MICHEL BOUQUET

COURS AU CONSERVATOIRE ANTHOLOGIE 1986-1987

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Grand Prix In Honorem 2006 de l'Académie Charles Cros.

“C’est à l’élève de travailler cette part de lui qu’on a découverte ensemble et qui, portée à son comble, va en faire un comédien remarquable, c’est-à-dire digne d’être remarqué”.                                                    
Michel Bouquet

“Quand Georges Werler m’a appelé pour me proposer un CD audio composé d’extraits de cours donnés par Michel Bouquet au Conservatoire, j’ai tout de suite accepté, car l’héritage pédagogique de l’un de nos plus grands acteurs allait ainsi, en toute intimité, pouvoir être mis à la disposition du public. Mais à l’écoute des enregistrements, j’ai réalisé que la transmission proposée par Michel Bouquet dépassait de beaucoup l’apprentissage de la technique théâtrale. C’est une véritable leçon de philosophie, d’intellectualisation du métier, presque une science comportementale, que nous livre le Maître en apprenant d’abord à ses étudiants une posture morale introspective. Ces enregistrements proposent une approche intime (et non voyeuriste) des cours donnés par Michel Bouquet au Conservatoire à Denis Podalydès, Anne Brochet, Maria de Medeiros, Philippe Uchan, Patrick Pineau, Eric Vigner, Vincent Schmitt, Véronique Samakh, Anne Jacquemin, Caroline Faro, Nathalie Cerda, Jérôme Kircher. Véritable acte de transmission de savoir, de sagesse sur la culture humaine, ce document sonore est accessible à tous." 
Patrick Frémeaux

“Michel parlait avec délectation de l’éthique de l’acteur, de sa philosophie, du jeu, de la construction du personnage, du respect que l’on doit à l’auteur, de la lecture et moi, tout naturellement je guidais les élèves dans leur travail scénique. Nous proposons ici des fragments de la “première” et de la “dernière” classe de l’année ainsi qu’un condensé de quatre mois de cours de l’année 1987 de janvier à avril”. 
Georges Werler

Malgré l'apport des meilleures technologies numériques à la remasterisation de ce document historique réalisé comme simple témoignage des séances de travail au Conservatoire, la qualité de cet enregistrement est inégale.

Droits audio : Frémeaux & Associés en accord avec Michel Bouquet et Georges Werler.

(livres audio, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre)

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Michel Bouquet

Michel Bouquet
Professeur au Conservatoire
Documents sonores 1986-1987









Qu’est-ce que le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique ?
Par Jean-Pierre Miquel, directeur du CNSAD de 1983 à 1992.
… Il apparaît bien que le talent, et encore moins le génie (n’en déplaise à certains…) ne s’apprennent pas. Les qualités et dons naturels sont nécessaires, mais pas suffisants, si l’on veut atteindre un certain niveau. Aucune école artistique n’a donné du talent à qui n’est pas doué au départ. Mais le but d’une grande école est bien d’épanouir des qualités naturelles, de développer au mieux des capacités et des moyens, d’harmoniser des forces créatrices, de préciser des possibilités. La vie se chargera du reste. Les destins individuels des acteurs du Conservatoire en sont la preuve quotidienne et manifeste à travers ces deux siècles. Le Conservatoire doit donc non seulement conserver, mais aussi armer le jeune acteur de techniques nouvelles, indispensables à l’exercice de son Art. La qualité des professeurs a engendré une constante originale, puisqu’ils ont toujours été des professionnels en activité, et non des pédagogues de métier ; ce qui donne au Conservatoire une place singulière dans le monde parmi les écoles de théâtre. Que faisons-nous aujourd’hui au Conservatoire ? il me semble que c’est un lieu privilégié, où une équipe de professeurs dont le talent reconnu n’a d’égal que la diversité des méthodes et des ap­proches, permet à un jeune comédien de s’exercer à des disciplines variées, de comprendre des démarches correspondant à des esthétiques diverses, de cultiver ses dons naturels, de maîtriser ses moyens en les développant, et de découvrir ce qui n’est pas donné par la nature et la culture : comment utiliser au mieux un instrument complexe – soi-même – pour en faire un outil de création artistique. Cette prise de conscience, sensible, intelligente, physique et morale, passant par des phases diverses, n’est pas toujours simple, et dépend souvent de rencontres heureuses, que le Conservatoire est en mesure de provoquer ou de favoriser.
Jean-Pierre MIQUEL
Extraits de sa préface à Deux Siècles au Conservatoire National d’Art Dramatique, mai 1986, (Monique Sueur)

La genèse du disque,
par Georges Werler
“En partant du principe qu’il y a plus d’intelli­gence dans deux têtes que dans une j’ai demandé à Georges de faire classe avec moi.”  C’est par ces mots que Michel Bouquet m’a présenté au groupe de jeunes comédiens qui avaient choisi d’être ses élèves pendant une année au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Nous venions de réaliser “le neveu de Rameau” pour le Théâtre de l’Atelier et Michel un soir m’a dit : demain Jean-Pierre Miquel vient voir le spectacle, ensuite nous souperons avec lui. Je vais lui demander qu’il nous accorde de continuer ensemble notre travail au Conservatoire, ce pourrait être une expérience et un apport exceptionnels pour les élèves. Jean-Pierre Miquel qui était un homme d’une extrême élégance et un directeur d’une grande finesse avait senti la complicité qui s’était installée entre le Comédien et le Metteur en scène, entre Michel et moi. Dubitatif, il accepta pourtant l’expérience. Elle dura cinq années, cinq années magnifiques. Michel parlait avec délectation de l’éthique de l’acteur, de sa philosophie, du jeu, de la construction du personnage, du respect que l’on doit à l’auteur, de la lecture et moi, tout naturellement je guidais les élèves dans leur travail scénique puisqu’il y avait deux fois l’an des présentations de travaux. Nous avions choisi de dialoguer devant les élèves sur les pièces, les rôles et l’interprétation sans jamais nous contraindre, nous masquer l’un par rapport à l’autre. Cette franchise donnait à la classe un parfum particulier d’excitation et de liberté. Michel avait des moments inspirés et c’est après une de ces séances éblouissantes que j’ai dé­cidé de poser sur notre table un petit magnétophone pour conserver ces moments privilégiés. Une centaine d’heures ont ainsi été enregistrées. Mon projet fut d’abord d’en faire un livre mais très vite j’en fus insatisfait car quelque chose d’essentiel se perdait, c’est à dire la voix, la chaleur de la voix si belle aux inflexions si particulières et si convaincantes. Puis Michel a repris son activité de grand comédien de plus en plus sollicité, il abandonna la pédagogie par manque de temps et me laissa sa classe comme un cadeau de confiance extraordinaire et précieux. Sous l’impulsion de Jacques Rosner, Michel a consacré dix ans de sa vie à l’enseignement. Les cassettes ont dormi dans un tiroir, rangées, datées, numérotées jusqu’au jour où parlant de ces enregistrements à Jean-Pierre Prévost, directeur du Théâtre de Cachan, intrigué et curieux il me demanda de lui confier une bande. Le lendemain, très impressionné il me proposa que nous fassions ensemble un travail d’écoute, de coupures, de nettoyage avec peut-être, plus tard le projet d’en faire un disque. Il nous a paru  possible malgré les défaillances et la qualité d’un son qui n’a pas la pureté dont on a aujourd’hui l’exigence mais qui donne un élan, une vérité, et une beauté qui forcent l’adhésion, il nous a paru possible de réaliser ce rêve. Nous nous sommes mis au travail et tous les  lundi matin depuis trois ans nous nous retrouvons devant la table de montage stimulés par les pa­roles et la voix de Michel. Nous avons dû faire des sacrifices dans les choix, nous avons essayé de préserver une logique et une cohérence en conservant les grands thèmes chers à Michel Bouquet. Nous avons privilégié les moments où Michel quasiment en monologue apportait une parole si puissante qu’il eût été sacrilège de l’interrompre. Nous proposons ici des fragments de la “première” et de la “dernière” classe de l’année ainsi qu’un condensé de quatre mois de cours de l’année 1987 de janvier à avril, dans lequel nous avons réuni et rapproché des paroles qui bien qu’ayant été prononcées à des semaines d’intervalles nous ont paru être dans le droit fil d’une même pensée et demandaient de faire fi de la chronologie. Le plus important après bientôt vingt ans était de sauvegarder ces enregistrements – témoi­gnage exceptionnel – pour les offrir à ses anciens élèves, bien sûr, mais aussi à tous ceux qui viendront se frotter à ce métier si difficile, si beau et si mal connu qu’est le métier d’acteur. Et puis aussi à tous ceux qui amoureux du théâtre et admirateurs de Michel Bouquet seront curieux de savoir ce qu’est l’enseignement du Théâtre quand il est prodigué par un des plus grands interprètes de l’Art de la Scène. Aujourd’hui nous arrivons au terme de la première étape. J’ai envoyé une copie de notre projet à Patrick Frémeaux. Quatre jours après, chaleureux, il m’appelait pour me proposer un R.V. On ne pouvait pas rêver meilleur dépositaire.
Georges Werler, mars 2006
© 2006 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

Michel Bouquet
A tourné avec : Jean Grémillon - Alain Resnais - François Truffaut - Claude Chabrol - Yves Boisset - Jacques Deray - Henri Verneuil - Alain Corneau - Francis Veber - Pierre Zucca - Robert Hossein - Jaco Van Dormael - Anne Fontaine - Bertrand Blier - Michel Porte - Robert Guediguian…
A joué les auteurs suivants : Albert Camus - Jean Anouilh - Eugène Ionesco - Samuel Becket - Harold Pinter - Georges Michel - John Osborn - René de Obaldia - August Strindberg - Molière - Yasunari Kawabata - Thomas Bernhard - Ronald Harwood - Bertrand Blier…
Et dernièrement :  “Le Roi se meurt” de Eugène Ionesco dans une mise en scène de Georges Werler.

Georges Werler
A mis en scène une cinquantaine de pièces des auteurs suivants : Alfred de Musset - Victor Hugo - Slawömir Mrözek - Milan Kundera - Lanie Robertson - Peter Turrini - François Billetdoux - Victor Haïm - Gilles Costaz - Daniel Besnehard - Gérald Aubert - Jean-Louis Bourdon - Gilles Ségal… Avec Michel Bouquet, Le Neveu de Rameau de Denis Diderot - Le Roi se meurt de Eugène Ionesco.
En préparation : “l’Avare” de Molière.

Jean-Pierre Prévost
Directeur artistique du Théâtre de Cachan. Il est également passionné par toutes les techniques du spectacle : créations audiovisuelles - pyrotechniques - illustrations sonores…


Anne BROCHET
Classes d’interprétation
1ère année : Denise Bonal
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Jean-Pierre Vincent
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Mercredi, le 29 mars 2006.
Je me souviens de Michel entrant dans la salle de classe ; il avait une démarche silencieuse, aérienne, comme mue par des ressorts sous les se­melles de ses chaussures. Je ne comprenais pas tout ce qu’il disait. J’étais trop jeune, je suppose. Michel fait partie de ces gens que je sentais précieux, mais que je savais aussi entrés trop tôt dans ma vie. Parfois, il nous mettait sur la voie d’un personnage, homme ou femme, il montait sur le plateau, nous donnait le “la”, esquisses de quelques gestes, quelques regards, et déjà il incarnait une présence qui était lui et plus vraiment lui, déjà quelqu’un d’autre. Il jouait bien sûr, mais avec une telle conviction et une telle humilité aussi qu’il se confondait avec celui qu’il ébauchait, c’était spectaculaire. On riait beaucoup chez Michel, c’était sérieux mais pas grave, ou le contraire, je ne sais plus. Quand j’ai vu au cinéma “Le Promeneur du Champ de Mars”, j’ai re­trouvé cet homme qui montait sur le plateau de notre classe, je le regardais et il n’y avait rien à faire, je voyais François Mitterrand, Michel avait encore réussi à disparaître…
Anne Brochet
© 2006 ANNE BROCHET - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Nathalie CERDA
Classes d’interprétation
1ère année : Viviane Théophilidès
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Jean-Pierre Vincent
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Cher Georges,
Voilà une grande et belle idée ! J’ignorais que tu avais enregistré les cours ou bien je l’avais oublié… Ta lettre est pour moi comme une bouffée d’oxygène au moment où je ne trouve plus beaucoup d’écho à l’élan que nous avait donné Michel Bouquet. Ta lettre me propulse des années en arrière et avec elle c’est la ferveur, la fièvre des débats en cours, tous ces auteurs qu’il aime et nous fait apprécier qui me reviennent en mémoire… J’ai un souvenir précis qui illustre assez bien le formidable professeur qu’il a été pour nous : Les Journées de Juin n’étaient pas loin… Nous répétions “une Petite Douleur” de Pinter avec Patrick Pineau. Chaque fois que nous passions la scène en cours, c’était un fiasco ! Nous ne parvenions pas à trouver le ton juste, le climat de la pièce, et malgré tous nos efforts, nous sentions bien Patrick et moi que toute la classe s’ennuyait. Le jour J, j’arrive au Théâtre de l’Athénée très en avance et je vois Michel Bouquet, attablé dans le café d’en face, me faire signe de le rejoindre. Je m’assois en face de lui. Il me demande comment je vais. Je lui dis que je suis in­quiète, que notre scène est une catastrophe et que Patrick et moi n’avons pas trouvé le code de jeu de Pinter. Il sourit, passe gentiment sa main sur ma joue comme il avait coutume de le faire avec nous et me dit : “C’est très simple ! Tu vois ce cendrier au milieu de la table ? Regarde-le !... Maintenant ce cendrier, je le pose en équilibre instable tout au bord de la table… Regarde-le ! Maintenant, regarde-le encore !... (Il met le cendrier sur sa tête…). Eh bien tu vois, Pinter c’est ça !!! ” Tu vois, Georges, ça je ne l’ai jamais oublié… Tout était si limpide avec lui… Comme je n’oublie pas ta présence à ses côtés… Merci… Je t’embrasse très fort et à bientôt te revoir… 
Nathalie Cerda
© 2006 NATHALIE CERDA - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Maria DE MEDEIROS
Classes d’interprétation
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Jean-Pierre Vincent
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Paris, le 19 février 2006.
Être l’élève de Michel Bouquet au Conservatoire a été un privilège qui a enrichi et continue d’illuminer toute ma vie professionnelle. Plus qu’une technique du théâtre, c’est avant tout une éthique de notre métier qu’il nous a transmise. C’est là l’art des grands maî­tres : offrir aux élèves l’intelligence de leur travail et la conscience de la responsa­bilité qui habite chaque pa­role, chaque attitude. La voie n’est jamais facile et souvent risquée, mais par là même, passionnante. Pour cet enseignement inestimable, rempli de générosité et d’engagement personnel, merveilleusement cryptique, poétique et lumineux, merci Michel, merci Maître.
Maria de Medeiros
© 2006 MARIA DE MEDEIROS - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Caroline FARO
Classes d’interprétation
1ère année : Denise Bonal
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Jean-Pierre Vincent
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Le 10 février 2006.
Cher Georges,
Quelle jolie idée que votre disque évoquant l’enseignement de Michel Bouquet au conservatoire. C’est avec beaucoup de tendresse que ma mémoire revisite cette pé­riode. Pour chacun d’entre nous, je pense, il était très intimidant et en même temps merveilleux d’avoir la chance de jouer devant lui. Sa présence parmi nous était vi­brante d’amour pour le théâtre et pour les grands auteurs. Je me souviens aussi de son regard malicieux rempli de tendresse, c’était très galvanisant de l’écouter, on avait envie de donner le meilleur de soi-même. Mais les mots sont en fait bien faibles pour traduire l’ambiance extraordinaire qui régnait dans la salle où Michel enseignait. L’air était chargé d’une électricité magique, il nous “branchait” à un certain niveau de présence et c’est peut-être cela l’essence du théâtre.
Bien amicalement,
Caroline Faro
PS : avec la joie d’écouter bientôt ce disque.
© 2006 CAROLINE FARO - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Anne JACQUEMIN
Classes d’interprétation
1ère année : Viviane Théophilidès
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Gérard Desarthe, Daniel Mesguich
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Auxerre, le 27 février 2006.
Lorsque j’ai eu vingt ans et que j’ai décidé de me lancer dans le théâtre, j’ai passé le conservatoire avec le désir profond d’entrer dans la classe de Michel Bouquet. Je savais inconsciemment que l’enseignement de cet acteur que j’admirais et qui me fascinait permettrait à la jeune comédienne enthousiaste, mais aussi pleine de doutes que  j’étais, d’accéder à un autre degré de conscience. En ça, j’illustrais parfaitement à  l’époque, je crois, l’adage qui veut que “lorsque l’élève est prêt, le maître se présente”. Les bienfaits de l’enseignement qu’il dispensait consistaient à révéler la nature pro­fonde de l’apprenti comédien sans jamais l’éloigner de l’exigence de l’acteur : respect et fidélité au texte et à l’auteur. À la fois abandon mais aussi maîtrise de soi et grande lucidité. Cette année-là, il me semble avoir beaucoup plus appris en regardant mes camarades sur le plateau, en écoutant les commentaires pertinents et les réflexions profondes de Michel, qu’en jouant moi-même la comédie. Comme si cette distance avait été nécessaire pour comprendre et mieux appréhender son discours. C’était une grande jubi­lation et je garde de cette époque un souvenir merveilleux et unique.
Anne Jacquemin
© 2006 ANNE JACQUEMIN - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Jérôme KIRCHER
Classes d’interprétation
1ère année : Denise Bonal
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Gérard Desarthe, Daniel Mesguich

Patrick PINEAU
Classes d’interprétation
1ère année : Denise Bonal
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Jean-Pierre Vincent
Cette année-là fut un des moments les plus forts de ma vie de comédien.
Patrick Pineau
© 2006 PATRICK PINEAU - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Denis PODALYDÈS
Classes d’interprétation
1ère année : Viviane Théophilidès
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Jean-Pierre Vincent
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“Il faut que ça descende dans la chair, maintenant.” Dit avec beaucoup d’affection. J’ai mis des années à incorporer cette phrase. “Molière, ça, oui, oh, c’est difficile.” Et Molière m’apparut comme une falaise abrupte, sans prise, infranchissable. Néanmoins, il ne chercha jamais à nous intimider avec Molière. C’est Molière qui l’intimidait. “Molière…” Dit parfois, comme ça, sans rien ajouter, avec une nuance d’invitation. Molière redevenait possible, mais quel travail. “Là, tu vois, il faudrait imaginer qu’il ait un peu mauvaise haleine.” À propos de Don Bazile, (monologue de la calomnie dans le Barbier de Séville de Beaumarchais). Et Don Bazile m’apparut. Faire l’inventaire auprès des uns et des autres des phrases de Michel Bouquet, qui ouvrirent les brèches, révélèrent des continents, modifièrent notre géologie mentale, décidèrent de nos vies d’acteur. Phrases découpées par cette bouche sans lèvre qui donnaient aux mots  un surcroît d’intelligence et d’énergie, dans cette voix de chair, de métal et d’électricité, dont il pouvait déchaîner l’orage d’une seconde à l’autre. Un matin, il joua Roxane dans Bajazet au milieu de nous. Tout un bloc. Il fut alors une femme tout à fait folle. Avait-il en tête Madame Segond-Weber, grande tragédienne qu’il avait vu jouer dans son enfance, et dont il aimait à dire que les répliques tombaient de sa bouche “comme des fûts de colonne” ? Je ne revis jamais, depuis, plus racinienne Roxane. Et toujours si humble, si mortifié, si désarmé devant le génie des Auteurs, qu’il plaçait bien plus haut que les acteurs, ou que les metteurs en scène. Il écoutait les scènes la tête penchée sur le côté, un doigt sous le menton, comme s’il considérait un cas très épineux, requérant toute son attention, défiant son savoir et son expérience. Et parfois, du fond de la gorge, lui venait, éclatant, libéré, farceur, un rire qui nous surprenait toujours, parce qu’il n’arrivait jamais quand nous croyions être drôles. Un jour, il parla de Jack Nicholson dans L’Honneur des Prizzi de John Huston, détailla génialement son jeu, et se forma en moi l’idée qu’un grand acteur peut s’étudier comme un livre, très objectivement. Ce que je fis toujours avec Nicholson, comme avec lui-même. Je les associai tous deux, dans une autre idée : au cinéma, un grand acteur crée un moment de théâtre à l’intérieur même du film. Son visage est alors la scène où entre sa voix. Cette idée n’a de sens que dans la perception première que j’avais de Michel Bouquet, et pour résoudre une petite contradiction : je l’avais connu par les films (j’adorais, j’adore toujours La Femme Infidèle) et il demeurait toujours cet être vu à l’écran, qui pourtant ne parlait presque exclusivement que de théâtre, donnant l’impression nette de dédaigner le cinéma. Il ne savait rien, ne voulait rien savoir de nos vies privées, dont il ne se mêlait aucunement. Fort peu d’allusion à la sienne. La vraie vie était au théâtre. Le théâtre, nos scènes, les auteurs que nous devions travailler, c’était cela, la vie. Nos existences ne le concernaient pas. Notre être, oui. Il entra dans une stupéfiante colère contre V.S. (qu’il distinguait pourtant entre tous), non pas pour une raison personnelle, mais parce que V.S. ne semblait pas tenir assez à une scène de Marivaux, où il le jugeait remarquable. “Il me chie dans les bottes !” répéta-t-il régulièrement, pendant plus de vingt minutes d’un long et fulgurant dépit. Courageux, entêté, V.S. ne broncha pas. Bouquet, j’en suis sûr, l’en aima davantage. Ces mots, où se disaient son amour du théâtre et son amour des élèves, ces moments où il se mettait en jeu jusqu’à des fureurs qui lui en coûtaient, cette passion du métier auquel il nous invitait à condition d’en accepter l’éprouvant et quotidien labeur, ces heures où il nous regardait nous exercer sans presque dire un mot, écoutant avec délicatesse comme s’il n’était qu’un discret témoin, laissant à Georges Werler le soin de nous orienter, s’amusant aussi, nous souriant tout à coup avec une tendresse médusante, ces films et pièces où il apparaissait et se produisait au long de la saison, où je le contemplais, l’écoutais et le détaillais dans le noir des salles de théâtre et de cinéma, à la télévision, tout cela, (et bien d’autres choses encore) jour après jour et pour toujours, tout cela dessina et emplit le temps initiatique, enchanté, incertain, de mon année d’étude dont il fut le Maître. Qu’apprend-on d’un professeur d’Art Dramatique ? Rien, disait-il, ajoutant qu’il ap­prenait bien plus de nous que nous de lui. Ce que je sais, c’est qu’il est en moi, fort incrusté. Son œil, sa voix, sa pensée, traversent toujours ma pensée, ma voix, mon œil. Je ne crois pas me tromper en affirmant qu’il en est sûrement de même pour la plupart de ceux qui ont suivi ses cours. Nous sommes faits de lui. Il est à jamais présent, jouant et parlant sur la scène et l’écran de notre cœur.
Denis Podalydès
© 2006 DENIS PODALYDÈS - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Véronique SAMAKH
Classes d’interprétation
1ère année : Denise Bonal
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Jean-Pierre Vincent
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Paris, le 1er avril 2006.
Je me souviens de cet amour pour les auteurs, les grands “Auteurs”, pas les autres ! “Interrogez encore et toujours le texte, tout est là ! Si tu l’interroges bien, l’auteur te répond !” Je me souviens du travail sur Beckett. “Chaque phrase est une pierre. Tout est religion. Évitons le piège de la caricature et de la bande dessinée.” Je me souviens du travail sur Ibsen. “Tu dois savoir pourquoi ce rôle te convient.” Je me souviens de ses colères lorsque l’un de nous abandonnait l’un de nous. Il ne supportait jamais le manque de solidarité, cela le scandalisait. Je me souviens de cette envie, si forte, de nous donner les outils pour comprendre les auteurs, de comédien à comédien, et je l’en remercie.
Véronique Samakh
© 2006 VÉRONIQUE SAMAKH - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Vincent SCHMITT
Classes d’interprétation
1ère année : Viviane Théophilidès
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Gérard Desarthe, Daniel Mesguich
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Monsieur Bouquet attend.
Il est assis, il a accroché son manteau au perroquet, son chapeau est posé sur un coin de la table, à gauche, je crois. Les élèves, aujourd’hui, ne sont pas au rendez-vous. Pas d’humeur, aucune lassitude. Nous sommes quelques-uns. Je l’observe discrètement en me répétant le texte d’une scène de “Richard III”. Monsieur Bouquet s’énerve rarement. Personnellement, je ne l’ai jamais vu faire. Il paraît que c’est terrible. On m’a raconté. “Les conséquences : pensez toujours aux conséquences.” “Tout est construction.” “Si tu dois jouer Macbeth, tu ne vas pas assassiner ton voisin pour construire ton personnage, tu dois trouver un autre moyen.” Des petites phrases abruptes, définitives, concises, ancrées, renversent mes certitudes, me laissent souvent perplexe. Les compromis du discours du metteur en scène à l’acteur pour obtenir ce qu’il veut de lui sur le plateau n’existent pas ici ; Monsieur Bouquet n’est pas metteur en scène : nous ne sommes pas là pour servir son art, nous sommes là pour “aspirer” au sien. Les recommandations, conseils, directions, sont ceux d’un acteur à un autre acteur. Nous travaillons comme les musiciens ; nous sommes nos propres instruments. Ici, nous éprouverons, avant toute chose, la partition : nous resterons plusieurs semaines à lire les scènes que nous souhaitons travailler et à comprendre les pièces dont elles sont issues : “Tu l’as très bien lu, tu le joueras très bien.” Plusieurs années après ma sortie du conservatoire, j’écris à Monsieur Bouquet : “Tout se met en place, lentement, avec force.” J’entre chez mon père, dans sa ferme, perdue au milieu des champs, loin de tout, avec un étang tout au fond du terrain, où il vit seul. La première chose que les gens voient en entrant chez lui, c’est une photo de cours au Conservatoire : je suis assis au bord de la scène, je m’appuie sur une épée, Monsieur Bouquet me parle, je le regarde : “Richard III”. Il y a longtemps, de la fenêtre de son atelier rue Royale, à Paris, mon père voyait Monsieur Bouquet passer. Je crois qu’il m’a dit qu’il achetait des fleurs chez Lachaume. Michel Bouquet est l’acteur préféré de mon père. Cette année-là, ce fut mon maître. 
Vincent Schmitt
© 2006 VINCENT SCHMITT - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Philippe UCHAN
Classes d’interprétation
1ère année : Denise Bonal
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Jean-Pierre Vincent
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Île de Ré, le 13 février 2006.
Les portes de la “cathédrale” ouvraient un peu avant neuf  heures. J’entrais en théâtre comme on entre en religion, et la parole sacrée était celle de Michel Bouquet. Sa grande silhouette massive déambulait parmi nous, croisant parfois celle de Louis Jouvet, de Jean Vilar, de Dullin, de Copeau… Dans sa voix métallique et chaude à la fois, le verbe était simple mais formidablement puissant ; il ouvrait, tel un “sésame”, des portes improbables derrière lesquelles je  n’avais jamais soupçonné que se cachait la “vie”. Celle que l’on tente toujours d’in­suffler au Personnage. Aujourd’hui, souvent, quand je travaille, quand je cherche, des échos de cette voix me guident encore et révèlent parfois leur sens caché, dix-huit ans après…
Philippe Uchan
© 2006 PHILIPPE UCHAN - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Éric VIGNER
Classes d’interprétation
1ère année : Denise Bonal
2ème année : Michel Bouquet, Georges Werler
3ème année : Gérard Desarthe, Daniel Mesguich
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Je me souviens de la classe du maître, de l’art de l’acteur qui quelquefois montait sur la petite scène pour le plaisir des élèves. Je me souviens de sa posture physique, le buste légèrement penché en arrière et de sa démarche si particulière et de sa voix bien sûr, un acteur c’est la voix et celle de Bouquet est inimitable. Je me souviens du débit de la phrase, du phrasé et du timbre assez sourd et clair dans le même temps. Ce que j’ai appris, c’est longtemps après que je l’ai compris, Bouquet, le maître, délivrait des énigmes qui font travailler plus tard. Je me souviens avoir obstinément travaillé une scène du “Partage de midi” de Claudel et qu’il associait (dans mon souvenir) Isé et Mesa aux planètes, comment ça se joue les planètes ? J’aimais la tragédie et ma passion pour Racine trouve des débuts d’explications dans son cours. Je crois avoir compris un jour que Néron n’était peut-être pas seulement amoureux de Julie, mais que le stratège politique peut-être pouvait l’emporter sur le personnage amoureux. Je me souviens avoir travaillé “Bajazet” de Racine sans résoudre l’énigme et c’est pour cette raison que des années plus tard j’ai choisi cette pièce pour ma première mise en scène avec les comédiens-français. Bouquet mettait tout entier son art de l’acteur au service de sa classe, le soir on allait le voir jouer au théâtre de l’Atelier. J’ai associé dans mon imaginaire Jouvet et Bouquet car la même année je jouais l’élève Octave dans la pièce Elvire Jouvet 40 avec Philippe Clévenot, Maria de Medeiros et Vincent Vallier. Une école d’acteurs, ces fameuses classes du conservatoire où j’ai appris à lire les textes. Bouquet, Jouvet, Clévenot, des archéologues du texte qui puisaient par l’ana­lyse et la fréquentation lente à la source même de l’écriture. Je crois avoir été un élève acteur médiocre aux yeux de mes maîtres, mais j’ai pu à leur contact accéder à bien des sources de l’écriture poétique ; avec Bouquet ce fut Beckett, Ionesco, Feydeau, Claudel et Racine. Je me souviens encore, de la classe, des bretelles en été, de la petite table où se trouvaient serrés Georges Werler et Michel Bouquet.
Éric Vigner
© 2006 ÉRIC VIGNER - FRÉMEAUX & ASSOCIÉS


Séquence 1 :
PREMIERE CLASSE DE L’ANNEE - Les grandes lignes de travail (13’14’’)
Thème, personnages et pièces cités :        
Plage 1 : “Ce qui est très important pour un acteur, c’est que le style se dégage de la réflexion…”
     Scapin Les fourberies de Scapin (Molière)
     Alceste Le Misanthrope (Molière)
     Kent Le Roi Lear (Shakespeare) 

Séquence 2 :
TRAVAIL DE CLASSE - Entre le 5 janvier 1987 et le 29 avril 1987
Thèmes, personnages et pièces cités :
Plage 2 : “C’est une vie épouvantable une vie d’acteur…” (3’41’’)
Plage 3 : “Le jour où tu verras le vrai Don César de Bazan, et ça va t’arriver…”
     Don César de Bazan Ruy Blas (Victor Hugo) (4’26’’)
Plage 4 : “Quand une chose a fait son effet, il est fait pour toujours”  (2’49’’)
Plage 5 : “Par quel artifice l’auteur a-t-il rendu la scène efficace ?” 
     Marquise - Ergaste Les Sincères (Marivaux) (3’24’’)
Plage 6 : “L’acteur est toujours bon, le problème c’est d’être bon pour l’auteur…”
     Karl - Robert   Les apparences sont trompeuses   (Thomas Bernhard) (7’22’’)
Plage 7 : “C’est le travail sur les mécanismes de la scène sur lequel tu dois t’appuyer…”
     Hermione - Cléone Andromaque (Racine) (13’56’’)
Plage 8 : “Le mécanisme des scènes chez Racine, c’est la torture…” 7’06’’

(Acte 2 scène 1)
HERMIONE
Je fais ce que tu veux, je consens qu’il me voie ;
Je lui veux bien encore accorder cette joie.
Pylade va bientôt conduire ici ses pas ;
Mais, si je m’en croyais, je ne le verrais pas.

CLEONE
Et qu’est-ce que sa vue a pour vous de funeste ?
Madame, n’est-ce pas toujours le même Oreste
Dont vous avez cent fois souhaité le retour,
Et dont vous regrettiez la constance et l’amour ?

HERMIONE
C’est cet amour payé de trop d’ingratitude
Qui me rend en ces lieux sa présence si rude.
Quelle honte pour moi, quel triomphe pour lui,
De voir mon infortune égaler son ennui !
Est-ce là, dira-t-il, cette fière Hermione ?
Elle me dédaignait ; un autre l’abandonne :
L’ingrate, qui mettait son cœur à si haut prix,
Apprend donc à son tour, à souffrir des mépris !
Ah dieux !


Séquence 3 :
DERNIERE CLASSE DE L’ANNEE - Derniers conseils
Thème, personnage et pièce cités :
Plage 9 : “C’est vrai que les acteurs ne savent pas, au départ, tellement se concentrer…”
     Richard Richard III (Shakespeare) (11’43’’)

Séquence 4 :
15/06/05 : MICHEL BOUQUET ÉVOQUE SON ENSEIGNEMENT AU CNSAD
Dans sa loge au théâtre Hébertot où il joue Le Roi se meurt (Ionesco).
Plage 10 : “Moi je n’ai jamais eu le sentiment que j’étais un vrai pédagogue…”  (9’32’’)

Remerciements :
A Paul Tabet pour son conseil; A Prune Berge pour son aide; A Tristan Maire pour son soutien.
Crédits photos
Toutes les photos sont de Max Armengaud, sauf la photo d’Anne Jacquemin qui est de Pépé Fernandez.
Réalisation sonore : Jean-Pierre Prévost.
Ce CD a été conçu par Georges Werler pour la Compagnie EROC au Théâtre de Cachan.

Molière par Michel Bouquet
[…] « J’ai beaucoup appris sur Molière dans le livre que Francine Mallet a consacré à sa jeunesse. Il ne faut pas oublier qu’il a fait ses études au collège de Clermont avec les princes, Condé et Conti. On voit toujours le saltimbanque, mais c’est un saltimbanque qui parlait parfaitement le latin et le grec, bonnes bases pour écrire, et qui avait reçu une éducation aristocratique. Et il y aura toujours en lui un combat entre deux manières d’exister, dans l’ordre ou le désordre. Avec une vision aristocratique et un tempérament qui ne l’est pas du tout. Chaque pièce de Molière est un règlement de comptes avec lui-même. Les vices qu’il peint, ce n’est pas pour les avoir observés dans le monde, mais pour les avoir pressentis en lui. « L’Avare » est lié à sa rupture avec Armande, où il s’est vu avec les défauts qu’il reprochait à son père. Dans « Le Misanthrope », il s’en prend à sa manière de dire la vérité, conscient de ce que cette attitude peut avoir de ridicule en société. Il met dans son théâtre son désir de sincérité absolue : mettre à nu ses défauts, pour essayer de s’en corriger, parce que c’est un être de passion et de courage. C’est le premier auteur dramatique, je pense, qui se soit pris lui-même pour sujet, dans toute sa trivialité, non comme un moraliste qui donne un sens, indique des valeurs, mais comme un homme aux prises avec ses passions. C’est ce qui fait qu’il est si direct, si concret, si peu intellectuel, tellement dans le vif de la chaire. Peut-être l’homme le plus parfaitement honnête qui ait existé. » […]
LE FIGARO

Ecouter Michel Bouquet - Professeur au Conservatoire. Documents sonores 1986-1987 (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La librairie sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouté par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com., Virginméga et iTunes.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 CE QUI EST TRES IMPORTANT POUR UN ACTEUR - BOUQUET13'14
02 C EST UNE VIE EPOUVANTABLE UNE VIE D ACTEUR - BOUQUET03'41
03 LE JOUR OU TU VERRAS LE VRAI DON CESAR DE BAZAN - BOUQUET04'26
04 QUAND UNE CHOSE A FAIT SON EFFET IL EST FAIT POUR - BOUQUET02'49
05 PAR QUEL ARTIFICE L ACTEUR A T IL RENDU LA SCENE E - BOUQUET03'24
06 L ACTEUR EST TOUJOURS BON LE PROBLEME C EST D ETRE - BOUQUET07'22
07 C EST LE TRAVAIL SUR LES MECANISMES DE LA SCENE - BOUQUET13'56
08 LE MECANISME DES SCENES CHEZ RACINE - BOUQUET07'06
09 C EST VRAI QUE LES ACTEURS NE SAVENT PAS AU DEPART - BOUQUET11'43
10 MOI JE N AI JAMAIS EU LE SENTIMENT QUE J ETAIS - BOUQUET09'32
"Paroles d'un maître" par Le Figaro

"Théâtre. Des enregistrements des leçons données par Michel Bouquet dans le cadre de sa classe au conservatoire national supérieur d'art dramatique ont été réalisés par Georges Werler il y a vingt ans et sortent en CD chez Frémeaux & Associés. Paroles d'un maître." Le Figaro 29 août 2006




"Cours de Michel Bouquet" par Télérama

"Les meilleurs maîtres - tel Michel Bouquet - à leurs élèves-comédiens. Ecouter aux éditions Frémeaux & Associés le CD Michel Bouquet, Professeur au conservatoire." Fabienne PASCAUD - TELERAMA 




Association des anciens élèves du CNSAD

"Des enregistrements des leçons données par Michel Bouquet dans le cadre de sa classe au CNSAD, réalisés il y a 20 ans par Georges WERLER, lui même ancien élève puis professeur au CNSAD, sont sortis en CD chez Frémeaux & Associés." Association des Anciens Elèves du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique.




"Maître Bouquet" par le Nouvel Observateur

"On en rêvait, c'est désormais possible : suivre les leçons que Michel Bouquet a données aux élèves du Conservatoire national supérieur d'Art dramatique."  Odile QUIROT - LE NOUVEL OBSERVATEUR  /  © LE NOUVEL OBSERVATEUR


"On en rêvait, c'est désormais possible : suivre les leçons que Michel Bouquet a données aux élèves du Conservatoire national supérieur d'Art dramatique. A l'époque - 1986-1987 -, le metteur en scène Georges Werler, qui assistait Bouquet pendant ses cours, avait eu la bonne idée de les enregistrer. Les voici, et c'est un trésor (Frémeaux et Associés, 1 CD audio, livret 24 p., 19,90 euros). Michel Bouquet se révèle un guide généreux, un passeur exigeant, précis et malicieux. Sa voix de professeur possède les mêmes qualités de clarté et de présence que celle qu'on lui connaît sur scène. Depuis les mémorables leçons de Louis Jouvet, on n'avait pas eu le bonheur de comprendre aussi simplement l'étrange artisanat du métier d'acteur, cet art de « faire une réalité vivante d'une création de l'esprit »."  Odile QUIROT - LE NOUVEL OBSERVATEUR  /  © LE NOUVEL OBSERVATEUR




"Tous les passionnés de théâtre se réjouiront..." par La Classe

"Tous les passionnés de théâtre se réjouiront de la sortie de ce CD." LA CLASSE

"Tous les passionnés de théâtre se réjouiront de la sortie de ce CD consacré à Michel Bouquet, grand comédien et professeur au Conservatoire. Il s'agit d'un document sonore enregistré dans les années 80 par Georges Werler. (...) Véritable acte de transmission de savoir, de sagesse sur la culture humaine, ce document sonore est accessible à tous. En vente en librairie." LA CLASSE




"L'art d'être acteur" par La Croix

"Il a créé Camus, Anouilh, Pinter, triomphé dans Molière, Ionesco, Thomas Bernhard. Il a travaillé au théâtre avec Vilar, Planchon, au cinéma avec Chabrol, Truffaut, Guédiguian dont il fut l'impressionnant "dernier Mitterrand" en 2003. A 79 ans, Michel Bouquet peut s'enorgueillir d'un "beau parcours", comme on dit. Nourri, surtout, avec une exigence rare, d'une interrogation permanente sur le sens du théâtre, de sa pratique, de son éthique. C'est cette interrogation que Georges Werler invite à partager à travers les enregistrements des cours donnés par Michel Bouquet au Conservatoire de Paris, durant la saison 1986-1987. Face à des élèves - dont plusieurs, depuis, se sont fait connaître (Patrick Pineau, Anne Brochet, Denis Podalydès...) -, il explore les arcanes de l'art de l'acteur, de sa relation aux textes, aux rôles. A lui-même. Prodigieux." Didier MEREUZE - LA CROIX




"Leçons de théâtre" par Enseignement Catholique Actualités

"(...)Conservés pas le metteur en scène Georges Werler, qui lui succède auprès des apprentis-comédiens, ces enregistrements restituent la chaleur et la voix d'un magnifique professeur..."  M.R. ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE ACTUALITES

"Denis Podalydès, Anne Brochet ou Philippe Uchan (un des grands seconds rôles du cinéma français actuel) furent - parmi d'autres - les élèves de Michel Bouquet, durant l'année 1986-1987, au conservatoire national d'art dramatique. Nulle leçon de comédie - "On n'apprend pas à jouer, dit le maître. Ce n'est pas en disant les mots que ça va suffire. Non, le véritable partenaire de l'acteur c'est la situation. Il faut qu'il comprenne ce qu'il va dire." Conservés pas le metteur en scène Georges Werler, qui lui succède auprès des apprentis-comédiens, ces enregistrements restituent la chaleur et la voix d'un magnifique professeur. Qui a su transmettre à ses élèves, témoigne Maria de Medeiros "plus qu'une technique de théâtre (...), une éthique de notre métier"." M.R. ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE ACTUALITES




"Une magnifique réflexion sur l’art théâtral" Pariscope

« Durant des années, ce grand comédien a été professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. La qualité de ses cours était  telle que sa réputation est vite sortie des murs clos de ce grand lieu de l’enseignement théâtral. Ses anciens élèves l’évoquent régulièrement avec référence et déférence. Aujourd’hui, ses leçons sont disponibles en CD.  » PARISCOPE


« Durant des années, ce grand comédien a été professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. La qualité de ses cours était  telle que sa réputation est vite sortie des murs clos de ce grand lieu de l’enseignement théâtral. Ses anciens élèves l’évoquent régulièrement avec référence et déférence. Aujourd’hui, ses leçons sont disponibles en CD. Nous devons ce cadeau au metteur en scène Georges Werler qui assista Michel Bouquet de 1986 à 1987 et qui a eu la bonne idée d’enregistrer les cours. C’est avec gourmandise que l’on écoute la voix claire, calme, posée de Michel Bouquet, guidant ses élèves. Au-delà de la simple rhétorique du maître, le comédien nous offre une magnifique réflexion sur l’art théâtral. » PARISCOPE




"Grands maîtres" par le Magazine Littéraire

« ... Dans cet enregistrement, Michel Bouquet, professeur au Conservatoire et associé à Werler dans les années 1980, restitue ces interventions qui apportaient aux élèves une vision et une exigence extrême... » Gilles COSTAZ – LE MAGAZINE LITTERAIRE.


« (…) Georges Werler est l’un des metteurs en scène qui a travaillé avec Acquart. Il nous donne aujourd’hui un disque qui éclaire un autre aspect du théâtre, l’enseignement. Dans cet enregistrement, Michel Bouquet, professeur au Conservatoire et associé à Werler dans les années 1980, restitue ces interventions qui apportaient aux élèves une vision et une exigence extrême. Les élèves qu’on entend aussi s’appelaient Denis Podalydès, Anne Brochet, Maria de Medeiros, Jérôme Kircher… L’enseignement était rude et souverain. De formidables archives ! » Gilles COSTAZ – LE MAGAZINE LITTERAIRE.




"Master Class sur CD" par l'Avant-Scène Théâtre

« Les éditions Frémeaux & Associés reprennent aujourd’hui de larges extraits des cours donnés par Michel Bouquet au conservatoire au cours des années 1986 et 1987. Ces enregistrements – effectués alors par Georges Werler – offrent l’approche personnelle du grand comédien quant à l’apprentissage des techniques théâtrales et présentent les subtilités d’une philosophie intime du métier d’acteur envisagé sous toutes ces facettes. Un disque indispensable. » L’AVANT-SCENE Théâtre




"Une très grande leçon" par Rappels

« ...C’est pourtant l’un des plus passionnants documents sur le théâtre que les éditions Frémeaux & Associés nous offrent en exhumant des archives les enregistrements d’une année de cours de Michel Bouquet au Conservatoire. ... »  RAPPELS


« Quoi de plus rébarbatif que des cours enregistrés ? En soit le principe a quelque chose d’effrayant. C’est pourtant l’un des plus passionnants documents sur le théâtre que les éditions Frémeaux & Associés nous offrent en exhumant des archives les enregistrements d’une année de cours de Michel Bouquet au Conservatoire. En ouverture de son cours inaugural, il résumait : "Finalement, mon rôle est simple. Il consiste à éveiller les consciences à l’aspect prodigieux de ce qu’est un acteur : un homme qui fait tourner le monde selon son orbite". les conseils dispensés avec simplicité par le maître ouvrent des abîmes stupéfiants sur la complexité du métier d’acteur. La clarté de sa vision, l’intelligence profonde de sa réflexion et les fulgurances géniales de ses formules sont plus captivantes et instructives que n’importe quel traité sur l’art dramatique : car elles sont celles d’un acteur parlant à d’autres acteurs. Une très grande leçon. »  RAPPELS




"Professeur Michel Bouquet" par Libération

"L'acteur a enseigné pendant dix ans au conservatoire. Un CD restitue sa classe de l'année 1986-1987.

René Solis - © Libération


"L'acteur a enseigné pendant dix ans au conservatoire. Un CD restitue sa classe de l'année 1986-1987.
A partir de mercredi, Michel Bouquet joue l'Avare de Molière au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à Paris. A 81 ans, l'acteur entame la soixante-quatrième année de sa carrière théâtrale. Avec une exigence intacte : «L'acteur qui intéresse, c'est l'acteur qui fait voir un autre visage inconnu à lui même. Il n'y a que les ringards qui se ressemblent toujours.» Ces mots, Bouquet les prononçait il y a vingt ans, à l'occasion de sa première classe de l'année 1986-1987 au Conservatoire national d'art dramatique. Tout en se défendant d'être un «pédagogue», il y a enseigné dix ans. Son complice Georges Werler, qui met en scène l'Avare, l'accompagnait déjà à l'époque. Il a eu la bonne idée d'enregistrer ses cours. Et de conserver précieusement les cassettes.
De ce matériau est extrait un CD (1), où Bouquet, sur son métier, parle d'or. Denis Podalydès, qui fut son élève cette année-là, se souvient encore de ces «phrases qui ouvrirent les brèches, révélèrent des continents, modifièrent notre géologie mentale, décidèrent de nos vies d'acteur». Et le sociétaire de la Comédie-Française d'évoquer, dans le livret accompagnant le disque, «cette voix de chair, de métal et d'électricité, dont il pouvait déchaîner l'orage d'une seconde à l'autre». Rien d'autoritaire, pourtant, dans le ton de Bouquet, mais une force de conviction qui fascine. «L'art de l'acteur n'est pas l'art de sentir, c'est l'art de réfléchir.» 
On suppose que ces mots, prononcés au début de sa première classe, sont restés à jamais gravés dans la mémoire de ses auditeurs. «Sentir, on sentira toujours, ajoute-t-il. Plus on a réfléchi, plus on aura matière à sentir. Si l'on sent sans avoir réfléchi, c'est la meilleure façon d'être conventionnel. Forcément, puisqu'on amalgame tout à soi.» Et d'ajouter, quelques minutes plus tard, pour enfoncer le clou : «Acteur, c'est presque un métier dégradant si on ne réfléchit pas.» Réfléchir, cela signifie, d'abord et avant tout, lire, insiste-t-il. Au terme d'une année où il aura enseigné non le métier, mais «la technique morale de l'acteur», il a cette dernière réflexion : «Ce n'est pas difficile d'être très grand comme acteur. C'est difficile de le rester.»" René Solis - © Libération




« Une archive sonore précieuse » par le Journal de médecin

Réunie sur un CD, une sélection des cours que Michel Bouquet dispensa au Conservatoire National supérieur d’Art Dramatique en 1986 et 1987. Une archive sonore précieuse, proposant une exigeante éthique de l’acteur. Lieu commun : l’acteur serait cet être d’exception capable de sentir les choses et de les transposer d’emblée sur scène. Erreur ! Le métier, selon Michel Bouquet, ce serait plutôt l’inverse. Une pratique aux antipodes des illusions spontanéistes trop souvent colportées : « L’important pour un acteur, c’est que le style se dégage de la réflexion », assène-t-il en préambule de sa leçon inaugurale. Et, au fil de cette année d’enseignements dont ont été sélectionnés les moments les plus forts, il ne cessera de proposer à sa classe des éléments pour une éthique du jeu d’acteur. « Quand on est acteur, on sent. Alors, ce n’est même pas la peine d’en parler ». Dès lors, « l’art de l’acteur, ce n’est pas l’art de sentir, c’est l’art de réfléchir ». En fin de compte, comme le suggère une de ses élèves, l’idéal de l’acteur serait de réussir à disparaître (spécialité de l’excellent Michel Bouquet, au théâtre comme au cinéma) : parvenir à quitter son humeur du jour, « prêter sa sincérité » au personnage et, surtout, « ne pas prendre la place de l’auteur ». Excellente mise en perspective des contradictions, pièges et difficultés de l’interprétation, ces leçons signées Bouquet ont tôt fait de lui ressembler, faisant de l’humilité et du doute deux précieux alliés.  
O.I. – JOURNAL DE MÉDECIN




« Michel Bouquet - Anthologie 1986-1987 » par Lire

A ses élèves du Conservatoire, Michel Bouquet disait en préambule : « L’art de l’acteur, ce n’est pas de ressentir mais de réfléchir. […] Une fois que vous aurez compris la raison fondamentale pour laquelle la pièce a été écrite, quand vous aurez vu à la fois le personnage et l’auteur, alors vous pourrez donner la forme au rôle… » « Mon grand plaisir, c’est relire, relire et relire… » Et une vie ne suffit pas pour déchiffrer tous les secrets de Molière. 
Philippe ALEXANDRE - LIRE




« Exceptionnel » par Revue des médiathèques et des collections musicales

Voici livré à tous quelques moments de l’enseignement d’un de nos plus grands comédiens à ses élèves du Conservatoire. Michel Bouquet dépasse de beaucoup le simple apprentissage de la technique théâtrale et enseigne plutôt une philosophie de l’acte de jouer un rôle. Son travail  s’approche plutôt du comportementalisme et ce qu’il propose, notamment, à ses étudiants une morale introspective. Exceptionnel.
Lucas FALCHERO – REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« Éloge de l’intuition » par La Terrasse

Michel Bouquet est une des figures incontestées de la scène théâtrale française. Il a enseigné au conservatoire. Plus que pédagogue, il s’y est voulu dispensateur d’une philosophie et d’une morale de l’acteur.
L.T. : Quelle est selon vous la qualité principale pour être acteur ?
M.B. : La qualité principale que demande ce métier, c’est l’intuition, plus importante que l’intelligence. Dans la manière d’appréhender le rôle, je laisse faire ce qui me vient. Je ne suis pas sûr que ce que je pense au soir d’un rôle soit définitif. Mon travail se fait entre le temps de deux représentations. Une critique opère en moi, je garde certaines choses, j’en récuse d’autres. Sur les bases initiales s’ajoutent des fioritures d’instinct : c’est ce qui fait que la chose reste intéressante. La liaison avec le personnage se fortifie, subit des guerres, des armistices, comme dans la vie. Je laisse une part d’improvisation dans ma conception du rôle : c’est pour ça que j’aime énormément les rôles qui n’ont pas de ligne psychologique précise.
L.T. : Y a-t-il une méthode à appliquer pour bien jouer ?
M.B. : La méthode met des bornes de sagesse sur le chemin mais n’est pas la panacée du métier d’acteur. La panacée du métier d’acteur c’est ce pourvoir de faire venir le rôle en soi, de le montrer et d’en être surpris soi-même. Cela arrive par la concentration, par le fait de regarder la vie sans y participer car elle avale tout. Le comédien doit être un lecteur de la vie et un lecteur de lui-même. Il faut s’observer, donc se méfier, croire la lecture du rôle, croire le rôle mais aussi douter de soi : cette contradiction est gage de richesse. Tout ce qui est mis en place peut être démoli par une intuition nouvelle du rôle. Du fait qu’on veut donner la vie à un rôle, il faut admettre qu’il est vivant en nous : c’est en cela que l’intuition prime sur la réflexion et que les comédiens ne sont pas des intellectuels. Petit à petit le rôle parle avec le comédien et quand c’est le rôle qui parle, il le surprend. Et lorsqu’il y a la vie dans un rôle, le spectateur peut alors jouer aussi puisque le comédien est lui-même en état de jeu. Mais s’il voit quelqu’un d’appliqué, il le sent et il n’a rien à faire. C’est alors qu’il y a répétition mais pas représentation théâtrale. Pour qu’il y ait représentation, il faut que le spectateur se dise ‘je suis un peu ce personnage, je peux entrer en lui’. La morale de la pièce apparaît alors puisque la personne qui la regarde la retrouve en elle.
L .T. : Comment apprendre, alors, à être acteur ?
M.B. : C’est le don qui fait tout, le don qui donne la richesse et la vocation qui est de servir ce don au maximum et non pas se d’en servir. C’est quelque chose de difficile, mais d’enrichissant, de poignant. Ce qui est très important, c’est le travail en amont sur le rôle. Il faut commencer à vivre avec lui et ébouler petit à petit toutes les opinions qu’on a sur lui. A partir du moment où on a suffisamment éboulé, le rôle vient dire : ‘j’en ai marre de t’attendre, fais plutôt comme ça’. Ça, c’est la part du rôle, et elle est sacrée.
Propos recueillis par Catherine ROBERT – LA TERRASSE
Michel Bouquet, Professeur au Conservatoire. Documents Sonores 1986-1987. Frémeaux & Associés.




"Emporté par la justesse de son trait d'intelligence" par www.webthea.com

"Cet enregistrement nous livre avec bonheur les propos, ô combien subtils de Michel Bouquet sur quelques directions d’acteurs face à un groupe d’élèves de première et dernière année du conservatoire d’art dramatique de Paris.
On écoute donc ses différentes réflexions et critiques emporté pas la justesse de son trait d’intelligence qu’il vous décoche en toute simplicité. Vous vous demandez alors pourquoi vous ne l’avez pas découvert par vous-même. Ces indications de jeu sont pratiques et échappent à la cérébralisation de certains pédagogues efficacement incompétents qui se défendent de leur ignorance en teintant leurs discours d’un obscurantisme pédant impénétrable et inexplicable (Aucune allusion particulière à qui que ce soit…qui se reconnaîtra !.…) Il sait aussi mettre à jour les indications pratiques vérifiées et cautionnées par ce qui est devenu les grands fondements de la théorisation de notre dramaturgie actuelle.
On traverse donc, grâce à sa clarté d’esprit des réflexions sur le théâtre grec à la pensée éclairée de Diderot. Laquelle fera plus tard le régal de B.Brecht quand il réussira à imposer, à juste raison, dans l’immensité du décor de la dramaturgie contemporaine le fameux concept de la « distanciation », Grille d’analyse, procédé de metteur en scène expérimental ou « expérimenteux ». Alors dans l’euphorie de faire renaître un théâtre revendicateur on se saisit de cette caisse à outils universelle qu’est « la distanciation ». Intellectuel modeste notre conférencier s’efface en tant qu’acteur pour nous donner à entendre du côté de l’auteur. Il incite à découvrir relecture après relecture les arrangements cachés du texte…Il pousse à fouiller les intentions de l’auteur « Pour quelle raison cette écriture ? Il faut se poser des questions auxquelles les réponses sont enrichissantes pour le jeu… »
D’autre part ce qui semble profondément touchant c’est la générosité de Michel Bouquet qui offre son temps pour nous exposer au-delà du problème du théâtre quelques observations sur la vie : réflexion sur le mécanisme du monde ou tout simplement le regard sur le fonctionnement d’autrui. L’approche de l’altérité n’est pas une pratique uniquement théâtrale mais aussi le produit d’une vision attentive et bien aigue des rapports humains. Il est bien intéressant d’écouter Michel Bouquet, ce passeur de mots, avec sa justesse, son petit pincement de lèvres malicieux et son oeil narquois et pétillant qui font de lui ce séducteur discret de nos scènes et de nos écrans. Et quand s’échappent discrètement de cet enregistrement quelques petits rires très économisés de Michel Bouquet on regrette infiniment de ne pas être l’auditeur présent de ce moment privilégié. Il a y a chez Michel Bouquet une sorte de sacralisation du commun qui fait de ce témoignage une sorte de travail presque anthologique. Il pose et propose avec simplicité l’éclaircissement de certains phénomènes sur l’acteur que nous avions pressentis mais jamais vérifiés, définis ou précisés. Et cette pause n’intéressant pas soi-disant que l’ACTEUR semblerait interpeller d’autres catégories humaines : ne sommes-nous pas tous des ACTANTS réduits et contraints à agir dans de petits espaces ? Alors, si nous ne savons pas élargir cette surface cachée, qui nous est due, par l’observation et les diverses analyses, nous avons de quoi être inquiets. Alors on pourrait dire sans nostalgie ou sans désuétude quelconque que le regard distancié sur le monde permet d’être imperméable aux jeux stupides et violents qui nous cernent journellement.
Michel Bouquet, distillateur et manipulateur des mots, merci donc de cette réflexion. Plus qu’un art de jouer vous nous apportez par votre acuité sur les « choses » un art de vivre. Merci aussi et surtout au concepteur de ce support ( CD conçu et réalisé par Georges Werler pour la compagne FROC au théâtre de Cachan. Editions Frémeaux et associés, 2006 ) d’avoir eu l’idée de cette heureuse compilation. Œuvre éducatrice, ludique…fort entendante et …détendante et peut-être comme certains grands romans de notre dernier siècle, œuvre de formation…" par Jacky Viallon - www.webthea.com




« Un grand homme de théâtre » par Nouvelle revue pédagogique lycée

Grand homme de théâtre, Michel Bouquet fut l’interprète des pièces d’Albert Camus, Jean Anouilh, Eugène Ionesco, et, au cinéma des films d’Alain Resnais, François Truffaut, Bertrand Blier… Sa pratique inlassable des textes du répertoire, et principalement de Molière, sa réflexion incessante sur l´art du comédien l´ont inspiré durant les nombreuses années où il fut professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Ce texte est la transcription d’un cours sur « Les Sincères » :  
Tout passe par la conversation. Les êtres subissent une épreuve, un destin à partir d’une conversation, en se disant : Nous allons simplement converser et nous allons nous montrer sincères. Mais à la fin, on s’aperçoit que l’exercice de sincérité peut entraîner le malheur  de deux destinées […] L’auteur a voulu dire que par des mots, on peut se faire énormément de mal. Tout leur être est fait pour s’entendre, toute leur chair les appelle à une communion, […] mais ils tuent cette chose véritable, troublante, captivante qui est entre eux par l’emploi des mots et l’abstraction à laquelle ils succombent de vouloir être sincères […]. Ils commencent à parler. Ils se trouvent plus intéressants parce que moins hypocrites que les autres et tout à coup, cela fait des ravages. Mais des ravages qu’ils ne sentent qu’une fois que la conversation est finie. Et à la fin, ils voient un trou béant, seulement à la fin. Ce qu’elle dit est une sincérité de pure figure, mais ce qu’elle ressent est une sincérité réelle. Le vouloir être sincère, ce n’est pas être sincère. C’est vouloir l’être. C’est là que l’on voit que l’auteur est à ce point désespéré.
NOUVELLE REVUE PEDAGOGIQUE LYCEE




« Une philosophie de théâtre » par Direct Matin

Molière, Michel Bouquet : deux incontournables, à trois siècle d’intervalle, du théâtre français. Débutant sur scène à l’âge de 17 ans, le comédien travaille avec Jean Anouilh, Jean Vilar, Eugène Ionesco, fréquente assidûment les scènes du Festival d’Avignon. Dans les années 1980, il donne d’ailleurs des cours au conservatoire, assisté de George Werler. Disponible sur CD (Cours au conservatoire, Anthologie 1986-1987, Frémeaux et Associés), sa méthode est quasiment une « philosophie de théâtre », que Michel Bouquet applique assidûment. « Il y a quatre points explique George Werler : d’abord la connaissance de l’auteur, puis celle de l’œuvre, ensuite de la pièce, et enfin, du personnage. Il est essentiel de se nourrir de l’auteur avant de connaître un personnage. Les comédiens qui se jettent à corps perdu dans un rôle ratent quelques chose, et se retrouvent souvent dans une impasse ». Il faut donc savoir que dans Le malade imaginaire, la souffrance de Molière créait le grotesque. Lorsqu’il grimaçait de douleur, la foule riait.» DIRECT MATIN




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