LA BOLDUC

CHANSONS COMIQUES 1929 - 1939

Plus de détails

Livret : 24 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5073

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

Ajouter à ma liste

+3 pts fidélité


« L’œuvre de celle qui était honnie par beaucoup de bien-pensants de l’époque fait maintenant l’objet de thèses dans les universités. Pour les historiens, la réalité quotidienne d’une grande majorité de la population de cette période est souvent mieux décrite dans les mots mal équarris de Mary Bolduc que dans la prose savante des éditorialistes de journaux ou les analyses de sociologues de l’époque. Mais la principale intéressée ne faisait qu’exprimer ce qu’elle voyait autour d’elle, sans prétention, peu touchée par la célébrité : “J’suis une femme de renom et je compose mes chansons. Veuillez m’excuser, car c’est pour nous amuser”. »
Robert Thérien, Québec

Sous la direction de Martin Duchesne, Robert Thérien présente dans un coffret de 2 CD avec une notice de 24 pages l'anthologie de la chanteuse la plus populaire du Canada francophone.
Patrick Frémeaux

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS - La Librairie Sonore en accord avec XXI records.

La Bolduc - FA5073

LA BOLDUC
CHANSONS
COMIQUES
1929-1939








Madame Bolduc

Tout le monde l’appelait la Bolduc, la plupart par familiarité affectueuse, mais d’autres, par dérision. C’était l’époque des jours sombres de la crise économique de 1929. Montréal, comme beaucoup de villes nord-américaines, avait vu sa population tripler en deux décennies. Attirés par l’industrialisation, les gens envahissaient les villes pour fuir la pauvreté des campagnes.

Sa vie

Mary Rose Travers est née le 4 juin 1894 à Newport, petit village de pêche de Gaspésie, à environ 900 km à l’est de Montréal. Fille de Lawrence Travers, un anglophone de descendance irlandaise, et d’Adeline Cyr, Mary est une belle fille costaude habile de ses mains. Douée pour la musique, elle apprend le violon des mains de son père et s’initie elle-même à l’accordéon et à l’harmonica. En 1907, elle vient travailler à Montréal comme bonne dans une maison du Carré Saint-Louis et, à compter de 1910, comme ouvrière dans une manufac­ture de vêtements. Elle rencontre Édouard Bolduc, un plombier, qu’elle épouse en août 1914. Ils vivent pauvrement dans un quartier populaire avec les réalités de l’époque : le chômage fréquent, les grossesses à répétition, les enfants qui meurent en bas âge à cause des conditions sanitaires. Mary Bolduc eut une douzaine de grossesses mais seulement quatre de ses enfants ont survécu à l’âge adulte. Au début des années 1920, les Bolduc s’installent près de Lowell, au Massachussett, dans l’espoir de trouver du travail dans les manufactures florissantes du nord-est des États-Unis. Ils vivotent tant bien que mal pendant un peu plus d’un an chez une soeur d’Édouard. Ils reviennent à Montréal en 1922 et Édouard trouve un travail régulier comme plombier. Les Bolduc se réunissent souvent avec des amis musiciens pour des soirées folkloriques. Tous ces déracinés de la campagne s’adaptent souvent mal à l’anonymat des villes et ils aiment se retrouver pour partager leurs traditions communes. C’est ce qui explique l’énorme succès des «Soirées du bon vieux temps» qu’organisait le folkloriste Conrad Gauthier au Monument-National, la plus grande salle francophone de Montréal. Cinq ou six fois par année, on y présentait des spectacles sur des thèmes précis, dont le Mardi-gras, la cueillette du sucre d’érable, l’épluchette de maïs, le réveillon de Noël ou la Sainte-Catherine. Musiciens, chanteurs danseurs et comédiens présentaient leurs numéros autour du thème choisi, bien souvent en costumes d’époque. Mary Bolduc y participe parfois comme musicienne. Un soir de 1927, elle y chante la veille chanson française Y’a longtemps que je couche par terre et remporte un beau succès. Édouard Bolduc tombe malade et perd son emploi. Mary accepte des travaux de couture à la maison pour boucler les fins de mois. Au début de 1929, elle participe comme musicienne à des enregistrements de ses amis Ovila Légaré et Eugène Daigneault qui ont déjà fait quelques disques pour la compagnie Starr de Montréal. Ils recommandent chaudement Mary Bolduc au gérant de la compagnie, Roméo Beaudry, lui-même auteur-compositeur et passionné de musique. C’est ainsi que le 12 avril 1929, madame Édouard Bolduc enregistre Y’a longtemps que je couche par terre et La Gaspésienne, un instrumental au violon. Elle enregistrera en août et octobre d’autres pièces instrumentales qui ne connaitront aucun succès. L’entente avec Beaudry prévoyait quatre disques dans l’année. Elle se présente donc le 4 décembre pour ce qui aurait pu être son dernier enregistrement. Elle a choisi cette fois deux chansons : Johnny Monfarleau, une adaptation d’une pièce de folklore irlandaise, et La cuisinière, sa première composition complète. Cette fois, le succès est au rendez-vous. Elle en aurait vendu plus de 10000 exemplaires en quelques mois.
Après l’effondrement de la bourse à Wall Street, l’industrie du disque connait d’énormes difficultés. Chez Starr, le succès inattendu de la Bolduc arrive à point nommé. Roméo Beaudry lui commande alors de nouvelles compositions optimistes et dynamiques. C’est ce dont les gens ont besoin par les temps qui courent. À 35 ans, Mary Bolduc n’avait jamais pensé faire une carrière d’artiste, profession assez mal vue, surtout pour une femme, par la société de l’époque. Mais son mari est sans emploi, et les redevances de son dernier disque rapportent plus que des mois de travail ardu en manufacture. Entre 1929 et 1932, elle enregistre 70 titres, une moyenne d’un disque 78 tours par mois à une époque où l’industrie du disque est en déclin. Tout le monde veut la voir et elle accepte finalement de présenter son premier spectacle en novembre 1930 à un public conquis d’avance. Elle chante également à la radio. En 1931, elle se joint à la troupe de vaudeville de Caroline d’Argère puis fonde sa propre troupe de tournée l’année suivante. Pendant plus de cinq ans, le succès de la Troupe du bon vieux temps ne se dément pas, aussi bien au Québec que dans quelques autres provinces canadiennes et dans le nord-est américain. Mais le 25 juin 1937, madame Bolduc est impliquée dans un grave accident d’auto. Grâce à sa robuste constitution (1,80 m, 85 kg), elle se remet de ses fractures. Certaines blessures mettent cependant du temps à guérir : on diagnostique un cancer. Elle subit deux opérations à Montréal au début de 1938 puis reçoit, à l’Institut du Radium, des traitements qui, alliés aux tracasseries juridiques qui entourent les réclamations d’assurance, affectent ses facultés. Une tournée de spectacles à Montréal, qu’elle avait acceptée à l’été de 1939, doit être annulée. Une période de rémission lui permet de faire quelques spectacles au début de 1939 et d’enregistrer quatre chansons, dont Je m’en vais au marché. Indomptable, elle accepte de partir en tournée en Nouvelle-Angleterre avec la troupe de Jean Grimaldi à l’automne. Mary Bolduc doit de nouveau subir des traitements au radium au début de 1940. Se sachant condamnée, elle accepte une tournée en Abitibi à l’été 1940 avec Rose “La poune” Ouellette et Juliette Pétrie. Malgré la maladie qui gagne du terrain, elle donne, à l’automne, quelques spectacles à Montréal. Le 19 décembre 1940, après un dernier spectacle à Saint-Henri, elle doit entrer de nouveau à l’Institut du Radium où elle s’éteindra le 20 février 1941. Les journaux de l’époque parleront très peu du décès de cette vedette populaire des années 1930. Seul le journaliste Henri Letondal, dont Lucienne Bolduc (fille de Mary) était la secrétaire, lui rendra l’hommage qu’elle mérite dans un long article publié dans l’hebdomadaire Radiomonde le 8 mars 1941.
Ravi par le style de madame Bolduc qu’il découvrit plusieurs années après sa disparition, Charles Trenet lui rendit hommage dans sa chanson Dans les rues de Québec (1950). Le gouvernement du Canada a émis un timbre en 1994 pour commémorer le centenaire de sa naissance. Il existe maintenant un musée de la Bolduc à Newport en Gaspésie avec une adresse internet (www.labolduc.qc.ca)


Ses chansons

Mary Bolduc est issue de la tradition orale où bien peu d’oeuvres sont consignées par écrit. Ce patrimoine survit donc grâce à la transmission de bouche à oreille. Les oeuvres vivent parce qu’elles sont reprises, augmentées, adaptées, revivifiées d’une génération à une autre. Ce que nous appelons «plagiat» dans la tradition littéraire est une mesure de survie dans la traditon orale.
Les airs musicaux qu’utilise Mary Bolduc proviennent presque tous du folklore français, irlandais (de par son père) et américain. Certaines mélodies (notamment Les conducteurs de chars) semblent implantées dans le ragtime et leur complexité laisse soupçonner que sa fille Denise, qui était pianiste, pourrait y être pour quelque chose. Mary Bolduc n’avait qu’un éducation de base et ses textes sont en langage parlé, truffés d’expressions populaires. À cette époque, l’éducation était réservée à un certains nombre de privilégiés. Tous les autres étaient exclus ou n’avaient qu’un accès très limité à la connaissance littéraire et ne pouvaient s’exprimer facilement par l’écrit. L’enregistrement sonore est venu remplir, pour cette masse de laissés pour compte, la même fonction que les journaux et les livres: porter une information à une masse de gens. Sans vraiment l’avoir cherché, Mary Bolduc devenait une porte-parole pour tous ceux qui partageaient son sort. Et c’est une première raison de son succès.
Les chansons de Mary Bolduc représentent une chronique des conditions de vie d’une population déracinée durant une des pires crises économiques du XXe siècle. Malgré tout, elle sont empreintes d’un imperturbable optimisme lié au dynamisme naturel de cette femme costaude. Et les gens avaient bien besoin de se faire remonter le moral. C’est une deuxième raison du succès de la Bolduc.
Mais le succès sur disque fut bien éphémère. De ses 84 enregistrements, 70 furent réalisés entre 1929 et 1932. Puis il y eut un arrêt de trois ans, non pas que les gens se lassaient de ses chansons, mais l’industrie du disque mondiale agonisait, victime de la montée de la radio et de la crise économique. Lorsqu’elle reprit de la vigueur vers 1936, Mary Bolduc enregistra de nouveau mais à un rythme beaucoup plus réduit. Puis son accident en 1937 la tint éloignée de la scène et du studio pendant deux ans. Durant une période de rémission après ses traitement contre son cancer, elle enregistra quatre chansons en février 1939, dont Je m’en vais au marché. Et puis, la mode avait changé. Entre 1935 et 1940, on retrouve avant tout sur les disques québécois des reprises de chansons françaises. Peut-être trop identifiée à cette crise économique que tout le monde voulait oublier, Mary Bolduc et son style folklorique semblent avoir perdu la faveur des producteurs de disques. Mais pas celle du public. Ses tournées sont des événements courus. Ses spectacles font toujours salle comble, même jusqu’à la toute dernière fin.
Une des caractéristiques des chansons de Mary Bolduc est son célèbre «turlutage», une technique vocale qui existe depuis longtemps dans la tradition celtique, particulièrement dans la culture musicale irlandaise et écossaise. La turlute a pour fonction de remplacer un passage qui devrait être joué par un autre instrument (particulièrement le violon) dans un ensemble instrumental plus élaboré. Elle est l’expression vocale d’une ligne mélodique, parente du skat dans le jazz et du yoddle dans la musique germanique. Elle exige une grande souplesse vocale et un sens inné du rythme et de l’improvisation. En Écosse, ce type d’ornementation vocale est appelé en langue gaélique “puirt-a-beul”, littéralement “musique de la bouche”. Le turlutage était souvent utilisé entre musiciens traditionnels pour se transmettre un air lorsqu’ils n’avaient pas leurs instruments avec eux.


Le langage

La langue de la Bolduc est celle de la classe ouvrière vivant à Montréal dans les années 1930. Le langage populaire y est parsemé d’anglicismes et de patois difficiles à comprendre même pour les Québécois d’aujourd’hui. Voici donc un petit lexique qui aidera à clarifier certaines expressions.
Les anglicismes sont identifiée par (A) :

Abrier : couvrir de couvertures
Achaler : contrarier
Amanché: foutu (mal foutu)
Barda : ménage (faire le ménage)
Barlot : voiture d’hiver tirée par des chevaux
Barouette : brouette
Bavasser : critiquer, médire
Bébelles : jouets
Buster : éclater (A)
Brandy Nose : nez rouge et enflé     
(par l’alcool)
Bougrine : pardessus
Capot : pardessus d’hiver
Chars : tram, tramway
Checkée : surveiller (A)
Coup (prendre un) : s’enivrer
Collecter : percevoir, encaisser (A)
Cortons : cretons
Courailler : poursuivre
Délivrer : faire la livraison (A)
Démanché : démonté
Dérinché : brisé
Disconnecté : déconnecté (A)
Écourtichée : habillé trop courtement
Enfargé : empêtré
Éplure : pelure
Étriver : taquiner
Flask : flacon (d’alcool) (A)
Forçure : foie (d’un animal)
Fortiller : frétiller
Gorgoton : gorge
Grocerie : magasin d’alimentation (A)
Laundry : blanchisserie (A)
Machine : automobile
Magané : brisé, défait
Matcher : séduite, assortir des couples (A)
Mouiller : pleuvoir
Paqueté : ivre; ou empaqueté (bagages faits)
Parquer : stationner (A)
Punch : poinçon (A)
Rapporté (cheveux) : postiche
Recordeur : juge (A)
Se planter : se presser, se dépêcher
Saprer (dehors) : jeter dehors
Saprer (son camps) : partir
Scorer : marquer un point (A)
Secours direct : assistance publique
Senteux : écornifleur
Siaux : seaux
Slow : lent (A)
Soupane : gruau d’avoine, de maïs
Spotter : surveiller, noter (A)
Tanné : fatigué
Tata : idiot, niaiseux
Toffe : dur, frondeur (A)
Traiter : payer la traite, la tournée
Tuyau de castor : chapeau haut de forme
Vlimeux : rusé
Waguinne : voiture à 4 roues
Watcher : épier (A)
Zipper : fermeture-éclair (A)

À cette époque, les francophones du Québec se définissaient entre eux comme Canadiens ou «Canayens», par opposition aux anglophones qui étaient encore vus comme des occupants.
“Le R-100” est un dirigeable qui émerveilla littéralement la population lorsqu’il visita Montréal à l’été 1930.
“Les cinq jumelles” fait références à la naissance à Callendar, en Ontario, des quintuplées Dionne, un événement qui mobilisa les médias de l’époque.
Ovila Légaré (1901-1978), qui chante sur “La Bastringue”, était un célèbre folkloriste et comédien québécois.
Enfin, Mary Bolduc est accompagnée par ses 4 enfants qui reprennent le refrain sur les 4 chansons de Noël et du jour de l’An de cet album.

Robert Thérien, Musicologue
Montréal, 2002

Site officiel de Madame Bolduc :    
www.labolduc.qc.ca

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA 2003




LA BOLDUC
CHANSONS
COMIQUES
1929-1939

Everyone called her ‘The Bolduc’, most with affection but some with derision.  Times were gloomy around the 1929 slump.  The population of Montreal, like many North American towns, had tripled over twenty years.  People swarmed towards the town, drawn by its industrialisation and fleeing the poverty of rural areas.

Mary Rose Travers was born on 4 June 1894 in Newport, a small fishing village in Gaspesie, some 900 km east of Montreal.  She was the daughter of Lawrence Travers, of Irish descent, and Adeline Cyr.  With a gift for music, her father taught her to play the violin and she learnt the accordion and harmonica by herself.  In 1907, she left for Montreal to work as a housekeeper and, as from 1910 worked in a textile mill.  She met Edouard Bolduc, a plumber, who she wedded in August 1914.  With little money, they lived in a popular district and were well aware of the harsh reality of the times - unemployment, large families, children who died through the poor sanitation.  Mary Bolduc had a dozen offspring, but only four of her children reached adulthood.  In the early twenties, the Bolduc family moved near Lowell, Massachusetts, hoping to find work in the prosperous factories in the north-eastern part of the US.  They stayed for just over a year with one of Edouard’s sisters, then returned to Montreal in 1922 and Edouard found a stable job as a plumber.  The family often got together with musician friends for folk evenings.  Many of those from the country found it difficult to adapt to the anonymity of town life and enjoyed meeting up to share common traditions.  This explains the huge success of the ‘Soirées du bon vieux temps’ organised by folklorist Conrad Gauthier at the Monument-National, Montreal’s largest French-speaking hall.  Shows were held five or six times per year, each having a specific theme such as Shrove Tuesday, maple syrup gathering, corn-husking, Christmas or Saint Catherine’s day.  Musicians, singers, dancers and actors all came out with their act related to the given theme, and Mary Bolduc often appeared as a musician.  One night in 1927, she sang the old French song Y’a longtemps que je couche par Terre and was very successful.  When Edouard fell ill and lost his job, Mary worked as a seamstress at home for extra income.  In early 1929, she participated in the recordings of her friends Ovila Légaré and Eugène Daigneault who had already cut a few records for the Starr label in Montreal.  They highly recommended her to Roméo Beaudry, the company manager, who was also an author-composer.  Consequently, on 12 April 1929, Mary recorded Y’a longtemps que je couche par Terre and La Gaspésienne, an instrumental piece on the violin.  In August and October, she cut other instrumental numbers without success.  Beaudry had offered her four discs in the year.  She thus headed for the studios on 4 December for what was supposed to be her last recording.  She had chosen two songs, Johnny Monfarleau, an adaptation of an Irish folk tune, and La Cuisinière, her first complete composition.  This time she triumphed and sold over 10 000 copies in a few months.
After the stock market Crash, the record industry suffered terribly.  Bolduc’s unexpected success with Starr came at this time and Roméo Beaudry asked her for new optimistic and dynamic compositions.  At the age of 35, Mary Bolduc had never thought of following an artistic career, which was looked down upon at the time, especially when women were concerned.  However, her husband was unemployed and the gains from her last disc represented months of hard factory work.  Between 1929 and 1932, she recorded 70 titles, one 78 disc per month on average.  Everyone wanted to see her and she finally accepted her debut performance in November 1930.  She also sang on the radio.  In 1931, she joined Caroline d’Argère’s vaudeville troupe and then founded her own troupe the following year.  For over five years, this troupe appeared in Quebec, some other Canadian provinces and in north-east America.  On 25 June 1937, however, Madame Bolduc was involved in a serious car accident, but thanks to her strong constitution (1m80, 85 kg), she recovered from her injuries.  Nevertheless, she was found to have cancer and had two operations in Montreal in early 1938 and then received treatment in the Radium Institute, hindering her faculties.  A Montreal tour, which she had accepted in summer 1939, had to be cancelled, but during a period of remission, she gave a few shows in early 1939 and recorded four songs including Je m’en vais au Marché.  Unyielding, she accepted to tour New England with Jean Grimaldi’s troupe in the autumn.  Mary then had to follow more radium treatment in early 1940.  Knowing that her end was near, she went on tour in Abitibi in summer 1940 with Rose ‘La poune’ Ouellette and Juliette Pétrie.  She then gave a few concerts in Montreal.  On 19 December 1940, following a last concert in Saint-Henri, she had to return to the Radium Institute where she passed away on 20 February 1941.  Her death was hardly mentioned in the press - only the journalist Henri Letondal, whose secretary was Lucienne Bolduc (Mary’s daughter) paid her the tribute she deserved in the weekly ‘Radiomonde’ on 8 March 1941.
Delighted by Mary Bolduc’s style which he discovered several years after her death, Charles Trénet paid homage to her in his song, Dans les Rues de Québec (1950).  The Canadian government  brought out a stamp in 1994 to commemorate the centenary  of her birth.  There is now a Bolduc museum in Newport, Gaspésie.


Her Songs

Mary Bolduc’s background followed oral tradition whereby patrimony was passed down by word of mouth.  Tunes never died as they were taken on and adapted by other generations.  What is known as plagiarism, enabled oral tradition to survive.
The tunes used by Mary Bolduc mainly came from French, Irish or American folklore.  Some airs (particularly Les Conducteurs de Chars) seem to be implanted in ragtime and their complexity leads one to believe that her pianist daughter Denise had her word to say.  Mary’s education had been simple and she employed spoken language for her lyrics, using colloquial expressions.  In those days, education was only for the privileged few, and the others had little literary knowledge and wrote with difficulty.  The recording of sound allowed the underprivileged to pass on information, in the same way that others could do so by means of books and newspapers.  Unintentionally, Mary Bolduc became a spokesman for all those from the same background.  This was the key to her success.
Her songs tell of the living conditions of uprooted folk, suffering one of the worst economic crises of the twentieth century.  They are, however, optimistic due to the woman’s personal drive.  People needed to be cheered up, and this added to Bolduc’s success.
But her recorded success was temporary.  From her 84 recordings, 70 were made between 1929 and 1932.  This was followed by a pause lasting three years as the record industry was suffering from the slump and the increasing importance of the radio.  When it picked up around 1936, Mary Bolduc began recording once again, but more slowly this time.  Her accident in 1937 prevented her from appearing on stage or going to the studios for two years.  During her period of remission, she cut four songs in February 1939, including Je m’en vais au Marché.  Then fashions changed.  Between 1935 and 1940, most of the Quebec records were remakes of French songs.  Some perhaps identified Mary with the economic crisis that everyone wished to forget and her folklore style was snubbed by record producers.  Yet the public had not forsaken her and her concerts were always packed, right up to the end.
Mary’s songs were characterised by her famous ‘turlutes’, an ancient vocal technique used in Celtic music, which replaces a part which should be played on another instrument (particularly the violin), similar to scat singing in jazz or yodelling in Germanic music.  This mouth music requires tremendous vocal flexibility and an inborn sense of rhythm and improvisation.  In Scotland, this type of vocal ornamentation is known as ‘puirt-a-beul’, literally meaning ‘music of the mouth’.


The Language


Bolduc uses the Montreal working class language of the thirties.  This popular language uses a particular dialect, hard to understand even for the Quebecois, and is also sprinkled with Anglicisms such as ‘buster’ (to burst), ‘checkée’ (to check), ‘matcher’ (to match), ‘parquer’ (to park) and ‘watcher’ (to watch).
During this period, the French speakers of Quebec called themselves Canadians or ‘Canayens’, differentiating them from the anglophones who were considered as occupants.  The ‘R-100’ was a dirigible which astounded the inhabitants when it visited Montreal in summer 1930.  The ‘cinq jumelles’, or ‘five twins’ refers to the birth of the Dionne quintuplets in Callendar, Ontario, which made headline news at the time.  Ovila Légaré (1901-1978), who sings in La Bastringue was a famous folklorist and from Quebec.  Finally, Mary Bolduc is accompanied by her four children in the refrain of the four Christmas and New Year songs included in this album.
Mary Bolduc’s works are now studied in universities.  Indeed, historians prefer her version of everyday life to that described in the press of the period.  However Mary was simply explaining what she saw around her, without pretence and unaffected by her repute.

English adaptation by Laure WRIGHT

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA 2003


CD 1

1. Les Colons canadiens    2’47    
Starr 15966 / Enregistré le 20 mars 1936

2. La Côte Nord    2’39
Starr 15834 / Enregistré le 8 juillet 1931

3. La chanson du bavard    3’08
Starr 15814 / Enregistré le 9 avril 1931

4. L’ouvrage aux Canadiens    3’02
Starr 15814 / Enregistré le 9 avril 1931

5. Mon vieux est jaloux    2’55
Starr 15730 / Enregistré le 18 juin 1930

6. “L’R-100”    2’54
Starr 15751 / Enregistré le 21 août 1930

7. La grocerie du coin    2’34
Starr 15780 / Enregistré le 10 décembre 1930

8. Fêtons le Mardi gras    2’27
Starr 15790 / Enregistré le 15 janvier 1931

9. Les maringouins    2’35
Starr 15751 / Enregistré le 21 août 1930

10. Les agents d’assurances    2’37
Starr 15770 / Enregistré le 4 novembre 1930

11. Les vacances    3’22
Starr 15864 / Enregistré le 2 juillet 1931

12. Si les saucisses pouvaient parler    2’22
Starr 15861 / Enregistré le 5 mai 1932

13. Gédéon amateur    2’35
Starr 15978 / Enregistré le 15 avril 1936

14. Jean-Baptiste Beaufouette    2’32
Starr 15800 / Enregistré le 26 mars 1931

15. Les conducteurs de chars    3’00
Starr 15863 / Enregistré le 2 juillet 1932

16. C’est la fille du vieux Roupi    2’42
Starr 15822 / Enregistré le 7 juillet 1931

17. La morue    3’27
Starr 15720 / Enregistré le 14 mai 1930

18. Sans travail    3’00
Starr 15864 / Enregistré le 2 juillet 1932

19. Le propriétaire    2’21
Starr 15780 / Enregistré le 12 décembre 1930

Paroles et musiques : Mary-Rose-Anne Travers (Madame Bolduc) ou folklores    
Guimbarde, violon, harmonica, voix et turlutte : Mary-Rose-Anne Travers    
Guitare : Médor Levert    
Piano : Denise Bolduc (à partir de 1935)    
Accordéon : Alfred Montmarquette    
Violon : Isidore Soucy



CD 2

1. Nos braves habitants    2’32    
Starr 15795 / Enregistré le 3 février 1931

2. La lune de miel    2’31
Starr 15966 / Enregistré le 20 mars 1936

3. La pitoune    3’26
Starr 15730 / Enregistré le 18 juin 1930   
Paru aussi : 78 tours Columbia 34342F

4. Un petit bonhomme avec le nez pointu    3’09
Starr 15733 / Enregistré le 27 juin 1930

5. Je m’en vais au marché    2’54
Starr 16226 / Enregistré le 23 février 1939

6. Les cinq jumelles    2’30
Starr 15907 / Enregistré le 6 mars 1935

7. Les médecins    2’42
Starr 15977 / Enregistré le 15 avril 1936

8. Johny Monfarleau    2’28
Starr 15669 / Enregistré le 6 décembre 1929   
Paru aussi : 78 tours Columbia 34324F

9. Le petit sauvage du nord    2’31
Starr 15800 / Enregistré le 26 mars 1931

10. J’ai un bouton sur la langue    2’29
Starr 15856 / Enregistré le 20 janvier 1932

11. La bastringue    3’13
En duo avec Ovila Légaré    
Starr 15765 / Enregistré le 27 octobre 1930    
Paru aussi : 78 tours Columbia 34322F

12. Chez ma tante Gervais    3’00
Starr 15733 / Enregistré le 27 juin 1930

13. Les américains    2’32
Starr 15862 / Enregistré le 5 mai 1932

14. Les policemen    2’31
Starr 15862 / Enregistré le 5 mai 1932

15. Si vous avez une fille qui veut se marier    2’23
Starr 15700 / Enregistré le 11 mars 1930    
Paru aussi : 78 tours Columbia 34340F

16. Voilà le Père Noël qui nous arrive    3’16
Starr 15855 / Enregistré le 7 novembre 1931

17. Le bas de Noël    2’16
Starr 15771 / Enregistré le 14 novembre 1930

18. Le Jour de l’an    3’05
Starr 15771 / Enregistré le 13 novembre 1930

19. Bien vite c’est le jour de l’an    3’17
Starr 15855 / Enregistré le 7 novembre 1931


Paroles et musiques : Mary-Rose-Anne Travers (Madame Bolduc) ou folklores    
Guimbarde, violon, harmonica, voix et turlutte : Mary-Rose-Anne Travers    
Guitare : Médor Levert    
Piano : Denise Bolduc, (à partir des enregistrements de 1935)
Accordéon : Alfred Montmarquette    
Violon : Isidore Soucy    
Chœurs (16-19) : Famille Bolduc


L’œuvre de celle qui était honnie par beaucoup de bien-pensants de l’époque fait maintenant l’objet de thèses dans les univer­sités. Pour les historiens, la réalité quotidienne d’une grande majorité de la population de cette période est souvent mieux décrite dans les mots mal équarris de Mary Bolduc que dans la prose savante des éditorialistes de journaux ou les analyses de sociologues de l’époque. Mais la principale intéressée ne faisait qu’exprimer ce qu’elle voyait autour d’elle, sans prétention, peu touchée par la célébrité : “J’suis une femme de renom et je compose mes chansons. Veuillez m’excuser, car c’est pour nous amuser”.
Robert Thérien, Québec

Mary Bolduc’s works are now studied in universities. Indeed, historians prefer her version of everyday life to that described in the press of the period. However, Mary was simply describing what she saw around her, without pretence and unaffected by her repute.






EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 LES COLONS CANADIENS - BOLDUC02'56
02 LA COTE NORD - BOLDUC02'45
03 LA CHANSON DU BAVARD - BOLDUC03'16
04 L OUVRAGE AUX CANADIENS - BOLDUC03'09
05 MON VIEUX EST JALOUX - BOLDUC02'53
06 L R 100 - BOLDUC02'57
07 LA GROCERIE DU COIN - BOLDUC02'41
08 FETONS LE MARDI GRAS - BOLDUC02'39
09 LES MARINGOUINS - BOLDUC02'39
10 LES AGENTS D ASSURANCES - BOLDUC02'42
11 LES VACANCES - BOLDUC03'31
12 SI LES SAUCISSES POUVAIENT PARLER - BOLDUC02'30
13 GEDEON AMATEUR - BOLDUC02'44
14 JEAN BATISTE BEAUFOUETTE - BOLDUC02'41
15 LES CONDUCTEURS DE CHARS - BOLDUC03'08
16 C EST LA FILLE DU VIEUX ROUPI - BOLDUC02'49
17 LA MORUE - BOLDUC03'31
18 SANS TRAVAIL - BOLDUC02'49
19 LE PROPRIETAIRE - BOLDUC02'28
CD 2
01 NOS BRAVES HABITANTS - BOLDUC02'32
02 LA LUNE DE MIEL - BOLDUC02'31
03 LA PITOUNE - BOLDUC03'26
04 UN PETIT BONHOMME AVEC LE NEZ POINTU - BOLDUC03'10
05 JE M EN VAIS AU MARCHE - BOLDUC02'55
06 LES CINQ JUMELLES - BOLDUC02'35
07 LES MEDECINS - BOLDUC02'42
08 JOHNY MONFARLEAU - BOLDUC02'28
09 LE PETIT SAUVAGE DU NORD - BOLDUC02'37
10 J AI UN BOUTON SUR LA LANGUE - BOLDUC02'30
11 LA BASTRINGUE - BOLDUC03'13
12 CHEZ MA TANTE GERVAIS - BOLDUC03'04
13 LES AMERICAINS - BOLDUC02'36
14 LES POLICMEN - BOLDUC02'34
15 SI VOUS AVEZ UNE FILLE QUI VEUX SE MARIER - BOLDUC02'23
16 VOILA LE PERE NOEL QUI NOUS ARRIVE - BOLDUC03'18
17 LE BAS DE NOEL - BOLDUC02'25
18 LE JOUR DE L AN - BOLDUC03'15
19 BIEN VITE C EST LE JOUR DE L AN - BOLDUC03'21
"La Bolduc" par Le Nouvel Observateur

“Mary Travers, née en 1894, porte le nom de son plombier de mari. Quand celui-ci se retrouve au chômage, la chanteuse amateur devient professionnelle sous le pseudonyme de La Bolduc et enregistre de nombreux 78 tours, des airs issus des folklores français, irlandais et américains. Les éditions Frémeaux et Associés rééditent une grande partie de ces chansons au langage fleuri que la Québécoise interprétait de sa voix suraiguë. Irrésistible.“ LE NOUVEL OBSERVATEUR


“Mary Travers, née en 1894, porte le nom de son plombier de mari. Quand celui-ci se retrouve au chômage, la chanteuse amateur devient professionnelle sous le pseudonyme de La Bolduc et enregistre de nombreux 78 tours, des airs issus des folklores français, irlandais et américains. Les éditions Frémeaux et Associés rééditent une grande partie de ces chansons au langage fleuri que la Québécoise interprétait de sa voix suraiguë. Irrésistible.“ LE NOUVEL OBSERVATEUR




"La Bolduc" par Trad Mag

“Son répertoire est maintenant rentré complètement dans le patrimoine, et fait partie de la musique traditionnelle du Québec.“ TRAD MAG




"La personnalité joviale et robuste de La Bolduc" par Le Monde de la musique.

Le temps d'un duo avec André "Zézé" Carmel sur la chanson des Belles-mères, on y remarque la fameuse Mary Rose Travers, épouse Bolbuc, qui tranche avec le reste du recueil. La personnalité joviale et robuste de la Bolduc a déjà été évoquée dans ces pages, notamment à travers une intégrale en quatre disques de la Phonothèque québécoise distribuée par Scalen Disc qui présentait l'avantage de reproduire les textes des chansons. La sélection de Robert Thérien publiée par Frémeaux comporte d'abondantes notes, dont un lexique où l'on apprend que brandy nose désigne un nez rouge de poivrot, que prendre un coup signifie s'enivrer, que saprer veut dire selon les contextes jeter dehors (saprer dehors) ou partir (saprer son camp). La Bolduc tire un parti fort truculent de ce langage coloré pour tourner au ridicule fâcheux (Mon vieux est jaloux), indésirables (Les Agents d'assurance) et incompétents (les charcutiers de Si les saucisses pouvaient parler). Quant au turlutage, c'est la spécialité que la Bolduc glisse volontiers entre deux refrains, avec une mise en place rythmique irrésistible, moins en référence au scat noir américain que sur le modèle des onomatopées chantées des îles Britanniques connues sous le nom de lilting (Irlande) ou puirt a beul (musique à bouche écossaise). Franck BERGEROT-LE MONDE DE LA MUSIQUE




"La Bolduc-Chansons comiques" par Phonoscopie

En 1950, chantant "Dans les rues de Quebec", Charles Trenet utilisait des onomatopées avec ce commentaire : "C'est gentil comme paroles...c'est la mère Bolduc qui m'a appris ça..." Les Français apprirent ainsi l'existence de cette chanteuse québecoise (1894-1941), modeste ouvrière devenue une gloire de cette province francophone. Outre une savoureuse langue populaire, sans doute perdue depuis, elle usait avec brio de ce procédé vocal particulier: le "turlutage". PHONOSCOPIES




"Des perles toujours d'actualité" par Trad Mag

Sur les dix ans de sa courte carrière, c'est pas moins de 86 chansons qu'enregistre Mary Traver dite "La Bolduc". Son répertoire est maintenant rentré complètement dans le patrimoine, et fait parti de la musique traditionnelle du Québec, précisément de Gaspèrie, où elle est née un 4 juin 1894. En nommant ce double album "Chansons comiques", la maison de prod a du faire le tri, car la plupart des chansons de "la Bolduc" sont de style comique, mais d'un comique sévère je vous le jure! et là, c'est le régal, il y a 38 titres qui ont l'avantage de ne pas être tous dans la plupart des cd déjà sortis. Avec des petites perles toujours d'actualité, traitant de l'immigration (très forte dans les années 30), la mal bouffe (déjà!) avec "si les saucisses pouvaient parler", la circulation automobile, les problèmes de santé... mais avec un humour très engagé pour son époque (après la crise de 29). Elle savait de quoi elle parlait la bougresse, car c'est seulement à trente cinq ballais que sa carrière démarre, avec déjà vingt ans de galère derrière elle. C'est à dix ans, en Gaspérie, qu'elle avait appris à jouer spontanément de l'accordéon, du violon, des musiques à bouche (harmonica, guimbarde) et ses célèbres "Turlutes" qui accompagnent toujours un couplet et un refrain. Une grande partie du répertoire que vous retrouvez donc sur ce "double" comporte quelques inédits de Noël et du nouvel an... alors, si vous aviez encore quelques hésitations pour les cadeaux de fin d'années...Je vous le recommande. Patrick Plouchard-TRAD MAG




"The famous singer from Quebec" by Dirty Linen

The famous singer from Quebec known as La Bolduc (1894-1941), whose real name was Mary Travers, achieved great succes during the Depression. Seventy of her 84 recordings were done beetween 1929 and 1932, a time  when the record industry was suffering terribly. Her lyrics, which were sung in colloquial French and sprinkled with Anglicisms, dealt lighteartedly with such everyday subjects as work and unemployement, jealousy, mosquitoes, salesmen, doctors, and her native Gaspésie. Even the harsh conditions of the time were always treated with an uplifting sense of optimisism. Her characteristic vocal technique was based on the "turlute", a kind of scat mouth music wich replaced such things as fiddle breaks. Same of  La Bolduc's song, such as "La Bastrigue", have remained very well known to this day. The singer, whose recordings also displayed her skill on Harmonica, was later snubbed by record producers, although she continued to fill concert halls until the end. La Bolduc's death in 1941 from cancer went by almost unnoticed in the press but she has subsequently been the subject of a Charles Trenet song and a postage stamp, is studied in universities, and has a museum devoted to her. Chansons comiques, which comes with a 20-pages bilingual booklet, compile 38 of the singer's best recordings on two CDs, although several of her better-known songs have been omitted. DIRTY LINEN