ELVIS PRESLEY FACE À L’HISTOIRE DE LA MUSIQUE AMÉRICAINE 1954-1956

ELVIS PRESLEY & THE AMERICAN MUSIC HERITAGE

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FA5361

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Avec ses interprétations inspirées, sa voix de séducteur, son répertoire choisi avec talent et sans préjugé racial, son jeu de scène foudroyant, Elvis Presley reste le plus célèbre chanteur de rock de tous les temps. Bruno Blum nous présente ses enregistrements de la période 1954-1956 alternés avec les versions originales des morceaux repris au patrimoine de la chanson américaine, dans une perspective comparative permettant de mieux comprendre son immense contribution à la légende d’une Amérique à la conquête du monde.
Patrick Frémeaux

DIRECTION : BRUNO BLUM
DROITS AUDIO : DP / FREMEAUX & ASSOCIES
Elvis Presley and the american heritage FA5361

ELVIS PRESLEY & The American Music Heritage
Elvis Presley face à l’histoire de la musique américaine
1954-1958


Elvis Presley face à l’histoire

Le critique compare toujours. L’incomparable lui échappe.
Jean Cocteau


On entend invariablement dire : «?Elvis a tout piqué aux Noirs?». Qu’en est-il vraiment ? En effet Elvis était blanc, et il a fait connaître au grand public nombre de compositions d’artistes afro-américains. Cette question a donc son importance dans un contexte de stricte ségrégation raciale. Blue Moon of Kentucky excepté, ses premiers succès ont été composés par des musiciens afro-américains. Mais cela fait-il pour autant d’Elvis Presley un coupable pilleur de la culture de la communauté la plus défavorisée d’Amérique (avec les Indiens) ?

Des arguments s’opposent à cette assertion quelque peu réductrice. D’abord, la musique passe par-dessus les barrières raciales, et les compositions sont le fruit de mélanges musicaux interraciaux difficiles à retracer. Néanmoins, Elvis Presley ne composait pas ses chansons et une partie significative de ses premiers succès, dont Love Me Tender, ont par exemple été composés et/ou enregistrés à l’origine par des musiciens blancs à l’écart de l’influence «?noire?». La mélodie du célèbre «?Love Me Tender?» provient d’une chanson à la mode pendant la guerre de sécession, publiée en 1861. Elle a connu un vaste succès populaire au XIXe siècle. On peut écouter ici une version country de cette Aura Lea, celle-là même qui a inspiré «?Love Me Tender?». Un grand professionnel, le chanteur et compositeur Ken Darby (qui recevra plus tard un Academy Award et un Grammy pour ses nombreux accomplissements) y a ajouté de nouvelles paroles en 1956, écartant les paroles originelles du poète William Whiteman Fosdick. Elles ont plu à Presley, qui a ensuite cosigné ce nouveau morceau avec Vera Matson (épouse de Darby) à l’issue d’un arrangement contractuel d’éditions courant à cette époque.

Ensuite, le style joué par le guitariste originel de Presley, Scotty Moore, est assimilable à la country music «?honky tonk?»1 blanche de l’époque, avec une influence notable du virtuose Chet Atkins (qui rejoindra lui-même Elvis en studio dès 1956, comme on peut l’entendre ici) et, sans doute, du génial Merle Travis. Le doux style de Scotty n’en demeure pas moins original, inspiré et irrésistible. Il est radicalement distinct de celui des cadors afro-américains pionniers du blues électrique et du rock and roll comme Pete Lewis, que l’on peut entendre ici sur l’exquise version originale de Hound Dog par Willie Mae «?Big Mama?» Thornton (1953). Le style de Scotty Moore n’a rien à voir non plus avec celui de Junior Parker, dont on peut entendre ici le Mystery Train (1953). Il est aussi éloigné des chefs-d’œuvre des premiers guitaristes électriques de référence du rock comme l’excellent Carl Hogan (avec Louis Jordan sur «?Saturday Night Fish Fry?» en  1950, et «?Ain’t That Just Like a Woman?» en 1946) ou Johnny «?Guitar?» Watson (l’extraordinaire «?Space Guitar?», 1954) et du blues : T-Bone Walker («?Call It Stormy Monday?», 1947), Guitar Slim («?The Things That I Used to Do?», 1953), Mickey Baker («?Midnight Hours?», 1954) ou encore B.B. King («?You Upset Me, Baby?», 1954).

Rockabilly
Nonobstant diverses influences, on peut dire que l’excellent Scotty Moore jouait presque complètement «?blanc?». Il est ici judicieux d’observer que son style de guitare est néanmoins bien différent de ce que l’on entendait dans le western swing2 texan et le country boogie3, des styles populaires dans la majorité blanche de la décennie d’après-guerre. Comme la musique d’Elvis Presley, western swing et country boogie se distinguaient notamment par leurs influences afro-américaines dansantes «?swing?» et «?boogie woogie?». Ce courant «?hot dance hillbilly?», comme on l’appelait au début, était radicalement distinct du vaste monde de ce qu’on appelait déjà la country music4 incluant le bluegrass. Les amateurs de hillbilly, bluegrass et country n’aimaient pas qu’on les mélange avec le western swing en raison justement de cette influence swing «?noire?» qu’ils rejetaient. À tel point que pour ne pas les froisser, on a créé la classification «?country & western?» incluant les deux courants…

Bien que souvent confondu avec le rockabilly qu’il a précédé, le country boogie est bien distinct du style d’Elvis Presley. C’est bien le rockabilly qui est né avec les premiers disques d’Elvis en 1954, et non le rock. Le «?billy?» de rockabilly vient de la chanson blanche du sud, le hillbilly («?paysan?»). Quant au terme «?rock?», il est issu de la culture afro-américaine. «?Rock and roll?» («?balancer et rouler?») ou simplement «?rock?» était le terme à double sens utilisé dans les chansons afro-américaines pour décrire à demi-mot l’acte d’amour. Il était même caractéristique du mode d’expression de la communauté, hérité des métaphores de l’esclavage, où les langages d’initiés étaient une question de survie. L’une des grandes forces d’Elvis Presley a été d’utiliser une partie du langage des afro-américains avec des phrases comme «?Have you heard the news, there’s good rocking tonight?», qu’il a empruntées avec le reste de leur langage musical, qui le fascinait. En ajoutant une guitare «?hillbilly?» à la matrice afro, Elvis n’a pas été l’inventeur du rock and roll, qui existait depuis longtemps - mais du rockabilly, ce qui est déjà beaucoup.

Rock and roll
En fait, ségrégation raciale oblige, le genre rock existant en 1954 était presque entièrement inconnu du public blanc. Une culture toute entière, profonde, intense et sublime, était cachée au reste de l’Amérique : celle des Afro-américains. Cette tranche à part de la population insufflait pourtant à ses musiques une dimension autre, qu’on ne trouvait pas souvent dans les musiques populaires d’inspiration euro-américaines. Dans l’enfer de la ségrégation raciale, de la servitude, du chômage, de la misère, de l’oppression et de l’injustice établie en système, en règle, la musique était un des rares moyens pour les Afro-américains de se réapproprier leur corps le temps d’une danse libre au son du rock, du rhythm and blues, du jazz. Elle était une façon précieuse d’élever son âme l’espace d’un gospel, d’un blues ou d’un solo de saxophone improvisé. Le rythme devait impérativement vous emporter. Les Afro-américains y exprimaient la spiritualité, l’aspiration à la libération, et différents sentiments profonds, intenses. Si Frank Sinatra ou Bing Crosby se sont inspirés du jazz dans les années 1930-40, jamais leurs interprétations talentueuses mais plan-plan n’ont approché en intensité celles de leurs inspirateurs et maîtres. Cela a véritablement commencé à changer quand, influencé par Jimmie Rodgers, le grand chanteur de country Hank Williams s’est mis à enregistrer avec une verve, une sensibilité à fleur de peau, une émotion communicative courante chez les bluesmen. Mort le 1er janvier 1953 quelques mois avant les premiers pas en studio d’Elvis Presley, Hank Williams avait ouvert cette porte. Mais les premiers enregistrements amateurs de Presley, des ballades chantées avec sincérité et un timbre déjà magnifique, ne laissaient rien augurer de la formule rock and roll qui ferait bientôt son succès.

Certaines personnes blan­ches aisées pouvaient s’encanailler au Cotton Club de Harlem : mais près d’un siècle après l’abolition de l’esclavage, majoritaires à près de 85?%, les personnes d’origine non-africaine restaient à l’écart de cette population de sous-prolétariat marquée au fer rouge par une différence visuelle. Chez les Blancs, la musique et la culture afro-américaines n’étaient appréciées que par une élite : Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Hughes Panassié, Charles Delaunay, Juliette Gréco, Boris Vian (se doutaient-il que le rock furieux Tutti Futti de Little Richard est dérivé d’un duo de jazzmen, Slim and Slam ?) ou Serge Gainsbourg à Paris?; George Shearing, Alexis Korner, Charlie Watts ou Emil Shalit à Londres?; Mezz Mezzrow, Chet Baker, Lee Konitz, Gerry Mulligan, Stan Getz… ou Bill Haley aux États-Unis.

Dans ce contexte, qu’a véritablement accompli Elvis Presley ? Sous l’influence de son génial premier producteur Sam Phillips, il a spontanément déchiré le rideau de la ségrégation. Il a surgi, bombe érotique, le rock and roll aux lèvres, sans complexe, devant une Amérique puritaine, raciste et médusée. Toute l’histoire de la révolution Elvis, de la remise à zéro des compteurs quand il a fait irruption, tourne autour de cette question raciale. Il a offert le trésor noir à sa génération à la manière d’un Black Minstrel (au music hall, les Noirs étaient longtemps joués par des Blancs maquillés en noir comme Al Jolson), mais un black minstrel trépidant de talent - et sans maquillage. Elvis n’a pas «?piqué?» aux Noirs, il a tout naturellement chanté et arrangé sa musique dans leur style rock fabuleux, indispensable, libérateur. Il a été le passeur. En cela il a fait découvrir au grand public blanc l’incroyable excitation propagée par le rock, musique de libération intérieure jusque-là réservée aux ghettos afros. Il a levé le voile, ouvert les esprits, osé la danse ultra sexuelle inspirée par le lindy hop, porté les fringues voyantes de Lansky’s d’ordinaire achetées par des musiciens afro-américains sur Beale Street, en un mot il a incarné et impulsé l’aube du bouleversement des mentalités qui prenait son essor et culminerait à la fin des années 1960. Le plus étonnant, c’est que personne ne l’ait fait plus tôt ! Mais ça aussi, ça s’explique.

Le Tennessee en 1954-1956
La ségrégation raciale, séparation physique entre personnes de couleur différente, était en vigueur aux États-Unis lors des premiers enregistrements d’Elvis Presley. Quatre-vingt neuf ans après l’abolition de l’esclavage, l’intégration des afro-américains était encore bien loin d’être réglée. Cette cruelle ségrégation touchait les transports, les écoles, jusqu’aux fontaines publiques et aux portes d’accès des immeubles. Noirs, métis, quarterons, chabins n’avaient pas accès aux restaurants, aux lieux publics, à la fonction publique, aux cimetières blancs et ne pouvaient pas jurer sur la même bible que les Blancs. Elvis était fasciné par les Afro-américains avec qui il cohabitait dans un quartier pauvre de Memphis et avec qui il chantait le gospel à l’Assembly of God, une congrégation baptiste issue du mouvement revivaliste qui a toujours lutté pour l’intégration raciale. Il a vu le jeu de scène débridé  de Wynonie Harris, un artiste de rock «?noir?» (bien qu’il ait eu une peau assez claire) chantant Good Rockin’ Tonight à une époque où le public noir était séparé par une CORDE du rare public estampillé «?blanc?». Exclus de fait des jurys et du système judiciaire par des procédés contournant la constitution, les «?Noirs?» étaient à la merci de révoltantes intimidations, de viols, de la terreur, de violences, de meurtres en chaîne, systématiques, prémédités, barbares (le Ku Klux Klan brûlait nombre de ses victimes vivantes sur des croix), et ce en toute impunité. Les anciens états confédérés étaient particulièrement meurtriers, et en 1954 la mentalité sudiste conditionnait l’état d’esprit des gens. Les barrières enfoncées par Elvis en sont donc d’autant plus remarquables.

Les Presley vivaient dans le Tennessee, où le Ku Klux Klan fut fondé en 1866 et où Martin Luther King serait assassiné en 1968. Les crimes raciaux parmi les plus atroces et les plus nombreux du pays ont été commis dans cette région soumise à une très sévère ségrégation raciale. Inutile de préciser que dans un contexte pareil, il n’était pas si fréquent qu’un Blanc reprenne ouvertement une composition d’un artiste «?noir?» - et vice-versa, surtout dans le sud (Bill Haley, lui, était au nord du pays). Les musiques afro-américaines avaient un accès très limité aux radios blanches, et ces disques n’étaient pas non plus disponibles chez la plupart des disquaires blancs. Les classements des ventes de disques séparaient même le «?rhythm and blues?» (ou «?R&B?», appelé «?race music?» jusqu’à l’après-guerre) des listes «?country & western?» (du type I Love You Because de Leon Payne repris ici) et «?pop?» (type Patti Page, I Don’t Care If the Sun Don’t Shine magistralement revigoré ici par Elvis) presque toujours réservées aux Blancs. Les artistes afro-américains connus par le grand public étaient donc rares. Louis Armstrong, Cab Calloway, Louis Jordan, Nat «?King?» Cole, Fats Domino avaient réussi cet exploit avec quelques morceaux, mais leur visibilité était restreinte - et leurs contrats pas toujours respectés. Comme si ce n’était pas suffisant, l’influent Joseph McCarthy était encore au sommet de sa popularité en 1954 et en pleine guerre froide, la chasse aux sorcières, sans preuves, de supposés communistes et d’artistes humanistes estimés subversifs terrorisait le monde de la musique, du cinéma, du théâtre, de la littérature, de la politique, des fonctionnaires - l’élite intellectuelle des États-Unis. La surpuissance des lobbys agro-alimentaires (poulets de batterie, vaches), l’omniprésence d’églises ultra conservatrices et puritaines, les armes à feu en vente libre - rien n’était épargné au Tennessee.

Sam Phillips
Bien sûr, en réalité, Elvis n’a pas été le premier à puiser dans la poule aux œufs d’or noire. Le premier disque de jazz (1917) n’a-t-il pas été gravé par un groupe blanc, l’Original Dixieland Jass Band, qui a ensuite raconté partout qu’il avait inventé ce style ? Quand, en 1935, le clarinettiste juif blanc Benny Goodman a lancé le «?swing?» dans le public blanc avec son énorme succès «?King Porter Stomp?», la moitié du boulot d’Elvis était déjà faite. La mode du swing a ouvert le grand public au jazz et à la danse libre, et certains dancehalls à la mixité. Goodman a même été le premier à oser engager des musiciens noirs (Teddy Wilson et Lionel Hampton) dans son groupe de scène. Succédant aux pionniers du hillbilly blues5, dans le Far West la chanson populaire western swing de Bob Wills6 et Milton Brown s’est engouffrée dans la brèche swing. L’irrésistible country boogie blanc a suivi après la guerre, et à l’été 1953, Elvis Presley a débarqué au studio Sun pour enregistrer quelques chansons lentes à son compte. Il a été repéré par la secrétaire du patron Sam Phillips, qui auditionnera finalement Elvis en juin 1954 et lui fournira des musiciens, Scotty Moore et Bill Black.

Sam Phillips était un producteur passionné par les musiques afro-américaines, et avant de créer le rockabilly dans son studio, il avait consacré sa vie à les faire découvrir au public. Fasciné par le quartier des musiciens sur Beale Street à Memphis, il fut d’abord DJ chez WLAY à Muscle Shoals, une des rares radios «?open format?» où l’on pouvait entendre des artistes «?noirs?» et «?blancs?», ce qui l’influença de façon déterminante. Il a aussi travaillé comme découvreur chez les disques Bullet, et c’est pour Jules Bihari en 1949 qu’il a été le premier à enregistrer B.B. King. Son studio Sun a ouvert en 1950. Le premier disque enregistré dans ce studio pour sa nouvelle marque Sun en 1952 fut interprété par un saxophoniste noir de 16 ans, Johnny London. En 1952, Sam Phillips découvrait aussi le géant du blues Howlin’ Wolf, dont des titres comme «?All Night Boogie?» étaient de brûlants blues chantés sur un tempo rock. Il a même réussi à sortir les Prisonaires de prison pour les enregistrer (surveillés par un garde armé) et en a tiré un tube délicieux, l’émouvant «?Just Walking in the Rain?». Phillips a ensuite lancé Ike Turner et Jackie Brenston avec leur premier tube «?Rocket 88?» en 1951 (bientôt repris par Bill Haley). Tous des Noirs. Sa secrétaire Marion l’a entendu plusieurs fois répéter cette citation célèbre : «?Si je pouvais trouver un Blanc qui a le son noir, et ressent la musique comme un Noir, je pourrais gagner un million de dollars.?» Incompris, endetté, il était moqué par ses copains de Memphis, qui n’hésitaient pas à lui envoyer des vannes du genre : «?Tu pues moins que d’habitude Sam, c’est probablement qu’aujourd’hui pour une fois, tu n’as pas traîné avec tes négros !?»

Son objectif était donc tout sauf un hasard. Quand il tente de produire le jeune Elvis, Sam Phillips ne veut pas de ses reprises country lentes. Ce n’est que quand celui-ci se met à chanter That’s All Right sur le même rythme exactement que la version originale d’Arthur Crudup que Phillips accepte de l’enregistrer. Blue Moon of Kentucky est bientôt gravé lui aussi, un morceau country lent (écouter ici la version originale de Bill Monroe) qu’il dynamise sur le même rythme entraînant que That’s All Right : le rockabilly est ainsi né sur un rythme de blues rapide, calqué sur le groove de Crudup, un laboureur et bootlegger qui ne gagnera d’ailleurs jamais un sou (Elvis a pourtant enregistré pas moins de trois de ses compositions) et mourra pauvre. Elvis a repris son style exact, l’a interprété avec émotion comme il se doit pour un blues, jusqu’au rythme de guitare de Crudup, qu’il rejoua lui-même. Les solos de Scotty n’ont fait qu’apporter une touche country sur une matrice afro-américaine. À tel point qu’au début les radios blanches ont refusé de passer le disque, croyant que le chanteur était noir. Dans le sillage de Bill Haley et sa reprise de «?Rocket 88?», d’autres artistes blancs étaient d’ailleurs en train de réaliser cette même démarche, comme Johnny & Dorsey Burnette et leur Rock and Roll Trio qui ont sorti une version brûlante du «?Train-Kept-a-Rolling?» de Tiny Bradshaw en 1956. Sans oublier Carl Perkins au studio Sun six mois après Elvis. Le célèbre Blue Suede Shoes de Carl Perkins, hymne du rockabilly s’il en est, a été largement inspiré par un morceau de pur rock noir de 1950, le méconnu Rock Around the Clock de Hal Singer (à ne pas confondre avec le morceau de Wally Mercer du même nom en 1952 ni le célèbre tube de Bill Haley & the Comets, qui en 1955 ont piqué ce titre pour leur morceau). On peut y entendre le break «?One for the money, two for the show, three make ready, four let’s rock?» qui a inspiré l’intro de Blue Suede Shoes, un morceau qu’Elvis a enregistré à son tour et qui ouvrit son premier album. Pas plus que Carl Perkins, Bill Haley ou Sam Phillips, Elvis Presley ne pouvait ignorer le rock noir qui pullulait dans les juke-boxes de Memphis. Le public blanc ne le connaissait pas (et ne le connait toujours pas), mais il affluait des quatre coins du pays. Des dizaines de succès aux noms évocateurs faisaient danser des millions d’Afro-américains depuis des années : «?Rock the Joint?» (Jimmy Preston & the Prestonians, 1949), «?Saturday Night Fish Fry?» (Louis Jordan & his Tympany Five, 1949), «?Rockin’ Time?» (Great Gates & his Hollywood All Stars, 1950), «?Rock, H-Bomb, Rock!?» (H-Bomb Ferguson, 1951), «?Rockin’ With Fes?» (Professor Longhair, 1952), «?Rock-a-Beatin’ Boogie?» (The Treniers, 1954), sans parler du «?Rocket 88?» de Jackie Brenston & his Delta Cats (1951) produit par Sam Phillips lui-même - et tant d’autres.

Elvis a certes repris un bon nombre de morceaux de country blanche, mais il les a interprétés dans un style noir, avec ce supplément d’âme, cette flamme, cette magie qu’il fallait jusque-là aller chercher chez Lowell Fulson, Ray Charles (dont il a enregistré le I Got a Woman), Billie Holiday, Louis Jordan, Little Esther Philips ou tant d’artistes afro-américains oubliés. C’est à l’évidence ce que nous rappelle la sélection de titres réunie ici. Trying to Get to You, un des chefs-d’œuvre de la précieuse période Sun de Presley, est à ce titre instructif puisque le jeune Elvis a calqué son chant de façon saisissante sur celle des Eagles, un obscur groupe vocal noir dont on peut écouter ici la version originale. Ce ressenti, ces influences, ces styles ont été appliqués à d’autres morceaux. Sa version inspirée du Mystery Train de Junior Parker a par exemple été arrangée exactement comme le «?Love Me Baby?»  du même Parker - qui figurait tout simplement sur l’autre face du 45 tours.

Si la guitare de Scotty Moore est issue de la culture country music, en revanche le «slap» (claque) de la contrebasse de Bill Black si caractéristique des séances Sun est une pratique particulière qui a connu ses pionniers dans le jazz de la Nouvelle Orléans dès les années 1910 (notamment William Manuel «?Bill?» Johnson avec King Oliver’s Creole Jazz Band). Bill Black a été influencé par Fred Maddox, bassiste du groupe de hillbilly les Maddox Brothers and Rose qui pratiquait le slap depuis 1937, mais c’est dans les années 1920 que le «?slap?» - et même la contrebasse elle-même - ont été largement popularisés au sein de l’orchestre de Duke Ellington par Wellman Braud, originaire de Louisiane comme Bill Johnson.

Elvis Presley a personnalisé le rock and roll de manière durable, et les influences qui ont marqué son style sont à l’évidence issues d’artistes de gospel comme Sister Rosetta Sharpe7, et de rhythm and blues, voire de jazz, comme le crooner Billy Eckstine sur qui a inspiré sa fascinante version de Blue Moon, comme on peut le vérifier ici. Les exemples ne manquent pas, mais la façon dont il a été marqué par le rock and roll est sans doute ce qu’il y a de plus significatif.

Après son départ de chez Sun, avec le poids de la distribution RCA, le succès de Heartbreak Hotel, écrit pour lui, a emporté Elvis dans une autre dimension. Quelques restes au tempo lent, très country des séances Sun (dont le splendide Blue Moon) ont équilibré son premier album, bourré de reprises des plus gros succès du rock noir du moment comme le I Got a Woman de Ray Charles, Money Honey des Drifters, et le fabuleux Tutti Frutti de Little Richard déjà repris par Pat Boone. Little Richard, dont Elvis a aussi enregistré le Long Tall Sally, résume l’impact de ces nouvelles versions :

«?Ils ne voulaient pas que je me mette en travers de la route des Blancs…  Je me suis senti étiqueté «?rhythm and blues?» et mis à l’écart des rockers, parce que c’est là que se trouve l’argent. Quand «?Tutti Frutti?» est sorti, ils ont eu besoin d’une star du rock pour m’empêcher d’entrer dans les maisons des Blancs, parce que j’étais un héros pour les ados blancs. Les jeunes Blancs mettaient Pat Boone sur la commode et moi dans le tiroir parce qu’ils préféraient ma version. Mais les familles ne voulaient pas de moi à cause de l’image que je projetais8.?»

Il n’en reste pas moins que le succès d’Elvis a contribué à faire entrer l’extraordinaire Little Richard dans la légende. Le manager d’Elvis a bientôt engagé des équipes de compositeurs sur mesure, ce qui n’a pas empêché le style racialement ambigu d’Elvis Presley de créer un débat national et passionné, avec pour conséquence des réactions violentes contre le rock et une censure à la télévision éliminant les images de lui cadrées au-dessus de la ceinture : sa façon de danser spontanée, jugée trop suggestive, était associée à juste titre à un style «?noir?». Mais la jeunesse avait choisi son camp : celui du progrès et du rock and roll. Les forces réactionnaires de l’Amérique  ont essayé de venir à bout de cette mode par tous les moyens : scandales, censure, autodafés et départ d’Elvis pour le service militaire. Mais rien n’y fera : rock and roll is here to stay. Les succès continueront à pleuvoir pour Elvis tant qu’il continuera sa formule rock afro-billy : il reprendra la version blanche de Freddie Bell (aux paroles adoucies) de l’irrésistible Hound Dog de Big Mama Thornton, et d’autres tubes noirs comme l’insurpassable Shake Rattle and Roll de Big Joe Turner et le Lawdy Miss Clawdy de Lloyd Price.
Bruno BLUM, 2011
© Frémeaux & Associés


Merci à Georges Blumenfeld, Katia Dahan, Lucky Dahan, Gilles Pétard, Jean-Marie Pouzenc et Michel Tourte.

1 Écouter Honky Tonk, Country Music 1945-1953 (FA5087) dans cette collection.
2 Écouter Western Swing 1928-1944 (FA032) dans cette collection.
3 Écouter Country Boogie 1939-1947 (FA160) dans cette collection.
4 Écouter Country 1927-1942 (FA 015) et Country Music1940-1948 (FA173) dans cette collection.
5 Écouter Hillbilly Blues 1928-1946 (FA 065) dans cette collection.
6 Écouter Bob Wills & his Texas Playboys 1932-1947 (FA 164) dans cette collection.
7 L’œuvre intégrale de Sister Rosetta Sharpe est disponible dans cette collection.
8 Richard Harrington, «‘a Wopbopaloobop’; and ‘Alopbamboom’, as Little Richard himself Would Be (and Was) First to Admit.» The Washington Post, 12 novembre 1984.
 
CD ELVIS PRESLEY AND THE AMERICAN MUSIC HEROTAGE 1954-1958 ELVIS PRESLEY FACE A L'HISTOIRE DE LA MUSIQUE AMERICAINE 1954-1958, ELVIS PRESLEY © Frémeaux & Associés 2011 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)




EcoutezPisteTitre / Artiste(s)Durée
CD 1
01 That s all right - Arthur Crudup02'52
02 That s all right - Elvis Presley01'58
03 I love you because - Leon Payne And The Lone Star Buddies02'43
04 I love you because - Elvis Presley02'44
05 Blue moon of kentucky - Bill Monroe03'03
06 Blue moon of kentucky - Elvis Presley02'05
07 Blue moon - Billy Eckstine03'12
08 Blue moon - Elvis Presley02'37
09 I ll never let you go - Jimmy Wakely02'12
10 I ll never let you go - Elvis Presley02'25
11 I don t care if the sun don t shine - Patti Page02'43
12 I don t care if the sun don t shine - Elvis Presley02'30
13 Just because - Shelton Brothers03'02
14 Just because - Elvis Presley02'34
15 Good rockin tonight - Roy Brown03'01
16 Good rockin tonight - Harris Wynonie02'46
17 Good rockin tonight - Elvis Presley02'15
18 Milkcow blues - Arnold Kokomo03'18
19 Milkcow blues - Johnny Lee Wills02'53
20 Milkcow blues boogie - Elvis Presley02'43
21 You re a heartbreaker - Elvis Presley02'12
CD 2
01 Baby let s play house - Arthur Gunter02'47
02 Baby let s play house - Elvis Presley02'18
03 I m left you re right she s gone - Elvis Presley02'38
04 I forgot to remember to forget - Elvis Presley02'30
05 Mystery train - Little Parker Junior02'25
06 Mystery train - Elvis Presley02'30
07 Tryin to get to you - The Eagles02'39
08 Tryin to get to you - Elvis Presley02'34
09 I got a woman - Ray Charles02'58
10 I got a woman - Elvis Presley02'26
11 Heartbreak hotel - Elvis Presley02'11
12 Money honey - The Drifters03'02
13 Money honey - Elvis Presley02'37
14 I m counting on you - Elvis Presley02'27
15 I was the one - Elvis Presley02'36
16 Rock around the clock - Hal Singer03'04
17 Blue suede shoes - Carl Perkins02'20
18 Blue suede shoes - Elvis Presley02'02
19 My baby left me - Arthur Crudup02'24
20 My baby left me - Elvis Presley02'15
21 One sided love affair - Elvis Presley02'12
22 So glad you re mine - Arthur Crudup02'49
23 So glad you re mine - Elvis Presley02'21
CD 3
01 Tutti frutti - Slim And Slam02'40
02 Tutti frutti - Little Richard02'27
03 Tutti frutti - Elvis Presley02'00
04 Lawdy miss Clawdy - Lloyd Price02'35
05 Lawdy miss Clawdy - Elvis Presley02'11
06 Shake rattle and roll - Big Joe Turner03'01
07 Shake rattle and roll - Elvis Presley02'31
08 I want you I need you I love you - Elvis Presley02'44
09 Hound dog - Big Mama Thornton02'47
10 Hound dog - Freddie Bell And The Bellboys02'45
11 Hound dog - Elvis Presley02'18
12 Don t be cruel - Elvis Presley02'05
13 Any way you want me (that s how i will be) - Elvis Presley02'16
14 We re gonna move - Elvis Presley02'32
15 Aura lea - The Shelton Brothers02'42
16 Love me tender - Elvis Presley02'43
17 Poor boy - Elvis Presley02'16
18 Playing for keeps - Elvis Presley02'50
19 Love me - Elvis Presley02'46
20 Paralyzed - Elvis Presley02'30
21 How s the world treating you - Elvis Presley02'26
22 When my blue moon turns to gold again - Elvis Presley02'25
"Un superbe coffret" par Blues & Co

"Voici un superbe coffret contenant trois disques et un livret bien documenté par Bruno Blum proposé par l’incontournable label Frémeaux et Associés. Le but de cette initiative est de nous expliquer l’héritage dont a bénéficié Elvis Presley : la plus grande star du show business musical populaire avec un petit rappel historique puisé dans le livret qui accompagne ce merveilleux document.  Le passionné de musique afro-américaine Sam Phillips était producteur d’artistes de blues et rhythm and blues de grands talents. Sont passés dans son studio de Memphis : B.B. King, Howling Wolf, Ike Turner…..alors que ces musiciens subissaient les barrières du racisme ambiant et ne pouvaient s’imposer dans le marché lucratif fermé aux gens de couleur sans oublier les accès limités aux radios. A la recherche d’un chanteur blanc qui pouvait vibrer comme un noir, le jeune Elvis fut le mieux placé pour répondre à son attente. Elvis Presley avait assimilé  notamment le hillbilly venu des montagnes par les gens de la terre, appelés « culs terreux » mais surtout le rock and roll que l’on appelait le rhythm and blues. Le résultat en sera le rockabilly. Pour cela, Sam Phillips proposera à la future idole,  le guitariste Scotty Moore et le bassiste Bill Black venus d’un style proche de la country tendance honky tonk. Le résultat engendra une révolution qui allait envahir  petit à petit la planète entière. Pour mieux comprendre ce phénomène qui a touché toute une jeunesse des années 50 à 60  en extase devant tant d’énergie et de rythme excitant , soixante six titres ont été sélectionnés pour comparer les originaux  des créateurs venant du bluegrass tel Bill Monroe « Blue moon of Kentuky », les géniaux bluesmen Arthur Crudup « That’s all right », « My baby left me »…, Roy Brown « Good rockin’ tonight », Kokomo Arnold « Milkcow blues » ou encore le shouter Big Joe Turner « Shake rattle and roll » avec le style frénétique d’Elvis qui allait enthousiasmer et déchainer les foules entières. Elvis Presley a non seulement puisé son inspiration en accélérant le tempo sur des airs de country hillbilly  et de blues mais il s’est inspiré aussi du jeu de scène sauvage de chanteurs comme Wynomie Harris et Bo Diddley qu’il allait voir s’exécuter sur scène. Elvis Presley n’est pas l’inventeur du rock and roll que l’on peut attribuer, d’après les spécialistes, à Ike Turner et Jackie Brenston « Rocket 88 » sorti le 5 mars 1951…certains remontent encore plus loin avec « Saturday night fish fry » de Louis Jordan le 9 août 1949. Mais, grâce au visionnaire Sam Phillips, l’érotique et séduisant Elvis Presley pourra être considéré comme le premier chanteur de rockabilly, sans être un  véritable créateur comme l’a été Carl Perkins. Avec ce coffret, le label  Frémeaux et Associés continue sa mission de transmettre la découverte et la connaissance de la musique avec toujours le même brio."
Par Bruno Marie - BLUES & CO





« Une idée originale et fort judicieuse » par On Mag

« C’est une idée originale et fort judicieuse qui a conduit à composer cet album de trois CDs. Prendre les enregistrements d’Elvis Presley de 1954 à 1958 (les meilleurs, soit dit entre nous, ceux qui précèdent les années-vedettes victimes des « gros sous ») et faire précéder chaque titre de la chanson originelle que le King a remaniée à sa sauce. Elvis Presley, en fait, est un passeur. Il a fait connaître à l’immense majorité des Blancs, en cette période de ségrégation encore intense, la musique des Noirs riche et puissante, énergique et sensuelle parce que c’était celle que lui, Blanc des quartiers pauvres, connaissait et appréciait. Celle des bluesmen Arthur Crudup, Kokomo Arnold, Big Joe Turner, Big Mama Thornton, des shouters comme Wynonie Harris, des jazzmen comme Hal Singer, Billy Ekstine, Ray Charles, mais également de chanteurs de variétés, voire de country music arrangés à la sauce noire. Elvis Presley est l’inventeur, non pas du rock, mais du rockabilly. Le rock, cela faisait des lustres que les Afro-Américains en faisaient, et du bon (écoutez « Good Rockin’ Tonight » par Wynonie Harris (1947), « Rock Around the Clock » par Hal Singer (1950), « Hound Dog » par Big Mama Thornton (1952) pour vous en convaincre). Mais l’adaptation à l’usage des jeunes Américains blancs de ces airs et leur succès par ce provocateur qu’était Presley a été un coup de pouce non négligeable dans la compréhension par les Blancs qu’ils ne vivaient pas avec des hommes invisibles. Si Obama est président, c’est sans doute un peu grâce à Presley, mine de rien. La guitare un peu country de Scotty Moore faisait le lien avec le public sans trop le dépayser et la basse énergique de Bill Black en remettait une couche. La voix d’Elvis faisait le reste. Le producteur de l’époque, Sam Phillips, qui s’est fait croquer par la suite par les crocodiles artistophages, était un producteur sensible et intelligent. C’est « comme les patrons de gauche, dirait Audiard, il y en a, mais ils ne sont pas représentatifs de l’espèce». Saluons-le comme nous saluons ces CDs éminemment utiles et pédagogiques. Le livret, dû à la plume alerte de Bruno Blum, est brillant. »
Par Michel BEDIN – ON MAG





« L’invention du rock » par 7 Hebdo

Bien avant que Neil Armstrong ne débarque sur la Lune, un blanc-bec avait posé un pied conquérant sur des territoires musicaux méconnus : Elvis Presley qui, un jour de 1953, poussa la porte du studio du producteur Sam Phillips. Lequel, endetté jusqu’au cou, rêvait tout haut : « Si je trouvais un Blanc qui a le son noir et ressent la musique comme un Noir, je pourrais gagner un million de dollars ». Grâce à Elvis, son rêve allait se matérialiser… Le triple album Elvis Presley & The American Music Heritage propose une plongée dans la musique populaire américaine qui aide à mieux cerner le rôle d’Elvis. Au fil des soixante-six titres, ses chansons sont comparées à leurs versions originales, appartenant tantôt au hillbilly – la musique des bouseux blancs du Sud – tantôt au blues, rhythm and blues ou rock and roll des Noirs, dont les juke-box de Memphis étaient pleins mais auquel le public blanc restait sourd. Elvis a jeté, entre ces deux univers, un pont par où Little Richard, Chuck Berry et d’autres allaient s’engouffrer. Malgré les efforts de l’Amérique bien pensante et raciste pour étouffer dans l’oeuf cette révolution musicale, le rock partait à la conquête du monde ! En écoutant Arthur Crudup, Billy Eckstine,Wynonie Harris, Kokomo Arnold et, dans la foulée, Elvis Presley, on voit comment celui-ci débarrassait les morceaux de leurs oripeaux folk (banjo, violon, harmonica…) ou R & B (cuivres) pour les resserrer sur une pulsation primale, servie uniquement par la rythmique, la guitare électrique et la voix. Et quelle voix ! Caressante sur les tempos lents, fiévreuse et haletante quand le rythme s’emballe, elle ramène cette musique à sa fonction de parade amoureuse. Même Carl Perkins, dont le Blue Suede Shoes est pourtant méritoire, ne tient pas la comparaison : aux yeux d’Elvis, les fameuses chaussures en daim bleu ont une valeur autrement plus importante !
Par Richard SOURGNES - 7 HEBDO




« Le mythe est toujours vivant ! » par Le Quotidien du médecin

« Sir Paul et sir Ringo – et tant d’autres de leur génération – doivent tout à un homme : Elvis Presley. Créateur du rockabilly dès les premiers disques en 1954 – le terme rock’n’roll étant issu de la culture afro-américaine –, le King a tout chamboulé, tout bouleversé, tout transformé musicalement, au point qu’il y a un avant et un après-Presley. Un peu comme avec les Beatles ! Afin de remonter le temps jusqu’aux sources de ce genre musical qui révolutionna la planète, il suffit de se procurer « Elvis Presley & The American Music Heritage – Elvis Presley face à l’histoire de la musique américaine – 1954-1958 » (Frémeaux & Associés), un triple album accompagné d’un excellent livret, qui revient sur les fonts baptismaux d’une musique et les débuts de carrière d’un chanteur légendaire à la voix de séducteur et de velours. Ce mini-coffret a en outre le mérite de mettre en parallèle les reprises du King – et de ses accompagnateurs d’alors, Scotty Moore (guitare) et Bill Black (contrebasse) – et les originaux interprétés par leurs compositeurs, quasiment tous issus du blues. Près de six décennies après, le mythe est toujours vivant. »
Par Didier PENNEQUIN – LE QUOTIDIEN DU MEDECIN





« Un placement musical et historique… » par le Cri du Coyote

Le livret (28p) de Bruno Blum, explique les rapports d’Elvis avec les musiques américaines noires et blanches (1954-1958). On a un rappel historique sur l’origine des chansons (ex ; Love Me Tender) et le rôle des arrangements : la guitare de Scotty Moore, plus inspirée par Merle Travis ou Chet Atkins que les bluesmen. Parfois l’inspiration combine les sources : exemple de Mystery Train (Junior Parker) qui intègre l’accompagnement de Love Me Baby (l’autre face du 45t). Si on peut caractériser le côte blanc (Blue Moon Of  Kentucky, Bill Monroe) et le côté noir (Hound Dog, Big Mama Thornton ou Shake Rattle And Roll, Big Joe Turner) l’auteur montre la convergence et donc le mérite d’Elvis. Ces évolutions du country boogie au country & western, vers le rockabilly, font d’Elvis un passeur, pétri de gospel, de swing et de l’influence de sa congrégation baptiste, hostile à la ségrégation. Chaque succès d’Elvis, au long des 3CD est précédé du titre (parfois deux versions) qui inspira la reprise. On peut donc apprécier les originaux et l’apport du King : au-delà de la voix (une des grandes du siècle dans ce genre) la mise en valeur (production accompagnements) est telle que la magie fonctionne encore après ces années. Un placement musical et historique. On ne s’en lasse pas.
J.B. - LE CRI DU COYOTE




« Nor do I have any hesitation in recommending this set » by Blues & Rhythm

Elvis has been part of my life for all of my life – now, I’m no Elvis expert, nor would I want to be, but I do fondly recall as a very young child seeing the cover to the EP ’50,000,000 Elvis Fans Can’t Be Wrong’, and thinking that here, with the man with the curious name standing there in a gold lamé suit, was cool personified, even if I didn’t put it like that. Of course, as I suspect is the case for most (all?) readers, the vast majority of these tracks are so familiar that it was difficult to think of something new to say, but these three CDs are certainly extremely enjoyable to listen to. The format is that the tracks which influenced Elvis are presented first, followed by the Elvis version e.g. Big Boy Crudup opens with ‘That’s All Right’, Elvis follows with his rockabilly version, then it is into Leon Payne’s ‘I Love You Because’, leading into the Elvis track, Bill Monroe then turning up with ‘Blue Moon Of Kentucky’, Elvis rocking it up etc. You get the picture …
Actually though, sometimes the programme presents the listener with three versions and these are even more interesting: Roy Brown has ‘Good Rockin’ Tonight’, then Wynonie Harris, and then Elvis; Kokomo Arnold has ‘Milkcow Blues’, and so too does Johnnie Lee Wills before Mr. Presley treats us to ‘Milkcow Blues Boogie’, Then there are the occasional oddities such as Hal Singer’s ‘Rock Around the Clock’, which is (distantly) related to Carl Perkins ‘Blue Suede Shoes’, and Slim & Slam’s ‘Tutti Frutti’, which might not be juxtaposed with Little Richard’s song if they did not share the same title.
That familiarity did induce a sense of – no, not contempt, but a false sense of security. There I was listening along, maybe a little distracted, thinking about what to write – maybe something about how times have changed and express surprise maybe that anyone could listen to these early sides and think Elvis was black, or speculation that maybe he enjoyed Big Boy Crudup’s and Arthur Gunter’s tracks so much as the guitar playing on them was as rudimentary as his own – when along came ‘Tryin’ To Get To You’, a fine Elvis vocal, very much in his style. Odd though, that group sounds very black… then another version of the track comes along, sounding like a good Elvis imitator, and I grab the track listing to confirm that yes, the first version is actually by Washington D.C. group the Eagles, it is the second by Mr. P. Hmmm… I’d heard it before but in this context it takes on a different slant. It was strange too to listen to The Shelton Brothers – who we met earlier with ‘Just Because’ – tackling the old song ‘Aura Lea’ to the melody Elvis then appropriated for ‘Love Me Tender’.
Although the notes could be more detailed, I have no quibble with the music itself. Nor do I have any hesitation in recommending this set to those who might want to know more about Elvis and his part in American music history.
Norman DARWEN  - BLUES & RHYTHM




« Un merveilleux document » par Blues&Co

Voici un superbe coffret contenant trois disques et un livret bien documenté par Bruno Blum proposé par l’incontournable label Frémeaux et Associés. Le but de cette initiative est de nous expliquer l’héritage dont a bénéficié Elvis Presley : la plus grande star du show business musical populaire avec un petit rappel historique puisé dans le livret qui accompagne ce merveilleux document. Le passionné de musique afro-américaine Sam Phillips était producteur d’artistes de blues et rhythm and blues de grands talents. Sont passés dans son studio de Memphis : B.B.King, Howling Wolf, Ike Turner… alors que ces musiciens subissaient les barrières du racisme ambiant et ne pouvaient s’imposer dans le marché lucratif fermé aux gens de couleur sans oublier les accès limités aux radios. A la recherche d’un chanteur blanc qui pouvait vibrer comme un noir, le jeune Elvis fut le mieux placé pour répondre à cette attente. Elvis Presley avait assimilé notamment le hillbilly venu des montagnes par les gens de la terre, appelés « cul terreux » mais surtout le rock and roll que l’on appelait le rhythm and blues. Le résultat en sera le rockabilly. Pour cela, Sam Phillips proposera à la future idole, le guitariste Scotty Moore et le bassiste Bill Black venus d’un style proche de la country tendance honky tonk. Le résultat engendra une révolution qui allait envahir petit à petit la planète entière. Pour mieux comprendre ce phénomène qui a touché toute une jeunesse des années 50 et 60 en extase devant tant d’énergie et de rythme excitant, soixante-dix titres ont été sélectionnés pour comparer les originaux des créateurs venant du bluegrass tell Bill Monroe « Blue moon of Kentuky », les géniaux bluesmen Arthur Crudup « That’s all right », « My baby left me »…, Roy Brown « Good rockin’ tonight », Kokomo Arnold « Milkcow blues » ou encore le shouter Big Joe Turner « Shake rattle and roll » avec le style frénétique d’Elvis qui allait enthousiasmer et déchainer les foules entières. Elvis Presley a non seulement puisé son inspiration en accélérant le tempo sur des airs de country hillbilly et de blues mais il s’est inspiré aussi du jeu de scène sauvage de chanteurs comme Wynomie Harris et Bo Diddley qu’il allait voir s’exécuter sur scène. Elvis Presley n’est pas l’inventeur du rock and roll que l’on peut attribuer, d’après les spécialistes à Ike Turner et Jackie Brenston « Rocket 88 » sorti le 5 mars 1951… Certains remontent encore plus loin avec « Saturday night fish fry » de Louis Jordan le 9 août 1949. Mais grâce au visionnaire Sam Phillips, l’érotique et séduisant Elvis Presley pourra être considéré comme le premier chanteur de rockabilly, sans être un véritable créateur comme l’a été Carl Perkins. Avec ce coffret, le label Frémeaux et Associés continue sa mission de transmettre la découverte et la connaissance de la musique avec toujours le même brio. Bruno MARIE – BLUES & CO




« Chouette anthologie » par Muziq - Jazzmag-Jazzman

Comme son titre l’indique, cette chouette anthologie des premières années du « King » met en parallèle les reprises du petit Blanc qui chantait comme un Noir avec les versions originales créées par des Noirs qui chantaient comme personne. S’en tire-t-il toujours à bon compte ? A vous de juger ! (Billy  Eckstine vs Elvis Presley : et le gagnant est…). Avant se prononcer, lisez quand même les liner notes de Bruno Blum.
par Peter Cato  – Muziq – Jazzmag-Jazzman




« Qui ne ressent pas la magie là, ne la ressentira jamais. » par Soul Bag

Pas la peine d’essayer de compiler les premiers titres d’Elvis Presley en regard des originaux, Frémeaux a confié le job à Bruno Blum. Le résultat est superbe et imparfait. Comment être parfait quand il s’agit d’expliquer la magie d’une alchimie survenue en 1954 dans le studio de Sam Philips à Memphis, qui permit à un adolescent  d’exprimer sa vie, ses envies, sa sensibilité, son âme, dans un mélange de blues et de country jusque-là inédit ?
Elvis sera le seul à mélanger à ce point les deux mondes, les autres héros du rockabilly, genre ainsi créé, n’ayant jamais mis la même dose de blues que lui. Avec ses compères Scotty Moore à la guitare, Bill Black à la contrebasse, soutenue par le génie de Philips, il atteint pendant deux petites années un niveau de vérité musicale supérieur, générateur de sensations rien moins que charnelles, avec lesquelles on s’endort difficilement dans le noir. Il ne le retrouvera plus, car la machine commerciale se mettra en route, bridera sa puissance intérieure et l’isolera dans un monde à part.  Shake  rattle and roll en 1956 est bien moins pervers  que l’original de Big Joe Turner en 1954. Mais le succès sera plus fort encore tant il est vrai que la réaction du public se faisait par rapport à ce qu’il croyait être, pas par rapport à ce qu’il était vraiment.  Avec le recul, on voit qu’Elvis a plus inventé une génération qu’un genre. Musicalement, il était le seul au monde avec une telle personnalité que bien des originaux mis ici en comparaison paraissent pâlots à côté de ses reprises. Quelques remarques : le Tutti frutti  de Slim and Slam  n’est pas le même morceau que celui de Little Richard : la période proposée aurait permis d’inclure One night de 1958 repris de Smiley Lewis en 1956. Qui ne ressent pas la magie là, ne la ressentira jamais.
par  Christophe Mourot – Soul Bag




« Du beau travail, comme d’habitude chez Frémeaux » par Le cri du coyote

« Nihil novi sub sole, concernant Elvis, allez-vous dire en ne voyant ni inédits, ni prises alternatives, ni passages publics nouveaux de la période sur ce coffret 3 CD. Mais là n’est pas l’objet de la parution, au titre fort explicite. Il est, d’ailleurs, souligné par un excellent livret de Bruno Blum, très bien argumenté sur la réfutation du fait qu’Elvis aurait tout pompé aux Noirs, l’apport décisif de la guitare de Scotty Moore et de la contrebasse slappée de Bill Black, la différence entre rockabilly et rock and roll, très bien documenté sur le Tennessee en 1954/ 1955 et les débuts de Sam Phillips. En revanche, et bizarrement, la période pré-Sun d’Elvis, ses aspirations à devenir chanteur de gospel ou de variété (celle-ci sera comblée plus tard), sa tentative d’intégrer le groupe d’Eddie Bond, les acétates Sun, sont occultés, alors qu’ils sont essentiels dans son parcours musical. Il ne s’agit pas d’une intégrale de la période, comme la Complete 50’s Masters, mais d’un tri sélectif du compilateur. Les morceaux sélectionnés sont précédés (sauf pour les quelques originaux) par leur(s) version(s) originale(s), ce qui évite d’avoir à jongler avec vinyles et CD pour juger facilement des transformations apportées. Ceci permet de s’en remémomer certaines, voire d’en découvrir ou réentendre quelques-unes oubliées : Billy Eckstine et Blue moon, Jimmy Wakely et 'I’ll never let you go', Patti Page et 'I don’t care if the sun don’t shine', les Shelton Brothers et 'Just because' et 'Aura Lea' (qui devint, avec de nouvelles paroles, Love me tender), Hal Singer et 'Rock around the clock' (pas celui de Bill Haley, mais celui dont une phrase inspira l’intro de Blue suede shoes à Carl Perkins), Slim & Slam et 'Tutti frutti' (la mélodie de Little Richard en est quand même très éloignée). Du beau travail, comme d’habitude chez Frémeaux, avec photo pochette couleurs en public, peut-être pas indispensable, mais éminemment intéressant. Si les maquettes des titres présentés par la suite à Elvis pour certains de ses titres ultérieurs pouvaient voir le jour sur les futurs coffrets, ce serait super. Croisons les doigts.»
Par Bernard BOYAT -  LE CRIS DU COYOTE





« Des standards de la culture musicale américaine » par La revue des médiathèques

« Le concept de ce coffret de 3 CDs est de confronter les interprétations rock par Elvis Presley des standards de la culture musicale américaine et leurs originaux. Ainsi chaque titre est-il repris deux ou trois fois, par le King et par leur compositeur ou interprète initial. Ce concept permet de mesurer combien Elvis aura su, sans préjugé, intégrer à son oeuvre des classiques et ainsi modifier un patrimoine musical. »
Par Jacques VAZEILLE – REVUE DES MEDIATHEQUES ET DES COLLECTIONS MUSICALES





« Un superbe coffret » par Dreamwest

Voici un superbe coffret contenant trois disques et un livret bien documenté par Bruno Blum proposé par l’incontournable label Frémeaux & Associés. Le but de cette initiative est de nous expliquer l’héritage dont a bénéficié Elvis Presley : la plus grande star du show business musical populaire avec un petit rappel historique puisé dans le livret qui accompagne ce merveilleux document. Le passionné de musique afro-américaine Sam Phillips était producteur d’artistes de blues et rhythm and blues de grands talents. Sont passés dans son studio de Memphis : B.B.King, Howling Wolf, Ike Turner… alors que ces musiciens subissaient les barrières du racismes ambiant et ne pouvaient s’imposer dans le marché lucratif fermé aux gens de couleur sans oublier les accès limités aux radios. A la recherche d’un chanteur blanc qui pouvait vibrer comme un noir, le jeune Elvis fut le mieux placé pour répondre à son attente. Elvis Presley avait assimilé notamment le hillbilly venu des montagnes par les gens de la terre, appelés « culs terreux » mais surtout le rock and roll que l’on appelait le rhythm and blues. Le résultat en sera le rockabilly. Pour cela, Sam Phillips proposera à la future idole, le guitariste Scotty Moore et le bassiste Bill Black venus d’un style proche de la country tendance honky tonk. Le résultat engendra une révolution qui allait envahir petit à petit la planète entière. Pour mieux comprendre ce phénomène qui a touché toute une jeunesse des années 50 à 60 en extase devant tant d’énergie et de rythme excitant, soixante six titres ont été sélectionnés pour comparer les originaux des créateurs venant du bluegrass tel Bill Monroe « Blue moon of Kentuky », les géniaux bluesmen Arthur Crudup « That’s all right », « My baby left me »…Roy Brown « Good rockin’ tonight », Kokomo Arnold « Milkcow blues » ou encore le shouter Big Joe Turner « Shake rattle and roll » avec le style frénétique d’Elvis qui allait enthousiasmer et déchaîner les foules entières. Elvis Presley a non seulement puisé son inspiration en accélérant le tempo sur des airs de country hillbilly et de blues mais il s’est inspiré aussi du jeu de scène sauvage de chanteurs comme Wynomie Harris et Bo Diddley qu’il allait voir s’exécuter sur scène. Elvis Presley n’est pas l’inventeur du rock and roll que l’on peut attribuer, d’après les spécialistes, à Ike Turner et Jackie Brenston « Rocket 88 » sorti le 5 mars 1951… certains remontent encore plus loin avec « Saturday night fish fry » de Louis Jordan le 9 août 1949. Mais, grâce au visionnaire Sam Phillips, l’érotique et séduisant Elvis Presley pourra être considéré comme le premier chanteur de rockabilly, sans être un véritable créateur comme l’a été Carl Perkins. Avec ce coffret, le label Frémeaux & Associés continue sa mission de transmettre la découverte et la connaissance de la musique avec toujours le même brio.
Par Bruno MARIE - DREAMWEST




« Du beau travail » par Rock’n’roll Revue

« Certains seront déçus en constatant que ce coffret 3 CD’s ne renferme ni inédits, ni prises alternatives, ni passages publics nouveaux de la période. Mais le titre est explicite quant au contenu. Il est illustré par un excellent livret de Bruno Blum, bien argumenté sur la réfutation du fait qu’Elvis aurait tout pompé aux Noirs, sur l’apport décisif de la guitare de Scotty Moore et de la contrebasse slappée de Bill Black, sur la différence entre Rockabilly (l’assertion de son « invention » par Elivs étant contestable, car quid des frères Burnette qui en faisaient déjà avant lui, mais qui ne purent en enregistrer qu’en 1956 ?) et Rock and Roll, très bien documenté sur le Tennessee en 1954/1955, ou sur les débuts de Sam Phillips. En revanche, la période pré-Sun d’Elvis, ses aspirations à devenir chanteur de Gospel ou de Variété, sa tentative d’intégrer le groupe d’Eddie Bond (cf RNRR 58), la rivalité et les relations avec les frères Burnette et la bande des Lauderdale Courts, les acétates Sun, sont occultés, alors qu’ils sont partie intégrante de son parcours musical. Il ne s’agit donc pas d’une intégrale de la période (…) mais d’une sélection de morceaux, précédés (sauf les originaux) par la/les version(s) originale(s), permettant ainsi de juger aisément les transformations apportées. Ceci en remet certaines en mémoire, en fait découvrir ou réentendre d’autres oubliées : Billy Eckstine (« Blue Moon »), Jimmy Wakely (« I’ll Never Let You Go »), Patti Page (« I Don’t care If The Sun Don’t Shine »), les Shelton Brothers et (« Just Because » et « Aura Lee », qui devint, avec de nouvelles paroles, « Love Me Tender »), Hal Singer (« Rock Around The Clock », celui dont une phrase inspira l’intro de « Blue Suede Shoes » à Carl Perkins), Slim & Slam (« Tutti Frutti » et la mélodie fort éloignée du titre de Little Richard »). Du beau travail, comme d’habitude chez Frémeaux (…). »
Par Bernard BOYAT – ROCK’N’ROLL REVUE N°60




« Magie…noire » par Lylo

Trois CD alternent originaux et premières reprises du roi du rockab’. La voix de velours puis les rythmes torrides de ce futur schowman s’y réapproprient divers répertoires avec un feeling qui tient de la magie…noire.
Lylo




« Véritable mine d’or pour mélomanes » par Owni

« Fremeaux, véritable mine d’or pour mélomanes, nous offre un éclairage sur l’oeuvre du camionneur de Tupelo. Elvis, un chanteur de blues et de country ayant connu quelques succès au XX ème siècle. Inventeur du Rockabilly (le Rock & Roll étant déjà présent auparavant), grâce à la vision de Sam Phillips (son premier producteur chez Sun Records), le Pelvis a «  déchiré le rideau de la ségrégation » dans un sud profondément raciste à l’époque. Intitulé « Elvis Presley face à l’histoire de la musique Américaine », ce coffret 3 cds propose une ou deux versions précédant la version d’Elvis, à l’instar de « Good Rockin’ Tonight » (version Roy Brown, version Wynonie Harris puis version Elvis). Le livret explicatif est signé Bruno Blum. La question centrale, en forme de problématique, qui donne toute la cohérence à cette sélection de titre est : «  Elvis Presley est-il un coupable pilleur de la culture de la communauté noire Américaine ? » La réponse est à découvrir en feuilletant le livret et en écoutant ces 3 galettes. Un coffret pour tous les amateurs de musique populaire américaine. »
Par Nicolas JACQUET – OWNI




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