ACCORDEON VOL.4

MUSETTE / SWING - PARIS 1925-1954

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Nombre de CDs : 2


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Le style musette parisien, sous toutes ses déclinaisons (de la valse-musette des bals populaires au swing-musette inventé par Gus Viseur et consorts) dispose d’une abondante discographie à l’époque du 78 tours, dont une grande partie n’a jamais été rééditée.
Ce nouveau volume, préparé par Guillaume Veillet, permet de découvrir de nouveaux trésors et contribue à écrire l’histoire, de cette “world music” à la française.
Patrick Frémeaux
DROITS : DP / FREMEAUX & ASSOCIES

 

ACCORDEON volume 4

ACCORDEON volume 4
Musette/swing 
Paris 1925-1954








Ce coffret est le quatrième d’une série initiée au début des années 1990 par le label Frémeaux & Associés et consacrée à l’histoire de l’accordéon parisien. Les deux premiers furent réalisés par le regretté Didier Roussin (1949-1996) en 1992 et 1993. Ils avaient notamment pour objectif de remettre à la disposition du public les plus grands classiques du musette d’avant-guerre et de la période de l’Occupation, dans leur version originale. Le troisième volume, sorti plus récemment et conçu par Dany Lallemand, s’intéressait à la décennie 1944-1954, soit les dernières années du disque 78 tours et l’époque de l’apogée de l’instrument dans la société française.

Ce quatrième opus propose un retour sur trois décennies d’enregistrements d’accordéon parisien, avec une sélection de morceaux souvent moins connus, mais tout aussi dignes d’intérêt. On entendra le style musette sous toutes ses déclinaisons, du trio accordéon / banjo / jâze (batterie) typique des bals musette des années folles, aux chorus exaltés des vedettes du swing musette des années 1940. L’objectif principal est toutefois de remettre au premier plan ce qui constitue à nos yeux “l’âge d’or” de l’accordéon enregistré, entre le milieu des années 1920 et celui des années 1930. On y entend une musique faite pour la danse, fonctionnelle mais non exempte de fantaisie, avec cette touche française, ce “je ne sais quoi” qui en fait toute la saveur. On en profitera pour rendre hommage à des instruments trop souvent négligés : le banjo, accompagnateur quasi-obligatoire de l’accordéon avant d’être progressivement remplacé par la guitare au cours des années 1930, mais aussi le saxophone. Et l’on passera en revue les différents incontournables du genre musette : les refrains chantés avec une gouaille toute parisienne, les instruments insolites (jazzoflûte, xylophone…) fréquents dans les séances d’enregistrement, les valses “de genre” (tyrolienne, espagnole, sifflée…), les danses autochtones (java) et importées (du fox-trot à la rumba) qui se mélangent dans le grand melting pot parisien… C’est donc parti pour un inventaire de la “world music” à la française !

On ne refera pas ici l’histoire exhaustive du style musette. Celle-ci est désormais bien connue, en tout cas dans ses grandes lignes. Insistons toutefois sur un aspect : cette musique, qui a parfois aujourd’hui une image franchouillarde et peu ouverte sur l’extérieur, est le fruit d’un formidable métissage réalisé en zone urbaine. Elle doit tout à la rencontre, au début du XXe siècle, entre les cornemuseux au­vergnats du quartier de la Bastille (joueurs de “musette”) et les accordéonistes italiens fraichement débarqués dans la capitale. Des joueurs de banjo (un instrument arrivé d’Amérique, mais d’origine africaine), parfois issus de la communauté manouche ou venus d’Espagne, ajouteront leur grain de sel, et le mélange de toutes ces influences donnera naissance à un nouveau genre musical. Celui-ci laisse une place centrale à l’accordéon et se développe dans les petits bals parisiens. Longtemps réservés aux classes les plus populaires, les bals musette de la rue de Lappe et d’ailleurs vont progressivement attirer un public plus large, dont des touristes étrangers en quête d’authenticité. L’ambiance a déjà quelque peu changé au moment où les maisons de disques commencent à sortir en masse des 78 tours d’accordéon, à la fin des années 1920. Les chansons “musette” de l’époque enfilent parfois les clichés comme des perles. On y parle de mauvais garçons à casquettes et de filles de joie, “populos” fantasmés par des auteurs de chansons souvent issus des classes aisées. On a ainsi souvent du mal à distinguer ce qui tient de la réalité ou du folklore.

Reste que l’abondante discographie, dont l’énorme majorité n’a jamais été rééditée, nous donne une idée très précise – et séduisante – de la vitalité de l’accordéon parisien de l’époque. Elle nous permet de redécouvrir de grands artistes, parfois bien oubliés. Il reste d’ailleurs encore énormément à faire dans ce domaine. Après 4 volumes, beaucoup de ceux qui ont fait danser nos arrière-grand-parents manquent encore sur la liste. Citons entre autres (mais on en oubliera forcément beaucoup !) : l’Original Orchestra de Marius Brun avec l’accordéoniste A. Jauniaux ; Maurice Muno, dandy de la rue de Lappe et coqueluche de ces dames ; le pédagogue réputé de l’instrument A. Dalle Molle, dont il n’existe que quelques disques chez Innovat ou Cristal ; le délicieusement nommé Bijou Accordéon Orchestre sur Parlophone ; Rolando (label Colisée), Stefano (Atout) ou encore Valentino (Pagode), dont les noms ont une saveur toute transalpine ; L’ensemble Viard et ses As, sous la direction du saxophoniste Jules Viard ; le Marseillais Georges Sellers, habitué du label Gramophone et fidèle complice de Vincent Scotto; sans oublier André Bastien, Georges Garrigoux, Hubert Bression, etc. Manquent aussi les femmes accordéonistes, moins nombreuses que les hommes mais pas du tout absentes de la scène musette. Les trois premiers volumes avaient permis d’entendre Simone Bultiau et Yvette Horner. Celui-ci aurait pu mettre en avant des artistes tout aussi intéressantes comme les sœurs Sabatier ou Tity Quentin. Et puis, il y a tous ces chanteurs et chanteuses “de musette” qui entonnent des refrains populaires accompagnés à l’accordéon. Parmi eux Malloire (Columbia), Jean Cyrano (Pathé), le fabuleusement nommé Marcel’s (Polydor) ou encore Galiardin et sa compagne Maguy Fred, vedettes de Gramophone et morts dans des circonstances tragiques en 1937 dans leur guinguette de Villeneuve-le-Roi. Bref, il y a largement la matière pour initier de nouvelles rééditions dans l’avenir. De nombreux trésors à redécouvrir sommeillent dans les archives des collectionneurs.

CD N.1
Dans l’entre-deux-guerres, un “tube” n’est pas la chasse gardée de son interprète original, et chaque succès du disque est enregistré sous de nombreuses versions. Par exemple, J’ai deux amours, créé par Joséphine Baker pour la revue “Paris qui remue” du Casino de Paris en septembre 1930, est repris dès octobre 1930 par Alibert, puis Berthe Delny. En décembre 1930, c’est Réda Caire qui l’enregistre, suivi en 1931 par Nicolas Amato, Jean Deret, Destrey et Davson, etc. Ainsi, il n’est pas étonnant que les accordéonistes suivent la tendance et gravent eux aussi dans la cire ces airs à la mode, dans une version à danser. On doit cette belle interprétation à Henri MOMBOISSE (1889-1960). Ce Cantalou d’origine joue alors aussi bien le répertoire musette que le traditionnel auvergnat (il est par exemple un habitué du label Le Soleil de Martin Cayla). Il est accompagné ici par deux grands noms du banjo musette, à une époque où cet instrument est encore un incontournable des bals et des sessions d’enregistrement : Julien LATORRE, auteur avec Jean Vaissade du célèbre Sombreros et mantilles, ainsi que Lucien BELLIARD, longtemps fidèle complice d’Emile Vacher et qui apprendra plus tard la guitare aux côtés de Charley Bazin, pionnier du swing musette.

Toujours issu du répertoire des grandes revues parisiennes, voici un extrait de “Folies en folie”, à l’affiche des Folies Bergère en 1933 et qui marque le retour sur cette scène prestigieuse de la grande Mistinguett. Tout ça n’arrive qu’à moi est interprété ici par LA HOUPPA (1900-1987). Née Marcelle Capronnier, cette chanteuse aujourd’hui bien oubliée fut une vraie vedette de la radio et du cinéma, célèbre pour son chapeau haut-de-forme coloré et sa chevelure blonde bouclée. A ses côtés, l’ORCHESTRE MUSETTE IDÉAL est emmené par l’accordéoniste Adolphe DEPRINCE (1901-1995), accompagnateur réputé qu’on entendra aussi aux côtés d’Edith Piaf, Fréhel, Jean Gabin, etc.

Restons dans la même ambiance avec l’un des chefs-d’œuvre de l’accordéon-variétés, interprété par l’orchestre de Gigetto Costoncelli dit GIGETTO (1907-1994). Italien d’origine arrivé en France en 1924, ce poly-instrumentiste (accordéon, guitare, saxophone, clarinette…) joue plus souvent dans les music-halls et les cabarets chics que dans les bals musette. Ainsi, cette Juju-java évoque davantage la musique de cirque ou le grand orchestre de revue que l’atmosphère interlope de la rue de Lappe. Que d’enthousiasme, que d’optimisme, que de joie de vivre ! Les musiciens ont raison d’en profiter : le disque est gravé en octobre 1929, juste avant le krach boursier de Wall Street qui va marquer la fin de l’insouciance des Années folles.

La java qui suit remonte sans doute à cette même année 1929, selon Marc Monneraye, chargé de dater les enregistrements de ce coffret. Toutefois, faute de l’existence de documents fiables, il ne peut le certifier et attribue à ce disque petit format la “médaille d’or du concours des introuvables” ! Mon p’tit frère a en effet été enregistré sur le label anglais Crystalate par deux interprètes dont on ne sait rien : ROUGER à l’accordéon et PIERREL au refrain, accompagnés par un pianiste dont le nom ne nous est pas connu. Ce qui est sûr, c’est qu’on doit cette chanson au compositeur et chef d’orchestre Fernand Warms, alors en début de carrière. Les paroles et l’interprétation fleurent bon l’argot et le Paris populaire (sans doute un peu fantasmés).

Ecoutons maintenant Gus VISEUR dit “Tatave” (1915-1974) au début de sa carrière, bien avant qu’il ne devienne l’icône du swing musette. Il joue au milieu des années 1930 aux côtés du grand Médard FERRERO (1906-1972) au sein des “Quatre Clochards”, avec le banjoïste et accessoiriste Cariolato et le violoniste Maurice Thote. Ici, c’est en duo que les deux accordéonistes interprètent une mazurka, danse de couple très populaire en Italie du Nord (berceau de la famille Ferrero). Elle est en quelque sorte l’ancêtre de la java, qui en est une version adaptée au contexte des bals musette.

On retrouve Gus VISEUR quelques années plus tard, au sein de l’ORCHESTRE MUSETTE SWING ROYAL. Le swing est à la mode en ce mois d’avril 1940 et l’accordéoniste peut enfin donner libre cours à sa passion du jazz. Le titre du morceau semble interroger le public : Le swing qu’en pensez-vous ? Il est co-signé par Gino Bordin, souvent présent dans les orchestres musette dès les années 1920, mais qui est surtout connu pour avoir été l’un des principaux promoteurs en France de la guitare hawaïenne.

La popularité du style swing musette est aussi due au contexte politique du début des années 1940. Suite à la défaite, le nord de la France est occupé par l’Allemagne et les bals sont interdits. Le public se retrouve donc dans les clubs de jazz pour écouter de la musique dans un autre contexte. Les musiciens noirs américains, nombreux dans le Paris de l’entre-deux-guerres, ont quitté le pays. Ils sont donc remplacés sur le devant de la scène par les accordéonistes. Leur jazz “à la française” est d’autant plus apprécié qu’il évoque le monde anglo-américain, en guerre contre l’occupant nazi. 720 in the Books est enregistré à la fin du printemps 1941 par Émile CARRARA (1915-1973), entouré de Charles Louis (piano), Sigismond Beck (contrebasse) et Pierre Fouad (batterie). Surtout connu pour être l’auteur de la musique de Mon amant de Saint-Jean, popularisé par Lu­cienne Delyle, Carrara est issu d’une famille de musiciens italiens installée dans le XIXe arrondissement de Paris. Il débute très jeune aux côtés de son frère aîné Albert, lui aussi accordéoniste réputé. Sa carrière sera caractérisée par une grande polyvalence, entre bals musette, dancings et cabarets (il dirigera l’orchestre du Moulin Rouge).

N’oublions pas un autre grand nom de l’accordéon jazz, Tony MURÉNA (1915-1971). Arrivé en France à l’âge de 18 mois, il joue dès l’âge de 10 ans sur les bords de Marne, Chez Max ou au Casino de Nogent. Ami de Django Reinhardt, il fait partie des quelques accordéonistes à enregistrer fréquem­ment avec des guitaristes manouches à l’époque de l’Occupation. Sur ce fox-trot de sa composition, Pacific, il est ainsi accompagné par deux des frères Ferret (Etienne dit “Sarane” et Pierre dit “Baro”), ainsi que par le bassiste Jacques Petitsigne.

Georges dit “Jo” PRIVAT (1919-1996) est lui aussi connu pour ses nombreuses collaborations avec des musiciens “rabouins” (pour reprendre un terme de l’argot parisien qu’il affectionnait tant). Sa vie est un résumé de l’histoire du musette. Né dans un quartier populaire (Ménilmontant) d’une mère italienne, il commence sa carrière à 14 ans, encouragé par sa tante, tenancière d’une maison de tolérance. Il entre au Balajo, rue de Lappe, en 1936, et en sera l’accor­déoniste attitré pendant près de 50 ans (à ce propos, cassons une légende : le nom du Balajo ne vient pas de Jo Privat mais du premier propriétaire des lieux, un certain Jo France). Privat a 26 ans quand il enregistre sa version d’un standard international, Besame Mucho. Nous sommes à la toute fin des hostilités, en mai 1945, et si ce morceau est encore joué dans un esprit swing, il est annonciateur du répertoire qui s’imposera après la guerre : la musique “typique” à base de rumbas et autres sambas.

Faisons un bond de 15 ans en arrière pour revenir à la toute fin des Années folles, en 1929. Si à l’époque le swing n’a pas encore conquis les accordéonistes parisiens, ceux-ci sont déjà très marqués par l’influence américaine et jouent des danses à la mode venues d’outre-Atlantique. La plus populaire est sans doute le fox-trot. Celui-ci, Mon petit, n’est autre que l’adaptation en français de la chanson Sonny Boy, créée par Al Jolson et interprétée dans le premier film parlant de l’histoire, Le chanteur de jazz. Il est enregistré par Frédo GARDONI (1896-1976), énorme vedette du disque avant-guerre, principalement chez Pathé dont il est l’accordéoniste officiel. A ses côtés, son complice de toujours, le banjoïste d’origine espagnole Manuel PUIG, ainsi que le chanteur LE ROY et l’inénarrable BAIZ au jazzoflûte (ou sifflet à coulisses).

Quand on évoque Frédo GARDONI aujourd’hui, c’est souvent pour se gausser de sa technique limitée, bien éloignée de celle des grands noms du swing de la génération suivante. On aurait tort de s’arrêter à cet aspect. Son succès n’est pas dû au hasard et les centaines de faces qu’il gravera dans sa carrière gagnent à être redécouvertes. Il y a sans doute moins à jeter que dans la discographie de certains virtuoses qui auront aussi leur période commerciale… moins avouée et assumée. Cette Java des éléphants est enregistrée en 1936 au sommet de la gloire de Frédo. Tenancier du Bar des vedettes, rendez-vous des artistes sur le Faubourg Saint-Martin, il est également de tous les grands événements qui rythment la vie des Français : les Six Jours de Paris, les grands matches de boxe… ainsi que le Tour de France, qu’il anime en musique, deux décennies avant Yvette Horner.

Retrouvons Henri MOMBOISSE pour la version instrumentale d’une chanson créée par Marthe Daumont sur une musique de Georges Maligne, Voulez-vous mes roses. Comme souvent à l’époque, le banjo est très présent, dialoguant avec l’accordéon et lui volant même la vedette lors de deux passages solo (on dirait “chorus” dans un contexte de jazz).

C’est René Nérac qui joue du banjo sur cette belle valse de sa composition, La Libournaise. Elle est interprétée par l’orchestre LE CRISPANS, emmené par l’accordéoniste René LEROUX. Le batteur Barbier est le troisième larron de cet ensemble qui grave plusieurs faces pour la branche française du label allemand Polydor au début des années 1930.
L’ingénieur du son est un dénommé Koenig, venu spécialement de Berlin pour diriger des séances d’enregistrement à Paris (on reconnaît sa présence aux initiales “BKP” dans le numéro de matrice).
Toujours chez Polydor (et toujours enregistrés par Koenig !), voici un duo d’accordéonistes : ARIS et Mario RICCI. Cette Java d’amour est une composition d’Aris. Instrumentiste réputé, il accompagnera notamment le Tour de France aux côtés de Frédo Gardoni et du chanteur Jean Cyrano, au sein de la caravane affrétée par la société Paul Beuscher.

La java, danse quelque peu sulfureuse et longtemps réservée aux petits bals populaires parisiens, s’implante d’ailleurs peu à peu dans la société française des années 1920 et 1930. Les chanteurs de variété s’en inspirent. Dès 1922, Mistinguett crée La java, reprise par Emma Liebel l’année suivante. Viendront, dans un registre parodique, La plus bath des javas de Georgius en 1924 ou La java de Cézigue de Georgel en 1927. C’est la java tire plutôt sur la corde nostalgique et vante les mérites d’une danse qui “évoque les anciens souvenirs du faubourg”. La musique en est co-signée par une jeune pianiste, Marguerite Monnot, qui connaîtra plus tard le succès aux côtés d’Edith Piaf. Plusieurs accordéonistes, dont Alexander, enregistreront cette chanson. On doit cette version à l’orchestre de Robert TROGNÉE (1907-1972).

L’essentiel de la discographie musette d’avant-guerre est composé de disques 78 tours à gravure hori­zontale, dits “à aiguille”. Toutefois, un autre système existe : les disques à gravure verticale dits “à saphir”. Ainsi, plusieurs accordéonistes enregistrent sur “saphir” jusqu’à l’abandon de cette technique à la fin des années 1920. Voici par exemple Mignonette, une belle valse gravée en 1925 par Louis PÉGURI (1894-1972), sur une composition de son frère Michel (1887-1958). Les deux hommes joueront souvent ensemble, mais n’oublions pas leur frère aîné, Charles (1879-1930), l’un des pionniers du style musette. Il serait parmi les premiers à s’être produits aux côtés des cornemuseux auvergnats du quartier de la Bastille (il deviendra d’ailleurs le gendre du “roi des cabrettaires”, Antoine Bouscatel).

Quand on évoque les pionniers du musette, on ne peut passer à côté du nom d’Émile VACHER (1883-1969). Le “créateur du genre musette” fait ses débuts sur un accordéon diatonique de marque allemande et joue en jeune prodige dans les bars et brasseries. En 1910, il a son propre bal, rue de la Montagne Sainte-Geneviève. Il s’y produit accompagné par un harpiste, Jean Demarco. Toute sa vie, Vacher conservera son accordéon “mixte” (main droite diatonique et main gauche chromatique). A partir des années 1920, il est une énorme vedette du disque sur la marque Odéon, pour laquelle il enregistre à tour de bras, aux côtés notamment du banjoiste Lucien Belliard et du pianiste Jean Peyronnin. Les valses de Vacher sont immédiatement reconnaissables. Cajoleuse, enregistrée en 1929, est moins connue mais tout aussi entraînante que des standards comme Reine de Musette ou Mado.

On retrouve Jean PEYRONNIN aux côtés de l’accordéoniste Antoine TEDESCHI, à l’époque où ce dernier succède à Emile Vacher au bal L’Abbaye. Malgré cette consécration, le surnom de Tedeschi restera toujours “Antoine La Java”, du nom du bal où il avait joué pendant 7 ans, boulevard du Temple. La java Accordéonette est co-signée par Emile Prud’homme, alors âgé de 23 ans. Il connaîtra la gloire après guerre… et remplacera (lui aussi !) Emile Vacher comme vedette des disques Odéon.

CD N.2
V. MARCEAU (1902-1990) est né Marceau Verschueren à Liévin (Pas-de-Calais). Il est avant tout connu pour ses magistrales interprétations en solo, dont Volupta est un bon exemple. Compositeur prolifique (Ça gaze, La marche des accordéonistes lyonnais…), il met en musique plusieurs chansons de Pierre Mac Orlan (dont La Fille de Londres). Il fera également partie des “Mousquetaires de l’accordéon” aux côtés d’Adol­phe Deprince, Médard Ferrero et Louis Péguri.

Si le film La bande à Bouboule, sorti en 1931, est aujourd’hui bien oublié, il a laissé pour la postérité quelques belles rengaines. Parmi elles : C’est pa… pa… c’est parisien ou Emilienne (C’est-y toi), interprétées par Georges Milton. Pour te prouver que je t’aime n’a pas eu la même postérité et c’est dommage, quand on entend cette belle version enregistrée par l’ensemble des VAGABONDS MÉLOMANES, emmené par le pianiste et compositeur Fernand Warms. GIRARD et CIZERON sont au refrain.

La valse musette est idéale pour traduire un sentiment de grande nostalgie, voire de profond désespoir. L’orchestre de Marcel GROFFE n’interprète qu’une version instrumentale de la chanson Rêve brisé… mais on comprend tout de suite le thème traité : la fin d’un amour et les lamentations du jeune homme éconduit. Les paroles sont alors superflues.

Restons avec Marcel GROFFE pour une chanson issue de la revue “Vive Paris” du Casino de Paris et écrite sur les motifs du tango hongrois Jo (composé par Keller et Szasz). Vous ! Qu’avez-vous fait de mon amour ? est créé en octobre 1933 par Ray Ventura et ses Collégiens, mais sera popularisé par Tino Rossi l’année suivante. C’est l’un des nombreux tangos à avoir été enregistrés par des orchestres musette, à une époque où cette danse est extrêmement populaire à Paris. Plusieurs musiciens argentins se produisent régulièrement dans la capitale et sont parfois accompagnés au bandonéon par des artistes issus du musette (parmi eux Tony Muréna, Émile Carrara ou Joseph Colombo).

Notre parcours musical continue avec 3 morceaux issus de la grande époque du swing musette. Le premier, Averse, de Médard FERRERO, figure aujour­d’hui encore au répertoire de nombreux accordéonistes. Ils le considèrent comme un morceau de bravoure et le jouent toujours avec un peu d’appréhension, du fait de sa difficulté technique. Suivent deux belles compositions de Tony MURÉNA, Le joyeux vagabond (écrit aux côtés de Louis Péguri) et Minouche.

Comme Frédo Gardoni, Maurice ALEXANDER (1902-1980) a fait une belle carrière malgré une technique réputée limitée. S’il enregistre énormément chez Columbia, ce sont ses premiers disques, chez Perfec­taphone ou Broadcast, qui sont sans doute les plus intéressants… et les plus rares, malheureusement. En 1928, il grave plusieurs faces pour les disques Henry aux côtés d’un jeune banjoïste du nom de Django Reinhardt. Mélodiste hors pair, il compose Tel qu’il est et La môme catch-catch pour Fréhel, ainsi que Le refrain des chevaux de bois pour Ray Ventura. Moins connu, ce joyeux one-step enregistré en 1931 résume en quelques mots l’état d’esprit de Maurice Alexander tout au long de sa carrière : La vie est belle !

Le voyage se poursuit avec une suite de valses “typées”, si caractéristiques de l’accordéon parisien dans toute sa diversité. Commençons avec l’imortelle Valse chinoise. Composée par Joseph Colombo et Georges Ghestem, elle sera enregistrée des dizaines de fois à la fin des années 1940. Citons entre autres les versions des frères Médinger chez Polydor, de Maurice Alexander chez Columbia, Tony Muréna chez Odéon, Émile Carrara chez Decca, Freddy Balta chez Selmer, Gus Viseur chez Pacific… On doit cette interprétation peu connue au saxophoniste Paul ROMBY. Partenaire de Marcel Mule au sein du Quatuor de Saxophones de Paris à partir de 1932, celui-ci se lance dans après-guerre dans la direction d’orchestre. C’est par exemple lui qui accompagne Pierre Dudan sur le fameux On prend le café au lait au lit, gravé en juin 1945 chez Odéon.

Une compilation musette ne serait pas complète sans un morceau évoquant l’Espagne, pays visiblement apprécié des accordéonistes et des danseurs. Le paso-doble devient un incontournable des bals dès les années 1930, de même que les valses “dans le style espagnol”, dont La pilarica est un bon exemple. A vos castagnettes ! On s’y croirait, pourtant ce morceau ne vient pas d’outre-Pyrénées et a été composé par les interprètes, l’accordéoniste PANDÉRA et le chef d’orchestre G. COURQUIN Fils.

Partons maintenant en randonnée dans un massif alpin de carton-pâte avec un peu de chant tyrolien à la mode parisienne. Grâce à Léonce Bergeret, Charlesky ou Mme Rollini, le style avait connu une certaine vogue dans la capitale au tout début du XXe siècle. BEMYS, qui s’autoproclame “le Chanteclerc moderne” est leur héritier dans les années 1930. Il nous fait entendre un aperçu de son talent, accompagné par l’orchestre d’Adolphe DEPRINCE. C’est une tyrolienne accordéon est à l’origine une composition de Jardin et Gardoni. La grande comédienne Micheline Dax mise à part, les siffleurs ont aujourd’hui disparu de nos scènes de music-hall. Il y a de quoi le regretter quand on entend à quel point un simple refrain sifflé (ici par Emile STOLL) peut provoquer une étrange émotion. Cette superbe valse, Night, est magistralement interprétée par l’orchestre d’Albert HUARD (1899-1991). Quel “feeling”, quelle sensibilité…

Le même Albert HUARD est à partir de 1926 le fidèle complice de Léon RAITER (1893-1978), né en Roumanie et émigré en France au début du XXe siècle. Pianiste de formation, Raiter est engagé au milieu des années 1920 par la T.S.F. qui en est encore à ses balbutiements. C’est d’ailleurs pour jouer en direct à la radio qu’il adopte l’accordéon à touches piano, qu’il apprend en quelques mois. C’est grâce à lui qu’on entendra pour la première fois sur les ondes le “piano à bretelles” (il serait d’ailleurs l’inventeur de l’expression !). Il signe en 1928 chez Odéon et ses chansons seront reprises par la France entière. Il en écrira près de 2500 au cours de sa carrière, parmi lesquelles Les roses blanches ou On n’a pas tous les jours 20 ans, créées par Berthe Sylva. Près de toi ma brune est un de ses premiers succès personnels. Cette version date d’octobre 1929, mais il en existe une antérieure sur le label Innovat (sous le numéro de catalogue 2.071).

Léon RAITER est aussi le fondateur en 1930 de l’enthou­siasmant ORCHESTRE MONTMARTROIS CONSTANTINO, un ensemble de variétés qui enre­gistrera principalement chez Odéon. Il y est entouré de nombreux complices dont Albert Huard (accor­déon), Alex Manara (guitare), Cariolato (acces­soiriste), Baron (saxophone), Salomon (soubassophone)… avec qui il interprète les succès du temps. Viens à l’exposition évoque évidemment l’Exposition Coloniale Internationale qui ouvre ses portes dans le bois de Vincennes le 6 mai 1931 et donne à voir sur 110 hectares la puissance de l’Empire Français. Bref, une belle idée de balade pour le “populo” parigot en goguette ! Léon Raiter signe la musique de cette valse avec Vincent Scotto et les paroles sont de Géo Koger. Dans cette version, seul le refrain est chanté. C’est heureux, car il est plus politiquement correct que le reste du texte, dont l’humour a quelque peu vieilli.

Il est temps de conclure cette sélection, avec quelques morceaux enregistrés dans les dernières années du 78 tours. Mazalda est une rumba gravée par Gus VISEUR fin 1948, à une époque où le swing musette qui l’a rendu célèbre n’est déjà plus au goût du jour. Peu disposé à faire des concessions aux nouvelles modes, Viseur commence dès cette époque une carrière plus discrète, loin du succès populaire connu par André Verchuren et consorts. Tout en continuant à sortir des disques, il ouvrira un magasin au Havre, puis passera près d’une décennie au Canada entre 1960 et 1969.

Toutefois, “Tatave” conservera toujours l’estime, voire l’admiration de ses confrères accordéonistes. La valse à Viseur, enregistrée par Médard FERRERO, en est une preuve. Jouée dans le style de Gus, elle constitue un bel hommage de la part de Ferrero, de 9 ans son aîné. Sur l’autre face figure La valse à Toni, clin d’œil à Tony Muréna, bien sûr.

Après les pionniers comme Vacher ou les frères Péguri, après les vedettes des années 1930 comme Marceau ou Alexander, après les virtuoses du swing musette comme Viseur ou Muréna… une nouvelle génération d’accordéonistes, nés dans les années 1920 et 1930, arrive sur le devant de la scène dans l’immédiat après-guerre. Ils ont entendu le son “classique” du bal musette dans leur enfance et se sont passionnés pour le jazz dans leur adolescence. Leur musique est donc au croisement de ces influences. Parmi eux, Louis Ledrich, Jean Corti ou encore Marcel AZZOLA (né en 1927). On ne présente plus ce dernier, monstre sacré de l’instrument et toujours en activité aujourd’hui. Rose pompon et papillons, un fox-trot, est d’après ses souvenirs issu de la première séance d’enregistrement réalisée sous son nom propre (il était musicien de studio, au bandonéon notamment, depuis plusieurs années déjà). Il y est notamment accompagné par André BOREL, joueur d’accordina et l’inventeur, dans les années 1930, de cet instrument à mi-chemin entre l’accordéon et l’harmonica.

Terminons par une valse pleine de nostalgie. L’ensemble de Claude DEMOUY propose une belle version instrumentale d’une chanson de Charles Trénet, Coin de rue. Elle est enregistrée en octobre 1954, alors que les disques 78 tours vivent leurs toutes dernières heures. Déjà, Eddie Barclay a importé en France le procédé des disques vinyles 33 tours 1/3 qui va très vite s’imposer. L’ancien format va abandonner progressivement les bacs des disquaires… et ne sera désormais plus recherché que par les collectionneurs.
Guillaume VEILLET
© Frémeaux & Associés
Conception : Guillaume Veillet
Disques originaux : Guillaume Veillet, Dimitri Schipounoff, Michel Esbelin, Mathieu Ogier, Robert Crumb
Photos et documents : Guillaume Veillet (sauf jetons de bal : collection Lucien Lariche)
Datation des enregistrements : Marc Monneraye

Vifs remerciements à Dimitri Schipounoff, Michel Esbelin, Marc Monneraye, Martin Pénet, Dany Maurice, Philippe Krümm, Dominique Cravic, Claude Ribouillault, Robert Crumb et Lucien Lariche.

Cet album est dédié à la mémoire de Didier Roussin.

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This is the fourth set to be released by Frémeaux & Associés in a series which began in the Nineties. The first two volumes compiled by the late Didier Roussin (1949-1996) reissued some of the great pre-war classics in the musette genre together with recordings made under the Occupation, in their original versions. The third, released more recently and compiled by Dany Lallemand, took an interest in the decade 1944-1954, the final years of the 78rpm record and the era when the instrument reached its apogee in French society. This fourth opus marks an overview of three decades of recordings featuring the Parisian accordion, with a selection of pieces that are often less well-known but just as interesting: you can hear the musette style in all its aspects, from the accordion/banjo/jâze (drums) trio typical of dances in the Roaring Twenties, to the exalted choruses played by swing-musette stars of the Forties... Yet the main aim is still to draw attention to what enthusiasts call the «Golden Age», accordion-recordings from the mid-Twenties to the mid-Thirties. This is music that was made for dancing: functional, but not devoid of fantasy for all that, and with the typical «French touch» (call it «je ne sais quoi») that provides much of its savour. This is also a tribute to instruments that have (too) often fallen by the wayside: not only the banjo, the accordion’s almost-mandatory partner before the guitar replaced it at the end of the Thirties, but also the saxophone and other «unusual» items such as the «jazzoflute» and xylophone, which featured in some records with cheeky refrains sung with a typically French humour, «genre» waltzes (Tyrolean, Spanish, even whistling), dances like the «native» java or imported foxtrots and rumbas, all stirred together in the great melting-pot of Paris... «World Music» from France!

For a long time a working-class «privilege», the «bals musette», or typical dance-halls, had an atmosphere that changed at the same time as record-companies began releasing accordion 78s en masse, and «musette» songs of the period could feature clichés strung together like pearls at the whim of songwriters (often members of a more leisured society) whose fantasies were sometimes exotic: tales of miscreants in cloth caps (whose girlfriends, naturally, seemed rather amoral) were rife to the point where it became difficult to distinguish fact from fiction. The abundant discography that remains, however – most recordings have never been reissued – gives a precise (and quite seductive) idea of the vitality of the Parisian accordion in those days. Great, often totally-forgotten artists are still missing after 4 volumes and will hopefully feature on a next set : Maurice Muno, the delightfully-named Bijou Accordéon Orchestre, men with only one (vaguely Italian) name – Rolando, Stefano, Valentino – not to mention the ladies, who were just as numerous (cf. Simone Bultiau or Yvette Horner in the first 3 volumes), or other inte­resting artistes such as the Sabatier Sisters or Tity Quentin…

CD 1
Between the wars, a «hit» song always gave rise to many cover-versions by other singers, and it’s no surprise that instrumentalists followed suit with dance-versions: Josephine Baker’s hit J‘ai deux amours incited this version from Henri MOMBOISSE (1889-1960), a true «Cantalou» from Auvergne whose repertoire included both «musette» and locally-traditional works. Here he’s accompanied by two greats of the musette banjo, Julien Latorre and Lucien Belliard.

Tout ça n’arrive qu’à moi is performed here by LA HOUPPA (1900-1987), née Marcelle Capronnier, a (long forgotten) radio and cinema star famous for her colourful top-hat and curly blonde hair. The song is from the Folies Bergère revue «Folies en folie« (1933) which saw Mistinguett‘s return to the stage; Marcelle is accompanied by accordionist Adolphe Deprince (who also played with Edith Piaf).

Same ambiance, different style: Juju-java is a pop-accordion masterpiece, played here by the orchestra of Gigetto Costoncelli or GIGETTO (1907-1994). A multi-instrumentalist – accordion, guitar, saxophone, clarinet – Gigetto was more often inside chic cabarets than at hops featuring musette, and this piece recalls circus-music rather than the shadier venues on the rue de Lappe. The musicians did right to enjoy the enthusiastic optimism and joie de vivre while it lasted: it was recorded in October 1929 just before Wall Street crashed, and with it the Roaring Twenties.

According to Marc Monneraye, who put dates to all the titles in this set, Mon p’tit frère was probably made in 1929: finding nothing to confirm it, he calls it his «Gold-Medal Untraceable» recording: it was made for the English Crystalate label by two musicians (ROUGER on accordion, with PIERREL singing the chorus), about whom we know absolutely nothing, plus an unknown pianist. The only sure things about it are its composer, Fernand Warms, and the fact that both lyrics and performance have whiffs of popular Parisian slang (no doubt another fantasy).

Now for Gus VISEUR, aka «Tatave» (1915-1974), here in the early days alongside the great Médard FERRERO (1906-1972) in the «Quatre Clochards» [«Four Tramps»], with banjoist Cariolato and violinist Maurice Thote. Played by the accordionist-duo, Dalinette is a mazurka, a pair dance quite popular in northern Italy (home of the Ferrero family), and considered an ancestor of the java. A few years later, Gus can be heard giving free rein to his passion for jazz: this Le swing qu’en pensez-vous ? (April 1940) seems to ask listeners a real question. It was co-written by Gino Bordin, a familiar musette-band figure in the Twenties who played a major role in... the introduction of the Hawaiian guitar in France!

The swing musette style owed some of its popularity to the early-Forties’ «political» context: the Germans occupied northern France and dances were banned, so audiences turned to jazz-clubs to listen to music with another context altogether. Black American musicians had left the country, so they were replaced by accordionists, and their «jazz à la française» was all the more appreciated for its references to the Anglo-American world that remained the last hope of a Nazi-occupied country. Émile CARRARA (1915-1973) recorded 720 in the Books in the spring of 1941; he was more famous for his song Mon amant de Saint-Jean, made popular by Lucienne Delyle, and while his career began in a bal-musette context, it later saw him running the orchestra at the Moulin Rouge. Another great jazz accordion name was Tony MURÉNA (1915-1971). He was only 18 months old when he came to France, and by the age of 10 he was playing professionally. A great friend of Django Reinhardt, he was one of the few accordionists to record regularly with gypsy guitarists during the Occupation, and on this foxtrot called Pacific you can hear him with two of the Ferret brothers, Sarane (Etienne) and Baro (Pierre), plus bassist Jacques Petitsigne.

Jo PRIVAT (1919-1996, real name Georges) was also known for his many collaborations with the «rabouins» (a French vulgarism for «gypsies») and his resume reads like the history of musette, partly due to the fact that he was the house-accordionist at the Balajo for almost five decades. He was 26 when he did his own version of Besame Mucho, and if the mood was still swing, the piece heralded a post-war age where rumbas and sambas would be all the rage. A similar mood-change had occurred 15 years previously: swing wasn’t yet in vogue, but Parisian accordionists were mad about America, and they played anything from across the Atlantic, especially if it was a foxtrot: Mon petit is simply the French adaptation of Al Jolson’s immortal Sonny Boy, from the first film-talkie The Jazz Singer, and here it’s played by Frédo GARDONI (1896-1976), an enormous pre-war recording-star who was Pathé Records’ official accordionist. Incidentally, this piece is where you can hear the «jazzoflute» (or slide-whistle) played by the hilarious mononymic, BAIZ. When people talk about Frédo today, it’s often a pretext for a poke at his technique (he was outshone by the next generation’s swing maestros), but his enormous success owed little to mere luck, as he recorded hundreds of sides: many deserve to be rediscovered, and a good few of those are worth more than some of the throw-away tunes cut by so-called virtuosos who turned (less openly) to commercial efforts.... Java des éléphants (1936) was recorded when Gardoni’s fame was at his peak.

Voulez-vous mes roses takes us back to Henri MOMBOISSE: an instrumental with the banjo well-present in its dialogue with the accordion. It even steals its thunder in the two solo passages (called ‘choruses’ by jazz people). René Nérac’s banjo features in his own beautiful waltz La Libournaise played by the LE CRISPANS group led by accordionist René LEROUX, while drummer BARBIER (another single-name musician) takes advantage of the others’ diversions. The same record-label (the French offshoot of Germany’s Polydor) featured an accordion duo, ARIS and Mario RICCI, here with Java d’amour, composed by the former; a renowned instrumentalist, he played during the Tour de France alongside Frédo Gardoni (their Tour caravan was sponsored by Paul Beuscher, the famous instrument-makers).

In the Twenties and Thirties the java gradually took its place in society, losing its «disreputable» aura after years of confinement in working-class venues; popular songsters were now drawing inspiration from it, and Mistinguett created La java within a year, while parodies like Georgius’ La plus bath des javas followed (1924). C’est la java is more nostalgic, vaunting the merits of a dance that «recalls old suburban memories»; Marguerite Monnot was its co-writer (later a star with Edith Piaf) and many accordionists recorded the song. This is the version by Robert TROGNÉE (1907-1972).

Most pre-war musette discs were horizontally-cut 78s («needle» records), but there was another system: vertically-cut «sapphire» records. Several accordionists used the latter technique before the method was dropped at the end of the Twenties, among them Louis PÉGURI (1894-1972), who made this Mignonette in 1925, a beautiful waltz written by his brother Michel; they had an elder brother, Charles, who was a pioneer in the musette style. Speaking of which, let’s not forget Émile VACHER (1883-1969), who «created» the genre: a prodigy, he first played a German diatonic accordion, appearing in bars and restaurants before having a place of his own in the Latin Quarter. Throughout his career, Vacher kept a «mixed» accordion (right hand diatonic, left hand chromatic) and from the Twenties onwards he was a huge star for Odéon, recording profusely. His waltzes are unmistakeable: Cajoleuse (1929) is less well-known but just as lively as standards like Reine de Musette or Mado.

Vacher’s pianist, Jean Peyronnin reappeared with accordionist Antoine TEDESCHI when the latter followed Emile Vacher into the famous dancehall L’Abbaye to become its mainstay. It was a consecration, yet Tedeschi remained «Antoine La Java», named after another temple (on the boulevard du Temple!) where he’d played for seven years. The java Accordéonette was co-written by Emile Prud’homme (then 23), who rose to fame in the post-war years... and replaced Emile Vacher again, this time as Odéon‘s new recording-star.

CD 2
V. MARCEAU (1902-1990) was actually Marceau Verschueren, a northerner (from Liévin near Calais), and he owed his reputation to some masterly solo performances including this excellent Volupta. A prolific composer, he set many songs to music (several by Pierre Mac Orlan, including La Fille de Londres), and was known as one of the «Accordion Musketeers» (together with Adolphe Deprince, Médard Ferrero and Louis Péguri).

The 1931 film La bande à Bouboule lies buried in dust, but some beautiful songs from it live on today, among them C’est pa… pa… c’est parisien and Emilienne (C’est-y toi), performed by Georges Milton. Pour te prouver que je t’aime didn’t enjoy the same longevity, but that’s a shame in the light of this version by the VAGABONDS MÉLOMANES, led by pianist/composer Fernand Warms. Speaking of nostalgia, the musette waltz ideally translated this emotion as music (and occasionally even deep despair): Marcel GROFFE‘s ensemble only plays an instrumental version of Rêve brisé, but you can instantly grasp its theme: the end of a love-story and the laments of a rejected suitor. Words then become superfluous. We stay with Groffe for Vous! Qu’avez-vous fait de mon amour? which was first performed by Ray Ventura (1933) but popularized by Tino Rossi a year later. It’s one of many musette-orchestra tango pieces (the dance was all the rage in Paris), and several Argentineans regularly appeared in the French capital, sometimes accompanied on bandoneon by musette artists (Tony Muréna for example).

Three musette-swing pieces illustrate the next part of this musical journey. The first, Averse, by Médard FERRERO, is still played by many accordionists today: considered a bravura piece, it’s always played with a little apprehension due to its technical difficulty. It’s followed by two beautiful Muréna compositions, Le joyeux vagabond and Minouche.

Maurice ALEXANDER (1902-1980) was like Frédo Gardoni: a fine career even if people did say he was «technically limited.» He made many records for Columbia, but his first discs (for Perfectaphone or Broadcast) are probably the most interesting... and the rarest, unfortunately. In 1928 he cut several sides for the Henry label alongside a young banjo-player by the name of Django Reinhardt. A superb feeling for melody made Alexander a favourite songwriter for Fréhel and Ventura, and this one-step recorded in 1931 summarizes what must have been a constant thought in his head: La vie est belle!

Next, some «typical» waltzes that characterize the diversity of the Parisian accordion: Valse chinoise, an immortal tune, appears on dozens of records made at the end of the Forties, and this version is by saxophonist Paul ROMBY, who turned to conducting after the war; Spain, too, has to feature somewhere (always visibly appreciated by accordionists and dancers), and while the paso doble was unavoidable, so were «Spanish-style» waltzes such as La pilarica. Castanets, anyone? You’d think you were in Seville, but this was written by its (French) performers, accordionist PANDÉRA and bandleader G. COURQUIN Jr. A change in geography might as well take us eastwards, as Tyrolean songs (and their French singers) were fashionable in Paris at the dawn of the 20th century. BEMYS seems to have been their legitimate heir in the Thirties, and he shows his talents on C’est une tyrolienne accordéon with Adolphe DEPRINCE, written by Jardin and Gardoni.

Whistlers – except for actress Micheline Dax – have disappeared from today’s music-halls, and it’s a shame when you hear the extent to which a simple, whistled refrain can provoke strange emotions, cf. Emile STOLL in this superb waltz called Night, with a magnificent performance from Albert HUARD (1899-1991)... The words «feeling» and «sensibility» hardly describe it.

Huard later joined pianist Léon RAITER (1893-1978), a Rumanian immigrant who was hired by T.S.F. (infant French radio) in the mid-Twenties. To play on-air he adopted the piano accordion, learning the instrument in only a few months, and he was the first to be heard on radio playing what he called «a piano with braces» (yes, he invented the expression!) He wrote almost 2500 songs in his career, Les roses blanches among them, and Près de toi ma brune is one of his first hits (this version is from 1929). Raiter also founded the delightful ORCHESTRE MONTMARTROIS CONSTANTINO in 1930 (they recorded exclusively for Odéon), which featured Huard (accordion), Manara (guitar), Cariolato (various props), Baron (saxophone) and Salomon (soubassophone). Viens à l’exposition is an obvious reference to the 1931 «Exposition Coloniale Internationale» in Vincennes (some 300 acres displaying the might of the French Empire; a «must» for any workers seeking relief...). Raiter wrote this waltz with Vincent Scotto, and only the chorus is sung, which is another relief as the words are more «politically correct» than the rest.

Our selection ends with some titles made during the final years of the 78rpm record. Mazalda is a rumba cut by Gus VISEUR in 1948, when the swing musette hits that brought him to fame were losing favour. Never one to yield to new trends, Viseur began another, more discreet career far from the glitter of André Verchuren and his peers: «Tatave» still made records (moving to Canada for a decade), and retained the esteem of other accordionists: La valse à Viseur, recorded by Médard FERRERO, proves that statement. Played in Gus‘ own style, it’s a fine tribute from Ferrero, his elder by nine years, and the other side of the record features La valse à Toni, (the «Toni» being Tony Muréna, of course).

After the pioneers came a new generation of accordionists born in the Twenties and Thirties: they’d heard the strains of «classic» musette in their childhoods, and they’d become jazz-enthusiasts as adolescents, so naturally their own music shows traces of both influences... among these musicians is Marcel AZZOLA, who was born in 1927. He is what the French call a «monster» of the accordion, and he still plays today. Rose pompon et papillons, a foxtrot, is a piece recorded during the first session he ever did as a bandleader (although he’d been recording for years, including pieces for bandoneon). He’s accompanied by André BOREL, who plays an accordina, the instrument he invented in the Thirties (a cross between an accordion and a harmonica).

A nostalgia-filled waltz as a finale: Claude DEMOUY proposes a beautiful instrumental version of Charles Trenet’s song Coin de rue, recorded in 1954 when the 78 was at its last gasp. Eddie Barclay had already imported vinyl-methods to France and the 33rpm LP represented the future. Once the 78s disappeared from the bins, they became collectors’ items... unless you include this anthology.
Adapted in English by Martin DAVIES, from the French text of Guillaume VEILLET
© Frémeaux & Associés
Concept: Guillaume Veillet
Original recordings: Guillaume Veillet, Dimitri Schipounoff, Michel Esbelin, Mathieu Ogier, Robert Crumb
Photos and documents: Guillaume Veillet (except the dance-tokens from Lucien Lariche’s collection)
Recording-dates: Marc Monneraye

Warmest thanks to Dimitri Schipounoff, Michel Esbelin, Marc Monneraye, Martin Pénet, Dany Maurice, Philippe Krümm, Dominique Cravic, Claude Ribouillault, Robert Crumb and Lucien Lariche.

This album is dedicated to the memory of Didier Roussin.

DISCOGRAPHIE
CD 1
N.B. : Nous avons choisi de respecter les intitulés figurant sur les disques 78 tours originaux. Sont indiqués à la suite : le nom des interprètes, le titre du morceau, le nom de l’auteur et du compositeur, le label (ainsi que le numéro de catalogue du disque original, suivi du numéro de matrice) et enfin, la date d’enregistrement.
1. MOMBOISSE ACCORDÉON
AVEC ACCOMPAGNEMENT DE BANJOS
PAR BELLIARD ET LATORRE
J’ai deux amours (slow-fox) 2’41
(Vincent Scotto)
Parlophone 80.748 A106.982
Février 1931

2. ORCHESTRE MUSETTE IDÉAL
AVEC REFRAIN CHANTÉ PAR LA HOUPPA,
DES GRANDS MUSIC-HALLS
Tout ça n’arrive qu’à moi
(valse-musette de la nouvelle revue
des Folies-Bergère “Folies en folie”)
 2’46
(Jean Lenoir – A. Willemetz)
Idéal 12.528 AN 699
22 décembre 1933

3. ORCHESTRE MUSETTE GIGETTO
Juju-Java 2’25
(G. Costoncelli)
Parlophone 22.470 B 95.409
Octobre 1929

4. SOLO D’ACCORDÉON
EXÉCUTÉ PAR M. ROUGER.
REFRAIN CHANTÉ PAR M.A. PIERREL
Mon p’tit frère (java) 1’55
(F.Warms)
Crystalate FC1101 C60
Vers 1929

5. MÉDARD FERRERO ET GUS VISEUR,
DUO D’ACCORDÉONS
Dalinette (mazurka) 3’06
(Médard Ferrero)
Polydor 522.946 1.289 Wpp
15 juin 1934

6. ORCHESTRE MUSETTE “SWING ROYAL”
Le swing qu’en pensez-vous ? 2’45
(Gino Bordin / Gus Viseur)
Polydor 524.675A 5329 SPP
13 avril 1940

7. LE QUARTETTE SWING ÉMILE CARRARA
720 In the Books (fox-trot) 2’35
(Jean Savitt / Johnny Watson)
Pathé PA 2006 CPT 5262
17 juin 1941

8. TONY MURÉNA ET SON ENSEMBLE SWING
Pacific (fox-trot) 2’32
(A. Murena)
Odéon 281.536 KI 9369
4 juin 1942

9. JO PRIVAT
ET SON ENSEMBLE SWING DU BALAJO
Besame Mucho (fox-rumba) 2’43
(C. Velasquez)
Pacific MC 703 ST 1423-I
Mai 1945

10. GARDONI, PUIG ET BAIZ.
REFRAIN CHANTÉ PAR M. LE ROY
Mon petit (Sonny Boy) (fox-trot) 3’18
(De Silva / Brown /Henderson & Jolson)
Pathé X.9848 N 300448
Octobre 1929

11. FRÉDO GARDONI & SON ENSEMBLE
La java des éléphants 2’57
(G. Sundy)
Pathé PA1040 CPT 2930
22 octobre 1936

12. EXÉCUTÉ À L’ACCORDÉON
PAR HENRI MOMBOISSE
ET SON ORCHESTRE
Voulez-vous mes roses (fox-trot) 2’41
(Georges Maligne)
Perfectaphone 3517 OW 1102
Décembre 1931

13. RENÉ LEROUX ET SON ORCHESTRE
DE BAL MUSETTE “LE CRISPANS”
La Libournaise (Gasconnade) (valse) 3’33
(René Nérac)
Polydor 521.867 4079 BKP
Mars 1931

14. ARIS ET RICCI
ET LEUR ORCHESTRE DE BAL MUSETTE
Java d’amour 2’58
(Aris)
Polydor 522.709 6394 BKP
29 mai 1933

15. ROBERT TROGNÉE
ET SON ORCH. DE BAL MUSETTE.
REFRAIN CHANTÉ PAR DENYS
C’est la java 2’51
(J.Jekyll & Marguerite Monnot / Marc Hély)
Ultraphone AP 1099 P 76545
Début septembre 1933

16. SOLO D’ACCORDÉON EXÉCUTÉ
PAR LOUIS PÉGURI
Mignonette (valse) 2’58
(M. Péguri)
Perfectaphone n°1432 1010
Juin 1925.

17. Mr ÉMILE VACHER
ACCORDÉONISTE VIRTUOSE
ACCOMP. DE PIANO ET BANJO
Cajoleuse (valse) 2’40
(É.Vacher)
Odéon 165.551 KI 2233 II
Fin février 1929

18. JEAN PEYRONNIN, A. TEDESCHI
ET LEUR CÉLÈBRE ORCHESTRE MUSETTE
Accordéonette (java) 2’36
(Jean Peyronnin / Emile Prud’homme)
Idéal 13.070 A.N.1660
Mi-mars 1936


CD 2
N.B. : Nous avons choisi de respecter les intitulés figurant sur les disques 78 tours originaux. Sont indiqués à la suite : le nom des interprètes, le titre du morceau, le nom de l’auteur et du compositeur, le label (ainsi que le numéro de catalogue du disque original, suivi du numéro de matrice) et enfin, la date d’enregistrement.
1. M. MARCEAU
Volupta (valse) 2’46
(V. Marceau)
Odéon 165.931 KI 3106
Mi-février 1930

2. LES VAGABONDS MÉLOMANES,
REFRAIN CHANTÉ PAR GIRARD ET CIZERON
Pour te prouver que je t’aime (valse musette du film “La bande à Bouboule”) 2’49
(R. Pujol /Pothier / Oberfeld)
Cristal 5287 CP 508
Février 1932

3. ORCHESTRE MUSETTE MARCEL GROFFE
Rêve brisé (valse) 2’47
(Turconi / Cidale)
Cristal 5654 CP 946
Août 1933

4. MARCEL GROFFE ET SON ORCHESTRE. REFRAIN : ROGER SALIN
Vous ! Qu’avez-vous fait de mon amour ? (tango) 3’06
(H.Varna / Marc Cab / Barczi / Tibor)
Cristal 5734 CP 1073
Décembre 1933

5. MÉDARD FERRERO ACCORDÉON “HOHNER” ET L’ORCHESTRE RAWSON
Averse (stomp) 2’20
(Ferrero)
Polydor 524.717 5484 1 DRPP
4 février 1942

6. TONY MURÉNA ET SON ENSEMBLE SWING
Le joyeux vagabond (swing) 2’38
(Murena / L. Péguri)
Odéon 281.576 KI 9467
Fin février 1943

7. TONY MURÉNA ET SON ENSEMBLE
Minouche (valse) 2’49
(T. Muréna)
Odéon 281.720 KI 9816
Début juin 1946

8. ORCHESTRE DE DANSE ALEXANDER
La vie est belle (one-step) 2’38
(O. Rodde / F. Galifer)
Columbia DF 729 WL 3315-1
9 octobre 1931

9. ORCHESTRE MUSETTE
SOUS LA DIRECTION DE PAUL ROMBY
Valse chinoise 3’02
(Joseph Colombo et Georges Ghestem)
Le Chant du Monde 1521 ST. 1974-2
Mi-mars 1947

10. L’ORCHESTRE MUSETTE PANDÉRA STAR. DIRECTION G. COURQUIN FILS
La pilarica (valse espagnole) 3’15
(G. Courquin Fils / Pandéra)
Champion 1570 AB8537
Mars ou avril 1933

11. ORCHESTRE MUSETTE DEPRINCE,
REFRAIN CHANTÉ PAR BEMYS
“LE CHANTECLERC MODERNE”
C’est une tyrolienne accordéon
(valse tyrolienne)
 3’03
(Jardin et Gardoni)
Idéal 12.723 AN 1018-1
Juillet 1934

12. ALBERT HUARD LE VIRTUOSE
ACCORDÉONISTE ET SON FAMEUX
ORCHESTRE AVEC REFRAIN SIFFLÉ
PAR ÉMILE STOLL
Night (valse) 2’47
(A.Huard / Richardet)
Odéon 166.773 KI 6594 I
Fin mars 1934

13. M. LÉON RAITER
AVEC ACCOMPAGNEMENT
DE DUO D’ACCORDÉONS
PAR MM. RAITER & HUARD
Près de toi ma brune (java) 3’04
(Géo Koger)
Odéon 165.802 KI 2680
Octobre 1929

14. L’ORCHESTRE MONTMARTROIS
CONSTANTINO,
REFRAIN CHANTÉ PAR L. RAITER
Viens à l’Exposition (valse) 2’50
(L.Raiter / V. Scotto)
Odéon 238.489 Ki 4445-2
Mai 1931

15. GUS VISEUR ET SON ORCHESTRE
Mazalda (rumba)   2’54
(Gus Viseur / Geo Andy)
Pacific 1243 AI 0917
7 décembre 1948

16. MÉDARD FERRERO ET SON ENSEMBLE
La valse à Viseur 3’07
(Médard Ferrero)
Plasticord 1006 Part.4477
Début juillet 1947

17. MARCEL AZZOLA,
ACCORDÉONISTE ET SON ENSEMBLE
AVEC BOREL ET SON ACCORDINA
Rose pompon et papillons (fox-trot) 2’53
(Ted Grouya / Mary Petri)
La Voix de son Maître K 9101 OLA 6037-21
Mi-mai 1951

18. CLAUDE DEMOUY
ET SON ENSEMBLE MUSETTE
Coin de rue (valse) 3’00
(Ch. Trénet)
Pacific MA 2732 RE2
Octobre 1954

CD Accordéon Musette / Swingh Paris 1925-1954 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 J'ai deux amours - Henri Momboisse02'41
02 Tout ca n'arrive qu'à moi - Orchestre musette idéal / La Houppa02'46
03 Juju java - Orchestre musette Gigetto02'25
04 Mon p'tit frère - Rouger et Pierrel01'55
05 Dalinette - Médard Ferrero / Gus Viseur03'05
06 Le swing, qu'en pensez-vous? - Orchestre Musette Swing Royal/Gus Viseur02'44
07 720 In The Books - Quartette Swing Emile Carrara02'34
08 Pacific - Tony Muréna et son Ensemble Swing02'31
09 Besame mucho - Jo Privat et son Ensemble Swing02'43
10 Mon petit Sonny Boy - Frédo Gardoni, Puig et Baiz03'17
11 La java des éléphants - Frédo Gardoni et son ensemble02'56
12 Voulez vous mes roses? - Henri Momboisse et son orchestre02'40
13 La libournaise gasconnade - René Leroux et Le Crispans03'33
14 Java d'amour - Aris et Ricci02'57
15 C'est la java - Robert Trognée et son orchestre02'50
16 Mignonette - Louis Péguri02'58
17 Cajoleuse - Emile Vacher02'40
18 Accordeonette - Jean Peyronnin/ A. Tedeschi et leur orchestre02'35
CD 2
01 Volupta - V. Marceau02'45
02 Pour te prouver que je t'aime - Les Vagabonds mélomanes02'49
03 Rêve brisé - Orchestre Musette Marcel Groffe02'47
04 Vous qu'avez-vous fait de mon amour? - Marcel Groffe et son orchestre03'05
05 Averse - Médard Ferrero et l'Orchestre Rawson02'19
06 Le joyeux vagabond - Tony Muréna et son Ensemble swing02'37
07 Minouche - Tony Muréna et son ensemble02'48
08 La vie est belle - Orchestre de danse Alexander02'37
09 Valse chinoise - Orchestre Musette Paul Romby03'02
10 La pilarica - Orchestre musette Pandéra Star/Courquin Fils03'14
11 C'est une tyrolienne accordéon - Orchestre musette Deprince03'02
12 Night - Albert Huard et son orchestre02'46
13 Près de toi, ma brune - Léon Raiter/Albert Huard03'03
14 Viens à l'exposition - Orchestre Montmartois Constantino02'50
15 Mazalda - Gus Viseur et son orchestre02'47
16 La valse à Viseur - Médard Ferrero et son ensemble02'53
17 Rose pompon et papillons - Marcel Azzola et son ensemble/Borel02'53
18 Coin de rue - Claude Demouy et son ensemble Musette03'00
"Du vrai et du bon musette à l’ancienne comme Dédé Roussin l’adorait" par Djangostation

"Le regretté Didier Roussin avait créé la collection Accordéon chez Frémeaux au début des années 90. Hélas, il n’eut le temps de publier que quelques volumes, le crabe l’emportant en 1996 à l’âge de 47 ans. Après une longue interruption (Didier était le plus grand connaisseur de cette musique), un volume 3 conçu par Dany Lallement parut assez récemment couvrant la décennie 1944-1954. C’est Guillaume Veillet, ex rédacteur en chef de Trad Mag qui assure la direction artistique de ce volume 4, qu’il dédie d’ailleurs à la mémoire de Didier Roussin. Il revient sur 3 décennies (il y a de quoi faire puisque la grande majorité des centaines et des centaines de titres publiés à l’époque n’a jamais été rééditée) avec une sélection exemplaire de 36 titres allant du style musette parisien dans toutes ses déclinaisons : trio accordéon-banjo-jâse, formations plus étoffées avec instruments inhabituels (jazzoflute, xylophone...) et assez fréquemment refrains chantés fleurant bon le Paris populaire (cf ici C’est la java de RobertTrognée et son orchestre) au swing musette des Viseur (cf le swing qu’en pensez-vous ? Avec l’orchestre Swing Royal en 40), Carrarra (l’excellent 720 in the books, foxtrot enregistré en 41), Muréna (le merveilleux "Pacific", propulsé par les guitares des Ferret) ou Privat (belle version boléro swing de "Besame mucho" en 45 avec piano, clarinette et guitare, peut-être Didi Duprat ?). L’âge d’or de l’accordéon est représenté par Vacher (cf Cajoleuse, valse enregistrée en 29, moins connue que ses tubes mais tout aussi remarquable), Péguri ("Mignonette", jolie valse enregistrée en solo en 25), Gardoni, immense vedette ayant enregistré des centaines de titres, ici en 29 avec un "Mon petit", version française de Sonny Boy avec refrain chanté par Leroy, Puig au banjo et Baiz au jazzoflute, ou Momboisse (cf sa version instrumentale de "J’ai deux amours" en 31 avec les fameux Latorre et Belliard au banjo). Une musique certes faite pour la danse (java, valse, fox-trot...) mais qui s’écoute aussi (cf "Dalinette", mazurka de Médard Ferrero en duo avec Viseur, le méconnu "Mazalda" de ce dernier en 48 ou ce magnifique Voulta de Marceau en 1930). Si un certain nombre de titres ont déjà été publiés ici ou là, la présente sélection nous donne l’occasion de (re)découvrir quelques grands artistes, quelques trésors oubliés comme "juju-java" par l’orchestre Gigetto (Costoncelli) en 29, La libournaise mise en boite en 31 par l’orchestre de René Leroux, "java d’amour" par le duo d’accordéonistes Aris et Ricci en 33, Léon Raiter et l’orchestre montmartrois (6 musiciens dont Albert Huard, accordéon, Alex Manara, guitare ou Cariolato, accessoiriste), les vagabonds mélomanes, l’orchestre de Marcel Groffe en 33 avec violon, saxo et jâse ou celui du saxo Paul Romby (cf cette jolie version très Primitifs du futur avant la lettre de la valse chinoise). Du vrai et du bon musette à l’ancienne comme Dédé Roussin l’adorait.
Outre le fait que toutes les références de leur catalogue sont toujours disponibles, le gros plus des anthologies Frémeaux réside dans le sérieux de leur réalisation ; dans un livret bilingue de 30 pages illustré de photos et documents, Guillaume Veillet présente avec compétence le style et son contexte et détaille artistes et titres de sa sélection ; la discographie mentionne titres, compositeurs, dates d’enregistrement et références. Bravo donc, cher Guillaume Veillet pour ces vieilleries jubilatoires. A quand une intégrale swing de Viseur et Muréna ?"
par Francis COUVREUX - DJANGOSTATION




« Un swing royal » par Vibrations

Maison de qualité, le label a maintes fois documenté l’histoire de la boîte à frissons, publiant également des artistes actuels. Emblématique, cette série initiée en 1999 avec la terrible « Flambée Montalbanaise » de Gus Viseur. On retrouve ici l’accordéoniste de Piaf pour un « Swing Royal » à la coule. Mais il y a aussi tous les autres as des boutons, Tony Murena qui swingue sévère, Jo Privat qui fait valser « Besame Mucho », le malicieux virtuose Médard Ferrero, Emile Vacher, Louis Pérugui, et même la première face de Marcel Azzola. Jacques DENIS- VIBRATIONS




« Des trésors oubliés » par Trad Magazine

Didier Roussin avait créé la collection « Accordéon » chez Frémeaux au début des années 1990. Hélas, il n’eut le temps de publier que quelques volumes, le crabe l’emportant en 1996 à l’âge de 47 ans. Après une longue interruption (Didier était le plus grand connaisseur de cette musique), un volume 3 conçu par Dany Lallemand parut assez récemment, couvrant la décennie 1944-1954. Le volume 4, dédié à Didier Roussin, revient sur plusieurs décennies, avec une sélection exemplaire de trente-six titres. Il y a le style musette parisien dans toutes ses déclinaisons : trio accordéon-banjo-jâse, formations plus étoffées avec instruments inhabituels (jazzo-flute, xylophone) et assez fréquemment refrains chantés fleurant bon le Paris populaire (C’est la java de Robert Trognée et son orchestre). Il y a aussi le swing musette de Gus Viseur (Qu’en pensez-vous ? avec l’orchestre Swing Royal, 1940), Emile Carrara (l’excellent 720 In The Books, fox-trot gravé en 1941), Tony Murena (le merveilleux Pacific, propulsé par les guitares des Ferret) ou Jo Privat (belle version boléro swing de Besame mucho en 1945 avec piano, clarinette et guitare, peut-être Didi Duprat ?). L’âge d’or de l’accordéon est représenté par Emile Vacher (Cajoleuse, remarquable valse enregistrée en 1929), Charles Péguri (Mignonette, jolie valse en solo de 1925), Fredo Gardoni (immense vedette ayant enregistrée en 1929), Charles Peguri (Mignonette, joli valse en solo de 1925), Fredo Gardoni (immense vedette ayant enregistré des centaines de titres, ici en 1929 avec Mon petit, version française de Sonny Boy avec refrain chanté par Leroy, Puig au banjo et Baiz au jazzoflute) ou Momboisse ( sa version instrumentale de J’ai deux amours de 1931 avec les fameux Latorre et Belliard au banjo). Une musique certes faite pour la danse (java, valse, fox-trot) mais qui s’écoute aussi : Dalirette, mazurka de Médard Ferrero en duo avec Gus Viseur, le méconnu Mazalda (1948) de ce dernier ou le magnifique Voulta (1930) de Marceau. Si plusieurs de ces titres ont déjà été publiés ici ou là, la présente sélection nous donne l’occasion de (re)découvrir quelques grands artistes, des trésors oubliés comme Juju-Java par l’orchestre Gigetto (Costoncelli) en 1929, La libournaise (1931) par l’ensemble de René Leroux, Java d’amour par le duo Aris & Ricci (1933), Léon Raiter et l’orchestre montmartrois (six musiciens dont l’accordéoniste Albert Huard et le guitariste Alex Manara), les Vagabonds mélomanes, l’orchestre de Marcel Groffe (1933) avec violon, saxo et jâse ou celui du saxo Paul Romby (la jolie version très Primitifs du Futur avant la lettre de La valse chinoise). Du vrai et bon musette à l’ancienne, comme Dédé Roussin l’adorait. Outre le fait que toutes les références  de leur catalogue sont toujours disponibles, l’avantage des anthologies Frémeaux réside dans le sérieux de leur réalisation. Le livret bilingue de trente pages, illustré de photos et documents, présente le style et son contexte, détaillant le parcours des artistes. La discographies mentionne les titres, compositeurs, dates d’enregistrement et références. A quand une intégrale swing de Viseur et Murena ? Francis COUVREUX – TRAD MAGAZINE




« Découvrir des trésors » par La Revue des médiathèques et des collections musicales

L’importante discographie du style musette parisien mérite une réédition correcte. De la valse-musette des bals populaires au swing-musette de Gus Viseur… Ce nouveau coffret (le quatrième de la collection) permet de découvrir des trésors.
Jeanne-Marie Belledejour – REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES





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