PAUL CLAUDEL & JEAN AMROUCHE

MÉMOIRES IMPROVISÉS 1951-1952 - ENREGISTREMENT INTÉGRAL EN 12 CD AUDIO

Plus de détails

Nombre de CDs : 12


79,99 € TTC

FA5248

En Stock . Expédition prévue sous 24 à 72h selon week-end

Ajouter à ma liste

+8 pts fidélité


Enregistrement intégral en 12 CDs !

Réalisés en 1951, ces entretiens de Paul Claudel avec Jean Amrouche sont précieux.
Car, mieux qu’un livre, ils sont la vie même. Claudel revoit toute sa destinée : son enfance, sa famille, sa soeur Camille au génie si déroutant, son éducation imprégnée du “matérialisme du scientisme de l'époque”, la révélation de la Foi chrétienne, un soir de Noël 1886 à Notre Dame…
C’est non seulement un destin qui se déroule sous nos yeux, mais c’est aussi une pensée active, toujours en éveil – jusqu’aux “dernières caravanes” – un esprit scrutateur qui s’interroge lui même aussi bien qu’il interroge le monde.
Dans ces entretiens, Claudel revient sur sa carrière diplomatique, mais surtout sur la lente gestation de son œuvre dans laquelle le romanesque ne tient aucune place.
Une voix ample, riche de son âge, une voix heureuse de la certitude de pouvoir faire entendre son message, presque assimilé à une mission suprême…
Une voix bien décidée à ne pas se taire jusqu’à son dernier souffle.
Jean-Yves Patte & Patrick Frémeaux

Droits audio : Patrick Frémeaux et Claude Colombini pour Frémeaux & Associés en accord avec Jacques Boncompain pour Succession Paul Claudel et Pierre Amrouche pour Succession Jean Amrouche. 
Claudel & Amrouche

Enregistrement intégral
Claudel & Amrouche
Mémoires improvisés 1951-1952
 
Paul Claudel - 41 entretiens avec Jean Amrouche 
Coffret 12 CDS 

« Et qui dira le splendide isolement de Claudel ?  Booz dont le socle est fait de gerbes accumulées,  avec Dieu à portée de sa voix, mais aucune rose à ses pieds,  seulement ces grains de sable que nous sommes…»
François Mauriac, Bloc-notes  

La présente édition des “Mémoires improvisés” de Claudel, en 12 CDs, donne à entendre l’un des grands moments de “l’âge d’or” de l’histoire de la radio. Ces entretiens avec Paul Claudel, réalisés en toute intimité par Jean Amrouche, furent diffusés entre le 21 mai 1951 et le 14 février 1952 sur la Chaîne Nationale de la Radio­dif­fusion Télévision Française (dont France Culture est aujourd’hui l’héritière). Ils sont aujourd’hui  présentés dans leur intégralité. Jean Amrouche fut l’un des grands maîtres, des initiateurs, de ce genre de “tête-à-tête” radiophonique, où les grands maîtres de la littérature furent enregistrés dans l’esprit respectueux d’une radiodiffusion de service public confiée à des producteurs de culture et de savoir. Parmi les autres personnalités croisées par Amrouche, il convient de citer André Gide ou François Mauriac… Grandes heures auxquelles répondent aussi le souvenir de Robert Mallet face à Paul Léautaud ou Michel Manoll face à Blaise Cendrars…
Avertissement technique : A compter de la fin du CD7 (26ème entretien), les enregistrements ont été effectués au domicile de Paul Claudel et non plus en studio, raison pour laquelle il est possible d’entendre, ça et là, le bruit d’une sonnette où encore du trafic automobile. 

Réalisés en 1951, ces entretiens de Paul Claudel avec Jean Amrouche sont précieux. Car, mieux qu’un livre, ils sont la vie même.  Claudel revoit toute sa destinée. Son enfance – il est né le 6 août 1868 à Villeneuve sur Fère, dans l’Aisne – sa famille, sa sœur Camille au génie si déroutant, son éducation imprégnée du “matérialisme du scientisme de l'époque”, la révélation de la Foi chrétienne, un soir de Noël 1886 à Notre Dame… C’est non seulement un destin qui se déroule sous nos yeux, mais c’est aussi une pensée active, toujours en éveil – jusqu’aux “dernière caravanes” – un esprit scrutateur qui s’interroge lui même aussi bien qu’il interroge le monde. Dans ces “entretiens”, il revient sur sa carrière diplomatique, mais surtout sur la lente gestation de son œuvre dans laquelle le romanesque ne tient aucune place.  Il a une voix ample, malgré l’âge, une voix heureuse de la certitude de pouvoir faire entendre son message, presque assimilé à une mission suprême… Une voix bien décidée à ne pas se taire jusqu’à son dernier souffle, le 23 février 1955. 
Jean-Yves PATTE & Patrick FRÉMEAUX
© Frémeaux et Associés 2009 

Quelques repères chronologiques
(Peu d’œuvres sont mentionnées, le détail des “entretiens avec Jean Amrouche” leur accordant une large place)
Famille Claudel : Louis-Prosper Claudel, fonctionnaire des impôts et Louise-Athanaïse Cerveaux, fille du médecin et nièce du prêtre du village de Fère-en-Tardenois (Aisne).
Août 1863 : Naissance de Charles-Henri (qui ne vivra que 16 jours).
8 décembre 1864 : Naissance de Camille Claudel.
6 août 1868 : Naissance de Paul Claudel à Villeneuve sur Fère (Aisne).
1870 : [Guerre franco-prussienne] La famille s’installe à Bar-le-Duc.
1876 - 1882 : La Famille s’installe à Nogent sur Seine (Aube), à Wassy (Haute Marne) puis Paris… Paul Claudel entre au Lycée Louis Le Grand. Il découvre Rimbaud.
Noël 1886 : A Notre-Dame, Paul Claudel a une révélation mystique qui bouleversera sa vie entière. Il commence à écrire des pièces en vers.
Années 1890 : Premiers essais dramatiques et écrits symboliques : l’Endormie, la Tête d’Or… Paul Claudel est reçu au Concours des Affaires Etrangères.
1893 : Il est nommé consul-suppléant à New-York.
1894 : Il est Gérant du Consulat de Boston.
1895 - 1909 : Paul Claudel est nommé en poste en Chine. Avant de partir il travaille à La Ville. Durant cette période il visite une première fois le Japon, la Syrie, La Palestine et Bethléem…
1900 : Lors d’un séjour en France, il fait des retraites spirituelles à Solesmes et à l’abbayé de Ligugé. Il travaille à la première version de l’Echange.
1901 : Paul Claudel travaille à la Jeune Fille Violaine.
1905 : Paul Claudel épouse Reine Sainte-Marie-Perrin.
1907 : Naissance de Marie Claudel.
1909 : Naissance de Pierre Claudel.
1910 - 1914 : Il est successivement Consul à Prague (Naissance de Reine Claudel - 1910), Francfort (Naissance d’Henri Claudel - 1912), Hambourg (où il est en poste au moment de la déclaration de la guerre de 1914-1918).
1913 : Décès de Louis-Prosper Claudel et internement de Camille Claudel suite à sa rupture avec Rodin. Guerre de 14 - 18 : Mission auprès des prisonniers de guerres, mission économique en Italie.
1917 : Il est nommé Ministre Plénipotentiare à Rio de Janeiro, Darius Milhaud est son secrétaire.
1919 : Nommination à Copenhague.
1921 - 1927 : Il est en poste comme Ambassadeur de France à Tokyo.
1928 - 1933 : Il est en poste comme Ambassadeur de France à Washington.
1933 - 1935 : Il termine sa carrière diplomatique à Bruxelles. 
1940 : Paul Claudel se félicite de la remise des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.
Novembre : Dans son journal intime Claudel exprime ses premiers doutes quant à la politique conduite par ce dernier.
1941 : Mai :
Claudel espère encore en la politique de Pétain.
Août : Claudel confesse son horreur de l’hitlérisme et n’espère plus rien du gouvernement de Vichy. Il redoute les effets de la collaboration outrancière et les exactions commises contre les juifs.
1943 : Décès de Camille Claudel.
4 avril 1946 : Paul Claudel est élu à l’Académie Française.
1951 : Avril : première serie d’entretiens avec Jean Amrouche
Août : deuxième série (au domicile parisien de Paul Claudel, Boulevard Lannes).
1953 - 23 février : mort de Paul Claudel. Il est inhumé dans le parc du Château de Brangues.
Jean-Yves PATTE
© Frémaux et Associé 2009 

Jean Amrouche
D’origine Kabyle (Algérie), Jean Amrouche (1906-1962) étudie à l’Ecole Normale de Saint-Cloud puis exerce en tant que professeur de Lettres aux lycées de Sousse et de Bône en Tunisie, où sa famille, convertie au christianisme, s’était installée. Fin lettré, il se découvre un talent de poète. Sa traduction des Chants Berbères de Kabylie le font entrer de plein pied dans le monde des Lettres de l’avant guerre. Il se lie avec Armand Guibert, rencontre Gide… et dès lors sa carrière prend un élan fulgurant.  Il s’oriente alors vers la radio (Tunis, Alger, Paris, puis à Genève en Suisse) où il sait créer un nouveau style “d’entretiens” qu’il affine au fil du temps auprès d’invités prestigieux du monde des Arts et des Lettres. En parallèle, il est aussi directeur de la revue “l’Arche” - éditée par Edmond Charlot. Sans doute ces dernières fonctions lui permettent-elles de concevoir ses rencontres radiophoniques comme de véritables œuvres littéraires où la dimension de la voix – ses intonations, ses incertitudes, ses fulgurances – en dit autant que les propos eux-mêmes… Il sait traquer aussi bien les silences éloquents que les hésitations qui, lentement, inexorablement presque, conduisent à une réflexion insoupçonnée, à l’aveu parfois, à l’intense toujours… 

CRÉDITS PHOTOS : Buste de Paul Claudel enfant (page 3) Il s’agit de la plus ancienne représentation sculptée connue de Paul Claudel. Don du baron Alphonse de Rothschild aux Musée de Châteauroux, 1903. “Coll. des Musées de Châteauroux” (Inv. 3391) Le Sakountala (page 6)   Plâtre original de Camille Claudel, présenté au Salon de 1888 sous le n° 3930. Il a été distingué d’une “mention honorable”. Offert par l’artiste aux Musées de la Ville de Châteauroux en 1895, grâce à l’intervention de G. Lenseigne (mécène castelroussin, ami de Rodin). “Coll. des Musées de Châteauroux” (Inv. 518) 
Musée-Hôtel Bertrand 2, rue descente des Cordeliers - 36000 Châteauroux - Tel : 02 54 61 12 30 


Remerciements particuliers pour La Ville et les Musées de Châteauroux, ainsi que pour Mme Naturel, directrice des Musées de Châteauroux.

Ecouter Enregistrement intégral Claudel & Amrouche Mémoires improvisés 1951-1952 (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Premier entretien: l'enfance - Paul Claudel16'32
02 Deuxième entretien: les premières études - Paul Claudel17'45
03 Troisième entretien: les années d'adolescence - Paul Claudel19'05
CD 2
01 Quatrième entretien: Tête d'or - Paul Claudel20'05
02 Cinquième entretien: Dostoievski, Aristote, Bossuet - Paul Claudel17'06
03 Sixième entretien: Contrainte et liberté en art - Paul Claudel18'50
CD 3
01 Septième entretien: Tête d'or, la vocation itinérant - Paul Claudel19'22
02 Huitième entretien: les relations littéraires de Claudel - Paul Claudel18'12
03 Neuvième entretien: le poète et le monde - Paul Claudel18'22
04 Dixième entretien: signification des personnages de La Ville - Paul Claudel17'16
CD 4
01 Onzième entretien: le fol amour et l'autre - Paul Claudel19'50
02 Douzième entretien: les incarnations de la violence - Paul Claudel18'17
03 Treizième entretien: situation de Paul Claudel - Paul Claudel19'12
04 Quatorzième entretien: le côté irréel des personnages - Paul Claudel16'38
CD 5
01 Quinzième entretien: l'interdépendance des personnages - Paul Claudel18'30
02 Seizième entretien: l'exil en Chine - Paul Claudel18'05
03 Dix-septième entretien: Lecture de la lettre à Mallarmé - Paul Claudel18'33
04 Dix-huitième entretien: particularité de la poésie - Paul Claudel18'15
CD 6
01 Dix-neuvième entretien: Vie de claudel en Chine - Paul Claudel18'43
02 Vingtième entretien: Le repos du septième jour - Paul Claudel19'28
03 Vingt et unième entretien: incompatibilite entre le sacerdoce et la vocation poétique - Paul Claudel16'54
04 Vingt-deuxième entretien: conception de la poésie - Paul Claudel16'59
CD 7
01 Vingt-troisième entretien: grande admiration pour Verlaine poète - Paul Claudel18'13
02 Vingt-quatrième entretien: Claudel et le public - Paul Claudel17'40
03 Vingt-cinquième entretien: Partage de midi - Paul Claudel18'34
04 Vingt-sixième entretien: importance de l'art poétique - Paul Claudel17'43
CD 8
01 Vingt-septième entretien: l'homme est fait pour vaincre la création - Paul Claudel16'34
02 Vingt-huitième entretien: répercussions essentielle - Paul Claudel20'24
03 Vingt-neuvième entretien: suite des relations avec Gide - Paul Claudel18'48
CD 9
01 Trentième entretien: de la jeune fille Violaine à l'Annonce faite à Marie - Paul Claudel19'44
02 Trente et unième entretien: la nuit de Noël dans l'Annonce faite à Marie - Paul Claudel15'06
03 Trente-deuxième entretien: la trilogie: huit ans de travaux, 1908-1916 - Paul Claudel18'22
CD 10
01 Trente-troisième entretien: ce qu'on peut appeler le rôle apostolique de Claudel - Paul Claudel20'27
02 Trente-quatrième entretien: période 1919-1924: le Soulier de satin - Paul Claudel22'31
03 Trente-cinquième entretien: Gestation et composition - Paul Claudel22'22
CD 11
01 Trente-sixième entretien: un silence total - Paul Claudel20'27
02 Trente-septième entretien: souffrance de Bernanos - Paul Claudel22'31
03 Trente-huitième entretien: Collaborations et belles amitiés avec Darius Milhaud - Paul Claudel22'22
CD 12
01 Trente-neuvième entretien: difficulté de parler de l'amour, en soi - Paul Claudel18'33
02 Quarantième entretien: Dans un drame, c'est l'action qui crée le monde autour d'elle - Paul Claudel18'10
03 Quarante et unième entretien: Christophe colomb - Paul Cluadel19'04
« Un destin exceptionnel » par La Revue des médiathèques et des collections musicales

Une somme ! Un coffret de douze CDs pour rendre compte des 41 entretiens que Paul Claudel eut avec Jean Amrouche entre 1951 et 1952. Ce coffret est d’une valeur inestimable tant il rend compte avec efficacité de la vision de Claudel sur ses contemporains et sur la société de la première moitié du XXème siècle. Ses relations avec André Gide, sa critique de Baudelaire, sa vie en Chine, en France, ses premiers écrits, sa connaissance de Beethoven, de Bossuet, d’Ernest Renan : tous les sujets sont abordés et forment une sorte d’encyclopédie de Claudel. Un document incontournable pour tout féru de littérature vingtiémiste, ou pour tout chercheur en littérature contemporaine. La voix de Claudel fascine, enivre, en déroulant un destin exceptionnel. Pierre DENUIS - REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« Un aérolithe qui tombe du ciel » par Page

« Et qui dira le splendide isolement de Claudel ? Booz dont le socle est fait de gerbes accumulées, avec Dieu à portée de voix, mais aucune rose à ses pieds, seulement ce grains de sable que nous sommes… ». Ainsi, dans son bloc-notes, Mauriac, admiratif et railleur, saluait-il l’orgueilleux auteur de Tête d’Or et de Connaissance de l’Est. Et sans doute le farouche Claudel continue-t-il d’impressionner les simples mortels que nous sommes, du haut de son œuvre immense ; peut-être aussi ce catholique intransigeant, ennemi des tièdes et des médiocres, rebute-t-il une époque qui se plaît à cacher sa paresse et sa suffisance sous le masque de la tolérance et du dilettantisme… L’écoute de ces quarante et un entretiens très subtilement menés par la pénétrante intelligence d’Amrouche n’en est que plus précieuse : Claudel y narre son enfance à Villeneuve sur Fère, dans ces plaines du Soissonais fouettées d’un « vent du nord qui riait continuellement », au sain d’une famille où chacun aspirait au génie ; la découverte de Paris quand l’enfant assiste, en 1885, à l’apothéose de Victor Hugo, « quelque chose d’arsouille, de répugnant, un défilé de mardi-gras » ; l’influence « séminale » de Rimbaud, qui lui révèle l’existence du surnaturel, libère ce qu’il y a de « révolte, conquête, sauvage possession » dans le cœur du jeune homme de 15 ans. Certes, on se plaît à l’entendre nous entretenir des grands hommes qu’il fréquentait alors, de Mallarmé d’abord, si « distingué, causeur brillant », reprochant aux naturalistes de ne s’adonner qu’à la rédaction de « devoir de français » ; de Valéry aussi, cet idolâtre de la contrainte qui « ne prenait pas les êtres et les choses au sérieux » ; de Gide enfin, qu’il crut un temps pouvoir soumettre à la vérité catholique, avec lequel il se brouilla lorsque Corydon parut, à la sincérité duquel il semble, une fois l’amitié morte, ne plus accorder la moindre valeur. Mais tout cela était connu. Plus surprenant l’aveu d’une sympathie éprouvée un temps pour l’auteur de Partage de midi à l’égard du mouvement anarchiste et des actions de Ravachol, « gestes presque instinctifs contre ce monde congestionné, étouffant ». « Ma fonction essentielle était de voir l’univers ». Toute l’œuvre claudelienne, poésie, théâtre, exégèse bibliques mêlés, s’efforce de répondre à la question naguère posée par Mallarmé : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » Car la poésie est connaissance, une connaissance qui ne signifie en rien plate « soumission à l’objet » mais plutôt victoire sur lui, le verbe permettant en effet de « dégager le sens » du monde et de « le transformer en action de grâce ». Jamais Claudel ne paraît plus à son affaire que lorsqu’il parle vers, mots, littérature : il apprend l’anglais dans Shakespeare et découvre, dans les dernières pièces, l’art savant de l’enjambement qui provoque « l’hémorragie du vers » ; Eschyle le dote tôt de la formation prosodique qui lui fut plus tard nécessaire ; chez Dostoïevski, le dramaturge s’initie à la « mutation  spontanée » des êtres, antidote précieux à la trop grande fixité des caractères de la tragédie classique ; en Bossuet enfin, sublime prosateur, maître du rythme qu’il révère sans réserve, Claudel acquiert l’art de manier les incidentes, essentielles au génie de langue française, car elles permettent aux phrases de se poser « toujours légèrement ». Et puis, au détour d’une question de Jean Amrouche qui l’interroge sur le silence qui longtemps maintint son œuvre dans une splendide solitude, cet aveu soudain qui nous rend plus proche et plus fraternel celui qui se compara à un « aérolithe qui tombe du ciel » : « On souffre de parler dans de la ouate ». Régis PENALVA (LIBRAIRIE SAURAMPS, MONTPELLIER) - PAGE




« L’auditeur est embarqué » Par Lire

« Après une introduction quelque peu désuète, l’auditeur est embarqué. Comme réchauffé d’un alcool fort. Claudel est là, vent debout au milieu d’un siècle contraire. Les goûts sont solides : Shakespeare, les tragiques grecs, Virgile, Racine, Dante, Bossuet, Dostoïevski dont la composition de l’Idiot lui rappelle le crescendo des dernières œuvres de Beethoven. Jeune, cet homme a eu tout simplement faim. De quoi ? De cette orientation que prendra sa vie sous « l’impulsion essentielle » de Rimbaud. « Je sentais en moi probablement le travail, la fermentation d’un être nouveau qui avait énormément à apprendre et qui ne s’était encore abouché aux sources vraiment nutritives. » Faisant retour sur la gestation de son œuvre tout au long de ces entretiens, Claudel semble parfois sourire de l’approche universitaire de son interlocuteur. Le stère sera toujours un étrange instrument pour appréhender l’exubérance de la forêt ! »  Par Jérome Serri — LIRE




« Un aérolithe qui tombe du ciel » par Page

« Et qui dira le splendide isolement de Claudel ? Booz dont le socle est fait de gerbes accumulées, avec Dieu à portée de voix, mais aucune rose à ses pieds, seulement ce grains de sable que nous sommes… ». Ainsi, dans son bloc-notes, Mauriac, admiratif et railleur, saluait-il l’orgueilleux auteur de Tête d’Or et de Connaissance de l’Est. Et sans doute le farouche Claudel continue-t-il d’impressionner les simples mortels que nous sommes, du haut de son œuvre immense ; peut-être aussi ce catholique intransigeant, ennemi des tièdes et des médiocres, rebute-t-il une époque qui se plaît à cacher sa paresse et sa suffisance sous le masque de la tolérance et du dilettantisme… L’écoute de ces quarante et un entretiens très subtilement menés par la pénétrante intelligence d’Amrouche n’en est que plus précieuse : Claudel y narre son enfance à Villeneuve sur Fère, dans ces plaines du Soissonais fouettées d’un « vent du nord qui riait continuellement », au sain d’une famille où chacun aspirait au génie ; la découverte de Paris quand l’enfant assiste, en 1885, à l’apothéose de Victor Hugo, « quelque chose d’arsouille, de répugnant, un défilé de mardi-gras » ; l’influence « séminale » de Rimbaud, qui lui révèle l’existence du surnaturel, libère ce qu’il y a de « révolte, conquête, sauvage possession » dans le cœur du jeune homme de 15 ans. Certes, on se plaît à l’entendre nous entretenir des grands hommes qu’il fréquentait alors, de Mallarmé d’abord, si « distingué, causeur brillant », reprochant aux naturalistes de ne s’adonner qu’à la rédaction de « devoir de français » ; de Valéry aussi, cet idolâtre de la contrainte qui « ne prenait pas les êtres et les choses au sérieux » ; de Gide enfin, qu’il crut un temps pouvoir soumettre à la vérité catholique, avec lequel il se brouilla lorsque Corydon parut, à la sincérité duquel il semble, une fois l’amitié morte, ne plus accorder la moindre valeur. Mais tout cela était connu. Plus surprenant l’aveu d’une sympathie éprouvée un temps pour l’auteur de Partage de midi à l’égard du mouvement anarchiste et des actions de Ravachol, « gestes presque instinctifs contre ce monde congestionné, étouffant ». « Ma fonction essentielle était de voir l’univers ». Toute l’œuvre claudelienne, poésie, théâtre, exégèse bibliques mêlés, s’efforce de répondre à la question naguère posée par Mallarmé : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » Car la poésie est connaissance, une connaissance qui ne signifie en rien plate « soumission à l’objet » mais plutôt victoire sur lui, le verbe permettant en effet de « dégager le sens » du monde et de « le transformer en action de grâce ». Jamais Claudel ne paraît plus à son affaire que lorsqu’il parle vers, mots, littérature : il apprend l’anglais dans Shakespeare et découvre, dans les dernières pièces, l’art savant de l’enjambement qui provoque « l’hémorragie du vers » ; Eschyle le dote tôt de la formation prosodique qui lui fut plus tard nécessaire ; chez Dostoïevski, le dramaturge s’initie à la « mutation  spontanée » des êtres, antidote précieux à la trop grande fixité des caractères de la tragédie classique ; en Bossuet enfin, sublime prosateur, maître du rythme qu’il révère sans réserve, Claudel acquiert l’art de manier les incidentes, essentielles au génie de langue française, car elles permettent aux phrases de se poser « toujours légèrement ». Et puis, au détour d’une question de Jean Amrouche qui l’interroge sur le silence qui longtemps maintint son œuvre dans une splendide solitude, cet aveu soudain qui nous rend plus proche et plus fraternel celui qui se compara à un « aérolithe qui tombe du ciel » : « On souffre de parler dans de la ouate ». Régis PENALVA (LIBRAIRIE SAURAMPS, MONTPELLIER) - PAGE




« Un destin exceptionnel » par La Revue des médiathèques et des collections musicales

"Une somme ! Un coffret de douze CDs pour rendre compte des 41 entretiens que Paul Claudel eut avec Jean Amrouche entre 1951 et 1952. Ce coffret est d’une valeur inestimable tant il rend compte avec efficacité de la vision de Claudel sur ses contemporains et sur la société de la première moitié du XXème siècle. Ses relations avec André Gide, sa critique de Baudelaire, sa vie en Chine, en France, ses premiers écrits, sa connaissance de Beethoven, de Bossuet, d’Ernest Renan : tous les sujets sont abordés et forment une sorte d’encyclopédie de Claudel. Un document incontournable pour tout féru de littérature vingtiémiste, ou pour tout chercheur en littérature contemporaine. La voix de Claudel fascine, enivre, en déroulant un destin exceptionnel." Par  Pierre DENUIS - REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




"Un extraordinaire commentaire d’une œuvre et d’une vie." par Histoires Littéraires

"Belle occasion de ré-écouter ses entretiens célèbres, où dialoguent — et parfois ferraillent courtoisement — un Amrouche, pontifiant comme à son habitude mais non dépourvu d’habileté rhétorique et de ténacité, et un Claudel roublard en dieu et madré en diable. En de nombreux passages, l’auteur de Tête d’Or déjoue les pièges que lui tend son interlocuteur, en répondant ou en balayant la question, par exemple sur ses relations difficiles avec Gide, ou sur sa liaison avec Rosalie Vetch. Mais c’est surtout le parler de Claudel, cette voix rocailleuse, paysanne, lente et légèrement chuintante, qui reste dans l’oreille. Des mémoires si l’on veut, improvisés à la rigueur, mais surtout un extraordinaire commentaire d’une œuvre et d’une vie. Quel personnage !"
par Jean-Jacques LEFRERE - HISTOIRES LITTERAIRES




« Un des grands moments de l’âge d’or de la radio » Par Echo Découverte

Il y a quelque chose de prodigieux dans ces « Mémoires improvisés 1951-1952 » (Frémeaux & Associés), 12 CD de 41 entretiens de Paul Claudel avec Jean Amrouche. Le ton et l’ambiance d’abord, où se conjuguent respect et courtoisie, confiance mutuelle et liberté d’expression. Diffusés entre mai 1951 et le 14 février 1952 sur la chaîne nationale de la Radiodiffusion télévision française, il s’agit de l’un des grands moments de l’âge d’or de la radio. A 83 ans, Claudel est heureux de pouvoir partager avec les auditeurs ce qui a fait la richesse de sa vie de diplomate, de dramaturge et de père de famille. Au fil des questions posées par Amrouche avec admiration, traquant aussi bien les silences éloquents que les hésitations de l’écrivain, l’auteur du « Soulier de Satin » improvise et se laisse aller, puisant dans son intacte mémoire souvenirs, impressions, rencontres et confidences. C’est ainsi toute son œuvre poétique et théâtrale qui se construit au fil d’un siècle d’histoire politique et littéraire. On comprend alors pourquoi et comment la conversion de Claudel, un soir de Noël 1886 à Notre-Dame de Paris, en est la pierre d’angle.
Par Jean BOREL – ECHO DECOUVERTE (SUISSE)




Les clients qui ont acheté ce produit ont également acheté...