LA POLITIQUE EST-ELLE ESCLAVE DE LA FINANCE ?

CHRISTINE LAGARDE & JEAN-PAUL FITOUSSI

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Nombre de CDs : 2


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En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

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Economiste néo-keynésien, Jean-Paul Fitoussi fustige la résignation devant les oukases du marché pour en appeler au volontarisme des Etats. Ministre libérale, Christine Lagarde veut croire qu'une intervention plus limitée sera plus intelligente. A l'ombre des marchés, deux intelligences cherchent à éviter le renoncement.
Laurent Joffrin – Libération

« La radio ou la télévision proposent en général des débats duels, où le formatage du média et le nombre de questions posées empêchent quasi systématiquement les intervenants de développer des idées parfois complexes.
Tout l’intérêt du Forum Libération de Grenoble est de proposer un débat sur une seule problématique, qui donne aux interlocuteurs la liberté de s’exprimer totalement, d’approfondir et de donner au public tout l’enjeu intellectuel de la question et parfois même de la réponse. » 
Patrick Frémeaux

Les débats proposés dans ces CDs ont été enregistrés en public, leur qualité sonore est donc inférieure à celle obtenue en studio.

Le grand succès du Forum de Grenoble découle de la qualité des intervenants, plus de cent personnalités venues de tous les horizons pour restaurer la légitimité du débat politique en France. Nous leur exprimons notre gratitude. Mais cet événement n’aurait pas pu avoir lieu sans le dévouement de l’équipe de Libération réunie autour de Max Armanet et sans l’engagement de la rédaction toute entière. Merci aussi à ceux qui, sur place, ont rendu ce Forum possible : la MC2 de Grenoble et la Bifurk, la municipalité dirigée par Michel Destot, le Conseil Général de l’Isère présidé par André Vallini et la Région Rhône-Alpes dirigée par Jean-Jack Queyranne.

Droits : Coffret 2 CDs – enregistré en direct du Forum Libération de Grenoble, sept. 2007. Restauré, masterisé, fabriqué et commercialisé par le Groupe Frémeaux Colombini SAS, en accord avec les ayants-droit (Christine Lagarde & Jean Paul Fitoussi), pour le compte des coéditions Libération – Frémeaux & Associés.
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La politique est-elle esclave de la finance?

La politique est-elle esclave de la finance?
Christine Lagarde & Jean-Paul Fitoussi









La politique est-elle esclave de la finance ?
Jean-Paul Fitoussi et Christine Lagarde
Animé par Grégoire Biseau

Au lendemain de cette conférence, Grégoire Biseau, qui en était le modérateur, publiait l’article suivant : Gouvernement : la croissance Mordicus par Grégoire BISEAU (Libération)

Malgré des indicateurs au rouge, Matignon et Bercy continuent d’assurer que l’aug­mentation du PIB dépassera 2 % cette année. «Si la croissance mollit aujourd’hui, eh bien, on va la durcir.» Hier, à Grenoble, où Libération organise son forum Vive la politique jusqu’à demain, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a tenu à marteler que l’objectif de croissance du gouver­nement pour 2007 (entre 2 et 2,5 %) était encore parfaitement réaliste. Quitte à y mettre un peu de mauvaise foi. Car en marge du forum, à une journaliste qui lui demandait si le gouvernement «devait s’inquiéter des mauvais chiffres récents», la ministre a fait sa maligne en répondant : «Mais quels mauvais chiffres? Il n’y a pas de mauvais chiffres.» En l’espace d’une semaine, l’OCDE puis la Commission euro­péenne ont chacune fortement révisé à la baisse les prévisions de la crois­sance française, respectivement à 1,8 % et à 1,9 %. Des réajus­tements d’autant plus préoccupants qu’ils n’intègrent pas les effets de la crise financière de cet été, et donc par le très probable ralen­tissement de la croissance américaine et ses effets sur l’UE. «On sera probablement dans le bas de la fourchette à la fin de l’année. On est donc dans l’épaisseur du trait», a tenté de minimiser la ministre, à l’occasion d’un débat qui l’opposait à Jean-Paul Fitoussi, le président de l’OFCE, le centre de recherche en économies de Sciences-Po. «Connerie». Dans l’entourage de la ministre, on finit même par s’agacer de ce début de polémique. «Tout cela c’est de la connerie. On parle de 0,1 et 0,2 point de différence. C’est marginal.» La ministre a même trouvé une raison de ne pas désespérer puisque l’Insee a revu à la hausse la création d’emplois salariés (+ 54 000 postes) au deuxième trimestre. Soit une progression de 1,7 % sur un an. «Cela veut bien dire que la croissance française est plus vigou­reuse qu’on le dit», se satisfait-on à Bercy. Un enthousiasme que mo­dèrent plusieurs économistes : ce chiffre «plutôt bon [qui] constitue plus un soulagement qu’un exploit, ne doit pas faire oublier les difficultés du marché de l’emploi», a commenté Alexander Law, chef économiste du cabinet d’analyse Xerfi. «Chardons». En tout cas, le déplacement aujourd’hui de Christine Lagarde à Porto, où elle retrouvera tous ses collègues des Finances de l’UE, ne sera pas des plus confortables (lire page ci-contre). «On ne va pas être accueilli avec des roses, c’est sûr. Mais pas avec des chardons, non plus», essaie-t-on de relativiser à Bercy. Car chaque dixième de point de croissance perdu, c’est un déficit budgétaire qui enfle un peu plus. Or en faisant voter son paquet fiscal au début de l’été (qui devrait coûter 15 milliards d’euros en année pleine), le gouvernement sait qu’il ne dispose plus d’aucune réserve pour compenser les baisses de rentrée fiscale. «La Com­mission veut des actes. Et elle considère que les réformes struc­turelles qu’elle attend du gouvernement français tardent à venir. Mais c’est normal, on ne peut pas tout faire en quatre mois. L’Allemagne est bien placée pour savoir que cela prend du temps», explique-t-on dans l’entourage de la ministre. «Délicate». En tout cas, hier après-midi sur l’estrade du grand auditorium de la maison de la culture de Grenoble, la ministre a trouvé en Jean- Paul Fitoussi un soutien compatissant. «Quels sont les critères de la vertu en Europe ? C’est la réforme structurelle et l’équilibre budgétaire, alors qu’on pourrait penser que ce sont la croissance et l’emploi», a-t-il déclaré. Avant de s’adresser direc­tement à Lagarde : «Je comprends que vous allez être dans une situation délicate. Mais il s’agit d’un problème qui devrait être résolu par une négociation, au sein du conseil européen, pour définir une fois pour toutes la hiérarchie des critères [de la performance économique, ndlr] en Europe.» La ministre était tout sourire. Evidemment.
Grégoire BISEAU, Libération 14/09/2007
© 2008 Libération - Frémeaux & Associés

Jean-Paul Fitoussi, Président de l’Office français des conjonctures éco­nomiques.
Ma réponse courte est oui, mais seulement si la politique y consent ! Après la crise qui a marqué l’été, la question posée peut paraître paradoxale : les marchés financiers ont lancé un appel de détresse au politique, et c’est à la parole des banquiers centraux, en principe encastrés dans l’ordre démocratique, que les marchés se vouent pour éviter la catastrophe. La fonction supposée des marchés est de coordonner les plans futurs des agents économiques. Parce que l’on imagine que cette mission est aisément accomplie, la rhétorique prend le pas sur la réalité : les marchés financiers seraient capables d’évaluer les conséquences futures des décisions présentes, et donc de sanctionner les agents, y compris publics, dont les politiques seraient mauvaises. Leur magistère rendrait ainsi seconde la souveraineté des Etats. Les crises financières récurrentes montrent à quel point, au contraire, ils peuvent se tromper systématiquement, à quel point leur connaissance du présent et, a fortiori, du futur est lacunaire. Ils ont dès lors besoin de repères, que seul l’Etat peut donner : ce sont la valorisation des actifs sans risques (la dette publique) et le taux d’intérêt à court terme qui, de concert avec les interventions des banques centrales, définissent la liquidité du marché. On pourrait donc penser à une dialectique maître-serviteur entre la finance et la politique, s’il n’existait un maître en dernier ressort, qui est la Banque centrale.
Jean-Paul FITOUSSI, Libération cahier spécial du 13/09/2007
© 2008 Libération - Frémeaux & Associés

Christine Lagarde, Ministre de l’Economie.
Chercher à établir une hiérarchie entre le politique et le financier, c’est mal poser le problème. Un marché laissé à lui-même ne peut que déboucher sur la confusion, souvent au détriment de l’économie de marché elle-même. A l’inverse, quand le politique cherche à diriger l’économie, il lui impose des plans artificiels qui finissent par l’asphyxier. D’un côté, le marché se voudrait omnipotent ; de l’autre, le politique se croit omniscient. Opter pour un juste milieu est une facilité intellectuelle, souvent choisie par la gauche, qui reprend la vision désormais archaïque de deux forces antagonistes en présence. L’histoire le montre : le marché et le politique doivent s’entraider de manière pragmatique. Le politique fixe au marché des règles qui lui permettent de mieux fonctionner, en soutenant la concurrence, en imposant la transparence, en assurant la sécurité des contrats, en facilitant la circulation de l’information, en régulant les échanges. Pour remédier aux excès du marché il ne faut pas moins de marché, mais plus de marché ; ce plus, seul l’Etat peut le donner. Quant au marché, il fournit au politique non seulement des fonds (sans la libéralisation des marchés de capitaux, les Etats ne pourraient gérer leur dette et seraient en crise permanente), mais aussi le tissu économique sur lequel un pays peut prospérer, et l’Etat opérer sa redistribution. Sans le marché, l’Etat resterait une coquille vide. Le jeu des intérêts contribue à l’intérêt général, et l’intérêt général garantit le jeu des intérêts.
Christine LAGARDE, Libération cahier spécial du 13/09/2007
© 2008 Libération - Frémeaux & Associés

Ecouter La politique est-elle esclave de la finance? avec Christine Lagarde et Jean-Paul Fitoussi (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore est partenaire de Radio France, Radio France Internationale, L’Institut National de l’Audiovisuel, l’Assemblée Nationale, l’Historial de la Grande Guerre, le Mémorial de Caen et assure l’édition sonore d’ouvrages en accord avec les ayants droit ou les successions ainsi que les grands éditeurs (les éditions Gallimard, Grasset, Plon, Le Seuil,…). Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La Librairie Sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouter par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com, Virginméga et iTunes.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 La politique est-elle esclave de la finance ? 1 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi02'52
02 La politique est-elle esclave de la finance ? 2 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi05'32
03 La politique est-elle esclave de la finance ? 3 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi04'26
04 La politique est-elle esclave de la finance ? 4 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi04'15
05 La politique est-elle esclave de la finance ? 5 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi05'27
06 La politique est-elle esclave de la finance ? 6 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi04'26
07 La politique est-elle esclave de la finance ? 7 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi04'41
08 La politique est-elle esclave de la finance ? 8 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi02'53
09 La politique est-elle esclave de la finance ? 9 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi03'17
10 La politique est-elle esclave de la finance ? 10 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi05'40
11 La politique est-elle esclave de la finance ? 11 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi05'27
12 La politique est-elle esclave de la finance ? 12 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi04'04
13 La politique est-elle esclave de la finance ? 13 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi04'00
CD 2
01 La politique est-elle esclave de la finance ? 14 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi04'06
02 La politique est-elle esclave de la finance ? 15 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi03'34
03 La politique est-elle esclave de la finance ? 16 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi05'37
04 La politique est-elle esclave de la finance ? 17 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi06'01
05 La politique est-elle esclave de la finance ? 18 - Christine Lagarde / Jean-Paul Fitoussi06'50
" La politique est-elle esclave de la finance ? " par Optimum

« Grande argentière ». Cette nouvelle expression a fait irruption dans le jargon politique par la grâce de la nomination de Christine Lagarde au ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi. La formule va comme un gant à cette femme qui règne sur 400 milliards d’euros de dépenses publiques. Grande, Christine Lagarde l’est par la taille, nous verrons vite si elle l’est aussi par le talent, tant les pièges en tout genre jalonnent sa route. Argentière ? Avant d’entrer en politique, Mme Lagarde dirigeait à Chicago un des premiers cabinets d’avocats mondiaux (4400 collaborateurs dans 35 pays), dont elle a gravi tous les échelons en vingt-cinq ans de carrière. Sous sa présidence, Baker & McKenzie a augmenté son chiffre d’affaires de 50 %, pour clôturer l’exercice 2004 à 1,228 milliard de dollars. Si la longue dame grisonnante de Bercy jongle donc depuis longtemps avec les zéros et les micros, les questions de « L’Optimum » l’ont quand même surprise. Tant mieux, on est là pour ça.
L’Optimum : Pourquoi y a-t-il, dans la classe politique française, une telle réticence à parler d’argent ?
Christine Lagarde : Je crois que, au-delà même du monde politique, nous avons, nous, Français, du mal à parler de réussite professionnelle et financière. Dans le monde anglo-saxon, on évoque facilement la question de la rémunération des uns et des autres. Quand on parle avec des hommes d’affaires chinois aussi, on constate qu’ils n’ont aucun complexe à parler d’argent.
O : Les Français trouvent même vulgaire cette manière qu’ont parfois les Américains de juger l’autre en fonction de ce qu’il gagne.
CL : Oui, pour des raisons historiques et culturelles. L’Eglise catholique a marqué de son empreinte notre rapport à l’argent. La chevalerie française voulait aussi qu’on manie les armes, mais surtout pas le porte-monnaie. Les activités liées à l’argent n’ont jamais été considérées comme nobles dans notre pays.
O : Vous aimeriez que les mentalités changent ?
CL : Je voudrais, en effet, plus de transparence et moins de suspicion. Quand on ne sait pas, on imagine… C’est pour cela qu’il vaut mieux tout mettre sur la table. […]
O : Ne serait-il pas plus sain que les responsables politiques français gagnent mieux leur vie ?
CL : La proposition du président de la République de mettre entre les mains du Parlement le niveau de sa rémunération est excellente. Et qu’il y ait une hiérarchie des salaires me paraît normal.
O : Le président doit gagner plus que son Premier ministre qui doit gagner plus que ses ministres ?
CL : Il faut une corrélation entre la responsabilité, les risques et la rémunération. Devrait-on gagner plus ? Dans le métier que l’on fait, il y a une part de service. A un moment de sa vie, on peut décider de mettre entre parenthèses ses ambitions personnelles pour servir son pays. Notre mission est tellement exaltante que cela vaut bien quelques contreparties. Je précise enfin que les rémunérations des hommes politiques français correspondent à celles qui ont cours chez nos voisins européens.
O : Vous avez divisé votre salaire par dix en quittant la direction de votre cabinet d’avocats américain pour devenir ministre. Pourquoi un tel sacrifice ?
CL : J’ai une fascination pour la politique qui vient de loin. Mon père a été très actif dans ce secteur, et je crois assez au dicton qui dit qu’on passe sa vie à tuer son enfance. Par ailleurs, j’ai l’amour de la France, que j’ai trop vue critiquée, vilipendée, notamment lorsque je vivais à l’étranger. Si mon action, en liaison bien sûr avec celle de Nicolas Sarkozy, permet à la France de jouer au-dessus plutôt qu’au-dessous de ses capacités, ce serait formidable.
O : Où est le vrai pouvoir dans notre pays ? Entre les mains des politiques ou entre celles des patrons ?
CL : Il y a un subtil partage entre les deux. J’ai constaté qu’en période de grosses turbulences financières on se tourne vers la politique, vers la Banque centrale européenne, vers les gouvernements. On apprécie le rôle régulateur de l’Etat.
O : Dans la pratique, qui courtise qui ?
CL : Cela dépend. Je vais vous donner un autre exemple. Je veux refaire de Paris une place boursière importante. Pour cela, j’ai besoin des acteurs majeurs de la banque et de la finance. Il faut qu’ils participent au mouvement, fassent des propositions pour attirer les investisseurs étrangers et les sécuriser. Il y a donc, dans ce cas de figure, un dialogue fécond entre le public et le privé.
O : Aux Etats-Unis, le pouvoir financier domine le pouvoir politique…
CL : Les mœurs sont plus brutales outre-Atlantique. Elles sont l’antidote de la régulation. Chez nous, le système est plus contraignant, mais ainsi plus humain.
O : Vous qui avez longtemps vécu aux Etats-Unis, êtes-vous heureuse de voir se réchauffer les relations entre la France et l’Amérique ?
CL : Joséphine Baker chantait « J’ai deux amours, mon pays et Paris ». Si ma patrie est la France, j’ai de la sympathie pour l’Amérique, et même de l’admiration pour certains de ses mécanismes. Je pense qu’elle a à apprendre de l’Europe, par exemple sur la question de la protection sociale. Mais j’estime aussi que nous avons à nous inspirer d’elle, notamment en matière de libération des énergies.  […]
Yves DERAI – OPTIMUM




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