THE GOLDEN AGE OF GOSPEL 1946-1956

FIVE BLIND BOYS OF ALABAMA, HARMONIZING FOUR, MARIE KNIGHT, REV. KELSEY...

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Nombre de CDs : 2


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FA5246

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La décennie qui suivit la fin de la guerre représente la quintessence de la longue histoire du gospel. C’est à cette époque que les plus grands solistes et groupes vocaux, au sommet de leur art, ont réalisé leurs plus beaux disques. Au travers d’un choix de chefs-d’œuvre, connus ou oubliés, Jean Buzelin propose dans ce coffret 44 titres l’ensemble des facettes de cet Age d’Or du Gospel.
Patrick Frémeaux

The decade following World War II saw the best years in the long history of gospel when the most outstanding soloists and vocal groups made their greatest records. This 44 tracks selection, by Jean Buzelin, of both well known and forgotten masterpieces covers all the aspects of this Golden Age of Gospel.
Patrick Frémeaux


CD1 : 1. REV. KELSEY : I’M A SOLDIER 2’42 • 2. SISTER ROSETTA THARPE : TEACH ME TO BE RIGHT 2’47 • 3. FAMOUS BLUE JAY SINGERS : JESUS, LOVER OF MY SOUL 3’04 • 4. FIVE BLIND BOYS OF ALABAMA : POWER OF THE LORD 2’31 • 5. FIVE BLIND BOYS OF MISSISSIPPI : WILL JESUS WILL BE WAITING FOR ME 2’29 • 6. GEORGIA PEACH : SHADY GREEN PASTURES 2’55 • 7. MAHALIA JACKSON : PRAYER CHANGES THINGS 3’08 • 8. ROBERTA MARTIN SINGERS : WHERE CAN I GO 2’12 • 9. ROBERT ANDERSON : IF JESUS HAD TO PRAY 2’59 • 10. SALLIE MARTIN SINGERS : THROW OUT THE LIFELINE 2’44 • 11. BROTHER JOE MAY & SISTER WYNONA CARR : I SEE JESUS 2’13 • 12. ELDER CHARLES BECK : WHAT DO YOU THINK ABOUT JESUS 2’49 • 13. TRUMPETEERS : MILKY WHITE WAY 2’36 • 14. HARMONIZING FOUR : WILL THERE BE ANY STARS IN MY CROWN 3’04 • 15. ANGELIC GOSPEL SINGERS : TOUCH ME, LORD JESUS 2’59 • 16. CLARA WARD SINGERS : SURELY GOD IS ABLE 2’59 • 17. SISTER ETHEL DAVENPORT : GOSPEL HOP 2’31 • 18. TWO GOSPEL KEYS : YOU GOT TO MOVE 2’46 • 19. DIXIE HUMMINGBIRDS : I’LL LIVE AGAIN 2’51 • 20. FAIRFIELD FOUR : I’LL BE SATISFIED 2’08 • 21. ST. PAUL BAPTIST CHURCH : GOD BE WITH YOU 2’53 • 22. REV. C.C. CHAPMAN : ON MY WAY 4’46.
CD2 : 1. PROF. JOHNSON : ANGELS 2’16 • 2. SWAN SILVERTONES : HE WON’T DENY ME 2’45 • 3. SPIRIT OF MEMPHIS QUARTET : EASE MY TROUBLED MIND 2’35 • 4. REV. B.C. CAMPBELL : OH! IN THAT MORNING 2’45 • 5. SISTER ROSETTA THARPE & MARIE KNIGHT : DIDN’T IT RAIN 2’37 • 6. EDNA GALLMON COOKE : WALK THRU THE VALLEY 2’55 • 7. ORIGINAL GOSPEL HARMONETTES : HE’S CALLING ME 3’04 • 8. DAVIS SISTERS : BY AND BY 4’41 • 9. BELLS OF JOY : LET’S TALK ABOUT JESUS 2’45 • 10. SUNSET TRAVELERS : YES, YES, I’VE DONE MY DUTY 2’43 • 11. REV. GATEMOUTH MOORE : GLORY GLORY HALLELUJAH 2’58 • 12. VOICES OF VICTORY : I’M SO GLAD JESUS LIFTED ME 2’57 • 13. MARIE KNIGHT : I JUST KEEP FROM CRYING SOMETIME 2’19 • 14. CARAVANS (WITH BESSIE GRIFFIN) : LET US RUN 2’38 • 15. PROF. ALEX BRADFORD : LORD! LORD! LORD! 2’45 • 16. SOUL STIRRERS (WITH SAM COOKE) : COME AND GO TO THAT LAND 2’36 • 17. PILGRIM TRAVELERS : HOW JESUS DIED 3’02 • 18. SENSATIONAL NIGHTINGALES : BURYING GROUND 2’37 • 19. CONSOLERS : GIVE ME MY FLOWERS 2’40 • 20. SISTER JESSIE MAE RENFRO : HOLD MY HAND 2’55 • 21. BROTHER CLEOPHUS ROBINSON : I’VE GOT A NEW BORN SOUL 2’46 • 22. STAPLE SINGERS : IF I COULD HEAR MY MOTHER PRAY 2’46

Erratum : contrairement à ce qu'indiquent les renseignements discographiques, le titre 2 du CD2 n'est pas "He Won't Deny Me" par les Swan Silvertones mais les Sunset Travelers dans "My Number Will Be Changed" (même séance que plage 10).

Droits : Groupe Frémeaux Colombini SAS
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The Golden Age of Gospel

GOSPEL  Vol. 5
The Golden Age of Gospel 
1946-1956 








On a coutume de voir, dans la décennie qui suivit la seconde guerre mondiale, la pér­iode où la musique religieuse afro-américaine, les gospel songs(1) en particulier, a connu son âge d’or. Même si certains le prolongent jusqu’au milieu des sixties, c’est bien durant les années d’après-guerre et le basculement du demi-siècle que s’opèrent les grands changements. Changements qui affectent le monde musical noir américain dans son ensemble.  La double coupure simultanée que constitua  la guerre d’une part, et la grève des enre­­gis­trements en studio d’autre part, a provoqué à  la fois un coup d’arrêt et un bouleversement entraîné par les mouvements politiques et  sociaux comme l’arrivée d’une vague massive de migrants noirs du Sud dans les métropoles du Nord et des côtes Est et Ouest. La société change, le milieu (le business) musical avec. Ainsi, l’éclosion et la prolifération des petits labels indépendants (dont certains deviendront à leur tour extrêmement prospères) qui remplacent, dans la diffusion des musiques afro-américaines (et populaires en général) les grandes compagnies qui, jusqu’à présent,  contrôlaient le marché. Les nombreux disques édités par ces petites maisons alimentent généreusement le marché du Rhythm & Blues, terme commercial fourre-tout qui remplace  le péjoratif race records et rassemble tous les disques destinés à la population noire. Opération soutenue notamment par le magazine Billboard qui publie chaque semaine le classement des meilleures ventes tous genres confondus. Mais à part quelques exceptions, les disques de gospel n’apparaissent pas dans ces listes (charts), ce qui ne veut pas dire qu’ils ne se vendent pas. Au contraire si l’on songe à Mahalia Jackson, aux Ward Singers ou à Alex Bradford et leurs millions de disques vendus. Non seulement le gospel reste au cœur de la vie musicale, et quotidienne, des Noirs, mais il nourrit en profondeur les musiques voisines qui adoptent ses rythmes accentués, ses mélodies simples, ses formes répétitives envoûtantes, ses façons de chanter “dures” et souvent paroxysmiques. C’est le déclin des formes jubilee aux harmonies soignées et au swing léger(2), au profit d’expressions plus brutes, plus violentes, plus en prise avec les réalités quotidiennes de la cité et de la vie des ghettos. Le jazz et le blues opèrent les mêmes transformations. 

PETIT RAPPEL : QUE SE PASSAIT-IL AVANT ? 
Avant-guerre dominaient, sur le marché du disque religieux, les deux formes les plus  anciennes de l’expression vocale sacrée. D’une part la plus brute, directement en prise avec l’assemblée des fidèles, celle des preachers avec leurs sermons(3), prolongement naturel  et immuable des formules et situations des églises noires depuis l’esclavage, d’autre part les quartettes vocaux masculins, la forme la plus achevée et “parfaite“ de l’art vocal collectif, apparue avec l’émancipation après la guerre civile. Très minoritaires sur disques, les guitar evangelists arpentaient en tout sens les vastes territoires des états du Sud(4) et les premières petites chorales sanctifiées ne sortaient guère de leurs églises(5). Pendant ce temps, de nouvelles organisations religieuses, peu ou pas représentées en disque, mais extrêmement actives et aux actions déterminantes dans la constitution de réseaux,  s’étaient constituées dans les années 30. Son instigateur principal, Thomas A. Dorsey (1899-1993), qui avait créé la première chorale de gospel dans son église de Chicago, l’Ebenezer Baptist Church, mit sur pieds, avec son associée Sallie Martin, une opération de diffusion nationale, presque au “porte-à-porte“, des nouvelles compositions de gospel auprès de toutes les églises du pays, un véritable réseau, la gospel highway, dont l’annuelle “National  Convention of Gospel Choirs & Choruses”, créée en 1932, constituait la vitrine. Tout un travail qui va porter ses fruits au lendemain de la guerre avec la mise en lumière de quelques-uns des futurs grands groupes et solistes de l’histoire du gospel. Enfin, nous ajouterons, à la fin des années 30 et au début des années 40, l’extraordinaire popularité de Sister Rosetta Tharpe qui, à elle seule ou presque, amorce la carrière des futures divas et vedettes féminines du gospel, tout en faisant sortir celui-ci du cadre strict de l’église et des institutions religieuses(6). Voici donc, très résumée, la situation, déjà établie ou en germe, qui allait provoquer  l’explosion de la musique gospel. 

LES PREACHERS
Les preachers ne s’étaient ni endormis ni calmés, malgré des carrières discographiques qui se terminent, comme celles du révérend J.M. Gates – 214 faces de 78 tours entre 1926 et 1941, record toutes catégories – et d’autres ministres du culte connus, généralement  baptistes(5). Les écoute-t-on moins ou leur préfère-t-on dorénavant les preachers des églises sanctifiées, plus dynamiques et plus “chantants” ? L’arrivée tonitruante du révérend Samuel Kelsey accompagné par sa congré­gation du Temple Church of God in Christ  de Washington fait l’effet d’une bombe en 1947 ! Et son Little Boy est même classé dans les charts R&B. La plupart de ses interprétations survoltées commencent par un sermon au swing intense qui conduit progressivement à l’entrée du chœur, du piano et d’un incroyable trombone qui relance chaque phrase par un glissando. I’m A Soldier, tiré également d’un verset de la Bible, est du même tonneau et fait quasiment entrer l’auditeur d’un simple petit disque 78 tours dans le chœur même de l’église ! Autre straining preacher (hurleur) fameux de la Church of God in Christ (COGIC)(7) dont il est un membre actif important, Frère Charles Beck, (ca. 1900-ca. 1972), “The Singing Evangelist”, qui a déjà derrière lui une solide carrière – ses premiers disques remontent à 1930(5) –, entraîne vigoureusement sa troupe avec sa voix, son piano et… sa trompette ! Même si, plus tard, le révérend C.L. Franklin enregistrera pour son compte de multiples  sermons en direct de son église de Detroit, et lancera dans le grand bain sa fille Aretha, ce sont les preachings and singings qui ont les faveurs du disque. Connu également avant-guerre, le révérend B.C. (Benny) Campbell – disques en 1938 – illustre un genre si l’on veut plus traditionnel que le révérend C.C. Chapman, dont un extrait d’une longue séquence captée dans une église constituait, à l’origine, les deux faces de son seul 78 tours. Ce “morceau choisi“ évoque, à grands renforts de riffs et ponctuations d’orgue, de piano et de batterie, l’atmosphère électrique d’un office religieux. Le révérend Gatemouth Moore (1913-2004) entraîne également sa congrégation vers les cimes célestes sur l’air de Glory, Hallelujah, un negro spiritual que l’on chantait dans les camp meetings(5) au début du XIXe siècle. Gatemouth Moore avait débuté une belle carrière de blues shouter dans le domaine du rhythm and blues et n’a eu qu’à franchir la porte du temple à  la place de celle du dancing ou du cabaret ! Exemple qui illustre la parenté réelle des expres­sions vocales et musicales qui existe entre les registres sacrés et séculiers, et l’interaction qui agit entre le preacher/meneur et la congrégation ou l’assemblée selon la formule responsoriale ancestrale. 

LES QUARTETTES VOCAUX
Véritable institution de la pratique vocale dont ils offrent une sorte d’aboutissement, de perfection (un peu comme les quatuors à cordes dans la musique classique), les quartettes masculins vont vivre leur âge d’or en ces années d’après-guerre. Rappelons que quartet aux Etats-Unis signifie quatre voix (leader, ténor, baryton, basse) et non automatiquement quatre chan­teurs. On compte par centaines ceux qui ont laissé des traces phonographiques, et seulement sur les doigts de la main ceux qui n’étaient que de médiocre qualité. Certains, parmi les plus fameux, avaient pourtant dû attendre parfois quinze ou vingt ans avant d’avoir accès aux  studios, et ils n’ont pu réaliser des enre­gis­trements que grâce à ces nombreuses petites compagnies dont nous parlions plus haut, et dont certaines n’ont existé que le temps d’un disque ou presque ! Maintenus à bout de bras et d’une poigne de fer par des managers (souvent l’un des chanteurs) qui en assuraient la stabilité et la promotion,  et par des directeurs musicaux (parfois les mêmes) qui en garantissaient la qualité, les meilleurs de ces quartettes se devaient de posséder en leur sein un ou deux solistes capables de faire la différence. Ces lead vocals arpentaient le devant de la scène ou du chœur,  dansaient, descendaient dans les travées, et  terminaient leur performance à genoux au milieu de l’hystérie générale. Certains devinrent de véritables vedettes auprès de leur communauté, voire des idoles (stars) adulées d’un public féminin en pâmoison ! Le chanteur soliste devait, soit posséder la voix puissante, la rudesse et la force de conviction du preacher, soit, au contraire, être doté d’une amplitude et d’une malléabilité vocales lui permettant des effets de falsetto et des “douceurs” dignes d’un crooner. Cris d’un côté, caresses de l’autre, les plus grands quartettes jouaient ainsi la complémentarité avec alternance ou superposition de deux leads. Parmi les plus anciens et enracinés quartettes qui façonnèrent cette période de l’âge d’or,  figurent les Famous Blue Jay Singers, fondés en 1925 à Birmingham, un centre du gospel important en Alabama, et qui enregistrèrent dès 1932(2). Ce groupe, précurseur du hard gospel, comportait alors un soliste, Silas Steele, connu pour être le premier à avoir répandu les spirituals sermons qui combinent le chant et le parlé (speech). Ils retournent en studio durant une courte période entre 1947 et 1951. Le vieux cantique méthodiste Jesus, Lover Of My Soul  est un exemple fascinant de leur art hiéra­tique, brut et puissant, mené par le leader Charles Bridges, ancien des Birmingham Jubilee Singers(2). La tension entretenue par le chant arythmique renvoie aux expressions archaïques les plus “africaines“ de l’art vocal noir, tout en annonçant des interprétations similaires des Five Blind Boys of Alabama ou du Spirit of Memphis Quartet. C’est d’ailleurs au sein de ce quartette, créé en 1928, l’année où Lindbergh franchi l’Atlantique à bord de son Spirit of Saint-Louis, qu’on retrouve Silas Steele. Issu également d’une forte tradition locale, dont  l’un des fers de lance est le révérend Brewster – voir plus loin –, le Spirit of Memphis Quartet  est un ensemble de cinq à huit chanteurs  comprenant deux à trois solistes selon les  interprétations. Le style de ce groupe, qui enregistre depuis 1948, extrêmement envoûtant et chargé émotionnellement, reste très roots, pour employer une expression d’aujourd’hui. Les Dixie Hummingbirds, qui se sont formés à Greenville (Caroline du Sud) à peu près à la même époque, apparaissent comme un groupe pré-gospel dès leurs premiers enregistrements en 1939(2). En 1942, ils succèdent au Golden Gate Quartet sur la scène du Café Society, le fameux cabaret multiracial de Greenwich  Village. Retrouvant les studios dès 1944, ils  vont s’affirmer comme l’un des “maîtres quartettes“ de l’époque, drivés par un extraordinaire lead vocal, également excellent arrangeur,  Ira Tucker, que d’aucuns considèrent comme  le plus grand de tous, n’est-ce pas Rosetta Tharpe ?(6) Si la grande chanteuse-guitariste n’a malheureusement pas enregistré en leur  compagnie, elle a réalisé un certain nombre  de disques avec les Harmonizing Four, qui se sont assemblés en Virginie dès 1927.

S’inscrivant davantage dans la tradition des jubilee ou harmonizing quartets, d’où leur nom, ils s’aventurent volontiers vers un gospel plus débridé au début des années 50 (Will There Be Any Stars), avant de revenir à un rendu plus lisse autour de leur future basse Jimmy Jones. Moins connus et à la carrière plus courte, les Trumpeteers, réunis à Baltimore en 1943, décrochent néanmoins la timbale avec Milky White Way qui entre dans le Top Ten R&B en 1948. Leur titre, créé en 1944 par les Coleman Brothers, sera repris par quantités d’artistes  et de groupes divers(8). Parmi les derniers à  prolonger un genre jubilee modernisé, avec  un certain succès, les Trumpeteers seront  néanmoins débordés aux entournures par des ensembles plus “durs” (hard). Fondés en 1934 à Trinity (Texas) par Rebert H. Harris, enregistrés sur le vif par la Bibliothèque du Congrès en 1936, les Soul Stirrers démarrent une carrière commerciale en 1945 une fois installés à Chicago. Ils sont les premiers à faire alterner deux lead vocals durant une même interprétation, en jouant sur l’opposition entre une tendance “douce“ avec R.H. Harris puis Sam Cooke à partir de 1951, et une tendance “dure” avec Paul Foster. Sam Cooke, qui fait se pâmer la gent féminine, sera le grand sex symbol de ces grandes années du gospel, avant d’entamer une carrière profane de chanteur soul qui le conduira aux sommets… avant sa mort violente en 1964. Les Swan Silvertones, réunis en Virginie  en 1938, s’inscrivent dans un registre voisin  avec une qualité de rendu exceptionnelle.  Ils réalisent une sorte d’accord parfait entre  perfection vocale et expressivité. À Claude Jeter, leader et remarquable falsetto, répond le  torride révérend Crenshaw dans He Won’t Deny me. Quartette également parfaitement équilibré, les Sensational Nightingales se sont formés vers la fin des années 40. Ils possèdent, en la personne du révérend Julius Cheeks, un hard gospel shouter dont la voix de baryton résonnante a laissé des traces chez Wilson Pickett. Burying Ground , un simple ring shout, est considéré par Tony Heilbut (cf. The Gospel Sound) comme l’un de leurs plus beaux  disques. Moins réputés, peut-être, en Europe, les Fairfield Four, de Nashville – le groupe existe depuis 1921 –, sont parmi les plus populaires et influents dans le monde du gospel, avec leur soliste Sam McCrary (inspirateur de B.B. King) et leur excellente basse George McCurn. Mais les deux ensembles les plus hard, les plus saignants, sont deux réunions de chanteurs aveugles, les presque homonymes Five Blind Boys of Mississippi, de Jackson, formés  en 1944 avec l’extraordinaire soliste Archie Brownlee (qui a beaucoup marqué Ray Charles, entre autres), et leurs plus sérieux concurrents, les Five Blind Boys of Alabama, rassemblés en 1947, peut-être encore plus “bruts de forme”, emmenés par leur “hurleur” Clarence Fountain (toujours bon pied bonne voix  en 2008). Difficile d’aller plus loin dans le paroxysme. Poursuivant à leurs débuts la tradition a cappella (CD 1 plages 3, 19, 20, CD 2 plage 3), beaucoup de ces quartettes vont petit à petit ajouter un accompagnement instrumental,  souvent une guitare (électrique) jouée par l’un des membres du groupe, ou tout simplement une batterie pour accentuer fortement l’after beat comme chez les Sunset Travelers dont  le Yes, I’ve Done Duty présenté ici – une rareté – est un monument de swing sur tempo cas­se-cou, ou enraciner un peu plus le chant à la terre (CD 1 plages 5, CD 2 plage 2). Cette évo­lution commence à se faire sentir chez les Pilgrim Travelers, connus dès les années 30 à Houston, puis fixés à Los Angeles. Dirigés par  l’exceptionnel baryton (et auteur prolifique) Jess Whitaker, et rejoints par la basse George McCurn, ils évolueront du jubilee au shout. Enfin, pour en terminer avec les grands quartettes – ceux que nous avons choisis ne sont que la face visible de l’iceberg –, citons les Bells of Joy de Houston (Texas), emmenés par A.C. Littlefield, qui entament leur carrière discographique en 1951 par un énorme hit, Let’s Talk About Jesus, qui, à son tour, va enter dans le répertoire commun. 

LES ENSEMBLES MIXTES
Le travail de fond et de terrain qu’effectuent Thomas A. Dorsey et son entourage depuis une quinzaine d’années commence à porter ses fruits et être reconnu. Sa première collaboratrice, Sallie Martin, s’était associée d’abord avec sa consœur homonyme Roberta Martin, et, ensemble, elles avaient mis sur pieds les Martin & Martin Gospel Singers, émanation de l’Ebenezer Baptist Church. Roberta Martin, née en 1907 dans l’Arkansas et arrivée à Chicago en 1917, devient la pianiste de la Youth Choir (chorale des jeunes) de l’Ebenezer en 1931 avant de former, deux ans plus tard avec le chef de chœur Theo Frye, le Martin-Frye Quartet, qui va devenir les Roberta Martin Singers en 1936/37, premier groupe mixte de gospel professionnel. Bonne chanteuse, pianiste accomplie aux conceptions avancées, compositeur et arrangeur, Roberta Martin  laissait volontiers s’exprimer tour à tour chacun de ses chanteurs, les grandes voix masculines (Robert Anderson, puis Norsalus McKissick et Eugene Smith) s’accordant parfaitement aux voix féminines (Bessie Folk, Myrtle Scott ou Delois Barrett Campbell). Les Roberta Martin Singers commencent à enregistrer en 1947 et accomplissent une belle carrière jusqu’à la mort de Roberta en 1969. Mais, plus que sa reconnaissance publique personnelle, c’est l’influence, l’exemple et le laboratoire constitués par son groupe qui fait de Roberta Martin l’un des personnages majeurs du gospel moderne(9). Originaire d’Atlanta, son aînée Sallie Martin (1896-1988) monte à Chicago en 1919, s’associe avec Dorsey dès 1932, et le quitte en 1940 pour monter une maison d’édition avec l’auteur- compositeur Kenneth Morris et le révérend Clarence Cobbs. Elle fonde ses Sallie Martin Singers, le premier ensemble professionnel entièrement féminin – la future Dinah Washington en est la pianiste – qui s’enrichit ensuite  de voix masculines comme celle de Brother  Joe May. Sa fille adoptive, Cora Martin, est la principale soliste du groupe qui grave ses  premiers disques en 1947(9). 

LES CHŒURS ET ENSEMBLES FÉMININS
Rares avant la guerre car longtemps confinés à l’arrière-ban, les ensembles exclusivement féminins, à force de ténacité et de talent, vont progressivement s’imposer dans le circuit gospel et acquérir une popularité équivalente à celle des quartettes masculins, avant de les faire vaciller, et plus tard de les supplanter dans le cœur des amateurs. La présence au premier plan de chanteuses aussi célèbres que Sister Rosetta Tharpe et Mahalia Jackson a certainement donné un coup de pouce à ces groupes, qui souvent abritaient en leur sein des voix assez extraordinaires qui ne demandaient qu’à s’envoler ! D’ailleurs, contrairement à leurs  collègues masculins qui s’aventurèrent rarement dans une carrière en solo (sauf pour affronter les scènes profanes), nombre de chanteuses quittèrent leurs groupes pour accomplir de brillantes carrières personnelles (Bessie Griffin, Marion Williams, Dorothy Love Coates…). Composés en général de trois à cinq membres et soutenus presque obligatoirement par un pianiste, parfois le “chef” du groupe (Clara Ward, Margaret Allison), auquel s’ajou­tera souvent l’orgue, les ensembles féminins  ne s’organisaient pas de la même manière que les quartettes masculins, leur registre naturel (soprano-alto) offrant moins d’intervalles  harmoniques. L’intensité du chant autant que la beauté des voix, la résonance, la puissance  et l’éclat de des unissons, la polyphonie et l’alternance des solistes offraient un spectacle sonore et visuel grandiose.

Le premier d’entre eux, les Ward Singers,, fut d’abord un trio familial formé en 1931 par la mère, Gertrude Ward, et ses deux toutes jeunes filles, Willa et Clara. Installées à Philadelphie en 1937, elles sont remarquées par Dorsey qui les intègre à son organisation. En 1943, elles triomphent à la “National Baptist Convention” (NBC)(10) et entament une carrière professionnelle qui s’annonce brillante. Avec l’arrivée dans le groupe de la soprano stratosphérique Marion Williams en 1947 et sous la houlette de la charismatique Clara Ward (1924-1973), elles deviennent d’immenses vedettes grâce à leurs disques et à leurs prestations scéniques hautes en couleur, tant aux Etats-Unis qu’en Europe qu’au Moyen-Orient en en Asie(9). Écrit par  W. Herbert Brewster, leur Surely God Is Able se vendra à plus d’un million d’exemplaires ! Brewster (1897-1987), le grand auteur-compositeur de Memphis et catalyseur de la scène musicale religieuse de la région, avait présenté ses œuvres à la NBC en 1941. Il bénéficiait d’une merveilleuse interprète, Queen C. Anderson(9) qui créa son Move On Up A Little Higher qui, repris par Mahalia Jackson, fit connaître celle-ci dans tout le pays et dans le monde entier(11). Il offrit nombre de compositions à Sister Rosetta Tharpe, aux Soul Stirrers, et surtout aux Ward Singers, comme How I Got Over(9) également repris par Mahalia, Brother Joe May et beaucoup d’autres. Les pièces de Brewster, d’une facture plus moderne et complexe que celles de Dorsey – Surely est une gospel waltz en 12/8 –, figurent parmi les plus poétiques et inspirées du répertoire et sont chargées d’une résonance politique singulière (Brewster sera très actif dans le combat pour les droits civiques). Originaires du Mississippi, les Angelic Gospel Singers se révélèrent également à Philadelphie en 1944 et obtiennent un “tube” avec leur  premier disque, Touch Me, Lord Jesus, écrit par Lucie E. Campbell et classé n° 13 au Top R&B en décembre 1949. Lucie Campbell (1885-1963) est la première à avoir composé des gospel ballads et des gospel waltz (comme Touch Me), formes très populaires dans les années 50 (voir Alex Bradford). Souvent associé en disque avec les Dixie Hummingbirds – la confrontation et la communion entre les deux ensembles, féminin et masculin, fait merveille – le groupe va évoluer ensuite vers un trio vocal mixte, la fondatrice Margarett Allison et Jose­phine McDowell s’associant à Thomas Mobley en 1955.

Les Caravans, rassemblées en 1951 par Albertina Walker pour accompagner le chanteur Robert Anderson, prennent ensuite leur indépendance et vont devenir les grandes rivales des Ward Singers. Elles accueilleront comme pianiste le futur “très grand” James Cleveland, et dans leurs rangs vont défiler quelques solistes promises à de brillantes carrières personnelles : Bessie Griffin, ici soliste dans le très enlevé Let Us Run, Imogene Greene, puis Inez Andrews et Shirley Caesar. Regroupées à la fin des années 40 dans cette pépinière du gospel qu’est Birmingham, et  considérées par beaucoup comme le meilleur groupe féminin des des décennies 50/60, les Gospel Harmonettes s’imposent lorsque l’enthousiasmante Dorothy Love Coates (1928-2002) intègre le groupe en 1951 et lui donne une impulsion déterminante. Compositrice et arrangeuse de talent, chanteuse à la voix peu flexible mais “physiquement” impliquée et engagée dans son chant, elle en accentue natu­rellement le côté dramatique et émotionnel(9). Le dernier des grands groupes féminins de l’âge d’or, les Davis Sisters, réunion de quatre sœurs comme leur nom l’indique, sont également apparues à Philadelphie à la fin des années 40, décidément un centre majeur du gospel et du chant féminin en particulier, grâce à l’appui de Gertrude Ward. Au milieu des  quatre sœurs, Imogene Greene accomplit des débuts remarqués avant de rejoindre les Caravans. Leur adaptation “longue durée” du vieux negro spiritual By And By s’avère une pièce maîtresse d’un groupe qui, très populaire durant les années 50 et 60 – il tourne en Europe –, connaîtra une série de décès et de malheurs en chaîne. L’étonnant duo féminin des Two Gospel Keys, au style archaïque et primitif, sans parenté avec les groupes précédents mais voisin de celui des évangélistes, est un témoin d’un genre toujours bien vivant au coin des rues et aux portes des églises rurales comme urbaines, mais en voie de disparition des sillons phonographiques. 

LES CHANTEUSES ET CHANTEURS SOLISTES
Issues souvent des groupes féminins dont nous venons de parler, les chanteuses n’apparaissent que tardivement sur le devant de la scène, si l’on met de côté les évangélistes des églises sanctifiées ou les chanteuses de concert, telle Marian Anderson, qui travaillent dans le circuit classique. La première chanteuse soliste à avoir gravé quelques disques dès 1930, sous le nom de Sister Clara Hudmon puis de Clara Belle Gholston (Atlanta, 1903-1966), dirigea la chorale du révérend Gates dans les années 30. Autour de 1940, elle devint la Georgia Peach et entama une belle carrière phonographique à partir de 1942(9). Contralto dotée d’une voix superbe, ample et “travaillée“, elle annonce incontestablement Mahalia Jackson. Sa version de Shady Green Pastures (Les Verts pâturages) obtint un grand succès(12). Mais, une fois de plus, c’est autour de Thomas Dorsey et des deux Martin, Sarah et Roberta, que nombre de futures grandes dames du gospel font leur apprentissage. La première, Willie Mae Ford Smith, qui crée sa propre organisation à St-Louis en 1937, n’a jamais cherché à faire une carrière personnelle(9). Mais elle a largement contribué à l’éclosion de Martha Bass (Ward Singers), Myrtle Scott, Edna Gallmon Cooke et Mahalia Jackson qui furent ses élèves. C’est en 1935 que Mahalia Jackson (New Orleans, 1912-1972) rencontre Willie Mae Ford Smith qui l’impressionne fortement et qu’elle prend pour modèle. Au début des années 40, Dorsey l’emmène dans ses tournées et l’accompagne au piano. Et c’est sur les thèmes du compositeur qu’elle laisse éclater son talent : une voix forte et expressive, un timbre profond et chaleureux, un registre étendu, un sens du placement et de la respiration innés, et une articulation précise que servent une aisance scénique naturelle, une noblesse et un charisme rares. Mahalia Jackson a 35 ans quand elle connaît ses premiers hits, inattendus et considérables : Move On Up A Little Higher (de W.H. Brewster), Even Me (de Roberta Martin), Dig A Little Deeper (de Kenneth Morris), et In The Upper Room (de la pionnière Lucie Campbell)(5). Du jour au lendemain, elle devient la “Gospel Queen“, et sa carrière prend une dimension considérable au point qu’elle deviendra l’une des plus grandes vedettes internationales du XXe siècle(11). Son interprétation du Prayer Changes Things, de Robert Anderson, est magistrale. Avec Mahalia, le monde du gospel possède désormais ses divas.

Mais avant elle, la star du genre fut, pendant une bonne dizaine d’années, l’époustouflante et explosive chanteuse-guitariste Sister Rosetta Tharpe (1915-1973) venue de l’église sanctifiée et qui triompha, dès 1938, sur les scènes profanes du Cotton Club, du Carnegie Hall,  du Café Society et de l’Apollo, et avec ses disques, tant en solo qu’avec le big band de Lucky  Mil­linder, puis avec le trio du pianiste Sammy Price lorsqu’elle se consacra définitivement au  répertoire sacré auquel elle injecte un swing, une dynamique et un sens du rythme qu’accentuent les crépitements de sa guitare électrique. Ses succès discographiques ne se comptent pas – Strange Things Happening Every Day est classé N° 2 au Top Ten R&B –, comme Teach Me To Be Right, exemple étourdissant de son art(6). En 1947, Rosetta Tharpe forme un duo avec la contralto Marie Knight (née en Floride en 1918), encore une première dans le monde du gospel. Le succès est au rendez-vous et les deux partenaires vont enregistrer et tourner ensemble durant des années. Leur version de Didn’t It Rain est sans aucun doute l’une des meilleures et des plus enlevées de ce negro spiritual. Parallèlement à leur association, Marie Knight effectue à son tour une fructueuse carrière personnelle qui se poursuit… encore en 2008 ! Toutes ces chanteuses, et d’autres comme Ernestine Washington, un temps rivale de Rosetta et de Mahalia, mais peu gâtée par le disque, figurent dans notre coffret “Sisters & Divas”(8). Quatre d’entre elles complètent leur participation à notre panorama de l’âge d’or. La dynamique Ethel Davenport (1910-1985), la mezzo soprano élève de Willie Mae Ford Smith Edna Gallmon Cooke (1917-1967), favorite du public noir à la voix magnifique, mais beaucoup plus légère, presque fragile – Walk Thru The Valley est l’un de ses plus fameux titres –, Jessie Mae Renfro (née en 1921), proche du blues et de la soul, appartenant à la COGIC de Dallas puis membre des Sallie Martin Singers dans les années 40, et Wynona Carr (1924-1976). Cette excellente chanteuse contralto à l’expression très assurée, qui fera ensuite carrière dans le rhythm and blues, donne ici la réplique  au chanteur Brother Joe May 1912-1972), première grande star masculine d’un genre où la concurrence est encore faible. Né dans le Mississippi, Joe May était un gigantesque ténor qui avait fait ses classes avec les Sallie Martin Singers, et modelé son chant sur celui des grandes voix féminines, Willie Mae Ford Smith, auprès de laquelle il se forma, et Mahalia  Jackson, dont on disait qu’il était l’équivalent masculin. Ce que les amateurs ignorent souvent car, malgré de fracassants débuts avec Search Me Lord (de Dorsey), il ne sortit jamais de la gospel highway et ne se fit apprécier que de la communauté noire.

Également doté d’une voix de baryton impressionnante qu’il savait moduler en passant de la manière douce à la rugosité du preacher, “The Bing Crosby of Gospel“ Robert Anderson (1909-1997) avait été l’une des premières recrues du tandem Thomas Dorsey-Sallie  Martin. Il fit ses classes au sein des Roberta Martin Singers (avant que le groupe ne commence à enregistrer) puis, pour poursuivre dans le même esprit, recruta les futures  Caravans et se lança dans une carrière soliste avec un certain bonheur. Le professeur Alex Bradford (1927-1978), superbe chanteur, pianiste, et organiste, est le plus connu de tous, grâce notamment au spectacle “Black Nativity” de Langston Hughes qui tourna dans le monde entier. Né en Alabama et élevé dans la Holiness Church, il est considéré comme le plus grand compositeur et arrangeur de sa génération. Il dirigea plusieurs groupes féminins et masculins, ainsi que de grandes chorales. Son Too Close To Heaven, dont il  vendit un million d’exemplaires – Lord, Lord, Lord ici présenté, a été enregistré le même jour – ne passera pas inaperçu des oreilles de Ray Charles, qui puisera là l’essence de son style churchy si caractéristique. Le révérend Cleophus Robinson (né dans le Mississippi en 1932) commence à se faire une place confortable à Memphis, au moment où les gospel songs, après avoir largement influencés le rhythm and blues et la soul music naissante, commencent en retour à en intégrer certains éléments rythmiques et vocaux. Véritable “grand manitou“ du gospel, Cleophus Robinson a pos­sédé sa propre émission de télévision à St-Louis pendant 25 ans.

LES GRANDES CHORALES
Alex Bradford va être, avec James Cleveland (encore à l’aube de sa carrière), à l’origine de la vogue des grandes chorales (mass choirs) qui vont devenir omniprésentes à partir des années 70. Durant le golden age, elles sont encore inexistantes en dehors de leurs églises. Sauf une, la pionnière du genre, enregistrée dès 1947, la St-Paul Baptist Church Choir de Los Angeles, dirigée par le professeur J. Earle Hines (Atalanta, 1916-1960), également excellent baryton, et sous la baguette de Sallie  Martin, la chef de chœur que remplacera sa fille Cora. God Be With You fut l’un de ses succès, de même que I’m So Glad, composé par le révérend Clarence Cobbs, l’associé de Sarah Martin et de Kenneth Morris. Ce révérend participe peut-être à la version qu’en donne, quelques années plus tard, une autre chorale de Los Angeles, les Voices of Victory, qui se  feront connaître par leurs disques ultérieurs. Entre ces grandes chorales organisées et les congrégations plus informelles et spontanées d’une part, et les petits ensembles masculins et féminins de l’autre, il existe, dans les églises et les paroisses, des chœurs également peu représentés sur disque avant… les Edwin Hawkins Singers et leur célèbrissime Oh Happy day. D’où l’intérêt d’écouter le méconnu professeur Johnson, sa guitare (proche du jeu de Rosetta Tharpe), et sa dynamique petite chorale, renforcée en studio par le trio de Sammy Price. 

RETOUR AUX SOURCES ET ÉVOLUTION
Perceptible dès le milieu des années 50, la “modernisation”, qui s’accompagne d’une  certaine sophistication au niveau de la forme, du rendu et des arrangements, suit, en parallèle, celle que l’on observe dans les musiques profanes (évolution perceptible dans les huit dernières plages du CD 2). Une modernisation qui ne se coupe pas de ses sources et y retourne parfois. Ainsi, après une décennie fortement tournée et représentée par les grandes villes et les métropoles, en pleine effervescence depuis la fin de la guerre, les sons plus “bruts”, qu’on retrouve également dans le blues, restent appréciés d’une large frange de la communauté noire qui vit encore dans les états du Sud. Ce qui explique la popularité du duo mari et femme, les Consolers, dont l’expression dépouillée, les mélodies simples et les textes accessibles, touchent fortement cette population rurale qui réservera un excellent accueil à Give Me No Flowers, parmi une longue série de disques. C’est dans une optique semblable que se révèlent les Staple Singers, un groupe familial mixte dirigé par le père, Roebuck Staples, un chanteur-guitariste élevé dans la grande tradition du blues du Delta. Basés à Chicago, ils enregistrent une série de disques, dans les années 50, dans une veine country moderne unique dans ce genre de musique. Le caractère, à la fois hypnotique et détendu, des interpré­tations et l’exceptionnel talent vocal de l’une des filles, la contralto Mavis Staples (qui poursuit toujours une brillante carrière en solo), firent la réputation de cet ensemble qui, en son temps, a été le seul à égaler les Ward Singers en popularité. Popularité décuplée lorsque, à la fin des années 60, les Staple Singers rivalisent avec les vedettes de la soul music et se produisent dans les plus grands festivals.  Une décennie s’achève, l’âge d’or du gospel ne s’achève pas pour autant mais c’est une autre période qui commence, avec l’arrivée d’autres formes, d’autres artistes, d’autres groupes, et le début de la reconnaissance internationale de cet art vocal magnifique et ancestral dont l’authenticité, la foi, la conviction et la puissance d’expression peuvent toucher chacun, quelles que soit ses origines, ses croyances et sa culture. L’histoire continue, et elle vous sera contée – peut-être – dans un prochain épisode.
Jean BUZELIN
Auteur de Negro Spirituals et Gospel Songs, Chants d’espoir et de liberté 
(Ed. du Layeur/Notre Histoire, Paris 1998)
© 2009 Frémeaux & Associés  

Notes :
1. Le mot Gospel apparaît dès 1850 pour qualifier un répertoire religieux, noir comme blanc, qui emprunte aux formes des musiques populaires
2. Voir Gospel Vol. 2, Gospel Quartets (FA026).
3. Les preachers et les sermons sont bien différents de nos prédicateurs occidentaux et leurs sermons.
4. Voir Gospel Vol. 3, Guitar Evangelists & Bluesmen (FA044).
5. Voir Gospel Vol. 1, Negro Spirituals/Gospel Songs (FA008).
6. Voir Complete Sister Rosetta Tharpe Vol. 1 à 5 (FA1301-1305).
7. La Church of God in Christ (COGIC) a été créée à Memphis en 1894 par l’évêque noir baptiste Charles Manson ; elle se situe dans la mouvance des églises sanctifiées (Holiness, Sanctified ou Pentecostal Churches).
8. Milky White Way a été enregistré, entre autres, par Sister Rosetta Tharpe.
9. Voir Gospel Vol. 4, Sisters & Divas (FA5053).
10. La National Baptist Convention (NBC), créée en 1886, contribua efficacement à promouvoir les œuvres d’auteurs de gospel songs et les sermons des preachers. Lucie Campbell en assura la direction pendant 47 ans.
11. Voir Complete Mahalia Jackson Vol. 1 à 6 (FA1311-1316).
12. Shady Green Pastures figure dans Sisters & Divas dans la version postérieure de Marie Knight. 

Ouvrages consultés :
Robert Sacré : Les Negro Spirituals et les Gospel Songs (Que Sais-je ?, PUF, Paris 1993).
Denis-Constant Martin : Le Gospel afro-américain (Cité de la Musique/Actes Sud, Paris 1998).
Noël Balen : Histoire du Negro spiritual et du Gospel (Fayard, Paris 2001).
Anthony Heilbut : The Gospel Sound (Limelight Ed., NY 1992 - 4e édition).
Gayle F. Wald, Shout, Sister, Shout ! (Beacon Press, Boston 2007). 
Cedric J. Hayes & Bob Laughton : The Gospel Discography (Eyeball Prod., Vancouver 2007). 

Nous remercions particulièrement Jacques Morgantini, Étienne Peltier et Robert Sacré pour leur prêt de rares 78 tours, ainsi que Daniel Gugolz, Bob Laughton et Per Notini. 
Photos et collections : Ola Jean Andrews, Jacques Demêtre, Ray Funk, Hooks Bros., James Kriegsman, Doug Seroff, Specialty, X (D.R.). 

LES HITS DE L’ÂGE D’OR DU GOSPEL / HITS FROM THE GOLDEN AGE OF GOSPEL
1945 :  Sister Rosetta Tharpe : Strange Things Happening Every Day Decca 8669
1946 : Sister Rosetta Tharpe : Don’t Take Everybody To Be Your Friend Decca 11002
1947 : St. Paul Church Choir of LA : God Be With You Capitol 40018
1948 : Mahalia Jackson : Move On Up A Little Higher Apollo 164
Mahalia Jackson : Even Me/What Could I Do Apollo 178
Mahalia Jackson : Dig A Little Deeper Apollo 181
Rev. Kelsey : Little Boy Super Disc 1057
Marie Knight : What Could I Do Decca 48072
Pilgrim Travelers : Mother Bowed Specialty 315
Sister Rosetta Tharpe : Precious Memories Decca 48070
Sister Rosetta Tharpe : Everybody’s Gonna  / Have A Wonderful Time Up There Decca 48071
Sister Rosetta Tharpe : Teach Me To Be Right/Lay Down Your Soul Decca 48083
S. Rosetta Tharpe & Marie Knight : Stretch Out/Didn’t It Rain Decca 48054
St. Paul Church Choir of LA : What Could I Do Capitol 40076
Trumpeteers : Milky White Way Score 5001
1949 : Angelic Gospel Singers : Touch Me, Lord Jesus Gotham G605
Marie Knight : Gospel Train Decca 48092
Roberta Martin Singers : Only A Look Apollo 214
Roberta Martin Singers : The Old Ship Of Zion Apollo 223
Sister Rosetta Tharpe : Move On Up A Little Higher Decca 48093
Sister Rosetta Tharpe : Silent Night, Holy Night  Decca 48119
S. Rosetta Tharpe & Marie Knight : Up Above My Head I Hear Music In The Air Decca 48090
S. Rosetta Tharpe & Marie Knight : He’s All I Need/He Watches Me Decca 48098
S. Rosetta Tharpe & Katie Bell Nubin : 99 1/2 Won’t Do Decca 48116
Ward Singers : How Far Am I From Canaan Savoy 4011
1950 : Five Blind Boys of Mississippi : Our Father Peacock 1550
Mahalia Jackson : Just Over The Hill  Apollo 221
Brother Joe May : Search Me Lord Specialty 343
Trumpeteers : Journey To The Sky Score 5015
Ward Singers : Surely God Is Able Gotham G636
1951 : Soul Stirrers : Jesus Gave Me Water Specialty 802
1952 : Bells of Joy : Let’s Talk About Jesus Peacock 1584
Mahalia Jackson : In The Upper Room Apollo 262
Clara Ward : Come In The Room Gotham G715
1953 : Prof. Alex Bradford : Too Close To Heaven Specialty 852
Sister Wynona Carr : The Ball Game Specialty 855
1957 : Staple Singers : Uncloudy Day Vee Jay 224 

english notes
GOSPEL Vol. 5 - The Golden Age of Gospel 1946-1956
The post-war decade is generally considered to be the golden age of Afro-American gospel singing(1), even if the genre thrived well into the Sixties, influencing the whole of black American music. The double traumatic interruptions of war and the recording studio strikes led to significant political and social upheavals. One consequence was the massive wave of black southern migrants that poured into northern cities and those of the east and west coast. Social changes inevitably bring about changes in the world of music. There was a proliferation of small, independent recor­ding labels that took over the business of promo­ting black music from the larger companies that had thus far dominated the field. The Rhythm & Blues market blossomed as a result. Catering for black audiences, but doing away with the pejorative notion of “race records”, these recordings were listed in the weekly “Billboard” magazine. Gospel, however, rarely featured in such charts. This did not mean that gospel was not selling; the likes of Mahalia Jackson, the Ward Singers and Alex Bradford sold millions.  Not only was gospel at the heart of everyday musical life for black Americans, it also greatly influenced other music that was around with its distinct rhythms, simple melodies, repetitive phrases and emotive singing. This period marked the decline of the “jubilee” style of polished harmonies and delicate swing(2) and the rise of a form of expression that was far more rough and raw in its intensity, coloured by life in the ghettoes. Jazz and blues underwent similar transformations. 

WHAT WENT BEFORE
Before the War, the two forms of gospel singing that dominated the religious music industry had been around for a long time: preachers and their sermons(3) based on traditional church customs going back to slavery, and male voice quartets that surfaced after the Civil War. Guitar evangelists travelled the length and breadth of the Southern States(4) but cut very few records and the first small choral groups barely left the confines of their churches(5). Meanwhile, other forms of religious expression, also poorly represented on record, became very active and established during the 30s. Thomas A Dorsey (1899-1993), who had initiated a gospel choir at his Ebenezer Baptist Church in Chicago, created a national network of gospel compo­sitions in association with Sallie Martin; this “Gospel highway” spread the distribution of church music across the land and new arrangements were showcased during the annual “National Convention of Gospel Choirs and Choruses” founded in 1932. This all led to a greater awareness of gospel talent during the post-war years. We cannot fail to mention Sister Rosetta Tharpe, whose enormous popularity during the late 30s and early 40s paved the way for future female gospel stars and took gospel music beyond the narrow confines of  religious institutions(6). The above is a brief outline of the beginnings that were to lead to a veritable explosion of gospel music. 

PREACHERS
Preachers were still very much present although their recording careers had ended, like the Reverend J.M. Gates – 214 sides of 78 between 1926 and 1941, an overall record – and other well known ministers, mostly Baptists(5). Did people begin to listen to them less or did they now prefer the more dynamic Evangelical preachers? The Reverend Samuel Kelsey, accompanied by his congregation at the Temple Church of God in Christ in Washington, exploded on the scene like a bombshell in 1947! His Little Boy even made it into the R&B charts. Most of his rousing interpretations begin with a swinging sermon leading up to the entrance of the choir, the piano and an amazing trombone that introduces each phrase with a glissando. I’m A Soldier, also based on a biblical text, transports the listener into the very heart of the church. Another famous straining preacher and important member of the Church of God in Christ (COGIC)(7), Elder Charles Beck (ca. 1900/ca 1972), “The Singing Evangelist”, whose recordings go back to 1930(5), makes strenuous use of his voice, his piano and even his trumpet! Although the Reverend C.L. Franklin later recorded numerous sermons live from his Detroit church, and launched the career of his daughter Aretha, preaching and singings were still the most popular recordings. The Reverend B.C. (Benny) Campbell, with recordings going back to 1938, is an example of a more traditional genre than that of the Reverend C.C. Chapman whose long interpretation, recorded in a church, makes up the two sides of his only 78, its organ, piano and drum riffs evoking the rousing atmosphere of a religious service. The Reverend Gatemouth Moore (1913-2004) also inspires his congre­gation on Glory, Hallelujah, a Negro spiritual that used to be sung at camp meetings(5) in the early 19th century. Gatemouth Moore had a successful career as a blues shouter on the rhythm and blues stage before exchanging the cabaret for the church, an example of the close relationship that existed between sacred and profane vocal music and the similarity of the interaction between preacher and congregation and that of singer and audience.  

VOCAL QUARTETS
Male vocal quartets that approached a level of perfection (reminiscent of classical string quartets) enjoyed a golden age during the immediate post-war years. In the United States a quartet means four voices (leader, tenor, baritone and bass) and not just four singers. Hundreds of these groups were recorded and very few of them were mediocre. However, some of the most well known had to wait fifteen or twenty years before being recorded  and often only got the chance to do so thanks to the small companies mentioned above, some of which only existed long enough to issue one record! Led with a firm hand by their manager (often one of the singers) who ensured stability and promotion of the group, and by musical directors (often the same) who guaranteed quality, the best of these quartets always included one or two outstanding soloists. These lead vocals, pacing up and down at the front of the stage or the choir, would often go down into the audience and then end their performance by going down on their knees to delirious acclaim. Some of them became real stars within their own community, adored by a host of swooning females! A lead singer had to have either a powerful voice, the force and conviction of a preacher, or a mellow flexible tone enabling him to produce the sweet falsettos of a crooner. The most successful quartets played on this by using two leads. One of the oldest quartets that marked this golden age were the Famous Blue Jay Singers, founded in 1925 in Birmingham, an important gospel centre in Alabama, who recorded in 1932(2). The group, a precursor of hard gospel, included soloist Silas Steele, known as the first to have popularised spiritual sermons combining singing and speech. They returned to the studios for a short spell between 1947 and 1951 and the old Methodist hymn Jesus, Lover Of My Soul, is a fascinating example of their rough, powerful style, led by Charles Bridges, ex-member of the Birmingham Jubilee Singers(2). This type of singing against the rhythm contains echoes of the old time black African style, heralding similar interpretations by the Five Blind Boys of Alabama or the Spirit of Memphis Quartet. Moreover, this quartet, founded in 1928 (the year Lindbergh crossed the Atlantic in his Spirit of Saint Louis) also included Silas Steele. Growing out of a strong local tradition, spearheaded by the Reverend Brewster (see later), the Spirit of Memphis Quartet was made up of five to eight singers including two or three soloists depending on the piece. The captivating, emotional style of the group, which started recording in 1948, remains firmly rooted in the past. The first recordings made by the Dixie Hummingbirds in 1939(2) revealed them as a pre-gospel group. In 1942 they succeeded the Golden Gate Quartet at the Café Society, the famous multiracial club in Greenwich. Returning to the studios in 1944, they confirmed their position as one of the best quartets of the period, driven by an extraordinary lead vocal, and excellent arranger, Ira Tucker, considered by some as almost as good as Rosetta Tharpe(6). Regrettably the great singer/guitarist did not record with them but she did make a number of records with the Harmonizing Four, formed in Virginia in 1927. More in the jubilee or harmonizing tradition, hence their name, they did attempt a more unbridled Gospel in the early 50s (Will There Be Any Stars) before returning to a smoother style with their future bass Jimmy Jones.

The less well known and shorter-lived Trumpeteers, formed in Baltimore in 1943, hit the jackpot with Milky White Way that made the Top Ten R&B in 1948. This title, created by the Coleman Brothers in 1944, was covered by various artistes and groups(8). Among the last to carry on a more modern form of jubilee with some success, the Trumpeters were nevertheless even­tually overtaken by groups adopting a rougher style. Founded in Trinity, Texas, by Robert H. Harris, recorded live by the Library of Congress in 1936, the Soul Stirrers embarked on a commercial career in 1945 when they moved to Chicago. They were the first to alternate two lead vocalists on the same interpretation by playing on the juxtaposition between the softer approach of Robert H. Harris, then Sam Cooke after 1951, and the rougher one of Paul Foster. Sam Cooke, adored by female fans, became the sex symbol of these gospel heydays, before opting for a hugely successful secular career as a soul singer, until his violent end in 1964. The style of the Swan Silvertones, formed in Virginia in 1938, was similar and of an exceptionally high standard for they achieved an almost perfect balance between vocal perfection and expressiveness. On one hand was the leader and outstanding falsetto Claude Jeter, and on the other the fervent Reverend Crenshaw on He Won’t Deny Me. Another perfectly balanced quartet was the Sensational Nightingales who got together towards the end of the 40s and featured the Reverend Julius Cheeks, a hard gospel shouter whose resonant baritone influenced Wilson Pickett. Tony Heilbut (cf. The Gospel Sound) considers Burying Ground, a simple ring shout, one of their greatest recordings. Perhaps less well known in Europe, the Fairfield Four from Nashville – the group had existed since 1921 – were among the most popular and influential in the gospel world with their soloist Sam McCrary (who inspired B.B. King) and excellent bass George McCurn.  However the two hardest and rawest groups were made up of blind singers: the Five Blind Boys of Mississippi from Jackson, formed in 1944, with the extraordinary soloist Archie Brownlee (who had a great influence on Ray Charles among others) and their most serious rivals, the Five Blind Boys of Alabama, formed in 1947 and perhaps even rougher in style, led by their shouter Clarence Fountain (still going strong in 2008). Many of these quartets who had started out in the a cappella tradition (CD 1 tracks 3, 19, 20, CD2 track 3), gradually added instrumental accompaniment, often a guitar (electric) played by one of the members of the group, or quite simply drums to stress the after beat like the Sunset Travelers whose Yes, I’ve Done Duty heard here – a rarity – is a monument of breakneck swing, or earthy singing (CD1 track 5, CD2 track 2). This development spread to the Pilgrim Travelers, well known in Houston in the 30s before they moved to Los Angeles. Led by outstanding baritone (and prolific composer) Jess Whitaker, rejoined by bass George McCurn, they evolved from the jubilee to shout style. The last of the great quartets we have featured here (and these are only the tip of the iceberg!) come the Bells of Joy from Houston, Texas, led by A.C. Littlefield, who started their recording career in 1951 with a huge hit, Let’s Talk About Jesus which, in turn, would become part of the general repertoire.  

MIXED GROUPS
The groundwork done by Thomas A. Dorsey and his entourage for fifteen or so years began to bear fruit. His first collaborator, Sallie Martin, teamed up with him at first with her colleague Roberta Martin and together they set up the Martin & Martin Gospel Singers, a product of the Ebenezer Baptist Church. Roberta Martin, born in 1907 in Arkansas arrived in Chicago in 1917 and became the pianist for Ebenezer’s Youth Choir in 1931 before forming with choir leader Theo Frye the Martin-Frye Quartet two years later, later to become the Roberta Martin Singers in 1936/37, the first professional mixed gospel group. An excellent singer, an accomplished pianist with advanced ideas, a composer and arranger, Roberta Martin always gave each of her singers the chance to express him/herself: the great male vocalists (Robert Anderson, then Norsalus McKissick and Eugene Smith) harmo­nising perfectly with the female voices (Bessie Folk, Myrtle Scott or Delois Barrett Campbell). The Roberta Martin Singers began to record in 1947 and enjoyed a successful career until Roberta’s death in 1969. But, more than the personal recognition she gained, it is the influence and example of her group that made her one of major characters in modern gospel(9). Born in Atlanta, the older Sallie Martin (1896-1988) moved to Chicago in 1919, teamed up with Dorsey in 1932 and then left him in 1940 to set up a record company with writer/composer Kenneth Morris and the Reverend Clarence Cobb. She founded the Sallie Martin Singers, the first completely female group – the future Dinah Washington was the pianist – later adding male vocalists such as Brother Joe May. Her adopted daughter, Cora Martin, was the principal soloist in the group that made its first recordings in 1947(9). 

CHOIRS AND FEMALE GROUPS
Rare in pre-war days for they were pushed into the background, these all-female groups, thanks to their tenacity and talent gradually infiltrated the gospel circuit and became as popular as all-male quartets, before actually supplanting them in the hearts of fans. The upfront presence of such famous singers as Sister Rosetta Tharpe and Mahalia Jackson certainly helped these groups which often included some incredible vocalists. Moreover, contrary to their male counterparts who rarely risked a solo career (except on the secular stage) numerous female singers left their groups to enjoy brilliant personal careers (Bessie Griffin, Marion Williams, Dorothy Love Coates…). Generally composed of three to five members almost always backed by a pianist, sometimes the leader (Clara Ward, Margaret Allison), often an organ as well, female groups were organised differently from male groups, their natural register (alto soprano) offering fewer harmonic intervals. The intensity of their singing, alongside the beauty of their voices, the resonance and power of their singing in unison, the counterpoint and rotation of soloists created an overwhelming sound and visual spectacle. The first among them, the Ward Singers, was originally a family trio formed in 1931 by the mother Gertrude Ward and her two younger daughters Willa and Clara. Having settled in Philadelphia in 1937 they caught the attention of Dorsey who brought them into his organisation. In 1943 they triumphed at the National Baptist Convention (NBC)(10) and began what was to be a brilliant professional career. With the arrival in the group of the amazing soprano Marion Williams in 1947 and led by the charismatic Clara Ward (1924-1973), they became huge stars through their records and their highly colourful performances in the United States, Europe, the Middle East and Asia(9). Their Surely God Is Able, written by W. Herbert Brewster, sold over a million copies! Brewster (1897-1907), the great Memphis writer/composer and catalyser of the region’s religious musical scene, presented his work to NCB in 1941. He had the advantage of a wonderful singer, Queen C. Anderson(9) who interpreted his Move On Up A Little Higher, reprised by Mahalia Jackson whose version became known worldwide(11). He wrote nume­­rous compositions for Sister Rosetta Tharpe, the Soul Stirrers, and especially the Ward Singers e.g. How I Got Over(9) also reprised by Mahalia, Brother Joe May and many others. Brewster’s pieces, more modern and complex than Dorsey’s   Surely is a gospel waltz in 12/8 – are some of the most poetic and inspired, loaded with political references (Brewster was very active in the Civil Rights movement).

The Angelic Gospel Singers, originally from Mississippi, also made their name in Philadelphia in 1944 and had a hit with their first record Touch Me, Lord Jesus written by Lucie Campbell and reaching N° 13 in Top 10 R&B in December 1949. Lucie Campbell (1885-1963) was the first composer of gospel ballads and gospel waltzes (like Touch Me), very popular in the 50s (see Alex Bradford). Often recording with the Dixie Hummingbirds in a very successful male/female coope­ration, the group later became a mixed trio, the founder Margaret Allison and Josephine McDowell teaming up with Thomas Mobley in 1955. The Caravans, brought together by Albertina Walker in 1951 to accompany singer Robert Anderson, later set up independently and became the great rivals of the Ward Singers. They were joined by the soon to become great pianist James Cleveland and many of their soloists later enjoyed brilliant personal careers: Bessie Griffin (who solos here on the upbeat Let Us Run), followed by Inez Andrews and Shirley Caesar.  Formed in the late 40s in Birmingham, that breeding ground of gospel, and considered by some as the best female group of the 50s/60s, the Gospel Harmonettes really came to the fore when the enthusiastic Dorothy Love Coates (1928-2002) joined the group in 1951, giving it a decisive impetus. A talented composer and arranger, although she did not have an extensive vocal range she threw herself wholeheartedly into her interpretations, stressing their dramatic and emotional aspect(9). The last of these female groups, the Davis Sisters (four of them) also appeared in the late 40s in Philadelphia, a major centre of gospel and female vocalists in particular, thanks to the support of Gertrude Ward. Imogen Greene made her debut with the four sisters before moving on the Caravans. Their long version of the old Negro spiritual By And By is one of the group’s best tracks. Very popular in the 50s and 60s – they toured in Europe – the group later suffered a lot of ill-luck, including a series of deaths. The archaic, primitive style of the astonishing female duo the Two Gospel Keys is far removed from that of the preceding groups but closer to that of the evangelists. It is, however, proof that this genre was still alive on street corners and at the doors of both rural and urban churches, although no longer recorded.  

MALE AND FEMALE SOLOISTS
Female soloists, often from the above mentioned groups, appeared relatively late, apart from Evangelists or concert singers, such as Marian Anderson, who worked the classic circuit. The first female soloist to make a few records as early as 1930, under the name of Sister Clara Hudmon then of Clara Belle Gholston (Atlanta, 1903-1966), led Reverend Gates’ choir in the 30s. About 1940 she became Georgia Peach and began a successful recording career in 1942(9). Possessing a superb rich contralto, she was undoubtedly the forerunner of Mahalia Jackson. Her version of Shady Green Pastures was a huge hit(12).  Once more it was with Thomas Dorsey and Sarah and Roberta Martin that numerous future great gospel ladies learnt their trade. The first, Willie Mae Ford Smith who formed her own group in St.-Louis in 1937, never desired a personal career(9) but she played a large part in encoura­ging Martha Bass (Ward Singers), Myrtle Scott, Edna Gallman Cooke and Mahalia Jackson who were her pupils. It was in 1935 that Mahalia Jackson (New Orleans, 1912-1972) met Willie Mae Ford Smith who made a great impression on her and who she modelled herself on. In the early 40s Dorsey took her on tour and accompanied her on piano. She used his compositions to hone her talent: a strong, expressive voice, a warm, deep wide-ranging tone, innate breath control and clear diction, allied with a natural stage presence. She was 35 when she had her first unexpected hits: Move On Up A Little Higher (by W.H. Brewster), Even Me (by Roberta Martin), Dig A Little Deeper (by Kenneth Morris) and In The Upper Room (by pioneer Lucie Campbell)(5). Overnight she became the “Gospel Queen” and her career took off, making her one of the greatest international stars of the 20th century(11). Her interpretation of Prayer Changes Things by Robert Anderson is superb. 

However, before Mahalia, the star of the genre for a decade or so, there was the explosive church singer/guitarist  Sister Rosetta Tharpe (1915-1973) who, from 1938, triumphed on the secular stage at the Cotton Club, Carnegie Hall, the Café Society and the Apollo, and on record, both soloing with Lucky Millinder’s big band, then with pianist Sammy Price’s trio when she devoted herself to sacred music infusing it with swing, dynamism and a sense of rhythm, underlined by her sizzling guitar. Her countless hits (Strange Things Happening Every Day reached N° 2 in the Top 10 R&B) include the stunning Teach Me To Be Right(6). In 1947 Rosetta Tharpe formed a duo with contralto Marie Knight (born in Florida in 1918), another first in the world of gospel. They recorded and toured successfully together for years. Their version of Didn’t It Rain is certainly one of the best and liveliest interpre­tations of the Negro spiritual. At the same time Marie Knight was pursuing a profitable personal career that is still ongoing! All these female vocalists, and others like Ernestine Washington, for a time rivalling Rosetta and Mahalia but not well served on record, feature on our album “Sisters & Divas”(8). Four of these complete our golden age selection. The dynamic Ethel Davenport (1910-1985), the mezzo soprano pupil of Willie Mae Ford Smith Edna Gallmon Cooke (1917-1967), a favourite with black audiences with a magnificent but lighter, almost fragile, voice – Walk Through The Valley is one of her most famous titles –, the bluesy, soulful Jessie Mae Renfro (born in 1921), belonged to the COGIC in Dallas before becoming a member of the Sallie Martin Singers in the 40s, and Wynona Carr (1924-1976).  This excellent contralto, who later moved over into a successful career in rhythm and blues, is teamed here with Brother Joe May (1912-1972), the first male star at a time when there was little competition in this domain. Born in Mississippi, Joe May was a huge tenor who had started out with the Sallie Martin Singers and modelled his style on the great female vocalists, Willie Mae Ford Smith and Mahalia Jackson, of whom it was said he was the male counterpart. He is not generally well known to fans because, in spite of a sensational debut with Search Me Lord (by Dorsey) he never left the gospel highway and was only appreciated by the black community.

With an equally impressive voice, ranging from sweet to the roughness of a preacher, baritone Robert Anderson (1909-1997), known as “The Bing Crosby of Gospel”, was one of the first recruits in the Thomas Dorsey/Sallie Martin tandem. His apprenticeship was with the Roberta Martin Singers (before the group began to record) then, recruited the future caravans and launched himself on a fairly successful solo career. Professor Alex Bradford (1927-1978), a superb singer, pianist and organist, is the best known of all thanks largely to Langston Hughes’ “Black Nativity” which toured worldwide. Born in Alabama and brought up in the Holiness Church, he is seen as the best composer and arranger of his generation. He led various male and female groups and mass choirs. His Too Close To Heaven, which sold a million copies (Lord, Lord, Lord, recorded the sam day, is included here) was heard by Ray Charles who took it as a starting point for his characteristic churchy style.   He Reverend Cleophus Robinson (born in Mississippi in 1932) made a comfortable niche for himself in Memphis at the time when gospel songs, after having widely influenced rhythm and blues and the nascent soul music, began in turn to incorporate certain rhythmic and vocal elements. A real gospel “big shot”, Cleophus Robinson had his own TV programme in St-Louis for 25 years.  

MASS CHOIRS
Alex Bradford, along with James Cleveland (just starting out on his career) were the originators of the mass choir vogue which would become omnipresent from the 70s. They did not yet exist during our golden age outside their churches apart from one recorded in 1947, the pioneering St-Paul Baptist Church Choir from Los Angeles, led by an excellent baritone Professor J. Earle Hines (Atlanta, 1916-1960) and under the baton of Sallie Martin, later replaced by her daughter Cora. God Be With You was one of their hits, as was I’m So Glad composed by the Reverend Clarence Cobbs, a colleague of Sarah Martin and Kenneth Morris. The Reverend probably participated in another version given a few years later by another Los Angeles choir, the Voices of Victory, who made a name for themselves with their later records. Between these organised mass choirs and more informal and spontaneous congregations on one hand, and small male and female groups on the other, within churches and parishes there were other choirs which were not recorded… until the Edwin Hawkins Singers and their famous Oh Happy Day. Hence, the importance of listening to Professor Johnson, his guitar (reminiscent of Rosetta Tharpe) and his dynamic small choir, backed by the Sammy Price trio in the studio. 

BACK TO THE ORIGINS AND EVOLUTION
The obvious modernisation that took place in the mid-50s, allied with more sophisticated delivery, styles and arrangements, echoed what was happening in secular music (cf. final tracks CD2). A modernisation, however, that did not cut itself off from its roots. Thus, following a decade in which large towns and cities, enjoying the post-war boom, were the prime movers there remained a large fringe of black people still living in the southern states. Hence the popularity of the husband/wife duo the Con­solers whose straightforward style, simple melodies and accessible lyrics appealed directly to this rural population who loved Give Me  No Flowers, one of a long series of recordings. The Staple Singers then came along, in a similar vein, a family group led by the father, Roebuck Staples, a singer/guitarist brought up with traditional Delta blues. Based in Chicago they cut a series of records in the 50s in a modern country style, unique in this kind of music. The laidback, yet hypnotic interpretations and the remarkable vocal talent of one of the daughters, contralto Mavis Staples (who is still enjoying a brilliant solo career) made the group’s name and, at one point, their popularity was only equalled by that of the Ward Singers.  Thus a decade ends but the golden age of gospel does not, although a different era begins with the advent of other styles, other artistes, other groups and the beginning of international recognition of this magnificent ancestral art. Its honesty, conviction and powerful expression reaches out to everyone, whatever their culture or faith. The story does not end here and, hopefully, we can continue it in another instalment.
Adapted from Jean Buzelin’s French text by Joyce Waterhouse
Jean Buzelin is the author of Negro Spirituals and Gospel Songs, Chants d’espoir et de liberté 
(Ed. Du Layeur/Notre Histoire, Paris 1998)
© 2009 Frémeaux & Associés

Notes:
1. The word “gospel” appeared as early as 1850 to describe religious music that incorporated some aspects of popular music.
2. See Gospel Vol. 2, Gospel Quartets (FA 026).
3. These preachers and sermons are very different from European preachers and their sermons.
4. See Gospel Vol.3, Guitar Evangelists & Bluesmen, (FA 044).
5. See Gospel Vol. 1, Negro Spituals & Gospel Songs (FA 008).
6. See Complete Sister Rosetta Tharpe Vol. 1 to 5 (FA 1301 -1305).
7. The Church of God in Christ (COGIC) was set up in Memphis in 1894 by the black Baptist bishop Charles Manson, and was part of the Holiness, Sanctified or Pentecostal Churches.
8. Milky White Way was recorded, among other titles, by Sister Rosetta Tharpe.
9. See Gospel Vol. 4, Sisters & Divas (FA 5053).
10. The National Baptist Convention (NBC), created in 1886, played an important role in promoting work by composers of gospel songs and preachers’ sermons. Lucie Campbell was its director for 47 years.
11. See Complete Mahalia Jackson Vol. 1 to 6 (FA 1311-1316).
12. Marie Knight’s later version of Shady Green Pastures is featured on Sisters & Divas.


Works consulted:
Robert Sacré: Les Negro Spirituals et les Gospel Songs (Que Sais-je ?, PUF, Paris 1993).
Denis-Constant Martin: Le Gospel afro-américain (Cité de la Musique/Actes Sud, Paris 1998).
Noël Balen : Histoire du Negro spiritual et du Gospel (Fayard, Paris 2001).
Anthony Heilbut: The Gospel Sound (Limelight Ed., NY 1992 - 4e édition).
Gayle F. Wald, Shout, Sister, Shout ! (Beacon Press, Boston 2007). 
Cedric J. Hayes & Bob Laughton: The Gospel Discography (Eyeball Prod., Vancouver 2007).

With special thanks to Jacques Morgantini, Etienne Peltier and Robert Sacré for their loan of rare 78s, and to Daniel Gugolz, Bob Laughton and Per Notini.
Photos and collections: Ola Jean Andrews, Jacques Demêtre, Ray Funk, Hooks Bros., James Kriegsman, Doug Seroff, Specialty,  X (D.R.).
  

DISCOGRAPHIE
CD1
1. I’M A SOLDIER (Trad. - arr. S. Kelsey) 48-S-237
2. TEACH ME TO BE RIGHT (R. Tharpe - S.B. Price) 74166-A
3. JESUS, LOVER OF MY SOUL (Parry - Wesley) 76877
4. POWER OF THE LORD (Trad.) 132
5. WILL JESUS WILL BE WAITING FOR ME (Trad.) ACA2154
6. SHADY GREEN PASTURES (G.A. Young - arr. J. Myers)C2006
7. PRAYER CHANGES THINGS (R. Anderson) C2290
8. WHERE CAN I GO (R. Martin) C2427
9. IF JESUS HAD TO PRAY, WHAT ABOUT ME (R. Anderson) C2582
10. THROW OUT THE LIFELINE (E.S. Ufford - arr. K. Morris) SP 808
11. I SEE JESUS (W. Carr) MC1
12. WHAT DO YOU THINK ABOUT JESUS (Trad.) K-5939-2
13. MILKY WHITE WAY (L. Coleman) 268-2
14. WILL THERE BE ANY STARS IN MY CROWN (Trad.) HF11
15. TOUCH ME, LORD JESUS (L.E. Campbell) AG 1-2
16. SURELY GOD IS ABLE (W.H. Brewster) GW1
17. GOSPEL HOP (E. Davenport) IM295
18. YOU GOT TO MOVE (J. Daniel - E.J. Butrum - L. Williams) D714
19. I’LL LIVE AGAIN (P.D.) CO47586
20. I’LL BE SATISFIED (Trad.) M 55016-1
21. GOD BE WITH YOU (A. Hutchins - T.A. Dorsey) 1912
22. ON MY WAY (GOT MY TRAVELIN’ SHOES) Pt. 1 & 2 (H.C. Pace) BSM3005/3006 

1. Reverend Kelsey & His Congregation: Rev. Samuel Kelsey (preaching, singing) with the congregation of the Temple Church of God in Christ, Washington, DC, acc. by Clinton Chambers (trombone), unknown (piano). Washington, DC, ca. October 1948.
2. Sister Rosetta Tharpe (vocal, guitar) acc. by Sam Price Trio: Sammy Price (piano), George “Pops” Foster (bass), Wallace Bishop (dm). New York City, November 24, 1947.
3. The Famous Blue Jay Singers of Birmingham, ALA: Jimmie Hollingsworth (1st tenor voc), Charles Bridges (2nd tenor, lead voc), poss. Willie Rose (lead voc), Charles Beal (baritone voc), Leandrew Wafford (bass voc). NYC, September 14, 1950.
4. The Five Blind Boys from Alabama: Rev. Paul Excano (tenor, lead voc), George Scott (tenor voc, guitar), Clarence Fountain (baritone, lead voc), Olice Thomas (baritone voc), prob. Rev. George W. Warren (voc), Johnny Fields (bass voc). ca. 1950/51.
5. The Original Five Blind Boys (of Mississippi): Archie Brownlee (tenor, lead voc), Lawrence Abrams (tenor voc), Rev. Percell Perkins (baritone, lead voc), Lloyd Woodard (baritone voc), J.T. Clinkscales (bass voc), unknown (drums). Houston, May 1952.
6. Famous Georgia Peach with The Harmonaires: Georgia Peach (Clara Gholston Brock) (vocal) with male vocal group including William Kelly. NYC, February 1946.
7. Mahalia Jackson (vocal) acc. by Mildred Falls (piano), Herbert J. Francis (organ), unknown (guitar). July 15 or 21, 1949.
8. The Roberta Martin Singers: Delois Barrett (soprano voc), Roberta Martin (contralto, lead voc, piano), Myrtle Scott (alto, lead voc), poss. Bessie Folk (alto voc), Norsalus McKissick (tenor voc), Eugene Smith (baritone voc), Lucy Smith (organ). NYC, January 1951.
9. Robert Anderson (vocal) acc. by Roberta Martin (piano), Robert Wooten (organ). ca. mid-1955.
10. The Sallie Martin Singers: Sallie Martin, Cora Martin (lead voc), Berda Young Patrick, Lonnie Polk (voc), Dave Weston (voc, organ), Alfred Goodson (piano). Hollywood, June 20, 1951.
11. Brother Joe May (vocal) & Wynona Carr (vocal, poss. piano) acc. by poss. Kenneth Morris (organ), unknown (drums). Hollywood, March 18, 1950.
12. Elder Charles Beck (preaching, singing, trumpet) with congregation, acc. unknown (piano)(bass). NYC, July 8, 1950.
13. The Trumpeteers: Raleigh Turnage (tenor voc), Joseph E. Johnson (baritone, lead voc), Joseph Armstrong (baritone voc), James Keels (bass voc), unknown (guitar). Baltimore, MAR, September 12, 1947.
14. The Harmonizing Four: Thomas Johnson (tenor, lead voc), Lonnie Smith (tenor, guitar), Joseph Williams (baritone voc), Levi Hansley (bass voc). ca. 1951/52.
15. The Angelic Gospel Singers: Margaret W. Allison (vocal, piano), Lucille Shird, Josephine McDowell, Ella Mae Morris (voc). ca. March 1949.
16. The Ward Singers (of Philadelphia) : Gertrude Ward, Willa Ward-Moultrie (soprano voc), Marion Williams (soprano, lead voc), Clara Ward (alto, lead voc, piano), Henrietta Waddy (contralto voc). Philadelphia?, ca. April 1950.
17. Ethel Davenport (vocal) acc. by poss. Huey Smith (piano), unknown (organ), poss. Eddie “Guitar Slim” Jones (guitar), poss. Willie Nettles (drums). New Orleans, May 16, 1951.
18. Two Gospel Keys: Emma Daniels (vocal, guitar), Mother Sally Jones (vocal, tambourine). NYC, ca. early 1946.
19. The Dixie Hummingbirds: Paul Owens (tenor, lead voc), Beachy Thompson (tenor voc), Ira Tucker (baritone, lead voc), James A. Davis (baritone voc), William Bobo (bass voc). December 27, 1951.
20. The Fairfield Four : Rev. Sam McCrary (lead tenor voc), Willie Love (2nd tenor voc), Willie Frank Lewis (voc), Clarence “Baby” Brooks (baritone voc), George McCurn (bass voc). December 1951.
21. The St. Paul Baptist Church Choir of Los Angeles: Prof. J. Earle Hines (vocal, conductor), and choir including prob. Ruth Black, Cora Martin, Ernie Gladney (vocal), prob. Gwendolyn Cooper-Lightner (piano). May 25, 1947.
22. Reverend C.C. Chapman (The Travelin’ Shoes Man) (preaching, singing) & The Faith Temple Choir : congregation, acc. unknown (piano)(organ)(drums). Los Angeles, November 1951.  

CD2
1. ANGELS (Trad.) 75782-A
2. HE WON’T DENY ME (C. Jeter) 844
3. EASE MY TROUBLED MIND (P.D.) K9076-1
4. OH! IN THAT MORNING (Trad.) C2375
5. DIDN’T IT RAIN (Trad. - arr. R. Tharpe & H. Knight) 73989-A
6. WALK THROU THE VALLEY (E. Gallmon Cooke) E2-KB-7423
7. HE’S CALLING ME (D. Love Coates) 874
8. BY AND BY Pt. 1 & 2 (Trad. - arr. Evans) DS19/20
9. LET’S TALK ABOUT JESUS (D. Robey - A.C. Littlefield) ACA2015
10. YES, YES, I’VE DONE MY DUTY (S. Ward) ACA2390
11. GLORY GLORY HALLELUJAH (Trad.) UB9550
12. I’M SO GLAD JESUS LIFTED ME (C.H. Cobbs) DLA-7381
13. I JUST KEEP FROM CRYING SOMETIME (unknown) 83694-A
14. LET US RUN (RUN WHILE THE SUN IS SHINING) (Trad.) 1415
15. LORD! LORD! LORD! (A. Bradford) SP858
16. COME AND GO TO THAT LAND (unknown - arr. S. Cooke) SP 859
17. HOW JESUS DIED (J. Whitaker - G. McCurn) SP 889
18. BURYING GROUND (D. Robey) 2006
19. GIVE ME MY FLOWERS (S. Pugh) 564
20. HOLD MY HAND (Hudspeth) ACA3224
21. I’VE GOT A NEW BORN SOUL (J. Cleveland) ACA ?
22. IF I COULD HEAR MY MOTHER PRAY (J.W. Vaughan - J. Rowe) 55-351 

1. Professor Johnson (vocal, guitar) & His Gospel Singers, acc. by Sammy Price (piano), unknown (bass)(drums). NYC, January 31, 1950.
2. The Swan Silvertones: Claude Jeter, Rev. Robert Crenshaw (tenor, lead voc), John Manson, Paul Owens (tenor voc), Solomon Womack, John Myles (baritone voc), Henry Bossard (bass voc), unknown (drums). Hollywood, August 19, 1952.
3. The Spirit of Memphis Quartet: Willmer M. “Little Axe” Broadnax, Robert Reed (tenor voc), Jesse Bledsoe, Silas Steele (baritone, lead voc), Fred Howard (baritone voc), Earl Malone (bass voc). Cincinnati, August 14, 1951.
4. Reverend B.C. Campbell (vocal) with congregation, acc. unknown (piano) (drums) (tambourine). NYC?, April 1950.
5. Sister Rosetta Tharpe (vocal, guitar) & Marie Knight (vocal) acc. Sam Price Trio : Sammy Price (piano), Pops Foster (bass), Kenny Clarke (drums). NYC, July 1, 1947.
6. Edna Gallmon Cooke (vocal) with The Radio Four: Morgan, George, James, Claude and Ray Babb (vocal), acc. unknown (piano), poss. Ernie Newton (bass). November 1952.
7. The Original Gospel Harmonettes: Mildred Miller (soprano, lead voc), Vera Kolb (soprano voc), Willie Mae  Newberry (alto voc), Dorothy Love (contralto, lead voc), Odessa Edwards (contralto voc), Herbert Pickard (piano), unknown (organ) (bass) (drums). September 8, 1954.
8. The Davis Sisters: Imogene Green (lead voc), Ruth, Audrey, Thelma (lead) and Alfreda Davis (vocal), Curtis Dublin (piano), unknown (organ)(drums). July 1952.
9. The Bells of Joy: A.C. Littlefield (1st tenor, lead voc), Clemons J. Reed (2nd tenor voc), Ester G. Littlefield (tenor voc), Vernon E. Maynor (baritone voc), A.D. Watson (bass voc), Namon Brown (vocal, guitar), unknown (drums). ca. October 1951.
10. The Sunset Travelers: Sammy Lee Dortch (tenor, lead voc), Sylvester Ward (tenor voc), McKinney Jones (baritone, lead voc, guitar), Rev. Lumpkin, Grover Blake (baritone voc), Robert Lewis (bass voc), John Dukes (drums). Houston, January 20, 1953.
11. Reverend “Gatemouth” Moore (vocal) & His Congregation, acc. unknown (piano). December 1948.
12. The Voices of Victory: 84 voice choir of the Victoria Baptist Church, LA, including Rev. Dr. Arthur Atlas Peters, Rev. Allen, Rev. Clarence H. Cobbs, acc. by Mrs Robert L. Preston (piano), unknown (bass). LA, September 25, 1953.
13. Marie Knight (vocal) acc. by James Roots (piano), Grady Martin, Jack Shook (guitar), Ernie Newton (bass), Farris Coursey (drums). Nashville, December 6, 1952.
14. The Caravans: Albertina Walker, Iris Humble (voc), Bessie Griffin (lead voc), Elyse Yancey (voc), Charlotte  Nelson (piano), unknown (drums). Chicago, December 4, 1953.
15. Professor Alex Bradford (lead voc, piano) & The Bradford Singers: James E. Brandon, Charles E. Campbell, Louis E. Gibson, Billy W. Harper, Jonathan Jackson (voc) acc. by Charles Brown (organ), unknown (drums) (bongos)(tambourine). Chicago, June 19, 1953.
16. The Soul Stirrers: Sam Cooke (tenor, lead voc), Senior Roy Crain (tenor voc), Bob King (tenor voc, guitar), Paul Foster (baritone, lead voc), R.B. Robinson (baritone voc), Jesse J. Farley (bass voc), unknown (bass) (drums). Hollywood, July 10, 1953.
17. The Pilgrim Travelers: KyloTurner, James W. Alexander (tenor voc), Jesse Whitaker (baritone, lead voc), Keith  Barber (baritone voc), George McCurn (bass, lead voc) acc. unknown (piano) (bass) (drums). Hollywood, August 4, 1955.
18. The Sensational Nightingales: Joseph “Jo Jo” Wallace (tenor voc, guitar), Julius “June” Cheeks (baritone, lead voc), Bill Woodruff (baritone voc), John Jefferson (bass voc), unknown (drums). December 1956.
19. The Consolers: Sullivan Pugh (vocal, guitar), Iola Pugh (vocal), acc. unknown (piano) (drums). October 1955.
20. Sister Jessie Mae Renfro (vocal) with The Original Five Blind Boys: Archie Brownlee, Lawrence Abrams, Lloyd Woodard, J.T. Clinkscales (vocal), acc.unknown (piano)(organ)(drums). August 1955.
21. Reverend Cleophus Robinson (vocal) with The Spirit of Memphis Quartet: Willie Jefferson, Robert Reed, Jethro Bledsoe, Fred Howard, Earl Malone (vocal), acc. unknown (piano) (organ) (drums). ca. April 1955.
22. The Staple Singers: Roebuck Staples (lead voc, guitar), Mavis (lead), Cleoma and Purvis Staples (vocal), unknown (drums). Chicago, November 1, 1955. 

CD GOSPEL Vol. 5 The Golden Age of Gospel 1946-1956 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 I'M A Soldier02'44
02 Teach Me To Be Right02'48
03 Jesus Lover Of My Soul03'06
04 Power Of The Lord02'33
05 Will Jesus Will Be Waiting For Me02'30
06 Shady Green Pastures02'56
07 Prayer Changes Things03'10
08 Where Can I Go02'13
09 If Jesus Had To Pray What About Me03'00
10 Throw Out The Lifeline02'45
11 I See Jesus02'15
12 What Do You Think About Jesus02'51
13 Milky White Way02'38
14 Will There Be Any Stars In My Crown03'05
15 Touch Me Lord Jesus03'01
16 Surely God Is Able03'01
17 Gospel Hop02'32
18 You Got To Move02'48
19 I'll Live Again02'52
20 I'll Be Satisfied02'09
21 God Be With You02'55
22 On My Way04'46
CD 2
01 Angels02'18
02 He Won't Deny Me02'47
03 Ease My Trouble Mind02'36
04 Oh In That Morning02'46
05 Didn't It Rain02'39
06 Walk Throu The Valley02'56
07 He's Calling Me03'05
08 By And By, Npt 1 And 204'42
09 Let's Talk About Jesus02'47
10 Yes, Yes, I'Ve Done My Duty02'44
11 Glory Glory Hallelujah03'00
12 I'M Just So Glad Jesus Lifted Me02'58
13 I Just Keep From Crying Sometime02'21
14 Let Us Run02'39
15 Lord, Lord, Lord02'46
16 Come And Go To That Land02'37
17 How Jesus Died03'03
18 Burying Ground02'38
19 Give Me My Flowers02'42
20 Hold My Hand02'56
21 I'Ve Got A New Born Soul02'47
22 If I Could Hear My Mother Pray02'45
« Une rétrospective parfaitement racontée par Jean Buzelin » par Jazzman

[…] Dans l’Amérique noire, on ne parvient pas à une telle maîtrise vocale de l’émotion sans passer par l’église ; c’est ce que nous rappelle le coffret « The Golden Age of Gospel » (CHOC), cinquième volet d’une rétrospective parfaitement racontée par Jean Buzelin. […] Sébastian DANCHIN - JAZZMAN




« Un âge d’or » par Jazz Magazine

Les années d’après-guerre sont marquées dans le gospel par un changement de contexte et une redistribution des rôles qui ont leurs équivalents dans le blues, le jazz et d’autres musiques américaines d’inspiration profane. Les labels indépendants, proches du terrain social, prennent le relais des grandes marques, des styles plus âpres éclipsent des formes établies. Le cinquième volume de cette anthologie historique du gospel met en lumière les formules qui résistent au prix d’une adaptation limitée, par exemple les sermons enregistrés avec chœurs, et celles qui se métamorphosent plus radicalement. Si cette période est un « âge d’or », c’est notamment pour les quartettes masculins qui passent plus ou moins résolument de l’harmonieuse tradition jubilee à l’ardeur exacerbée du hard gospel, préparant le terrain à la soul music. Le réagencement des voix culmine avec le Spirit of Memphis Quartet, les Dixie Hummingbirds, les Soul Stirrers ou les Five Blind Boys of Mississippi. Mais les groupes et ensembles féminins ou mixtes prospèrent autant, comme du reste les solistes accompagné(e)s, avant que vienne le temps des grandes chorales (mass choirs). Philippe BAS-RABERIN – JAZZ MAGAZINE




« Particularly recommended » by Blues & Rhythm

These recordings, except for Toshi Reagon’s track, were made at a Folklife Festival at National Mall, Washington DC, in july 1991, wich was sponsored by the Smithsonian. It was originally Columbia CK49584 (472264-2 in Europe, Sony SRCS5983 in Japan). This issue preserves the original external anonymity of the artists, the extensive notes by Bernice Johnson Reagon (of Sweet Honey In The Rock) and Barry Lee Pearson, and even the original photographs. One supposes that her mother’s involvement accounts for the inclusion of Toshi Reagon’s later recording. Was it really also recorded live or has the applause been dubbed in ? Its « folk club » aesthetic has no place in this company. Even if it is natural, wich I doubt, her voice quality sounds as phony as any white blues faker’s. The suggestion that, « Like Wiggins and Pitchford she speaks for the younger generation’ insults their involvement with their material and its traditions. Pitchford brings a genuine spirit of renewal even to the most familiar material. To a great extent it was him that « played Robert Johnson » at this festival. Leaving aside Henry Townsend’s quoted guff that « Speaking about Robert’s parsonality, we got a man out here that is very like him in a lot of ways », Pitchford does sound like a man who understands the tradition he is reclaiming and has a vision of what he wants to do with it. The star of the show was Johnny Shines, who had by this time suffered a debilitating stroke and although the notes refer to his « slashing slide guitar » it is not clear how much of it is actually heard. He is cued on « Loved And Lost » and should have declined. His voice was still a powerfull deep blue instrument. « Satisfiad », « Watermelons » and « Tell Me Daddy » are very short acappella hollers. Elsewhere « The Jam Session Ensemble » (Shines, Townsend, Lockwood, Wiggins, Pitschford, and Kent DuChaine), which had never practised or worked together before the concert, provides his vocals with a solid foundation. With three other guitarists on hand and all trying to represent Johnson’s legacy I’m not even going to try and work out who does what. The notes imply that DuChaine is only on « Sweet Home Chicago ». Siffice it to say that the ensemble works together. The vocal tonalities of Phil Wiggins’ harp playing are consistently outstanding. Lockwood’s own tracks are spoiled for me by some curious and irretrieably corny bass playing by one Gene Schwartz ; its bouncy obtrusiveness wrecks any attempt by Lockwood to establish a mood. Henry Townsend appears the piano master we know he is. Honey boy Edwards gets a notably sympathetic accompaniment from the harp of Larry Wise. I wish more was heard of Wise. A bracket of three train songs gives us a superior performance from Jessie Mae Hemphill, swinging like mad. Elder Roma Wilson blows his harp for dear life. « I composed a train for God and imitated the old steam locomotive… Very few people goin’ to ride the streamline, it’s a clean train ». « Silver Comet train », a virtuoso unaccompanied solo by Phil Wiggins is equally impressive with John Cephas as everywhere else. The various hollers and cries are interesting but the musical interest cornes chiefly from Mississipian David Savage’s chopping songs, performed with total conviction. The Shines hollers and cries are merely (genuine) curiosities. The railroad crew are from Birmingham, Alabama and are written of as though they are still actively accompanying their work. Can this really be ? The Moving Star Hall Singers from the South Carolina Sea Islands perform without accompaniment. Mary Pinckney’s eerie lead on « If You Miss Me » is a high point of the album. With all the detail in the notes it’s a pity that no one could be bothered to tell us who did what on the ensemble tracks, but that is perhaps the discographer speaking. I hope it will be evident that while this is not an essential record, it is a very good one, wich was well worth restoring to the catalogues. The band sides are thoroughly enjoyable slabs of blues making and the contributions of Wiggins, Hemphill, and Wilson, and of the gospel singers, are worth anyone’s time and money. With Wise also on hand, albeit with only on track, it can perharps be particularly recommended to harp fanatics. Howard RYE - BLUES & RHYTHM




« Nous sommes ici en présence de la crème de la crème » par Jazz Classique

« Ce coffret anthologique de deux CD est le cinquième dans une série initialisée par Jean Buzelin en 1993, il y a seize ans déjà, pour présenter un panorama varié et le plus complet possible du gospel classique des années 1920 au milieu des années 1950. Le présent volume est riche en formations et solistes de prestige et fait mouche à chaque morceau, tout autant par la qualité des compositions sélectionnées que par celle des interprètes. Tous les genres sont ici représentés, issus des églises baptistes et sanctifiées : les solistes féminines (Sister Thrape, Georgia Peach, Mahalia Jackson, Sister Wynona Carr, Sister Ethel Davenport , Marie Knight, Edna Gallmon Cooke, Sister Jessie May Renfro) et les solistes masculins (Robert Anderson, Brother Joe May, Elder Charles Beck, Prof. Johnson, Prof. Alex Bradford, Brother Cleophus Robinson) ; les duos (Two Gospel Keys, Consolers) ; les révérends hurleurs (Rev. Kelsey, Rev C.C. Chapman, Rev. B. C. Campbell, Rev. Gatemouth Moore) ; les quartets (Famous Blue Jay Singers, Blind Boys Of Alabama/Mississippi, Trumpeteers, Harmonizing Four, Dixie Hummingbirds, Fairfield Four, Swan Silvertones, Spirit Of Memphis Quartet, etc) ; les ensembles féminins (Angelic Gospel Singer, Clara Ward Singers, Original Gospel Harmonettes, Davis Sisters, Caravans) et les ensembles mixtes (Roberta Martin Singers, Staple Singers) ; les chœurs (St. Paul Baptist Church, Voices Of  Victory)…L’énumération des noms, pour fastidieuse qu’elle soit, ne laisse planer aucun doute : nous sommes ici en présence de la crème de la crème, sans la moindre faiblesse. Les deux disques sont accompagnés d’un excellent livret explicatif de 36 pages, avec en bonus une liste des plus grands tubes de la gospel music entre 1945 (Strange Things Happening Everyday, Sister Tharpe) et 1957 (Uncloudy Day, Staple Singers). Une telle manne mériterait une analyse plus approfondie, tant il y aurait à dire sur chacun des joyaux de cet inestimable trésor. À acheter les yeux fermés. Note : 5/5. »
Par JAZZ CLASSIQUE




« Et c’est beau, en plus…» par Jazz Hot

« C’est un florilège qu’ont constitué les amoureux de la musique de chez Frémeaux, à partir de la multitude d’enregistrements de gospels de cette décennie qui suivit la Seconde Guerre mondiale : il y a les stars connues, bien sûr, à commencer par Mahalia Jackson et sister Rosetta Tharpe, les Five Blind Boys of Alabama ou du Mississippi, les Dixie Hummingbirds ou les Harmonizing Four. Mais il y a aussi des enregistrements pas faciles à trouver, pour moi du moins, comme le « I’m a Soldier » du révérend Kelsey, tonitruant prêcheur à la voix de tonnerre qui ouvre le premier CD ou la messe à deux cents à l’heure, le « On My Way » du révérend C.C. Chapman, où la transe des spectatrices, simulée ou non, est impressionnante. C’est, pour la plupart des titres, le témoignage d’une foi en béton armé qui a dû servir de ciment entre les membres de la communauté noire au point de lui permettre de tenir le coup. On peut, ou pas, être réticent devant des manifestations religieuses qui entretiennent un climat de secte plus ou moins affirmée, mais on est obligé d’admirer les qualités rythmiques, harmoniques, musicales de ces groupes. Même le croque-soutane le plus sincère est ébranlé par un tel déluge de foi incandescente. Et c’est beau, en plus. »
Par Michel Bedin  - JAZZ HOT.





« Explosion de la musique gospel » Par Soul Bag

« Dieu soit loué, Jean Buzelin poursuit chez Frémeaux sa formidable histoire de la musique religieuse noire-américaine. L’immense mérite de ce cinquième volume est de présenter le gospel de l’âge d’or dans toute sa diversité. En effet, alors que l’après-guerre est marqué de l’émergence des quartets masculins, il était tentant de ne présenter la période qu’à travers le succès des tenants du nouveau style, dit « dur » ; Des leaders comme Ira Tucker, Archie Bronwiee et consorts n’étaient-ils pas, selon l’expression rapportée par Anthony Heibut, «  les plus forts » («  the baddest men on the road ») ? Mais, grâce à une démarche à la fois synchronique et diachronique, notre éminent voisin de colonnes montre que jamais une forme d’expression ne l’emporte totalement sur les autres. Non seulement le style jubilee d’avant-guerre survit, par exemple, avec les Trumpeteers, mais surtout bien d’autres artistes organisés différents contribuent à cette « explosion de la musique gospel ». Dans son livret, Jean Buzelin détaille clairement le pourquoi et le comment des preachers, des ensembles mixtes (comprenez masculins et féminins…), des chœurs féminins, des solistes et enfin des grandes chorales, futures vedettes du genre. Bien sûr, si tous son traités à égalité dans cette anthologie avec un titre par artiste, ils sont loin d’avoir connu la même réussite commerciale. D’où l’excellente idée d’avoir inséré un tableau des hits gospels entre 1945 et 1957. Sans surprise, Sister Rosetta Tharpe se taille la part du lion, devant Mahalia Jackson et les ensembles de Roberta Martin et Clara Ward. En dehors, peut-être, de R.H. Harris (mais les Soul Stirrers sont présents avec Sam Cooke), je ne vois aucun oubli et ce panorama définitif est le point de départ idéal pour qui veut aller plus loin dans telle ou telle sous-catégorie. En revanche, je trouve assez peu pratique la présentation discographique du livret qui, pour être complète, oblige à une petite gymnastique de lecture entre les titres d’un côté et le reste des informations de l’autre. Plus important, il n’est que rarement fait mention des labels sur lesquels sont sortis les morceaux. Voilà qui pourrait paraître superflu dans une publication de bas niveau, mais ici ce silence devient une lacune surprenante. Dieu sait pourtant combien la multiplication des compagnies indépendantes après-guerre est liée au « gospel boom » qui nous occupe ici : le fameux Don Robey, par exemple, a laissé suffisamment de souvenirs aux artistes Peacock pour qu’on ne le néglige pas aujourd’hui… Mais ce sera peut-être pour le volume 6, consacré aux male gospel quartets de l’âge d’or. »
Par Julien Crué — SOUL BAG




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