CLAUDE BOLLING COLLECTOR

CLAUDE BOLLING MAXIM SAURY REX STEWART ROY ELDRIDGE

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Livret : 24 PAGES
Nombre de CDs : 4


59,99 € TTC

FA5114

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Ce coffret regroupe les premiers enregistrements de Claude Bolling en Big Band réalisés par Frank Ténot entre 1948 et 1956. En 3 CDs musicaux et 1 CD d’entretiens, il témoigne du début de l’histoire du Jazz en Europe, de la future carrière de Claude Bolling et de la création d’un répertoire qui allait devenir le “patrimoine bâti” du Jazz.
Patrick Frémeaux

Ces disques furent les premiers enregistrements stéréophoniques français jamais réalisés. Inclus "Les grands succès de Django Reinhardt par le Claude Bolling Grand Club". (Featuring Maxim' Saury, Benny Vasseur, Rex Stewart, Gérard Badini, Pierre Michelot, Roy Eldridge...).

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS - Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore en accord avec Claude Bolling et l'INA (Institut national de l'audiovisuel) / Entretien du 29.01.03 avec Claude Bolling par Daniel Nevers et Patrick Frémeaux

CLAUDE BOLLING COLLECTOR

CLAUDE BOLLING COLLECTOR
PREMIER ENREGISTREMENT STÉRÉOPHONIQUE FRANÇAIS
Avec Maxim’ SAURY, Benny VASSEUR, Rex STEWART, Gérard BADINI, Pierre MICHELOT, Roy ELDRIDGE...
Inclus “Les grands succès de Django” par le Claude Bolling Grand Club







Ces enregistrements de grand orchestre de jazz (Big Band) ont été réalisés sur l’initiative de Frank Ténot, ami de toujours et grand amateur de la musique de Duke Ellington, passion que nous avions en commun. Je lui dédie cette réalisation dont il avait souhaité commenter la réédition, avec toute mon affection et ma reconnaissance.
Claude BOLLING
Le second disque du “Grand Club Orchestra” est entièrement consacré à des thèmes de Django Reinhardt. Claude Bolling, qui dirige l’orchestre et qui écrivit les arrangements, les a choisis en fonction même des possibilités que leur adaptation procurait au grand orchestre. De même que dans la réalisation de notre premier album consacré à Duke Ellington, Claude Bolling a cherché à respecter au plus près la pensée du compositeur. Le “Grand Club Orchestra” est tout particulièrement à l’aise dans l’interprétation de ces morceaux et il est à remarquer que cette superbe machine sonore fonctionne ici avec une aisance inouïe.
Frank TENOT

CLAUDE BOLLING COLLECTOR (Grand Club Orchestra)
1. Duke Ellington
2. Django Reinhardt
3. Nouvelle-Orléans
4. Original Claude Bolling compositions
J’étais déjà passionné de la musique de Duke Ellington et un émule actif, puisque dès qu’il m’a été possible de réunir quelques musiciens, j’ai voulu recréer avec ma petite formation, les “Ellington units” enregistrés par Duke avec certains de ses principaux solistes. Le résultat avait dû être réussi, puisque Frank Ténot, chargé du département de jazz au “Club Français du Disque” m’a proposé de réunir un grand orchestre qui jouerait des arrangements originaux de thèmes de Duke. C’est donc grâce à Frank, que mon rêve Ellingtonnien a pu se réaliser. Pour que le résultat soit à la hauteur d’une telle ambition, j’ai fait appel aux meilleurs musiciens de jazz professionnels de Paris, artistes que je réunissais régulièrement pour réaliser les enregistrements jazzy et pop des artistes de variétés qui faisaient appel à moi tels que Boris Vian, Georges Ulmer, Dario Moreno, Jacqueline François, Sacha Distel, Juliette Gréco et bien d’autres. Tous ces musiciens étaient des jazzmen d’expérience, comme le contrebassiste Pierre Michelot, les trompettistes Roger Guérin, Fernand Verstraete, Fred Gérard, déjà les trombonistes André Paquinet et Benny Vasseur, et les experts du saxophone Armand Miggiani, Pierre Gossez et mon complice du moment Gérard Badini, seulement clarinettiste à cette époque, déjà grand jazzman, mais de peu d’expérience de studio (je lui donnais d’avance ses parties d’orchestre qu’il travaillait à la maison, ce qui laissait croire aux autres “pros” qu’il était un lecteur chevronné...); Pour ces musiciens rompus au travail de studio qui jouaient dans les orchestres des music-halls de l’Olympia, de Bobino, des Folies-Bergères ou des grands cabarets du Lido ou du Moulin-Rouge, les répétitions n’étaient pas nécessaires tant ils étaient habiles et expérimentés. D’usage, les musiques étaient distribuées au début des séances d’enregistrement et une ou deux lectures servaient en même temps de “test” pour l’ingénieur du son et on enregistrait. La deuxième ou troisième prise était la bonne ! Quelquefois la première ! Mais dans ce projet, l’enjeu était d’une autre taille, c’est pourquoi Frank a permis de réaliser les répétitions nécessaires à un projet d’une telle ambition : faire que l’orchestre ait un son, un swing, une couleur et des dynamiques dignes de la musique de Duke Ellington. Donc nous avons fait des répétitions de détails et d’ensembles, pour les enregistremenst réalisés par le grand ingénieur du son du moment, Raymond Verchères qui travaillait pour le Club Français du Disque et qui a inauguré avec nous la technique d’enregistrement “stéréo” en France à partir du 3e album des succès de la Nouvelle-Orléans. Grâce, en partie, aux précieux enseignements que m’avait prodigué le compositeur-musicologue André Hodeir, le résultat a dépassé les prévisions puisque le Prix de l’Académie du Disque a été décerné à notre premier album qui n’était pourtant pas sans défaut. Emporté par mon enthou­siasme, j’avais fait de “C Jam Blues”, thème sur deux notes le plus court de l’histoire du jazz, un développement de douze minutes. “Caravan”, “Drop me off in Harlem” et “Solitude” avaient eux aussi des minutages confortables, au point que ces titres remplissaient à eux quatre un disque microsillon 33 tours. Pour compenser ces longues durées de thèmes courts, j’ai voulu faire par contraste un medley de toutes les compositions d’Ellington que j’aurais souhaité en­registrer. Résultat : quelques mesures de chacun des 31 titres enchaînés comme des perles, digest qui a eu l’heur de plaire à Duke lui-même et qui lui a donné l’idée de réaliser plus tard une histoire du jazz en trois minutes... Le succès de cet enregistrement a amené Frank Ténot à me proposer la réalisation d’un deuxième album sur des thèmes de Django Reinhardt. La musique de Django Reinhardt sans guitare était une gageure d’autant plus qu’il n’y avait pas de guitare dans l’orchestre de Duke à l’époque à laquelle je me référais, et donc pas dans le nôtre. J’ai eu l’idée d’orchestrer certains solos de guitare de Django pour les saxophones et aux cuivres (notamment les improvisations de “Minor Swing”, “Manoir de mes Rêves” “Rythme Futur”). La qualité du résultat de cette deuxième aventure a provoqué le projet d’une troisième, basée sur les grands titres du jazz de la Nouvelle-Orléans, enregistrement magnifié par le son stéréo de Raymond Verchères que l’orchestre a été le premier à expérimenter en France. Puis un quatrième disque constitué de mes compositions originales a suivi. Presque cinquante ans après, ces enregistrements – que les éditions Frémeaux & Associés ont décidé de remettre à la disposition du public – témoignent de la ferveur avec laquelle ils ont été réalisés. J’en remercie tous les amis musiciens qui y ont participé avec tant de talent et d’enthousiasme.
Claude BOLLING

CLAUDE BOLLING : LES PREMIERS DISQUES par Daniel Nevers
A voir aujourd’hui Claude Bolling diriger son big band, on jurerait qu’il a fait cela toute sa vie !. Soyons juste : si ses années d’enfance et d’adolescence furent consacrées à autre chose (notamment à l’apprentissage de la musique, du solfège, du piano...), il y a tout de même un sacré bout de temps qu’il s’intéresse aux grands orchestres. Pour un admirateur de Duke Ellington et des grosses machines à swing des années 30-40, lui-même compositeur et arrangeur, c’était fatal. Ses premières armes dans ce domaine royal remontent à la seconde moitié des années 1950, quand le regretté Frank Ténot, alors directeur artistique pour le jazz au défunt "Club Français du Disque", lui commanda une sorte d’hommage au Duke, avec orchestrations originales, destiné à être publié en microsillon 33 tours, l’expérience se révéla tellement concluante que deux autres volumes se trouvèrent mis en chantier. L’un d’eux est dévolu à des thèmes évoquant La Nouvelle-Orléans et à ses musiciens les plus emblématiques (Armstrong, Bechet, Jelly Roll Morton, King Oliver), le tout arrangé, comme cela n’avait guère été fait jusqu’alors, pour grande formation. Le suivant fut consacré à la musique de Django Reinhardt, homme de grand orchestre lui aussi qui, néanmoins, joua la plupart du temps en petits comités. Là, la gageure consista à interpréter tous ces thèmes devenus des standards sans la moindre intervention de guitare ! Fallait le faire... Pour ces enregistrements, Bolling a recruté quelques-uns des meilleurs professionnels du moment, à peu près capables de tout jouer (valses viennoises ou musettes comprises), et les a gardés dans chaque circonstance. A vrai dire, les circonstances ne consistaient alors qu’en une suite de répétitions et de présence en studio. Ce bel orchestre-là, à l’exception de quelques apparitions en public lors de spectacles de "variétés", n’eut guère d’existence en dehors du disque... Ensuite, Bolling, appelé à d’autres occupations, marqua un temps d’arrêt dans le domaine du big band de jazz... Tout cela, Claude Bolling en parle fort bien dans l’entretien que nous eûmes en compagnie de Patrick Frémeaux (CD 4). Frank Ténot, organisateur des agapes, n’en parle pas moins bien dans les textes extrêmement fournis qu’il rédigea pour chaque album, reproduits quelque part dans le présent livret. Pas grand’chose à rajouter.. Tout de même, si ! Signalons d’abord que ces volumes du "CFD" sont ici réédités pour la première fois. Les détracteurs du musicien (il en a) ne manqueront sûrement pas d’affirmer qu’une telle réédition n’était nullement nécessaire puisque le type en question n’a pas vraiment contribué à faire évoluer le jazz. Sans doute est-ce exact. Mais, de temps en temps, ça et là, entre deux ou trois sauts de puce et un ou deux pas de géant (pour citer Coltrane), il n’est pas si abominable de respirer un poil et de s’accorder une once de repos, histoire de jeter un coup d’œil derrière et d’estimer le chemin restant à parcourir... C’est en gros ce que m’a dit, il y a une dizaine d’ans à Marciac (Gers) un trompettiste du nom de Winton Marsalis qui souhaitait alors arriver à jouer avec autant d’âme que Joe "King" Oliver. Ensuite, il faut préciser que, dans l’album Django, on trouvera une "prise" supplémentaire de Djangologie. Elle figure ici pour la première fois. Pour ce qui est, d’autre part, du "pot-pourri Ellington" (Ellington Medley), les choses se compliquèrent dès qu’il fallut éditer cette évocation d’une durée de près de seize minutes comprenant trente et une compositions ellingtoniennes différentes (Black and Tan Fantasy ouvre le feu et BIue Serge clot l’ensemble ; pour les vingt-neuf autres, c’est à celui qui en reconnaîtra le plus). Bien que ce Medley ait été enregistré au Printemps 1956, soit peu de temps après les autres compositions ducales (Solitude, Caravan, etc.) réunies sur le LP J.69, on attendit plus d’un an pour arriver à la caser sur un quatrième album (J.131), en compagnie de quatre thèmes dûs à la plume de Bolling lui même (repris ici en conclusion du CD 3). Encore dut-on le couper en deux (le début sur la face 1, la fin au verso) et l’"alléger" de plus de quatre minutes... Voici cette pièce enfin éditée dans son entièreté. Claude Bolling n’avait bien évidemment pas attendu la fin des années 50 pour rendre visite aux studios d’enre­gistrement. Au printemps de 1948 se tint au Théâtre Marigny le Festival de Jazz de Paris et Claude (alors âgé de dix-huit ans) flanqué de son septette (composé de gens de son âge, parmi lesquels Maxim Saury) eut pour tâche d’accompagner la chanteuse noire américaine Bertha "Chippie" Hill, une dame qui, dans les années 1920 à Chicago, avait fait des disques avec (entre autres) louis Armstrong... A cette occasion, le groupe fut remarqué par les responsables de la jeune firme "Pacific" qui l’invita à venir tourner quatre faces dans ses studios à la date du 28 mai. Tout un programme : un titre ellingtonien (The Mooche), la composition de "Kid" Ory Ory’s Creole Trombone évoquant tout à la fois Satchmo et ses "Hot Five" et les marching bands neoorléanais, le Sweetie Dear jadis célébré de flamboyante manière par Sidney Bechet et Tommy Ladnier à la tête de leurs "New Orleans Feetwarmers" et Black and Blue, que Fats Waller écrivit pour Armstrong. En ces jours de lutte farouche entre les anciens et les modernes – les "figues moisies" et les "raisins aigres" –, la couleur est annoncée sans ambiguïté. Encore que dans chaque camp il existe des sous-groupes. Ainsi l’équipe réunie par Claude Abadie et Boris Vian est-elle davantage portée sur la musique interprétée dans les années 1920 par les jeunes jazzmen blancs de Chicago et par Bix Beiderbecke, alors que les "Lorientais" de Claude Luter ne jurent que par les grands anciens noirs du Sud : King Oliver, Johnny Dodds, Kid Ory, Tommy Ladnier... Quant à Bolling, il s’oriente vers un style plus élaboré, plus solidement arrangé, quelque chose se situant entre le Jelly Roll Morton de l’époque "Red Hot Peppers" et, comme il se doit, Ellington... Cette séance initiale se trouve rééditée ici pour la première fois : The Mooche figure en tête du CD 1 (Ellingtonia) et les trois autres pièces, d’une atmosphère plus louisianaise, ouvrent le CD 2.

A Marigny, il y avait aussi Eddie Barclay, en quête de nouveaux venus susceptibles d’enregistrer pour sa marque "Blue Star", guère plus âgée que "Pacific". Lui aussi proposa à Bolling de graver quelques galettes. L’année précédente, il avait pu mettre la patte sur Django et sur le cornettiste Rex Stewart en rupture de big band ellingtonien et Claude Luter s’apprêtait à son tour à lui offrir quelques chaleureux échantillons de son art. Bolling ne manqua point d’accepter et se rendit avec sa troupe au studio Technisonor, 50 rue François Ier, dans les tout premiers jours de juin 48. Six morceaux furent mis en boîte, mais le dernier de la liste (matrice ST 2330-1 - titre inconnu) fut par la suite refusé à l’édition et l’orchestre dut revenir quelques mois plus tard ajouter Georgia Bo Bo à la série. Cette fois, le répertoire se situe nettement plus dans la lignée Armstrong-Oliver (Dippermouth Blues, Riverside Blues, You, Rascal You...) et délaisse momentanément le modèle ellingtonien. Voilà pourquoi cinq de ces faces ont tout naturellement pu trouver place dans le CD 2, celui qui s’intitule New Orleans Promenade... Précisons que ces six titres furent également édités aux U.S.A. par la petite firme "Circle", spécialisée dans le jazz "classique", en un album de trois disques. l’orchestre y est décrit comme celui de "Claude Bolling and his French blues stars" et sur la couverture on peut lire "Buddy Bolden... nous sommes ici!!!”. En français dans le texte... Des qui ne furent pas très contents, ce sont les gens de chez "Pacific". Ils firent savoir à Bolling que ça ne se faisait pas, d’enregistrer comme ça pour deux marques concurrentes. Il leur répondit avec candeur qu’il n’était pas au courant des usages (il n’y avait pas de contrat !) et les choses en restèrent là. Le 3 octobre 1948 eut lieu au Théâtre Edouard VII le premier concert de la série Jazz Parade, produite par Georges Baume et Charles Delaunay pour la Radio Diffusion Française. La chaîne Paris Inter en proposa des extraits trois jours plus tard. La vedette du concert en question était Django Reinhardt, accompagné par l’orchestre d’Hubert Rostaing et ce sont Bolling et les siens qui assurèrent la première partie du programme. Sweet Patootie, que Bechet avait enregistré dans les années 50, est extrait de cette prestation : le plus ancien Bolling en public... Fin 1948, alors que Benny Vasseur a intégré le groupe depuis déjà quelque temps, la série "Pacific" reprit, faisant la part belle à Ellington, mais aussi à Earl Hines, Morton et Bechet. Pour des questions de place, n’ont été retenus ici que les deux thèmes ellingtoniens, East St. Louis Toodle-oo et Wanderlust (CD 2). My Monday Date, Sidewalk Blues, Blues in the Air et Egyptian Fantasy devront attendre encore un peu avant que de connaître enfin les honneurs de la réédition. Rex Stewart avait donc décidé, après plus de dix ans de bons et loyaux services auprès du Duc, de voler de ses propres ailes, tant en Amérique qu’en Europe ou en Australie. Son arrivée en France à la fin de 1947 fut marquée par un mémorable concert salle Pleyel, dont quelques extraits furent alors publiés par "Blue Star". Notons au passage que tout fut enregistré et existe encore. Peut-être ne serait-il pas mauvais d’éditer un de ces jours l’intégralité de la chose ? Début 49, Rex n’avait plus d’orchestre pour l’accompagner et il fut décidé que celui de Claude Bolling ferait un excellent successeur. Peu après, Bechet de retour en Europe sera fort efficacement secondé par Claude Luter et l’association durera des années. Celle réunissant Rex et Bolling ne connut point semblable longévité. Juste, le temps, quand même, d’organiser deux séances chez "Pacific" en février et mai, au cours desquelles le cornettiste reprit quelques-uns de ses thèmes de prédilection de l’époque précédente : Without a Song, Morning Glory, Main Stem, Stompy Jones... Il co-signa également Weary Weird avec Bolling, lequel glissa dans le lot son Quand vous saurez aux accents fort ellingtoniens. Bien que Stewart se soit envolé, Ellington fut de nouveau très à l’honneur lors de l’ultime séance "Pacific", le 13 juin 49 : quatre compositions assez anciennes du Duke, dont Washington Wobble ici réédité. En 1950, Claude Bolling et son équipe se transportèrent du côté de chez "Vogue", nouvelle firme très prometteuse bien décidée à se consacrer en priorité au jazz – il est vrai que Charles Delaunay faisait partie des membres fondateurs... Pendant cinq bonnes années il eut ainsi l’occasion de se frotter à quelques autres jazzmen d’outre-Atlantique d’envergure comme Lionel Hampton, Albert Nicholas ou Mezz Mezzrow. Ou encore Roy Eldridge, acrobate de la trompette arrivé en 1950 avec le sextette de Benny Goodman qui préféra faire un petit séjour musical et gastronomique en France au lieu de rentrer sagement au pays. “Vogue” lui fit enregistrer un assez joli paquet de disques, en particulier, à la fin de mars 1951, ces deux duos trompette-piano en compagnie de Claude, rappelant celui que gravèrent à Chicago fin 1928 Louis Armstrong et Earl Hines sur Weather Bird. Au demeurant, Wild Man Blues et Fireworks faisaient à cette époque partie du répertoire de Satchmo. Ces deux faces-là (reproduites sur le CD 2), Claude Bolling nous a affirmé que, plus de cinquante ans après, il les aimait toujours comme au premier jour. On le comprend.
Daniel NEVERS
© 2004 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

CD 1 – ELLINGTONIA - 1. THE MOOCHE (D. Ellington – I. Mills) 3’04 - Gérard Bayol (cnt) ; Jean-Louis Durand (Tb) ; Maxime Saury (Cl, Sopr Sax) ; Robert Escuras (G) ; Guy de Fatto (C/b) ; Robert Peguet (Dm) Claude Bolling (P, Ldr) – Paris, 28/05/1948–  2. EAST ST. LOUIS TOODLE-OO (J. Miley) 3’13 - same musicians as for 1 - Benny Vasseur succède à / replaces Jean-Louis Durand, Paris 10/12/1948 – 3. WANDERLUST (D. Ellington) 3’07 – 4. WITHOUT A SONG (V. Rose – V. Youmans – P. Esliscu) 2’53 - With Rex STEWART + Roger Guérin (Tp) ; Roland Evans (As, Clar) ; George Kennedy (As/ Bs) ; Armand Conrad (Ts) – 5. MORNING GLORY (D. Ellington – R. Stewart) 2’56 – 6. MAIN STEM (D. Ellington) 2’45 – 7. WEARY WEIRD (Rex Stewart) 2’40 – 8 STOMPY JONES (D. Ellington) 2’50 – 9. QUAND VOUS SAUREZ (C. Bolling) 2’49 – 10. WASHINGTON WOBBLE (D. Ellington) 2’53 same musicians as for 2 and 3 - GRAND CLUB ORCHESTRA PLAYS ELLINGTON* - 11. CARAVAN (J. Tizol – D. Ellington – I. Mills) 6’23 – 12. DROP ME OFF AT HARLEM (D. Ellington) 7’42 – 13.  C JAM BLUES (D. Ellington) 9’51 – 14. SOLITUDE (D. Ellington – E. Delange – I. Mills) 8’51 – 15. ELLINGTON MEDLEY : 31 Duke Ellington’s compositions

CD 2 – NEW ORLEANS PROMENADE - 1. ORY’S CREOLE TROMBONE (E. ‘Kid’ Ory) 2’36 – 2. SWEETIE DEAR (J. Jordan) 2’47 – 3. BLACK AND BLUE (T.’Fats’ Waller – A. Razaf – S. Brooks) 2’43 – 4. DIPPERMOUTH BLUES (J. Oliver – L. Armstrong) 2’29 – 5. BLUES IN DISGUISE (M. Mezzrow – E. Sampson) 2’25 – 6. YOU, RASCAL YOU (S. Theard) 2’34 – 7. RIVERSIDE BLUES (T. A. Dorsey) 2’46 same musicians as for 1 (CD 1) Paris, 28/05/1948 - 8. GEORGIA BO BO (T. Waller – J. Trent) 2’40 - Benny Vasseur succède à / replaces Jean-Louis Durand – Paris, fin/late Dec. 1948 – 9. SWEET PATOOTIE (A. Bogan – V. Alexander – C. Williams) 4’40 – same musicians as for 1 to 7 – Présentation / announcement Georges Baume & Charles Delaunay – Première émission de la série ‘Jazz Parade’ / First broadcasting in the ‘Jazz Parade’ serie. Paris – Théâtre Edouard VII – Radio Diffusion Française – Paris-Inter, 3/10/1948 (diff / broad 6/10/1948). With ROY ELDRIDGE - Piano / Trumpet duet: 10. WILD MAN BLUES (L. Armstrong – F. Morton) 3’41 – 11. FIREWORKS (C. Williams) 3’02 – Paris 29/03/1951 - GRAND CLUB ORCHESTRA PLAYS NEW ORLEANS* - 12. ROYAL GARDEN BLUES (C. Williams – S. Williams) 5’40 – 13. I THOUGHT I HEAR BUDDY BOLDEN SAY (Trad.) 4’37 – 14. MUSKRAT RAMBLE (E. ‘King’ Ory) 4’37 – 15. HIGH SOCIETY (P. Steele) 5’27 – 16. CORNET SHOP SUEY (B. Atkins) 3’22 – 17. ST LOUIS BLUES (W.C. Handy) 6’00 – 18. BASIN STREET BLUES (S. Williams) 6’56 – 19. KING PORTER STOMP (F. Morton) 5’50 – Paris, 6/0/1957.
*Grand Club Orchestra : Reeds : Jo Hrasko, Mickey Nicolas (As, Clar); Pierre Gossez, Marcel Hrasko (Ts, Clar); Armand Miggiani (Bs), Gérard Badini (Clar) ; Tps : Fred Gérard, Roger Guérin, Henri Van Haeke, Fernand Verstraete, Robert Fassin ; Tbs : André Paquinet, Benny Vasseur, Gaby Vilain, Claude Gousset ; Pierre Michelot (CD 1 – Nr 11 to 14) or Alphonse Masselier (C/b) ; Arthur Motta (Dm); Claude Bolling (P, Ldr).

CD 3 – GRAND CLUB ORCHESTRA PLAYS DJANGO REINHARDT* - 1. DJANGOLOGIE (version I) (D. Reinhardt) 4’03 – 2. NUAGES (D. Reinhardt) 5’29 – 3. DINETTE (D. Reinhardt) / ARTILLERIE LOURDE (D. Rainhardt) 6’48 – 4. TEARS (D. Reinhardt – S. Grappelli) 4’31 – 5. MINOR SWING (D. Reinhardt – S. Grappelli) 4’30 – 6. NYMPHEAS (D. Reinhardt) 3’55 – 7. SWING 42 (D. Reinhardt) / MANOIR DE MES RÊVES (D. Reinhardt) / SWING 39 (D. Reinhardt – S. Grappelli) 12’45 – 8. RYTHME FUTUR (D. Reinhardt) 2’58 – 9. DJANGOLOGIE (version II) (D. Reinhardt) 4’42 – Paris, mai-juin / May-June 1956 - GRAND CLUB ORCHESTRA PLAYS CLAUDE BOLLING ORIGINAL’S - 10. GENEVIEVE (Cl. Bolling) 7’45 – 11. RUE DE LA PAIX (Cl. Bolling) 6’37 – 12. PICCADILLY ROMEO (Cl. Bolling) 3’17 – 13. ROCKY (Cl. Bolling) 7’26 – Paris, avril-mai / April-May 1956.

CD4 - ENTRETIEN AVEC CLAUDE BOLLING, par Daniel NEVERS & Patrick FRÉMEAUX, 29 janvier 2003 - 1. Claude Bolling : une réussite exemplaire? Le goût de la musique. 2. D’où vient ce nom, Bolling? 3. De l’avantage d’avoir un nom à consonnance anglo-saxonne. 4. Début de l’apprentissage à Nice pendant la guerre. Peinture ou musique? 5. L’écoute des disques. Découverte de Duke Ellington et du jazz. Les pianistes de bars à Nice. “St. Louis Blues” à la manière de Charlie Kuns. Découverte de Fats Waller. 6. Les grands orchestres français de jazz et de variétés des années 1930-40. Les frères Salvador et quelques autres musiciens français présents à Nice vers 1941-42. 7. Apprentissage du piano sous la houlette de Marie-Louise Colin. Les orchestres féminins employés dans les brasseries. 8. Débuts parisiens en 1944. Le local du Hot Club de France et la SACEM, rue Chaptal. Tournoi des amateurs. “The Snake Charmer”. Prix des pianistes amateurs en 1945. 9. Formation d’un premier orchestre avec d’autres amateurs, habitués du HCF. 10. Les professionnels du jazz français. Django Reinhardt au Club Saint-Germain. 11. L’amour de la musique de La Nouvelle Orléans. Petits désaccords entre puristes, notamment avec Claude Luter. Ceux qui jouent à Saint-Germain-des-Prés (Luter) et ceux qui fréquentent les “beaux quartiers” (Bolling). 12. Coexistence pacifique avec les “anciens” du jazz français. 13. Intervention de Patrick Frémeaux, sur la presse jazz et sur le hiatus, à propos de Bolling, touchant l’aspect créatif et le répertoire. 14. Les ennuis avec les voisins des apprentis jazzmen. 15. L’aventure de Saint-Germain-des-Prés, avec Boris Vian et la cave du “Tabou”. L’histoire des pianos mis à sécher dans la cour. 16. Toujours les pianos, rongés par l’humidité des caves. 17. Le festival de Paris 1948, à Marigny. Accompagnement de la chanteuse Bertha “Chippie” Hill par la formation qui va bientôt faire ses premiers disques. 18. Les musiciens de l’orchestre et les premiers enregistrements, au printemps de 1948, pour deux firmes concurrentes (Pacific et Blue Star). 19. Rex Stewart à Paris, accompagné par l’orchestre Bolling. Enregistrements avec Rex. 20. Les Américains en France : Rex, Sidney Bechet, Albert Nicholas, Buck Clayton, Roy Eldridge... 21. Les Américains, suite : Lionel Hampton... 22. La question du “be-bop” : figues moisies et raisins aigres. L’écoute des disques chez Henri Bernard. La scission du HCF entre “anciens” et “modernes”. L’anti-jazz. L’ambiguïté bop-danse. 23. L’élargissement, dans les années 50, vers le monde de la chanson et de la variété. 24. L’action décisive de Boris Vian, directeur artistique chez Philips lié à Jacques Canetti. Engagement pour accompagner sur scène Dario Moréno, Henri Salvador, Juliette Gréco. Plus tard Charles Trénet. 25. Les émissions télévisées d’Albert Reisner et l’aventure de sept ans avec les Parisiennes. 26. Initiales B.B. 27. Début dans la musique de film. 28. La musique de film, suite. Musique pour émissions et séries de télévision, Borsalino, Lucky Luke, The Awakening... 29. Expérimentations dans le domaine “classique”, “Crossover”. Rampal, Lagoya, Maurice André, Zuckerman, J.B. Pommier... Le simple plaisir de la musique. 30. Le mélange des genres. 31. En Amérique : à Carnegie Hall avec Rampal. 32. En Amérique : syndicats et protectionnisme. 33. Patrick Frémeaux : de l’importance grandissante de ce que l’on nomme “crossover”. 34. Raymond Fol, Aaron Bridges et Claude Bolling jouent quelques notes dans l’orchestre d’Ellington lors du dernier concert parisien du Duke, qui les invite à monter sur scène. 35. Formation progressive du big band de Claude Bolling, à la demande de Frank Ténot dans le courant des années 50, en vue d’enregistrer plusieurs albums pour le Club français du Disque. Quelques-uns des meilleurs musiciens professionnels de l’heure. 36. Les disques enregistrés pour le Club (figurant dans le présent recueil “Collector”). Hommage à Django sans guitare. L’orchestre joue aussi parfois en public, notamment à l’Alhambra. 37. L’orchestre tel qu’il existe actuellement, constitué à la suite d’un concert triomphal donné à la Maison de la Radio. 38. Les nouveaux venus dans l’orchestre. 39. Patrick Frémeaux insiste sur la longévité de cet orchestre et sur sa célébrité de par le monde. 40. Les occupations de Claude Bolling aujourd’hui : moins de musique de film, mais toujours un peu de télévision. Et les œuvres “crossover” interprétées désormais dans le monde entier. 41. Patrick Frémeaux signale les rencontres du big band et de certaines vedettes. Claude Bolling rend hommage à Stéphane Grappelli et évoque le disque qu’ils ont fait ensemble. 42. Patrick Frémeaux se rappelle sa première rencontre avec Claude Bolling et parle de leur actuelle collaboration. 43. Désannonce par Daniel Nevers.
*Grand Club Orchestra : Reeds : Jo Hrasko, Mickey Nicolas (As, Clar); Pierre Gossez, Marcel Hrasko (Ts, Clar); Armand Miggiani (Bs), Gérard Badini (Clar) ; Tps : Fred Gérard, Roger Guérin, Henri Van Haeke, Fernand Verstraete, Robert Fassin ; Tbs : André Paquinet, Benny Vasseur, Gaby Vilain, Claude Gousset ; Pierre Michelot (CD 1 – Nr 11 to 14) or Alphonse Masselier (C/b) ; Arthur Motta (Dm); Claude Bolling (P, Ldr)
CD CLAUDE BOLLING COLLECTOR © Frémeaux & Associés; (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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PREMIER BIG BAND (Bolling Story)

Au temps de Saint-Germain-des-Prés et de notre spectacle “Spike Jones”, pour nos morceaux de jazz, nous empruntions beaucoup à Duke Ellington, en particulier, à ces petites formations des “Ellington Units” qui correspondaient bien à notre instrumentation de deux cuivres/deux saxophones /contrebasse/batterie/piano. Nous remarquions souvent au premier rang, un amateur très attentif. Ce fou de jazz cumulait les fonctions d’ingénieur atomique à Saclay et de directeur musical d’une société phonographique. C’était Frank Ténot. Un soir, il me dit : “Est-ce que ça te dirait de monter un grand orchestre pour jouer de la musique d’Ellington ?”

Réaction au quart de tour… et c’est ainsi que grâce à Frank, j’ai pu réunir une grande formation dans les meilleures conditions que l’on puisse souhaiter en rassemblant des jazzmen professionnels du plus haut niveau comme Pierre Michelot (contrebasse), Arthur Motta (batterie), les trompettes Roger Guérin, Fernand Verstraete, Fred Gérard, les trombones André Paquinet, Claude Gousset et, bien sûr Benny Vasseur et les experts du saxophone Pierre Gossez, les frères Jo et Marcel Hrasco, Armand Migiani et mon complice d’alors Gérard Badini à la clarinette.
Avant de me lancer dans une telle entreprise, je suis allé consulter André Hodeir, grand musicologue ès jazz, avec lequel je prenais déjà des cours de contrepoint et d’orchestration. Pris par la folie de l’écriture et d’une véritable logorrhée musicale, j’ai élaboré des morceaux d’une telle durée, que le 33 tours (février/mars 1956) ne pouvait contenir que quatre titres : C-Jam Blues, Caravan, Solitude, Drop Me Off In Harlem, d’une durée de huit et dix minutes chacun. Autre gageure, pour compenser, j’ai réuni dans un “medley” constitué de trente-trois citations d’autres thèmes du Duke (avril/mai 1956). Comme l'Académie du Disque Français nous attribua son grand prix, Frank Ténot, heureux et fier de ce résultat, nous demanda de poursuivre l’aventure. C’est ainsi que nous avons choisi de réaliser un deuxième album à partir de thèmes d’une autre figure emblématique du jazz : Django Reinhardt. Le défi était d’orchestrer pour des cuivres et des saxophones, sans guitare, les solos de Django ! Ce fut le cas notamment pour Minor Swing, Manoir de mes Rêves et Rythme Futur. Heureux de cet autre résultat, dans la lancée, Frank me proposa un troisième projet : reprendre des thèmes Nouvelle-Orléans ou Dixieland et les adapter au grand orchestre. C’est avec cet album que, grâce à l’ingénieur du son Raymond Verchères, nous avons été les premiers en France à enregistrer en son stéréophonique. L’événement avait donné lieu à une expérience en public dans la salle de concert de la Maison de la Chimie. Pour cette séance, l’orchestre commençait à jouer, jusqu’au moment précis où il était relayé par le son enregistré préalablement. Le public était censé ne pas entendre la différence… J’ai été sans le vouloir, pionnier du play-back et j’ajouterai que finalement je ne m’en glorifie pas car, involontairement, j’ai participé au déclin de la musique vivante par la musique mécanique. Un quatrième disque constitué de mes compositions compléta la série. Je n’aurai jamais assez de gratitude pour Frank d’avoir été le promoteur de cette aventure. Ces pratiques d’écriture ont été capitales dans ma vie de compositeur, d’orchestrateur et de chef de grand orchestre. La qualité technique de ces enregistrements leur a mérité d’avoir été réédités par Frémeaux & Associés dans le coffret ‘‘Collector’’ paru en 2004.

Extrait de "Bolling Story" de Jean-Pierre Daubresse et Claude Bolling édité par Jean-Paul Bertrand - Editions Alphée (avec l'autorisation de Claude Bolling)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 0
00 MANOIR DE MES REVES - BOLLING04'01
00 SWING 39 - BOLLING03'55
CD 1
01 THE MOOCHE - BOLLING03'04
02 EAST ST LOUIS TOODLE OO - BOLLING03'13
03 WANDERLUST - BOLLING03'07
04 WITHOUT A SONG - BOLLING02'53
05 MORNING GLORY - BOLLING02'56
06 MAIN STEM - BOLLING02'45
07 WEARY WEIRD - BOLLING02'40
08 STOMPY JONES - BOLLING02'50
09 QUAND VOUS SAUREZ - BOLLING02'49
10 WASHINGTON WOBBLE - BOLLING02'53
11 CARAVAN - BOLLING06'23
12 DROP ME OFF AT HARLEM - BOLLING07'42
13 C JAM BLUES - BOLLING09'51
14 SOLITUDE - BOLLING08'51
15 ELLINGTON MEDLEY - BOLLING15'41
CD 2
01 ORY S CREOLE TROMBONE - BOLLING02'36
02 SWEETIE DEAR - BOLLING02'47
03 BLACK AND BLUE - BOLLING02'43
04 DIPPERMOUTH BLUES - BOLLING02'29
05 BLUES IN DISGUISE - BOLLING02'25
06 YOU RASCAL YOU - BOLLING02'34
07 RIVERSIDE BLUES - BOLLING02'29
08 GEORGIA BO BO - BOLLING02'40
09 SWEET PATOOTIE - BOLLING04'40
10 WILD MAN BLUES - BOLLING03'41
11 FIREWORKS - BOLLING03'02
12 ROYAL GARDEN BLUES - BOLLING05'40
13 I THOUGHT I HEAR BUDDY BOLDEN SAY - BOLLING04'37
14 MUSKRAT RAMBLE - BOLLING04'37
15 HIGH SOCIETY - BOLLING05'27
16 CORNET SHOP SUEY - BOLLING03'22
17 ST LOUIS BLUES - BOLLING06'00
18 BASIN STREET BLUES - BOLLING06'56
19 KING PORTER STOMP - BOLLING05'50
CD 3
01 DJANGOLOGY 1 - BOLLING04'03
02 NUAGES - BOLLING05'29
03 DINETTE ET ARTILLERIE LOURDE - BOLLING06'48
04 TEARS - BOLLING04'31
05 MINOR SWING - BOLLING04'30
06 NYMPHEAS - BOLLING03'55
07 SWING 42 - MANOIR DE MES REVES - BOLLING12'27
08 RYTHME FUTUR - BOLLING02'58
09 DJANGOLOGIE 2 - BOLLING04'42
10 GENEVIEVE - BOLLING07'45
11 RUE DE LA PAIX - BOLLING06'37
12 PICCADILLY ROMEO - BOLLING03'17
13 ROCKY - BOLLING07'26
CD 4
01 CLAUDE BOLLING UNE REUSSITE EXEMPLAIRE - BOLLING01'48
02 D OU VIENT CE NOM BOLLING - BOLLING00'27
03 DE L AVANTAGE D AVOIR UN NOM A CONSONNANCE - BOLLING00'18
04 DEBUT DE L APPRENTISSAGE A NICE - BOLLING01'37
05 L ECOUTE DES DISQUES DECOUVERTE DE - BOLLING03'21
06 LES GRANDS ORCHESTRES FRANCAIS DE JAZZ ET DE VARIE - BOLLING01'53
07 APPRENTISSAGE DU PIANO - BOLLING02'02
08 DEBUTS PARISIENS EN 1944 - BOLLING02'19
09 FORMATION D UN PREMIER ORCHESTRE AVEC - BOLLING01'46
10 LES PROFESSIONNELS DU JAZZ FRANCAIS - BOLLING01'17
11 L AMOUR DE LA MUSIQUE DE LA NOUVELLE ORLEANS - BOLLING01'26
12 COEXISTENCE PACIFIQUE AVEC LES ANCIENS - BOLLING00'59
13 INTERVENTION DE PATRICK FREMEAUX SUR LA PRESSE - BOLLING01'39
14 LES ENNUIS AVEC LES VOISINS DES APPRENTIS - BOLLING00'28
15 L AVENTURE DE SAINT GERMAIN - BOLLING02'02
16 TOUJOURS LES PIANOS RONGES - BOLLING00'26
17 LE FESTIVAL DE PARIS 1948 - BOLLING02'32
18 LES MUSICIENS DE L ORCHESTRE ET LES PREMIERS - BOLLING01'39
19 REX STEWART A PARIS - BOLLING01'06
20 LES AMERICAINS EN FRANCE REX SIDNEY - BOLLING01'22
21 LES AMERICAINS SUITE LIONEL - BOLLING01'12
22 LA QUESTION DU BE BOP - BOLLING03'27
23 L ELARGISSEMENT DANS LES ANNEES 50 - BOLLING01'55
24 L ACTION DECISIVE DE BORIS VIAN - BOLLING04'02
25 LES EMISSIONS TELEVISEES D ALBERT REISNER - BOLLING02'06
26 INITIALES B B - BOLLING01'19
27 DEBUTS DANS LA MUSIQUE DE FILM - BOLLING01'03
28 LA MUSIQUE DE FILM SUITE - BOLLING03'22
29 EXPERIMENTATIONS DANS LE DOMAINE CLASSIQUE - BOLLING03'32
30 LE MELANGE DES GENRES - BOLLING00'49
31 EN AMERIQUE A CARNEGIE HALL - BOLLING01'06
32 EN AMERIQUE SYNDICATS ET PROTECTIONNISME - BOLLING01'15
33 PATRICK FREMEAUX DE L IMPORTANCE GRANDISSANTE - BOLLING01'34
34 RAYMOND FOL AARON BRIDGES ET CLAUDE BOLLING - BOLLING04'17
35 FORMATION PROGRESSIVE DU BIG BAND DE CLAUDE - BOLLING04'04
36 LES DISQUES ENREGISTRES POUR LE CLUB - BOLLING01'48
37 L ORCHESTRE TEL QU IL EXISTE ACTUELLEMENT - BOLLING02'19
38 LES NOUVAUX VENUS DANS L ORCHESTRE - BOLLING00'52
39 PATRICK FREMEAUX INSISTE SUR LA LONGEVITE - BOLLING00'35
40 LES OCCUPATIONS DE CLAUDE BOLLING AUJOURD HUI - BOLLING01'05
41 PATRICK FREMEAUX SIGNALE LES RENCONTRES DU BIG BAN - BOLLING03'05
42 PATRICK FREMEAUX SE RAPPELLE SA PREMIERE RENCONTRE - BOLLING01'16
43 DESANNONCE PAR DANIEL NEVERS - BOLLING00'43
"Claude Bolling Collector" par Jazz Man

“Boris Vian raconta qu’à l’occasion d’un concours où fut diffusé sur les ondes Caravan arrangé et enregistré par Claude Bolling à la tête de son Grand Club Orchestra, les concurrents identifièrent à l’unanimité la formation... de Duke Ellington. Une anecdote qui situe à quel niveau se place la musique que ce coffret ramène à nos oreilles. Réalisés par Bolling à l’instigation de Frank Ténot pour le Club français du disque, les quatre albums Ellingtonia, New Orleans Promenade, Plays Django Reinhardt, Plays Claude Bolling Original’s comptent parmi ses plus indiscutables réussites et, de surcroît, n’ont guère d’équivalent : au-delà de la lettre, l’écriture des orchestrations a su comprendre et assimiler parfaitement l’esprit ellingtonien sans pour autant sombrer dans le pastiche. Cette édition irréprochable dont Daniel Nevers est le maître d’oeuvre, comprend également une poignée de faces rares en petite formation (certaines avec Rex Stewart) et deux savoureux duos Roy Eldridge-Claude Bolling (Wild Man Blues, Fireworks). La seule excuse pour la négliger serait de revendiquer une bonne dose de masochisme.” Alain TERCINET, JAZZ MAN




"Claude Bolling Collector" par Jazz Notes

“Le dernier CD est un entretien avec Bolling par Daniel Nevers et Patrick Frémeaux, réalisé le 29 janvier 2003. Ce coffret me paraît indispensable pour tous ceux qui ne sont pas bornés et veulent découvrir une partie de notre patrimoine musical. Un livret copieux avec explications de Daniel Nevers” JAZZ NOTES




"Claude Luter parle de Claude Bolling"

«...je trouve que c’est le meilleur pianiste et arrangeur d’Europe… au point de vue jazz et puis même il déborde du jazz. Moi je me bats toujours quand on attaque Bolling ! De toute façon, il est inattaquable ! (...) » Claude Luter © JAZZ CLASSIQUE


« Bolling, je l’ai connu en culottes courtes et après en culottes de golf au Kangoo Club, le Kentucky Club mais avec Alex, au Trocadéro. Il commençait déjà à jouer, c’était déjà la bête à concours. Il avait treize ans et il jouait déjà drôlement bien, c’est un pianiste exceptionnel ! Quand je vois qu’il travaille une demi-heure avant de jouer… de toute façon il sait tout faire, c’est vrai ! Il est beaucoup critiqué parce qu’il est beaucoup envié et jalousé, mais en fin de compte, en Europe, je ne vois pas un pianiste autre que lui… et un arrangeur, car c’est tout de même un arrangeur ! Et puis, il dirige un orchestre, je n’en vois pas un autre qui lui arrive à la cheville. On a beau le critiquer, dire qu’il n’est peut-être pas aimable tout le temps ! Alors, comme moi non plus, ce n’est pas moi qui vais lui jeter la pierre !...je trouve que c’est le meilleur pianiste et arrangeur d’Europe… au point de vue jazz et puis même il déborde du jazz. Moi je me bats toujours quand on attaque Bolling ! De toute façon, il est inattaquable ! Il ne faut pas dire du mal des gens qui ont beaucoup de valeur, vaut mieux écouter et apprendre ! On lui dit qu’il est commercial ! Quelle …erie ! C’est-à-dire que pour être un bon jazzman, il ne faut pas gagner trois sous et avoir personne dans la salle. Dès qu’on plaît au public, on est commercial. Ce sont des imbécillités ! » Claude Luter © JAZZ CLASSIQUE




« Des séances importantes dans l’histoire du jazz en France » par Jazz Classique

Ce coffret contient pas mal d’enregistrements très rares qui justifient pleinement l’intitulé « Collector » (même si, contrairement à ce que prétend le livret, les trois-quarts des enregistrements du Club Français du Disque avaient déjà été réédités). Parmi les faces les plus recherchées, celles de 1948 pour le label Pacific. Vous en trouverez une large sélection (19) aux débuts des disques 1 et 2 (disques organisés autour de thèmes : Duke Ellington, la Nouvelle-Orléans). Seules les faces avec Rex étaient disponibles sur un CD Classic (1164) chroniqué par Marc Richard dans notre numéro 15 (détail : Weary Weird, crédité à Bolling sur le Classics, est ici octroyé à Stewart). Les autres permettent d’entendre un « septet » de très jeunes musiciens plus ou moins expérimentés et n’ont pas, évidemment, la qualité musicale des enregistrements du big band de 1956. Toutefois, l’enthousiasme et quelques talents prometteurs (Maxime Saury, par exemple, qui avait plus de maturité que ses camarades) forcent la sympathie. Les collectionneurs repéreront Sweet Patootie, enregistré en public lors du premier concert de la série « Jazz Parade ». Dans le disque deux figurent les deux excellents duos avec Roy Eldridge, Wild Man Blues et Fireworks, plusieurs fois réédités dans les disques du trompettiste (voir l’enthousiasme de Dominique Burucoa dans notre numéro 27, p. 17). On trouve là le meilleur de Claude Bolling pianiste (avec quelques enregistrements de la  même époque, les trios avec Albert Nicholas, par exemple, ou certaines interventions dans les big bands de 56 – voir plus loin). Ces deux titres ne sont malheureusement pas très bien reproduits. Nous en arrivons à ce qui justifie pleinement un tel coffret : la réédition des quatres albums réalisés en 1956 et 1957 pour le Club Français du Disque : « Les succès de Duke Ellington », « Les succès de la Nouvelle-Orléans », « Les succès de Django Reinhardt » et « Rolling With Bolling ». Le dernier LP (qui contenait un long « medley » de thèmes ellingtoniens et quatre compositions de Claude Bolling) n’avait jamais été réédité. Il contient même quelques mesures inédites car le Ellington Medley avait été tronqué dans l’édition originale. Les renseignements discographiques accompagnant ces rééditions étant lacunaires (ou erronés) voici le contenu de ce « medley » (certains titres ne sont que très rapidement évoqués) : Black And Tan Fantasy / Things Ain’t What They Used To Be / Creole Love Call / I Got It Bad / Sophisticated Lady / Moring Glory / It Don’t Mean A Thing / Beautiful Indians (Hiawata) / Birmingham Breakdown / Conga Brava / Cotton Tail / The Lady Of The Lavender Mist / Prelude To A Kiss / Warm Valley / Ain’t Got Nothing’ But The Blues / Day Dream / I Let A Song Go Out My Heart / Do Nothing Till You Hear From Me / Don’t Get Around Much Anymore / Mood Indigo / Moon Mist / In A Sentimental Mood / East St Louis Toodle Oo / In A Mellowtone / Black Beauty / Tulip Or Turnip / The Mooche / Just Squeeze Me / Perdido / I’m Beginning To See The Light / Take The A Train / Rockin’ In Rhythm / Blue Serge.
Ces enregistrements avaient été, pour moi, jadis, des disques de chevet (en fait, ils furent parmi les premiers LP de la collection). Mais je ne les avais pas écoutés depuis longtemps et j’ai été surpris par leurs qualités. D’abord, les arrangements de Bolling sont magnifiques et pleins d’idées originales. J’ai un faible pour le « Django ». On n’a jamais aussi bien orchestré pour big band la musique du guitariste. Vous trouverez ici une seconde prise de Djangologie, prise sur un tempo plus lent (ce qui est moins heureux) que celle qui avait été originellement éditée. Les solos de Fernand Verstraete et de Pierre Gossez y sont passablement différents. Quant au solo de trombone d’André Paquinet, entièrement écrit par Claude Bolling (qui écrivait tous les solos de Paquinet, vous en avez un autre exemple dans Basin Street Blues) il a été remplacé par un solo de Benny Vasseur qui débute par la même phrase. Le « Ellington » et les compositions du chef me plaisent presque autant que le « Django ». Et, si je trouve un peu inégal le disque consacré à la Nouvelle-Orléans, Royal Garden Blues, Buddy Bolden Say, St Louis Blues, Basin Street Blues, King Porter Stomp, notamment, sont vraiment réussis. Ensuite, l’orchestre joue avec un punch et une précision (les deux vont de paire) admirables. La section rythmique (composée la plupart du temps par le contrebassiste Pierre Michelot et le batteur Arthur Motta) swingue comme peu de rythmiques françaises étaient capables de le faire à l’époque. Enfin, l’orchestre comprenait beaucoup de bons solistes. Pierre Gossez (ts) et Gérard Badini (cl) prennent avec flamme, inspiration et brio tous les solos de saxo ténor et de clarinette. Ces disques sont précieux pour le saxophoniste, très sous-enregistré, et pour Gérard Badini qui signait là, sans doute, ses chefs-d’œuvre à la clarinette avant de changer d’instrument. On se régale aussi avec Benny Vasseur et Claude Gousset (tb), Fred Gérard, Roger Guérin ou Fernand Verstraete (tp). Ce dernier avait été totalement sous-estimé par Hugues Panassié. A cause de cela pas mal d’amateurs sont « passés à côté » de ses nombreuses qualités : lyrisme, son, fantaisie… Ecoutez-le dans ses interventions de Drop Me Off In Harlem, C. Jam Blues, Morning Glory, East St Louis Toodle Oo, Blue Serge, Basin Street Blues, Djangologie, Tears, Piccadilly Romeao… Il est aussi “jazz” que ses confrères, et ce n’est pas parce qu’il ne phrase pas comme son auteur le fameux solo de Louis sur Cornet Shop Suey qu’il est dans l’erreur. Au contraire, il est tout à fait dans l’esprit de l’arrangement. Rappelons que « le pianiste de l’orchestre » est ici, particulièrement, à son avantage. Mais voici la liste des solistes que le livret (bien entendu) néglige de vous donner : Caravan : G. Badini (cl), B. Vasseur (tp), P. Gossez (ts), F. Verstraete (tp). Drop Me Off At Harlem : C. Bolling (p), C. Gousset (tb), G. Badini (cl), F. Verstraete (tp), F. Gérard (tp). C. Jam Blues : C. Gousset (tb), G. Badini (cl), F. Verstraete (tp), Jo Hrasko (as), F. Gérard (tp), A. Motta (dms), P. Gossez (ts), C. Gousset (tb), R. Guérin (tp). Solitude: G. Badini (cl), B. Vasseur (tb), P. Gossez (ts), F. Gérard (tp). Ellington Medley : B. Vasseur (Creole love Call), Claude Gousset (Sophisticated Lady, Moon Mist, Black Beauty), A. Paquinet (Conga Brava, Moon Indigo), F. Verstraete (Morning Glory, East St Louis Toodle Oo, In A Mellowtone, Blue Serge), C. Bolling (It Don’t Mean A Thing, The Lady Of The Lavender Mist, In A Sentimental Mood, Perdido), P. Gossez (Hiawata), Jo Hrasko (Warm Valley, Day Dream), Gérard Badini (Don’t Get Around Much Anymore), Fred Gérard (In A Mellowtone - suraigu). Royal Garden Blues : R. Guérin (tp), F. Verstraete (tp), G. Badini (cl), B. Vasseur (tb), F. Gérard, R. Guérin et F. Verstraete (tp). I Though I Heard Buddy Bolden Say : A. Migiani (bs), C. Bolling (p), P. Gossez (ts), F. Verstraete (tp). Muskrat Ramble : F. Verstraete (tp), C. Bolling (p), P. Gossez (ts), G. Badini (cl). High Society : A. Motta (dms), G. Badini (cl), C. Bolling (p), F. Gérard (tp). Cornet Shop Suey : F. Verstraete (tp), C. Bolling (p), F. Verstraete (tp). St Louis Blues : C. Bolling (p), R. Guérin (tp), P. Gossez (ts), Benny Vasseur (tb), G. Badini (cl), R. Guérin (tp), F. Gérard (tp). Basin Street Blues : A. Paquinet (tb), F. Verstraete (tp), A. Paquinet (tb), Pierre Michelot (b), G. Badini (cl), F. Gérard (tp). King Porter Stomp : B. Vasseur (tb), R. Guérin (tp), P. Gossez (ts), G. Badini (ts), F. Verstraete (tp). Djangologie : Fernand Verstraete (tp), André Paquinet (tb), Pierre Gossez (ts), Gérard Badini (cl). Nuages : C. Bolling (p), A. Paquinet (tb), C. Gousset (tb - wawa), Pierre Gossez (ts), Fernand Verstraete (tp), Fred Gérard (tp). Dinette/Artillerie lourd : C. Bolling (p), F. Gérard (tp), F. Verstraete (tp) / F. Verstraete (tp). Tears : F. Verstraete (tp), Pierre Gossez (ts). Minor Swing : P. Michelot (b), C. Bolling (p), P. Gossez (ts), Fernand Verstraete (tp). Nympheas : B. Vasseur (tb), A. Migiani (bs), C. Bolling (p), F. Verstraete (tp). Swing 42/Manoir de mes rêves/Swing 39 : Claude Gousset (tb), Gérard Badini (cl), Claude Bolling (p) / André Paquinet (tb), Gérard Badini (cl), Claude Bolling (p), Fernand Verstraete (tp) / Pierre Gossez (ts), Gérard Badini (cl), Fred Gérard (tp). Rythme future : A. Motta (dms), Gérard Badini (cl), F. Gérard (tp). Djangologie (version II) : Fernand Verstraete (tp), Benny Vasseur (tb), Pierre Gossez (ts), Gérard Badini (cl). Geneviève : A. Masselier (b), F. Verstraete (tp), C. Gousset (tb), Pierre Gossez (ts), G. Badini (cl). Rue de la Paix : C. Bolling (p), P. Gossez (ts), A. Migiani (bs), F. Gérard (tp), R. Guérin (tp), C. Bolling (p), Charles Verstraete (tb). Piccadilly Romeo : A. Migiani (bs), F. Verstraete (tp), B. Vasseur (tb), P. Gossez (tb). Rocky : C. Bolling (tp), F. Verstraete (tp), C. Gousset (tb), P. Gossez (ts).           
Par chance, ces arrangements du Club Français du Disque bénéficièrent d’un preneur de son compétent en la personne de Raymond Vecheres. Pour revenir sur l’ensemble de ce coffret, regrettons que l’emballage n’ait pas été plus soigné. Je veux parler de l’indigence des textes d’accompagnement (alors que F. Ténot avait fait un si bon travail pour les LP originaux) et des erreurs concernant la discographie. Without A Song a été enregistré avec Rex, mais pas Washington Wobble (titre qui n’a pas été enregistré avec le même personnel que les titres deux et trois mais avec celui qui accompagnait Rex dans Without A Song). On a reproduit le même personnel du big band sur chacun des deux coffrets de deux CD alors qu’il y eut de nombreux changements. P. Michelot a aussi participé à une partie des enregistrements « Reinhardt » (Nuages – Minor Swing – Swing 42 / Manoir de mes rêves / Swing 39), au disque sur les succès de la Nouvelle-Orléans et aux compositions de Bolling ! Les dates des sessions du CFD sont en partie fausses… Cela ne doit pas vous empêcher d’apprécier ces séances importantes dans l’histoire du jazz en France.
Guy CHAUVIER - JAZZ CLASSIQUE




"Soixante ans de jazz festif !" par le Journal de l'Ile

En avril prochain, Claude Bolling fêtera ses 75 printemps. Pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre, il défend depuis soixante ans, avec panache, la grande tradition du jazz classique, convivial, festif et dansant.
Aujourd’hui encore, au-delà des modes et des courants, Claude Bolling, avec une ardeur toute juvénile , continue de faire rayonner le jazz français dans le monde, à la tête de son prestigieux big band détenteur de tous les records de longévité (prés d’un demi-siècle d’existence !) et de popularité. A la Réunion, les jazzophiles n’ont pas oublié les éblouissantes prestations des 20,22 et 23 juin 2001 !
Les premiers disques de M. « Bollington »
L’admiration que portait et que porte toujours Bolling à son maître Ellington et la fascination qu’exerçait son univers sonore sur sa musique depuis son plus jeune âge, d’où le surnom que lui avait donné Boris Vian, s’expriment dès ses premiers enregistrements. Des enregistrements que ressuscite aujourd’hui le label « Frémeaux & associés » - au total quarante-sept titres gravés entre 1948 et 1957 -, regroupés dans un coffret de trois CD intitulé « Claude Bolling collector », suivi d’un long entretien avec l’artiste portant sur les principales étapes de sa vie et de sa carrière, conduit par Daniel Nevers et Patrick Frémeaux, un entretien qui fait l’objet d’un quatrième CD.
CD 1 : voyage en « Ellingtonie »
C’est aux accents nostalgiques de The mooche  que s’ouvre le voyage de Claude bolling en « Ellingtonie » ; c’est aussi l’un des premiers morceaux qu’il grava en 1948 avec son nouveau sextette Nouvelle-Orléans. Claude Bolling recrée l’ambiance des petites formations du Duke, « les Ellington units », composées de quelques-uns des principaux solistes de son orchestre. Parmi eux, le trompettiste Rex Stewart. Ce dernier se fait entendre, d’ailleurs, au sein de la formation de Bolling, dans cinq compositions d’Ellington dont le fougueux Main stem ou le joyeux Stompy Jones que l’imposant  Rex enrichit de puissantes envolées ou ponctue de ses fameuses notes étranglées dont il avait le secret.
De six musiciens au départ, le groupe de Bolling passe à dix-huit. Ainsi naît son premier big band en 1956, baptisé « Le grand club orchestra ». En interprétant Caravan, C jam blues et Solitude, ces musiciens nous replongent dans les somptueuses orchestrations du Duke des années 40, riches d’alliages sonores délicats et de subtiles combinaisons de timbres. En point d’orgue à ce festival, le plus beau des medley offre, en moins de seize minutes, quelques courts extraits de trente et un thèmes parmi les plus célèbres composés par le Duke. Un voyage qui vaut le détour !
CD 2 : promenade à la Nouvelle-Orléans
Au lendemain de la Libération , dans une ambiance exaltante, les musiciens de jazz français adoptent les airs joyeux du style Nouvelle-Orléans en plein renouveau, Claude Bolling avec son « Hot seven », figure parmi les interprètes les plus enthousiastes de cette forme de jazz encore baptisée « vieux style ». Mais c’est à la tête des dix-huit musiciens de son big band que Claude Bolling déploie tout son talent d’arrangeur et de leader catalyseur : huit thèmes du répertoire traditionnel parmi lesquels Royal garden blues, Muskrat ramble et Saint Louis blues, s’enflamment à la manière des meilleures interprétations de Count Basie avec dialogue des cuivres et des anches, bouillantes salves de riffs, sans oublier la perfection de la section rythmique, véritable poumon permettant aux solistes de se lancer dans d’interminables courses relais. Ainsi, quelques coups de baguette suffisent au magicien Bolling pour transformer les standards « vieux style » en succès à la mode swing !
CD 3 : au pays de Django
Après son voyage en Ellingtonie et sa promenade à la Nouvelle-Orléans, Claude Bolling nous entraîne au pays de Django. « La logique sans guitare était une gageure, explique Claude Bolling, d’autant plus qu’il n’y avait pas de guitares à l’époque du Duke, ni dans la nôtre, d’où l’idée d’orchestrer quelques solos de Django pour les saxophones et cuivres, notamment les improvisations de « Minor swing » et « Rythme futur ».
Défi gagné : les mélodies de Django sont non seulement respectées, mais elles revêtent aussi un relief nouveau grâce à une orchestration originale riche de nuances et de contrastes harmoniques.
CD 4 : Claude se raconte
« A douze ans, j’étais fasciné par la musique de Duke Ellington » raconte Claude Bolling dans un entretien de plus d’une heure accordé à Daniel Nevers et Patrick Frémeaux. A dix-huit, à la tête de sa formation Nouvelle-Orléans, il accueille Duke Ellington à la Gare du Nord, à Paris. Trop timide, Claude Bolling reste muet devant son idole. Ce n’est que dix ans plus tard qu’il osera lui adresser la parole en lui offrant l’un de ses premiers disques. Entre-temps, il a remporté, à quinze ans, le premier prix de piano au tournoi de jazz amateur organisé par le « Hot club de France » et la revue « Jazz hot », en interprétant Alligator crawl de Fats Waller.
C’est le début d’une longue carrière que Claude Bolling évoque à larges traits, une carrière marquée notamment par une de rencontres avec plusieurs grands du jazz américain et avec quelques concertistes de renom, le flûtiste Jean-Pierre Rampal, le guitariste Alexandre Lagoya, le trompettiste Maurice André. « je n’aime pas le mélange des genres, affirme pourtant Claude Bolling, mais je me suis beaucoup amusé à faire dialoguer des musiciens classiques avec des jazzmen, ce que les Américains nomment « cross over ».
Mais ce qu’il faut retenir dans ce jeu des questions réponses, c’est la modestie de Claude Bolling. Un exemple : plein d’admiration pour Stéphane Grapelli, il n’osera jamais lui demander de l’accompagner. C’est finalement à son grand étonnement, le merveilleux violoniste qui fera le premier pas en lui demandant de jouer et d’enregistrer avec lui.
Plus généralement, lorsqu’on lui parle de sa carrière comme une réussite exemplaire couronnée de nombreux succès, Claude Bolling répond : « Je me suis toujours trouvé en dessous des buts que je m’étais fixés et cela quelle que soit l’expression musicale que j’avais choisie… » Docteur jazz dans le "Journal de l’île"




« Souvenirs » par Rouge

Claude Bolling s’est lancé dans la carrière de pianiste et de chef d’orchestre de jazz dès l’âge de 15 ans, après la Seconde Guerre mondiale. Il a accompagné la plupart des Etatsuniens de passage, ceux du « vieux style », des « figues moisies » comme on disait à l’époque. Il raconte sa vie de jazzman en France à Daniel Nevers et à Patrick Frémeaux, dans le quatrième volume de ce coffret, les trois autres venant illustrer musicalement son propos. Ce n’est pas seulement de lui dont il s’agit, mais de toute une génération, de toute une tradition qui a aussi pénétré la chanson française. Claude a été l’arrangeur de Juliette Gréco, de Charles Trénet, pour ne citer que les plus connus. Ces enregistrements permettent de nourrir toute une réflexion sur les manières dont les jeunes générations entrent dans la modernité. Lui, ce fut par Duke Ellington et le jazz New Orléans, d’autres choisirent le bebop et Charlie Parker… Leur enthousiasme n’a pas vieilli.
Nicolas BENIES – ROUGE




« Talent » par Le Nouvel Observateur

Le coffret de quatre CD qui vient de sortir chez Frémeaux & Associés, consacré aux premiers enregistrements de Claude Bolling en big band nous rappelle combien le talent de l’arrangeur est arrivé tôt.
Jean-Michel PROUST – LE NOUVEL OBSERVATEUR




« Meilleure réédition de l’année » par Jazzman

Pour avoir reproché régulièrement ici à tel ou tel musicien sa difficulté à dépasser le stade de la reproduction affadie des maîtres du passé, il nous est arrivé d’écorner tel ou tel épisode de la longue carrière de Claude Bolling. Mais pour le travail d’arrangement réalisé sur le répertoire de Duke, de La Nouvelle-Orléans ou de Django, respect total !
JAZZMAN