SUD-OUEST (1939 - 2006)

UNE ANTHOLOGIE DES MUSIQUES TRADITIONNELLES

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Nombre de CDs : 1


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FA5265

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Sud-Ouest: Pays Basque, Pyrénees, Gascogne, Agenais, Haut-Languedoc, Quercy, Rouergue.

Ce disque regroupe des enregistrements de musiques traditionnelles collectées in situ tout au long du XXe siècle. L’édition a été réalisée dans le cadre du travail muséographique de Guillaume Veillet (collecteur et ancien rédacteur en chef de Trad Magazine), pour diffuser au public un panorama des musiques traditionnelles de France. Il fait partie d’une collection de 10 CDs, organisés par zones géographiques destinés à témoigner de l’apport populaire à l’histoire et à l’actualité de notre patrimoine culturel et artistique.
Patrick Frémeaux

This record was produced in the context of the museum work of Guillaume Veillet (a collector and former editor of Trad Magazine), so as to make available to the public a broad panorama of French traditional music. It is one of a collection of 10 CDs, divided geographically by region, that aim at documenting popular contributions to the history and contemporary nature of our cultural and artistic heritage.

Benjamin Goldenstein

1. De Paris dans Paris - 2. Marche des bœufs - 3. Las femnas de pel puèg - 4. Les garçons mariniers - 5. L’aiga de ròcha (scottish) - 6. La calhe de la calhe (bourrée) - 7. Cocut ent as jagut ? (formulette) - 8. Lo cocut es mòrt - 9. Imitations d’oiseaux - 10. Mon père a des blancs moutons - 11. Apèl de las fedas (appel des brebis) - 12. Dijaus gras qu’a nau motons (branle) - 13. Rondeau - 14. Rondeau - 15. Enguan jo me soi maridat (rondeau) - 16. Rondeaux - 17. Era cançon de grangèr - 18. Congo - 19. Congo - 20. Se io sabiái volar - 21. L’autre jour en me promenant - 22. Sòm-sòm - 23. De sur le pont de Nantes - 24. Lo buta-vam - 25. Lectio epistolae - 26. L’amolaire - 27. Mimologisme du poulet - 28. Enter la ròcha e cotràs - 29. Bourrée de Bethmale - 30. Maudit sia l’amor - 31. Fotetz-me lo camp canalhas (branle) - 32. Bertsolaris - 33. Adios izar ederra - 34. Mascarade souletine - 35. Sortu naiz iparrean.

Droits : Frémeaux & Associés - Groupe Frémeaux Colombini SAS. Avec le soutien de la SACEM, en accord avec les interprètes, les collecteurs, ou leur successions et avec le concours de la FAMDT, le MuCEM, Trad Magazine, la SACEM, la BnF, Dastum, Dastum Bro Leon, Dastum 44, le GCBPV, L’Epille, UPCP-Métive/CERDO, La Loure, Arexcpo, Berluette, Arès, Ellébore, la Bibliothèque nationale de France, l'AMTA, le CRMTL, les Archives Départementales du Cantal, Mémoires Vives, UCPS, Thiaulins de Lignières, le Conservatoire Occitan, La Talvera, Menestrers Gascons, l'Institut Culturel Basque, l’Institut Occitan, l’AMTP du Quercy, le CMTRA, la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, le Musée Dauphinois, le CIMP, la Phonothèque Nationale Suisse, Terres d’empreintes, le Centre d’Etudes Francoprovençales René Willien, le Musée de la Corse, l’INA, Voce, la Collectivité Territoriale de Corse, le CADEG, Takamba, le PRMA, ADCK, Rèpriz, les Archives de folklore et d’ethnologie de l’Université Laval, le Centre d’Etudes Acadiennes Anselme Chiasson, le Centre Franco-Ontarien de Folklore, Archives of Cajun and Creole Folklore."

France - Sud-Ouest

Sud-Ouest
Pays basque, Pyrénées, Gascogne, Agenais, Haut-Languedoc, Quercy, Rouergue
Enregistrements réalisés entre 1939 et 2006









La large zone couverte par ce disque est principalement de culture occitane, à l’exception du Pays basque français (à l’ouest de l’actuel département des Pyrénées-Atlantiques), extrémité nord d’un ensemble plus vaste dont la majeure partie est située sur le territoire espagnol. Les Basques ont parfois des pratiques musicales proches de celles de leurs voisins béarnais. On peut distinguer plusieurs grandes zones culturelles dans le Sud-Ouest occitan de la France : l’aire pyrénéenne (marquée par la pratique du chant polyphonique ou plurivocal en Béarn et en Bigorre), la Gascogne (dont le rondeau est la danse emblématique), le Haut Languedoc (dont l’association CORDAE/La Talvera a bien documenté la richesse des traditions musicales) ou encore les anciennes provinces du Quercy et du Rouergue, proches culturellement de l’Auvergne voisine (on y danse la bourrée, par exemple).

- Pour chaque morceau sont indiqués, à la suite du titre : l’interprète, l’instrument pratiqué, la date et le lieu d’enregistrement, ainsi que le nom du collecteur.  Il a également été choisi de préciser le département, et donc de respecter le découpage administratif actuel. D’autres choix auraient été possibles, du fait de la superposition en France de divers référents territoriaux et aires culturelles : terroirs ou “pays”, anciennes provinces, régions… 

- Pour une identification plus précise de la provenance de chaque extrait (fonds d’archives, publications précédentes), ainsi qu’un minutage précis, on se reportera en fin de livret, à la rubrique Provenance des enregistrements.

- En ce qui concerne les titres dans une langue autre que le français, il a été choisi de respecter la graphie de la source d’origine (publication antérieure, référencement dans le centre d’archives).

- On trouvera sur le site Internet www.fremeaux.com le texte intégral des chansons, ainsi que l’identification de celles-ci dans le Répertoire des chansons françaises de tradition orale Coirault-Delarue et le Répertoire du patrimoine ethnomusicologique RADdO-Ethnodoc (http://www.raddo-ethnodoc.com/).


1. De Paris dans Paris
Chanteurs de Came
Enregistrés le 14 juin 2002 à Came (Pyrénées-Atlantiques) par Jean-Jacques Casteret lors d’une fête.
Le groupe des chanteurs de Came, dans le Bas-Adour, a été constitué au début des années 1970. Parmi les fondateurs, certains avaient appris leur répertoire dans la tradition orale communautaire, et l’avaient transmis aux plus jeunes. La formation actuelle est composée d’une douzaine d’interprètes, âgés de 30 à 70 ans, qui chantent des pièces traditionnelles recueillies localement.

De Paris dans Paris,
Sur la place publique,
(bis)
Il vient à passer le Grand Chasseur du Roi ;
Rencontre une bergère qui tremblait de froid.
(bis)

“Bergère, si vous avez froid,
Je vous donne ma couverture.
(bis)
Et mon manteau gris et ma capote aussi,
Mon joli coeur en gage s’il vous fait plaisir.”
(bis)

“De votre joli coeur,
Je vous en remercie
(bis)
Car je l’ai promis à mon mignon berger,
Au son de la musette il me fera danser.”
(bis)
 ”De ton mignon berger,
N’en fais pas tant la fière !
(bis)
Il s’est engagé au service du roi ;
J’en suis son capitaine depuis hier au soir.”
(bis)

“De s’être engagé
Cela n’est pas possible
(bis)
Je le vois venir ce joli coeur d’amour,
Descendre la colline et me dire bonjour.”
(bis)

Coirault : 3806 La couverture.
RADdO : 00035.

  
2. Marche des bœufs
Fifres et tambours de Gans
Enregistrés au début des années 1990 à Gans (Gironde).
Les ripataulèras sont des formations musicales composées de fifres et de tambours. Elles animent depuis des siècles la vie musicale du Bazadais, aux confins de la Haute Lande et du vignoble bordelais. A Gans, cette tradition a été sauvée du déclin à la fin des années 1980, quand les jeunes du village ont manifesté leur désir de prendre le relais et de se former auprès des anciens. Les musiciens enregistrés ici sont âgés de 9 à 75 ans. Cet air de défilé est joué lors de la fête des bœufs gras, à l’occasion du Carnaval.

3. I a pas de femnas pus aluradas (Las femnas de pel puèg)
Marie Mirou (chant)
Enregistrée en 1991 à Saint-Julien-de-Piganiol (Aveyron) par Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera. 
Une chanson pleine d’humour sur le thème courant dans la tradition des maris cocus. Elle était très répandue dans les communes du Cantal limitrophes du canton aveyronnais de Decazeville (dont Cassaniouze, village d’origine de Marie Mirou). 

I a pas de femnas pus aluradas
Que las femnas de pel puèg
Que las femnas de pel puèg

E to la la
La dera deròt
E to la la


Se n’anavan per las velhadas
Daissavan lor marí al lièt…

E onze oras sonavan
Mièja nuèt un pauc plan prèp…

Lor marí lor demandava :
“Pauras femnas d’ont venètz ?...”

“Venèm d’aval de per la ribèira
De virar l’aiga de pel prat…

E se ba nos volètz pas crèire
Agachatz nos lo freta-pès…

Tres o quatre jorns aprèssa
Tòmban malaudas al lièt…

Calrà anar cercar lo vicari
Lo medecin per las garir…

Quand lo medecin arriba :
“Pauras femnas encentas sètz !”

Quand lo vicari arriba :
“Paures òmes cocuts sètz !”

Coirault : à rapprocher de 5908
Les femmes qui ont pris froid aux pieds I
RADdO : 02921.

Il n’y a pas de femmes plus délurées
Que les femmes de la montagne
Que les femmes de la montagne

Et tou la la
La dera dirette
Et tou la la

Elles s’en allaient pendant les veillées
Laissant leur mari au lit…

Et onze heures sonnaient
Et presque minuit…

Leur mari leur demandait :
“Pauvres femmes d’où venez-vous ?...”

“Nous venons de là-bas, du bord de la rivière
De dévier l’eau du pré…

Et si vous ne voulez pas nous croire
Regardez le paillasson…”

Trois ou quatre jours après
Elles se mettent au lit malades…

Il faudra aller chercher le vicaire
Le médecin pour les guérir…

Quand le médecin arrive :
“Pauvres femmes vous êtes enceintes !”

Quand le vicaire arrive :
“Pauvres hommes vous êtes cocus !”




 

4. Me promenant le long d’un bois charmant (Les garçons mariniers)
Félix Trébosc et Gaston Soulié (chant)
Enregistrés le 13 janvier 1994 à Jouels, Sauveterre de Rouergue (Aveyron) par Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera.
Félix Trébosc (né en 1924) est un remarquable chanteur du Ségala aveyronnais, au répertoire à la fois en français et en occitan. Il a appris cette chanson sur les chantiers où il travaillait à la fin des années 1940. Il est accompagné par son ami Gaston Soulié (né en 1923).

Me promenant le long d’un bois charmant
J’ai rencontré trois garçons mariniers
Trois mariniers venant de Normandie
Tous les trois m’ont prié d’rentrer dans leur navire.

Dans leur navire ne fûmes pas rentrés
Que le vent du nord se mit à souffler
Souffler souffler d’une telle tourmente
Qu’il nous a transportés de sur la mer flottante.

Sur la mer flottante sept ans je suis resté
Sans aller revoir la terre pour y aborder
En m’écriant : “Ma mère ma douce mère !”
Sans jamais oublier le château de mon père.

Que diront les gens de mon pays
D’avoir passé sept ans sans revenir ?
Je leur dirai que j’étais à l’ombrage
Là-bas, là-bas sous un tendre feuillage.

Que me diront les gens de mon quartier
D’avoir passé sept ans sans rien gagner ?
Je leur dirai que j’étais dans les îles
Que je faisais la cour à d’autres belles filles.

Fillettes qui êtes à marier
Ne prenez pas un garçon marinier.
Les mariniers sont des trompeurs de filles
Plus de cent mille fois je m’en suis repentie. 

Coirault : 1314 Le charmant matelot qui revenait des îles
RADdO : 00677.

 
5. L’aiga de ròcha (scottish)
Gilbert Garrigoux de Saint-Cirgues (Lot) (a) et Marcel Lavergne de Sousceyrac (Lot) (b) (accordéon chromatique)
Enregistrés en 1989 dans le Lot par Xavier Vidal pour l’AMTP Quercy.
Gilbert Garrigoux (1926-1997) et Marcel Lavergne (1911-2000) jouent une scottish bien connue, enregistrée notamment par Martin Cayla sous le titre L’aiga de ròsa.  

6. La calhe de la calhe (bourrée)
Félix Trébosc (chant et podorythmie)
Enregistré le 24 juin 1994 aux Cazes, Sauveterre-de-Rouergue (Aveyron) par Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera.
Félix Trébosc (voir piste 4) aime faire danser avec son harmonica ou, comme ici, à la voix, tout simplement. Cette bourrée-jeu est connue dans tout l’Aveyron.

“La calhe de la calhe
Ont as tu lo niu ?”
(bis)

“Sul truc de La Bastida
Del puèg de Montbresson.”
(bis)

“Mès digas-me tu la calhe
De qué I a dedins ?”
(bis)

“Dels uòus coma los autres
Un briat pus polits !”
(bis)

Coirault : 10506 La caille et son nid
RADdO : 04905.

“La caille de la caille
Où as-tu ton nid ?”


“Sur la butte de La Bastide
A la colline de Montbressou.”


“Mais dis-moi la caille
Qu’y a-t-il dedans ?”


“Des oeufs comme les autres
Un peu plus jolis !”




 
 
7. Cocut ent as jagut ? (formulette)
Célina Naujac de Pomayrols (Aveyron) (voix)
Enregistrée le 21 juin 1991 à Naves d’Aubrac, Aurelle Verlac (Aveyron) par Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera.

“Cocut ! Ent as jagut ?”
“Al Mont Agut !”
“Que I as fach ?”
“Un ostal traucat !”
“Qual t’a adujat a lo far ?”
“Monsur Bernat !”
“De que li as donat ?”
“Un uòu coat !”
“De que n’as fach ?”
“L’ai vendut !”
“Quant n’as fach ?”
“Cent escuts !”

RADdO : 06366.
“Coucou ! Où as-tu dormi ?”
“Au Montagut !”
“Qu’y as-tu fait ?”
“Une maison trouée !”
“Qui t’a aidé à la faire ?”
“Monsieur Bernat !”
“Que lui as-tu donné ?”
“Un oeuf couvé !”
“Qu’en as-tu fait ?”
“Je l’ai vendu !”
“Combien l’as-tu vendu ?”
“Cent écus !”


 
 
8. Lo cocut es mòrt
Agnès Lagarrigue de La Sauzière Saint-Jean (Tarn) (chant)
Enregistrée le 3 octobre 1993 à Brens (Tarn) par Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera.
Le coucou (cocut) est très présent dans l’oralité (chants, contes, formulettes…). On associe cet oiseau, qui pond dans le nid des autres, à l’idée de cocuage. 

Lo cocut es mòrt
Es mòrt a Paris
I an tampat lo cuol
Amb’ un grut de ris.

As pas entendut
Cantar la cigale
As pas entendut
Cantar lo cocut


Lo cocut es mòrt
Es mòrt en Espanha.
I an tampat lo cuol
Amb’ una castanha.

Lo cocut es mòrt
Es mòrt a Tolon.
I an tampat lo cuol
Amb’ un gròs bochon.

Lo cocut es mòrt
Es mòrt a Marselha
I an tampat lo cuol
Amb’ una botelha.

Lo cocut es mòrt
Es mòrt a Narbona
I an tampat lo cuol
Amb’ una bombona.

Lo cocut es mòrt
Es mòrt en Africa
I an tampat lo cuol
Amb’ una barrica.

Coirault : 10438 Le coucou est mort
RADdO : 04925.

Le coucou est mort
Il est mort à Paris
On lui a bouché le cul
Avec un grain de riz

Tu n’as pas entendu
Chanter la cigale
Tu n’as pas entendu
Chanter le coucou.

Le coucou est mort
Il est mort en Espagne.
On lui a bouché le cul
Avec une châtaigne.

Le coucou est mort
Il est mort à Toulon.
On lui a bouché le cul
Avec un gros bouchon.

Le coucou est mort
Il est mort à Marseille.
On lui a bouché le cul
Avec une bouteille.

Le coucou est mort
Il est mort à Narbonne.
On lui a bouché le cul
Avec une bonbonne.

Le coucou est mort
Il est mort en Afrique.
On lui a bouché le cul
Avec une barrique. 
            


 

9. Imitations d’oiseaux
Marcel Najac (voix)
Enregistré le 17 janvier 1989 à La Croix d’Aisol, Saussenac (Tarn) par Daniel Loddo et Xavier Vidal pour le CORDAE / La Talvera.
M. Najac (1909-1992), par ailleurs bon musicien, était un apelent réputé : il imitait les oiseaux afin de les attirer près des chasseurs. Il nous livre ici un bel éventail de son talent, agrémenté de commentaires en occitan. 

10. Mon père a des blancs moutons
Louis Mas (chant) et Charles Alexandre (craba)
Enregistrés en 1973 au Mas-Cabardès (Aude). 
La craba ou bodega, une grande cornemuse faite à partir du corps entier d’une chèvre, était autrefois pratiquée dans la Montagne Noire et le Sidobre. Les derniers joueurs de tradition ont disparu dans les années 1950 et 1960 et aucun n’a été enregistré. Charles Alexandre (1933-2001) s’était pris de passion pour cet instrument. Il rencontra plusieurs anciens musiciens, malheureusement trop âgés pour pouvoir jouer. Parmi eux, Louis Mas, qui par contre n’avait rien perdu de son talent de chanteur et est accompagné ici à la craba par Charles Alexandre lui-même.

Mon père a des blancs moutons
Moi j’en suis la bergère.

Moi j’en suis la bergère dondaine dondaine dondon
Moi j’en suis la bergère don dondaine dondaine dondon

La première fois que je les ai gardés
Le loup m’en a pris quinze.

Un cavalier vient à passer
Me ramena les quinze.

Quand nous tondrons nos blancs moutons
Nous partagerons la laine.

“De la laine je n’en veux pas
Je veux votre coeur en gage.”

“Mon coeur en gage vous ne l’aurez pas
Sans savoir qui vous êtes.”

Coirault : 4002 La bergère aux cinq cents moutons
RADdO : 01823.

 
11. Paysage sonore : Apèl de las fedas (appel des brebis)
Lucette Celariès (voix)
Enregistrée le 4 avril 1990 à Fau-Montanha, commune de Saint-Amans-Valtoret (Tarn) par Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera. 

12. Dijaus gras qu’a nau motons (branle)
Aubestin Cauhapè, Suzanne Casaux, Aubestin Casaux et Jean-Gabriel Cauhapè (chant)
Enregistrés en 1986-87 à Laruns (Pyrénées-Atlantiques) par Crestiana Mosquès avec Henri Marliangeas (prise de son).
En Béarn, le branle était pratiqué dans sa forme chantée en chaîne ouverte, et se dansait traditionnellement l’hiver à l’occasion des bals de la période de Carnaval. Le texte de cette chanson fait d’ailleurs référence au Jeudi Gras. Aubestin Cauhapè (1914-1992), ancien berger et grand chanteur de la vallée d’Ossau, l’interprète en famille.

Dijaus gras qu’a nau motons
E tots son bèths e tots son gras
Atau dançan, dançan, dançan
E tots son bèths e tots son gras
Atau dançan dijaus gras.

Dijaus gras qu’a ueit motons…

Coirault : 101B23 Les neuf porcs du Mardi gras
RADdO : 05629.

Jeudi Gras a neuf moutons
Tous sont beaux et tous sont gras
Ainsi danse, danse, danse
Tous sont beaux et tous sont gras
Ainsi danse Jeudi Gras.

Jeudi Gras a huit moutons
     


 
 
13. Rondeau
Pierre Lasséville (flûte à 3 trous et chant)
Enregistré le 14 juin 1965 à Cap Lanne, Cazalis (Gironde) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
Si le terme “rondeau” se retrouve dans toute la Gascogne, il recouvre des réalités différentes selon les endroits et pouvait se danser en chaine ou par couples. Pierre Lasséville, berger, explique sa passion pour cette danse aux enquêtrices du Musée National des Arts et Traditions Populaires. Il joue de la flûte à 3 trous, autrefois répandue dans la Gascogne des plaines et qu’on retrouve sous une forme proche plus au sud, en Béarn et Pays basque, accompagnant le tambourin à cordes (voir piste 31).

Qui t’a cargat la gala, Torrin?
Qui t’a cargat la gala ?
I-ala-te-la, i-ala-te-la
Son las goiatas de Sent Sever 



Qui t’a transmis la gale, « Tourrin »*?
Qui t’a transmis la gale ?
Emporte-la, emporte-la
Ce sont les filles de Saint-Sever

* Le « tourrin » est une soupe à l’ail ou à l’oignon.
Ici, surnom d’un homme.

 
14. Rondeau
Léa Saint-Pé de Polastron (Gers) (accordéon diatonique) accompagnée par le groupe Perlinpinpin fòlc (Alain Cadeillan, Jean-Pierre Cazade, Christian Lanau, Jean-Luc Madier et Marc Perrone)
Enregistrés en 1977 à Samatan (Gers) pour le label Junquèr-d’Oc lors d’une veillée au foyer rural. 
Léa Saint-Pé avait animé les bals dans la région de Samatan avant-guerre, rôle rarement tenu par une femme. Son style était remarquable : un grand sens de la cadence (essentiel pour faire danser) et un jeu de main droite en accords, très ornementé. Dans les années 1970, elle eut l’occasion de jouer en compagnie de jeunes musiciens revivalistes, dont l’emblématique groupe Perlinpinpin fòlc. 

15. Enguan jo me soi maridat (rondeau)
Marcelle Boué (chant)
Enregistrée le 18 avril 1974 à Lahas (Gers) par Maurice Roux.
Voici cette fois un rondeau chanté, par une interprète qui avait pratiqué passionnément cette danse dans sa jeunesse. Son sens de la danse ressort d’ailleurs dans sa manière de chanter.

Enguan jo me soi maridat
E la hemna que m’èi presa
La n’èi totjorn beveda

La n’èi totjorn peu torn deus hons
Que sembla estar un carretin
Jamès au torn de l’aiga
la guaites pas qu’i caija

S’aquò tu dives contunhar
La clau deu chai te vau tirar
Quan me n’anga i-en campanha
te cal’rà béver aiga

Que non que non tròç de coquin
Tu beuràs l’aiga jo le vin
Le vin que me regosta
E l’aiga que me’n degosta

Le vin de merilha que me requenquilha
Le vin d’aramon hè petar le bosson.



Cette année je me suis marié
Et la femme que j’ai prise
Est toujours ivre

Elle est toujours au pied des barriques
On dirait un petit veau (*)
Jamais près de l’eau (pour laver),
Pas de crainte qu’elle y tombe

Si tu dois continuer ainsi
Je vais te confisquer la clé de la cave
Quand je m’absenterai
Il te faudra boire de l’eau

Oh que non que non fieffé coquin
Toi tu boiras l’eau moi le vin
Le vin me met en appétit
Et l’eau me dégoûte

Le vin de mérille me requinque
Le vin d’aramon fait claquer le bouchon (**)

*   Sous entendu : qui ne cherche qu’à téter
** La mérille et l’aramon sont deux cépages régionaux
 
16. Rondeaux
Henri Dauba (violon)
Enregistré au début des années 1980 à Haut-Mauco (Landes) par Jacques Baudoin.
Henri Dauba, dit “Le Bernos”, né en 1901, anima les bals et les noces de la région de Saint-Perdon de 1921 à 1936. Il s’arrêta parce que les airs changeaient et qu’il s’était marié. Son répertoire était principalement constitué de rondeaux agrémentés des danses populaires à la fin de la guerre de 1914-18. Son jeu totalement dédié à la danse et son style complexe à base de bourdons et de quintes parallèles sont tout à fait caractéristiques du Marsan, région des Landes où la pratique du violon était particulièrement importante. Ce violoneux jovial, grand danseur capable de mener le rondeau en jouant, s’amusait souvent à faire passer la noce sur le tas de fumier et disait : “un bon violoneux doit avoir la cadence”. 

17. Cantatz dab allegressa (Era cançon de Grangèr)
Bernard et Bastien Miqueu (chant)
Enregistrés le 24 novembre 2006 à Bénac (Hautes- Pyrénées) par Pascal Caumont.
Le chant polyphonique fait partie intégrante de la culture populaire en Béarn et Bigorre. Sa pratique ouverte et spontanée permet à toute la communauté de s’y associer. Le répertoire local se compose à parts égales de chansons françaises et occitanes. Celle-ci raconte l’exploit du déserteur Jean-Marie Soumprou, dit “Grangèr” qui, en 1836, réfugié dans une cabane en haut de la montagne de Bigalom, avait repoussé vaillamment les gendarmes de Lourdes. Ce chant s’interprète généralement à 2 voix. Il occupe une place de choix dans le répertoire de Bernard Miqueu (né en 1951) et de son fils Bastien (né en 1980).

Cantatz dab allegressa, aulhèrs de Bigalom
Eths gendarmas de Lorda, pojats ja crei que’n son
“Que cercam un brave òmi, Joan Maria de Grangèr ;
Qu’ei en acera cabana ath pè deth Amporèr.”

Eths cans en sentinèla se’n botan a lairar ;
Devath era cabana se’n botan a cridar.
“Anem, mossurs, adara, aulhèrs, qu’evs cau lhevar !
Qu’ètz eth lop enas òlhas, que las se vòu minjar.”

Arrodèr que se’n lhèva coma èra eth permèr ;
Eths gendarmas ena pòrta que’u ne gahèn tanben.
Grangèr que I ei encòra, que guèrda quin pòt hèr ;
Que’n sauta ena crabina deth gendarma Amarèr.

Amarèr crida ath òmi : “Lèisha m’estar, Grangèr !
Se’m tornas eras armas, no’t dàrei ath darrèr.”
Crabina, baioneta, tot que se n’ac portè,
Tot en dançant ua valsa that pelat deth Lasèr.

“Adishatz, mossur Arro, que ve’n portaratz plan…
Qu’avem hèit era torniada, que la nse vatz signar.
Non v’ac gosam pas díser çò qui n’sei arribat,
En acera montanha, Grangèr ns’a desarmats.”

Tres aulhèrs ena montanha qu’an hèit era cançon,
E se non ei plan hèita, qu s’i pòden tornar.
Tot en bevent ua tassa, que la pòden cantar !
Tot en bevent ua tassa, que la pòden cantar !

RADdO : 06361.
Chantez avec allégresse, bergers de Bigaloum
Les gendarmes de Lourdes, je crois qu’ils sont montés.
“Nous cherchons un brave homme, Jean-Marie dit Grangé ;
Il est dans cette cabane au pied de l’Ampouré.”

Les chiens de garde se mettent à aboyer ;
Sous la cabane ils se mettent à hurler.
“Allons, messieurs, maintenant, bergers, il faut vous lever !
Vous avez le loup dans la bergerie, il veut manger les brebis.”

Arrodé se lève puisqu’il était le premier ;
Les gendarmes le prirent quand il passa la porte.
Grangé y est encore, il cherche quoi faire ;
Il saute alors sur la carabine du gendarme Amaré.

Amaré lui crie : “Laissez-moi, Grangé !
Si tu me rends les armes, je te laisserai t’en aller.”
Carabine, baïonette, il emporta tout,
Tout en dansant une valse sur la montagne de Lasé.

“Bonjour, monsieur Arro, vous allez être content…
Avons fait le rapport de la tournée, vous allez nous le signer
Nous n’osons pas vous dire ce qui nous est arrivé.
Dans cette montagne, Granger nous a désarmés.”

Trois bergers dans la montagne ont fait cette chanson,
Et si elle n’est pas bien faite, ils peuvent recommencer.
Tout en buvant un verre, ils peuvent la chanter !
Tout en buvant un verre, ils peuvent la chanter !

 
 
18. Congo
Jeanty Benquet (cornemuse landaise ou boha)
Enregistré en 1939 à Bazas (Gironde).
La cornemuse landaise, souvent appelée boha, se pratiquait dans la seconde moitié du XIXe siècle sur une zone correspondant approximativement à l’actuelle forêt landaise. Elle faisait danser, mais accompagnait également les fêtes locales comme les défilés de bœufs gras ou de conscrits. Son usage a peu à peu décliné après 1918, sauf dans les groupes folkloriques. Jeanty Benquet (1870-1957) est le seul bouhayre de tradition à avoir été enregistré, alors qu’il se produisait au sein de l’ensemble “Lou Bazadès”. Il joue ici un congo, danse locale qu’on relie parfois à l’ancien menuet. 

19. Congo
Jean Nadau de Vielle-Soubiran (Landes) (vielle à roue)
Enregistré dans les années 1980 par Jacques Baudoin, Michel Harismendy et Lothaire Mabru avec Henri  Marliangeas (prise de son).
Une centaine de vielleux étaient en activité dans les Landes de Gascogne au début du XXe siècle. Parmi eux, Pierre Saint-Loubert (1879-1960), musicien de bal connu pour son sens de la cadence et qui eut de nombreux disciples. Jean Nadau était l’un d’entre eux. Dans les années 1930, il  parcourait à vélo la région des Petites-Landes pour animer bals de quartier et noces. Puis son instrument, moins adapté que la clarinette et le piston aux nouvelles chansons à la mode, fut moins demandé.  

20. Se io sabiái volar
Félicien Beauvier (chant)
Enregistré en mai 1979 à Parranquet (Lot-et-Garonne) par Pèire Boissière.
Autrefois, dans le Haut-Agenais, le travail de moissons était accompagné par des chansons, interprétées en groupe. Celle-ci est très ornée, avec des variations mélodiques improvisées d’un couplet à l’autre. M. Beauvier (1894-1984) avait également appris le chant grégorien dans sa jeunesse. 

Se io sabiái volar
Coma la perditz vòla lanlà lanlà lanlà
Coma la perditz vòla lanlà dondon

Io m’aniriái pausar
z-al castèl chas ma miga

Durbètz miga durbètz
Ci votre amant qu’arriba

Coment vos durbiriái ?
Soi dans mon lit malade

Coirault : 111 L’amant aux quatre lévriers
RADdO : 02050.

Si je savais voler
Comme la perdrix vole lanla…


J’irais me poser
Au château chez ma mie

Ouvrez, mie, ouvrez
Voici votre amant qui arrive

Comment vous ouvrirais-je ?
Je suis dans mon lit malade



 

21. L’Autre jour en me promenant
Hélène Lassort (chant)
Enregistrée en 1982 à Sérignac-Pèboudou (Lot-et-Garonne) par Pèire Boissière et Monique Bolzon pour l’association Los de Romanha.
Un autre chant de moissons du Haut-Agenais, par Hélène Lassort (1901-1989).

 
L’autre jour en me promenant
Ò lanlà lalirà tot lo long d’una sèga

Ne’n rancontrèri un niuc d’ausèl
Que ressemblav’ la trida

Io ne’n levèi lo mèi galhard
Lo portèri a ma miga

- Tenètz miga, aquí un ausèl
Metètz-lo en gabinhòla

En gabinhòla lo metèt
Sèt ans tres jorns i demorèt
Sans manger ni sans boire

Al bot d’aquels sèt ans tres jorns
L’ausèl pren la volèia

Se’n vai pausar sul boisson blanc
Per minjar d’aussanèlas

- Tòrna tòrna petit ausèl
Tòrna en gabinhòla

Te donarèi de mon pan blanc
E dels choux à la crèma

Te menarèi al riu corent
Per beure d’aiga clèra


L’autre jour en me promenant
Oh lanla… tout le long d’une haie

J’ai trouvé un nid
Qui ressemblait celui d’une grive

J’ai déniché le plus vigoureux (des oisillons)
Je l’ai porté à ma mie

-Tenez, mie, voici un oiseau
Mettez-le en cage

 En cage elle l’a mis
Sept ans et trois jours il y est resté
Sans manger ni sans boire

Au bout de ces sept ans et trois jours
L’oiseau prend son envol

Il va se poser sur l’aubépine
Pour manger des cenelles*

- Reviens, reviens, petit oiseau
Reviens en cage

Je te donnerai de mon pain blanc
Et des choux à la crème

Je te conduirai au ruisseau
Pour boire de l’eau claire

* Cenelle : fruit de l’aubépine


22. Sòm-sòm (berceuse)
Hermine Calastrenc (chant)
Enregistrée en juillet 1987 à Lanta (Haute-Garonne) par Xavier Vidal pour le CORDAE / La Talvera.
Une berceuse très connue, interprétée par Hermine Calastrenc (1908-1999), chanteuse du Lauragais. 

Som, som, véni, véni, véni,
Som, som, véni, véni, d’en dacom

La som som es arribada,
A caval sus una craba.
Partira doman maitin,
A caval sus un rossin.

Coirault : 7701 Le som som veut pas venir
+ 7705 Le sommeil s’en est allé

RADdO : 03190 + 03194.

Sommeil, sommeil, viens, viens, viens
Sommeil, sommeil, viens, viens, d’ailleurs

Le sommeil est arrivé,
A cheval sur une chèvre.
Il partira demain matin,
A cheval sur un canasson. 





 

23. De sur le pont de Nantes
Rémy et Louis Farrand (chant)
Enregistrés en 1993 à Cambounés (Tarn) par Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera.
La malice d’une jeune fille permet à son amant d’échapper à la prison. Rémy et Louis Farrand interprètent cette chanson sur une belle mélodie au tempérament modal.

De sur le pont de Nantes, allant me promener
J’ai rencontré une fille, voulant la saluer
La justice de Nantes m’a rendu prisonnier.

Quand la belle entend dire que son amant est pris
Elle s’habille en page, en postillon joli.
De sur son cheval monte et va voir son ami.

A la prison de Nantes, la belle se rendit :
“Oh bon geôlier de Nantes, donnez-moi permission
De parler à mon maître qui est dans la prison.”

“Puisque c’est votre maître, allez lui donc parler.
Faites courte parole avec le prisonnier
La justice de Nantes va venir le juger.”

Quand à la prison je fus, à mon amant j’ai dit :
“Quitte tes habits vite, prends les miens promptement
De sur mon cheval monte, va-t-en comme le vent.”

“Comment veux-tu que je fasse, je suis connu aprtout ?”
“En passant dans la ville marche modestement
Au-delà de la ville, va-t’en comme le vent.”

Mais au bout d’un quart d’heure, la justice entra :
“Oh bon juge de Nantes n’auriez-vous pas compassion
De juger une fille habillée en garçon ?”

“Si vous êtes une fille, nous voulons le savoir.”
“Oui, je suis une fille de l’étranger pays.
Croyant d’être surprise, moi j’ai changé d’habits.”

“Si vous êtes une fille, dites-nous votre nom.”
“Je m’appelle Marguerite, Marguerite est mon nom,
Fille d’un gentilhomme de noble condition.”

“Sortez, sortez friponne, sortez de la prison!”
“Je ne suis point friponne, fille de condition,
Mon père et ma mère ont de riches maisons.”

De sur le pont de Nantes, le roi fait publier
Que personne ne rentre sans être visité.
La ruse d’une fille a son amant sauvé.

“Allez dire au roi que je me ris de lui
De lui, de sa justice, de leurs bonnets carrés
Avec mon bonnet rouge j’ai mon amant sauvé.”

Coirault : 1428 La fille qui s’habille en page
RADdO : 01365.

 
24. Lo Buta-vam
Marcel Bacou (1909-1985) (accordéon diatonique)
Enregistré en 1982 à Anglés (Tarn) par Daniel Loddo et Alain Roussel pour le CORDAE / La Talvera.
Marcel Bacou (1909-1985) avait d’abord mené les bals à l’accordéon diatonique, avant de s’adapter à l’évolution des goûts musicaux et d’acheter un chromatique pour se consacrer au répertoire musette. Il ne délaissa toutefois jamais son premier instrument, avec lequel il jouait des airs plus anciens, comme celui-ci.  

25. Lectio epistolae (épître)
Raymond Hébrard et André Arnal (chant)
Enregistrés le 28 novembre 1991 à Laguépie (Tarn-et-Garonne) par Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera.
Les parodies religieuses sont très répandues dans l’oralité. Le contraste entre l’histoire racontée, souvent facétieuse, et la gravité feinte de l’interprétation (emploi du latin, de mélodies utilisées dans la liturgie, de gestes rituels) provoque à coup sûr l’hilarité. Cette épître conte le triste sort d’une chèvre, tuée d’une pierre pour avoir volé des choux et des céleris dans le jardin du voisin.

Lectio epistolae
Aviái una craba qu’aviá qu’un pè.
Sautèt per l’òrt del vesin
Li mangèt tot lo caulet e lo lapi.
Lo vesin sortiguèt un ròc a la man
E t’i fotèt aquò
Entre mièg lo cap e la cuia.
La craba faguèt “mementum”.
Anguèron quèrre lo medecin de Carcassona
Qu’èra una brava persona.
Li me fotèt la man jol ventre
E lo nas al trauc del cuol
Per veire se polsava.
La craba agèt fach mementum.
Amen.

RADdO : 06368.
Lectio epistolae                                   
J’avais une chèvre qui n’avait qu’un pied.
Elle sauta dans le jardin du voisin
Et lui mangea tous les choux et le céleri.
Le voisin sortit une pierre à la main
Et lui lança
Entre la tête et la queue.
La chèvre fit “mementum”.   
Ils allèrent chercher le médecin de Carcassone
Qui est une brave personne.
Il lui mit la main sous le ventre
Et le nez au trou du cul
Pour voir si elle respirait encore.
La chèvre avait fait “mementum”.
Amen.


 
  
26. Viva lo mestièr dels amolaires (L’amolaire)
Armand Quercy (chant)
Enregistré en juillet 1989 à Rudelle (Lot) par Xavier Vidal et Daniel Loddo pour le CORDAE / La Talvera et l’AMTP Quercy.
Armand Quercy (1905-1990) nous présente dans cette chanson les avantages du métier de rémouleur : certes, il ne rapporte pas beaucoup d’argent, mais des compensations en nature sont possibles auprès des filles du village !

Viva lo mestièr dels amolaires
Quant siasque pas riche d’argent
Mai que lo mestièr valgue gaire
L’amolaire val ben pus mens.

E zu tsu tsu tsu tsu
Tira lira lan la lan lanlèra
Tira lira lan tira lan lan la


Aval aval, dins aquel vilatge
Li manca pas de trabalh.
Totas las dròllas me sonavan :
“Vos, venètz aicì, ganha-petit !”

Mas se sabiatz ont me menèron
Dins un salon de companhiá.
Ieu li trobèri una dròlla,
E ieu l’aimèri una brica (bria).

Digatz-me vos la nòstra vesina
Se voletz far agusar los cisèls.
Avètz alai l’amolaire que passa,
Vos respondi que vendrà lèu.

RADdO : 06369.
Vive le métier des rémouleurs
Quoiqu’il ne soit pas riche d’argent
Bien que le métier ne vaille guère
Le rémouleur vaut lui, bien moins.





Là-bas là-bas, dans ce village
Il ne manque pas de travail
Toutes les filles m’appelaient :
“Venez ici, vous, gagne-petit !”

Mais si vous saviez où on me mena
Dans un salon de compagnie.
Et moi j’y trouvai une fille,
Et moi je l’aimai un brin.

Dites-moi vous notre voisine,
Si vous voulez faire aiguiser les ciseaux.
Vous avez là-bas le rémouleur qui passe,
Je vous assure, il viendra bientôt. 

 
 
27. Mimologisme du poulet
Pauline Lafforgue et Marcelle Apiou (voix)
Enregistrées en 1983 à Montauban-de-Luchon (Haute-Garonne) par Jean-Marc Apiou. 

“Còcòricò ! Qu’as tu pothet ?”
“Que hè hered !”
“Vè te cauhar !”
“A on ?”
“En çò de ta Maria !”
“Que non mi vòu !”
“Que l’as panat ?”
“Un sac de blat !”
“A on l’as metut ?”
“En pont de Valentina
Pica, pica era sardina
En pont de Montrejau
Pica, pica era sau.”

RADdO : 06370.
“Cocorico ! Qu’est-ce que tu as ?”
“J’ai froid !”
“Va te chauffer !”
“Et où ?”
“Chez ta Marie !”
“Elle ne me veut pas !”
“Qu’est-ce qui lui a pris ?”
“Un sac de blé !”
“Où tu lui a mis ?”
“Sur le pont de Valentine
Pique, pique la sardine
Sur le pont de Montréjeau
Pique, pique le sel.”


 

28. Enter la Ròcha e Cotràs
Aubestin Cauhapè (chant)
Enregistré en 1986-87 à Laruns (Pyrénées-Atlantiques) par Crestiana Mosquès avec Henri Marliangeas (prise de son).
Un chant à thématique historique évoquant la bataille de Coutras, remportée en 1587 par Henri III de Navarre (le futur roi de France Henri IV) sur les troupes françaises. Aubestin Cauhapè (voir piste 12) en livre une interprétation très ornementée, sur une mélodie pentatonique.

Enter la Ròcha e Cotràs (bis)
Tostemps cridan batalha, ailàs
Tostemps cridan batalha.

Mos de Joaiosa I ei anat
Ditz au rei si’s vòu rénder.

“Quí ei aqueth simple capdèt
Ditz au rei si’s vòu rénder ?”

“Jo non sòi pas simple capdèt
Jo’n soi duc de Joaiosa.”

Lo rei hè pundar los canons
Lo long de la murralha

Au permèr còp qui n’an tirat
Joaisosa trembolava.

Au segon còp qui n’an tirat
Joaiosa tomba a tèrra.

Helàs mon diu deus mens enfants
Tan joens pèder lur père.

Que’us cromparàn bèth chivau blanc
E la brida òi la sèra.

Se n’aniràn peu mont davant
Venjar la mort deu père.

RADdO : 06371.
Entre La Roche et Coutras
Toujours on crie bataille, las !
Toujours on crie bataille.

Monsieur de Joyeuse y est dedans
Demande au roi dit s'il veut se rendre.

“Qui est ce simple cadet,
Qui au roi demande s'il veut se rendre ?”

“Je ne suis pas simple cadet
Je suis le duc de Joyeuse.”

Le roi fit pousser ses canons
Le long de la muraille.

Au premier coup que l'on a tiré
Joyeuse tremblait.

Au second coup que l'on a tiré
Joyeuse tombe à terre.

Hélas mon Dieu ces deux enfants
Si jeunes, perdre leur père !

Ils monteront un beau cheval blanc
Et la bride et la selle.

Ils iront par monts et par vaux
Venger la mort du père.     


 
  
29. Bourrée de Bethmale
Joseph Caux dit “Le Clichou” et un musicien inconnu  (clarinette)
Enregistrés en août 1954 à Ayet, commune de Bethmale (Ariège) par Marinette Aristow-Journaud et M. Pauty.
Au XIXe siècle, le hautbois était très répandu dans le midi de la France, notamment dans le haut Couserans, partie gasconne de l’Ariège. Il fut ensuite remplacé par la clarinette. C’est de cet instrument “moderne” que jouait Joseph Caux, dans le style des hautboïstes qu’il avait fréquentés dans sa jeunesse. Il est accompagné ici par un autre clarinettiste dont le nom ne nous est pas connu.  

30. Maudit sia l’amor
Simon Soulé-Crabérou, Stéphane Chétrit et Serge Parisotto de Laruns (Pyrénées-Atlantiques) (chant)
Enregistrés le 7 avril 2001 à Billère (Pyrénées-Atlantiques) chez Jean-Jacques Casteret.
Les interprètes, S. Soulé-Crabérou (55 ans au moment de l’enregistrement), S. Chétrit (30 ans) et S. Parisotto (38 ans) sont tous trois de la Vallée d’Ossau, bergers et/ou techniciens des stations montagnardes. Ils chantent à 3 voix parallèles.

Maudit sia l'amor
Tant la nueit com lo dia
Tant la nueit com lo dia,

Mon Diu
Quant de larmas me còstan
Aqueths adius. (bis)

No'm viengas consolar
Dèisha'm dens la tristèssa
Dèisha'm dens la tristèssa

Plorar
Ma volatge mestresssa
Vien de'm quitar. (bis)

RADdO : 06372.
Maudit soit l’amour
La nuit comme le jour
La nuit comme le jour

Mon Dieu
Que de larmes me coûtent
Ces adieux.

Ne cherche pas à me consoler
Laisse-moi dans ma tristesse
Laisse-moi dans ma tristesse

Pleurer
Ma volage maîtresse
Vient de me quitter.

 

 
31. Fotetz-me lo camp canalhas (branle)
Eugène Lou Poeuyau (accordéon diatonique) et Jean Passimourt (tambourin à cordes et flûte à 3 trous) des musiciens de Bielle (Pyrénées-Atlantiques)
Enregistrés en 1973 par Jean Moureu.
Ce branle instrumental béarnais se danse en couple. Il est joué par le duo de musiciens ossalois le plus connu des années 1960 et 1970. 

32. Bertsolari
Mattin et Meltxor (chant)
Enregistrés le 8 septembre 1947 à Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP. 
Au Pays basque, le bertsu est un chant d’improvisation rimé et strophé, interprété par un ou plusieurs bertsolari. Il est pratiqué en public et reste très populaire aujourd’hui. Voici un enregistrement historique de 2 grands noms de la spécialité. On les entend comparer leurs talents de chasseurs respectifs, pour le plus grand plaisir de l’assistance.
On trouvera sur le volume 8 de cette anthologie un autre exemple de joute chantée en France, le chjama è rispondi corse.

Mattin :
Meltxor eta Mattin hemen dirade
Orain bi ihiztariak.
Nik nere tresna arma dut eta
Meltxorrek berriz saria.
Haren barnian horrek hiltzen ditu
Kolpatu eta eriak
Nik berriz etxera juaiten ditut
Lapinak eta erbiak.

Meltxor :
Piarres du eta gauza horrena
Behar dezute aditu
Hau esan gabe Mattin jaun horri.
Ezin ninteke gelditu
Nik ttorttolak sarearekin
Atxematen eta ezin dut sufritu
Zizpazalakin heldu danian
Danal bidaltzen ditu.

Mattin :
Holako ihiztari sariekin.
Sekulan ez dut ikusi
Batto barnian sartzen bazaio.
Meltxorri ez zaio aski
Inguruan gelditu direnen
Gonbidatzea lanik aski.
Hamar nahi ta behar hura ere
Joaitzen zaio ihesi.

Les voici, Meltxor et Mattin
Changés en deux chasseurs.
Pour ma part, mon arme est mon fusil
Celle de Meltxor est un filet.
Avec cet appareil, il n’attrape que les malades et les blessés
Moi au contraire
Je ramène à la maison
Des lapins et des lièvres.


Son nom est Pierre et, écoutez-moi
Je ne peux m’empêcher de dire
Des choses sur Mattin.
Avec mon filet
J’attrape des alouettes
Et je supporte pas la façon
Qu’il a de les faire s’enfuir
Avec son fusil.


Pauvre chasseur avec ses filets.
Je n’ai jamais vu d’oiseau
Se laisser attraper.
Et ce n’est pas tout, Meltxor
De manière honnête ou malhonnête
Essaie d’attirer ceux qui sont près.
Il veut dix oiseaux mais même ceux qui sont à portée
S’échappent et s’envolent.

 
33. Adios izar ederra  
Mathieu et Arnaud Etxahun (chant)
Enregistrés le 13 septembre 1947 à Alos-Sibas-Abense (Pyrénées-Atlantiques) par Claudie Marcel-Dubois et Marguerite Pichonnet-Andral pour le MNATP.
Deux jeunes garçons interprètent en dialecte bas-navarrais une pièce parfois attribuée à Pierre-Jean Garat (1764-1823), qui l’aurait chantée à la cour de Marie-Antoinette.

Adios, izar ederra, adios izarra !
Zü zare Aingerua mündian bakarra !
Aingeruekin (bis) zütüt konparatzen,
Zenbat maite zütüdan ez düzü pensatzen !
Aingeruekin (bis) zütüt konparatzen,
Zenbat maite zütüdan ez düzü pensatzen !

Izar naiz Araguan eta Kastilloan,
Hitz batez erraiteko España güzia.
Ez düt ikusi (bis) zü bezalakorik,
Nafarroa güzia zaude famatürik.
Ez düt ikusi (bis) zü bezalakorik,
Nafarroa güzia zaude famatürik.

RADdO : 06373.
Adieu belle étoile, adieu étoile !
Vous êtes l’Ange unique sur cette terre.
Car aux Anges (bis) je vous compare
Combien je vous aime, vous ne le pouvez penser !
Car aux Anges (bis) je vous compare
Combien je vous aime, vous ne le pouvez penser !

Je suis allé en Aragon et en Castille,
À vrai dire, en un mot, dans toute l’Espagne.
Je n’en ai vu (bis) aucune pareille a vous !
Vous êtes renommée dans toute la Navarre
Je n’en ai vu (bis) aucune pareille a vous !
Vous êtes renommée dans toute la Navarre.


 
  
34. Mascarade souletine
Enregistrée le 3 mars 1968 à Pagolle (Pyrénées-Atlantiques) par Jean-Dominique Lajoux.
Cet enregistrement a été réalisé aux confins de la Soule et de la Basse-Navarre, lors d’une mascarade, une forme locale de Carnaval. Un jour d’hiver, les rues d’un village sont le théâtre d’un affrontement symbolique entre deux groupes d’acteurs. Il y a les “rouges”, bons danseurs (notamment des sauts, danses spectaculaires et très techniques) et représentants de l’ordre villageois. Face à eux, les “noirs”, hirsutes, sales et grossiers, qu’on entend ici invectiver les personnes présentes. La fête est rythmée par la txülüla et le ttun-ttun (noms basques de la flûte à 3 trous et du tambourin à cordes). 

35. Sortu naiz iparrean
Mené par Jean “Ganizon” Bergara (chant)
Enregistré en 2001 à Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques) par Raphaël Parejo-Coudert, avec l’association Oxtikenekoak, lors d’un repas chanté.
M. Bergara, txistulari (flûtiste) réputé en Labourd, est également un bon chanteur. Il a été enregistré dès 1947 par les enquêtrices du MNATP, lors de leur très prolifique mission au Pays basque. Nous l’entendons ici lors d’un repas chanté, alors qu’il était âgé de 80 ans. L’assistance reprend avec lui l’une de ses propres compositions, sur l’air de la chanson populaire Iruten ari nuzu.

Sortu naiz Iparrean
Uso ume bakarra ohantze batean
(bis)

Aitamek naute hazi, aitamek naute hazi lumatu artean !
Zoriona gozatuz hiruek batean.
(bis)

Mundurat agertzean biluzia nintzen
Amattok hegalpean ninduen berotzen
(bis)

Hazkurriaren biltzen, hazkurriaren biltzen aita zen ibiltzen…
Nork erran ni ttikian zenbat gosta naizen !
(bis)

“Zure hegalak aski lumati orduko,
Osto eror denbora, zauku etorriko
(bis)

Iparretik Hegora, iparretik hegora,
Gare airatuko ;
Nik lagunduz bidean etzare galduko ».
(bis)

Iruzkia zenean sortzera apaldu,
Ihiztariak zuen sarea zabaldu.
(bis)

Ez da behar itsua, ez da behar itsua, gidaritzat hartun ;
Ez bertzen erranari sobera fidatu.
(bis)

Zonbat uso oizneko… hegalik gabeko
Ihiztariak aiher hetaz jabetzeko !
(bis)

Kasu egin dezaten, kasu egin dezaten,
Ez naiz ixilduko ;
Bertzela saretarra tuztela bilduko !
(bis)
Je suis née dans le Nord,                                 
Unique palombe dans le nid


Mes parents m’ont nourrie
Jusqu’à ce que je sois grande


Lorsque j’ai vu le jour j’étais nue
Ma mère me réchauffait sous ses ailes.


À la recherche de nourriture mon père devait aller,
Combien ai-je été comblée étant petite !


“Quand tu seras suffisamment grande,
Viendra l’époque des feuilles mortes.


Du Nord au Sud, du Nord au Sud
Nous volerons
Avec mon aide tu ne perdras pas le chemin.”


Lorsque le Soleil s’éteignait,
Le chasseur tendait ses filets.


Il n’est pas souhaitable d’avoir un guide aveugle,
Non plus de se fier à ce que dit autrui.


Combien de palombes sans ailes sont restées ?
Le chasseur les capturera.


Vous devez m’écouter, vous devez m’entendre
Je ne me tairai point
Sinon vous tomberez dans ses filets.
 
 
Guillaume Veillet
© 2009 Frémeaux & Associés  

English notes
The South West
This disc covers a large area whose culture is mainly Occitan, with the exception of the Basque country (west of the département today known as Pyrénées-Atlantiques), forming the northern end of a much vaster region, most of which is in Spain. The Basques also often have musical practices, particularly their dances, that are quite close to those of their Occitan neighbours in the Bearn. Five main cultural regions can be distinguished in the south-west of France where Occitan is spoken: the Pyrenees (marked by polyphonic song), Gascony (whose rondeau or rondo is its most emblematic dance), the Agenais area (a land of singers and, in other times, fiddlers), Haut-Languedoc (whose Cordae-La Talvera Association has done much to document its rich musical traditions) and, finally, the Quercy and Rouergue provinces, where the culture is close to that of the neighbouring Auvergne region (the bourrée is danced there for example).
Guillaume Veillet
English translation: Martin Davies
© 2009 Frémeaux & Associés  

Provenance des enregistrements - Durée totale : 71’56   
1. Chanteurs de Came : De Paris dans Paris
Issu du CD “Polifonia, Pyrénées gasconnes : Béarn, Bigorre, Bas-Adour”  (Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées - Conservatoire Occitan /  Institut Occitan / Agorila CO-INOC 07). 3’06  
2. Fifres et tambours de Gans : Marche des bœufs
Issu de la cassette “Fifres et tambours de Gans” (EMTP 01). 1’49  
3. Marie Mirou : I a pas de femnas pus aluradas (Las femnas de pel puèg)
Issu du CD “Musica en Roergue” (CORDAE / La Talvera GEMP 52).  
4. Félix Trébosc & Gaston Soulié : promenant le long d’un bois charmant (Les garçons mariniers)
Issu du CD “Félix Trébosc, cantaire de Roèrgue (Aveyron)”  (Gemp / La Talvera / A.S.S.A.S. GEMP 37). 2’29  
5. Gilbert Garrigoux & Marcel Lavergne : L’aiga de ròcha (scottish)
Issu de la cassette “Mémoires sonores : Quercy  (Ségala, Causse et Vallées)” (Gemp / AMTP Quercy GEMP 07). 2’18  
6. Félix Trébosc : La calhe de la calhe (bourrée)
Issu du CD “Félix Trébosc, cantaire de Roèrgue (Aveyron)”  (Gemp / La Talvera GEMP 37). 1’28  
7. Célina Naujac : Cocut ent as jagut ? (formulette)
Issu du CD “Charmeurs d’oiseaux et siffleurs de danses”  (Gemp / La Talvera GEMP 25). 1’00  
8. Agnès Lagarrigue : Lo cocut es mòrt
Issu du CD “Charmeurs d’oiseaux et siffleurs de danses” (Gemp / La Talvera GEMP 25). 0’16  
9. Marcel Najac : Imitations d’oiseaux 
Issu du “Charmeurs d’oiseaux et siffleurs de danses” (Gemp / La Talvera GEMP 25). 1’39
10. Louis Mas & Charles Alexandre : Mon père a des blancs moutons
Issu du CD “Bodega, bodegaires ! Anthologie  de la cornemuse du Haut-Languedoc” (CLRMDT / CORDAE /La Talvera / Centre Occitan des Musiques  et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées - Conservatoire Occitan / ADDMD 11 BOMPLR 04). 2’33
11. Paysage sonore : Apèl de las fedas (appel des brebis)
Issu du CD “Bodega, bodegaires ! Anthologie de la cornemuse  du Haut-Languedoc” (CLRMDT / CORDAE /La Talvera / Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse  Midi-Pyrénées - Conservatoire Occitan / ADDMD 11 BOMPLR 04). 1’02
12. Aubestin Cauhapè, Suzanne Casaux, Aubestin Casaux & Jean-Gabriel Cauhapè : Dijaus gras qu’a nau motons (branle)
Issu du CD “Aubespin Cauhapè : cantador aussalés” (Menestrèrs Gascons MG023). 1’18
13. Pierre Lasséville : Rondeau
Fonds MuCEM. Inédit. 2’09
14. Léa Saint-Pé & Perlinpinpin fòlc : Rondeau
Fonds Junquèr-d’Oc-Jean Moureu, Institut Occitan. Issu du 33 tours  “Rondeaux et autres danses Gasconnes à Samatan”( Junquèr-d’Oc). 2’23
15. Marcelle Boué : Enguan jo me soi maridat (rondeau)
Fonds Maurice Roux déposé au Centre Occitan des Musiques  et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées - Conservatoire Occitan. Inédit. 0’42
16. Henri Dauba : Rondeaux
Collection privée. Inédit. 2’29
17. Bernard & Bastien Miqueu : Cantatz dab allegressa (Era cançon de Grangèr)
Issu du CD “Polifonia, Pyrénées gasconnes : Béarn, Bigorre, Bas-Adour” (Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées - Conservatoire Occitan / Institut Occitan /  Agorila CO-INOC 07). 4’26
18. Jeanty Benquet : Congo
78 tours Folklore-La Gascogne PTT 1939-283 / 443. Collection privée. Déjà publié dans le CD  “Landes de Gascogne. La Cornemuse” (Ocora C560051). 1’04
19. Jean Nadau : Congo
Issu du 33 tours “Vièlaires de las Lanas” (Centre Lapios C.L.001). 1’56
20. Félicien Beauvier : Se io sabiái volar
Issu du 33 tours “Cantaires del Naut-Agenés” (ACAMP ACP001). 1’29
21. Hélène Lassort : L’Autre jour en me promenant
Issu du 33 tours “Cantaires del Naut-Agenés” (ACAMP ACP001). 4’28
22. Hermine Calastrenc : Sòm-sòm (berceuse)
Issu de la cassette “Hermine Calastrenc : cançons del Lauragués” (GEMP 03). 0’23
23. Rémy & Louis Farrand : De sur le pont de Nantes
Issu du CD “Bodega, bodegaires ! Anthologie de la cornemuse du Haut- Languedoc” (CLRMDT / CORDAE /La Talvera / Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées - Conservatoire Occitan / ADDMD 11 BOMPLR 04). 5’20
24. Marcel Bacou : Lo Buta-vam
Issu du CD “Musica en Albigés” (CORDAE/La Talvera GEMP 51). 1’20
25. Raymond Hébrard & André Arnal : Lectio epistolae 
Issu de la cassette “Epitras & prefaças : épîtres, préfaces  et autres parodies du sacré” (Cordae/La Talvera GEMP 15). 0’38
26. Armand Quercy : Viva lo mestièr dels amolaires (L’amolaire)
Issu de la cassette “Mémoires sonores : Quercy (Ségala, Causse et Vallées)”  (Gemp / AMTP Quercy GEMP 07). 1’09
27. Pauline Lafforgue et Marcelle Apiou : Mimologisme du poulet
Fonds Jean-Marc Apiou déposé au Centre Occitan  des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées - Conservatoire Occitan. Inédit. 0’16
28. Aubestin Cauhapè : Enter la Ròcha e Cotràs
Issu du CD “Aubespin Cauhapè : cantador aussalés”  (Menestrèrs Gascons MG023). 3’09
29. Joseph Caux dit “Le Clichou” : Bourrée de Bethmale
Fonds Marinette Aristow-Journoud déposé au MuCEM  et au Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées - Conservatoire Occitan. Inédit. 1’07
30. Simon Soulé-Crabérou, Stéphane Chétrit & Serge Parisotto : Maudit sia l’amor
Issu du CD “Polifonia, Pyrénées gasconnes :  Béarn, Bigorre, Bas-Adour” (Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées -  Conservatoire Occitan / Institut Occitan / Agorila CO-INOC 07). 2’45
31. Eugène Lou Poeuyau & Jean Passimourt : Fotetz-me lo camp canalhas (branle)
Fonds Junquèr-d’Oc-Jean Moureu,  Institut Occitan. Inédit. 2’06
32. Mattin & Meltxor : Bertsolari
Fonds MuCEM. Déjà publié sur le CD “World Library of Folk and Primitive Music :  France” (Rounder CD 82161-1836-2). 1’59
33. Mathieu & Arnaud Etxahun : Adios izar ederra 
Fonds MuCEM. Inédit. 1’51
34. Mascarade souletine
Fonds MuCEM. Inédit. 1’31
35. Mené par Jean “Ganizon” Bergara : Sortu naiz iparrean (Bergara / trad.)
Collection privée / Association Oxtikenekoak. Inédit. 5’36  

Idée originale, choix des morceaux, rédaction du livret : Guillaume Veillet

Remerciements : les collecteurs et interprètes, ou leurs ayants droit ; tout le personnel et les bénévoles des centres et associations partenaires ; La FAMDT et son directeur, Pierre-Olivier Laulanné ; André Ricros ; Reg Hall et Tony Engle du label Topic Records, à qui l’on doit la monumentale anthologie The Voice of the People, consacrée aux musiques traditionnelles  d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse et du Pays de Galles ; Jakes Larre de l’Institut Culturel Basque ; Raphaël Parejo-Coudert ; Amagoia Aurrekoetxea ; Alain Servant ; Michel Esbelin ; le Centre International de recherches Interdisciplinaires en Ethnomusicologie de la France (CIRIEF) ; Marie-Barbara Le Gonidec et Valérie Pasturel ; Marlène Belly ; Georges Delarue ; Yvon Guilcher ; André Maurelli ; Catherine Perrier et John Wright ; Claude Ribouillault… ainsi que toutes les personnes rencontrées au cours de ces années de recherches qui ont transmis un peu de leur savoir et de leur expérience.
 
En couverture : Roger Duluc, joueur de fifre, à Bazas (Gironde) lors de la fête des bœufs gras en 1987. Cliché Lothaire Mabru.

Les partenaires de cette édition
Frémeaux & Associés, éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical et parlé, s’attache depuis près de 20 ans à défendre l’ensemble du patrimoine sonore, musical, historique, politique, littéraire et radiophonique en effectuant les recherches historiques, la restauration des disques ou des matrices, et sa mise à disposition auprès du public, des médiathèques et des établissements scolaires.
La Fédération des Associations Musiques et Danses Traditionnelles met en réseau les acteurs des musiques et danses traditionnelles en France. Elle a édité le Guide de traitement des archives sonores et est pôle associé de la BnF sur ce sujet. Elle met en place actuellement le portail du patrimoine oral, donnant accès aux différentes bases de données documentaires sur le domaine.
TRAD Magazine est le bimestriel consacré au monde des musiques et danses traditionnelles. Créé en 1988, TRAD Magazine est devenu la revue française de référence en la matière, et participe à la vie des musiques et danses traditionnelles par le biais d’articles, reportages, chroniques, calendriers…
La Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique, créée en 1851, a pour objectif la défense des droits des créateurs de la musique. Elle assure la gestion collective de la collecte et de la répartition des droits d’auteurs des œuvres musicales de son catalogue. La SACEM est une entreprise privée reconnue et contrôlée par l'État français et chargée d'une mission de service public.
Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée est un musée consacré aux cultures de l’Europe et de la Méditerranée dont l’ouverture est prévue à Marseille. Aux collections de l’ancien musée des Arts et Traditions populaires situé dans le bois de Boulogne, s’ajoutent celles du département “Europe” que conservait le musée de l’Homme à Paris.
L’Inoc soutient et développe la pratique sous toutes ses formes, de la langue et de la culture occitanes. Cet EPCI associe les partenaires publics, le monde associatif régional et départemental, les acteurs scientifiques et culturels du Béarn, de Gascogne et d’Aquitaine autour de son équipe.
Créée en octobre 1979, l'Association CORDAE (Centre Occitan de Recherche de Documentation et d’Animation Ethnographiques) / La Talvera œuvre à la conservation et à la diffusion du patrimoine culturel occitan. Ses activités s'étendent dans plusieurs directions : la recherche, l'édition, la diffusion, la création et la formation.
L’association Les Menestrers Gascons a une activité de récupération et de transmission des danses et musiques occitanes de Gascogne. Stages, ateliers, collecte, édition, Les Menestrers Gascons est également une compagnie d'artistes.
Créé en 1990, l'Institut Culturel Basque est une association subventionné par l'Etat, le Conseil régional d’Aquitaine, le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, le Syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque qui regroupe 146 communes adhérentes. Conformément à ses statuts, la priorité d’intervention de l'Institut Culturel Basque (ICB) est donnée aux actions d’expression en langue basque, à travers les projets véhiculés par la centaine d'associations membres de l'ICB et les artistes.
Le Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles Toulouse Midi-Pyrénées (COMDT), créé en 1971 à l’initiative de la Mairie de Toulouse et des Ballets Occitans, est un lieu de ressources consacré à la culture occitane de tradition orale, principalement dans les domaines de la musique, de la danse et du chant traditionnels. Centre de Musiques et Danses Traditionnelles en région, le COMDT est membre de la FAMDT.
L’Association pour les Musiques de Tradition Populaire en Quercy a été fondée en 1985 par des musiciens, des danseurs et des défenseurs de la culture régionale, soucieux de promouvoir les traditions musicales anciennes ou vivantes en Quercy. L’AMTP est membre de la FAMDT 

Liste des collecteurs de l'Anthologie France :
Alexandre, Al Leur Nevez, Anakesa, Anthony, Apiou, Aristow-Journaud, Armand, Arsenault, Azoulay, Baly, Bardot, Baudoin, Beaudet, Béraud-Williams, Berluette, Bernard, Bertrand, Bhattacharya, Blandin, Blouët, Bois, Boissel, Boissière,  Bolzon, Bouchot, La Bouèze, Boulanger, Bouthillier, Brandily, Brandywine Friends of Old Time Music, Bromberger, Bruneau, Brunot, Cadoudal, Carpitella, Castell, Casteret, Caumont, Centre Culturel La Marchoise, Challet, Chappuis, Chaventon, Chevallier, Chiasson, Christen, Collectif Vielle en Bretagne, Colleu, Comeau, Cordonnier, Coulomb, Cousteix, Darne, Davy, Delaval, Despringre, Desroches, Des Rosiers, Destrem, Devigne, Deygas, Dubois, Dubreuil, Ducaroy, Duplessis, Durif, Dutertre, Ecole de Musique de Gans, Ehret, Ellébore, Esbelin, Escolo Trencavel, Etay, E Voce di U Cumune, Février, Flagel , famille Gavinet, Gesser, Giometto, Gladu, Groupe d’Animation et de Recherche du Maine, G.R.E.T.T. du Charollais et Brionnais, Guillard, Guilleux, Harismendy, Herrgott, Hervieux, Jacquier, Joisten, Junquèr-d’Oc, Klopocki, Laade, Labelle, Labrie, Lacourcière, Lai Pouèlée, Lajoux, Laperche, Lauprêtre, Laurent, Lazinier, Le Creurer, Léger, Le Lamparo, Lemercier, Lemieux, Lempereur, Le Quellec, Leroux, Le Vraux, Loddo, Lomax, Lortat-Jacob, Los de Romanha, Mabru, Madelaine, Mahé, Marcel-Dubois, Marchand, Martin, Martinod, Mason, Matton, Mazéas, Mazellier, Ménétrier, Montbel, Morel, Morisson, Mosquès, Mouren-Prost, Moureu, Moyse-Faurie, Nioulou, Oller, Oster, Oxtikenekoak, Pacher, Parejo-Coudert, Pasturel, Paulet, Pauty, Pazzoni, Pearron, Perrier, Pichonnet-Andral, Pindard, Piraud, Pôle Régional des Musiques Actuelles de la Réunion, Précourt, Quilici, Quimbert, Raïsky, Redhon, Renaud, Ribardière, Ricros, Rocher, Römer, Ropars, Rouger, Roussel, Roux, Royer, R.T.F., Salesse, Sauvegarde des Traditions Mayennaises, Savard, Servain, Sette, Shields, Siblaires de Lanciour, Terral, Thiaulins de Lignières, Troadeg, Valière, Veillet, Vernay, Vidal, Vie et Traditions d’Artois, Voyer, Vrod, Weiri, Wright.


CD France - Sud-Ouest © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 De Paris dans Paris - Chanteurs de Came03'08
02 Marche des boeufs - Fifres et tambours de Gans01'52
03 I a pas de femnas pus aluradas (Las femnas de pel puèg) - Mirou02'31
04 Me promenant le long d’un bois charmant (Les garçons mariniers) - Trébosc / Soulié02'21
05 L'aiga de rocha - Garrigoux / Lavergne01'30
06 La calhe de la calhe - Trebosc01'02
07 Cocut ent as jagut ? - Naujac00'18
08 Lo cocut es mort - Lagarrigue01'16
09 Imitations d'oiseaux - Najac01'41
10 Mon père a des blancs moutons - Mas / Alexandre02'34
11 Paysage sonore: apèl de las fedas - Célariès01'03
12 Dijaus gras qu'a nau motons - Cauhapé / Casaux01'20
13 Rondeau - Lasséville02'12
14 Rondeau - Saint-Pé / Perlinpinpin Folc02'25
15 Enguan jo me soi maridat - Boué00'44
16 Rondeaux - Dauba02'31
17 Cantatz dab allegressa (Era cançon de Grangèr) - Miqueu04'29
18 Congo - Benquet01'06
19 Congo - Nadau01'58
20 Se io sabiai volar - Beauvier01'31
21 L'autre jour en me promenant - Lassort04'31
22 Som som - Calastrenc00'25
23 De sur le pont de Nantes - Farrand05'22
24 Lo buta vam - Bacou01'22
25 Lectio epistolae - Hébrard / Arnal00'40
26 Viva lo mestièr dels amolaires (L’amolaire) - Quercy01'11
27 Mimologisme du poulet - Lafforgue / Apiou00'18
28 Enter la Rocha e Cotras - Cauhapé03'11
29 Bourrée de Bethmale - Caux01'09
30 Maudit sia l'amor - Soulé-Crabérou / Chétrit / Parisotto02'47
31 Fotetz-me lo camp canalhas - Lou Poeuyau / Passimiourt02'08
32 Bertsolari - Mattin / Meltxor02'01
33 Adios izar ederra - Etxahun01'53
34 Mascarade souletine - Habotants de Pagolle01'33
35 Sortu naiz iparrean - Bergara05'36
"Une belle et bonne réalisation." par Trad Magazine

" 'Pourquoi la France, pays à la fois intellectuel, esthète et muséographique, est-elle l’un des derniers au monde à accepter l’édition et la diffusion de sa culture populaire ?' D’emblée, les éditeurs de ce disque présentent leur projet comme un acte militant, en voulant mettre à disposition du public un « aperçu, le plus complet possible, des musiques traditionnelles de France ». On ne saurait le leur reprocher, bien au contraire, cela d’autant plus que globalement, la réalisation est plutôt réussie. Si, personnellement, je ne suis pas emballé par le graphisme de la couverture, la lecture du livret, bien détaillée, et l’écoute du disque consacré ici au Sud-Ouest, réservent de bonnes surprises. Un texte général (que l’on trouve dans tous les CDs de cette anthologie) explique le projet éditorial. Il situe les enregistrements dans le contexte plus vaste de l’histoire des collectes en terrain français. Et il donne des indications sur l’ère de l’enregistrement sonore qui s’ouvre en 1900. Un paragraphe sur le revivalisme de l’après-Mai 68 paraît bienvenu, notamment pour les jeunes générations qui n’ont pas vécu cette période, et fait un bref mais complet tour de la question. L’introduction générale se clôt sur un paragraphe au titre interrogateur (“Interprètes de tradition ?”), laissant entendre que l’on pourrait douter de la pertinence de la notion. Mais elle se termine par une opposition bien trop aisée pour être recevable entre « l’ancienne civilisation paysanne » et le monde actuel, instaurant une rupture brutale entre deux mondes incommensurables, l’un statique et défunt, l’autre bien vivant mais soumis à évolution rapide. C’est un peu court. Ne gâchons pas pour cela notre plaisir. Et remarquons la grande variété des partenaires de cette édition, parmi lesquels il faut citer le Mucem ainsi que la Sacem, à côté d’acteurs importants du milieu des musiques traditionnelles.
Le livret s’égaie de photos de musiciens. Il présente une carte de localisation des enregistrements, ce qui permet de pointer les manques. S’ensuit un descriptif de chacune des  plages du disque, ici au nombre de trente-cinq. Les commentaires sont souvent pertinents, même si l’on peut reprocher parfois quelques assertions aventureuses, comme par exemple celle qui fait du congo une danse issue de l’ancien menuet. Mais en général, ils sont utiles et mettent en évidence la volonté des éditeurs de donner un aperçu bien complet, en signalant les enregistrements de collectes, ceux pris lors de fêtes divers et de bals, et la participation éventuelle des collecteurs eux-mêmes à la pratique de la musique, idée particulièrement bienvenue. On peut ainsi entendre aussi bien le joueur de vielle de la plus vieille génération dans sa ferme, que les collecteurs et collectés ensembles, avec par exemple la plage 14 dans laquelle les membres du fameux Perlinpinpin Fòlc accompagnent la non moins fameuse Léa Saint-Pé. Saluons cette volonté éditoriale de ne pas se cantonner à ce que d’aucun nommerait l’ancienne tradition, mais au contraire de vouloir rendre compte de ce que l’on nomme maintenant la “musique traditionnelle” dans toute sa complexité.
L’écoute du disque réserve de bonnes surprises : pour une collection qui veut toucher un large public (et espérons que cela sera le cas), il fallait oser mettre des extraits d’enregistrements de conversations entre collecteurs et collectés, toujours bienvenus, qui relancent l’écoute et rendent plus sensible l’évocation de la situation de collecte de terrain.
Le répertoire donné à entendre est vaste : musique de danse, d’accompagnement de fêtes ou de rituels, mais aussi formulettes, mimologismes, imitations d’oiseaux, appel des brebis, chants de travail, berceuses, ou pour le simple plaisir de la voix etc. On regrettera des manques, notamment les traditions des bandas des Landes ou du Pays basque (les collecteurs ne s’y sont guère intéressé, il est vrai), par exemple. Ou encore l’absence totale de document sur le département de la Dordogne, qui a pourtant fait l’objet de collectes. Mais on se réjouira de la publication des collectes de C. Marcel-Dubois et M.-M. Pichonnet-Andral du défunt Musée des Arts et traditions populaires, ou bien encore du violoneux Henri Dauba, avec sa technique si particulière, enregistré par J. Baudoin, dans le Sud du département des Landes. On appréciera la voix claire de Marie Mirou (enregistrée par D. Loddo), la cornemuse de Jeanty Benquet, les chants béarnais collectés par C. Mousquès, et tant d’autres choses. L’écoute ne risque pas d’engendrer l’ennui. Car l’ensemble présente une grande variété dans les choix instrumentaux et vocaux, mais aussi dans les interprètes, ici de plusieurs générations, anciens ménétriers ou revivalistes plus jeunes. Malgré les petites réserves précédentes, dont certaines sont le fait de la difficulté de l’entreprise, on est bien en présence d’une belle et bonne réalisation."
par Lothaire MABRU - TRAD MAGAZINE




« Une anthologie unique et remarquable » par Revue Historia

« Dans ce coffret, Guillaume Veillet (collecteur et ancien rédacteur en chef de Trad Magazine) réunit près de 300 chansons traditionnelles  enregistrées in situ tout au long du XXe siècle. Celles-ci sont classées par grandes zones géographiques : Bretagne, France de l’Ouest, Auvergne et Limousin, Centre France, Sud-Ouest, Méditerranée, Alpes (Nord et Est), Corse, Outre-Mer et France d’Amérique. Une anthologie unique et remarquable. » 
Par REVUE HISTORIA




« Beaucoup de bonnes choses » par Le Canard Folk

« Il s’agit de régions occitanes et basques : le Pays Basque, Pyrénées, Gascogne, Agnais, Haut-Languedoc, Quercy, Rouergue. Beaucoup de bonnes choses : des ripataulèras (fifres et tambours), un branle chanté du Béarn, des rondeaux à la flûte à trois trous (par un berger), à l’accordéon diatonique (par Léa Saint-Pé), au chant et au violon ( Henri Dauba), un chant polyphonique, une boha en 1939, un beau congo à la vielle à roue (Jean Nadau), une chanson de moissons très ornementée, une « épître pleine de contraste par le mélange de paroles religieuses en latin et de l’histoire d’une chèvre, la « Bourrée de Bethmale » (Ariège 1954) à la clarinette, un magnifique chant à trois « Maudit sia l’amor », un branle à l’accordéon avec fifre et tambourin, un bertsu (chant d’improvisation basque ) , une mélodie de mascarade (carnaval). »
Par M. Bauduin — LE CANARD FOLK




« La sélection combine morceaux incontournables » par World Sound

« L’initiateur du projet, Guillaume Veillet, aura eu besoin de cinq ans pour sélectionner les trois cents titres et obtenir les autorisations des ayants droits. Un vrai travail de fourmi. La sélection combine morceaux incontournables de chaque région et titres rares à même de satisfaire les collectionneurs. Évidemment, on peut acheter les albums séparément. Selon moi, le coffret qui comprend les dix CDs est susceptible d’intéresser, en priorité, les urbains. Paradoxalement, les amateurs de world music sont peu au fait du répertoire traditionnel français. La qualité de production est pourtant étonnante. Personnellement, j’ai été surpris par l’élaboration des arrangements et le rendu sonore de ces morceaux ! »
Par Antoine Perret — WORLD SOUND