SWING MANOUCHE 1CD

ANTHOLOGIE 1933-2003

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Livret : 24 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 1


19,99 € TTC

FA5091

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Swing Manouche est un panorama de l’ensemble des enregistrements de jazz gitans produits ou réédités par les labels La Lichère et Frémeaux & Associés entre 1933 et 2003. A panorama of the gypsy jazz recordings.
Patrick Frémeaux

Droits audio : Frémeaux & Associés en coédition avec Label La Lichère (Cessionnaire : Groupe Frémeaux Colombini SAS) et en accord avec Claude Bolling, Partenariat avec Etudes tziganes

Swing Manouche FA5091

SWING MANOUCHE
FRÉMEAUX & ASSOCIÉS - LA LICHÈRE
1933-2003











En 1988, j’avais 21 ans et Patrick Tandin me demandait de prendre la gé­rance du Label la Lichère qu’il allait fonder et son frère Jean-Pierre Tandin m’offrait un siège d’administrateur au conseil d’administration du Chèque Lire. Ce fut la découverte de voyages dans l’espace et le temps, en Turquie avec Okay Témiz, dans le monde entier avec Paris musette et les Primitifs du Futur. L’idée d’une intégrale Django Reinhardt devait rapidement faire son chemin. Ma rencontre avec Daniel Nevers allait pouvoir concrétiser ce rêve, comme celle naguère de Patrick Tandin avec Franck Bergerot pour la naissance de la trilogie Paris Musette. En juillet 2000, Patrick Tandin nous quittait, et Jean-Pierre Tandin reprit la gérance de La Lichère désormais partie intégrante de Frémeaux & Associés. Rencontre avec les frères Ferré, Annie Papin, Capon & Galliano,
Mlle Swing et Rodolphe Raffalli consacré comme une des meilleures ventes de Jazz en 2002 (tous labels indépendants confondus). Cet ouvrage sonore est l’histoire de deux maisons de disques témoins de la culture des gens du voyage.
Patrick Frémeaux


ÉTUDES TZIGANES

Depuis 1955, la revue Etudes Tsiganes apporte sur la situation des Tsiganes en France et dans le monde, des éléments d’analyse et de connaissance (index 1955-2002 sur le site internet).
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Retrouvez Etudes Tsiganes sur Internet : www.etudestsiganes.asso.fr
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Anthologie swing manouche par Francis Couvreux

2003, année du cinquantième anniversaire de la mort de Django Reinhardt, fut l’occasion de multiples compilations, publiées souvent sans discernement et parfois sans cohérence. Avec cette valse anarchique des rééditions, difficile de se repérer dans la discographie de Django. Pour les inconditionnels et les passionnés, une seule référence, l’intégrale de chez Frémeaux. En 1996, l’éditeur indépendant s’est lancé dans la réédition exhaustive des enregistrements de l’illustre manouche, tant ceux qui parurent sous son nom que ceux publiés sous l’identité d’autres musiciens ; œuvre monumentale et définitive sous la direction avisée de Daniel Nevers : 18 doubles CDs sont parus à ce jour, comportant tous livrets copieux et précis ; Cette intégrale, qui permet de prendre conscience “de la dimension novatrice du génie de Django“ (Alain Antonietto) s’achèvera fin 2004 avec la parution du vol 20 comportant inédits et raretés découverts en cours de route. Réalisation indispensable, puisque Django fait incontestablement partie des quelques génies musicaux du XXème siècle.


Le swing manouche et son succès

Ce créateur de langage, ne devant qu’à lui même le style et l’univers musical qui étaient le sien, est aussi à l’origine d’un courant musical vivant, appelé swing manouche ou jazz gitan, dont le succès est aujourd’hui considérable; la djangomania a gagné le monde entier! Les groupes se sont multipliés et avec l’apparition du CD la production discographique a explosé : swing manouche mais aussi musiques tsiganes en général qui déferlent en Europe après la chute du mur de Berlin et l’ouverture à l’Est; Des flots de disques sont publiés souvent de manière anarchique ; Dans l’édition 98 de son livre consacré à Django (éditions Parenthèses), Patrick Williams, chercheur au CNRS et musicologue, recense 250 références de swing manouche ! On est passé de la pénurie à la pléthore ! Les disquaires ont maintenant un rayon jazz gitan, ce qui était impensable il y a 10 ou 15 ans. Des films à succès comme Accords et désaccords de Woody Allen , Le temps des gitans de Kusturica ou Gadjo Dilo, Latcho Drom et Swing de Tony Gatlif ont aussi favorisé la découverte de l’univers tsigane. Même la variété renoue avec ces sonorités passées : Sansévérino, Paris Combo, Marie kiss la joue, Enzo Enzo, Bruel ou Françoise Hardy qui enregistre Tears avec Babik et Thomas Dutronc aux guitares…sans parler de tous ces groupes javano rock parisiens intégrant accordéon, guitare manouche et violon tsigane. La pub et les défilés de mode s’en emparent aussi ; Tout le monde associe le nom de Django à une certaine musique ce qui ne veut pas dire que tout le monde connaît son œuvre ! Alors qu’il était marginalisé par la plupart des revues de jazz il y a encore 15 ans, le swing manouche est devenu l’objet d’études et d’articles et ces mêmes revues lui consacrent maintenant des numéros spéciaux. Les sites internet consacrés à Django sont légion.

Dans son livre sur Django, Patrick Williams avance quelques facteurs pour expliquer ce mouvement général de reconnaissance :
1/ L’évolution du jazz semblant se ralentir, de plus en plus de musiciens choisissent d’interroger des formes appartenant à l’histoire. Le Quintette du Hot Club de France suscite des vocations ; de plus en plus nombreux sont les jeunes musiciens non tsiganes attirés par cette musique et qui s’y consacrent.
2/ “L’effet Paris-Musette” ; Début des années 90, Patrick Tandin, directeur du label La Lichère, confie aux guitaristes Didi Duprat et Didier Roussin, hélas disparus aujourd’hui, la réalisation de plusieurs disques (trois paraîtront) avec la crème des accordéonistes pour rendre hommage aux pionniers de l’accordéon swing ; le succès de ces disques sera un élément non négligeable dans le retour en force du swing musette et dans l’émergence d’une diversité de groupes allant de la réplique fidèle des pionniers à une volonté d’émancipation visant à rejoindre les tendances les plus novatrices du jazz.
3/ L’engouement de notre époque pour les instruments acoustiques et pour tout ce qui représente un caractère ethnique (développement de la world music)
4/ Depuis 10 ans, concerts et festivals se multiplient pour célébrer la musique de l’illustre manouche et en développer les multiples aspects.
L’action d’une poignée de passionnés (Didier Roussin, Alain Antonietto, Jon Larsen, Hans Meelen, Bernardt Gierstl, Michel Lefort…) finit par porter ses fruits ; C’est d’ailleurs aussi l’intérêt que des gadjés ont porté à l’œuvre de Django qui a fait que les manouches, bien au-delà du cercle de famille, l’ont adoptée et cultivée au point de s’y reconnaître.
Pour ma part, j’ajouterai que le swing manouche est un jazz accessible (mélodie, rythme) et populaire (répertoire composé de standards, de valses ou de chansons que tout le monde connaît), une musique vivante qui n’a pas peur de la virtuosité, du brio et de l’émulation.


Django Reinhardt

Né le 23 janvier 1910 à Liberchies en Belgique au sein d’une famille manouche de musiciens et de saltimbanques, Jean-Baptiste Reinhardt (dit Django, “je réveille” en romanès), était promis, de par ses origines, à l’existence anonyme et nonchalante des gens du voyage.(1) Ses dons exceptionnels et une grande faculté d’adaptation vont donner une toute autre voie à sa destinée.
Très tôt attiré par la musique, Django apprend seul, dès l’âge de 12 ans à jouer du banjo-guitare et accompagne dès 15/16 ans les accordéonistes musette, enregistrant avec Marceau ou jean Vaissade (on y découvre un Django qui déjà éclate dans des ensembles assez lourds). Le 2 novembre 1928, c’est le drame ; Django est grièvement brûlé dans l’incendie de sa roulotte. Il se bat seul pendant un an et demi pour rééduquer sa main gauche mutilée (deux doigts restant à jamais inutilisables). A force de volonté et d’intelligence, il met au point une technique lui permettant de surmonter son handicap ; chaque position est étudiée, chaque accord est repensé ; avec ses trois doigts valides, il va pourtant devenir le plus grand guitariste du monde, conjuguant précision et vitesse sans effort apparent.
On ne retrouve Django en activité que 3 ans plus tard, en 1931 à Toulon où il fait la manche avec son frère Joseph. Emile Savitry, peintre et mélomane leur fait écouter des 78 tours de jazz : Louis Armstrong, Duke Ellington, le duo Venuti/Lang… C’est le choc ! Django a les larmes aux yeux ; il a trouvé le domaine d’expression dans lequel son génie va s’épanouir : le jazz ! un style de musique qu’il sent totalement en harmonie avec son aspi­ration à une certaine forme de liberté et de beauté.
Le premier concert du Quintette du Hot Club de France, petite formation à l’instrumentation originale (que des cordes) a lieu le 02 décembre 1934 à Paris et c’est un succès. Django est à la guitare solo, Stéphane Grappelli au violon, Joseph Reinhardt, le frère de Django, et Roger Chaput aux guitares d’accompagnement et Louis Vola à la contrebasse.. C’est une grande nouveauté car jazz rime alors avec cuivres, banjo et grosse caisse ! D’emblée le quintette atteint une sorte de perfection et d’équilibre miraculeux essentiellement grâce à l’entente magique et à la complémentarité de deux astres musicaux que sont Django et Stéphane Grappelli (pourtant si différents de caractère et d’éducation), - dont il ne faut pas négliger l’apport décisif dans la genèse du quintette -, et à la régularité et à la fermeté de la rythmique. La contrebasse et deux guitares d’accompagnement soutiennent le tempo et énoncent le strict canevas harmonique, permettant aux deux solistes les envols les plus fous ; Cette pompe des guitares, ce fameux poum tchak qui structure le temps, encadre et relance le soliste, deviendra un des signes distinctifs du swing manouche.
Le Quintette crée une musique originale qui ne ressemble à aucune autre, savant mélange de jazz américain, et des origines manouches de Django, avec un arrière plan européen (influence de la musique classique et de la musique française de l’époque, chansons, valse musette..) ; une musique sans concessions au swing impérieux qui pour la première fois en France donne  au jazz ses lettres de noblesse, en faisant la part belle à l’improvisation. Avant Django, la guitare était considérée comme purement rythmique ; il donne au solo de guitare sa véritable place : aucun effet gratuit, chaque note a un sens, fantaisie et imagination n’excluant jamais la logique et l’équilibre ; une impression d’aisance et d’évidence s’en dégage ; Cette virtuosité prodigieuse est d’autant plus incroyable que ses improvisations mélodiques sont l’œuvre de l’index et du médium; Stylistiquement, Django est un romantique, un lyrique passionné souvent mélancolique ; son jeu très expressif, très manouche (effets décoratifs, empreints de charme et de séduction, trémolos, vibratos, glissandos..) ira en s’épurant au contact des musiciens de jazz
Django n’est pas seulement un guitariste d’exception ; c’est un musicien de génie né compositeur de musique sans savoir ni la lire ni l’écrire, dictant sur sa guitare ses compositions à ses partenaires ; il est l’auteur d’une œuvre immense : quantité de créations originales inspirées qui touchent bien au-delà du cercle des amateurs de jazz..

Schématiquement, on peut distinguer 3 périodes dans la carrière de Django, dont l’évolution est d’une cohérence exceptionnelle.
1/ Le quintette à cordes  d’avant-guerre avec Stéphane Grappelli ; 1934/1939. Django enregistre beaucoup, multiplie les rencontres musicales, notamment avec les jazzmen américains de passage à Paris (Coleman Hawkins, Louis Armstrong, Bill Coleman, Eddie South, Benny Carter…), participe à de nombreuses sessions, démontrant qu’il est partout chez lui dans la musique.
2/ La période de la guerre. Grappelli étant resté à Londres en 1939, Django change la formule instrumentale de son orchestre ; le clarinettiste Hubert Rostaing lui donne la réplique et la section rythmique se compose d’une basse, d’une seule guitare d’accompagnement et d’une batterie ; c’est à la tête de cette formation qu’il grave Nuages en décembre 1940, sa plus célèbre composition qui devient un vrai tube. Django est alors une immense vedette. Il réunit un big band baptisé Django’s music avec lequel il présente des fresques sophistiquées.
3/ L’après-guerre
Début 1946, Django embarque pour l’Angleterre ; c’est l’heure des retrouvailles avec Grappelli ; les deux hommes improvisent sur La Marseillaise qu’ils enregistrent peu de temps après. Le quintette à cordes sera reformé mais la magie ne semble plus fonctionner si bien ; les temps ont changé ; imperméable au bop, Grappelli se replie sur sa virtuosité ; plus novateur, Django essaie d’intégrer le nouvel idiome dans son jeu. En novembre 1946, il part rejoindre l’orchestre de Duke Ellington aux USA ; Mais l’Américain présente le manouche comme une pièce rapportée aux allures d’attraction exotique ; Surtout, Django est absent lors du 2ème concert au Carnegie hall, l’un des plus importants de la tournée et les Américains ne lui pardonnent pas cette désinvolture. Désenchanté et amer, il rentre en France en février 1947 ; il électrifie alors son instrument en posant un micro Stimmer sur sa guitare Selmer. Le manouche ne rabâche pas de vieilles recettes. Paradoxalement si Django est à l’origine de ce qu’on va appeler le swing manouche, lui n’en a jamais joué ! Il a constamment cherché du nouveau en se situant toujours dans l’actualité du jazz de son temps, et son rayonnement ne se réduit pas à la seule période du quintette d’avant-guerre. En 1949, il retrouve Grappelli à Rome pour enregistrer 70 titres avec une section rythmique locale ; c’est la dernière fois qu’ils sont ensemble en studio. En février 1951, Django est engagé en ve­­-dette au club St-Germain, temple du be-bop où se produit une nouvelle génération de musiciens français, émules de Parker et Gillespie. Stimulé par la jeunesse, Django retrouve l’éclat du passé et démontre son aptitude à assimiler les apports les plus récents du jazz. En mars 1953, il grave 8 titres de toute beauté avec Maurice Vander, Pierre Michelot et Jean-Louis Viale ; c’est un homme neuf avec un son incroyable qu’on entend, un style pur aux lignes sinueuses( retenant le meilleur du be-bop), qui va influencer bon nombre de guitaristes de jazz moderne. Django Reinhardt meurt le 16 mai 1953 à Fontainebleau d’une congestion cérébrale. La légende commence…


L’Héritage

Du vivant de Django, son génie a fait de l’ombre à toute une génération de guitaristes qui ont pourtant su exprimer à ses côtés un style plus personnel qu’on ne croit ; Parmi eux, Joseph Reinhardt, le frère de Django (son rôle d’accompagnateur ne lui a pas permis de développer son propre lan­gage) le guitariste argentin Oscar Aleman ou les frères Ferret.
Après sa mort, la tradition manouche et gitane de la guitare reste vivace mais semble marginalisée;  citons Henri Crolla, musicien non tsigane mais très proche des manouches auprès desquels il a passé sa jeunesse, Joseph Reinhardt qui va pouvoir enregistrer et se produire en leader, Eugène Vees, le cousin germain de Django, membre un temps du Quintette du Hot Club de France, Piton Reinhardt, Lousson le premier fils de Django… Ces musiciens de grand renom au sein de la communauté mais quasi ignorés en dehors, car ne se lançant que très occasionnellement dans le métier,  vont ancrer la musique de Django dans la vie de la communauté manouche. Créateur de son propre univers, Django est donc dans le même temps ou presque l’initiateur d’une identité musicale pour les manouches, qui ont plus adhéré à Django qu’au jazz lui-même, amorçant par-là même une certaine folklorisation de son art.
Parmi les contemporains de Django qui ont souvent fait partie de son quintette à un moment ou à un autre, il faut citer les frères Baro, Sarane et Matelo Ferret, gitans d’origine catalane dont le rôle fut essentiel dans la genèse du swing musette, dont l’âge d’or se situe entre 1937 et la fin des années 40 ; outre Viseur, les plus originaux sont Tony Muréna, Emile Carrarra et Jo Privat.
Parmi les guitaristes de la première génération il faut citer aussi Jacques Montagne, Laro Solero, pionnier avec René Mailles d’une guitare jazz moderne (ils influenceront Escoudé et Babik Reinhardt), sans oublier les gitans du Sud Paul Pata, Tchan Tchou ou Bousquet qui cultivent dans les années 60 une djangophilie inventive, notamment dans les valses. La réédition de leurs disques serait la bienvenue.
A la même époque à Paris, une génération intermédiaire de musiciens, essentiellement des guitaristes gitans perpétuent le style à travers un répertoire plus populaire, qui va de Django à Jeux interdits en passant par La foule ou Brazil ; Citons Mondine et Ninine Garcia à la Chope des puces de St Ouen, lieu mythique qui verra défiler des générations de guitaristes et d’aficionados ou encore Maurice Ferret et Joseph Pouville au Clairon des chasseurs à Montmartre.
A la fin des années 50, une dizaine de LPs de Django couvrant la période 1935/1947 apparaît sur le marché, suivie en 1970 de la Djangologie (18 disques 33 tours suivant la chronologie). Beaucoup vont découvrir et “assimiler” Django grâce à cette diffusion discographique ; c’est le cas des musiciens tsiganes allemands dès la fin des années 60, à l’initiative du violoniste Schnuckenack Reinhardt, qui constitue un quintette à l’instrumentation identique à celui de Django avant-guerre, bientôt suivi par d’autres formations du même type (Hänsche Weiss, Titi Winterstein…)…cette Musik Deutscher sinti devenant un véritable courant avec enregistrements, passages radio et TV, concerts et tournées…; Au sein de ces formations, des liens de parenté (frères, oncles, cousins…) unissent les musiciens. La création d’un individu devient alors l’emblème d’une communauté, l’affirmation d’une appartenance ethnique : cette musique est leur musique. On assiste à une  folklorisation de la musique de Django, celle du quintette d’avant-guerre, alors qu’en son temps c’était une création originale, nouvelle, en phase avec l’actualité du jazz de son  époque ; mais tout cela n’est pas si simple car même en restant dans le cadre stylistique qu’avait défini Django, l’invention est possible ;  Ces orchestres revitalisent la tradition par l’apport de différents éléments (Bossa, chansons en romanès, folklore d’Europe centrale,, compositions originales…).Cet élargissement du répertoire contribue à accentuer l’écart entre swing manouche et férus de l’actualité du jazz.

Dans les années 80, ce courant va voir émerger quelques guitaristes de haut niveau, citons Boulou et Elios Ferré, Raphaël Fays, Hänsche Weiss, Bireli Lagrène, Christian Escoudé, Fapy Lafertin, Babik Reinhardt… L’école tsigane a aussi révélé d’autres instrumentistes que les prodiges de la guitare : les violonistes Schnuckenack Reinhardt, Wedeli Köhler ou Titi Winterstein, les accordéonistes Wilhelm Krause ou Marcel Loeffler…

Depuis le début des années 90, on l’a vu, le style a le vent en poupe ; plusieurs livres sur Django ou Grappelli paraissent ; les cours et les méthodes de guitare manouche se multiplient ; Dans le monde entier des guitaristes amateurs ou professionnels lui vouent une admiration sans bornes. De nouveaux talents s’affirment, comme Romane ou Rodolphe Raffalli par exemple. Chez les jeunes manouches, même si la TV et les consoles de jeu font des ravages dans les caravanes, la relève est assurée : Samson Schmitt, Timbo Mehrstein, Yorgui Loeffler, Dino Mehrstein, David Reinhardt… seront les grands de demain.

L’œuvre de Django Reinhardt, l’un des meilleurs musiciens que le jazz nous ait donné, a entraîné dans son sillage un foisonnement musical perçu maintenant comme un ensemble cohérent : le swing manouche. C’est une musique à part en­tière, au parfum instrumental immédiatement reconnaissable, riche d’une diversité de styles et d’approches, allant de l’orthodoxie la plus fidèle à l’émancipation créatrice.

Francis Couvreux, sept. 2003
Chroniqueur pour Etudes tsiganes

© 2004 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA

(1) Les tsiganes sont divisés en plusieurs branches (Roms, manouches, gitans) mais ils descendent tous de populations ayant quitté le nord ouest de l’Inde vers le XXème siècle. Ce sont de grands itinérants et même si certains d’entre eux ont fini par se sédentariser (souvent sous la contrainte !), ils aiment à se désigner comme un peuple de voyageurs.



Anthologie swing manouche sélection 18 titres

01. Nuages Quintette du Hot club de France 3’17
02. Tears Galliano/Capon 3’51
03. La belle et le manouche Les primitifs du futur 3’20
04. Passion Tony Muréna 2’28
05. La danse des trois Boulou et Elios Ferré 3’25
06. Stardust C. Hawkins/Django Reinhardt 3’10
07. Mr Grappelli Mlle Swing 5’15
08. Paris musette Jo Privat 3’03
09. Improvisation n°2 Django Reinhardt 2’42
10. Valse de minuit Orchestre musette Victor (Viseur, accor. O.Aleman, gt) 2’32
11. La supplique Rodolphe Raffalli 2’44
12. Dinah Quintette du Hot club de France 2’39
13. Jeannette Capon/Escoudé. Boussaguet 4’03
14. Un swing à deux Annie Papin 3’21
15. Artillerie lourde Django’s music 4’13
16. De partout et d’ailleurs Claude Bolling/Stéphane Grappelli 5’05
17. Belleville Quintette du Hot club de France 2’36
18. Mari Okay Temiz 6’00


Discographie

En ces temps où le swing manouche prend toute sa place dans la musique d’aujourd’hui, il était logique et normal que le label Frémeaux, qui s’est engagé dans la sauvegarde et la promotion du patrimoine sonore avec passion, sérieux et compétence, publie une anthologie à partir de ses différents catalogues, rappelant son rôle important d’une part dans la diffusion de la musique de Django Reinhardt et la reconnaissance maintenant internationale de son génie, mais aussi dans la redécouverte du swing musette avec la réédition d’enregistrements historiques et l’aventure Paris-musette, contribuant par là même à sortir l’accordéon de son ghetto culturel, et d’autre part dans la production de disques d’artistes se réclamant de près ou de loin de cet héritage.
A partir de la figure centrale de Django Reinhardt (puisque tout vient de lui ou presque), cette sélection mêle enregistrements historiques et héritage : des univers et des personnalités très différents s’y côtoient mais tous reliés par des racines communes; elle n’a d’autre ambition que de donner envie d’aller voir plus loin.

Titre 1     
Django Reinhardt et le Quintette du Hot club de France
Nuages (DR)      13/12/1940    3’17
Intégrale Django Reinhardt vol 10, Frémeaux FA 310.
La plus célèbre mélodie composée par Django ne pouvait pas ne pas figurer dans cette anthologie. Il l’a enregistrée à plu­sieurs reprises ; une pre­mière version avait été mise en boite en octobre 40 avec une seule clarinette ; n’obtenant pas l’effet qu’il cherchait et malgré un chorus de guitare exemplaire, Django refait l’enregistrement en décembre avec deux clarinettes cette fois : Hubert Rostaing et Alix Combelle ; Joseph Reinhardt est à la guitare d’accompagnement, Tony Rovira à la basse et Pierre Fouad à la batterie. C’est cette version, éditée début 41 que nous proposons ici. Django, dont l’inspiration est intarissable y déploie un chorus totalement nouveau.

Titre 2   

Galliano/Capon
Tears    3’51
CD Blues sur Seine, La Lichère LLL 177.
Début 90, la rencontre violoncelle/accordéon peut sembler étrange, le premier instrument étant connoté classique et le second populaire voire beauf ; mais avec deux personnalités musicales telles que Jean-Charles Capon, “le Lester Young du violoncelle” (dixit son camarade de jeu) et Richard Galliano, né en 50,  l’un des principaux artisans de la renaissance de l’accordéon dans les années 80 et de son explosion dans les années 90, la noblesse des deux instruments saute aux yeux ou plutôt aux oreilles. Si Galliano est un créateur investi dans d’autres aventures que le swing musette (jazz, new tango…), il est concerné par le sujet, comme en témoigne ses rencontres avec Bireli Lagrène ou cette reprise originale de Tears, composition de Django et grand succès du quin­tette du Hot club de France avant guerre.

Titre 3   
Les Primitifs du futur
La belle et le manouche    3’20
CD Les Primitifs du futur “trop de routes trop de trains”, La Lichère LLL 247.
Orchestre à géométrie variable, unique et décalé, Les Primitifs ont été créés il y a une quinzaine d’années par le guitariste Dominique Cravic avec Daniel Huck, saxo, scat, Robert Crumb, banjo et Didier Roussin, dobro, guitare, des musiciens d’horizon divers qui aiment à se retrouver régulièrement autour de leur amour commun du vieux jazz, du blues et du musette parisien, de toutes ces musiques populaires d’avant-guerre souvent tombées dans l’oubli. A partir d’un travail de recherche et d’archivage, Dom Cravic compose aussi dans un esprit festif des chansons réalistes imaginaires comme ce très réussi La belle et le manouche, swinguant à souhait ; Patrick Tandin et Alain Antonietto assurent la pompe et Didier Roussin se fend d’un chorus à la Matelot Ferret ; ça joue et c’est bourré d’humour !

Titre 4    
Tony Muréna
Passion    30/05/1942    2’28
CD Les plus belles valses musette Frémeaux FA 014.
Tony Muréna (1915/1971) est avec Gus Viseur le virtuose de l’accordéon qui connut un grand succès dans le genre swing musette. Né en Italie et arrivé à Paris à l’âge de 8 ans, il enregistre entre 1940 et 1946 près de 80 titres dans le style. S’il est l’auteur de certaines des plus belles valses du répertoire comme Indifférence ou Passion (co signée avec J.Colombo), sélectionnée ici, la couleur dominante de ses enregistrements tient davantage du swing américain, notamment par l’emploi du piano et de la clarinette (André Lluis, Maurice meunier ou Gérard Lévêque, trois compagnons de route de Django).
Chargée d’émotion et de nostalgie, Passion égale en beauté créatrice les grandes valses de Viseur (Swing valse, Flambée montalbanaise…). Le jeu délié de Muréna, d’une grande subtilité est plus aéré que celui de Viseur. Sarane est à la guitare d’accompagnement et Baro à la guitare solo ; il se fend d’un chorus merveilleux de construction et d’équilibre, dans son style caractéristique : notes roulées, sentimentalité, phrases fulgurantes conjuguant swing et légèreté.

Titre 5   
Boulou et Elios Ferré
La bande des trois         3’25
CD Boulou et Elios Ferré invitent Alain Jean-Marie  “intersection”, La Lichère LLL 306.
Tout d’abord petit prodige de la guitare (on ferait bien de rééditer ses 45 tours des années 60), Boulou Ferré a ensuite tâté de la new thing, animé les nuits des cabarets russes avant de renouer, avec son frère Elios, avec le répertoire des grands jazzmen (C.Parker, L.Konitz..) ou des compositeurs classiques (Bach, Messiaen…). Retour aux sources ici : en compagnie du pianiste Alain Jean-Marie, les deux frangins rendent hommage à leur père, Matelot et à leurs oncles, Baro et Sarane, dans cette valse magistrale signée Boulou, que les trois aînés n’auraient pas reniée : sonorité et virtuosité impressionnantes, construction extrêmement dense, jeu sur le fil du rasoir ; des artistes incontournables !

Titre 6   
Coleman Hawkins/Stéphane     Grappelli/Django Reinhardt
Stardust     2/03/1935    3’10
Intégrale Django Reinhardt vol 2, Frémeaux FA 302.
Le saxophoniste Coleman Hawkins, l’un des plus grands solistes avec Louis Armstrong du jazz des années 30, vient se produire en Europe. Fortement impressionné par Django, il fait souvent le bœuf avec lui. Ici en trio avec Stéphane Grappelli au piano, l’illustre manouche se trouve confronté pour la première fois avec l’un des géants américains du jazz ; cette rencontre au sommet tient ses promesses, Django alternant accompagnement puissant et somptueux (coup de poignet unique) et chorus lumineux. Admirable !

Titre 7   
Mlle Swing Quartet
Mr Grappelli    5’15
CD Mlle Swing Quartet, La Lichère LLL 310.
Très inspiré par l’univers grappellien dernière période avec Marc Fosset, le quartet de la violo­niste Florence Fourcade propose un mixte savoureux de swing manouche (rythmique acoustique) et de jazz américain (guitare électrique tenue par l’excellent Marc Pérez, toujours très musical). La demoiselle possède un son très chaleureux, un phrasé souple et sensible qui n’oublie jamais le swing, ainsi qu’un indéniable talent de composi­trice comme en té­moigne cette belle valse jazz dédiée à Stéphane Grappelli.

Titre 8   
Jo Privat
Paris musette    3’03
CD Paris musette vol 3, La Lichère LLL 217
Jo Privat (1919/1996) est juste après Viseur et Muréna l’un des personnages historiques de la valse swing, auteur entre autres de Mystérieuse, Balajo, Rêve bohémien, Sa préférée…. Né en 1919 à Ménilmontant, il débute dans les cours et les lavoirs puis devient le partenaire d’Emile Vacher, créateur du genre musette, qui lui ouvre les portes du bal. En 36, il entre au Balajo où il restera un demi-siècle. Personnage haut en couleurs, Jo Privat était aussi un swingman accompli, ami des guitaristes manouches qu’il emploiera à peu près tous.
Ce morceau est extrait de “Paris musette”, anthologie patrimoniale lancée par Patrick Tandin en 1990 pour son label La Lichère créé deux ans plus tôt. Quatre disques étaient programmés mais deux seulement verront le jour suite aux disparitions successives de Jo Privat, Didier Roussin et Didi Duprat, à moins d’un an d’intervalle. Ce Paris musette, l’une des dernières compositions de Privat (co-composé avec Roussin) figure sur le vol 3 que Tandin publia tout de même avant de nous quitter lui aussi prématurément. L’élégance naturelle, la générosité et le sens du tempo du grand Jo nous font oublier qu’il était déjà bien malade au moment de cet enregistrement.

Titre 9   
Django Reinhardt
Improvisation n°2 (DR), 10/08/1938    2’42
Intégrale DjangoReinhardt vol 8, Frémeaux FA 308
Au cours de sa carrière, Django a enregistré en studio à 13 reprises des improvisations en solo, déployant un univers qui ne ressemble à aucun autre ; celle ci est la deuxième ; certains ont estimé qu’elle n’était pas aussi réussie que la première du 1er avril 37 ; elle est peut-être moins flamboyante, moins mystérieuse mais Django y développe toujours des paysages intérieurs d’une totale singularité ; ce n’est ni du jazz ni de la musique tsi­gane ni de la musique classique (même si l’on devine ici l’admiration de Django pour Bach et Debussy) mais du pur Django. Il développe son improvisation comme si tout était inscrit d’avance. Hugues Panassié a très justement écrit ; ”on a du mal à croire que ces interprétations aient pu être improvisées, tellement elles sont cohérentes, homogènes, tellement il y a de continuité dans le développement mélodique et harmonique ”.

Titre 10    
Orchestre musette Victor
Valse de minuit, 9/03/1939    2’32
2 CDs Accordéon 1913/1941, DH 002
L’accordéoniste Gustave Viseur (1916/1974), dit Gus, est le grand pionnier du swing musette. En 1934, il rencontre Django Reinhardt et adapte le vocabulaire du jazz à son instrument, créant loin de l’accordéon commercial un style propre qui allie une technique exceptionnelle aux figures complexes et au phrasé acrobatique, un sens aigu de l’improvisation et une inspiration féconde. C’est le grand créateur de la valse swing, avec Tony Muréna et Jo Privat. Tous les trois feront appel aux guitares gitanes des frères Ferret, dont l’apport novateur est décisif et trop souvent mésestimé dans la genèse du swing musette, ce blues de Paname chargé de nostalgie et d’âme tsigane.
Arrivés à Paris à la fin des années 20, les frères Ferret rencontrent Django en 1931 et subissent très vite son influence. Ils vont imposer chez les accordéonistes une nouvelle façon d’accompagner, en introduisant dans la cadence de l’ancien musette des accords inattendus et une bonne dose de swing et d’improvisation. C’est dans les valses que leurs soli, miracle d’équilibre et de sensibilité, sont les plus inspirés.
Cette Valse de minuit est un peu l’exception qui confirme la règle ; c’est une des rares fois où Viseur n’est pas accompagné par les Ferret mais par un guitariste argentin d’une rare qualité, Oscar Aleman : “peut-être est-ce lui qui lors de son séjour à Paris, suggéra à Viseur, en 1939, d’enregistrer Noche de Ronda sous le titre Valse de minuit. Aleman y prend un chorus flamboyant qui dut faire pâlir plus d’un guitariste du moment.”( Didier Roussin).Eddie Bruner est à la clarinette, Maurice Speilleux à la contrebasse et Tony Benford à la batterie.

Titre 11   
Rodolphe Raffalli
Supplique pour être enterré sur la plage de Sète    2’44
CD A Georges Brassens, La Lichère LLL 304
Dès son premier disque, une relecture instrumentale poético-swing de l’œuvre de Georges Brassens, le talent du guitariste parisien d’origine corse Rodolphe Raffalli explose ; chaque titre de ce CD unanimement salué par la critique et plébiscité par le public, est un petit bijou mettant en lumière la richesse et le swing des mélodies de Tonton Georges, comme cette Supplique qui devient un vrai standard de swing manouche ; propulsé par un trio rythmique très soudé (Doudou Cuillerier et Max Robin, guitares et Antonio Licusati, contrebasse), Rodolphe s’attache plus à la sculpture de la note, à l’élégance et au sentiment  qu’à une virtuosité gratuite comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui.         

Titre 12   
Django Reinhardt et le Quintette du Hot club de France
Dinah, 28/12/1934    2’39
Intégrale Django Reinhardt vol 2, Frémeaux FA 302
Dinah est le premier morceau enregistré par le Quintette du Hot club de France, en souvenir du bœuf au Claridge qui préluda à la naissance du groupe. On découvre pour la première fois le son neuf d’un jazz à cordes totalement original : Django, guitare solo, Stéphane Grappelli, violon, Joseph Reinhardt et Roger Chaput, guitares d’accompagnement et Louis Vola, contrebasse. Une voie nouvelle s’ouvre pour le jazz et elle ne vient pas des USA.

Titre 13   
Escoudé/Capon/Boussaguet  acoustic trio
Jeannette    4’03
CD Paris ma muse, La Lichère LLL 307
Guitariste gitan formé par son père et son oncle, le légendaire Gusti Malha, auteur de la fameuse Valse des niglots), Christian Escoudé s’est intéressé aussi à l’école américaine de guitare, tout comme avant lui Laro Soléro ou René Mailhes. S’il s’est frotté à toutes les musiques et à tous les musiciens (Eddy Louiss, Mc Laughlin’, Michel Graillier…) il n’a jamais oublié ses racines (cf en 89 le CD “Gypsy waltz”, relecture moderniste du répertoire swing musette). En excellente compagnie (Jean-Charles Capon, violoncelle et Pierre Boussaguet, contre­basse), il interprète Jeannette, très belle valse cosignée par Viseur et Ferrari en 1938, à la mélodie teintée de nostalgie. Jouer des valses avec un trio à cordes n’était a priori pas évident ; cette relecture personnelle s’impose tout naturellement, avec un violoncelle qui swingue, travaillé comme un violon jazz.

Titre 14   
Annie Papin
Un swing à deux    3’21
CD De moi z’a vous, La Lichère LLL 299
Chanteuse à la voix superbe, Annie Papin explore le répertoire (Tuba song autour des musiques de Kurt Weil, hommage à Yvette Guilbert, spectacle consacré aux poètes du XIXème siècle…) et écrit des chansons originales. Elle a eu la bonne idée de reprendre, dans un pastiche avec paroles originales signées Syam et Viaud, ce méconnu Swing à deux, co-signé par Gus Viseur et Gino Bordin, guitariste de Tino Rossi, pionnier de la guitare hawaiienne en France dans les années 30 et hélas bien oublié aujourd’hui. Annie Papin est accompagnée avec complicité, attention et justesse par Apache Zazou, formation composée de Jacky Descamps, accordéon, Didier Sarrazin, contrebasse, Gérard Pompougnac, guitare et Stéphane Nossereau, batterie, chant.

Titre 15   
Django’s music
Artillerie lourde (DR) 3/11/1944     4’13
Intégrale Django Reinhardt vol 12, Frémeaux FA 312
C’est en 1941 que Django peut réaliser son vieux rêve : diriger un grand orchestre afin de mettre en valeur ses compositions, non seulement en studio mais aussi en concert. Plutôt bien accueillie, l’expérience se renouvelle de 1941 à 1945, en compagnie des français et des belges, mais également avec les Américains de l’ATC band à la libération. Cette nouvelle composition de Django, à la pesanteur et à la grandiloquence recherchée, est l’ultime face enregistrée avec la Djan­go’s music, big band constitué ici d’une douzaine de musiciens avec Gérard Lévêque (clarinette, arrangements).

Titre 16   
Claude Bolling
De partout et d’ailleurs    5’05
CD Grappelli Bolling, Frémeaux FA 451
La rencontre sur disque entre Stéphane Grappelli et le big band de Claude Bolling eut lieu en décembre 1991 ; ils enregistrent les standards et Django, bien sûr, mais aussi deux compositions de Bolling dont ce très beau De partout et d’ailleurs, un rien nostalgique voire mélancolique, dont le titre évoque sans doute les gens du voyage voire plus largement tous les musiciens, un jour ici et l’autre là. L’équilibre est parfait entre la puissance des cuivres et la fragilité et l’élégance du violon de Stéphane qui se glisse à merveille dans les moindres intervalles du big band pour distiller ses phrases uniques; avec en prime les arrangements léchés de maître Bolling !.

Titre 17   
Django Reinhardt et le Quintette du Hot club de France
Belleville (DR), nov 1947    2’36
Intégrale DjangoReinhardt, vol 11 Frémeaux FA 311
Belleville est un thème fétiche du répertoire de Django dernière période ; dans cette version de novem­bre 47, sans doute la plus hot, il démontre qu’il n’a rien perdu de son inspiration et de sa fougue et déploie une improvisation éblouissante. Fred Sharpe écrivait très justement : “quand Django improvise, il exprime sur son instrument la partition qu’il élabore dans son esprit.”

Titre 18   
Okay Temiz
Mari         6’00
CD     Fis fis tziganes, La Lichère    LLL 107
Le percussionniste virtuose Okay Temiz a passé son enfance dans les faubourgs d’Istambul où vivent les tsiganes ; Poussé par sa curiosité, il a exploré de par le monde des univers musicaux très différents (musiques sénégalaise, indienne, brésilienne, jazz... Avec Fis fis tziganes, il effectue un véritable retour aux sources avec une association instrumentale typique de la musique tsigane turque : violon (Nedim Nalbantoglu), clarinette (Hasan yarim Dunya), kanun, sorte de cithare turque (Ahmet Meter), le grand sorcier des peaux frappées étant au darbouka sur cette danse de Thrace, dont le titre, mari est aussi un nom féminin tsigane très répandu. Des musiciens redoutables pour un swing turc impressionnant !

Francis COUVREUX, sept. 2003

© 2004 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA

A la mémoire de Jo Privat, Didi Duprat, Didier Roussin, Patrick Tandin, Luc Moiseef et Jacques Bourgeois.


SWING MANOUCHE
FRÉMEAUX & ASSOCIÉS - LA LICHÈRE
1933-2003


In 2003, fifty years after Django Reinhardt’s death, numerous compilations have been released, many of which were inexplicit and sometimes incoherent.  With such a vast variety of reissues, Django’s discography can appear somewhat confused.  For the true enthusiasts, there is but one reference - Frémeaux’ complete series covering the Gypsy.  In 1996, this independent publisher set its teeth into the unlimited reissues of recordings made by this illustrious Gypsy, both those made under his name and those released under the name of other musicians - a gigantic task sagaciously directed by Daniel Nevers :  18 double CDs have been released so far, each including comprehensive booklets.  The series will be completed in late 2004 with Volume 20 and comprises previously unpublished works and rarities.  An achievement of the utmost importance as Django was most definitely one of the few musical geniuses of the twentieth century.
Django created a new language and was wholly responsible for the style and musical universe surrounding him, and was also behind a musical movement, that known as Manouche swing or Gypsy jazz, immensely popular today - Djangomania has swept the entire world.  After the demolishing of the Berlin wall and the opening of Eastern Europe, Tsigane music in general hit Europe.  In the 1998 issue of his book dedicated to Django, musicologist Patrick Williams totalled 250 Manouche swing references !  Record stores now boast a Gypsy jazz counter, which would have been out of the question ten or fifteen years ago.  Some successful films have also contributed to the discovery of this world, and even certain variety stars have dipped into past sounds.
In his book on Django, Patrick Williams made several suggestions as to how this reconnaissance came about :
1. The evolution of jazz has seemed to have slowed down, and an increasing number of musicians have become interested in older musical genres.
2. The ‘Paris-Musette effect’ :  In the early nineties, Patrick Tandin, heading the La Lichère label, demanded guitarists Didi Duprat and Didier Roussin to record several discs (three were released) with choice accordionists to pay tribute to the pioneers of swing accordion music.  The discs’ success added to the return of the swing-musette style and the creation of a variety of groups attempting to mirror this style or to reunite with the most innovating modes of jazz expression.
3. The current fad for acoustic instruments and ethnic style (the development of world music).
4. Over the last ten years, there has been an increasing number of concerts and festivals to cele­brate Django’s music.

We can also add that Manouche swing is available to all (melody, rhythm) and is popular (repertory comprising standards, waltzes or well-known songs), a living form of music which doesn’t shy away from virtuosity, spirit or emulation.

Born on 23 January 1910 in Liberchies in Belgium, Jean-Baptiste Reinhardt (otherwise known as Django, meaning ‘I awake’) was a member of a Manouche family of musicians and showmen.  His destiny may have intended him to become an anonymous traveller but his exceptional gifts led to much more.
His love for music was apparent when very young and, alone, twelve-year old Django learnt to play the banjo and guitar and as from 15/16 he accompanied musette accordionists.  On 2 November 1928, Django was seriously injured when his caravan caught fire.  For a year and a half, he worked on his mutilated left hand (two fingers remained unusable) and perfected a technique whereby his three remaining digits were to make him a world-famous artist, combining both precision and velocity.
He resumed his activities three years later in 1931 in Toulon where he was busking with his brother Joseph.  The painter Emile Savitry introduced them to some jazz records : L. Armstrong, Duke Ellington, the Venuti/Lang duo etc.  Shaken by these sounds, Django realised that his artform was to truly take form through jazz !
The first concert of the Quintet of the Hot Club of France was held on 2 December 1934 in Paris and was successful.  Django was on the solo guitar, Stéphane Grappelli on the violin, Joseph Reinhardt and Roger Chaput on the accompanying guitars and Louis Vola on the bass.  This created quite a sensation as jazz was then associated with brass, banjos and drums.  The Quintet immediately attained a form of perfection and miraculous balance, particularly due to the magical understanding and complementarity between the two luminaries - Django and Stéphane.  The Quintet’s music was original, resembling no other, being a judicious blend of American jazz and Django’s gypsy origins, with a European background (influenced by classical music and French music of the period).  Previously, the guitar had been considered as a purely rhythmic instrument, but thanks to Django, it was elevated to become a solo instrument in its own rights.  Yet Django was not only an exceptional guitarist, he also composed, despite his illiteracy, and signed an impressive number of titles.

Schematically, Django’s career can be divided into three periods.
1. The pre-war string quintet with Stéphane Grappelli ;  1934/1939.  Django recorded in quantity, encountered many other musicians, particularly American jazz artists during their Parisian sojourns (Coleman Hawkins, Louis Armstrong, Bill Coleman, Eddie South Benny Carter etc.) and participated in numerous sessions.
2. During World War II.  Grappelli stayed in London in 1939 and Django changed the instrumental formula of his band - he played opposite clarinettist Hubert Rostaing and the rhythm section included a bass, one accompanying guitar and drums.  Heading this set-up, he cut Nuages in December 1940, his most celebrated composition which became a true hit.  Django was now a veritable star.  He founded a big band which he named Django’s Music.
3. The post-war period.  In early 1946, Django set off for England where he met with Grappelli once again.  The two accomplices made an improvised version of La Marseillaise which they recorded shortly after.  The string quintet was again set up but the magic of before had disappeared, times had changed.  Snubbing bop, Grappelli fell back on his virtuosity whereas Django, more innovating, tried to integrated the new genre in his playing.  In November 1946, he left for the US and Duke Ellington’s orchestra.  However, the American presented the Gypsy as an exotic attraction.  Moreover, Django failed to turn up for the second concert in Carnegie Hall, one of the most important features of the tour.  Disillusioned, Django returned to France in February 1947 and electrified his Selmer guitar.  Paradoxically, although Django was behind what was to be called Manoughe swing, he never played it himself !  In 1949 he found Grappelli in Rome to record 70 titles with a local rhythm section - this was the last time they played together in the studios.  In February 1951, Django was top of the bill in the Club St Germain, a be-bop temple which welcomed a new generation of French musicians, disciples of Parker and Gillespie.  Boosted by his youthful entourage, he demonstrated how he was capable of assimilating the most recent aspects of jazz.  In March 1953, he cut wonderful 8 titles with Maurice Vander, Pierre Michelot and Jean-Louis Viale, and his style was to influence a good number of modern jazz guitarists.  Django Reinhardt passed away on 16 May 1953 in Fontainebleau, but his legend lived on.

During Django’s lifetime, his genius cast a shadow over a whole generation of guitarists, including his brother Joseph Reinhardt, the Argentinean guitarist Oscar Aleman and the Ferret brothers.
Following his death, the gypsy guitar traditions were still thriving but seemed somewhat marginalised.  Take Henri Crolla, for instance, a non-Gypsy musician who had nevertheless spent his youth surrounded by the Manouche race, Joseph Reinhardt who could subsequently record and perform as a leader, Eugène Vees, Django’s cousin, Piton Reinhardt and Lousson, Django’s first son.  As the creator of his own world, Django was also (or almost) the initiator of a musical identity for the Manouches.
Among Django’s contemporaries who often joined his quintet at some point, we must mention the Baro brothers, Sarane and Matelo Ferret and, apart from Viseur, the most originals artists were Tony Meréna, Emile Carrarra and Jo Privat.
The first generation guitarists also included Jacques Montagne, Laro Solero, a pioneer along with René Mailles of the modern jazz guitar, without forgetting the Gypsies from the South - Paul Pata, Tchan Tchou and Bousquet who, during the sixties, worked on an inventive form of Djangophilia.
During the same period in Paris, an intermediary generation of musicians, mainly comprising gypsy guitarists, perpetuated the style, dipping into a more popular repertoire covering Django to Jeux interdits.  Let us, for instance, quote Mondine, Ninine Garcia, Maurice Ferret and Joseph Pouville.
In the late fifties, almost a dozen of Django’s LPs were released, covering the 1935-47 period, followed in 1970 by the Djangologie (18 LPs).  Thus many artists discovered Django and assimilated his style.  Such was the case with the German Tsigane musicians in the late sixties, initiated by violinist Schnuckenack Reinhardt who founded a quintet with an identical instrumentation to that of Django before the war, and this was shortly followed by similar bands (such as Hansche Weiss, Titi Winterstein).  The music of Django’s pre-war quintet became a part of folklore, although during its day it was quite unique.  These bands revitalised tradition, adding other elements (Bossa, songs in Romany, Central European folklore, original compositions etc.).
In the eighties, this movement threw light on a few highly talented guitarists such as Boulou and Elios Ferré, Raphaël Fays, Hansche Weiss, Bireli Lagrène, Christian Escoudé, Fapy Lafertin and Babik Reinhardt..  The Tsigane school also boasted other instrumentalists - violinists Schnuckenack Reinhardt, Wedeli Kohler and Titi Winterstein and the accordionists Wilhelm Krause and Marcel Loeffler.
Several books on Django and Grappelli have been published, and a large number of Gypsy guitar manuals are now on the market.  Fresh talent has emerged such as Romane and Rodolphe Raffalli and promising newcomers - Samson Schmitt, Timbo Mehrstein, Yorgui Loeffler, Dino Mehrstein and David Reinhardt - will take over in the future.


The Titles

1. Django Reinhardt and the Quintet of the Hot Club of France   
Nuages

Django’s most celebrated tune had to be included in this anthology.  He recorded it on several occasions.  The first version was cut in October 1940 with one clarinet.  This did not give the desired effect, so Django re-recorded it in December with two clarinets :  Hubert Rostaing and Alix Combelle, with Joseph Reinhardt on the accompanying guitar, Tony Rovira on the bass and Pierre Fouad on the drums.  Here, we may appreciate this second version.

2. Galliano/Capon   
Tears

In early 1990, the combination of a cello and accordion can seem a little strange as the first instrument is associated with classical music and the second is sometimes considered as old hat.  But with Jean-Charles Capon ‘the Lester Young of the cello’ and Richard Galliano, who held one of the leading roles in the accordion’s renaissance in the eighties, the nobleness of the two instruments is remarkable.

3. Les Primitifs du Futur   
La Belle et le Manouche

This group was founded some fifteen years back by Dominique Cravic with Daniel Huck, Robert Crumb and Didier Roussin, musicians from various walks of life who enjoyed getting together to share their love for old jazz, blues, Parisian musette music and all pre-war popular music.  Dom Cravic also composed some tunes such as this very swinging number.

4. Tony Muréna   
Passion

Along with Gus Viseur Tony Muréna (1915-71) was an accordion virtuoso.  Born in Italy, he arrived in Paris at the age of 8 and between 1940 and 1946 recorded almost 80 titles in the swing musette style.  Although he wrote some beautiful waltzes such as Indifférence and Passion (co-signed by J. Colombo), most of his recordings lean towards American swing.

5. Boulou and Elios Ferré   
La Bande des trois

Boulou Ferré debuted on the guitar, then was billed in Russian cabarets before, along with his brother Elios, attacking the repertory of jazz icons (C. Parker, L. Konitz etc.) or classical composers (Bach, Messiaen etc.).  Here, they return to their origins, and with pianist Alain Jean-Marie, the brothers pay tribute to their father and uncles Baro and Sarane, in this waltz signed by Boulou.

6. Coleman Hawkins/Stéphane Grappelli/Django Reinhardt   
Stardust

Saxophonist Coleman Hawkins, one of the greatest jazz soloists in the thirties crossed the Atlantic to play in Europe.  Much impressed by Django, he often jammed with him.  Here, in a trio, the illustrious Gypsy found himself in front of one the American giants of jazz for the first time and the results were admirable.

7. Mlle Swing Quartet   
Mr Grappelli

Inspired by the Grappellian world with Marc Fosset, violinist Florence Fourcade’s quartet offers a tasty blend of Manouche swing and American jazz.

8. Jo Privat   
Paris Musette

Born in 1919 in Ménilmontant, Jo Privat became the partner of Emile Vacher, the creator of the musette genre.  In 1936, he joined the Balajo where he stayed for fifty years.  Privat was also an accomplished swing musician and often played with gypsy guitarists.  This piece is taken for ‘Paris Musette’, an anthology proposed by Patrick Tandin in 1990 for his label ‘La Lichère’.

9. Django Reinhardt   
Improvisation N° 2 (DR)

During his career, Django recorded 13 solo improvisations.  This is the second, though some reckon it was bettered by the first take in April 37.  It is perhaps less flamboyant and less mysterious, but it is nevertheless pure Django.

10. Orchestre Musette Victor   
Valse de Minuit

Accordionist Gustave Viseur (1916-1974) was a grand pioneer of swing musette.  In 1934, he met Django Reinhardt and adapted the language of jazz to his instrument.  This waltz is one of the rare titles where Viseur is not accompanied by the Ferret brothers, but by a worthy Argentinean guitarist, Oscar Aleman as well as Eddie Bruner on the clarinet, Maurice Speilleux on the bass and Tony Benford on the drums.

11. Rodolphe Raffalli   
Supplique pour être enterré sur la Plage de Sète

Rodolphe Raffalli’s debut disc, an instrumental and swinging interpretation of Georges Brassens’ music, was explosive, highly rated by both critics and the general public.  Backed by a solid rhythm trio (Doudou Cuillerier and Max Robin on the guitars and Antonio Licusati on the bass) Rodolphe concentrates on the form of each note, on elegance and feeling.

12. Django Reinhardt and the Quintet of the Hot Club of France   
Dinah

This was the first piece recorded by the Quintet of the Hot Club of France.  Here, we can discover Django on the solo guitar, Stéphane Grappelli (violin), Joseph Reinhardt and Roger Chaput (accompanying guitars) and Louis Vola (bass). 

13. Escoudé/Capon/Boussaguet Acoustic Trio   
Jeannette

The Gypsy guitarist, Christian Escoudé, was also interested in the American guitar school, but if he rubbed shoulders with all kinds of music and musicians, he never forgot his roots.  Along with Jean-Charles Capon on the cello and Pierre Boussaguet on the bass he interprets Jeannette, a beautifully nostalgic waltz co-signed by Viseur and Ferrari in 1938.

14. Annie Papin   
Un Swing à deux

Here, we can delight in Annie Papin’s superb voice in this little-known song, co-signed by Gus Viseur and Gino Bordin.  She is well-accompanied by Apache Sasou, a group comprising Jacky Descamps (accordion), Didier Sarrazin (bass), Gérard Pompougnac (guitar and Stéphane Nossereau (drums, vocals).

15. Django’s Music   
Artillerie lourde (DR)

In 1941, Django’s dream came true - to head a large orchestra.  He renewed this formula until 1945, accompanied by French and Belgian artists and also with Americans from the ATC band when Liberation came along.  This composition was the final side recorded by Django’s Music.

16. Claude Bolling   
De partout et d’ailleurs

In December 1991 Grappelli and Claude Bolling’s big band got together on disc, recording some of Django’s standards and also two of Bolling’s compositions, one being the lovely De partout et d’ailleurs.

17. Django Reinhardt and the Quintet of the Hot Club of France   
Belleville (DR)

Belleville was a choice tune in Django’s repertory in the last period.  In this version dating from November 47, he proves he is as inspired as ever.

18. Okay Temiz   
Mari

Percussionist Okay Temiz spent his childhood in the outskirts of Istanbul where the Gypsies lived.  Out of curiosity, he explored music from the world over, but then with Fis Fis Tziganes he returned to his origins with a typical instrumental combination of Turkish Tsigane music : violin (Nedim Nalbantoglu), clarinet (Hasan Yarim Dunya) and a kanun (Ahmet Meter).  Impressive Turkish swing !

Adapted in English by Laure WRIGHT
from the French text of Francis COUVREUX

© 2004 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA



Swing Manouche est un panorama de l’ensemble des enregistrements de jazz gitans produits ou réédités par les labels La Lichère et Frémeaux & Associés entre 1933 et 2003.

Swing Manouche presents a panorama of the Gypsy jazz recordings released by the labels La Lichère and Frémeaux & Associés covering the 1933 - 2003 period.






PisteTitre / Artiste(s)Durée
01 NUAGES - REINHARDT02'39
02 TEARS - GALLIANO03'51
03 LA BELLE ET LE MANOUCHE - PRIMITIFS DU FUTUR03'20
04 PASSION - MURENA02'28
05 LA BANDE DES TROIS - FERRE03'25
07 MR GRAPPELLI - FOURCADE05'15
08 PARIS MUSETTE - PARIS MUSETTE03'03
10 VALSE DE MINUIT (VALSE) - VISEUR02'32
11 LA SUPPLIQUE - RAFFALLI02'44
13 JEANNETTE - CAPON04'03
14 UN SWING A DEUX - PAPIN03'21
16 DE PARTOUT ET D AILLEURS - BOLLING05'05
18 MARI - TEMIZ06'00
"Swing Manouche" par Jazz Hot

“Le CD Héritage, lui, reprend des airs des trois volumes de Paris Musette de chez Frémeaux dont le « Paris-Musette » de Jo Privat, celui qui relança dans les médias l’accordéon swing qui, en fait, n’avait jamais disparu que dans le commerce. Sont ainsi évoqués les accordéonistes Louis Corchia, Jean Corti, Marcel Azzola, Richard Galliano et les monstres de la guitare Didier Roussin, Didi Duprat, Rodolphe Raffalli (la prodigieuse Supplique de Brassens ou encore Roses de Picardie), Boulou et Elios Ferré, ainsi que les violonistes, Stéphane Gappelli (avec Claude Bolling), Mlle Swing (Florence Fourcade) ou l’immense Florin Niculescu. Sans oublier les albums pleins de saveurs des Primitifs du Futur de Dominique Cravic. C’est superbe, très intéressant, ce n’est pas la première fois que ce genre de compilation est faite, mais ce n’est pas seulement une compil’ de plus, car le fonds de réserve de chez Frémeaux est suffisamment fourni pour assurer une certaine cohérence.“ JAZZ HOT