CENTRE FRANCE (1909 - 1997)

UNE ANTHOLOGIE DES MUSIQUES TRADITIONNELLES

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Nombre de CDs : 1


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FA5264

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Centre France: Berry, Bourbonnais, Nivernais, Bourgogne, Orléanais

Ce disque regroupe des enregistrements de musiques traditionnelles collectées in situ tout au long du XXe siècle. L’édition a été réalisée dans le cadre du travail muséographique de Guillaume Veillet (collecteur et ancien rédacteur en chef de Trad Magazine), pour diffuser au public un panorama des musiques traditionnelles de France. Il fait partie d’une collection de 10 CDs, organisés par zones géographiques destinés à témoigner de l’apport populaire à l’histoire et à l’actualité de notre patrimoine culturel et artistique.
Patrick Frémeaux

This record was produced in the context of the museum work of Guillaume Veillet (a collector and former editor of Trad Magazine), so as to make available to the public a broad panorama of French traditional music. It is one of a collection of 10 CDs, divided geographically by region, that aim at documenting popular contributions to the history and contemporary nature of our cultural and artistic heritage.
Benjamin Goldenstein

1. Valse du Jean Morin - 2. La belle s’en va au jardin des amours - 3. Briolée aux Boeufs - 4. Bourrée à Malochet - 5. Tes moutons ma Bargère - 6. Polka de l’Henri Charlot - 7. Rossignolet des bois - 8. En sautant la rivière (bourrée à 2 temps) - 9. Annonce de l’angélus + chant de quête dit “Roulée des oeufs” le Lundi de Pâques - 10. Bourrée croisée - 11. La galette (polka) - 12. Défilé de cortège du carnaval dit Tapechaudron, le soir du Lundi-Gras - 13. Du bon matin je me suis levé - 14. Bourrée tournée - 15. Dialogue chanté entre Mélanie Touzet et Louise Biaud - 16. Scottish à fleuret - 17. C’est trois maçons jolis - 18. Branle d’Ecueillé - 19. Branle - 20. Bourrées berrichonnes - 21. Gaston Guillemain par Roger Pearron - 22. Quadrille berrichon - 23. La marche des Cornards - 24. Habitants de tout âge (la complainte du fils assassiné) - 25. Le pressoir lors des vendanges - 26. Les voulez-vous connaître, les enfants sans soucis ? (Les aiguillettes) - 27. Valse du père Cadet

Droits : Frémeaux & Associés - Groupe Frémeaux Colombini SAS. Avec le soutien de la SACEM, en accord avec les interprètes, les collecteurs, ou leur successions et avec le concours de la FAMDT, le MuCEM, Trad Magazine, la SACEM, la BnF, Dastum, Dastum Bro Leon, Dastum 44, le GCBPV, L’Epille, UPCP-Métive/CERDO, La Loure, Arexcpo, Berluette, Arès, Ellébore, la Bibliothèque nationale de France, l'AMTA, le CRMTL, les Archives Départementales du Cantal, Mémoires Vives, UCPS, Thiaulins de Lignières, le Conservatoire Occitan, La Talvera, Menestrers Gascons, l'Institut Culturel Basque, l’Institut Occitan, l’AMTP du Quercy, le CMTRA, la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, le Musée Dauphinois, le CIMP, la Phonothèque Nationale Suisse, Terres d’empreintes, le Centre d’Etudes Francoprovençales René Willien, le Musée de la Corse, l’INA, Voce, la Collectivité Territoriale de Corse, le CADEG, Takamba, le PRMA, ADCK, Rèpriz, les Archives de folklore et d’ethnologie de l’Université Laval, le Centre d’Etudes Acadiennes Anselme Chiasson, le Centre Franco-Ontarien de Folklore, Archives of Cajun and Creole Folklore.

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France - Centre

Centre France
Berry, Bourbonnais, Nivernais, Bourgogne, Orléanais
Enregistrements réalisés entre 1909 et 1997








Les vielleux et cornemuseux du Centre France sont très présents dans l’imaginaire collectif des passionnés de musique traditionnelle. On les associe à l’univers mythique (et quelque peu imaginé par l’auteur) des romans de George Sand, principalement Les Maîtres sonneurs. La pratique traditionnelle de ces instruments en Berry, Bourbonnais et Nivernais est certes une réalité. Les enregistrements présentés sur ce disque de grands interprètes comme Gaston Guillemain (vielle à roue) ou Joseph Fleuret (cornemuse) sont là pour en témoigner. Toutefois, on a trouvé la trace, dans les anciennes provinces du Centre de la France, de bien autres pratiques musicales, moins connues : chanteurs (que de belles interprétations sur ce disque), joueurs de violon, d’harmonica, d’accordéon…

- Pour chaque morceau sont indiqués, à la suite du titre : l’interprète, l’instrument pratiqué, la date et la commune d’enregistrement, ainsi que le nom du collecteur.  Il a été également choisi de préciser le département, et donc de respecter le découpage administratif actuel. D’autres choix auraient été possibles, du fait de la superposition en France de divers référents territoriaux et aires culturelles : terroirs ou “pays”, anciennes provinces, régions… 

- Pour une identification plus précise de la provenance de chaque extrait (fonds d’archives, publications précédentes), ainsi qu’un minutage précis, on se reportera en fin de livret, à la rubrique Provenance des enregistrements.

- On trouvera sur le site Internet www.fremeaux.com le texte intégral des chansons, ainsi que l’identification de celles-ci dans le Répertoire des chansons françaises de tradition orale Coirault-Delarue et le Répertoire du patrimoine ethnomusicologique RADdO-Ethnodoc (http://www.raddo-ethnodoc.com/)

1. Valse du Jean Morin
Louis dit “Lili” Batillat (accordéon diatonique)
Enre­gistré dans les années 1980 à Marcilly-la-Gueurce (Saône-et-Loire) par Christian Oller, suite à des collectes d’Annick Bouchot, Gilles Lauprêtre et Michel Nioulou pour le G.R.E.T.T. du Charollais et Brionnais.
Lili Batillat, né en 1911, jouait d’oreille, malgré la volonté de ses parents de lui faire apprendre le solfège (il n’assista qu’à deux ou trois cours). S’il avait également une clarinette, c’est l’accordéon diatonique qu’il privilégiait pour mener les noces et les fêtes de conscrits avant guerre. Maçon de carrière, il délaissa peu à peu la musique à partir de 1960, tout en restant danseur dans un groupe folklorique local. Il se remit à jouer quand ses enfants lui offrirent un nouvel accordéon (un 2 rangs Sol-Do) en 1973. Il put alors transmettre son répertoire à de jeunes musiciens. Il tenait cette valse de Jean Morin, accordéoniste du village de Mans (Dyo). Il y a ajouté le final.  

2. La belle s’en va au jardin des amours
Andrée Duffault (chant)
Enregistrée en juillet 1969 à Touchay (Cher) par Catherine Perrier.
Andrée, dite “Dédée” Duffault, est née en 1920. Cette porteuse de tradition est régulièrement “collectée” depuis plus de 50 ans. Elle a en effet rencontré Roger Pearron dès les années 1950. Le fondateur des Thiaulins de Lignières (association étudiant et préservant les traditions du Berry), était l’instituteur de ses enfants. Elle lui a communiqué un riche répertoire, tenu principalement de son père. Elle a également été enregistrée par d’autres, dont Catherine Perrier.

La belle s’en va au jardin des amours
C’est pour y passer la semaine
Son père qui la cherche partout
Et son amant en est en peine.

Y a un berger là-bas dans la prairie
Si il l’a vue qu’il nous renseigne :
“Berger berger, mon doux berger
N’avez-vous pas vu la beauté même ?”

“De quelle couleur était-elle habillée ?
Est-elle en soie ou bien en laine ?”
“Elle a un jupon blanc satiné,
Une jolie robe couleur de rose.”

“Elle est là-bas au jardin des amours,
Assise sus l’bord d’une fontaine,
Elle tient un p’tit oiseau dans sa main
A qui la belle raconte toutes ses peines.”

“Mon p’tit oiseau, tu es donc bien heureux
D’être entre les mains d’ma maîtresse,
Moi je suis bien son amoureux
Et je ne peux pas m’approcher d’elle.

Faut-il être aussi près du rosier
Sans pouvoir même cueillir la rose ?”
“Cueillez cueillez, cher amant cueillez,
C’en est pour vous qu’la rose est belle.”

“Faut-il être aussi près du ruisseau
Pour endurer la soif que j’endure ?”
“Buvez, buvez, cher amant buvez,
C’en est pour vous qu’le ruisseau coule.”

Coirault : 1801 La belle au jardin d’amour.
RADdO : 00006.

  
3. Briolée aux bœufs
Sylvain Robin (chant)
Enregistré le 29 juin 1913 à Nohant (Indre) par Ferdinand Brunot.
Le briolage, ou briolée, est un appel de labour destiné à encourager le travail des animaux de trait. C’est un chant fait d’onomatopées, marqué par l’usage du vibrato. Sa pratique s’est maintenue dans le bocage près de La Châtre jusqu’au milieu du XXe siècle, époque de la disparition des derniers attelages de bœufs. Lors de son enquête berrichonne de 1913, Ferdinand Brunot en a recueilli plusieurs exemples, conservés aujourd’hui par le département de l’Audiovisuel de la Bibliothèque nationale de France. Sylvain Robin avait 56 ans au moment de l’enregistrement.  

Coirault : 6403 Arondage, briolage.
RADdO : 01738.


4. Bourrée à Malochet
Jules Devaux et Edith Montardon dite “La Marie” (vielle à roue)
Enregistrés à Bellerive-sur-Allier (Allier) par Jean-Marc Laurent pour Radio Bocage.
Gilbert Malochet (1859-1945), fondateur de l’ensemble des Maîtres Sonneurs du Bourbonnais, influença de nombreux vielleux en Centre France, parmi eux Gaston Guillemain (voir pistes 21 à 23) et Gaston Rivière (voir piste 8). Il eut aussi pour jeune élève Jules Devaux (1913-1989), personnage étonnant qui fit le choix de vivre de la musique à la fin des années 1930, la tuberculose l’ayant rendu invalide sans pension. A partir de 1958, il se produisit en duo avec Edith Montardon, sous le nom de “Jules et la Marie”. Ils enregistrèrent de nombreux disques et ne manquaient jamais l’occasion de rendre hommage au “père Malochet”.  

5. Tes moutons ma bargère
Juliette Pearron (chant)
Enregistrée en 1960 à Lignières (Cher) par Roger Pearron pour les Thiaulins de Lignières.
Juliette Pearron était la mère de Roger, animateur des Thiaulins de Lignières. Elle lui a transmis cette chanson, qui connut une belle postérité, plusieurs interprètes revivalistes l’ayant ajoutée à leur répertoire (parmi eux Jean Blanchard et Gabriel Yacoub). 

“Tes moutons ma bargère
Ils sont bien récartés
Ils sont dedans la plaine
On les voit pus aller.”
(bis)
“Mes moutons ils marchent
Au courant de l’eau
Mon barger les appelle
Au chant des oiseaux.”

“Allons donc ma bargère
Allons sous ces ormeaux
Nous parlerons d’amour
A quelques petits mots.”
(bis)
“Si l’amour vous presse
Passez votre chemin
Ou gare après vos fesses
J’vas lâcher mes chiens.”

“Pour tes chiens ma bargère
Il faut pas les lâcher
Si ma parole t’y fâche
Je vas m’en aller.
(bis)
Adieu fille ingrate
Fille sans pitié
Pus les amants vous flattent
Moins vous les aimez.”

Un soir à la brune
En m’y promenant
Tout en fumant ma pipe
Bien gaillardement.
(bis)
J’rencontre mon camarade
Triste désolé
Ne parlant plus parole
Je l’ai reconsolé.

“Qu’as-tu donc camarade
Qu’as-tu à tant pleurer
Pour l’amour d’une brune
A tant t’y chagriner ?
Nous irons-t-en Flandres
Nous en trouverons
Des brunes aussi des blondes
Nous en choisirons.”

“Des brunes aussi des blondes
Non m’y convient pas
Car ma maîtresse est belle
Je n’la quitterai pas.
(bis)
Ma  maîtresse est belle
Elle a des agréments
Oh ! quand j’suis avec elle
Le dimanche aux champs.” 

Coirault : 4309 Ne lâche pas ton chien + 2613 En fumant ma pipe bien gaillardement.
RADdO : 02684 + RADdO : 01031.


6. Polka de l’Henri Charlot
Jean-Marie Jarillot de Brazey-en-Morvan (Côte-d’Or)  (violon)
Enregistré le 30 mai 1982 à Saulieu (Côte-d’Or) par Gérard Chaventon et Jean Léger lors d’un stage organisé par l’Union des Groupes et Ménétriers Morvandiaux (UGMM).
M. Jarillot (1908-1989) se prit de passion pour le violon dans son enfance en écoutant Jean-Marie Degain, qui menait les noces dans la région de Voudenay. Après s’être fait offrir un instrument par sa tante, il se forma auprès de violoneux comme Jean-Marie Gaudry de Magnien ou Gabriel Leuthereau de Villiers. La première danse qu’il joua en bal fut un charleston, peu traditionnel mais très à la mode dans les années 1920 ! Il avait aussi à son répertoire des airs plus anciens, comme des bourrées et surtout des danses de couple (polkas, mazurkas, valses, scottishes) et le quadrille. A la fin de sa vie, il témoignait bien volontiers lors de stages de musique organisés par l’UGMM. 

7. Rossignolet des bois
Marcel Thibault (chant)
Enregistré en 1976 à Montipouret (Indre) par Roger Pearron pour les Thiaulins de Lignières.
Cette histoire facétieuse d’une jeune fille courtisée qui demande littéralement la lune à son prétendant était très prisée dans tout le domaine français (une version limousine, chantée par Marie-Louise et Marcelle Delpastre, figure sur le volume 3 de cette collection). M. Thibault, bon chanteur berrichon, connaissait également la technique du briolage (voir piste 3) et avait eu l’occasion de transmettre son art aux Thiaulins de Lignières.

“Rossignolet des bois
Rossignolet sauvage
(bis)
Dis-nous donc la manière
Apprends-nous à parler
Apprends-nous la manière
Comment l’amour se fait.”

“Comment l’amour se fait
Faut jamais rien en dire
(bis)
Faut jamais rien en dire
Ça serait-y qu’en riant
A sa jolie maîtresse
Que son coeur aime tant.”

“La belle dans ton jardin
Y a des belles pommes reinettes
(bis)
Voudrais-tu m’y permettre
Ah ! d’y porter la main
A tes belles pommes reinettes
Qu’il y a dans ton jardin.”

“Pour toucher à mes pommes
Cela m’est impossible.”
(bis)
“La lune alle est bien haute
Le soleil est bien loin
Tu garderas la belle
Tes pommes dans ton jardin.”

“Eh ! oh ! Là-bas va-t’en
Grand amuseur de filles
(bis)
Ah ! tu as pris mon coeur-e
A présent tu t’en vas
En passant la rivière
Galant tu périras.”

“Oh ! oui j’y périrai
En passant la rivière ?
(bis)
Je suis garçon volage
Garçon à marier
En passant la rivière
J’tâcherai bin d’m’en r’tirer.”     

Coirault : 122 Rossignolet du bois.
RADdO : 01211
.
  
8. En sautant la rivière (bourrée à 2 temps)
Gaston Rivière (vielle à roue)
Enregistré en septembre 1997 à l’Abbaye de La Prée (Indre) par Stéphane Larrat pour le disque “France : la vielle à roue de Gaston Rivière”.
Gaston Rivière (1909-2004) avait appris la vielle aux côtés de deux figures emblématiques : Gaston Guillemain, puis Gilbert Malochet. Eclectique, il jouait également du violon, de la clarinette, du piano, de la cornemuse et de l’accordéon (diatonique comme chromatique). Très populaire en Centre France dès le milieu du XXe siècle, il était sollicité pour ses talents de musicien comme de conteur. Après la disparition du dernier luthier de Jenzat (Allier), il devint même facteur d’instruments pendant une quinzaine d’années. Il forma plusieurs générations de jeunes viellistes. 

9. Paysage sonore : annonce de l’Angélus aux crécelles et à la voix le soir du Jeudi Saint (a) suivi d’un chant de quête dit “Roulée des œufs” le lundi de Pâques (b)
Enregistré a) le 23 mars 1967 à Minot (Côte-d’Or) et b) le 27 mars 1967 à Courban (Côte-d’Or) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
Les crécelles rythment les fêtes pascales dans l’Est de la France. Le Jeudi et le Vendredi Saint, les enfants de chœur parcourent les rues du village. Ils agitent les crécelles pour annoncer les trois angélus et offices du matin, midi et soir. Puis, le samedi ou, comme ici, le lundi suivant, ils passent chez les habitants dans le but de recevoir des cadeaux en remerciement du service effectué. Ils entonnent le chant de quête traditionnel, puis on leur donne des friandises, des pièces de monnaie, ou encore des œufs pour la confection de l’omelette pascale. 

Gens de Courban qui avez du cœur
N’oubliez pas vos enfants de chœur
Le bon Dieu vous le rendra
Alléluiah !

Si vos poules ont bien pondu
Donnez un œuf, donnez-en deux
Pour mettre au panier que voilà
Alléluiah !

Et si vous n’avez pas d’œufs
Mettez un franc, mettez-en deux
Dans la goillotte que voilà
Alléluiah !

Coirault : 9111 Alléluia.
RADdO : 05532
.

10. Bourrée croisée
Jean Bizet (harmonica)
Enregistré en 1961 à Menetou-Râtel (Cher) par Roger Pearron pour les Thiaulins de Lignières.
Si on ne le considère souvent pas comme un instrument traditionnel, l’harmonica a été très populaire tout au long du XXe siècle, et a pu faire danser dans les campagnes.  M. Bizet, musicien de la région vinicole du Sancerrois, avait à son répertoire plusieurs bourrées à 3 temps.  

11. La galette (polka)
Mr Reverdy (chant)
Enregistré en 1963 dans le Sancerrois (Cher) par Roger Pearron pour les Thiaulins de Lignières.
Bourrées et danses de couple pouvaient être dansées sur de simples refrains chantés, aux paroles souvent humoristiques.  

Et y en tout temps la galette est bonne
Et y en tout temps l’a du beurre dedans
(bis)
Quand n’y a point d’beurre dedans
Ça s’appelle pas d’la galette
Quand n’y a point d’beurre dedans
Ça s’appelle du “chauboulon*”.

RADdO : 06364.

* Chauboulon : galette non feuilletée assez lourde (Glossaire rural du Centre de Jean-Baptiste Luron, 2001 - p. 34). Merci à M. Hugues Rivière de nous avoir communiqué cette définition.

12. Paysage sonore : défilé de cortège du Carnaval dit Tape-Chaudron, le soir du lundi-gras. 
Enregistré le 6 février 1967 à Châtillon-sur-Seine  (Côte-d’Or) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
Le défilé de Tape-Chaudron se déroule chaque année, lors du Carnaval, dans la commune de Châtillon-sur-Seine. Aujourd’hui, 40 ans après cet enregistrement, cet événement est toujours aussi populaire et a été associé à une “Fête du crémant” à la gloire du vin pétillant local.   

13. Du bon matin je me suis levé
Francis Michot (chant)
Enregistré au printemps 1977 à Moux (Nièvre) par Lai Pouèlée.
Francis Michot (1903-1987) fut pendant 37 ans fermier aux Ligerons, sur la commune de Gien-sur-Cure (Nièvre). Il était un chanteur réputé dans sa communauté et on pouvait l’entendre dans les mariages, les réunions de famille, les battages ou les piqueries (veillées rythmées par les chants et les danses). S’il connaissait des chansons plus légères, il était également capable de bouleverser un auditoire, comme le prouve cette version du thème de L’empêchement aux bans. Il reste l’un des interprètes les plus marquants à avoir été enregistrés en Morvan. 

Du bon matin je m’suis levé, plus matin que l’aurore, (bis)
C’est là que je m’suis-t-aperçu, que ma maîtresse ne m’aimait plus.

J’ai mis la bride à mon cheval, oh ! oh ! j’ai mis la selle, (bis)
Mon épée claire à mon côté pour y aller voir ma bien-aimée.

Mais j’arrive dedans la cour, son petit coeur soupire, (bis)
Qu’avez-vous donc à soupirer, la belle vous êtes enfiancée.
Enfiancée oh oui je suis, malheureuse ma journée, (bis)
Car c’est dimanche mes premiers bans, mettez-y donc empêchement.

Voilà le dimanche qui arrive, le curé monte en chaire, (bis)
Ecoutez tous petits et grands, j’m’en vais vous publier les bans.

Mais le galant n’étant pas loin, entendit cette annonce, (bis)
Monsieur l’curé n’se pressez pas tant, je viens y mettre empêchement.

Mais quel est donc cet insolent qui m’y parle de la sorte, (bis)
Je ne suis pas un insolent, je suis le premier d’ses amants.

Je suis le premier d’ses amants, vilà sept ans que j’l’aime, (bis)
S’il y a sept ans que vous l’aimez, c’est comme de juste que vous l’aurez.

Coirault : 1432 L’empêchement aux bans.
RADdO : 00936.


14. Bourrée tournée
Henri Clément (violon), originaire de Planchez (Nièvre), et Maurice Clément (accordéon chromatique) 
Enre­gistrés par Michel Salesse.
Les Clément sont une lignée de ménétriers morvandiaux. Le père, Henri (1902-1984) s’était fabriqué son premier violon à 10 ans en tendant des cordes sur un sabot. Après s’être procuré son premier “vrai” instrument à l’âge de 16 ans, il anima noces et piqueries, avant d’émigrer à Paris en 1924. Il s’y produisit pendant près de 40 ans au sein des différentes amicales morvandelles ou, plus largement, du Centre France. S’il joua beaucoup aux côtés d’un vielleux emblématique du Morvan, Henri Goguelat, son fils Maurice Clément (1929-1990) fut son principal partenaire.  

15. Dialogue chanté entre Mélanie Touzet, 57 ans, garde-barrière, et Louise Biaud, 74 ans, ancienne domestique (et fille de la nourrice) de George Sand 
Enregistrées le 29 juin 1913 à Nohant (Indre) par Fer­dinand Brunot.
L’ancienneté de l’enregistrement ne garantit pas forcément l’ancienneté du répertoire recueilli. Les épouseux du Berry, que fredonnent ici les deux informatrices, avaient vite séduit le public berrichon, mais il ne s’agit en aucun cas d’une chanson traditionnelle. Elle fut en fait composée par Edmond Lhuillier en 1856, et faillit s’appeler Les épouseux du Poitou ! 

Au pays du Berry, quand une fillette
A fixé son choix, oui da, sur un épouseux
(…)
Et pour un sou, au son de la cornemuse
On chante et on s’amuse et on rit jusqu’au jour

Ha ha ha ha ha ha, ha la cornemuse
Ha ha ha ha ha ha, souffle jusqu’au jour !

16. Scottish à Fleuret
Joseph Fleuret (cornemuse)
Enregistré dans les années 1960 à Ardentes (Indre) par Roger Pearron pour les Thiaulins de Lignières. 
Joseph Fleuret (1886-1976) était le dernier cornemuseux de tradition du Berry. Dans sa jeunesse, il avait échangé son premier instrument, trouvé dans un grenier de Fougerolles, contre un sac d’avoine ! Il commença sur un hautbois 13 pouces, puis passa au 16 pouces typique de la région voisine du Bourbonnais. Après avoir fait danser tous les dimanche dans un cabaret en lisière de la forêt de Châteauroux, il rejoignit la Société des “Gâs du Berry” (voir piste 27) dès 1901, et ne la quitta plus jusqu’à son décès, 75 ans plus tard. 

17. C’est trois maçons jolis
Jean Pirot (chant)
Enregistré en 1959 à La Celle-Condé (Cher) par Roger Pearron pour les Thiaulins de Lignières.
M. Pirot, cabaretier à La Celle-Condé, transmit un riche répertoire aux Thiaulins de Lignières. Ici, comme souvent, la chanson traditionnelle sait traiter avec poésie d’un thème sensible et les sous-entendus sont nombreux. 

C’est trois maçons jolis
De leur pays s’en vont De leur pays s’en vont
Tous trois en assurance
Avec le coeur joyeux
De faire leur tour de France.

Le plus jeune des trois
Savant bien travailler
Savant bien travailler
Habile à son ouvrage
Il a bien su charmer
Le coeur d’une Picarde.

Sa Picarde lui dit :
“C’est toi maçon joli
C’est toi maçon joli
Travaillant sur la pierre
Lève donc mon blanc jupon
Tu verras ma carrière !”

Le maçon n’a pas manqué
Son jupon y a levé
Son jupon y a levé
Aussi sa chemise fine
S’est pris à travailler
Sur la pierre la plus fine.

Au bout de quelques temps
Grand mal de coeur la prend
Grand mal de coeur la prend
Aussi quelques faiblesses
Faudrait le médecin
Pour lui porter remède.

“Allons ma jeune fille
Dites moi vot’ maladie
Dites moi vot’ maladie
J’me charge de la guérir-e.”

“C’est un maçon joli
Qu’a couché dans mon lit
A couché dans mon lit
A troublé ma fontaine
Et moi pauvre fillette
Je reste dans les peines.”

Coirault : 2303 Les maçons chez la Picarde.
RADdO : 01674.


18. On te raccourcira ton petit cotillon ma Jeannette (Branle d’Ecueillé
)
M. Laplanche (chant) et Mme Laplanche (danse) 
Enregistrés vers 1953 à Clion (Indre) par Roger Pearron pour les Thiaulins de Lignières.
L’Ouest du Berry a conservé, plus longtemps qu’ailleurs, une danse en chaine d’un fonds ancien, menée le plus souvent à la voix.

On te raccourcira ton petit cotillon ma Jeannette
On te raccourcira ton petit cotillon de lin.
RADdO : 06365.

Payez donc, maman, payez donc
La façon de ma camisole.
Payez donc, maman, payez donc
La façon de mon cotillon.

J’ai payé, maman, j’ai payé
La façon de ma camisole.
J’ai payé, maman, j’ai payé
La façon de mon tablier.
RADdO : 00083.
 
19. Branle
Bernard Ménager (piston)
Enregistré le 5 septembre 1974 à Feings (Loir-et-Cher) par François Dubois.
Les enquêteurs de l’Union pour la Culture Populaire en Sologne avaient retrouvé plusieurs airs de branle dans l’Ouest et le Sud-Ouest de la Sologne, dont celui-ci. Il est joué au piston par un musicien qui avait fréquenté le milieu orphéonique et connaissait le solfège. 

20. Bourrées berrichonnes
MM. Jean Rameau et Maurice (vielle à roue et cornemuse)
Enregistrés le 22 novembre 1909 pour la marque “Gramo­phone”.
Les collectionneurs de cartes postales à thématique régionale connaissent bien Jean Rameau (1852-1931), qui en édita plusieurs centaines au début du XXe siècle. Il se mettait souvent en scène sur celles-ci. Ce sabotier de métier, fondateur du groupe des Maîtres Sonneurs de Bourges, était l’inlassable promoteur d’une vision quelque peu détachée de la réalité du folklore berrichon. Il écrivit aussi de nombreuses chansons en “patois” et enregistra des disques pour des marques nationales. 

21. Informations biographiques sur Gaston Guillemain
Roger Pearron (voix)
Enregistré vers 1953.
Roger Pearron, qui le connaissait bien, nous propose une biographie concise de Gaston Guillemain (1877-1966), enregistrée du vivant de ce vielleux de légende.  

22. Quadrille berrichon
Gaston Guillemain (vielle à roue)
Enregistré dans les années 1960 à Lignières (Cher) par les Thiaulins de Lignières.
Ce quadrille nous permet d’apprécier la belle technique de Gaston Guillemain, simple mais efficace, et toujours au service de la danse. Il aimait raconter qu’il avait appris seul, en 26 jours, enfermé dans sa cave pour ne pas déranger les voisins. 

23. La marche des cornards
Gaston Guillemain (vielle à roue) et Lucien Guillemain  (cornemuse)
Enregistrés en 1926 pour le label Odéon.
Gaston Guillemain et son frère aîné Lucien (1868-1966) avaient été formés à la musique par leur père François, tailleur de pierre et cornemuseux. Ils connurent une grande popularité au lendemain de la Grande Guerre. Ils se produisaient dans les cabarets parisiens, notamment au “Chat Noir” aux côtés du diseur régionaliste Jacques Martel. Ils gravèrent aussi 8 titres pour Odéon, dont celui-ci. Par la suite, Lucien s’installa comme marbrier en région parisienne, alors que Gaston décida de rester au pays. Chacun à sa manière, ils œuvrèrent pour la transmission de leur savoir : Lucien au sein d’un “groupe d’étude folklorique” parisien et Gaston aux côtés des Thiaulins de Lignières, dont il fut en quelque sorte le ménétrier officiel.  

24. Habitants de tout âge (La complainte du fils assassiné)
Jean-Marie Martin (chant)
Enregistré le 31 mars 1970 à La Ruchette, commune de Villapourçon (Nièvre) par Jean Raïsky lors d’une mission CNRS/MNATP.
Ce thème du fils assassiné que nous livre Jean-Marie Martin est comme un archétype de la grande complainte dans la tradition orale du XIXe siècle. Le texte est semblable à la version rapportée dans un livret de colportage publié à Rennes en 1876. Quelques rares variantes françaises ou canadiennes sont connues sous l’appellation de Complainte de Perrier, le mari éponyme. On a beaucoup écrit et théorisé sur le fils assassiné. Le récit émerge sous des formes variées, le plus souvent réactualisées à l’occasion de faits divers, dans de nombreux pays d’Europe. Aarne et Thompson l’ont répertorié dans leur célèbre classification des contes. Maria Kosko l’a étudié en 1966 après en avoir inventorié les sources. Daniel Fabre et Jacques Lacroix enregistrèrent en 1969, en Haute Vallée de l’Aude, une version dite ou psalmodiée selon les séquences, en français et occitan mêlés.
L’exhortation à “écouter” dite en prologue annonce le caractère édifiant, l’exemplarité de l’histoire. La voix est grave, le débit lent, l’articulation précise. Le timbre est d’une rare cohérence avec le propos, discours ramassé qui épuise les ressources d’une échelle réduite : l’économie de moyens grandit le récit.
(…) Jean-Marie Martin était un homme de chansons. Un peu taciturne, il avait l’habitude de chanter la langue, de la pétrir en musique. Il chantait souvent au café avec un ami du village, notamment lors des tournois de cartes : 2 tempéraments, 2 répertoires, l’un souvent tragique, l’autre plus plaisant et léger, une émulation et une complémentarité dans le rôle social qu’ils remplissaient en cette occasion.
Le réalisme du drame et l’immoralité des conduites, le sentiment tragique qui se dégage de cette complainte conduit à une perception mythique de l’interdit. Chant de l’effroi, elle occupe la fonction cathartique de la tragédie : la frayeur de la fiction génère l’apaisement du quotidien.
Après avoir parcouru avant guerre une coupure de presse rapportant des faits similaires, morceau de journal qu’il fait lire à L’Etranger dans sa cellule, Albert Camus reprend la thématique du fils assassiné dans sa pièce Le Malentendu. Cette œuvre apporte ainsi une résonance contemporaine à ce conte réaliste et édifiant, disséminé dans le temps et dans l’espace. (J.R.) 

Habitants de tout âge
A l’heure du repos,
En attendant l’ouvrage,
Ecoutez quelques mots !
Un brave militaire
Revenait de la guerre,
Rêveur de ses bonheurs.
Ce soldat doux et sage
Rentrait dans son village
D’avec la Croix d’Honneur
Avec la Croix d’Honneur.

Allant-t-à la fontaine
La femme du Perrier,
Elle reconnut son frère
Cet aimable guerrier.
“Eh bien l’bonjour cher frère,
Voilà notre chaumière,
Venez voir mon époux !
Perrier, la bonté même,
Autant que moi vous aime !”
“Je voudrais m’en aller ! (bis)

Frère et soeur, le temps me presse
Embrassons-nous bonsoir !
Demain-z-avant la messe,
Tous deux venez me voir !
Nous ferons-z-une fête,
Elle sera parfaite
En souhaitant les beaux jours !
Ce sont mes pères-z-et mères
Qui sont-t-encore sur terre
Je les aime toujours. (bis)

Je veux voir si ma mère,
Sous l’habit militaire,
Reconnaîtrait son fils !
Lui parlant de l’Italie
Mon cher-e père Elise
N’en sera pas surpris ! “ (bis)

“Bonsoir, madame l’hôtesse,
Pourriez-vous me loger ?”
“Mon ami je suis triste,
Je n’ai rien à manger !”
“Que rien ne vous chagrine,
Du pain-z-une chopine,
C’est suffisant pour moi !
De sur une paillasse,
Daignez m’y faire place,
Car il fait déjà froid ! (bis)

La chambre est ténébreuse,
Le soldat dort bientôt.
L’hôtesse, assez curieuse,
Visita le ballot.
Oh ! sans croire mais sans-z-honte
Oh ! cette dame y compte
Dix huit cent pièces d’or. (bis)

“Mon mari oh quelle somme,
Pour nous c’est un trésor !
Assassinons cet homme,
Nous aurons tout son or !”
Descendent dans la cave
Afin d’y faire un trou.
“Moi, j’vais trouver ce brave
Pour lui couper le cou !”

Le soldat plein de vie
Sous la femme en furie fut bientôt massacré.
Et elle s’en va le mettre
Oh sans le reconnaître
Dans le trou préparé. (bis)

Le lendemain dès l’aurore
L’estimable Perrier,
Ainsi que Léonore
Viennent pour voir le guerrier.
“Eh bien l’bonjour chère mère
Parlons d’ce militaire
Que vous avez logé !”
“Il est sur la grande route,
Déjà bien loin sans doute
Qui retourne au congé.” (bis)

“Ma mère, c’est une fable
Que vous vous m’contez ici !
Ce soldat estimable
N’est point sorti d’ici !
Réveillez-le de grâce,
Afin que je l’embrasse,
Je l’aime tendrement !”
“Le r’connais-tu ma chère ?”
“Oui maman c’est mon frère,
Qui r’vient du régiment.” (bis)

“Hélas ! Je sens mon crime
Qui m’entraîne à la mort !
Mon fils est ma victime,
Grands dieux, quel triste sort !
Hier soir après la brume,
Pour avoir sa fortune,
J’ai pris mon grand couteau.
Oh de ç-t-enfant aimable
Moi la mère abominable,
J’en deviens le bourreau !” (bis)

Coirault : 9614 Le fils soldat assassiné par ses parents IV.
RADdO : 05292.


25. Paysage sonore : le pressoir lors des vendanges
Enregistré le 14 octobre 1967 à Belan sur Ource (Côte-d’Or) par Jean-Dominique Lajoux.

26. Les voulez-vous connaître, les enfants sans  soucis ? (Les aiguillettes)
Monique Cessot (chant)
Enregistrée le 14 janvier 1954 à Nolay (Côte-d’Or) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
On aime chanter dans le vignoble des côtes de Beaune. Toutefois, le répertoire recueilli sur place par le Musée National des Arts et Traditions Populaires en 1954 était surtout composé de chansons de facture récente, à thématique viticole (Joyeux enfants de la Bourgogne, Chevaliers de la table ronde, etc.). Celle-ci vient visiblement d’un fonds plus ancien et est interprétée par une petite fille de 10 ans. Interrompue au milieu de l’enregistrement par un adulte qui lui reproche d’avoir oublié un couplet, elle ne s’en laisse pas conter et poursuit avec brio.

Les voulez-vous connaître, les enfants sans soucis ?
Il faut les aller prendre un dimanche matin.

Il faut les aller prendre un dimanche matin
Sortant de la grand’messe : “Compagnon d’où viens-tu ?”

Sortant de la grand’messe : “Compagnon d’où viens-tu ?”
Je viens de la taverne, mon argent répandu

Je viens de la taverne, mon argent répandu.
Si tu voulus me croire, ton argent t’aurais eu

Si tu voulus me croire, ton argent t’aurais eu
Tu aurais bu de l’aigre et laissé ce bon vin.

Tu aurais bu de l’aigre et laissé ce bon vin
J’aurais vendu ma robe et mon pourpoint de satin

J’aurais vendu ma robe et mon pourpoint de satin
Rossignolet sauvage, rossignolet joli

Rossignolet sauvage, rossignolet joli
Va t’en dire à ma mie qu’elle n’aura plus d’ami

Va t’en dire à ma mie qu’elle n’aura plus d’ami
Qu’il est parti en guerre, c’est pour le roi servir

Qu’il est parti en guerre, c’est pour le roi servir
Servir le roi, la reine, et sa patrie aussi

Servir le roi, la reine, et sa patrie aussi
Rossignolet sauvage, rossignolet joli

Rossignolet sauvage, rossignolet joli
Va t’en chercher mon fifre et mon tambour joli

Va t’en chercher mon fifre et mon tambour joli
Pour donner des aubades aux enfants sans soucis

Pour donner des aubades aux enfants sans soucis
Qui sont dans la taverne, qui mangent du rôti.

Coirault : 1517 Qu’on m’apporte ma flûte.
RADdO : 02302.

  
27. Valse du Père Cadet
Pierre Appaire (cornemuse), Bertrand Appaire et Pierre Gerbaud (vielle à roue)
Enregistrés le 28 juin 1913 à La Châtre (Indre) par Ferdinand Brunot.
Créée en 1888, la société de l’Indre des Gâs du Berry est, en France, le plus vieux des groupes folkloriques. Ces ensembles ont pour objectif de préserver et promouvoir les traditions d’une région, bien souvent en les reconstituant sur scène (avec des danseurs et comédiens revêtus de costumes). Certains sont très éloignés de toute réalité de terrain, d’autres ont effectué des enquêtes plus poussées. C’est le cas des Gâs du Berry, qui sont basés à Nohant, sur la place du village, en face du château où George Sand finit ses jours. Trois des membres fondateurs de la société sont présents sur cet enregistrement. Ils jouent un morceau devenu un classique en Centre France.

Guillaume Veillet

© 2009 Frémeaux & Associés 

English notes
The Centre
The hurdy-gurdy players and bagpipers in the centre of France are extremely present in the collective imagination of traditional music enthusiasts. They are associated with the mythical universe (sometimes fantasised by the author) featured in George Sand‘s novels, particularly Les Maîtres sonneurs. Traditional practice of these instruments in the Berry, Bourbonnais and Nivernais regions is indeed a reality, and the recordings on this disc by such great performers as Gaston Guillemain or Joseph Fleuret are here to prove it. There are also traces, however, of many other, less-known musical practices from the ancient provinces in the centre of France: singers (some beautiful performances on this record), violinists, harmonica-players and accordionists...
Guillaume Veillet
English translation: Martin Davies
© 2009 Frémeaux & Associés 

Provenance des enregistrements - Durée totale : 55’57   
1. Lili Batillat : Valse du Jean Morin
Issu du 33 tours “Lili Batillat. Musique en Charollais” (G.R.E.T.T. du Charollais et Brionnais GR001). 2’00  
2. Andrée Duffault : La belle s’en va au jardin des amours
Issu du CD-DVD “Andrée Duffault : portrait d’une chanteuse du Berry” (Thiaulins de Lignières). 2’24  
3. Sylvain Robin : Briolée aux bœufs
Fonds Bibliothèque nationale de France. Inédit. 1’48  
4. Jules Devaux et Edith Montardon dite “La Marie” : Bourrée à Malochet
Issu du CD “Portrait de musicien : Jules Devaux. 1913-1989. Le dernier des troubadours” (AMTA PM 71300). 1’18  
5. Juliette Pearron : Tes moutons ma bargère
Issu du 33 tours “Anthologie de la musique traditionnelle française : Musique traditionnelle du Berry” (Le Chant du Monde LDX 74653). 2’58  
6. Jean-Marie Jarillot : Polka de l’Henri Charlot
Issu du CD “Ménétriers du Morvan Vol.3 : Jean-Marie Jarillot 1908-1989” (Mémoires Vives MV III). 1’30  
7. Marcel Thibault : Rossignolet des bois
Issu du 33 tours “Anthologie de la musique traditionnelle française :  Musique traditionnelle du Berry” (Le Chant du Monde LDX 74653). 2’31  
8. Gaston Rivière : En sautant la rivière (bourrée à 2 temps)
Issu du CD “France : la vielle à roue de Gaston Rivière” (Buda Musique / Wongaï Production / Captations Sonores 92694-2). Avec l’aimable autorisation de Gilles Fruchaux  de Buda Musique. 1’35  
9. Paysage sonore : annonce de l’Angélus + chant de quête dit “Roulée des œufs” le lundi de Pâques
Fonds MuCEM. Inédit. 1’49
10. Jean Bizet : Bourrée croisée
Issu du 33 tours “Anthologie de la musique traditionnelle française :  Musique traditionnelle du Berry” (Le Chant du Monde LDX 74653). 1’15
11. Mr Reverdy : La galette (polka)
Issu du 33 tours “Anthologie de la musique traditionnelle française :  Musique traditionnelle du Berry” (Le Chant du Monde LDX 74653). 0’34
12. Paysage sonore : défilé de cortège du Carnaval dit Tape-Chaudron, le soir du lundi-gras. 
Fonds MuCEM. Inédit. 0’36
13. Francis Michot : Du bon matin je me suis levé
Issu du CD : “Ménétriers du Morvan Vol.4 : Francis Michot 1903-1987” (Mémoires Vives MV4). 2’51
14. Henri & Maurice Clément : Bourrée tournée
Issu de la cassette “Ménétriers du Morvan Vol.2 : Henri Clément  (1902-1984) et Maurice Clément (1929-1990)” (Mémoires Vives MVII). 1’42
15. Dialogue chanté entre Mélanie Touzet et Louise Biaud
Fonds Bibliothèque nationale de France. Inédit. 0’41
16. Joseph Fleuret : Scottish à Fleuret
Fonds Thiaulins de Lignières. Inédit. 1’39
17. Jean Pirot : C’est trois maçons jolis
Issu du 33 tours “Anthologie de la musique traditionnelle française :  Musique traditionnelle du Berry” (Le Chant du Monde LDX 74653). 2’51
18. Mr & Mme Laplanche : On te raccourcira ton petit cotillon ma Jeannette (branle d’Ecueillé)
Fonds MuCEM. Inédit. 1’23
19. Bernard Ménager : Branle
Fonds Union pour la Culture Populaire en Sologne. Inédit. 0’49
20. MM. Jean Rameau et Maurice : Bourrées berrichonnes
78 tours Gramophone K-478. Collection Guillaume Veillet. 2’51
21. Informations biographiques sur Gaston Guillemain par Roger Pearron.
Fonds MuCEM. Inédit. 0’49
22. Gaston Guillemain : Quadrille berrichon
Fonds Thiaulins de Lignières.  Déjà publié sur le CD “Les Frères Guillemain. Berry-Bourbonnais” (Silex Y225105). 5’59
23. Gaston & Lucien Guillemain : La marche des cornards
78 tours Odéon. Déjà publié sur le CD “Les Frères Guillemain. Berry-Bourbonnais” (Silex Y225105). 2’28
24. Jean-Marie Martin : Habitants de tout âge (La complainte du fils assassiné)
Fonds MuCEM. Inédit. 5’59
25. Paysage sonore : le pressoir lors des vendanges
Fonds MuCEM. Inédit. 0’35
26. Monique Cessot : Les voulez-vous connaître, les enfants sans soucis ? (Les aiguillettes)
Fonds MuCEM. Inédit. 2’10
27. Pierre Appaire, Bertrand Appaire & Pierre Gerbaud : Valse du Père Cadet
Fonds Bibliothèque Nationale de France. Inédit. 1’44 

Idée originale, choix des morceaux : Guillaume Veillet Textes du livret : Guillaume Veillet, sauf piste 24 : Jean Raïsky.

Remerciements : les collecteurs et interprètes, ou leurs ayants droit ; tout le personnel et les bénévoles des centres et associations partenaires ; la FAMDT et son directeur, Pierre-Olivier Laulanné ; André Ricros ; Reg Hall et Tony Engle du label Topic Records, à qui l’on doit la monumentale anthologie The Voice of the People, consacrée aux musiques traditionnelles d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse et du Pays de Galles ; le Centre International de recherches Interdisciplinaires en Ethnomusicologie de la France (CIRIEF) ; Marie-Barbara Le Gonidec et Valérie Pasturel ; Jean-François “Maxou” Heintzen ; Michel Esbelin ; Marlène Belly ; Georges Delarue ; Yvon Guilcher ; André Maurelli ; Marc Monneraye ; Catherine Perrier et John Wright ; Claude Ribouillault… ainsi que toutes les personnes rencontrées au cours de ces années de recherches qui ont transmis un peu de leur savoir et de leur expérience.

En couverture : Vielleux. Cliché collection Claude Ribouillault.  

Les partenaires de cette édition
Frémeaux & Associés, éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical et parlé, s’attache depuis près de 20 ans à défendre l’ensemble du patrimoine sonore, musical, historique, politique, littéraire et radiophonique en effectuant les recherches historiques, la restauration des disques ou des matrices, et sa mise à disposition auprès du public, des médiathèques et des établissements scolaires.
La Fédération des Associations Musiques et Danses Traditionnelles met en réseau les acteurs des musiques et danses traditionnelles en France. Elle a édité le Guide de traitement des archives sonores et est pôle associé de la BnF sur ce sujet. Elle met en place actuellement le portail du patrimoine oral, donnant accès aux différentes bases de données documentaires sur le domaine.
TRAD Magazine est le bimestriel consacré au monde des musiques et danses traditionnelles. Créé en 1988, TRAD Magazine est devenu la revue française de référence en la matière, et participe à la vie des musiques et danses traditionnelles par le biais d’articles, reportages, chroniques, calendriers…
La Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique, créée en 1851, a pour objectif la défense des droits des créateurs de la musique. Elle assure la gestion collective de la collecte et de la répartition des droits d’auteurs des œuvres musicales de son catalogue. La SACEM est une entreprise privée reconnue et contrôlée par l'État français et chargée d'une mission de service public.
Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée est un musée consacré aux cultures de l’Europe et de la Méditerranée dont l’ouverture est prévue à Marseille. Aux collections de l’ancien musée des Arts et Traditions populaires situé dans le bois de Boulogne, s’ajoutent celles du département “Europe” que conservait le musée de l’Homme à Paris.
La Bibliothèque nationale de France recueille, conserve, enrichit et communique le patrimoine documentaire national. Chargée de la collecte du dépôt légal, elle est la plus importante bibliothèque de France. Ses locaux abritent plus de 13 millions de livres et imprimés et plusieurs millions de manuscrits, cartes, photographies, documents sonores ou vidéos.
L’association Mémoires Vives est membre de la Maison du Patrimoine Oral en Bourgogne, centre de ressources documentaires, de pratiques et d’exposition fédérant de nombreuses associations lui permettant d’être porteur d’une politique culturelle d’ensemble pour les musiques et danses traditionnelles de la région.
Véritable institution des musiques, danses et instruments traditionnels du Berry, le groupe Thiaulins de Lignières, fondé il y a plus de cinquante ans et réuni autour du Château du Plaix, anime des formations, des foires, des festivals et a édité de nombreux CD et DVD.
L’Union pour la Culture Populaire en Sologne réunit 49 associations réparties sur les trois départements de la Sologne (Loiret, Loire & Cher, Cher) dévolues au développement d’activités culturelles liées au patrimoine de la Sologne et à sa valorisation (théâtre, musique, danse, contes, ethnographie, etc.). 

Liste des collecteurs de l'Anthologie France :
Alexandre, Al Leur Nevez, Anakesa, Anthony, Apiou, Aristow-Journaud, Armand, Arsenault, Azoulay, Baly, Bardot, Baudoin, Beaudet, Béraud-Williams, Berluette, Bernard, Bertrand, Bhattacharya, Blandin, Blouët, Bois, Boissel, Boissière,  Bolzon, Bouchot, La Bouèze, Boulanger, Bouthillier, Brandily, Brandywine Friends of Old Time Music, Bromberger, Bruneau, Brunot, Cadoudal, Carpitella, Castell, Casteret, Caumont, Centre Culturel La Marchoise, Challet, Chappuis, Chaventon, Chevallier, Chiasson, Christen, Collectif Vielle en Bretagne, Colleu, Comeau, Cordonnier, Coulomb, Cousteix, Darne, Davy, Delaval, Despringre, Desroches, Des Rosiers, Destrem, Devigne, Deygas, Dubois, Dubreuil, Ducaroy, Duplessis, Durif, Dutertre, Ecole de Musique de Gans, Ehret, Ellébore, Esbelin, Escolo Trencavel, Etay, E Voce di U Cumune, Février, Flagel , famille Gavinet, Gesser, Giometto, Gladu, Groupe d’Animation et de Recherche du Maine, G.R.E.T.T. du Charollais et Brionnais, Guillard, Guilleux, Harismendy, Herrgott, Hervieux, Jacquier, Joisten, Junquèr-d’Oc, Klopocki, Laade, Labelle, Labrie, Lacourcière, Lai Pouèlée, Lajoux, Laperche, Lauprêtre, Laurent, Lazinier, Le Creurer, Léger, Le Lamparo, Lemercier, Lemieux, Lempereur, Le Quellec, Leroux, Le Vraux, Loddo, Lomax, Lortat-Jacob, Los de Romanha, Mabru, Madelaine, Mahé, Marcel-Dubois, Marchand, Martin, Martinod, Mason, Matton, Mazéas, Mazellier, Ménétrier, Montbel, Morel, Morisson, Mosquès, Mouren-Prost, Moureu, Moyse-Faurie, Nioulou, Oller, Oster, Oxtikenekoak, Pacher, Parejo-Coudert, Pasturel, Paulet, Pauty, Pazzoni, Pearron, Perrier, Pichonnet-Andral, Pindard, Piraud, Pôle Régional des Musiques Actuelles de la Réunion, Précourt, Quilici, Quimbert, Raïsky, Redhon, Renaud, Ribardière, Ricros, Rocher, Römer, Ropars, Rouger, Roussel, Roux, Royer, R.T.F., Salesse, Sauvegarde des Traditions Mayennaises, Savard, Servain, Sette, Shields, Siblaires de Lanciour, Terral, Thiaulins de Lignières, Troadeg, Valière, Veillet, Vernay, Vidal, Vie et Traditions d’Artois, Voyer, Vrod, Weiri, Wright.


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EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Valse du Jean Morin - Batillat02'02
02 La belle s'en va au jardin des amours - Duffault02'26
03 Briolée aux boeufs - Robin01'50
04 Bourrée à Malochet - Devaux / Montardon01'20
05 Tes moutons, ma bargère - Pearron03'00
06 Polka de l'Henri Charlot - Jarillot01'32
07 Rossignolet des bois - Thibault02'33
08 En sautant la rivière - Rivière01'37
09 Annonce de l'angélus / chant de quête - Paysage sonore01'51
10 Bourrée croisée - Bizet01'17
11 La galette - Reverdy00'36
12 Défilé de cortège du carnaval dit Tape-Chaudron - Paysage sonore00'38
13 Du bon matin, je me suis levé - Michot02'53
14 Bourrée tournée - Clément01'44
15 Dialogue chanté entre Mélanie Touzet et Louise Biaud - Touzet / Biaud00'43
16 Scottish à Fleuret - Fleuret01'41
17 C'est trois macons jolis - Pirot02'53
18 Branle d'Ecueillé - Laplanche01'25
19 Branle - Ménager00'51
20 Bourrées berrichonnes - Rameau02'53
21 Informations biographiques sur Gaston Guillemain - Pearron00'51
22 Quadrille berrichon - Guillemain06'01
23 La marche des cornards - Guillemain02'30
24 Habitants de tout âge - Martin06'01
25 Le pressoir lors des vendanges - Paysage sonore00'37
26 Les voulez-vous connaître les enfants sans soucis ? - Cessot02'12
27 Valse du père Cadet - Appaire / Gerbaud01'44
"Il fallait collecter, il faut publier, advienne que pourra " par Trad Magazine

"Dieu sait que je n’aime pas vraiment chroniquer les nouveaux CDs. Il faut toute la persuasion de mon rédac’ chef pour me convaincre à chaque fois. Mais là, il y va fort : me faire disserter sur un disque de collectage(s). Une anthologie, même ! L’affaire est entendue d’avance : tout ce que l’on peut trouver dans ce CD est bien sûr indispensable, fondamental, essentiel, je ne vais pas dire le contraire. Néanmoins, je me questionne : à quoi cela sert-il, ou mieux, à qui cela sert-il ?
La question est un brin surréaliste, vu que j’ai moi-même réalisé, il y a déjà pas mal de temps, un CD de collectage dont j’ai la joie de retrouver une piste parmi celles que je suis censé chroniquer. Aurais-je donc produit cet enregistrement “gratuitement”, sans réel projet ? Assurément pas. Mais la nature même de ce qui se joue dans le collectage biaise à peu près tout ce que l’on peut en dire, aussi bien en tant que producteur qu’auditeur. En exagérant (à peine), je pose comme affirmation de départ que les seules collectes qui m’intéressent vraiment… sont les miennes ! Il n’y a pas d’égocentrisme là-dedans, seulement la conviction que l’extrême empathie qui se tresse entre le collecteur et le collecté l’emporte sur toute autre considération. De sorte que, dans ce CD, j’ai couru vers les plages interprétées par mes “connaissances”, soit pour les avoir rencontrées physiquement (Jules Devaux, Roger Pearron, André Duffault), soit pour vivre avec eux un long compagnonnage, lié à mon instrument de prédilection (Gaston Guillemain, Gaston Rivière). En écoutant un disque de collecte, ce sont des proches, des amis, que je retrouve. Les autres, c’est terrible à dire, ne sont qu’une “matière” — certes première et nourricière — dans laquelle je peine à m’immerger, à moins de me réduire à une paire d’oreilles en quête de “tours de mains” et autres éléments stylistiques. Et je me sens confus de dérober ainsi à ces maîtres la partie émergée de l’iceberg qu’ils constituent, faute d’avoir pu échanger avec eux la chaleur et l’humanité qui les fait jouer et chanter ainsi. L’audition d’un enregistrement de collectage nous entraîne trop souvent à préférer les moyens à la fin, le répertoire au style qui le rend aimable, la note au swing qui la sous-tend, le son à la vie qui le fit naître, l’arbre des survivants à la forêt des disparus. On naît toujours trop tard dans un monde trop oublieux.
Scrupules exagérés, me dira-t-on. Peut-être, peut-être pas, mais en tout cas, ces réticences me semblent de nature à mettre un (léger) bémol sur l’enthousiasme éditorial qui nous vaut cet ambitieux projet. Certes, le constat de Patrick Frémeaux est juste : dans l’esprit des Français, les musiques traditionnelles et ethniques sont avant tout extra-hexagonales. Je m’étonne simplement que, parmi les raisons qu’il trouve  à cette frilosité, il n’invoque pas la chose politique, à commencer par l’histoire de notre identité nationale. La lecture des pages introductives de la très belle autobiographie de Mona Ozouf suffira pour convaincre tout un chacun de l’écartèlement qui existe entre une France “abstraite”, produit de la raison et non de l’histoire, et une France des “pays”, celle de la diversité assumée. Et dans ce sens, l’héritage intellectuel universitaire, lui-même produit par notre passé colonial, relève clairement de la première de ces “deux France”. À l’heure où le communautarisme est stigmatisé de partout, la diffusion des sources de musiques traditionnelles d’en France offre un outil original pour étayer notre réflexion sur les inquiétudes de notre futur “vivre-ensemble”, à la lumière de l’extrême diversité que ces enregistrements nous révèlent.
Et c’est là que l’enthousiasme sus-évoqué risque d’être contrarié. Mettre à disposition ce fonds est un geste généreux et digne des plus grands éloges. Mais qui est prêt à le recevoir ? Même au sein de nos musiques, seule une minorité d’acteurs jeunes peuvent faire leur miel de cette audition. Cette affirmation est sans doute élitiste, mais elle est à l’image du contenu de ce coffret : n’est-ce pas là une élite, justement, que nous écoutons ? Et c’est cette élite-là qui a convaincu les autres instrumentistes et chanteurs d’hier d’adopter leurs inflexions et cadences, favorisant la continuité dynamique — ou l’émergence — de styles régionaux ou microrégionaux désormais étudiés et reproduits dans les écoles. À travers l’Hexagone, nous voyons çà et là apparaître et perdurer des “meneurs” au tempérament musical fort, qui jouent le même rôle pour les temps à venir. Certains ont écouté des collectes, d’autres non ; ce n’est pas un critère déterminant pour l’intérêt artistique de leur production. Le principal demeure, et c’est heureux, leur talent. Du côté du public des musiques traditionnelles, en majorité friand de distraction, il ne faut guère attendre de grand élan pour s’immerger dans ces sources, fussent-elles de l’eau la plus fraîche qui soit. Quant au grand public, habitué qu’il est aux sonorités folkloriques volontairement criardes utilisées en arrière-plan des reportages “pittoresques” de nos télévisions abêtissantes, il apparaît plus qu’irréaliste de le croire capable de vaincre les idées reçues dont on l’a si longtemps abreuvé.
Donc je suis résolument pessimiste. Et même plus encore que vous ne le pensez. Les enseignants de musique traditionnelle vont se précipiter sur ce coffret pour illustrer leurs cours, voilà au moins une clientèle assurée. Mais gare au retour de bâton : la “Lagarde-et-Michardisation” nous guette. Combien de fois avons-nous trouvé barbant un passage extrait de son contexte, pour en jouir (parfois sans le reconnaître) un peu plus tard en édition de poche ? Les collectes ne sont accessibles qu’à partir du moment où l’on est prêt à les recevoir. C’est une affaire de goût, d’expérience, de maturité, de rencontres… La vie, quoi. Par conséquent, il nous faut en amont des “facilitateurs” qui accrocheront des oreilles nouvelles. Et qui sauront montrer à certains l’intérêt de se plonger dans les sources originales, pour ensuite tracer leur propre voie. N’oublions pas que la plupart des violoneux d’aujourd’hui ont d’abord écouté Jean-François Vrod avant — peut-être — de découvrir Léon Peyrat.
Alors pourquoi publier ? Pour les médiathèques, les centres de documentation, les bibliothèques universitaires… Quitte à ce que ce coffret demeure poussiéreux sur un rayon pendant une paire d’années. Jusqu’à ce qu’un auditeur atypique s’en rassasie, reproduisant en miroir la démarche des collecteurs qui ont su eux aussi tirer de l’anonymat les chanteurs et musiciens négligés de leurs semblables. Il fallait collecter, il faut publier, advienne que pourra ; ces tâches nous dépassent, nous ne sommes que des fourmis qui peinent à comprendre la logique de la fourmilière. Cette anthologie n’est pas un objet culturel ordinaire, que l’on consomme négligemment, en suivant une mode. Il réclame toute notre attention, et même plus encore. Les CDs de collectages sont autant de bouteilles que nous jetons à la mer tempétueuse de notre monde présent, en espérant qu’un jour — demain ou dans cinquante ans — quelqu’un déguste le nectar qu’elles contiennent."
par J.-F. “Maxou” HEINTZEIN - TRAD MAGAZINE




« Œuvre de grande ampleur » par Mondomix

" Ce coffret de dix CDs aux livrets documentés présente des centaines de chansons, des airs instrumentaux, à danser pour la plupart, des captations sonores de la vie rurale journalière ou réalisées lors d’événements festifs et rituels. Œuvre de grande ampleur, ce voyage au cœur d’archives sonores, de 1900 à aujourd’hui, ne prétend pas à l’exhaustivité. En effet, depuis l’époque des collecteurs du XIXe  siècle, on sait la grande richesse de ce qui constitue la tradition orale en métropole, en outre-mer et au sein des minorités francophones de nations européennes et nord-américaines. Au fil de l’écoute, les pépites abondent. Ainsi, dans ce volume consacré à la Corse, François Bianconi, alors adolescent, nous gratifie d’un chant saisissant à la gloire du Mont Alcudina, enregistré en 1949. Dans celui nommé « Centre France », les frères Guillemin interprètent une marche d’éclatante façon à la vielle et à la cornemuse en 1926 pour Odéon. Dans «Français d’Amérique», en 1972, deux musiciens et chanteurs créoles, Alphonse « Bois Sec » Ardoin et Canray Fontenot font valser leur auditoire sur un air cajun, et ça chavire ! De nombreux chants sont interprétés en solo et c’est dans ce dénuement que la magie des paroles opère. L’art de chanteuses comme Eva Burgaud, en Vendée, Andrée Duffault et Juliette Pearron, en Berry, Norina Sandreyou, en Guyane, ou Marie-Josèphe Bertrand, en Bretagne, en témoigne. Les répertoires se sont transmis en écoutant les membres de son entourage ou parfois par le biais de carnets, des feuilles de colporteurs et, plus récemment, par la radio ou le disque. Les enregistrements présentés proviennent de musées, dont les ex-Arts et Traditions Populaires, d’associations en région et d’irréductibles passionnés, acteurs du folk revival des années 1960 et 1970. Guillaume Veillet, artisan de cette belle somme patrimoniale, a recensé une vingtaine de langues qui y sont chantées ! La prochaine aventure éditoriale pourrait être  consacrée aux communautés issues de l’immigration, où se sont façonnées des pratiques musicales singulières."
Par Pierre Cuny — MONDOMIX




« Pour les amateurs de sons du terroir collectés à la source » par Télérama

« Pour les amateurs de sons du terroir collectés à la source, France : une anthologie des musiques traditionnelles est un coffret de dix CD couvrant dix régions et jusqu’à l’outre-mer et les cousins d’Amérique. Voix bretonnes ou corses, vielles charentaises ou berrichonnes, accordéons vendéens ou auvergnats, parodies religieuses ou chants de labour… »
Par TÉLÉRAMA




« Des complaintes et chants divers, un récit et quelques « paysages sonores » par Le Canard Folk

« Encore un appel de labour mais tout à fait étonnant celui-ci, la « Bourrée à Malochet » par les vielleux Jules Delvaux et Edith Montardon, un clin d’œil de Gaston Rivière (vielle) avec « En sautant la rivière », un chant de quête de Pâques, «Garçons de la montagne» à l’harmonica, une amusante polka chantée « La galette », une bourrée par le père et le fils Clément (violon et accordéon chromatique), une scottish par le cornemuseux berrichon Joseph Fleuret, des bourrées berrichonnes vielle-cornemuse en 1909, un quadrille en 7 figures par le vielleux Gaston Guillaume rejoint par son frère Lucien à la cornemuse pour une brillante « Marche des Cornards », une chanson de vignoble par une charmante fillette de 10 ans en 1954, la célèbre «Valse du Père Cadet» ( en 1913 à La Châtre), des complaintes et chants divers, un récit et quelques «  paysages sonores ». »
Par M. Bauduin — LE CANARD FOLK




« Une amusante suite de branles » par Le Canard Folk

« Cela recouvre la Normandie, le Perche, le Maine, l’Anjou, le Poitou, le Saintonge, l’Angoumois. Au nord et au sud de la Bretagne, donc. Un couple accordéon – trompette pour une mazurka – java, un appel de labour, un intéressant branle de Noirmoutier lors d’une noce en 1956, une marche de noces par un violoniste-chanteur (on imagine qu’il ne tenait pas son violon de manière classique, mais ce n’est pas précisé), une amusante suite de branles maraîchins par différents chanteurs, une maraîchine par une douce vielle à roue en Charente, la complainte « Un jour un jour m’y prend envie» par le chanteur vendéen Pierre Burgaud, la chanson du roi Renaud sur un air tout à fait différent de celui que nous connaissons habituellement, la savoureuse chanson « Les garçons sont trompeurs » par Marguerite Graindorge, un pas d’été très enlevé à l’accordéon diatonique par Lucien Allard, une marchoise au violon par Aimé Bozier. Mais pourquoi un enregistrement de sirènes de bateaux, même si c’est lors d’un pardon ? »
Par M.Bauduin — LE CANARD FOLK




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