mais lui préféra finalement Betty Grable !

Bea Wain    
On pourrait faire les mêmes compliments à Bea Wain qu’à Helen Forrest, à savoir qu’elle possédait toutes les qualités du parfait canari : un look très attractif, une belle voix bien en place, faussement nonchalante et très légèrement lascive. Dommage qu’elle ne se soit pas maintenu longtemps dans le métier : après des débuts de choriste dans le «Fred Waring Show» et deux années chez Gene Kardos, un orchestre de deuxième plan, elle rentre pour deux ans chez Larry Clinton, où l’on peut dire qu’elle fut un joyau de l’orchestre.

Doris Day    
Pas de problème, Doris Kappelhoff, plus connue sous le nom de Doris Day, est une blonde ! Mince et souriante, elle représentait l’Américaine type, aimable et vertueuse, même si cette image n’était valable que pour la scène. Mais il faut reconnaître qu’elle avait une très jolie voix, bien utilisée par son principal employeur, le chef d’orchestre Les Brown, entre 1940 et 1946. Barney Rapp et Bob Crosby l’avaient auparavant employée, mais comme tout le monde le sait, Doris Day lâchera le métier de canari, d’abord pour celui de chanteuse indépendante, puis pour celui d’actrice de cinéma.

Helen Ward    
C’est peut-être la plus ancienne chanteuse de grand orchestre swing. Si elle fit ses débuts dans des formations ne méritant peut-être pas cette appellation, tels Nye Mayhew, Eddy Duchin, Will Osborne, Enris Madriguera (un orchestre de rumba) et Irving Aaronson, elle entra en 1934 chez Benny Goodman qui montait alors en puissance et était en train de devenir le chef d’une des toutes premières formations swing. Elle participa ainsi aux fameux «Let’s Dance Broadcasts» et aux retransmissions radio depuis le Congress hôtel de Chicago, qui lancèrent le mouvement swing dans tous les Etats-Unis, puis dans le monde entier. Elle était très demandée, un peu comme Helen Forrest, et se recasa à plusieurs reprises dans les plus fameux orchestres, dont ceux de Hal McIntyre (1943) et d’Harry James (1944).

Martha Tilton    

Son nom reste attaché à celui de Benny Goodman, et c’est en effet ce dernier qui la fit connaître. Elle avait débuté en 1935 à la radio, fit partie des orchestres Sid Lippman et Jimmy Dorsey (1936), fut membre du groupe vocal Three Hits & a Miss, et rentra chez Goodman en 1937. Elle chanta au fameux concert de Carnegie Hall qui consacra le clarinettiste comme musicien et chef d’orchestre majeur du jazz et de la musique populaire américaine. Si And The Angels Sing était son morceau fétiche – avec le solo de bravoure du trompettiste Ziggy Elman –, elle savait interpréter tous les genres, entraînant ou langoureux. En 1939, elle rentre chez Bobby Sherwood, puis devient chanteuse indépendante après la fin de la swing era. Elle reparaîtra dans le film «The Benny Goodman Story» en 1956.

Kay Weber    
C’est une figure des années 30. Elle entre chez les frères Dorsey, alors encore ensemble (1934-35), suit Jimmy et chante dans son orchestre en 35-36, avant d’entrer pour quelques mois chez Bob Crosby, qui en avait peut-être assez de prendre tous les chorus vocaux ! Elle épousera un des trombonistes de l’orchestre, Ward Silloway, et se retirera prématurément.

Irène Daye    
Cette chanteuse débuta dans les formations de Jan Murphy et de Mal Hallett, avant de rentrer dans le premier orchestre de Gene Krupa, chez qui elle restera depuis les débuts (1938) jusqu’au commencement de 1941, où elle sera remplacée par Anita O’Day. Elle partira chanter chez Charlie Spivak, et deviendra sa femme. Elle s’arrêtera dans les années 50.

Edythe Wright    
Elle est connue presque exclusivement pour son appartenance à l’orchestre de Tommy Dorsey dans une de ses meilleures périodes. Très à l’aise dans tous les genres, elle était spécialement portée vers les morceaux entraînants, et aimait chanter dans la petite formation de Tommy, les Clambake Seven, plus orientée jazz que casino.

Marion Hutton    
Née Marion Thornburg, elle était l’aînée de Betty Hutton, actrice de cinéma bien connue. Elle chanta d’ailleurs avec sa sœur dans l’orchestre de Vincent Lopez, avant de venir, en 1938, chez Glenn Miller, alors en route vers la gloire, grâce au succès du son Glenn Miller, mis au point à peu près à cette époque. A part une petite absence en 1941, elle sera chez Miller pendant toute la durée de l’orchestre, jusqu’en 1942. Elle jouera dans le film Orchestra Wives, qui met bien l’orchestre en valeur. Elle sera invitée à enregistrer avec Randy Brooks et se mariera avec Vic Schoen, celui-là même qui accompagnait les Andrew Sisters... ah que le monde est petit !

Georgia Gibbs    

Née Fredda Gibbons, elle changea d’abord son nom en Gibson, et chanta avec les orchestres de Perley Stevens (illustre inconnu de Boston), Richard Himber, puis rentre dans la formation dirigée conjointement par le compositeur-arrangeur Will Hudson et le chanteur Eddie DeLange. Elle la quittera pour aller chez Frankie Trumbauer, qui avait en 1940 un big band, puis chez Artie Shaw. Fin 1942, elle préfère devenir chanteuse indépendante et prend le nom de Georgia Gibbs; elle va alors acquérir une certaine célébrité.

Helen O’Connell    
Toujours souriante, et après des débuts dans l’Ohio, elle est remarquée par Jimmy Dorsey pour son look agréable, sa personnalité dynamique, et sa bonne volonté à chanter les succès du jour. Elle passera chez le chef d’orchestre les quatre années qui constituent l’âge d’or de la formation, c’est-à-dire 1939 à 1943. C’est en duo avec le chanteur, Bob Eberly, qu’elle atteindra le succès, et pourtant elle avait autrement plus de tempérament que son partenaire ! En 1943, elle préfère se consacrer à sa famille, elle fera un petit séjour chez Ray Anthony (encore avec Bob Eberly !) et n’apparaîtra plus qu’épisodiquement à la radio dans les années 60.

Kitty Kallen    
Elle débute à 14 ans chez Jan Savitt, un orchestre qui est surtout connu pour avoir eu comme chanteur Bonbon Tunnel, réputé avoir influencé Jon Hendricks. Engagée par Jack Teagarden en 1939, alors que celui-ci dirigeait un grand orchestre swing, elle passe chez Jimmy Dorsey en 1943 et 44 avant d’atterrir chez Harry James. Un parcours typique entre les orchestres réputés ! C’est chez Harry James qu’elle se fera un nom, il faut dire que c’était la meilleure période de cet orchestre.

Rosemary Clooney    

On ne présente pas Rosemary Clooney qui a fait une carrière de chanteuse américaine enviable, enregistrant en particulier avec Duke Ellington, et continuant à chanter jusqu’à sa récente disparition. Mais à ses débuts elle fut, avec sa jeune sœur Betty, chanteuse du big band de Tony Pastor. Son séjour dans cet orchestre avec sa sœur fut très formateur, avec ses one nighters incessants. Sa sœur jeta l’éponge après 3 ans, mais Rosemary tint bon, et ne quitta l’orchestre qu’au tout début des années 50, lorsque commença sa carrière de soliste. Elle était alors prête pour la carrière que l’on sait.

Yvonne King    

Elles étaient quatre sœurs, Alyce, Donna, Louise et Yvonne King Driggs. Louise épousant le chef d’orchestre Alvino Rey, celui-ci engage toute la smala. On est entre 1940 et 1943. Yvonne enregistre quelques solos en plus de ses prestations avec ses sœurs, puis elle se produit dans le Kay Kyser Show. Kay Kyser était un chef d’orchestre très populaire, surtout auprès des jeunes. La chanteuse connaîtra un succès notable à la télévision dans les années 60.

Jo Stafford    
Elle est connue principalement comme chanteuse de musique populaire américaine, très influencée par le jazz il est vrai. Elle a d’ailleurs enregistré au moins un disque purement jazz «Jo + Jazz». Peut-être se rappelait-elle son séjour chez Tommy Dorsey, avec les Pied Pipers. On était alors en 1941 et l’orchestre était à son zénith, avec à son bord l’arrangeur noir Sy Oliver et le chanteur Frank Sinatra, encore tout jeune. Ils chantèrent d’ailleurs abondamment en duo, et il peut sembler regrettable qu’elle ait quitté rapidement cet orchestre gonflé à bloc pour aller chanter dans l’orchestre de variétés de Paul Weston, mais il faut ajouter qu’elle devint la femme du chef d’orchestre ! Sa voix cool, sensuelle, sans vibrato ou si peu, sa justesse parfaite en fit dans les années 50 une «rivale» directe de Dinah Shore. Un soir, chantant en duo avec Ella Fitzgerald, elle laissa celle-ci pantois !

Kay Starr    
Katherine Starks était une chanteuse de country à ses débuts. Mais elle avait un feeling hors du commun et, à la fin des années 30, là voilà engagée dans le circuit des orchestres swing, Joe Venuti (le grand violoniste des années 20), Bob Crosby, Glenn Miller, de nouveau Venuti, et elle arrive chez Charlie Barnet en 1944, ce qui constituera une excellente collaboration. Elle participera à de nombreux enregistrements avec des musiciens de jazz (en particulier avec le grand clarinettiste noir Barney Bigard). Sa voix se modifiera alors, deviendra un peu voilée, mais elle continuera à chanter, dans l’orchestre de Mitchell Ayres en 1949, puis en soliste dans les années 50.

Peggy Lee    
Inutile de chercher le nom de Peggy Lee dans l’état civil, elle s’appelle Norma Dolores Egström, mais c’est un peu long et difficile à mémoriser. Va pour Peggy Lee.    

«Si je suis bien Duc, eh bien Peggy Lee est Reine». De qui est cette phrase ? De Duke Ellington bien sûr ! C’est qu’elle n’a pas volé sa réputation, c’est une bosseuse, travaillant sa voix sans jamais la forcer. Elle compose beaucoup de chansons, pour elle et pour les autres, et se maintient dans les Top Ten Hits (les 10 meilleurs morceaux de la musique populaire américaine), ce qui est un exploit. On peut passer sur ses débuts dans les formations de Sev Olson (totalement inconnu) et de Will Osborne (un peu plus connu). C’est avec l’orchestre Goodman que commencent les choses sérieuses, lorsqu’elle prend la suite d’Helen Forrest en 1941. Maxine Sullivan est son inspiration plus que Billie Holiday. On nous permettra d’ajouter le nom de Lee Wiley à laquelle Peggy fait souvent penser. Sa voix sensuelle, qui va de pair avec son physique, assurera le succès de sa chanson-fétiche Why Don’t You Do Right ? avec Goodman. Sa vie n’a pas toujours été drôle, qu’il s’agisse de sa santé ou de sa vie sentimentale, et aussi de son échec à Broadway. Elle nous a quitté il y a peu, après cin­quante ans de carrière.

Frances Wayne    

Ou plutôt Chiarina Francesca Bertocci pour ceux qui aiment la précision. Elle se trouve chez Woody Herman au milieu des années 40, mais chante aussi avec Sam Donahue, un saxo-ténor qui dirigea à la fin de la guerre l’orchestre swing de la Marine américaine dans le Pacifique. Charlie Barnet l’emploie aussi, puis elle épouse le grand arrangeur Neal Hefti avec lequel elle fonde un orchestre en 1952.

Carolyn Grey    
Cette bonne chanteuse d’orchestre swing n’eut qu’un défaut, celui d’arriver chez Gene Krupa juste après le départ d’Anita O’Day ! Surtout que le batteur lui fit interpréter les thèmes que chantait Anita. Redoutable ! Dans l’ensemble, elle s’en sort plutôt bien, et Carolyn Grey mérite qu’on se souvienne d’elle, ne serait-ce que pour avoir résisté à l’idée d’imiter la chanteuse qui l’avait précédée.

Mary Ann McCall    

Mary Miller, c’était un peu banal, alors pourquoi pas Mary Ann McCall ? C’est une danseuse initialement, mais comme chanteuse d’orchestre swing, elle va se rattraper : Tommy Dorsey (1938), Woody Herman (1939), Charlie Barnet (1939-40), Tommy Reynolds (1941), de nouveau Charlie Barnet (1944), Lew Gray, un orchestre de la West-coast (1945), Allen Kassel (1945-46), Woody Herman de nouveau (1946-49), Charlie Ventura (1954-55). Comme toutes les autres, elle conti­nuera sa carrière comme soliste. Ses enregistrements avec le «Second Herd» (deuxième troupeau) de Woody Herman sont les plus notables.

Ginnie Powell    
C’est à 17 ans qu’elle entre dans l’orchestre de Boyd Raeburn, avec qui elle va se marier en 1945. Elle a déjà du métier, pour avoir chanté chez Jerry Wald, Gene Krupa, Charlie Barnet et Harry James. D’ailleurs, elle impressionnera quelques années plus tard Ella Fitzgerald – qui l’aidera dans sa car­rière – ainsi que Perry Como. Sa voix était d’une grande justesse, aussi belle que la demoiselle était jolie !

June Christy    
Anita O’Day cherchait quelqu’un pour la remplacer dans l’orchestre de Stan Kenton. La voilà entrant dans un restaurant chinois de Chicago, le «Shangri-La», pour écouter le big band de Boyd Raeburn et, chantant devant l’orchestre, se tient une jeune femme blonde. Anita l’emmène chez Kenton, qui l’engage. Elle s’appelle Shirley Luster, un nom qui ne plait pas au chef d’orchestre, il faut en changer. Elle s’appellera June Christy. Elle plaira beaucoup à son employeur, peut-être parce qu’elle avait un timbre de voix et un feeling proches d’Anita O’Day. Il est vrai que sa voix sensuelle et voilée s’accommodait aussi bien des interprétations lentes que rapides.Elle restera 5 ans dans la formation, de 1945 à 1950, et y reviendra de temps à autre par la suite, ne serait-ce que pour la fabuleuse tournée de l’orchestre en Europe en Septembre 1953. Epouse du saxo-ténor Bob Cooper, qui était chez Kenton en même temps qu’elle, sa carrière après son départ de la célèbre phalange croisera fréquemment celle de son mari, et elle enregistrera de nombreux disques très réussis avec des formations importantes, au parfum nettement Kentonien. Sa santé se détériorera dans les années 70-80, et elle disparaitra peu après une courte apparition à la Grande Parade du Jazz à Nice, en 1985.

Lucy Ann Polk    
Cette chanteuse fit ses débuts chez Bobby Sherwood, un trompettiste-guitariste qui dirigeait un orchestre très dynamique. Bon début par conséquent, la suite est tout aussi éloquente : une première fois chez Les Brown, puis Bob Crosby, Kay Kyser en 46-47, Tommy Dorsey en 47-49, enfin Les Brown 1949-1952. Et bien sûr, comme la plupart de ses consoeurs, l’évanouissement quasi-complet de la swing era la fait rentrer dans le circuit de la radio et de la télévision comme soliste. Elle participera aussi à des concerts de jazz avec la formation de Dave Pell, lui aussi ancien de chez Les Brown. Bien que venant après Doris Day dans l’orchestre du clarinettiste, c’est plutôt à June Christy qu’elle ferait penser, tout en gardant une personnalité marquée.

Jo Ann Greer    

Elle est surtout connue pour avoir été la chanteuse attitrée de l’orchestre Les Brown au milieu et à la fin des années 50. Mais elle fit ses débuts dans l’orchestre météorique de Sonny Burke en 1951. Sa voix claire rappelle celle de Doris Day, et d’ailleurs Les Brown, tout en insistant qu’il ne considérait pas sa nouvelle chanteuse comme un clone de Doris Day, lui fera rechanter des succès de cette dernière, qui avait appartenu à sa formation 10 ou 15 ans plus tôt.

On entendra dans la présente anthologie d’autres chanteuses que celles que l’on vient de mentionner. Elles ne sont pas assez connues pour que l’on ait pu recueillir suffisamment d’information à leur sujet. Elles ont nom Anita Boyer (qui enregistra avec le trio de King Cole en plus de sa participation dans les orchestres swing), Pauline Byrne (engagée par Artie Shaw en 1940), Pat Cameron (illustre inconnue mais belle voix), Judy Ellington (rien à voir avec le Duke du même nom), Dee Parker (chanteuse chez Jimmy Dorsey après la guerre), Rosalind Patton (qui fait partie des dernières chanteuses de la swing era), Gail Reese (connue pour son séjour chez Bunny Berigan en 1937-38), enfin Jerry Winters, qui fit le lien chez Stan Kenton, entre June Christy et Chris Connor.

D’autres chanteuses de big bands swing auraient sans doute mérité de figurer, telles Paula Kelly (de chez Glenn Miller), Patti Page (Benny Goodman), Martha Raye (Charlie Barnet), Fran Warren (Charlie Barnet et Claude Thornhill), Marcie Miller (Ray Anthony), Dolores O’Neill (Bob Chester), Jean Louise Patchen (Ike Carpenter), Nancy Reed (Hal McIntyre), Dorothy Reid (Buddy Rich), Connie Boswell et Marion Mann (Bob Crosby), Betty Bonny (Jerry Wald), Sally Richards (Tommy Reynolds), Nan Wynn (Hal Kemp) et beaucoup d’autres encore.

Et en effet pourquoi pas aussi Jane Harvey et Dolly Houston (de chez Goodman), Teddy Grace (Bob Crosby), Connie Haynes et Peggy Mann (Tommy Dorsey), Claire Hogan (Jimmy Dorsey), Peg La Centra (Artie Shaw), Delores Hawkins (Bob Chester et Gene Krupa), Dorothy Claire (Sonny Dunham), Gwenn Davis et Gail Ennis (Bobby Sherwood), Virginia Maxey (Ziggy Elman), Billie Rogers (Woody Herman), Ruth Gaylor et Jerry Stuart (Hal McIntyre), Hadda Brooks (Ike Carpenter), Dolly Dawn (George Hall), Frances Colwell (Dean Hudson, à ne pas confondre avec Will Hudson), Phillis Miles (Frankie Masters), Liza Morrow (George Paxton, mais aussi Goodman), Betty Martin (Bob Strong), Marion Page et Patsy Parker (Tommy Reynolds), Dee Keating (Ray Anthony)…Qu’il soit bien clair que la liste n’est pas limitative !


Une anthologie très sélective

A part Sentimental Journey de Doris Day, Why Don’t You Do Right ? de Peggy Lee et I’m Beginning To See The Light de Kitty Kallen, qui nous ont semblé des must, on n’a pas cherché à mettre dans ce panorama les morceaux les plus rabachés qui trainent dans toutes les anthologies. Ce qui importait, c’était de mettre en valeur la voix, le feeling et le tempérament des différentes chanteuses présentées dans l’orchestre qui les a le mieux mises en valeur.

Goody Goody était un morceau très populaire au début de la swing era, et Wingy Manone le chante aussi à la même époque. Helen Ward l’interprète avec conviction, bien accompagnée par un orchestre Goodman déjà sûr de lui.

On passera rapidement sur I’ll Never Tell You I Love You, qui épitomise la chanson destinée à faire danser les clients et dont l’intérêt principal est de présenter Georgia Gibbs.

Gone With The Wind est une vraie interprétation de jazz, chantée par Maxine Sullivan au tout début de sa magnifique carrière. C’est aussi le premier orchestre de Claude Thornhill, bien avant l’arrivée de Gil Evans. L’utilisation de la flûte laisse entrevoir l’évolution stylistique de la formation.

Bob Crosby laisse la place de vocaliste à Kay Weber pour Please Be Kind qui, de toute évidence, ne peut en effet être chantée que par une femme ! A noter l’exposition du thème par le saxophoniste ténor Eddie Miller, un vrai précurseur de la musique cool.

Tout ce que chantait Bea Wain chez Larry Clinton était agréable à écouter comme à danser. Martha est sa chanson la plus célèbre, mais on gagne au change avec I Dream I Dwelt In Marble Halls, qui bénéficie d’un accompagnement d’orchestre exceptionnel.

Bunny Berigan était d’abord un trompettiste à la sonorité inimitable, comme on peut s’en rendre compte à l’exposé du thème de I Dance Alone. Mais c’était aussi un bon chanteur, et ses chanteuses devaient se contenter des restes. Il eut été dommage de ne pas profiter de la voix de Gail Reese dans ce morceau par ailleurs un peu insignifiant.

Avec le tandem Mildred Bailey-Red Norvo, on est en terrain jazz, tout en restant au casino ! Une voix reconnaissable entre toutes sur un accompagnement en douceur, After Dinner Speech c’est signé !

Martha Tilton a eu la chance d’être chez Benny Goodman à un des meilleurs moments, et c’est sans effort que Feeling High & Happy est joué et chanté, très peu de temps après le fameux concert à Carnegie Hall, qui avait consacré tant l’orchestre que la chanteuse. Harry James joue les fier-à-bras, comme il a toujours aimé le faire au cours de sa carrière !

Any Old Time, l’unique enregistrement de Billie Holiday avec Artie Shaw n’est pas seulement excellent du point de vue jazz et danse, il est aussi très émouvant. Instant magique...

Petit succès du jour – du moins espérons-le – pour Charlie Barnet : Some Like It Hot, heureusement, utilise les service d’une agréable chanteuse en la personne de Judy Ellington.

Edythe Wright n’avait pas froid aux yeux en interprétant All In Favor Of Swing Say «Aye» et entraîne tout l’orchestre de Tommy Dorsey dans un joyeux chahut. Ce n’est pas la seule fois qu’elle fait çà; certaines interprétations des Clambake Seven, le petit orchestre extrait du grand, sont du même type. Yank Lawson, Johnny Mince, Babe Russin, Tommy Dorsey, c’est-à-dire les grands solistes de l’orchestre, sont tous sollicités !

Avec Deep Purple, chanté par Helen Forrest avec l’orchestre d’Artie Shaw, on plonge en plein dans la musique de casino au meilleur sens du terme. On est en 1939, la chanteuse et l’orchestre sont à leur apogée, le romantisme et la souplesse de l’interprétation font merveille.

My Fantasy est interprété aussi par la formation d’Artie Shaw, mais ce n’est plus du tout le même orchestre, le clarinettiste ayant entre-temps pris des «vacances». Le thème n’a sans doute pas autant d’intérêt que le précédent (pauvre Borodine !), mais la voix prenante de Pauline Byrne, chanteuse peu connue, vaut qu’on s’y attarde.

Un certain nombre de chanteuses ont interprété Six Lessons From Mme La Zonga, mais il faut reconnaître que Helen O’Connell s’en sort plus que bien. Et pourtant, quel saucisson ! mais ce rythme de rumba bien enlevé par l’orchestre de Jimmy Dorsey fait passer un bon moment, surtout si l’on fait un tant soit peu attention aux paroles !

Un couple vraiment mignon, c’est celui formé par Marion Hutton et le saxophoniste-siffleur-chanteur Tex Beneke qui, devant l’orchestre Glenn Miller, en chantant The Gentleman Needs A Shave, nous montrent que le fait de ne pas être rasé pour un homme est en principe inadmissible, mais en pratique, si l’homme vous plait, quelle importance ? Aujourd’hui, c’est presque le fait d’être rasé qui serait répréhensible!

On retiendra de Love Of My Life, morceau chanté par Fred Astaire dans le film Second Chorus (Swing Romance en France), la belle voix d’Anita Boyer et la qualité de l’accompagnement orchestral, mais pouvait-on attendre moins de la part d’Artie Shaw?

So, You’re The One ramène à la chanson basique interprétée par le canari de service devant l’orchestre, et dansent les couples ! Une vraie face B pour une fois. Mais Yvonne King valait bien qu’on la sélectionne. Et puis le quatuor de saxes vaut le détour.

Avec All I Desire, chanté par Lena Horne, on est dans un club chic de Downtown-Manhattan. La chanteuse ne swingue peut-être pas beaucoup, mais ça a de la classe. Il faut dire qu’il y a Charlie Barnet par derrière.

Anita O’Day avec Roy Eldridge et l’orchestre de Gene Krupa, c’est une mayonnaise qui monte ! La chanteuse est en pleine forme dans ce «Murder», He Says – même si elle ne chante pas toujours exactement dans le ton mais qu’importe ! –. C’est le dernier enregistrement de son premier séjour dans l’orchestre du batteur. Et le trompettiste n’est pas en reste. Ce genre d’interprétation fait évidemment mentir ceux qui pensent que les vocaux féminins accompagnés par des orchestres swing sont de la soupe !

En 1942, L’orchestre Goodman est particulièrement au point, peut-être parce que l’écurie Columbia était plus exigeante sous ce rapport que la firme Victor quelques années plus tôt. Quoiqu’il en soit, la présence de la chanteuse Peggy Lee est pour beaucoup dans la réussite de Why Don’t You Do Right ?, qui était son thème-fétiche à cette époque, et même après.

Le début des années 40, en tout cas avant le tristement célèbre ban Petrillo, du nom de celui qui fit interdire les enregistrements, soi disant pour protéger les musiciens de l’influence des majors, fut très prolifique. Tommy Dorsey était en plein boum, avec son arrangeur noir Sy Oliver, et ses vocalistes, la toute jeune chanteuses Jo Stafford et le «encore-tout-jeune» chanteur Frank Sinatra. L’association n’a pas duré longtemps, les deux compères ont été attirés par le large, c’était prévisible. Snootie Little Cutie est une des rares interprétations de ce duo.

Accentuate The Posifive était un air très à la mode en 1943-44, et il fut interprété par de nombreux musiciens, dont Louis Armstrong. Iréne Daye et Charlie Spivak se sortent très bien de cette chanson, elle en chantant, lui en jouant de la trompette. L’entente entre les deux jeunes mariés devait être bonne!

On se souvient de la version interprétée par Billie Holiday de I Cried For You, morceau excellent pour la danse, donc éminemment adapté à un grand orchestre swing et une jolie chanteuse. Pour une fois, la chose a pu être vérifiée visuellement puisque cette interprétation de Helen Forrest avec l’orchestre de Harry James est tiré de la bande sonore du film Bathing Beauty. C’est d’ailleurs un des meilleurs moments musicaux de ce film typiquement hollywoodien.

A la fin de la guerre, un des morceaux les plus populaires en Amérique était un petit air en forme de boogie-woogie composé par Johnny Mercer, un des fondateurs de la firme Capitol et un bon chanteur-compositeur, qu’on a d’ailleurs entendu avec Paul Whiteman et Jack Teagarden dans le coffret «Swing Era Big Bands» (FA 078). Cet air, c’est G.I.Jive, à la gloire des soldats américains, qui l’avaient bien mérité à ce moment-là. Peu d’amateurs connaissent la chanteuse Pat Cameron, mais sa belle voix, accompagnée par l’orchestre très valable du trompettiste Sonny Dunham, lui-même peu connu, valait qu’on s’y attarde.

Le passage de Kay Starr chez Charlie Barnet n’a malheureusement pas donné lieu à beaucoup d’enregistrements, et c’est dommage. Témoin ce Share Croppin’ Blues, une vraie interprétation de jazz, qui fait honneur tant à la chanteuse qu’au chef d’orchestre.

Avec Sentimental Journey, on touche au sacré ! En effet, tant en Amérique qu’en Europe, ce morceau eut un grand succès pour la danse. Ah... les surprises-parties au tournant des années 40 à 50 ! Doris Day acquit une renommée qu’elle n’aurait peut-être pas eue sans cette interprétation. Et Les Brown en profita aussi !

On retrouve Anita O’Day, cette fois-ci chez Kenton. On a choisi un blues (Singing The) Blues pour montrer que la chanteuse était aussi à l’aise dans le jazz pur que dans la musique de danse ou de variété. L’orchestre, déjà bien lancé, est peut-être un peu sec, mais le solo de trompette de Karl George est excellent.

De Frances Wayne avec Woody Herman et son «Premier Troupeau», on aurait pu retenir le morceau qui eut le plus de succès, un certain Happiness is A Thing Called Joe, mais le thème de There’s No You est tellement supérieur et la chanteuse tellement plus à l’aise que l’on n’a pas hésité, d’autant qu’on a droit à un Woody très «hodgisant» à l’exposé du thème, ainsi qu’à un court mais excellent solo de ténor par Flip Phillips.

Ella Fitzgerald avait bien montré qu’elle était une excellente chanteuse de grand orchestre lorsqu’elle était chez Chick Webb ou qu’elle dirigeait l’orchestre du batteur après sa disparition. A Kiss Goodnight, interprété avec un pur orchestre swing, donc pour blancs, nous fait entendre une Ella en pleine forme, comme toujours à cette époque et pendant presque toute sa vie.

I’m Beginning To See The Light est encore un thème de l’immédiat après-guerre, composé par Duke Ellington, qui dit bien ce qu’il veut dire – la traduction française Je commence à voir tout en bleu était tout simplement ridicule ! –. La version V Disc est la plus connue, mais l’exemplaire en notre possession n’était pas de qualité suffisante, et l’on a préféré présenter une version de radio, tout aussi bonne.

Tea For Two chez Gene Krupa fait penser aussitôt à Anita O’Day, mais celle qui lui a succédé en 1946, Carolyn Grey, l’a aussi interprété, ce qui est normal puisque le répertoire n’avait pas changé du fait du départ de la première chanteuse. La nouvelle s’en sort très honorablement, avec toutefois une légère voix de gorge. Ah... «personne n’est parfaite»!

June Christy était de toute évidence un peu intimidée par l’orchestre de Stan Kenton quand elle y est rentrée en 1945. En 1946, elle avait pris de l’assurance, et surtout elle connaissait et aimait bien Willow Weep For Me qu’elle a enregistré à plusieurs reprises dans sa carrière. C’est d’ailleurs ce morceau qu’elle a brièvement chanté à Nice en 1985, bien qu’elle semblait sous l’emprise d’une extrême fatigue.

That’s Good Enough For Me est une des seules interprétations que nous ayons trouvées de Rosemary Clooney avec l’orchestre de Tony Pastor,. De toutes façons, elle est encore toute jeune et sa carrière est devant elle. Elle nous administre ici une petite leçon de philosophie !

L’orchestre d’Elliott Lawrence est encore tout nouveau en 1946, il fait des soirées dansantes comme tous les orchestres swing, il a donc une chanteuse, Rosalind Patton, qui s’acquitte très bien de sa tâche en chantant You’re Right, I’m Wrong. Il faut reconnaître que l’on n’est pas encore devant le vrai orchestre de jazz du pianiste, mais avec Gerry Mulligan comme arrangeur, les choses vont aller très vite.

Lorsque l’orchestre de Boyd Raeburn jouait pour la danse, il fallait que les danseurs puissent danser. Dans ce cas, les morceaux étaient des slows classiques du répertoire. Ginny Powell en faisait de vraies réussites grâce à sa voix et son feeling. Ici, dans So Would I, pas de fantaisies surréalistes comme avec George Handy, Johnny Richards était certainement moderne, puisqu’il a arrangé pour Kenton, mais il reste classique dans sa modernité, et le clarinettiste Buddy de Franco ne fait pas encore de vagues !

At Sundown a été choisi pour faire entendre la chanteuse Dee Parker avec l’orchestre de Jimmy Dorsey, qui à cette époque engageait des musiciens modernes pour renouveler un peu la sonorité d’ensemble. Jimmy Giuffre au saxo-ténor, Al Haig au piano, Karl Kiffe à la batterie, on n’est plus très loin d’un orchestre moderne, mais Jimmy Dorsey ne sautera jamais vraiment le pas.

Mary Ann McCall avait un rôle pas très facile chez Woody Herman : chanter dans le Deuxième troupeau, en 1948, au milieu des Brothers ne coulait pas de source. Les orchestres swing sont en train de devenir des orchestres de jazz, et ils doivent en assumer le style et l’évolution qu’ils n’ont pas initiée eux-mêmes. More Than You Know est une magnifique mélodie, et la chanteuse n’en est pas à son coup d’essai. On appréciera le trombone de Bill Harris, alors au sommet de sa forme.

Il eut été idéal de présenter Jo Ann Greer avec l’orchestre de Les Brown, chez qui elle a longuement séjourné, mais c’était beaucoup plus tard, et une bonne étoile nous a fait découvrir cette chanteuse dans le cadre un peu surprenant de l’orchestre de Sonny Burke. Surprise d’entendre une excellente interprétation de I Want To Be Happy au détour d’une transcription, avec d’excellentes interventions de Hugo Lowenstern à la clarinette et Don Raffell au sax-ténor, deux inconnus comme il y en avait tant cachés dans les orchestres swing.

Adios fait entendre certainement la voix la plus étonnante de toute la présente anthologie. Il est vrai que Jerri Winters était toute jeune, et sa voix se modifia notablement au cours des années qui suivirent. L’orchestre Kenton était alors à son apogée et on notera que l’arrangement est un des premiers que Bill Russo écrivit pour la formation.

Ce panorama se termine avec l’orchestre de Les Brown et la chanteuse qui fit la transition entre Doris Day au milieu des années 40 et Jo Ann Greer au milieu des années 50, Lucy Ann Polk. Sa voix, que l’on peut trouver supérieure à celles des deux autres chanteuses, est bien mise en valeur dans Back In Your Own Backyard, sur lequel nous espérons que les auditeurs pourront finir agréablement, mais pas soporifiquement, leur soirée dansante !
Pierre Carlu
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003


Remerciements à Alain Tercinet.

En couverture : Lena Horne.



The golden age of swing in the United States of America reigned as from the second part of the thirties and throughout the forties.  Big bands encouraged Whites to dance in luxurious hotels and casinos, imitating the black orchestras in the Harlem dance halls.  In a previous album (Swing Era Big Bands - FA 078) we covered some of these bands, but the anthology concentrated on instrumental interpretations.  It was tempting to complete this panorama with some of the ladies who sang along with the most celebrated orchestras.  And only some, alas, as these swing bands were graced by countless dames.

The big swing bands mainly comprised white musicians, instrumentalists or singers.  Although they were not truly jazz bands, they could interpret lively and swinging pieces without vocal support.  In casinos, however, their style had to be more ‘straight’, and that’s where the vocalists stepped in.  There were, of course, male singers, Frank Sinatra to name just one, but the singers were primarily female, then tagged as ‘canaries’.  In casinos, there was no question of screeching or shouting and the music was on a slow tempo, giving way to romance, either through dancing or eye contact.  The singers had to be sentimental and even glamorous.  Sturdy jazz fans tend to ignore the swing orchestras’ sung titles, generally preferring the ‘A’ sides of the 78’s, usually dedicated to true swing.

Naturally, the visual aspect of these bands was of all importance - the pretty songs were interpreted by fetching and often sexy girls.  Many slow numbers boast magnificent melodies.  The swing bands borrowed much material from the great American composers such as Irving Berlin or George Gershwin.  And then again, the most eclectic singers, dissatisfied with the affected airs, sang some very swinging pieces, some even reaching the famous ‘A’ side of the 78’s.  Needless to say, we have greatly focused on this part of the repertory.  Indeed, several bands, such as those of Glenn Miller and Jimmy Dorsey, used the women for the hep titles, reserving the sentimental ones for male singers.

Finally, the actual personality of each singer was significant - the voice, quality of tone and tessitura and the individual temperament.  Of course, we remember best those with a strong character, Anita O’Day for instance, who refused to be considered a canary.

In this anthology, we won’t find the leading black singers accompanied by their usual black orchestras.  However, some of these coloured ladies sang in swing orchestras as well as black jazz bands.
Some of the most famous bands used just one or two singers during its lifespan whereas others hired dozens.  Certain bandleaders had the fine art of choosing remarkable singers, but others went for more mediocre artists.  Here, we have selected the best bandleaders who hit upon compatible ladies to complement the style of their outfit.  Obviously, the Swing Era oozes with the relationships between bandleaders and their vocalists, but this album concentrates only on the musical aspect !

Benny Goodman hired over twenty singers between 1934 and 1959.  Among the most important are Helen Ward (1934 to 1937, plus a come-back in the fifties for the movie ‘The Benny Goodman Story’), Martha Tilton (1937 to 1939 with a small come-back in the fifties for the same reason), Helen Forrest (1939-1941), Peggy Lee (1941-42 and she returned in 1947), Jane Harvey (1944-45), Liza Morrow (1945-46).  Then there were those who accompanied him in a smaller line-up, including Patti Page in 1948 and Anita O’Day in 1959.  This proves his gift as a talent scout or a user of talent.  In particular, Peggy Lee became one of the greatest singers of American popular music when she left Goodman.

Clarinettist Artie Shaw was a perfectionist.  He adored women which perhaps explains the great number of lady singers who spent time in his orchestra - a good fifteen until his last big outfit disbanded in 1951.  At first, he couldn’t find a suitable vocalist for his band and Peg La Centra hardly made an impact in the history of American song.  But in 1938, when his career surged forward with the recording of Begin The Beguine, he called for Helen Forrest who never stayed long in the same orchestra, well aware of her talent.  Previously, Billie Holiday occasionally joined the line-up as we will see.  After refounding his orchestra in 1940, Artie Shaw continued to scout for top quality voices, such as those of Pauline Byrne and Anita Boyer in 1940, Lena Horne and Paula Kelly in 1941 and Imogene Lynn in 1944.  He stopped his regular band in 1945, but continued to use good singers, including Mary Ann McCall in 1950 and June Hutton in 1951.

Tommy Dorsey, who took over Joe Haymes’ orchestra in 1935 found Edythe Wright, a singer with a fascinating voice, who stayed with him during the pre-war period from 1935 to 1939, and then Jo Stafford stepped in from 1941-42.  Dorsey’s orchestra continued to swing well after the war and he hired various other singers, sometimes lifted from fellow band leaders.  We can discover, among others, Anita Boyer (1939), Connie Haynes (1940-41), Lucy Ann Polk (1947-48) and Frances Irvin (1950-52).

The elder brother, Jimmy Dorsey, was probably less ambitious, despite his orchestra being first-rate.  We mainly remember Helen O’Connell (1939-42), but there were others such as Kay Weber and Frances Langford (between 1935 and 1937), June Richmond (1938), Dee Parker (1945-47) and Claire Hogan (1949-50).

Gene Krupa, the prestigious drummer in the Goodman orchestra in the latter part of the thirties, founded his orchestra in 1938.  He hired around ten singers, although some stayed a short while such as Helen Ward and Jerry Kruger in 1938 and Ginnie Powell in 1944, but three stood out - Irene Daye (1938-41), Anita O’Day (1941-42 and 1945-46), who then became one of the greatest white jazz singers, and Carolyn Grey who was good, but lacked Anita’s rare talent.

Harry James, like Gene Krupa, became smitten by big bands when he was a trumpeter with Goodman.  He began with a black singer, Helen Humes.  Then after the debuting Frank Sinatra left, Connie Haynes and Helen Ward were taken on by the band leader who went on to lure Helen Forrest who stayed from 1941 to 1943 to be followed by Kitty Kallen.  He could have asked his wife, Betty Grable, but was her singing voice good enough ?

Glenn Miller, the legendary band leader, was attached to Marion Hutton (Betty Hutton’s sister) during almost the whole length of his civil orchestra (1939-42), either to sing alone or to team up with the saxophonist-cum-singer Tex Beneke.  In 1941 Paula Kelly, who usually sang with the Modernaires, also joined them.

Charlie Barnet’s orchestra sometimes sounded black, hardly surprising as he was crazy about Duke Ellington and liked hiring black musicians such as trumpeters Peanuts Holland and Clark Terry.  He paid attention to the quality of his singers, and out of the dozen who spent time with him, Judy Ellington (1938), Mary Ann McCall (1939), Lena Horne (1941), Frances Wayne (1942), Kay Starr (1944), Fran Warren (1945) and Martha Raye (1946) are of particular interest.

Larry Clinton, who led an excellent orchestra, used one of the best swing singers, Bea Wain.  Unfortunately, she made little impact on the history of popular American music.

Red Norvo played the xylophone and was a true jazz musician and excellent band leader.  He married a leading singer of the thirties, Mildred Baily.  ‘Mr and Mrs Swing’ as they were known, came out with some very good teamwork.  Red Norvo’s band did not hire any other lady singers.

Les Brown is famous for helping Doris Day when she debuted.  But even after the swing era, he continued to perform in casinos.  He liked to insist that his band was mainly a dance orchestra which sometimes played good jazz.  He continued to hire quality singers such as Lucy Ann Polk, Eileen Wilson and Jo Ann Greer.

Sonny Burke was an excellent arranger who worked for numerous swing bands.  He was also a worthy composer (and signed Midnight Sun and Black Coffee among other titles).  His band existed but for a short while in 1951 and it was too late to create a swing orchestra at this point.  When the outfit disbanded, the band leader recommended his singer, Jo Ann Greer, to Les Brown.

The more modern orchestras which came into being after the swing era, endeavoured to find singers who could get the punters to the dance floor and sing jazz.

Clarinettist and saxophonist, Woody Herman, was himself an occasional singer.  However, he still needed a female touch, necessary for dance bands in chic venues, as was the case between 1936, when he took over Isham Jones’ band and 1943 when he founded the famous 1st Herd.  Half a dozen girls completed his orchestra during the first period, in particular Mary Ann McCall in 1939 and Carolyn Grey in 1941-42.  In 1943, he was joined by Frances Wayne who stayed with him for three years.  Mary Ann McCall stepped in with the 2nd Herd  and then Dolly Houston, who stayed from 1951 to 1953, was one of the band’s last singers.

Boyd Raeburn was married to Ginnie Powell, a worthy singer.  With most of the arrangements signed by George Handy, the orchestra was very modern for the period.  Ginnie Powell was a member of the band from 1945 to 1947.

Elliott Lawrence’s orchestra, created after the war, bordered on both swing for dancing and jazz and included an excellent singer, Rosalind Patton.  He then focused on jazz alone and rarely used vocalists.

Stan Kenton carefully chose his singers :  Anita O’Day (1944-45), June Christy (1945-50), Jerry Winters (1952), Chris Connor (1953), Ann Richards (1955-57) and Jean Turner (1962-63).  In this anthology we can especially appreciate the voice of June Christy, whose name remains strongly associated with Stan Kenton.

Many other band leaders also hired good singers from time to time.  Take, for instance, Bob Crosby (Bing’s younger brother), whose band included Kay Weber (1935-37), Marion Mann (1938-40) and Martha Tilton (1941-45).  Will Hudson, arranger for Jimmie Lunceford, helped Georgia Gibbs to get started and Alvino Rey called for the King Sisters in his orchestra.  There were also trumpeters Charlie Spivak with Irene Daye, Sonny Dunham with Pat Cameron, Randy Brooks with, among others, Marion Hutton and Ella Fitzgerald and Bunny Berigan with Gail Reese.  Artie Shaw’s ex-saxophonist Tony Pastor launched Rosemarie Clooney and her sister Betty whereas pianist Claude Thornhill had Maxine Sullivan in his band for a while.

In this album, we have had to select thirty-eight singers out of hundreds, many of whom are commendable.  However, the majority of vocalists in the big swing bands sang sentimental slow numbers which have become outdated.  Some singers may have been excellent vocalists but never belonged, apart from on the odd occasion, to a swing band.

Billie Holiday :  This celebrated black singer, born Eleonora Fagan, participated in sessions with Teddy Wilson and sometimes Lester Young as well as  the Jazz At The Philharmonic sessions.  In 1938, she sang with Artie Shaw, and though her voice was a perfect addition to the orchestra, the clarinettist could not keep her due to the colour of her skin.  She also recorded with Benny Goodman’s swing orchestra on the odd occasion and with that of Count Basie.

Ella Fitzgerald :  Ella debuted in Chick Webb’s big band and then fronted the orchestra when her boss died in 1939.  She then began a solo career which lasted over 40 years.  The ‘First Lady Of Swing’ had an unpretentious and very elegant style and was greatly admired by many, including Duke Ellington, Frank Sinatra and even Madonna !

Maxine Sullivan :  This coloured singer with a ‘white’ voice played in the Onyx Club in 1937, with her husband, Claude Thornhill, acting as manager.  When the latter founded his orchestra in 1937, she sang with him, but then he arranged her first session with John Kirby’s black sextet. 

Lena Horne :  Through her great beauty, Lena was offered roles in several movies, and also appeared in many shows.  But before becoming an international star, in 1940-41, she sang with Charlie Barnet.
The aforementioned singers are exceptional in that they were black, whereas the majority of the singers in these bands were not only white, but also blond.

Mildred Bailey :  Following a stint with Paul Whiteman in 1929, Mildred debuted in the world of swing bands with the Casa Loma orchestra and the line-up headed by the Dorsey brothers.  She then joined Red Norvo and married him.  With Norvo, she recorded in quantity in the 1936-42 period, then followed a solo career after separating from her husband.

Anita O’Day :  Anita debuted in Krupa’s swing orchestra in 1941, left to join Stan Kenton, and then returned to Krupa.  Weary of her life in a road band, she went solo in 1947.

Helen Forrest :  This archetypal swing band singer, showed her bright colours with Artie Shaw in 1938-39.  She then joined Goodman before going on to Harry James.

Bea Wain :  Similar to Helen Forrest in that she also was a perfect canary - attractive, a good voice and falsely nonchalent.  She debuted in the ‘Fred Waring Show’, then spent two years with Gene Kardos and afterwards joined Larry Clinton.

Doris Day :  The slender, blond Doris Kappelhoff, otherwise known as Doris Day was the American stereotype.  First employed by Barney Rapp and Bob Crosby, her principal boss was Les Brown, though she then became an independent singer and actress.

Helen Ward :  Having sung in other bands previously, Helen debuted her swinging career with Benny Goodman in 1934 and participated in the famous ‘Let’s Dance Broadcasts’ and the radio shows in Chicago’s Congress Hotel.  Very much in demand, she joined other famous orchestras, such as those of Hal McIntyre (1943) and Harry James (1944).

Martha Tilton :  Martha debuted in 1935 on the radio, joined the bands of Sid Lippman and Jimmy Dorsey (1936), was a member of the vocal group Three Hits & A Miss and teamed up with Benny Goodman in 1937 and participated in the famous concert in Carnegie Hall.  In 1939, she was found with Bobby Sherwood, then went solo after the swing era.

Kay Weber :  This star of the thirties sang with the Dorsey brothers (1934-35), then followed Jimmy and stayed in his band in 35-36 before leaving for Bob Crosby.

Irene Daye :  This singer debuted in the line-ups of Jan Murphy and Mal Hallett before joining Gene Drupa’s first orchestra where she stayed from 1938 to 1941.  She then joined Charlie Spivak, who became her husband.
Edythe Wright :  She is principally known for her role in Tommy Dorsey’s orchestra and could adapt to all genres with ease.

Marion Hutton :  Marion Thornburg, Betty Hutton’s elder sister, sang with her sister in Vincent Lopez’ orchestra before joining Glenn Miller in 1938.  She left him briefly in 1941, but then returned until 1942.  She was invited to record with Randy Brooks and married Vic Schoen, who accompanied the Andrew Sisters.

Georgia Gibbs :  Fredda Gibbons first changed her name to Gibson and sang with Perley Stevens and Richard Himber before joining the bands jointly led by Will Hudson and Eddie DeLange.  She then left for Frankie Trumbauer’s big band before going on to Artie Shaw.  In 1942, she went solo and took the name Georgia Gibbs.

Helen O’Connell :  Spotted by Jimmy Dorsey, she spent four years with the band leader from 1939-43.  She succeeded as a duo with singer Bob Eberly, but as from 1943 preferred to devote her time to her family, still accepting the occasional contract.

Kitty Kallen :  She debuted at the age of 14 with Jan Savitt, then was hired by Jack Teagarden in 1939, followed by Jimmy Dorsey in 1943-44 and finally Harry James.

Rosemary Clooney :  Before becoming the celebrated singer who recorded with Duke Ellington, among others, she debuted with her sister Betty in Tony Pastor’s big band.  Rosemary stayed with this orchestra until the early fifties.

Yvonne King :  Band leader Alvino Rey hired Yvonne and her three sisters, Alyce, Donna and Louise, from 1940-43.  Yvonne cut a few solos and appeared in the Kay Kyser Show.  The singer had a successful television career in the sixties.

Jo Stafford :  Mainly known as a singer of American popular music, influenced by jazz, Jo spent some time with Tommy Dorsey, with the Pied Pipers in 1941, when the band included the young Frank Sinatra, with whom she sang as a duo.

Kay Starr :  Katherine Starks set out as a country singer, but in the late thirties joined the swing orchestra circuit - Joe Venuti, Bob Crosby, Glenn Miller, Venuti once more and Charlie Barnet in 1944.

Peggy Lee :  Norma Dolores Egström, alias Peggy Lee, named the ‘Queen’ by Duke Ellington, debuted in the bands of Sev Olson and Will Osborne.  Her career began to climb when she joined the Goodman band in 1941.
Frances Wayne :  Chiarina Francesca Bertocci was with Woody Herman in the mid-forties, but also sang with Sam Donahue and Charlie Barnet.  She then married the arranger Neal Hefti with whom she founded an orchestra in 1952.

Carolyn Grey :  This worthy singer made the mistake of joining Gene Krupa just after Anita O’Day’s departure.  She nevertheless deserves merit.

Mary Ann McCall :  Mary Miller was initially a dancer, then turned to singing where she accompanied Tommy Dorsey (1938), Woody Herman (1939), Charlie Barnet (1939-40), Tommy Reynolds (1941), Charlie Barnet again (1944), Lew Gray, a West Coast band (1945), Allen Kassel (1945-46), Woody Herman once more (1946-49) and Charlie Ventura (1954-55).

Ginnie Powell :  At the age of 17, she joined Boyd Raeburn’s band and married the leader in 1945.  She also sang with Jerry Wald, Gene Krupa, Charlie Barnet and Harry James.

June Christy :  Spotted by Anita O’Day to replace her in Stan Kenton’s orchestra, Shirley Luster, alias June Christy stayed with Stan from 1945 to 1950, and then occasionally returned, as for the fabulous European tour in 1953.
Lucy Ann Polk :  This singer debuted with Bobby Sherwood, then sang with Les Brown, Bob Crosby, Kay Kyser in 46-47, Tommy Dorsey in 47-49 then again with Les Brown from 49-52.  She also participated in jazz concerts with Dave Pell’s band.

Jo Ann Greer :  Best known as Les Brown’s appointed singer in the late fifties, she debuted in Sonny Burke’s orchestra in 1951.

In this anthology, we may also appreciate lesser known singers such as Anita Boyer (who recorded with the King Cole trio and sang with swing bands), Pauline Byrne (hired by Artie Shaw in 1940), Pat Cameron, Judy Ellington, Dee Parker (who sang with Jimmy Dorsey after the war), Rosalind Patton, Gail Reese (with Bunny Berigan in 37-38) and Jerry Winters who spent some time with Stan Kenton.  Unfortunately, we have been unable to include countless other talented singers.

Apart from Sentimental Journey by Doris Day, Why Don’t You Do Right ? by Peggy Lee and I’m Beginning To See The Light by Kitty Kallen, this selection concentrates on the quality of the voice and the feeling imparted rather than the more common titles, already present in numerous albums.

Goody Goody, a popular piece in the early swing era is interpreted here by Helen Ward, accompanied by the Goodman orchestra.  In I’ll Never Tell You I Love You we may appreciate the voice of Georgia Gibbs.  Gone With The Wind was sung by Maxine Sullivan in the early days of her magnificent career.  Bob Crosby let Kay Weber step forward in Please Be Kind in which we may also savour Eddie Miller’s cool tenor sax.  I Dream I Dwelt In Marble Halls, sung by Bea Wain with Larry Clinton boasts an exceptional orchestral backing.  I Dance Alone, played by Bunny Berigan is of mediocre interest, but we can at least hear the voice of Gail Reese and the trumpet of the leader.  With the Mildred Bailey-Red Norvo tandem we turn to jazz, while still in the casino !  They can be appreciated here in After Dinner Speech.  Martha Tilton belonged to the Benny Goodman outfit during one of its best periods, and their rendition of Feeling High & Happy was made shortly after the Carnegie Hall concert.  Any Old Time was the unique recording of Billie Holiday singing with Artie Shaw, and is a very moving piece.  Judy Ellington was with Charlie Barnet when she sang Some Like It Hot.  The ambience is joyful in All In Favor Of Swing Say ‘Aye’, with Edythe Wright backed by Tommy Dorsey’s orchestra.  In Deep Purple, sung by Helen Forrest with Artie Shaw’s band, we reach the heart of casino music.  My Fantasy is also played by the Artie Shaw line-up, but it’s a very different band.  We may enjoy the voice of the little-known singer Pauline Byrne.  Many singers interpreted Six Lessons From Mme La Zonga, but Helen O’Connell’s version is particularly good, accompanied by Jimmy Dorsey’s orchestra.  In The Gentleman Needs A Shave, Marion Hutton teams up with Tex Beneke, backed by the Glenn Miller orchestra.  Love Of My Life, sung by Fred Astaire in the film Second Chorus was also interpreted by Anita Boyer accompanied by Artie Shaw.  So, You’re The One takes us back to the ‘canary’ flip-side song, but Yvonne King deserved to be included here.  All I Desire, sung by Lena Horne accompanied by Charlie Barnet, finds us in a chic club in Downtown Manhattan.  Anita O’Day is on fine form in ‘Murder’, He Says, where she is in the company of Roy Eldridge and Gene Krupa’s band.  In 1942, the Goodman band was particularly sound.  Nevertheless, Peggy Lee greatly contributes to the success of Why Don’t You Do Right ?  In the early forties, Tommy Dorsey was also very active, along with his arranger Sy Oliver and his vocalists Jo Stafford and the very young Frank Sinatra.  Snootie Little Cutie is one of the rare interpretations sung by this duo.  Accentuate The Positive was a very fashionable tune in 1943-44 and was interpreted by many musicians, including Louis Armstrong.  Irene Daye and Charlie Spivak also made a worthy version as we can hear in this selection.  We remember Billie Holiday’s version of the good dance tune, I Cried For You.  Here, we have included the version by Helen Forrest with Harry James’ orchestra, from the film Bathing Beauty.  At the end of the war, G.I. Jive was a very popular number and here it is interpreted by the little-known Pat Cameron, accompanied by Sonny Dunham’s orchestra.  Share Croppin’ Blues is one of the few recordings made by Kay Starr while with Charlie Barnet.  Sentimental Journey was a huge hit both in America and Europe and assisted Doris Day in her rise to stardom.  While Anita O’Day was with Kenton, she sang (Singing The) Blues, proving how she was at ease with pure jazz as also in dance or variety music.  Frances Wayne joined Woody Herman in his First Herd and had much success with Happiness Is A Thing Called Joe, but we esteem that There’s No You is even better.  A Kiss Goodnight finds Ella Fitzgerald on tremendous form with the swinging Randy Brooks and his orchestra.  The V-Disc version of I’m Beginning To See The Light, composed by Duke Ellington, is best known, but we have opted for a radio version which is equally good.  Anita O’Day springs to mind when we think of Tea for Two with Gene Krupa, but Carolyn Grey, who replaced her in 1946 also added it to her repertory.  By 1946, June Christy had gained more self-confidence in Stan Kenton’s orchestra.  She recorded Willow Weep For Me several times during her career.  That’s Good Enough For Me is one of the only songs we found with Rosemary Clooney backed by Tony Pastor’s orchestra.  Elliott Lawrence’s orchestra was still young in 1946, and his singer, Rosalind Patton, sang very nicely in You’re Right, I’m Wrong.  Ginny Powell put true feeling in So Would I, accompanied by the orchestra of Boyd Raeburn.  We selected At Sundown in order to hear Dee Parker with Jimmy Dorsey, who was then hiring modern musicians to renew the sound.  Mary Ann McCall sang with Woody Herman’s Second Herd when swing bands were increasingly turning to jazz.  More Than You Know is a magnificent tune.  Before joining Les Brown, we can find Jo Ann Greer with Sonny Burke and his orchestra singing an excellent interpretation of I Want To Be Happy.  In Adios, we can discover the most astonishing voice in this anthology - the very young Jerri Winters backed by the Kenton orchestra.  This panorama closes with Les Brown and Lucy Ann Polk, whose voice can be particularly appreciated in Back In Your Own Backyard.
Adapted in English by Laure WRIGHT
from the French text of Pierre CARLU

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003

DISCOGRAPHIE
DISC 1
1. Helen Ward with Benny Goodman & his orchestra : Nat Kazebier, Ralph Muzillo, Harry Geller (tp), Joe Harris, Red Ballard (tb), Benny Goodman (cl, ldr), Bill DePew, Hymie Schertzer (as), Arthur Rollini, Dick Clark (ts), Jess Stacy (p), Allen Reuss (g), Harry Goodman (b), Gene Krupa (dm), Helen Ward (vcl), Henri Woode (arr) – Victor 25245, Chicago, January 24, 1936.    
Goody Goody (J. Mercer, M. Malneck)    2’34
2. Georgia Gibbs with the Hudson-De Lange orchestra : James O’Connell, Steve Lipskin, Jimmy Blake (tp), Edward Kolyer (tb), George Bohn,  Hugh Hibbert (cl, as), Ted Duane (cl, ts), Pete Brendel (as, bs), Mark Hyams (p), Cliff Rausch (g), Doc Goldberg (b), Edward O’Hara (dm), Fredda Gibson (Georgia Gibbs) (vcl) – Brunswick 7785, New-York, November 23, 1936.    
I’ll Never Tell You I Love You (?)    3’03
3. Maxine Sullivan with Claude Thornhill & his orchestra : Mannie Klein, Charlie Spivak (tp), Jack Lacey (tb), Toots Mondello, Jess Carneol (as), Babe Russin (ts), Eddie Powell (bs,f), Claude Thornhill (p, arr, ldr), Artie Bernstein (b), Chauncey Morehouse (dm), Maxine Sullivan (vcl) – Vocalion 3616, New-York, June 14, 1937.    
Gone With The Wind (H. Magidson, A. Wrubel)    2’46
4. Kay Weber with Bob Crosby & his orchestra : Charlie Spivak, Billy Butterfield, Yank Lawson (tp), Ward Silloway, Warren Smith (tb), Matty Matlock (cl, as), Joe Kearns (as), Eddie Miller (cl, ts), Gil Rodin (ts), Bob Zurke (p), Nappy Lamare (g), Bob Haggart (b), Ray Bauduc (dm), Bob Crosby (ldr), Kay Weber (vcl) – Decca 1693, New-York, February 10, 1938.    
Please Be Kind (S. Cahn, S. Chaplin)    2’53
5. Bea Wain with Larry Clinton & his orchestra : Walter Smith, Willis Kelly, Bob Cusumano (tp), Al Russo, Ford Leary (tb), Don Watt, Fletcher Hereford (cl, as), George Dessinger, Tony Zimmers (cl, ts), Sam Mineo (p), Jack Cheisleigh, Al Whistler (b), Ray Michaels (dm), Larry Clinton (ldr), Bea Wain (vcl) – Victor 25789, New-York, 11 Février 1938.    
I Dreamt I Dwelt In Marble Halls (Balfe)    3’06
6. Gail Reese with Bunny Berigan & his orchestra : Bunny Berigan (tp, ldr), Irving Goodman, Steve Lipkins (tp), Al George, Sonny Lee (tb), Mike Doty, Joe Dixon (cl, as), Georgie Auld, Clyde Rounds (ts), C.Graham Forbes (p), Tom Morgan (g), Hank Wayland (b), Dave Tough (dm), Gail Reese (vcl) – Victor 25820, New-York, March 16, 1938.    
I Dance Alone (Shelton)    2’49
7. Mildred Bailey with Red Norvo & his orchestra : Jimmy Blake, Zeke Zarchey, Barney Zudekoff (tp), Was Hein (tb), Hank d’Amico (cl), Len Goldstein (as), Jerry Jerome, Charles Lanphere (ts), Bill Miller (p), Alan Hanlon (g), Pete Peterson (b), George Wettling (dm), Red Norvo (xyl, ldr), Mildred Bailey (vcl) – Brunswick 8171, New-York, April 21, 1938.    
After Dinner Speech (Adams, Levant)    2’56
8. Martha Tilton with Benny Goodman & his orchestra : Harry James, Ziggy Elman, Gordon Griffin (tp), Red Ballard, Vernon Brown (tb), Benny Goodman (cl, ldr), Dave Matthews, Noni Bernardi (as), Bud Freeman, Arthur Rollini (ts), Jess Stacy (p), Ben Heller (g), Harry Goodman (b), Dave Tough (dm), Martha Tilton (vcl) – Victor 25840, New-York, April 22, 1938.    
Feeling High & Happy (T. Kochler, R. Bloom)    2’33
09. Billie Holiday with Artie Shaw & his orchestra : Chuck Peterson, John Best, Claude Bowen (tp), George Arus, Ted Vesely, Harry Rogers (tb), Artie Shaw (cl, ldr), Les Robinson, Hank Freeman (as), Tony Pastor, Ronnie Perry (ts), Les Burness (p), Al Avola (g), Sid Weiss (b), Cliff Leeman (dm), Billie Holiday (vcl) – Bluebird B 7759, New-York, July 24, 1938.    
Any Old Time (A. Shaw)    3’14
10. Judy Ellington with Charlie Barnet & his orchestra : Bobby Burnet, John Mendel, John Owens (tp), Ben Hall, Don Ruppersberg, Bob Fishel (tb), Charlie Barnet (as, ts), Kurt Bloom, Gene Kinsey (as), Don McCook, James Lamare (ts), Bill Miller (p), Bus Etri (g), Phil Stevens (b), Wesley Dean (dm), Judy Ellington (vcl) – Bluebird B 10182, New-York, March 17, 1939.    
Some Like It Hot (F. Loesser, G. Krupa, R. Biondi)    2’30
11. Edythe Wright with Tommy Dorsey & his orchestra : Andy Ferretti, Yank Lawson, Jimmy Blake (tp),Tommy Dorsey (tb, ldr), Ward Silloway, Elmer Smithers, Dave Jacobs (tb), Johnny Mince (cl, as), Fred Stulce, Hymie Schertzer (as), Dean Kincaide, Babe Russin (ts), Howard Smith (p), Carmen Mastren (g), Gene Traxler (b), Cliff Leeman (dm), Edythe Wright (vcl) – Victor 26356, New-York, August 24, 1939.    
All In Favor Of Swing Say «Aye» (B. Davis, J. Greer)    3’30
12. Helen Forrest with Artie Shaw & his orchestra : Chuck Peterson, John Best, Bernie Privin (tp), George Arus, Les Jenkins, Harry Rogers (tb), Artie Shaw (cl, ldr), Les Robinson, Hank Freeman (as), Tony Pastor, Georgie Auld (ts), Bob Kitsis (p), Al Avola (g), Sid Weiss (b), George Wettling (dm), Helen Forrest (vcl) – Bluebird B 10178, New-York, March 12, 1939.    
Deep Purple (De Rose)    3’13
13. Pauline Byrne with Artie Shaw & his orchestra : Charlie Margulis, Mannie Klein, George Thow (tp), Randall Miller, Bill Rank, Babe Bowman (tb), Jack Cave (fhr), Artie Shaw (cl, ldr)), Blake Reynolds, Bud Carlton, Jack Stacey (as), Dick Clark (ts), Joe Krechter (bcl), Morton Ruderman (f), Phil Nemoli (oboe), Stan Wrightsman (p), Bobby Sherwood (g), Jud DeNaut (b), Carl Maud (dm), Pauline Byrne (vcl) + 8 violins, 3 violas, 2 cellos – Victor 26614, Hollywood, March 3, 1940.    
My Fantasy (Whiteman, Meskill, Edwards)    3’35
14. Helen O’Connell with Jimmy Dorsey & his orchestra : prob. Personnel Nat Kazebier, Jimmy Campbell, Shorty Solomon (tp), Nat Lobovsky, Don Matteson, Sonny Lee (tb), Jimmy Dorsey (cl, as, ldr), Milt Yaner, Sam Rubinowich (as), Charles Frazier, Herbie Haymer (ts), Joe Lipman (p), Guy Smith (g), Jack Ryan (b), Buddy Schulz (dm), Helen O’Connell (vcl) – World Transcription 3784, Los Angeles, 1940.    
Six Lessons From Madame La Zonga (C. Newman, J.V. Monaco)    3’11
15. Marion Hutton with Glenn Miller & his orchestra : Charles Frankhauser, Dale McMickle, Zeke Zarchy, John Best (tp), Glenn Miller (tb, ldr), Paul tanner, Frank D’Annolfo, James Priddy (tb), Hal McIntyre, Wilbur Swartz (cl, as), Ernie Caceres (as, bs, cl), Tex Beneke (ts, vcl), Al Klink (ts, bcl), Chummy McGregor (p), Jack Lathrop (g), Trigger Alpert (b), Maurice Purtill (dm), Marion Hutton (vcl), Jerry Gray (arr) –NBC-Blue WJZ broadcast, Café Rouge, Hotel Pennsylvania, New-York, October 7, 1940.    
The Gentleman Needs A Shave (G.Wood, K.Gannon) (with Tex Beneke as male vocalist)    3’07
16. Anita Boyer with Artie Shaw & his orchestra : George Wendt, J.Cathcart, Billy Butterfield (tp), Jack Jenney, Vernon Brown (tb), Artie Shaw (cl, ldr), Bus Bassey, Neely Plumb (as), Les Robinson, Jerry Jerome (ts), Johnny Guarnieri (p), Al Hendrickson (el-g), Jud DeNaut (b), Nick Fatool (dm), Anita Boyer (vcl) + 6 violins, 2 violas, 1 cello – Victor 26790, Hollywood, October 7, 1940.    
Love Of My Life (J. Mercer, A. Shaw)    3’21
17. Yvonne King with Alvino Rey & his orchestra : Danny Vanelli, Frank Strasek, Paul Fredericks (tp), Jerry Rosa, Wally Barron (tb), Charles Brosen, Jerry Sanfino, Skeets Herfurt, Kermit Levinski (s), Buddy Cole (p), Dick Morgan (g), Sandy Block (b), Bunny Shawker (dm), Alvino Rey (ldr), Yvonne King (vcl) – Transcription, New-York, 1940-41.    
So, You’re The One (?)    2’51
18. Lena Horne with Charlie Barnet & his orchestra : Bob Burnet, Bernie Privin, George Esposito, Lyman Vunk (tp), Spud Murphy, Don ruppersberg, Bill Robertson, Ford Leary (tb), Charlie Barnet (ss, as, ts, ldr), Conn Humphreys(cl,as), James Lamare, Leo White (as), Kurt Bloom (ts), Bill Miller (p), Bus Etri (g), Phil Stevens (b), Cliff Leeman (dm), Lena Horne (vcl) – Langworth Transcription, Liederkrantz Hall, New-York, January 27, 1941.    
All I Desire (D. Lieberman)    3’19
19. Anita O’Day with Gene Krupa & his orchestra : Roy Eldridge, Mickey Mangano, Norman Murphy, Al Beck (tp), Greg Phillips, Babe Wagner, Tommy Pederson (tb), Benny Feeman (as), Sam Musiker (as, cl), Jimmy Milione, Don Brassfield (ts), Rex Sittig (bs), Joe Springer (p), Teddy Walters (g), Eddie Mihelich (b), Gene Krupa (dm, ldr), Anita O’Day (vcl), Elton Hill (arr) – Okeh 6695, New-York, July 13, 1942.    
Murder, He Says ! (J. McHugh, F. Loesser)    3’19
20. Peggy Lee with Benny Goodman & his orchestra : Jimmy Maxwell, Lawrence Stearns, Tony Faso (tp), Lou McGarity, Charlie Castaldo (tb), Benny Goodman (cl, ldr), Hymie Schertzer, Clint Neagley (as), John Walton, Leonard Sims (ts), Bob Poland (bs), Mel Powell (p, arr), Dave Barbour (g), Cliff Hill (b), Howard Davies (dm) - Columbia 36652, New-York, July 27, 1942.    
Why Don’t You Do Right ? (J. McCoy)    3’18
DISC 2
1. Jo Stafford with Tommy Dorsey & his orchestra : Ziggy Elman, Chuck Peterson, Jimmy Blake, Jimmy Zito (tp), Tommy Dorsey (tb, ldr), Dave Jacobs, George Arus, Jimmy Skiles (tb), Fred Stulce, Harry Schuchman (cl, as), Heinie Beau (cl, ts), Bruce Snyder, Don Lodice (ts), Danny Vanelli (s), Milt Raskin (p), Clark Yokum (g), Phil stevens (b), Buddy Rich (dm) + 5 violins, 2 violas, 1 cello, Ruth Hill (hp), Jo Stafford & the Pied Pipers, Frank Sinatra (vcl), Sy Oliver (arr) – Radio broadcast, Washington D.C., August 18, 1942.    
Snootie Little Cutie (B. Troup) (with Frank Sinatra as male vocalist)    3’21
2. Irene Daye with Charlie Spivak & his orchestra : prob. Personnel Charlie Spivak (tp, ldr), Russ Montcalm, Danny Vanelli, Ignatius Greco, Phil Belzer (tp), Rusty Nichols, Vernon Whitney, Herbie Harper, Francis Forman (tb), Charlie Russo, Sal Pace (as), Fran Ludwig, Michael Sabol, Francis Reudelheuber (ts), Henry Haupt (bs), Alfred Nicolace or Abe Login (p), Len Mirabella (g), Jack Jacobson (b), Alvin Stoller (dm), Irene Daye (vcl), Sonny Burke (arr) – prob. Transcription, New-York, between 1943 and 1946.    
Accentuate The Positive (H. Arlen, J. Mercer)    3’21
3. Helen Forrest with Harry James & his orchestra : Harry James (tp,ldr), Nick Buono, Vince Badale, Jimmy Campbell, Al Cuozzo (tp), Don Boyd, Murray McEachern, Harry Rogers (tb), Phil Palmer (fhr), Claude Lakey (as, tp), Sam Marowitz (as, bs), Johnny McAfee (as), Corky Corcoran (ts), Hugo Lowenstern (ts, bs), Al Lerner (p), Ben Heller (g), Thurman Teague (b), Mickey Scrima (dm), Helen Forrest (vcl), jack Mathias (arr) + 9 strings – Soundtrack from «Bathing Beauty», Hollywood, July 14, 1943.    
I Cried For You (A. Freed, G. Arnheim, A. Lyman)    3’11
4. Pat Cameron with Sonny Dunham & his orchestra : prob. Personnel Sonny Dunham (tp, tb, ldr), Sonny Berman, Wilton Hutton, Marky Markowitz (tp), George Cane, Bob Swift, Earl Swope (tb), Johnny Bothwell, Howard Walters (as), Emmett Carls, Bill McDonald (ts), Stuart Olsen (bs), Fred Otis (p), Milt Norman (g), Mert Oliver (b), Don Lamond (dm), Pat Cameron (vcl) – Lang-Worth Transcription, New-York, March 7 1944.    
G.I. Jive (J. Mercer)    2’58
5. Kay Starr with Charlie Barnet & his orchestra : Peanuts Holland, Johnny Martel, Jack Mootz, Lyman Vunk (tp), Charles Coolidge, Gerald Foster, Dave Hallet, Burt Johnson (tb), Charlie Barnet (ss, as, ts, ldr), Harold Herzone, Joe Meisner (as), Kurt Bloom, Ed Pripps (ts), Bob Poland (bs), Dodo Marmarosa (p), Barney Kessel (g), Howard Rumsey (b), Harold Hahn (dm), Kay Starr (vcl) – Decca 24264, Los Angeles, August 3, 1944.    
Share Croppin’ Blues (Robinson, Mayer)    3’04
6. Doris Day with Les Brown & his orchestra : Randy Brooks, Carl Berg, Vern Rowe, Bob Higgins (tp), Kenny Miesel, Dick Noel, Dick Gould (tb), Stumpy Brown (btb), Les Brown (cl, ldr), George Weidler, Mark Douglas (as), Ted Nash (ts), Nick Rivello (ts, bs), Butch Stone (cl, as, bs), Jeff Clarkson (p), Hy White (g), Bob Leininger (b), Dick Shanahan (dm), Doris Day (vcl) – Columbia 36769, New-York, November 20/21, 1944.    
Sentimental Journey (B. Green, L. Brown, B. Homer)    3’50
7. Anita O’Day with Stan Kenton & his orchestra : Buddy Childers, John Carroll, Karl George, Gene Roland, Mel Green (tp), Harry Forbes, Fred Zito, Milt Kabak (tb), Bart Varsalona (btb), Bob Lively, Boots Mussulli (as), Emmett Carls, Stan Getz (ts), Bob Gioga (bs), Stan Kenton (p, ldr), Bob Ahern (g), Bob Kesterson (b), Jim Falzone (dm), Anita O’Day (vcl), Dave Mathews (arr) – CP MacGregor Transcription, Hollywood, December 1944.    
(Singing The) Blues (S. Kenton)    3’26
8. Frances Wayne with Woody Herman & his orchestra : Sonny Berman, Ray Wetzel, Pete Candoli, Chuck Frankhouser, Carl Warwick (tp), Ralph Pfeffner, Ed Keifer, Bill Harris (tb), Woody Herman (cl, as), Sam Marowitz, John La Porta (as), Flip Phillips, Pete Mondello (ts), Skippy DeSair (bs), Ralph Burns (p), Billy Bauer (g), Chubby Jackson (b), Dave Tough (dm), Frances Wayne (vcl), Ralph Burns (arr) – Radio Broadcast, Café Rouge, Hotel Pennsylvania, New-York, July 28, 1945.    
There’s No You (T. Adair, H. Hopper)    3’35
9. Ella Fitzgerald with Randy Brooks & his orchestra : Randy Brooks (tp, ldr), Ernie Englund, Williams Mullins, Bill Scaffe, Bernie Valentine (tp), Jerry Barnes, Fred Mann, J.C.Miller (tb), Eddie Caine, Drew Walker (as), Willie Baker, Bob Cheeny (ts), Sam De Martino (bs), Shorty Allen (p), unknown (g), John Crescensi (b), Sonny Mann (dm), Ella Fitzgerald (vcl), prob. John Benson Brooks (arr) – Decca 18713, New-York, August 29, 1945.    
A Kiss Goodnight (Slack, Victor, Herman)    3’06
10. Kitty Kallen with Harry James & his Music Makers: Harry James (tp, ldr), James Troutman, Red Berkin, Jimmy Campbell, Al Ramsey (tp), Juan Tizol (vtb), Jesse Ray Heath, Vic Hamann, Chuck Preble (tb), Willie Smith, Eddie Rosa (cl, as), Corky Corcoran, Stuart Bruner (ts, bs), George Davis (bs), Arnold Ross (p), Hayden Causey (g), Ed Mihelich (b), Ray Toland (dm), Kitty Kallen (vcl), Jack Mathias (arr) + 10 violins, 4 violas, 2 cellos – Radio broadcast, «Pabst Blue Ribbon Show», New-York, August 24 1945.    
I’m Beginning To See The Light (H. James, D. Ellington, J. Hodges, D. George)    3’19
11. Carolyn Grey with Gene Krupa & his orchestra : Joe Triscari, Red Rodney, Vince Hughes, Jimmy Millazo (tp), Dick Taylor, Bob Asher, Nick Gaglio, Tasso Harris (tb), Harry Terrill, Charlie Kennedy (as), Charlie Ventura, Buddy Wise (ts), Joe Koch (bs), Teddy Napoleon (p), Mike Triscari (g), Irv Lang (b), Gene Krupa (dm), Carolyn Grey (vcl), George Williams (arr) – Capitol Transcription, Hollywood, January / February, 1946.    
Tea For Two (V. Youmans, I. Caesar)    2’16
12. June Christy with Stan Kenton & his orchestra : Buddy Childers, Ray Wetzel, Chico Alvarez, John Anderson, Ken Hanna (tp), Kai Winding, Harry Forbes, Miff Sines (tb), Bart Varsalona (btb), Al Anthony, Boots Mussulli (as), Vido Musso, Bob Cooper (ts), Bob Gioga (bs), Stan Kenton (p, ldr), Bob Ahern (g), Eddie Safranski (b), Shelly Manne (dm), June Christy (vcl) – Capitol 20087, Hollywood, 25 Juillet 1946.    
Willow Weep For Me (Ann Ronnell)    3’16
13. Rosemary Clooney with Tony Pastor & his orchestra : prob. Personnel Bob Bayliss, Nick Geraci, Stubby Pastor (tp), Bob Pring, Ray Wright, Dave Maser (tb), Johnny White, Chuck DiMaggio (as), Tony Pastor (ts, ldr), Bob Anderson, Ben Lary (ts), Jack Agee (bs), Les Burness (p), Milt Norman (g), Eddie Garson (b), Henry Riggs (dm), Rosemary Clooney (vcl) – Radio broadcast, New-York, Summer 1946.    
That’s Good Enough For Me (?)    2’30
14. Rosalind Patton with Elliot Lawrence & his orchestra : poss. personnel Alec Fila, Johnny Dee, Joe Veccio (tp), Joe Verecchio, Herb Collins, Tony Lala (tb), Ernie Angelucci (fhr), Mike Giamo, Mike Donio, Eddie Catonacci, Andy Pino, Frank Lewis (s), 1 oboe, Mike D’Aquilla (p), Andy Ricardo (b), Max Spector (dm), Elliot Lawrence (p, ldr), Rosalind Patton (vcl), Gerry Mulligan (arr) – Transcription, New-York, 1946.    
You’re Right I’m Wrong (B. Goodman, E. Sampson, J. Palmer)    2’50
15. Ginnie Powell with Boyd Raeburn & his orchestra : Wes Hensel, Gordon Bothwell, Conrad Gozzo, Pete Candoli (tp), Dick Noel, Hal Smith, Randy Bellerjean (tb), Lloyd Otto, Vince Dimino (fhr), Buddy DeFranco (cl), Abe Markowitz, Sam Spumberg (as), Frank Socolow, Shirley Thompson (ts), Hy Mandel (bs), Boyd Raeburn (bbs, ldr), Hal Schaffer (p), Sam Herman (g), Clyde Lombardi (b), Irv Kugler (dm), Ginnie Powell (vcl), Johnny Richards (arr) – Radio broadcast, «Vanity Fair», New-York, January 1947.    
So Would I (Johnston, Burke)    3’40
16. Dee Parker with Jimmy Dorsey & his orchestra : prob.personnel Irv Goodman, Bob Alexey, Red Solomon, Cy Baker (tp), Don Matteson, Sonny Lee, Bob Alexander, Frank mancusi (tb), Jimmy Dorsey (cl, as, ldr), Bill Covey, Kenny Dehlin(as), Chuck Travis, Jimmy Giuffre (ts), Sol Schlinger (bs, bcl), Al Haig (p), Steve Jordan (g), Barney Spieler (b), Karl Kiffe (dm), Dee Parker (vcl) – Radio broadcast, «Steel Pier», Atlantic city, Summer 1947.    
At Sundown (W. Donaldson)    2’38
17. Mary Ann McCall with Woody Herman & his Second Herd : Stan Fishelson, Bernie Glow, Red Rodney, Ernie Royal, Shorty Rogers (tp), Bill Harris, Earl Swope, Ollie Wilson(tb), Bob Swift (btb), Woody Herman (cl, as), Sam Marowitz (as), Al Cohn, Zoot Sims, Stan Getz (ts), Serge Chaloff (bs), Terry Gibbs (vb), Lou Levy (p), Chubby Jackson (b), Don Lamond (dm), Mary Ann McCall (vcl), Ralph Burns (arr) – Capitol unissued on 78rpm, , Hollywood, December 30, 1948.    
More Than You Know (Youmans, Rose, Eliscu)    3’04
18. Jo Ann Greer with Sonny Burke & his orchestra : Pete Candoli, Conrad Gozzo, Mickey Mangano, Ollie Mitchell (tp), John Halliburton, Ray Heath, Jimmy Priddy, Paul tanner (tb), Hugo Lowenstern, Clint Neagley, Don Raffel, Ham Russum, Bob Lawson (reeds), Paul Smith (p), Al Hendrickson (g), Joe Mondragon (b), Tom Romersa (dm), Jo Ann Greer (vcl) – Transcription, 1951.    
I Want To Be Happy (V. Youmans, I. Caesar)    2’25
19. Jerri Winter with Stan Kenton & his orchestra : Buddy Childers, Clyde Reasinger, Conte Candoli, Ruben McFall, Don Dennis (tp), Bob Fitzpatrick, Harold Branch, Gerald Finch, Bill Russo (tb), George Roberts (btb), Dick Meldonian, Lennie Niehaus (as), Bill Holman, Lee Elliot (ts), Bob Gioga (bs), Stan Kenton (p, ldr), Laurindo Almeida, Ralph Blaze (g), Don Bagley (b), Frank Capp (dm), Jerri Winters (vcl), Bill Russo (arr) – Capitol T-20244, Los Angeles, March 12, 1952.    
Adios (Madriguera, Woods)    2’42
20. Lucy Ann Polk with Les Brown & his orchestra : Wes Hensel, Don Paladino, Bob Fowler, Don Fagerquist (tp), Ray Sims, Dick Noel, Bob Pring (tb), Stumpy Brown (btb), Les Brown (cl, as, ldr), Sol Libero, Abe Aaron (cl, as), Dave Pell (ts), Marty Berman (ts, bs), Butch Stone (bs), Jeff Clarkson (p), Tony Rizzi (g), Rollie Bundock (b), Jack Sperling (dm), Lucy Ann Polk (vcl) – Coral 60946, Hollywood, November 5/6, 1952.    
Back In Your Own Backyard (A. Jolson, B. Rose, D. Dreyer)    2’58

Note : Le morceau n° 16 du deuxième CD, At Sundown, souffre à son début d’un léger pleurage qui est dans l’original. On a malgré tout pensé que cela ne justifiait pas d’éliminer cette interprétation de la présente anthologie.


Les chanteuses des grands orchestres swing furent, dans les années 30 et surtout 40, à l’origine de la vague déferlante d’un music-hall triomphant qui envahit toute la planète.

During the thirties and forties, the ladies singing in the big swing bands sparked the triumph of the music hall which swept the entire planet.

DISC 1
01. Helen Ward with Benny Goodman & his orchestra :     
Goody Goody     2’34
02. Georgia Gibbs with the Hudson-De Lange orchestra :     
I’ll Never Tell You I Love You     3’03
03. Maxine Sullivan with Claude Thornhill & his orchestra :     
Gone With The Wind     2’46
04. Kay Weber with Bob Crosby & his orchestra : Please Be Kind     2’53
05. Bea Wain with Larry Clinton & his orchestra :     
I Dreamt I Dwelt In Marble Halls     3’06
06. Gail Reese with Bunny Berigan & his orchestra : I Dance Alone     2’49
07. Mildred Bailey with Red Norvo & his orchestra : After Dinner Speech     2’56
08. Martha Tilton with Benny Goodman & his orchestra :     
Feeling High & Happy     2’33
09. Billie Holiday with Artie Shaw & his orchestra : Any Old Time     3’14
10. Judy Ellington with Charlie Barnet & his orchestra :     
Some Like It Hot     2’30
11. Edythe Wright with Tommy Dorsey & his orchestra :     
All In Favor Of Swing Say «Aye»     3’30
12. Helen Forrest with Artie Shaw & his orchestra : Deep Purple     3’13
13. Pauline Byrne with Artie Shaw & his orchestra :     
My Fantasy     3’35
14. Helen O’Connell with Jimmy Dorsey & his orchestra :     
Six Lessons From Madame La Zonga     3’11
15. Marion Hutton with Glenn Miller & his orchestra :     
The Gentleman Needs A Shave (with Tex Beneke as male vocalist)    3’07
16. Anita Boyer with Artie Shaw & his orchestra : Love Of My Life     3’21
17. Yvonne King with Alvino Rey & his orchestra : So, You’re The One     2’51
18. Lena Horne with Charlie Barnet & his orchestra : All I Desire     3’19
19. Anita O’Day with Gene Krupa & his orchestra :     
Murder, He Says !     3’19
20. Peggy Lee with Benny Goodman & his orchestra :     
Why Don’t You Do Right ?     3’18
DISC 2
01. Jo Stafford with Tommy Dorsey & his orchestra :     
Snootie Little Cutie (with Frank Sinatra as male vocalist)    3’21
02. Irene Daye with Charlie Spivak & his orchestra :     
Accentuate The Positive     3’21
03. Helen Forrest with Harry James & his orchestra :     
I Cried For You     3’11
04. Pat Cameron with Sonny Dunham & his orchestra : G.I. Jive     2’58
05. Kay Starr with Charlie Barnet & his orchestra :     
Share Croppin’ Blues     3’04
06. Doris Day with Les Brown & his orchestra :     
Sentimental Journey     3’50
07. Anita O’Day with Stan Kenton & his orchestra : (Singing The) Blues     3’26
08. Frances Wayne with Woody Herman & his orchestra :     
There’s No You     3’35
09. Ella Fitzgerald with Randy Brooks & his orchestra :     
A Kiss Goodnight     3’06
10. Kitty Kallen with Harry James & his Music Makers: :     
I’m Beginning To See The Light     3’19
11. Carolyn Grey with Gene Krupa & his orchestra : Tea For Two    2’16
12. June Christy with Stan Kenton & his orchestra : Willow Weep For Me    3’16
13. Rosemary Clooney with Tony Pastor & his orchestra :     
That’s Good Enough For Me     2’30
14. Rosalind Patton with Elliot Lawrence & his orchestra :     
You’re Right I’m Wrong    2’50
15. Ginnie Powell with Boyd Raeburn & his orchestra : So Would I     3’40
16. Dee Parker with Jimmy Dorsey & his orchestra : At Sundown     2’38
17. Mary Ann McCall with Woody Herman & his Second Herd :     
More Than You Know     3’04
18. Jo Ann Greer with Sonny Burke & his orchestra :     
I Want To Be Happy     2’25
19. Jerri Winter with Stan Kenton & his orchestra : Adios     2’42
20. Lucy Ann Polk with Les Brown & his orchestra :     
Back In Your Own Backyard     2’58





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 GOODY GOODY - WARD02'36
02 I LL NEVER TELL YOU I LOVE YOU - GIBBS03'04
03 GONE WITH THE WIND - SULLIVAN02'48
04 PLEASE BE KIND - WEBER02'54
05 I DREAMT I DWELT IN MARBLE HALLS - WAIN03'07
06 I DANCE ALONE - REESE02'51
07 AFTER DINNER SPEECH - BAILEY02'57
08 FEELING HIGH AND HAPPY - TILTON02'35
09 ANY OLD TIME - HOLIDAY03'15
10 SOME LIKE IT HOT - ELLINGTON02'32
11 ALL IN FAVOR OF SWING SAY AYE - WRIGHT03'31
12 DEEP PURPLE - FORREST03'15
13 MY FANTASY - BYRNE03'36
14 SIX LESSONS FROM MADAME LA ZONGA - O CONNELL03'13
15 THE GENTLEMAN NEEDS A SHAVE - HUTTON03'09
16 LOVE OF MY LIFE - BOYER03'23
17 SO YOU RE THE ONE - KING02'53
18 ALL I DESIRE - HORNE03'21
19 MURDER HE SAYS - O DAY03'21
20 WHY DON T YOU DO RIGHT - LEE03'17
CD 2
01 SNOOTIE LITTLE CUTIE - STAFFORD03'22
02 ACCENTUATE THE POSITIVE - DAY03'23
03 I CRIED FOR YOU - FORREST03'12
04 G I JIVE - CAMERON03'00
05 SHARE CROPPIN BLUES - STARR03'05
06 SENTIMENTAL JOURNEY - DAY03'51
07 SINGIN THE BLUES - O DAY03'27
08 THERRE S NO YOU - WAYNE03'36
09 A KISS GOODNIGHT - FITZGERALD03'08
10 I M BEGINNING TO SEE THE LIGHT - KALLEN03'21
11 TEA FOR TWO - GREY02'18
12 WILLOW WEEP FOR ME - CHRISTY03'17
13 THAT S GOOD ENOUGH FOR ME - CLOONEY02'32
14 YOU RE RIGHT I M WRONG - PATTON02'52
15 SO WOULD I - POWELL03'42
16 AT SUNDOWN - PARKER02'39
17 MORE THAN YOU CAN KNOW - MC CALL03'05
18 I WANT TO BE HAPPY - GREER02'27
19 ADIOS - WINTER02'43
20 BACK IN YOU OWN BACKYARD - POLK02'58
« La très belle Léna » par Jazz Classique

Ouf ! De la cuisse, des femmes, enfin ! Certaines, envoûtantes, propres à damner les saints hommes qui peuplaient le monde du jazz d’alors (oui, mes petits chéris, vous pouvez verser votre larme, cette époque ne reviendra pas !), ainsi Lena Horne – seule survivante de ce casting inouï – oui, la très belle Léna, « Tigresse » - liane, dont tous les musiciens étaient fous ! Souvenez-vous : ses apparitions dans stormy Weather ou encore Cabin In The Sky, dans le rôle de Georgia Brown, Marie-Madeleine vénéneuse des studios MGM… (Nous aurions alors tout renié, dites seulement le contraire, bandes d’hypocrites !). Vrai, Blanche-Neige, où donc est passée la sorcière de nos enfances apeurées, mais toutefois fascinées par cette Reine du mal et prête à se soumettre ? Oui, quand donc recroquerons-nous la pomme (en lange jazzy, Big Apple) ? Question. JAZZ CLASSIQUE




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