LA BANLIEUE 1931-1953

ANTHOLOGIE

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Livret : 40 PAGES - ENGLISH NOTES
Nombre de CDs : 2


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FA5094

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“Banlieue, c’est l’écrin que Paris. Un beau jour a choisi. Pour briller sur le monde !…”
Roger Varnay

La banlieue, fantasme bucolique des parisiens, présentée par André Bernard, dans le répertoire qu’elle a suscité et qui devient à son tour un témoignage historique de première importance.
Patrick Frémeaux

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS - Le Patrimoine Sonore."

La Banlieue FA5094

LA BANLIEUE
1931-1953

Direction artistique : André Bernard










“Ma banlieue, ma banlieue a des charmes que rien ne rem­place; pas bien loin, y a des coins où chaque dimanche on se dé­lasse...” C’est le refrain que chantait Reda Caire en 1938 sur une musique de Gaston Gabaroche...
Je vous parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître... Ce temps, pas si lointain pourtant, où l’on n’habitait pas encore une HLM dans le 94, mais un petit pavillon où l’on cultivait son potager en Seine-et-Marne... Cette époque à jamais révolue où l’on n’appréhendait pas de regagner une tour de 40 étages dans le 95, mais où l’on rentrait peinard dans sa petite maison avec son jardin en Seine-et-Oise... En Seine-et-Oise, cette banlieue parisienne où Charles Trenet avait hâte de retrouver ses amis et les parfums qui fleurent bon la campagne, et cette grange qui sent la pomme et le tracteur...
Cette banlieue chère à Robert Lamoureux qui la chante, pour ensuite nous la raconter si joliment avec Saint-Mandé...
La grande Damia nous em­mène aux quatre coins de la banlieue, accompagnée en cela par la fantaisiste Jane Stick qui nous in­vite à y faire la bringue le dimanche et par la Môme Piaf qui nous promène entre Saint-Ouen et Cli­gnancourt, tandis que Lina Margy nous invite à prendre avec elle le train de Saint-Germain...
La balade se poursuit autour de Paris avec Maurice Chevalier pour un petit béguin dans les bois de Ville d’Avray, tandis qu’Andrex nous propose un autre petit tour au bois, qu’il soit à Choisy ou à Bois-le-Roy... Bois-le-Roy où il a de grandes chances de retrouver son vieil ami Fernandel qui l’attend sur un petit banc de bois.
Et la Seine, merveilleusement chantée par Renée Lamy, lézarde autour de Paris comme un fil conducteur de notre thème pour nous faire découvrir la banlieue avant de traverser Paris sous ses ponts, dont la grande Mistinguett nous dresse l’inventaire aidée en cela par la belle marseillaise Mireille Ponsard qui ne délaisse pas pour autant le répertoire de Vincent Scotto, puisque c’est lui qui composa Sous les ponts de Paris.
Après être allé faire un tour à Chantilly, André Claveau nous conte de sa voix de crooner – digne de celle de Bing Crosby – l’histoire des trois Demoiselles de Robinson...
Réjouissons-nous de retrouver Jane Stick à Joinville, d’autant que notre joie redouble lorsque “Chez Gégène” Bourvil fait reprendre en chœur “A Joinville-le-Pont... pon-pon !” et si Renée Lebas a choisi le bois de Boulogne, Colette Mars aime autant son Bois de Vincennes, tandis que Pierre Destailles nous offre son chef-d’œuvre – l’une des plus belles chansons du XXe siècle – qui a pour décor le Bois de Chaville.
Même si Lucienne Delyle se lamente de la fumée qui rend triste sa banlieue, Perchicot superbe, nous invite à La Varenne, Deprince et Pierre Daragon nous font danser à Meudon, et si nous passons par Suresnes, André Pasdoc sera ravi de nous y accueillir.
Impossible si nous allons jusqu’à Nogent de ne pas savourer le petit vin blanc que nous offre Roberte Marna en souvenir du cher Jean Drejac. Puis Fréhel plus réaliste que jamais nous raconte “la zone” cette ceinture qui séparera toujours Paris de sa banlieue.
Galiardin laisse tranquillement s’écouler le temps dans sa péniche amarée au pont de Saint-Cloud et une joyeuse équipe, amenée par La Houppa, chante à tue-tête la légende des filles de Gennevilliers.
Le joyeux Dorville, un de nos acteurs les plus savoureux du cinéma français, nous apporte toute sa verve comique en nous confiant qu’il est natif de Saint-Ouen et en poussant de retentissants cris de phoque (un moment d’anthologie !...) qui lui valurent de véritables ovations de la part du public lors de ses prestations sur la scène du Casino de Paris.
Le choix de faire figurer dans ce disque “La chanson de ma banlieue” par Marcelle Darelle se justifie par le dessin choisi pour la couverture de cet ouvrage... Ce 78 tours illustré, appelé “Picture Record”, est conçu avec une matière inhabituelle qui ne permet pas une reproduction de belle qualité, mais l’originalité et la rareté de ce document justifient sa présence dans ce CD.
Enfin pour mieux nous raconter la banlieue, j’ai demandé à Roger Varnay, l’auteur de “La Marie-Vison”, d’évoquer pour nous ses souvenirs de banlieusard, lui qui a obtenu en 1949 le prix Vincent Scotto avec cette chanson que lui a inspiré Livry-Gargan.
Ah ! les beaux dimanches de printemps quand nous allions à Robinson, comme il est loin ce joli temps...
André Bernard

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2004

Que Maurice Barrier, Adrien Èche, Dany Lallemand, Gérard Roig et Roger Varnay soient ici remerciés pour leur amicale et précieuse collaboration.



“Banlieue, c’est l’écrin que Paris    
Un beau jour a choisi    
Pour briller sur le monde !...”
Comme j’y allais alors, en écrivant cela au début des années 50 !...
Et pourtant, encore aujourd’hui, et tant pis si j’ai quelque peu forcé le trait, cette chanson de jeunesse et d’enfance me restitue une grande part de bonheur.
Je suis né à Livry-Gargan (banlieue Est de Paris). Il y avait des champs, des arbres, à profusion; comment ne pas être amoureux de la nature quand elle vous tend les bras.
Rien que sur le chemin de
l’école (aller, retour, environ une heure à pied), j’avais le temps de la déguster! Cette route était jalonnée de points de rencontres entre camarades de classe.
De temps à autre, nous arrivions même à construire une cabane que l’on fignolait, que l’on entretenait pour le plaisir de s’y retrouver. Cabane bien cachée dans les buissons, dans les branchages, réservée à ses seuls créateurs.
Les saisons, à foison, nous livraient leurs merveilles, et les jeux qu’elles suscitaient.
L’omniprésence de la nature était notre grande richesse, et il nous arrivait de plaindre les petits parisiens de ne pas vivre à la campagne.
Les enfants grandissaient, et plus ils grandissaient, plus s’augmentait leur tentation de partir à la décou­verte.
Chacun possédait un vélo, alors!... La banlieue (et même la grande, parfois très grande banlieue) ne pouvait que s’ouvrir à leur immense curiosité.
Sur ce vaste champ d’investigations, tout allait y passer ! Villes et villages, lacs et forêts, châteaux, chapelles, cathédrales !
Pour nous défatiguer de tous ces kilomètres avalés, nous goûtions à la quiétude rafraîchissante l’été, des plages de bord de Marne, à quelques encâblures de Livry.
Quel programme! Et jamais aucun ne rechignait à prendre le départ de ces joyeuses randonnées, car nous ne manquions pas de courage, servi en cela par la présence, à Livry, de deux grands champions cyclistes : Pierre et Antonin Magne.
Antonin Magne, vainqueur de nombreuses classiques et Tour de France nous inspirait bougrement. Dans la ferme de ses parents, toute proche de notre maison, les jeudis, les Mousquetaires que nous étions se retrouvaient, l’épée (de bois) à la main, pour en découdre, parmi les vieilles voitures (à cheval) des anciennes tournées de lait.
Ça bardait! Mais quelle rigolade!
Dans cette ferme, défilait un nombre impressionnant de grandes figures du cyclisme international.
Sous l’œil bienveillant de certains, nous nous entrainions sur le circuit du Bol d’Or.
Et puis vinrent les premières courses, où l’on pouvait y gagner, selon classement, un cadre, un guidon, une selle, un maillot ou une paire de boyaux.
A la belle saison, et surtout l’été, rappliquaient les cirques. Les plus grands sur les plus grandes places, les plus petits dans les champs. Nous étions aux premières loges pour assister à la Parade; régulièrement elle passait devant notre maison, à l’ombre des superbes marronniers du boulevard du Raincy.
Imaginez la joie d’un enfant de cinq ou six ans à tel spectacle! Il pouvait bien grandir, le miracle, chaque année, se reproduisait. Couleurs, musiques, présentation des artistes, toutes sortes d’animaux s’offraient à nos regards. Lions et tigres dans leurs cages, éléphants au pas tranquille portant haut leur cornac, dont la tête, par ci, par là, trouait les frondaisons. Et la cavalerie! Nous, les gamins, totalement sous son charme, nous l’escortions, adaptant notre pas sur la façon de marcher des chevaux.
Nous étions heureux. Mais la fête, les copains, ça n’était pas tout!
Au fil du temps, le besoin d’écrire me tenaillant, je recherchais de plus en plus de grandes plages de solitude. J’enfourchais mon vélo et partais en quête de “coins secrets”. J’en dénichais quelques-uns, dans les bois, dans les prés, espèces de niches où je me cachais pour écrire mes premières chansons...
“Je déjeunais d’un chant d’oiseau,
Pour que ma plume soit pipeau...”
Merci à ma ville de Livry-Gargan pour ses multiples présents. Je lui dois bien de la reconnaissance d’avoir su, à quelques kilomètres de Paris, protéger tous ces espaces verts, aujourd’hui ses parcs et jardins.
Cette ville, ma ville, Madame de Sévigné la chérisssait et l’a chantée bien avant moi, et mieux que moi.
Elle y venait petite fille, et n’a cessé d’y revenir tout au long de sa vie, chez son oncle, qu’elle appelait “Le Bien-Bon”, l’Abbé de Coulanges, Grand maître de l’Abbaye de Livry.
De ce lieu, qu’elle aimait tant, n’écrivait-elle point à sa fille, Madame de Grignan :
“Quand je suis mauvaise,
Il me faut Livry”.
Plus modestement, je vous ai livré quelques souvenirs de ma ville, en cette banlieue qui me chante encore le cœur et l’esprit. Je vous ai surtout parlé de la banlieue-est de Paris, et pour cause, j’y suis né et j’y ai vécu de nombreuses années.
Les autres, je n’ai fait que les saluer au fil du temps, sans m’y fixer vraiment. Cependant, ce que je sais, c’est qu’elles sont sœurs et se ressemblent. Il nous faudrait les parcourir et y vivre en toute saison pour découvrir la subtilité de leurs différences.
Paris, qui les regarde vivre, sur elles en sait plus long que moi, demandez-lui ce qu’il en pense, peut-être qu’il vous répondra...
Devant ce bouquet
De banlieues
Des quatre points
Points cardinaux
En écoutant
Couler le temps
Couler ce temps
Qui fait l’histoire
Aimons-nous jusqu’à ne plus croire
Qu’il n’y a pas d’amour heureux.
Roger Varnay

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2004


Finale du “Grand Prix du Million de la Chanson, organisé par Radio-Luxembourg, 14 juin 1950, au Théâtre de l’Etoile à Paris.
“Lorsque dix millions d’auditeurs sont consultés sur la valeur d’une chanson, choisie parmi 6000 envois, après 37 éliminatoires, et qu’elle est finalement couronnée par un jury où figurent les plus grands compositeurs du moment, on a toutes les raisons de lui prédire le succès : c’est donc à coup sûr que Roger Varnay, finaliste du “Million”, pour avoir remarquablement chanté sa “Banlieue”, s‘élance sur le chemin de la gloire et de la fortune”.
“Radio-Magazine” N° de juin-juillet 1950


LA BANLIEUE

The Parisian suburbs, or banlieue, have been lauded by many a French singer.  Not the outskirts of today, disfigured by concrete and pollution, but those of yester-year, when they were dotted with small homes boasting pretty gardens and vegetable plots.  Reda Caire sings of their charm in the thirties, Charles Trénet is anxious to return to Seine et Oise to find his friends and fragrances of the countryside and Robert Lamoureux fondly describes Saint Mandé.

Ladies were also attracted to suburbia.  Damia portrays various parts of the banlieue, accompanied by Jane Stick who invites us to party with her on Sundays, Edith Piaf leads us from Saint Ouen to Clignancourt whereas Lina Marcy takes us on a train journey leaving from Saint Germain.

The adventure continues with Maurice Chevalier in the woods of Ville d’Avray and Andrex leads us to other copses, either in Choisy or in Bois Le Roy where it was likely to find Fernandel waiting on a wooden bench.  And the River Seine, so wonderfully illustrated by Renée Lamy, meanders around the capital, enabling us to discover the outskirts in further detail.

The grand Mistinguett leads us across Paris under the bridges, assisted by the beautiful Mireille Ponsard who dipped into Vincent Scotto’s repertory, as it was he who composed Sous les Ponts de Paris.

After an excursion to Chantilly, the Bing Crosby-style crooner André Claveau relates the tale of the three young ladies from Robinson.

We can again appreciate Jane Stick, this time in Joinville where we can meet up with Bourvil in Chez Gégène singing ‘A Joinville Le Pont... pon-pon !’.  Still skirting around the city, Renée Lebas preferred the Bois de Boulogne whereas Colette Mars opted for the Bois de Vincennes and Pierre Destailles came out with one of the most beautiful French songs of the 20th century featuring another wood - the Bois de Chaville.

Lucienne Delyle may complain of the smoke in her part of the suburbs, but Perchicot invites us to La Varenne, we can dance with Deprince and Pierre Daragon in Meudon and are warmly welcomed by André Pasdoc in Suresnes.

Should we stop off in Nogent, we can enjoy the glass of white wine offered by Roberte Marna, in memory of Jean Drejac.  And then Fréhel tells of ‘La Zone’, the belt separating Paris from her banlieue.  Galiardin lets time roll by in his houseboat berthed at the Pont de Saint Cloud and a cheerful team, headed by La Houppa relates the legend of the girls from Genevilliers.

The light-hearted Dorville, one of the best actors of the French world of cinema humorously confides that he is from Saint Ouen and his seal imitations brought the house down when he was billed at the Casino de Paris.  La Chanson de ma Banlieue, sung by Marcelle Darelle was released as a picture record, reproduced here and can be appreciated for its originality and rarity.  

Finally, we have asked Roger Varnay, the author of La Marie-Vison to describe his memories of the Parisian suburbs.  In 1950 he received the Vincent Scotto award for this song, inspired by his hometown, Livry-Gargan.

Alas !  How those splendid Sundays spent in Robinson now seem so far away.

Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of André BERNARD

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2004


I was born in Livry-Gargan (east of Paris) where there were fields and so many trees that it was impossible to ignore the beauty of mother nature.  Just going to school (there and back was an hour’s walk), I had time to take in this splendour.  And classmates met up along the road.

From time to time, we even built cabins for our encounters.  They were well hidden among the bushes, and only their creators had the right to enter.

We delighted in the offerings of each season, and as the months passed by our games changed accordingly.  Nature was omnipresent and was of all importance to us.  Occasionally, we used to pity the young Parisians for their lack of countryside.  Then the children grew up and were increasingly tempted to venture further afield.  We all owned bicycles in those days, and the whole of outer Paris intrigued us.  We thus discovered towns and villages, lakes and forests, castles, chapels and cathedrals.  After the great distances covered, summer was spent on the banks of the River Marne, not far from Livry.

Livry also boasted two cycling champions, Pierre and Antonin Magne, who greatly inspired us.  On Thursdays, we used to meet up at the farm of Antonin’s parents and play at musketeers.  What fun we had !   And many other internationally celebrated cyclists also stopped by at the farm.

During the summer months, the travelling circuses arrived, the larger ones set up their tents in the squares and the smaller ones in fields.  The parade used to pass in front of our house, under the shade of the chestnut trees in Boulevard du Raincy.  Imagine the excitement of a youngster watching the procession - an annual miracle.  Colours, music, artists, lions and tigers in their cages, elephants and the cavalry !  Entranced, we used to follow them, adjusting our pace to that of the horses.  Those were happy days.  However, there was more than just festivities and friends.  As time went by, I increasing found the need to write.  Needing solitude, I cycled to my secret hideaways in woods or fields where, out of sight, I wrote my first songs.

I can thank Livry-Gargan for its many gifts.  I learnt how to protect the countryside, which has now become parks and gardens.  This town, my town was cherished by Madame de Sévigné who sang about it well before me.  She used to come when young, and returned throughout her life, staying with her uncle who she called the ‘Bien-Bon’, the Abbé of Coulanges.  It was from there that she wrote to her daughter, Madame de Grignan :
“When I feel low, I need Livry”.
On a more modest note, I have simply imparted some of my memories of my town in the Parisian suburbs, a town which remains so dear to my heart.

Adapted from the French text of Roger Varnay

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2004


DISCOGRAPHIE CD1

1. Ma banlieue        2’55
(G. Gabaroche / Jacque-Simonot / P. Bayle - H. Varna)
Reda Caire  Orch. dir. Raymond Legrand    
Pathé PA 1362 / CPT 3613-1    3 déc. 1937

2. Aux quatre coins d’la banlieue    2’46

(R. Révil / M. Vaucaire)    
Damia  Acc. par Wal-Berg et son orchestre    
Columbia DF 2073 / CL 5996    14 déc. 1936

3. Un p’tit tour au bois        2’45
(J. Ledru / L. Domergue)    
Andrex  Orch. dir. Jacques-Henry Rys    
Pathé PG 543 / CPT 8390    12 octobre 1951

4. Entre Saint-Ouen et Clignancourt    3’03

(A. Sablon / Mauprey)    
La Môme Piaf  Orch. dir. Wal-Berg    
Polydor 524323 / 3342 HPP    12 avril 1937

5. Oouin!    2’29
(M. Yvain / A. Willemetz - J. Charles)    
Phoq’Trot de la revue     
“Cache ton piano”    
Dorville  Orch. dir. André Valsien    
Odéon 166427 / KI 4247-1    Mars 1931

6. La Seine    3’20
(G. Lafarge / F. Monod)    
Renée Lamy  Orch. dir. Paul Bonneau    
Pathé PA 2539 / CPT 6870-1    13 sept. 1948

7. Dans ma péniche    3’13
(Borel - Clerc / R. Toche)    
Galiardin      
Accordéon par Carrara - Banjo par Latorre    
Gramophone K 6165 / 50-1213    Janvier 1931

8. Sous les ponts    2’38
(V. Scotto / H. Varna - Lelièvre - De Lima)    
De la revue du Casino de Paris     
“Paris qui brille”    
Mistinguett      
acc. à l’accordéon par le Mélodic-Jazz    
d’E. Mahieux - Chorus par les Double-Two    
Odéon 166484 / KI 4835-2    11 octobre 1931

9. Sous une ombrelle à Chantilly     2’51
(Louiguy / J. Larue)    
André Claveau      
Acc. par André Grassi et son orchestre    
Polydor 560248 / 1186-2 ACP    9 janvier 1951

10. Sous les ponts de Paris    2’58
(V. Scotto / J. Rodor)    
Mireille Ponsard      
acc. par l’orch. musette Emile Carrara    
sous la direction de Georges Aubanel    
Polydor 522935 / 4257 WPP    11 juin 1934

11. Banlieue    2’38
(H. Bourtayre / R. Lamoureux)    
Robert Lamoureux      
Acc. par Henri Bourtayre et son trio    
Polydor 560433 / 2453-1 ACP    Février 1953

12. Saint-Mandé  (monologue)    1’31
(R. Lamoureux)    
Robert Lamoureux      
Polydor 560377 / 1883 ACP    14 février 1952

13. A la Varenne    2’45
(J. Jekyll / Marc-Hély)    
Perchicot  Acc. d’orch. Pierre Chagnon    
Columbia DF 163 / 2357-1 WL    Juin 1930

14. La zone    3’06
(J. Jekyll / Marc-Hély)    
Fréhel  Orch. dir. M. Chobillon    
Salabert 3344 / SS1594    Juin 1933

15. Béguin     3’09
(F. Freed / H. Bataille - M. Vandair)    
Maurice Chevalier      
Orch. dir. Raymond Legrand    
Decca 20996 / P. 584-2    Juin 1950

16. Tout’ la banlieue fait la bringue    3’25
(E. Armengol / C. Loris)    
Jane Stick    
Gramophone K 7624 / OLA 613    16 oct. 1935

17. Idylle à Bois-le-Roy    3’13
(C. Oberfeld / A. Willemetz - C. Pothier)    
Fernandel  Orch. dir. Pierre Chagnon    
Columbia DF 2616 / CL 7037-1    Avril 1939

18. Ah! Le petit vin blanc    3’08
(Borel - Clerc / J. Dréjac)    
Roberte Marna      
Orch. dir. Pierre Chagnon    
Pathé PA 2230 / CPT 5985    18 sept. 1945


DISCOGRAPHIE CD2


1. En Seine-et-Oise    2’07
(C. Trenet)    
Charles Trenet  Orch. dir. Jo Boyer    
Columbia BF 467 / CL 9144    Mars 1952

2. Au bois de Boulogne    2’34
(F. Lemarque / H. Spade)    
Renée Lebas      
Acc. par Emil Stern et son orchestre    
Mercury 4153 / P 13963    Novembre 1951

3. Tout ça parc’ qu’au bois d’Chaville    3’33
(C. Roland / P. Destailles)    
Pierre Destailles  Orch. dir. Guy Boyer    
Mercury 4248 / P 20404    Novembre 1953

4. Y a d’la fumée dans ma banlieue    3’02
(G. Dalmont / M. Brocey)    
Lucienne Delyle      
Orch. dir. Raymond Legrand    
Columbia DF 2850 / CL 7509-1    16 oct. 1941

5. A Joinville-le-Pont    2’40
(E. Lorin / R. Pierre)    
Bourvil  accompagné par Etienne Lorin    
Pathé PG 598 / CPT 8696    22 février 1952

6. Joinville-musette    3’18
(Saint-Servan / Bertal - Mauban)    
Jane Stick  Orch. dir. Armengol    
Gramophone K 7624 / OLA 563-1    17 juin 1935

7. Les bosquets de Robinson    3’05
(G. Malé / De Bru)    
Joss Basselli  son accordéon et ses rythmes    
Refrain chanté par R. Noël    
Saturne H 1019 / 1373    1951

8. Si tu passes par Suresnes    3’03
(De Pierlas / R. Rouzaud)    
André Pasdoc      
Acc. d’orch. (probablement André Valsien)    
Odéon 281372 / KI 8892    Mai 1939

9. Les filles de Gennevilliers    2’50
(Arrangements Trémolo)    
La Houppa - Hallaert -     
Léone et Trémolo    
Acc. d’orch. dir. Roger Guttinguer    
Idéal 12331 / AN 331    Juin 1933

10. Au bois de Boulogne    3’16
(A. Bruant)    
Monty    
Idéal 12819 / AN 1180    Février 1935

11. Dans le train de Saint-Germain    2’44
(M. Heyral / E. Marnay)    
Lina Margy  Orch. dir. Jean Faustin    
Odéon 282122 / KI 10742    Octobre 1949

12. C’est tout droit    3’06
(G. Bonnin / Y. Alain)    
Andrex  Orch. dir. Jacques-Henry Rys    
Pathé PG 674 / CPT 9277    17 nov. 1952

13. A Meudon    2’58
(G. Briez)    
A. Deprince et son orchestre musette    
Refrain chanté par Pierre Daragon    
Parnasse 1075 / AN 1234    Mars 1935

14. Banlieue    3’08
(R. Varnay)    
Roger Varnay  Orch. dir. Franck Pourcel    
Festival RA4 / PART. 10377 - FA1007-1        
Septembre 1950

15. La chanson de ma banlieue     2’31
(document)  (A. Lodge)    
Marcelle Darelle  Orch. dir. A. Lodge    
Saturne illustré J 311 / 8014    1949

16. Les demoiselles de Robinson    3’08
(J. Ledru / J. Mareuil)    
André Claveau      
Acc. par André Grassi et son orchestre    
Polydor 560366 / 1768-2    5 décembre 1951

17. J’aime autant    2’37

(J.-P. Mottier / Guigo)    
Colette Mars  Orch. dir. André Grassi    
Music-Monde COS 2006 / J267    Oct. 1947

18. Les beaux dimanches     
de printemps    2’51
(G. Gabaroche / J. Laurent)    
Reda Caire    
Pathé PA 369 / CPT 1425-1    20 sept. 1934


“Banlieue, c’est l’écrin que Paris
Un beau jour a choisi
Pour briller sur le monde!...”
Roger Varnay

The Parisian suburbs, or banlieue, have been lauded by many a French singer.  Not the outskirts of today, but those of yester-year, when they were dotted with small homes boasting pretty gardens and vegetable plots.  Reda Caire, Charles Trenet, Robert Lamoureux and others sing of their charm in the thirties...







EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 MA BANLIEUE - CAIRE02'56
02 AUX QUATRE COINS DE LA BANLIEUE - DAMIA02'48
03 UN P TIT TOUR AU BOIS - ANDREX02'46
04 ENTRE SAINT OUEN ET CLIGNANCOURT - PIAF03'05
05 OOUIN - DORVILLE02'30
06 LA SEINE - LAMY03'22
07 DANS MA PENICHE - GALIARDIN03'15
08 SOUS LES PONTS - MISTINGUETT02'40
09 SOUS UNE OMBRELLE A CHANTILLY - CLAVEAU02'52
10 SOUS LES PONTS DE PARIS - PONSARD02'59
11 BANLIEUE - VARNAY02'39
12 SAINT MANDE - LAMOUREUX01'32
13 A LA VARENNE - PERCHICOT02'47
14 LA ZONE - FREHEL03'08
15 BEGUIN - CHEVALIER03'11
16 TOUT LA BANLIEUE FAIT LA BRINGUE - STICK03'27
17 IDYLLE A BOIS LE ROI - FERNANDEL03'15
18 AH LE PETIT VIN BLANC - MARNA03'07
CD 2
01 EN SEINE ET OISE - TRENET02'09
02 AU BOIS DE BOULOGNE - LEBAS02'36
03 TOUT CA PARC QU AU BOIS D CHAVILLE - LEBAS03'35
04 Y A D LA FUMEE DANS MA BANLIEUE - DELYLE03'03
05 A JOINVILLE LE PONT - BOURVIL02'41
06 JOINVILLE MUSETTE - STICK03'19
07 LES BOSQUETS DE ROBINSON - BASSELLI03'06
08 SI TU PASSES PAR SURESNES - PASDOC03'04
09 LES FILLES DE GENNEVILLIERS - LA HOUPPA02'52
10 AU BOIS DE BOULOGNE - MONTY03'17
11 DANS LE TRAIN DE SAINT GERMAIN - MARGY02'45
12 C EST TOUT DROIT - ANDREX03'07
13 A MEUDON - DEPRINCE03'00
14 BANLIEUE - LAMOUREUX03'10
15 LA CHANSON DE MA BANLIEUE - DARCELLE02'32
16 LES DEMOISELLES DE ROBINSON - CLAVEAU03'09
17 J AIME AUTANT - MARS02'38
18 LES BEAUX DIMANCHES DE PRINTEMPS - CAIRE02'51
"La Banlieue" par Je Chante

“Une belle idée de compilation qui permet de mesurer l’évolution de l’image de la banlieue au fil des décennies. L’idée même de banlieue semble nouvelle, les premières chansons retenues ici qui l’évoquent explicitement remontant à la fin des années 30.” JE CHANTE !




"Un monde que l’on imagine difficilement aujourd’hui" par Cairn Info

"La banlieue “a des charmes que rien ne remplace”, c’est “un paradis qu’on a mis sur terre”, où “le dimanche, on oublie ses ennuis”, chantaient Reda Caire, Damia ou Robert Lamoureux dans les années 1930, 1940 et au tout début des années 1950. Cette banlieue mise en musique est un monde que l’on imagine difficilement aujourd’hui. Certes, on reconnaît les noms des communes qu’on ose afficher, à l’époque, jusque dans les titres, comme “Entre Saint-Ouen et Clignancourt”, “Les filles de Gennevilliers” ou “Joinville-Musette”, mais ensuite on entend la description de sites où tout n’est que jardins, ombrages, fêtes et romances. On voit bien que la banlieue était déjà plurielle, avec des territoires très distincts. Il y a des distinctions sociales entre le monde très ouvrier de Saint-Ouen, l’espace des fonctionnaires (Saint-Mandé) ou celui des bourgeois (Saint-Germain, Chantilly). Il y a les banlieues du quotidien et celles où l’on va pour se distraire. Dans cette dernière catégorie, la géographie est déterminante, puisque les refrains chantent les bords de Seine ou de Marne (Suresnes, Joinville-le-Pont).
Pourtant, la banlieue apparaît comme un territoire mental, constitué par l’imaginaire de l’époque, si bien décrit dans des chansons telles que “Ma banlieue”, “Aux quatre coins de la banlieue”, “Banlieue”, “Quand la banlieue fait la bringue”, etc. La banlieue est un espace-temps qui existe d’abord le dimanche. Ce jour est celui de la fête et du loisir. À chaque fois, le petit voyage en train jusqu’à Joinville ou Suresnes décrit les murs noirs de la ville et la tristesse des faubourgs. Le dimanche semble toujours se situer en été et les paroles témoignent d’un ciel uniformément bleu. La fête est caractérisée par la musique (accordéon ou piano mécanique), un certain type de repas (le petit vin blanc, la friture de poissons), le mélange des âges et la formation des couples dans les bals sur des airs de java ou de valse.
Bien sûr, ce petit paradis banlieusard “où les voisins sont frères” est un univers de nécessité : on est là parce que l’on ne peut aller ailleurs (Nice, Deauville…) et la guinguette remplace “les luxueux palaces”. Derrière les refrains enthousiastes et hédonistes se profile l’image de la semaine de travail dans les usines et aussi d’une autre banlieue qui n’a pas assez d’insouciance pour chanter."
par Alain VULBEAU - CAIRN INFO