JAZZ, LINDY HOP, BOOGIE: ANNÉES 40-50

DANSES DU MONDE - EUROPE ET AMERIQUE DU NORD, VOL. 2

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Nombre de CDs : 1


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FA5322

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Lindy Hop, Boogie… L’éclat inimitable des dernières grandes danses du Jazz dans le pic des années 1940-1950.
Ce disque est issu de l’Anthologie des Musiques de Danse du Monde, réalisée grâce à la contri­bution des meilleurs spécialistes de chaque domaine. Un panorama historique spécialement pensé pour magnifier la relation des danseurs à la musique.

Noël Hervé & Patrick Frémeaux


DIRECTION : NOËL HERVÉ - ISABELLE MARQUIS ET PHILIPPE BAUDOIN

DROITS AUDIO : FREMEAUX & ASSOCIES

Danses jazz Vol. 2

Anthologie des Musiques de Danse du Monde
The Dance Master Classics 

Danses jazz Vol. 2 : années 1940-50
Lindy Hop, Boogie… 







Les années 1940
La première moitié des années 1940, malgré la guerre, est encore très fertile musicalement. Mais à partir de 1945, la créativité des “big bands” décroît progres­sivement, entraînant une uniformité de ton. C’est le ­déclin de la période “Swing” : beaucoup de grands ­orchestres sont dissous, leurs leaders se convertissant à des formats plus réduits. Les chanteurs de “big bands” prennent de plus en plus d’importance et plusieurs ­enta­ment des carrières personnelles, témoin celle, ­extraordinaire, de Frank Sinatra.  Les grands dancings ferment leurs portes. Le fameux Savoy Ballroom n’y échappe pas, pendant six mois, au printemps 1943. Le fantastique engouement du public, qui rappelons-le n’y est pas ségrégué, dérange. Deux grands danseurs qui ont fait partie de la troupe des Whitey Lindy Hoppers ­témoignent du déclin de la vie nocturne de Harlem. ­Al Minns : “Quand je suis parti, Harlem était en plein boom. Quand je suis revenu [après la guerre], tout ­clochait.” Frankie Manning : “Beaucoup de Blancs des quartiers Downtown de Manhattan, et même du monde entier, venaient à Harlem, juste pour prendre du bon temps. Mais quand les émeutes ont commencé [1943], la police a essayé d’empêcher les gens d’entrer dans le quartier, pour éviter tout problème, et c’est là que ça a commencé à décliner. […] Les gens étaient bien plus heureux pendant la Dépression !”  Cependant, 1943 est aussi l’année où la culture populaire noire (musique et danse) accède à une plus grande reconnaissance ; d’une part, au cinéma sortent deux films aux castings constitués uniquement d’artistes noirs : “Stormy Weather” et “Cabin in the Sky” ; d’autre part, en août, le Lindy Hop fait la couverture de “Life Magazine”, illustré par de magnifiques photos de Gjon Mili ; enfin, en automne, la très conservatrice “New York Society of Teachers of Dancing” adopte enfin officiel­lement le Lindy dans le giron des danses américaines ­enseignées.  Érosion d’un style, éclosion d’un autre : le “bebop” (ou “bop”), événement jazzistique majeur de la décennie, apparaît en disque en 1944. Cette musique exigeante, complexe, va couper pour la première fois le jazz de son public populaire et donc des danseurs, entraînant la première querelle d’importance entre anciens et ­modernes. Mais grâce à l’émergence du “New Or­leans Revival” et aux musiciens dits de jazz “mainstream”, qui gardent les fondements rythmiques du jazz des ­an­nées 1930, les habitués des clubs de danse jazz ont encore de beaux jours devant eux. Dizzy ­Gillespie, l’un des créateurs ­du bop, et lui-même ­excellent ­danseur n’a-t-il pas déclaré : “La meilleure musique est celle écrite pour la danse, parce que danser met en ­valeur la musique”. Le “boogie-woogie” qui s’est développé au début du ­XXe siècle dans les ghettos noirs devient à la mode à ­partir de 1939 et s’internationalise dans les années 1940. C’est à l’origine une manière spéciale d’interpréter le blues au piano, la main gauche du pianiste fournissant des basses répétitives, généralement huit croches inégales par mesure, le fameux “shuffle rhythm”. Ce style engendre souvent une grande puissance. Les meilleurs ­pianistes de boogie peuvent remplacer un orchestre et faire danser une salle entière.

Dans les années 1940, on adapte ce style à l’orchestre, on y ajoute même des ­paroles, mais la section rythmique garde le rythme ­essentiel du “shuffle”.  La danse que l’on appelle Boogie-Woogie ne se ­distingue pas tellement de la plupart des danses de la “Swing Era” qui continuent leur progression dans les années 1940. Peu de nouvelles danses apparaissent ­pendant cette période. Citons tout de même à la fin de la décennie, le Huckle-Buck, qui s’exécute seul ou en groupe et anticipe le Madison et le Twist. En France aussi, la mode est au Swing, notamment ­pendant l’Occupation avec les Zazous, mais la danse y est clandestine. Après la guerre, à Paris, apparaît le ­phénomène Saint-Germain-des-Prés. Dans les nombreux clubs de jazz du quartier, les jeunes adoptent le ­Lindy Hop ou le Boogie-Woogie, essentiellement sur de la musique de jazz traditionnel, car le “New Orleans Revival” est à la mode. Dans son film “Rendez-vous de juillet” (1949), Jacques Becker restitue avec justesse l’ambiance des caves de l’époque. Il a recréé pour la circonstance le club des Lorientais avec la compli­cité de Claude Luter. Cette tradition s’est maintenue jusqu’à nos jours et reste vivace, même parmi les jeunes, ­souvent au sein d’associations ou d’écoles de danse, qui perpétuent avec ferveur le Lindy Hop et ses variantes. Cette continuité est en évidence à “La Huchette”, club de jazz parisien toujours en activité en 2011, après ­60 ans d’existence non-stop. C’est sans doute le dernier endroit de la capitale où l’on peut encore danser au ­son du jazz. 

Les années 1950
Le renouveau du jazz des origines continue sa progression. Les anciens musiciens de style Nouvelle-Orléans (Louis Armstrong, Kid Ory, George Lewis) entament une nouvelle carrière et font des émules parmi les jeunes. En France, l’extraordinaire succès de Sidney Bechet et de son disciple Claude Luter en est la preuve. La plupart des caves de jazz parisiennes enfumées accueillent en nombre les danseurs qui ont du mal à trouver un espace parmi la foule.  Au milieu des années 1950, le Lindy et le Boogie s’adaptent à la nouvelle musique à la mode : on danse le Rock and Roll, nouveau mot pour un cocktail de pratiques plus anciennes. On parle parfois aussi de Bebop ou Bop pour ce type de danse, mais paradoxalement, on ne le pratique pas sur le jazz bebop qui se prête moins à la danse à cause de ses ruptures de rythme et de ses ­tempos souvent très rapides. Boogie, Bop, Rock sont des variantes du Lindy Hop qui depuis quelques années est en plein renouveau. 

La danse au cinéma
Les passionnés de danse et de claquettes (pas forcément jazz) se régalent au cours de ces deux décennies en ­allant voir des comédies musicales à la scène et surtout à l’écran où Fred Astaire, Judy Garland, Eleanor Powell, Cyd Charisse tiennent toujours le haut du pavé (citons “The Band Wagon” de 1953). Le nouveau venu Gene Kelly rivalise avec Astaire dans des chefs-d’œuvre du genre, culminant avec “An American in Paris” (1951) et surtout “Singing in the Rain” (1952). Les amoureux du jazz et des danses qui l’accom­pagnent sont aussi comblés, puisqu’ils peuvent voir “Hellza­poppin’” (1941) avec Slim and Slam et les fantastiques danseurs de Lindy Hop, les Harlem Congaroo Dancers ; “Cabin in the Sky” (1943) avec Duke Ellington, Louis Armstrong, Ethel Waters et Buck and Bubbles ; “Stormy Weather” (1943) avec, outre Fats Waller et Cab Callo­way, les tap dancers Bill Robinson et les Nicholas Brothers dans des numéros d’anthologie. Le chef-d’œuvre du film de jazz est certainement le court-métrage du photographe Gjon Mili “Jammin’ the Blues” (1944), avec ­notamment Lester Young et la chanteuse Mary Bryant qui danse excellemment en compagnie d’Archie Savage. Aujourd’hui, grâce au boom de You Tube sur le net, on peut visionner des extraits extraordinaires de films rares où figurent les plus grands danseurs de jazz. 

Commentaire sur les morceaux
Vous ne trouverez pas dans notre sélection le plus ­grand tube de danse en discothèque, le fameux Just a Gigolo/I Ain’t Got Nobody de Louis Prima (1956), car il est ­inclus dans le CD consacré au Rock and Roll de cette même collection, ainsi que le fameux Caldonia de Louis Jordan, mais ces deux titres auraient très bien pu faire partie de notre disque sous l’étiquette jazz. Well, Git It, composé et arrangé par Sy Oliver, transfuge de Jimmie Lunceford (cf. CD 1) est avant tout un “killer diller” destiné, avec ses aigus de trompettes, à “casser la baraque” auprès du public et des danseurs. Dans le même registre, en moins clinquant, Stomp, Look and Listen nous rappelle que Duke Ellington est un maître incontesté dans tous les compartiments ­du jazz. Quand Malcolm X se rendit pour la première fois au Savoy en 1942, l’orchestre de Lionel Hampton menait le bal. Il raconte : “Environ un tiers des loges sur le côté était rempli de Blancs, qui regardaient les Noirs danser ; et certains dansaient ensemble.” Quand les musiciens jouèrent Flying Home, il se souvient n’avoir jamais vu une telle fièvre enflammer les danseurs.  Le boogie orchestral peut être pratiqué par les big bands de type Lionel Hampton, mais il est aussi fréquemment utilisé en petite formation, par les “jump bands” comme celui du chanteur-saxophoniste Louis Jordan, ici avec son célèbre Choo Choo Ch’ Boogie. Il deviendra la marque de fabrique du néo-orléanais Louis Prima. Dans Tiny’s Boogie, on peut entendre le “shuffle” (voir plus haut) au piano et à la batterie, et dans All Right, Okay, You Win et Duke’s Blues, il est joué par les instruments à vent. Les promoteurs de disques se sont vite rendu compte de l’impact du “shuffle” et ils l’ont énormément exploité dans les années 1950. Ce type de rythme est, avec la forte accentuation des temps faibles à la batterie, les riffs swinguants et le choix d’un bon tempo, l’une des quatre formules gagnantes pour ­toucher le cœur (et les jambes) des danseurs de jazz.  Cette accentuation des temps faibles est particu­liè­rement en valeur dans Martinique, l’un des tubes ­(aujour­­d’hui oublié) du “revival” du jazz classique : un style direct et joyeux qui, allant à l’essentiel du jazz, ­incite à la danse. 

Le choix du tempo est primordial, avons-nous dit. Quoi de plus difficile à négocier que ces tempos extrêmement retenus, très medium, que les danseurs adorent, tels Baby, Won’t You Please Come Home de Jonah Jones, ou le célèbre Tuxedo Junction d’Erskine ­Hawkins, dont nous avons préféré la version du big band de Quincy Jones à celle plus connue de Glenn Miller.  Les frontières du jazz étant souvent perméables, nous avons incorporé des interprétations que certains pourront qualifier de “rhythm and blues”, “rock and roll”, “soul”, etc. Néanmoins, jouées en précurseurs par des jazzmen, elles ont en commun un swing irrépressible et un feeling pour le blues qui expriment le jazz le plus pur. Il s’agit de Choo Choo Ch’ Boogie, Marshall Plan, Tiny’s Boogie, Castle Rock, Flamingo. Sans parler de leurs vertus dansantes !  Le morceau Drum Boogie, créé par Gene Krupa en 1941, est revisité ici par Benny Golson en 1959. Cette interprétation démontre que l’on peut danser sur du jazz moderne de type hard bop sans se poser de questions.  Quant à Concerto for Cozy, la batterie de Cozy Cole est à l’honneur, il sera un “challenge” pour les meilleurs danseurs qui ne seront pas désarçonnés par quelques décalages rythmiques intéressants. Le jazz peut-il redevenir une musique populaire ? Il lui suffirait pour cela de vouloir faire danser le grand ­public… à nouveau ! 
Isabelle MARQUIS et Philippe BAUDOIN
© Frémeaux & Associés 

Notes : Un CD entier de cette collection dédiée à la danse est consacré aux slows, d’où l’absence de tempos lents dans cette anthologie. Certains tempos, entre le lent et le medium, sont quand même présents, comme Sentimental Journey et ­Minnie the Moocher. Ils vous permettront d’opter, selon votre humeur, pour le slow ou une sorte de Lindy au ralenti.  Notre sélection ne recoupe pas celle établie par Éric Rémy dans le double CD “Jazz Dance Music 1923-1941” paru chez ­Frémeaux & Associés (FA 037). 

Chaque titre de morceau est suivi de l’abréviation du tempo sur lequel il se danse :
S = Lent (Slow) : 88 à la noire
M = Modéré, Moyen (Medium) : 132 à la noire
F = Rapide (Fast) : 208 à la noire 

Illustration du livret et partition de couverture : collection Philippe Baudoin.
Dessin de couverture : Bruno Blum
© Frémeaux & Associés

Remerciements: Anthony Baldwin, Christian Bonnet, Claude Carrière, Daniel Nevers.   

english notes
Jazz Dances Vol. 2 : 1940’s and 1950’s   
Lindy Hop, Boogie… 

The forties
The first half of the Forties was a period when, despite the war, the years were fertile in music. Beginning in 1945, however, big bands were increasingly less creative; there was a kind of uniformity in their sound, and it represented the decline of the Swing Era: many large formations disbanded, and their leaders resorted to smaller ensembles. Their singers played an increasingly important role and several began solo careers, some of them extraordinary, as was the case with Frank Sinatra. Great dancehalls closed their doors, and even the ­famous Savoy Ballroom shut down for six months in the spring of 1943. The fantastic following of the public – which wasn’t segregated, remember – was unsettled. Two great dan­­cers from the Whitey Lindy Hoppers went on record in confirmation of Harlem’s declining night-life: according to Al Minns, “When I left Harlem it was jumping. When ­I came back [after the war], it was limping.” And Frankie Manning observed, “They used to have a lot of white people coming from downtown, from all over the world, to come to Harlem, just to have a good time. When the riots started [1943], the police tried to keep the other people out of Harlem, just to avoid trouble or anything, so it started to decline. […] ­People were happier during the Depression!”  1943, however, was also the year that saw black popular culture – both music and dancing – achieve recognition; in films, there were two movies with a cast of black ­actors, “Stormy Weather” and “Cabin in the Sky”; in August, “Life” magazine featured the Lindy Hop on its cover, with magnificent photography by Gjon Mili; and finally, that autumn, the extremely conservative “New York Society of Teachers of Dancing” officially incorporated the Lindy into its programme of American dances.  If one style was eroding, another bloomed: bebop, or simply “bop”, was the most important jazz event of the decade, and it first appeared on records in 1944. It was demanding, complex music and, for the first time, jazz was cut off from its popular audience, and therefore from dancers: it led to the first major quarrel between “ancients” and “moderns”. But thanks to the emergence of a “New Orleans Revival”, and jazz musicians ­known as “mainstream” (who preserved the rhythmical foundations of Thirties’ jazz), there was still a ­(hand­some) ­future for dancers accustomed to the jazz clubs.

Dizzy Gillespie – one of bop’s creators and an excel­lent ­dancer himself – said that “The best music is the music that is written for dance, because dancing enhances music.” Boogie-woogie, which grew up in the early 20th century in the black ghettos, became fashionable from 1939 ­onwards and spread across the Atlantic in the Forties. Originally it was a particular style of blues piano-playing, with the pianist’s left hand providing repetitive bass ­figures, generally with eight unequal eighth notes to the bar, known as the famous “shuffle rhythm”. The style often generated great power, and the best boogie pianists could replace an entire orchestra to bring a whole room to its feet. The style was adapted orchestrally in the ­Forties, with even lyrics added, but the rhythm section preserved the essential rhythm of the shuffle.  The dance called Boogie-Woogie is not that different from most of the other dances in the Swing Era, which continued their progression during the Forties, a period when few new dances appeared. There were exceptions, however: at the end of the decade came the Huckle-Buck, which could be danced alone or in groups, a forerunner of the Madison and the Twist. France also had a swing-craze – notably during the ­Occupation, when its fans were known as “Zazous” – but dancing was an undercover activity... Post-war, Paris even saw a “Saint-Germain-des-Prés” phenomenon, with many jazz-clubs in this Quarter of the capital drawing young people into their cellars to dance the Lindy Hop or the Boogie-Woogie, mainly to the strains of tradi­tional jazz (the New Orleans Revival was still in fashion). The tradition still exists today – albeit mostly within the confines of dance-schools and associations where the Lindy Hop and its variants are still practised with fervour – although you can include the Parisian jazz-club “La Huchette” – still active in 2011 after 60 years! –, which is probably the last place in the French capital where you can still dance to jazz. 

The fifties
The revival of early jazz continued; the decade saw older musicians in the New Orleans style – Louis Armstrong, Kid Ory, and George Lewis – begin new careers that ­inspired extraordinary success for Sidney Bechet and his disciple Claude Luter, with most smoky jazz cellars in Paris having trouble accommodating all the dancers trying to elbow their way through the crowd. In the mid-Fifties the Lindy and the Boogie adapted to new music that was in fashion: Rock and Roll was its name, a cocktail of ­various earlier practices. Sometimes this type of dance was referred to as Bebop or Bop but, paradoxically, it wasn’t danced to bebop jazz at all: bop just wasn’t as danceable, due to its breaks in rhythm and changes in tempo that were often extremely fast. In fact, Boogie, Bop and Rock were variants of the Lindy Hop, itself ­enjoying something of a revival for several years. 

Dancing and the movies
Fans of (not necessarily jazz) dancing, and also tap-­dancers, were spoiled in the Forties and Fifties because they could see musicals not only on stage but also in movie-theatres, where the likes of Fred Astaire, Judy ­Garland, Eleanor Powell or Cyd Charisse still topped the bill. Newcomer Gene Kelly rivalled with Astaire in such masterpieces as “An American in Paris” (1951) and “Singing in the Rain” (1952). Jazz-buffs, and fans of dancing to jazz, were also more than happy to see “Hellzapoppin’” (1941), with Slim and Slam and the fantastic Lindy Hop dancers called the Harlem Congaroo ­Dancers; in 1943, “Cabin in the Sky” featured Duke ­Ellington, Louis Armstrong, Ethel Waters and Buck & Bubbles; also in 1943, “Stormy Weather” – which also had Fats Waller and Cab Calloway – featured tap dancers Bill Robinson and the Nicholas Brothers in amazing ­routines. But the jazz masterpiece on celluloid was ­definitely photographer Gjon Mili’s short-film “Jammin’ the Blues” (1944), which featured Lester Young and the singer Mary Bryant, who danced wonderfully with Archie Savage. 
Isabelle MARQUIS & Philippe BAUDOIN
English adaptation: Martin DAVIES 

© Frémeaux & Associés  

Note: a whole CD in this dance-collection is devoted to slow numbers, which explains the absence of slow ­tempos here. Some slow numbers (closer to medium) do appear here, however, like ­Sentimental Journey and Minnie the Moocher. According to your mood, they allow you to opt for a slow dance, or at least a kind of restrained Lindy. Also, the selections here are quite ­different from the titles chosen by Éric Rémy for the 2CD “Jazz Dance Music 1923-1941” released by Frémeaux & Associés (FA 037).  


Each title in the present track-­listing is followed by an abbreviation corresponding to the tempo at which it is danced:
S : Slow    Quarter note = 88
M : Medium    Quarter note = 132 
F : Fast     Quarter note = 208 

Thanks to Anthony Baldwin, Christian Bonnet, Claude Carrière and Daniel Nevers. 

DISCOGRAPHIE
1. Well, Git It (S. Oliver) – Victor 072172-1 – Hollywood, 9/03/1942   
F- Tommy Dorsey and His Orchestra: Ziggy Elman, Jimmy Blake, Mannie Klein, Chuck Peterson (tp); Tommy Dorsey (tb, dir); George Arus, Dave Jacobs, Jimmy Skiles (tb), Heinie Beau (cl, as); Fred Stulce, Manny Gershman (as); Don Lodice, Bruce Snyder (ts); Milt Raskin (p); Clark Yocum (g); Phil Stephens (b), Buddy Rich (d); Sy Oliver (arr).
2. Choo Choo Ch’ Boogie (V. Horton, D. Darling, M. Gabler) – Decca W73305-A – NYC, 23/01/1946   
M+ Louis Jordan and His Tympany Five: Aaron Izenhall (tp), Louis Jordan (as, voc); Josh Jackson (ts); Wild Bill Davis (p, arr), Carl Hogan (el-g); Jesse “Po” Simpkins (b); Eddie Byrd (d).
3. Flying Home (L. Hampton, B. Goodman, S. Robin) – Decca 70773-A – NYC, 26/05/1942   
F Lionel Hampton and His Orchestra: Ernie Royal, Karl George, Joe Newman (tp); Fred Beckett, Sonny Craven, Harry Slown (tb), Marshall Royal, Ray Perry (as); Dexter Gordon, Illinois Jacquet (ts); Jack McVea (bar); Milton Buckner (p); Lionel Hampton (vib, dir); Irving Ashby (g); Vernon Alley (b); George Jenkins (d).
4. Sentimental Journey (B. Green, L. Brown, B. Homer) – Columbia CO33822-1 – NYC, 20-21/11/1944   
S Les Brown and His Orchestra: Bob Higgins, Randy Brooks, Carl Berg, Vern Rowe (tp); Kenny Meisel, Dick Noel, Dick Gould, Stumpy Brown (tb); Les Brown (cl, as, arr); Mark Douglas, George Weidler (as, cl); Ted Nash (ts); Nick Riviello (ts, bar); Butch Stone (bar); Geoff Clarkson (p); Hy White (g); Bob Leininger (b); Dick Shanahan (d); Doris Day (voc).
5. Jonah Whales Again – Jazztone – NYC, 20/03/1955   
F- SAMMY PRICE and His Kaycee Stompers: Jonah Jones (tp); Vic Dickenson (tb); Pete Brown (as); Sammy Price (p); Milt Hinton (b); Cozy Cole (d).
6. Concerto for Cozy – Savoy S5412 – NYC, 13/03/1944   
+F Cozy Cole All Stars: Lammar Wright (tp); Ray Conniff (tb); Ben Webster (ts); Johnny Guarnieri (p); Teddy Walters (g); Billy Taylor, Sr. (b); Cozy Cole (d).
7. Minnie the Moocher (C. Calloway, I. Mills) – Okeh C4183-1 – Chicago, 2/02/1942   
S+ Cab Calloway and His Orchestra: Jonah Jones, Russell Smith, Shad Collins, Lammar Wright (tp); Tyree Glenn, Quentin Jackson, Keg Johnson (tb); Hilton Jefferson (as); Andrew Brown (as, bar); Ted McRae, Walter “Foots” Thomas (ts); Benny Payne (p); Danny Barker (g); Milt Hinton (b); Cozy Cole (d); Andy Gibson (arr). 3
8. Marshall Plan – King K8064-1 – NYC, 21/09/1951   
F+ Al Sears and His Orchestra: Emmett Berry (tp); Lawrence Brown (tb); Charlie Holmes, Johnny Hodges (as); Al Sears (ts); Leroy Lovett (p); Lloyd Trotman (b); Joe Marshall (d).
9. Tiny’s Boogie (T. Grimes) – United U1031 – Chicago, 27/11/1951   
M+ Tiny Grimes and His Rocking Highlanders: Red Prysock (ts); Freddie Redd (p); Tiny Grimes (el-g); unknown (b); prob. Jerry Potter (d).
10. Castle Rock (A. Sears, L. Lovett, T. Travers) – Rendezvous 148 – c. 1958   
M+ Ernie Fields Orchestra: featuring prob. Plas Johnson (ts); Rene Hall (g); Earl Palmer (d); Ernie Fields (tb, dir).
11. Flamingo (T. Grouya, E. Anderson) – King K9007-1 – NYC, 10/01/1951   
M- Earl Bostic: Gene Redd (vib); Earl Bostic (as); Lowell “Count” Hastings (ts); Cliff Smalls (p); Rene Hall (g); Keeter Betts (b); Jimmy Cobb (d).
12. All Right, Okay, You Win (S. Wyche, M. Watts) Clef 2349-2 – NYC, 17/05/1955   
M Count Basie and His Orchestra: Wendell Culley, Reunald Jones, Thad Jones, Joe Newman (tp); Henry Coker, Bill Hughes, Benny Powell (tb); Marshall Royal (cl, as); Bill Graham (as); Frank Wess (fl, ts); Frank Foster (ts, arr); Charlie Fowlkes (bcl, bar); Count Basie (p); Freddie Green (g); Eddie Jones (b); Sonny Payne (d); Joe Williams (voc).
13. Martinique (W. De Paris) – Gene Norman Presents GNP11 – Los Angeles, 6 /02/1955   
M+ Teddy Buckner and HIS NEW ORLEANS BAND: Teddy Buckner (tp); William Woodman, Jr. (tb); Joe Darensbourg  (cl, ss); Harvey Brooks (p); Arthur Edwards (b); Jesse Sailes (d).
14. Stomp, Look and Listen (D. Ellington) – Columbia CO38371-1 – NYC, 10/11/1947   
M+ Duke Ellington and His Orchestra: Harold Baker, Ray Nance, Shelton Hemphill, Francis Williams, Dub Bascomb (tp); Lawrence Brown, Claude Jones, Tyree Glenn (tb); Jimmy Hamilton (cl, ts); Johnny Hodges (as); Russell Procope (as, cl); Al Sears (ts); Harry Carney (bar, cl); Duke Ellington (p, dir); Oscar Pettiford (b); Sonny Greer (d).
15. Duke’s Blues (part 1 & part 2) – Clef 762-3 – San Francisco, 22/03/1952  
M- Johnny Hodges AND HIS ORCHESTRA: Emmett Berry (tp); Lawrence Brown (tb); Johnny Hodges (as); Al Sears (ts); Leroy Lovett (p); Barney Richmond (b); Joe Marshall (d).
16. Baby, Won’t You Please Come Home (C. Williams, C. Warfield) – Capitol 22119 – NYC, 22 & 26/04/1958   
S+ Jonah Jones QUARTET: Jonah Jones (tp, voc); Hank Jones (p); John Brown (b); Harold Austin (d).
17. Blue Stompin’ – Prestige 1724 – Hackensack, N.J., 20/02/1959   
M+ Hal Singer Quintet: Charlie Shavers (tp); Hal Singer (ts); Ray Bryant (p); Wendell Marshall (b); Osie Johnson (d).
18. Tuxedo Junction (E. Hawkins, W. Johnson, J. Dash, B. Feyne) – Mercury 18126-3 – NYC, 9 & 10/02/1959   
M- Quincy Jones and His Orchestra: Harry Edison, Ernie Royal, Joe Wilder, Clark Terry (tp); Billy Byers, Jimmy Cleveland, Urbie Green, Tom Mitchell (tb); Phil Woods (as); Jerome Richardson (fl, as, ts); Budd Johnson, Sam “The Man” Taylor (ts); Danny Bank (bar); Moe Wechsler (p); Kenny Burrell (g); Milt Hinton (b); Osie Johnson (d); Quincy Jones (arr, dir).
19. Too Close for Comfort (J. Bock, L. Holofcener, G. Weiss) – Capitol 31318 – Los Angeles, 1959  
M+ Plas Johnson: Plas Johnson (ts); unknown (vib); Paul Smith (p); unknown (org); Tony Rizzi (g); Morty Corb (b); Alvin Stoller (d).
20. Drum Boogie – New Jazz 1837 – NYC, 28/08/1959   
F- Benny Golson quintet: Curtis Fuller (tb); Benny Golson (ts); Ray Bryant (p); Paul Chambers (b); Art Blakey (d).  

CD Musiques de danse du monde Jazz Vol 2 Lindy Hop, Boogie… © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)





EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
01 Well Git It03'03
02 Choo Choo' Ch Boogie02'46
03 Flying Home03'11
04 Sentimental Journey03'13
05 Jonah Whales Again04'51
06 Concerto for Cozy02'53
07 Minnie the Moocher03'15
08 Marshall Plan02'45
09 Tiny's Boogie03'00
10 Castle Rock02'28
11 Flamingo02'39
12 All Right Okay You Win03'04
13 Martinique04'23
14 Stomp Look and Listen03'22
15 Duke's Blues06'05
16 Baby Won't You Please Come Home02'19
17 Blue Stompin'06'27
18 Tuxedo02'42
19 Too Close for Comfort03'05
20 Drum Boogie04'04
"Ces musiques afro-américaines de danse annonçaient le rock ‘n roll" par On Mag

"Le deuxième CD, lui aussi de vingt titres, comme tous les autres, est du même domaine, sauf que les big bands se raréfient – il reste encore ceux du Duke, de Lionel Hampton, de Count Basie, de Tommy Dorsey, de Louis Jordan, de Cab Calloway, de Quincy Jones – mais la tendance est aux formations plus réduites, quintets et autres. Mais écoutez un peu le « Blue Stompin ‘ » de Hal Singer, ils sont cinq et jouent comme s’ils étaient quinze. Là aussi, des musicos exceptionnels, des Earl Bostic, Ernie Fields, Tiny Grimes, Benny Golson, Paul Chambers ou Art Blakey, en plus de ceux cités précédemment. Parmi eux, le premier disque soixante-dix-huit tours que j’achetai d’occasion à treize ans pour épater ma cousine : « Martinique », de Teddy Buckner. Ces musiques afro-américaines de danse annonçaient le rock ‘n roll qui allait arriver, et, souvent, procédaient déjà du même esprit. Breaks spectaculaires qui faisaient espérer la note qui allait continuer la mélodie. Et accentuation du deuxième temps. Le retour du boogie-woogie convergeait vers ce point futur, le rock. En attendant, on lindy hopait, on bebopait, mais c’était de la même farine. Des musiques entraînantes qui, surtout, évitaient l’esprit de la guerre et distillaient de la bonne humeur. Et de la liberté loin des corsets puritains. Et dans ces combats, les Afro-Américains n’étaient pas les derniers… Le CD en regorge."
par Michel BEDIN - ON MAG




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