GEORGES ULMER

RETROSPECTIVE 1945-1955

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Nombre de CDs : 2


29,99 € TTC

FA5229

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André Bernard et Daniel Schmitt nous invitent à redécouvrir le meilleur de la discographie de Georges Ulmer. Auteur-compositeur aux influences anglo-saxonnes à ses débuts, Ulmer obtient la consécration internationale grâce à Pigalle,  aujourd’hui encore emblême de la chanson française. Ce coffret de 36 titres accompagné d’un livret richement illustré permet de rendre l’hommage mérité à l’une des gloires de la chanson populaire aujourd’hui trop méconnu. 
Patrick Frémeaux

[…] Il a chanté « J’ai bu » avant moi ! J’aime énormément sa version, qui a d’ailleurs contribué à me faire connaître. Il a, entre autres, écrit et composé avec Géo Koger et Guy Luypaerts la chanson mondialement connue « Pigalle ». Mon ami André Bernard a eu l’heureuse initiative de faire chez Frémeaux & Associés une réédition intégrale de ses enregistrements, qui je recommande, et que l’on découvrira ou redécouvrira avec bonheur. […]
Charles Aznavour, « A voix basse »

André Bernard invites us to rediscover Georges Ulmer’s best titles. In this boxed-set we can appreciate 36 titles which feature Ulmer's greatest success: Pigalle. The album includes a 36 pages illustrated booklet of both French and English liner notes which pay tribute to one of the stars of French popular music.
Patrick Frémeaux

C'est loin tout ça • Marie (Petit béguin du mois de mai) • Bing ! (Vieux cheval de gaucho) • Un petit bout de femme • Ma voiture contre une Jeep • HÔtel des Artistes • Vel' d'Hiv' • Le petit bonhomme crÉpu • Mon complet neuf • Casablanca • Trois Musiciens • Nicole • J’ai bu • Je pense À Paris • Il n'y a que vous pour faire Ça • Comme une rose de mai • Moi, je fais des chansons • Un Monsieur attendait • Quand allons-nous nous marier ? • Marseille • Le promeneur de minuit • La rue mouillÉe • Y avait deux Amoureux • Tu l'as regardÉe • Une vieille chanson • Vous • Ma petite ville • Mannequins de Paris • Mister Callaghan • L'amour et l'argent • Sur ma guitare • Mademoiselle - Enregistrements réalisés en public au Théâtre de l'ABC à Paris en 1951 : Copenhague • Hello Dick • Schmile • Pigalle.

Droits : Groupe Frémeaux Colombini en accord avec André Bernard et Betty Ulmer."

Georges Ulmer

Georges Ulmer
1945 – 1955

Direction artistique André Bernard








Georges Ulmer
par Daniel Schmitt
Il peut paraître curieux – et déplacé – de rédiger un hommage à quelqu’un en parlant beaucoup de soi. Mais le nom, la figure et les chansons de Georges Ulmer sont trop intimement liés à ce printemps 1945 et à mes 16 ans pour que je puisse résister au désir d’évoquer mes camarades de ce temps-là et le col­lège Frédéric Mistral d’Arles où j’habitais alors.
Nous étions en ces années de guerre, au fond de notre province – Arles n’était pas, loin de là, la ville « in » qu’elle est devenue aujourd’hui – un groupe de collégiens passionnément épris de chansons… Charles Trenet, Johnny Hess, Jean Tranchant, Jean Sablon avaient été nos « idoles » (mot inadéquat !) de cette époque. Le jazz, nous l’avions connu grâce au Quintette du Hot Club de France dont ce fût, malgré l’occupant, plutôt hostile à cette musique « négroïde », l’âge d’or. Pendant le rude hiver 1944-1945, une voix nouvelle apparut sur les ondes et, dans les journaux et les magazines, bientôt un vi­sage : celui de Georges Ulmer. Ce nouveau venu amenait une couleur poétique inédite à ce créneau de la chanson que nous aimions ; il y avait aussi, avec lui, une nouvelle façon de chanter, de rythmer les mots, de faire de chaque note et syllabe un mariage réussi qui venait, certes, de son art de compositeur et de chanteur, mais je pense aussi de l’accent léger et indéfinissable du polyglotte qu’il était : Georges – je l’ai appris plus tard par Betty Ulmer – parlait parfaitement huit langues… Enthousiasmé, je me mis donc à acheter tous ses « petits formats » et ses premiers disques 78 Tours… Le tout n’ayant pas survécu, à mon grand regret aujourd’hui, à la tornade habituelle qui accompagne les « changements de domicile ». Donc nous étions suspendus aux ondes pour entendre ce danois qui venait d’apporter un souffle nouveau à la chanson française, à cet art (même « mineur » selon le Grand Gainsbourg) que nous placions, vu notre âge, au-dessus de tous les autres. Et là, je voudrais faire une petite digression : Il y a beaucoup de modestie dans l’atti­tude de Gainsbourg à désigner la chanson – celle qu’il pratiquait avec quelques autres – comme un art mineur. Prévert disait « c’est là sa vraie grandeur, Paris est tout petit ». Or, j’aimerais adapter cette formule à la chanson « c’est là sa vraie grandeur, la chanson c’est tout petit ». Et elle est d’autant plus réussie à mes yeux qu’elle n’essaie pas d’être autre chose, de jouer « à la grande dame ». C’est l’école de Charles Trenet et aussi celle de Georges Ulmer. C’est celle de l’auteur inconnu d’« Aux marches du Palais », chanson qui a traversé les siècles alors que de pesantes œuvres de la même époque ont sombré dans l’oubli. De plus, la chanson populaire de qua­lité peut être aussi un merveilleux tremplin pour aller vers autre chose. Certes, une chanson n’est pas un poème mais son climat poétique, sa sensibilité directe, peuvent aider les gens à glisser vers un « ailleurs » qu’ils n’auraient jamais pressenti sans elle. Mais revenons à Georges, à l’hiver 1944-1945 où nous le découvrions mes amis et moi, où nous guettions ses passages sur les ondes. Si je dois livrer ici le titre d’une chanson, je crois que ce qui do­mina cet hiver-là pour nous, dans le répertoire de Georges, fut « Marie petit béguin du mois de mai » ; et, quelque chose nous enchantait particuliè­rement dans son interpré­tation : dans la deuxième partie Georges sifflait la partition comme un merle et, déjà, nous nous essayions à l’imiter… Sans succès bien sûr !

Puis il y eut « Bing », « Ma voiture contre une Jeep », chansons parfumées aux « Américaines » ce qui était de saison. Dois-je ajouter que Georges nous joua quelques tours cet hiver-là ? Annoncé dans les programmes, c’est son « absence » que nous étions bien forcés de constater en bout d’émission. Je le dis tout net, et je l’ai toujours pensé dès mes 16 ans : Georges Ulmer, aussi loin qu’il ait été dans le Show-biz (on ne disait pas cela à l’époque !) aurait pu être LE PREMIER…. S’il n’avait préféré l’art de vivre à l’art tout court. Je n’ai personnellement jamais vu quelqu’un d’aussi doué sur scène. Sans doute lui manquait-il l’am­bition d’arriver au plus haut niveau ; ce que fit presque parallèlement, Yves Montand, gros travailleur lui, et pourtant, je le soupçonne malgré ses immenses qua­lités moins « faciles », moins naturellement « artiste » que Georges (dont il chanta – magnifiquement d’ailleurs - « Jolie comme une rose »). Vint le printemps de 1945. Mai, très exactement. Soudain, sur les murs de notre petite ville, des affiches, avec comme vedette du pro­gramme : GEORGES ULMER ! Il faut se replacer dans le contexte d’une ville de province en ce temps-là, où l’essentiel des distractions tournait autour des cinémas. L’arrivée de Georges Ulmer dans nos murs était un événement. Aurait-il passé dans une agglomé­ration proche que nous n’aurions pu aller le voir : 16 ans en 1945 n’a rien de comparable à 16 ans en 2008 : pour les jeunes gens, pas de moyens de transports personnels (hors, parfois, la bicyclette) non plus (nous n’étions pas encore « sortis » de la guerre) que familiaux. Nous étions, encore, beaucoup plus qu’à présent, sous la coupe de « Papa, Maman ». Bref, le jour J arriva dans l’allé­gresse. D’autant que, quelques heures avant le spectacle, tandis que nous traînions sur le boulevard des Lices, alors le lieu de tous les rendez-vous de la jeunesse arlé­sienne, nous LE vîmes soudain devant nous, lui, GEORGES ULMER, « en chair et en os »… avec ses compagnons de tournée. Nous l’abordâmes sans manière et sa gentillesse fut extrême. Il nous interrogea sur le public : il y avait-il beaucoup d’espagnols et d’italiens dans la région ? (notre réponse affirmative valut, un peu plus tard, aux premiers nommés, un flamenco plus vrai que nature). Puis, Ulmer nous donna rendez-vous dans sa loge, après le spectacle. Rendez-vous que nous n’avons pas manqué ! Quant au « Tour de chant » lui-même, ce fut pour nous tous un grand choc : chaque chanson déroulait un scénario où Georges multipliait les personnages avec un bonheur extrême dans la réussite. Il parvenait naturellement à cet état poétique dont parle Cocteau : le plus vrai que le vrai. Je pense – entre autre – à « Hello Dick », chanson jamais enregistrée, véritable film noir tel que nous commencions à en recevoir des Etats-Unis, où Ulmer, en quelques minutes, mimait l’histoire d’un gangster exécuté par ses comparses. Ce soir-là, nous vîmes aussi pour la première fois dans la chanson (bien avant Félix Leclerc et Georges Brassens) la gui­tare élevée au rang majeur des instruments d’accompagnement. Suivit pour moi une période où « révélation de l’année » (!?) je me mis à chanter sur scène ; et, « Quand allons-nous nous marier » restera le grand succès de ma « carrière » - éclair… et régionale (ce qui est encore beaucoup dire !). Ce double CD, mis sur pied par mon ami André Bernard, est un diamant à 36 facettes. Notre souhait est qu’il ramène aux anciens un peu de l’éclat de leurs jeunes années et que pareilles aux lumières des étoiles mortes, sa clarté touche aussi les jeunes générations dont l’expression composée, écrite et chantée, sans lui ne serait peut-être pas ce qu’elle est.
Daniel SCHMITT
© 2008 Frémeaux & Associés

Georges Ulmer
Par André Bernard
Natif du Danemark, Georges Ulmer voit le jour à Copenhague le 16 février 1919.
Il n’a que deux ans lorsque meurt son père, sculpteur de grand talent, et ce sera pour sa mère une très douloureuse épreuve. Par chance pour le gamin, elle exerce le métier d’écrivain, ce qui va lui permettre de grandir dans un univers où l’on apprend plus vite et plus facilement qu’ailleurs. Très jeune, Georges pratique la boxe qui devient son sport favori et son goût pour les langues étrangères s’affirme à un point tel qu’il est envoyé en Amérique, chez son oncle, importateur de beurre à Cincinnati (Ohio), parfaire « son anglais ». Il y demeurera quatre ans. Et c’est en se remémorant les récits de cet oncle sur les pionniers du Sud qu’il écrira « Quand allons-nous nous marier ? » et « Bing, vieux cheval de Gaucho ». Là-bas, il découvre tout ce qui deviendra sa principale source d’inspiration. A son retour des États-Unis, il part avec sa mère en Espagne où ils vivront chez d’autres parents à Palma de Majorque d’abord et à Barcelone ensuite, ce qui permettra à Georges de poursuivre ses études. Ils quittent ce pays en 1938 afin de fuir le régime franquiste et s’installent à Perpignan où Georges exerce plusieurs métiers. C’est là surtout que, passionné de jazz, Georges Ulmer fait ses débuts de guita­riste-chanteur. Il se fait engager par Fred Adison, un des chefs d’orchestre les plus populaires de cette époque, et devient rapidement l’élément majeur de cette formation.

Au début de l’Occupation, Ulmer se fait connaître à Marseille, qui deviendra bientôt sa ville d’adoption et pour laquelle il écrit une de ses plus belles chansons. Puis il se produit sur la Côte d’Azur et notamment à Nice, où il chante à « Bagatelle », à « L’Écrin » puis au Casino Municipal. C’est aussi à cette époque qu’il s’associe avec l’éditeur Robert Salvet qui publie ses premières chansons et dont le frère, André Salvet, composa avec lui ses premiers couplets. Peu avant la Libération, Georges Ulmer monte à Paris où il audi­tionne devant le célèbre imprésario Jules Borkon, quelques mois plus tard, celui-ci ne tardera pas à faire de lui une tête d’affiche. Mais en attendant la gloire, il vit modestement dans un petit hôtel de Pigalle, se produit dans quelques cabarets puis décroche son premier passage à l’ A B C, dans un programme dont Mado Robin est la vedette. Son nom éclate alors aux yeux du grand public. Il écrit avec Géo Koger, l’un des plus célèbres paroliers de Vincent Scotto : « Un Monsieur attendait », « C’est loin tout çà » et surtout « Pigalle » que le public du monde entier fredonnera bientôt avec lui. En 1945, il signe un contrat avec la firme Columbia et c’est avec l’orchestre de Jacques Hélian qu’il enregistre ses premiers 78 tours. Cette même année, il remporte le Grand Prix du Disque avec « J’ai bu », de Charles Aznavour et Pierre Roche, qui lui offre un atout majeur en tant qu’inter­prète.

Mais, parallèlement, un autre grand gaillard venu de Marseille enregistre ses premiers disques chez Odéon ; il est le protégé d’Édith Piaf et s’ap­pelle Yves Montand. On peut les appa­renter par un répertoire inspiré des cow-boys. Avec cette allure dégingandée, ils mâchent leur chewing-gum et paraissent tout droit sortis d’un western. Avec ce look pro-américain, ils font la conquête d’un vaste public en ses heures de liesse qui accompagnent la Libération. La comparaison pourrait s’arrêter là si Georges Ulmer, beaucoup plus bohême et paresseux, ne s’était fait damer le pion sur le plan commercial par un Yves Montand beaucoup plus ambitieux et travailleur. Et la na­ture, tellement sympathique et décontractée du personnage, ne l’emportera pas sur la discipline que s’impose Montand dans sa gestuelle et la mise en place très éla­borée de son tour de chant réglé comme une horloge, mais absent de toute spontanéité. En 1946, Georges épouse une superbe Niçoise, Betty Gola. Ils auront deux enfants : Eric, l’aîné, deviendra un chirurgien réputé, Laura, la cadette, fera une brève carrière dans le monde de la chanson et deviendra ensuite hôtesse de l’air à Air France.

Georges Ulmer chante un peu partout dans le monde, notamment aux États-Unis et en Amérique du Sud. Pendant une quinzaine d’années il sera une véritable Star interna­tionale recueillant triomphe sur triomphe. En 1957, son passage sur la scène de l’Alhambra demeure un des grands moments de l’histoire du Music-hall. Son tour de chant est véritablement un tour de force grâce à sa connaissance de huit langues et à ses dons d’imitations. Il faut l’avoir vu sur scène pour comprendre et affirmer envers et contre tous que Georges Ulmer fut un des meilleurs artistes de son temps. Il quitte Paris au début des années 60 pour s’installer à Cagnes-sur-Mer où il dirige, avec sa femme Betty, un cabaret-restaurant à l’enseigne sans équivoque « Chez les Ulmer » où tous deux font les beaux soirs de la Riviera. Puis Georges Ulmer se retire à Marseille et disparaît le 29 septembre 1989 à la suite de plusieurs infarctus et c’est une bien grande perte pour tous ceux qui aiment la Chanson. On ne regrettera jamais assez de ne pas avoir mieux aimé et reconnu davantage cet artiste exceptionnel qui avait tous les talents.
André BERNARD
© 2008 Frémeaux & Associés

english notes
It could seem strange and even out of place, to pay tribute to someone while talking about oneself.  However, Georges Ulmer’s name, face and songs are so strongly tied to spring 1945 when I was sixteen, so it is impossible to avoid speaking about my old friends and the Frédéric Mistral high school in Arles where I was living at the time. During these years of warfare, Arles was far from being the fashionable town as we know it today, and we were just a crowd of school kids who loved song.  Our greatest idols were Charles Trenet, Johnny Hess, Jean Tranchant and Jean Sablon.  We knew about jazz through the Quintet of the Hot Club of France.  These were their golden years. During the cold winter of 1944-45 a new voice appeared on the wavelengths to be followed by a face featured in newspapers and magazines – that of Georges Ulmer.  This newcomer threw a new light on the style of songs we loved so much; he had a different way of singing and each note was in perfect harmony with the lyrics – no doubt the result of his talent as songwriter and singer, but I also think of his slight accent, so hard to define.  Later Betty Ulmer told me he mastered eight different languages. Under the spell, I began to buy all his titles.  Unfortunately, some didn’t survive due the usual chaos of moving house.  So we spent our time listening out on the radio for this Dane who had brought a new and refreshing hue to French song. If I were to mention but one title from this bitterly cold winter, it would be Marie petit Béguin du Mois de Mai where Georges whistles in the second part.  Of course we tried to copy him, but failed!  And then there were others:  Bing and Ma Voiture contre une Jeep. However, Georges also played some tricks that winter.  Scheduled in certain programmes, he failed to turn up.  As I have always said, Georges Ulmer could have climbed to the top, to be the best if he hadn’t loved life more than just art. I have never seen anyone so talented on stage.  He most probably never felt the urge or ambition to reach the summit, unlike others such as Yves Montand. Then came spring 1945.  The month of May to be exact.  Suddenly the walls of our small town were plastered with posters announcing the arrived of Georges Ulmer!  In those days, the principal form of entertainment in provincial towns was the cinema.  Georges Ulmer’s arrival was an exciting event.  Had he decided upon another venue we would have missed him.  In 1945 youngsters only had bicycles and were still firmly watched over by their parents.

The big day finally arrived.  A few hours before the show, while we were hanging around on the Boulevard des Lices (where all the youngsters used to meet up), we suddenly saw him in front of us.  We went up to talk to him and he was extremely kind.  He asked us about the audience:  were there many Spaniards or Italians in the area?  Then Ulmer invited us backstage after the show.  The actual concert was a great surprise for all.  Each song had its individual scenario and Georges successfully portrayed a variety of different characters.  For instance in Hello Dick, a song which was never recorded, Ulmer mimed the tale of a gangster killed by the extras. That evening, we also witnessed for the first time in song (well before Félix Leclerc and Georges Brassens) the guitar acting as the major accompanying instrument.  After this I, as ‘revelation of the year’ (!) began to sing on stage and Quand allons-nous nous marier was to be the greatest hit of my lightning and regional career! The double CD, for which we can thank my friend André Bernard, is a 36-faceted diamond.  We hope it brings back happy memories to the older generation and reaches the heart of the young.
Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of Daniel SCHMITT
© 2008 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Biographical notes
Georges Ulmer was born in Copenhagen, Denmark on 16 February 1919.  He was only two when his father, a talented sculptor passed away, leaving him with his bereaved mother.
Luckily for the young boy, she was a writer so he grew up in a universe where one can learn rapidly and easily. At a very young age, Georges started boxing which became his favourite sport and his love of foreign languages became so apparent that he was sent to America to stay with his uncle, who imported butter in Cincinnati (Ohio) and he thus perfected his English.  He lived there for four years.  And when he later wrote Quand allons-nous nous marier? And Bing, vieux Cheval de Gaucho, he was looking back at the tales his uncle told him about the pioneers of the South.  Across the Atlantic he discovered what was to become his main source of inspiration. Upon his return to Europe, he and his mother left for Spain where they lived with other members of the family in Palma de Majorca followed by Barcelona, which enabled Georges to continue his studies. They left Spain in 1938 to escape from the Franco regime and settled in Perpignan where Georges worked in various domains.  And, of greater importance, Georges Ulmer, a jazz fan, debuted as a guitarist-cum-singer.  He was hired by Fred Adison, one of the most popular band leaders of the period and soon became the most important member of the orchestra. In the early years of Occupation, Ulmer became known in Marseilles which Georges adopted as his town and one of his most beautiful songs was dedicated to it.  He then performed on the Riviera, Nice in particular, where he sang in the ‘Bagatelle’, ‘L’Ecrin’ and then in the Casino.  During the same period he teamed up with publisher Robert Salvet who released his first songs and whose brother, André Salvet helped him to compose his first verses. Shortly before Liberation, Georges Ulmer headed for Paris where he auditioned before the famous impresario Jules Borkon who was to help him top the bill. However, while awaiting fame, he led a modest life in a small hotel in the Pigalle district, played in a few cabarets and first appeared at the A.B.C. in a show starring Mado Robin.  His name was now known by the general public. Along with Géo Koger, one of Vincent Scotto’s most celebrated lyricists, he wrote  Un Monsieur attendait, C’est loin tout ça and Pigalle.  Soon this latter title was to be known internationally. In 1945 he signed a contract with the Columbia label and with Jacques Hélian’s orchestra he recorded his first 78s.  In the same year, he was awarded the Grand Prix du Disque for J’ai bu signed by Charles Aznavour and Pierre Roche. At the same time another strapping young man from Marseille cut his debut discs for Odeon who had been taken under Edith Piaf’s wing.  His name was Yves Montand.  We can notice their repertories were both inspired by cowboys.  Their gangly, pro-American appearance won the hearts of many in this jubilant period of Liberation. Yet Georges Ulmer was less conventional and lazier, whereas Yves Montand was ambitious and hard-working, determined to find commercial success.

In 1946, Georges married a wonderful young lady from Nice, Betty Gola and they had two children:  Eric, the eldest son was to become a reputed surgeon.  His younger sister Laura enjoyed a short career as a singer and later became an air hostess with the Air France company. Georges Ulmer toured extensively, particularly in the United States and South America.  For some fifteen years he was a truly international star, triumphing again and again.  In 1957 he was billed on the Alhambra stage, which was to remain one the greatest moments in the history of the Music Hall. His performance was a veritable tour de force thanks to him mastering eight languages and his splendid imitation.  After seeing him on stage, one could but admit that Georges Ulmer was one of the greatest artists of the period. He left Paris in the early sixties to live in Cagnes-sur-Mer where he ran, along with his wife, Betty, a cabaret-restaurant called ‘Chez les Ulmer’. Then Georges Ulmer retired in Marseille and passed away on 29 September 1989, suffering from heart problems.  A great loss for all lovers of Song. This exceptional and talented artist deserved better recognition.  A fact we still regret today.
English adaptation by Laure WRIGHT from the French text of André BERNARD
© 2008 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Toute notre gratitude à Betty Ulmer pour sa précieuse contribution à la réus­site de cet album qui lui doit beaucoup. Ma sincère reconnaissance à Daniel Schmitt, cet ami d’Arles, qui souhaitait depuis longtemps la naissance de ce double-CD dont je partage avec lui la paternité. A Dany Lallemand pour son inestimable disponibilité à puiser dans ses collections personnelles. Merci enfin à ceux qui sont si présents : Marie-Flore Bernard, Maurice Barrier, Gérard Roig, René Vernaz et les Amis de Georges Ulmer.
André BERNARD

Discographie
CD1
1. C'est loin tout ça 3’31
(G. Ulmer/G. Koger-G. Ulmer)
Orch. Dir. Marius Coste
COLUMBIA CL 8147/DF 3064 18 avril 1946

2. Marie (Petit béguin du mois de mai) 2’51
(G. Ulmer)
Orch. Dir. Jacques Hélian
COLUMBIA CL 7967/DF3006 10 avril 1945

3. Bing ! (Vieux cheval de gaucho) 2’35
(G. Ulmer-H. Lecq/G. Ulmer)
Orch. Dir. Jacques Hélian
COLUMBIA CL 7968/DF3007 10 avril 1945

4. Un petit bout de femme 2’26
(G. Ulmer/G. Koger-G. Ulmer)
Orch. Dir. Marius Coste
COLUMBIA CL 8144/DF 3063 18 avril 1946

5. Ma voiture contre une Jeep 2’37
(G. Ulmer)
Orch. Dir. Jacques Hélian
COLUMBIA CL 7967/DF3006 10 avril 1945

6. Hôtel des Artistes 3’00
de l'Opérette "On a volé une étoile"
(G. Ulmer arrangt. Jean Valz/J. Valmy-G. Koger & F. Sardou)
Orch. Dir. Alix Combelle
COLUMBIA CL 8366/DF 3188 25 mars 1947

7. Vel' d'Hiv' 3’17
(G. Ulmer arrangt D. White/G. Koger-G. Ulmer)
Orch. Dir. Daniel White
COLUMBIA CL 8568/DF 3246 19 juillet 1948

8. Le petit bonhomme crépu 3’01
(G. Ulmer/G. Koger-G. Ulmer)
Orch. Dir. Jean Valz
COLUMBIA CL 8469/DF 3222 31 octobre 1947

9. Mon complet neuf 2’40
(G. Ulmer/G. Koger)
Orch. Dir. Jean Valz
Epreuve COLUMBIA CL 8379 avril-mai 1947

10. Casablanca 2’54
(G. Ulmer arr. D. White/G. Koger-G. Ulmer)
Orch. Dir. Daniel White
COLUMBIA CL 8567/DF 3254 19 juillet 1948

11. Trois Musiciens 2’36
(G. Ulmer arr. D. White/G. Koger-G. Magenta)
Orch. Dir. Daniel White
COLUMBIA CL 8599/DF 3280 30 sep. 1948

12. Nicole 3’08
(G. Ulmer/Vline Buggy)
Orch. Dir. Jean Valz
COLUMBIA CL 8468/DF 3216 31 oct. 1947

13. J'ai bu 3’25
(P. Roche-Ch. Aznavour)
Orch. Dir. Jo Boyer - Au piano : Jean Valz
COLUMBIA CL 8189/DF 3042 27 juin 1946

14. Je pense à Paris 2’57
(G. Ulmer)
Orch. Dir. Don Americo
COLUMBIA C 17712/BF 339
 Hayes vers décembre 1950  

15. Il n'y a que vous pour faire ça 3’37
(G. Ulmer arr. D. White/G. Koger-G. Ulmer)
Orch. Dir. Daniel White
COLUMBIA CL 8601/DF 3280 30 sep. 1948

16. Comme une rose de mai 3’33
(G. Ulmer/A. Salvet)
Orch. Dir. Don Americo
COLUMBIA C 17713/BF 339
 Hayes vers décembre 1950  

17. Moi, je fais des chansons 2’56
de l'Opérette "On a volé une étoile"
(G. Ulmer arr. Jean Valz/G. Koger-G. Ulmer)
Orch. Dir. Jean Valz
COLUMBIA CL 8378/DF 3188 30 avril 1947

18. Un Monsieur attendait 2’57
(G. Ulmer arr. Jean Valz/G. Koger-G. Ulmer)
Orch. Dir. Alix Combelle
COLUMBIA CL 8364/DF 3182 25 mars 1947

CD2
1. Quand allons-nous nous marier ?  2’52
(G. Ulmer)
Orch. Dir. Jacques Hélian
COLUMBIA CL 7964/DF3006 10 avril 1945

2. Marseille 2’14
(G. Ulmer-G. Bérard/G. Cornille-G. Ulmer)
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9299/BF 526 28 octobre 1952

3. Le promeneur de minuit 3’12
(G. Ulmer/R. Rouzaud)
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9670/BF 610 8 février 1954

4. La rue mouillée 3’22
(G. Ulmer)
Orch. Dir. Don Americo
COLUMBIA C 17702/BF 368
 Hayes vers décembre 1950  

5. Y avait deux Amoureux 3’21
(G. Ulmer/G. Bérard-G. Ulmer)
Avec une brève participation de Betty Ulmer
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9446/BF 576 30 avril 1953

6. Tu l'as regardée 2’12
(G. Ulmer/Vline Buggy)
Duo avec Betty Ulmer
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9671/BF 609 8 février 1954 

7. Une vieille chanson 2’57
(G. Ulmer/G. Bérard-G. Ulmer)
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9449/BF 576 30 avril 1953

8. Vous 2’40
(G. Ulmer)
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9448/BF 558 30 avril 1953   

9. Ma petite ville 2’57
(G. Ulmer/G. Koger)
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9010/BF 388 6 juillet 1951

10. Mannequins de Paris 2’15
(G. Ulmer/Vline Buggy)
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9298/BF 520 28 octobre 1952

11. Mister Callaghan 2’48
(Eric Spear/R. Rouzaud)
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9447/BF 558 30 avril 1953

12. L'amour et l'argent 3’17
(G. Ulmer/Vline Buggy)
Duo avec Betty Ulmer
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9297/BF 526 28 octobre 1952

13. Sur ma guitare 3’22
(G. Ulmer/M. Falconnier)
Orch. Dir. Jerry Mengo
COLUMBIA CL 10060/BF 707 18 mars 1955

14. Mademoiselle 3’26
(G. Ulmer/G. Koger)
Orch. Dir. Jo Boyer
COLUMBIA CL 9636/BF 603 11 janvier 1954

Enregistrements réalisés en public au Théâtre de l'ABC à Paris en 1951 :
15. Copenhague 4’10
(G. Ulmer)

16. Hello Dick 3’56
(G. Ulmer)

17. Schmile 3’40
(G. Ulmer/A. Salvet)

18. Pigalle 3’39
(G. Ulmer/G. Koger-G. Ulmer)

CD Georges Ulmer - 1945 – 1955 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 C'est loin tout ça - Georges03'32
02 Marie (Petit beguin du mois de mai) - Georges02'53
03 Bing! (Vieux cheval de gaucho) - Georges02'37
04 Un petit bout de femme - Georges02'28
05 Ma voiture contre une jeep - Georges02'39
06 Hôtel des artistes - Georges03'01
07 Vel' d'Hiv' - Georges03'18
08 Le petit bonhomme crépu - Georges03'03
09 Mon complet neuf - Georges02'41
10 Casablanca - Georges02'56
11 Trois musiciens - Georges02'38
12 Nicole - Georges03'09
13 J'ai bu - Georges03'27
14 Je pense à Paris - Georges02'58
15 Il n'y a que vous pour faire ça - Georges02'39
16 Comme une rose de mai - Georges03'35
17 Moi, je fais des chansons - Georges02'58
18 Un monsieur attendait - Georges02'56
CD 2
01 Quand allons-nous nous marier? - Georges02'53
02 Marseille - Georges02'15
03 Le promeneur de minuit - Georges03'14
04 La rue mouillée - Georges03'23
05 Y avait deux amoureux - Georges03'22
06 Tu l'as regardée - Georges02'14
07 Une vieille chanson - Georges02'58
08 Vous - Georges02'42
09 Ma petite ville - Georges02'59
10 Mannequins de Paris - Georges02'17
11 Mister Callaghan - Georges02'49
12 L'amour et l'argent - Georges03'19
13 Sur ma guitare - Georges03'23
14 Mademoiselle - Georges03'29
15 Copenhague - Georges04'10
16 Hello Dick - Georges03'56
17 Schmile - Georges03'40
18 Pigalle - Georges03'39
« Marie Pierre Vancallement de Marianne Mélodie »

Merci beaucoup pour le coffret Georges Ulmer. Je dirai toujours bravo pour la composition de ces chansons, pour ces textes, et ces photos. Marie Pierre - VANCALLEMENT




"A (re)découvrir..." par Vinyl

Faut-il rappeler que l’une des chansons les plus typiquement parisiennes, celle qui fit connaître Pigalle dans le monde, fut créée par un Danois ? Georges Ulmer, né à Copenhague en 1919, fit les belles heures de l’après-guerre et aurait pu se hisser au premier rang s’il n’avait été éclipsé (aux dires des mauvaises langues…qui n’ont pas tout à fait tort !) par un certain Yves Montand, lui-même « protégé » de la môme Piaf. Dur de résister… Ce généreux double CD retrace les 10 premières années de carrière (1945 – 1955) de cet auteur-compositeur-interprète méconnu du grand public. Statut d’ACI rarissime en cette époque attendant encore les Brel-Brassens-Ferré-Aznavour de la décennie suivante ! En note n°56, l’ami Chevalley écrivait « le répertoire de Georges Ulmer est plutôt sympathique et peut se réécouter avec grand plaisir, il paraît moins démodé que certains pourraient le penser ». C’est tout à fait vrai ! Il est même surprenant de trouver une telle qualité d’écriture et de composition dans cet après-guerre où seul Trenet se détachait nettement de la production ambiante. Sans parler des orchestrateurs – arrangeurs (dont Jacques Hélian, Jo Boyer ou Alix Combelle) insufflant une allégresse cuivrée aux notes de Ulmer. Au totale, 36 titres répartis sur deux CD, dont les immortels Quand Allons-Nous Nous Marier, Casablanca, Marie (petit béguin du moi de mai), Ma Voiture Contre Une Jeep et Pigalle. Cette dernière fait partie d’une session de quatre titres enregistrés en public a l’ABC en 1951 d’une qualité discutable, où notre cow-boy Danois semble plus disposé à faire des « skontches » (chansons-sketches selon Gilbert Laffaille) que de l’interprétation appliquée. Les rires dans la salle laissent imaginer la belle ambiance de la prestation de George Ulmer. A (re)découvrir…
VINYL




« L’histoire de notre music-hall » par Phonoscopie

Dans nos souvenirs radiophoniques, deux Georges domine l’année 1945 : Guétary et Ulmer. C’est pourquoi nous leur conservons une tendresse particulière. Georges Ulmer reste à jamais lié à cette période euphorique de l’immédiat après-guerre (« Ma voiture contre une jeep »). Puis, peu à peu, Yves Montand s’imposera. Mais ceci appartient à l’histoire de notre music-hall. PHONOSCOPIE




« Un devoir de mémoire » par La Marne

Frémeaux et Associés met en valeur la musique moderne par des sorties toujours ciblées sur le chemin de la qualité mais le véritable trésor concerne la librairie sonore avec « Notre mémoire collective » qui remet au goût de jour des artistes oubliés ou que l’on ne peut oublier de part leur talent. Une véritable institution chez Frémeaux avec ces ouvrages qui bénéficient de restaurations analogiques et numériques reconnue dans le monde entier. La marque Frémeaux & Associés a obtenu ainsi plus de 700 distinctions pour son travail muséographique de sauvegarde et de diffusion du patrimoine sonore dont voici deux nouveautés au catalogue. Georges Ulmer a connu la consécration mondiale pour « Pigalle », cette fameuse station de métro entourée de bistrots… Ce succès planétaire a certainement mis sous silence le restant de son œuvre. Ce joli garçon, l’un des plus doué de sa génération sur scène a peut-être manqué d’ambition pour arriver comme Montand, son concurrent de l’époque au plus haut niveau. Et pourtant, cet auteur est parvenu sans forcer son talent à cet état poétique dont parlait Cocteau : plus vrai que le vrai. Ce coffret de 36 titres, accompagné d’un livret richement illustré permet de revisiter la carrière de l’une des gloires de la chanson populaire. De purs bijoux dont « Je pense à Paris », « Une vieille chanson » et l’inévitable « Pigalle », enregistrement public de 1951. Un régal on vous dit, mieux un devoir de mémoire. LA MARNE