MARIUS - MARCEL PAGNOL - PREFACE SONORE INEDITE

AVEC RAIMU, FRESNAY, ORANE DEMAZIS - ENREGISTREMENT DE 1931

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Nombre de CDs : 3


29,99 € TTC

FA5291

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PIECE ACCOMPAGNEE DU TEXTE DE LIAISON PAR MARCEL PAGNOL ENREGISTRE EN 1960, AINSI QUE D'UNE PREFACE SONORE INEDITE

Marius, Fanny et César constituent la trilogie légendaire de Marcel Pagnol, sa grande oeuvre théâtrale puis cinématographique, hymne au peuple de Marseille et de la méditerranée.
Aujourd’hui, pour la première fois, Frémeaux & Associés, les Editions de la Treille et la succession Marcel Pagnol ont restauré les enregistrements sonores du film de 1931 (adaptation de la pièce de 1929) en utilisant les technologies les plus récentes afin de présenter au public la version historique de Marius incluant le texte de liaison  interprété par Marcel Pagnol lui-même en 1960 rendant l’oeuvre parfaitement adaptée au support audio.
Le présent coffret propose en outre une préface sonore inédite de Marcel Pagnol où l’auteur dévoile la genèse de Marius et de l’acteur l’incarnant si parfaitement : Raimu.
En fin de coffret, un second document inédit replace Marius dans le contexte difficile des débuts du cinéma parlant et la volonté de l’auteur d’inscrire dans ce nouvel art son oeuvre théâtrale.
La grande oeuvre de Marcel Pagnol est ainsi restituée au public, dans son incarnation la plus célèbre et présentée par son auteur en personne.
Patrick Frémeaux

Livret de Jean Buzelin accompagné de photos d'époque de la collection d'André Bernard.

Droits audio : Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore en accord avec Nicolas Pagnol pour les Editions de la Treille et la Succession Nicolas Pagnol (Photos : Collection André Bernard)
MARIUS

MARIUS
Marcel Pagnol


L’incroyable trilogie
Lorsqu’il écrit Marius, de façon tout à fait fortuite en 1927, Marcel Pagnol estime que son histoire marseillaise se termine bel et bien avec le départ de son héros pour les mers du Sud.  Or, le succès considérable, et plutôt inattendu, qu’obtient sa pièce, ainsi que les questionnements quotidiens des spectateurs qui demandent à savoir la suite, motivent l’auteur à écrire une suite qu’il appellera tout naturellement Fanny, puisque le rideau tombait alors que la jeune héroïne s’évanouissait dans les bras de César, le père de Marius. Il va se rouvrir quasiment sur la même scène, et se refermer à nouveau sur le second départ de Marius. Marius et Fanny forment donc les deux parties d’une même histoire, qui pourraient d’ailleurs être jouées l’une derrière l’autre. Il semble alors que l’aventure puisse s’achever ainsi puisque cette seconde rupture entre les deux amants paraît irrémédiable et définitive. Mais, une nouvelle fois, l’immense succès de ses pièces, surtout de leur version cinématographique en 1931 et 1932, amènent Marcel Pagnol à nourrir le projet d’un épisode complémentaire, celui-ci se déroulant cette fois vingt ans après, comme chez Dumas… C’est en 1935 seulement qu’il écrit César, le troisième volet de ce qui deviendra la fameuse “trilogie”. Il ne sera pas joué sur scène, car il n’est plus possible de réunir les acteurs de la troupe (1), mais tourné directement pour le cinéma. Rien n’était donc programmé, à commencer d’ailleurs par cette épopée du Vieux Port, que Marcel Pagnol, ayant rapidement connu la notoriété avec ses premières pièces “parisiennes”, n’aurait jamais pensé à écrire si… 

Premier épisode : Marius
 C’est en 1922 que Marcel Pagnol (né à Aubagne le 28 février 1895), qui, comme son père instituteur, se destine à l’enseignement, est nommé à Paris au lycée Condorcet. Attiré par le théâtre, il rencontre dès 1923 la comédienne Orane Demazis à l’Atelier. En 1925, sa première pièce, Les Marchands de gloire, écrite en collaboration avec Paul Nivoix, est présentée au Théâtre de la Madeleine. Toujours avec son “collègue”, il présente l’année suivante Un direct au cœur à l’Alhambra de Lille, puis signe, seul, Jazz qui est joué au Théâtre des Arts à Paris par Harry Baur, Pierre Blanchar et Orane Demazis avec laquelle Marcel a entamé une liaison. C’est précisément Blanchar, amoureux de Marseille, qui suggère à Pagnol d’écrire une pièce sur la Cité phocéenne. L’idée séduit l’auteur qui bâtit son histoire sur un “argument emprunté au théâtre classique”, celui de L’École des femmes ou du Barbier de Séville (2). Il compose le personnage de Marius en pensant à son ami marseillais Charles Corbessas. En même temps, un autre ouvrage, complètement différent, se trouve sur sa table de travail : Topaze, qu’il cherche à placer auprès des directeurs de théâtres. Et, par l’intermédiaire d’Antoine, la pièce est reçue par Max Maurey, le directeur du Théâtre des Variétés.

Marcel Pagnol fait lire Marius à Franck (Esposito), le directeur de l’Alcazar de Marseille, qui conclut au chef-d’œuvre et trouve donc sa pièce bien trop bonne pour être montée dans cette ville ! Il lui faut une grande scène parisienne. Franck conseille également à Pagnol d’aller voir Jules Raimu. Marcel le rencontre et lui laisse son manuscrit. Le comédien lit le soir même et, conquis, le dépose quelques jours plus tard sur le bureau de Simone Volterra, qui dirige avec son mari Léon Volterra divers établissements, dont le Casino de Paris, rue de Clichy, et, à l’arrière du même immeuble, le Théâtre de Paris, dont les portes s’ouvrent sur la rue Blanche. Simone Volterra reçoit Pagnol le 6 janvier 1928, accepte sa pièce, et lui suggère de la proposer à… Raimu, alors sous contrat avec eux. Un peu plus tard, après moult atermoiements, Topaze est monté aux Variétés et créé le 9 octobre avec André Lefaur dans le rôle principal. C’est un succès, ce qui amène Volterra à sortir de son tiroir le manuscrit de Marius.

Le couple Volterra convoque Pagnol fin novembre, lui propose de programmer sa pièce et prévoit de commencer les répétitions dès que possible. Et l’on en arrive à la distribution… C’est alors que la négociation commence ! D’abord, cela va tout seul : Pierre Blanchar sera Marius. Puis ça se complique : Volterra propose Gaby Morlay pour le rôle de Fanny, Pagnol tient à Orane Demazis, attendons et passons au suivant. Pour Panisse, Léon Volterra, qui pense avant tout aux vedettes de l’époque, suggère Victor Francen… On est mal parti et Pagnol intervient énergiquement. Il veut des personnages qui parlent naturellement avec l’accent provençal. Et l’on reparle de Raimu. Celui-ci, considéré comme un excellent comédien, n’a pas encore, à 45 ans, le statut d’une tête d’affiche. L’idée est alléchante, mais Volterra met en garde Pagnol : “Attention, je ne veux pas vous prendre en traître. Raimu est un acteur formidable, mais c’est le roi des emmerdeurs. Vous voilà averti. Il ne faudra pas venir vous plaindre.” (2) Mais l’auteur est séduit et propose à Raimu le rôle de Panisse. Celui-ci n’en veut pas, il tient absolument à jouer César, personnage secondaire au niveau de l’intrigue et du texte, mais omniprésent sur scène – dans son Bar de la Marine – où il peut facilement tirer la couverture à lui. Et, comme le note fort justement Raymond Castans : “Raimu a sans doute aussi découvert d’instinct ce que Pagnol – peut-être inconsciemment – a laissé apparaître dans le texte de César : l’importance pour lui du personnage du père, le père méditerranéen, chef de clan et de tribu, mainteneur de la règle.” (2)

Connaissant tous les comédiens de Paris qui ont l’accent provençal, Raimu propose Paul Dullac – Escartefigue –, Alida Rouffe – Honorine –, Maupi – le chauffeur du “ferry-boate” – et surtout Charpin que Pagnol va rencontrer au Théâtre de l’Odéon et qui accepte précisément de jouer Panisse (alors que Pagnol pensait encore à César). Quant au rôle-titre, Blanchar a d’autres obligations et n’est plus libre. Qui jouera Marius ? Berval, jeune premier du music-hall marseillais ? Corbessas qui fait un essai ? Volterra a pris les devants et a engagé Pierre Fresnay malgré les protestations de Raimu : “un Alsacien protestant pour jouer le fils d’un bistrotier marseillais !” (3) Mais tout s’arrange lorsque l’on s’aperçoit que Fresnay connaît bien Marseille et sait prendre l’accent. Les répétitions commencent et Raimu, qui prend les choses en main, persuade Pagnol de couper une longue scène de l’acte 2 qui lui paraît inutile. Elle mettait en valeur Orane Demazis, mais l’auteur se range à son avis. Par contre Jules insiste pour remettre une scène qui figurait dans le manuscrit original et que Pagnol, la jugeant anecdotique, avait supprimé entre temps. Cette scène n’est autre que la fameuse “partie de cartes” qui ouvre l’acte 3. Ainsi, grâce à l’intuition de Raimu, cette scène fait désormais partie des morceaux de bravoure délectables de l’histoire du théâtre (et du cinéma) (4).

Marius est créé le 9 mars 1929, le jour même où Topaze fête sa 150e. C’est un triomphe populaire et le jeune auteur a le rare privilège de voir ses deux pièces se jouer chaque soir, à guichet fermé, dans deux des plus grands théâtres parisiens… alors qu’il rompt (provisoirement) avec Orane Demazis. Bientôt, il se met à écrire Fanny, la suite que tout le monde réclame et que les Volterra reçoivent à bras ouverts, tout en la conservant sous le coude, si l’on peut dire, car Marius en est à sa 300e représentation et il n’est pas question de l’arrêter prématurément – elle se jouera 996 fois !

C’est alors que, en mai 1930, Marcel Pagnol voit à Londres son premier film parlant qui le conquiert et le convainc de travailler dans cette voie, que lui déconseillent fortement à la fois les gens du théâtre et ceux du cinéma (muet), comme il le raconte dans sa “Cinématurgie” (CD 3, plages 11 à 16). Il rencontre Robert T. Kane, qui dirige la filiale européenne de la Paramount, qui vient d’installer ses studios à Saint-Maurice (derrière le bois de Vincennes) (5), et en novembre, les contrats pour tourner Topaze et Marius au cinéma sont signés. En attendant, Marius restera en scène jusqu’à fin janvier 1931, car Raimu a un autre engagement auprès de Léon Volterra, et reprendra en octobre, la troupe en profitant pour commencer à répéter Fanny. Sur ces entrefaites, Raimu signe de son côté pour deux autres films parlants : Le Blanc et le Noir d’après Sacha Guitry (qu’il a créé au théâtre en 1922), et Mam’zelle Nitouche sous la direction de Marc Allégret (où il retrouve Alida Rouffe).

L’essor du cinéma parlant est irrésistible. En l’espace de quelques mois, le muet va disparaître de la plupart des écrans. Les studios de Saint-Maurice tournent à plein régime pour satisfaire la demande, d’autant que, lorsqu’on tourne un film, on le réalise en même temps dans plusieurs langues avec des acteurs différents venus de tous les pays d’Europe – le doublage n’est pas encore inventé. Marius sera tourné en français, allemand et suédois. Mais c’est avec la version originale que les difficultés recommencent lorsqu’il s’agit d’aborder une nouvelle fois la distribution. Bob Kane a sous contrat Henri Garat, Meg Lemonnier, Marguerite Moreno, l’inévitable Victor Francen… et souhaite les faire tourner car ce sont les vedettes à la mode, celles que le public chérit. Marcel Pagnol refuse évidemment : il exige la troupe du théâtre au grand complet – on en est à la 500e représentation –, ce qu’a du mal à comprendre le producteur qui n’a pas vu la pièce, jouée par des comédiens dont la plupart n’a jamais fait de cinéma. Le metteur en scène choisi, Alexandre Korda (1893-1956) est un vieux routier et un professionnel accompli. Il a déjà réalisé une quarantaine de films depuis 1914, dont vingt-cinq en Hongrie, son pays d’origine. Il travaille actuellement pour l’industrie hollywoodienne, mais, après Marius, il s’installera définitivement en Angleterre en 1932. Korda ne considère pas le sujet qu’on lui présente comme un simple travail de commande. Il rencontre Pagnol, assiste à une représentation de la pièce avec lui, trouve les comédiens épatants, et se range de son côté. Aidés par le succès récent du film Jean de la Lune (d’après Marcel Achard) qui voit évoluer à l’écran les acteurs de la pièce éponyme, Madeleine Renaud, Michel Simon, René Lefèvre, encore inconnus au cinéma, Pagnol et Korda parviennent à convaincre Bob Kane et toute la troupe est engagée (malgré les protestations de principe de Raimu qu demande pourquoi on a engagé un “Tartare d’Olivoïd” pour tourner une pièce marseillaise !). Mais le réalisateur comprend rapidement les comédiens, leur esprit et leur fonctionnement, et est vite accepté. Il forme également un vrai duo avec Pagnol qui travaille quotidiennement de concert. Pour la version filmée, l’auteur remanie largement sa pièce, il supprime ou condense certaines scènes peu “cinématographiques”, comme on peut le constater dans le découpage de nos CD. Il supprime ou minimise quelques rôles secondaires, comme celui de Mihalesco – Piquoiseau (6). Alexandre Korda réalise en même temps les versions française et allemande (Zum Goldenen Anker) et laisse sa place à John W. Brunius pour la version suédoise (Längtan Till Havet). On imagine d’ailleurs rétrospectivement la cocasserie qu’il y avait à croiser dans les studios trois César, trois Panisse, trois Escartefigue et trois Monsieur Brun avec des costumes rigoureusement identiques ! En cinq semaines, tout est bouclé. Le film a été entièrement réalisé en studio et les acteurs n’ont pas mis les pieds à Marseille (quelques vues du port ont été intégrées). Déjà les critiques pleuvent, qui viennent des adversaires du parlant, lesquels reprochent à Pagnol d’avoir fait un film bavard, avant même qu’il ne soit sorti, et d’avoir trahi la cause de l’Art. Marius est projeté à Paris début octobre 1931 et obtient immédiatement un triomphe public. Dès la première semaine, tous les records d’affluence sont battus et le film est réclamé partout en France et dans les pays francophones. La notoriété de Marcel Pagnol est à son zénith, et celle de Raimu, qui crève l’écran, monte en flèche. Celui-ci a deux autres films dans le circuit et devient enfin, mais rapidement, une immense vedette de cinéma. Le même mois, la pièce redémarre au théâtre et l’on attaque les répétitions de Fanny. C’est alors que les ennuis commencent…
Jean Buzelin
© Frémeaux & Associés

Notes :
1. César ne sera joué sur scène, au Théâtre des Variétés, qu’en 1946. Paul Dullac, Charpin et Raimu sont morts entre temps ; à côté de Orane Demazis, Milly Mathis et Maupi, figurent Alibert (le directeur du théâtre à cette époque), Henri Vilbert (qui jouait un petit rôle – l’agent – sur scène dans Marius en 1929), Arius, Raymond Pellegrin, et Madame Chabert, qui avait déjà joué Honorine au théâtre dans Fanny.
2. Voir la biographie de Raymond Castans, Marcel Pagnol (Ed. Jean-Claude Lattès, 1987).
3. Il est amusant de noter que, comme Fresnay, Orane Demazis est d’origine alsacienne.
4. Le personnage de Monsieur Brun avait d’abord été créé par Pierre Asso, avant d’être repris sur scène par Robert Vattier.
5. Si ce sont les studios de Saint-Maurice qui sont cités par Raymond Castans et par Pagnol lui-même dans sa Cinématurgie, notons que l’auteur parle de ceux de Joinville dans sa narration (CD 3) ; il est vrai que les deux studios ne sont guère séparés que par le pont de Joinville.
6. Notons aussi l’absence de Maupi qui n’apparaîtra à l’écran que dans Fanny et César.


Brève présentation des comédiens

Jules Raimu (Toulon 1883-1946) Dès 1900, joue les comiques troupiers dans les cafés-concerts de la Côte, avant d’être engagé en 1908 à l’Alhambra puis à l’Alcazar de Marseille. Son compatriote Mayol le fait monter à Paris en 1910 et l’engage au Concert Mayol dont il vient de prendre la direction. En 1914, il apparaît sur la scène du Casino de Paris. Dès 1915, il interprète Guitry puis Feydeau au théâtre, et, jusqu’à Marius, il jouera une trentaine de pièces plus quelques revues et opérettes sur de nombreuses scènes parisiennes. Par ailleurs, on le voit dans sept films muets de 1912 à 1917. Mais il faut attendre 1930, pour qu’il renoue avec le cinéma. Marius est son 3e film parlant. Il sera la vedette d’une quarantaine de films, dont La Femme du boulanger et La Fille du puisatier de Pagnol. Au faîte de sa carrière, il entre à la Comédie Française en 1943. 

Pierre Fresnay
(Paris 1897-1975) Entre à la Comédie Française en 1915 (il y reste jusqu’en 1927). La même année, joue dans son premier film muet. Effectue ensuite une grande carrière au théâtre et à l’écran. Marius est son premier grand rôle au cinéma. Il enchaîne alors de très nombreux films avant de retourner définitivement à la scène dans les années 60. 

Orane Demazis (Oran 1894-1991) Débute en 1922 dans la troupe du Théâtre de l’Atelier. En 1926, joue Jazz de Pagnol. Elle tournera 6 films avec lui (outre la “trilogie”, Angèle, Regain et Le Schpountz) et de nombreux autres jusqu’en 1980 avec des metteurs en scène comme Jean-Paul Le Chanois, René Allio, Luis Bunuel, André Téchiné et Jacques Demy. En 1946, elle joue César au Théâtre des Variétés. 

Fernand Charpin (Marseille 1887-1944) En 1924, il est au Théâtre de l’Odéon. Marius est le premier d’une longue série de films parmi lesquels La Belle équipe et Pépé le Moko de Julien Duvivier en 1936, et, pour Pagnol, Le Schpountz, La Femme du boulanger et La Fille du puisatier. 

Alida Rouffe
(Bordeaux 1874-1949) Actrice de music-hall, de revues, de comédies, elle se produit principalement dans le Sud (Alcazar de Marseille, Opéra de Nîmes, et en tournées). Marius est son premier film. Elle en tournera 14 jusqu’en 1945, dont Cigalon, Topaze seconde version, Le Schpountz et La Femme du boulanger. 

Paul Dullac
(Bègles 1882-1941) Chanteur de caf’ conc’, comique troupier à l’Alcazar de Marseille. Marius est son premier film, il en tournera 10 jusqu’en 1939, dont Regain et La Femme du boulanger (Pagnol), Bonne chance (Guitry), La Marseillaise (Renoir). Indisponible pour Fanny, il fut remplacé par Mouriès. 

Robert Vattier (Rennes 1906-1982) Comme Charpin, il fait partie de la troupe du Théâtre de l’Odéon depuis 1924. Il effectuera une très longue carrière, au théâtre comme au cinéma jusqu’en 1978. Avec Pagnol, on le voit dans Le Schpountz, La Femme du boulanger, Manon des Sources et Les Lettres de mon moulin. 

Alexandre Mihalesco (Bucarest 1883-1974) A joué au cinéma depuis 1927 (dont La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer). Marius, qui est son 20e film, est le seul qu’il joue dans la trilogie. Ses participations au cinéma sont nombreuses auprès des plus grands metteurs en scène : L’Herbier, Grémillon, Tourneur, Allégret, Delannoy… jusqu’à Jacques Becker en 1956). En 1955, il joue Judas, de Pagnol, au Théâtre de Paris. 

Édouard Delmont (Marseille 1883-1955) Entre à l’Alcazar de Marseille en 1914 en qualité de machiniste ; il en deviendra régisseur. Il fait du music-hall à Paris avec les Marseillais montés à la capitale autour de Raimu. Il tournera dans plus de 80 films de 1930 à 1954, dont Toni de Renoir, et Quai des Brumes de Carné, ainsi que de nombreux Pagnol : Angèle, Regain, La Femme du boulanger, Manon des Sources, Les Lettres de mon moulin.

Nous ne souhaitons pas, d’excellentes études ayant été faites sur le sujet, détailler une œuvre que chacun a vue, ou verra, notamment grâce à ses nombreux passages à la télévision, ni même résumer une intrigue dont les trois épisodes ont été traduits dans le monde entier, et dont les scènes les plus célèbres sont apprises par cœur par les écoliers, les collégiens et les lycéens. Marius, Fanny et César sont devenus des “classiques” de la littérature française, et des “classiques” du cinéma, en dépit de certaines critiques leur reprochant leur côté “théâtre filmé”. Il serait bien plus judicieux de faire ressortir leur côté “précurseur“ et se souvenir que la France, avec quelques années de retard sur les Etats-Unis, en était encore aux balbutiements dans le domaine du cinéma parlant (d’où le choix d’Alexandre Korda pour tourner Marius). Marcel Pagnol, l’un des premiers, contre vents et marées, c’est-à-dire contre l’ensemble des professions théâtrale et cinématographique, a compris l’intérêt de cette nouvelle forme d’expression, l’avenir qui l’attendait, et le parti qu’il pouvait en tirer. Il se consacrera d’ailleurs bientôt presque exclusivement à cette forme d’art, délaissant pratiquement le théâtre qui l’avait pourtant rendu consacré et rendu célèbre.

Mais si les films et leurs personnages truculents et pittoresques sont inscrits désormais dans la mémoire collective, ils empêchent parfois d’apprécier pleinement la saveur et la qualité du texte et de la langue. D’où le grand intérêt de leur écoute “dépouillée” du support de l’image (1). Cet intérêt est encore augmenté grâce à leur rendu sonore, bien supérieur à celui des films, qui permet de mieux comprendre les paroles et les répliques. Ce que comprirent Marcel Pagnol et les Éditions CMF lorsqu’ils décidèrent d’éditer, sur trois doubles-albums microsillons, les bandes originales des trois films, ainsi qu’il est noté à l’intérieur de la pochette de Marius : “La pellicule cinématographique est un support fragile. Le négatif et les contretypes originaux ont fourni en trente ans plus de mille copies, et ce chef-d’œuvre de l’art cinématographique risque de disparaître un jour. C’est pourquoi nous avons pensé à enregistrer les voix célèbres sur de modernes microsillons. Afin d’éclairer l’auditeur, et de remplacer les images absentes, l’auteur a composé un commentaire, qui est une suite de sous-titres parlés, et il a tenu à dire lui-même ce texte, trente et un ans après la première de Marius” (2).

Par rapport à l’édition originale, cette nouvelle publication en CD permet (en dehors du travail de restauration sonore qui augmente encore la qualité de l’écoute), grâce aux index, de “plager” les différentes scènes. Pour leur repérage, nous nous sommes servi des textes originaux des pièces telles que les a établi Marcel Pagnol en vue de leur publication dans ses “Œuvres complètes” par les Éditions de Provence à partir de 1965. L’auditeur curieux et attentif trouvera souvent de notables différences entre les dialogues des films et ceux des pièces. Celles-ci au théâtre étaient plus longues que leur version filmée, déjà fort conséquente. Certaines scènes ont disparu, ou ont été déplacées ; n’oublions pas que Pagnol réécrivait quotidiennement les dialogues en fonction des impératifs de l’image, pendant les cinq semaines que dura le tournage, sans parler des improvisations probables des comédiens, Raimu en particulier. Se plonger ou se replonger au cœur même de cette extraordinaire saga qui, sans en avoir l’air, traite, avec une vraie simplicité de ton et une grande humanité, de questions qui concernent les rapports humains essentiels, permet de considérer cette fameuse “trilogie” comme un monument de la littérature populaire, et de reconnaître en Marcel Pagnol l’un des plus grands et brillants auteurs du XXe siècle.
Jean Buzelin

Notes :
(1)Quelques scènes des trois films avaient été réenregistrées en studio par les comédiens en 1932, 1933 et 1937, et publiées sur 78 tours Columbia (rééditées dans Marcel Pagnol, EPM 985 532). (2) Les commentaires qui précèdent (et suivent pour Marius) l’écoute de chacun des films, ont été enregistrés postérieurement par Marcel Pagnol à partir de ses préfaces réunies sous le titre de Confidences, et de ses propos sur le cinéma parus dans Cinématurgie de Paris, publiés dans ses “Œuvres complètes”. Nous nous sommes permis de les indexer et leur donner des sous-titres pour faciliter leur repérage.

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Raimu : César
Pierre Fresnay : Marius
Orane Demazis : Fanny
Charpin : Panisse
Alida Rouffe : Honorine
Paul Dullac : Escartefigue
Mihalesco : Piquoiseau
Robert Vattier : Monsieur Brun
Edouard Delmont : Le Goëlec (le second)
Zé Digiovanni : Mangiapan, le chauffeur 
+  Lucien Callamand : Capitaine de la Malaisie

Film d’Alexandre Korda (1931)
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
d’après sa pièce (1929)
Photo : Ted Pahle
Musique : Francis Gromon
Enregistrement : procédé Western Electric
Production : Robert T. Kane et Marcel Pagnol pour Paramount 

Texte complet commenté par l’auteur, interprété par les créateurs.
Origine : 33 tours Éditions CMF 01 - 02 (1960)


Ecouter MARIUS de Marcel Pagnol (livre audio) © Frémeaux & Associés Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.




PisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 Marseille: l' Alcazar - Franck, le directeur - le projet de Marius - Marcel06'04
02 La rencontre avec Raimu - Marcel02'16
03 Simone et Léon Volterra - Marcel03'54
04 La distribution - Marcel02'28
05 Charpin - Marcel02'02
06 Raimu Jouera César - Marcel02'28
07 La répétition générale - les débuts et le succès - Marcel02'57
08 Elvire Popesco, Raimu, Pagnol - Marcel02'56
09 Raimu à Bandol- ses colères - Marcel03'46
10 Le comédien - mort de Raimu - Marcel04'20
11 Orson Welles, Aldo Fabrizzi - Marius au cinéma - Marcel03'31
CD 2
01 Présentation de Marcel Pagnol - Marcel01'47
02 Marius, Acte I, Scène 2 - Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis05'33
03 Marius, Acte I, Scène 1 - Paul Dullac, Pierre fresnay, Mihalesco04'24
04 Marius, Acte I, Scène 3 - Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis, Robert Vattier, Charpin06'08
05 Marius, Acte I, Scène 4 - Raimu, Pierre Fresnay, Robert Vattier02'37
06 Marius, Acte I, Scène 7 - Charpin, Alida Rouffe01'17
07 Marius, Acte I, Scène 8 - Pierre Fresnay, Orane Demazis05'28
08 Marius, Acte I, Scène 9 - Pierre Fresnay, Orane Demazis, Charpin05'28
09 Marius, Acte I, Scène 10 - Pierre Fresnay, Orane Demazis02'14
10 Marius, Acte II, Fanny, Honorine - Alida Rouffe, Orane Demazis01'18
11 Marius, Acte II, Scènes 1 et 2 - Raimu, Charpin, Zé Digiovanni05'52
12 Marius, Acte II, Scène 3 - Alida Rouffe, Raimu, Pierre Fresnay05'18
13 Marius, Acte II, Scène 4 - Raimu, Pierre Fresnay06'02
14 Marius, Acte II, Scène 5 - Pierre Fresnay, Orane Demazis, Mihalesco09'51
CD 3
01 Marius, Acte III, Scène 1 - Raimu, Robert Vattier, Charpin, Paul Dullac03'14
02 Marius, Acte III, Scènes 2, 3, 6 - Raimu, Robert Vattier, Paul Dullac01'23
03 Marius, Acte III, Scène 5 - Raimu, Robert Vattier, Paul Dullac02'34
04 Marius, Acte III, Scène 6 - Raimu, Robert Vattier01'33
05 Marius, Acte IV, Scène 6 - Pierre Fresnay, Orane Demazis, Mihalesco04'23
06 Marius Acte IV, Scène 3 - Raimu, Alida Rouffe05'15
07 Marius, Acte IV, Scène 6 - Alida Rouffe, Orane Demazis01'09
08 Marius, Acte IV, Scène 4 - Raimu, Pierre Fresnay07'11
09 Marius, Acte IV, Scène 6 - Pierre Fresnay, Orane Demazis, Le Goëlec05'49
10 Marius, Acte IV, Scène 6 (Panisse), Fanny, César - Pierre Fresnay, Orane Demazis05'48
11 Le désir de passer du théâtre au cinéma - Marcel02'26
12 Marcel Pagnol découvre le cinéma parlant - Marcel04'52
13 Recontre les gens de cinéma - Marcel01'52
14 Rencontre Robert Kane - les studios de Joinville- s'initie au cinéma - Marcel01'56
15 Bob Kane décide de tourner Marius- négociations délicates - Marcel01'58
16 Débuts difficiles du parlant - Alexandre Korda tourne Marius - Marcel03'02
« La trilogie marseillaise » par Lire

« Fanny et César, qui forment avec Marius la trilogie dite « marseillaise », peuvent être lus comme le récit des étapes du châtiment de Marius qui doit payer pour ses rêves d’exotisme et pour avoir fui celle qu’il aime. Il s’en faut cependant que Pagnol ait eu, dès le début, le projet de composer un tel ensemble. Lorsqu’il a écrit Marius, Pagnol avait en tête une pièce qui se suffisait à elle-même et, malgré le succès, il était réticent à l’idée même d’écrire une suite : « Un auteur qui écrit une suite risque de donner l’impression qu’il est à bout de souffle, qu’il tire sur une même ficelle d’imagination » lui aurait déclaré le directeur du Figaro, Pierre Brisson. Ayant surmonté ses réticences, il sut montrer qu’il ne manquait pas d’imagination pour tirer parti avec bonheur d’un fil dramatique assez solide pour porter l’intrigue d’une suite qui se maintienne au niveau de son commencement. Dans Fanny (crée le 5 décembre 1931), Marius, omniprésent dans les conversations des autres personnages, a quelque chose de l’Arlésienne, à ceci près qu’il apparaît au dernier acte : de passage à Marseille, il vient faire comprendre à Fanny que , deux ans après, il l’aime toujours. Mais elle est devenue entre-temps la femme de Panisse et la mère d’un futur héritier dont « la vie est toute prête ». Marius a beau dire que la folie des voyages l’a quitté et tenter de se justifier auprès d’elle : « Ce qui se passe dans notre tête, on ne le comprend pas toujours …Je veux dire pas tout de suite…. Avec Piquoiseau qui me racontait ces histoires et ces sirènes de bateau qui m’appelaient dix fois par jour, et même qui me réveillent la nuit… je m’étais fait des imaginations… » . Nouvel échec. Au désespoir, Marius, comprenant qu’il a « gâché [sa] vie », se voit signifier par son père qu’il a perdu tout droit sur un fils désormais devenu celui d’Honoré Panisse. La pièce se termine, comme la première, sur l’échec des amours de Marius et de Fanny, sacrifiés non plus au rêve d’évasion mais à l’intérêt supérieur de l’enfant. Le dernier volet du triptyque fut directement écrit pour le cinéma, tant était pressant le désir du public de revoir la même distribution des personnages. Réalisé en cinq semaines en 1935 et 1936, Pagnol en tira une comédie parue en 1937 et crée en 1940. Vingt ans après, Panisse est mort et son fils, Césariot, est devenu un brillant polytechnicien. Dans la version écrite, le curé Elzéar pousse Fanny à révéler à Césariot la véritable identité de son père : « d’abord, pour qu’il ne l’apprenne pas par d’autres et pour qu’il sache que tu n’as pas menti à ton mari », enfin pas dans l’au-delà de son « mensonge quotidien » .Césariot retrouve Marius, qui, loin des rêves d’évasion, n’est plus qu’un simple ouvrier mécanicien à Toulon. Après quelques quiproquos, on solde les comptes des pièces antérieures, le tout débouchant sur une sorte de happy end, Fanny déclarant à Marius, alors qu’il lui parlait mécanique et moteurs de bateaux, qu’il « n’y a rien d’irréparable ». Mais la philosophie de l’ensemble serai mieux résumé par une formule que l’on trouve dans Le Château de ma mère : « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants »
Par LIRE




« Une version historique » par la Revue des médiathèques et des collections musicales.

Enregistrement de 1931, avec texte de liaison par Marcel Pagnol en 1960. Frémeaux et Associés, les Editions de la Treille et les ayants-droits de Marcel Pagnol ont choisi de restaurer les enregistrements sonores du film de 1931, adaptation de la pièce de 1929 avec le texte de liaison interprété par Pagnol lui-même en 1960 afin de présenter un ensemble, une version historique et adapté à l’esprit critique des collectionneurs d’aujourd’hui. Marius, la pièce, le comédien qui l’incarne et le personnage sont présentés par Marcel Pagnol en préface. Il exprime également sa volonté de porter au cinéma, art alors naissant, son œuvre théâtrale. Un coffret de 3 Cds et un livret de 20 pages. Pierre DENUIS - REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES




« Une archive inédite » par L’Alsace

« A moi, il me fend le cœur… A toi, il ne te fait rien ? » La réplique est culte. Mais on peut s’amuser aussi d’une autre, non moins éternelle : « Il se peut que tu aimes la Marine française mais la Marine française, elle te dit merde… » Des mots entendus dans Marius, premier volet de la trilogie légendaire de Marcel Pagnol. Pour le première fois en CD, on peut entendre les enregistrements sonores du film réalisé en 1931 par Alexandre Korda d’après la pièce de 1929. Pour le bonheur d’écouter Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis ou Charpin mais aussi d’entendre Marcel Pagnol, dans une archive inédite, préfacer Marius et dire aussi sa volonté de s’inscrire dans cet art nouveau qu’était alors le cinéma parlant. L’ALSACE




« L’inoubliable Raimu » par Phonoscopies

C’est pour nous un film-culte. Nous l’avons vu d’innombrables fois en salle, à la télé, et possédions une copie 16mm sonore. Sans doute la société et les mœurs qu’il dépeint ont évolué mais, au delà de l’apparence, les rapports humains restent les mêmes. Et puis il y a ce texte magnifique de Pagnol, dit et parfois un peu « adapté » par l’inoubliable Raimu, qui n’a  jamais retrouvé un pareil rôle. Chef-d’œuvre donc, malgré la technique imparfaite de l’époque. Ce n’est pas la version enregistrée en 78t qui nous est proposée ici, mais la bande-son du film, commentée par Pagnol et augmentée d’archives où l’auteur parle de son œuvre au théâtre et au cinéma. PHONOSCOPIES




"L'originalité de cette édition tient dans sa qualité sonore" par La Classe

Qui ne connaît la trilogie cinématographique de Marcel Pagnol - Marius, Fanny, César - l'inoubliable saga marseillaise dont les scènes les plus célèbres (comme La partie de cartes) sont aujourd'hui apprises et jouées dans les écoles ? La version sonore de Marius, proposée aujourd'hui dans un coffret de 3 CD, permet de retrouver, et d'apprécier d'une autre façon, les dialogues savoureux de ce film, interprétés par des acteurs entrés aujourd'hui dans la légende : Raimu, Fresnay, Charpin, Orane Demasis. L'originalité de cette édition tient dans sa qualité sonore (la bande originale a été restaurée) et l'ajout de textes de liaison interprétés par Marcel Pagnol lui-même, l'ensemble étant complété par une préface et une postface inédites.
par LA CLASSE





"La voix de Pagnol a été gravée en 1960" par L’Ecole d’Aujourd’hui (ex JDI)

L’enregistrement date de 1931 et reprend celui des microsillons que Pagnol avait fait graver afin de préserver les bandes originales des films de sa trilogie (Marius, Fanny, César). Extraite de ses « Confidences », la voix de Pagnol a été gravée en 1960 ; l’auteur raconte les circonstances ayant entouré la présentation de la pièce et la création des films. Il assure aussi les textes de liaison venant suppléer l’absence des images. Il ne saurait être question de faire écouter la totalité de cet enregistrement. Mais en pensant à la transmission de ce patrimoine sonore, on peut sélectionner quelques morceaux de bravoure, la confection du cocktail, les 40 Canebières de Paris, la manille aux enchères, ou quelques autres scènes où transparaît la profonde humanité des personnages, leurs petitesses et leur grandeur.
Par L’ECOLE D’AUJOURD’HUI (EX JOURNAL DES INSTITUEURS - NATHAN)




"L’occasion de se rendre compte que l’image n’est en rien indispensable" par Histoires littéraires

"Après une préface sonore inédite de Pagnol, dans laquelle se détache la forte personnalité de Raimu, l’écoute de l’intégralité des enregistrements sonores du film de 1931 donne l’occasion de se rendre compte que l’image n’est en rien indispensable pour  goûter le charme de cette trilogie fameuse (la réciproque n’est sans doute pas vraie). Le texte deliaison des scènes et des entrées ou sorties des personnages est dit par Pagnol lui-même, qui l’enregistra en 1960. On prend grand plaisir à cette écoute, et l’on attend avec gourmandise les deux oeuvres suivantes. À la fin du troisième CD du coffret, une autre archive inédite présente la place de Marius dans un cinéma parlant qui lançait alors ses premiers vagissements."
par Jean-Jacques LEFRERE - HISTOIRES LITTERAIRES




« Plus qu'un livre... » par Le Journal du médecin

Plus qu’un livre, c’est carrément la bande son d’un film - et quel film ! -, celui d’Alexandre Korda, Marius, basé sur le roman de Marcel Pagnol et qui mettait en scène Raimu et Pierre Fresnay. Le CD reprend cette fameuse tirade drolatique de la partie de cartes, que voici… « Escartefigue : Moi je connais très bien le jeu de la manille et je n’hésiterais pas une seconde, si j’avais la certitude que Panisse coupe à cœur. Panisse : Je t’ai déjà dit qu’on ne doit pas parler, même pour dire bonjour à un ami. Escartefigue : Je ne dis bonjour à personne. Je réfléchis. Panisse : Et bien, réfléchis en silence… Et ils se font encore des signes ! Monsieur Brun, surveillez Escartefigue. Moi, je surveille César. César à Panisse : Tu te rends compte comme c’est humiliant ce que tu fais là ? Tu me surveilles comme un tricheur. Réellement, ce n’est pas bien de ta part. Non ce n’est pas bien. Panisse, presque ému : Allons César, je t’ai fait de la peine ? César : Quand tu me parles sur ce ton, quand tu m’espinches comme si j’étais un scélérat, et bien tu me fends le cœur . Panisse : Allons, César… César : Oui, tu me fends le cœurs. Pas vrai Escartefigue ? Il nous fend le cœur. Escartefigue ravi : Très bien ! et il jette une carte sur le tapis. Panisse regarde César, puis se lève brusquement plein de fureur. Panisse : Est-ce que tu me prends pour un imbécile ? Tu as dit : « Il nous fend le cœur » pour lui faire comprendre que je coupe à cœur. Et alors il joue cœur parbleu. Panisse lui jette les cartes au visage. Tiens, les voilà tes cartes, tricheur, hypocrite ! Je ne joue pas avec un grec ; siou pas plus fade qué tu, sas. Fou pas mi prendré per un aoutré ! (il se frappe la poitrine). Siou mesté Panisse, et siès pas pron fin per m’aganta ! » B.R. – LE JOURNAL DU MEDECIN




« Le merveilleux Pagnol de toute la Provence » par l’Inédit Nouveau

« J’ai trop pris l’habitude d’appeler classique le vers régulier, mais ici j’attribue le terme à toute production artistique ou littéraire, qui sans prendre de rides figure ou doit figurer au panthéon des plus grands. Et je commence par un extraordinaire triple CD consacré au « Marius » de Marcel Pagnol. Celui-ci présente, commente et même illustre d’anecdotes les enregistrements historiques de 1931 (le film d’après la pièce de 1929) et, pour les textes de liaison de l’auteur, de 1960. L’auteur a d’ailleurs admirablement choisi les extraits qui font la joie absolue de cette première partie de la trilogie mythique. Le contraire m’aurait surpris, puisqu’il est encore le merveilleux Pagnol de toute la Provence, celui qui a fait de l’accent du Midi une langue universelle dont nul désormais ne se passe. Les félibres et les troubadours eux-mêmes n’avaient pas réussi cela. Pagnol le raconte d’ailleurs fort bien comme l’arrivée du cinéma parlant, si contestée à ses débuts et qu’il imposa malgré tout. La collection « Mémoire collective » a même reçu le Grand Prix de l’Académie Charles Cros de la musique et de la parole enregistrée parmi plus de 700 distinctions du genre. »
par l’INEDIT NOUVEAU




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