FRANCE DE L’OUEST (1956 - 2006)

UNE ANTHOLOGIE DES MUSIQUES TRADITIONNELLES

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Nombre de CDs : 1


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FA5262

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France de l'Ouest : Normandie, Perche, Maine, Anjou, Poitou, Saintonge, Angoumois.

Ce disque regroupe des enregistrements de musiques traditionnelles collectées in situ tout au long du XXe siècle. L’édition a été réalisée dans le cadre du travail muséographique de Guillaume Veillet (collecteur et ancien rédacteur en chef de Trad Magazine), pour diffuser au public un panorama des musiques traditionnelles de France. Il fait partie d’une collection de 10 CDs, organisés par zones géographiques destinés à témoigner de l’apport populaire à l’histoire et à l’actualité de notre patrimoine culturel et artistique.
Patrick Frémeaux

This record was produced in the context of the museum work of Guillaume Veillet (a collector and former editor of Trad Magazine), so as to make available to the public a broad panorama of French traditional music. It is one of a collection of 10 CDs, divided geographically by region, that aim at documenting popular contributions to the history and contemporary nature of our cultural and artistic heritage.
Benjamin Goldenstein


1. Il est arrivé en Paris - 2. Mazurka-Java - 3. Avant-deux gavotté - 4. Avant-deux du bocage - 5. Mais tout autour de ma patrie (Les petits novices) - 6. Scottish de sept - 7. Appel de labour ou “raudage” - 8. Quand je tiens la bride de mon cheval - 9. Récit : “Je vais vous dire ma vie” - 10. Sur le pont d’Avignon (La chanson des oreillers) - 11. La violette double (branle de Noirmoutier) - 12. J’ai une pomme dans mon panier (Marche de noces) - 13. Buvons à la santé d’un Prince - 14. Suite de branles maraichins - 15. Air de maraichine - 16. Il y a plus que dix filles dans un pré (Grand’danse) - 17. Nous voilà bien du monde ici (rond) - 18. Je m’en fus trouver ma maîtresse - 19. Un jour un jour m’y prend envie - 20. La chevallereau - 21. Le roi Renaud revint de guerre - 22. Ensemble de tintenelles a la sortie de la messe - 23. Bal de Saintonge - 24. Les garçons sont trompeurs - 25. Pas d’été - 26. Dedans la ville de plaisantement - 27. La marchoise - 28. Ce sont trois jeunes marins - 29. Sirènes lors du pardon des terre-neuvas - 30. Ce sont trois galions d’Espagne - 31. La bébé (polka).

Droits : Frémeaux & Associés - Groupe Frémeaux Colombini SAS. Avec le soutien de la SACEM, en accord avec les interprètes, les collecteurs, ou leur successions et avec le concours de la FAMDT, le MuCEM, Trad Magazine, la SACEM, la BnF, Dastum, Dastum Bro Leon, Dastum 44, le GCBPV, L’Epille, UPCP-Métive/CERDO, La Loure, Arexcpo, Berluette, Arès, Ellébore, la Bibliothèque nationale de France, l'AMTA, le CRMTL, les Archives Départementales du Cantal, Mémoires Vives, UCPS, Thiaulins de Lignières, le Conservatoire Occitan, La Talvera, Menestrers Gascons, l'Institut Culturel Basque, l’Institut Occitan, l’AMTP du Quercy, le CMTRA, la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, le Musée Dauphinois, le CIMP, la Phonothèque Nationale Suisse, Terres d’empreintes, le Centre d’Etudes Francoprovençales René Willien, le Musée de la Corse, l’INA, Voce, la Collectivité Territoriale de Corse, le CADEG, Takamba, le PRMA, ADCK, Rèpriz, les Archives de folklore et d’ethnologie de l’Université Laval, le Centre d’Etudes Acadiennes Anselme Chiasson, le Centre Franco-Ontarien de Folklore, Archives of Cajun and Creole Folklore.

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France de l'Ouest livret

France de l’Ouest
Normandie, Perche, Maine, Anjou, Poitou, Saintonge, Angoumois
Enregistrements réalisés entre 1956 et 2006










Ce disque propose une sélection de chansons et airs instrumentaux collectés dans les anciennes provinces de l’Ouest de la France (sauf la Bretagne qui fait l’objet d’une publication à part). Cet espace très vaste (de la Normandie à la Saintonge, en passant par le Poitou, le Maine et l’Anjou) présente des caractéristiques culturelles communes : on y parlait les langues d’oïl (telles que le parlhanje en Poitou). Au niveau instrumental, cette zone est marquée par le violon, concurrencé au cours du XXe siècle par l’accordéon. Par ailleurs, les trois grandes familles de danse sont représentées dans cette aire géographique. On y a en effet recueilli des danses en chaîne d’un fonds ancien, comme par exemple le rond du Pays de Caux, la grand’danse en Vendée ou les rondes de Noirmoutier et Yeu, mais aussi des contredanses (l’avant-deux en est une forme locale) et de nombreuses danses de couple. La plupart des Français à s’être installés en Amérique du Nord au XVIIe et XVIIIe siècles venaient des provinces de l’Ouest. Les traces de ce cousinage ancien se retrouvent dans les chansons recueillies au Canada français, venues de l’autre côté de l’océan.

- Pour chaque morceau sont indiqués, à la suite du titre : l’interprète, l’instrument pratiqué, la date et le lieu d’enregistrement, ainsi que le nom du collecteur. Il a également été choisi de préciser le département, et donc de respecter le découpage administratif actuel. D’autres choix auraient été possibles, du fait de la superposition en France de divers référents territoriaux et aires culturelles : terroirs ou “pays”, anciennes provinces, régions…
- Pour une identification plus précise de la provenance de chaque extrait (fonds d’archives, publications précédentes), ainsi qu’un minutage précis, on se reportera en fin de livret, à la rubrique Provenance des enregistrements.
- En ce qui concerne les titres dans une langue autre que le français, il a été choisi de respecter la graphie de la source d’origine (publication antérieure, référencement dans le centre d’archives).
- On trouvera sur le site Internet www.fremeaux.com le texte intégral des chansons, ainsi que l’identification de celles-ci dans le Répertoire des chansons françaises de tradition orale Coirault-Delarue et le Répertoire du patrimoine ethnomusicologique RADdO-Ethnodoc (http://www.raddo-ethnodoc.com/)

1. Il est arrivé en Paris
André Vivier (chant)
Enregistré en septembre 1962 à Geneslay (Orne) par Monique Brandily.
De nombreuses chansons à la gloire de Napoléon Bonaparte ont circulé au cours du XIXe siècle et sont entrées dans l’oralité, sans être pour autant des chansons traditionnelles proprement dites. Celle-ci est interprétée par M. Vivier, bon chanteur qui était également un conteur connu dans sa communauté.  

Il est arrivé en Paris un vaisseau qui nous a surpris
Un vaisseau qui nous a surpris en arrivant sur Seine
Nous rapportant quelques débris de l’île de Sainte-Hélène. (bis)

Ces débris sont un testament fait par Napoléon le grand
Fait par Napoléon le grand à son dernier soupir
Il renvoya son testament aux napoléonistes. (bis)

Son testament fut visité et partagé aux héritiers.
Le prince de Joinville a remporté la redingote grise,
La redingote et les boutons qui font trembler les opinions. (bis)

Ceusses qu’ont trahi Napoléon se frappent la poitrine
Et ils demandaient encore tous pardon aux napoléonistes. (bis)

Souvenez-vous du p’tit chapeau qui n’a jamais tourné le dos
Il n’a jamais tourné le dos, il a toujours fait face :
“Mes soldats et mes généraux, j’ai gagné la bataille !  (bis)

Je veux qu’Napoléon mon n’veu soit monté sur son cheval bleu
Pour s’en aller au champ, sonner, sonner sa vaillance
Et regagner le Mont Saint-Jean, la perte de la France.” (bis)

non répertoriée par Coirault ; un couplet avec l’air noté est dans Millien , I (1906), p. 318. 
RADdO : EA 06354.


2. Mazurka-java
Jules Clouhet (accordéon diatonique) et Eugène Heulin (trompette)
Enregistrés en juillet 1982 à Fontaine-Couverte (Ma­yenne) par François Redhon pour l’association “Recher­che et Sauvegarde des coutumes Mayennaises”.
Au moment où ils ont été enregistrés, ces deux musiciens avaient l’habitude de jouer ensemble pour faire danser leurs amis du club du 3e âge. Tous deux s’étaient formés “de routine” (d’oreille) à l’accordéon diatonique dans leur jeunesse, mais M. Heulin avait par la suite appris la musique au régiment et était devenu trompettiste d’harmonie. 

3. Avant-deux gavotté
Emile Boublin (chant)
Enregistré en mai 1986 à Candé (Maine-et-Loire) par Denis Le Vraux et Ellébore.
L’avant-deux est une adaptation populaire d’une figure de quadrille. Celui-ci est “gavotté”, donc mené à la bouche, par Emile Boublin (né en 1913). 

4. Avant-deux du bocage
François Jobard (violon) / Auguste Billaud (accordéon diatonique)
Enregistrés le 10 juin 1984 au château de Landebaudière à La Gaubretière (Vendée) par l’association Berluette, lors d’une fête des musiciens traditionnels.
L’avant-deux était une danse répandue dans le bocage vendéen. Au début des années 1980, l’association Berluette, entre autres, avait pu rencontrer de nombreux musiciens l’ayant fait danser. Parmi eux, le violoneux François Jobard de Saint-Martin-des-Tilleuls (1908-1985) et l’accordéoniste Auguste Billaud des Epesses (1904-1998), qui avaient tous deux appris la musique d’oreille.  

5. Mais tout autour de ma patrie (Les petits novices)
Madeleine Ducept (chant)
Enregistrée en 2000 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) par Josiane Blandin pour l’A.R.Ex.C.Po.
Beaucoup de chansons, dans la tradition, évoquent le retour du soldat après plusieurs années de guerre. Ce qu’il découvre en rentrant chez lui varie selon les versions : bien souvent, on le croyait mort et sa femme s’est remariée. Ici, l’issue est plus heureuse.

Mais tout autour de ma patrie,
Mais tout autour d’un vert buisson,
J’ai rencontré deux p’tits novices
Qui gardaient cinq à six moutons. (bis)

Je leur ai dit : “Mes p’tits mignons,
Vot’ papa est-il à la maison ?” (bis)
“Mon bon monsieur, vous pouvez croire
Que de papa nous en avons pas.

Il y a douze ans qu’il est parti,
Qu’il est parti mais pour la guerre.
Il y a douze ans qu’il est parti,
Nous n’avons jamais vu parler de lui.” (bis)

J’ai bien connu à cette parole
Que ç’la était mes p’tits enfants.
De crainte de leur faire de la peine,
J’m’en suis n’allé tout droit à la maison.

J’ai rencontré ma mie charmante,
C’est elle qui m’a fait tant de peine.
J’ai rencontré ma mie charmante,
Celle que j’ai quittée en partant. (bis)

“Ah, de bonjour ma bonne dame,
Je crains la pluie, je crains l’orage,
Prêtez-moi donc votre maison.
De toute part, oh logez-moi,
Nous vous paierons tout c’qu’il faudra.” (bis)

“Mon bon monsieur vous pouvez croire,
Que d’vous loger, nous n’pouvons pas.
Avancez-y trois pas plus bas,
Les voisins n’vous refuseront pas.” (bis)

J’ai mis mon p’tit paquet au bas,
Je m’suis assis dans une chaise,
J’ai pris ma femme entre mes bras,
Encore elle m’y connaissait pas. (bis)

“Cessez vos rires, vos badinages,
Je m’écrierai au voisinage,
Cela sera pitié de vous.” (bis)

“T’en souviens-tu ma douce amie
D’la marque que j’avais au pied droit.
C’était une envie de raisin,
A présent tu le vois donc bien.” (bis)

“Mais reste ici, avant dix heures,
Tu y verras deux p’tits novices,
Tous deux jumeaux et tous deux frères,
Portant le nom de Louis Guerrier.
Ç’la m’a été tant révoqué,
Qu’j’en ai le cœur tout enflammé.” (bis) 

Coirault : 5304 La tache de raisin.
RADdO : EA 05304.


6. Scottish de sept
Pierre Boustière de La Loupe (Eure-et-Loir) (accordéon chromatique)
Enregistré en février 2004 au studio Les Héliades d’Hap­ponvilliers (Eure-et-Loir) par Jean-François Leroux.
Le Perche, ancienne province aux confins du Maine, de la Normandie et de l’Orléanais, était un terroir de violoneux. M. Boustière, né en 1944 à Saint-Victor-de-Buthon, est le petit-fils d’un de ces musiciens de routine, M. Hée. Il aime jouer à l’accordéon chromatique quelques morceaux du répertoire de son grand-père, dont cette scottish bien connue. 

7. Appel de labour ou raudage
Léonce Létang (chant)
Enregistré le 25 mars 1972 à Fressines (Deux-Sèvres) par André Pacher et André Morisson dans le cadre d’un stage OSTOP (Opération Sauvetage de la Tradition Orale Pay­sanne) avec la Marchandelle.
Les appels de labour sont connus en Poitou sous le nom de raudages. Ils servent à encourager le travail des animaux de traits, les bœufs principalement, et peuvent donner lieu à d’étonnantes performances vocales. M. Létang est enre­gistré ici en situation, menant un attelage de 6 vaches.

Coirault : 6403 Arondage, briolage.
RADdO : EA 0738.


8. Quand j’tiens la bride de mon cheval
Joseph Grellard (chant)
Enregistré le 18 février 1975 à Clazay (Deux-Sèvres) par André Pacher et Jany Rouger lors d’une veillée organisée par l’ARCUP.
Voici un chant dont la forme du refrain rappelle les techniques de raudage (voir piste précédente). Plusieurs des informateurs (tous issus de la même famille) qui l’avaient à leur répertoire l’appelaient d’ailleurs “chant à rauder”, même si l’on peut imaginer qu’il n’a jamais été interprété dans un contexte de travail avec des bœufs. C’était l’un des  préférés de Joseph Grellard, grand chanteur poitevin. Il avait l’habitude de l’interpréter avec l’un de ses cousins, absent le soir de cet enregistrement. C’est donc l’un des collecteurs, Jany Rouger (son neveu par alliance), qui lui répond sur le refrain.

Quand j’tiens la bride de mon cheval, (bis)
Pour aller voir ma mie, oh dé, oh do
Pour aller voir ma mie.

J’étais à peine demi-rendu, (bis)
Que mon cheval s’arrête, oh dé…

Tournez la tête de côté, (bis)
J’ai vu ma mie en danse.

Aussitôt qu’la belle m’a t’aperçu, (bis)
Son petit cœur soupire.

“Qu’avez-vous belle à soupirer ? ”(bis)
“J’ai perdu ma ceinture.

Si ma ceinture était en argent, (bis)
Pour moi elle serait bien rendue.

Mais ma ceinture elle est en or, (bis)
Pour moi elle sera bien perdue.”

pas au répertoire Coirault.
RADdO : EA 06355. 


9. Récit : “Je vais vous dire ma vie”
Providence Bouteau dite “Maguesite” (voix)
Enregistrée dans les années 1960 à La Fosse, Barbâtre, île de Noirmoutier (Vendée) par André Pacher.
La porte de “Maguesite”, à La Fosse sur l’île de Noirmoutier, était toujours ouverte pour le visiteur. Elle fut une informatrice précieuse pour de nombreux enquêteurs, aussi bien sur les traditions orales que sur la vie rurale. 

10. Sur le Pont d’Avignon (La chanson des oreillers)
Providence Bouteau dite “Maguesite” (chant)
Enregistrée le 10 juin 1956 à La Fosse, Barbâtre, île de Noirmoutier (Vendée) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
Issue du très riche répertoire de “Maguesite”, cette chanson était interprétée le lendemain du mariage, quand famille et amis venaient s’enquérir du sort de la mariée à l’issue de la nuit de noces.

Sur le pont d’Avignon, j’entends chanter la belle
Qui dans son chant chantait une chanson nouvelle :
“J’ai perdu mes amours, je ne sais où les prendre
A Paris ou à Tours dedans ces vastes plaines.”

Sont trois petits pigeons qui ont pris leur volée.
L’ont prise si haut si bas, la grand mer ont passée.
Sur le logis du roi, ils se sont reposés.
De sur la table du roi ils ont pris leur bêchée.

De sur le lit du roi, ils ont «pond » leur couvée.
Ceux qui la trouveront gagneront bonne journée
Gagneront cent francs par jour et en plus la nuitée.
“Ouvrez la porte, ouvrez, nouvelle mariée !”

“Comment je l’ouvrirai-je, je suis au lit couchée
Et mon mari aussi qui m’y tient embrassée
M’y tient et m’y tiendra le long de la nuitée.”
“Ouvrez la porte, ouvrez, nouvelle mariée !”

“Vous y viendrez demain dans la mi-matinée
Mon mari n’y s’ra pas, il s’ra t’à sa journée.”
“Ouvrez la porte, ouvrez, nouvelle mariée !”

Coirault : 5217 Chanson des Oreillers. RADdO : EA 00962.
  
11. La Violette double (branle de Noirmoutier)
Julien Saupault (accordéon et chant), Joseph-Gabriel Boucard et André Raimondeau (chant) 
Enregistrés le 11 juin 1956 à l’Epine, île de Noirmoutier (Vendée) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral (MNATP), lors de la Noce Gendron-Bouchereau.
Musicien et chanteurs mènent la danse lors d’une noce sur l’île de Noirmoutier dans les années 1950. 

La violette double,
Doublons-la, ladérira
Le vent la dédoublera.

RADdO : EA 00691.


12. J’ai une pomme dans mon panier (marche de noces)
Louis Le Bellanger de Montreuil-sur-Lozon (Manche) (violon et chant)
Enregistré en 1989 chez Alice Boissel à Saon (Calvados) par Pierre Boissel.
Louis Lebellanger (1912-2000) était un violoneux emblématique du Centre Manche. Après avoir animé des noces dans les années 1930, il avait repris son instrument dans les années 1970 au contact des jeunes collecteurs du mouvement folk… allant même jusqu’à participer à un festival à Washington aux Etats-Unis, en 1989, avec d’autres musiciens de l’Ouest de la France. Il interprète ici, s’accompagnant au violon, un chant énumératif qui lui servait à mener le cortège de noce.

J’ai une pomme dans mon panier
Marguerite en veux-tu  ?
(bis)

Si tu savais comme elles sont bonnes
Marguerite en veux-tu d’mes pommes
Marguerite en veux-tu ?
(bis)

J’ai deux pommes… 

Coirault : 10117 Les dix pommes dans la poche.
RADdO : EA 05622.


13. Buvons à la santé d’un prince
Yvonne Hamel (chant)
Enregistrée en 1983 à la Bigne (Calvados) par Anne Piraud.
Mme Hamel reste l’une des meilleures chanteuses enre­gistrées en Normandie. A plus de 80 ans, elle n’avait rien perdu de son art. Son style était marqué par de nombreuses ornementations et variations mélodiques.

Buvons à la santé du prince, buvons à la santé du roi,
Quand  je la vois ma mignonnette, mon petit cœur est toujours gai. (bis)

Quand je suis assis à ma table ronde, ma mignonnette sur mes genoux,
Je lui dis tout bas à l’oreille : “Ma mignonnette, embrassons-nous !” (bis)

“Comment veux-tu que je t’embrasse, l’on dit que tu vas me quitter
Pour t’en aller donc à la guerre, sur le Piémont, servir le roi.” (bis)

“Ah il faut bien que je m’y en aille puisque le roi m’l’a commandé,
Mais ce n’est pas pour nous y battre, mais c’est seulement pour nous venger.”(bis)

Nous ne fumes pas à demi-campagne qu’il me vint une pensée,
Dieu m’envoya la voix d’une ange que ma maîtresse était fiancée. (bis)

Si elle est fiancée que vais-je faire ? Si elle est mariée où vais-je aller ?
Là-haut, là-bas sur ces montagnes, au pied d’une arbre à soupirer. (bis)

J’y ai tant pleuré, versé des larmes, que les ruisseaux en ont coulé.
Petits ruisseaux, grandes rivières, tous nos moulins sont entrainés. (bis)

Les filles sont comme la lune, elles sont sujettes au changement,
Mais les garçons n’sont pas de même, car ils les aiment bien tendrement. (bis)


Coirault : Cette chanson est faite par l’association de plusieurs thèmes parmi lesquels on retrouve ceux présents dans :
3008 Le portrait (le départ pour le Piémont, les larmes qui font tourner les moulins). RADdO : EA 00202.
3104 La vivandière qui préfère  un officier (les filles sont comme la lune). RADdO : EA 02532.
2606 Réveillez-vous belle endormie I (le galant délaissé qui se retire dans les montagnes). RADdO : EA 02480. 


14. Suite de branles maraîchins
Albert Averty, Jacques Pineau et Etienne Véronneau (chant)
Albert Averty et Jacques Pineau enregistrés en 2003  au Perrier (Vendée) par Jean-Pierre Bertrand pour l’A.R.Ex.C.Po et Etienne Véronneau enregistré en 1957 à Saint-Gervais (Vendée) par Jean Challet.
La maraîchine est, comme son nom l’indique, une danse du Marais Breton-vendéen. Elle était appelée “courante” par les anciens et se dansait sur des “branles” (petits refrains chantés). En voici une savoureuse sélection, à ne pas mettre entre toutes les oreilles  !

Pille pille ma routoutou
Maroutou maroupille touderatou
(bis)

Touzeratou maroutou maroupille
Touzeratou maroupillétou
(bis)

Y’ations quatre à biner ma chatte
Y’ations cinq à la démêler
(bis)

Au bout dou four a l’avait grand pour
Et au bout dou têt a l’avait grand fret


Mon père bitait ma mère
Moi y bito la chambrère
S’y’avions poué tcho p’tit bout qui pend
Y pourrions pas biter les feuilles
S’y’avions poué tcho p’tit bout qui pend
Y pourrions pas biter tout l’temps


Trou du cul de quoi te plains-tu
N’es-tu pas bien dans l’allée de mes fesses
Trou du cul de quoi te plains-tu
N’es-tu pas bien dans l’allée de mon cul
N’es-tu pas bien dans l’allée de mes fesses
N’es-tu pas bien dans l’allée de mon cul

Tout l’long du bois j’ai baisé Angèle
Tout l’long du bois j’ai baisé trois fois
(bis)
Si ma casquette n’était pas tombée
La quatrième passait comme les autres
Si ma casquette n’était pas tombée
La quatrième y aurait bien passée
Pile pile mes routoutou
Mes routou, ma roupille touderatou


Tu auras tout ma routou ma roupille
Tu auras tout ma roupille et tout
RADdO : EA 06356.
 
Nous étions quatre à peigner ma chatte
Nous étions cinq à la démêler


Au bout du four elle avait grand peur
Et au bout du toit elle avait grand froid
RADdO : EA 00092.

Mon père bitait ma mère
Moi je bitais la chambrière
Si nous n’avions pas ce petit bout qui pend
Nous ne pourrions pas biter les filles
Si nous n’avions pas ce petit bout qui pend
Nous ne pourrions pas biter tout le temps
RADdO : EA 00089.








RADdO : EA 00107.







RADdO : EA 00731.


15. Air de maraîchine 
Gustave Mandin (vielle à roue et chant) et Michel Kerboeuf (vielle à roue)
Enregistrés en avril 1984 à Deviat (Charente) par Jean-Loïc Le Quellec.
M. Mandin, installé en Charente, était originaire de la Mothe-Achard, en Vendée. Il avait appris la vielle à la suite de son père Auguste, et avait eu l’occasion d’en jouer lors de battages ou dans les bals de noces. Un drame familial lui avait par la suite fait délaisser l’instrument. Il s’y était remis à l’occasion de sa rencontre avec de jeunes musiciens, dont Michel Kerboeuf qui l’accompagne ici sur cet air de maraîchine (du répertoire de son père Auguste Mandin).

J’ai usé mes souliers belle
Tout en allant t’y faire l’amour
Pourquoi les usais-tu
Marchais-tu pas sur l’herbette
Pourquoi les usais-tu
Marchais-tu pas à pieds nus ?

RADdO : EA 01304.


16. Il y a plus que 10 filles dans un pré (grand’ danse)
Maria Arnaudeau (chant)
Enregistrée le 24 avril 1983 au Foyer Logement de La Garnache (Vendée) par l’association Berluette.
Maria Arnaudeau (1915-1991), agricultrice à Châteauneuf puis à La Garnache, était une chanteuse réputée, réclamée notamment pour les mariages. Elle mène ici à la goule une grand’danse, autre danse emblématique du Marais vendéen, apparentée au fonds ancien de branles.

Y a plus que dix filles dans un pré (bis)
Et y avait Pint
Et y avait Mint
Et y avait Serpe et serpolet
Et celle qui joue aux épinettes
Et y avait Irène
Celle que mon coeur aime. 

Coirault : 1813 Les dix filles dans un pré.
RADdO : EA 00008.


17. Nous voilà bien du monde ici (ronde)
Monsieur Bourdet (chant)
Enregistré en mai 1979 à Saint-Pierre-en-Port (Seine-Maritime) par Michel Colleu lors d’une veillée.
La “danse aux trois pas”, pour reprendre l’expression locale, était la seule ronde pratiquée à Saint-Pierre-en-Port, aux environs de Fécamp. Monsieur Bourdet, alors âgé d’environ 80 ans, mène la danse en chantant, avec les réponses de l’assemblée.

Nous voilà bien du monde ici
Nous voilà bien du monde là
(bis)
Celui que j’aime n’y est pas
Ma charmante brunette

Mon petit coeur n’est pas à moi
Il est à ma maîtresse

Car je le vois venir là-bas

De sur son cheval noir et blanc

A sa main droite tient un gant blanc

Et de l’autre un étui d’argent

Mes amourettes y sont dedans

Elles y sont bien étroitement

Mais elles y sont plus largement

Depuis Paris jusqu’à Rouen

Et de Rouen jusqu’à Fécamp.

Coirault : 7201  Le galant aux gants blancs.
RADdO : EA 03128.


18. Je m’en fus trouver ma maîtresse
Denise Sauvey (chant)
Enregistrée en 2006 à Le Theil (Manche) par Yvon Davy pour l’association La Loure.
Mme Sauvey, née en 1939 dans le Cotentin, est détentrice d’un riche répertoire familial qu’elle transmet aujourd’hui lors de nombreux stages et veillées. Cette chanson est connue et très répandue dans tout le domaine français, souvent sous l’incipit Réveillez-vous belle endormie.

Je m’en fus trouver ma maîtresse (bis)
Vers les onze heures à la minuit, par la fenêtre de son lit. (bis)

“Mignonne, mignonne, dormez-vous ? (bis)
Si vous dormez, réveillez-vous, c’est votre amant qui parle à vous.” (bis)

“Non, non, je n’dors ni je sommeille (bis)
Toutes les nuits je pense à vous, mon cher amant, marions-nous.” (bis)

“J’en parlerai donc à ton père (bis)
Et à ta mère, si elle veut, nous nous marierons tous les deux.” (bis)

“Bon paysan, donne-moi ta fille !” (bis)
“Elle est trop jeune, elle n’a qu’ quinze ans, faites l’amour en attendant” (bis)

“Non, non, l’amour je n’puis la faire, (bis)
Je l’ai faite deux ans passés et je trouve que c’est bien assez ! (bis)

Je m’en irai sur ces montagnes, (bis)
Sur ces montagnes, sur ces rochers, pour y pleurer mon temps passé.” (bis) 

Coirault : 4710 Réveillez-vous belle endormie III (La supplique nocturne).
RADdO : EA 02751.


19. Un jour un jour m’y prend envie
Pierre Burgaud (chant)
Enregistré le 22 avril 1977 à Orouët, commune de Saint-Jean-de-Monts (Vendée) par John Wright et Catherine Perrier.
Cette chanson est en quelque sorte le “côté obscur” de la précédente, avec laquelle elle partage quelques vers. Cette tragique complainte d’un galant tuant sa maîtresse faisait partie du répertoire de Pierre Burgaud (1898-1993), grand chanteur vendéen que Catherine Perrier et John Wright avaient rencontré par l’intermédiaire de Francine Lancelot, puis abondamment enregistré pendant de nombreuses années.

Un jour un jour m’y prend envie
De ma maîtresse la faire mourir

La faire mourir de ci de loin
Que ses parents le sauriont point.
(bis)

Pris le cheval de mon père
Son pistolet, ses forniments

Tout droit m’en suis n’allé
Droit à la porte à ma bien aimée.
(bis)

Si vous dormez belle endormie
Belle endormie si vous dormez

Si vous dormez réveillez-vous
C’est votre amant qui parle à vous.
(bis)

Ah ni je dors ni je sommeille
Toute la nuit je pense en vous

Toute la nuit je pense en vous
Mon bel amant rapprochez-vous.
(bis)

Veux-tu venir belle Louise
Que nous allions voir nos amis

Que nous allions voir nos amis
Pour ne plus rev’nir au pays.
(bis)

Et je l’ai pris par sa main blanche
De sur ma selle je l’ai montée

Tenez-vous bien belle Louison
Je veux piquer de l’éperon.
(bis)

Le bon cheval noir comme un nègre
Et comme un lion désechaîné

Il s’élancit sans s’arrêter
Jusqu’au milieu de la forêt.
(bis)

Là c’est ici belle Louise
Là c’est ici qu’il faut mourir !

Mon bel amant si j’ai grand tort
Donnez-moi le coup de la mort !
(bis)

La belle a mis le pied par terre
Le coeur tremblant, les larmes aux yeux

Il la frappit si durement
Que la belle a perdu le sang.
(bis)

La belle avait trois petits frères
Le l’ont cherchée, l’ont point trouvée

Le l’ont cherchée, l’ont point trouvée
La belle est morte et enterrée.
(bis) 

Coirault : 9804 L’amoureux de la servante.
RADdO : EA 00132.


20. La Chevallereau
Les Echos du Val d’Yon : Sylvie Perrocheau et Jean-Paul Batiot (trompes premières), Luc Guigne et Michel Nicolleau (trompes secondes), Bernard Soubeyran (trompe seconde / chant soliste) et Gilles Mériau (trompe basse)
Enregistrés en 1992 à La Roche-sur-Yon (Vendée) pour l’A.R.Ex.C.Po.
Les ensembles de trompes de chasse, apparentés au milieu de la vénerie (mais pas forcément composés de chasseurs), sont nombreux en Vendée. Le groupe des Echos du Val d’Yon, comme tous ses collègues, utilise cette méthode particulière d’apprentissage des sonneurs de trompe. Pour se familiariser avec un air, les musiciens l’interprètent d’abord à la voix, en polyphonie, avec les différentes parties (premières, secondes et basse). Ce n’est que lorsqu’ils le maîtrisent parfaitement au “la la la” qu’ils peuvent le jouer avec leurs instruments.  

21. Le roi Renaud revint de guerre
Eva Burgaud (chant)
Enregistrée le 24 octobre 1991 à Saint-Gervais (Vendée) par Pierre Guillard.
Cette histoire d’une femme nouvellement accouchée, à qui l’on veut cacher la mort de son mari, est chantée ici par Eva Burgaud (1908-1999). Cette interprète vendéenne au riche répertoire a suscité l’attention de nombreux collecteurs.

Le roi Renaud revint de guerre, vain,
Portant ses tripes dans ses mains.
Sa mère qu’était sur le créneau
A vu venir  le roi Renaud.

“Renaud, Renaud, réjouis-toi,
Ta femme est accouchée d’un roi.”
“Ni de la femme ni du fils
Je ne saurai me réjouir.

Ma mère, ma mère, allez devant,
Préparez-moi un beau lit blanc.
Pas longtemps j’y demeurerai,
Dans la nuit je trépasserai.

Faites-le moi faire ici bas,
Que l’accouchée n’entende pas.”
Et quand ce fut sur les minuit,
Le roi Renaud rendit l’esprit.

Et quand ce fut le matin jour,
Que les valets pleuraient toujours,
Ce ne fut l’heure du déjeuner,
Que les servantes ont pleuré.

“Dites-moi ma mère, ma mie,
Que nos valets pleurent ici ?”
“Ma fille en baignant nos chevaux,
Ont laissé noyer le plus beau.”

“Dites-moi ma mère, ma mie,
Pour un cheval pleurer ainsi,
Quand le roi Renaud reviendra,
Plus beaux chevaux ramènera !”

“Dites-moi ma mère, ma mie,
Pourquoi j’entends cogner z’ici ?”
“Ma fille, ce sont les charpentiers
Qui raccommodent le plancher.”

“Dites-moi ma mère, ma mie,
Pourquoi les cloches sonnent ici ?”
“Ma fille, c’est la procession,
Qui sort pour les rogations.”

“Dites-moi ma mère, ma mie,
Que les petits chantent ici ?”
“Ma fille, c’est la procession
Qui fait le tour de la maison.”

Quand elle fut pour relever,
A la messe elle voulut aller.
Quand ce fut passé les huit jours,
Voulut reprendre ses atours.

“Dites-moi ma mère, ma mie,
Quel habit prendrai-je aujourd’hui ?”
“Prenez le vert, prenez le gris,
Prenez le noir pour mieux choisir.”

“Dites-moi ma mère, ma mie,
Qu’est-ce que ce noir signifie ?”
“Femme qui relève d’enfant,
C’est le noir qui est le plus seyant.”

Quand à l’église elle fut rentrée,
Un cierge on lui a présenté.
Aperçut en s’agenouillant
La terre fraiche sous son banc.

“Dites-moi ma mère, ma mie,
Pourquoi la terre s’est rafraichie ?”
“Ma fille pour ne rien vous cacher,
Renaud est mort et enterré.”

“Puisque le roi Renaud est mort,
Voici la clé de mon trésor.
Voici mes bagues et mes joyaux,
Nourrissez bien le fils Renaud.

Terre ouvre-toi, terre fends-toi,
Que j’aille trouver Renaud mon roi.”
Terre s’ouvrit, terre fendit
Et se fut la belle engloutie. 

Coirault : 5311 Jean Renaud.
RADdO : EA 01206.


22. Paysage sonore : ensemble de tintenelles à la sortie de la messe
Groupe des charitons de Saint-Léger-de-Rôtes (Eure)
Enregistrés le 14 mai 1972 à Giverville (Eure) par Moni­que Brandily.
Les Confréries de Charité étaient des ensembles exclusivement masculins chargés, dans la France d’Ancien Régime, d’enterrer les morts. Cette tradition, quasiment disparue dans le reste du pays, s’est bien conservée dans le département de l’Eure où il subsiste encore environ 120 Confréries. Ceux que l’on surnomme les “charitons” sont de toutes les cérémonies religieuses. Ils secouent les tintenelles, de petites cloches manuelles, pour sonner les offices : gaiement (comme c’est le cas ici) pour les périodes de fêtes, ou solennellement lors des enterrements. 

23. Bal de Saintonge 
René Doublet (violon)
Enregistrés le 10 septembre 1969 à Razour, commune de Saint-Agnant (Charente-Maritime) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
René Doublet avait animé les bals au violon dès son adolescence, juste avant la Grande Guerre. Il est représentatif d’une génération de musiciens, nés avec le siècle, qui savaient lire la musique et possédaient un cahier de répertoire manuscrit, comprenant de nombreux quadrilles, valses et polkas. A partir des années 1950, il avait rejoint un groupe folklorique et se produisait donc régulièrement sur scène, y jouant notamment l’entrée de bal de Saintonge, danse locale apparentée à la famille des contredanses. 

24. Les garçons sont trompeurs
Marguerite Graindorge (chant)
Enregistrée en 1998 à Landelles-et-Coupigny (Calvados) par Yvon Davy pour l’association La Loure.
Le travail initié en Normandie depuis une dizaine d’années par La Loure a démontré qu’il était tout à fait possible de collecter sur le terrain, aujourd’hui encore, des chansons traditionnelles apprises de manière orale. Marguerite Graindorge (1908-2005) est l’une des premières informatrices que l’association ait rencontrées. Détentrice d’un important répertoire, elle interprète ici une chanson pleine de saveur avec un thème universel : les relations entre filles et garçons.

Les garçons sont trompeurs,
La chose en est certaine.
Sont-ils auprès de vous :
“Belle que je vous aime !”

Ah le petit gueux, le petit coquin, le petit trompeux,
Tu disais que tu m’aimais petit gueux !

Sont-ils auprès de vous :
“Belle que je vous aime !”
Ah, sont-ils éloignés,
Ils ne disent plus de même !

Ah le petit gueux…

Ils se disent l’un à l’autre :
“Connais-tu bien une telle ?

Elle croit de sur ma foi,
Que j’ai d’l’amitié pour elle.

Mais pour lui faire voir que non,
Que je me moque d’elle,

J’irai faire l’amour,
Tout proche de chez elle.

Si elle a mal à la tête,
Qu’elle se la bandelette !

Si elle a mal au jarret,
Qu’elle tire sa jarretière !

Si elle a mal au talon,
Qu’elle batte la semelle !”

Coirault : 2414 Les garçons sont trompeurs.
RADdO : EA 00305.


25. Pas d’été
Lucien Allard (accordéon diatonique)
Enregistré en 1980 à Luceau (Sarthe) par Yves Guillard pour le Groupe d’animation et de recherche du Maine (GARM), avec Vincent Moisy (prise de son).
A plus de 90 ans aujourd’hui, M. Allard, pratique toujours régulièrement l’accordéon diatonique. Il continue même à apprendre de nouveaux airs et son style n’arrête pas d’évoluer. Excellent musicien de bal, la partie la plus originale de son répertoire est cependant composée de danses de caractères et particulièrement de pas d’été. Ces danses spectaculaires et très techniques ont été pratiquées, dans le sud de la Sarthe, jusque dans les années 1920. Elles donnaient lieu à des “assauts de danse” qui se déroulaient dans les arrière-salles des cafés de village, en ouverture des bals. 

26. Dedans la ville de plaisantement
Henriette Guillard (chant)
Enregistrée le 29 mars 1977 à la Grollière, commune de Pleuville (Charente) par Alain Ribardière.
Mme Guillard vivait dans l’Est du département de la Charente, dans une zone de marche proche culturellement du Limousin voisin. Elle connaissait d’ailleurs plusieurs chansons en occitan. Celle-ci, en français, se chante sur un rythme de bourrée.

 Dedans la ville de Plaisantement
Il y a t-une jeune fille qui n’a pas d’amant.
Elle porte d’la dentelle
C’est pour mieux se faire voir
La belle demoiselle
S’en va se promener.

Dans son chemin elle a rencontré
Un jeune amoureux qui l’a t-emmenée.
“Bonjour madame l’hôtesse
Nous voudrions coucher
Moi et ma femme
Nous voudrions loger.”

Oh quand ça fut de sur les minuit
La p’tite brunette n’y pouvait point dormir
(bis)
Ramasse ses culottes
Son or et son argent
La p’tite brunette
Elle s’en va devant.

Oh quand ça fut oui le matin jour
Le beau galant souhaitit le bonjour.
(bis)
“Bonjour madame l’hôtesse
Oh j’ai été volé
Je suis sans culotte
Ainsi que sans le sou !”

Si vous l’aviez vu quàu gentil galant
Si vous l’aviez vu l’jour d’auparavant
Il était sans culotte
Ainsi que sans le sou
Que sans sa chemise
On aurait bien tout vu !

non répertoriée par Coirault.
RADdO : EA 06358.


27. La marchoise
Aimé Bozier (violon)
Enregistré à la Castouarde, commune de Saint-Laurent-de-Jourdes (Vienne) par Michel Valière pour le Centre Culturel La Marchoise.
La marchoise est une danse à 3 temps, cousine des bourrées limousines. Celle-ci est interprétée par Aimé Bozier, violoneux de la Vienne qui, jusqu’à son décès en 1983, fut un compagnon de route de l’association “La Marchoise” à qui il avait transmis son répertoire et son savoir. 

28. Ce sont trois jeunes marins
Raymond Taraud père et ses fils (chant)
Enregistrés le 26 juin 1967 à Port-Joinville, Ile d’Yeu (Vendée) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
Cette chanson, interprétée ici dans la famille du patron pêcheur Raymond Taraud, était utilisée sur l’île d’Yeu pour faire danser le rond ou le demi-rond.  

Ce sont trois jeunes marins (bis)

Tous trois natifs de Nantes les gars
Tous trois natifs de Nantes
(quatre fois)

Ils se sont embarqués
Sur un trois-mâts de Nantes.

Les vents leur étaient bons
La mer était contraire.

Elle les a rejetés
Sur les côtes d’Angleterre.

Auprès d’un p’tit moulin
Moulin qui moud la lande.

Dans ce moulin y avait
Trois jolies filles blondes.

Coirault : 1726 Les marins qui s’échouent vers leur belle.
RADdO : EA 01565.



29. Paysage sonore : sirènes lors du Pardon des Terre-Neuvas 
Enregistré le 28 janvier 1962 au Bassin Bérigny à Fécamp (Seine-Maritime) par Claudie Marcel-Dubois et Margue­rite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
 
30. Ce sont trois galions d’Espagne
John dit Jack Le Feuvre (chant)
Enregistré le 10 juin 1970 à La Genètière, île de Serq (îles Anglo-Normandes, Royaume-Uni) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
Les îles Anglo-Normandes, à quelques encablures des côtes françaises, sont des possessions de la Couronne britannique, historiquement de culture normande. Si l’anglais y est devenu aujourd’hui la langue d’usage, on y a recueilli de nombreuses chansons en français. Jack Le Feuvre en connaissait beaucoup, dont cette belle version du thème du Petit navire.

Ce sont trois galions d’Espagne,
Prenez courage,
Dedans la flotte ont pris congé,
Prenez courage, beaux mariniers.

C’était pour faire le tour du monde,
Sans jamais la terre y aborder.

Au bout de trois années entières,
Le pain, le vin, leur z’a manqué.

A fallu faire la courte paille,
Pour voir lequel qui sera mangé.

La courte paille resta z’au maître,
C’est lui doit être mangé.

“Y en a-t-il un de l’équipage
Qui voudrait m’y manger ?

Y en a-t-il un de l’équipage
Qui dans la hune il veut monter ?

Il aura le navire dessous mes pieds
Et ma fille en mariage.”

C’était l’plus jeune de l’équipage
Que dans la hune y a monté.

Puis quand il fut dedans la hune,
Il s’y mit à rire et à chanter.

“J’y vois la tour de Babylone
Et la terre de tous côtés.

J’y vois les moutons dans la plaine
Et ma maîtresse à s’y baigner.

J’y vois les cheminées qui fument
Pour nous y apprêter à dîner.”

Il était midi cinq minutes
Quand l’ancre au fond y a tombé.

Coirault : 7103 La courte-paille.
RADdO : EA 00387.


31. La bébé (polka)
Hélier Le Lacheur fils (accordéon diatonique)
Enregistré le 8 juin 1970 au Courtil de Paul à Saint-Pierre-du-Bois, Guernesey (îles Anglo-Normandes, Roy­aume-Uni) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
Ce disque s’achève par un bel instrumental, enregistré en présence de danseurs. 

Guillaume VEILLET
© 2009 Frémeaux & Associés  


English notes
Western France
This disc proposes a selection of songs and music for dancing collected in the ancient provinces of western France (with the exception of Brittany, which appears on a separate record). The region is vast – from Normandy to Saintonge on the Atlantic coast via Poitou, Maine and Anjou – yet has cultural characteristics in common: the langues d’oïl are spoken here (the poitevin-saintongeais for example). Instrumentally, the region is marked by the use of the violin (competing with the accordion in the course of the 20th century). The three great dance-families are also represented in this area: from the region there are circle dances from an ancient heritage, like the round-dance from the Pays de Caux, the grand’danse from Vendee or the branle from Noirmoutier, but also quadrilles (the avant-deux is one form) and numerous pair dances.  Most of the French people who settled in North America in the 17th and 18th centuries emigrated from the western provinces. The traces of this ancient cousinhood can be found in the songs that crossed the ocean and were collected in French-speaking Canada.
Guillaume VEILLET
English translation: Martin DAVIES
© 2009 Frémeaux & Associés 

Provenance des enregistrements - Durée totale : 65'27
1. André Vivier : Il est arrivé en Paris
Fonds MuCEM. Inédit. 2’40 
2. Jules Clouhet & Eugène Heulin : Mazurka-java
Issu du 33 tours “Gens de la Mayenne. Volume 2 : Le Haut-Anjou” (Pluriel PL 3346).  Avec l’aimable autorisation de Jean Foucher des Editions Pluriel. 1’47 
3. Emile Boublin : Avant-deux gavotte
Issu du 33 tours “Musique traditionnelle en Anjou. Volume 1 : Le Pays Candéen” (Ellébore ELL05). 1’34 
4. François Jobard / Auguste Billaud : Avant-deux du bocage
Issu du CD/CD-Rom “Passeurs de mémoires” (Berluette / Demo Bleu Production). 0’42 
5. Madeleine Ducept : Mais tout autour de ma patrie (Les petits novices)
Issu du CD “Vendée, chansons en mémoire vol.5. Canton de La Châtaignerie” (A.R.Ex.C.Po AVPL 36). 4’06 
6. Pierre Boustière : Scottish de sept
Issu du livre-CD “Trésor de la musique traditionnelle dans le Perche” (Fédération des Amis du Perche). 1’23 
7. Léonce Létang : Appel de labour ou “raudage”
Fonds CERDO de l’UPCP-Métive. Inédit. 1’34 
8. Joseph Grellard : Quand j’tiens la bride de mon cheval
Fonds CERDO de l’UPCP-Métive. Inédit. 2’44 
9. Providence Bouteau : Récit : “Je vais vous dire ma vie”
Fonds CERDO de l’UPCP-Métive. Inédit. 1’01 
10. Providence Bouteau : Sur le Pont d’Avignon (La chanson des oreillers)
Fonds MuCEM. Inédit. 2’19 
11. Julien Saupault, Joseph-Gabriel Boucard et André Raimondeau: La Violette double (branle de Noirmoutier)
Fonds MuCEM. Inédit. 1’24 
12. Louis Le Bellanger : J’ai une pomme dans mon panier (marche de noces)
Issu du CD “M’y promenant : chansons & musiques traditionnelles de Normandie” (La Loure LOURE 01). 1’51   
13. Yvonne Hamel : Buvons à la santé d’un prince
Collection privée / Dépôt Archives Départementales de l’Orne. Inédit. 2’37 
14. Albert Averty / Jacques Pineau / Etienne Véronneau : Suite de branles maraîchins
Issu du CD “Vendée, chansons en mémoire vol.29. Canton de Saint-Jean-de-Monts” (A.R.Ex.C.Po). 1’22 
15. Gustave Mandin & Michel Kerboeuf : Air de maraîchine 
Issu du 33 tours “Vielles en Vendée” (Ellébore / UPCP / La Poussinière UP 51). 2’07 
16. Maria Arnaudeau : Il y a plus que 10 filles dans un pré (grand’danse)
Issu du CD/CD-Rom “Passeurs de mémoires” (Berluette / Demo Bleu Production). 1’00 
17. Monsieur Bourdet : Nous voilà bien du monde
ici (rond) Issu du CD “M’y promenant : chansons & musiques traditionnelles de Normandie” (La Loure LOURE 01). 4’10 
18. Denise Sauvey : Je m’en fus trouver ma maîtresse
Fonds La Loure. Inédit. 3’33 
19. Pierre Burgaud : Un jour un jour m’y prend envie 
Fonds CERDO de l’UPCP-Métive.  Déjà publié dans le 33-tours “Vendée, le Marais : Pierre Burgaud” (Ocora Radio France). 3’18 
20. Les Echos du Val d’Yon : La Chevallereau
Issu de la Cassette “Canoère. Culture et traditions musicales de la chasse en Vendée”  (A.R.Ex.C.Po / Fédération Départmentale des Chasseurs de la Vendée AVPL 05). 1’29 
21. Eva Burgaud : Le roi Renaud revint de guerre
Collection privée. Inédit. 4’33 
22. Paysage sonore : ensemble de tintenelles à la sortie de la messe
Fonds MuCEM. Inédit. 1’02 
23. René Doublet : Bal de Saintonge 
Fonds MuCEM. Inédit. 1’38 
24. Marguerite Graindorge : Les garçons sont trompeurs 
Fonds La Loure. Inédit. 2’29 25. Lucien Allard : Pas d’été 
Fonds Ares. Déjà publié sur le 33 tours “Lucien Allard, musicien sarthois. Musique pour  les assauts de danse et le bal” (Pluriel PL 3326)
1’29 
26. Henriette Guillard : Dedans la ville de plaisantement
Fonds CERDO de l’UPCP-Métive. Inédit. 1’47 
27. Aimé Bozier : La marchoise
Issu du 33 tours “Aimé Bozier” (Centre Culturel La Marchoise de Gençay LM008). 1’00 
28. Raymond Taraud père & fils : Ce sont trois jeunes marins
Fonds MuCEM. Inédit. 2’33 
29. Paysage sonore : sirènes lors du Pardon des Terre-Neuvas
Fonds MuCEM. Inédit. 0’50 
30. John dit Jack Le Feuvre : Ce sont trois galions d’Espagne
Fonds MuCEM. Inédit. 3’09 
31. Hélier Le Lacheur fils : La bébé (polka)
Fonds MuCEM. Inédit. 1’00 

Idée originale, choix des morceaux, rédaction du livret : Guillaume Veillet

Remerciements : Les collecteurs et interprètes, ou leurs ayants droit ; tout le personnel et les bénévoles des centres et associations partenaires ; La FAMDT et son directeur, Pierre-Olivier Laulanné ; André Ricros ; Reg Hall et Tony Engle du label Topic Records, à qui l’on doit la monumentale anthologie The Voice of the People, consacrée aux musiques traditionnelles d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse et du Pays de Galles ; Jean-Louis Neveu ; le Centre International de recherches Interdisciplinaires en Ethnomusicologie de la France (CIRIEF) ; Marie-Barbara Le Gonidec et Valérie Pasturel ; Marlène Belly, Georges Delarue ; Michel Esbelin ; Yvon Guilcher ; André Maurelli ; Catherine Perrier et John Wright ; Claude Ribouillault… ainsi que toutes les personnes rencontrées au cours de ces années de recherches qui ont transmis un peu de leur savoir et de leur expérience.

En couverture :
Violoneux lors d’une rencontre de musiciens et de danseurs à La Preuille, commune de Montigny (Deux-Sèvres), en 1985. A gauche, Paul Micheneau, et à droite, Albert Girardeau dit “Abbé”. Cliché Jean-Louis Neveu, coll. UPCP-Métive.

Liste des collecteurs de l'Anthologie France :
Alexandre, Al Leur Nevez, Anakesa, Anthony, Apiou, Aristow-Journaud, Armand, Arsenault, Azoulay, Baly, Bardot, Baudoin, Beaudet, Béraud-Williams, Berluette, Bernard, Bertrand, Bhattacharya, Blandin, Blouët, Bois, Boissel, Boissière,  Bolzon, Bouchot, La Bouèze, Boulanger, Bouthillier, Brandily, Brandywine Friends of Old Time Music, Bromberger, Bruneau, Brunot, Cadoudal, Carpitella, Castell, Casteret, Caumont, Centre Culturel La Marchoise, Challet, Chappuis, Chaventon, Chevallier, Chiasson, Christen, Collectif Vielle en Bretagne, Colleu, Comeau, Cordonnier, Coulomb, Cousteix, Darne, Davy, Delaval, Despringre, Desroches, Des Rosiers, Destrem, Devigne, Deygas, Dubois, Dubreuil, Ducaroy, Duplessis, Durif, Dutertre, Ecole de Musique de Gans, Ehret, Ellébore, Esbelin, Escolo Trencavel, Etay, E Voce di U Cumune, Février, Flagel , famille Gavinet, Gesser, Giometto, Gladu, Groupe d’Animation et de Recherche du Maine, G.R.E.T.T. du Charollais et Brionnais, Guillard, Guilleux, Harismendy, Herrgott, Hervieux, Jacquier, Joisten, Junquèr-d’Oc, Klopocki, Laade, Labelle, Labrie, Lacourcière, Lai Pouèlée, Lajoux, Laperche, Lauprêtre, Laurent, Lazinier, Le Creurer, Léger, Le Lamparo, Lemercier, Lemieux, Lempereur, Le Quellec, Leroux, Le Vraux, Loddo, Lomax, Lortat-Jacob, Los de Romanha, Mabru, Madelaine, Mahé, Marcel-Dubois, Marchand, Martin, Martinod, Mason, Matton, Mazéas, Mazellier, Ménétrier, Montbel, Morel, Morisson, Mosquès, Mouren-Prost, Moureu, Moyse-Faurie, Nioulou, Oller, Oster, Oxtikenekoak, Pacher, Parejo-Coudert, Pasturel, Paulet, Pauty, Pazzoni, Pearron, Perrier, Pichonnet-Andral, Pindard, Piraud, Pôle Régional des Musiques Actuelles de la Réunion, Précourt, Quilici, Quimbert, Raïsky, Redhon, Renaud, Ribardière, Ricros, Rocher, Römer, Ropars, Rouger, Roussel, Roux, Royer, R.T.F., Salesse, Sauvegarde des Traditions Mayennaises, Savard, Servain, Sette, Shields, Siblaires de Lanciour, Terral, Thiaulins de Lignières, Troadeg, Valière, Veillet, Vernay, Vidal, Vie et Traditions d’Artois, Voyer, Vrod, Weiri, Wright.

CD FRANCE - FRANCE DE L'OUEST © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Il est arrivé en Paris - Vivier02'42
02 Mazurka java - Clouhet / Heuulin01'49
03 Avant deux gavotté - Boublin01'36
04 Avant deux du bocage - Jobard / Billaud00'44
05 Mais tout autour de ma patrie - Ducept04'08
06 Scottish de sept - Boustière01'25
07 Appel de labour ou raudage - Létang01'36
08 Quand j'tiens la bride de mon cheval - Grellard02'46
09 Récit: je vais vous dire ma vie… - Bouteau01'03
10 Sur le pont d'Avignon - Bouteau02'21
11 La violette double - Soupault / Boucard / Raimondeau01'26
12 J'ai une pomme dans mon panier - Le Bellanger01'53
13 Buvons à la sante d'un prince - Hamel02'39
14 Suite de branles maraîchins - Averty / Pineau / Véronneau01'24
15 Air de maraichine - Mandin02'09
16 Il y a plus que 10 filles dans un pré - Arnaudeau01'02
17 Nous voilà bien du monde ici - Bourdet04'12
18 Je m'en fus trouver ma maîtresse - Sauvey03'35
19 Un jour, un jour m'y prend envie - Burgaud03'20
20 La chevallereau - Echos du Val d'Yon01'31
21 Le roi Renaud revint de guerre - Burgaud04'35
22 Ensemble de tintenelles à la sortie de la messe - Paysage sonore01'04
23 Bal de Saintonge - Doublet01'40
24 Les garcons sont trompeurs - Graindorge02'31
25 Pas d'été - Allard01'31
26 Dedans la ville de plaisantement - Guillard01'49
27 La marchoise - Bozier01'02
28 Ce sont trois jeunes marins - Taraud02'35
29 Sirènes lors du pardon des Terre-Neuvas - Paysage sonore00'52
30 Ce sont trois galions d'Espagne - Le Feuvre03'11
31 La bébé - Le Lacheur01'00
"Un support indispensable pour appréhender les traditions musicales" par Trad Magazine

"Voici une belle réalisation. Bien sûr, ce n’est pas le premier disque de collectage publié en France. De nombreux éditeurs - associatifs ou non - s’y sont déjà penchés et depuis fort longtemps. Mais il manquait un panorama sonore des traditions musicales du domaine français un tant soit peu copieux et actualisé (le dernier enregistrement du disque qui nous concerne date de 2006… Mais il aurait tout aussi bien pu être réalisé en 2009 !).
Le volume 2 de cette anthologie est consacré à la France de l’Ouest, de la Normandie à la Saintonge, Bretagne mise à part. Avec raison, Guillaume Veillet dégage des traits communs : présence de langues d’oïl, prédominance ancienne du violon, existence des différentes grandes couches chorégraphiques, des danses en rond (limité toutefois aux zones littorales, du Pays de Caux aux îles de Vendée), jusqu’aux danses en couple en passant par des formes variées de contredanses, en particulier l’avant-deux. Suivant cette description, on aurait pu légitimement y retrouver la haute Bretagne qui partage tous ces attributs… Mais un disque particulier est consacré à la Bretagne. Et c’est peut-être là une des faiblesses de cette anthologie : certains territoires sont surreprésentés par rapport à d’autres. Le disque sur la France de l’Ouest ne comporte ainsi que trois morceaux pour illustrer le Maine et l’Anjou (correspondant approximativement aux trois départements de Mayenne, Sarthe et Maine-et-Loire), alors que le seul département de Vendée est représenté par dix titres. Cette répartition dans l’anthologie révèle finalement surtout la cartographie des régions dans lesquelles les archives sonores sont aujourd’hui consultables plus que la réalité des répertoires anciens. Reste que l’écoute de ce disque ne peut laisser insensibles les amateurs de musiques traditionnelles. On y trouve de remarquables chanteurs ou chanteuses comme la tradition orale a su en forger : le style n’est pas toujours démonstratif (quoique), mais vous mesurez son efficacité à la façon dont les mélodies s’insinuent durablement dans votre esprit. Citons par exemple Pierre Burgaud en Vendée, Yvonne Hamel dans le Calvados ou Henriette Guillard en Charente. Sont rassemblées également dans ce disque des formes d’expressions qui n’ont pas trouvé tellement d’échos ou de relais dans les pratiques contemporaines. Ainsi de ces appels de labour, dits raudage en Deux-Sèvres (connus aussi en Berry sous le nom de briolage), tout à fait saisissants, ou de la chanson Quand je tiens la bride de mon cheval, dont le refrain reprend ce même principe. Autre perle, l’avant-deux gavotté, c’est-à-dire mené au son de la voix avec des paroles ou au tralala (sur une combinaison d’onomatopées), recueilli dans le sud Maine-et-Loire qui démontre l’ingéniosité dont on savait faire preuve pour danser en l’absence de musicien. Cette pratique trouve aujourd’hui un début de réactivation en Bretagne grâce au travail de Marc Clérivet qui a consacré une étude sur ce sujet. À qui se poserait la question de l’intérêt de disques de collectage, au son parfois rugueux, l’une des réponses est dans leur capacité à rendre compte de l’immense diversité des expressions issues de l’oralité, à faire entendre l’intempérance, l’inattendu et le non-formaté qui enchante autant qu’il déboussole l’oreille convenue d’aujourd’hui. À une époque où les porteurs des traditions musicales du domaine français se raréfient (ce qui rend la collecte d’autant plus nécessaire), ces enregistrements sont un support indispensable pour appréhender les traditions musicales d’un territoire et, en même temps, un immense réservoir dans lequel on peut puiser pour chanter et pratiquer aujourd’hui ces répertoires. Alors ne vous en privez pas."
par Yvon DAVY - TRAD MAGAZINE




« Œuvre de grande ampleur » par Mondomix

" Ce coffret de dix CDs aux livrets documentés présente des centaines de chansons, des airs instrumentaux, à danser pour la plupart, des captations sonores de la vie rurale journalière ou réalisées lors d’événements festifs et rituels. Œuvre de grande ampleur, ce voyage au cœur d’archives sonores, de 1900 à aujourd’hui, ne prétend pas à l’exhaustivité. En effet, depuis l’époque des collecteurs du XIXe  siècle, on sait la grande richesse de ce qui constitue la tradition orale en métropole, en outre-mer et au sein des minorités francophones de nations européennes et nord-américaines. Au fil de l’écoute, les pépites abondent. Ainsi, dans ce volume consacré à la Corse, François Bianconi, alors adolescent, nous gratifie d’un chant saisissant à la gloire du Mont Alcudina, enregistré en 1949. Dans celui nommé « Centre France », les frères Guillemin interprètent une marche d’éclatante façon à la vielle et à la cornemuse en 1926 pour Odéon. Dans «Français d’Amérique», en 1972, deux musiciens et chanteurs créoles, Alphonse « Bois Sec » Ardoin et Canray Fontenot font valser leur auditoire sur un air cajun, et ça chavire ! De nombreux chants sont interprétés en solo et c’est dans ce dénuement que la magie des paroles opère. L’art de chanteuses comme Eva Burgaud, en Vendée, Andrée Duffault et Juliette Pearron, en Berry, Norina Sandreyou, en Guyane, ou Marie-Josèphe Bertrand, en Bretagne, en témoigne. Les répertoires se sont transmis en écoutant les membres de son entourage ou parfois par le biais de carnets, des feuilles de colporteurs et, plus récemment, par la radio ou le disque. Les enregistrements présentés proviennent de musées, dont les ex-Arts et Traditions Populaires, d’associations en région et d’irréductibles passionnés, acteurs du folk revival des années 1960 et 1970. Guillaume Veillet, artisan de cette belle somme patrimoniale, a recensé une vingtaine de langues qui y sont chantées ! La prochaine aventure éditoriale pourrait être  consacrée aux communautés issues de l’immigration, où se sont façonnées des pratiques musicales singulières."
Par Pierre Cuny — MONDOMIX




« Un bijou de coffret » par L’enseignant

« La musique traditionnelle de France a enfin son anthologie. Depuis toujours, la musique a permis aux hommes de se retrouver et se comprendre dans un langage universel .Les rapprochements humains ont donné naissance à une musique empreinte des sentiments des peuples qui la jouaient. Une musique pas si désuète que cela puisque de grands compositeurs classiques se sont inspirés de ces mélodies si caractéristiques de leur pays. Ce florilège en 10 CD, et près de 300 titres, est un monument, une mine pour ceux qui aiment la musique « trad », mais aussi pour tous ceux, curieux de découvrir la richesse de ce style musical fondamental. Un bijou de coffret. »
Par L’ENSEIGNANT




« La sélection combine morceaux incontournables » par World Sound

« L’initiateur du projet, Guillaume Veillet, aura eu besoin de cinq ans pour sélectionner les trois cents titres et obtenir les autorisations des ayants droits. Un vrai travail de fourmi. La sélection combine morceaux incontournables de chaque région et titres rares à même de satisfaire les collectionneurs. Évidemment, on peut acheter les albums séparément. Selon moi, le coffret qui comprend les dix CDs est susceptible d’intéresser, en priorité, les urbains. Paradoxalement, les amateurs de world music sont peu au fait du répertoire traditionnel français. La qualité de production est pourtant étonnante. Personnellement, j’ai été surpris par l’élaboration des arrangements et le rendu sonore de ces morceaux ! »
Par Antoine Perret — WORLD SOUND