LA BONNE CHANSON AU QUEBEC

REPERTOIRE FRANCAIS 1925-1955

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Nombre de CDs : 4


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FA5213

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Le mouvement de La Bonne Chanson, initié par Théodore Botrel et l’Abbé Gadbois s’exprima comme la manifestation patriotique du Québec qui devait résister à l’envahissement culturel anglophone.
Conjugaison de la lutte pour la sauvegarde de la langue française et d’une présence ecclésiastique notoire, le genre défendant un retour aux sources s’est affirmé pendant des décennies comme le levier culturel francophone majeur d’un océan à l’autre. Martin Duchesne, gardien et spécialiste de l’histoire de l’enregistrement au Québec, donne à écouter sur 4 CD la centaine de titres qui constituent le panorama identitaire de ce mouvement musical du Canada francophone.
Patrick Frémeaux & Claude Colombini


CD1 : Ah ! si mon moine voulait danser • Marie Madeleine • Bonhomme bonhomme! • V’là l’bon vent • Le p’tit avocat • C’est l’aviron • L’alouette du matin • Le bon roi Dagobert • Le temps des sucres • Souvenirs d’un vieillard • Un canadien errant • La chanson des blés d’or • Il faut croire au bonheur • Le petit Grégoire • Ah ! toi, belle hirondelle • Élégie • Tu danses bien Madeleine • Le laboureur • Isabeau s’y promène • À la claire fontaine • La prière en famille • Ça fait peur aux oiseaux •J’entends le moulin • Mon merle • Sur la route de Berthier
CD2 : Au bord de la rivière • Dans les prisons de Nantes • L’épluchette • La fontaine de Caraouet • La chère maison • Ne fait jamais pleurer ta mère • Margoton • Envoyons d’l’avant de nos gens • Vive la Canadienne • Chant du Réveil rural • Cadet Roussel • Le marchand de velours • Youppe ! youppe ! sur la rivière • Dans leurs petits sabots • Le bal chez Boulé • J’ai du bon tabac • Fringue! fringue! sur la rivière • Au fond des campagnes • C’est la belle Françoise • La cabane à sucre • J’ai cueilli la belle rose • Le fils du roi s’en va chassant • Notre-Dame du Canada • Dans Paris y’a t’une brune • Le credo du paysan
CD3 : Le petit prince • En passant par la Lorraine • Ô Magali • À Saint-Malo, beau port de mer • Quand il neige sur mon pays • Les cloches du hameau • Rêvez • Fais dodo, mon p’tit gars • Hymne à Dollard • La poule à Colin • Malbrough s’en va-t’en guerre • Trois fois passera • L’angélus de la mer • Partons la mer est belle • Les filles de la Rochelle • De sa mère on se souvient toujours • C’était Anne de Bretagne • La bonne aventure, Ô gué ! • Veillée rustique • Marie Calumet • Légende canadienne • J’ai un beau château • Madeleine Madelon • Les filles de Saint-Constant • Ferme tes jolis yeux
CD4 : Je le mène bien mon dévidoi • L’alouette chanta le jour • Le coeur de ma mie • J’ai tant dansé • Ô Carillon • Lettre de René Goupil à sa mère • Les noces de Maria Chapdeleine • Meunier tu dors • Gai lon la, gai le rosier • Il pleut bergère • Ô Canada, mes pays, mes amours • Quand j’étais chez mon père • La légende des flots bleus • Il était un petit navire • Marianne s’en va-t-au moulin • Alouette, gentille alouette • Le petit mousse • La chanson de l’adieu • Ma Normandie • Dors ma colombe • C’est maman • Rêves canadiens • La feuille d’érable • Ô Canada, Terre de nos aïeux • Les noms canadiens.

The movement of La Bonne Chanson, prompted by Théodore Botrel and Father Gadbois, expressed Quebec’s patriotism against the invasion of English-speaking culture. 
Combining the struggle to safeguard the French language and an ecclesiastical presence, the movement went back to its roots and acted as the lever of French-speaking culture for many years. 
In this 4 CD set, Martin Duchesne, specializing in the history of recording in Quebec, presents one hundred titles which form the panorama of this musical movement in French-speaking Canada.

Patrick Frémeaux & Claude Colombini

Droits : Frémeaux & Associés - The Canadian Frémeaux heritage sous licence de 21 productions - Martin Duchesne."

La Bonne chanson

La Bonne chanson
Répertoire français au Québec 1925-1955
100 chansons 37 interprètes
Coffret 4 cds








MOT DE L’ÉDITEUR
Le mouvement de La Bonne chanson, tel que vous le découvrirez est le prolongement de multiples manifestations patriotiques au Québec. Expression du désir de résister à l’envahissement culturel anglophone par un retour aux sources, aux valeurs traditionnelles et aux chansons qui les évoquaient, le folklore est à la base même des Soirées de famille (1898-1902) d’Elzéar Roy, des Soirées du bon vieux temps (1919) de Marius Barbeau et des Veillées du bon vieux temps (1921-1941) de Conrad Gauthier; des soirées organisées au Monument-National et à la salle Saint-Sulpice, rue Saint-Denis, à Montréal. Dans un passé pas si lointain, le dernier témoignage du genre, fut Soirée canadienne, à la télévision, avec le jovial Louis Bilodeau, en provenance de CHLT à Sherbrooke dans les années 70 et 80; la dernière initiative du genre qui permettait de rassembler tout le Québec et les régions en musique.

Du barde breton Botrel en passant par Larrieu, Marchand et Gadbois, nous pouvons compter sur un héritage estimé à plus de 1200 chansons que nous qualifierons d’ADN musical de notre culture. Notre sélection, 100 chansons,  n’est pas aléatoire. Les titres sélectionnés sont parmi les plus saillants de La Bonne chanson de Botrel et de La Bonne chanson de l’abbé Gadbois. Le coffret que vous possédez offre le témoignage discographique le plus vaste et complet jamais édité sur ce phénomène qui a profondément marqué la vie musicale et culturelle au Québec pendant plus de 50 ans. C’est sans contredit, l’influence et le mouvement musical le plus fort que le Québec ait connu à ce jour.

Conjugaison de lutte pour la sauvegarde de la langue française et d’une présence ecclésiastique notoire, le mouvement de La Bonne chanson, contre toute attente, sera pendant des décennies, le levier culturel  francophone le plus important au Québec et même d’un océan à l’autre.

C’est un voyage fascinant dans un univers de valeurs et d’émotions exprimées à la façon d’une autre époque, mais qui touchent ce que nous sommes fondamentalement.

Nous souhaitons que ces chansons puissent raviver des joies et des souvenirs dans la mémoire des plus vieux et que les plus jeunes s’y attardent et les chantent à leur tour.
Martin DUCHESNE & Patrick FREMEAUX


La Bonne chanson de l’abbé Gadbois
En passant par la Lorraine
avec mes sabots,
En passant par la Lorraine
avec mes sabots,
Rencontrai trois capitaines
avec mes sabots dondaines,
Oh, oh, oh, avec mes sabots...

Cette chanson vous rappelle de doux souvenirs? Beaucoup de Québécois ont grandi avec les airs de La Bonne chanson et aujourd’hui encore, plusieurs mélodies telles que Partons la mer et belle, C’est l’aviron qui nous mène ou encore V’là l’bon vent leur reviennent en mémoire. Louise Courteau, éditrice est propriétaire de La Bonne chanson depuis 1991. « C’est vraiment un grand cadeau que je me suis fait pour le dixième anniversaire de ma maison d’édition. C’est un patrimoine qui me tenait beaucoup à cœur, parce que ces chansons font partie de mon enfance et de mon apprentissage de la musique, comme pour des milliers de Québécois. »

La promotion de la chanson française
C’est le 14 octobre 1937 que l’abbé Charles-Émile Gadbois a fondé La Bonne chanson dans le but de diffuser la chanson française et de contrer l’invasion massive de la chanson américaine. Dès janvier 1938, l’abbé Gadbois a fait connaître La Bonne chanson en la diffusant parmi toutes les populations francophones de l’Amérique du Nord. L’abbé Gadbois s’est rendu en France à plusieurs reprises pour rencontrer la plupart des éditeurs de chansons.

C’est au cours de ses nombreux voyages qu’il a signé les ententes nécessaires et acquitté l’achat des droits pour l’édition de plusieurs centaines de chansons déjà populaires en France; On n’a pas tous les jours vingt ans, Voulez-vous danser grand-mère ?, Le vers luisant. Il ne faut pas oublier qu’à cette période, en 1939, la guerre venait d’éclater. Nous n’étions plus approvisionnés de musique en feuilles par la France. Le transport par bateau était limité au matériel militaire et peu de Français avaient vraiment le goût de chanter… L’initiative de l’abbé Gadbois a permis aux Canadiens-Français de s’abreuver directement à la source de la chanson française inspirante.

C’est à la même période que le Comité Catholique de l’Instruction Publique de la Province de Québec a approuvé les recueils de La Bonne chanson et encouragé la diffusion dans toutes les écoles de la province de Québec. Le projet de l’abbé Gadbois a retenu l’attention des publicitaires dès sa fondation en 1939. L’abbé était lui-même passé maître en marketing.

Plusieurs entreprises, telles que Proctor & Gamble, Kellogg’s et le Bulletin des Agriculteurs, remettaient en prime des recueils de chansons à leurs clients. Une boîte de savon, un recueil de chansons ! Les ménagères s’échangeaient les recueils qu’elles avaient en double… pour que les enfants en profitent au maximum. C’était comme les échanges de cartes de joueurs de hockey… Un sport en soi !

Le succès ne s’arrête pas là pour La Bonne chanson. Une première série de disques a été enregistrée par la compagnie RCA VICTOR dès 1938. Toujours dans le but de promouvoir la chanson française et le fait français au Canada, l’abbé Charles-Émile Gadbois, et son frère Raoul, fondent le poste de radio C.J.M.S., à Montréal en 1954, où l’on diffusera La Bonne chanson. Excellente vi­trine pour les albums de La Bonne chanson et pour les disques qui tournent à la journée longue. Parents, enfants et éducateurs, l’oreille collée à la radio, apprennent par cœur les chansons nou­velles. (C.J.M.S. est l’abréviation de Canada Je Me Souviens).

De grands changements
Après avoir publié 536 chansons, l’abbé Gadbois a dû vendre, devant l’insistance des autorités du diocèse de Saint-Hyacinthe, aux Frères de l’Instruction Chrétienne, en janvier 1955, l’entreprise qu’il avait fondée et dirigée avec tant d’amour et de dévouement. Toutes les mélodies de La Bonne chanson de l’abbé Gadbois, étaient d’inspiration catholique, devaient promouvoir les valeurs familiales et répandre la joie de pouvoir chanter avec ceux qu’on aime. On disait même « Les chansons de l’abbé Gadbois ».

Le Québec en entier a aidé l’abbé à bâtir son œuvre. Des personnalités importantes, tant au niveau musical que politique, dont le maire de Montréal Camilien Houde, Wilfrid Pelletier, chef d’orchestre de l’OSM, ainsi que des notaires, curés et enseignants religieux et laïques. Certains  lui suggéraient des chansons d’auteurs et de compositeurs inconnus qui vivaient dans les campagnes.

L’abbé a beaucoup voyagé à travers la province pour recueillir ce qui lui semblait digne d’intérêt. L’abbé était un musicien chevronné et un arrangeur d’expérience. Il a aussi composé entre autres sous les pseudonymes de Do-Mi-Sol et de Paul Arel.

La Bonne chanson était au programme scolaire de toutes les écoles du primaire. Sa pénétration était telle qu’aucune autre entreprise d’éditions musi­cales n’a jamais pu égaler ses records de vente. 

Mission actuelle
Aujourd’hui, Louise Courteau, éditrice, poursuit le mandat du fondateur : la promotion de la chanson française pour que la tradition se perpétue. « Le répertoire comporte onze albums remplis de chansons mélodieuses, en plus de toute une série de chansons pour les jeunes. Quand un album est épuisé, je le réimprime pour que ce répertoire soit toujours disponible », nous dit l’éditrice. Depuis son acquisition de La Bonne chanson, Louise Courteau s’emploie à publiciser ce patrimoine musical et souhaitait immortaliser au moyen de supports technologiques modernes, tout le catalogue de La Bonne chanson.
La diva des maternelles, Carmen Campagne, a bien compris cet attrait et enregistre régulièrement des chansons du répertoire jeunesse de La Bonne chanson. De nos jours, le répertoire de La Bonne chanson est encore bien vivant. Les cahiers sont toujours disponibles dans les librairies et les magasins de musique tant au Québec qu’en Nouvelle-Angleterre.
Chanter La Bonne chanson, c’est se souvenir de l’âme profonde de notre récent passé. Souvenir d’un vieillard, ça vous rappelle quelque chose ?
© 2002, Texte reproduit avec l’aimable autorisation des Éditions de La Bonne chanson Inc.

LA BONNE CHANSON
Voici en quelques pages, l’histoire de La Bonne chanson, de ses débuts en terre bretonne jusqu’à chez nous; l’histoire d’un peuple qui veut sauvegarder sa langue et d’une lutte engagée contre la mauvaise et la bonne chanson. Il faut remonter au début du XXe siècle pour trouver les origines de ce mouvement qui a pris naissance en Bretagne. Né à Dinan, Théodore Botrel (1868-1925) passe son enfance en Bretagne puis s’en va vivre à Paris avec son père. Devenu fonctionnaire, il commence vers 1890 à composer et à se produire dans des cafés-concerts. La Paimpolaise, chanson qu’il a composée pour le célèbre Félix Mayol, devint un très grand succès. Fier d’une certaine popularité, il débute sa propre carrière d’interprète. Misant à fond sur son image de barde breton, Théodore Botrel se fait le porte-parole d’organismes qui militent pour la sauvegarde de la culture et des traditions bretonnes qu’ils croient menacées par le pouvoir central français. À ces revendications politiques s’ajoute une lutte contre l’amoralisme des chansons de cafés-concerts. C’est dans cette mouvance que Théodore Botrel fonde en 1907 la revue La Bonne chanson. Il y publie ses chansons et ses pièces de théâtre mais aussi des textes de chansonniers exprimant la beauté des provinces françaises. Outre celui de faire connaître le patrimoine musical au plus grand nombre de gens, la mission de la revue est de diffuser des valeurs moralisatrices et de faire de la Bretagne, l’étendard de la «vraie » France, celle qui est restée fidèle à ses traditions religieuses. La nature, la mer, la société paysanne, les légendes catholiques et bretonnes y sont dé­peintes pour susciter l’amour de la patrie. Avec l’appui du clergé, la revue est rendue obligatoire dans les écoles et les enfants font la propagande du mouvement en vendant des abonnements.

Cette lutte des Bretons pour la survivance de leur culture et de leurs traditions trouva rapidement des sympathies toutes naturelles chez les Québécois.  Lorsque Théodore Botrel viendra pour la première fois au Québec entre mars et juillet 1903, année de la grande Exposition de Montréal, la revue montréalaise Le Passe-temps affiche sa photo en première page et publie, dans les mois qui suivent, sept de ses chansons. Sa présence fait grand effet dans les milieux nationalistes qui tentent depuis plusieurs années de redonner au français une place prépondérante au théâtre et dans la chanson, particulièrement à Montréal où l’anglais domine le milieu culturel. L’œuvre de Botrel sera à partir de ce moment, diffusée dans le cadre des activités de nombreux cercles dramatiques et associations patriotiques. Par exemple, la troupe de théâtre Le Cercle du Drapeau, fondée en 1901 par le fol­kloriste Conrad Gauthier, monte la pièce Le poignard (de Botrel) en 1904. À Montréal, la revue La Bonne chanson est en vente chez Granger Frères et Beauchemin dès sa création et est distribuée au Québec dans les écoles où le répertoire de Botrel, à la suggestion du premier ministre Wilfrid Laurier, est devenu obligatoire.

Théodore Botrel effectue une deuxième tournée en Amérique du 15 janvier au 15 avril 1922. Après son passage au Théâtre Saint-Denis le 16 janvier, il se produit dans plusieurs villes du Québec et enre­gistre à Montréal une douzaine de chansons (six 78 tours) pour le label His Master’s Voice. Théodore Botrel est décédé le 26 juillet 1925. Proche ami du barde depuis 1903, Albert Larrieu (1872-1925) écrit des chansons avec lui en plus de lui organiser des tournées. Durant la Première Guerre mondiale, Larrieu conçoit le projet d’aller en Amérique afin de « neutraliser » les effets de la propagande pro-allemande que bien des Français croyaient déceler aux États-Unis. Arrivé à New York en septembre 1916, il entre en contact avec la communauté francophone de la Nouvelle-Angleterre. À son arrivée à Montréal en mai 1917, il est immédiatement séduit par le Québec et y demeurera cinq ans. En plus de défendre les valeurs morales et traditionnelles, il se fait le défenseur des Canadiens-français et de leur combat de survivance contre le Canada anglais. Les chansons de Larrieu sont diffusées par plusieurs éditeurs locaux, dont Archam-bault Musique et enregistrées par des artistes québécois, dont Hector Pellerin, Louis Chartier, Émile Gour, Joseph Fournier de Belleval et Madeleine Cardinal. 

Dans le présent corpus plusieurs titres sont de la plume de Larrieu : La cabane à sucre, Dans leurs petits sabots, L’épluchette et La feuille d’érable. L’abbé Gadbois lui a emprunté la musique de La soupe aux pois pour écrire son thème d’émission radiophonique Le Quart d’heure de La Bonne chanson, qu’on entendra à Radio-Canada et plus tard à CKAC. Arrive Charles Marchand (1890-1930) né à Saint-Paul l’Ermite, fonctionnaire au gouvernement fédéral et étudiant en chant. Il s’amène à Montréal en 1919 avec un répertoire fortement influencé par Botrel. Initié par Oscar O’Brien au patrimoine folklorique, Marchand se fait un ardent défenseur de La Bonne chanson et fonde le magazine Le Carillon canadien, qui devint La Lyre en 1926, afin d’en assurer la diffusion. Très attaché à la promotion du folklore traditionnel, Marchand fut à l’avant-garde. Plusieurs de ses enregistrements réalisés à New York chez Columbia, nécessitaient un  accompagnement d’un pupitre de cuivres, soixante-cinq ans avant que la Bottine souriante introduise ce concept « novateur»  dans ses interprétations. En 1937 se tenait à Québec le deuxième Congrès de la langue française. L’Église et la bourgeoisie déploraient que la chanson folklorique traditionnelle avait cédé le pas à de nouvelles compositions utilisant un langage trop populaire ; on parlait de La Bolduc et d’Ovila Légaré. On cherchait de plus à mettre de l’avant les valeurs morales chrétiennes.  

C’est dans cet esprit que l’abbé Charles-Émile Gadbois, natif de Saint-Hyacinthe (1er juin 1906 - 24 mai 1981), alors maître de la classe de musique du Séminaire de Saint-Hyacinthe, pro­posa au supérieur de la congrégation, le projet de La Bonne chanson. Il reprend en substance le modèle qui avait fait le succès de Botrel en France. L’abbé Gadbois obtient sans délais l’appui du Comité catholique de l’Instruction Publique de la Province de Québec, rendant obligatoire son répertoire dans les écoles. La Bonne chanson du maskoutain devient un auxiliaire du clergé dans son œuvre de propagation de la foi et de la sauvegarde de la langue française. Au-delà de la dimension religieuse, La Bonne chanson propage des vertus socio-culturelles. Par le contenu des chansons et les stratégies de diffusion, elle renforce l’unité familiale. Une famille qui chante est une famille unie..., présente un pays paradisiaque à protéger des influences étrangères, avec ses héros, son drapeau et sa langue. Elle désire ainsi com­battre les mauvaises influences de la chanson fri­vole d’origine fran­çaise, les valeurs trop mo­dernes et américaines. En définitive, elle vise, comme l’œuvre de Botrel, à écarter les forces assimilatrices venant de l’étranger. Le premier cahier de La Bonne chanson voit le jour en 1939. Il y en aura onze autres, comprenant chacun 50 chansons. Tous de grands succès de vente, ces cahiers ont été réédités plusieurs fois sur une période de 40 ans et sont encore disponibles aujourd’hui chez l’éditrice Louise Courteau. Il importe de dire que des millions de partitions ont été imprimées et diffusées. À ce jour, il s’agit en­core du plus grand « success story » de la petite histoire de l’édition musicale au Québec. À cette époque, la plus importante maison d’édition musicale du XXe siècle au Québec, La Bonne chanson, éditait également des recueils pour les écoles du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick, des cahiers de répertoire de chansonniers, des recueils de chansons pour le Temps des Fêtes, la Fête des mères, des chansons pour enfants et pour les chorales. La Bonne chanson publia de 1952 à 1954 une revue mensuelle, Musique et musiciens, fondée par l’abbé Gadbois et Conrad Letendre, le rédacteur en chef, un compositeur et organiste qui fut conseiller artistique à La Bonne chanson. 

La radiodiffusion fut le coup de génie qui assura à La Bonne chanson une vaste et rapide diffusion. Le Quart d’heure de La Bonne chanson fut en ondes pendant treize ans, d’abord à Radio-Canada (1939-1941) puis à CKAC (1941-1952) et sur tous les réseaux des postes affiliés de ces deux stations montréalaise. Pour les jeunes, l’émission Madeleine et Pierre fut diffusée à CKAC de 1939 à 1947. Et c’est l’abbé Gadbois  qui fonde à Montréal, en 1954  la station de radio CJMS (Canada Je Me Souviens) orientée vers la musique traditionnelle et religieuse. Charles-Émile Gadbois, lors du recrutement des interprètes pour les émissions de radio, porta son choix sur des artistes de formation classique, assez polyvalents pour pouvoir interpréter aussi bien des folklores que des mélodies classiques. Hugh Joseph, directeur général de RCA Victor pour le Canada, s’associa très tôt au mouvement de La Bonne chanson. De 1939 à 1948, RCA commercialisera plus de soixante 78 tours pour le compte de La Bonne chanson. On constitua alors un noyau d’artistes qui accompagnèrent l’abbé pendant plusieurs décennies. Le Quart d’heure de La Bonne chanson a fait connaître toute une génération d’artistes lyriques québécois et les enregistrements qu’ils ont réalisés pour La Bonne chanson sont souvent les seuls témoins tangibles que nous possédions. La quasi totalité des artistes identifiés au répertoire de La Bonne chanson ont peu enregistré sur disques commerciaux. C’est un rendez-vous avec l’histoire que nous leur offrons, par la parution de ce corpus.

Charles-Émile Gadbois fut relevé de ses fonctions à la tête de La Bonne chanson en 1955 par l’Archevêché de Saint-Hyacinthe. Il avait édifié avec son frère Raoul, homme d’affaires averti, une entreprise qui valait déjà plusieurs millions de dollars. La cause du départ de l’abbé Gadbois est toujours demeurée un mystère. Sous le choc, Charles-Émile Gadbois, fut assigné à une paroisse de Sherbrooke. Pendant cette période, il demeurera loin des feux de la rampe et des médias. Il est décédé le 24 mai 1981. Ce sont les Frères de l’Instruction Chrétienne qui devinrent les nouveaux propriétaires. Christian Lefort, graveur à l’imprimerie du Séminaire remplaça l’abbé Gadbois à la tête de La Bonne chanson. Il organisa entre autre les sessions de 1958 au studio RCA à Paris et fit appel à l’orchestrateur français de renom André Grassi, qui avait notamment orchestré les premiers enregistrements de Félix Leclerc. Parmi les interprètes français, on retrouve l’épouse de Grassi, Catherine Maisse, la mezzo Violette Journeaux et le baryton Jean Lecorre. Robert Savoie, Jules Bruyère, Guy Lavoie, Claude Létourneau, Marguerite Gignac, Aline Giroux étaient au nombre des interprètes canadiens qui étudiaient à Paris à cette époque. C’est une centaine de chansons qui furent enregistrées pendant ces « sessions de Paris » pour La Bonne chanson. Elles demeurent aujourd’hui parmi les plus belles interpré­tations.

Les archives de l’abbé Gadbois et de La Bonne chanson sont conservées au Séminaire de Saint-Hyacinthe et aux Éditions de La Bonne chanson, propriété de Louise Courteau. Plusieurs livres ont été consacrés à la vie et la mission de Gadbois. Un de ses collaborateurs, Manuel Maître, a publié L’abbé Charles-Émile Gadbois, la vie d’un vrai patriote (Ed. Fondation abbé Charles-Émile Gadbois, Montréal, 1993; 149 pages). Le chercheur québécois Jean-Nicholas de Surmont a publié en 2001 une thèse sur le phénomène de La Bonne chanson en France et au Québec. Reflet de tout un pan de l’histoire du Québec, La Bonne chanson a toujours eu ses défenseurs et ses détracteurs. On lui reprochait un certain éli­tisme et une vision très moralisatrice de la société. Cependant, il est toujours périlleux de contempler le passé avec des yeux et des oreilles contempo­raines. À une époque où la société québécoise peinait à contrôler les leviers essentiels de son développement, La Bonne chanson constitua une arme efficace, qui aura permis entre autre à une population isolée en Amérique, d’être encore là contre toute logique quatre siècles après son arrivée.
Robert THERIEN
© 2008 XXI-21 Productions INC - Frémeaux & Associés

english notes
The Bonne Chanson movement is the extension of many patriotic events in Quebec.  It is a manner of expressing the desire to resist the English-speaking cultural invasion by going back to its roots, to traditional values and songs featuring them.  Folklore is at the heart of Elzéar Roy’s Soirées de Famille (1898-1902), Marius Barbeau’s Soirées du bon vieux Temps (1919) and Conrad Gauthier’s Veillées du bon vieux Temps (1921-1941); shows organized at the Monument-National and the Saint-Sulphice Hall in rue Saint-Denis in Montréal.  The last of these evenings, in the not so distant past, was the televised Soirée Canadienne with the jovial Louis Bilodeau in the seventies and eighties, the last time Quebec and its surrounding regions were reunited through music. Including the bard from Brittany, Botrel, Larrieu, Marchand and Gadbois, there is a legacy of over 1200 songs which act as the musical DNA of our culture.  These 100 songs were chosen with purpose, being the most remarkable among Botrel’s and Father Gadbois’ songs.  This album is the largest and most complete discographical set ever issued on this subject which deeply marked the musical and cultural life of Quebec for over 50 years.  Without a doubt, it influenced Quebec like no other musical movement. Striving to safeguard the French language and an ecclesiastic presence, the Bonne Chanson movement became the greatest cultural lever in French-speaking Quebec. It is a fascinating journey in a universe of past times when emotion was expressed differently but which reaches our fundamental core. We hope that these songs bring back joy and memories for the older listeners and appeal to the youngsters.
Martin DUCHESNE

Many old French songs bring back sweet memories to all, such as the Lorraine Song and many Quebecois grew up with tunes of La Bonne Chanson.  Publisher Louise Courteau has owned La Bonne Chanson since 1991 and is proud of this heritage. In 14 October 1937 Father Charles-Emile Gadbois founded La Bonne Chanson hoping to counteract the massive invasion of American song.  As from 1938, La Bonne Chanson was broadcast among the French-speaking peoples of North America and Father Gadbois journeyed to France several times to meet the county’s publishers. During these trips he signed the necessary agreements in order to issue hundreds of songs which were already popular in France such as On n’a pas tous les Jours vingt Ans, Voulez-vous danser Grand-mère? and Le Vers luisant. During the same period the Comité Catholique de l’Instruction Publique de la Province de Québec gave La Bonne Chanson their ap­proval and encouraged the music in all schools located in the Quebec province. Discs of these songs were distributed by se­veral companies such as Proctor & Gamble, Kellogg’s and Le Bulletin des Agriculteurs and housewives swapped their double copies.

A first series of discs was recorded by the label RCA Victor in 1938.  Still aiming to promote French song in Canada, Father Charles-Emile Gadbois and his brother Raoul founded the Montreal radio station C.J.M.S. (Canada Je Me Souviens) in 1954 broadcasting French song enabling parents, children and teachers to learn the new songs off by heart. In 1955 Father Gadbois was pressurized by the Saint-Hyacinthe diocese to sell the com­pany he had founded and headed with love and devotion.  He had been helped in his work by the whole of Quebec, including Montreal’s Mayor Camillien Houde and Wilfrid Pelletier, the OSM band leader. The priest had travelled across the province to discover music worthy of his interest.  He himself was a skilled musician and expe­rienced arranger.  La Bonne Chanson was in the curriculum of all primary schools and its sales beat all other music companies. Today, Louise Courteau continues in the footsteps of the founder, promoting French song for the perpetuation of tradition.  Since her taking over, Louise Courteau has been publicizing the musical heritage and would like to immortalise the whole catalogue of La Bonne Chanson using modern technology. Today, the Bonne Chanson repertory is still very much alive and the songs, representative of a relatively recent past, can still be found in book and music stores in Quebec and New England. The origins of La Bonne Chanson go back to the early 20th century in Brittany.  Théodore Botrel (1868-1925) was born in Dinan and grew up in Brittany before moving to Paris with his father.  Around 1890 he began composing and performing and his song, La Paimpolaise, written for Félix Mayol became a big hit.  In 1907 he founded La Bonne Chanson, a magazine publishing his songs and plays as well as lyrics depicting the beauty of the French provinces.  It aimed to publicise the musical heritage and portray Brittany as the representative of the real France, faithful to its religious traditions.

This struggle to uphold the culture and traditions of Brittany won the hearts of the Quebecois and when Botrel first went to Quebec in 1903, his photo was on the front page of the Montreal magazine Le Passe-temps and in the months which followed, seven of his songs were published.  He appealed to the nationalists who had been trying to give the French pride of place in the theatre and music. Théodore Botrel again toured America in early 1922 and was billed in several towns in Quebec and recorded twelve songs in Montreal for His Master’s Voice.  Théodore Botrel passed away on 26 July 1925. Albert Larrieu (1872-1925) was a close friend of the bard and wrote songs and organized tours.  During World War I, he decided to go to America to ‘neutralize’ the pro-German propaganda.  He arrived in New York in 1916 and made contact with the French-speaking community in New England.  After going to Montreal in 1917 he fell for Quebec and stayed for five years, defending both traditions and the French Canadians.  Larrieu’s songs were published by several local firms including Archam-bault Musique and they were interpreted by Quebec artists including Hector Pellerin, Louis Chartier, Emile Gour, Joseph Fournier de Belleval and Madeleine Cardinal.  In this collection several titles were signed by Larrieu:  La Cabane à Sucre, Dans leurs petits Sabots, L’Epluchette and La Feuille d’Erable. Charles Marchand (1890-1930) was born in Saint-Paul l’Ermite and worked for the federal government and studied singing.  He arrived in Montreal in 1919 with a repertoire much influenced by Botrel.  Strongly backing La Bonne Chanson, he founded the magazine Le Carillon Canadien which became La Lyre in 1926, and he worked on the promotion of traditional folklore.

In 1937 the second Congress of the French language was held in Quebec.  The Church and upper classes complained that traditional folk was being replaced by new popular compositions.  They hoped to bring back more Christian morality in their music.  It was then that Father Charles-Emile Gadbois from Saint-Hyacinthe (1906-1981) put forward the project for La Bonne Chanson, using the model used by Botrel in France.  Soon his repertory was obligatory in schools. Apart from the religious side, La Bonne Chanson insisted on social and cultural values, reinforcing families.  It strived to fight against the bad influence of frivolous songs from France with their modern and American approach. The first book of La Bonne Chanson was published in 1939.  Eleven others were to follow, each comprising fifty songs.  They sold extremely well and were reissued several times over a 40-year period and are still available in Louise Courteau’s company.  Millions of scores have been printed and distributed.  To this day, it is still one of Quebec’s greatest success stories in musical publication.  From 1952 to 1954 La Bonne Chanson published a monthly magazine. La Bonne Chanson spread rapidly through the radio.  Le Quart d’Heure de la Bonne Chanson was broadcast for thirteen years, first on Radio Canada (1939-1941) and then on CKAC  (1941-1952) and on the whole network related to these two stations in Montreal.  For the youngsters the show Madeleine et Pierre was broadcast over the CKAC from 1939 to 1947 and then in 1954 Father Gadbois founded CJMS, leaning towards traditional and religious music.  Hugh Joseph, manager of RCA Victor for Canada also joined the Bonne Chanson movement and from 1939 to 1948 the label released over sixty of its 78s.

Le Quart d’Heure de La Bonne Chanson brought forward a whole generation of lyric artists from Quebec and their recordings for La Bonne Chanson were often their only legacy we have come across. In 1955 Charles-Emile Gadbois was replaced by the Archbishop of Saint-Hyacinthe, although the departure of the priest remains a mystery.  The Brothers of Christian Instruction became the new owners and Christian Lefort, heading La Bonne Chanson organized the 1958 sessions in the RCA studio in Paris.  The French artists included Catherine Maisse, Violette Journeaux and Jean Lecorre.  Among the Canadian interpreters studying in Paris at this time we find Robert Savoie, Jules Bruyère, Guy Lavoie, Claude Létourneau, Marguerite Gignac and Aline Giroux.  Approximately one hundred songs were recorded during these Paris sessions for La Bonne Chanson. The archives of Father Gadbois and La Bonne Chanson are kept in the Séminaire de Saint-Hyacinthe and the Editions de La Bonne Chanson.  Several books have been written about Gadbois’ life. La Bonne Chanson depicts a large chapter of the history of Quebec and, although it has been criticized by some, it certainly helped the French-speaking people in America – and they are still very much present four centuries after their arrival.
English adaptation by Laure WRIGHT from the French text of Robert THÉRIEN
© 2008 XXI-21 Productions INC - Frémeaux & AssociéS

Vous pouvez vous procurer le recueil LES 100 PLUS BELLES CHANSONS  du répertoire de l’abbé Gadbois dans toutes les bonnes librairies, ou directement chez l’éditrice : La Bonne chanson, Édition musicale Inc. / 481, Lac Saint-Louis, Est / Saint-Zénon, Québec / J0K 3N0

discographie
CD 1 > 65’49
01. Ah ! si mon moine voulait danser (folklore)
Jules Bruyères / Paris > 1958 > 2’20
Thème d’ouverture : Le Quart d’heure de La Bonne chanson sur l’air La soupe au pois
C. É. Gadbois /Albert Larrieu / Michèle Viau / Montréal > CKAC > 7 février 1945

02. Marie Madeleine (folklore)
Mariette Vaillant / Omer Dumas & son orchestre / Montréal > 1950 > 3’07

03. Bonhomme bonhomme ! (folklore)
Le choeur de La Bonne chanson / Paris > 1958 > 2’41

04. V’là l’bon vent (folklore)
Le Quatuor Alouette / Montréal > 1943 > 2’02

05. Le p’tit avocat (folklore)
Pierre Boutet / Paris > 1958 > 2’48

06. C’est l’aviron (folklore)
Les Grenadiers impériaux / Montréal > 1942 > 2’44

07. L’alouette du matin
Joseph Beaulieu / Marguerite Gignac / Paris > 1958 > 1’51

08. Le bon roi Dagobert (folklore)
Le Trio Lyrique / Montréal > 1961 > 2’50

09. Le temps des sucres
C. É. Gadbois / Robert Savoie / Paris >  1958 > 1’53

10. Souvenirs d’un vieillard (folklore)
Albert Viau / Montréal > 1940 > 3’20

11. Un canadien errant
Antoine Gérin-Lajoie / La Famille Brassard / Montréal > 1963 > 2’27

12. La chanson des blés d’or
Camille Soublise / Lemaître / Frédéric Doria / Jules Jacob / Montréal > 1946 > 2’03

13. Il faut croire au bonheur
Eugène Lapierre / Jean Lecorre / Paris > 1958 > 1’40

14. Le petit Grégoire
Théodore Botrel / Albert Viau / Montréal > 1942 > 2’40

15. Ah ! toi, belle hirondelle (folklore)
Jacques Labrecque / Londres > 1949 > 2’41

16. Élégie
Jules Massenet / Raoul Jobin / Montréal > 1940 > 3’25

17. Tu danses bien Madeleine (folklore)
Pierre Boutet / Paris > 1958 > 2’58

18. Le laboureur
Maurice Morisset / Oscar O’Brien / Paul-Émile Corbeil / Montréal > 1942 > 2’51

19. Isabeau s’y promène (folklore)
Le choeur de La Bonne chanson / Paris > 1958 > 4’20

20. À la claire fontaine (folklore)
Le Quatuor Alouette / Montréal > 1943 > 2’04

21. La prière en famille
Blondin Dubé / C. É. Gadbois / Jules Bruyères & Jean Lecorre / Paris > 1958 > 3’22

22. Ça fait peur aux oiseaux
Galope d’Onquaire / Paul Bernard / François Brunet / Montréal > 1941 > 2’53

23. J’entends le moulin (folklore)
Violette Journeaux / Paris > 1958 > 1’55

24. Mon merle (folklore)
Les Grenadiers impériaux / Montréal > 1942 > 1’38

25. Sur la route de Berthier (folklore)
Robert Savoie / Paris >  1958 > 2’36

CD 2 > 69’25
01. Au bord de la rivière
Francine Cockenpot / Le choeur de La Bonne chanson / Paris > 1958 > 1’27
Thème  > La Bonne chanson / version 78 tours HMV sur l’air La soupe au pois / C. É. Gadbois / Albert Larrieu / Albert Viau & Jules Jacob / Montréal > 1947

02. Dans les prisons de Nantes (folklore)
Jacques Labrecque / Paris > 1952 > 4’51

03. L’épluchette
> Albert Larrieu / Jules Bruyère & Catherine Maisse / Paris > 1958 > 5’20

04. La fontaine de Caraouet
Edmond Rostand / Omer Loterey / Le Trio Lyrique / Montréal > 1932 > 2’43

05. La chère maison
> Émile Jaques-Dalcroze / Jules Bruyères / Paris > 1958 > 3’23

06. Ne fait jamais pleurer ta mère
Roméo Beaudry / Willie Eckstein / Lionel Parent / Montréal > 1946 > 2’53

07. Margoton (folklore / chanson française du XVe siècle)
Pierre Boutet / Paris > 1958 > 3’33

08. Envoyons d’l’avant de nos gens (folklore)
Charles Marchand / New York > 1926 > 2’54

09. Vive la Canadienne (folklore)
Abbé F. X. Burque / Jean Lecorre / Paris > 1958 > 2’13

10. Chant du Réveil rural
Alfred DesRochers / Oscar O’Brien / Thème de l’émission de radio Le Réveil rural / Jules Jacob / Le chœur de La Bonne chanson / Montréal > Radio-Canada > 1937 > 2’54

11. Cadet Roussel (folklore)
Aline Giroux / Paris > 1959 > 1’53

12. Le marchand de velours (folklore)
Le Quatuor Alouette / Montréal > 1943 > 1’17

13. Youppe ! youppe ! sur la rivière (folklore)
Jules Bruyères / Paris > 1958 > 2’31

14. Dans leurs petits sabots
Théodore Botrel / Simone Quesnel & Albert Viau / Montréal > 1941 > 2’54

15. Le bal chez Boulé (folklore)
Paroles de “Do-Mi-Sol” / Robert Savoie / Paris >  1958 > 1’48

16. J’ai du bon tabac (folklore)
Ève Gagnier & Le Trio Lyrique / Montréal > 1961 > 1’12

17. Fringue ! fringue ! sur la rivière (folklore)
Le choeur de La Bonne chanson / Paris > 1958 > 2’08

18. Au fond des campagnes (folklore)
sur l’air Auprès de ma blonde / Claude Létourneau / Paris > 1958 > 1’33

19. C’est la belle Françoise (folklore)
Jules Bruyères & Catherine Maisse / Paris > 1958 > 3’55

20. La cabane à sucre
Albert Larrieu / Albert Viau / Montréal > 1939 > 2’59

21. J’ai cueilli la belle rose (folklore)
Pierre Boutet / Paris > 1958 > 1’51

22. Le fils du roi s’en va chassant (folklore)
Jacques Labrecque / Londres > 1949 > 2’09

23. Notre-Dame du Canada
Ernest Desjardins / F. Chassang / Le choeur de La Bonne chanson / Paris > 1958 > 2’20

24. Dans Paris y’a t’une brune (folklore)
Anna Malenfant / Montréal > 1947 > 2’01

25. Le credo du paysan
Frédérique & Stéphane Borel / Gustave Goublier / Jules Bruyères / Paris > 1958 > 6’03

CD 3 > 71’15
01. Le petit prince (folklore)
Ève Gagnier &  Le Trio Lyrique / Montréal > 1961 > 2’39

02. En passant par la Lorraine (folklore)
Aline Giroux / Paris > 1958 > 1’45

03. Ô Magali (folklore de Provence)
Pierre Boutet / Paris >  1958 > 2’21

04. À Saint-Malo, beau port de mer (folklore)
Jacques Labrecque / Paris > 1952 > 2’11

05. Quand il neige sur mon pays
Albert Lozeau / C. É. Gadbois / Jean Lecorre / Paris > 1958 > 2’05

06. Les cloches du hameau (folklore)
Jules Bruyères / Paris > 1958 > 3’15

07. Rêvez
Milicent / Rose Mathieu / Violette Journeaux / Paris > 1958 > 3’30

08. Fais dodo, mon p’tit gars
Georges-Henri Clutsam / Jeanne Desjardins / Montréal > 1945 > 3’12

09. Hymne à Dollard
Georges Boileau / C. É. Gadbois / Oscar O’Brien - Le chœur de La Bonne Chanson / Paris > 1958 > 2’46

10. La poule à Colin (folklore)
Le Trio Lyrique / Montréal > 1961 > 2’34

11. Malbrough s’en va-t’en guerre (folklore)
Guy Lavoie / Paris > 1958 > 2’48

12. Trois fois passera (folklore)
Diane Lamarre / Le choeur de La Bonne chanson / Paris > 1958 > 0’41

13. L’angélus de la mer
Léon Durocher / Gustave Goublier / Jules Bruyères / Paris > 1958 > 5’41

14. Partons la mer est belle (folklore)
Jacques Labrecque / Paris > 1951 > 3’26

15. Les filles de la Rochelle (folklore)
Robert Savoie / Paris > 1958 > 3’09

16. De sa mère on se souvient toujours
Deprès-Levy / Gustave Goublier / Albert Viau / Montréal > 1941 > 3’34

17. C’était Anne de Bretagne (folklore)
Pierre Boutet / Paris > 1958 > 2’59

18. La bonne aventure, Ô gué ! (folklore)
Richard Charron / Le choeur de La Bonne chanson / Paris > 1958 > 1’27

19. Veillée rustique (folklore)
Marguerite Gignac / Paris > 1958 > 3’04

20. Marie Calumet (folklore)
Mariette Vaillant / Omer Dumas & son orchestre / Montréal > 1952 > 2’25

21. Légende canadienne
aussi L’hospitalité récompensée > C. É. Gadbois / Jules Bruyères / Paris > 1958 > 3’27

22. J’ai un beau château (folklore)
Ève Gagnier & Le Trio Lyrique / Montréal > 1961 > 1’35

23. Madeleine Madelon
folklore / paroles, Jean Laramée sur l’air C’était Anne de Bretagne / Violette Journeaux / Paris > 1958 > 3’23

24. Les filles de Saint-Constant (folklore)
Anna Malenfant / Montréal > c. 1948 > 2’25

25. Ferme tes jolis yeux
Virgile Thomas / René de Buxeuil / Albert Viau & François Brunet / Montréal > 1940 > 4’11

25. Thème de fermeture
Le Quart d’heure de La Bonne chanson sur l’air La soupe au pois / C. É. Gadbois / Albert Larrieu / Albert Viau & François Brunet / piano, Roland Van de Goor / Montréal > Radio-Canada > 1940

CD 4 > 72’32
01. Je le mène bien mon dévidoi (folklore)
Violette Journeaux / Paris > 1958 > 4’00 / Thème de l’émission : Le Quart d’heure de La Bonne chanson sur l’air La soupe au pois / C. É. Gadbois / Albert Larrieu / Marcelle Monette, Jeanne Desjardins, David Rochette & François Brunet / Montréal > CKAC > 22 décembre 1946

02. L’alouette chanta le jour (folklore)
Le Trio Lyrique / Montréal > 1946 > 1’47

03. Le cœur de ma mie
Émile Jaque-Dalcroze / Pierre Boutet & Marguerite Gignac / Paris > 1958 > 2’19

04. J’ai tant dansé (folklore)
Jeanne Desjardins, Simone Quesnel, David Rochette & Jules Jacob / direction et harmonisation > Oscar O’Brien /  présentation > Alain Gravel / extrait > Le Quart d’heure de La Bonne chanson / Montréal > CKAC > 28 avril 1945 > 4’51

05. Ô Carillon
Octave Crémazie / Charles Wurgk Sabatier / Jules Bruyères / Paris > 1958 > 3’07

06. Lettre de René Goupil à sa mère
anonyme / d’après La lettre du Gabier, de Thédore Botrel / Robert Savoie / Paris > 1958 > 4’41

07. Les noces de Maria Chapdeleine
Pierre Amel / Tommie Connor & Johny Reine / Edwidge Rivière / La Manécanterie Meilleur / Montréal > 1951 > 2’37

08. Meunier tu dors (folklore)
Le Quatuor Alouette / Montréal > 1947 > 1’43

09. Gai lon la, gai le rosier (folklore)
Violette Journeaux / Paris > 1958 > 1’26

10. Il pleut bergère (folklore)
Le Trio Lyrique / Montréal > 1961 > 1’46

11. Ô Canada, mes pays, mes amours
Georges-Étienne Cartier / Jean-Baptiste Labelle / Jules Bruyères / Paris > 1958 > 2’48

12. Quand j’étais chez mon père (folklore)
Jacques Labrecque / Londres > 1949 > 2’22

13. La légende des flots bleus
Raoul Le Peltier / Henri Christiné & Paul Dalbret / Albert Viau / Montréal > 1939 > 3’09

14. Il était un petit navire (folklore)
Aline Giroux / Paris > 1958 > 3’20

15. Marianne s’en va-t-au moulin (folklore)
Marguerite Gignac / Paris > 1958 > 2’12

16. Alouette, gentille alouette (folklore)
Claude Létourneau / Paris > 1958 > 2’57

17. Le petit mousse (folklore)
Jules Bruyères / Paris > 1958 > 3’30

18. La chanson de l’adieu
Paolo Tosti / Jules Jacob / Montréal > 1945 > 2’23

19. Ma Normandie (folklore)
François Brunet / Montréal > 1942 > 2’47

20. Dors ma colombe
Ernest Blémont / Catherine Maisse / Paris > 1958 > 2’58

21. C’est maman
Max & Blot / Maurice Yvain / Gérard Barbeau / Montréal > 1950 > 2’60

22. Rêves canadiens
Hector Nadeau / Robert Savoie / Paris > 1958 > 1’54

23. La feuille d’érable
Albert Larrieu / Albert Viau / Montréal > 1940 > 2’60

24. Ô Canada, Terre de nos aïeux
Juge Adolphe-Basile Routhier / Calixa Lavallée / Le chœur de La Bonne chanson / Paris > 1958 > 2’21

25. Les noms canadiens
Pierre Dupeigne / Charles Marchand / New York > 1926 > 3’36


CD La Bonne chanson / Répertoire français au Québec 1925-1955 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Ah! Si mon moine voulait danser - Jules Bruyères02'22
02 Marie-Madeleine - Mariette Vaillant03'09
03 Bonhomme, Bonhomme - Le Choeur de La Bonne Chanson02'43
04 V'la le bon vent - Le Quatuor Alouette02'04
05 Le P'tit avocat - Pierre Boutet02'50
06 C'est l'aviron - Les Grenadiers Imperiaux02'46
07 L'Alouette du matin - Marguerite Gignac01'53
08 Le Bon roi Dagobert - Le Trio Lyrique02'51
09 Le Temps des Sucres - Robert Savoie01'54
10 Souvenirs d'un vieillard - Albert Viau03'21
11 Un canadien errant - La Famille Brassard02'28
12 La Chanson des blés d'or - Jules Jacob02'04
13 Il faut croire au bonheur - Jean Lecorre01'41
14 Le Petit Grégoire - Albert Viau02'41
15 A toi, belle hirondelle - Jacques Labrecque02'42
16 Elégie - Raoul Joubin03'26
17 Tu danses bien Madeleine - Pierre Boutet02'59
18 Le Laboureur - Paul-Emile Corbeil02'52
19 Isabeau s'y promène - Le Choeur de La Bonne Chanson04'21
20 A la claire fontaine - La Quatuor Alouette02'05
21 La Prière en famille - Jules Bruyères03'23
22 Ca fait peur aux oiseaux - François Brunet02'54
23 J'entends le moulin - Violette Journeaux01'56
24 Mon merle - Les Grenadiers Imperiaux01'39
25 Sur la route de Berthier - Robert Savoie02'35
CD 2
01 Au bord de la rivière - Le Choeur de La Bonne Chanson01'28
02 Dans les prisons de Nantes - Jacques Labrecque04'53
03 L'Epluchette - Jules Bruyères05'21
04 La Fontaine de Caraouet - Le Trio Lyrique02'44
05 La Chère maison - Jules Bruyères03'24
06 Ne fait jamais pleurer ta mère - Lionel Parent02'54
07 Margoton - Pierre Boutet03'35
08 Envoyons d'l'avant de nos gens - Charles Marchand02'55
09 Vive la Canadienne - Jean Lecorre02'14
10 Chant du réveil rural - Le Choeur de La Bonne Chanson02'55
11 Cadet Roussel - Aline Giroux01'54
12 Le Marchand de velours - Le Quatuor Alouette01'18
13 Youppe! Youppe! Sur la rivière - Jules Bruyères02'32
14 Dans leurs petits sabots - Simone Quesnel02'55
15 Le Bal chez Boule - Robert Savoie01'50
16 J'ai du bon tabac - Eve Gagnier01'13
17 Fringue! Fringue! Sur la rivière - Le Choeur de La Bonne Chanson02'09
18 Au fond des campagnes - Claude Létourneau01'35
19 C'est la belle Françoise - Jules Bruyères03'56
20 La Cabane à sucre - Albert Viau03'00
21 J'ai cueilli la belle Rose - Albert Viau01'52
22 Le Fils du roi s'en va chassant - Jacques Labrecque02'10
23 Notre-Dame du Canada - Le Choeur de La Bonne Chanson02'20
24 Dans Paris, y-a-t'une une brune - Anna Malenfant02'02
25 Le Credo du paysan - Jules Bruyères06'03
CD 3
01 Le Petit Prince - Le Trio Lyrique02'40
02 En passant par la Lorraine - Aline Giroux01'46
03 O Magali - Pierre Boutet02'22
04 A Saint-Malo, beau port de mer - Jacques Labrecque02'12
05 Quand il neige sur mon pays - Jean Lecorre02'07
06 Les cloches du hameau - Jules Bruyères03'17
07 Rêvez - Violette Journeaux03'32
08 Fais dodo, mon p'tit gars - Jeanne Desjardins03'13
09 Hymne à Dollard - Le Choeur de La Bonne Chanson02'47
10 La Poule à Colin - Le Trio Lyrique02'35
11 Malbrough s'en va-t-en guerre - Robert Savoie02'49
12 Trois fois passera - Diane Lamarre00'42
13 L'Angelus de la mer - Jules Bruyères05'43
14 Partons, la mer est belle - Jacques Labrecque03'28
15 Les Filles de La Rochelle - Robert Savoie03'10
16 De sa mère on se souvient toujours - Albert Viau03'36
17 C'était Anne de Bretagne - Pierre Boutet03'00
18 La Bonne aventure, O Gué - Richard Charron01'28
19 Veillée rustique - Marguerite Gignac03'05
20 Marie Calumet - Mariette Vaillant02'26
21 Légende Canadienne - Jules Bruyères03'29
22 J'ai un beau château - Eve Gagnier01'36
23 Madeleine Madelon - Violette Journeaux03'24
24 Les Filles de Saint-Constant - Anna Malenfant02'26
25 Ferme tes jolis yeux - Albert Viau04'10
CD 4
01 Je le mène bien mon dévidoi - Violette Journeaux04'02
02 L'Alouette chanta le jour - Le Trio Lyrique01'48
03 Le Coeur de ma mie - Pierre Boutet02'20
04 J'ai tant dansé - Jeanne Desjardins04'52
05 O Carillon - Jules Bruyères03'08
06 Lettre de René Goupil à sa mère - Robert Savoie04'43
07 Les Noces de Maria Chapdeleine - Edwige Rivière02'38
08 Meunier, tu Dors - Le Quatuor Alouette01'44
09 Gai lon, la Gai, le Rosier - Violette Journeaux01'27
10 Il pleut Bergère - Le Trio Lyrique01'47
11 O Canada, mes Pays, mes amours - Jules Bruyères02'49
12 Quand j'étais chez mon père - Jacques Labrecque02'24
13 La Légende des flots bleus - Albert Viau03'11
14 Il était un petit navire - Aline Giroux03'22
15 Marianne s'en va-t-au moulin - Marguerite Gignac02'13
16 Alouette, gentille alouette - Claude Létourneaux02'59
17 Le petit mousse - Jules Bruyères03'32
18 La Chanson de l'adieu - Jules Jacob02'25
19 Ma Normandie - François Brunet02'59
20 Dors, ma colombe - Catherine Maisse04'03
21 C'est maman - Gérard Barbeau03'01
22 Rêves canadiens - Robert Savoie01'55
23 La feuille d'érable - Albert Viau03'01
24 O Canada, Terre de nos aieux - Le Choeur de La Bonne Chanson02'22
25 Les noms canadiens - Charles Marchand03'35
« Le témoignage discographique le plus vaste et le plus complet jamais édité » par Big Bear

Bon là, c’est du sérieux, avec dans ce coffret, quatre CDs de 25 titres chacun. Ce qui vous fait 100 chansons qui s’étalent de 1925 à 1955. Nos amis du Québec ont résisté à l’envahissement culturel et linguistique anglophone et c’est surtout par la chanson qu’ils ont pu retourner à leurs valeurs traditionnelles pour retrouver leur passé et leur culture. Ce coffret renferme le témoignage discographique le plus vaste et le plus complet jamais édité, qui a marqué la vie musicale du Québec. Leurs interprètes sont pour nous inconnus car c’est du passé, mais il s’appelent : Jules Bruyères, Violette Journeaux, Le Quatuor Alouette, la famille Brassard, Claude Létourneau, Jeanne Desjardins…, et bien d’autres vieux noms bien français qui sonnent au lointain de notre patrimoine. Evidemment, il faut aimer notre passé et la chanson à texte. Beaucoup de chansons connues sont dans le répertoire, comme « Dans les prisons de Nantes », « En passant par la Lorraine », « Alouette gentille alouette », « La bonne aventure O gué », « Les filles de La Rochelle », « C’était Anne de Bratagne », « A la Claire Fontaine », « J’ai du bon tabac », « Notre Dame du Canada », « Il pleut bergère », « Marie Calumet »… et bien d’autres, il y en a cent ! Ce mouvement de « La Bonne Chanson », initié par Théodore Botrel et l’Abbé Gadbois, s’exprima comme la manifestation patriotique du Québec qui devait résister à l’envahissement anglophone. Martin Duchesne, gardien et spécialiste de l’histoire de l’enregistrement au Québec, donne à écouter sur ces quatre CDs un vaste panorama de ce mouvement musical du Canada francophone. A écouter, pour mieux comprendre notre passé et nos cousins ! Yves GUSTIN – BIG BEAR





« La Bonne chanson, Répertoire français au Québec 1925/55 » par Mondomix

Le 3 juillet 1608, un navigateur français, Samuel de Champlain, fonde la ville de Québec, première ville européenne et francophone d’Amérique du Nord. Les québécois ont fêté ce 400ème anniversaire toute l’année, avec en point d’orgue leur fête nationale du 24 juin (www.fetenationale.qc.ca). Plusieurs labels ont profité de cet événement pour mettre en lumière la production musicale québécoise d’hier et d’aujourd’hui. Après Country Québec, La Bolduc, Cent Ans de Chansons Folkloriques et Canada Folksongs, Frémeaux poursuit l’édition des compilations discographiques réalisées par Martin Duchesne à Montréal avec la sortie d’un coffret de 4 CD’s, La Bonne Chanson, Répertoire Français au Québec 1925/55, portant l’ensemble à 5 volumes et 14 CD’s, une somme de 350 titres, témoignages méconnus d’une époque révolue. Tous furent enregistrés avant les années 60 et l’explosion des musiciens modernes et décomplexés de l’âge d’or québécois, qui ont pour nom Félix Leclerc, Gilles Vignault et, plus tard, Robert Charlebois, les groupes Harmonium, Beau Dommage et consorts… La plupart de ces enregistrements ont été réalisés sous le gouvernement réactionnaire de Duplessis, qui régna sur le Québec de 1936 à 1959 (sauf durant la guerre) en s’appuyant sur le clergé. Cela s’est traduit sur le plan musical par la prééminence du mouvement « de la bonne chanson » de l’abbé Gadbois. Ce mouvement de propagande morale, patriotique et conservatrice voulait lutter contre les valeurs trop modernes et américaines, la chanson frivole (la country en français) et le parler populaire d’une Mary Travers, dite « la Bolduc », qui obtint un succès considérable lors de la grande dépression. MONDOMIX




"La Bonne Chanson" par La Revue des médiathèques et des collections musicales

Le mouvement de la Bonne Chanson, initié par Théodore Botrel et l’abbé Gadbois, s’exprima contre l’anglicisation voulue du Québec et représente aujourd’hui la manifestation la plus visible de la résistance patriotique francophone dans cette province du Canada. Elle mêle la volonté de maintenir le français comme langue vivante et la présence de l’Église. Aujourd’hui, la bataille est plus que jamais d’actualité. Ce coffret de cent chansons de 37 interprètes vient donc à point pour marquer un jalon dans les collections musicales.
Jeanne Marie BELLEDEJOUR - LA REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« Diffuser la chanson française » par Trad Mag

En 1907, Théodore Botrel fonde la revue « La Bonne Chanson ». Il y publie des chansons et des pièces de théâtre exprimant la beauté des provinces françaises, particulièrement la Bretagne. Quand il se rend au Québec, son action trouve un large écho. En 1937, l’abbé Gadbois fonde le mouvement de « La Bonne Chanson » dans le but de diffuser la chanson française et de contrer l’invasion massive des chansons américaines au Québec. Manifestation patriotique, conjugaison de la lutte pour la sauvegarde de la langue française et d’une présence ecclésiastique forte, ce retour aux sources s’exprimera sous diverses formes : cahiers diffusés dans les écoles, ou émissions de radio de 1939 à 1952. Réalisé par Martin Duchesne, spécialiste de l’histoire de l’enregistrement au Québec, ce coffret de quatre CDs (100 chansons, 37 interprètes) est le document discographique le plus complet jamais publié sur ce phénomène qui a marqué la vie musicale du Québec pendant plus d’un demi-siècle. Charles-Henri LESTELLE – TRAD MAG




« Un acte culturel » par Le cri du Coyote

Ce coffret (4CD) propose 100 titres, par 37 interprètes, de cette autre Amérique, notre cousine. L’appelation La Bonne Chanson est celle de recueils de l’époque, soutenus par l’Eglise, dont l’abbé Gadbois qui, avant-guerre, a collecté et diffusé des chansons en français dans une double intention : une acte culturel, qui implique un engagement politique (préserver la langue) et un acte moraliste militant (soutenir la foi) en combinant paysage sonore et éthique appliquée par l’exemple. Ce patrimoine intéressera les folkloristes, par ses thèmes ruraux (Alouette, sucre, blé, merle, laboureur, moulin, etc.) ses exemples moraux (prison, chant du réveil rural, Notre-Dame du Canada, Prière et Crédo du paysan, et bien sûr l’hymne O Canada) ainsi que ses liens avec la France (Dans Paris y’a t’une brune). Le paysage est d’ailleurs plus vaste que cette simple évocation, tant la démarche se veut fédérative et identitaire. Réunis par Martin Duchesne, cette compilation peut aussi toucher les nostalgiques d’une chanson militante, même si certaines sont restées, dans la durée, comme des comptines ou des témoins d’une époque qui paraît éloignée aujourd’hui. Pourtant ce sont en partie nos racines qui sont ainsi revisitées. Les interprétations sont inégales, mais même la naïveté (parfois) n’enlève rien à la force de leurs convictions. A picorer pour le plaisir de redécouvrir tout un univers riche et bien construit, celui de la mémoire d’un pays qui a su garder son identité entre la grand-mère France et le grand frère anglophone. Peut-être même des groupes de chez nous pourront-ils y puiser une manière de raviver nos souvenirs communs, comme les ritournelles qui forgent les mentalités et que l’on fredonne pour continuer d’exister dans sa culture. La plupart des interprètes sont peu ou pas connus chez nous, mais un livret illustré (32 pages) replace chaque élément dans son contexte. Une réalisation tellement informative et bienvenue qu’on se demande pourquoi elle ne fut pas réalisée plus tôt. J.B.-LE CRI DU COYOTE