ARLETTY

ENTRETIEN AVEC MARC LAUDELOUT

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« Document sonore brut, nous avons choisi de ne pas remonter en studio cette conversation d’Arletty avec Marc Laudelout, afin de restituer le plus fidèlement possible la fraîcheur et l’authenticité de la rencontre entre le journaliste et la grande actrice – mythique s’il en est – de l’âge d’or du cinéma français. Marc Laudelout réussit avec perfection à nous faire partager une Arletty intime, généreuse, pleine d’esprit. Ses propos sont autant de témoignages sur Céline, Albert Paraz, Roger Nimier, Robert Le Vigan, Sacha Guitry, Paul Chambrillon, Marcel Aymé, Georges Simenon, Trotsky, Jean Cocteau… Cet enregistrement permet d’appréhender l’indépendance intellectuelle d’Arletty, d’évoquer "Un Tramway nommé désir", et représente une véritable mémoire du Paris artistique des années 1930 immortalisée dans le film de Carné par "Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? ". »
Patrick Frémeaux

"...Arletty est cette femme fatale qui emporte dans la traîne de sa voix les mots simples et familiers qui deviennent des formules, des phrases que personne, à part elle, ne peut prononcer."
Jean-Claude Brialy

• Présentation
• Entrée en scène
• De Voyage qui fut un choc à l’éloge de Beaumarchais
• Les Enfants, Un Tramway nommé désir et les fidèles de Céline
• Sacha Guitry et un livre boycotté : La Défense
• L’indispensable Marthe
• Carrière et coup du sort : “Jamais été atteinte par ça”
• Florilège d’un mode d’expression authentique
• Colette, les metteurs en scène, mai 68 en gants blancs.

Droits : Marc et Arina Laudelout (cédant) à Groupe Frémeaux Colombini SAS (cessionnaire) en accord avec Editions Lorisse (M.-G Micberth) premier exploitant. Notes du livret par Marc Laudelout, Pol Vandromme, François Richard.

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Arletty

ARLETTY
Entretien avec Marc Laudelout
Enregistré en 1982





 

Arletty, entretien avec Marc Laudelout
Réalisé au domicile de la grande comédienne par Marc Laudelout, cet enregistrement est d’une qualité sonore inégale. Nous avons toutefois souhaité garder les défauts inhérents au déroulement de l’entretien, qui représente une véritable carte postale sonore de l’intérieur d’Arletty. Entre autres évocations, elle cite Paul Chambrillon, qui fut le producteur du disque de référence sur Céline, avec des textes interprétés par Arletty elle-même et Michel Simon. Paul Chambrillon nous a quittés en 2000, après avoir regroupé la totalité des enregistrements sur Céline sous forme d’un coffret double CD dont il assura la production pour les éditions Frémeaux & Associés. Ayant mis à la disposition du public la voix d’Arletty dans une interprétation des œuvres de Céline, nous sommes à présent heureux de donner à entendre la voix si particulière de cette artiste s’exprimer librement sur sa vie et ceux qu’elle a côtoyés dans ce témoignage sonore de 1982.
Patrick Frémeaux
© 2006 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS


“Elle est un bout de ma chanson... si déchirée”.
Louis-Ferdinand Céline (Lettre à Albert Paraz, 1947)
C’est grâce au cher Pierre Monnier que j’ai eu le bonheur de rencontrer Arletty. C’était en 1982. À l’époque, je réalisais, en journaliste amateur, des interviews avec des célébrités pour un magazine bruxellois, aujourd’hui disparu. Arletty donnait alors très peu d’entretiens, et celui qu’elle voulut bien m’accorder fut, en effet, une exclusivité. Avisé, le rédacteur en chef en fit la couverture. Ce numéro, je l’appris plus tard, se vendit particulièrement bien, preuve s’il en fallait de sa popularité intacte. Un peu intimidé à la pensée de rencontrer ce mythe vivant, je fus d’emblée rasséréné par la gentillesse de son accueil. Simplicité, bonne humeur communicative, gouaille et grande classe : tels sont les mots qui me viennent à l’esprit quand je me remémore cette rencontre. Pour beaucoup, cette grande figure est indissociable de Céline. Ces deux natifs de Courbevoie s’estimaient, on le sait, et avaient l’un pour l’autre une solide amitié débarrassée du fatras des mots chers aux littérateurs. Les quelques photographies où ils sont réunis témoignent des liens pudiques et forts qui existaient entre eux. Au lendemain de sa mort, un quotidien titra : “Triste atmosphère”. Nulle raison d’être mélancolique pourtant. L’impératrice des faubourgs s’en était allée rejoindre les enfants du paradis.
Marc Laudelout
© 2006 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS


Bibliographie sélective
• Michel Perrin, Arletty, Calmann-Lévy, 1952.
• Arletty, La Défense, La Table ronde, 1971 (rééd. Ramsay, 
  coll. “Poche cinéma”, 1990).
• Philippe Ariotti et Philippe de Comes, Arletty, Éd. Henri Veyrier, 1978.
• Arletty, “Je suis comme je suis...”, Carrère, 1987.
• Louis-Ferdinand Céline, Arletty, jeune fille dauphinoise, Gallimard,
  “Cahiers Céline 8”, 1988.
• Claudine Brécourt-Villars, Les mots d’Arletty, V & O Éditions, 1991.
• Denis Demonpion, Arletty, Flammarion, 1996.
• Pierre Monnier, Arletty, Éd. du Rocher, 1998.
• Michel Souvais, Arletty, de Frédérick Lemaître aux “Enfants du paradis”,
  Éd. Dualpha, 1999.
• Christian Gilles, Arletty ou la liberté d’être, L’Harmattan, 2000.

Discographie
Anthologie Céline, Frémeaux & Associés, 2000.
Arletty - Michel Simon, Fifty Five, 2004.
Arletty, Chansophone, coll. “Grands interprètes”, 2005.

Filmographie sélective
Un Chien qui rapporte, de Jean Choux, 1931.
La Fille de Madame Angot de Jean Bernard-Derosne, 1935.
La Garçonne de Jean de Limur, 1936.
Aventure à Paris de Marc Allégret, 1936.
Hôtel du Nord de Marcel Carné, 1938.
Le Jour se lève de Marcel Carné, 1939.
Fric-Frac de Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara, 1939.
Circonstances atténuantes de Jean Boyer, 1939.
Tempête de Dominique Bernard-Deschamps, 1939.
Madame Sans-Gêne de Roger Richebé, 1941.
Boléro de Jean Boyer, 1941.
Les Visiteurs du soir de Marcel Carné, 1942
Les Enfants du paradis de Marcel Carné, 1943-1944.
Portrait d’un assassin de Bernard Roland, 1949.
Gibier de potence de Roger Richebé, 1951.
L’Air de Paris de Marcel Carné, 1954.
Maxime de Henri Verneuil, 1958.
Le Voyage à Biarritz de Gilles Grangier, 1962.

Documentaires sur Arletty
La comédienne Arletty (magazine “Aujourd’hui en France”),
  Fernand Moskowicz, 1985.
Arletty (magazine “Aujourd’hui en France”), Régine Chopinot, 1985.
Arletty raconte Arletty (Pathé Cinéma - France 2), Moïse Maatouk, 1987.
Arletty sur Seine, Michel Ayats et Bernard Deutsch, 1988.
Arletty (émission “Bonjour la télé”), Nino Monti, 1989.
 Documentation établie par Arina et Marc LAUDELOUT
 © 2006 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS


L’élégance, la dignité, l’orgueil, l’intransigeance, sont parfois les qualités d’une reine... alors Arletty est une reine. Le bon sens, l’honnêteté, l’esprit, la curiosité, le courage, le goût du travail bien fait, sont la force des ouvrières... alors Arletty est une ouvrière. La paresse, le détachement, le désintéressement, la nonchalance, le goût du luxe, la liberté, le silence, n’appartiennent qu’aux femmes choisies par le Destin... Alors Arletty est cette femme fatale qui emporte dans la traîne de sa voix, les mots simples et familiers qui deviennent des formules, des phrases que personne à part elle, ne peut prononcer. 
Jean-Claude Brialy
© JC BRIALY


L’Arletty de Céline : la femme-fée
À l’époque où l’on fusillait le dimanche, les manuscrits de Céline valsaient à la poubelle. Les mains fureteuses qui trifouillaient dans les tiroirs ne s’encombraient d’aucun discernement. Tout, tout à l’égout, pour assainir l’atmosphère. Le révérend père, qui en ce temps-là censurait la littérature pour le confort des lecteurs de La Libre Belgique, se réjouissait de cette épuration. Céline pue, répétait-il. Qu’on chasse donc cette puanteur. On la chassait, et le moraliste intégriste s’en trouvait bien. Aujourd’hui, quelques pages de Céline valent une fortune. C’est la revanche de la littérature sur le conformisme. À la longue, le talent a le dernier mot. Il lui suffit de prendre son mal en patience et d’attendre que la bêtise se lasse.

De la masse des feuillets jetés au ruisseau, quelques-uns ont été sauvés. Ce n’est hélas ! qu’une très petite part – juste de quoi nous donner une idée des trésors littéraires ainsi engloutis. Lisez le peu qui reste du vaste Casse-pipe : c’est assez pour nourrir votre plaisir (surtout si les gros mots du corps de garde vous enchantent) et aussi votre rage.

Lorsque le hasard et la conjuration amicale se mettent de la partie, il arrive que des surprises heureuses nous soient réservées. En voici une, on vient de retrouver un scénario que l’on croyait perdu, Arletty, jeune fille dauphinoise, et on nous l’offre sur beau papier, avec un minutieux appareil critique (Cahiers Céline 8, Éd. Gallimard, 1988.).

Nous ne disons pas que ce bavardage révolutionne la connaissance de Céline. C’est un brouillon, à peine poussé. Mais cette esquisse porte le grand petit rôle que Céline destinait à la comédienne la plus proche de sa manière et de sa nature.

On ne s’étonnera pas qu’il s’agisse d’un rôle de complicité. L’ironie y a sa place, avec son accent faubourien : le ballet populiste et les pointes de la rigolade du Ferdinand qui met Les Musiciens du ciel à la sauce d’Hôtel du Nord. Une gaieté flotte sur le grotesque. C’est là une façon sûre de titiller Arletty.

Il y a en a une autre, plus personnelle et plus efficace encore : les points de repère sur les paysages de passe. L’Afrique et l’Amérique du Voyage font des signes, et on leur rend tout de suite leur salut. Nous sommes en connaisseurs dans une contrée familière. Un air de rengaine file la romance à Courbevoie. Cette petite musique évangélise le monde à sa façon. Céline sait à qui il parle : à une mémoire et à son cœur fidèle. Il règne sur des mots de ralliement et il renouvelle son pacte d’initiateur avec son initiée. Tel est, en écho, le secret de cette plaquette.

Arletty a deux voix, et Céline les tente l’une après l’autre. La première vient des berges du canal Saint-Martin : c’est la misère d’ici avec son éclat de rire, l’élan du titi Prévert dans la brume de Carné : “Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère?” La seconde remonte à l’origine du temps, jusqu’au premier théâtre de plein air avec la foule des mimes, des funambules, des cabotins, des chapardeurs et des escarpes; c’est le bonheur de là-bas et le songe de la vie, la roucoulade du sorcier Prévert dans le fantastique de Carné : “On m’appelle Garance”. L’enfer au jour le jour; le paradis à la nuit la nuit : Arletty est partout chez elle, là où le climat tempéré ne bat pas sa mesure.

Céline a compris qu’elle était la maîtresse de sa danse (aussi bien de sa danse des bouts de phrases que de sa danse de la vie), la femme-fée, la féerie même. La féerie qui fait bondir l’argot et qui le lance à la volée. La féerie qui caresse la peau douce et qui implore comme une grâce le vertige maîtrisé du moi hypersensible. La féerie sédentaire à ras du sol, le bavardage pittoresque, et la féerie vagabonde, pour les itinéraires d’ailleurs, la tendresse au creux de la magie.

Entre l’Arletty roublarde, qui ricane et qui chantonne en trimardeuse – pute de la verve chansonnière –, et l’Arletty, qui enjolive les mots sur le velours de ses lèvres et qui poétise l’artifice – prêtresse du boulevard aboli comme des cieux à venir –, Céline ne choisit pas parce qu’il refuse de se priver. Autour d’elle, il organise son ballet de la séduction, en futé, en chercheur d’ondes, en cajoleur de croupes, en orfèvre et en raffiné.
Celle-là, Ferdinand, elle est pas conne.
Pol VANDROMME

Extrait de : Pol Vandromme, L’humeur des lettres, Éd. du Rocher, 2005.


Arletty, entretien avec Marc Laudelout
1. Présentation   1’41
Par Patrick Frémeaux.

2. Entrée en scène   0’18
L’animateur du Bulletin célinien face à un “monstre sacré du cinéma français”.

3. De Voyage qui fut un choc à l’éloge de Beaumarchais   9’38
Céline, elle ne voulait “pas le rencontrer”. Son bagout amuse Trotsky, Le Vigan et le “merveilleux” Roger Nimier. Elle inspire Jeanson, Carné et Prévert et “aime beaucoup” Édouard Bourdet (Fric-Frac). Elle a joué dans tous les registres – revues, comédies, pièces et films âpres – et ne cache pas son admiration enthousiaste pour Beaumarchais. Le monologue de Figaro : “Formidable !” Elle ne préparait pas ses rôles. Un comédien ne doit pas “être” ses personnages. Exception pour Le Vigan : personnage curieux, passionné. Il avait “le côté costume”. En Argentine, il ressemblait à un Argentin. Remarqué dans Goupi mains rouges, il incarna le Christ dans Golgotha. “Il s’est fait arranger les crocs”. Grande originalité et connaissance de son métier.

4. Les Enfants, Un Tramway nommé désir et les fidèles de Céline   6’44
Le meilleur souvenir d’Arletty ? Les Enfants… Et la plus grande émotion, en 1949, pour le Tramway ! Après un long silence, un vrai rôle de femme et surtout “un autre emploi”. Moralement touchée “pour les autres… un peu pour moi”. Énorme trac, le soir de la première. “Qu’est-ce qui va se passer ? Des tomates ?” Arletty a eu le trac toute sa vie au théâtre, jamais au cinéma. Réplique célèbre de Sarah Bernhardt à sa remplaçante dans L’Aiglon qui affirmait ne jamais avoir le trac : “Vous verrez, mademoiselle, quand vous aurez du talent !” Chambrillon qui lui a fait faire deux disques et le délicieux Pierre Monnier : des fidèles de Céline. “Jouhandeau ? Il a très peu vu Céline.”

5. Sacha Guitry et un livre boycotté : La Défense   7’58
L’héroïne des Enfants du paradis a très bien connu Sacha Guitry. Un jour, il la demande en mariage, inopinément. Pour faire jeu égal en humour avec le maître, elle lui répond : “À une condition : que le pape nous marie.” Réplique du maître : “Ce n’est pas impossible”. Son (passionnant) livre de souvenirs, La Défense, est l’objet d’une censure publique : saboté à la vente, retiré des librairies, tournées de promotion annulées.

6. L’indispensable Marthe   0’29
Bref intermède du quotidien : Marthe s’en va.

7. Carrière et coup du sort : “Jamais été atteinte par ça”   9’09
La “fatalité” sort ses griffes. “J’assume ces coups-là. Je suis restée une marginale.” “La fatalité m’a fait arrêter très vite, plus tôt que je ne pensais.” Pendant trois ans, défense de travailler. “Jamais été atteinte par ça.” Prévert et Jeanson : “de grands auteurs pour des comédiens”. Sa vraie carrière, elle l’a faite au théâtre. Qu’est-ce qui fait qu’Arletty est plus qu’Arletty ? Il y a “une aura”. Pourtant, elle regarde autour d’elle : “Elles ont plus de talent que moi, ces grandes actrices”. Céline, né à Courbevoie comme elle, n’était “pas bourru du tout”. “Le boum dans ma vie qu’a été le Voyage !” Du courage à la Libération ? “J’ai suivi mon instinct”.

8. Florilège d’un mode d’expression authentique   10’15
“Révolution : il a du talent, j’en ai pas. Faut que ça change !” (…) “Gaulliste ? non : gauloise” (…) “Une femme soldat, pour moi, c’est un 3ème sexe ”. (…) “J’ai une anarchie en moi : y a pas de doute. J’ai jamais voté”. À ceux qui l’ont arrêtée : “Dépêchez-vous de me faire sauter, que je ne voie plus vos sales gueules !” “L’humour de Paris, si vous voulez…” Artistes engagés : “Si on veut s’engager, on doit faire de la politique”. (…) “Enfant, on me laissait dire n’importe quoi !” De Marcel Aymé : “Hermétique… parlait très peu… une énigme”. Céline : “Il était beau, bien balancé, dans un régiment très chic. Il aurait pu exploiter sa beauté. Il ne le faisait pas du tout”.

9. Colette, les metteurs en scène, mai 68 en gants blancs   9’00
“Colette, pour moi, c’est un monsieur”. Elle a touché à tout : reportage, chronique judiciaire, carrière littéraire, du courage dans la vie… Les metteurs en scène ? Toucher au texte, “c’est un crime”. “Quel est celui qui aurait appris à parler à Raimu, à Fernandel, à Berry ?” Carné ? “Il était le Karajan de l’écran”. Quant à l’auteur, “il a une très grande importance”. En mai 68, la muse de Prévert et Carné a quitté l’Odéon tranquillement, en gants blancs. L’engouement des jeunes pour le cinéma d’autrefois ? “La qualité des films, des dialogues”. Arletty et son époque : “Je suis à la page de tout”. L’actualité : “C’est comme un fleuve qui va vers la mer. Je regarde ça très sérieusement. Le Français est panurgiste.”

François RICHARD
© M.-G. MICBERTH, Éditions LORISSE
Remerciements à M.-G. Micberth - Éditions Lorisse.

CD ARLETTY - Entretien avec Marc Laudelout, enregistré en 1982 © Frémeaux & Associés




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Présentation par Patrick Frémeaux - FREMEAUX01'40
02 Entrée en scène - ARLETTY00'18
03 De Voyage qui Fut Un Choc A L Eloge De Beaumarchais - ARLETTY09'38
04 Les Enfants, Un Tramway nommé désir et Les fidèles - ARLETTY06'44
05 Sacha Guitry et un livre boycotte la défense … - ARLETTY07'58
06 L'indispensable Marthe - ARLETTY00'28
07 Carrière : et coup du sort jamais été atteinte … - ARLETTY09'08
08 Florilège d'un mode d'expression authentique … - ARLETTY10'15
09 Colette, les metteurs en scène, mai 68 … - ARLETTY08'59
« Entretien. Les mots d’Arletty » par l’Alsace

Retrouver dans un document sonore inédit le timbre merveilleux d’Arletty, c’est un ravissement pour le cinéphile. En 1982, le journaliste Marc Laudelout s’entretenait, chez elle, avec l’admirable « impératrice des faubourgs ». Juste dix ans avant sa disparition, la comédienne racontait, avec une gouaille gracieuse, des personnages comme Nimier, Guitry, Simenon, Le Vigan, Trotsky ou Cocteau. Elle évoque aussi Céline dont elle enregistra, en 1955 avec Michel Simon, des textes. La qualité de cet enregistrement est inégale mais il restitue bien une carte postale sonore de l’intérieur d’Arletty…
L’ALSACE 




«La vivacité d’esprit et la fraîcheur de cette grande actrice française» par Revue des médiathèques

Enregistré en 1982, cet entretien n’est pas recomposé mais rendu tel qu’il a été enregistré. Seul moyen de rendre compte de la vivacité d’esprit et de la fraîcheur de cette grande actrice française. Elle parle aussi bien de Sacha Guitry que de Jean Cocteau, de Georges Simenon que de Trotsky. Un témoignage à ne pas éloigner de films essentiels, tel Un Tramway nommé Désir.  
Lucas FALCHERO - REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« Une véritable ‘carte postale sonore de l´intérieur d´Arletty’ » par Eléments N°126

Il est des courriers qui vous arrivent avec des années, voire des décennies de retard. Ainsi de ces entretiens enregistrés en 1982 par Marc Laudelout, véritable « carte postale sonore de l´intérieur d´Arletty », comme les définit très bien Patrick Frémeaux, éditeur du document. A l´époque, la Grande Dame du cinéma français avait déjà été frappée de cécité et vivait loin des scènes et des tournages, en insomniaque, dans un appartement sans télévision. Elle n´en était pas pour autant en rupture avec l´actualité, toujours attentive et considérant avec sérieux et fatalisme l´évolution de son hexagone natal. Prêter l´oreille à cette voix surgie d´un siècle autre, c´est replonger dans une époque révolue, mais vivace à l´esprit de ceux qui l´ont connue : la France de Carné, le « Karajan de l´écran », et des saillies de Guitry. C´est aussi aller à la rencontre d´un tempérament fièrement trempé, dont le phrasé est toujours libre et le rire indéfectiblement cristallin. Face au micro, Arletty convoque ses fantômes familiers. Le plus imposant est bien sûr celui de Céline, cet homme « bien balancé » (normal, il avait été Cuirassier…) dont elle connaît l´œuvre dans ses moindres recoins. En attestent ses références aux pamphlets, aux « Entretiens avec le Professeur Y » ou encore à « Féerie pour une autre fois ». Leur première rencontre remonte aux années 40-41, lors d´une réception organisée par l´attaché culturel allemand Karl Epting. Si Arletty se remémore avec plaisir les enregistrements c´extraits du « Voyage » et de « Mort à crédit » réalisés dans les années cinquante par Paul Chambrillon, elle admet ne pas chercher à voir souvent Céline. C´est ailleurs sur la demande expresse de ce dernier qu´elle lui rendit visite quelques jours avant sa mort, au cœur de ce torride été 1961, et qu´il lui apparut alors comme accablé de tristesse. Mais n´était-il pas encore profondément chagriné d´avoir dû se défaire d´un chien que sa ménagerie n´avait pas accepté d´accueillir ? Arletty évoque également l´entourage du proscrit : son protecteur au Danemark, Maître Mikkelsen ; Paraz, que « le médecin des pauvres » se plaisait à soigner par correspondance ; le « merveilleux » Nimier ; Le Vigan enfin, personnage fantasque qui s´était « fait arranger les crocs » pour incarner le Christ dans « Golgotha » et, en exil en Amérique du sud, avait réussi le tour de force de réellement devenir argentin. Grâce à ce disque, Arletty l´autodidacte, l´anarchiste en gants blancs, perce le mur du temps pour venir clouer le bec aux gueules d´atmosphère et aux « panurgistes » de tout crin. La vieillesse ? Elle s´en moque. Ni cacochyme ni nostalgique, elle se proclame juste vivante. Et si, à l´en croire, « cacher son âge, c´est supprimer ses souvenirs », eh bien l´écouter gouailler, c´est retrouver, un tant soit peu, la mémoire.
Frédéric GUCHEMAND – ELEMENTS N°126




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