NEGRITUDE & POESIE - LES GRANDES VOIX DU SUD VOL 1

LEOPOLD SEDAR SENGHOR - JACQUES RABEMANANJARA - TCHICAYA U TAM’SI

Plus de détails

Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA5187

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

Ajouter à ma liste

+3 pts fidélité


2
-15%
A l’origine parus dans les années 1980 sous forme de 33 tours, ces enregistrements produits par Radio France Internationale et remasterisés nous invitent à pénétrer dans l’intimité de la création poétique. Les deux premiers CDs de ce coffret présentent les pères fondateurs de la Négritude (Léopold Sédar Senghor, Jacques Rabemananjara) ; le troisième donne à entendre Tchicaya U Tam’si, souvent appelé « Le Rimbaud noir » qui se fit l’inventeur de la poésie africaine moderne une génération plus tard. Cette mémoire collective de la poésie africaine et malgache fait l’objet d’une coédition entre Radio France Internationale et Culturesfrance (Ministère des Affaires étrangères), qui en confient la diffusion à Frémeaux & Associés, l’éditeur du patrimoine sonore.
Constitué d’entretiens ponctués de lectures et d’intermèdes musicaux, ce coffret de 3 CDs est à la fois une invitation à la découverte et un émouvant hommage aux grands chantres de la Francophonie.
Patrick Frémeaux

La publication de cet ouvrage a été entamée à l’initiative de Thierry Perret (RFI), Nathalie Carré et Nathalie Philippe (Culturesfrance – Culture Sud) et a été menée à bien avec le concours de Nathalie Philippe pour Culturesfrance et Théogène Karabayinga pour Radio France Internationale, sous la direction d’Olivier Poivre d’Arvor pour Culturesfrance, d’Antoine Schwarz pour RFI et de Claude Colombini pour La Librairie sonore – Frémeaux & Associés. En accord avec les éditeurs et les successions des ayants droit.

Droits audio : Rfi & Culturesfrance - Ministère des Affaires Etrangères / Licence fabrication et commercialisation concédée à Frémeaux & Associés (Littérature, Afrique, Poésie, Antilles, Créole, Francophonie, Livre audio, Oralité, Patrimoine).
Négritude & poésie

les grandes voix du sud Vol 1
Négritude & poésie
 

Poésie africaine et malgache : entre oralité et écriture
PRÉFACE
Il y a dans les poèmes une énergie particulière de la parole, qui nous est déjà sensible quand nous les lisons pour nous-mêmes, en lecture muette, mais qui rayonne de tout son éclat, quand ils sont proférés à voix haute. Le vieux mythe d’Orphée exprimait déjà cette puissance du poème : chantant en s’accompagnant de la lyre, Orphée réunissait autour de lui toutes les bêtes sauvages, et même les arbres le suivaient en cortège. Ce qui s’accorde parfaitement avec la vieille conception animiste du verbe, qui imprègne toujours la civilisation africaine. Le verbe est l’actualisation de la force vitale : il est créateur par la parole de Dieu, mais cette création se continue dans le souffle humain. Toute parole est donc intervention dans l’ordre du monde, qu’elle soutient ou qu’elle réorganise. Léopold Sédar Senghor a souvent insisté (par exemple dans la postface d’Éthiopiques) sur l’importance qu’il accordait à l’union intime du chant, de la parole et de la musique dans le poème. C’est la condition de sa puissance efficace. La diction du poème est donc essentielle. « Le poème est comme une partition de jazz, dont l’exécution est aussi importante que le texte. »

Beaucoup de poètes et d’amateurs de poésie le savent bien, qui ont multiplié les lectures publiques et les récitals de poésie. Alors que les livres de poésie peinent à trouver une diffusion satisfaisante, les poèmes atteignent directement le public par la médiation de l’oralité. La voix du comédien qui les lit (ou du poète lui-même) leur donne la force de la présence évidente. Les poètes de la négritude ont d’abord été des poètes du cri : il leur fallait libérer les voix empêchées, parler pour ceux qui n’ont jamais eu la parole parce qu’ils étaient bâillonnés par l’histoire, l’esclavage, la misère. C’est le rêve que dessine le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. » Dans un registre plus apaisé, Senghor se fixe à peu près la même mission : « Notre noblesse nouvelle est non de dominer notre peuple, mais d’être son rythme et son cœur/Non de paître les terres, mais comme le grain de millet de pourrir dans la terre/Non d’être la tête du peuple, mais bien sa bouche et sa trompette. » (« Poème liminaire » d’Hosties noires). Mais Césaire comme Senghor ont d’abord couché leur cri sur le papier. Comment ne pas craindre d’être trahis par l’écriture ? Reprenant à son compte une vieille remarque de Platon, Senghor constate que « l’encre du scribe est sans mémoire ». L’écriture a le grand mérite de conserver, mais ce qu’elle garde, c’est une parole momifiée, dont la signification se dissout avec le temps, dans l’effacement de ce qui la faisait vivre : le ton, l’accent, le rythme oral, la gestuelle, le contexte avec l’implicite partagé avec les auditeurs. Les poètes africains et antillais ont souvent voulu inscrire dans leur texte une sorte de mémoire de l’oralité, en jouant de la typographie, en multipliant les effets de rythme, d’échos, de reprises. Senghor précise même les orchestrations souhaitées pour ses poèmes : « woï pour trois kôras et un balafong ». Parfois, on devine l’affleurement de la langue originaire du poète. Moins dans les mots de langue africaine dont Senghor parsème ses poèmes (ils sont là surtout pour leur opacité poétique) que dans les subtiles dérives du français des Francophones. Édouard Maunick est peut-être l’exemple le plus remarquable quand il glisse sous la surface française de ses poèmes les traces vivantes de son appartenance créole. Sa syntaxe parfois énigmatique, sa pratique de l’élision des mots outils, la préférence donnée à la juxtaposition sur la subordination sont autant de marques de cette créolisation. Si, comme il l’affirme dans une belle formule, la langue française est « à jamais [sa] grande permission », c’est parce qu’elle accepte de prendre une tournure créole :« ne pas craindre de bondir/sur les mots les plus créoles ils ont goût de petits piments verts/mais aussi saveur de mangue que l’on tête/des mots cris des mots crus des mots cadence. »

Cette hantise de l’oralité, partagée par la plupart des poètes (Saint-John Perse est l’exception, qui préférait la lecture silencieuse), justifie l’intérêt porté à l’interprétation orale que les poètes donnent de leurs œuvres. Il y entre le même plaisir que celui des mélomanes appréciant les interprétations d’une même œuvre par différents musiciens.  Nous pouvons écouter la voix de quelques-uns des grands poètes du siècle passé : Apollinaire, Le Pont Mirabeau, Aragon, Les Lilas et les Roses. Lectures émouvantes, surprenantes, parfois déroutantes (Aragon ne respecte pas la scansion de ses alexandrins…).

Grâce à une initiative du CLEF (organisme que le ministère de la coopération avait chargé de promouvoir les littératures des pays du Sud, par la publication de la revue Notre librairie devenue aujourd’hui Cultures Sud) et de Radio-France Internationale, une série de disques (de vénérables 33 tours) a été publiée dans les années 1980, présentant des entretiens avec les poètes (pour Malcolm de Chazal, décédé en 1981, on a pu bénéficier d’un enregistrement réalisé par la radio mauricienne) ainsi qu’une anthologie de leur œuvre, lue par eux-mêmes ou par des comédiens (ou par Édouard Maunick, admirable lecteur de ses propres poèmes, qui avait aimablement accepté de lire les textes de ses amis : son « interprétation » de poèmes de Tchicaya U Tam’si est particulièrement émouvante). La reprise de ces enregistrements sur le support moderne du disque compact va permettre de redécouvrir ces documents (les entretiens avec les auteurs apportent souvent des précisions alors inédites sur leur biographie et sur l’élaboration de leur œuvre). Mais il ne faut pas les considérer sous leur seul aspect historique, même s’il est bien émouvant d’entendre par-delà la mort la voix de ceux qui sont maintenant disparus. Ce sont aussi des œuvres littéraires orales (dans cette oralité redécouverte que permettent les technologies modernes). Le jeu subtil des inflexions, l’accent mis sur tel rythme, la musique des voix ajoutent quelque chose au texte des poèmes.

Ce que montre l’écoute attentive de ces disques, c’est l’admirable richesse de ce que Léopold Sédar Senghor appelait dans le titre de son anthologie de 1948 « la poésie négro-africaine et malgache de langue française ». Certes, cette poésie est engagée. Elle est chargée d’un poids d’histoire et de souffrance contre lequel elle porte témoignage. Mais elle ne s’en laisse pas écraser. Car elle renoue avec une conception de la poésie consubstantielle à l’oralité africaine : une poésie immédiate, imposant la force de sa parole. Et elle affirme sa liberté dans son usage souvent ludique du français : une langue qu’elle invente et façonne à son désir, et qui sort revitalisée de son contact avec les cultures des autres continents. Car selon les mots du poète haïtien René Depestre : « De temps à autre il est bon et juste/de conduire à la rivière/la langue française/et de lui frotter le corps/avec des herbes parfumées qui poussent en amont/de mes vertiges d’ancien nègre marron. »
 Jean-Louis JOUBERT
 © CULTURESFRANCE/Cultures Sud

Remerciements
Conception du projet :  Jacqueline Sorel, Nathalie Carré, Nathalie Philippe
Production et réalisation :  Théogène Karabayinga, avec Evelyne Plancel et Xavier Guibert (RFI), Nathalie Philippe, Yann Lézénès (Culturesfrance)
Coordination : Jean de Collongue (Culturesfrance) ; Jean-Jacques Dufayet, Thierry Perret (RFI)

Ont participé à la rédaction de ce livret : Denise Coussy, Eugène Ébodé, Jean-Louis Joubert, Boniface Mongo-Mboussa, Nimrod.
Christiane Yandé Diop, Daniel Maximin, Amadou Lamine Sall, Valérie Senghor, Maurice Sonar Senghor, pour leur aide précieuse; Catherine Sournin et la sonothèque de RFI. Ce projet n’aurait pu voir le jour sans Françoise Ligier, à l’initiative des enregistrements originaux, avec Jacqueline Sorel, des Voix de l’écriture.
 
Léopold Sédar Senghor, ce poète de la rencontre
Écouter ou réécouter la voix de Senghor, écouter ses poèmes lus par lui-même ou par Maurice S. Senghor, c’est jouir de l’incomparable lenteur qui habite tout ensemble son corps et celui du poème. De toutes les voix de notre littérature, celle de Senghor est, de loin, la plus humaine. Tout se passe comme si chez le grand Sénégalais la ré­volte - cette grande prêtresse des poètes négro-africains - se pliait volontiers à l’expression d’un accord éperdu. Édouard J. Maunick le fait parler avec une correction remarquable. Senghor se livre, entre naïveté à peine feinte et gravité soigneusement tue (même lorsqu’il évoque sa tentation quotidienne de suicide). Il lui importe avant tout de se donner à son auditeur, et le plus charnellement du monde. Il le reconnaît : sa « poésie est publique et collective ». Donc à l’image de ce qu’il est : un homme avec d’autres hommes, qu’ils soient poètes et non-poètes ; qu’ils soient artisans, politiques, Africains et Antillais ; qu’ils soient Européens ou Asiatiques. Rien ni personne ne manque à son « dictionnaire de la nature ». Surtout quand ceux-ci s’appellent Césaire et Damas - ses compagnons de la négritude -, ou ses Trois Grâces : Marône Ndiaye, Koumba Ndiaye et Siga Diouf… La chaleur habite la voix de ce poète de la rencontre. Chaleur et suavité. De fait, Senghor ne parle que pour révéler la pulpe sensuelle de la jouissance poétique. Il accentue les syllabes comme si elles résumaient la vérité d’un terme - à tout le moins, sa charge d’énigme. Senghor est un grand dis­pensateur d’amour… Et puis, « c’est le temps de partir »… Des tambourins résonnent sous la voilure d’une voix qui dilate le son, suspend son cours - et le temps avec - afin de nous faire
en­tendre la syncope et l’extase…
Nimrod

Léopold Sédar Senghor
01/ Extrait de Chants d’ombre 2’37
02/ Le royaume d’enfance 4’05
03/ “Femme nue, femme noire”, extrait de Chants d’ombre 1’58
04/ Le besoin du poème 1’27
05/ Extrait de Chants d’ombre 0’41
06/ La passion de la langue française  3’03
07/ Extrait de Lettres d’hivernage 0’54
08/ Le rythme du poème 3’49
09/ Extrait de Chants d’ombre 0’54
10/ Poésie et fraternité 3’02
11/ Extrait de Lettres d’hivernage 0’45
12/ L’homme face à la mort 3’13
13/ Extrait de Ethiopiques 2’42
14/ La négritude 4’29
15/ Extrait de Hosties noires 1’19
16/ La négritude (suite) 5’44
17/ Extrait de Nocturnes 0’53
18/ Négritude et métissage 5’44
19/ Kwe Dia lam “Georges Anderson” 1’18
20/ La rencontre avec A. Césaire et L.G. Damas 5’17
21/ Extraits de “Elégie pour M.L. King” 3’39
22/ L’actualité et l’avenir de la négritude 2’56
23/ Musique Georges Anderson 1’46
(Total : 62’27)


Bibliographie de Léopold Sédar Senghor
Œuvres de Léopold Sédar Senghor
Poésie
Chants d’ombre, Paris, Éditions du Seuil, 1945
Hosties noires, Paris, Éditions du Seuil, 1948
Chants pour Naëtt, Paris, Editions Seghers, 1949. Collection « Poésie 49 », 48 p.
Ethiopiques, Paris, Éditions du Seuil, 1956
Nocturnes, Paris, Éditions du Seuil, 1961
Lettres d’hivernage, Paris, Éditions du Seuil, 1913 [1re édition 1972]
Elégies majeures, Paris, Éditions du Seuil, 1979
La rose et la paix, Préface de Alan Furness, Paris, L’Harmatttan, 2001, 191 p. [Poèmes traduits de l’anglais]
Œuvre poétique. Paris, Éditions du Seuil, Collection « Points », 2006 [Cette édition rassemble : Chants d’ombre, Hosties noires, Ethiopiques, Nocturnes, Poèmes divers, Lettre d’hivernages, Elégies majeures, Poèmes perdus, Dialogue sur la poésie francophone, et Traductions.] [1re édition 1964]

Textes critiques
Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française précédée de Orphée noir, par Jean-Paul Sartre, Paris, PUF, 1948. Collection « Quadridge » (2002), 227 p.
Liberté 1. Négritude et Humanisme, Paris, Éditions du Seuil, 1964, 444 p.
Liberté 2. Nation et voie africaine du socialisme, Paris, Éditions du Seuil, 1971, 317 p.
Liberté 3 Négritude et civilisation de l’universel, Paris, Éditions du Seuil, 1977, 573 p.
La poésie de l’action. Conversations avec Mohamed Aziza, Paris, Stock, 1980, 359 p.
Liberté 4. Socialisme et planification, Paris, Éditions du Seuil, 1983, 668 p.
Ce que je crois, Paris, Grasset, 1988, 234 p.
Liberté 5. Le Dialogue des Cultures, Paris, Éditions du Seuil, 1993, 295 p.

Ouvrages critiques
BENOIST Joseph Roger de, Léopold Sédar Senghor. Témoignages de Cheikh Hamidou Kane. Paris, Beauchesne, 1998. Collection « Politiques et Chrétiens »
BIONDI Jean-Pierre, Senghor ou la tentation de l’universel, Paris, Denoël, 1993. Coll. « Destins croisés »
BOURGES Hervé, Léopold Sédar Senghor, lumière noire, Paris, Éditions Mengès, 2006. Coll. « Destins »
BRUNEL Pierre, BOURREL Jean-René, GIGUET, Frédéric, Léopold Sédar Senghor. ADPF-Ministère des Affaires étrangères, Paris, 2006, 84 p.
DELAS Daniel, Léopold Sédar Senghor. Le poète de la négritude, Paris, Éditions Aden, 2006.
DJIAN Jean-Michel, Léopold Sédar Senghor. Genèse d’une imagination francophone, Paris, Gallimard, 2005.
GUIBERT Armand, Léopold Sédar Senghor, Paris, Éditions Pierre Seghers, 1961 et 1969. Collection « Poètes d’aujourd’hui » (n482). Cette édition a été reprise et complétée par NIMROD (Paris, Seghers, 2006).
JOUANNY Robert, Les Voies du lyrisme dans les « Poèmes » de Léopold Sédar Senghor (Chants d’ombre, Hosties noires, Ethiopiques, Nocturnes). Paris, Librairie Honoré Champion, 1986.
LEBAUD Geneviève, Léopold Sédar Senghor ou la poésie du royaume d’enfance. Dakar-Abidjan, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1976 (épuisé)
NIMROD, Tombeau de Léopold Sédar Senghor, Paris, Le Temps qu’il fait, 2003
NJAMI Simon, C’était Senghor. Paris, Fayard, 2006
ROCHE Christian, Léopold Sédar Senghor. Le président humaniste, Paris, Éditions Privat, 2006
SOREL Jacqueline, Léopold Sédar Senghor. L’émotion et la raison. Saint-Maur-des-Fossés,
Éditions Sépia, 1995
TILLOT Renée, Les rythmes dans la poésie de Léopold Sédar Senghor. Dakar, Les Nouvelles Éditions Africaines
VAILLANT Janet, Vie de Léopold Sédar Senghor. Noir, Français et Africain, Paris, Éditions Khartala, 2006

Ouvrages collectifs et revues
Hommage à Léopold Sédar Senghor, homme de culture. Ouvrage collectif, Paris, Présence Africaine, 1976
Léopold Sédar Senghor. Bibliothèque nationale, Paris, 1978 (épuisé)
Léopold Sédar Senghor. Actes du colloque de Cerisy-la-Salle, 14-21 août 1986. Marseille, « Sud », n° 63, 1987 (épuisé)
Présence Senghor. 90 écrites en hommage aux 90 ans du poète-président. Paris, Éditions UNESCO, 1997 (épuisé).


Rabemananjara, le Totem
Il est entré dans l’histoire avant que l’éternité ne le rappelle à elle et que la terre de Madagascar ne l’ensevelisse pour le plus doux des sommeils. Poète de combat, homme d’État d’une grande probité, il a fait sienne cette formule « Ny fanahy no olona », l’âme c’est l’homme. En quittant la terre des hommes, il a accédé au statut de totem. Avec le poète et ami Jean-Joseph Rabearivelo, ils créent en 1935 La revue  des jeunes et l’année suivante, il fondera le premier syndicat des fonctionnaires malgaches. En 1939, membre de la délégation représentant Madagascar aux cérémonies du 150e anniversaire de la révolution française, il choisira de rester à Paris pour poursuivre des études de droit en Sorbonne. Non loin de ce haut lieu de la pensée française, dans le restaurant Au vieux Paris, la bande des trois « R », Rabemananjara, Raseta, Ravoahangy, formeront le légendaire MDRM (Mouvement démocratique pour la rénovation malgache). Dès lors, tout en participant aux réflexions sur l’évolution de Madagascar, Jacques Rabemananjara se liera d’amitié avec Alioune Diop et les fondateurs de la négritude que sont Césaire et Senghor. La deuxième guerre mondiale, les affres de l’occupation, la dispersion des amis, les incertitudes sur l’humanité tout entière renforceront chez Jacques Rabemananjara la volonté de combat et d’endurance. À la fin de la guerre, il retourne à Madagascar. Élu député en 1946, il restera dans l’histoire comme le seul député français élu n’ayant jamais siégé à l’assemblée nationale. En effet, l’insurrection malgache de 1947 sera suivie d’une tragique répression et, bien que député, le natif de Maroantsetra sera arrêté et condamné à mort puis la peine commuée en détention à perpétuité. Du fond de la prison de Tananarive, un texte unique jaillira de son âme, établissant par-delà les océans et les mers, le statut d’oracle d’un jeune patriote, passionné de justice, irréductible à un clan car homme des langages qui se poursuivent par la force insoupçonnée de l’esprit.
Eugène ÉBODÉ

Jacques Rabemananjara
01/ Extrait de “Préludes” 0’53
02/ Naissance à Madagascar 3’04
03/ Extrait de “Cantate lyrique” 0’57
04/ Le seigneur favori du destin 4’00
05/ Le goût des études 2’52
06/ Extrait de “In mémorian Rabearivelo” 0’29
07/ La revue des Jeunes de Madagascar 1’52
08/ Les premiers écrits 0’59
09/ Extrait de Les Boutriers de l’aurore 0’49
10/ Le départ pour la France 4’31
11/ Les Etudes à la Sorbonne et l’amitié avec Alioune Diop 2’23
12/ Extrait de “Cantate en ton mineur” 1’04
13/ Les influences poétiques 1’50
14/ Extrait de “Cantate Solennelle” 0’31
15/ La féminité de l’île 1’04
16/ Extrait de Les Boutriers de l’aurore 0’29
17/ Les facteurs d’inspiration 2’09
18/ Extrait de Antsa 0’44
19/ L’engagement politique 5’59
20/ Extrait de Antsa  0’46
21/ Les écrits de prison 0’56
22/ Extrait de Antsa  0’33
23/ Les écrits de prison (suite) 2’45
24/ Extrait de Antsa  1’27
25/ Les écrits de prison (suite) 1’33
26/ Extrait de Sur les marches du soir 0’50
(Total : 45’43)

Bibliographie de Jacques Rabemananjara
Œuvres de Jacques Rabemananjara
Poésie
Sur les marches du soi, préface de R. Leguy, Gap, Ophrys, 1942
Antsa, Paris, Imprimerie R. Drivon, 1948 [rééditions : préface de F. Mauriac, Paris, Présence africaine, 1956 et 1961]
Rites millénaires, Paris, Seghers, 1955, coll. « P.S. », 468 (Poésie), 1955
Lamba, Paris, Présence africaine, 1956. [réédition : préface d’A. Céqaire, Paris, Présence africaine, 1961]
Antidotes, Paris, Présence africaine, 1961
Les Ordalies. Sonnets d’outre-temps, préface de R. Mallet, Présence africaine, 1972
Œuvres complètes [Sur les marches du soir. Rites millénaires. Antsa. Lamba. Antidote. Les Ordalies], Présence africaine, 1978
Thrènes d’avant l’aurore : Madagascar, Présence africaine, 1985
Rien qu’encens et filigrane, Présence africaine, 1987

Autre publication poétiques
« Eventail des rêves (Maroantsetre ; Symbole) », Revue des jeunes de Madagascar, Tananarive, n°1, 1er septembre 1935
« Rêves (Pour S… R…) », Revue des jeunes de Madagascar, Tananarive, n°2, 1er octobre 1935
« Les Imériniennes » ; « Holocauste », Revue des jeunes de Madagascar, Tananarive, n°3, 1er  novembre 1935
« Éventails des rêves (Bambou ; Midi sur la côte) » ; « Extraits d’Aux confins de la nuit (Préludes de minuit ; Confidence de minuit ; Romance de minuit) », Revue des jeunes de Madagascar, Tananarive, n°6, février 1936
« Paysage » ; « Poème (larive…) » ; « Souvenir d’enfance », Revue des jeunes de Madagascar, Tananarive, n°8, avril 1936, 2° année
« Berceuse  (Fleur de lilas) », Revue des jeunes de Madagascar, Tananarive, n°9, mai 1936
« Ruines (Solitude ; Cimetière ; Silence ; Palingénésie) », Revue des jeunes de Madagascar, Tananarive, n°12, juin 1936
« Cimetière [1re éd. : 1936] ; Rose ; Les chiens », Océanides,Tananarive, n°1, t. 1, novembre 1937
« Mon jardin », Océanides, Tananarive, n°2, t. 1, décembre 1937
« Soir des rives », Revue de Madagascar, Tananarive n°23, juillet 1938
« Aux confins de la nuit (pour Lolita) », Océanides,Tananarive, n°7, t. 1, mai 1938
« Vanga », Revue de Madagascar, Tananarive n°26, avril 1939
« Lyre à sept cordes. Cantate », in L. S. Senghor, Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache d’expression française, préface de J.-P. Sartre, « Orphée noir », Paris, P.U.F., p. 195-203, 1948
« L’Europe et nous », in Le Premier Congrès international des Ecrivains et  artistes Noirs. Présence africaine, Paris, Nouvelle Série, n° VII-IX-X, juin-novem­bre, p.20-28, 1956
« Liberté », Midi-Madagascar, Tananarive, n°2818, 21 novembre 1992

Récit
Le Prince Razaka, Paris, ACCT et Présence africaine, 1995

Théâtre
Les Boutriers de l’aurore. Tragédie malgache en 3 actes. 6 tableaux, Paris, Présence africaine, 1957
Les Dieux malgaches, Paris, Ophrys, 1947. [Rééditions : Paris, Hachette Paris, 1964 & Paris, Présence africaine, 1988]
Agapes des dieux. Tritriva, Paris, Présence africaine, 1962

Essai
Témoignage malgache et colonialisme, Paris, Présence africaine, coll. Le colonialisme2, 1956
Nationalisme et problème malgache, préface d’A. Diop, Paris, Présence africaine, 1958
« Les fondements de notre unité tirés de l’époque coloniale », Revue de Madagascar, Tananarive ; Le Deuxième Congrès international des Ecrivains et Artistes Noirs, Présence africaine, Paris, Nouvelle Série, n°XXIV-XXV, février-mai, 1959
« Léopold Sédar Senghor ou la rédemption du dialogue », in Hommage à Léopold Sédar Senghor, homme de culture, Paris, Présence africaine, p.17-66, 1976

Études critiques (bibliographie sélective)
BOUCQUEY-DE-SCHUITER Eliane, Jacques Rabemananjara, Paris, Seghers, coll. Poètes d’aujourd’hui, 1964
BEDARD Donat, Jacques Rabemananjara, poète malgache, Sherbrooke, Librairie de la Cité Universitaire, 1968
DOMENICHINI-RAMIARAMANANA Bakoly, Malgache (Littérature) », in Encyclopedia universalis, Paris, 1990, vol. 14, p.357 sq.
EBODE Eugène, « Jacques Rabemananjara : le totem », in Raharimanana, éd., La Littérature malgache. Interculturel Francophonies, n°1, juin-juillet 2001, Lecce, Alliance Française/Argo, p.77-86
KADIMA-NZUJI Mukala, Jacques Rabemananjara. L’homme et l’œuvre, Paris, Présence africaine, coll. Approches, 1981
KOENIG Jean-Paul, Le Théâtre de Jacques Rabemananjara, Paris, Présence africaine, 1989
MATHIEU-JOB Martine, « Du mythe héroïque à la légende merveilleuse : voyage dans l’œuvre de Jacques Rabemananjara », in J.-L. Raharimanana, éd., La Littérature malgache. Interculturel Francophonies, n°1, juin-juillet 2001, Lecce, Alliance, p. 59-76
MEITINGER Serge, « A l’épreuve de l’étranger : la dialectique du proche chez J.-J. Rabearivelo, F. Ranaivo et J. Rabemanajara ». En ligne (site consulté le 30 oc­tobre 2006) URL :
http://www.lechasseur abstrait.com :ancrage :mailami.php3 ?id article=22
NAIKO Julien, Jacques Rabemananjara, écrivain et homme politique malgache. De l’ethnicité aau cosmopolitisme, thèse de doctorat de littérature comparée suos la direction de Gw. Ponnau, Université de La Réunion, 2004
RAHARIMANANA, éd, Jacques Rabemananjara. Interculturel Francophonies, Lecce, Alliance Française/Argo, à paraître en 2007


Tchicaya U Tam’si : entre militantisme et individualité
Gérald-Félix Tchicaya est né le 25 août 1931 à Mpili (Congo), fils d’Elisabeth Boanga et de Jean-Félix Tchicaya, un ancien instituteur employé dans l’administration coloniale en qualité « d’écrivain ». En 1945, son père est élu député du Moyen-Congo à l’Assemblée constituante à Paris. C’est dans ce contexte qu’il  arrive en France. En 1955, il publie son premier recueil Mauvais Sang. D’emblée, cette poésie vitaliste tourne le dos à l’esthétique de la négritude. Dès le premier vers, le poète crie sa solitude, décrit sa tristesse  dans un jeu de miroir où le spleen répond en écho à la pluie qui tombe sur la ville. En 1957, il publie son second recueil intitulé Feu de Brousse (1957), qu’il signe de son pseudonyme Tchicaya U Tam’si. Conçu comme un long « poème en dix versions », Feu de brousse  expérimente plusieurs procédés : le collage, la réécriture des légendes, l’ellipse, les ruptures de tons et institue  ainsi une rupture avec Le Mauvais sang. Ici, le poète chante le Congo et prend définitivement, à travers des vers ironiques, ses distances avec la négritude. Trois ans plus tard, il publie À triche-cœur (1960), un livre de compromis, où il concilie la quête de l’absolu du poète et le réalisme de la vie quotidienne de l’homme Tchicaya. En 1960, il retrouve l’Afrique au moment de l’indépendance du Congo démocratique. Il sera pendant trois mois le rédacteur du journal Congo publié par le Mouvement national congolais de Patrice Lumumba. C’est dans ce contexte qu’il publie Épitomé (1962). Inconsolable après la mort du nationaliste congolais, il lui consacre, en 1964, un second recueil incandescent, Le Ventre, texte du refus dans lequel  éclate la révolte du poète. Publié en 1977, La Veste d’intérieur est traversé par la mort et renoue avec la veine intimiste du Mauvais sang. C’est aussi le moment que choisit le poète pour faire ses adieux officiels  à la poésie comme genre littéraire. En 1980, il  publie un recueil de nouvelles : La Main sèche ; puis une tétralogie romanesque, Les Cancrelats (1980), Les Méduses (1982), Les Phalènes (1984), Ces fruits si doux à l’arbre à pain (1987) qui est une « réécriture » de l’histoire du Moyen-Congo de la colonisation à nos jours. Côté théâtre, en 1979, il écrit une farce : Le destin glorieux du Marchal Nnikon Nniku Prince qu’on sort. Sa dernière pièce Le Bal de Ndinga (1988), qui est une mise en scène de sa nouvelle éponyme, connaîtra un grand
succès posthume. 
Boniface MONGO-MBOUSSA

Tchicaya U Tam’si
01/ Extrait de Feu de brousse 0’19
02/ L’enfance 3’12
03/ La famille 2’00
04/ Extrait de Le mauvais sang 1’09
05/ Le départ en France 2’25
06/ Les études et les premiers écrits 0’44
07/ Extrait de Feu de brousse 1’12
08/ Les premiers poèmes 2’48
09/ Extrait de Feu de brousse 0’59
10/ La relation avec le père 3’56
11/ Extrait de Epitomé 1’32
12/ L’entrée en poésie 1’47
13/ Ahé Congo(chant) 0’29
14/ Extrait de Feu de brousse 0’42
15/ La rencontre avec Lumumba 2’28 
16/ Extrait de À triche-cœur 3’29
17/ L’écriture comme exutoire 3’38 
18/ Extrait de Le mauvais sang 1’32
19/ Écriture : exigences et contraintes 2’38
20/ Extrait de Arc musical 1’24
21/ Le refus des modèles 3’06
22/ Extrait de Epitomé 0’55
23/ La passion du Congo 1’49
24/ Extrait de Feu de brousse 2’53
(Total : 46:15)

Bibliographie de Tchicaya U Tam’si
Œuvres de Tchicaya U Tam’si
Poésie
Le Mauvais Sang, Paris, Caractères, 1955.
Feu de Brousse, Paris, Caractères, 1957.
À triche-cœur, Paris, Hautefeuille, 1958.
Épitomé, Tunis, P.J. Oswald, 1962
Le Ventre, Paris, Présence Africaine, 1964.
Art musical, Paris, L’Harmattan, 1966 [réédition en 1970 : précédé d’Épitomé, P.J. Oswald]
La Veste d’intérieur, suivi de Notes de veille, Paris, Nubia, 1977.
Le Pain ou la Cendre[réédition], Paris, Présence Africaine, 1978.
La Mauvais Sang. Feu de Brousse. À triche-cœur, [réédition] P.J. Oswald, 1970, puis L’Harmattan en 1978, 1988, 1998.

Anthologie
Légendes africaines, Paris, Seghers, 1968.

Romans
Les Cancrelats, Paris, Albin Michel, 1980.
Les Méduses ou les Orties de la mer, Paris, Albin Michel, 1982.
Les Phalènes, Paris, Albin Michel, 1984.
Ces fruits si doux de l’arbre à pain, Paris, Seghers, 1987.

Théâtre
Le Zulu, suivi de Vwène le fondateur, Paris, Nubia, 1977.
Le Destin glorieux de Nnikon Nniku, prince qu’on sort : Comédie sinistre en trois plans, Paris, Présence Africaine, 1979.

Nouvelles 
La Main sèche, Paris, Robert Laffont, 1980
L’Eau à contre-jour, inédit

Ouvrages critiques
BIYITI BI ESSAM Jean-Pierre (dir.), « Les journées Tchicaya U Tam’si », Colloque international de Yaoundé, publi-sup, 1993.
CHIAPPANO Nino (dir.), Tchicaya, notre ami : l’homme, l’œuvre, l’héritage, Paris, Présence Africaine, 1999, 191 p.
CHEMAIN Roger et CHEMAIN-DEGRANGE Arlette, Panorama critique de la littérature congolaise contemporaine Paris, Présence Africaine, 1979, 228p.
GODARD Roger, Trois poètes congolais : Maxime N’Dénéka, J. Baptiste Tati Loutard, T.U. Tam’si, L’Harmattan, Paris, 2000, [1re édition 1985] 187 p.
LAWSON-HELLU Laté Bégnon, Roman africain et idéologie : Tchicaya U Tam’si et la réécriture de l’histoire, Presse de l’université de Laval, 2005, 233 p.
MABANA Kahiudi Claver, L’univers mythique de Tchicaya U Tam’si à travers son œuvre en prose, Éditions Peter Lang, coll. « Publications universi­taires européennes » n°237, Bernes, 1998, 400 p.
PLANQUE Joël, Le Rimbaud noir : Tchicaya U Tam’si , Éditions Moreux, 2000, 159 p.
VINCENT Michel, Le monde romanesque de Tchicaya U Tam’si, Éditions Nouvelles du Sud, 2004, 133 p.

Revues
DÉVÉSA J.-M. (dir.), « Henri Miler - Tchicaya U Tam’si », Europe, octobre 1991, n4 750.
« Hommage à Tchicaya U Tam’si », L’Afrique littéraire, numéro spécial 87, 1995.
« Tchicaya U Tam’si  et la poésie congolaise », Notre Librairie n°137, Paris, Éditions ADPF, mai-août 1999.

Film
BAKER Léandre-Alain, Tchicaya, la petite feuille qui chante son pays, [film documentaire] Play Film, 2004

Ecouter Les Grandes Voix du Sud Vol 1 / Négritude & Poésie avec LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR, JACQUES RABEMANANJARA et TCHICAYA U TAM’SI (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La librairie sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouté par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com., Virginméga et iTunes.




PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 EXTRAIT DE CHANT D'OMBRE - Sédar Senghor02'37
02 LE ROYAUME D'ENFANCE - Sédar Senghor04'05
03 FEMME NUE, FEMME NOIRE (EXTRAIT DE CHANTS D'OMBRE) - Sédar Senghor01'58
04 LE BESOIN DU POèME - Sédar Senghor01'27
05 EXTRAIT DE CHANT D'OMBRE - Sédar Senghor00'41
06 LA PASSION DE LA LANGUE FRANCAISE - Sédar Senghor03'03
07 EXTRAIT DE LETTRES D'HIVERNAGE - Sédar Senghor00'54
08 LE RYTHME DU POèME - Sédar Senghor03'49
09 EXTRAIT DE CHANT D'OMBRE - Sédar Senghor00'54
10 POéSIE ET FRATERNITé - Sédar Senghor03'02
11 EXTRAIT DE LETTRES D'HIVERNAGE - Sédar Senghor00'54
12 L'HOMME FACE à LA MORT - Sédar Senghor03'13
13 L'EXTRAIT DES ETHIOPIQUES - Sédar Senghor02'42
14 LA NéGRITUDE - Sédar Senghor04'29
15 EXTRAIT DE HOSTIES NOIRES - Sédar Senghor01'19
16 LA NéGRITUDE SUITE - Sédar Senghor05'44
17 EXTRAIT DE NOCTURNES - Sédar Senghor00'53
18 NéGRITUDE ET MéTISSAGE - Sédar Senghor05'44
19 KWE DIA LAM - Sédar Senghor01'18
20 LA RENCONTRE AVEC CéSAIRE ET DAMAS - Sédar Senghor05'17
21 EXTRAIT DE ELéGIE POUR M.L. KING - Sédar Senghor03'39
22 L'ACTUALITé ET L'AVENIR DE LA NéGRITUDE - Sédar Senghor02'56
23 MUSIQUE GEORGES ANDERSON - Sédar Senghor01'46
CD 2
01 EXTRAIT DE PRELUDES - Rabemananjara00'53
02 NAISSANCE à MADAGASCAR - Rabemananjara03'04
03 EXTRAIT DE CANTATE LYRIQUE - Rabemananjara00'57
04 LE SEIGNEUR FAVORI DU DESTIN - Rabemananjara04'00
05 LE GOUT DES ETUDES - Rabemananjara02'52
06 EXTRAIT DE IN MEMORIAM RABEARIVELO - Rabemananjara00'29
07 LA REVUE DES JEUNES DE MADAGASCAR - Rabemananjara01'52
08 LES PREMIERS ECRITS - Rabemananjara00'59
09 EXTRAIT DE LES BOUTRIERS DE L'AURORE - Rabemananjara00'49
10 LE DéPART POUR LA FRANCE - Rabemananjara04'31
11 LES ETUDES à LA SORBONNE - Rabemananjara02'23
12 EXTRAIT DE CANTATE EN TON MINEUR - Rabemananjara01'04
13 LES INFLUENCES POéTIQUES - Rabemananjara01'50
14 EXTRAIT DE CANTATE SOLENNELLE - Rabemananjara00'31
15 LA FéMINITé DE L'ILE - Rabemananjara01'04
16 EXTRAIT DE LES BOUTRIERS DE L'AURORE - Rabemananjara00'29
17 LES FACTEURS D'INSPIRATION - Rabemananjara02'09
18 EXTRAIT DE ANTSA - Rabemananjara00'44
19 L'ENGAGEMENT POLITIQUE - Rabemananjara05'59
20 EXTRAIT DE ANTSA - Rabemananjara00'46
21 LES ECRITS DE PRISON - Rabemananjara00'56
22 EXTRAIT DE ANTSA - Rabemananjara00'33
23 LES ECRITS DE PRISON - Rabemananjara02'45
24 EXTRAIT DE ANTSA - Rabemananjara01'27
25 LES ECRITS DE PRISON - Rabemananjara01'33
26 EXTRAIT DE SUR LES MARCHES DU SOIR - Rabemananjara00'50
CD 3
01 EXTRAIT DE FEU DE BROUSSE - U Tam'si00'19
02 L'ENFANCE - U Tam'si03'12
03 LA FAMILLE - U Tam'si02'00
04 EXTRAIT DE LE MAUVAIS SANG - U Tam'si01'09
05 LE DEPART EN FRANCE - U Tam'si02'25
06 LES ETUDES ET LES PREMIERS ECRITS - U Tam'si00'44
07 LES PREMIERS POèMES - U Tam'si02'48
08 EXTRAIT DE FEU DE BROUSSE - U Tam'si00'59
09 EXTRAIT DE FEU DE BROUSSE - U Tam'si00'59
10 LA RELATION AVEC LE PèRE - U Tam'si03'56
11 EXTRAIT DE EPITOME - U Tam'si01'32
12 L'ENTRéE EN POéSIE - U Tam'si01'47
13 AHE CONGO - U Tam'si00'29
14 EXTRAIT DE FEU DE BROUSSE - U Tam'si00'42
15 LA RENCONTRE AVEC LUMUMBA - U Tam'si02'28
16 EXTRAIT DE à TRICHE-COEUR - U Tam'si03'29
17 L'ECRITURE COMME EXUTOIRE - U Tam'si03'38
18 EXTRAIT DE LE MAUVAIS SANG - U Tam'si01'32
19 ECRITURE, EXIGENCES ET CONTRAINTES - U Tam'si02'38
20 EXTRAIT DE ART MUSICAL - U Tam'si01'24
21 LE REFUS DES MODèLES - U Tam'si03'06
22 EXTRAIT DE EPITOME - U Tam'si00'55
23 LA PASSION DU CONGO - U Tam'si01'49
24 EXTRAIT DE FEU DE BROUSSE - U Tam'si02'53
"La Négritude en Paroles" par Matin-Plus (Le Monde)

Coédité par RFI et Culturesfrance (ministère des Affaires étrangères), Négritude et poésie est un morceau d'anthologie de notre patrimoine sonore. Léopold Sédar Senghor y revient sur sa conception de l'identité noire ou "négritude". Ainsi qu'il l'exprime dans le recueil Chants d'ombre (1945), sur le plan poétique, "l'émotion noire" s'oppose à la "raison hellène". Sa voix chaude et grave souligne la rupture et la variété des rythmes du chant, accentue le symbolisme des images, lui imprime une sensualité incantatoire. Autre poète père fondateur de la négritude, le malgache Jacques Rabemananjara raconte son parcours politique et son emprisonement par le pouvoir colonial français, durant lequel il composa Antsa(1948), un hymne à la liberté qui émut, à l'époque ses juges. Enfin, Tchicaya U Tam'si et sa poésie vitaliste marquent un tournant. Ce "Rimbaud noir", tiraillé entre quête d'absolu et réalisme, tourne le dos à l'esthétique nègre et s'en explique. MATIN PLUS (LE MONDE)





« Pour une culture de la voix » par l’Inédit

Au moment où la civilisation de l’image a un peu détrôné celle de la parole, il serait temps que l’on revienne à des enregistrements sur CD comme ceux, carrément encyclopédiques, de la « librairie sonore », qui ne se contente pas de cueillir se qui passe à sa portée, mais choisit les classiques pour l’avenir. Jamais films ou DVD ou autres nouveautés électroniques ne remplaceront les voix du passé, comme ces Grandes voix du Sud (numéro 1 avant les suivantes) que sont des poètes comme le Sénégalais Sédar Senghor, le Malgache Rabemananjara et le Congolais Lumumba en son bref temps. Ces premiers CDs de poètes mythiques disant leurs propres textes sont un trésor, que l’éditeur a intitulé « Négritude et poésie ». Nul doute que les « volumes » suivants nous révéleront aussi des parts trop ignorées de la planète poésie. Je maintiens depuis très longtemps que l’oralité est importante. Tous les poètes ne sont pas leurs meilleurs interprètes, mais ici on ne pouvait trouver mieux. C’est à ranger soigneusement auprès des grands livres classiques. L’INEDIT




Les clients qui ont acheté ce produit ont également acheté...