PEROU CORDILLERES NOIRE ET BLANCHE ENREGISTREMENTS IN SITU PAR FRANCOIS JOUFFA

PERU, COLLEJON DE HUYLAS - IN SITU RECORDINGS BY FRANCOIS JOUFFA

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Nombre de CDs : 1


19,99 € TTC

FA5258

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Ce disque donne à entendre des musiques et des chants collectés par François Jouffa, au milieu des années 1970, parmi les paysans artistes des villages autour de Huaraz, la capitale “andiniste” du Pérou.
Le Callejon de Huaylas, étroite vallée bordée de gigantesques murs verticaux, où serpente la rivière Santa, se trouve entre la Cordillère Blanche avec ses neiges éternelles, et la Cordillère Noire qui est verte jusqu’à 6000 mètres d’altitude. Centre de cultures lointaines et diverses, riche en ruines mystérieuses, en statuaires effrayantes, en traditions folkloriques et en superstitions de l’époque pré-inca, la vie quotidienne difficile dans cette vallée perdue suscite de nombreuses vocations artistiques.
Témoins de leur richesse et de leur diversité, les enregistrements de François Jouffa, collectée in situ, nous communiquent et préservent cette mémoire sonore.
Patrick Frémeaux

This CD delivers music and song collected in the mid-seventies by François Jouffa in the hamlets around Huaraz, the ‘Andist’ capital of Peru.
The Callejon de Huaylas, a narrow valley bordered by gigantic mountain walls and in which the Santa River snakes its path, is situated between the Cordillera Blanca and its eternal snows, and the Cordillera Negra which is still green up to 6,000 meters of altitude. It is a centre of distant and diverse cultures rich in mysterious ruins, in frightening statues, in folkloric traditions and in superstitions of the Pre-Inca period.
François Jouffa’s recordings witness the richness and diversity of this artistic tradition and contribute to preserve this ancestral collective memory.

Patrick Frémeaux

Droits : Groupe Frémeaux Colombini SAS & François Jouffa.
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PÉROU CORDILLÈRES NOIRE ET BLANCHE

PÉROU - CORDILLÈRES NOIRE ET BLANCHE 
Enregistrement sonore in situ : Huaraz 









Peru
Callejón de Huaylas 
Le Callejón de Huaylas Depuis des milliers d’années, des hommes vivent dans cette vallée andine de la mort, bravant sans cesse les intempéries et les alluvions qui tombent de la montagne. Les tremblements de terre suivis d’avalanches de pierres, de glace et d’eau font partie de l’histoire du Callejón de Huaylas. Cette étroite vallée, bordée de gigantesques murs verticaux, où serpente la rivière Santa, se trouve entre la Cordillère Blanca avec ses neiges éternelles, et la Cordillère Negra qui est verte jusqu’à 6000 mètres d’altitude. Centre de cultures lointaines et diverses, riche en ruines mystérieuses, en statuaires effrayantes, en traditions folkloriques et en superstitions de l’époque pré-inca, la vie quotidienne difficile dans cette vallée perdue suscite de nombreuses vocations artistiques. Nous vous proposons des musiques et des chants collectés, au milieu des années 1970 par François Jouffa, parmi les paysans artistes des villages autour de Huaraz, la capitale “andiniste” du Pérou. Puisse leur pureté vous enchanter.   
Patrick Frémeaux 

Les tambours de Rascar Capac
Une visite dans l’ancien empire Inca, ce n’est pas une promenade de tout repos. Le mythe qui nous vient tout droit des conquistadores pillards, selon lequel cette région serait l’Eldorado, persiste dans les dépliants touristiques. La réalité est toute autre. Et il est intéressant de noter que l’expression “Ce n’est pas le Pérou” ne se  formule que d’une façon négative. Il faut, dans ce pays, affronter successivement la chaleur sèche du désert de la côte, l’humidité de la forêt vierge amazonienne et le froid polaire des Andes. En une journée, on est brûlé par le soleil et mitraillé par la grêle. De plus, les villages des Andes sont blottis à quatre mille mètres d’altitude, ce qui pose des problèmes de santé aux gringos que nous sommes. Les Indiens accablés par des siècles d’esclavage, ne sont pas toujours accueillants. Mais il suffit d’ouvrir les yeux et son cœur, d’avoir la main tendue, pour ressentir un voyage au Pérou comme une des expériences les plus enrichissantes de sa vie de voyageur. Je voyage toujours à l’aveuglette. C’est-à-dire qu’en dehors de quelques renseignements glanés chez des amis, sur le climat notamment, je pars toujours à l’instinct, faisant confiance à l’improvisation. Et je choisis mon voyage  suivant l’envie du moment, quelques semaines avant de prendre l’avion. C’est, par exemple, un accord de sitar en intro d’une chanson des Beatles qui m’avait poussé vers l’Orient. Ce sont des souvenirs d’enfance, du temps où la bande dessinée tissait les premiers méfaits de la contre-culture, qui m’appelaient vers la terre des Incas. Qui n’a pas lu les aventures de Tintin et de son minet Zorrino, au pays du Temple du Soleil, ne peut comprendre cette  envie quasi-sensorielle.

Et, quand je dis “je”, je parle pour “nous” puisque, depuis quelques années, nous partageons à trois cette  expérience de la route. Sylvie Jouffa porte son Nikon autour du cou, Sylvie Meyer pose des questions en plusieurs langues et remplit d’informations son carnet de poche, et moi je me branche sur toutes les sources sonores. Car, outre le plaisir de se renouveler les cellules du cerveau d’images et d’impressions nouvelles, nous voyageons aussi pour recueillir les notes de musique qui, d’un pays à l’autre, sont des témoignages précieux du passage des  civilisations. De nombreuses années de services rendus à la radio m’ont appris à saisir, sur le vif avec un appareil discret, les joies et les peines des peuples visités. Il suffit de se promener, l’oreille en alerte, et de favoriser les  rencontres. Les villes ne m’ont jamais paru sympathiques. Lima ne fait pas exception. La capitale de ce Pérou révolutionnaire grouille de pauvres Indiens à la recherche d’un boulot, les yeux hagards. C’est triste et fatiguant, et ce n’est pas la beauté de la place d’Armes qui me fera oublier les reconstitutions en mode morbide cultivées dans le Palais de l’Inquisition. Les restes de l’occupation espagnole, la cathédrale du XVIe siècle ou le matériel à supplices, sont  toujours présents dans l’âme péruvienne. Et ce ne sont pas les siècles d’indépendance, pendant lesquels  l’Indien a continué à servir, la tête baissée, des régimes autoritaires, qui ont transformé l’atmosphère. Quand les tanks révolutionnaires, en octobre 1968, ont annoncé un nouveau coup d’état, personne n’a réagi, pensant qu’il s’agissait d’une habituelle prise de pouvoir à la Tapioca (merci Hergé). Mais la junte militaire, composée de jeunes gradés métis, avait lu Marx et écouté Castro. Il s’en est suivi, en huit ans, un train de réformes humanistes. Les gens que nous avons croisés à Lima n’avaient pourtant pas le visage radieux. Les industriels, du haut de leurs buildings d’acier (pourquoi les architectes sud-américains disposent-ils de plus beaux matériaux que ceux du Front de Seine à Paris ?) regrettaient le départ des investissements américains. Les étudiants, qui organisaient alors une vente de livres en plein air, à Miraflores, le Montparnasse liméen, manifestaient contre les incarcérations de camarades. Le personnel du Crillon occupait l’hôtel. Les ouvriers défilaient dans la rue. Et tout le monde était de fort méchante humeur, même aux alentours de l’arène de corridas.

A Lima, après avoir couru d’un musée à l’autre (surtout le musée de l’or et celui des statues érotiques pré-incaïques), et, enfin, après avoir très mal dîné dans un des compartiments inquiétants d’un des gigantesques restaurants du quartier chinois, la rue Capon mal famée et nauséabonde, nous avons pris le large.  La Longitudinale est une belle route qui longe la côte, entre l’Océan Pacifique et le désert. Elle est “décorée” de charmants cimetières dignes des westerns parodiques de Sergio Leone. Seules les croix chargées de symboles  locaux, comme le soleil et la lune, et surmontées  de la tête ensanglantée du Christ, viennent agrémenter les vagues de sable. La chaleur est très lourde. Au “km 143”, à Hornillos, une petite plage sauvage, à l’eau glacée, efface  notre sueur. A Pativilca, on tourne à droite pour emprunter la voie qui doit nous emmener au cœur des Andes. Manque de chance, il y avait des travaux et il a fallu attendre jusqu’à 18 heures pour que les terrassiers nous  laissent passer. C’est donc à la nuit tombante qu’on s’est aventurés sur ce qu’on allait apprendre être la route la plus dangereuse du monde. Quel cauchemar ! Nous avons roulé une nuit entière dans le froid le plus cinglant, à l’aveuglette, sans rencontrer âme qui vive, se trompant cent fois de chemin, nous retrouvant même dans le lit d’une rivière, avec des pièces de la Volkswagen de location que nous perdions régulièrement sur les rochers qui  obstruaient le chemin. Huit heures d’angoisse, pour avaler deux cents kilomètres, le long du versant abrupte de la Cordillère Noire, au bord des abîmes, en plein climat polaire, passant des cols à plus de quatre mille mètres d’altitude. Tout ça parce que les ponts et chaussés péruviens nous avaient interdit la route, alors qu’ils ne travaillaient que sur … dix kilomètres. La voiture et ses occupants ont tenu.  On arrive à Huaraz, morts de trouille, de froid et de faim, sans avoir vu la bifurcation pour les ruines de Chavín. Nous ne les visiterons jamais, car, dans l’autre sens, la route sera également fermée aux heures diurnes. J’imagine, en relisant “La Conquête des Incas” de John Hemming (Stock, 1971), les souffrances d’Hernando Pizarro et de ses frères d’armes qui ont traversé ce Callejón de Huaylas à cheval ou à pied. Il est vrai que, de notre côté, nous n’étions pas poussés par la soif de l’or. L’eau chaude dans la cuve des bains thermaux de l’hôtel Turista de Monterrey, à sept kilomètres de Huaraz, nous a redonné une santé. On se croirait en Suisse, sapins et chalets compris. Mais l’altitude (3063 mètres) nous bloque les méninges, enserre nos tempes, appuie sur notre foie. Et malgré des médicaments (Coramine Glucose), sans parler du “mate de coca”, nous allons, pendant un mois, vivre au Pérou avec cette désagréable sensation d’étouffement et de vertige. Les livres guides prétendent qu’on s’y habitue en  quarante-huit heures…

Des grottes de vapeur bouillante à Chancos, où les bambins barbotent dans une piscine naturelle. A Yungay, une vallée recouverte par des blocs de pierre descendus de la montagne, après le séisme de 1970, qui ont enseveli le village. Au-dessus des cinquante millions de mètres cube d’avalanche boueuse, on ressent la présence des cinquante mille victimes. Des petites croix fleuries, par milliers, indiquent parfois un prénom ou tout simplement “Mama”. On comprend pourquoi les habitants de la vallée sont si superstitieux et craignent tant les manifestations des dieux incarnés dans les éléments. Sabine Hargous, dans son livre “Les Appeleurs d’âmes” (Robert Laffont, 1975), avait étudié les rites magiques des Indiens, les incantations des sorciers pour s’aliéner les phénomènes atmosphériques et astraux.  Le Callejón de Huaylas n’est pas sur les routes touristiques traditionnelles. Il gagne à être mieux connu, ce pays du plus fort taux d’analphabètes et d’alcooliques, où l’homme souffre pour gratter la terre ingrate en face à face quoti­dien avec la maladie et la mort. Rien d’étonnant à ce que la musique et les chants que j’ai pu enregistrer dans cette région, soient à l’image de son climat, glacial et sec. Grâce aux animateurs de Radio Huaraz qui avaient conscience (politique) que les paysans les plus isolés retrouveraient leur identité dans les rythmes d’avant la conquête espagnole et qui pensaient que la musique est le meilleur véhicule révolutionnaire, j’ai pu graver les traces des meilleurs groupes musicaux des hameaux perdus dans la montagne autour de Huaraz.  Tous les jours, sur les ondes de cette petite radio locale, il était demandé aux villageois auditeurs de se réunir pour apprendre les chants des ancêtres afin de venir les interpréter ensuite à la radio, ainsi que leurs propres nouvelles compositions. Le plus souvent des chansons d’amour. Le dimanche matin, les petits groupes descendaient de leurs montagnes, marchant des dizaines de kilomètres, certains portant de lourdes harpes sculptées. Après avoir, à l’antenne, dit bonjour à ceux qui étaient restés là-haut, ils jouaient en direct pour tous les paysans de la vallée, dans un studio de douze mètres carrés, intimidés, devant un gros micro des années 1950. Aux pieds des Cordillères Noire et Blanche, les mélodies sont toutes déchirantes de mélancolie. Les violons criards, les harpes pleureuses. Les guitares, mandolines, flûtes ou tambours sont tous des instruments accordés pour jouer un hymne à la désolation. Les fillettes et les très jeunes femmes chantent toujours avec le regard dur, et elles ont les joues rouges éclatées par le froid. Les danseurs des Andes accrochent des grelots à leurs pieds nus et cra­quelés. Ils ont pratiquement tous ingurgité de l’alcool de maïs, la “chicha” mousseuse, pour se réchauffer le ventre. Et les gringos que nous sommes mettront beaucoup de temps à leur inspirer confiance. Jusqu’à ce qu’ils comprennent notre intérêt pour leur culture et leur musique.
François JOUFFA, mensuel Partir n° 30, juin 1976
© 2009 GROUPE FREMEAUX COLOMBINI SAS 

Notes de 2009 : Les paysans indiens ou métis étaient, avant le régime politique militaire de gauche de 1968, des serfs vivant dans des latifundos, haciendas semi féodales. Les contremaîtres y avaient pratiquement le droit de vie ou de mort sur les hommes. Grâce à la réforme agraire, les terres furent redistribuées à ceux qui les cultivaient. Mais l’Indien, à juste titre craintif et méfiant, ne réalisa jamais son nouveau statut de liberté. En milieu rural, le symbole dessiné partout à la chaux sur les murs des fermes, restait l’image de Túpac Amaru, un Indien du XVIIIe siècle qui mena la première révolte de style guérilla. Tout dégénéra en 1980, quand “le camarade Gonzalo” prit la tête du Partido Comunista del Peru Sendero Luminoso, le “Sentier Lumineux”, d’obédience maoïste. Il fut capturé en 1992. Entre temps, l’armée péruvienne avait assassiné les Indiens paysans qui soutenaient les guéril­leros. Et ces derniers avaient assassiné les Indiens paysans soupçonnés de traitrise. On a compté 70 000 morts et disparus dans ces  affrontements et 50 000 orphelins. Parmi les victimes des massacres, la plupart était des paysans de langue Quechua, les “Indios” et / ou les “Serranos” (montagnards). Certains étaient des proches de nos artistes. Dans le Callejón de Huaylas, les musiques et chants n’ont jamais cessé d’être tristes.
F.J.  

“Boum Boum
Tintin : Quelle est donc cette musique ?
Capitaine Haddock : Vous appelez ça de la musique, vous ?
Boum Boum Boum Boum”
Hergé, Le Temple du soleil, 1949 

MUSIQUES ET CHANTS DU CALLEJÓN DE HUAYLAS 
1 – Ensemble “Flor de Mayo” de la province de Yungay, district de Casa Para, hameau de Huaraz Pampa.  Justaquio Tinco et Macedonio Pac Pac jouent tous les deux, et en même temps, flûtes (roncadores) et tambours ; Jose Calvo gratte une calebasse dentelée (huiro).   Instrumental : “WACUR WUETA” (musique quechua). 2’05
2  – Ensemble “Flor de Huascaran” de la province de Yungay, district de Ranrahirca, hameau de Arhuay.  Raymundo Cordero Placido à la harpe ; Aurelio Bambarin à la guitare ; Victor Dino Gonzales et Pablo Benito aux violons ; la vocaliste est Ercilia Calvo.  Chant : “CHO FERCITO ARHAYINO”. 2’40
3 – Ensemble “Cielo Ancashino de Raramayoc” de la province de Recuay, hameau de Pampa Cancha. Juan Morales au violon ; Narcisso et Agripina Palacios aux mandolines ; Maximo Flores Minaya à la guitare ; Picaflor Recuayino, vocaliste.  Chant : “ESCUCHA PRENDA QUERIDA”. 2’00
4 – Felipe Salazar et sa “harpa viajera”, de la province de Huaraz, district Olleros. Chant : “ORGULLO DE MUJER”. 4’00
5 – Ensemble “Los Ecos del Huascaran” de la province de Yungay, district de Mancos, hameau de Huaypan. Roman Islado Reyes (directeur du groupe), Paulino Paredes et Santiago Aravivar sont les trois violons ;  Andres Armey Reyes à la guitare.  Instrumental : “RIO BUIN”. 2’00
6 – Ensemble “Los Shacshas de Huaypan” de la province de Yungay, district de Mancos, hameau de Huaypan. Joaquim Islado Huancha à la quena (flûte andine) ; Marcos Tamara Cruz au violon ; Maximo Morales Chavez au tambour ; Victor Islado Morales, Julian Chavez Nope et Antonio Islado dansent en mesure avec des shacshas aux pieds (bracelets avec des grappes de graines).  Instrumental : “LLEGADA DE PLAZA”. 1’50
7 – Ensemble “Los Canarios de Paria” de la province de Huaraz, hameau de Paria. Alejandro Hallihuaman et Fanciles Valentin aux violons ; Julian Juka à la harpe ; Jose Patricio au rondin (harmonica) ; Fortunato Obregon au huiro (calebasse que l’on gratte à la façon d’un wash-board). Chanteuse : Florcita de Paria (14 ans). Chant : “EN EL SENO DE TU MADRE”. 2’50
8 – Ensemble “Tradicion Huaracina” et son groupe vocal “El Pajonal Ancashino”, de la province de  Huaraz, village de Huanchay. Carlos Mendoza et Maximilian Shuan aux mandolines ; Miguel Shuan à la quena ; Juan Castillo au violon ; Pantaleon Osorio et Teodoro Mota aux guitares ; Gloria Mendoza Mota (13 ans)  vocal.  Chant : “QUISE OLVIDARTE”. 1’35
9 – Ensemble “Jilgueros de San Isidro” de la province de Yungay, district de Casca Para, du hameau de San Isidro. Luis Infante Vargas et Pedron Pisan aux tambours ; Florencio Mendez et Eustaquio Tinco aux flûtes  (à cinq trous) ; Macedonio Pac Pac aux shacshas.  Instrumental : “MARIA Y LUISA”. 1’35
10 – Ensemble “Arbol Andino de Musho” de la province de Yungay, district de Mancos, hameau de Musho. Nestor Ramino et Alejo Soliz aux violons ; Adolfo Lino et Juan Coton aux mandolines ; Eluterio Luna, Domingo Capellan et Victor Huerta aux guitares ; Donato Yanac à la harpe ; Flor Andina de Musho, vocal.  Chant révolutionnaire : “MAL PAGADOR”. 2’45
11 – Ensemble “Flor de Huamarin” de la provinve de Huaraz, hameau de Huamarin. Fortunato Aguilar au  violon ; Pablo Yanac à la harpe ; Aniceto Aguilar à la guitare ; Fabian Cruz au rondin (petit harmonica) ;  Rafael Villanueva au flautin (petite flûte) ; Julian Ramirez au huiro (calebasse) ; Rosa Minaya, la sucenita (fleur) de Huamarin, vocal.  Chant : “EN EL CAMINO”. 2’03
12 – Ensemble “Duo Los Amigos” de la province de Recuay, district de Tica Pampa, hameau de Compina.  Eulegio Trujillo, guitare et vocal ; Publio Maypu au melodica (harmonica).  Chant : “SUS PENAS”. 2’00
13 – Ensemble “Colosal Andino de Huaraz” de la ville de Huaraz. Guzman Asencios à la guitare et à  l’harmonica ; Francisco Coca et Mariano Florco aux guitares ; Brigida Cinaco, vocal.  Chant : “NOCHE DE SOLEDAD”. 2’58
14 – Ensemble “Amor Ancashino” de la ville de Huaraz. Dario Cordoba, Benito Aguedo et Aguero Narciso aux guitares ; Lucas Tarazona et Francisco Flores aux mandolines ; Jacinto Ramirez et Norabuena Prudencio aux violons ; Emilio et Cena Huayani, vocaux.  Chant : “DE NOS AMORES”. 2’56
15 – Ensemble “Los Ecos del Huascaran” de la province de Yungay, district de Mancos, Hameau de Huaypan. Avec les frères Ramirez : Erasmo et Osorio aux violons ; Jorge à la mandoline ; Alejandro et Lucas aux  guitares avec Justino Duran à la guitare également.  Chant : “SEBADILLA”. 2’18
16 – Victor Depaz et sa harpe andine avec la chanteuse Vervenita Ancashina, de la province de Huaraz, du hameau de Vichay.  Chant : “ME GUSTAN TUS LABIOS ROJOS”. 3’00  

english notes
PERU
The Callejón de Huaylas
For thousands of years, men have lived in the Andes valley of death, constantly braving the inclement weather and the alluvia falling from the mountain. Earthquakes, followed by the avalanches of stones, of ice and water are part of the history of the Callejón de Huaylas. The narrow valley, bordered by gigantic mountain walls and in which the Santa River snakes its path, is situated between the Cordillera Blanca and its eternal snows, and the Cordillera Negra which is still green up to 6,000 meters of altitude. It is a centre of distant and diverse cultures rich in mysterious ruins, in frightening statues, in folkloric traditions and in supers­titions of the Pre-Inca period. And, as the everyday life is hard in this far off valley, the region has given rise to  numerous artistic vocations. Here are musics and songs collected in the mid-seventies by François Jouffa in the hamlets around Huaraz, the ‘Andist’ capital of Peru. May their purity be an enchantment to your ears. Patrick Frémeaux  The drums of Rascar Capac A visit in the ancient Inca Empire is not a leisurely walk, but it is doubtless one of the most rewarding experiences of a traveller’s life. Heading for the Black  Cordillera. Lima, the Coastal Longitudinal Road (between the Pacific Ocean and the desert), Hornillos, Pativilca, Chavín, Huaraz, Chancos, Yungay ... Sylvie Jouffa bore her Nikon around the neck, Sylvie Meyer asked questions in several languages and filled her pocket book with information, and I was connected to all sound sources. In the Callejón of Huaylas, a country with high rates of illiteracy and alcoholism, men suffer from the ungrateful land and are used to face up to illness and to death. The musics and songs of the region are just like its climate, cold and dry. The  presenters of Radio Huaraz were aware that the most isolated campesinos would regain their identity in and with the rhythms from before the Spanish conquest. Everyday, on the airwaves of this small local radio, they were asked to learn songs of their ancestors in order to interpret them in live. As well as their own new compositions, most often love songs. On Sunday mornings, small groups used to come down from their mountains, walking dozens of miles and carrying heavy sculptured harps. After they had greet their families who stayed up there, they would play in a studio of four feet square, intimated as they were, in front of a big microphone of the nineteen fifties. The melodies are tearing with melancholy. The violins shrilling, the harps mourning. The guitars, the mandolins, the flutes and the drums are tuned to the hymns of desolation. Adolescent girls with hard-looking eyes sing, their cheeks split by the cold are bright red. Bells tinkle at the ankles of dancers with cracked barefoot. They had  ingested corn alcohol, the frothy “chicha”, to warm the belly.  Before the 1968 leftist military regime, the Indians and the Métis peasants were serfs living in latifundos, semi- feudal haciendas, where the foreman had the right to life and death. With land reform, the fields were redistri­buted to those who cultivated it. But the Indian, rightly fearful and suspicious, never saw the reaching of freedom. In  rural areas, the symbol drawn everywhere with lime on the farmhouse walls remained the face of Túpac Amaru, an Indian of the XVIIIth century who led the first revolt. All degenerated in 1980 when “Comrade Gonzalo” took the head of Sendero Luminoso, “the Shining Path”, a Maoist organization in Peru. He was captured in 1992. Meanwhile, the Peruvian army had assassinated Indian peasants suspected of supporting the guerrilleros. And the  guerrilleros had assassinated the Indian peasants suspected of betrayal. There were 70 000 dead and missing  persons in this internal conflict and 50 000 orphans. The victims of the massacres were mostly “Indios” and  “Serranos” (mountain people). Relatives of our artists. In the Callejón of Huaylas, the musics and songs have  never ceased to be sad.  
François Jouffa, 1976-2009
© 2009 GROUPE FREMEAUX COLOMBINI SAS     

1 – Ensemble ‘Flor de Mayo’ from the province of Yungay, district of Casa Para, hamlet of Huaraz Pampa.  Justaquio Tinco and Macedonio Pac Pac both play together, and in the same time, flutes (roncadores) and drums; Jose Calvo scrapes an indented calabash (huiro) in the fashion of a skiffle washboard.  Instrumental: ‘WACUR WUETA’ (Quechua music). 2’05
2 – Ensemble ‘Flor de Huascaran’ from the province of Yungay, district of Ranrahirca, hamlet of Arhuay.  Raymundo Cordero Placido at the harp; Aurelio Bambarin at the guitar; Victor Dino Gonzales and Pablo Benito at the violins; the vocalist is Ercilia Calvo.  Song: ‘CHOFERCITO ARHAYINO’. 2’40
3 – Ensemble ‘Cielo Ancashino de Raramayoc’ from the province of Recuay, hamlet of Pampa Cancha. Juan Morales at the violin; Narcisso and Agripina Palacios at the mandolins; Maximo Flores Minaya at the guitar; Picaflor Recuayino, vocalist.  Song: ‘ESCUCHA PRENDA QUERIDA’. 2’00
4 – Felipe Salazar and his ‘harpa viajera’, from the province of Huaraz, district of Olleros. Song: ‘ORGULLO DE MUJER’. 4’00
5 – Ensemble ‘Los Ecos del Huascaran’ from the province of Yungay, district of Mancos, hamlet of Huaypan. Roman Islado Reyes (the band director), Paulino Paredes and Santiago Aravivar play the three violins; Andres Armey Reyes is at the guitar.  Instrumental: ‘RIO BUIN’. 2’00
6 – Ensemble ‘Los Shacshas de Huaypan’ from the province of Yungay, district of Mancos, hamlet of Huaypan. Joaquim Islado Huancha at the quena (Andean flute); Marcos Tamara Cruz at the violin; Maximo Morales Chavez at the drum; Victor Islado Morales, Julian Chavez Nope and Antonio Islado dance in time with  shac­­shas at their feet (anklets with a bunch of seeds).  Instrumental: ‘LLEGADA DE PLAZA’. 1’50
7 – Ensemble ‘Los Canarios de Paria’ from the province of Huaraz, hamlet of Paria. Alejandro Hallihuaman and Franciles Valentin at the violins; Julian Juka at the harp; Jose Patricio playing the rondin (small harmonica); Fortunato Obregon at the huiro calabash scraped as a wash-board. Singer: Florcita de Paria (14 years old).  Song: ‘EN EL SENO DE TU MADRE’. 2’50
8 – Ensemble ‘Tradicion Huaracina’ and its vocal group ‘El Pajonal Ancashino’, from the province of  Huaraz, village of Huanchay. Carlos Mendoza and Maximilian Shuan at the mandolins; Miguel Shuan at the quena (Andean flute); Juan Castillo at the violin; Pantaleon Osorio and Teodoro Mota at the guitars; Gloria Mendoza Mota (13 years old) lead vocalist.  Song: ‘QUISE OLVIDARTE’. 1’35
9 – Ensemble ‘Jilgueros de San Isidro’ from the province of Yungay, district of Casca Para, hamlet of San  Isidro. Luis Infante Vargas and Pedron Pisan at the drums; Florencio Mendez and Eustaquio Tinco at the flutes (with five holes), and Macedonio Pac Pac at the shacshas (anklets with a bunch of seeds).  Instrumental: ‘MARIA Y LUISA’. 1’35
10 – Ensemble ‘Arbol Andino de Musho’ from the province of Yungay, district of Mancos, hamlet of Musho. Nestor Ramino and Alejo Soliz at the violins; Adolfo Lino and Juan Coton at the mandolins; Eluterio Luna,  Domingo Capellan and Victor Huerta at the guitars; Donato Yanac at the harp; Flor Andina de Musho  vocalist.  Revolutionary song: ‘MAL PAGADOR’. 2’45
11 – Ensemble ‘Flor de Huamarin’ from the province of Huaraz, hamlet of Huamarin. Fortunato Aguilar at the violin; Pablo Yanac at the harp; Aniceto Aguilar at the guitar; Fabian Cruz playing the rondin; Rafael Villanueva at the flautin (small flute); Julian Ramirez at the huiro (calabash); Rosa Minaya, la sucenita (flower) de Huamarin vocalist.  Song: ‘EN EL CAMINO’. 2’03
12 – Ensemble ‘Duo Los Amigos’ from the province of Recuay, district of Tica Pampa, hamlet of Compina.  Eulegio Trujillo at the guitar and vocalist; Publio Maypu at the melodica (harmonica).  Song: ‘SUS PENAS’. 2'00
13 – Ensemble ‘Colosal Andino de Huaraz’ from the city of Huaraz. Guzman Asencios at the guitar and at the harmonica; Francisco Coca and Mariano Florco at the guitars; Brigida Cinaco vocalist.  Song: ‘NOCHE DE SOLEDAD’. 2'58
14 – Ensemble ‘Amor Ancashino’ from the city of Huaraz. Dario Cordoba, Benito Aguedo and Aguero Narciso at the guitars; Lucas Tarazona and Francisco Flores at the mandolins; Jacinto Ramirez and Norabuena  Prudencio at the violins; Emilio and Cena Huayani vocalists.  Song: ‘DE NOS AMORES’. 2'56
15 – Ensemble ‘Los Ecos del Huascaran’ from the province of Yungay, district of Mancos, hamlet of Huaypan. With the five brothers Ramirez: Erasmo and Osorio at the violins; Jorge at the mandolin; Alejandro and  Lucas at the guitars; with Justino Duran at the guitar as well.  Song: ‘SEBADILLA’. 2'18
16 – Victor Depaz and his Andean harp with the female singer Vervenita Ancashina, from the province of  Huaraz, hamlet of Vichay.  Song: ‘ME GUSTAN TUS LABlOS ROJOS’. 3'00      

Production and direction: François JOUFFA
Recordings: December 1975
Field research: Sylvie MEYER • Photography: Sylvie JOUFFA
English translation: Tony CRAWLEY and Susie JOUFFA.
Editing and mastering in 2008: Art & Son studio in Paris, France, by Alexis FRENKEL.
Artistic and Technical advisors in 2009: Alexis JOUFFA & Benjamin GOLDENSTEIN.
With thanks to the presenters of Radio Huaraz who have encouraged the vernacular music  as a medium of the cultural revolution. 

CD PÉROU CORDILLÈRES NOIRE ET BLANCHE © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Flor De Mayo - Ensemble Flor de Mayo02'03
02 Flor De Huascaran - Ensemble Flor de Huascaran02'39
03 Cielo Ancashino De Raramayoc - Ensemble Cialo Ancashino de Raramayoc01'59
04 Felipe Salazar - Felipe Salazar03'59
05 Los Ecos Del Huascaran - Ensemble Los Ecos del Huascaran01'59
06 Los Shacshas De Huaypan - Ensemble Los Schacsas de Huaypan01'46
07 Los Canarios De Paria - Ensemble Los Canarios de Paria02'47
08 Tradicion Huaracina - Ensemble Tradition Huaracina01'35
09 Jilgueros De San Isidro - Ensemble Jilgueros de San Isidro01'37
10 Arbol Andino De Musho - Ensemble Arbol Andino de Musho02'44
11 Flor De Huamarin - Ensemble Flor de Huamarin02'01
12 Duo Los Amigos - Ensemble Duo Los Amigos02'01
13 Colosal Andino De Huaraz - Ensemble Colosal Andino de Huaraz02'57
14 Amor Ancashino - Ensemble Amor Ancashino02'56
15 Los Ecos Del Huascaran - Ensemble Los Ecos del Huascaran02'16
16 Victor Depaz - Victor Depaz02'59
« Entraînant, envoûtant … » par Fow

…Ces airs propres aux cordillères sont tour à tour entraînants, envoûtants, témoins encore vivants d’une tradition séculaire et d’un patrimoine folklorique à préserver à tout prix.
Par FOW