ANDRE MALRAUX - AUDITION DU 12 MAI 1976

COMMISSION DES LIBERTES DE L'ASSEMBLEE NATIONALE

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Enregistrement inédit de l'Assemblée nationale.
accompagné d'une notice documentaire préfacé par Jean-Louis Debré.

« (…) une bande magnétique miraculeusement conservée au Palais Bourbon nous donne à entendre la voix inimitable, la verve et la force démonstrative du grand Malraux, auditionné le 12 mai 1976 par les députés membres de la commission spéciale dite « des libertés ».
Evoquant tour à tour l’Etat, la démocratie, l’enseignement, l’ancien ministre de la Culture développe sa vision de la liberté et de l’action publique. Le premier, Malraux avait proposé d’enregistrer les cours des grands philosophes contemporains pour les diffuser dans le pays et par-delà le temps ; à son tour, six mois avant sa mort, c’est un testament politique et moral qu’il laisse aux générations à venir.
J’ai voulu rendre accessible à tous cette archive sonore exceptionnelle, un enregistrement qui témoigne par ailleurs de ce que peut être le travail en commission, moins connu que la séance publique et pourtant si crucial.
« Il y a un héritage de la noblesse du monde et il y a notamment un héritage de la nôtre », disait Malraux. Soyons à notre tour de dignes héritiers de son œuvre et de son exemple. »
Jean-Louis Debré – Président de l’Assemblée nationale

 « Qu’est-ce, en effet, que la liberté de ne rien faire si personne n’est là pour vous en empêcher ? Au cours de l’histoire, les sources de contraintes se sont succédées : pour le XVIIIe siècle, c’étaient les privilèges et la religion ; pour la Convention, c’étaient les rois ; pour Marx et Lénine, c’était le capital. »
André Malraux – Introduction du Discours du 12 mai 1976.

André Malraux, dont on ne rappelle plus l’importance dans la vie politique, littéraire et artistique du XXè siècle, fut également l’un des plus grands tribuns de son temps. Frémeaux & Associés remercie l’Assemblée nationale, qui vient d’exhumer cet enregistrement, ainsi que Florence Malraux, qui en a autorisé la diffusion auprès du public. Témoignage du patrimoine immatériel détenu par l’Assemblée nationale, cet enregistrement manifeste la richesse de la réflexion élaborée dans les arcanes de nos institutions politiques.
Patrick Frémeaux

"Cet agnostique fut le dernier religieux dans un monde d'incrédules."
Régis Debray - Le siècle ou sa légende 1976 - Site Assemblée nationale

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS - La Librairie Sonore en accord avec l'Assemblée nationale et Florence Malraux pour la Succession André Malraux. (Catalogue les grandes voix de notre mémoire collective à ecouter sur CD  - Le patrimoine de l'histoire des Sciences Politiques).

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Audition André Malraux



ANDRÉ MALRAUX
AUDITION DU 12 MAI 1976

Commission des libertés de l’Assemblée nationale




André Malraux
par Jean-Louis Debré
Président de l’Assemblée nationale

“Ainsi vous voilà ministre !” sourit Nehru quand Malraux vient à Delhi en visite officielle. Pour le chef du gouvernement indien, cette promotion n’est qu’un avatar, car il sait que son interlocuteur a déjà connu plusieurs vies, plusieurs incarnations.
C’est d’abord le jeune poète né avec le siècle, en 1901, qui s’illustre par ses Lunes de papier. C’est ensuite le militant de l’anticolonialisme poursuivi en Indochine, c’est l’aventurier qui tente d’emporter des sculptures d’Angkor et qui prend des photographies aériennes d’un problématique “palais de la reine de Saba” au Yémen. C’est l’écrivain puissant de La Voie royale et de La Condition humaine, flirtant avec le communisme.
C’est aussi l’observateur attentif qui découvre l’hémicycle depuis les tribunes de la presse, le 9 juin 1936, lorsque Léon Blum présente les projets de loi du Front populaire : “Les députés commencent à s’amener. Ça fait très arrivée de musiciens : ils entrent par groupes politiques, demeurent agglomérés puisqu’ils vont siéger ensemble, violons d’un côté et flûtes de l’autre”, note le romancier dans ses carnets.
Intellectuel engagé, antifasciste déclaré, André Malraux ira ensuite se battre aux côtés des républicains espagnols, puis dans les rangs de la Résistance. Ministre, il l’est dès la Libération, quand le général de Gaulle nomme l’ancien “colonel Berger” de la brigade Alsace-Lorraine au portefeuille stratégique de l’Information. “La liberté existe pour et par ceux qui l’ont conquise”, déclare Malraux dans l’hémicycle le 29 décembre 1945. Il s’agit de répartir les rares stocks de papier entre les journaux, dans un moment critique qui demeure une période de combat. Mais c’est le même homme qui, vingt et un ans plus tard, défendra Les Paravents de Jean Genet contre toute velléité de censure : “La liberté n’a pas toujours les mains propres, mais il faut choisir la liberté.” Surtout, le Malraux de 1945 a déjà une claire conscience de sa mission : “Si nous parlons de démocratie pour dire quelque chose, nous savons très bien qu’en cette matière, démocratie ne veut pas dire autre chose que la volonté d’un nombre toujours plus grand d’hommes d’accéder à la culture.”
“Il ne dépend de personne de faire de tous des hommes cultivés ; mais il dépend de chacun de nous de donner à chaque Français une sorte de droit privilégié d’atteindre à la culture s’il le désire.”
Rendu à la vie privée par le départ du Général en janvier 1946, Malraux milite au RPF et connaît tous les épisodes de la traversée du désert, jusqu’au tournant de juin 1958. Il devient alors ministre délégué à la Présidence du Conseil, puis ministre des Affaires culturelles dans le gouvernement de mon père et il conservera ses responsabilités jusqu’en 1969. Une administration taillée sur mesure, un budget autonome, la durée, le titre de “ministre d’État” : André Malraux peut enfin passer de la vision à l’action. “Cela veut dire qu’il faut que, par ces maisons de la culture qui, dans chaque département français, diffuseront ce que nous essayons de faire à Paris, n’importe quel enfant de seize ans, si pauvre soit-il, puisse avoir un véritable contact avec son patrimoine national et avec la gloire de l’esprit de l’humanité”, explique-t-il aux députés le 17 novembre 1959, en défendant son premier budget des Affaires culturelles. Ce que Jules Ferry a fait pour l’enseignement, André Malraux veut le faire pour la culture. Et en même temps qu’il travaille à répandre à travers tout le pays la connaissance des œuvres et des arts, il s’efforce de sauvegarder l’extraordinaire patrimoine de la France, endommagé par la guerre et menacé par l’expansion urbaine et industrielle.
“Châteaux, cathédrales, musées, sont les jalons successifs et fraternels de l’immense rêve éveillé que poursuit la France depuis près de mille ans”, lance Malraux le 14 décembre 1961, lorsqu’il présente son projet de loi de programme relatif à la restauration des grands monuments historiques. Quand un député déclare que son budget est trop faible, le ministre répond sans langue de bois : “Bien entendu, à qui le dites-vous ! Mais c’est une raison de plus pour faire des lois qui compensent son insuffisance.” Malraux est lui aussi une rêveur éveillé : parce qu’il les place haut, ses objectifs paraissent lointains, mais le ministre qui les poursuit reste ancré dans la réalité. “On peut toujours dire qu’il existe une terre de la félicité, réplique-t-il à ses opposants le 8 décembre 1966. Cela n’a d’intérêt que si on peut prendre un bateau pour y aller. Pour l’instant, de même qu’un gouvernement est d’abord fait pour gouverner, une loi est d’abord faite pour aider quelqu’un à faire quelque chose.”
Une sage parole, au service d’un grand dessein : “Puissions-nous faire que tous les enfants de France comprennent un jour que ces pierres toujours vivantes leur appartiennent à la condition de les aimer ! Puissions-nous ensevelir un jour, à côté de la statue de Mansart ou de celle de Louis XIV, l’un des maçons inconnus qui construisirent Versailles et graver sur sa tombe : Versailles, bâti pour le roi, conquis par le peuple, sauvé par la nation.”
En rendant les locaux et appartements détenus à Versailles par le Parlement, je crois avoir, modestement, suivi le chemin tracé par Malraux.
Au xxie siècle, un patrimoine d’une autre nature doit maintenant être sauvegardé : les archives sonores, les fonds audiovisuels, ces produits de l’ère technologique dont certains constituent déjà des documents historiques. Des vingt-huit grands discours prononcés par André Malraux à la tribune de l’Assemblée nationale, il ne reste que des comptes rendus écrits. Mais une bande magnétique miraculeusement conservée au Palais Bourbon nous donne à entendre la voix inimitable, la verve et la force démonstrative du grand Malraux, auditionné le 12 mai 1976 par les députés membres de la commission spéciale dite “des libertés”. Évoquant tour à tour l’État, la démocratie, l’enseignement, l’ancien ministre de la Culture développe sa vision de la liberté et de l’action publique. Le premier, Malraux avait proposé d’enregistrer les cours des grands philosophes contemporains pour les diffuser dans le pays et par-delà le temps ; à son tour, six mois avant sa mort, c’est un testament politique et moral qu’il laisse aux générations à venir.
J’ai voulu rendre accessible à tous cette archive sonore exceptionnelle, un enregistrement qui témoigne par ailleurs de ce que peut être le travail en commission, moins connu que la séance publique et pourtant si crucial.
“Il y a un héritage de la noblesse du monde et il y a notamment un héritage de la nôtre”, disait Malraux. Soyons à notre tour de dignes héritiers de son œuvre et de son exemple.

Jean-Louis Debré
Président de l’Assemblée nationale
© 2006 Assemblée nationale


La “commission des libertés”
Depuis 1958, l’Assemblée nationale comporte six commissions permanentes, chargées d’examiner les projets ou propositions de loi de leur compétence avant l’inscription du texte à l’ordre du jour de la séance publique.
Mais l’article 43 de la Constitution autorise la création de commissions spéciales, à la demande du Gouvernement ou de l’Assemblée saisie du texte. C’est ainsi qu’en décembre 1975, l’Assemblée nationale constitua une telle commission pour préparer une “charte des libertés et des droits fondamentaux” du xxe siècle.
Présidée par Edgar Faure, cette “commission des libertés” se pencha sur plusieurs textes : une proposition de loi intitulée De la liberté, déposée par MM. Foyer, Labbé, Chinaud et Lejeune, membres de la majorité, une proposition de loi constitutionnelle portant déclaration des libertés, déposée par Georges Marchais et le groupe communiste, enfin une proposition de loi constitutionnelle tendant à compléter le préambule de la Constitution, déposée par Gaston Defferre au nom des socialistes et des radicaux de gauche.


Les protagonistes
Cette commission spéciale de trente-trois membres a entendu trente-sept personnalités de tous horizons. Durant l’audition d’André Malraux, le 12 mai 1976, six députés ont pris la parole pour interroger l’ancien ministre de la Culture :

Edgar Faure
(1908-1988), qui préside la commission spéciale, est aussi président de l’Assemblée nationale de 1973 à 1978. Avocat, ancien secrétaire général adjoint du Gouvernement provisoire de la République française, il est député radical du Jura de 1946 à 1958, mais aussi ministre à douze reprises et deux fois Président du Conseil sous la IVe République. Élu sénateur du Jura en 1959, ministre de l’Agriculture de 1966 à 1968, puis de l’Éducation nationale après la crise de Mai 68, enfin ministre d’État chargé des Affaires sociales de 1972 à 1973, il est élu plusieurs fois député du Doubs à partir de 1967, puis retrouve le Sénat en 1980. Au plan local, il a été en particulier maire de Port-Lesney (Jura) de 1947 à 1970 et de 1983 à 1988, président du conseil général du Jura de 1949 à 1967, maire de Pontarlier de 1971 à 1977 et président du conseil régional de Franche-Comté. Élu à l’Académie française en 1978, il est l’auteur de nombreux ouvrages historiques, mais aussi de romans policiers publiés sous le pseudonyme d’Edgar Sanday.

Charles Ehrmann
, né en 1911, professeur agrégé d’histoire, est le suppléant de Jacques Médecin : il est devenu député le 13 février 1976 quand le maire de Nice entre au Gouvernement. Il conserve son mandat jusqu’en 1981, puis de 1986 à 2002, devenant à partir de 1993 le doyen de l’Assemblée nationale. De sensibilité libérale, il a été conseiller municipal et adjoint au maire de Nice.

Eugène Claudius-Petit
(1907-1989), d’abord ébéniste, puis professeur de dessin, est issu d’un milieu très modeste. “Claudius” est son surnom de résistant, comme dirigeant du réseau Franc-Tireur. Membre du CNR, cet humaniste chrétien siège à l’Assemblée consultative provisoire, le “Parlement de la Résistance”, à Alger puis à Paris. Député de la Loire de 1946 à 1955, il est ministre de la Reconstruction de 1948 à 1953, puis ministre du Travail dans le cabinet de Pierre Mendès France. Son nom est attaché aux grands programmes immobiliers de l’après-guerre. Admirateur de Le Corbusier, il lui confie plusieurs projets à Firminy (Loire), ville dont il est le maire de 1953 à 1971. En 1973, Eugène Claudius-Petit quitte le département de la Loire pour le XIVe arrondissement de Paris, dont il va être le député jusqu’en 1978.

Charles Bignon
(1921-1980), conseiller technique au ministère de l’Industrie, ancien chef puis directeur de cabinet du ministre Jean de Broglie, est député gaulliste de la Somme de 1968 à 1978 et conseiller général d’Oisemont de 1964 à 1976.

Lucien Villa
, né en 1922, employé de la RATP, résistant, est député communiste de Paris de 1967 à 1968 et de 1973 à 1981.

Jacques Legendre
, né en 1941, professeur agrégé d’histoire, est député gaulliste du Nord de 1973 à 1977, puis secrétaire d’État à la Formation professionnelle de 1977 à 1981. Maire de Cambrai de 1977 à 1992, il est de nouveau député du Nord de 1986 à 1988. Conseiller municipal et ancien conseiller régional, il est sénateur du Nord depuis 1992.


L’enregistrement
L’audition d’André Malraux devant la “commission des libertés” a été enregistrée par les services de l’Assemblée nationale. Le compte rendu écrit de cette audition permet de retrouver les premières phrases de son intervention, qui n’ont pas été enregistrées : “Monsieur le président, mes prédécesseurs ont beaucoup fait la philosophie de la liberté. Pour ma part, je préfère en venir immédiatement à la réalité idéologique de base en matière de liberté, qui est la contrainte.
“Qu’est-ce, en effet, que la liberté de ne rien faire si personne n’est là pour vous en empêcher ? Au cours de l’histoire, les sources de contraintes se sont succédées : pour le xviiie siècle, c’étaient les privilèges et la religion; pour la Convention, c’étaient les rois; pour Marx et Lénine, c’était le capital. “En fait, toute grande idéologie est la dénonciation d’une contrainte fondamentale et l’organisation de la lutte contre elle.” Cette problématique posée, André Malraux fait un exposé de trente minutes, puis répond aux questions des députés pendant trois quarts d’heure.
© 2006 Assemblée nationale


L’Assemblée nationale aujourd’hui
L’Assemblée nationale rassemble aujourd’hui 577 députés élus pour cinq ans (sauf en cas de dissolution par le Président de la République). Le député, quoique élu dans une circonscription, représente la Nation tout entière. Chaque député a la faculté de s’inscrire ou de s’apparenter à un groupe politique au sein duquel il peut exercer avec plus de facilité ses missions : le vote des lois et le contrôle de l’exécutif.

Le vote des lois
Les textes discutés à l’Assemblée sont rédigés soit par le Gouvernement – on parle alors de projets de loi –, soit par un ou plusieurs parlementaires – il s’agit de propositions de loi.
Ces textes sont d’abord examinés en commission, le plus souvent par une des six commissions permanentes : Affaires culturelles et sociales, Affaires économiques, Affaires étrangères, Défense, Finances et Lois. La commission compétente désigne parmi les députés qui en sont membres un “rapporteur”, chargé d’étudier le texte et de l’améliorer.
En séance publique, dans l’hémicycle, les députés peuvent amender les textes, c’est-à-dire les modifier, puis ils procèdent au vote sur l’ensemble. Pour devenir loi, le texte doit être adopté dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et par le Sénat, à l’issue de la “navette”. Si les deux chambres ne parviennent pas à se mettre d’accord, le Gouvernement peut décider de donner le “dernier mot” à l’Assemblée nationale. La loi, promulguée par le Président de la République, est publiée au Journal officiel.

Le contrôle de l’exécutif
Les députés peuvent interroger le Premier ministre et les membres de son gouvernement, soit oralement dans l’hémicycle, soit par écrit. L’Assemblée peut décider de constituer une commission d’enquête sur toute question d’intérêt public. Cette commission dispose d’importants pouvoirs d’investigation et peut auditionner les personnes dont le témoignage lui semble nécessaire. Sur des sujets d’une moindre gravité, l’Assemblée nationale peut créer des missions d’information.
Si une majorité de députés est en désaccord avec la politique du Gouvernement, l’Assemblée nationale peut contraindre celui-ci à démissionner : il faut pour cela qu’une motion de censure soit approuvée par plus d’un député sur deux (289 sur 577). Dans l’autre sens, le Premier ministre peut s’assurer qu’il dispose de la confiance de l’Assemblée nationale en engageant la responsabilité du Gouvernement sur son programme, sur une déclaration de politique générale ou encore sur le vote d’un texte.
Le Président représente l’Assemblée nationale et dirige ses débats. Quatrième personnage de l’État, il dispose de pouvoirs institutionnels importants, comme celui de nommer trois des neuf membres du Conseil constitutionnel et trois membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel.
© 2006 Assemblée nationale

Ecouter ANDRÉ MALRAUX, AUDITION DU 12 MAI 1976. Commission des libertés de l’Assemblée nationale (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore est partenaire de Radio France, Radio France Internationale, L’Institut National de l’Audiovisuel, l’Assemblée Nationale, l’Historial de la Grande Guerre, le Mémorial de Caen et assure l’édition sonore d’ouvrages en accord avec les ayants droit ou les successions ainsi que les grands éditeurs (les éditions Gallimard, Grasset, Plon, Le Seuil,…). Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La Librairie Sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouter par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com, Virginméga et iTunes.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 DETERMINER LES CONTRAINTES - MALRAUX03'18
02 LA PARALYSIE DES DEMOCRATIES - MALRAUX04'11
03 ENFIN LE DERNIER FACTEUR DE CRISE DE CIVILISATION - MALRAUX02'59
04 IL EXISTE DU MOINS DANS TOUTES LES GRANDES DEMOCRA - MALRAUX02'52
05 JE VOUDRAIS DONC VOUS ENTRETENIR - MALRAUX03'27
06 FAIRE EXPOSER UN PROGRAMME DE CONNAISSANCES - MALRAUX04'18
07 LA QUESTION DU CORPS ENSEIGNANT - MALRAUX04'54
08 ALORS NOUS EN VENONS AU PROGRAMME - MALRAUX04'55
09 INTERVENTION 1 - MALRAUX00'56
10 INTERVENTION 2 - MALRAUX02'16
11 INTERVENTION 3 - MALRAUX07'11
12 INTERVENTION 4 - MALRAUX04'20
13 INTERVENTION 5 - MALRAUX01'55
14 INTERVENTION 6 - MALRAUX01'53
15 INTERVENTION 7 - MALRAUX04'22
16 INTERVENTION 8 - MALRAUX02'31
17 INTERVENTION 9 - MALRAUX08'33
18 INTERVENTION 10 - MALRAUX02'19
19 INTERVENTION 11 - MALRAUX03'14
20 INTERVENTION 12 - MALRAUX04'04
Communiqué de l'Assemblée nationale

Un enregistrement inédit de Malraux
retrouvé à l’Assemblée nationale
André Malraux, disparu il y aura bientôt trente ans le 23 novembre 1976, avait été auditionné six mois avant sa mort par les députés membres de la « commission des libertés », une commission spéciale chargée d’élaborer une charte moderne des droits et libertés.
Un enregistrement inédit de cette audition a été retrouvé : ce document exceptionnel, conservé depuis trente ans dans les archives sonores de l’Assemblée nationale, constitue en quelque sorte le testament politique et moral d’André Malraux.
L’enregistrement va être édité en CD par les Editions Frémeaux et Associés, avec un livret explicatif préfacé par Jean-Louis Debré, Président de l’Assemblée nationale.
La « commission des libertés »
Depuis 1958, l’Assemblée nationale comporte six commissions permanentes, chargées d’examiner les projets ou propositions de loi de leur compétence avant l’inscription du texte à l’ordre du jour de la séance publique.
Mais l’article 43 de la Constitution autorise la création de commissions spéciales, à la demande du Gouvernement ou de l’assemblée saisie du texte. C’est ainsi qu’en décembre 1975, l’Assemblée nationale constitua une telle commission pour préparer une « charte des libertés et des droits fondamentaux » du xxe siècle.
Présidée par Edgar Faure, cette « commission des libertés » se pencha sur plusieurs textes : une proposition de loi intitulée De la liberté, déposée par MM. Foyer, Labbé, Chinaud et Lejeune, membres de la majorité, une proposition de loi constitutionnelle portant déclaration des libertés, déposée par Georges Marchais et le groupe communiste, enfin une proposition de loi constitutionnelle tendant à compléter le préambule de la Constitution, déposée par Gaston Defferre au nom des socialistes et des radicaux de gauche.
Cette commission spéciale de trente-trois membres a entendu trente-sept personnalités de tous horizons. L’audition d’André Malraux a eu lieu le 12 mai 1976 : après un exposé de trente minutes, l’ancien ministre de la Culture répond aux questions des députés pendant trois quarts d’heure.
Citation du Président de l’Assemblée nationale
« Au xxie siècle, écrit Jean-Louis Debré dans sa préface, un patrimoine d’une autre nature doit maintenant être sauvegardé : les archives sonores, les fonds audiovisuels, ces produits de l’ère technologique dont certains constituent déjà des documents historiques. Des vingt-huit grands discours prononcés par André Malraux à la tribune de l’Assemblée nationale, il ne reste que des comptes rendus écrits. Mais une bande magnétique miraculeusement conservée au Palais Bourbon nous donne à entendre la voix inimitable, la verve et la force démonstrative du grand Malraux, auditionné le 12 mai 1976 par les députés membres de la commission spéciale dite « des libertés ». Evoquant tour à tour l’Etat, la démocratie, l’enseignement, l’ancien ministre de la Culture développe sa vision de la liberté et de l’action publique. Le premier, Malraux avait proposé d’enregistrer les cours des grands philosophes contemporains pour les diffuser dans le pays et par-delà le temps ; à son tour, six mois avant sa mort, c’est un testament politique et moral qu’il laisse aux générations à venir.
« J’ai voulu rendre accessible à tous cette archive sonore exceptionnelle, un enregistrement qui témoigne par ailleurs de ce que peut être le travail en commission, moins connu que la séance publique et pourtant si crucial. »
Renseignements :
Assemblée nationale : 01 40 63 57 85
Frémeaux et Associés : 01 43 74  90 24




André Malraux, par Charles de Gaulle

« En face de moi est Michel Debré.
A ma droite, j'ai et j'aurai toujours André Malraux.
La présence à mes côtés de cet ami génial,
fervent des hautes destinées, me donne l'impression que,
par là, je suis couvert du terre-à-terre.
L'idée que se fait de moi cet incomparable témoin
contribue à m'affermir. Je sais que, dans le débat,
quand le sujet est grave, son fulgurant jugement
m'aidera à dissiper les ombres. »
Charles de Gaulle
Mémoires d’espoir
Le Renouveau
, Paris, Plon, 1970




"Gide et Malraux déjeunent chez moi" par Julien Green

"(1931) 6 mai.- Gide et Malraux déjeunent chez moi. Je ne sais plus à quel propos, il est question d'érotisme. Malraux en parle d'une façon brillante, et soutient que l'érotisme ne paraît vraiment dans toute sa force que dans les pays où existe la notion du péché. Gide, Robert et moi, nous ne disons pas grand chose, mais nous écoutons avec intérêt. Un peu plus tard, Gide, à qui Malraux demande une définition du chrétien, nous regarde en disant : « Je sens que je vais être recalé... »" Julien Green, Journal, tome I (Plon, 1938)




André Malraux par Jean-Louis Debré Président de l’Assemblée nationale

« Ainsi vous voilà ministre ! » sourit Nehru quand Malraux vient à Delhi en visite officielle. Pour le chef du gouvernement indien, cette promotion n’est qu’un avatar, car il sait que son interlocuteur a déjà connu plusieurs vies, plusieurs incarnations.
C’est d’abord le jeune poète né avec le siècle, en 1901, qui s’illustre par ses Lunes de papier. C’est ensuite le militant de l’anticolonialisme poursuivi en Indochine, c’est l’aventurier qui tente d’emporter des sculptures d’Angkor et qui prend des photographies aériennes d’un problématique «palais de la reine de Saba» au Yémen. C’est l’écrivain puissant de La Voie royale et de La Condition humaine, flirtant avec le communisme.
C’est aussi l’observateur attentif qui découvre l’hémicycle depuis les tribunes de la presse, le 9juin 1936, lorsque Léon Blum présente les projets de loi du Front populaire: «Les députés commencent à s’amener. Ça fait très arrivée de musiciens: ils entrent par groupes politiques, demeurent agglomérés puisqu’ils vont siéger ensemble, violons d’un côté et flûtes de l’autre», note le romancier dans ses carnets.
Intellectuel engagé, antifasciste déclaré, André Malraux ira ensuite se battre aux côtés des républicains espagnols, puis dans les rangs de la Résistance.
Ministre, il l’est dès la Libération, quand le général de Gaulle nomme l’ancien «colonel Berger» de la brigade Alsace-Lorraine au portefeuille stratégique de l’Information. «La liberté existe pour et par ceux qui l’ont conquise», déclare Malraux dans l’hémicycle le 29 décembre 1945. Il s’agit de répartir les rares stocks de papier entre les journaux, dans un moment critique qui demeure une période de combat. Mais c’est le même homme qui, vingt et un ans plus tard, défendra Les Paravents de Jean Genet contre toute velléité de censure: «La liberté n’a pas toujours les mains propres, mais il faut choisir la liberté.»
Surtout, le Malraux de 1945 a déjà une claire conscience de sa mission: «Si nous parlons de démocratie pour dire quelque chose, nous savons très bien qu’en cette matière, démocratie ne veut pas dire autre chose que la volonté d’un nombre toujours plus grand d’hommes d’accéder à la culture.
«Il ne dépend de personne de faire de tous des hommes cultivés mais il dépend de chacun de nous de donner à chaque Français une sorte de droit privilégié d’atteindre à la culture s’il le désire.»
Rendu à la vie privée par le départ du Général en janvier 1946, Malraux milite au RPF et connaît tous les épisodes de la traversée du désert, jusqu’au tournant de juin 1958. Il devient alors ministre délégué à la Présidence du Conseil, puis ministre des Affaires culturelles dans le gouvernement de mon père et il conservera ses responsabilités jusqu’en 1969. Une administration taillée sur mesure, un budget autonome, la durée, le titre de «ministre d’Etat»: André Malraux peut enfin passer de la vision à l’action. «Cela veut dire qu’il faut que, par ces maisons de la culture qui, dans chaque département français, diffuseront ce que nous essayons de faire à Paris, n’importe quel enfant de seize ans, si pauvre soit-il, puisse avoir un véritable contact avec son patrimoine national et avec la gloire de l’esprit de l’humanité», explique-t-il aux députés le 17 novembre 1959, en défendant son premier budget des Affaires culturelles. Ce que Jules Ferry a fait pour l’enseignement, André Malraux veut le faire pour la culture. Et en même temps qu’il travaille à répandre à travers tout le pays la connaissance des œuvres et des arts, il s’efforce de sauvegarder l’extraordinaire patrimoine de la France, endommagé par la guerre et menacé par l’expansion urbaine et industrielle.
«Châteaux, cathédrales, musées, sont les jalons successifs et fraternels de l’immense rêve éveillé que poursuit la France depuis près de mille ans», lance Malraux le 14 décembre 1961, lorsqu’il présente son projet de loi de programme relatif à la restauration des grands monuments historiques. Quand un député déclare que son budget est trop faible, le ministre répond sans langue de bois: «Bien entendu, à qui le dites-vous! Mais c’est une raison de plus pour faire des lois qui compensent son insuffisance.» Malraux est lui aussi une rêveur éveillé: parce qu’il les place haut, ses objectifs paraissent lointains, mais le ministre qui les poursuit reste ancré dans la réalité. «On peut toujours dire qu’il existe une terre de la félicité, réplique-t-il à ses opposants le 8 décembre 1966. Cela n’a d’intérêt que si on peut prendre un bateau pour y aller. Pour l’instant, de même qu’un gouvernement est d’abord fait pour gouverner, une loi est d’abord faite pour aider quelqu’un à faire quelque chose.»
Une sage parole, au service d’un grand dessein: «Puissions-nous faire que tous les enfants de France comprennent un jour que ces pierres toujours vivantes leur appartiennent à la condition de les aimer! Puissions-nous ensevelir un jour, à côté de la statue de Mansart ou de celle de Louis XIV, l’un des maçons inconnus qui construisirent Versailles et graver sur sa tombe: Versailles, bâti pour le roi, conquis par le peuple, sauvé par la nation.»
En rendant les locaux et appartements détenus à Versailles par le Parlement, je crois avoir, modestement, suivi le chemin tracé par Malraux.
Au xxie siècle, un patrimoine d’une autre nature doit maintenant être sauvegardé: les archives sonores, les fonds audiovisuels, ces produits de l’ère technologique dont certains constituent déjà des documents historiques. Des vingt-huit grands discours prononcés par André Malraux à la tribune de l’Assemblée nationale, il ne reste que des comptes rendus écrits. Mais une bande magnétique miraculeusement conservée au Palais Bourbon nous donne à entendre la voix inimitable, la verve et la force démonstrative du grand Malraux, auditionné le 12 mai 1976 par les députés membres de la commission spéciale dite «des libertés». Evoquant tour à tour l’Etat, la démocratie, l’enseignement, l’ancien ministre de la Culture développe sa vision de la liberté et de l’action publique. Le premier, Malraux avait proposé d’enregistrer les cours des grands philosophes contemporains pour les diffuser dans le pays et par-delà le temps à son tour, six mois avant sa mort, c’est un testament politique et moral qu’il laisse aux générations à venir.
J’ai voulu rendre accessible à tous cette archive sonore exceptionnelle, un enregistrement qui témoigne par ailleurs de ce que peut être le travail en commission, moins connu que la séance publique et pourtant si crucial.
«Il y a un héritage de la noblesse du monde et il y a notamment un héritage de la nôtre», disait Malraux. Soyons à notre tour de dignes héritiers de son œuvre et de son exemple.
Jean-Louis Debré
Président de l’Assemblée nationale
© 2006 Assemblée nationale




Lettre de la Présidence de la République à Patrick Frémeaux

"Monsieur Jacques Chirac m'a confié le soin de vous remercier vivement de votre aimable envoi et de vous exprimer son intérêt pour cette intervention nous restituant les amples perspectives et la hauteur de vue de cet homme d'exception."
Gérard Marchand - Chef adjoint de Cabinet de la Présidence de la République.




"La CDthèque" Le Nouvel Observateur

« On vient de voir un "Malraux intime" sur France 2 (commentaire dit par Baer Edouard), on écoutera son audition du 12 mai 1976 devant la commission des libertés de l’Assemblée nationale, la bande de celle-ci ayant été retrouvée au Palais-Bourbon. » Le Nouvel Observateur




"Une voix unique" par La Revue parlementaire

« “Une bande magnétique miraculeusement conservée au Palais Bourbon nous donne à entendre la voix inimitable, la verve et la force démonstrative du grand Malraux, auditionné le 12 mai 1976 par les députés membres de la commission spéciale dite «des libertés»”. Voilà ce que contient ce CD. Evoquant tour à tour l’Etat, la démocratie, l’enseignement l’ancien ministre de la Culture y développe sa vision de la liberté et de l’action publique. “Témoignage du patrimoine immatériel détenu par l’Assemblé nationale, cet enregistrement manifeste la richesse de la réflexion élaborée dans les arcanes de nos institutions politiques” souligne le directeur des éditions Frémeaux. Préfacé par Jean-Louis Debré, cet enregistrement permet également de mieux connaître le travail en commission, moins connu que la séance publique. » D.B. – La Revue parlementaire





« Archive exceptionnelle » par l’Enseignant

Conservé au Palais Bourbon, un enregistrement unique nous donne à (ré) entendre la voix inimitable, la verve et la force de l’ancien ministre de la Culture André Malraux, auditionné le 12 mai 1976 par les députés membres de la commission spéciale dite « des libertés ». Il y développe sa vision de la liberté et de l’action publique en une sorte de testament politique et moral pour les générations à venir. Archive exceptionnelle qui permet de retrouver un des hommes politiques les plus marquants du XXe siècle, grand tribun de son temps.
L’ENSEIGNANT




« Miraculeusement conservés » par l’Enseignement Catholique

« Si Ramsès avait eu à parler avec Napoléon […], ils se seraient parfaitement compris, mais si Napoléon avait eu à parler avec le président des Etats-Unis, il aurait fallu recommencer tout. Donc, autour de 1870, au milieu du XIXe siècle, un fait capital entre dans la civilisation, le fait que la machine remplace la structure des empires agraires qui était la matière même de l’histoire […]. » Ce discours, prononcé d’une voix inimitable par André Malraux, le 12 mai 1976, devant les membres de la commission des libertés de l’Assemblée nationale chargés de préparer « une charte des libertés et des droit fondamentaux » du XXe siècle, et les questions qu’il a inspirées à ses premiers auditeurs, ont été miraculeusement conservés.
M.R. – ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE




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