FRANCOIS MITTERRAND - MARGUERITE DURAS

ENTRETIENS INEDITS

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"Dialogues improvisés autour des grands faits qui ont marqué une époque, ces trois entretiens totalement inédits transportent l’auditeur au cœur de la vie politique de la fin des années 1980. L’amitié unique qui unit Marguerite Duras et François Mitterrand remonte à plus de quarante ans, lorsqu’ils ont partagé ensemble le danger dans leur mouvement de résistance. Jeunes, ambitieux et volontaires, ils ne connaissaient pas leur avenir.
Un demi-siècle plus tard, elle est devenue l’un des plus grands écrivains Français du XXe siècle, et il est le Président de la République. Leur amitié appartient désormais à l’Histoire. Confiance, loyauté, affection sont les sentiments qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Relation qui leur permet d’aborder tous les sujets avec naturel et spontanéité ; ils s’intéressent à l’objet de la réflexion et au développement de leurs convictions en dehors de toute contrainte médiatique et de tout jugement politique. Ecouter de vive voix cette réflexion incarnée donne à l’auditeur une impression d’intimité et de vécu partagé."
Lola Caul-Futy Frémeaux

"L’Institut François Mitterrand et Frémeaux & Associés remercient Jean Mascolo, fils de Dionys Mascolo et de Marguerite Duras, ainsi que Danielle, Jean-Christophe, Gilbert Mitterrand et Mazarine Pingeot pour avoir autorisé que ces entretiens inédits soient mis à la disposition du public.
L’enregistrement n’ayant pas été fait pour une diffusion sonore, la qualité de son reste très inférieure à une captation en studio, et ce malgré un travail pointu de restauration, mais il confère une authenticité qui donne à cet ouvrage sonore une valeur de document rare."
Gilles Ménage (Institut François Mitterrand) & Patrick Frémeaux

"Vingt ans après, la langue politique s'est dégradée par le cri sans mémoire, la norme morale et publicitaire, l'emphase du désir du jour : ces dialogues font merveille par leur simplicité, leur naturel et leur absence de calibrage." 
Philippe Lançon - Libération

Production : François Mitterrand - Institut Francois Mitterrand (direction : Hubert Védrine - Gilles Ménage) - Editorialisation : Lola Caul Futy pour Frémeaux & Associés en partenariat avec France Culture et en avant première de la parution chez Gallimard (Collection A voix haute") des entretiens "Le bureau de poste de la rue Dupin". 
Droits : Groupe Frémeaux Colombini SAS (Archives orales du Socialisme)
et Institut François Mitterrand en accord avec Gilbert Mitterrand pour la Succession François Mitterrand et Mazarine Pingeot, ainsi que Jean Mascolo pour la Succession Marguerite Duras.

Entretiens inedits Mitterrand Duras

ENTRETIENS INÉDITS  MARGUERITE DURAS & FRANÇOIS MITTERRAND

 

© 2007 Institut François Mitterrand - Frémeaux & Associés - Succession Marguerite Duras - Succession François Mitterrand - Mazarine Pingeot
 

Entretiens inédits François Mitterrand – Marguerite Duras
Par Lola Caul-Futy Frémeaux

Illustres personnages du XXème siècle, François Mitterrand et Marguerite Duras ont marqué leur temps dans des domaines bien différents. Pourtant, lorsqu’au début de 1987, Michel Butel, directeur de L’Autre journal demande à Marguerite Duras et au Président de la République de réaliser une série d’entretiens privés sur les grandes questions qui s’imposent à l’actualité, François Mitterrand accepte immédiatement. Marguerite Duras les publie ensuite aux éditions Gallimard à l’exception de ces trois enregistrements totalement inédits et postérieurs dont la liberté de ton et la spontanéité des échanges les rendent difficiles à retranscrire. Ils sont donc déposés à l’Institut François Mitterrand jusqu’à aujourd’hui, où une édition sonore permet de restituer l’authenticité et l’intimité de ces entretiens. En effet, François Mitterrand et Marguerite Duras partagent une histoire d’amitié qui s’est forgée à l’époque de la Résistance.  En 1943, François Mitterrand revient de Londres, et cherche à monter un réseau de Résistance; pour cela il doit donc nouer des contacts. Introduit par un ami commun, François Mitterrand, alors appelé François Morland, se rend rue Saint-Benoît, au domicile de Marguerite Duras et de son mari, Robert Antelme, espérant les inciter à le rejoindre. Cependant ils ne se connaissent pas encore et la conversation est dans un premier temps prudente, mais Marguerite Duras reconnaît l’odeur caractéristique des cigarettes anglaises que François Mitterrand est alors en train de fumer; elle prend ainsi conscience de la signification de sa situation : elle entre dans la Résistance. De cette rencontre principalement due au hasard naît ainsi le groupe de la rue Saint-Benoît, auquel appartiennent également Marie-Louise Antelme, la sœur de Robert Antelme et Dionys Mascolo, ami de Robert et futur époux de Marguerite Duras. Ces jeunes gens ne se réunissent pas selon leur bord politique, Marguerite Duras est alors une fervente communiste tandis que François Mitterrand entreprend ses premiers pas en politique. Ils se regroupent pour se donner la possibilité d’agir selon leurs convictions profondes et de défendre les valeurs qui leurs sont communes. Cet engagement les réunit donc dans le danger, François Mitterrand vit dans la clandestinité avec de faux papiers, il est recherché par la Gestapo et la Milice. Le 1er juin 1944, une réunion est prévue, Robert Antelme, sa sœur et d’autres membres du groupe se trouvent déjà dans l’appartement quand la Gestapo arrive. Jean Munier, qui était sorti pour attendre François Mitterrand, en retard ce jour-là, réagit extrêmement rapidement et réussit à forcer le passage pour s’enfuir, ce qui lui permet d’empêcher tous les nouveaux arrivants d’entrer dans l’immeuble et d’être arrêtés. François Mitterrand, qui prend la précaution d’appeler avant de venir, doit la vie à la sœur de Robert Antelme qui, alors qu’un soldat la menace de son arme, lui affirme à deux reprises qu’il s’est trompé de numéro, et lui indique ainsi qu’il ne doit pas venir. Robert Antelme, sa sœur et les autres membres présents à l’appartement sont déportés; Marie-Louise Antelme n’en reviendra pas. La Libération de Paris intervient ensuite rapidement, et le groupe de François Morland acquiert alors des responsabilités officielles. Comme elle le raconte dans La douleur, Marguerite Duras vit à ce moment une période très difficile pendant laquelle elle attend des nouvelles de Robert Amtelme, au fur et à mesure de la libération des camps. Elle ne parvient plus à se détacher de cette inquiétude, de cette incertitude, de cette peur qui ont investit sa vie; où il est difficile d’espérer et pourtant impossible de renoncer. A la demande du général de Gaulle, François Mitterrand accompagne le général Lewis en tant que représentant de la France pour la libération de camps de Landsberg et de Dachau. Dans le premier, il ne reste aucun survivant; “ce que nous avons vus était pire que tout, inconcevable, hallucinant” dit François Mitterrand dans ses Mémoires interrompus. Puis il se rend à Dachau, où il entend, alors qu’il passe dans la partie du camp consacrée aux morts et aux mourants, une voix faible qui l’appelle par son prénom. Ce n’est qu’au bout de plusieurs minutes qu’il parvient à identifier son ami Robert Antelme, allongé au milieu de cadavres, dans un état de maigreur et de faiblesse indescriptible. François Mitterrand cherche immédiatement à ramener Robert Antelme en France, cependant le camp subit une épidémie de typhus, et le général Lewis refuse toute autorisation d’évacuation. François Mitterrand rentre alors très rapidement à Paris où il contacte Dionys Mascolo, Jacques Bénet et Georges Beauchamp. Des papiers sont fabriqués, des uniformes sont empruntés, et ils se rendent tous les trois en voiture à Dachau et retrouvent Robert Antelme à l’emplacement indiqué. Ils l’habillent en GI pour le faire sortir du camp et le ramènent en voiture à l’appartement de la rue Saint-Benoît où Marguerite Duras, François Mitterrand et un médecin les attendent. L’état du malade est jugé désespéré, cependant au bout de plusieurs mois de soins attentifs, Robert Antelme finit par se rétablir. Il écrira en 1947 L’espèce humaine, témoignage de son expérience de déportation.  Ces épreuves ont ainsi rapproché François Mitterrand et Marguerite Duras, qui conservent une forte relation d’amitié au-delà de la guerre. François Mitterrand est un lecteur attentif des œuvres de Marguerite Duras, dont il apprécie l’originalité du style et la qualité littéraire dès ses débuts, bien avant qu’elle obtienne la reconnaissance du public et de la critique. De son coté, Marguerite Duras s’intéresse énormément à la politique et suit le parcours de son ami avec attention. Ils conservent pourtant des relations très simples, libérées du protocole qui peut entourer le chef de l’Etat.

Ainsi, cette série de trois entretiens s’assimile presque à des confidences entre amis où tous les sujets sont abordés avec naturel et confiance. Leur intimité permet une discussion ouverte où chacun se présente fidèle à lui-même. L’auditeur appréhende leur personnalité par le contact direct qui se crée entre ces personnages, il découvre leurs centres d’intérêt, leurs interrogations et leurs convictions. Leur objectif commun est l’échange d’idées et l’enrichissement du dialogue, François Mitterrand et Marguerite Duras sont donc à l’écoute l’un de l’autre et se répondent, même lorsqu’ils sont en désaccord, de manière à construire le débat. Par des questions diverses, Marguerite Duras mène le Président de la République vers des sujets d’actualité qui font débat dans la société de l’époque. Elle fournit une structure à ces entretiens mais conserve également une certaine liberté pour développer les sujets qui paraissent les plus importants ou simplement pour laisser à la conversation l’opportunité de dériver d’un sujet à l’autre dans son enchaînement logique. Ce mode d’échange offre un contexte exceptionnel où ces personnages publics se trouvent hors de toute contrainte médiatique, libres d’exprimer spontanément leur pensée.  Dialogues improvisés autour des grands faits qui ont marqué une époque, ces entretiens deviendront des objets d’Histoire. L’incarnation des voix de Marguerite Duras et de François Mitterrand transporte l’auditeur au cœur de la vie politique du début de l’année 1987 et offre l’opportunité unique de suivre le déroulement de leurs raisonnements.  L’amitié qui les unit permet de découvrir la personnalité et les opinions de ces deux personnes qui ont marqué la France, d’entrer dans leur époque, d’entrer dans leur univers et dans l’intimité d’une réflexion libérée des contraintes médiatiques.
Lola Caul-Futy Frémeaux
© 2006 Groupe Frémeaux Colombini – La Librairie Sonore - IFM

Notes sur les entretiens
Notes pour le CD1 sur le Projet Devaquet
Peu après son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Jacques Chirac mandate Alain Devaquet, ministre délégué chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur, de proposer un projet de loi visant à libéraliser le fonctionnement des universités et donc à leur donner davantage d’autonomie. Adopté au Conseil des ministres le 11 juillet 1986, le “projet Devaquet” présente plusieurs points de réforme importants. Premièrement, les établissements sont libres de fixer les frais d’inscription à l’intérieur d’une assez large fourchette nationale. Deuxièmement, les universités sont habilitées à sélectionner les bacheliers selon leur dossier, ce qui devrait permettre, selon le ministre, d’ajuster les flux d’étudiants aux besoins du marché du travail, aux capacités d’accueil des universités et aux aptitudes des étudiants ; le droit d’accès dans au moins un établissement reste cependant garanti pour chaque bachelier diplômé. Enfin, le projet Devaquet accorde aux universités le droit de choisir leurs méthodes d’enseignement et de formation mais aussi la valeur du diplôme qu’elles délivrent, même si le ministre assure une accréditation minimale à ces diplômes. Ces mesures éveillent les craintes de nombreux étudiants et de leurs syndicats, qui réaffirment leur attachement au cadre national de l’enseignement supérieur. En effet, ils redoutent l’apparition de quelques universités prestigieuses et élitistes, tant par les frais d’entrée demandés que par la sélection sur dossier scolaire, empêchant la mixité sociale et drainant les meilleurs enseignants. Dans ce contexte, ils dénoncent donc une éducation où les diplômes des petites universités perdraient toute valeur et toute reconnaissance, où le baccalauréat ne serait plus suffisant pour assurer l’entrée dans l’université de son choix.  Le mouvement de protestation prend une réelle ampleur en novembre 1986, après la rentrée universitaire. Sous l’impulsion du syndicat étudiant UNEF-ID, une première grande manifestation réunit 200000 personnes à Paris; la sensibilisation des syndicats ainsi que la forte couverture médiatique permettent d’accentuer la mobilisation dans un nombre croissant d’universités et de lycées. Les grèves et les manifestations se multiplient et se renforcent. Le mouvement de protestation est également marqué par la mort de Malik Oussekine, jeune étudiant qui est interpellé agressivement par la police et brutalisé alors qu’il ne faisait apparemment pas parti de la manifestation; il décède à l’hôpital dans la nuit du 6 décembre. Le ministre Alain Devaquet démissionne alors. Le gouvernement veut mener pendant toute la durée des protestations une politique de fermeté. Cependant face à l’ampleur du mouvement et aux conséquences de la bavure policière à l’encontre de Malik Oussekine, le Premier ministre Jacques Chirac finit par annoncer, le  8 décembre 1986, le retrait du projet de loi et l’abandon des réformes sur les lycées. François Mitterrand, qui tout au long du mouvement de protestation avait préconisé la conciliation et le dialogue avec les étudiants, sort politiquement renforcé cette crise.

CD1 : Notes sur Georges Ibrahim Abdallah
Georges Ibrahim Abdallah a été reconnu coupable le 28 février 1987 de complicité dans l’assassinat, en 1982 à Paris, de deux diplomates, l’américain Charles Robert Ray et l’israélien Yacov Barsimantov, et de complicité dans l’assassinat en 1984 du consul américain à Strasbourg, Robert Oman Homme. Fin 1985 et en 1986, une vague d’attentats dans les grands magasins, les transports ou les édifices publiques a frappé la France pour obtenir sa libération, ainsi que celle de deux autres terroristes, Anis Naccache et Varoujian Garabedjian. En effet, le parquet n’a requis qu’une peine légère, demandant de ne pas condamner le prévenu à plus de dix ans de prison, soulevant une vague d’indignation dans le pays. Georges Ibrahim Abdallah est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

CD2 : Notes sur la peine de mort
Réalisation de l’une des grandes promesses électorales de François Mitterrand, le vote pour la loi sur l’abolition de la peine de mort a lieu le 17 septembre 1981 à l’Assemblée nationale avec 363 voix pour et 113 voix contre. Pourtant, à la veille du plaidoyer de Robert Badinter, alors ministre de la Justice, 63% des français désapprouvent l’abolition de la peine capitale.  C’est progressivement que cette opinion s’est ensuite modifiée et présente aujourd’hui une large majorité de français contre tout rétablissement de la peine de mort.  Par ailleurs, les statistiques judiciaires tendent à conforter la décision française puisqu’en effet le nombre de crimes graves, auparavant susceptibles de faire encourir la peine capitale, a chuté de 16% depuis 1981; l’argument selon lequel la peine de mort serait dissuasive perd ainsi beaucoup de sa force.

CD3 : Notes sur la Nouvelle-Calédonie
Archipel d’Océanie, la Nouvelle-Calédonie a une superficie de 19000 km2 pour une population de 232000 habitants (en 2005). En 1984, de violents incidents ont opposé les “loyalistes” d’origine métropolitaine favorables au maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République française aux Kanaks partisans de l’indépendance de leur territoire. De retour au gouvernement en mars 1986, la droite s’oppose aux changements mis en place par la gauche depuis deux ans. De violents incidents éclatent à plusieurs reprises et notamment une prise d’otages sanglante à la veille du deuxième tour de l’élection présidentielle de 1988. Le 26 juin 1988, les accords de Matignon signés par Michel Rocard, prévoient des garanties économiques et institutionnelles pour le peuple Kanak pendant une période de 10 ans à la suite desquels les néo-calédoniens doivent décider ou non de leur indépendance. Ainsi, sous le gouvernement Jospin, les accords de Nouméa sont signés le 5 mai 1998 et approuvés par référendum à 72% en Nouvelle-Calédonie. Ils prévoient pour 2018 la souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, c’est-à-dire l’indépendance dans tous les domaines à l’exception de la défense, de la justice, de la monnaie et de la sécurité qui relèveraient toujours des compétences de la République française.
Lola Caul-Futy Frémeaux
© 2006 Groupe Frémeaux Colombini – La Librairie Sonore - IFM

Biographie de François Mitterrand
François Mitterrand est né le 26 octobre 1916 à Jarnac au sein d’une famille de huit enfants. Pendant ses trois premières années d’études supérieures à l’Ecole libre des sciences politiques, il écrit des articles sur la littérature, à l’exception du texte qu’il publie sur l’Anschluss où il exprime son inquiétude face à l’expansionnisme nazi. En septembre 1939, alors qu’il achève ses études d’avocat, il est mobilisé et envoyé sur la ligne Maginot en tant que sergent-chef.  Il est ensuite fait prisonnier en juin 1940, mais après deux tentatives infructueuses, il parvient à s’échapper en décembre 1941 lors de son transfert vers un camp de représailles. De retour en France, François Mitterrand s’engage rapidement dans la Résistance; il commence notamment à utiliser le pseudonyme de François Morland pour organiser son propre réseau. Durant l’été 1943, il est traqué par la Gestapo, la Sicherheitsdienst et la Milice; il passe à la clandestinité. Après la Libération de Paris, à laquelle il a activement participé, il entre au Gouvernement des secrétaires généraux à la demande du général de Gaulle afin d’assurer l’administration du territoire national jusqu’à la mise en place du gouvernement provisoire.  Il épouse Danielle Gouze le 27 octobre 1944. Sous la IVème République, il est élu député de la Nièvre puis exerce de nombreuses responsabilités ministérielles. Partisan de la décolonisation, il œuvre pour l’indépendance de l’Indochine et la mise en place d’un système fédéral en Afrique en tant que Ministre de l’Outre-mer; il démissionne en 1953 pour marquer son opposition à la déposition du sultan du Maroc. Il est le Ministre de l’Intérieur de Pierre Mendès-France puis garde des sceaux sous Guy Mollet mais il refuse à partir 1956 les différents postes qui lui sont proposés pour protester contre le politique menée en Algérie. En 1958, François Mitterrand Prend position contre la Vème République et dénonce l’arrivée du général de Gaulle au pouvoir comme un “coup d’Etat”. Elu maire de Château-Chinon en 1959 (et il le reste jusqu’en 1981), il reste relativement à l’écart de la vie politique jusqu’en 1962 lorsque le referendum approuvé par les français institue le suffrage universel à deux tours pour élire le Président de la République. François Mitterrand est alors l’un des seuls à percevoir l’importance du duel charismatique et idéologique que représente le second tour des élections présidentielles. Il devient ainsi l’unique candidat de la gauche et obtient en 1965 45% des suffrages au second tour. Grâce au succès inattendu que constituent ces résultats, François Mitterrand œuvre à l’unification de la gauche et à la rénovation du Parti Socialiste comme au congrès d’Epinay en 1971. Battu de peu aux élections de 1974, le premier secrétaire est élu Président de la République en 1981 et la dissolution de Parlement donne au Parti Socialiste la majorité absolue.   L’arrivée au pouvoir du premier gouvernement de gauche de la Vème République entraîne un réel tournant dans la vie politique française, avec des mesures symboliques très fortes telles que l’abolition de la peine de mort, l’importance de la vague de nationalisations des grandes entreprises françaises ou des réformes sociales dans le monde du travail notamment.  L’un des éléments marquant lors des deux septennats de François Mitterrand a également été la première expérience de la cohabitation. Le respect scrupuleux de la séparation des pouvoirs permet alors au Président de la République de laisser la politique intérieure au Premier ministre de cohabitation et de se consacrer lui-même à la politique extérieure de la France, qui se trouve encore dans un contexte de Guerre froide. Il est en effet un partisan résolu de la construction européenne, dont il a posé les grands principes, il s’emploie à préserver la paix en Europe et dans le monde.   A la fin de son second mandat, en mai 1995, François Mitterrand a incarné la France pendant 14 ans dans les grandes problématiques internationales, a conduit les français dans la modernisation et enfin marqué son temps par ses “grands projets” qui font aujourd’hui partie de notre patrimoine culturel : de l’Arche de la Défense au Grand Louvre en passant par la Bibliothèque nationale qui porte son nom. Il meurt le 8 janvier 1996.

En 2004, l’Institut François Mitterrand (dirigé par Hubert Védrine et Gilles Ménage) avec la succession François Mitterrand (Gilbert Mitterrand et Mazarine Pingeot) confient à Frémeaux & Associés l’édition d’une anthologie sonore des grands discours de François Mitterrand qui regroupe 53 extraits de discours du Président de la République (paru en décembre 2005). En 2006, l’Institut François Mitterrand se joint une nouvelle fois à Frémeaux & Associés avec la succession Marguerite Duras pour l’édition des entretiens inédits entre Marguerite Duras et François Mitterrand.
Lola Caul-Futy Frémeaux
© 2006 Groupe Frémeaux Colombini – La Librairie Sonore - IFM

Institut François Mitterrand
Dès la fin de son premier septennat, François Mitterrand s’est soucié de définir un lieu de rencontre où les chercheurs trouveraient une bibliothèque et des archives (notamment de nombreux documents manuscrites et audiovisuels), et qui serait appelé à devenir un centre d’études pour la connaissance de l’histoire de notre temps. Ces projets ont abouti à la création d’une fondation dite “Institut François Mitterrand”, reconnu établissement d’utilité publique le 4 avril 1996. Cet Institut est administré par un Conseil de 14 membres, dont Hubert Védrine est le Président, Michel Charasse le vice-président, Jacques Bonnot le trésorier et Gilles Ménage le Secrétaire général. Avec l’aide d’universitaires et de spécialistes français et étrangers, la vocation de l’Institut François Mitterrand est de “contribuer à la connaissance de l’histoire politique et sociale de la France contemporaine.”  L’Institut est ouvert à tous : étudiants, historiens, chercheurs, ou simples particuliers, c’est-à-dire tous ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances et accéder aux documents écrits, photographiques ou audio-visuel dont il assure la conservation et la gestion.
© Institut François Mitterrand

Biographie Marguerite Duras
Marguerite Duras, nom de plume de Marguerite Donnadieu, est née le 4 avril 1914 à Gia-Dinh, ville de la banlieue de Saïgon. De cette enfance passée au Viêt-Nam avec ses frères Pierre et Paulo, elle tire ainsi l’inspiration de son futur roman, Barrage contre le Pacifique. Elle rentre ensuite en France pour poursuivre ses études de droit et de sciences politiques en 1932.  Elle rencontre bientôt Robert Antelme, qu’elle épouse en 1939 et avec qui elle a son premier enfant, malheureusement mort-né, en 1942. Bientôt, ils entrent dans la Résistance avec d’autres amis et notamment Dionys Mascolo. Elle publie alors son premier ouvrage, Les impudents (Plon). En 1944, Robert Antelme est arrêté et déporté en camp de travail puis à Dachau, il n’est libéré qu’en 1945, dans un état jugé désespéré; pourtant, elle parvient à le soigner. Elle retracera cette période difficile à la fin de sa vie, dans La douleur. Elle divorce ensuite et se remarie avec Dionys Mascolo, dont elle aura un fils, Jean. Dans les années 1950, Marguerite Duras continue d’écrire et entreprend de nombreuses adaptations théâtrales. Elle signe aussi les dialogues de Hiroshima, mon amour, ce qui la rend célèbre dans toute la France. Elle publie en 1964 Le ravissement de Lol V. Stein, qui lui vaut un large succès.  Politiquement, Marguerite Duras est marquée à gauche bien qu’elle ne soit plus membre du Parti Communiste depuis 1950. Elle est active dans la protestation contre la guerre d’Algérie ainsi dans les événements de mai 1968. Sa carrière cinématographique se poursuit, notamment avec la réalisation de quatre courts-métrages en 1979 : “Les Mains négatives”, “Césarée”, “Aurélia Steiner-Melbourne”, et “Aurélia Steiner-Vancouver”. Enfin en 1984, à plus de 70 ans, elle accède à la reconnaissance académique avec l’Amant, roman largement autobiographique qui reçoit le prix Goncourt et se vend à plus d’un million d’exemplaires. Ce roman au succès exceptionnel est aussi traduit dans une quarantaine de langues et adapté par Jean-Jacques Annaud pour le cinéma. Elle meurt chez elle le 3 mars 1996, à Saint-Germain-des-Prés.
Jean Mascolo, son fils, défendra l’édition et la diffusion de l’œuvre de sa mère par de nombreuses publications. En 2000, il autorisera une production sonore de Claude Colombini aux éditions Frémeaux & Associés, Le ravissement de Lol V. Stein, dont le texte intégral est interprété par Fanny Ardant. Ce disque parlé sera accompagné d’une notice documentaire de Christiane Blot-Labarrère. En 2001, ce sera le tour Jean-Marc Turine, à partir des archives de l’Institut National de l’Audiovisuel, de faire paraître les émissions radiodiffusées de Marguerite Duras, dont certaines réalisées avec la participation de Jean-Louis Trintignant. Ces entretiens radiophoniques publiés par Frémeaux & Associés seront qualifiés par la presse de “petit chef-d’œuvre d’innocence et de sagesse”. Tout naturellement en 2006, Jean Mascolo, fils de Dionys Mascolo et de Marguerite Duras, devait se joindre à la Succession François Mitterrand pour permettre à l’Institut François Mitterrand et Frémeaux & Associés, de publier ces trois entretiens inédits enregistrés entre sa mère et le Président de la République (coffret 3 CD paru en 2007).
Lola Caul-Futy Frémeaux
© 2006 Groupe Frémeaux Colombini – La Librairie Sonore - IFM

INSTITUT FRANÇOIS MITTERRAND
Dès la fin de son premier septennat, François Mitterrand s’est soucié de définir un lieu de rencontre où les chercheurs trouveraient une bibliothèque et des archives (notamment de nombreux documents manuscrits et audiovisuels), et qui serait appelé à devenir un centre d’études pour la connaissance de l’histoire de notre temps. Des projets ont été ébauchés d’abord en 1985-1986, puis repris dans les derniers mois du second septennat. Ils ont abouti à la création d’une fondation dite “Institut François Mitterrand”, reconnue établissement d’utilité publique le 4 avril 1996. Cet Institut est administré par un Conseil de 14 membres, au sein duquel a été constitué un bureau de 4 membres (le Président de l’I.F.M., Hubert Védrine, le vice-président, Michel Charasse, le trésorier, Jacques Bonnot, et moi-même en qualité de Secrétaire général). Ce conseil d’administration est assisté d’un conseil scientifique composé d’universitaires et de spécialistes français et étrangers. La vocation de l’Institut François Mitterrand est de “contribuer à la connaissance de l’histoire politique et sociale de la France contemporaine.” Pour cela, ainsi que l’indiquent ses statuts, il “réunit et conserve” des documents, “facilite aux historiens et chercheurs l’accès à ces documents”, “organise des rencontres”, “participe [à des] manifestations”, fait “connaître ses positions, réflexions et travaux”.  Ainsi l’IFM a été associé à divers colloques : “ François Mitterrand et l’Allemagne ”, à Berlin en
octobre 1996 ; “ François Mitterrand, paix et développement ”, organisé avec l’UNESCO à Paris en janvier 1997 ; “ Changer la vie, les années Mitterrand, 1981-1984 ” en collaboration avec le  Centre d’histoire de l’Europe du XXème siècle (de la Fondation nationale des Sciences politiques), à Paris, en janvier 1999 ; “ La France a-t-elle encore besoin d’élu ”, au Sénat, en octobre 2004. Un bulletin trimestriel thématique est édité. L’Institut est ouvert à tous : étudiants, historiens, chercheurs, ou simples particuliers, c’est-à-dire tous ceux qui souhaitent appronfondir leurs connaissances et accéder aux documents écrits, photographiques ou audio-visuels dont il assure la conservation et la gestion.
Gilles Ménage
Institut François Mitterrand
10, rue Charlot  - 75003 Paris
Tél. : +33 1 44 54 53 93  - Fax : +33 1 44 54 53 99

FRÉMEAUX & ASSOCIÉS
Frémeaux & Associés a été la première maison de disque à recevoir le grand prix “In honorem” de l’académie Charles Cros pour son œuvre éditoriale. Frémeaux & Associés s’attache depuis plus de 15 ans à défendre l’ensemble du patrimoine sonore, musical, historique, politique, littéraire et radiophonique, en effectuant les recherches historiques, la restauration des disques ou des matrices, et sa mise à disposition auprès du public, des médiathèques et établissements scolaires. Pour chaque  coffret sonore, Frémeaux & Associés met en oeuvre les technologies les plus sophistiquées de restauration et réalisent des livrets comme de véritables appareils documentaires critiques permettant au catalogue Frémeaux & Associés d’être le label plus primé au monde au nombre de références (plus de 1000 distinctions à ce jour). Le patrimoine sonore dans son sens le plus large n’est plus à la disposition du public et des enseignants, en raison de la nouvelle dimension financière des grandes maisons de disques qui ne peuvent plus s’autoriser la diffusion de produits culturels dont les ventes ne s’inscrivent pas dans leur économies d’échelle. Avec le concours de nombreux institutionnels (Ina, Radio France,…) Frémeaux & Associés œuvre pour remettre à la disposition du public l’ensemble du patrimoine bâti enregistré, dont l’intérêt artistique, historique ou musicologique est supérieure aux rêgles du marché.  Assumant un travail commercial dans 32 pays, la production et l’édition de plus de 200 ouvrages en permanence, une délégation de fait du service public et des musées, Frémeaux & Associés a mis en place un modèle économique unique pour diffuser des produits culturels sans dé-référencement, aux fins de réhabiliter l’héritage audio du XXème siècle ; et de maintenir de manière définitive et pérenne la disponibilité de notre mémoire collective au profit des générations futures.
FRÉMEAUX & ASSOCIÉS
20, rue Robert Giraudineau - 94300 Vincennes
Tél. : +33 1 43 74 90 24 - Fax : +33 1 43 65 24 22

L’Institut François Mitterrand et Frémeaux & Associés remercient Jean Mascolo, fils de Dionys Mascolo et de Marguerite Duras, ainsi que Danielle, Jean-Christophe, Gilbert Mitterrand et Mazarine Pingeot pour avoir autorisé que ces entretiens inédits soient mis à la disposition du public. L’enregistrement n’ayant pas été fait pour une diffusion sonore, la qualité de son reste très inférieure à une captation en studio, et ce malgré un travail pointu de restauration, mais il confère une authenticité qui donne à cet ouvrage sonore une valeur de document rare. 
Gilles Ménage (Institut François Mitterrand) & Patrick Frémeaux

 

Ecouter ENTRETIENS INÉDITS  MARGUERITE DURAS & FRANÇOIS MITTERRAND (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore est partenaire de Radio France, Radio France Internationale, L’Institut National de l’Audiovisuel, l’Assemblée Nationale, l’Historial de la Grande Guerre, le Mémorial de Caen et assure l’édition sonore d’ouvrages en accord avec les ayants droit ou les successions ainsi que les grands éditeurs (les éditions Gallimard, Grasset, Plon, Le Seuil,…). Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La Librairie Sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouter par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com, Virginméga et iTunes.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 DEBUT DE L ENTRETIEN - DURAS02'08
02 LES ORIGINES DE LA PROTESTATION ETUDIANTE - DURAS06'37
03 LES SOUTIENS DU MOUVEMENT - DURAS04'34
04 LA RESPONSABILITE VERS LA LIBERTE - DURAS04'41
05 L AUGMENTATION DES SALAIRES ET L INFLATION - DURAS05'54
06 FRANCOIS MITTERAND ET LE PARTI SOCIALISTE - DURAS04'02
07 FRANCOIS MITTERAND DANS LA COHABITATION - DURAS05'59
08 L ELABORATION ET L APPLICATION DE LA LOI - DURAS06'47
09 LE TERRORISME - DURAS04'43
10 Y A T IL UNE LEGITIMITE DES ACTIONS TERRORISTES - DURAS06'31
11 LA LECTURE DE L HISTOIRE - DURAS01'37
CD 2
01 LA PEINE DE MORT - DURAS07'06
02 LE JUGEMENT - DURAS07'24
03 L OBLIGATION DE LA VIE EN SOCIETE - DURAS06'18
04 L ADEQUATION FAUTE SANCTION - DURAS03'27
05 LES PRISONNIERS POLITIQUES - DURAS07'34
06 LA NECESSITE DE LA VIE EN SOCIETE - DURAS05'10
07 LA COEXISTENCE - DURAS03'55
08 LA FAMILLE DE MALIK OUSSEKINE - DURAS07'23
09 PAROLES DE RESISTANCE - DURAS05'04
10 COMMENT CONDAMNER LES COLLABORATEURS A LA FIN DE L - DURAS01'43
CD 3
01 L INDEPENDANCE DE LA NOUVELLE CALEDONIE - DURAS05'32
02 LE RAPPORT DE FORCE ELECTORAL - DURAS04'40
03 LA FRANCE DOIT INTERVENIR EN ARBITRE EN NOUVELLE C - DURAS08'31
04 LES SEQUELLES DU COLONIALISME - DURAS03'30
05 LES RELATIONS ENTRES COLONS ET COLONISES - DURAS04'51
06 LE DANGER DU POUVOIR - DURAS06'04
07 DOIT ON EDITER CES ENTRETIENS - DURAS03'51
08 LE VOTE DES IMMIGRES EN FRANCE - DURAS04'45
09 LES FONDEMENTS DU RACISME - DURAS04'04
10 PEUT ON PORTER DES JUGEMENTS CULTURELS - DURAS05'09
11 LE TERRITOIRE DE LA NOUVELLE CALEDONIE - DURAS04'52
12 JULES RENARD - DURAS09'05
Opinion de Marguerite Duras sur François Mitterrand

Quand je me souviens de vous pendant la guerre, de cette période de notre vie où nous étions jeunes, je vous vois à la fois dans une crainte profonde et constante de la mort et en même temps dans une disposition non moins constante à la braver. Vous étiez d’une espèce de courage dont je n’ai jamais trouvé l’équivalent – excusez cette confidence que je ne vous avais jamais faite. Vous étiez d’un courage à la fois raisonnable, raisonné, et fou.
Comme si combattre votre propre peur de la mort avec des actions quasi suicidaires était la passion véritable de votre vie. (…)
Vous n’imaginez pas la curiosité que vous développez, et que vous développerez sans doute jusqu’à la fin de votre vie. Chaque Français a, avec vous, une relation personnelle.
Je n’ai jamais vu ça.
Marguerite Duras
Marguerite Duras – François Mitterrand, Le Bureau de poste de la rue Dupin et autres entretiens, © 1985 - 2006  Gallimard (Va paraître en Sept 2007 dans la collection « A Voix Haute » dirigée par Prune Berge, l’enregistrement original du livre qui viendra compléter les Entretiens Inédits parus chez Frémeaux & Associés).




"Ces dialogues font merveille" par Libération

"En avril, quand vous voterez ou non, les entretiens fantômes et inclassables entre François Mitterrand et Marguerite Duras ­ il boit de l'eau, elle rit, tous deux sont morts ­ auront vingt ans. On publie en 3 CD (1) leurs résidus inédits. François Mitterrand vit sa première cohabitation, il a du temps. Jacques Chirac est Premier ministre et la droite est la droite. Des policiers ont tué Malik Oussekine. Bernard Pons et Jacques Lafleur se dévoient en Nouvelle-Calédonie. En 1987, on critiqua la pompe de ces conversations : l'admiration explicite de Duras désinhibée, la complaisance de Mitterrand. Vingt ans après, la langue politique s'est dégradée par le cri sans mémoire, la norme morale et publicitaire, l'emphase du désir du jour : ces dialogues font merveille par leur simplicité, leur naturel et leur absence de calibrage. On comprend vite pourquoi Mitterrand a ressuscité de tant de manoeuvres et d'ambiguïtés pour finalement unir la gauche : par la culture et le langage ­ par leur décantation. Les morts lui parlent directement, personnellement, sans intermédiaire de cabinet ou d'édition. Ils ne sont ni des citations, ni des faire-valoir, ni le dernier des noms qui passent : de vieux amis plutôt, qui nourrissent son verbe et affermissent son destin. Quand Duras défend les criminels, par principe et quels qu'ils soient, c'est une parole perdue qu'on entend, celle de l'individu vivant et résistant en dépit de toute morale. Mitterrand, d'une voix douce, répond : «Ce n'est pas de la morale que de laisser faire toutes les fantaisies criminelles de quiconque en a la pulsion ­ ou l'intérêt.» Quel élu possède encore ce grain, cette délicate fermeté de langue? Les phrases n'ont pas seulement changé ; elles ont diminué. Certes, il est plaisant d'entendre cet aristocrate par temps démocratique vanter les contre-pouvoirs en prévenant : «C'est Thucydide qui avait dit ceci : "Tout homme va toujours jusqu'au bout de son pouvoir." » Mais Mitterrand sait, en quelque sorte, déborder par le charme ses propres mensonges. Il a une manière subtile de cloisonner ses vices et ses vertus, d'enchanter les uns par les autres, pour fixer des principes qu'il ne s'applique pas forcément. Les entretiens s'achèvent par hasard sur Jules Renard, «grand écrivain de la Nièvre». Mitterrand, qui fut là-bas député, aime le Journal, et en particulier la scène où la mère de l'écrivain, en 1909, meurt en se jetant dans un puits. Son fils descend la chercher dans un seau. Plus tard, il note : «Pas une égratignure. Il a fallu qu'elle tombe comme un poids mort.»  «Il dit, se souvient Mitterrand : "Drôle de façon de me faire orphelin."» Le Président répète la phrase, la déguste : «C'est affreux, non ?» Et il pouffe comme un vieil enfant-chat. La phrase originale est : «C'est une façon bien compliquée de me faire orphelin.» Est-il exagéré de noter que la mémoire du lecteur l'a presque améliorée ?" par Philippe Lançon - Libération




« LA CDthèque » par Le Nouvel Observateur

« Entretiens inédits. Duras/Mitterrand. » L’enregistrement – 3 CD – des fameuses rencontres élyséennes de 1987. Que l’on soit agacés ou aux anges, un commet (à savourer : Marguerite aime à « coller » le Président, ou dévastée quand il est trop court).
M.D.M - LE NOUVEL OBSERVATEUR




« Dialogues Duras et Mitterrand » par L’Alsace

En ce temps où toute la politique occupe le devant de la scène, on peut suivre avec intérêt les dialogues improvisés entre Marguerite Duras et François Mitterrand. En 1987, la romancière a demandé au président de réaliser des entretiens privés sur les grandes questions d’actualité. Ils seront publiés chez Gallimard mais les trois entretiens de ce coffret sont restés inédits. Dans une grande liberté de ton, la conversation s’étend de la peine de mort au terrorisme, des luttes étudiantes aux dangers du pouvoir ou à Jules Renard.
L’ALSACE




« Entretiens inédits » par l’Enseignant

Duras et Mitterrand n’ont à être présentés ni l’un ni l’autre. Chacun, à sa façon, a marqué son époque de façon brillante. Que ce soit dans le domaine de la politique ou dans l’art de l’écriture, ils ont brillé par leur talent et font partie du Panthéon des Français. Amis depuis l’époque où ils étaient résistants, ces deux-là s’estimaient fort. Ils avaient en commun un amour de la langue française, mais tant d’autres choses encore. C’est ce que Frémeaux & Associés nous donne à retrouver ou à découvrir avec ce triple CD témoignage dans lequel sont recueillis leurs entretiens inédits.
L’ENSEIGNANT




« Des entretiens inédits » par Entre les Lignes

Marguerite Duras et François Mitterrand étaient amis depuis l’époque de la Résistance. En 1987, Duras demande à celui qui est alors président de la République française de lui accorder une série d’entretiens au cours desquels ils vont discuter de sujets d’actualité. Les enregistrements de ces rencontres paraissent vingt ans plus tard sous le titre d’Entretiens inédits. Très durassien, très français, mais quand on est amateur, on se régale de ces discussions où la grande absente est la langue de bois.
ENTRE LES LIGNES (Québec)




« Au sommet d’une gloire littéraire et politique » par Revue des médiathèques

Un dialogue à bâtons rompus autour des grands faits de l’actualité des années 1980. Amis depuis la Résistance, Marguerite Duras et François Mitterrand ont partagé un présent à l’avenir incertain et sont, au moment de ces entretiens, au sommet d’une gloire littéraire et politique. Ils abordent, avec confiance et sans solennité, aussi bien le terrorisme, que la cohabitation, aussi bien la peine de mort que la notion de jugement. Un témoignage intéressant sur une pensée politique dans un contexte à présent historique. 
Lucas FALCHERO - REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




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